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 [RP] Une histoire de tiroir et de polichinelle. Sujet suivant
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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Dim 16 Nov 2014 - 20:51 Répondre en citantRevenir en haut

18 Gaïaku, 918.


Le vent soufflait doucement sur la plaine. Il s'insinuait entre les branches noueuses d'un arbre solitaire, faisant frémir ses feuilles d'un vert vif.
Appuyée contre son tronc rugueux, une jeune fille aux cheveux d'un blanc lacté semblait endormie, ses mains caressées par l'herbe dansant au rythme de la brise.

Les paupières d'Alrüne s'ouvrirent enfin.

Ses yeux océan, encore ensommeillés, s'abîmèrent dans la contemplation d'un ciel sans le moindre nuage. Au loin, des oiseaux voyageaient vers une destination connu d'eux seuls. Quelle agréable vision que celle-ci ...
Une vision bien vite troublée par le visage d'un homme. Un être aimé, penché au dessus d'elle, avec ce sourire malicieux et amusé qu'elle aimait tant ... Kelild s'accroupit enfin devant la jeune femme, son regard si noir, si profond se perdant dans le sien. Aucun mot ne fut échangé entre les deux amoureux, seulement des regards, des sourires qui, en fin de compte, en disaient beaucoup plus long ...
Le Torhil finit par tendre sa main, caressant la joue de la Neishaane avec une douceur infinie, avant de descendre le long de son cou, effleurant du bout des doigts sa timide poitrine, pour finir par la caler sur son ventre. Alrüne l'interrogea du regard, ne semblant pas comprendre son geste, son attitude, avec cette impression étrange d'un monde étouffé, comme plongé dans du coton ...
Kelild ne fit que sourire un peu plus avant de murmurer, d'une voix qui était autant la sienne que celle d'un parfait inconnu :

- Réveille-toi.

Alrüne ouvrit brusquement les yeux dans un sursaut, la respiration rapide, saccadée et le corps tremblant de celle qui venait de s'éveiller d'un mauvais rêve. Ses yeux fixaient le plafond, sans réellement le voir, tandis que l'Aspirante parvenait à retrouver ses sensations, à rassembler ses souvenirs.
Elle se rappelait du Manoir, de leur quête pour trouver les Clés d'Ouranos ... Les Clés ... Elle les avait récité en langue des Anciens, avec Ñiniel ... Toute cette magie qui s'était déversée d'elles ... Tellement puissante, tellement violente ... Et le noir. Soudain et total.

Et maintenant, elle était là.
"Là" où, exactement ...?

Mobilisant ses forces, la jeune femme se redressa péniblement, sollicitant un corps qui n'avait pas eu le temps de se remettre complètement des derniers évènements. Ses membres étaient lourds, engourdis ... Elle se sentait vaseuse, mal comme elle l'avait rarement été jusque là. Et ça ne pouvait pas être dû qu'à la fatigue de leur quête ... Cette fichue maladie ne devait pas être étrangère à son état. Mais ce n'était pas vraiment le moment pour penser à ça.

Une fois confortablement assise sur le petit lit de fortune où elle avait été installée, l’Englouti parcourut la pièce du regard. Une simple chambre, somme toute assez sobre, avec pour seuls meubles son lit, une table de nuit accolée à ce dernier et une petite desserte, rangée dans un coin. La porte n'était fermée que par un rideau de lin, usé par endroit et sali par la poussière, tandis que, face à elle, une fenêtre laissait entrer la lumière du soleil. En y jetant un coup d'œil rapide, Alrüne sut qu'elle n'était plus au Manoir, sans pour autant être de retour au Kaerl Neutre. Il s'agissait visiblement d'une ville, assez grande et active, mais qu'elle ne reconnaissait pas pour autant.

Les mains de la Neishaane se refermèrent sur les draps tandis que son esprit, bien actif à présent, réfléchissait à sa situation. Elle ne savait donc pas où elle était, ni les raisons exactes de sa présence ici. Elle était seule, physiquement faible, dans un endroit inconnu ... L'inquiétude la gagna presque aussitôt, bien qu'elle fasse de son mieux pour garder son calme.

Que devait-elle faire, à présent ? Plusieurs choix s'offraient à elle et aucun ne lui paraissait meilleur que l'autre, même si elle ne pensait pas être réellement en danger.
Voulant faire taire cette angoisse qui, une nouvelle fois, lui nouait l'estomac, la jeune femme se décida à sortir de cette salle, afin de partir en quête d'une personne susceptible de l'aider à rentrer au Màr Luimë.

Alrüne s'assit au bord du lit, ses pieds nus effleurant le sol avec hésitation avant de s'y poser plus fermement. Elle se sentait assez forte pour tenter de se lever, malgré ses membres lourds et son corps courbaturé, alors elle prit appui sur le lit et se redressa sur ses jambes.

Sûrement un peu trop rapidement car le monde se mit à tanguer avec violence, comme un bateau prit dans la tempête. La nausée se joignit à la fête et Alrüne tituba brusquement. Elle percuta la table de nuit dans un bruit sourd avant de se laisser tomber au sol, la main plaquée sur ses lèvres.

Son cœur cognait avec force contre ses côtes, douloureusement ... Et son rythme s'accéléra alors que l'Aspirante entendait des bruits de pas se rapprocher rapidement d'elle.




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MessagePosté le: Dim 16 Nov 2014 - 20:51 Revenir en haut

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Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Lun 17 Nov 2014 - 22:04 Répondre en citantRevenir en haut


Timéane Monalys, Maitre Guérisseur de Lòmëanor


Cela aurait pu être une journée ordinaire. La précédente l'avait été en tout cas. Pas de malade grave. Quelques entorses et foulures qui avaient à peine nécessité qu'il intervienne. Ses aides étaient douées, il les avait choisis pour ça, et elles s’étaient parfaitement débrouillées seules.
C'est donc à une heure presque normale qu'il avait rejoint avec envie son lit dans ce qui lui servait de maison. Ce n'était autre que deux chambres côte à côte que son prédécesseur avait fait emménager pour être toujours au plus près de ses patients. Il pouvait aussi monter à l'étage, là où une véritable maison l'attendait, mais il préférait être en bas, c'était moins fatigant.

