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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Mar 11 Nov 2014 - 15:14 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP/ Ce rp est ouvert se déroule dans le Castel Dolen et est de fait ouvert à tous, n'hésitez pas à poster pour participer aux débats ou simplement exprimer le ressenti de votre personnage dans le contexte politique du kaerl. /HRP]

_

◘ Aléiya et Serenah ◘


Début Flarmyaku 918


Le Màr Luimë avait toujours connu des jours instables, des régimes chaotiques et des débats interminables. C'était le prix à payer, semblait-il, pour conserver l'ouverture d'esprit et l'équité d'opinion qu'il revendiquait tacitement. Ce point admis, il était tristement inévitable de voir Seigneurs et Dames se succéder à sa tête, et tournoyer les places du Conseil tel un jeu de chaises musicales.

Ce n'était pas la mouvance politique du Màr Luimë, cet écho des marées que dictaient les Lunes, qui agaçait Aléiya, c'était l'insouciance évidente des différents prétendants qui avaient la fâcheuse manie de ne diriger le kaërl que lorsque l'envie leur en prenait.

° Je pourrais tout aussi bien annoncer mon vol pour les éconduire tous ou ne point pondre dans la Sphère... Pourquoi n'y aurait-il que nos seigneurs à ignorer leurs devoirs ? °


L'insinuation de l'Argentée était futile. Elle avait déjà donné plusieurs couvées au Màr Luimë et n'aurait pu lui faire défaut d'aucune manière. Aléiya lui répondit d'un sourire, que l'Argentée ne pouvait voir, mais dont elle pouvait sentir la chaleur enivrante par le biais de leur lien.

Plus que tous les incompétents arrogants et les penseurs fugaces qu'avait vu le Màr Luimë se succéder à sa tête, la maîtresse argentée haïssait le Seigneur Llewelyn Nemeryan. Son règne court et sa fin tragique sur l'agora avaient fait de lui le fer de lance de tous ceux qui prônait la fermeture du Màr au nom de son autarcie protectrice. Le monde entier était dangereux. Tol Orëa n'était pas sûr. Le Màr Luimë n'était pas sûr.

° Et de temps en temps, une reine argentée dévore un aspirant sur les sables. ° conclut ironiquement Serenah.

La reine argentée se moquait bien de la politique du Màr. Son hybride de liée le savait bien. Aux yeux de Serenah, toute cette agitation, ces grands discours et ces nobles intentions d'œuvrer pour la pérennité du Màr, tout cela n'était que de la poudre aux yeux, une image que les bipèdes ressentaient le besoin de brandir, eux que les dieux n'avaient pas voulu distinguer à la manière des dragons de notable manière.

Ce qui ne l'empêchait pas de comprendre ce qu'une candidature en tant que Dame du Màr signifiait pour sa liée, et signifiait pour elle-même si Aléiya remportait les suffrages de ses pairs. La maîtresse argentée grimpa sur l'estrade selon le planning établi par l'intendance du Màr et attendit que le brouhaha se mut en murmures.

Un héraut rappela les enjeux de la séance et la présenta sobrement, bien que la chose fut plus qu'inutile. Qui, au Màr Luimë, sinon les aspirants arrivés de fraîche date ignorait l'existence de la maîtresse argentée Aléiya et de sa liée Serenah ?

L'hybride s'était à plusieurs reprises tenue dans cette grande salle du Castel Dolen. Elle avait l'habitude de sentir les regards rivés sur elle. Mais l'ambiance était différente ce jour, plus que la joie solennelle d'une Empreinte réussie, c'était une expectative grandissante et polie qui sourdait de la foule amassée.

Aléiya en était bien aise. Cette tension palpable la rassurait, et lui permettait d'espérer qu'on puisse voir en elle plus qu'une figure bienveillante peu avare de félicitations.

« Les récents événements ne sont pas un coup dur pour le Màr Luimë. » déclara-t-elle et ces paroles acides déclenchèrent le tollé attendu.

Aléiya s'autorisa un sourire amer. Elle entendait marquer les esprits.

« Les récents événements sont un coup dur pour Tol Orëa ! L'avènement de Drazahir n'avait pas pour dessein la chute du Màr Luimë mais celle de tous les Màrs. Les cibles de ses assauts et les porteurs de sa Marque n'avaient pour seule allégeance commune que celle d'avoir accepté l'évidence de leur Don et de s'être lié à un dragon sur les Sables de leur kaërl ou de s'apprêter à le faire. »

Aléiya s'efforçait de parler distinctement et obligeait son regard à balayer la foule. Qu'elle tremble en dedans n'avait pas la moindre espèce d'importance, pourvu que la chose ne se vit pas.

« Nous devons créer des liens forts avec les autres Kaërls. Lòmëanor et le manoir d'Ael Alfirin pourraient être le théâtre de plus que de trop rares délégations entre les trois kaërls. Nous pourrions organiser des sessions communes d'instructions regroupant des aspirants de tout Màr où les leçons seraient dispensées conjointement par des maîtres de kaërl différent. Seule la nouvelle génération peut saisir dans son entière mesure la nécessité d'envisager le monde au delà des frontières restreintes de la Baie d'Eau Claire. »

Son discours provoqua des réactions agitées, certains maîtres honorables allant jusqu'à appuyer leur protestations de gestes rageurs, lui signifiant le peu d'estime qu'ils avaient pour ses idées.

« En tant qu'Ordre draconique Neutre, nous avons le devoir de faire ce premier pas, car si nos confrères célestes ou ardents s'avançaient armés d'une telle idée, ils seraient aussitôt assaillis par leur ordre contraire. »

Aléiya comprenait comment les Célestes et les Ardents avaient peine à s'entendre et tant de facilité à se haïr. Elle avait bien plus de mal à s'expliquer les réticences de ses pairs, alors que leur neutralité aurait dû les pousser à collaborer aussi bien avec les uns qu'avec les autres.

« Il ne suffit pas d'avoir des épées et des murailles pour défendre une forteresse, sans quoi la voûte marine aurait suffit à nous protéger tant de l'irruption de Ketesh que de l'armée de crabes du mage noir. Il nous faut connaître nos ennemis. Pour cette raison évidente, nous ne pouvons nous fermer au monde qui nous entoure. »


Même une dragonne verte valait plus de dix épées. Parfois Aléiya désespérait de pouvoir faire comprendre à ses pairs que les maux qui les guettaient n'étaient pas toujours des menaces tangibles. La marque de Drazahir avait semé plus d'effroi dans leurs rangs que tous les crabes de la Baie, eurent-ils fait le double de leur taille géante.

« Pour ce qui concerne le Màr Menel et le Màr Tàralöm, j'entends ceux de vous qui blâment la passivité des premiers et la duplicité des seconds. Nous devrions dès ce jour songer à infiltrer leurs rangs. Comment espérer nouer des accords durables avec les célestes, si leur dirigeant n'est que le pantin du moment de telle maison bien en vue ou avec les ardents, si l'émissaire qu'ils nous mandent périt deux jours plus tard d'un coup de poignard dans le dos ? »


° Ils ne sont pas les alliés rêvés que je voudrais voir offrir à mon Màr bien-aimé, mais la nécessité force à s'en contenter. °


« Au delà des frontières de Tol Orëa, une Dorée aurait pris possession des sables pour convoquer des aspirants d'Ordre différent. Aucun des nôtres n'a pu témoigner d'un tel événement. Devons-nous le renvoyer au domaine des mirages lointains, ou comprendrons-nous enfin que l'univers entier nous laissera pour compte au fond des mers si nous ne prenons pas en main notre destinée ? »


Ce n'était au demeurant qu'une rumeur mais elle emplissait le coeur d'Aléiya d'une note d'espoir. Si son aspirant avait été convié à une telle empreinte, elle aurait été fière de lui et du risque encouru.

° Baldrik n'est pas encore prêt pour l'Empreinte. °

Serenah se gardait bien de répondre à de tels élancements. Pondre ses oeufs hors de son kaërl s'imposait dans son esprit au mieux comme une hérésie, au pire comme une inénarrable trahison.

« Nous nous enorgueillissons du savoir accumulé dans les étagères de la Flèche du Cadastre, mais quelle connaissance pourrions-nous tirer du fond de la Baie d'Eau Claire. Notre foyer est là, une partie de notre âme, indubitablement, mais ce serait s'aveugler de la naïveté d'un enfant cramponné aux jupes de sa mère que de nier que notre avenir ne peut que s'écrire ailleurs. »

La salle n'hébergeait plus que des murmures discrets. La quête de connaissance des Engloutis était une tradition sacrée, et aucun des pairs d'Aléiya n'aurait laissé à penser que le savoir du Màr n'englobait que la cité sous-marine et rien au delà.

« Il nous faut connaître le Rhaëg entier et l'explorer, tirer parti de ses savoirs lointains. Chacun des nouveaux chevaliers du Màr pourrait s'exiler un an sur d'autres terres. Un dragonneau, même bronze, est aisé à dissimuler et il n'y a pas de secret que quelques pièces bien ordonnées ne sauraient couvrir. Cela permettrait aux nouveaux chevaliers d'approfondir le lien qui les lie à leur moitié d'âme tout en ramenant au kaërl le savoir d'autres terres. »


La maîtresse argentée hésita un conclure. Il lui restait un point crucial à aborder. Elle n'avait pas l'intention d'y renoncer, plutôt celle de le garder pour plus tard. Pour quand elle serait Dame.

° Si tu leur mens, même par omission, quelle Dame seras-tu pour eux ? °


La pensée de Serenah était lisse et limpide, une révélation plus qu'une accusation.

« Nous devons investir les ruines du Màr Agarwaen. »
lâcha Aléiya.

Des protestations fusèrent avec virulence, et l'hybride dut hausser le ton pour se faire entendre.

« Attendrons-nous sottement que l'Histoire se répète et nous donne tort ? Ceux qui franchissent les portes du Màr Luimë pour se fondre dans la nuit ne disparaissent pas, pas plus que ne se dissolvent au petit jour les spectres éthérés tapis dans les entrailles du kaërl maudit. Là où nous ne devons qu'à notre imprudence et à notre aveuglement l'ascension de Ketesh et de sa redoutable Incarnate, la menace de Drazahir montre à tous que d'autres peuvent vouloir déterrer les secrets du Màr Agarwaen. »


Aléiya eut un sourire moqueur, presque cruel.

« Je n'ai jamais vu un spectre mettre à mal un dragon. Si cette entreprise en rend certains trop frileux, ils feraient bien d'aller conjurer leurs peurs dans la Galerie des miroirs, car le Màr Luimë ne saurait souffrir d'avoir dans ses rangs des couards de leur espèce. »

La tête haute, Aléiya clama d'une voix forte :
« Je suis la maîtresse argentée Aléiya d'Elvrydden, liée de Serenah. Nombreux sont les Seigneurs et les Dames qui ont abandonné notre Màr bien-aimé. Lalwendë Valendil aurait pu mener notre Màr à de grandes choses, mais son élection au déclin de ses jours l'en aura empêchée. »

Aléiya avait fait le choix de ne pas nommer les Seigneurs et Dames qui avaient délaissé le Màr. Il y en avait tant qu'elle se serait forcément mis à dos des membres du Màr qui auraient eu suffisamment d'affinité pour tel ou tel dirigeant au point de fermer les yeux sur son départ inexpliqué ou sur certaines décisions discutables. Elle ne cherchait pas à racheter l'électorat des autres par d'aussi basses manoeuvres, elle avait ses propres idées, et la rage de les défendre. Si elle avait mentionné Lalwendë, c'était uniquement parce qu'il restait des maîtres suffisamment traditionalistes pour juger que la liée d'une reine argentée faisait la meilleure Dame que le Màr put avoir, et elle n'était pas prête à se priver de ces voix faciles.

« Je ne vous faillirai pas, peuple du Màr Luimë, et ensemble, nous ferons de ce Màr plus qu'une forteresse noyée sous les flots. »


Aléiya remercia le héraut par une parole d'usage, le laissa bagarrer pour obtenir le silence alors que chacun essayait d'expliquer à son voisin ce qu'il avait compris, aimé, ou détesté du discours de la maîtresse argentée. D'un pas digne, Aléiya se faufila jusqu'à gagner l'autre extrémité de la salle. Dos au mur, elle n'était déjà plus l'objet des regards qui se braquaient sur le prétendant suivant.

Ce qui lui évita de montrer à la foule qu'elle tremblait.

° Tu as fait ce que tu devais. Tu n'as rien à redouter. °

Les paroles de l'Argentée l'emplirent d'une sérénité bienvenue. Aléiya ferma les yeux une fractions de seconde, et lorsqu'elle les rouvrit, elle était de nouveau la Dame potentielle, la politicienne inébranlable qu'il était vain d'espérer faire fléchir par des mots. Les autres n'avaient qu'à bien se tenir, elle ne lâcherait rien.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Mar 11 Nov 2014 - 15:14 Revenir en haut

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Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Jeu 13 Nov 2014 - 17:00 Répondre en citantRevenir en haut


Ithildin, Dragonne Airain


Le vent de la nouvelle avait à peine effleuré Amaélis, mais Ithildin, toujours contraire à sa Liée, avait inspiré à pleins poumons l'odeur d'instabilité qu'il avait apportée. C'est ainsi que la Dragonne se tenait sous le haut plafond du Castel Dolen, non pas pour tenter de se mêler de la politique du Màr Luimë, mais pour profiter de l'occasion et provoquer quelques vagues nécessaires à l'attention des bipèdes rassemblés là. Le discours d'Aléiya ayant déjà commencé, Ithildin n'avait eu d'autre choix que d'emprunter forme humaine afin de se frayer un chemin à travers la foule, et elle faisait de son mieux pour obtenir une meilleure vue. Les effluves de chair et de sueur agressaient ses narines, qu'elle plissait en une expression de dégoût difficile à ignorer. De son regard d'ardoise, elle couvait ardemment la silhouette de la Maîtresse Argentée.

° Si cela t'intéresse un minimum, Amaélis, la première candidate a des idées assez originales. °

Aucune réponse. La Neishaane devait s'être perdue dans la musique, quelque part au Cìrban Telemna, à divertir le ciel vide. Pourtant, à en juger par les réactions de certains, les propositions de la Demi-Sang n'étaient pas celles qu'ils avaient envie d'entendre – et donc, particulièrement intéressantes. Avec un sourire carnassier, elle sentit leur sang bouillir et leurs voix porter bien haut par-dessus la foule les mots « traîtrise » et « irrespect ». Une alliance entre tous les Kaerls ? Des sessions communes d'instruction ? Ces Maîtres qui avaient donné leur vie pour préserver les secrets de l'Ordre Neutre devaient se sentir, d'une certaine façon, bafoués. Il y avait des nuances que la Dragonne, avec son esprit particulier et son caractère, ne pouvait percevoir pleinement. Pourquoi conserver des Ordres, s'il s'agissait au final de mêler leurs enseignements et leurs élèves ? Leurs valeurs finiraient par se confondre, et qui pensait pouvoir régner sur une forteresse remplie de Dragons au nom d'idéaux dont l'origine se perdait au fond des âges verrait son rêve déchiré en lambeaux sans couleur.

