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 [RP] Sur le versant de la montagne noire Sujet suivant
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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 27 Oct 2014 - 23:37 Répondre en citantRevenir en haut

Début Gaïaku 918

Imaginez un Neishaan, d’une maladresse provoquée par sa grande taille, qui se fraye un chemin sur une pente terreuse des Pics de Cendres. Imaginez ce même homme secondé par un véloce et non moins énorme dragon, juché en équilibre quelques mètres plus haut, tel un aigle royal sur le point de prendre son envol. Imaginez toujours ce malheureux Neishaan, crotté des pieds à la tête, une rapière ébréchée pendant à son ceinturon, recouvert d’une fine pellicule de poussière, qui tente de gravir les derniers mètres qui le séparent de sa formidable monture, tout en évitant de regarder en bas…

Ça, c’est moi. Il est clair qu’il y a quelques petites choses à revoir dans ma vie. Ce qui ne va pas ?

Primo, je suis un Chevalier Englouti. Que fais-je, dans ce cas, dans les Pics de Cendres, territoire avoisinant le redoutable – et redouté – Màr Tàralöm ? Excellente question !... A laquelle je n’ai pas – encore – de réponse valable à vous fournir. Pour l’instant, je me trouvais dans une fâcheuse posture. L’abime s’étendait devant mes bottes, insondable, attirant irrésistiblement mon regard. Pour un peu, j’avais le vertige. Et la nausée. Et les yeux qui piquent. Et…

° Détends-toi. Inspire. Expire. Regarde-moi. °

L’ordre avait claqué dans mon esprit avec une impérieuse douceur. Je ressentais toute l’urgence nerveuse dans les paroles de mon Lié. Tous les sous-entendus que cela impliquait… Je fermai brièvement les yeux, respirai profondément puis rouvrais les yeux vers les hauteurs. Là où m’attendait Elérion. Je n’avais pas fait tout ce chemin pour m’en retourner, la queue entre les jambes, au plus petit obstacle. Même si, en l’occurrence, l’obstacle en question dépassait l’imagination…

C’était un peu l’équivalent de notre première vraie sortie du Kaerl. La tension s’était relâchée dans tous les esprits. Le Màr Luimë reprenait ses activités avec entrain, comme auparavant. Hommes, femmes, enfants, dragons de toute taille et couleur voyageaient à nouveau, commerçaient et vivaient, tout simplement. La Marque Noire se résorbait enfin, et avec elle le maléfice de mort qui planait sur ceux qui la portaient. Sur mon propre épiderme, elle entachait encore ma main gauche mais je ne doutais pas de son caractère éphémère. En revanche, je n’étais pas sûr que son souvenir s’efface tout aussi facilement. Elérion s’était réjouis qu’elle disparaisse, évidemment. Mais il n’avait fait nulle mention du « différent », qui nous avait longtemps tenu à l’écart l’un de l’autre, à son propos. J’étais vivant. Et Elérion n’avait proféré aucun commentaire sardonique à mon encontre. Pas de « Je te l’avais bien dit ! », ni de « Tu n’es qu’un idiot et un lâche. » Pas même de « Je suis le sage et tu es le fou : tu devrais m’écouter plus souvent. »

Cet accord, tacite et silencieux, qui nous unissait signifiait la fin du calvaire pour nous deux. Pourtant, ni l’un ni l’autre, nous n’avions reconnu explicitement nos torts. Soulagés que toute cette histoire autour de l’Ombremage soit finie, nous nous étions rapprochés, doucement, à tâtons, de peur de créer un nouveau conflit. Depuis, nous faisions comme si rien n’avait changé. Et c’était vrai, n’est-ce pas ?... N’est-ce pas ?

- C’est bon ! J’y suis ! haletai-je en parvenant enfin au sommet.

Elérion m’y attendait patiemment, me surplombant de toute sa masse cuivrée. Je rampai sur le gros rocher plat que nous venions de trouver, le plus loin possible du vide et m’affalai dans la cendre volcanique. Je devais certainement ressembler à un épouvantail poussiéreux. Qu’importe ! J’étais vivant.