Quelle ne fut pas sa surprise d'être réveillé au milieu de la nuit par des cris de terreur venant directement de l'hospice. Ce n'était pas compliqué d'en connaître l'origine, ils venaient tous du même endroit; l'aile de quarantaine. Il y avait dedans un patient rongé par un mal pour lequel ses compétences, pourtant presque exceptionnelles, n'avaient aucun effet. Touché par d'étranges créatures selon son dire, son corps portait des stigmates étranges. Des sortes de tatouages noirs comme la nuit, se répandant sur lui comme un serpent filant vers sa proie.

Il avait tout essayé. Magie, plante, pierre. Mais rien n'y faisait. Il avait alors pris la décision de l’isoler et de l’attacher après qu’il s'en soit pris à un des infirmiers.

Arrivé sur les lieux, il constata que le corps du malheureux était tendu à l'extrême, arc-bouté dans des positions qui ne laissaient pas de doute à la douleur. Mais il savait qu'il ne pouvait rien faire. Alors, à l'aide d'autre soigneur, il prit sur lui de l’endormir. À défaut de le soigner, au moins il ne serait plus conscient de la douleur.

Cette bataille acharnée terminée, il regagna de nouveau son lit en espérant pouvoir dormir un petit peu. Mais c'était sans compter une autre surprise de taille.
Un maître dragon, de ceux qui passent régulièrement dans la ville, venait de toquer à l'hospice en demandant le droit d'entrer. Et il n'était pas seul, il avait dans les bras une jeune demoiselle au teint plus pâle que la mort et inconsciente.
Alors on était venu le chercher dans son lit. La venue d'un Maître était plutôt rare. Ils avaient leur propre soigneur, leur propre magie et surtout, des dragons.

Il fit installer l'inconsciente dans une chambre à part après qu'on lui est affirmé qu'elle devait être surveillé de prêt. Elle venait de subir une terrible épreuve et son corps avait dû prendre en lui une charge de magie trop importante qui l'avait fait lâcher prise. Il n'en sut pas plus et lorsqu'il demanda pourquoi il ne l'avait pas emmené au sens de son Kaerl, il se fit répondre qu'on viendrait là cherchait dans la journée.
Puis on le laissa avec 'l'héroïne' puisque le terme avait été employé, sur les bras.

Malgré le fait que le livreur fut lui même guérisseur, l'elfe préféra s'assurer lui même de l'état du paquet. Mais, constatant que c'était principalement dû à un épuisement et que la magie pourrait entrer en conflit avec son rétablissement, il la laissa se reposer et partit préparer une décoction.

La chose faite et voyant que le jour c'était levé depuis quelques heures, il tenta une nouvelle fois de dormir une heure ou deux... Qui ne furent que quelques secondes, car à peine allonger qu'un bruit violent se fit entendre de la chambre de la nouvelle patiente. Soupirant et se résignant à ne pas dormir avant le soir suivant, il alla rapidement dans la cellule de la Neishaane pour constater qu'elle était au sol. Il fit venir deux bras fort pour l'aider à la relever et l'asseoir sur le bord du lit. Quelle idée avait-elle eue.

- Bonjour Madame. Lui dit-il en rapprochant un seau dans le cas où la raison de son teint verdâtre venait à franchir ses lèvres scellées.

Attendant qu'elle se remette un peu il rangea le bazar et s'assit en face d'elle.

- Vous êtes à l'hospice de Lòmëanor, je m'appelle Timéane, je suis le maitre guérisseur. Un maître dragon vous a emmené ici cette nuit. Il avait pris l'habitude d'énoncer les faits aux patients qu'on lui emmenait inconsciente avant toute autre chose. Car c'était en général les premières questions: 'où suis-je' et 'que c'est t'il passé'.

Il se releva et la fit s'allonger après c'être assuré qu'elle ne viderait pas le contenu de son estomac, posant une main douce mais ferme sur son épaule pour la faire doucement basculer en arrière.

- Vous m'entendez et me comprenez ? Demanda t'il en prenant sa main pour prendre mesurer la vitesse de son cœur. Rapide, bien évidement.

- Pouvez-vous me dire exactement comment vous vous sentez et ce qu'il s’est passé ?

Tout ce qui était dit ici restait ici mais il avait besoin de plus de précision pour savoir s'il devait traiter un mal invisible.

- Je vais utiliser de la magie sur vous. Elle est inoffensive, mais si vous sentez la moindre chose étrange, arrêtez-moi de suite. On était jamais trop prudent. Puis il commença, posant ses mains sur son ventre.





Dernière édition par Asulil Addraeddry le Jeu 20 Nov 2014 - 11:26; édité 1 fois
Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2014 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

Le monde était flou, brumeux mais Alrüne commençait à avoir l'habitude. Ce n'était pas le premier malaise qu'elle faisait, ils étaient même devenus plus ou moins récurrent depuis quelques jours, mais elle n'en avait rien dit à personne. Ni à Dinjelaï quand elle lui avait proposé de partir en quête, ni à quiconque s'étant inquiété de sa pâleur excessive. Personne. Peut-être par fierté, pour ne pas être considérée comme plus faible qu'elle ne l'était ou pire ... Comme inutile.
Toujours était-il que, habituellement, elle attendait tranquillement que cela passe seul mais là, quelqu'un approchait et l'angoisse de sa situation ne l'aidait pas à se détendre. La Neishaane sursauta en apercevant la silhouette brouillée d'un homme, écartant le rideau qui isolait sa chambre, et voulu se reculer lorsqu'une deuxième personne apparut dans son champ de vision. Quand ils l'approchèrent pour se saisir d'elle et la soulever, ce fut de trop pour la jeune femme qui tenta d'échapper à leur emprise. Sans grand succès, elle se retrouva rapidement sur le lit qu'elle avait quitté peu avant.

Elle se sentait toujours aussi mal et cela la paralysait ... Elle avait l'impression de regarder le monde au travers d'une vitre sale et mal poli tant sa vision était trouble. Les sons qu'elle percevait paraissaient lointains, étouffés, couverts par ce sifflement strident dont elle avait déjà fait l'expérience. Ce qui changeait des fois précédentes, c'était qu'elle avait la désagréable sensation que son cœur avait migré de sa poitrine jusqu'à l'intérieur de sa tête, pulsant avec force, rendant difficile la moindre pensée cohérente. Tout était confus et elle ne se fiait plus désormais qu'à son instinct pour lui dicter la marche à suivre, le temps que son corps décide de se calmer.

