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Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
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MessagePosté le: Jeu 13 Nov 2014 - 15:02 Répondre en citantRevenir en haut

Flarmyaku 918
deux semaines après
l'empreinte du Màr Listé


L'air était encore humide de la lourde journée chaude que la région avait subi. En plein été, la pluei frappait durement certaines zones forestières du continent, mais cette terre riche en humus et en verdure luxuriante était habituée à ce genre de climat. Surtout en été. Heureusement que les habitants avaient su s'adapter aux désagréments pluvieux et que certaines régions leur restaient plus hospitalières. Et dans cette nuit à la forte humidité coulante, un grand dragon cendré venait de sortir de l'interstice. Même s'il n'avait pu employer ce moyen de voyage depuis des semaines, l'instinct avait su retrouver son utilisation instantanément. Son lié n'avait même pas douté de sa capacité à réutiliser ce pouvoir innée.

Sur le dos d'Estenir, en plus de son lié, se trouvait assise derrière le Seigneur, la jeune chevalière verte Asshai et sa petite liée. Cette dernière bien qu'étant capable de voler, n'était pas encore assez forte pour soutenir le vol puissant de l'Empereur cendré. Et encore moins de franchir l'interstice. Le Maître Noir n'avait pas vu d'un bon oeil la venue de la petite liée d'Asshai, risquant de commettre leur mission. Mais en même temps, qui serait assez fou de laisser un jeune dragon loin de son lié pendant un certain nombre de jours ? A peines liées, elles auraient du se séparer ? Le choc ne plus se contacter aurait été plus que difficile. Et même Alauwyr comprenait ce qu'on ressentait quand on ne sentait plus le lien avec son lié en raison de la distance. Heureusement pour Asshai qu'Estenir était assez forte pour porter ce petit trio sur son dos.

Le saurien ailé plana un petit moment, cherchant une petite clairière où se poser. Il ne tarda pas à la trouver et vira sur l'aile tout en descendant. Il replia juste avant de toucher terres ses ailes immenses pour ne pas abîmer le cuir léger de ses ailes contre la cime des arbres. Puis il s'abaissa pour laisser ses deux passagères descendre. Alauwyr suivit en dernier, se laissant glisser le long des muscles puissants du dragon.

Vêtu sobrement, dans une tenue plus d'aventurier que de mercenaire, ce qu'il avait choisi lui donnait une autre allure. Une chemise blanc en lin se dissimulait derrière un large pourpoint en cuir usé, d'où étaient fixée des petites plaques de fer. Cela se compléta avec un pantalon brun, rentré dans de grandes bottes au cuir épais et sombre. Une large ceinture aidait à garder à portée de main le fourreau de sa fidèle épée à lame noire. Une longue pèlerine a capuche au gris foncé couvrait ses larges épaules. Malgré la chaleur, il semblait s’accommoder du port de ces vêtements plus supportables en climat d'Oren ou d'Undomé...Mais même dans ce continent, on ne serait pas choquer de le voir vêtu ainsi. Un aventurier pouvait très bien descendre des lointaines montagnes du continent...

''Bien ma chère Asshai, nous voici non loin des lieux que tu m'avais raconté naguère.... J'espère que tu sais ce que tu fais... Ce serait dommage pour ta petit eliée que tu te blesses déjà par une faute commise par bêtise... Ah en parlant de ta petite verte... Il serait rudement conseillé qu'elle reste avec Estenir. Ici, même si tu prétends que c'est un gros lézard de compagnie, je doute que cela suffit à convaincre tes contacts....sauf si tu veux réellement jouer sur l'exotisme que peut représenter un dragon.... A tes risques et périls. Nous venons uniquement pour cette affaire à la mine. Le Kaerl a besoin de cet or pour les ressources indispensables à sa reconstruction... Idéal non pour toi qui voulais te dévouer au Kaerl...''


Il ne put s'empêcher de faire un sourire ironique. Si jamais elle cherchait à le doubler, chose presque improbable logiquement... il saura lui régler son compte, liée ou pas liée...

''Allons ma chère, c'est toi qui ouvre la marche. Après tout, c'est toi le commanditaire....''



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MessagePosté le: Jeu 13 Nov 2014 - 15:02 Revenir en haut

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Asshai Anara
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 01:37 Répondre en citantRevenir en haut

La flamme vacillante d'un brasero brûlait dans un coin de la petite pièce encore déserte de tout meuble. Quelques livres s'entassaient déjà ça et là sur une table pour le moins rudimentaire, tandis que d'un bout à l'autre de la pièce une fine dragonne aux écailles de jade arpentait le dallage de son pas fier.

Voilà près de deux semaines à présent qu'Asshai s'était liée. Deux semaines que tout cela était finit, que la vie avait reprit son cours normal... ou presque. Deux semaine, et pourtant rien n'était plus comme avant à présent...
Sortant de son livre, ses pâles prunelles se posèrent sur sa liée... si belle, si charmante. Elle était tout ce qu'elle avait toujours voulu être, et comme une partie d'elle même qu'elle avait oublié depuis si longtemps, les années dissimulant sous leur poussières grisâtres ses envies les plus folles. Amûnaptra avait sut les faire resurgir plus subitement que l'incendie le plus meurtrier.

Et les voilà qui à présent devaient voler vers de nouvelles horizons. Demain ils partiraient pour Qahra... Comme elle l'avait prévu. Tout se passait selon les plans qu'elles avaient fixés. Tout aurait put être parfait jusqu'au moindre détail s'il n'y avait eut cette imbécile de Manéa !!!
Le poing d'Asshai se crispa sur l’accoudoir du fauteuil au confort spartiate dans lequel elle s'était installé, tandis que sa blessure la lançait de nouveau à la pensée de la fëalocë. Fallait il que les dieux soient à ce point cruels pour lui infliger pareil handicape au moment où son destin au sein de ce Màr allait peut être se jouer...

*Peut être aurions nous du la tuer... Au moins elle n'aurait pas recommencé. Nous aurions fait une bonne action, qui aurait put nous en vouloir... ?*


*Je ne veux pas que nous nous salissions les mains pour pareille sotte. Elle aura ce qu'elle mérite, mais seulement lorsque le moment sera venu... En attendant... Je me contenterai de serrer les dents et de souffrir le sourire aux lèvres.*


*Au moins as tu à cœur de faire profiter aux autres de ta beauté même lorsque tu es blessée. Quelle altruisme ma belle, j'en serais presque émue.*


La fëalocë partit d'un petit rire, saisissant sa liée qui passait auprès d'elle pour la déposer sur ses genoux. Elle avait déjà bien grandit en quelques jours, elle ne pouvait déjà plus tenir sur ses épaules, et elle était obligé d'utiliser ses deux mains pour la saisir desormais. Lorsqu'elle aurait atteint sa maturité, elle serait une verte splendide à la beauté tapageuse, avec ses écailles si sombre, si belles...

*Oh je t'en prie, cesses de me le répéter chaque jour... Cela en deviendrait gênant...*

*Peut être devrais tu cesser de t'introduire ainsi dans mon esprit si cela t'est si déplaisant...*


La caressant du plat de la main, elle put sentir la douce chaleur de sa dragonne passer à travers ses membres, et soulager quelque peu la douleur que laissait le coup de poignard infligé par l'aspirante d'Elederkan. Ce contact ne cessait de la rassurer... Que ferait elle aujourd'hui si Amûnaptra n'était pas à ses cotés... ? Seulement deux semaines et il lui semblait pourtant qu'il lui était impossible de vivre sans sa présence à ses cotés. Voilà si longtemps qu'elle n'avait plus ressenti cela...

Laissant son regard se perdre dans les flammes mourantes du brasero, les pensées d'Asshai s'abandonnèrent à un sujet tout autre... Qahra...

Elles avaient reçus les ordres d'Alauwyr. Le plan était en marche. Demain ils partiraient tout les quatre sur le dos d'Estenir, droit vers le continent végétal. Dans son esprit, le plan était claire et bien rodé. Elle n'en avait oublié aucune partie, et tout devait se passer comme elle l'avait prévu. Mais qui sait encore ce que le destin pouvait lui réserver comme surprise... ?
Si cette mission tournait à l'échec, elle n'oserait même pas imaginer les répercussions que cela pourrait avoir sur elle... et sur Amûnaptra. Comme toujours elle n'avait pas le droit à l'échec évidemment...

*Et comme toujours la victoire sera tienne... évidemment...*


La tête écailleuse de la verte vint se hisser sur son épaule en signe d'apaisement. Elle sentait toute la tension qui pesait sur sa liée. Demain elles seraient parties, et alors viendrait la véritable épreuve. Mais leur ombre n'éteindrait pas les flammes.

***



L'humidité étouffante du continent ne cessait de faire perler la sueur au front d'Asshai. Fëalocë de part le sang, née du désert de surcroît, elle était pourtant habituée aux fortes chaleurs, mais d'avantage au climat sec. Ici en Qahra, les choses étaient différentes. Tout l'air était saturé d'eau, d'humidité, d'une poisseuse et moite atmosphère dont vous n'arriviez à vous défaire. L'ombre des arbres pouvaient bien vous protéger du soleil, la chaleur transperçait les frondaisons et vous traversait jusqu'à l'os.

Il était rare qu'Asshai prenne part aux opérations de terrain, plus habituée aux intrigues de cours qu'aux courses dans les bois, mais pour l'occasion, elle avait tenu à abandonner ses robes et ses jupes écarlates, jusqu'à sa tenue de voyage classique qu'elle n'avait osé revêtir en raison du climat.
A l'instar d'Alauwyr, elle avait opté pour une tenue pratique et légère. Un sari de lin blanc lui recouvrait les épaules, lui tombant jusqu'aux genoux, portant dessous de larges chausses brunes et une paire de bottes solides pour la marche. Ses cheveux enfin, parfaitement emprisonné dans une tresse travaillée, elle avait ainsi adopter l'une des tenues les plus rependus des habitants de cette région de Qarha.
A sa taille battait une épaisse besace de cuir, renfermant plusieurs liasses de parchemins, griffonnés de chiffres, de plans, de rapports, d'estimations... Tous en langue de Qarha afin de pouvoir traiter librement avec leur interlocuteur. Elle y avait passé des nuits entières, préparant son dossier avec minutie, précisions et acharnement. Tout avait été mis en œuvre pour que cette campagne se solde par un franc succès. Alauwyr devait avoir trouvé en elle une servante bien plus dévouée qu'il ne s'en serait douté...

Posant enfin pied à terre, Asshai échangea une pensée de concomitance avec sa liéeà l'annonce de leur séparation.

*Il faudra préciser à ton seigneur qu'énoncer ses évidences ne fera pas de lui un homme plus légitime pour prétendre au trône ardent.*

*Laisses le donc parler, et obéis. Il ne fait pas bon de lui faire remarquer ses idioties. *


*J'avais crus comprendre. J'espère au moins que son lié n'est pas de la même trempe.*


*J'en ai bien peur. Promets moi que tu seras te tenir en sa présence.*


*Vas l'esprit tranquille. Je suis aussi bonne menteuse que toi lorsque je m'en donne la peine.*


Un sourire imperceptible parcouru les lèvres d'Asshai suite à ce rapide échange. Transportant sa liée au bas d'Estenir, faisant fi de la douleur qui lui parcourait l'abdomen, elle la déposa dans les herbes hautes de cette jungles sempervirente avec un pincement au cœur. Suivant ses propres conseils elle ne répondit pas à Alauwyr et se contenta d'un nouveau sourire polie, tournant ainsi le dos à sa liée qu'elle abandonnait auprès d'Estenir.

« Ici ils ne devraient pas se faire remarquer, nous sommes à plusieurs kilomètres du village d'Orundia, et il n'y en a pas d'autres dans le secteur. »


Extirpant de sa besace un morceau de parchemin qu'elle avait arraché à l'un de ses livres, elle le déplia pour exposer la carte de la région. Indiqué à l'encre verte, une piste serpentait à travers la jungle et les collines, partant de cette petite clairière « La Troué des Tréants », jusqu'au village d'Orundia, situé non loin des montagnes... Montagnes qui recelaient les galeries aurifères qu'ils convoitaient tant pour le Kaerl.
Se repérant en quelques secondes par rapport au soleil, elle entama la marche qui les mènerai jusqu'au village, battant les herbes hautes de la clairières jusqu'à rejoindre les frondaisons de la forêt tropicale.

*Fais attention ma douce... Je t'en prie, fais attention.*


Tels furent les derniers mots qui lui parvinrent de sa liée, tandis que déjà la distance interférait avec leur lien.
Une fois la limite de la forêt franchit, un petit chemin, à moitié dissimulé par les plantes vivaces et les lianes, agrippait à flanc de collines, serpentant à travers les roches et les racines des arbres. La marche serait lente et éprouvante, et cette simple pensée réveilla de nouveau la douleur que lui infligeait sa blessure.
Mais elle tenait à négocier en personne ce contrat. Orundia n'aurait pas oublié la famille Anara, et une fois qu'elle aurait prouvé son identité, elle était presque assurée que l'opération serait menée à bien. Pourtant il y avait près d'une dizaine d'années qu'elle n'avait plus traité avec ces individus... Mais le temps n'avait pas affecté son sens de la diplomatie et des affaires - ou du moins le croyait elle.

Alors que débutait leur ascension, elle entama les dernières mises au point avec Alauwyr.