° La vue est comment ?
Magnifique. Tu devrais t’approcher.
Sans façons…
Il y a plusieurs galeries non loin de notre position. Souhaites-tu les explorer ?
C’est toi l’expert, mon gros. Ta mémoire ancestrale te dit quoi, à ce sujet ?
Pas grand-chose. °


Pourquoi avoir choisis ce lieu plutôt qu’un autre, me demanderez-vous tout naturellement ? Par nostalgie, je crois et aussi un peu par masochisme. Nous nous étions liés sur les sables noirs de ce Kaerl, y avions vécu un an sans avoir le courage d’avouer que nous n’arrivions pas à appeler ce même Kaerl « notre maison ». Tels deux renégats, ayant vendu notre âme à l’ennemi, nous revenions sur les lieux d’un passé commun. Un passé douloureux mais plus autant que nous ne l’aurions pensé. Se remémorer ces quelques mois ne paraissait plus une tâche aussi malaisée qu’auparavant. Nous pouvions regarder en arrière, constater tout ce chemin parcouru, sans nous émouvoir plus que nécessaire. La plaie était guérie. Nous étions enfin en accord avec nous-mêmes.

° Et si on croise quelqu’un du Màr Tàralöm, tu crois qu’on nous prendra pour des espions ?
Le nom de ma mère résonne encore avec gloire entre les murs de ce Kaerl. Ne t’en fais pas pour ça. °


Le Bronze se raidit légèrement. Ses larges ailes s’écartèrent davantage, comme s’il s’apprêtait soudain à bondir vers le ciel. Au contraire, son long cou se penchait vers le bas, doit devant nous. Ses yeux roulèrent vers un orangé de mauvais augure. Alarmé, je m’agenouillai près des grandes serres et plissai les yeux, en espérant apercevoir ce qui captivait tant mon Lié. Qu’il était vain de croire qu’un Neishaan puisse avoir une meilleure, sinon égale, vue qu’un dragon !

° Nous ne sommes pas seuls, petit frère. Il y a quelqu’un sur le versant de ce pic rocheux, juste en face. Son âme est intacte. Aspirante. °

J’écarquillai les yeux, méfiant. Je pouvais à peine la distinguer pour ma part. La distance et quelques vapeurs de souffre me permettaient tout juste d'identifier une tâche de couleur mouvante. Que faisait une Aspirante ici, toute seule ? Nous avait-elle aperçu, elle aussi ? Mu par une étrange impulsion, je levai le bras et lui faisait signe.





Dernière édition par Galaad Lucis le Sam 11 Avr 2015 - 12:24; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 27 Oct 2014 - 23:37 Revenir en haut

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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Lun 3 Nov 2014 - 12:34 Répondre en citantRevenir en haut

Stalia dérapa et abattit son visage dans une couche de cendres chaudes. Maudite montagne et maudite cendre ! La jeune ondine soupira, charriant un flot de poussière grise. Il ne fallait pas regarder en bas. Toujours avancer vers le sommet des piques sans se soucier de quoi que ce soit d’autre. C’était un but que la disciple d’Athosianne s’imposait : vaincre son vertige et chasser un animal vivant dans cette contrée pour le moins hostile. Elle transpirait abondamment et la matière grise s’accrochait comme un immonde parasite à ces vêtements.
Soudain, apparue une corniche épargnée par la cendre, elle profita de cet endroit providentiel pour faire une pause et souffler, ses cicatrices lui faisaient encore mal. Elles étaient encore fraiches et des mouvements trop brusques ou intenses risquaient de les rouvrir. La jeune fille ne voulait même pas imaginer les dégâts que pourrait occasionner la poussière chaude sur des plaies à vif. Ce ne serait que douleur et douleur, avec un peu de douleur en plus si elle essayait de les retirer à la main. Rien que cela terrifiait la jeune fille.
Stalia se reposa environs une heure, laissant son esprit divaguer à mi-chemin de la réalité et de ses songes. Réfléchissant sur son apprentissage, son maitre – ses maitres en l’occurrence- et sur le kaerl. C’était une question qui tournait dans la tête de la chasseuse depuis plusieurs semaines maintenant. « Que faut-il pour être ardent ? », il était dur de répondre à cela, était-elle une ardente car elle était sans pitié ? Parce qu’elle méprisait plus faible que soit ? Pour sa quête d’adversaires à sa mesure ? Pour sa manie à se mettre en danger à la moindre occasion ? Maudite soit-elle ! Stalia se releva d’un bond et reprit son ascension, remotivée par ses pensées et sa colère envers elle-même.