L'un des deux hommes avait désormais quitté la chambre, ne restait plus que le premier à être venu la voir, autant qu'elle puisse en juger. L'Aspirante entendait sa voix mais avait du mal à saisir les mots qu'il prononçait ... Elle ne comprit qu'au bout de longues secondes de réflexion et le soulagement ressentit l'aida à se détendre un petit peu.
Ainsi était-elle à Lòmëanor, chez un maître-guérisseur du nom de Timéane ... Pourquoi ? Pourquoi avait-elle été amené ici ? Pourquoi ne l'avait-on pas ramené directement au Màr Luimë ? Peut-être avait-elle été trop faible pour ce voyage, tout simplement ... Elle n'en savait rien. Comme elle ne savait pas non plus où étaient ses compagnons de quête. Étaient-ils ici, eux aussi ? Dans quel état ? Ou bien, peut-être était-elle seule ...

Le contact d'une main sur son épaule la fit sursauter de nouveau, toujours autant en proie à la panique la plus instinctive, privée de ses sens les plus élémentaires, et elle se tourna vers Timéane avec ce regard inquiet, animal mais un peu vague, cherchant à voir sans y parvenir. Tout n'était que réflexe instinctif, guidé par cette impression croissante d'être vulnérable, incapable de se protéger.
Lorsque cette main sur sa frêle épaule, un peu tremblante, força pour la faire s'allonger, Alrüne résista mais finit par céder, la fatigue de son corps l'emportant sur sa volonté de ne pas se laisser manipuler par un parfait inconnu.
Une fois sur le dos, tout sembla s'apaiser. Le sifflement se tut progressivement, sa vision se fit plus nette et son cœur décida enfin d'arrêter de jouer des percussions à l'intérieur de son crâne. Reprenant doucement ses esprits, la Neishaane se détendit lentement, relâchant enfin la tension de ses muscles qui, comme en punition de les solliciter au-delà de leurs capacités, lui envoyèrent une onde douloureuse qui lui arracha une grimace.

Si elle entendait les questions du guérisseur, elle ne répondit à aucune d'entre elles. Non pas par volonté de ne pas répondre, seulement parce que la demoiselle était ailleurs, le regard encore un peu vague, goûtant à cette étrange et agréable sentiment de soulagement qui l'envahissait alors qu'elle reprenait peu à peu le contrôle de son corps et de son esprit.
Mais lorsqu'elle sentit les mains de Timéane sur son ventre, sa réaction fut immédiate. Se tendant brusquement au contact, elle repoussa ses mains avec une violence rare chez elle, se redressant immédiatement en dardant sur le jeune homme un regard plein de méfiance.

- Ne me touchez pas.

Ses mots sonnaient presque comme une mise en garde. Instinctivement, elle entoura son ventre de ses bras, assise, les jambes repliées vers sa poitrine. Sa respiration s'était faite plus rapide et son cœur était repartit dans une nouvelle danse, bien que moins violente que précédemment.
Plus que le contact en lui-même, c'était les intentions du guérisseur qu'elle refusait en bloc. La magie, elle en avait eu assez pour les décennies à venir ... Les sensations de celle, si puissante et ancienne, qui s'était déversée à travers elle habitaient encore tout son corps. Elle n'avait pas besoin de plus, d'autant qu'elle ne comprenait pas l'utilité d'un tel traitement sur cette zone-là ...

Caressant son ventre du bout des doigts, par réflexe, tout en jaugeant Timéane du regard, elle entreprit de se calmer, sans pour autant relâcher son attention. En cet instant, elle avait l'allure d'un petit animal sauvage blessé ... Et ses tremblements réguliers, sûrement dû à son état de fatigue avancé, n'aidait pas à se défaire de cette impression.

- Qu'est-ce que vous comptez me faire ? Questionna-t-elle, sur la défensive. Qu'est-ce que j'ai qui nécessite que vous usiez de votre magie sur moi ?

Alrüne n'était pas très coopérative, sans aucun doute. Un peu comme elle l'était avec chaque nouvelle personne qu'elle rencontrait et le statut de maître-guérisseur de Timéane ne faisait pas de lui une exception.

- Je voudrais un peu d'eau, s'il vous plaît ..., finit-elle par demander un peu plus doucement, après s'être rendu compte qu'elle avait la bouche pâteuse de celle qui avait faillit rendre le contenu de son estomac.




Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Jeu 20 Nov 2014 - 11:43 Répondre en citantRevenir en haut


Timéane Monalys, Maitre Guérisseur de Lòmëanor


Timéane ne sursauta même pas lorsqu'elle se cambra d'un coup en l'envoyant balader violemment au passage. Comment pouvait-elle avoir encore autant de vigueur dans son état ?
Il retint un soupire las. Il avait une chance sur deux pour qu'elle réagisse mal, et la chance n'était décidément pas avec lui aujourd'hui.

Il recula d'un pas, les mains levées pour lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal et que si elle ne voulait pas, il ne ferait rien. Du moins pour le moment.

- Je suis désolé de vous avoir brusqué, dit il d'une voix douce en prenant une chaise et en s'asseyant en face d'elle, la regardant longuement, étudiant ses réflexes et son attitude. Il avait l'impression d'avoir à faire à un animal blessé. Il en soignait de temps en temps, chien, cheval, et ils agissaient de la même façon. S'il approchait trop vite il se faisait mordre ou griffer. Il avait le sentiment qu'elle agirait pareil.

- Je ne comptais pas vous faire de mal. Regardez. Il prit une plante qui faisait un peu la tête, une des fleurs étant pratiquement fanées. Appliquant ses mains dessus, elle perdit légèrement de sa couleur, qui sembla aller se concentrer sur la fleur qui se redressa doucement, aussi belle que les autres. Lorsque qu'il s'arrêta, les couleurs revinrent partout et la plante n'avait plus rien.

- Vous voyez. Je me contente de déplacer et concentrer le flux de vie qu'il y a dans chaque chose pour aider à la guérison.