« Mon seigneur... Avant que nous arrivions au village, nous devrions nous accorder sur les derniers détails de cette négociation. Notre but sera de leur faire signer ce contrat d'exploitation en votre nom. Je ferais jouer de ma personne en tant que négociatrice, et en ma qualité de fille ou de nièce d'Alauwyr Iskuvar. Si nous prétendons être chacun l'un et l'autre unie par les liens du sang, leur... « confiance »... Sera gagné. Me donnez vous votre accord... ? »

Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 16 Nov 2014 - 11:42 Répondre en citantRevenir en haut

Laissant les deux dragons derrière eux, les deux Ardents se mirent donc en route, Asshai en tête. Alauwyr n'était pas bien loin d'elle, regardant régulièrement l'environnement qui les entourait. Il ne connaissait pas aussi bien la région que la chevalière verte, mais il observait, écoutait.... Ainsi il pourra aisément revenir sur ses pas s'il devait repartir, sans qu'Estenir ne prenne la voie des airs pour partir de ces lieux. Mais en tout logique, il n'y avait pas de raison à partir sans avoir accompli la mission qu'il s'était fixé, en plus d'utiliser Asshai comme intermédiaire. Le kaerl avait besoin de ressources et comme il n'accordait sa confiance à personne, il y était venu en personne. Un acte personnel dangereux, car il était le Seigneur et en tant que souverain, il ne devait pas s'exposer inutilement au danger. Le Màr Taralom était en plus dans une situation précaire à cause des assauts lancés par Drazahir. Maintenant que l'ennemi était anéanti, il fallait reconstruire. Et pour cela... ne croyant en personne pour cette tâche importante et vitale, il était là, avec Asshai. La jeune femme se dévouait pour le Kaerl, mais il ne l'aurait pas agir toute seule. La fièvre de l'or et de la réussite vous changeait bien des gens, même des chevaliers-dragons.

La marche était fastidieuse, entre la végétation dense, les insectes qui les harcelaient parfois et par la sueur qui collaient leurs vêtements à la peau. L'air humide les gênait dans la respiration. Alauwyr ne semblait pas souffrir autant de ces conditions, guerrier rôdé depuis des années. Mais sa peau luisait quand même par endroit, preuve que malgré sa réputation et sa dangerosité, il restait un homme comme n'importe quel autre, même au coeur de cette jungle étouffante.

Durant le début de leur ascension, Asshai s'était rapproché du Maître Noir pour faire les dernières mises au point. Il sourcilla quand à l'idée d'affiliation. Il prit le temps de réfléchir, étant déjà dans l'idée de refuser. L'avenir du marchandage imposait de reléguer cette réticence loin de son égo.

''Tu te feras passer pour ma nièce... ça contrariera moins le nom que tu portes et ce sera plus une affiliation par alliance que par le sang. Ainsi, ca ne changera rien la ''confiance'' à gagner. Pour négocier, j'ai pris soin de voyager léger mais avec ceci. ''

Il sortit de dessous sa tunique une petite bourse en cuir qu'il ouvrit. La lumière du jour provoqua un scintillement. Asshai n'aura qu'à se pencher un peu pour voir qu'il y a là quelques pierres précieuses, superbement taillé malgré leur taille. Un saphir, quelques petites émeraudes et un diamant noir était la somme qu'Alauwyr avait prévu d'emmener avec lui.

''Pour ne pas puiser dans les coffres du Kaerl, j'ai pris sur mes dernières ressources. Ca suffira amplement à la négociation de ton contrat, en plus de ta personne et de ta nouvelle et temporaire affiliation''

Il ne put s'empêcher de faire un sourire narquois. Ces pierres étaient bien ses dernières richesses qu'il avait pu amasser durant sa vie de mercenaire. N'ayant jamais été attiré par une vie de luxe et plus paisible, ce qu'il avait accumulé avait servi à bien autre chose. Et ces pierreries contribuerait généreusement à leur mission. Le marchandage pour la mine et ses employés sera un jeu d'enfants. Une fois la bourse rangée à sa place, Alauwyr regarda au loin comme s'il avait déjà hâte d'arriver à ce village.

''Ne tardons pas. Plus tôt nous arriverons et plus vite nous pourrons profiter de la lumière du jour pour négocier. ''



Asshai Anara
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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 00:41 Répondre en citantRevenir en haut



En cette journée, Alauwyr semblait plus disposer à l'écouter que lors de leur dernière entrevue. La trahison de Martel avait finit par la servir. Quelle sagesse avait-elle eut de ne pas se mêler à cet incident... Ce jourd'hui, voilà que ses prédictions s'en trouvaient conforter. Son seigneur avait probablement ouvert les yeux quant à la précarité et la dangerosité de sa situation, et elle lui en rendait grâce.

Aussi caractérielle, dominant, instable et violent soit il, elle n'avait put s'empêcher au cours de son séjour à Taralöm, de constater qu'il menait le Kaerl vers la voix de la réussite. Les premières entreprises menées en Qahra, la réforme du concile, le maintient de l'indépendance du Kaerl, la signature d'un nouveau contrat commercial avec le Kaerl Neutre au détriment du Kaerl céleste, et surtout... Là où tour à tour les deux autres Màrs avaient perdu leur dames, Alauwyr lui avait su rester sur le trône et ce, malgré les événement ayant trait à Drazahir, et malgré le coup d'état manqué de Martel...

Oui assurément Alauwyr restait encore le meilleur seigneur que le Kaerl pouvait souhaiter, non pas tant pour sa personne, mais par l'assurance et la détermination avec laquelle il appréhendait sa fonction. Face à la flamme incandescente de ce monde, il se dressait tel un colosse, et elle dans son ombre... Plus le colosse était haut, plus l'ombre était vaste...
Qui des deux finalement instrumentalisait l'autre... ? Le seigneur ou l'insignifiante chevalière verte... ? Peut être ni l'un ni l'autre... Tout les deux se trouvaient en vérité compris dans un accord parfait, une symbiose dans laquelle chacun y trouverai son compte.

Sans un mot, elle continuait la route, sur ce chemin défoncé, disparaissant parfois presque totalement à travers les herbes folles. La route était longue, et beaucoup plus éreintante que ce à quoi elle s'était attendue. Anaviel avait eut beau tenter de la former à l'endurance et à la résistance, que ce soit en l'envoyant un Undomë ou en l'entrainant de sa propre main, Asshai n'avait toujours pas acquis un corps de battante. Ses frêles épaules se faisaient douloureuses sous le poids de ses liasses, et ses jambes à chaque nouveau pas se faisaient moins stables. Même Alauwyr ne semblait pas indifférent à la moiteur ambiante; tous les deux étaient en nage. D'un revers de manche Asshai s'essuya le front, constatant par là même qu'elle était brulante. Par instant elle s'arrêtait, le temps de remettre sa besace en place, et soulager quelque peu sa blessure. Puis chaque fois, la route reprenait.

Une trentaine de minutes s'étaient ainsi écoulées le long de ce sentier sylvestre, avant qu'enfin ne leur parvienne la couleur du ciel au travers des frondaisons - d'un bleu azur, percé de l'astre blanc dont la lumière lui paraissait aveuglante au sortir de la futaie. Le chemin se fit alors mieux dessiné. Visiblement on l'empruntait régulièrement car les herbes sur les bas cotés s'en trouvaient aplaties. Les arbres les plus haut ne cessaient de les dominer, mais les plus petites espèces avaient visiblement étaient abattues par endroit, probablement pour être exploitées. Petit à petit le paysage se transformait, le sol de la jungle recouvert de racines grimpantes et de fougères laissait place à une savane herbacée, au milieux de laquelle prospéraient ça et là quelques fleurs aux couleurs chatoyantes. L'air se trouvait moins humide mais d'autant plus chaud que le soleil désormais tapait durement sur leurs épaules.

« Nous ne devrions plus être très loin... »


Au fur et à mesure qu'ils avançaient, se profilait le long du chemin les champs de lins, les palmeraies et les rizières bordées de poutre de bois afin de retenir l'eau en leur sein. Au abords du chemin, ils rencontrèrent les premiers villageois qui ne semblaient ne leur accorder aucun regard. La plus part d'entre eux croulaient sous le poids des stères qu'ils avaient hissé sur leurs épaules. Du bois exotique, rare et chère lui avait expliqué l'un des émissaires de son père il y a de cela quelques années.
Baissant d'un ton, Asshai se permit de saisir son seigneur par le bras, afin de lui toucher deux mots sur ce qu'elle avait apprit il y a quelques années.

« Le village du chef Orundia vie principalement du commerce des essences exotiques que les habitants trouvent dans la forêt. Les plus gros troncs sont mis à l'eau, et descendent la rivière depuis le village jusqu'à l'orée du delta salin bien plus à l'ouest. Le reste des stères est acheminé par embarcation pour être revendu à prix d'or à travers tout le Rhaeg. Il y a cela six ou sept ans, le village traversait déjà une passe difficile... Les habitants estimaient qu'en exploitant trop la forêt il s'attireraient les foudres de leur grande déesse – un des nombreux avatars de Gaïa. Avec le temps, et les naissances faisant, il y eut d'avantage de bouches à nourrir, et, même si le village eut à s'étendre, les surfaces arboricoles ne le furent pas. Les habitants se retrouvent aujourd'hui confrontés entre leur devoir religieux et leur survie. De mon temps, les plus jeunes migraient déjà vers les plaines estentines, ou partaient rejoindre d'autres villages plus loin dans les marais, pour y mener une vie plus pauvres, et plus « spirituelle » je présume.
De ce que je vois la situation n'a pas dut changer en quelques années. C'est là que vous intervenez : En ouvrant les mines, vous leur fournissez les revenues et le boulot dont ils ont besoins. Ils n'auront plus à devoir se confronter à leur croyance : ce sont les entrailles de la terre qui pourvoiront à leur besoin, et non plus la forêt. Je suppose que pour eux, exploiter des sous-terrains invisibles depuis la surface se trouve être moins grave que de raser une partie de leur si précieuse forêt. Au moins cela ne les obligera pas à cuir sous le soleil. Bien sur il faudra les convaincre de raser quelques parcelles pour accéder aux grottes un peu plus à l'est, mais j'ai bon espoirs que les chiffres fassent pencher la balance en notre faveur... Si il n'y a pas quelques chamans en guenilles pour nous prévenir que ces quelques grottes sont le terrier sacré d'un esprit quelconque. »


Un cour instant elle darda ses prunelles pâles sur Alauwyr, comme pour s'assurer que celui ci avait bien compris tout les enjeux économiques qui se jouaient dans ce micro territoire. Une fois l'exploitation des mines amorcé, les rumeurs travailleraient pour eux, les nouveaux habitants afflueraient depuis le delta. Ce genre d'aventurier dont le seul Dieu était l'or ! Une fois ceux là dans la place, ils saperaient d'eux même toute la protection casi-religieuse qui entourait ce ramassis d'arbres pour ouvrir de nouvelles galeries, et exploiter le plus vite possible l'ensemble du filon qui courait selon toute vraisemblance sous leur pieds.

« … Si nous venions à rencontrer une telle résistance, sachez que je m'emploierai totalement à la disparition de ces gêneurs. »

Au moins les choses étaient fixés d’emblée. Asshai n'avait pas l'attention de reculer suite à la préparation méticuleuse qu'elle avait opéré pour ce projet.

Tout en avançant, les premières habitations construites de bois et de bambous commencèrent à se dessiner à l'horizon. Certains bâtiments plus importants avaient été construit en une pierre qui avait dû être claire par le passé, mais qui aujourd'hui était entièrement recouverte de mousse. Comme dans toute agglomération hiérarchisée, le lieu de pouvoir devait se trouver au centre, et c'est à travers un chemin défoncé par les traineaux de bois, boueux, voir entièrement inondé par les eaux stagnantes, que le couples d'étrangers réussit à se frayer un passage jusqu'à ce qui devait être la résidence du chef.

C'était un bâtiment long et rectangulaire, construit avec un soubassement de pierre, mais dont les murs restaient de bois. Un étage surplombait le rez de chaussé, de bois lui aussi, et finalement recouvert d'une toiture de bambou et de terre crue. Le tout était sommaire, mais pratique, sans fioritures apparentes. Une volé de marches construites de ce même bois menait à un haut portail sculpté et orné de boucliers et de masques représentant des versions locales de Gaïa, d'Ouranos, de Solyae, d'Iolya et d'Eurylia. A l'entrée deux hommes vêtus de juste-au-corps de cuire bardés de bronze, tenaient fermement leur cimeterre et leur haut bouclier sur lesquels avaient était peint les insignes du village. La garde surement. Orundia ne se refusait rien... La fëalocë avait conservé de lui l'image d'un homme vivant bien au delà de ses moyens, amateurs de faste et de pompes... Ridicule petit roitelet perdu au fin fond de sa jungle où il jouait au maitre du monde...

Faisant halte au bas des escaliers, Asshai affermie un peu plus son étreinte autour du bras d'Alauwyr. Sa blessure commençait réellement à la faire souffrir, mais elle tâcha de n'en rien montrer.

« Nous y voilà donc. Sans émissaire, ni garde, ni trompe... Force me sera de faire jouer le nom des Anara pour nous obtenir une audience. Mon seigneur... Je n'attends que vos ordres. »


« Fais nous entrer. Je te fais... « confiance » pour cela. »


Jusqu'ici le chemin avait été facile. Il avait suffit de marcher à travers les bois pour atteindre le village. C'était aux pieds ce cet escalier que la véritable mission commençait. Il allait falloir jouer sur tout les ressors de la personnalité d'Orundia pour réussir à se faire introduire auprès de lui. Cela n'avait rien de simple, car si la mission devait rester discrète au sein du Kaerl, en ce village, Asshai et Alauwyr auraient eut tout interêt a avoir recours aux milles fastes que pouvaient prendre la venue d'un entrepreneur marchand.