Elle passa sans difficulté plusieurs cols pourtant ardu, longea plusieurs précipices raides et terrifiants, méprisant son vertige et luttant contre l’envie de reculer. Elle tenait un début de réponse à sa question, les ardents étaient des tiques ne reculant pas ! Elle ne reculait pas ! Non, pas comme ces utopistes de célestes ou ces lâches de neutres. Stalia arriva sur une pente particulièrement raide mais généreuse en prises et plateformes et alors qu’elle sautait de rochers en rochers et de prises en prises, chaque bonds était l’occasion pour elle de dénigrer les humains, les elfes, les faelocës et surtout, surtout ces neishaanes, insupportable erreur de la nature aux cheveux blancs.

Mais alors qu’elle progressait, elle sentit une conscience l’effleurer. Ce fut furtif, mais elle reconnut cette sensation, la sensation d’un dragon qui cherchait à lire son esprit. D’un coup, elle fut en alerte. Tout sens aux aguets, elle sonda le paysage à la recherche du propriétaire de cet esprit. L’œil encore valide de Stalia le repéra, c’était un dragon de bronze accompagné de son chevalier. Elle vit que l’homme lui faisait signe, l’ondine eu un sourire et modifia sa trajectoire pour les rejoindre. L’homme avait les cheveux qui semblaient argentés, vu de loin. Aussi elle espéra qu’il s’agissait bien d’un ondin et non pas d’un neishaan aux cheveux sales. Mais bon, au moins elle était à peu près certaine qu’il s’agissait d’un ardent. Sinon qui serait assez inconscient pour venir ainsi sur le territoire du kaerl ?

La jeune fille s’approcha assez du duo pour qu’une de ses craintes soit confirmée, c’était un neishaan. Elle jura, comment une aberration pareille pouvait se voir confier un dragon ? Un humain à la limite, voir un ondin manchot mais pas un neishaan !! Elle fut sur le point de faire demi-tour, mais le dragon valait peut-être la peine de supporter un atroce exemple des tares de la nature. Quand elle arriva enfin au niveau de l’homme, elle se présenta poliment, bien qu’elle mourrait d’envie de le ridiculiser.

-Bonjour à vous, je me présente Stalia Hellébore aspirante du Kaerl et de la triade de Yong’zu et du blanc Nushi. Je ne crois pas vous connaitre, vous ne devez pas être bien souvent au Kaerl, sinon je vous aurez reconnus immédiatement. Qui êtes-vous et pourquoi avoir choisi un endroit aussi insolite pour vous poser ?
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Sam 8 Nov 2014 - 17:36 Répondre en citantRevenir en haut

Ce fut donc un Neishaan aux cheveux d’argent terni et aux yeux écarlates, couvert de cendres volcaniques, qui accueillit l’inconnue lorsqu’elle grimpa jusqu’à notre corniche. Je n’étais pas très fier de mon apparence. Que m’avait-il pris de lui faire signe ? Que pourrais-je bien lui raconter ? Même lorsque je vivais encore parmi eux, les Ardents, je n’avais pas fière allure. Peut-être se souvenait-on encore de mon nom et de celui d’Elérion. Peut-être étions-nous des sujets de risée populaire et, tels des parias, avions-nous été raillés des mémoires ? Personnellement, j’aurais préféré la seconde option. Cela nous permettrait de mieux passer inaperçus. De toute façon, connaissant mes anciens voisins de weyrs, on nous avait déjà sûrement oubliés. Après tout, je n’avais jamais brillé par mon intelligence ni mon ambition au Màr Tàralöm. Et cette histoire remontait à plus de deux ans, maintenant.