° Comme cela serait intéressant – entends-tu, Amaélis ? Les générations futures seraient enfin en droit de trahir pour leurs propres valeurs, et de n'en répondre que devant une justice qui ne brandit aucun drapeau. On pourra enfin rendre leur liberté aux lâches de ton espèce ! °

Il lui sembla entendre un rire indistinct dans son esprit, alors que les deux Liées partageaient le souvenir de Gueralt et Laszlo. Le Màr n'était qu'un asile pour elles, et elles espéraient encore pouvoir un jour se promener dans ses couloirs sans sentir le poids de la suspicion dans leur dos. Heureusement, la plupart des Neutres considéraient que la prénommée Amaélis Yodera avait tout simplement perdu la tête pendant la Quête des Deux Lunes – et trouvé en échange une créature qui faisait, malgré ses trop nombreux écarts, leur fierté.

« Nous devons investir les ruines du Màr Agarwaen. »

Le fracas qui suivit tira l'Airain de ses pensées. Ses yeux balayèrent le périmètre, et son sourire s'agrandit encore. La Maîtresse Argentée avait de l'orgueil pour penser de la sorte, encore plus pour le dire tout haut. Cherchait-elle à rappeler aux membres de son Ordre quelle attitude il fallait adopter pour subir le même sort que celui des Maudits ? L'excitation commençait à submerger Ithildin.

° Celle-ci pourrait bien tirer quelques leçons de ce que tu as vu là-bas. Il me semble qu'il vous a fallu le soutien d'un Del Cirth pour vous en sortir. °
° Si elle a envie de mourir, c'est son problème. Je doute qu'elle soit la seule. °


Un éclat de rire fusa des lèvres charnues d'Ithildin, s'attirant quelques regards étonnés. Profitant de ces quelques secondes d'attention, elle croisa les bras et son visage se mua en un masque sans expression.

Qu'elle aille donc demander à cette Aspirante qui est revenue de la Lande il y a quelques années avec plusieurs cases en moins ce qu'elle en pense ! Courage ou écailles ne feront jamais face à des mystères que les Dieux ont jugé bon d'enterrer.

Elle attendit que les discussions reprennent pour changer discrètement d'emplacement, perdant au passage quelques bribes du discours principal d'Aléiya. Quand elle eut atteint à nouveau un espace où elle pouvait contempler l'estrade, la Sang-Mêlé avait laissé la place au suivant. Ces manières humaines l'exaspéraient au plus haut point. S'il fallait à tout prix un Seigneur ou une Dame pour diriger le Màr, qu'ils prennent les armes ! Seul le prix du sang avait de la valeur aux yeux de la Dragonne, et elle ne respecterait que celui qui accepterait de le payer pour prouver sa force.



Horatio Forstberg
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 10:44 Répondre en citantRevenir en haut

Dé le jour de mon arrivée au Kaerl engloutis, j'avais compris que quelque chose n'allait pas: la nervosité des habitants et les rumeurs persistantes contres ceux qui dirigeaient l'endroit et leur impuissance à protéger efficacement leurs habitants contre les menaces extérieures m'avais laissé un sentiment de tension latent. Au fils des jours, les discussions s'étaient faites moins discrètes contre la dénommée Dinjelaï et sont équipe, particulièrement contre un certain Darshan qui était sensé organiser les forces du Kaerl.

Mon manque de connaissance sur la situation politique m'empêchait de comprendre réellement les enjeux de la situation et la portée réelle de telles rumeurs. Pour autant, il devenait évident jour après jour qu'un grand changement allait s’opérer. Mon père, paix à son âme, m'avait toujours dis que pour s'intégrer quelque part, le mieux était toujours de s'intéresser sur qui détenait les clés du pouvoir et comment s'en attirer les faveurs. Loin d'être un courtisant, c'est en suivant ce principe qu'il avait monté une entreprise florissante, plaçant sa famille à l'abri du besoin. Moi-même, je n'avais jamais vraiment du faire d'effort particulier pour me faire connaître car, en effet, j'avais largement bénéficié du fruit du travail de mon père.

À présent que le contexte avait radicalement changé, voilà qu'il m'était donné de me lancer dans ce genre de démarche. Ce que j'appréhendais d'une certaine façon. Néanmoins, je trouvais quelques facilités car un exécutif sur le point d'être renouvelé me semblait plus aisé à approcher. C'est donc tout naturellement que je me suis rendu à une sorte de meeting où devaient se présenter divers prétendants à la place de seigneur. Le monde présent à cette occasion me confirmaient cette impression que les habitants du Mär Luimë considéraient cette question comme importante, mais sans doute que les derniers évènements avaient aussi jouer un rôle.

L'honneur d'ouvrir cette course au pouvoir fut donné à une jeune dame que je ne pouvais pas vraiment connaître vu que je n'étais là que depuis peu, mais mes voisins de banc se chargèrent de combler en partie cette lacune. En effet, en tendant bien l'oreille, je compris de leurs conversations que la jeune dame, répondant au nom d'Aléiyah, était liée à une dragonne-reine: Serenah. Cela me fit légèrement, mais tristement, sourrir car c'était le prénom que nous comptions donner à notre enfant, Freya et moi, si celui-ci devait être une fille. Néanmoins, je me concentrais rapidement sur la situation avant que mon esprit ne fut embrumé par de quelconques pensées mélancoliques. On pouvais remarquer une certaine tension chez l'oratrice mais parfaitement normale en ce genre de circonstances. Parler à une telle assemblée était toujours une épreuve.

Puis elle nous fit part de son discours... Un discours courageux et de bon sens, selon moi, poussant les neutres à interagir d'avantages avec les kaërls ardents et célestes deux élément relativement nouveaux pour moi. Je compris alors que la crise que venaient de subir les neutres étaient plus globale et n'était pas du tout propre au Kaerl où je me trouvais. C'était un élément nouveau pour moi mais qui me fis adhérer à ce discours qui promouvait le dialogue entre les divers acteurs de Tol Orea. Autre élément important, ce discours me laissait entrevoir la possibilité de faciliter ma quête pour retrouver ma famille ce qui achevait de me faire adhérer au camp de dame Aléiyah. Néanmoins, il me fallait écouter les autres orateurs et ce qu'ils avaient à proposer.

Vînt ensuite un homme: un maître dragon du nom de Wilifred et lié au bronze Hasbro.


    "Mesdames et messieurs, membres de notre vertueux Kaerl Engloutis..." L'homme fit une courte pause, embrassant l'assemblée du regard.

    "Je ne vais pas vous parler de l'infâme Drazahir qui, dorénavant, fait partie du passé." Fit-il d'un signe circulaire de la main comme pour le balayer. "Mais de la menace qui pèse sur nous, en ce moment même: Celle de la discorde." Pour appuyer ses paroles, Wilifred tapait du doigt sur son pupitre. "Une discorde engendrée par les errements de notre conseil qui n'a pas su gérer une crise majeure!" Son doigt, montrait alors un point, quelque part, sans doute pour désigner le-dis conseil.

    "Car si nous sommes tous là, en vue de désigner notre futur chef, c'est que nous avons toutes et tous conscience que nous devons d'abord nous unir dans un ensemble plus cohérent, plus efficace contre les menaces qui peuvent venir de l'extérieur." Wilifred, toujours pour illustrer ses propos, avait alors fermé un poing, recouvert par son autre main, symbolisant cette menace qui ne pouvait alors entrer."L'insouciance et le relâchement nous ont menés à la catastrophe et nous impose ce besoin urgent de resserrer nos rangs."


Wilifred, pour insister sur ces derniers propos, s'était ostensiblement touché le pouce et l'index comme pour former une pince de ses doigts. Manifestement, c'était un adepte du langage non verbal. L'homme, tout en parlant et gesticulant, rotait légèrement sur lui-même pour embrasser l'ensemble de la foule en permanence ce qui laissait croire qu'il était plus à l'aise que celle qui venait de le précéder. En reprenant la parole après une courte pause, il ouvrit brièvement les mains comme en signe de soumissions:


    "C'est donc humblement, que je viens me présenter, devant vous, pour la place de seigneur engloutis afin de restaurer l'ordre, mais aussi pour permettre à notre Mär de reprendre sa vrai place vis-à-vis des autres Kaërls. Après les récents évènements, une période de recul s'impose afin de repenser nos relations avec le monde qui nous entour et non pas nous lancer dans de vaines tentatives dont nous ne pouvons préjugé du résultat, simplement parce que nos voisins sont incapables de s'entendre!"

    Le maître dragon avait de nouveau pointé du doigt sur la table. Cette réplique était manifestement un premier coup porté au discours précédent avant que Wilifred ne fasse sa conclusion sur ce point:

    "Hommes et femmes du Mär Luimë, la solution ne pourra venir que de nous! Pas des autres!" Wilifred continuait alors en se posant une main sur le torse: "Et c'est pour cela que, si vous me choisissez en tant que seigneur:

    Je redonnerai sa force à notre Kaerl et sa capacité véritable à prévenir les menaces qui pèsent sur nous en réorganisant en profondeur les griffes d'argent.

    En tant que seigneur, je nous éloignerai des fléaux de ce monde en encadrant strictement les échanges avec l'extérieur.

    En tant que seigneur, je vous redonnerai confiance dans ce conseil qui nous a fait si cruellement défaut ces derniers temps par une activité suivie, régulière, mais aussi publique de ces actions.

    Enfin, en tant que seigneur, je veillerai à ce que le principe, sacré, de neutralité en ce qui concerne la non ingérence des dragons en politique soit respecté.

    Hommes et femmes du Mar Luimë, c'est un énorme pouvoir qui sera bientôt entre vos mains, bien plus puissant que celui d'un Drazahir. Celui qui vous permettra de choisir votre destin, votre avenir, celui de notre vertueux Mär et celui de nos enfants. Un Mär plus sûr!"


Le maître saluait alors la foule, me laissant sur un sentiment mitigé. Autant le premier discours m'avait emplis d'un certains enthousiasme, autant ce second discours m'avait laissé dubitatif. En Effet, Wilifred s'était plus adressé au vécus personnel des Luimë et l'émotion résultant des derniers mois pouvait être un levier très puissant pour faire peser la balance en sa faveur. Après le traumatisme de l'attaque des crabes géant, je pensais alors que les Engloutis pencheraient plutôt pour Wilifred au détriment de la sagesse du discours de Dame Aléiyah. Je me basais surtout sur la réaction de mes voisins proche dans l'assemblée qui semblaient plus favorable au second. Cela ne m'étonnât qu'à moitié car le discours de Wilifred étaient autant fait pour ceux prônant une fermeture que pour ceux souhaitant garder un contact vers l'extérieur là où Aléiyah ne parlait qu'aux derniers.
Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 11:44 Répondre en citantRevenir en haut


Javerth Seram, dit le Sénéchal & le Brun Tyom


Le vieux Sénéchal regardait depuis son balcon, perché au sommet de la tour saphir, la plèbe qui commençait à s'agiter en contre-bas. Son peuple, ses amis, ses aspirants, ses chères aspirants... Sa famille. Voilà ce qu'il voyait en chacun d'eux. Ils étaient ses enfants qui s'étaient pour une part égarés, aveuglés par les illusions de douceurs que les derniers dirigeants leur avaient fait miroiter les uns après les autres. Certains devait être ramené dans le droit chemin, revenir dans le giron de leur Màr, de leur seigneur, d'un père qui saurait les garder des nuisances qui pouvaient parcourir ce monde.
Aujourd'hui, il sentait que son heure sonnait. La dame Dinjelaï avait finalement disparue... Il ne pouvait lui en vouloir : les responsabilités auxquels elle avait dut faire face suite à l'attaque de Drazahir l'avaient probablement tétanisé comme elles avaient put le tétaniser lui par le passé. A ce souvenir, la mâchoire carrée du Sénéchal se serra un peu plus, et un rictus déforma quelque peu ce visage peu habitué à sourire. Lissant ses blanches moustaches entre deux de ses doigts de sa main gauche, il posait son regard emplie de sagesse sur sa cité bien aimée, son Kaerl qui avait tant souffert.

Comme une donzelle qui se serait laissé aller aux bras d'une multitude d'amants, ce peuple indécis et changeant s'était au grès de ses humeurs laissé entraîner à une valse de seigneurs et de dames au point de déstabiliser les fondements traditionnels de ce Màr. Et en ces périodes troublées, pouvait on entrevoir un avenir moins sombre sans se rappeler des enseignement du passé ? Non. Assurément pas. Une nouvelle ride barra le front de Javreth tout à ses réflexions. Il ne pouvait rester ainsi les bras croisés alors que sa maison prenait l'eau de toute part. Toutes ses années durant il avait abandonné sa sueur, sa connaissance et ses armes aux services de ses aspirants, et ceux ci étaient devenus autant de fils et de filles prêts à le soutenir dans cette nouvelle étape qui allait bientôt se dessiner. Le moment qu'il avait tant attendu, pour racheter ses fautes passés, faire ses preuves et récupérer ce pouvoir qui lui revenait de droit, était venu. Aujourd'hui sonnait le glas de la déchéance. Il était prêt.


***





Ils étaient tous venus ou presque. Ses enfants du màr, sa famille : ils était tous venus en quête de réponses. Leur repaires leur avaient étés volé, à lui de leur redonner l'espoir et le cadre qu'il leur avait tant manqué, des bases fermes et un seigneur digne de ce nom.

Reclus dans son coin d'ombre de la grande salle du Castel, Javerth ne s'était pas manifesté tandis que tour à tour la maîtresse Aléiyah et le maître Wilfried s'exprimaient.
Aux propos de la première, Javerth ne put empêcher son front de se creuser d'une ride supplémentaire dut à la contrariété que lui inspiraient ces propos. C'était à cause de ce genre de facéties que le Màr avait été entraîné dans de si bas tréfonds. Ce n'était pas servir son peuple que de vouloir reproduire les erreurs de quelques fous étranger dévorés par le pouvoir. Le Kaerl devait rester fidèle à lui même et à sa politique de neutralité, voilà ce qu'il pensait. Ainsi s'était il toujours définit, ainsi s'était il élevé sous les eaux et cultivé, ainsi devait il préservait cet héritage. Toutefois l'ancien sénéchal se tut. Ce n'était pas encore le moment d'intervenir.
Les propos du second candidat lui semblaient plus censés, et il aurait put être un seigneur compétent, Javerth n'en doutait pas, mais il lui manquait l'expérience du pouvoir :il ignorait tout des pratiques de la politique... et ces idées de réorganisation des griffes d'argent était proprement ridicules. Les forces armées du Màr avait en tout temps suent faire leur preuve. Les victimes qu'ils eurent à déplorer lors de l'attaque n'étaient pas le fruit de leur incompétence, mais le fruit d'un trop grand relâchement au niveau des rapports établis entre le Kaerl et l'extérieur. Si les portes avaient été fermées avant l'attaque, une telle invasion aurait put être facilement endiguée. Amer, un nouveau plie vint s'ajouter aux autres sur le front du vieux maître brun. Mais une fois de plus il se tut. Le moment n'était pas encore venu.