S'écarant quelque peu d'Alauwyr, elle s'avança en haut des marches jusqu'à se trouver en face de ces gardes, et s'exprima en un dialecte Qahraï proche de la perfection, si il n'y avait eut son fort accent du Ssyl'shar qu'elle avait prit soin de ne pas dissimuler.

« Puisse Gaïa veiller sur vos jours. »


Les hommes avisèrent un instant la fëalocë qui s'était avancée face à eux. Encore quelques voyageurs en provenance du delta venus ici pour leur proposer leur service devaient-ils penser. Le peu de voyageurs qui remontaient ainsi le fleuve ou qui se donnaient la peine de traverser les forêts marécageuse pour parvenir jusqu'à leur village, ne le faisaient que pour leur proposer de nouvaux contrats concernant l'acheminement du bois. Ceux là leur chef en avait soupé et il se refusait désormais de les recevoir. Toutefois la dame poursuivit sa tirade.

« Je me présente à vous comme l'emissaire et nièce du puissant Fléau Noir - le seigneur Iskuvar ici présent. Il est venu du grand Ssyl'Shar, a traversé le vaste océan, et a marché dans la forêt de Qahra pour rencontrer le chef Orundia, sans hommes ni armes - en terme de paix. Faites savoir à votre chef qu'une ancienne connaissance souhaite le rencontrer pour discuter d’intérêts communs. »

Asshai hésita un instant à prononcer son nom au tout venant. Elle avait finit par apprendre que les familles Malorne et Tahani avaient coupé tout liens commerciaux avec Orundia peu de temps après que les possessions Anara leur soient échu; les nouvelles allaient bon train à Arsuh, et encore plus à la cour du sultan. Si jamais des informteurs de quelque nature que ce soit fouinaient encore à l'intérieur du village... ou si la rumeur venait à se répendre qu'une Anara s'était présentée ici, et parvenait aux oreilles de certaines de ses anciennes connaissances... Elle ne donnerai pas chère de la discrétion de cette opération. Non, mieux valait encore taire le nom de sa famille pour le moment...
Elle espérait que la simple évocation de Ssyl'Shar attise la curiosité du chef, mais toutefois si Orundia refusait de mordre à l'hamerçon, c'était toute l'opération qui s'en trouverait compromis. Elle laissa donc sa phrase en suspens un instant alors que le regard des deux gardes se croisaient -interloqués par cette demande d'une nature si peu ordinaire.

« D'anciens amis avec lesquelles votre chef partage quelques ennemies communs. Des ennemies qui n'ont sut reconnaître sa grandeur... »


***



Arfalin Orundia, Chef du village.



La demeure du chef du village se composait ainsi : Le vaste portail menait à un vestibule, plus petit, ou de chaque coté du murs des tentures aux couleurs criardes et des sculptures de bois noir avaient été dressées. De ce petit vestibule vous pouviez monter à l'étage par les escaliers de gauche ou de droite, ou aller plus avant vers ce qu'Arfalin Orundia appelait pompeusement sa « salle du trone ».

C'était là qu'il passait la majeure partie de ses journées lorsqu'il ne se rendait pas en grand seigneur sur ses propriétés arboricoles ou chez le chaman du village -car Orundia était particulièrement superstitieux. Cette journée ci ne faisait pas exception aux autres. Arfalin errait ainsi dans sa vaste salle, buvant ton son saoul en vin qu'il avait fait venir des grandes plaines de l'ouest, se régalant de gibier et de miel, mâchant quelques plantes toxiques qui lui procuraient l'extase que sa vie ne lui apportait pas.

Tout l'intérieur de la pièce était tapissé de peaux de tigres, d'éventails aux plumes multicolores, de masques taillés dans l’ivoire, d'armes d'apparat coulées dans l'or massif et agrémentées de joyaux et de bijoux, d'artefact anciens et de statue pillées dans des tombes antiques, de coffret de bois précieux, d’encensoir dans lesquelles brulaient des parfums acres et capiteux... et de milles autres richesses si nombreuses que le seul œil du visiteur ne pouvait toutes les décrire. Trônant au milieux de cet étalage tapageur : un siège de bois sculpté dont les accoudoirs représentaient des tigres abattus, et aux dossier d'éléphants combattant. Sur ce siège était assis le royal séant d'Arfalin Orundia.

Lorsque l'un de ses gardes entra dans la pièce, il ne releva même pas les yeux, trop occupé qu'il était dans une partie de dès à laquelle il s'adonnait en compagnie de quelques uns de ses gens. Comme à son habitude il gagnait... Il ne perdait jamais en vérité. Il était bien trop doué pour perdre. La chance était toujours de son coté.

« Maître, des voyageurs veulent vous rencontrer. Ils prétendent être de vos amis... et partager un ennemi commun, ils viennent du …


D'un geste de la main l'humain l'interrompit. Bah ! Qu'était ce encore là ? Une tripoté de gueux en provenance du delta qui souhaitaient proposer leur service. Il n'avait déjà plus assez d'arbres pour faire travailler son village et son affaire de commerce, il ne pouvait pas se permettre d’accueillir des arrivants.

« Dis à ces crèves la faim qu'ils repartent d'où ils viennent ! Et qu'on ne me dérange plus lorsque je JOUE ! »

« Bien maître. Mais... Mais... Mais... Il me semble qu'il s'agit bien d'un seigneur. Un seigneur du Ssyl'Shar. »


Du Ssyl'Shar! Il n'avait plus d'amis au Ssyl'Shar depuis bien longtemps ! C'était ces abrutis de Malorne lui avaient rit au nez lorsqu'ils avaient récupérés l'ensemble des contrats des Anara. C'était il y a des années de cela, mais Orundia en gardait encore une vive contrariété ! Ils l'avaient traité comme un vulgaire chef de tribus, comme le dernier des cul-terreux, eux qui se terraient dans leur grandes villes, petits marchands arrivistes qu'ils étaient. Ils s'étaient imaginés qu'il était à leur service ! Lui ! Le maitre incontesté de ces terres et de ce village, de tout cette ligne de commerce du bois qu'il avait mis en place à la sueur de son front !

Et voilà qu'ils revenaient maintenant... Pour le supplier de revenir après toutes ces années. Quel plaisir cela serait d'entendre leurs émissaires geindre devant lui, d'écouter leur suppliques avant de les renvoyer. Ou peut être même pourrait il les exécuter, trancher leur tête et les renvoyait en Ssyl'Shar par voix de mer...

Un sourire mauvais s'était étalé sur les lèvres d'Arfalin alors qu'il se délectait déjà de toutes les souffrances qu'il allait pouvoir leur infliger.

« Faites les entrer, traitez les avec la déférence qui leur est dû. Que chacun de mes hommes restent ici ! Nous allons pouvoir nous divertir. »

S'étalant de tout son long au travers de son trône, paré de ses plus beaux atours, il se fit servir un verre de vin, trépignant d'impatience à l'idée de voir apparaître ses anciens « amis ».


Une femme à la chevelure ardente passa le pas de la porte, suivit d'un homme autrement plus important, au teint couleur de cendre et à la chevelure blanche. A la vu de ce dernier, Orundia se sentit profondément agressé en sa propre demeure. Cet homme là ne semblait pas vouloir s'incliner, il arrivait avec un port trop fier pour être un serviteur docile des Malorne. S'était il trompé ?

Son regarde revint à la jeune femme, et tandis qu'elle s'approchait, il sentit son esprit se troubler. Celle là lui disait quelque chose, ce visage ne lui était pas inconnu... Non... mais il n'arrivait plus à remettre un nom dessus. Ce n'était pas un membre de la famille Malorne, ni même une de leurs envoyées. Une nouvelle peut être... ? Mais elle n'était pas vêtu selon la tradition du désert...

Et puis la révélation le frappa !

« SORTEZ ! SORTEZ TOUS D'ICI ! Pas vous les voyageurs ! »


Claquant des mains, il congédia l'ensemble de ses gens, pour rester seul face aux arrivants. Il n'en croyait pas ses yeux... Elle devait être morte, elle et sa mère. Et après toutes ces années là voilà qui venait le trouver en personne.

« La fille de Anara. Mais par tout les dieux ! Et vous ? Seriez vous donc de sa famille ? Je ne reconnais pas en vous les traits de son père, ou la trace de son sang. Qui êtes vous ? Déclinez votre identité ! »


S’agrippant à sa coupe, il noya son désarroi d'une longue lampée de vin. Le voilà qu'il discutait avec les morts resurgis tout droit du passé. Si il s'y était attendu !

« Mais qu'est ce qui vous amènes ici par Gaïa ! »
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mer 26 Nov 2014 - 18:17 Répondre en citantRevenir en haut

Quand Alauwyr posa un pied dans la salle d'où les recevait le chef du village, il ne fut guère surpris du contraste entre le luxe régnant ici et la misère qui dominait l'extérieur. Comme tout homme avide de gouverner les autres et de s'emparer des richesses, ce chef de village avait su mener sa barque. Asshai fut la première à pénétrer ici et quand l'Ardent croisa le regard d'Orundia, il plissa ses yeux ténébreux... A voir l'étincelle dans le regard de son probable adversaire, il sut alors à qui il avait à faire : à un homme fier et arrogant, qui se trouvait troublé de voir un homme tel qu'Alauwyr dans sa chère demeure. Les choses allaient se montrer très intéressante.

Asshai provoqua plus d'émoi chez ce chef de village. Orundia avait du se montrer curieux quand à l'annonce transmise par un de ses sous-fifres et le résultat ne s'était pas fait attendre quand il eut reconnu la jeune chevalière aux cheveux de feu. Rien que cela suffit à faire ordonner la sortie des gardes présents, pour ne laisser que les deux Ardents et le ''souverain'' en tête à tête. Il devait être très sûr de lui... trop même.

Le Seigneur Ardent trouva presque amusé la réaction de cet homme, qui juste quelques secondes avant lui aurait lancé un regard provocateur. Alauwyr ne laissait pas indifférent de par son visage et son allure. Orundia avait du presque se sentir... rabaissé. Ou alors, il jouait avec intelligence et il cachait bien son jeu

Quand il eut fini ses petites questions qui frôlaient l'affolement, pensant revoir une revenante, Alauwyr se permit cette fois d'afficher un rictus à la limite de l'ironie. Puisqu'Orundia cherchait à impressionner ses invités par sa tenue et sa posture sur son trône, l'Ardent jouera dans le même le jeu. De ses mains, il repoussa sa capuche en arrière, libérant sa crinière blanche. Si Orundia était bien ce qu'il croyait être, il comprendra rapidement qu'Alauwyr n'était pas n'importe qui. Un sourire étrange naquit sur ses lèvres. Il prit la parole.

''Il existe bien d'autres liens que celui du sang. Il semblerait que vos gardes soient limités en capacité de mémoire. Ne vous ont-il pas cité de nom ? Je suis Iskuvar, un Seigneur du Grand Désert. ''

Il n'avait pas besoin de mentir, et encore moins de donner des détails sur qui il était. Né effectivement au Ssyl'Shar, il connaissait encore assez bien son dialecte natal et certains mœurs pour prouver ses origines, malgré la pâleur de ses traits.

''Ce qui nous amène... devrait vous plaire. J'avais cru comprendre que cette région, sous votre régence, avait un certain potentiel économique et que vous manquiez de fonds... Je vais aller droit au but mon cher. Je n'hésite pas à travers les océans pour aller là où mon flair me guide quand il s'agit de mener de juteuses affaires. Cette jeune femme ici présent, que je considère comme de mon sang, m'a pleinement convaincu en me racontant quelques détails sur les environs. Oui... je crois réellement que cela va vous plaire, au delà même de vos espérances...''

Si la cupidité était telle que l'avait décrit Asshai, il allait l'avoir dans le creux de la main. Sauf Orundia se montrait méfiant. Un négociant aux allures de combattant, marqué au visage par de vieilles cicatrices pourrait provoquer quelques interrogations. Mais ce détail n'effrayait aucunement le Maître Noir.

''Vous avez à votre portée des mines, qui malheureusement ne sont pas exploitées. Il est presque désespérant de ne pas pouvoir en profiter quand on ne possède pas la main d’œuvre.''


Il rebondit aussitôt : il ne devait laisser aucune marge de manoeuvre à Orundia pour qu'il réponde à sa suite

''Je vous rassure, je comprends qu'il faut de la rentabilité et pas de perte. Vous devez sans doute jalouser les autres exploitations environnantes qui arrivent à obtenir le fruit de leurs efforts et de leurs investissements...Et si je vous disais que vous pourriez avoir cet investissement, qui pourrait vous permettre d'avoir le fruit doré des entrailles de cette terre que vous tenez sous votre autorité ? L'exportation de bois rares est une chose, mais faut-il que tout le monde en recherche. Ce n'est pas le bois qui fait tourner l'économie des provinces, des royaumes et que dis-je même... des empires. Vous avez quelque chose à votre portée de main et qui m'intéresse... Vous avez de l'or... Vous le voulez, moi je veux le faire fructifier. ''


D'un geste, il attrapa sa bourse de cuir qui pendait à sa ceinture à l'abri de l'ombre de sa pèlerine et prit le diamant noir et une petite émeraude, qu'il présenta dans le creux de sa main. Peut-être qu'Orundia le croira fou de se trimbaler avec une telle fortune sur lui, mais à bien regarder son visage couturé et son épée menaçante qui pendait à sa ceinture, peut-être comprendrait-il le sérieux d'Alauwyr, en plus de la présence à ses côtés d'Asshai.

''Je suis prêt à payer les hommes que vous pourrez faire venir pour l'ouverture d'une exploitation aurifère. Motivés par un salaire juteux, je pense que cela devrait les encourager à extraire les bénéfices que vous attendiez depuis toujours. Avec ce que vos hommes sortiront de cette terre, votre village ne pourra que s'en porter mieux. Ces deux pierres ne sont qu'un petit détail de ce que je possède, mais elles serviront bien plus que largement à assurer deux mois plein de salaire, en plus du matériel nécessaire. Bien sûr, j'attends un retour... les deux tiers des bénéfices. Le tiers restant devrait largement vous convenir...''