Une étrange fille apparut devant nous. Peut-être une Ondine, avec ses longs cheveux tirant sur le bleu argenté, sa peau pâle et son allure nonchalante. Aucun doute, elle était plus douée que moi pour l’escalade. Il y avait quelque chose d’inquiétant dans son visage – même s’il paraissait très avenant -, que je ne parvenais pas à décrire. Instinctivement, je me méfiais d’elle. Peut-être était-ce dû à la froideur de son ton, ou à la cicatrice oculaire. Il me suffit d’un coup d’œil sur celle-ci pour m’en évoquer une autre. L’image d’une immense Incarnate furieuse, vomissant des torrents de flammes et de malédictions mêlées, bouscula mes pensées dans un flash. Je repoussai aussitôt cette image dérangeante. Lye’Den n’aurait jamais la folie de se réclamer d’une progéniture qui avait soi-disant trahi son Màr pour en préférer un autre. Pourtant, la cicatrice blanche au-dessus de l’œil de la dragonne me rappelait immanquablement celle de cette Aspirante. De plus, c’était une Ardente. Il faut toujours se méfier de ces gens-là…

Les noms qu’elle déclina ne me disaient pas grand-chose. Tout au plus, celui de Nushi évoqua-t-il un souvenir désagréable dans l’esprit d’Elérion. C’était un dragon blanc pour commencer – et j’étais allergique aux Blancs depuis que j’avais rencontré Dame Garean, sans parler du cynique Sele’nti -… Pour ne pas arranger les choses, Nuhsi avait uni son âme à celle d’un Valherien. Ne me souvenant plus de ce que cela signifiait, je demandai :

° En quoi est-ce grave ?
Le Clan des Valherien est très attaché à la pureté du sang et n’éprouve nuls regrets à se débarrasser des plus faibles. Rappelle-toi. J’ai chassé avec un dragon de ce Clan, un jour et un Sans-Don manqua finir ses jours dans sa gueule pour un mot mal placé.
Oh… Oui, je m’en souviens ! °


Il était étonnant que je puisse oublier avec tant de facilité les mœurs et les réflexes des Ardents... On ne pouvait pas dire que je tombais sur la bonne personne. Cette Stalia était dangereuse. J’en aurais mis ma main au feu. Pourquoi fallait-il qu’elle soit aussi jolie, une Ardente, une probable psychopathe et que ce soit justement elle qui se trouvait dans les environs ? La vie était mal faite, quand même. J’ouvris la bouche pour répondre quand le Bronze me devança de son plus beau ton condescendant :

° Par Haskèl, que de questions ! Tous les Aspirants sont-ils comme vous, en cette saison ? °

Merci, gros lézard ! Cela me permit au moins de me ressaisir. Mon visage se ferma. Un peu de mon ancien moi – cette carapace que je m’étais forgé pour résister au mépris et à la haine – resurgit. Je redevins hautain, froid par indifférence et railleur jusqu’à l’insolence. C’était ma seule chance de donner le change.

- Chevalier Galaad Lucis, lié d’Elérion fils de Lye’Den, du Màr Tàralöm. Je ne me sens pas l’envie de me justifier auprès de vous, Aspirante Hellébore. Je rentre tout juste de mission pour le Kaerl. Il est donc normal que vous ne m’ayez sans doute jamais vu. Comment une Aspirante pourrait-il se targuer de connaître tous les noms et visages du Kaerl ?