Le héraut s'avança à nouveau devant la foule présente. Il invita le prochain candidat à se présenter mais personne ne répondit présent. Certain s'étonnèrent de ne pas voir Folken revenir à l'assaut. Peut être pensait il la tache trop ardu pour lui, attendant que le prochain seigneur essuie les premiers plâtres avant de se représenter à son tour. Mais Javerth, lui, se savait à la hauteur. Il avait préparer ce moment depuis fort longtemps. Ses plus fidèles amis peuplaient l'assemblé, tout leur espoir reposaient sur lui. Quant aux autres, ils étaient tout autant des membres de sa famille à qui il fallait indiquer le chemin à suivre. Il n'avait plus peur, plus maintenant. Depuis le temps qu'il espérait pouvoir servir ce Màr comme il se devait, voilà qu'enfin l'occasion se présentait. Dans des conditions dramatiques, certes, mais cela n'était pas de son fait. Maintenant il lui appartenait de redonner à ce Kaerl sa gloire passé.

Une longue minute s'était écoulé depuis que le héraut avait rappelé le prochain candidat. Longue minute, pesante, se perdant dans un silence presque total. Levant les bras face à son pupitre, il s'apprêtait à clore la séance en l'absence du vieux Sénéchal.

« Attendez. »

Fendant la foule d'un pas lent mais ferme, un homme d'une haute stature s'avança vers l'estrade. Revêtus de ses frusque brunes, il n'avait admis pour l'occasion aucun insigne rappelant son attachement au Kaerl, c'était inutile. Il circulait parmi ses concitoyens comme n'importe quel homme du Màr, fixant devant lui un point invisible et sachant pourtant que tout les regards s'étaient tournés vers lui. Derrière son passage, quelques murmures étouffés parvenaient à ses oreilles. Il grimpa la série de marche de son pas roide et militaire, s'avançant au devant de son peuple.

« Peuples du Kaerl ! »


Sa voix forte raisonna à travers les murs du Castel, imposant à la foule le silence de par la force naturelle qui semblait émaner du personnage. Il pouvait voir ces visages connus, se détachant de la masse de la foule, un par un. Il connaissait tout le monde ici, et tout le monde le connaissait. Mais il n'avait pas peur.

« Des promesses. Voilà ce que vous aurez. Le même jeu se répète sans cesse depuis des années. Êtes vous donc à ce point stupide qu'il suffit de vous offrir l'illusion d'un avenir radieux pour vous convaincre ? Je ne pense pas. »


Le sénéchal n'était pas connu pour son maniement de la langue de bois. La vérité était pour lui une raison de vivre, une réalité qu'il appliquait à chacun de ses mots. Toutefois la remarque avait fait mouche dans l'assemblé.

« Dinjelaï avait promis elle aussi. Et Folken avant elle. Et où sont ils à présent ? Je ne les vois pas. Ni pour défendre leur position, ni parmi vous qui êtes venus aujourd'hui. »


Il laissa un instant le silence retomber sur l'assemblé, lourd et poisseux. Il semblait que nul n'osait plus prononcer un mot à présent. Mais il reprit :

« Avez vous oubliez qui vous êtes ? Vous faites partie du Kaerl Neutre. Dinjelaï Al'ysiria vous a abandonné ici, seuls, suite à l'attaque. Elle a abandonné jusqu'à son aspirante, Alrüne ! Elle qui s'est pourtant sacrifiée lors de la quête contre Drazahir, s'épuisant dans la recherche des clefs d'Ouranos ! Quel genre d'être est ce là ? Que pouviez vous attendre de plus d'une femme issue du Kaerl céleste ? Rappelez vous d'où vous venez, chacun d'entre vous. Tous ici vous me connaissez, et vous tous savez que j'ai le mensonge en horreur. Je ne peux donc laisser de tels discours être tenus impunément !
Non ! Non, l'attaque n'est pas derrière nous ! Qui ici pleure encore un frère, une fille ou un parent ? Nous savons que chacun a perdu un être cher dans cette bataille, et les traces qu'elle a laissé sont encore bien présentes. »


A nouveau il s'arrêta et jeta son regard d'acier sur la foule. Il s'arrêta sur une petite femme replète vêtu d'azur et d'argent pour l'occasion.

« Toi, Velchana ! N'as tu pas perdu un fils ? »


Et à la petite femme de hocher timidement la tête.

« Et toi Finroth, n'as tu pas perdus ta sœur et tes nièces ? »


Nouvel hochement de tête de la part de l'interpellé.

Descendant de l'estrade pour venir au plus près de la foule comme l'aurait fait un père pour ses enfants, Javerth reprit plus fort encore :

« Non ! Non, la faute ne vient pas des habitants de ce Màr et de leur armée ! Reformer les griffes n'y aurait rien changé ! Tous ici, vous vous êtes battus vaillamment pour défendre votre maison. Je vous ai vu, j'ai combattu à vos cotés ! Qu'importe ce qui a put se passer chez les autres Màr, ceux là ne sont pas nos amis ! Cette bataille aurait put nous être simplement évité. »


Tout le monde savait ici que Javerth, de tout les maîtres du Kaerl était des plus conservateurs et des plus isolationnistes, mais même si ils s'attendaient à la réponse qu'il allait leur fournir, chacun semblait encore suspendu à ses mots.

« Nous n'avons pas besoins des autres Màrs pour survivre ! Nous sommes des Luimésiens ! Parlez haut et fort ! Regardez vous ! Rappelez vous ! Les portes du Màr ont été ouvertes et ont permis à plusieurs reprises à des ennemies, des agents célestes de s'infiltrer en ces lieux ! Drazahir n'a eut qu'à envoyer ses crabes et à nous de les accueillir à bras ouverts !
Pleurons nos morts, mais apprenons de nos erreurs, qu'ils ne soient pas morts en vain ! Je ne me permettrai pas de vous promettre un avenir radieux au delà de ces murs ! Je ne vous promettrai pas non plus une sécurité qui n'ai pas de prix ! Ces promesses là, je les laisse à d'autres !
Je vous promets des efforts, des travaux et de la sueur : Mais tout cela est nécessaire pour reconstruire ce Kaerl ! Pour lui redonner son éclat passé ! Revenez en son giron habitant du Màr Luimë, et je vous promets qu'ensemble nous n'aurons plus à pleurer la disparition de proches trop jeunes pour être fauchés par la mort ! Les réponses que vous cherchez se trouvent ici, dans ce Kaerl ! Ne les cherchez pas ailleurs ! Revenons auprès de nos maîtres, en nos demeures, et laissons les troubles du monde extérieur à ceux qu'ils concernent ! »

Enfin le Sénéchal se tut. Il vint rejoindre les autres maîtres sur l'estrade qu'il défia du regard. Il avait parlé, puissent ils l'écouter à présent et revenir dans le droit chemin à présent. Il avait tenu son rôle envers son Màr.

Texte par Asshai.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***



Dernière édition par Oracle Tol Orëanéen le Sam 15 Nov 2014 - 13:30; édité 3 fois
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Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 13:06 Répondre en citantRevenir en haut



Observant le reste de la foule amassée au sein du Castel depuis ses presque deux mètres de haut, Gueralt, posté à l'instar du chevalier qu'il était, revêtu pour l'occasion de sa vieille armure et de son tabard brodés aux couleurs du màr, avait écouté chacun des trois candidats avec attention. La réunion avait été proclamée quelques jours plus tôt, à la suite de la mission inter-Kaerlique en vu d'anéantir Drzahir. Désormais le mage noire n'était plus... Mais au sein du Màr Luimë, d'autres problèmes n'avaient pas tardé à surgir. La disparition de la Dame Al'Ysiria n'avait cessé d'alimenter les rumeurs les plus folles, jusqu'à celles de trahison. Comme les hyènes qu'ils étaient, se chamaillant pour un morceau de viande pourrit, les politiciens de sa chère demeure n'avait pas tardé à avancer leur candidature, chacun se crispant sur ses positions afin de proclamer la renaissance et la reconstruction du Màr...

Depuis Gueralt n'avait cessé d'enrager... Contre Dinjelaï d'abord pour avoir ainsi abandonné ses congénères. Contre ses confrères ensuite pour avoir oublié si vite cette Dame qui était la leur. A ces trois acteurs politiques enfin, qui ne cessaient de se battre et de rassembler leur troupe depuis ces derniers jours, se menant une véritable bataille des idées, oubliant qu'ils appartenaient à la même demeure. Buté et inflexible, Gueralt ne s'était jusqu'alors pas prononcé. Ses serments allait au Màr tout entier, mais jusqu'ici ce dernier restait incarné en la personne de sa Dame, et il avait bien la ferme attention de défendre ses intérêts malgré son absence, malgré sa trahison... Jusqu'à ce que le peuple ne la fasse tomber et qu'un autre ne la remplace. Alors peut être viendrait pour lui le temps de prêter à nouveau serment.

Seulement... si par le passé, il avait accueillit la destitution de Folken et la nomination de Dinjelaï avec soulagement, l'idée de remplacer désormais l'elfe avait quelque chose de dérangeant pour lui. Il restait persuadé que nul autre hormis elle, ne pouvait mener une politique d'ouverture raisonnée et politiquement viable pour le Kaerl. Et ce qu'il venait d'entendre n'était pas fait pour le rassurer. Depuis le début de la séance, seule la remarque d'Ithildin avait réussi à lui arracher un sourire. Il était peu commun qu'un dragon s’intéresse aux affaires publiques, mais force était pour lui de reconnaître que l'intervention de l'airain n'était pas dénuée de bon sens.

Voilà les choix qu'on leur laissaient : Une fuite en arrière, à la recherche de chimères oubliées en provenance d'un Màr maudit... Des reformes inutiles menées par un homme trop inexpérimenté et trop peu soutenu pour imposer son autorité au sein du Kaerl... Ou encore une crispation et un repli réactionnaire du Kaerl sur lui même. Pour lui aucune de l'une ou de l'autre de ces propositions ne lui paraissaient viables. Le chevalier brun avait tout de même tenu à participer à cette séance, par devoir en tant que citoyen du Kaerl, mais aucun des candidats ne lui paraissait convaincant, et il n'en ressortait que plus farouchement accroché à l'idée de protéger les intérêts de Dinjelaï quoiqu'il lui en coûtât...

Certes, Aléyia, autant que Javerth, avait la carrure d'un gouverneur, et cela d'ailleurs ne cessait de l'inquiéter... Mais il ne pouvait se résoudre à abandonner ainsi la mémoire de cette dame qu'il avait put servir par le passé au profit d'une bande de politiciens en partie déments, entrainés à soulever les masses pour leur propre profit. A eux il ne faisait pas confiance, il ne lui inspirait qu'un vague dégout, et une méfiance qu'il n'arrivait pas lui même à s'expliquer. Peut être était ce là son caractère de chevalier à la fidélité indéfectible, qui répugnait à se séparer de ses engagements passés... Mais au delà de cela il avait aussi la sensation qu'aucun de ceux ici présent, sur cette estrade n'étaient capables de remettre le Kaerl sur la bonne voix. Il ne doutait pas du bon fond de leurs intentions, mais les moyens qu'ils mettaient en avant le laisser sceptique.

Lorsque enfin le discours de Javerth se finit, l'inquiétude de Gueralt alla croissante lorsque tout autour de lui, les murmures soulevèrent la foule. Visiblement les arguments que le maitre brun avait avancé n'avaient pas laissé son publique indifférent, et tous semblaient déjà prêt à reléguer Dinjelaï au rang de traitresse céleste et parvenue si tôt qu'il le leur aurait demandé. Fallait il donc que les neutres soient à ce point attachés à leurs origines ? Lui même avait trouvé ici sa maison et sa famille, il avait depuis son empreinte, toujours eut la sensation d'avoir été intégré en ces lieux comme n'importe quel fils du Màr. Et voilà qu'il suffisait d'un discours aux relents excluant, pour que chacun se mettent à voir en leur ancienne Dame qu'ils avaient eux même mis au pouvoir, une traitresse qui les négligeait. Avaient ils donc oublié ce qu'elle avait tant fait pour eux ?! Étaient ils donc à ce point aveuglé par la peur... ? N'était il donc lui même qu'un étranger pour eux alors qu'il avait versé son sang pour protéger les vies de ceux qu'il avait toujours considéré comme ses frères ?!

Non ! Cela il ne pourrait le tolérer d'avantage. Cela ne correspondait en aucun point à ce qu'on lui avait dit du Màr ! Il ne voulait pas voir sa nouvelle demeure sombrer dans un élan de crispation conservatrice !

Sentant le sang lui monter au visage, sa main se crisper sur son épée, il ne put retenir d'avantage ses mots, qui se répercutèrent autrement plus fort qu'il ne l'aurait souhaité à travers le Castel !

« Êtes vous donc si pressés d'oublier votre dame ?! Avez vous oublié que c'est VOUS qui l'avez placé sur ce trône ! Ne lui avez vous pas juré fidélité ?! Valez vous seulement mieux qu'elle pour ainsi trahir vos serments ?! »


Peut être aurait il dut se taire et ne pas s'emporter ainsi... La réputation de Gueralt le précédait... Sanguin, violent, qui donc écouterait un homme tel que lui alors qu'il éprouvait ouvertement des difficultés à contrôler toute la rage qui se concentrait en lui ?
Mais il était trop tard à présent... Il avait libéré les mots qui s'étaient incrustés en lui depuis ces derniers jours, depuis qu'avait commencé cette course au pouvoir. Maintenant il était trop tard pour les retenir, ils s'échappaient en un flot continu qui prenait le dessus sur lui.

« Je ne suis pas né ici non plus ! Suis je moins honorable que vous ? Comment pouvez vous prétendre que les origines de notre Dame font d'elle une traitresse ?! Ne vous a-t-elle pas servie tout comme je l'ai fais moi aussi durant ces derniers mois ?!?! Regardez moi ! Je porte les couleurs du Màr comme chacun d'entre vous ! Et je défends encore celle que NOUS avons placé au pouvoir ! Qui d'entre vous peut encore en dire autant !? En voulez vous tant à votre ancienne Dame qu'il faille en venir à des propos aussi bas !? Elle se battait pour vous lorsque nous avons été attaqué !!! Jusqu'à ce jour, les fonctions de Dame du Kaerl sont encore sienne, et si elle ne peut s'exprimer ouvertement ici, je le ferais en son nom, et défendrai son attachement au Kaerl en ma propre conscience ! Je ne TOLERERAI PAS que l'on puisse ainsi remettre en cause les véritables intentions d'Al'Ysiria ! »

Ses sourcils broussailleux formaient une ombre par dessus ses yeux verts qui à cet instant semblaient avoir perdu tout de leurs intonations rieuses qu'ils prenaient habituellement. Armé de surcroit, tous ici savaient à quoi pouvait aboutir les accès de colère du chevaliers – de nombreux meubles aux tours joyaux pouvaient en témoigner. Il ne craignait pas de se faire exclure de la séance, il en viendrait aux mains pour se faire écouter si il le fallait, mais il resterait attacher plus que tout aux idéaux qu'il prêtait à ce Kaerl, qui pour lui ne rimait aucunement avec exclusion. Il savait qu'il n’empêcherait pas l'un des ces trois là de parvenir à ses fins, mais il ne pouvait rester silencieux face à de tels propos, il s'exprimait comme tout citoyens !
Alkhytis Doréhor
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 15:36 Répondre en citantRevenir en haut


Maury Shyph et sa liée N'ophora


Maury observait la scène et écoutait les discours qui se suivaient. Trois candidats à trois chemins différents. Le dos plaqué contre un mur et les bras croisés, ses pensées quand à chaque argument balancé étaient sombres. Peut-être que tous les trois partaient d'un bon sentiments, mais aucun ne correspondait à ses attentes. En même temps, en politique, il n'y avait jamais eu un dirigeant parfait. Cela n'existait. Il y avait toujours des promesses non tenues et depuis qu'elle vivait au Kaerl Neutre, même si le système de gouvernance était efficace, elle n'avait pas été convaincue par ceux qui y ''jouaient''. Recherche de pouvoir, d'ambitions, d'influences... C'était oui un jeu, rien qu'un jeu et on cherchait à relancer une nouvelle partie. Oh Maury reconnaissait malgré tout que la Dame actuellement en poste avait fait un travail remarquable, mais avec la venue de Drazahir, les choses s'étaient vite précipitées... et dans une guerre, la présence d'un capitaine au sein de ses troupes étaient gavalnisants... hors là... Dinjelaï en revenant du Manoir après l'attaque qu'elle et les autres Seigneurs ont subi pendant la Réunion interkaerlique avait du poussé la jeune Maîtresse à se rendre contre elle-même. Elle avait pourtant eu les reins solides, avant que ces derniers se brisent.