Il se rapprocha d'Orundia, dans une posture toujours digne et très confiant. Il présenta les deux pierres précieuses à leur futur acquéreur. Rien que pouvoir les voir de si prêt devrait éveiller son intérêt et son désir d'être encore plus riche. Une émeraude était une pierre précieuse assez commune, mais la présence d'un diamant noir pourrait faire pencher la balance en sa faveur. Certains diamants noirs étaient rares et prisés pour certains bijoux. Le pommeau de son épée en était un d'ailleurs, même s'il donnait l'impression d'avaler la lumière présente pour s'en délecter.

''Alors....êtes-vous partant pour que nous convenions d'un contrat ? ''

Asshai trouvera Alauwyr direct et qui voulait aller droit au bout. Restait à voir si Orundia allait lui manger dans la main...



Asshai Anara
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MessagePosté le: Dim 21 Déc 2014 - 19:31 Répondre en citantRevenir en haut



Arfalin Orundia, Chef du village.



Orunida déglutit, puis abandonnant sa coupe vide au bas de son siège, il se dirigea tel un mort vers la première carafe à sa portée pour y boire directement. Tout cela était trop fou. Il avait été trahi par les gens du Ssyl'Shar. Par cette bande d'enfoirés ! Et voilà maintenant que ceux qu'il avait considéré comme des amis revenaient. Alauwyr ne lui laissa pas d'avantage le temps de se remettre de ses émotions, que déjà il le poussait dans ses retranchements, lui exposant tout le plan économique qui visiblement l'avait fait traverser le grand océan. Bien sur, personne ne venait d'aussi loin pour une simple représentation diplomatique. Il ne connaissait rien aux affaires du Ssyl'Shar, mais il y avait fort à parier que cet Iskuvar soit l'un des seigneurs qui ne devait pas tenir les Malorne dans son cœur. Il avait probablement récupéré sa nièce à ses fins. Peut être même souhaitait il venger sa famille, allez savoir quelles obscures motivations pouvaient bien le tenir.

Mais Orundia ne l'écoutait que d'une oreille, lui tournant le dos, agrippé à sa carafe. Il n'aimait pas être ainsi prit de court. Cet homme là avait quelque chose d'inquiétant dans le regard, et un petit coup d’œil par dessus son épaule lui suffit à convenir de son physique si étrangement pâle. Il semblait un mort au milieu des vivants. Un mort côtoyant une femme qui devait l'être elle aussi. Les esprits de la forêt lui auraient ils envoyé ces gens de l'au-delà pour se venger de lui et de sa cupidité ? Il ne pouvait le croire... Le shaman lui avait toujours assuré que ses incantations pouvaient le protéger. Que ferait il si jamais ceux ci venaient à se briser... ?

Cherchant à ne pas trahir sa peur, Orundia tacha de se retourner le plus calmement possible. Il avisa les deux voyageurs qui lui faisaient face, se remémora le discours qui venait de lui être tenu, et fixa le diamant noire dans la main de l'homme. Un diamant noir... ! Ce ne se pouvait ! Quel seigneur devait il être pour posséder de telles richesses ! Une nouvelle lueur passa dans le regard de l'humain. La lueur de l'envie et de la cupidité. Il retourna la proposition qui venait de lui être faite. De l'or, des mines... Cette proposition, d'autres lui avaient déjà faite. Les Anara. Et ce devait surement être cette petite trainée rouquine qui lui avait soufflé le mot.

Bien sur, sa terre pouvait regorger de potentiel, mais jusqu'à aujourd'hui rien n'assurait que de telles mines existent bel et bien dans les sous sol de son territoire. Les Anara en leur temps lui avaient déjà fait ses propositions, mais avec leur disparition, il n'avait pas osé risquer une seule de ses pièces dans une entreprise dont la réussite n'était pas certaine. Il était donc resté sur les plans initiaux : la revente de bois, qui lui assurait des revenus fixes, et bien suffisant pour mener le train dont il disposait. Mais avec des mines d'or... Oui il pourrait raser cette misérable hutte et se faire construire un véritable palais, loin de tout cette bande de crève-la-faim qui occupaient les ruelles de son village ! Il pourrait se faire construire un palais à la mesure de ce qu'il avait vu à Arsuh !

« Vous ne perdez pas de temps Iskuvar. En temps normal je vous aurais fais fouetter l'un et l'autre pour votre impudence. Mes hommes n'attendent qu'un mot de ma part pour intervenir ! Mais vous avez de la chance, je suis d'humeur clémente aujourd'hui et vous avez un dossier solide avec vous. Et puisque vous semblez si prompt à engager des négociations, faisons ! »

Comme pour corriger les tremblements que lui déclenchait de telles effronteries, une nouvelle lampée de vin suivit ces derniers mots.

« Mais, je me permets de vous avertir : ne refaites pas la même erreur que les Malorne. Ils étaient venus ici en se croyant tout puissant, et finalement ils ont perdu l'essentiel des intérêts commerciaux que votre père, jeune Asshai, avait su si savamment construire. Je ne suis pas un bleu qui attend votre bon vouloir ou la divine providence. Voyez par vous même, j'ai plus de richesse que je n'en ai besoin pour vivre ! Votre entreprise ne m'apportera rien de plus que ce que je n'ai déjà ! Un seul tiers me semble d'ailleurs être un bien piètre paiement pour un homme qui vous laisserai exploiter ses terres, avec ses propres hommes. Si ils entrent dans les mines, c'est autant de mains qui ne travailleront pas le bois. Vous comprenez que le manque à gagner est pour moi important. Qui plus est, étant leur chef, si des conséquences néfastes venaient à retomber sur mes gens, j'en serais le premier à en faire les frais. Vous comprenez bien qu'en acceptant de telles offres je prends des risques importants. »


Les effets du vin commençaient déjà à se faire ressentir. Il se calmait peu à peu, et cette sensation de toute puissance s'insufflait aussi doucement dans ses veines que la chaleur que lui provoquait l'alcool. Reprenant – coupe en main – sa position en haut de son trône, il toisa les deux individus du regard.

« Vous comprendrez aussi que de tels accords doivent être fait en connaissance de cause. J'ai à cœur le bien-être de mes gens, et je ne saurais risquer leur santé dans une entreprise qui pourrait leur être défavorable. J'aimerai savoir ce qui vous amènes ici seigneur Iskuvar. Et je ne parles pas de votre jeune nièce... J'aimerai savoir de quel empire vous me parlez donc là ? Si seigneur vous êtes, n'avez vous pas vos propres richesses ? Pour ainsi venir requérir l'or de Qarha, vous devez avoir des plans bien ambitieux... Tout cela m’intéresse au plus haut point...
Quant à vous jeune demoiselle Anara... Dites moi, comment une femme réputée morte peut se tenir devant moi aujourd'hui ? Je raffole des histoires !
Et ensuite... Ensuite chère Iskuvar, j'aimerai vous inviter à poursuivre vos négociations ! Je veux que vous m'avanciez vos arguments : Dites moi donc ce que j'aurais à gagner dans cet entreprise que vous semblez si pressé de me présenter... »


Croisant les mains sur son ventre, son visage se fendit d'un sourire amusé alors que devant lui se tenait, toujours debout, ces deux personnages qui avaient assurément autant besoin de lui, que lui pouvait avoir besoin d'eux. Il était tout puissant dans ce jeu. Et il aimait cela.


***


Alors qu'Alauwyr avait prit la parole le premier, Asshai dut se faire violence pour ne pas l'interrompre. Plus habitué à la guerre et aux jugements seigneuriaux qu'aux négociations commerciales, le seigneur noir s'y était prit avec une brutalité bien trop entreprenante pour mettre Orundia dans de bonnes conditions. Aucunes amabilité n'avait été échangée, aucune formule de politesse, aucun échange de tribut. Forte heureusement pour eux, la surprise de voir ainsi une jeune femme qu'il croyait morte, avait sut jouer en leur faveur. Qui plus est en déployant ainsi ses richesses – un diamant noir, dont la valeur excédait probablement tout ce qu'il y avait dans cette pièce – Alauwyr avait réussi à retourner une partie du jeu à leur avantage.
Mais Orundia était tel qu'elle s'en souvenait : Cupide, amateur de flagornerie et de pompe, fière et prétentieux. En lui révélant d’emblée leurs intentions, une erreur avait été commise. A Asshai désormais de jouer de ses talents pour la rattraper.

Elle serra un instant sa liasse de document contenant l'ensemble des calculs qui devaient en théorie achever de convaincre le chef d'Orundia. A l'instant présent, aucun de ceux ci ne lui seraient utiles. Il fallait avant toute chose qu'ils montrent leur bonne foi au maitre des lieux, et non pas qu'ils l'attaquent de front. Sa main se posa doucement sur l'épaule d'Alauwyr, comme pour gagner son assentiment, puis elle entreprit de lui répondre.

« Grand chef Orundia... Je me ferais un plaisir de répondre à toutes vos interrogations. Sachez que mon père qui vous portez en grande estime s'est vu pris au piège par une manigance des Malorne. Ceux ci ont réussi à le faire chuter pour d'obscurs motifs. Ma mère est morte, mais Alauwyr ici présent a sut me recueillir dans son giron. Nous avons œuvré du mieux que nous avons pût pour tenter de réhabiliter notre père, malheureusement aujourd'hui, plus rien ne peut être fait pour lui. Nous savons que les Malorne ont brisé cette ancienne alliance qui nous liait à vous, grand chef. C'est au nom de mon père, et au nom du seigneur Iskuvar, que je vous prie d’accepter ce nouvel accord. Nous cherchons à lutter contre les Malorne du mieux que nous pouvons, mais leur richesse dépasse les frontières de l'entendement. Cela nécessite des ressources... Bien entendu nous ne vous demandons pas de nous offrir vos hommes et vos terres sans contre partie, tels des maitres esclavagistes, car en cela nous ne serions pas différent de ceux contre lesquels nous nous battons. Nous souhaitons rétablir une justice commerciale, et souhaitons lutter contre ceux qui ne reconnaissent pas la puissance de leur voisins et de leur partenaires, en cherchant à les impressionner par la voix des armes. C'est pourquoi nous souhaitons vous avancer les fonds pour cette entreprise, nous souhaitons aussi continuer avec vous ce qui n'a pas pût être terminé. Puissiez vous y voir là le symbole de notre indéfectible amitié. »

Inclinant la tête comme pour appuyer ses propos, elle revint se positionner derrière Alauwyr. A présent il revenait à lui de négocier l'accord et de convaincre Orundia sur le bien fondé de cette entreprise.
Ses yeux pâles se fixèrent sur ceux de son seigneur, puis chuchotant le plus bas possible elle ajouta à son attention :

« Le salaire de ses hommes que vous augmenterez. En guise de bonne foi. »
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 4 Jan 2015 - 18:43 Répondre en citantRevenir en haut

Orundia était vraiment le genre d'homme qui profitait de la moindre faille pour se montrer sous un aspect faussé. Prétendre qu'il était de bonne humeur ne reflétait que sa cupidité éveillée par les pierres précieuses dévoilées. Peut-être que le Seigneur avait quelque peu malmené une partie des plans si minutieusement préparés par Asshai, mais au moins il attirait ce petit chef misérable dans le sens qu'il voulait. Si la joute verbale avait été orientée sur la recherche de supériorité, les choses auraient pu commencer à mal tourner. À voir le ton qu'il avait pris, Alauwyr aurait pu sortir sa lame hors de son fourreau, pour lui rappeler certains aspects de la vie. Mais heureusement, il sut se contenir. Pour réussir dans cette hasardeuse entreprise, le vieux mercenaire devait prendre sur lui et son égo. Le vin que buvait ce petite prétentieux lui déliait la langue et le rendait plus sûr de ses paroles ; sans compter la présence de ses hommes à l'extérieur.

Après le discours hypocrite d'Orundia ; où ce dernier cherchait implicitement à en savoir plus sur le Seigneur Iskuvar, une main légère se posa sur l'épaule du Seigneur. Alauwyr n'eut qu'à accorder un regard approbateur quand à l'intervention de la jeune femme. Asshai s'expliqua donc, mettant en avant bien des arguments mensongers mais tout à fait crédibles. Après tout, Orundia n'avait-il pas des griefs contre les dénommés Malorne ? Ne serait-ce pas là une occasion de trouver des alliés pour se faire une place dans le luxe et la richesse ? Ce chef de petit village perdu dans la jungle avait eu tellement le regard brillant en découvrant le petit diamant noir dans le creux de la main pâle d'Alauwyr. Un homme qui ne rêvait que d'argent et d'or ne chercherait qu'à en avoir toujours plus, plus encore. Il l'avait même soufflé lui même en rejetant la proposition d'un tiers deux tiers. Orundia visait la plus grosse part du gâteau.

Asshai s'inclina devant Orundia, qui était remonté sur son trône bien entendu, pour souligner une fois encore sa supériorité sur eux deux. D'un murmure bien bas tout en passant derrière le Maître Noir, la jeune chevalière suggéra l'augmentation des salaires à ses frais... Une étape du plan élaboré avant le départ pour cette contrée chaude et humide s'engageait dans l'engrenage du plan.

A Iskuvar de poursuivre les négociations donc. Orundia pensait lui les tenir dans le creux de la main.