Il se leva pour prendre de l'eau et lui en servir un verre, lui tendant.

- Je sais que vous avez déjà subit un assaut magique important, c'est pour cela que j'ai préféré attendre que vous soyez réveillée pour procéder afin que vous puissiez me dire si votre corps réagit mal lorsque je le soigne.

Le rideau s'entrouvrit légèrement lorsqu'il parla, se faisant interpeller par un jeune homme.du
- Excusez-moi. Il se tourna et sortit de la pièce, la laissant seule quelques minutes avant de revenir avec un petit bol en bois rempli d'un liquide qui ne sentait pas forcément bon. Il alla le poser sur la petite table de chevet.

- Buvez ça lorsque vous le pourrez. Ce sont des plantes qui aideront votre corps. Il se rassît en prenant un verre d'eau également.

- Vous ne souffrez d'aucun mal qui nécessite une guérison complète. Votre corps est simplement épuisé et a besoin de se purger de tout ce qu'il a pu stocker. Je voulais également m'assurer que le petit n'avait rien. Ce n'est pas très sérieux de manipuler autant de puissance dans votre état, vous auriez pu provoquer un drame.

Mais elle devait le savoir et l'avoir fait en connaissance de cause. Ce n'était pas très honorable de la part d'une future mère de mettre ainsi en danger la vie de son enfant.
Le rideau s'écarta une nouvelle fois et il ce fit interpeller de nouveau.

- Excusez-moi encore. Reposez-vous et buvez le breuvage, je reviens rapidement. Dit il retournant de l'autre côté du rideau, allant s'occuper d'une vilaine fracture. Mais que faisait donc les gens pour se fracturer la jambe de si bon matin ?



Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Ven 21 Nov 2014 - 20:53 Répondre en citantRevenir en haut

Suivant du regard les faits et gestes du guérisseur aussi attentivement qu'elle écoutait ses paroles, Alrüne restait méfiante. Malgré tout, face à la bonne volonté de cet homme qui ne semblait vouloir que son bien, elle se détendit un peu, bien que toujours sur ses gardes. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, il fallait croire.

Devant le don de Timéane, elle resta à la fois surprise et perplexe. Ce n'était pourtant pas la première fois que la jeune femme expérimentait la magie curative mais elle ne l'avait jamais vu s'exprimer sous une telle forme ... Ça avait quelque chose de fascinant, bien que son fonctionnement soit on ne peut plus simple, et elle se demanda, l'espace d'un instant, si un tel pouvoir était capable de faire repousser des membres, voir de tuer quelqu'un ...
L'Elfe mit un terme à sa curiosité de Neishaane en lui tendant le verre d'eau demandé un peu plus tôt, qu'elle prit d'une main un peu tremblante mais qu'elle vida quasiment d'une traite. Toute cette histoire lui avait donné bien soif ... Elle le remercia poliment d'un simple signe de tête.

Écoutant toujours les explications de Timéane, l'Aspirante ne put retenir un petit sursaut quand un homme inconnu tira le rideau qui fermait sa chambre. Elle était assez peu détendue, en fin de compte. Il fallait dire que la pression, qui avait pesé sur leurs épaules tout du long de leur quête, ne pouvait sûrement pas être balayée d'un simple revers de la main. Elle avait d'ailleurs encore du mal à réaliser qu'ils avaient réussit ... Enfin, c'était ce qu'elle croyait car, au final, elle n'en savait rien. Son corps avait lâché avant qu'ils n'en soient sûrs ... Elle allait devoir se renseigner très rapidement, histoire de soulager un peu plus sa conscience.

Le guérisseur revint très vite s'asseoir auprès d'elle, déposant un petit bol en bois contenant une mixture verdâtre, peu appétissante. Ce n'était pas vraiment le but d'un médicament, de toute façon ...
Mais quand-même. Alrüne le prit, en huma l'odeur et fit une petite moue dégoûtée. Ça n'avait pas l'air plus mauvais que la décoction que leur avait fait boire Meilan-Lavok mais l'odeur en était franchement pire. Elle lui donnait presque la nausée ... Mais il fallait l'avaler, tels étaient les ordres du médecin, alors elle allait le faire.

Et pourtant, elle ne fit rien.

Alors que le petit récipient traçait son chemin, porté par des mains encore tremblotantes, jusqu'aux lèvres de la Neishaane, il n'atteignit pas sa destination. Et pour cause, Alrüne avait suspendu son geste sèchement et en fixait, ahurie, le contenu épais et tiède.
Plus que la soupe d'herbes médicinales qu'elle s'apprêtait à ingurgiter, c'était les mots de Timéane qui l'avait retenu. Des mots qui tournaient et retournaient dans son esprit, comme si elle en cherchait désespérément le sens tout en ayant compris.

Ce n'était pas possible.

Ça ne pouvait pas être possible.

Au fond d'elle, elle le savait depuis longtemps, peut-être même depuis le début. Cette "maladie", ces symptômes, elle les connaissait pour les avoir déjà vu sur une autre. Une Ondine de sa compagnie de troubadours itinérante. Et sur un certain nombre d'autres femmes, tout au long de ses divers et multiples voyages.

Avec une lenteur presque irréelle, elle reposa le petit bol sur sa table de chevet, le regard bas.

- Vous venez de dire ... Que j'attends un bébé ...?

Sa voix était tremblante, mal assurée. Ses mains s'étaient crispées sur le lit et tout son être s'était tendu, en attente d'une réponse qu'elle connaissait déjà mais qu'elle n'arrivait pas à admettre.

Non, ce n'était pas possible.
Définitivement pas.

Comme on ne lui répondait pas, elle releva la tête pour réaliser que Timéane n'était plus dans la pièce. Il était partit et elle ne s'en était même pas aperçue.
Et maintenant, Alrüne était seule. De nouveau.

Enfin, plus si seule que ça, à présent ...

Lorsqu'elle passa une main toute tremblante et hésitante sur son ventre, l'effleurant simplement à travers l'étoffe de ses vêtements, elle ne put que réaliser : La forme arrondie qu'elle sentait sous ses doigts, qu'elle n'avait pas vu ou s'était refusé à voir, ne mentait pas.
Alors la jeune femme craqua. Purement et simplement. Les larmes ruisselèrent sur ses joues en une cascade amère et triste tandis qu'elle restait immobile sur son lit, le regard au loin, ressassant des souvenirs qu'elle avait tenté, des semaines durant, de reléguer au fin fond de sa mémoire et qui refluait, à présent, avec une rare violence.