C'était désolant pour elle qu'on cherche déjà à la remplacer. Le plus ironique dans ce début de challenge pour la place de la Dame était Javerth...N'est ce pas lui qui avait poussé les Neutres à la choisir pour buter Folken Krienh, alors Seigneur en place ? Il avait scandé son nom pour elle. Et maintenant, il crachait sur son nom et sa place... Ainsi était le jeu de la politique... Quand un homme haussa le ton pour défendre ses convictions, elle redressa la tête et à travers la foule, non loin d'elle, elle remarqua Guéralt Deux-Chiens, un chevalier connu pour son caractère erratique et violent. Elle ne put s'empêcher de sourciller et quand il cracha la défense d'Al'Ysiria. Comme d'habitude, il ne voyait pas plus loin que son nez celui-là, lui rappelant tout bêtement le comportement d'un mutin sur le pont d'un navire en perdition... Elle se redressa, respira un bon coup pour ne pas se laisser déborder par la colère qu'elle éprouvait sur l'instant. Elle aussi aimait son Màr autant que les autres, mais il fallait savoir avancer. Cet idiot ne comprenait pas vraiment ce qui se tramait. Peut-être qu'il n'avait qu'une cervelle de moineau après tout...

''Fermez-là donc un peu Chevalier Deux Chiens ! ''

Le son portant de sa voix provoqua le recul instantanée de quelques badauds proche d'elle, permettant de laisser un petit chemin libre entre elle et Gueralt.

"C'est bien de vouloir défendre un souverain en place, mais il faut savoir avancer. Un navire sans capitaine pris au plein coeur de la tourmente est un navire à l'équipage sans ordre et qui est condamné à sombrer ! Je comprends votre éloquence à son égard, mais actuellement, elle n'est pas là pour défendre elle-même sa place et le Kaerl a besoin d'un nouveau capitaine pour arguer ses voiles sous le vent et fendre les vagues problématique d'une étrave solide. Et de quel droit interdisez-vous NOS remises en question des intentions de la Dame en place ? ''

Elle laissa un instant de silence planer, juste pour le plaisir du côté dramatique.

''Je ne suis pas née ici et cela ne m'interdira pas de dire ce que j'ai à dire et tant pis si cela vous convient pas ! NOUS avons en effet décidé de la prendre comme Dame. Mais NOUS devons voir où mener notre avenir. NOUS avons à penser à NOTRE avenir. Les politiques, ça passe et ça vient et VOUS le savez, Gueralt ! Alors venez pas nous enquiquiner avec votre loyauté romanesque !''

Elle avait fait un pas en avant, tout en parlant. Cette fois, elle était partie ; elle qui ne souhaitait qu'observer.

''Dame Dinjelaï, VOUS l'oubliez sans doute, a proclamé la sentence de mort Amÿlio Marlawë, un jeune chevalier. D'accord, il avait trahi le Kaerl. Mais est ce que son dragon méritait aussi de subit ce châtiment ? Quel droit possédait-elle sur la vie du dragon ? Rien que cela suffit à faire réfléchir, malgré ses glorieux actes qui ont été à redorer notre Kaerl. Mais maintenant ? ''

Là, elle pointa du doigt chaque candidat en lice.

''Autrefois, bien avant que nos Kaerls se séparent, nous étions tous d'une seule conviction. Qu'un politicien ou autre vienne d'un autre Kaerl, je m'en contre-fiche. Je SUIS une Neutre et en tant que tel, j'attends du prochain Seigneur ou de la prochaine dame qu'on suive une ligne que notre Kaerl avait toujours suivi ! A savoir être l'Equilibre et avoir SON identité. Nous n'avons pas à nous isoler à tout jamais comme nous avons à nous mélanger aux autres Kaerls. Notre Savoir est nôtre depuis que nous existons et doit le rester. Les célestes et les ardents veillent jalousement aux nôtres, alors pourquoi pas nous ? Nos Aspirants doivent rester chez nous, pas être dans les mains des autres maîtres au risque d'être influencé par eux. Nous pouvons être isolés tout en étant ouvert, pour le commerce. Mais pas pour partager ce que nous avons durement acquis et gardé...''

Elle jeta un regard vif à Gueralt. Qu'il écoute bien, que cela lui mette du plomb dans la tête s'il ne comprenait pas que ses préoccupations ne devaient pas restées ancrés en la dame actuellement en place.

''Moi j'attends qu'on redonne l'idendité de notre Kaerl, celle là même qui a toujours été et qui doit le rester. Nous avons pas à nous cacher en autarcie ou encore à nous mêler aux autres kaerls sauf quand la pérennité de notre mode de vie, ou encore la sauvegarde de la Terre du Milieu sont en jeu. Pour Drazahir, l'union a fait la force pour le vaincre.''

Son ton baissa à peine quand elle aborda les deux derniers sujets jugés sensibles.

''Foutez la paix à ce Kaerl Maudit. On n'a pas besoin de lui pour avancer et encore moins d'aller emmerder les esprits. Pour le reste du Rhaëg, il a su se passer de nous des siècles durant. Si on a besoin d'aller le visiter pour se tenir au courant de ce qui s'y déroule, il faut alors envoyer un chevalier-dragon de temps à autre... Mais pas un an....''

Elle ferma les yeux et soupira. Elle aurait du fermer sa grande gueule. Et en les rouvrant, elle darda avec bravade Gueralt Deux Chiens.

''Vous pouvez gueuler encore si vous le désirez. Mais allez plutôt chercher Dame Dinjelaï pour lui botter le cul si vous tenez à elle, ce sera plus utile....''

Elle se ré-adossa à son mur, recroisant les bras

''Et oubliez moi ! J'ai fait mon argumentaire, mais pas pour être candidate''



Galaad Lucis
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MessagePosté le: Sam 15 Nov 2014 - 19:51 Répondre en citantRevenir en haut



° Galaad ! Éveille-toi ! °

La voix pressante d’Elérion s’accompagnait d’une tension anormale sur mon esprit. Il commençait à peser sur les fragiles limites de ma conscience, brisant mon rêve et me rapprochant de plus en plus de l’éveil. Je clignai des yeux comme une chouette éblouie, la bouche pâteuse et les muscles déjà raidis dans l’imminence d’un danger. Ces temps-ci, l’instinct du Bronze paraissait s’être exacerbé. Il étendait sa perception psychique à travers tout le Kaerl. Et aucun de ses états d’âme ne m’échappait. Son désir brûlant de servir le Màr Luimë faisait écho au mien – quoiqu’en plus fort encore -, même si je le soupçonnais d’y trouver également un moyen de soulager sa culpabilité. Elérion était né Ardent et il se sentait encore le devoir de justifier sa nouvelle allégeance.

° Le Castel Dolen est pris d’assaut par les politiciens. Tu dois y aller.
J’ai jamais rien compris à la politique, gros balourd…
Tu es un Chevalier du Màr et tu as juré de protéger Dame Al’Ysiria. Tu dois défendre ta Dame en son absence ! C’est une question d’honneur. °


Il était inutile de discuter de ce genre de points avec Elérion. Si le Bronze se révélait dénué de grands idéaux pompeux, ou d’ambition personnelle bien réelle, il n’en demeurait pas moins un dragon au fort caractère, dans la plénitude de sa maturité et ses écailles prouvaient à tous qu’il était destiné, quoi qu’il fasse, à courtiser les Reines et défendre les valeurs du Màr. Un Bronze ne négligeait pas ses devoirs et ne ménageait pas son orgueil. Elérion n’allait pas faire exception, visiblement. Pourquoi Flarmya m’avait-elle lié à un tel spécimen ? Un Brun malingre et paresseux m’aurait mieux convenu…

Je m’habillai à la hâte et quittai ma chambre des Tours Joyaux, pour me retrouver aux portes du Castel Dolen. L’endroit grouillait de monde. Hommes, femmes et dragons s’entassaient devant l’entrée, ce qui signifiait que l’enclave principale ne pouvait accueillir tout le monde. Je jouai des coudes pour fendre la foule. On ne s’écartait guère devant un Chevalier inconnu, sans gloire ni mérite, engoncé dans des vêtements rapiécés, avec une vieille rapière pendant à sa ceinture. En revanche, devant un colosse cuivré aux yeux légèrement rougeoyants - comme des braises dormantes sous la cendre -, la populace ouvrait plus volontiers le passage. Elérion fermant la marche, je pénétrai sans trop de mal dans l’hémicycle. Une fébrilité inconnue, que je n’avais que peu ressentie jusqu’à présent, planait dans l’air. Le Màr Luimë frémissait tout entier d’impatience. Je redoutai presque les prochaines annonces. Mes mains tremblantes s’enfoncèrent rageusement dans les poches de ma veste. Mon regard guettait l’entrée des porte-paroles politiques comme s’il s’agissait de ma dernière heure.

La première personne, annoncée par un héraut, ne m’était pas étrangère. Plusieurs fois, elle m’avait aiguillé dans la citadelle, de crainte de m’y perdre. Et j’avais un jour surpris Elérion en galante compagnie de sa Liée. Bronze et Argentée s’entendaient à merveille. Tout du moins, pour l’instant. Aléiya eut un discours vibrant, concis et qui me frappa au cœur. Si j’appréciais sa droiture et son charisme naturel, la Maîtresse Argentée envisageait des choses dont j’aurais préféré ne jamais entendre parler. Infiltrer les Célestes et les Ardents ? Coloniser la Lande d’Eru ? Etait-elle folle ?

° Son raisonnement se tient. Les négociations n’ont jamais réellement abouties avec les autres Kaerls. Il est temps de changer de tactique. °

Je retournai un regard scandalisé au dragon.

° Dans quel camp es-tu ? Dame Al’Ysiria n’aurait jamais voulu ça ! On s’est battu, toi et moi, pour participer aux négociations avec le Màr Tàralöm. J’ai faillis en mourir, figure-toi ! Une trêve et des accords commerciaux ont été établis avec les Ardents. Ce n’est pas le moment de tout gâcher !
Je connais mieux les Ardents que toi… Que fais-tu du cas des Célestes, petit frère ? Eux ne seront pas si aisément conquis par nos arguments, s’ils savent que le Màr Luimë possède déjà une alliance avec leurs ennemis de toujours.
Depuis quand présume-tu du caractère des Célestes ? Je ne t’ai jamais vu fréquenter un dragon né d’une Dorée.
En effet. Tu ne sais donc pas ce que j’ai appris à leurs côtés. °


Elérion ne mentait pas. Il en était pratiquement incapable. Cependant, il ne souhaitait pas parler de la Blanche et Or en présence de son Lié. C’était l’un de ses secrets. Il n’éprouvait pas l’envie de trahir la mémoire de sa mystérieuse compagne de la Baie d’Eau Claire. S’il comprenait encore mal les rouages idéologiques des habitants du Màr Menel, il n’ignorait pas quelles bassesses se cachaient parfois derrière leurs valeurs, ni quelle hypocrisie masquait le sang et la haine de leurs cœurs. Dealra lui avait fait comprendre tout cela à demi-mot. Pour elle, il oserait se méfier du Bien à outrance désiré par ses pairs. Pour elle, il ne mettrait jamais en doute la parole d’un Englouti face à un Céleste.

Je fixai le Bronze sans ciller, muet de stupeur et de colère. J’espérai qu’il daignerait croiser mon regard. Il ne le fit pas, se contentant de fixer l’estrade en attendant le prochain candidat au trône. Il y eut un éclat de voix, de la part de quelqu’un qui me semblait inexplicablement familier. La voix était toute proche. Je fouillai la foule du regard à sa recherche. Je crus un instant à une hallucination. Si l’on exceptait l’absence de l’horrible cicatrice et quelques autres détails, j’aurais presque cru revoir ce spectre du Màr Dìnen, qui avait veillé sur mon Amaélis durant son deuil. Mais non, me rendis-je compte avec un soulagement teinté d’amusement, ce n’était qu’Ithildin sous sa forme humaine. J’aurais reconnu sa voix rauque et sa langue de vipère entre mille ! Je saluai silencieusement sa participation, tout en m’étonnant que sa Liée ne se trouve pas avec elle.

Je me détournai du dragon, les sourcils froncés et vit apparaître un Maître Bronze quelconque. Je ne le connaissais pas. Et son discours me refroidit d’autant plus rapidement qu’il parlait uniquement d’un point de vue militaire. Par Haskèl, cet homme devait être né avec un tsalion et des dents de requin ! Réformer les Crocs d’Argent, protéger le Kaerl, faire pression avec le désastreux souvenir de Drazahir – encore bien trop récent à mon goût -…

° Fabuleux ! Je ne fais même pas encore parti du corps des Crocs d’Argent que, déjà, on parle d’en faire autre chose ! °

Elérion ignora ma remarque. Tout entier tendu dans l’attente, il attendait l’arrivée du prochain porte-parole. Plus le temps passait, et plus je me rendais compte à quel point les débats de ce gabarit historique plaisaient tant à mon Lié. Il ne semblait vivre que pour partager ses idées et se battre. Il aimait l’indécision chronique de ce peuple sous-marin, bien plus que moi que tout cela fatiguait. Il aimait voir les passions se déchaîner, il aimait argumenter, débattre de chaque idée et peser toutes les implications d’une décision. La pensée engloutie imprégnait chacune de ses écailles.

Personne ne semblait sur le point de parler après le passage du militaire. Pourtant, une voix s’éleva. Cet homme-là avait le privilège assez encombrant de la vieillesse, peut-être synonyme de sagesse. Ses paroles résonnèrent derechef avec ce que je ne savais pas moi-même exprimer. Des promesses, voilà tout ce que valait la poudre aux yeux des deux précédents candidats. Ce Javerth Seram savait parler à la foule, sans toutefois trahir trop de condescendance. Malgré moi, je commençai à entrevoir la possibilité de voir quelqu’un d’autre assis sur le trône du Màr… Avant de brusquement me ressaisir. Non, je ne trahirais pas Dame Al’Ysiria ! Je fermai mon cœur aux sages paroles du Sénéchal du Kaerl et me renfrognai, le front barré d’un pli soucieux. Dame Al’Ysiria n’était pas coupable de cet abandon ! La référence à une certaine Aspirante Alrüne me fit tiquer. Je me rappelai une Neishaane apathique. Qu’importe ! Dinjelaï et son Blanc nous avaient sauvés, Elérion et moi, d’un sort pire que la mort ! Grâce à elle, nous avions gagné un foyer, une protection et une nouvelle famille. Si je ne pouvais pas la défendre, tel son chevalier servant, là où elle se trouvait actuellement, je pouvais au moins parler en son nom.