Le Maître Noir gardait toujours son sourire, malgré l'attitude de plus en plus arrogante et pompeuse de son interlocuteur. S'il savait réellement qui se dressait sous ses yeux.... ravalant une envie de poser une main sur le pommeau diamanté de son épée,

''Pour compléter le discours de ma nièce, et pour répondre de mes mots à vos interrogations, j'ai bien mes propres richesses, mais c'est d'alliés qui nous manque. Ma très chère Asshai vous a exposé les faits. Il est vrai que j'ai parlé d'un empire... Mais pas un empire qui se définie en territoire. Bien sûr que non. Mais un empire d'influence. Par la volonté et la témérité, j'ai su m'enrichir et gagner en influence parmi les grands de ce monde. Je sais qu'un homme de votre intelligence connaît la valeur de la domination par l'argent... Une puissante cité aura beau être gouvernée par un roi, un duc ou un conseil composés de vieux croulants, c'est l'argent qui apporte le poids pour les décisions désirées : celle qui rapportent aux ambitions. Posséder l'argent et vous dominez n'importe quel décisionnaire...qui sait si cela ne sera pas un jour à votre portée vous aussi.... ''

Ce n'était pas tout à fait faux ce qu'il dévoilait. La cupidité s'alliait de paire avec l'ambition. Au moins, cela répondait-il à la question du prétendu empire d'Iskuvar.

''En nous alliant pour ces mines au fort potentiel aurifère, nous serons faire ployer les Malorne, mais surtout... vous offrir bien plus que ce que vous avez ici. Vous êtes bien trop modeste à vous contenter de votre petite cité forestière. Vous avez les compétences pour atteindre de hautes sphères. Cela s'est entendu : vous avez le soucis de vos hommes et de vos biens, et bien plus encore. Vous aspirez à monter les échelles, mais les barres ne sont pas à votre portée. Je vous en offre quelques unes pour rejoindre celles qui vous narguent depuis si longtemps...Par cette union, par notre demande humble nevrs votre haute position actuelle, vous nous aiderez dans notre tâche à combattre les Malorne, et nous vous aiderons en échange à vous enrichir et faire le pas sur la destinée qui vous a longuement attendu... Mais que dis-je... C'est le Destin qui nous a envoyé à vous. Peut-être qu'Il désire que nous soyons que des outils à votre Grandeur Future. ''

D'un geste presque théâtrale et très inhabituel de la part du Maître Noir, il rejeta en partir les bords de sa pèlerine, autant pour s'incliner légèrement que pour dévoiler le pommeau où trônait un grand diamant noir, taillé et la forme parfaite pour rentrer dans la ligne épurée du pommeau de son épée. C'était un geste voulu, montrant qu'il avait une richesse bien au delà de ce que pouvait imaginer Orundia. Un petit diamant noir était une chose, mais en voir un second et un bien plus gros. Orundia ne pourra s'empêcher d'avoir sa convoitise enfler.... Et en s'inclinant devant cet homme, tout en jurant mentalement de cette humiliation personnelle et tellement nécessaire, Alauwyr concédait la supériorité de son interlocuteur.

''Le titre de Seigneur Orundia vous siérait à merveille... Et j'ai saisi que vous aviez déjà lancer la négociation avant de l'appeler par les mots. Vous êtes rusé. ca me plait... ''


Il se redressa en douceur, toujours avec son sourire. La rancoeur de s'être incliné devant un être aussi faible passa heureusement vite....

''Vous avez parfaitement raison quand à l'apport de vos hommes et sur un point des plus vitaux : il ne faut pas vous couper de vos ressources, surtout que l'ouverture des mines devra être rentabilisée avant d'apporter ses bénéfices.... Vous y perdriez mais nous également...Ce n'est pas le but n'est ce pas ? Je puis faire un effort, qui sera tout à votre seul avantage. En plus des frais que je proposais d'engager pour l'ouverture des mines, je participerai à l'augmentation du salaire de vos hommes... Ainsi, vous n'aurez aucun manque à gagner....''

Peut-être qu'Orundia le prendrait pour un fou pour payer autant de frais... Mais Alauwyr avait tiré habilement quelques pierres précieuses dans son champ visuel pour le convaincre que sa contribution financière n'était pas un leurre.



Asshai Anara
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MessagePosté le: Ven 30 Jan 2015 - 23:38 Répondre en citantRevenir en haut



Arfalin Orundia, Chef du village.



L'homme se dressa un peu plus sur son séant, allongeant son cou, oscillant de droite à gauche à la manière d'un cobra prêt à frapper. Ses cheveux noirs, parfaitement disciplinés, tombant avec raideur à l'arrière de son crâne, offraient un front dégagé, un visage mis au claire au milieux duquel ses yeux brillaient d'une lueur cupide. Les yeux d'un serpent...

La richesse dont avait fait étalage l'étranger avait suffit à ranimer chez lui cette soif inassouvie d'or et de puissance. Le discours de ce petit couple venu tout droit du Ssyl'Shar pour venir à sa rencontre était loin de l'avoir convaincu. Certes, il savait qu'une part de ses terres pouvaient probablement déceler d'importantes richesses, et il savait aussi que si l'entreprise venait à être concluante, il pourrait en tirer des bénéfices monstrueux et rivaliser avec les princes-machands et les pilleurs de tombes de toutes souches venus du Delta...
Mais combien de temps devait il attendre pour que dans ses caisses raisonne le son des espèces sonnantes et trébuchantes ? Combien d'hommes devraient ils envoyer au fond des entrailles de la terre pour qu'ils puissent en extraire cet or ? Combien de temps devrait il passer auprès de ses pouilleux en guenilles dont il était le chef pour les convaincre de délaisser les haches au profit des pioches ? Et surtout... La peur de l'échec. La peur de perdre des fonds. De voir ses hommes se lever contre lui et renverser ce trône d’ébène sur lequel il pouvait encore se tenir aujourd’hui.

A l'heure actuelle sa position était instable. Il savait que les parcelles de sylviculture exploitables allaient s'amenuisant, alors que les familles s'agrandissaient chaque année. Les premiers étaient partis il y a de ça quelques années, mais aujourd'hui, ils réclamaient de plus en plus souvent le droit de pouvoir rester ici. Et le Chaman, lui, avait bien stipulé qu'ils ne pouvaient s'enfoncer plus loin dans la forêt sous peine de s'attirer l'ire des esprits. Aurait il put en être autrement si des mines s'ouvraient un peu plus loin, pour déverser sur lui leur flot de métal précieux ? Il l'ignorait... Mais il refusait de prendre ce risque. Les choses n'étaient peut être pas aussi glorieuses que par le passé, mais pour le moment, il arrivait à se maintenir à la tête de cette bourgade, et jouissait paisiblement de tout les intérêts que cette vie avait à lui offrir. Remettre cela en question était un risque qu'il ne pouvait se permettre.

D'autant plus, qu'en dépit de la confiance relative qu'il avait accordé par le passé à la famille Anara, leur fille qui se présentait à lui aujourd'hui ne lui inspirait rien d'autre qu'un vague sentiment de méfiance. Il avait du mal à imaginer qu'un riche seigneur d'Arsuh se déplace seule, sans homme, sans caravane, sans monture, pour venir à sa rencontre. La démarche lui apparaissait suspecte, en dehors de toutes conventions ordinairement pré-établies lors de négociations opposant deux hommes de pouvoir.
Certes, l'homme était courageux : seul et sans escorte il venait se présentait à lui, avec cette seule donzelle en guise de garde. D'un signe de la main, Orundia aurait put le faire exécuter et récupérer pour son propre compte tout le contenu de sa bourse. Au vu de la carrure de l'homme, peut être y aurait il laisser quelques unes de ses épées, mais qu'importe, avec un simple diamant noir, il avait la possibilité de s'en offrir une vingtaine supplémentaire.

Mais, même si il s'agissait ici d'une part de richesse considérable, Orundia ne doutait pas que ce seigneur Iskuvar, capable à lui seul de payer tout ces travailleurs, et d'en avancer le salaire, puisse disposer d'autres réserves d'or et de pierreries tout aussi considérables.
Lorsqu'il s'agissait de profit, l’orgueil et la précipitation brutale qui était si récurrente chez lui se trouvaient soudain apprivoisés, soumis à sa malice perfide qu'il mettait tout entière au service de ses intérêts propres. Aussi retint il son geste, préférant laisser ses hommes en dehors de tout cela, et attendit il patiemment qu'Alauwyr achève son discours.

D'un vif coup d’œil, qui se voulait sans doute discret, il avisa à nouveau les pièces d'or qu'avait fait apparaître le seigneur du désert entre ses mains. Il devait être riche. Immensément riche pour détenir de tels fonds sans même juger bon de se faire protéger. Stupide nobliaux des sables ! Il s'imaginait que les paroles, les dettes d'honneur et les accords du passés suffisaient à remplir un contrât. Il n'avait visiblement jamais connu le monde retorse du marché, confinait dans sa vision étroite d'homme d'épée. Quant à sa jeune nièce, elle n'était finalement qu'une dinde blanche, à peine sortie de l’œuf, suffisamment sotte pour s'imaginer qu'il allait lui livrer ses services sur simple présentation de son identité.
Cette situation l'amusait. Il s'en trouvait grandit, et appréciait ce sentiment de toute puissance qu'elle lui offrait. Le sourire de son visage, qui se voulait affable à l’égard de ses visiteurs dissimulait difficilement les vastes plans qu'il échaffaudait à l'intérieur de son esprit.

« Eh bien mon ami, seigneur Iskuvar, je suis forte aise de constater que les Anara et leur cousins n'ont pas oublié leurs anciennes amitiés, et qu'aujourd'hui encore ils s'en remettent à moi pour leurs plus audacieuses découvertes ! Votre argumentaire me semble juste et précis, et vous êtes assurément un grand homme ayant sût manier son entreprise avec brio ! Qu'ainsi soit fait, vous avez ma parole ! Nous discuterons de tout cela demain, votre voyage a dut être éprouvant si je ne m'abuse ? Et comment donc pourrais je remercier ces visiteurs si charmants ayant traversé un demi monde pour me trouver ? Je vais demander à mes hommes de vous laisser les deux plus belles demeures de mon modeste village, et ce soir, nous dinerons ensemble et fêterons notre ancienne amitié autour de ma table ! Je vous ferais parvenir des vêtements frais et de quoi vous sustenter d'ici là ! Soyez ici comme un frère et une sœur. »

Il se leva de son trône, traversa les quelques pas qui le séparaient d'Alauwyr, tendant la main en guise de bonne foi au seigneur noir.
Et pourtant... Ce soir lorsque l'homme à la chevelure d’ivoire aurait bu tout son saoul et se serait assoupi dans sa case, il lui enverrait ses meilleures hommes pour lui régler son compte, rapidement et efficacement. Une fois fait prisonnier, et sa nièce soumise au même sort, la torture et la menace suffirait à le faire parler. Orundia ne comptait pas laisser cet homme le quitter sans lui avoir révélé le secret de l'emplacement de toutes ses richesses, car pour lui, cela ne faisait aucun doute que l'étranger en avait encore, dissimulées quelque part en Qahra. L'occasion était trop belle, et jamais il ne consentirait à laisser tous ces trésors lui filer entre les doigts...
Un sourire se dessina sur le visage du chef alors que sa poigne moite rencontrait celle d'Alauwyr.

« Nous nous reverrons ce soir. »



***


L'air était saturé de l'odeur des plats sucrés et épicés qui circulaient sur la vaste table installée à l'intérieur de la salle du trône où Asshai et Alauwyr s'étaient tenus quelques heures auparavant. Le soleil avait décliné sous la ligne d'horizon depuis maintenant bien longtemps, apportant à l'air une fraicheur bienvenue, alors même que l'alcool faisait monter depuis un moment déjà le rouge aux joues de la Fëalocë.

C’était en étant coincée à cette table, entourée d'hommes dont elle n'avait aucun intérêt – donc aucune envie – de faire la connaissance, obligée de feindre une expression affable à l'égard du grand chef Orundia, se rependant en compliments d'une fausseté pourtant convaincante, qu'Asshai prit soudain conscience que depuis ses débuts au Kaerl Ardent, de telles occasions ne lui avaient plus été offertes. Il lui semblait que les événements qui s'étaient précipités au cour de ces derniers mois avaient réussi à entamer sa patience. Elle croyait avoir perdu son expérience de courtisanes, elle qui lors de ses années passées à la cour du Sultan passait le plus claire de son temps dans ce genre de réceptions pompeuses et interminables. Ou peut être était ce la fatigue ?

Elle sentait le poids de cette journée épuisante pesait sur ses épaules endolories. Mais chaque fois qu'elle croyait le sommeil venir la saisir alors qu'elle fermait les yeux l’espace d'un instant, ses pensées se tournaient irrémédiablement vers Amunaptra. Depuis les événements du manoir, Asshai n'avait jamais passé une nuit loin de sa liée. Pour la première fois depuis leur empreinte, elle avait été séparée d'elle, et s'en trouvait tout à coup bouleversée. Étrange sensation pour une femme qui depuis des années ne comptait plus que sur elle même. Et pourtant, à cet instant plus qu'à tout autre, elle aurait aimé pouvoir sentir ses écailles couleur de jade pressés contre sa peau. En vérité elle craignait qu'une fois seule ne s'impose à son esprit les souvenirs de Drazahir. Que ferait elle si Amunaptra n'était pas présente à ses cotés pour les consumer au loin ? Cette nuit, elle devrait s'y confronter seule, pour la toute première fois, et ce simple constat suffisait à la garder éveillée.