Ce n'était pas possible.




Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Mar 9 Déc 2014 - 00:06 Répondre en citantRevenir en haut


Timéane Monalys, Maitre Guérisseur de Lòmëanor


Pourquoi fallait-il qu'on le dérange maintenant ? Le maître dragon avait été clair, il fallait surveiller et protéger la demoiselle. De quoi et pourquoi il ne savait pas, mais c'était les consignes du guérisseur, alors il aurait aimé les respecter, du moins un minimum. Oh, il n'avait pas peur de quelconques représailles et les dragons ne représentaient pas grand-chose à ses yeux, mais il avait vu quelque chose dans le regard de l'homme qui l'avait persuadé d'écouter. Et puis c'était son devoir de toute façon que de prendre soin de ses patients. Mais là, sa mission s'avérait plus compliquée que prévu, à croire que ses aides étaient toutes absentes ou bien prises d'une incompétence soudaine. Car il avait été appelé pour une brûlure à l'huile. Bon, il voulait bien accorder le fait que ça devait être douloureux, que les vêtements collés au corps n’aidaient pas et qu'il pouvait être utile. Mais il les avait déjà vu soigner plus sérieux que ça, sans aucun souci.

Après avoir fait ingurgiter un anti douleur au patient, il entreprit de soigner partiellement les plaies. Juste assez pour que les autres prennent le relais en enlevant les vêtements qui semblaient vouloir fusionner. Sans ça, de toute façon, il ne pouvait pas continuer sous peine de les voir réellement ne faire plus qu'un avec leur porteur.

Il en profita pour aller voir l'homme en quarantaine. Toujours endormi, il semblait s'être calmé malgré une grimace persistante sur son visage.
Après une inspection rapide, il put enfin retourner dans la chambre de sa patiente.

- Désolé pour l'attente j'ai d... Le reste de sa phrase mourut entre ses lèvres lorsqu'il passa le rideau et posa son regard sur le visage de la demoiselle. Elle pleurait, pourquoi pleurait-elle ? Le breuvage n'était pas censé être douloureux. D'ailleurs, il constata qu'elle ne l'avait pas bu. Il reprit son tabouret et alla près d'elle, parlant doucement, tentant de comprendre la situation.

- Mademoiselle ? Que se passe-t-il ? Vous avez mal quelque part ? Il ne le pensait pas, elle n'avait aucune raison d'avoir mal en plus. Peut-être le contrecoup de ce qu'elle avait subi ? C'était assez tardif, en général c'était peu après le réveil et l'explication de ce qu'il s’était passé. Et les larmes n'étaient pas pareilles. Il attrapa un linge pour lui tendre, réfléchissant à ce qu'il avait pu dire, sa réaction, son regard douloureux, sa main sur son ventre...

Un 'oh' muet apparu sur ses lèvres lorsqu'il crut comprendre ce qu'il se passait. C'était plus compliqué que prévu, ce genre de chose n'était pas vraiment son fort et il avait l'impression d'être porteur de mauvaise nouvelle cette fois.

- Vous... Ne le saviez pas ? Il lui resservit un verre d'eau. Si elle l'avait ignoré, cela expliquait qu'elle avait fait des folies. Vous portez la vie depuis environ 3-4 mois. Il faudrait que je vous examine un peu plus pour vous donner une estimation plus précise...

Il regarda dehors, semblant chercher ses mots et quoi dire....

- Je ne peux non plus vous dire si c'est une fille ou un garçon, à ce stade l'énergie se... Ressemble trop... Mais il va bien, son... Énergie circule correctement et est parfaitement saine.

Il se servit un verre également. Il préférait soigner en silence plutôt que de devoir expliquer des
choses qui faisaient pleurer ses patients.

- Voulez-vous... Me raconter ce qu'il s’est passé ? Parfois parler faisait du bien, même à un inconnu. L'avantage d'un médecin, c'est qu'il n'irait le répéter à personne. Dans ses phrases, il prit grand soin de ne pas évoquer le père... Car ses larmes avaient sans doute une bonne raison.

- Est-ce que je peux vous examiner un peu plus ? Je pourrais vous en dire davantage sur son état et le vôtre, et... je pourrais éventuellement vous aider si vous avez des symptômes dus à cette... Grossesse.

Il parlait doucement, mais donnait une impression sûre de lui. C'était important que la jeune Neishaanes ait un pilier auquel se raccrocher, comme un ancrage de secours.




Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Ven 2 Jan 2015 - 20:45 Répondre en citantRevenir en haut

Ce n'était pas possible.

Ces quelques mots tournaient en boucle dans l'esprit d'Alrüne, en une douloureuse litanie. Les souvenirs de sa famille, de celui qu'elle aimait, de tous les bons moments passés en leur compagnie refluaient sans qu'elle ne puisse rien y faire, comme la mer revenait inlassablement lécher les récifs bordant les côtes.
Ses pensées, à ce moment précis, étaient en majorité tournées vers Kelild, l'homme qu'elle aimait, qui avait disparu avec les siens lors de cette funeste nuit ... Kelild, le Torhil auprès duquel elle avait passé toute son enfance, qui avait appris à apaiser le petit animal farouche qu'elle était déjà à l'époque. L'élu - car elle ne voyait pas d'autre terme pour mieux le définir vis-à-vis d'elle - avec lequel elle s'était unie sous le regard bienveillant de Kishi et qui était une moitié de ce petit être qui grandissait en elle.

Les larmes continuaient à couler sur ses joues blanches tandis qu'elle réalisait, avec un désespoir grandissant, que cet enfant ne connaîtrait peut-être jamais son père. Ni le reste de sa famille. Et qu'elle-même n'aurait aucune épaule amicale, réconfortante sur laquelle s'appuyer pour faire face à une telle épreuve.

Elle était seule.
Et elle ne se pensait pas assez forte pour élever cette petite chose.