Je m’apprêtais à parler lorsque retentit soudain une voix masculine emplie de rage. Je sursautai, stupéfait, tant ses paroles ressemblaient à celles que j’aurais voulu prononcer. Avait-il le pouvoir de lire dans les pensées ?

° Chevalier Gueralt Deux-Chiens, lié du Brun Laszlo. °

Les indications for claires d’Elérion ne m’aidaient pas beaucoup. Mais, maintenant, je pouvais mettre un nom sur cette voix et ce visage. Dame Al’Ysiria possédait encore les pleins pouvoirs de sa charge, malgré sa disparition prématurée. Le Kaerl tout entier aurait dû saluer ses efforts et partir à sa recherche. On m’avait raconté comment elle en était venue à prendre le titre de Dame du Kaerl. Portée aux nues par la masse populaire, contre un Seigneur frileux et impotent, poussée malgré elle vers cette haute charge. On devrait la remercier d’avoir accepté pareille responsabilité, plutôt que de cracher sur son nom !

La foule bruissait de murmures. Je ne savais plus où donner de la tête. Une Maîtresse Bleue parfaitement inconnue fit preuve de sarcasmes. Elle cloua violemment le bec au Chevalier Gueralt, avant de briser tous les espoirs de chacun des discours. Visiblement, il n’y avait que le rusé Javerth Seram qui la satisfaisait dans son argumentaire. Je ne pouvais pas lui donner tort. J’eus soudain peur. Une terreur sourde monta en moi, me paralysant. Je blêmis, serrai les dents et me pressai un peu plus contre le flanc écailleux de mon Lié. Si je parlais maintenant, tous les regards convergeraient vers moi, le plus médiocre des Chevaliers du Màr. On se poserait des questions sur moi. Qui étais-je ? D’om venais-je ? Pourquoi aucun dragon de la citadelle ne connait-il la mère de ce Bronze ? Qu’avais-je accompli qui mérita que je reste loyale à Dinjelaï Al’Ysiria ? Je serais bien en peine de répondre à tout cela. La conscience d’Elérion, chaude et forte, m’enveloppa. Au moins, je n’étais pas seul.

- C’pas le tact qui vous étoffe, mégère ! Vous voulez savoir pourquoi quelqu’un défend Dinjelaï Al’Ysiria, malgré le fait qu’elle soit portée disparue ? Vous voulez savoir pourquoi cela a encore de l’importance ? Je vais vous dire pourquoi !

Elle a été proclamée Dame parce que c’est le peuple qui l’y a poussé. Elle a accepté cette charge parce que le Màr Luimë l’a voulu. C’est le peuple qui fait et défait les souverains. Mais ça ne nous donne pas le droit de juger ses origines, ni le moindre de ses actes ! Elle a fait ce qu’elle jugeait juste de faire. Si ça ne vous plaisait pas, il suffisait de le lui demander de quitter le trône. On n’est pas chez les Ardents, ici ! On ne vient pas cracher sur les erreurs des disparus, pour se défouler ou se détendre ! Dinjelaï Al’Ysiria aurait pu refuser, vous laisser tous dans le marasme politique dans lequel vous adorez barboter mais non. Elle a choisis de nous diriger. Rien que pour ça, on devrait commencer par la remercier, avant de lui planter un poignard dans le dos !

Dame Al’Ysiria a conclu des négociations le Màr Tàralöm. Elle a sécurisé le Kaerl et elle a combattu aux côtés des autres Seigneurs pour la sauvegarde de Tol Orëa. Vous ne pouvez pas juste l’écarter, parce qu’elle n’est plus là pour faire entendre sa voix et faire comme si elle n’avait jamais existé ! Elle demeure notre Dame du Kaerl, jusqu’à de vraies élections, après que le Sénat la déclare… Morte.

On n’a retrouvé aucune trace d’elle depuis l’attaque du Manoir. Peut-être est-elle blessée, amnésique, agonisante ou pire ! Vous ne pouvez pas l’abandonner et l’accuser de tous les maux ! Pas tant qu’on ne saura pas ce qui lui est arrivé.


Une vaste aile me séparait de mes concitoyens, me permettant de mieux respirer. Je peinais à croire que c’était moi qui m’exprimait. Peut-être Elérion m’inspirait-il. Ou Flarmya. Qu’en savais-je ? Les mots se bousculaient.

- Elle m’a sauvé. Mon Lié et moi avons fuis notre ancien Kaerl pour trouver refuge ici. A la place d’un tombeau glacé sur lequel tout chevalier-dragon qui se respecte irait cracher, nous avons trouvé un nouveau foyer, une famille et des valeurs qui nous correspondaient. Je ne suis pas non plus natif de ce Kaerl, et Elérion non plus. Nous nous sommes liés au Màr Tàralöm mais notre allégeance est acquise au Màr Luimë. Sans le geste de Dame Al’Ysiria, nous serions morts. Est-ce que ça fait de nous des espions et des assassins, pour autant ? Dame Al’Ysiria a commis des erreurs mais elle a aussi apporté des bienfaits autour d’elle. Si la Gardienne Nienor a jugé bon de l’accepter, malgré ses origines Célestes, ainsi que mon Lié et moi, de quel droit pourrions-nous remettre en doute la légitimité de sa présence au sein du Kaerl Englouti ?

Avant de l’enterrer et de la maudire, nous devrions d’abord retrouver sa trace.


Je détournai le regard dès que ma voix se tut. Je ne voulais pas voir le rejet, la méfiance ou la moquerie, dans les yeux des Engloutis. Des larmes brûlantes me piquaient les yeux mais je refusais de les laisser couler. Je devais rester fier et convaincant. Voilà tout ce dont j’étais capable pour défendre la femme qui m’avait sauvé, et que j’avais juré de protéger. Voilà tout ce dont le plus médiocre Chevalier de ce monde pouvait accomplir, en cet instant, pour celle qu’il n’avait pas su protéger. Et qui avait disparu, les dieux seuls savaient où…



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Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mer 19 Nov 2014 - 00:22 Répondre en citantRevenir en haut

Ce n'était qu'une simple formalité. Elle n'était pas obligée de s'y rendre. Dymphnea avait été, il y a une éternité de cela, Seconde du Màr Luimë. Depuis, les Seigneurs s'étaient succédés à sa tête. Personne n'attendrait la moindre intervention de sa part et dans ce climat houleux d'un entre-deux-seigneurs, elle pourrait être plus une épine dans le pied qu'un soutien. En fin de compte et pis que tout, ce n'était pas la foule qu'elle redoutait d'affronter, mais l'éventualité d'un visage connu, ses parents, son ancien maître... Après son absence en Undomë, elle ne se sentait pas encore prête.

La Demi-elfe s'était apprêtée simplement mais lentement. Elle avait espéré que Sele'nti se joindrait à elle, mais il avait préféré paresser ailleurs, se dorant sous le faux soleil du Màr dans le Cirban Telemna, prétextant n'avoir cure de la politique du Màr. Dymphnea n'en était pas dupe le moins du monde, mais ce n'était pas là une excuse suffisante pour amadouer son lié. Elle avait pénétré seule dans les Castel Dolen et s'était faufilée tant bien que mal vers le fond de la pièce.

La maîtresse argentée Aléiya avait déjà amorcé son discours, et si Dymphnea ne pouvait que souhaiter de voir son Màr bien-aimé renouer des liens avec ses pairs, son coeur manqua un battement à l'évocation du kaërl maudit. Depuis qu'elle et Sele'nti en avaient retiré les derniers oeufs d'Alderyth, elle s'était fait le serment silencieux de n'y plus jamais retourner. Qui sait, si l'on laissait les spectres reposer en paix, peut-être daigneraient-ils enfin dormir, pour l'éternité ?

Lorsque Wilifred, un maître bronze qu'elle ne connaissait que de nom, prit la parole, le malaise de la maîtresse blanche ne s'était pas encore complètement dissipé. Dymphnea fut plus réfractaire au discours de celui-là, qui lui rappelait les manières strictes de Lalwendë sans qu'il en eut l'aplomb et la prestance. Elle et l'ancienne Dame avaient toujours été de deux bords différents, mais elle n'avait jamais eu de peine à accorder son respect à la maîtresse argentée, là où le maître bronze lui évoquait un élève encore à son coup d'essai.

Elle avait esquissé un sourire en voyant s'avancer Javerth. Le Màr devait-il voir à sa tête tous les membres du vieux Conseil ? Le départ de Lalwendë suivi des lamentables prestations de Folken avait certainement refroidi les membres du kaërl à son encontre. Du moins Dymphnea le croyait-elle avant d'entendre son discours embraser la foule d'une multitude de murmures contraires. Sans être complètement insensible à la démagogie, la maîtresse blanche ne pouvait définitivement pas adhérer à un discours à des lieues de ses propres opinions politiques. Le Kaërl aimait sa neutralité, sa fallacieuse stabilité, et qui l'incarnerait mieux qu'un vieux sénéchal décrépit ? Foutaises.

° Sele'nti... ° se désola Dymphnea.

La Demi-elfe ne savait comment exprimer son désarroi. Elle gardait un souvenir flou de ce jour où son lié s'était imposé sur l'estrade, prétendant parler en son nom pour essayer d'arracher le trône du kaërl. Des manières indignes d'un dragon, assurément, mais Dymphnea n'avait que faire que son lié soit la risée du kaërl, s'il pouvait empêcher l'histoire de se répéter encore...

° La dernière fois que je t'ai proposé un nouveau Seigneur pour le Màr, tu n'en as pas voulu. Et lui non plus. ° rétorqua Sele'nti, acerbe.

° Quelle prétention aurait donc eu Lhain au trône du Màr que d'autres n'auraient pas ? °
s'emporta Dymphnea, qui n'avait jamais pu saisir le sens de cette lubie du dragon.

° Il n'aurait ni la sottise d'aller se perdre au Màr Agarwaen, Koltira l'en défendrait. Il ne pourrait se résoudre à fermer les portes du Màr, lui qui n'a jamais rêver que d'ailleurs et enfin, il n'a jamais eu ce délirant goût du pouvoir qui tourne la tête à tant de nos seigneurs. °


Dymphnea soupira. Une voix familière lui fit tourner la tête et elle renonça à argumenter avec le dragon blanc. Une fois de plus, son coeur faillit défaillir. Gueralt ! Elle ne l'avait pas revu depuis ce jour où il s'était invité dans ses appartements et avait promis de lui rendre l'invitation... Son effronterie à parler en public de la sorte n'était pas sans lui rappeler les manières insolentes de son propre lié. Mais elle ne se sentait ni le droit ni le devoir de le rabrouer sur ses manières. Elle avait manqué l'avènement au pouvoir de l'ancienne chevalière céleste. Il eut été malvenu de sa part de juger quelqu'un qu'elle connaissait fort peu sinon par les échos qu'elle en avait eu par Lalwendë, laquelle n'avait jamais tari d'éloge sur Dinjelaï pour laquelle elle avait une affection presque maternelle.

Gueralt semblait bien décidé à défendre l'honneur de la disparue et Dymphnea en conçut jalousie et tristesse à la fois. Elle renonça à se porter à la hauteur du chevalier. Avec amertume, elle songea qu'elle ne lui serait d'aucune aide, et qu'il pourrait bien se souvenir qu'elle avait été Seconde du Màr Luimë, et qu'elle faisait partie de ces gens qu'ils blâmaient, ces dirigeants qui avaient failli à leur poste. Et quand bien même lui eut-il reproché cela, qu'il eut été encore bien loin de la vérité et des secrets qu'elle gardait encore à l'abri des regards. Sele'nti, en couvrant Rakauth, avait honoré son Màr autant qu'il l'avait trahi en rattrapant l'Incarnate félonne.

Le ton monta. Une maîtresse bleue - à en croire les murmures que son intervention suscita - lui répondit de fort violente manière, avant de se faire reprendre par un autre maître dragon, lequel revendiquait l'appartenance à un autre Màr. Ce n'était peut-être pas l'anecdote la plus judicieuse à faire jaillir au grand jour en cet instant précis. A une heure où le Màr menaçait de se refermer comme une huître, où l'on se défiait de la disparue, allant jusqu'à blâmer ses célestes origines, l'on était peu disposé à lui accorder foi au nom de la clémence accordée à un Ardent. Une autre Dame, un autre Seigneur, eut certainement fait de même.

Mais venant d'un autre, une telle action n'eut pas été relevée. Elle n'eut pas été une faiblesse ou une faute politique. Dymphnea ferma les yeux, avec le sentiment désolant d'avoir mis le pied sur une pente glissante, où chaque pas en avant l'amenait un peu plus au fond du gouffre.

~°~


Le héraut mit plusieurs minutes à reprendre la parole, tâchant d'apaiser la foule le temps de se faire entendre.

«  Il est inutile d'argumenter sur l'heure des décisions à prendre, lesquelles seront du ressort du futur Seigneur ou de la future Dame. Des mesures ont déjà été mises en place par le Conseil provisoire pour retrouver trace de notre dame bien-aimée. Hélas, nos recherches n'ont pour l'instant pas porté leurs fruits et les dragons dépêchés sur le continent ont tous été dans l'incapacité de joindre le Blanc Anareinth. Bien que nul ne se laisse aller à des conclusions hâtives, il nous faut songer à l'avenir du Màr et ne pas condamner celui-ci pour le sort incertain d'un seul individu, aussi précieux soit-il. »


Le Màr Luimë était fidèle à sa réputation, et il était aisé pour ses habitants de se perdre dans des débats houleux qui, s'ils étaient nécessaires pour que parle la voix du peuple, pouvaient nuire à son efficacité logistique.

« Si d'aucuns veulent encore s'avancer sur l'estrade pour présenter leur candidature, qu'ils parlent librement. Une fois cela fait, j'inviterai chacun d'entre vous à procéder au vote, en glissant dans l'une des urnes mises à disposition la pierre de son choix. »

Des serviteurs s'affairaient dans les vastes couloirs jouxtant la salle, préparant des vases entiers de petites pierres colorées. Pour l'heure, l'agencement de l'affaire était plutôt simple et les cailloux brillaient aux teintes des liés des candidats : gris argent, brun mat et cuivre rutilant.

[HRP/ Autrement dit, si vous voulez encore sauter sur l'estrade ou y catapulter un pnj, faites-le rapidement, et personne ne le fait d'ici quelques jours, incluez votre participation - ou votre abstention - au vote dans votre prochain post./HRP]



Alkhytis Doréhor
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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 19:50 Répondre en citantRevenir en haut


Maury Shyph et sa liée N'ophora


La Maîtresse Dragonne tourna la tête vers un nouvel interlocuteur qui se permettait carrément de la traiter de mégère. Elle avait haussé un sourcil avant de lancer un regard foudroyant vers ce petit blondin grande gueule. Enfin blondin. Il était plus clair que blond ce Neishaan. Elle se décolla de son mur, ne pensant pas devoir encore tenter de clouer le bec à un autre gueulard.