Le menton enfouie entre ses mains, elle admirait d'un œil éteint le ballet de ces danseurs exotiques aux étranges masques peints, évoquant des monstres d'un autre temps. Demain viendrait l'heure des négociations, en attendant, Orundia ne cessait de les enjoindre à profiter de ses plats, des danses et du vin qu'il mettait à leur disposition. Mais Asshai n'arrivait pas à lâcher prise, presque obsédée par la mission pour laquelle elle avait été amenée ici. Rien ne réussissait à l'en séparer, pas même ce vin sucré dont elle avait cruellement abusé ce soir.

Quelque chose à l'intérieur de son esprit agissait comme un barrage l'empêchant de se libérer de cette tâche. Elle savait que sa présence ici n'était aucunement motivée par la découverte des mœurs des Qahraii, que ces festivités n'étaient qu'une excuse pour les amener à patienter, et à leur attirer une ombre de sympathie pour ce chef avec lequel ils seraient amenés à négocier une fois l'aube venue. Les chiffres, les quantités d'or, les prévisions de revenus ne parvenaient pas à céder la place aux rires et à la séduction. Ce soir, sa fonction officieuse avait prit possession de toute son être, telle une ombre qui ne la quittait plus.

N'y tenant plus, elle se pencha légèrement de coté, auprès de son « oncle » qui occupait la place adjacente, s'exprimant dans le dialecte de Ssyl'Shar qu'elle et Alauwyr partageaient, afin de ne pas se faire comprendre des invités qui les entouraient.

« Les affaires ont été rondement menées cette après midi. Je n'en attendais pas tant de la part d'Orundia... Son amertume et sa soif de vengeance nous aurait finalement servi en le poussant à accepter notre proposition. Les plans que j'ai établie à son attention devrait achever de le convaincre. J'attends ce lendemain avec impatience, cette fête n'en finit plus de me lasser... »


Un homme se pencha derrière son épaule, remplissant précautionneusement sa coupe d'or ouvragée d'une nouvelle lampée de vin, qu'elle s’empressa de boire d'une traite, espérant ainsi faire passer l'ennuie et appréhension qui l'habitaient.

« Avez vous put vous entretenir avec Estenir depuis notre départ ? »

Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
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MessagePosté le: Sam 28 Fév 2015 - 14:06 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr savoura doucement le contenu de son verre de vin. Il attendit que le serviteur qui resservait Asshai soit reparti. Même en parlant le dialecte du Grand désert, ils n'étaient pas à l'abri qu'un homme du coin connaisse quelque mots lui aussi et qu'on aurait judicieusement oublié de préciser...

"Si tu es presque surprise qu'on ait réussi à atteindre nos objectifs, c'est que ton cher Orundia a autre chose en tête. Son sourire et son geste amical de tout à l'heure sonnait bien trop faux. Il est apparu bien trop sincère. ''

Il se rappelait sa main moite quand ils avaient serré conjointement les leurs pour s'accorder sur les dispositions prochaines. Et là ce soir, on cherche sans nul doute à endormir le reliquat de notre méfiance dans la fête et le vin. Orundia est un malin. Il sait ce qu'il veut...

''Non pas encore, il est trop loin pour que je perçoive ses pensées. A nous de faire attention durant la nuit...  Et essaie de pas sombrer enivrée...''

Bien entendu, bien plus facile à dire qu'à faire quand on devait se conformer aux offres qu'on leur faisait, car il ne fallait nullement vexer leur hôte. Modérément ils devraient boire pour ne pas se retrouver trop vite soûlés et rester cohérents. Bien entendu, la fête ne durerait pas toute la nuit. Orundia lui aussi devrait être en assez bonne forme pour terminer les négociations du lendemain. Mais avant de pouvoir espérer goûter à un repos bien mérité, il fallut aux deux Ardents supporter encore quelques heures des festivités offertes par Orundia, bon gré mal gré. Puis quand les choses touchèrent à leurs fins, des serviteurs guidèrent Asshai et Iskuvar vers leur chambrée respectives. Bien que le ''palais'' présentait bien du confort, les lieux offerts pour les deux invités de marque du chef étaient bien petits. Une chambre chacune... Que de mieux que de séparer des ennemis qu'on souhaitait abattre... Heureusement, juste un mur les séparait.

Quand les serviteurs prirent congé, Alauwyr adressa une dernière parole à Asshai, avant qu'elle n'aille dans sa propre suite.

''Veille à ne pas te plonger dans un sommeil trop profond... et verrouille bien ta porte...''

Une réflexion peut-être bien inutile pour Asshai. Après tout, cette femme avait su survivre jusqu'à maintenant, qu'aurait-elle à faire d'un conseil aussi futile après tout ? Elle connaissait Orundia et ses sbires mieux que personne....enfin normalement. Quand Alauwyr ferma la porte de ses ''appartements'', il resta silencieux un bref instant, guettant le moindre bruit qui serait paru suspect. Rien, si ce n'était le bruit léger de son propre souffle. Puis il tenta de contacter son lié. Malheureusement était trop loin pour communiquer. Même sa présence était trop lointaine pour qu'il la ressente dans son esprit. Bien qu'il refusait de se rabaisser à s'inquiéter, sa moitié d'âme lui manquait et le rongeait. S'il n'y avait pas eu le devoir de mener les négociations demain, il serait retourné après du dragon couleur cendre.

Chassant ces mauvaises craintes, il fouilla encore les lieux d'un regard averti puis entreprit d'aller se coucher... Il veilla juste à ce que son épée ne soit pas loin de son bras... et son kriss non plus. Le sommeil ne tarda pas à l'emmener dans le pays des songes. Quelque chose finit par l'éveiller. Une menace s'approchait de lui. Sa main attrapa vivement sa dague à lame ondulée qu'il avait dissimulée sous son oreiller, juste à temps pour parer celle qui avait visé sa gorge. Sans attendre que son adversaire inconnu se ressaisisse, il roula hors de son lit. Dans l'obscurité de sa chambre, malgré le peu de lumière qu'offrait la fenêtre ouverte ; alors qu'elle avait été fermée avec soin par Alauwyr, l'assaillant bondit déjà vers sa cible. Alauwyr ne se laissa pas surprendre par l'agilité de son adversaire et dut lui offrir une rapide parade avec l'aide de son kriss. Le fer grinça contre le fer. Sans attendre, l'inconnu relança une nouvelle offensive, bien terminer à le planter. Certain que c'était là la perfidie évidente d'Orundia, le Maître Noir chercha à l'atteindre sans le tuer : il aura besoin de cet agresseur comme preuve, une fois qu'il aurait réussi à le faire parler. Mais visiblement, en Qahra, on savait prévoir bien des choses même si on n'était guère intelligent. La jungle faisait apprendre bien des leçons.

L'inconnu recula d"un pas pour esquiver un mauvais coup qu'il souffla une sorte de poudre dans l'air. Alauwyr recula vivement, essayant de pas respirer cette étrangeté lancée. Il fallait se méfier de tout ! Cela fut suffisant pour que son adversaire jaillisse de cette poudre légère. Alauwyr grogna quand la fine dague se planta de moitié dans son flanc droit, juste en dessous de la dernière côte... avant qu'il ne porte un violent coup de poing à l'audacieux. L'homme tomba à terre et quelques secondes après, il fut pris de violents spasmes. Sans chercher à comprendre, Alauwyr recula à nouveau, assez loin pour se mettre hors de porter de l'air qui avait contaminé par cet individu. Pour ne pas être pris vivant, il avait été prêt à se suicider tout en visant à emmener Alauwyr dans la tombe. Dommage, il s'est retrouvé seul à mourir... Car là il ne convulsait plus. Le Maître Noir se trouva prêt de la fenêtre. Puis se fichant de la blessure reçu, il passa le plus loin possible du corps et de l'air empesté de poudre ; veillant à retenir sa respiration bien sur et sortit dans le couloir. Avec le remue-ménage, personne n'était dans les environs.... comme par hasard. Sans attendre, il poussa sans ménagement la porte d'Asshai, car là aussi, on entendait des bruits de lutte. On n'avait pas cherché à le viser seulement ; l'Ardente avait été comprise dans le lot.



Asshai Anara
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MessagePosté le: Ven 13 Mar 2015 - 23:53 Répondre en citantRevenir en haut



Cette nuit là, elle barra sa porte, comme Alauwyr le lui avait conseillé. Plus par habitude que par peur en vérité.
Mais à peine fut elle seule, et les lumières de la bourgades soufflées, que la nuit lui devint oppressante. C'était la première fois, la toute première fois, depuis les événements du manoir que les ténèbres l'attendaient, elle, seule et délaissée comme au jour de sa naissance. Plus que durant tout le reste de la journée, l'absence d'Amunaptra lui serra le cœur. Que n'aurait elle pas donné pour voir ses écailles de jade se mouvoir dans cette semi pénombre que lui offrait les étoiles.

Il fallait qu'elle se raisonne. Drazahir n'était plus, tout irai pour le mieux. Elle n'avait jamais craint la nuit, le noir ou la solitude auparavant, il ne devait pas en être autrement à présent. Il était partit. Il ne reviendrait plus la hanter. Et pourtant, elle avait beau se le répéter, les ombres que projetaient sur le mur sa lampe à huile lui paraissait toujours plus oppressantes autour d'elle. C'était le fruit de son imagination, ce ne pouvait être que ça, si Drazahir avait réussi à se maintenir de quelque manière que ce soit, sa marque serait réapparue, l'aurait de nouveau brûlé, en place de quoi elle se résorbait, et devenait de moins en moins douloureuse. Non Drazahir n'était plus, il fallait se faire à cette idée.

*La nuit est ton royaume, la nuit te protège. Tu es une fille de l'ombre...*


Mais ces pensées semblaient ne jamais pouvoir suffire. Il suffisait d'observer cette pauvre cellule ou elle se trouvait reléguée. Pas un brasero, pas une bougie ne venait l'éclairer – on ne lui avait laissé que sa seule lampe. La lumière semblait avoir fuit les lieux, comme pour la mettre à l'épreuve, comme pour l'obliger à se confronter à ses seuls démons. Amunaptra se serait sans doute moqué d'elle à cet instant. Comme un peu d'humour l'aurait égayé...
A force de tenter de se raisonner, il lui semblait que sa panique ne faisait qu'augmenter. Toute tentative pour repousser ses souvenirs au loin ne faisait que les rendre plus présents dans son esprit. Elle aurait dut amener de la lecture, du travail, n'importe quoi qui ait put lui occuper l'esprit. Mais elle se trouvait là, seule perdu au milieu d'une jungle inconnue, avec son imagination galopante et son malaise grandissant comme seuls compagnons.

Finalement après maintes réticences, elle accepta de gagner sa paillasse, se laissant bercer par la douce lumière de l'huile qui se consumait doucement dans sa lampe - comme si ce simple objet pouvait tenir la magie noire en respect. Toutefois, le sommeil ne vint pas, la chaleur pesante et poisseuse de cette région semblait ne jamais vouloir la quitter. La chaleur elle l'avait connu pourtant, mais en Ssyl'Shar, elle était rude et sèche, cinglante comme une langue de vieille femme, piquante comme la morsure du serpent. Ici tout était plongé dans une atmosphère fiévreuse et moite. Il lui semblait presque pouvoir percevoir les miasmes du sol marécageux de cette jungle contaminer l'air ambiant.
Elle ferma les yeux, et ce fut pire encore. Elle pouvait sentir le sang battre dans ses tempes, et derrière ses paupière closes, dansaient les souvenirs de l'Ombre-mage, s'imposant à elle sans que son imagination ne puissent les réfréner. Un craquement la fit sursauter, elle se redressa, scruta les ombres pour y desceller le visage d'un homme mort tendant ses mains vers elle ! Non... Ce n'était pas réel. Il n'y avait pas de morts qui marchent, pas ici, ce n'était qu'une simple corbeille d'osier. Elle devait se ressaisir, ne pas laisser la folie s'installer dans son esprit. Elle referma les yeux. Il lui fallait prier.

Et elle pria, de longues minutes durant, elle pria comme elle n'avait plus prié depuis longtemps, rejetant la magie du noir sorcier le plus loin d'elle. Elle pria, encore et encore, invoquant les flammes de Flarmya, son feu purificateur et sa clémence, et elle pria, jusqu'à ce que viennent la cueillir le sommeil.

Pourtant, cette nuit là, Aran'rhiod fut cruel. Ses rêves furent peuplés des pires abominations qu'elle n'aient jamais vu. Comme si la barrière magique du lien ne la protégeait plus, ses souvenirs étaient revenus décuplés, puissants et réels. Elle tentait de s'y soustraire, mais cette cauchemardesque magie se fit plus puissante autour d'elle. Elles s'agitait sans cesse, son corps trempé de sueurs froides, son crane tourmenté par la douleur. Elle vit des innocents menés à la folie, des abominations de chaires et de sang, des corps sans vie se mouvoir vers elle et milles autres abimes qui lui laissèrent le goût ferreux du sang dans la bouche, et la passion du meurtre dans la chaire. Elle revivait sans cesse les mêmes événements, encore et toujours, dans une lancinante et macabre danse, dont elle n'était que le pantin.

En proie à son sommeil de terreur, elle ne vit pas les ombres se couler derrière elle lorsque vint l'heure du loup. Silencieuse, elles pénétrèrent par les fenêtres, sans qu'aucun des faisceau de bois qui constituaient cette case ne craquent.

Elle ne voyait que les formes distordues de son cauchemar, les morts qui marchent qui se dirigeaient droit vers elle, elle revivait ses souvenirs, le Kaerl ardent en proie aux attaques, la vie siphonnée hors des corps d'humain innocent...



Une main la saisie.