Timéane revint, quelques minutes plus tard, dans la pièce et l'Engloutit ne s'en rendit même pas compte, perdue comme elle l'était dans ses souvenirs tristes, dans ses lamentations désespérées, submergée par cette sensation oppressante d'être faible et incapable de faire quoi que ce soit.
Elle pleurait toujours, silencieuse et immobile, à peine agitée par les tremblements de son corps fatigué, le regard bas, triste et las, humide de ses larmes. L'une de ses mains reposait contre son ventre arrondi. Bien que d'un calme apparent déconcertant, tout en elle criait, hurlait cette douleur sourde qui lui vrillait le cœur.

Lorsqu'elle perçut le mouvement du guérisseur s'asseyant auprès d'elle, la jeune femme sursauta, réagissant enfin. A la hâte, elle essuya ses joues et ses yeux, dans une tentative vaine de les assécher. Pleurer devant un parfait inconnu n'était pas dans ses habitudes mais devant son impuissance à faire cesser ce triste torrent qui se déversait de son regard océan, elle ne put que se résoudre à abandonner, la gêne et la honte s'ajoutant alors à son mal-être actuel.
Devant sa détresse évidente, Timéane lui tendit un linge propre qu'elle prit timidement, lui adressant un petit signe de tête en guise de remerciement, s'évertuant à ce que leurs yeux ne se croisent pas.

Le jeune médecin paraissait décontenancé par sa réaction et, à l'écoute de ses paroles, Alrüne comprit aisément pourquoi. Il avait pensé qu'elle savait ... L'idée qu'elle pouvait tout ignorer de cette grossesse ne lui était pas venu à l'esprit. Pour autant, elle ne lui en voulait pas ... Non, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il n'avait rien fait de plus que son travail, après tout.
Après avoir pris le nouveau verre d'eau qu'il lui tendait, la Neishaane l'écouta attentivement parler de ce ... Son bébé, même si c'était une idée encore difficile, très difficile à accepter. Le guérisseur en savait assez peu, au final, mais le simple fait d'apprendre que ce morceau de vie était en parfaite santé apporta un curieux soulagement à la jeune Aspirante. Son désespoir n'aurait été que plus grand s'il lui avait annoncé une mauvaise nouvelle qui aurait directement découlé de ses efforts pour trouver les Clés d'Ouranos ...

Sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, bien que la douleur soit encore bien présente et toujours aussi lancinante, ses larmes s'étaient doucement taries. L'avenir lui était toujours apparu comme incertain, peut-être même un peu plus désormais, mais elle n'avait pas l'intention de se laisser abattre. Une nouvelle détermination gagnait son corps, son cœur, son esprit. Elle survivrait, comme toujours. Et elle deviendrait plus forte, telle qu'elle se l'était promis. C'était son objectif, ce qui avait orienté chacun de ses choix jusqu'à maintenant et qui l'avait mené là où elle en était, bien qu'elle n'avait pas vraiment l'impression d'avoir beaucoup avancé.

La différence résidait dans le fait qu'elle ne le faisait plus simplement pour elle, ni même en souvenir de ses chers disparus. Dorénavant, elle le ferait aussi pour cet enfant. Pour qu'il n'ait pas à souffrir de l'avoir pour mère ...

La voix de Timéane s'éleva une nouvelle fois et elle sursauta encore, sortant de ses pensées. Elle en avait presque oublié sa présence ... Trop de pensées, de sentiments se bousculaient dans son esprit et elle peinait à y mettre un peu d'ordre, à en garder le fil conducteur. Alrüne était un peu perdue.

- Non, je ... Je ne préfère pas, répondit-elle d'une voix timide, un peu enrouée. C'est une histoire longue, douloureuse ... Et trop récente ...

Pour certaines personnes, parler de leurs problèmes à des gens qu'elles ne connaissaient pas avait quelque chose de libérateur. Sans aucun doute parce que leur interlocuteur n'avait aucun parti pris, aucun jugement vis-à-vis d'eux ... La Neishaane ne savait pas trop, cela restait obscure et incongrue pour elle. Partager ses problèmes personnels, aussi lourd pouvaient-ils être, avec une personne qu'elle venait à peine de rencontrer était quelque chose d'inimaginable. Était-ce par manque de confiance évident ou à cause d'une trop grande fierté ? Là résidait toute la question ...
Toujours était-il qu'elle ne parlerait pas de tout ça au guérisseur. Il n'avait pas à savoir, il n'avait aucune utilité à connaître son histoire. Et elle craignait trop de lire, dans son regard, la pitié qu'elle pourrait lui inspirer ...

Lorsqu'il lui proposa de l'examiner un peu plus, Alrüne se renfrogna un peu et, dans un réflexe instinctif, entoura plus fermement son ventre de ses bras, repliant ses jambes en tailleur. La seule envie qui l'habitait était d'avoir un peu de paix et de tranquillité. Loin du monde, loin de tout.
Après ces derniers jours plus qu'éprouvant, elle estimait y avoir droit un minimum ...
Mais elle n'était plus toute seule, elle devait dorénavant penser pour deux et mettre de côté, pour quelques temps, certains de ses désirs. Aussi se déplia et s'allongea-t-elle docilement, ce qui constituait une réponse suffisante à la question du médecin. Elle restait malgré tout un peu tendue, comme la jeune Neishaane un peu sauvage qu'elle était. Rien n'avait vraiment changé, après tout ...

Ainsi étendue sur son lit de fortune, les draps épousaient plus facilement les formes de son corps de femme. Celle arrondie que prenait son ventre ne se révéla que mieux à ses yeux, rougis par les larmes.
Elle détourna le regard, fixant un point invisible sur le mur près d'elle, hantée par le souvenir de celui qui, sans aucun doute, aurait sauté de joie à cette nouvelle ...




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MessagePosté le: Jeu 15 Jan 2015 - 00:14 Répondre en citantRevenir en haut


Timéane Monalys, Maitre Guérisseur de Lòmëanor


Timéane attendait, silencieux, calme, que la demoiselle en face de lui se calme. Il ne la pressait pas, ça n'aurait mené à rien. Puisqu'elle ne voulait pas parler, il fallait qu'elle fasse le cheminement d'acceptation seule. Et ça prendrait le temps qu'il faudrait. Il n'avait pas grand-chose à faire de toute façon.
Fort heureusement tout de même, les larmes de la Neishaane commencèrent doucement à diminuer avant de se tarir presque complètement. Les yeux restaient tristes et le cœur sûrement encore rapide, mais la jeune future mère semblait reprendre ses esprits.