''Vous n'avez donc pas beaucoup d'ancienneté sous notre belle coupole, pour comprendre que le peuple a le droit de dire ce qu'il a à dire. Autrefois j'avais voté pour Dame Dinjelaï, celle qui vous a sauvée les miches. Une grandeur d'âme et très noble de sa part, mais là, je ne la vois pas. En plus vous partez de suite sur des conclusions hâtives. Si elle était morte, ne pensez-vous pas que le Conseil aurait déjà entrepris quelque chose ? En attendant, même si nous lançons des recherches, le Kaerl ne va pas se diriger tout seul. Peut-être que vous êtes un Neutre pleinement méritant d'être ici, comme n'importe qui dans le Màr, mais vous avez gardé les habitudes ardentes, à savoir de penser avec passion et pas avec raison. ''

Elle avait croisé les bras, se mordant les lèvres. Oh qu'elle voulait l'insulter celui-là, mais cela reviendrait à rentrer dans son jeu et à être sous son mauvais jour, montrer qu'elle n'était pas aussi revendicatrice que cela de l'ordre en place.

''Notre Dame est absente, le peuple n'oubliera pas tout ce qu'elle a contribué pour lui depuis qu'elle est montée sur le trône, mais en ces heures de crises et douloureuses, le navire affronte une tempête dangereuse. Si personne ne tient la barre, il va sombrer corps et âme. C'est cela que vous voulez ? A moins que vous vous sentez les épaules assez larges pour jouer la Régence. Allez-y, montez sur l'estrade et proclamez vous Seigneur par suppléance.''

Elle ravala immédiatement l'envie de parler de Nienor. La Gardienne n'avait jamais contredit la parole des Neutres quand aux choix des Seigneurs et Dames. Elle apportait conseils avisés et remarques constructives quand le besoin se faisait sentir, mais actuellement, elle était surtout un peu occupée à protéger son Kaerl et à protéger les siens des assauts possibles de Drazahir. L'attaque des crabes géants et les inondations de certains secteurs du Kaerl avait manqué d'apporter la crainte de perdre le kaerl à jamais sous les eaux. La Gardienne devait être épuisée que ce n'était guère le moment de la solliciter... et de lui manquer de respect.

''Rien n'empêchera à Dame Dinjelaï de redemander sa place si un jour elle nous revient. Si un jour elle revient.... En attendant, le Mar a besoin d'avoir un Seigneur ou une Dame, pas un fantôme... Et le Conseil encore moins. Votre loyauté vous honore chevalier-dragon, mais vous la calez mal....Pensez plus au Màr qu'à une personne, même si vous lui êtes redevable... Nous lui sommes tous redevables et je pense qu'elle comprendrait très bien où se trouve son devoir, pour le bien du Kaerl. ''

Elle tourna sa tête vers une jeune Maîtresse blanche qui parlait avec plus sérénité que le trio de gueulards ; dont faisait parti Maury. La maîtresse bleue haussa des épaules en soupirant. Dans un sens, elle avait raison cette fille là. Cela ne lui empêcha pas de lancer un dernier regard courroucé à Galaad et à Gueralt par la même occasion.

''Faites votre devoir de Neutres, pour le Kaerl''

Dès que les urnes seront mis en place, elle saurait pour qui déjà voter... son choix se portera pour le candidat qui aura la couleur cuivre rutilant, à savoir Javerth

Maury s'avança vers les urnes, jetant à peine un regard vers les Candidats.



Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 23:11 Répondre en citantRevenir en haut

La pointe du fusain marquait le parchemin de fines courbes charbonneuses jusqu'à ce que de l’agitation dans le couloir vienne perturbé le trait régulier que dirigeait la main de la jeune fëalocë. Cette dernière releva la tête de son œuvre pour fixer la porte qui la séparait de tout ce tumulte fort énervant. Avec un froncement de sourcils, elle se leva pour aller tourner la poignée et ouvrir, passant juste sa tête dans l'embrasure. Peu de gens s’arrêtèrent pour lui accorder un semblant d'attention, elle se trouva donc obliger de stopper quelqu'un pour le questionner.

Pardonne moi de te déranger, mais que se passe-t-il? Pourquoi tant d'agitation?

L'homme parut presque outré qu'elle lui pose une telle question à la quelle la réponse était plus qu'évidente

Tout le monde se rend au Castel Dolen pour élire le nouveau Seigneur ou la nouvelle Dame, n'est-ce point évident!?

La fin de sa phrase avait été prononcée sur un ton horriblement dédaigneux, faisant parfaitement comprendre à Andaranielle qu'il la prenait pour une imbécile, chose qui frustra son sang bouillant du à sa race. Elle ne put malheureusement répliqué quoi que ce soit à l'individu, car il avait déjà repris sa marche. Elle se contenta donc de claquer sa porte bien fort, question de faire comprendre aux autres qu'elle était bien énervée.

Depuis son arrivée au Kaerl Englouti, certaines pulsions la prenaient de plus en plus souvent,comme à l'instant précédant. Maintenant qu'elle n'était plus prisonnière de l'image de Laha, sa nature de fëalocë commençait à s'épanouir dans cet environnement qui l'y incitait. Certes, la plupart du temps, cette partie d'elle même l'effrayait, mais à certains moments, elle l'amusait.

Après quelques respirations, l'aspirante fut calmée et sereine. Donc, c'était aujourd'hui l'élection du futur dirigeant...La politique n'avait jamais été son truc, mais celle de Màr l'avait intéressée durant ses lectures à la Flèche du Cadastre. Et puis, si le Màr Luimë était sa nouvelle maison, autant se tenir au courant de ce qui s'y passe. Anda inspira profondément, releva la tête pour se donner une certaine forme de hauteur. Elle souhaitait sincèrement se forger une place dans le Kaerl. Devenir une grande chevalière comblerait son souhait. Il lui fallait alors montrer qu'elle était déjà une aspirante digne de ce nom, inspirant le respect plutôt que les moqueries. S'armant de courage, elle sorti rejoindre la foule, se dirigeant vers le Castel Dolen.

.:: * ::.


La place était bondée et il relevait du miracle qu'elle ait réussi à se frayer un chemin pour entrer. Toute la grandeur dont elle s'était parée venait de s'envoler d'un seul coup. Trop de monde entourait la pauvre aspirante, dont le sixième sens ne cessait de la faire paniquer au moindre geste ou au moindre bruit. Par chance, Nielle réussit à se trouver un coin plus calme et a l'abri des regards. Elle s'y terra et releva la tête quand le héraut annonça la première candidate, une certaine Aléiya. Celle ci prôna l'ouverture du Kaerl à ses confrères Célestes et Ardents. Andaranielle fronça les sourcils. S'ouvrir aux autres...c'était bien, faire des alliances et en apprendre plus sur le monde extérieur ça l'était tout autant. Mais encore fallait-il se garder une certaine gêne, sinon les personnes mal intentionnées connaîtrait autant les points faibles que les forts du Màr. Ils se rendraient vulnérables... Non, non, il fallait garder les secrets des engloutis cachés, sans nécessairement s'enfermer dans la non-connaissance de l'extérieur.

Le deuxième candidat laissa l'aspirante dans le même précédent dilemme. S'enfermer! En voilà une idée! Ne jamais rien connaître de ce qui nous entouraient était un énorme désavantage. Certes, personne ne percerait les secrets du Kaerl, mais tout de même. Ils seraient considéré comme le peuple le plus ignorant de tous! La fëalocë ne souhaitait pas revivre cela, pour rien au monde. Si seulement ils pouvaient accorder leurs deux idées...ils n'en récolteraient que le meilleur.

Le dernier prétendant au titre de seigneur amena un discourt tout aussi différent. Revenir aux valeurs du passé, voilà ce qu'il proposait. En soit, ce n'était pas une mauvaise idée, mais encore fallait-il se souvenir que le passé était là pour nous apprendre à ne pas commettre les mêmes erreurs. Le changement était souvent la clé qui ouvrait le chemin vers la réussite, tant qu'on gardait certaines valeurs ancestrales, ces valeurs même qui forgeaient l'âme des engloutis.

Tout cela était si compliqué! Jamais Nielle n'aurait cru que la politique était si difficile et attrayante à la fois. Pensé à chaque détails, voir ce que chaque idée amènerait pour le futur, se soucier du bien être de chacun dans ses choix... La tête lui tournait tellement elle réfléchissait à tout! Mais elle devait avouer une chose : l'aspect le moins glorieux dans la politique, c'était de voir un peuple s'entre déchiré. Tous avait leur propre opinion, qui rejoignait telle ou telle personne. Mais personne ne semblait vouloir se mettre d'accord, sur absolument rien! Surtout sur cette fameuse Dinjelaï, l'ex Dame que l'on tentait de remplacer en ce jour. Beaucoup étaient fâchés contre elle, l'accusant de s'être lâchement enfuie alors que d'autres la défendaient avec ferveur, assurant qu'elle était simplement dans l'impossibilité de revenir.

Tout cette accalmie à cause d'une seule personne. Elle soupira de découragement ne sachant que faire dans l'instant présent. Enfin, on annonça que l'heure du vote avait sonné. Andaranielle se contenta d'observer la foule afflué vers les urnes, pour faire part de leur choix. Elle était encore indécise, et surtout, elle ne se sentait pas digne de pouvoir voter. Elle n'était là que depuis un mois, pas plus. Son vote aurait-il vraiment de l'importance? Elle, une aspirante fraîchement débarquée? Elle n'en était pas convaincue. Elle s'en remettait alors au peuple, à sa nouvelle maison. Elle leur faisait confiance, ils feraient le bon choix pour eux.


Dernière édition par Andaranielle Ra'Imere le Lun 15 Déc 2014 - 00:02; édité 1 fois
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 01:37 Répondre en citantRevenir en haut


Ithildin, Dragonne Airain


Ithildin avait écouté, avec un sourire narquois, les voix et les esprits s'embraser sous le couvert oppressant du Castel Dolen en un concert bien affligeant – mais ô combien prometteur ! Ne s'en rendaient-ils pas compte, enveloppés dans leurs idées et leur fierté comme des gamins dans une couverture, trop effrayés par l'obscurité pour oser accorder à celle-ci un regard ? Drazahir avait semé les graines du Chaos au plus profond des fondements du Kaerl Neutre, et l'insécurité – voire le dégoût – de certains face au changement faisait plaisir à voir. Tout cela ne menait à rien. Qui oserait ouvrir le Màr Luimë à ses rivaux Menel et Tàralöm, si ce n'était que pour exposer à leurs yeux une forteresse rongée par ses principes ? Qui déciderait d'aller investir les ruines des Maudits, alors que les mêmes âmes faibles hantaient les couloirs Engloutis ? La Dragonne doutait que cette impression fût propre au caractère des Neutres, mais à les voir ainsi, elle crut avoir soulevé une pierre sous laquelle grouillait une colonie de larves – aveugles, et nues. Un frisson de mépris la parcourut, et elle s'imagina les écrasant toutes, avec cette même pierre qui leur avait servi d'abri, tant et si bien qu'elle faillit éclater de rire alors que les débats féroces continuaient de faire rage autour d'elle.

° Tu es ignoble, Ithildin. °
° Que puis-je faire d'autre si ce n'est les juger ? Je n'ai ni leurs valeurs, ni leurs souvenirs. Je ne suis et ne serai jamais une enfant de ce Màr. °
° Alors, laisse ses habitants en paix. °


Les lèvres serrées par la remarque de sa Liée (depuis quand celle-là lui donnait-elle des leçons de morale ?), elle promena un regard dur autour d'elle.

° Non. Leur vulnérabilité m'amuse. Quelle est la devise du Màr, Amaélis ? °

Le silence de la Neishaane était éloquent. Elle souffla dans l'esprit de son Âme Sœur, son ton laissant clairement imaginer un sourire mauvais.

° Logique, éloquence, adresse. Qu'avais-tu à faire de ces trois mots quand tu as accepté de suivre Darweel ? Les connaissais-tu, même ? Ce Kaerl est le domaine des lâches et des indécis, de ceux qui n'ont qu'une parole et de ceux qui ne se taisent jamais, des individualistes. Dis, qu'as-tu à faire d'un Seigneur ou d'une Dame ? °
° Tu le sais très bien. °


La réponse était d'une simplicité déconcertante : rien. À l'image de beaucoup de Neutres, Amaélis n'en avait rien à faire. Restaient ceux qui se battaient pour des chimères sans aucun sens, se heurtant sans cesse aux mêmes discours cent fois répétés.

Ses pieds la menèrent jusqu'aux vases contenant les cailloux destinés au vote, et elle sentit la Neishaane se tendre. Ses doigts valsèrent au-dessus des trois couleurs, feignant l'hésitation, tandis qu'un feu obscur couvait sous les yeux de cendre.

° Qu'est-ce que tu fais ? Non, tu... Tu peux pas faire ça, Ithildin ! °

Un rire à peine audible s'échappa des lèvres de la Dragonne, et elle saisit la pierre aux éclats d'un brun fauve. Les pensées affolées d'Amaélis qui parvenaient à son esprit étaient délectables. Ithildin n'avait pas vraiment de raison de choisir Javerth. Il avait l'air d'un homme dur, prompt à attiser autant la haine que l'admiration. Si lui ne parvenait pas à redresser le Kaerl, les secousses seraient encore plus dangereuses qu'aujourd'hui. Que craque donc le vernis recouvrant les valeurs de ce Màr ! Il était temps de faire du neuf avec du vieux.





Dernière édition par Amaélis Yodera le Dim 23 Nov 2014 - 20:50; édité 1 fois
Galaad Lucis
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Ordre Draconique: Neutre

MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

Je ne répondis rien à la répartie acide de la Maîtresse Bleue. Cependant, son discours m’occupa l’esprit suffisamment longtemps pour que je ne remarque pas le départ hâtif de mon Lié. Elérion s’éloigna dans la foule, jouant de sa formidable stature pour s’y frayer un passage et disparut sitôt les portes du Castel Dolen franchies. Lorsque je me retournais vers le Bronze, les dents serrées pour ne pas jurer, je ne rencontrais que le vide, bientôt comblée par un important flux de population qui me poussait à rejoindre les urnes. Cédant petit à petit à la panique, je cherchais des yeux le colosse dans la foule. Mais au milieu des hommes et des dragons, il n’y avait plus aucune trace d’Elérion.

Je lançai aussitôt mon esprit à la rencontre du sien, espérant le faire réagir promptement et qu’il se démasquerait au milieu de la foule. Il n’en fut rien. Malgré tout, il me répondit :

° Qu’est-ce que tu fais, où es-tu ? Pourquoi m’as-tu laissé à la merci de cette harpie ?
Je fais mon devoir.
… Attend, quoi ?
J’accomplis ce qui est nécessaire de faire. Tu es un Englouti. Mais si tu refuses de servir le Màr quand cela t’arranges, je le ferais à ta place. °


Un glapissement horrifié m’échappa. Je sus derechef ce qu’il comptait faire. Je fendais la foule dans la direction des urnes, jouant des coudes s’il le fallait. Je devais arriver le premier. Ce n’était pas à lui de prendre les décisions ! Il était un dragon ! De quel droit se mêlait-il de la politique de mes semblables ? Ne m’avait-il pas assez répété que les siens ne se croyaient ni plus sages ni plus fous que leurs Liés, et qu’ils préféraient dans ce cas laissés la gestion des Kaerls à un bipède, leur propre société étant basée sur des critères raciaux immuables ? Quelle mouche avait encore piqué ce maudit lézard ?!