« Drazahir ! »


Sans qu'un instant elle ne réfléchisse, ses doigts se refermèrent sur sa dague qui ne la quittait jamais plus. La lame fusa dans la nuit, entaillant un morceau du visage de son agresseur. Mort ou vivant ? Elle ne pouvait le percevoir dans les ombres de la nuit ! Rêve ou réalité ? Elle restait ainsi coincé dans cet entre deux, laissant ses souvenirs se déverser en elle, à tel point que ce ne fut pas des hommes qu'elle perçut, mais bel et bien les serviteurs de chaires tièdes et flasques du mage noire !
Sa lame replongea, une seconde fois, une de plus et encore, et encore ! Et se faisant, elle criait, elle hurlait, elle ne voyait rien. Elle se précipita par dessus le corps mais un autre homme plongea sur elle l'écrasant de tout son poids. Un autre encore tenta de l’immobiliser !

« Les non-morts ! Ils sont là ! A la garde ! A la garde ! Ils sont revenus ! Drazahir ! »


Les coups de sa lame pleuvèrent sur tout ceux qui tentaient de se mettre en travers de son chemin. Une poigne plus puissante l'immobilisa et tenta de lui faire lâcher prise, mais ses doigts étaient si fortement serrés qu'il dut la battre à coup de crosse pour parvenir à ses fins. Elle tacha de se relever mais la blessure que lui avait infligé Manéa s'était rouverte, lui coupant le souffle brutalement. Un lourd bâton de bois l'atteignit en plein visage ! Elle perdit l'équilibre, tenta de se rattraper à la première chose qui vint : le bord de son sari. La lampe à huile au dessus duquel il avait été posé se brisa sur l'étoffe qui s'embrasa subitement, entrainant dans sa combustion sa paillasse d'herbes sèches.

*Le feu combat les morts.*


Et instinctivement elle poussa l'ombre dans les flamme, avant de courir comme une enfant perdue. Un rugissement de douleur déchira la nuit silencieuse alors que les vêtements de l'homme s'embrasaient déjà ! Et profitant de la confusion que le début d'incendie avait crée chez ses assaillants Asshai tenta de s'enfuir, se précipitant droit vers la sortie, bousculant tout sur son passage, se prenant les pieds parmi les plateaux et les paniers pour finalement voir sa porte close se faire défoncer à grands coups d'épaule par Alauwyr !

« Ils sont là ! Les non-morts ! Drazahir ! Dégagez ! Partons ! »


Et sans chercher à le convaincre du bien fondé de ses derniers mots, elle sortir en trombe de la case, détalant tel un chien fuyant les flammes, alors qu'un des hommes tentaient d'apaiser celles qui les démangeaient en se frottant au sol, et que le second se précipitait déjà à sa poursuite.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Sam 4 Avr 2015 - 10:25 Répondre en citantRevenir en haut

La porte était bien entendue verrouillée puisqu'elle avait suivi ses conseils. Il la défonça donc à coup d'épaules, se retirant juste à temps pour éviter la fuite paniquée de l'Ardente. Paniquée ? Plutôt hystérique. Elle sortit en hurlant, passant en vitesse devant Alauwyr, prétendant que des morts et Drazahir étaient présents. Le Maître Noir ne perdit pas de temps à réfléchir en voyant un homme à sa poursuite. Il barra sa route en se mettant sur le palier de la porte et bloqua le coup qui était destiné à l'éventrer. Dans un cri de rage, il prit l’offensive et contraignit son adversaire à reculer sous la violence de ses coups. D'un geste vif, la pointe acérée de la lame noire fendit la gorge de l'adversaire d'un sourire sanglant.

Oubliant déjà l'homme qui tombait à genoux face à lui, essayant d'empêcher son fluide vitale de s'échapper de sa gorge ouverte, Alauwyr attaqua les autres hommes présents, les pourfendant sans sommation. Leur sang se mélangea à l'huile de la lampe qui n'avait pas encore brûlé. Puis d'un regard froid, il regarda les cadavres des agresseurs d'Asshai, avant de s'en retourner pour retrouver la jeune femme. La dague plantée dans son flanc se rappela à lui par une douleur lancinante. Il grogna en la retirant et la jeta dans le feu qui prenait doucement de l'ampleur. Le temps leur était désormais compter.

Heureusement qu'Asshai était quelqu'un de conscienceux. Il attrapa ses affaires, les jetant sur son épaule et tenant son épée dans la main, veillant à toute arrivée adversaire, il rejoignit sa propre chambrée. Il prit le peu d'effets ardents qu'il avait pris avec lui ; comme son kriss, et avec celles d'Asshai, les jeta par la fenêtre. Dans le couloir, le feu prenait un peu plus à chaque seconde. Il sauta par la fenêtre et se réceptionna tant bien que mal. Asshai, même dans la panique, ne serait pas restée dans ce bâtiment. Pourtant....

Une fois leurs affaires mis dans un recoin où ils seraient sur de les retrouver, il entreprit de contourner la grande bâtisse. Le feu dévorait maintenant le plafond et des cris d'alertes criaient un peu partout. Bien... cet incendie allait détourner leur attention. Maintenant, il devait retrouver Asshai. Vivement, son esprit réfléchissait à cette attaque. Elle avait été menée en pure perfidie. Et un seul nom lui venait en tête : Orundia. Qui d'autres avait eu un tel regard avide en voyant les quelques pierres précieuses que l'Ardent lui avait révélées pour les négociations sur les mines d'or ? Tout en retournant à la porte principale du bâtiment, où heureusement aucun garde n'était présent à cause de l'incendie grandissant, il se maudissait intérieurement. Qu'il avait été imbécile de croire que ce genre d'homme aurait une perspective sur le long terme de la richesse ! Quelle erreur avait-il commise là, en accordant trop de crédit à cet homme ! Oh, il s'était montré méfiant, mais pas assez. Et maintenant, il le payait chèrement. Sa blessure saignait et le faisait souffrir et Asshai était encore à retrouver.

Il pourrait laisser cette femme se débrouiller, vu que la peur panique avait été sa faiblesse. Les forts restaient en vie, les faibles perdaient. Mais ce genre de pensées appartenaient à une époque révolue, quand il n'était qu'un mercenaire menant sa barque seule. Il avait accompagné Asshai dans cette mission et maintenant que l'échec était là, il ne pouvait pas l'abandonner. Il devait bien admettre qu'Estenir avait eu raison depuis bien des mois : le Maître Noir avait changé.

Crachant sur le sol comme pour jeter hors de lui cette idée, il pénétra dans le hall de la bâtisse et se dirigea vers ce qui servait du salle du trône à Orundia, qui était à l'opposé de l'incendie ; pour le moment. Dans les faibles lueurs des rares torches encore allumées, il vit la large silhouette d'Orundia. Il avait retrouvé Asshai et menaçait de lui couper la gorge avec une fine dague ouvragée. Son sourire victorieux déplut instantanément à l'ancien mercenaire. Ses doigts se resserrèrent sur la poignée de son épée. Ses yeux d'obsidienne se plissèrent dans une lueur glaciale, toujours braqués vers Orundia. La partie allait être serrée. Asshai pouvait à tout instant avoir son petit cou ouvert en deux, et en plus, Orundia la maintenait contre lui, comme un bouclier humain. Elle ne devait pas mourir. Peut-être qu'elle songerait encore que le Seigneur Ardent la laisserait à son pauvre sort.

En tout cas, cela n'empêcha pas Alauwyr de sourire avec un air carnassier, donnant un aspect un peu plus effrayant. Même si sa main libre pressait sa blessure au flanc, il se tenait droit et ne paraissait pas gêner par le coup qu'il avait reçu.

''Alors mon cher Orundia... on dirait que l'envie de richesse a fini par avoir raison de votre esprit. Vous étiez prêt à nous faire tuer pour la possession de ces quelques pierres ? ''

Il pointa son épée en direction de ce petit seigneur un peu trop ambitieux

''Vous venez de rater une bonne occasion d'être riche jusqu'à la fin de votre vie. Les quelques pierres que vous auriez eu à ramasser sur mon cadavre n'aurait été que du menu fretin en comparaison du marché que nous aurions pu ouvrir vous et moi. Mais l'appât du gain...voilà tout ce qui comptait n'est ce pas ? ''


Attirer l'attention d'Orundia dans la conversation était un petit objectif qu'il s'était fixé. Il songeait à Orundia comme d'un homme à tuer, mais il devait épargner Asshai de la mort qui pendant à son petit cou. Sur ce but là, Alauwyr attrapa soudainement son kriss et le jeta sur Orundia. La lame ondulée s'enfonça dans le biceps du bras qui tenait la dague en main. Cela devrait suffire pour qu'Asshai se sauve vivement et lui laisse Orundia, pour l'affronter et lui régler son cas une bonne fois pour toutes. Et il devait faire vite pour qu'ensuite ils prennent la fuite et rejoignent les dragons.

''Vous allez voir ce qu'il en coûte de s'attaquer aussi sournoisement à moi. Asshai, écarte toi bien plus loin de cet homme....''

Le Maitre Noir avait déjà commis une lourde erreur en ne se méfiant pas assez de ce bougre. Maintenant, il ne devait plus en commettre aucune. Car Orundia verrait très bien que l'Ardent était blessé et pourrait penser que sa victoire sur lui était assuré. Alauwyr ne devait donc pas faillir...



Derrière, le feu avait pris de l'ampleur et les gens d'Orundia s'occupaient de lutter contre les flammes...



Asshai Anara
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MessagePosté le: Ven 5 Juin 2015 - 13:15 Répondre en citantRevenir en haut

L'odeur du brûlé lui léchait encore les narines. Dans la sombre nuit, la lueur des flammes naissantes n'avait pas encore réussi à percer la poisseuse ambiance. Elle avait couru à travers le village. Couru et couru encore. Passant à travers les huttes, les remblais de terre et les tas de bois - autant de formes qui se dressaient sur son chemin, là où l'obscurité se faisait plus noire encore au sein de ce royaume de pénombre. Ses pieds et ses mains englués par la boue que la pluie avait fait naitre en se mariant à la terre glissaient et lui assuraient une mauvaise prise, alors qu'elle atteignait seulement l’orée du bois. Son esprit ne s'était focalisé que sur une chose : retrouver Amunaptra. La route, elle n'en avait cure ; les dangers que ce véritable labyrinthe qu'était Qahra pouvait renfermer ne l’impressionnait pas d'avantage. A l'instar des membres de sa race, elle n'était à ce moment là mue que par son seul instinct, et son désir de survie qui lui enjoignait de rejoindre sa liée à marche forcée, dut ce tel affronter serpents et araignées. Tout plutôt que les morts de Drazahir.

Mais dans cet océan de verdure que la jungle ouvrait sur ses pas, la frêle esquif que représentait Asshai n'avait pas la constitution nécessaire pour entamer seule une si grande traversée. Elle tentait de focaliser son esprit sur sa liée, de la joindre par tout les moyens, mais leur lien n'avait pas encore été suffisamment nourri pour lui permettre de communiquer avec elle d'aussi loin. Cette fracture qui n'avait eut de cesse de la mettre mal à l'aise depuis la veille se faisait cette fois ressentir comme une ardente déchirure au sein de son âme. Sans qu'elle ne s'en soit rendu compte, les larmes coulés sur son visage couvert de la crasse qui lui embrunait les pattes. Et les larmes ne venaient pas sans sanglots. Elle gémissait de son ton plaintif et rocque, telle la panthère traquée par d'obscurs chasseurs. Elle n'entendait d'autres bruits que celui de son cœur battant à ses tempes, et de son souffle consumant ses dernières forces. Exténuée par cette course folle, aveuglée tant par la peur que par le désire de rassembler son âme, sa course se stoppa nette quelques pieds avant même qu'elle n'eut le temps d’arpenter les sous bois.

Le sol vint à a rencontre, étouffant sa chute dans un bruit sourd, emplâtrant son visage de la terre tiède qui s'étendait là sur le sol. Elle ne tenta pas même de se relever, goutant au confort que lui procurait cet arrêt forcé, comme si toutes forces l'avaient abandonné. De son regard elle ne voyait que le bas des herbes détrempées, et une lueur au loin, éveillant par ses rayons les fines perles d'eau qui étaient venues se déposer là. Son embrasement avait prit fin. Son feu s'en trouvait soudain refroidi. Les forces l'avaient abandonné. Elle ferma les yeux, et le visage écailleux de sa dragonne se dessina en pensées. Un bref instant elle crut que le rêve de cette dernière l'emporterait. Avait elle à ce point trop bu, ou était ce encore les stigmates de Drazahir qui tiraillaient sa pauvre âme en perdition ? L'un ou l'autre, qu'importait... Là voilà pauvre petite femme, épousant les herbes et la boue, perdue dans ce bout du monde dont elle ne connaissait finalement que si peu de choses...

« -Là ! C'est elle non?! C'est elle ! C'est elle ! Elle n'est pas morte dans l'incendie.

-Tiens prends là par l'épaule, je vais t'aider. On la ramène au chef. Une sur deux, c'est déjà ça. »


Prostré dans son mutisme, Asshai ne dit mot, se laissant relever de sa pitoyable situation sans même prendre garde à sa fierté, perdu au sein même de son esprit. Les yeux mi clos, elle sentit simplement les bras musculeux de deux hommes passer sous elle, et tenter tant bien que mal de la relever. D'abord, les voix lui parurent sourdes, venant d'un autre monde, coupées d'elle comme si les dieux l'avaient plongé toute entière dans un monde sous marin d'où chaque crie paraitrait aussi lointain que Tol Orea à ce moment précis.
Et puis les mots filtrèrent la barrière de la langue, devinrent des phrases au travers du dialecte rugueux de Qahra. Elle ne comprenait qu'à demi. Orundia. Des hommes de mains. Nul mot de Drazahir, des morts qui marchent... La conscience de les prévenir du danger qui pesaient sur tout le village ne lui vint qu'après. Mais cela semblait bien futile actuellement. De loin en loin, elle entendit des éclats de voix surgir. Des cries. Et une lueur grandissant jetant de vastes ombres à travers le village qui semblait désert à cette heure de la nuit. Ses sens revenaient. Sa logique avec eux. Elle se souvint de sa case. De l'incendie. Elle préféra ne dire mot de tout cela, feignant l'inconscience quelques minutes encore, alors que déjà se profilait devant elle la salle du trône d'Orundia. Les reliefs du festin qu'il leur avait offert jonchaient encore le sol ça et là, uniquement éclairé par l'éclairage chiche qu'offraient quelques torches.