- D'accords. Dit-il simplement. Un accord pour respecter son choix de se taire. Un d'accords qui signifiait aussi que si jamais elle changeait d'avis, il était là et le serait jusqu'à ce qu'elle quitte l'endroit.

Il posa un nouveau linge propre sur la petite table de chevet, attendant de voir sa réaction face à sa demande... Qui ne se fit pas attendre, car la jeune femme sembla se refermer un peu plus si c'était possible. Il avait vraiment l'impression d'avoir affaire à un animal sauvage et blessé. Ça ne lui facilitait pas vraiment la tâche, mais il avait la patience de son côté. Au pire des cas, il attendrait qu'elle se rendorme, d'épuisement probablement à cause des larmes, pour l'examiner plus attentivement. Il n'aimait pas recourir à cette méthode, mais parfois il fallait forcer les choses sinon rien ne se faisait.

Mais contre toute attente, peut être un déclic quelconque, elle détendît son corps prostré et s'allongea sur le dos, dans un consentement muet. C'était beaucoup mieux ainsi. Il remonta doucement le drap sur elle pour ne pas qu'elle attrape froid puis se remonta les manches. Le tissu ne le gênait pas dans cet exercice et de toute façon, vu l'état nerveux de la patiente, il aurait toujours pu attendre la prochaine rencontre entre Solyae, Eurilya et Iolya .... Pour arriver à la faire se déshabiller un peu.

Doucement, il approcha ses mains de son ventre, restant à quelques millimètres au-dessus, ne le touchant pas. Puis une légère chaleur, douce et agréable, s'en diffusa alors qu'il les bougeait doucement près du ventre arrondi de la demoiselle. L'énergie vitale pouvait apprendre tellement de choses. Chacune d'elle était unique et variée en fonction de la race, de l'état de santé ou du sexe par exemple. Il avait passé des années à apprendre à les différencier et lire dans les informations que ses mains pouvaient capter, et continuait d'apprendre chaque jour. Il se concentra d'abord pour ressentir celle de la demoiselle. Neishaan pure souche, anxieuse et inquiète, épuisée... Lorsqu'il la saisit totalement, il chercha celle qui s'en différenciait. Le petit éclat de vie qui battait là, en son sein. Une petite chose, encore fragile. Un garçon de toute évidence. Mais pas un Neishaan. En tout cas pas uniquement... Les métissages n'étaient pas forcément bien vus, mais le visage du guérisseur resta calme et serein, ne montrant aucune contrariété quelconque.

Lorsqu'il eut fini, ses mains remontèrent légèrement vers le cœur de la demoiselle, l'écoutant, sentant la vie qui y passait. Enfin, il se stoppa et se rassît, redescendant ses manches.

- Je vous confirme que tout va bien pour votre enfant. Il est en forme bien que peut être un petit fatigué et perturbé par tout ce que vous avez vécu. Voulez-vous savoir son sexe ? Selon la réponse donnée, il lui dit ou pas.

- Votre état est plus préoccupant. Comme je vous l'ai dit un peu plus tôt, votre corps est épuisé et n'a plus beaucoup de réserve dans laquelle puiser. Cela va finir par devenir dangereux pour vous et pour lui.

Il fit une pause et sembla réfléchir un petit peu avant de reprendre.

- Je sais que vous allez sans doute bientôt quitter cet endroit et retourner chez vous. Néanmoins, j'aimerai vous donner quelques soins. Je ne doute pas que vos guérisseurs soient compétents, mais ils doivent sûrement être occupés également. Et il aimait surtout savoir ce que prenaient ses patients, même s'il était quasiment certain de ne jamais les revoir. Acceptez-vous ? Il l'espérait réellement et avait quasiment déjà tout ce qu'il fallait.

- Sinon, dans tous les cas, il vous faut du repos, beaucoup de repos. Pas de stresse, de course ou de toute autre chose qui pourrait perturber votre organisme. Dans l'idéal il faudrait que vous restiez aliter quelques jours, mais vous pouvez vous balader dehors, dans des parcs ou des espaces tranquilles. Enfin s'il y en a. Parce qu'il ne savait pas du tout comment pouvait être son lieu de vie en fait.





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MessagePosté le: Jeu 16 Juil 2015 - 20:46 Répondre en citantRevenir en haut

Aussi doux que pouvait être le guérisseur, Alrüne ne put réprimer ce long frisson désagréable, qui l'a parcouru tout entière, lorsque Timéane usa de son étrange pouvoir pour l'examiner. Tout son être semblait, désormais et plus ou moins inconsciemment, rejeter la magie sous toutes ses formes, comme une sorte de violente et soudaine allergie. Le traumatisme des évènements du Manoir restait encore bien ancré dans sa chair ...
Serrant les draps dans ses fines et pâles mains, ses yeux toujours rivés sur le mur contre lequel était son lit, la jeune Neishaane se montra aussi calme et détendue que possible, se retenant de se tortiller de gêne sous les mains de l'Elfe, qui ne cherchait qu'à évaluer son état et celui du bébé qu'elle portait en elle.
Elle sentit la chaleur que son don provoquait envahir son abdomen, s'y logeant de longues minutes qui parurent interminables à la future maman tant la situation lui était inconfortable, avant de remonter sur sa poitrine, la crispant un peu plus si cela était possible. Elle se sentait sondée, étudiée sous toutes les coutures ... Comme s'il l'avait soudainement ouverte en deux pour plonger directement les mains dans ses viscères. Bien entendu, l'expérience n'était ni aussi douloureuse, ni aussi sanglante mais la sensation devait, aux yeux de l'Aspirante, en être assez proche.

Alors que le silence semblait encore vouloir se prolonger, Timéane ramena enfin ses mains à lui et Alrüne, étouffant un discret soupir de soulagement, en profita alors pour se redresser doucement et se rasseoir. Le guérisseur se montra rassurant en lui confirmant le bon état de santé du petit éclat de vie qui grandissait en son sein, ce qui arracha un très léger sourire rassuré à la Neishaane. Tout allait bien pour le bébé ...
Lorsqu'il lui fut offert l'étrange possibilité de connaître son sexe, la Neutre refusa simplement d'un signe de tête. Elle préférait le découvrir d'elle-même, lorsque le moment de leur rencontre sera venu ...