° Arrête ! Je t’interdis ! Ne fais pas ça ! C’est MA décision ! Tu dois la respecter ! °

Je savais que je ne parviendrais pas à retenir son bras. J’arrivais trop tard. Je n’étais pas assez rapide. Je crus apercevoir la tignasse blonde d’un grand Torhil, qui me tournait le dos, alors qu’il s’approchait des jetons colorés.

° Si tu le fais pour te prouver quelque chose, oublie ça tout de suite !
Tu n’es plus la voix du silence, Galaad. Grandis ! Prendre une décision, même la mauvaise, est un moindre mal comparé à l’ignorance. La vie est faite de choix et de sacrifices. Je fais le premier pas pour que tu puisses suivre ta voie.
ARRÊTE ! Reviens ! J’ai déjà choisis ! Je choisis de ne pas choisir ! Si tu votes, tu me trahis !
Je le fais pour le Màr Luimë. Un jour, tu comprendras.
NON ! °


La main musculeuse d’Elérion lâcha le jeton, qui tinta jusqu’au fond de l’urne, avant de heurter ses compagnons. Je me figeai. Il avait osé. Elérion venait de voter. Le Bronze laissa la place au citoyen suivant. Il n’était qu’à quelques mètres de moi. Nos regards se croisèrent. Le sien était indéchiffrable. Mais je pouvais sentir sa fierté et sa tristesse. Il aurait voulu que ce soit moi qui vote. Il voulait que je lui pardonne. Il ne regrettait pas son geste. J’étais trop stupéfait pour dire quoique ce soit. J’espérai qu’il pouvait lire en moi tout le dégoût que m’inspirait cette décision. A la vérité, je ressentais surtout une tristesse qui faisait écho à la sienne. Nous avions encore un long chemin à parcourir pour atteindre l’harmonie. Nos choix, quels qu’ils soient, ne cessaient de dénoncer à quel point nous étions différents l’un de l’autre.

Elérion s’éloigna. Je lui emboîtai le pas à distance. Mon Lié quitta le Castel Dolen sous forme humanoïde mais ne réapparut. Mes pas s’arrêtèrent sur le seuil des grandes portes. Je décidai de rester là et me retournai pour faire face à la foule se dirigeant vers les urnes. L’attente du résultat du vote me nouait les entrailles. Par l’entremise du Bronze, j’étais devenu un complice de ces élections.

Une voix venait de s’ajouter au Sénéchal.



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Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 20:09 Répondre en citantRevenir en haut

On chuchotait sur son passage, on la saluait et on la regardait avec une certaine admiration, voire même de la reconnaissance. Non, Lynaël ne s’y faisait toujours pas. La plupart des Doués du Kaerl, et même une grande partie des non-Doués la reconnaissait dorénavant. Elle était l’une de celle qui s’était battu contre les crabes géants pendant la grande bataille de l’Agora, apportant aux combattants la faille de leurs ennemis. Plus encore, elle était la seule neutre revenue vivante de la Chasse contre Drazahir, le corps d’Arion en travers du dos de sa Bleue.
L’on parlait aussi d’une jeune aspirante, dont les connaissances et l’implication dans le groupe des Chercheurs avait permis la réouverture de l’interstice, et donc leur victoire sur l’Ombremage.

Une nouvelle fois, la demi-sang rendit un signe de tête à un Croc d’Argent qu’elle ne connaissait pas, et un sourire à une jeune femme qui venait de s’incliner devant elle. Sans s’en rendre compte, elle força le pas, ayant hâte de rejoindre le Castel pour assister aux débats et aux votes, et fuir toutes ces manifestations qui la mettait encore mal à l’aise, et qui lui rappelait douloureusement qu’Arion ne pouvait en bénéficier alors qu’il aurait du…

°Ce n’est pas ta faute Lyn’. Tu ne peux rien faire de plus que les honneurs que tu as demandé pour lui lorsque tu as ramené son corps sans vie.°

La jeune femme soupira. Elle le savait, mais ça ne rendait pas les choses plus faciles pour autant. Un brouhaha distinct et s’amplifiant considérablement la ramena à l’instant présent. Elle secoua la tête, faisant voltiger ses longues mèches noires qu’elle avait laissées libres pour une fois, puis s’avança dans la foule, s’excusant doucement pour pouvoir arriver dans les premiers rangs et pouvoir écouter, observer et analyser tout ce qui s’y passerait.
Alors qu’elle s’attendait à batailler légèrement pour y accéder, des chuchotements s’élevèrent près d’elle, et la foule présente s’écarta lentement sur son chemin, si bien qu’elle arriva aux premières loges sans aucuns soucis. Si cela avait été dans sa nature, la jeune femme en aurait rougit de gêne. Heureusement pour elle, les premiers candidats commençaient, et elle se fit attentive. Et critique.

Mentalement, la Chevalière débattit des divers discours avec sa Liée, qui suivait le tout par son intermédiaire, tranquillement couchée sur la corniche extérieure de leur Weyr. Tout d’abord, ce fut Aléiya qui s’employa à appuyer sa candidature, puis un certain Wilifred, lié à un Bronze et enfin le Sénéchal Javerth, qui s’imposa avec des phrases percutantes, utilisant son ancienneté de manière subtile mais forte. Ce dernier fit froncer des sourcils à Lynaël qui ne l’aimait déjà pas beaucoup de ce qu’elle avait pu entendre de lui auparavant, mais encore moins de ce qu’il racontait maintenant.
Oh, Lynaël n’avait aucune réelle attache à Dinjelaï, mais cette dernière avait accordé à Nolan sa proposition de faire d’elle une candidate pour le poste de Chef des Armées. Aussi, si elle disparaissait sans laisser de traces comme c’était le cas depuis plusieurs mois, cela mettait en péril son obtention du poste, et ça, c’était beaucoup plus problématique.

La demi-sang n’était pas là pour participer aux débats, elle n’allait même pas voter. Pour elle, la lâcheté de la fuite de Din’ réglait le souci de sa légitimité, même si cela lui mettait considérablement des bâtons dans les roues. Elle se fichait donc pas mal de qui prendrait sa place pour l’instant, puisqu’elle comptait faire revenir l’elfe et son Blanc, ou alors trouver un moyen d’atteindre le poste voulu. Ce qui n’empêchait pas la jeune femme de reconnaître l’énorme erreur que serait une politique d’autarcie et de renfermement sur le Kaerl. Pas après la bataille qu’ils avaient menés de front. C’était, au contraire, le meilleur moment pour signer des traités de paix et de commerce, de faire des alliances avec les célestes et les ardents. Pendant que la menace de Drazahir et que la peur et les pertes subies étaient encore fraîches dans les esprits.

Une voix forte et rageuse vint cependant la tirer de ses réflexions qui menaçaient de l’angoisser car le choix du peuple pouvait se révéler dangereux et signer l’arrêt de mort du Kaerl Neutre si une autre menace du genre venait à se profiler à l’horizon. Cette voix masculine continua de monter, déclenchant quelques murmures autant sur les paroles prononcées que par rapport à la personne qui les criait. Lynaël, elle, n’avait pas besoin de tourner la tête pour apercevoir qui était l’homme qui s’énervait d’une voix puissante, sans prendre le temps d’y mettre les formes. La jeune femme soupira.
Guéralt.
Elle claqua de la langue d’un élan à la fois réprobateur et compréhensif, puis s’escrima à le rejoindre, priant pour qu’elle n’arrive à lui avant qu’il ne sorte quelque chose d’idiot et surtout d’irrémédiable. Elle arriva près de lui à la fin d’un second paragraphe presque théâtral, d’où suintait une colère grondante et furieuse, mais aussi une loyauté pure que certains durent admettre et reconnaitre. A l’ombre qui hantait le regard vert habituellement clair et joyeux, Lyna sut qu’il allait de nouveau ouvrir la bouche pour continuer, aussi décida-t-elle d’intervenir.

Elle tendit le bras, posant sa main sur l’avant-bras nu de son ex-co-aspirant. Elle ne le tira pas, ne le serra pas, ni le força à reculer. Elle posa juste ses fins doigt sur le bras musculeux et tendu, son pouce caressant tout doucement sa peau, jusqu’à ce qu’il daigne baisser un regard orageux et buté sur elle, auquel elle répondit d’un doux sourire. Elle fit glisser sa main jusqu’à son poignet, et le supplia du regard de laisser tomber. Elle avait une raison de l’arrêter, mais s’il continuait ainsi d’attirer l’attention, elle ne pourrait pas communiquer avec lui sans mettre au courant la moitié de l’assemblée.
Guéralt du comprendre, et après un effort presque visible pour se ressaisir, il détendit ostensiblement son corps. Heureusement ou malheureusement pour eux, cela permis à une Maîtresse Bleue d’intervenir d’une voix tranchante. Elle se mit en tête de réprimander brutalement le jeune Chevalier, et Lyna du à nouveau faire tout son possible pour retenir le volcan en éveil qu’était devenu son ami.

Devant l’impossibilité de lui parler sans se faire entendre par la foule dont les yeux oscillaient entre lui et la Maîtresse qui s’acharnait, la demi-sang décida d’utiliser son don avec précaution, pour communiquer l’idée générale et la raison de son intervention à son ami près d’elle.

°Guéralt… Ferme là s’il te plait. On ne pourra agir pour le retour de Din’ si tu continues de te faire remarquer ! Si le nouveau dirigeant en place nous fait surveiller à cause de nos convictions, ça va réduire notre marge de manœuvre ! Laisse couler.°

Elle sentit le léger sursaut du Chevalier, et le regard surprit qu’il lui jeta d’abord à son intrusion dans sa tête, auquel elle répondit d’un petit sourire contrit. Puis il sembla ailleurs, pendant qu’il écoutait sa voix dans son esprit, et il hocha doucement la tête.
Heureusement, son « laisse couler » tomba pile sur la dernière bravade que la Maîtresse Bleue adressa à son ancien co-aspirant, mais qui ne fit rien d’autre que de se raidir brusquement. Avec un léger soupir de soulagement, la jeune femme se fit attentive au reste des choses, gardant sa main sur l’avant-bras de son ami. Le témoignage du jeune Galaad notamment, attira son attention, et elle échangea un regard avec Guéralt, puis un léger sourire en coin qu’ils avaient en commun. Curieusement, cela signifiait habituellement qu’ils allaient commettre une grosse bêtise avec des conséquences désastreuses pour leur Maîtresse et l’environnement. Mais cette fois-ci, cela montrait juste qu’ils étaient sur la même longueur d’onde, et qu’ils venaient de trouver un autre allié à leur cause.

La Maîtresse Bleue ne put s’empêcher de venir à nouveau mettre son grain de sel, et Lynaël sentit sa langue la démanger de quelques remarques ironiques et bien senties à lancer à l’adresse de cette Maury. Seulement, elle venait de faire la morale à Guéralt, ce n’était donc pas le moment de s’agacer. De plus, elle ne tenait pas à participer, consciente qu’en ce moment, sa voix avait un impact qui dépassait son entendement et qu’elle ne voulait pas lancer des choses dangereuses, à savoir : qu’on la prendrait pour candidate pour être Dame.
La jeune femme frissonna d’horreur à cette perspective, et regarda les votes se lancer. Elle hésita un moment, à aller poser la pierre argentée dans l’urne, car les deux autres méthodes étaient définitivement dangereuses pour le futur du Kaerl.

°Lyna… ? Participer au vote ne te mettra pas en mauvaise posture si un autre est élu. Pour quelques temps encore, tu as de nouveaux arguments à ta disposition, et une certaine renommée qu’il faudra faire valoir au moment approprié.°

Se mordillant la lèvre inférieure, la demi-sang se fit la réflexion que Sherÿan avait décidément très souvent raison, mais aussi que cette renommée l’aiderait peut être à montrer un chemin différent à la foule présente qui regarderait surement son vote. Avec un petit soupir puis un sourire à Guéralt, elle prit une pierre argentée et vint la mettre dans l’urne, désagréablement consciente des regards posés sur elle, puis revint se poster aux côtés du Chevalier Brun. Elle lui fit un signe de tête, l’incitant à voter pour l’un des trois candidats. Il fallait brouiller les pistes s’ils voulaient pouvoir agir comme ils l’entendaient par la suite.
Laissant à son ancien co-aspirant le choix de ses actions, elle porta son regard d’or et d’ambre sur le Neishaan dont le Lié avait voté à sa place, puis qui s’éloignait, l’air particulièrement perturbé, si ce n’est triste. Elle hésita un instant à le suivre, puis resta sage, se disant qu’elle aurait largement le temps de le croiser par hasard au détour d’un couloir dans les jours qui viendraient.

Enfin, comme toutes les autres personnes présentes, Lynaël attendit la fin des votes, puis le verdict final, qui lui indiquerait le nouveau dirigeant ou la nouvelle dirigeante du Kaerl, et donc, auprès de qui, elle devrait aller faire de charme et montrer ses compétences. Le cas échéant, cela lui indiquerait sur qui elle avait devoir enquêter pour préparer un chantage efficace et atteindre le poste de Chef des Armées. L’air serein, les bras croisés, la jeune femme se fit attentive.
Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Mar 25 Nov 2014 - 16:11 Répondre en citantRevenir en haut

Sa tirade aurait put encore se prolonger plusieurs minutes en de tonitruantes exclamations si Lynael ne s'était pas porté à ses cotés. Lorsqu'il sentit le touché délicat d'une main sur son bras, Gueralt faillit un instant renvoyer l'inopportun d'un coup de mandale bien sentit. Mais heureusement pour Lynael, Gueralt eut le réflexe de baisser le regard pour constater qu'il ne s'agissait pas de n'importe quel garde venu l'exclure de la cession. Les yeux d'ambres de la demi-fëalocë eurent tôt fait de mettre fin à sa sourde rage, et le galop effréné de sa rage se rompit contre ce mur de calme digne et respectueux qui s'imposait là face à lui.

Quel dommage que les autres ne purent en rester là, car déjà le ton cinglant de Maury raisonnait à travers l'assemblé, cherchant visiblement à énerver le chevalier plus que de raisons. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la chevalière bleue n'avait pas froid aux yeux pour oser ainsi tenir tête au chevalier Deux-Chiens. La plus part des habitants du Kaerl savaient comment ce genre d'altercations se finissaient en général. Toutefois à la surprise général, Gueralt n'en vint pas aux mains.

A la voix de Lynael était venu se mêler celle de Laszlo, qui errant au Cirban Telemna avait suivit le cour des troubles qui agitaient la pensé de sa moitié.