Le sol à nouveau. Dure cette fois. Elle en ressentit la douleur. Ses mains se décrispèrent sous l'effet du choc pour la première fois depuis qu'elle avait quitté sa propre case. Sa dague fila à travers le planché. Elle l'avait tenu si ardemment contre elle qu'il lui semblait que ses os étaient désormais tout couvert de rouille, et s’apprêtaient à céder dans la minute. Elle tenta de s'appuyer sur ses mains pour se relever, mais une main plus forte la saisi par le col de sa maigre tunique pour la planter droit sur ses pieds. Un regard mauvais s'imposa dans son champs de vision. Même dans la pénombre environnante, elle reconnu les peintures qui agrémentaient son visage, et cette allure de serpent prêt à l'attaque qui le caractérisaient.

« Ton oncle est mort. Maintenant finis les drôleries. Tu n'as pas d'autres échappatoires que de m'avouer tout ce que tu sais sur sa fortune. Je veux en connaître le montant exacte et l'emplacement. »


« Crèves l'animal ! »


Lui jetant son mépris tout entier à la face, elle ne goutta la stupidité de sa répartie qu'en tâtant d'un revers de mains qui l'a projeta violemment au sol.

« Ta vie m'appartient ma belle. Tu avais une bien jolie dague que je vois là. Tu ne voudrais tout de même pas en gouter ? SI ?! Alors parles mon enfant... Parles ou tu serviras de repas aux tigres avant demain. »


Tentant de rassembler un minimum ses esprits, elle se rappela dans un éclaire de lucidité qu'elle n'avait rien à défendre. Les richesses d'Alauwyr n'était pas ici. Pas en Qahra, mais bien sur Tol Orea. Mais dans sa quête insatiable et cupide, Orundia en avait bien trop vite conclut qu'il y en avait d'autre, croyant qu'elle même savait où.

« Traitez moi avec déférences et je vous le dirais. »

Une nouvelle volée de coups plut sur son corps déjà meurtrit.

« Voilà comment je traite avec ceux de ton espèce ! Maintenant parles avant que je ne perdes patience. »

Il l'aurait tué si il avait put. Il suffisait qu'il frappe suffisamment fort et tout son crane se serait brisé sous le choc. Mais il ne le pouvait pas. Cela elle le savait. A peine aurait il eut l'information demandée qu'il lui ferait tranché la gorge. Encore devrait il s'assurer qu'elle ne mentait pas. Les informations qu'il croyait qu'elle détenait était son seul faire valoir face à Orundia. La seule chose qui pouvait encore préserver sa vie. A nouveau elle sentit sa poigne s'exerçait contre elle, son bras la ramenait tout contre lui et la marque froide de l'acier s'imprimer sur sa gorge.

« Alors parle... Parle mon enfant, où je te jure que j'en aurais finit avec toi bien plus vite que tu ne l'imagines...

« Je peux vous le dire. Je vais vous le dire. Mais vous ne pourrez pas y aller de vous même. Il va vous falloir quelqu'un. Dans le détroit Salin. Tout ce qu'Alauwyr possédait a été gagé en fond auprès des marchands. Pour les récupérer, vous aurez besoin des contrats de changes qui se trouve eux même détenue par l'un des fidèles d'Alauwyr. »


Mentir... Elle ne mentait jamais pourtant. Jamais réellement. Elle grossissait le trait, oublier d'autres choses, mais mentir de la sorte, voilà qui était presque nouveau pour elle, et pourtant dans la situation, tout cela lui était venu avec une aisance naturelle. Elle était faite pour cela. Jouer avec les ombres, les faux semblants et les tromperies. C'était son attirail de courtisane. Ses armes.
Autour de son cou, elle sentit le fer se détendre quelque peu. Un imperceptible soupire de soulagement s'échappa de ses lèvres. Il réfléchissait, elle gagnait du temps.

Si il n'y avait eut à ce moment là Alauwyr pour faire irruption dans cette salle. Dans la seconde qui suivi, il lui sembla que le Kriss de son seigneur pénétrait déjà la chaire du bras qui la retenait prisonnière, l'effleurant, elle, de quelques centimètres. La douleur lui fit lâcher prise, et Asshai profita de cet instant de répis pour bondir sur sa dague à son tour. Mais Alauwyr fut plus rapide, lui ordonnant de fuir. Elle ne pouvait s'y résoudre. Devant la rage du seigneur noir, celui ci risquait d'en découdre avec Orundia ! Son plan lui revenait en tête : ils avaient besoin de lui ! Alauwyr devait se faire aimer des populations pour que les autres exploitations aurifères périclitent ! Il ne pouvait simplement tuer Orundia !

« Ne le tuez pas ! Ne le tuez pas ! Nous avons besoin de lui. Rejoignons les Dragons, nous aviserons ! »

Ses mots allaient ils rester sourd face à la rage qui dictait tout acte chez cet homme ?
Mais déjà Orundia arrachait de son bras son kriss et se précipitait dague au poing sur Alauwyr, tentant de lui asséner de son bras valide un coup au niveau de la blessure qu'il avait déjà repéré.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mer 17 Juin 2015 - 14:12 Répondre en citantRevenir en haut

Le Seigneur avait parfaitement entendu les mots d'Asshai, mais il ne recula pas, poussée par la hargne d'en découdre. L'épée à la lame noire bloqua avec force le coup qui était destinée à frapper à la blessure sanguinolente. Sans attendre, Alauwyr repoussa sa propre dague tenue par Orundia, cherchant aussitôt à le désarmer. Le coup porta, mais il ne sut pas éviter le coup de genou qu'il reçu au flanc droit. Orundia avait peut-être qu'un seul bras de valide, mais il avait aussi ses jambes et il venait d'en faire la démonstration. Un voile de douleur manqua de faucher l'équilibre du Maître Noir. Le kriss s'abattit sur lui, stoppant sa course à quelques centimètres de la gorge de l'humain. Une forte poigne tremblante, mais forte, retenait le coup de grâce que voulait infliger Orundia. Le visage enflé de rage et d'effort, ce dernier soufflait fortement, bridant toute sa volonté dans le geste qu'il voulait offrir à Alauwyr. Le maître Noir n'avait pas une seconde à perdre. La moindre faille et cela était fini de lui. Et Asshai qui voulait le laisser en vie. Elle était bien trop généreuse, surtout après la menace de mort qu'elle avait manqué d'avoir de sa main. La décision tomba alors comme un couperet.

Le Seigneur recula d'un pas avec toute la brusquerie dont il était capable de faire. Son flanc dans cet action le rappela à l'ordre mais trop tard. Il tira violemment Orundia en avant, après avoir fait un pas de côté. Il le frappa au visage de son pommeau, lui cassant probablement la mâchoire, car un craquement osseux retentit sous le coup. Orundia tomba comme une marionnette a qui on aurait tranché les fils et sans vergogne, Alauwyr lui décocha un coup de pied dans le ventre. Un gémissement de la bouche de son adversaire, confirma qu'il était encore en vie. Haletant et grimaçant de douleur, le maître noir récupéra son kriss, qu'il rangea à sa ceinture et décocha un rictus malsain à Orundia.

''Garde à l'esprit que tu restes en vie de par la volonté d'Asshai... et que sans elle, j'aurai pu te tuer. Prends garde la prochaine fois si nos chemin se recroisent mon cher. Tu viens de rater une opportunité qui ne se représentera plus... tu ne sais pas ce que tu as raté par ta seule convoitise de richesse...''

Il aurait pu ricaner, mais l'envie n'était pas là et il leur fallait partir rapidement avant de se battre contre les gardes. Heureusement, ils étaient pris eux aussi par l'incendie qui rugissait dehors. Sans attendre, épée toujours au poing, il attrapa la main d'Asshai et l'incita à courir avec lui hors d'ici. La chance leur souriait, car ils ne croisèrent personne quand ils rejoignirent l'orée de la jungle, là où Alauwyr avait récupéré leurs effets personnels les plus importants. La fièvre du combat baissant, Alauwyr ressentit de plus en plus ce qui tenaillait son flanc. Prenant appui contre un arbre, il rangea son épée au fourreau ; le danger était loin, même si on entendait les cris que causaient l'incendie et la lutte pour l'éteindre. Malgré l'obscurité de la nuit, après avoir porté une main à sa blessure, il regarda en haletant le sang qui imprégnait sa paume. Il la reporta dessus pour comprimer et retenir au mieux le sang qui s'en échappait.

''On ne doit pas rester ici. Aide moi à bander ça et ne lésigne pas sur le serrage. S'il faut que cela endiguer, fais-le''


Des blessures, il en avait déjà subi. Nul besoin d'un guérisseur pour savoir que celle-ci reçue était assez profonde et peut-être plus grave qu'il ne pourrait le penser. Mais le temps leur manquait. Ils devaient s'éloigner le plus tôt possible et rejoindre les dragons. Une fois qu'Asshai eut fait ce qui devait être fait, en se remettant debout, il crut qu'il allait perdre connaissance et souffla longuement pour chasser le vertige qui le saisissait. La faiblesse était une chose à éviter, surtout maintenant. Peut-être même que la jeune chevalière verte l'aidera pour avancer, il ne la repoussera pas

Ils ne mirent pas longtemps à retrouver leur lié respectif. Estenir avait fini par se rapprocher, inquiet du temps que mettait son lié et du silence qu'avait imposé la distance. Apprendre qu'il avait été blessé avait manqué de le pousser à se jeter à leur recherche, mais cela aurait mis en danger la vie de sa consoeur verte, encore bien petite pour se battre ou se défendre face à des ennemis. Il l'avait porté avec elle, pour retrouver leur lié. Heureusement, ces derniers croisaient une petite plaine où ils purent se poser. Les yeux roulants de la couleur de l'inquiètude, Estenir fut de suite dans l'idée de rentrer au Kaerl, mais avec une blessure pareille, un passage dans l'interstice pourrait compliquer l'affaire. Voir plus encore.

Alauwyr dut sentir l'inquiétude interrogative de son lié.

''Tu vas retourner au Kaerl, avec Asshai et Amunaptra, ainsi, elles seront en lieu sûr. ''
°Il est hors de question que je te laisse ici et en plus dans cet état. Il te faut...°
''Estenir il suffit ! ''

Le dragon redressa la tête, surpris de cette réaction.

''Ramène-les, c'est un ordre. Après tu sauras quoi faire. Je tiendrai encore bien assez pour que tu reviennes. D'abord elles, tu m'entends ? ''
°Oui. Je ferai aussi vite que je pourrai°

Le dragon noir percevait aussi bien les songes de son lié que s'il les pensait à voix haute. Dans son état, Alauwyr serait une prise de choix pour ses adversaires. C'était donc une des raisons pour laquelle il ne pouvait pas retourner au Kaerl maintenant

°Jusqu'au bout n'est ce pas ? °
°Tu sais très bien pourquoi....°
°Cela vaut-il plus cher que ta propre vie ? °
°Dans la mesure où j'y suis lié jusqu'au bout des ongles, même si je rendais ma place, mes adversaires ne se contenteront pas de cela. Ne leur tendons pas le bâton pour nous battre avec.°
°je suis fou d'accepter ton ordre... Fou et inquiet de ton choix. Mais je le comprends et je me dois de raisonner avec profondeur et pas sous le coup des émotions. Mais si jamais j'estime que...°
°Tu sauras quoi faire mon lié. Maintenant va ! °


L'humain avait fini par prendre place sur un rocher plat pour s'y asseoir, le souffle haletant. Un seul regard noir et glacial devrait suffire à faire comprendre à Asshai que de partir avec son lié sera sans compromis, sans négociation. Estenir rechignait encore à abandonner, même si ce n'était qu'un laps de temps court, son lié. Il finit par se baisser, pour permettre à Asshai et à sa liée incarnate de monter sur son dos. Le Seigneur aurait pu leur dire quelques lignes de conduite à prendre une fois retournée au Kaerl, mais une fois là-bas, il ne sera pas derrière elles pour savoir comment leur retour sera pris. Elles devront malheureusement se débrouiller seules. Par contre, il précisa un seul fait.

''J'espère que d'avoir laissé Orundia en vie servira. Il ne s'agit que de ses actes et non de la tienne si notre tâche ici a échoué. Sache que je le recroise et qu'il ne se montre pas réellement compréhensif, je tranchai le fil de sa vie sans vergogne... ''

Peu importe ce qu'Asshai pourrait lui dire en réponse... son esprit perdait déjà en concentration, rattrapé par la faiblesse que lui imposait sa blessure. Une fois son dragon disparu dans l'interstice, il porta sa main sur le bandage qui endiguait la profonde entaille. La moiteur qu'il percevait n'était décidément pas un bon signe. Les yeux fermés, il commença à réfléchir à ce qu'il avait appris de son côté à Qahra. La bibliothèque ardente possédait bon nombre d'ouvrages anciens qui parlaient de tous les continents. Des rapports de découvertes, de recherches ne manquaient pas et Qahra n'échappait pas à la règle...

[HRP : Je vais t'ouvrir un post au Kaerl Ardent pour te faire revenir Clin d'Oeil]



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