A contrario, l'état de santé de la jeune femme était bien plus inquiétant que celui de son enfant à naître et aussi dangereux pour sa propre vie que pour la sienne. Oui, elle était physiquement exténuée et son corps se retrouvait à puiser dans ses dernières ressources. Autant dire que, vu l'épaisseur de la demoiselle Engloutit, il n'avait plus grand-chose à se mettre sous la dent ...
Alrüne semblait, par ailleurs, toujours quelque peu abattue. Ses yeux océans cernés de rouge, conséquence des larmes versées un peu plus tôt, accentuaient davantage cet air fatigué qui tirait les traits de son doux visage.

Écoutant les sages paroles et recommandations de l'Elfe, la Neishaane réalisa soudain un détail qui, si elle y avait pensé auparavant avait fini par lui échapper et qu'elle ne savait, à présent, pas vraiment comment aborder : Elle allait bientôt devoir rentrer au Kaerl.
La nouvelle, en elle-même, la ravissait. Elle n'avait que trop hâte de retourner dans un lieu connu, de rentrer là où elle se considérait, pour le moment, comme chez elle. Mais son état actuel risquait de soulever des interrogations autour d'elle, auxquelles la demoiselle n'avait pas vraiment envie de répondre.
Elle ne se souciait pas tellement du regard que les habitants du Màr pourraient porter sur elle, non. Ce que l'on pouvait penser d'elle avait eu une importance à un certain moment de sa vie, mais elle en avait fini avec tout ça ... Elle craignait simplement de devoir être obligée de s'expliquer, de parler ce qui l'avait conduite à cet état ... Peut-être pourra-t-elle éluder ces questions gênantes ou simplement refuser d'évoquer les circonstances de sa grossesse avec les citoyens, mais cela risquait d'être un tantinet plus compliqué avec Dinjelaï ou tout autre personne d'un rang supérieur au sien.

- Je veux bien suivre votre traitement, finit-elle par lui répondre simplement, laissant ces interrogations de côté.

Ainsi, une fois rentrée, l'Aspirante pourrait goûter à quelques jours de repos sans avoir le besoin de voir qui que ce soit.

Alrüne se frotta doucement les yeux avant d'étouffer tant que mal un bâillement. Ses paupières étaient lourdes, gonflées d'avoir tant pleuré. Le manque de repos, en plus d'être toujours aussi perceptible sur son visage, pesait de plus en plus sur son corps affaibli. La jeune femme avait cruellement besoin de dormir un peu.
Malheureusement, son sommeil ne risquait pas d'être aussi réparateur qu'elle le voudrait, au vu de sa situation ... Entre les derniers évènements du Manoir et la surprenante nouvelle d'aujourd’hui, qui ravivait en elle plein de souvenirs douloureux, elle avait matière à cogiter et à cauchemarder pour les nuits à venir. Sûrement qu'il lui faudrait plusieurs jours avant de regagner un peu de cette sérénité si durement acquise au cours de ces derniers mois ...

- J'aimerais bien me reposer un peu, à présent ... Si vous avez terminé.

Ce que la Neishaane espérait de tout cœur. Elle commençait à en avoir un peu marre d'être observée, interrogée et manipulée par le guérisseur, aussi doux et gentil pouvait-il être à son égard.
Elle n'aspirait plus qu'à un peu de solitude et de tranquillité, autant pour se reposer que pour réfléchir à son futur, qui s'annonçait définitivement plus compliqué que prévu.




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MessagePosté le: Mar 4 Aoû 2015 - 00:15 Répondre en citantRevenir en haut


Timéane Monalys, Maitre Guérisseur de Lòmëanor


Le guérisseur était rassuré. Elle acceptait son traitement et semblait s’être totalement calmée. Heureusement qu’elle semblait être quelqu’un d’un tempérament plutôt paisible de base, car une quelconque crise de panique aurait pu provoquer un drame.

- Merci. Dit-il simplement en la recouvrant d’un drap léger, baissant des stores pour tamiser la lumière. Reposez-vous. Lorsque vous vous réveillerez, vous aurez de quoi manger ainsi que des infusions et autres remèdes. Prenez le temps pour le prendre, à votre rythme. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas une seule seconde à appeler quelqu’un. Si ce n’est pas moi, ça sera un des aides.

Il attrapa une bougie à l’extérieur et sortit de sa poche une petite poignée de feuilles qu’il déposa dans une petite coupelle. Il y mit le feu pour qu'elles se consument et diffuse une légère fumée.

- Ce sont des feuilles de Fulvuri Nocturne. Elles diffusent une odeur apaisante qui permet de mieux dormir, avec moins de cauchemars et de stresse. Reposez-vous bien. Vous êtes en sécurité ici.

Puis il sortit en refermant la chambre avec le rideau, donnant l’ordre à ce que personne ne la dérange jusqu’à ce qu’elle le décide elle-même.
Pendant son sommeil, il lui fit parvenir de quoi manger un peu, boire et surtout une infusion qui aiderait son organisme à se ressourcer et récupérer tout ce dont il avait besoin plus rapidement.
Il passa régulièrement, qu’elle dorme ou pas, surveillant sa patiente avec attention, veillant à l’évolution de son état, lui indiquant qu’elle pouvait sortir un peu dans le jardin si elle le voulait.
Le temps fila paresseusement et la jeune femme récupéra doucement, un peu trop aux yeux du guérisseur mais vu son état dans lequel elle était arrivait, cela était normal. Il espérait que les guérisseurs de son ordre continuerait à surveiller son état. Un tel état de fatigue n'aurait jamais dû se produire et ils devaient faire attention à ce que ça n'arrive plus.

Puis on vint la récupérer. Comment avaient-ils su que c’était le bon moment ? Était-ce le hasard. Ça non plus il ne le saurait probablement jamais, mais peu importait. Il avait réussi à la remettre sur pied et faire en sorte qu’elle soit définitivement hors de danger. Le temps pouvait reprendre son cours tranquillement, ponctuait de foulure et de morsure de chien.




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