*Ne te méprends pas mon garçon. Sais reconnaître tes amis de tes ennemis. Lynael a raison. Si tu agis maintenant cela ne fera que te décrédibiliser et Dinjelaï avec toi... Tu as su marquer un grand coup, et prouver ta fidélité par tes mots. Restes en là...*


Tout à la fois tiraillé par l'envie viscérale de faire taire ces abrutis à l'instant, et par celle de leur porter un grand coup et de sauvegarder les intérêts de son Kaerl, Gueralt finit par se rendre à l'évidence. Non il ne devait pas agir dans la précipitation comme à l'ordinaire, les enjeux qui se jouaient ici étaient trop important pour ça. Il fallait agir à la manière du stratège qu'il pouvait être lorsque se présentait à lui le champs de bataille. Il fallait réfléchir posément et ne pas se précipiter... Ne pas foncer tête baissée dans le piège tendue par "l'ennemi". Qui pourrait donc croire un chevalier qui se prétendait gardien des valeurs de son Màr alors même qu'il s’apprêtait à lever la main sur ses compatriotes. Il fallait qu'il garde foi en ses camarades. Javerth et Aléyia ne gagneraient pas les élections... Leur propos étaient, ou trop obscurs, ou trop extrêmes pour parvenir à convaincre les engloutis... Quant à lui il ne pourrait prêcher éternellement pour le retour de Dinjelaï. Celle ci devait sa légitimité au peuple, et seul le peuple était encore garant de son statut. Si il décidait de le lui retirer, Gueralt ne pouvait aller à l'encontre de cette décision. Sa fidélité allait avant toute chose au Kaerl. Si il fallait en venir à voter... Alors Wilifred restait encore le meilleur choix... Si on pouvait encore appeler ça un choix.

Et bien sur il y avait Lynael... Gueralt n'avait put s'empêcher d'être à ce point heureux pour elle, lorsque arpès s'être remis de l'attaque il avait apprit que Dinjelaï comptait lui donner le poste de chef des armées. Et voilà que Dinjelaï avait disparu. Il en fallait plus évidemment pour arrêter son ancienne co-aspirante. Elle était prête à tout pour parvenir à ses fins et Gueralt ne pouvait se refuser à la soutenir en pareil moment.

*Et si les choses venaient à dégénérer lors des prochains mois, avoir une personne telle que ton amie à la tête des armées du Kaerl serait une sécurité supplémentaire ne crois tu pas ?*


Une fois de plus Laszlo venait d'éclairer par sa sagesse la route de son lié. Freinant ses dernières ardeurs, il laissa ainsi son ami le quitter. Il lui faudrait bientôt voter... Pour Wilifred oui. Il n'avait pas d'autres choix. Si le peuple décidait de retirer le pouvoir qu'il avait donné à sa Dame, alors il était du devoir de chaque citoyen de se choisir un nouveau dirigeant. L'humain ne s'était encore jamais retrouvé face à une telle décision : devoir choisir de lui même la futur personne à qui son allégeance ira. C'était quelque chose de suffisamment considérable pour qu'il y réfléchisse à deux fois avant de rendre son dernier verdict. Même si au fond de lui son choix était déjà fait, il haïssait profondément devoir prendre des décisions dont dépendrai l'avenir de chacun. Cela avait trop d'importance pour dépendre de lui – ne serait ce qu'en partie.
Toutefois il était de l'ordre de chacun de rendre ses devoirs, fut-ce-t-il à ce point désagréable. Résigné, et cherchant le courage de prendre cette décision, Gueralt finit par s'avancer pour déposer à son tour une pierre cuivré dans l'urne. Ce serait Wilifred.
Lhain Linwëlin
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MessagePosté le: Jeu 4 Déc 2014 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

- Des dragons qui votent, des vieux schnocks qui veulent prendre le pouvoir pour faire de ce Kaerl le tombeau de ses chevaliers... cet endroit n'a pas changé d'un iota.

Perdu dans la foule dense, une capuche sur la tête, Lhain observait la scène avec perplexité. Tout n'était toujours que paraître, que désir d'enfermement et qu'indécision par ici. Lorsque Koltira avait tenu à venir voir ce qu'il se passait, le jeune homme avait rechigné et constatait avec délice qu'il avait eu bien raison. Comment le dragon voulait-il que son lié ne décidât de revenir entre les murs de cette bulle géante en voyant tout ceci ? La mascarade allait bon train et les candidats étaient bien piètres. Dissimulé sous sa forme bipède, Koltira ne pouvait que contempler pareil attroupement que d'un air désolé. Lui qui avait espéré que le bipède changerait d'avis en venant s'enquérir des changements qui secouaient le Màr...

- Je t'avais bien dit que leur cause était perdue, ricana Lhain non sans un brin de satisfaction d'avoir eu raison, allons-nous-en d'ici avant que l'on ne nous remarque et que nous nous retrouvions emprisonnés avec les autres.

- L'élection n'est pas encore finie, protesta doucement Koltira, tu ne veux donc pas voter pour l'un d'entre eux ?

- Et quoi encore ? Cela ne me regarde pas.


Pourtant, n'était-il pas revenu aujourd'hui ? Seulement pour un temps, certes, mais la curiosité avait été plus forte que le désintérêt qu'il disait ressentir pour le Màr Luimë. Ils n'avaient pas remis les pieds sous la bulle marine depuis des mois et des mois. La dernière fois que le dragon avait arpenté ces couloirs, il n'était encore qu'un tout petit dragonnet... Contempler la beauté de cet endroit en tant que nouvel adulte était une nouveauté dont il aurait voulu jouir plus longtemps. Hélas, le demi-elfe n'était pas enclin à rester. La présence des autres ne le rassurait pas : il n'avait guère envie d'être confronté à ces gens. Ce retour aurait pourtant dû signifier un retour à la maison pour eux.

Apercevant son lié qui se frayait un chemin vers la sortie, Koltira ne put s'empêcher d'afficher un visage attristé. Lui qui rêvait de redorer le blason de Lhain et de le sortir de cet isolement... Lui qui aurait tout tenté pour lui faire retrouver un semblant d'honneur et d'écouler des jours plus heureux au sein du Kaerl Englouti.

*Tu pourrais leur montrer qu'ils font fausse route en désirant se fermer au monde. Nous avons vu tant de merveilles ! Je suis sûr que tous ne désirent pas clore leurs portes au reste de Rhaëg !*

*Ils savent très bien comment est le monde, leur esprit est seulement trop fermé pour daigner le regarder davantage. Je n'ai aucun intérêt à leur apprendre quoi que ce soit. Les plus ouverts parlent de déterrer les ruines d'un Màr dont on ferait bien de détruire les derniers vestiges plutôt que d'en obtenir le savoir dangereux !*


Le Noir le regardait filer sans pour autant le suivre. Petit à petit, sa forme bipède avait laissé place à sa forme draconique originelle. Ici, personne ne le connaissait vraiment. Comme il y avait songé quelques minutes plus tôt, il n'était qu'un bébé lorsqu'il avait jadis quitté cet endroit. Si ses frères et soeurs ne tarderaient pas à remarquer sa présence, il n'était pas encore bien connu des bipèdes. Les dragons ne s'en mêleraient probablement pas. Un léger vrombissement s'échappa de la gorge du dragon, lorsque son lié daigna enfin se retourner dans sa direction. Un soupir franchit les lèvres du demi-elfe et ce dernier retourna auprès de lui, essayant de le pousser pour l'obliger à quitter les lieux.

- Qu'est-ce que tu espères, entêté de dragon ?
grogna-t-il entre ses dents serrées. Fichons le camp d'ici avant qu'on ne nous repère !

*Ce Màr n'a pas à souffrir de l'enfermement causé par quelques esprits étroits ou encore devenir victime de la folie de ceux qui désirent se servir du Màr Maudit !* lança le dragon noir à la cantonade, malgré les protestations du demi-elfe. *Tout ce dont nous avons besoin, c'est de tisser de solides liens avec le monde extérieur et les merveilles qu'il est prêt à nous offrir !*

Les dragons n'étaient pas censés intervenir dans les affaires des bipèdes. Certains d'entre eux avaient déjà franchi le cap aujourd'hui, mais Koltira était simplement, quant à lui, resté trop longtemps en compagnie de son lié. Trop tard pour s'enfuir, du moins, pour le moment. Blasé, Lhain ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir à fendre l'âme. Ce dragon... Pourquoi avait-il fallu qu'il s'en mêlât ? Ce fut d'ailleurs à son tour de se faire pousser en avant par le museau de son lié. Pas question qu'il demeurât dans l'ombre plus longtemps. Superbe journée... le voleur regrettait déjà d'avoir accepté de venir ici.

*Lhain et moi avons grandi et renforcé notre lien grâce au monde extérieur.* renchérit le saurien avec aplomb. *Nous avons rencontré bien des personnes amicales, ou non, mais Rhaëg tout entier nous a tendu les bras et pas seulement Tol Orëa ! Nous avons combattu les hordes de dragons ténébreux de Drazahir qui envahissaient nos cieux. La vie de chacun ici, ne se résume pas à cette bulle sous-marine. Sans vous enquérir de ce qu'il se passe au delà, vous courrez à votre perte et à votre propre déclin.*

- Les mois ce sont écoulés et vous tenez toujours les mêmes discours,
ajouta Lhain en secouant la tête, ça ne vous sert jamais de leçon ? L'extérieur a bien plus à vous offrir qu'il n'a à vous prendre. Ces idées d'investir le Màr Maudit ou de s'enfermer sur des acquis dépassés de fausse sécurité ne vous mèneront à rien du tout... à rien sinon à votre propre ruine. Vous ne gagnerez rien à forger un avenir sur des ruines maléfiques qui ont apporté du malheur dès qu'il en a été question, si je me souviens bien. Arrêtez-moi si je me trompe, mais vous y gagneriez bien mieux à ouvrir ces foutues entrailles marines et à gagner un peu la surface, ne serait-ce que pour prendre l'air et arrêter de sentir la poussière et la moisissure.

Il leva les yeux au ciel : il n'était pas fait pour les discours et encore moins pour faire la morale... Ces vieillards poussiéreux et ces belles paroles pleines de promesses de sécurité et de soi-disant ouverture n'apporteraient rien au Kaerl Englouti, sinon son propre déclin. En revanche, le demi-elfe ne serait certainement pas là pour assister au spectacle désolant que cela engendrerait. Un instant, son regard convergea dans la direction de Lynaël, qu'il avait très vite repérée parmi les autres, puis sur Gueralt et enfin sur son ancien maître et son lié... Puis, il s'en revint vers le troupeau qui s'était amassé sur l'estrade.

- Des ressources, de l'aide, des alliances, des conseils et des échanges vaudraient bien mieux que toutes les ruines maudites et toutes les vaines promesses que vous osez jeter à la figure du Màr une énième fois.


*La place de nos frères et soeurs chevaliers et dragons est dans le ciel et non dans un cocon sous-marin dénué de toute issue.* affirma Koltira, heureux d'avoir su motiver son lié à dire quelque-chose.

Restait à savoir ce que l'assemblée finirait par penser et par répondre... si l'on daignait leur répondre.

[HJ : Je me permets une petite incruste ~ ♪]
Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Mar 23 Déc 2014 - 18:43 Répondre en citantRevenir en haut

Ce n’était pas tant les quelques cris indignés et pas précipités par la brusque apparition d’un dragon noir au milieu de la foule, ni même la vue du saurien en question qui attirèrent l’attention de Lynaël. Ce fut le concert de voix qui éclata dans son esprit peu après. Une voix profonde et masculine d’abord, que la jeune femme savait avoir déjà entendu mais sans arriver à remettre un nom dessus. Et la voix tendre et féminine, n’appartenant à personne d’autre que sa Liée, qui elle, avait reconnu cette voix toute autant que cette apparence et souffla un nom.

°Koltira°

Ecarquillant légèrement ses yeux d’ambre, la demi-sang fixa plus attentivement le petit dragon noir qui tenait un discours curieux, entre encouragements et critiques, et reconnu effectivement le frère de couvée de Sherÿan. Ce qui voulait dire que…
Une voix, orale et bipède cette fois-ci, résonna dans le Castel à la suite des longues paroles mentales et draconique, venant compléter les pensées de Lynaël. Où se trouvait Koltira, se trouvait bien évidemment Lhain. Un vif sourire vint éclairer le visage de la jeune femme lorsqu’elle intégra enfin le fait que le demi-elfe, pourtant persuadé qu’il était recherché et méprisé par ses pairs, se trouvait dans le Kaerl Engloutit, en plein milieu du Castel. Nul doute qu’il fallait y voir là le talent de négociateur et de persuasion du petit noir qui avait réussi à tirer son têtu de frère d’arme jusque chez lui à nouveau, sous l’eau.

Adressant un petit sourire et un signe de tête à Guéralt en lui précisant qu’ils se verraient plus tard, Lynaël fit volte-face, se frayant un chemin jusqu’au duo qui se relayait de manière naturelle pour tenir leur discours et réagir à leur tour à ce qui se tramait dans la politique du Màr. Là encore, il suffisait de voir que c’était Koltira le premier qui avait osé parler pour que suive enfin Lhain. Mais qu’à cela ne tienne. Ils étaient là, et c’était une nouvelle terriblement bonne.
Elle arriva dans le dos du demi-sang, qui s’était détourné vers l’estrade dans un silence lourd. Elle attendit quelques instants, puis le brouhaha explosa, la foule concourant à celui qui crierait le plus fort. Les uns hurlant que l’on révèle l’identité de ce Chevaliers, les autres répondant déjà aux critiques et à l’avis exposés. Profitant ainsi du chahut, et d’humeur taquine de voir son ami dans les entrailles de l’océan, Lyna s’avança pour déposer un baiser sur la nuque dégagée du demi elfe, esquivant son mouvement de recul avec un petit rire, s’avançant à sa vue avec un grand sourire, à la fois fier et mutin.

Salut Lhain ! Quelle entrée spectaculaire ! Tu n’as pas perdu de ton côté dramatique à ce que je vois !

Tournant et levant la tête vers Koltira, elle tendit la main pour caresser tendrement l’épaule écailleuse, luisante comme l’onyx, seul endroit accessible du dragon depuis sa taille de bipède.

Bonjour Koltira. Je suis heureuse de te voir, et te suis extrêmement reconnaissante d’avoir réussi à attirer ton Lié ici à nouveau.

Elle lui sourit puis reporta à nouveau son attention sur son ami dont la mine renfrognée manqua de la faire rire. Curieusement, il lui avait manqué, et c’est donc de bonne humeur et avec une part d’enthousiasme qu’elle s’adressa à nouveau à lui.

Bien ! Maintenant qu’ils sont tous occupés à débattre et à jeter des cailloux colorés dans des boites, tu as l’intention de voter ? Sinon, je te proposer de nous retirer dans mon Weyr. Sherÿan sera ravie de vous voir !

La jeune femme suivit la volonté du demi elfe, qui pressa son Lié de repartir rapidement, au grand désarroi de Lynaël. Voyant cela, il lui promit néanmoins de se revoir rapidement, et ils se donnèrent rendez-vous sur Tol Orëa, quelques jours plus tard afin de rediscuter de cette possibilité de voyages.

Quoiqu’il en soit, après le départ du fauteur de trouble, tout aussi rapide qu’avait été son arrivée, le calme revint peu à peu, et bientôt les votes furent clos. Adossée non loin de l’entrée du Castel, juste assez près pour entendre ce qui se disait, la jeune femme recouvra son sérieux et fixa l’estrade où les pierres étaient décomptées en fonction de leur couleur. Il s’opérait devant elle, un virage majeur pour son Kaerl, qui déterminerait nombre de choses pour l’avenir…
Qui serait nommé à la tête du Màr Luìmé ?
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