J’émis un bref ricanement forcé. Un coup d’œil à Elérion me fit me rendre à l’évidence : je manquais de conviction dans mon discours. Je devais y mettre plus de foi.

- Vous êtes une fille coriace, pour oser escalader les Pics de Cendres. Où avez-vous appris ça ?... Euh, je veux dire : que fait une Aspirante à errer ici ? Ne devriez-vous pas étudier ou minauder auprès de votre Maître ?

° Tu en fais trop.
Mais non ! Tu m’as dit d’être convaincant.
Oui, mais pas suicidaire. °



Stalia peut entendre les pensées d'Elérion quand elles sont en gras ^^



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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Lun 10 Nov 2014 - 21:26 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune chasseuse examinait sans vergogne ses interlocuteurs. Le bronze était, comme prévu, de toute beauté. Une quasi-perfection de puissance et d’élégance, certes Stalia avait une préférence pour les dragonnes bleues mais ces mâles avaient un truc qui les rendaient presque magnétiques. Le neishaan, lui, était comme tous ceux de sa race, petit et chétif, le visage d’ange et une allure androgyne. Le chevalier lui aussi semblait examiner celle qui lui faisait fasse, son regard s’attarda juste une seconde sur l’œil blessé de la disciple d’Athosianne pour qu’elle comprenne. Cet homme voyait en cette cicatrice un mauvais souvenir du passé. Le dragon interpella l’aspirante, lui reprochant sa curiosité, au moins, il la vouvoyait. C’était déjà ça.

Le Chevalier finit par parler, il avait une voix clairement hautaine mais ce ton semblait sur joué et manquait de conviction, comme-ci il ne croyait pas lui-même ce qu’il disait. C’était infime, mais Stalia s’en rendit compte : Ce neishaan se donnait des airs de gros dur mais il n’en était pas un. Cependant, il fallait reconnaitre que sa pique de fin de phrase faisait mouche et jouait bien le rôle de provocateur. Pique hélas gâchée par un ricanement qui venait détruire l’effet créée. Cruelle déception… heureusement rattrapée par la phrase suivante.

Stalia se tint silencieuse quelques instants, hésitante sur la démarche qu’elle devait adopter. C’était presque admirable de voir ce neishaan jouer les durs et les provocateurs. Alors plutôt que de courir au conflit en adoptant le premier degré, elle décida de faire preuve de second degré :

- Eh bien, Bronze Elérion, pour vous répondre, les autres aspirants ne sont pas tous comme moi, ils font preuve d’un tel manque de curiosité sur le monde que je me demande comment il reconnaitrait un neutre d’un céleste. Admettez cependant que mes questions sont légitimes, que fait un chevalier et son lié ici, dans un endroit perdu ? il est clair que ce n’est pas pour chasser et vu que l’interstice fonctionne vous n’êtes pas revenus en volant de votre mission.

Elle respira un grand coup, ses longues rhétoriques la mettaient souvent à bout de souffle tant elle gérait mal sa respiration. La disciple reprit ses moyens et attaqua sa réponse au chevalier, préparant le terrain par un examen approfondie de l’anatomie de son interlocuteur, cherchant volontairement à le mettre mal à l’aise :

- C’est étrange… Je suis devant un paradoxe encore jamais vu dans le monde. Vous semblait être un neishaan, mais vous semblez également doté d’un appareil génital masculin. Mes notions d’anatomie seraient donc-telles fausses ? Dites-moi, vous n’êtes pas un sang croisée ? Pas de grand père Ondin dans l’ascendance ? Je vous pose la question car ça pourrait expliquer votre balbutiant talent pour envoyer des fions.

Une sensation de chaleur sur la joue droite de la jeune fille lui fit stopper son monologue. Son œil recommençait à saigner du sang, c’était de plus en plus fréquent. La jeune aspirante passa son doigt dans le filet de sang et entreprit de dessiner le symbole de sa déesse sur sa joue. Puis d’étaler le sang en travers de son visage, comme pour le barrer. Cet élément fortuit serait finalement appréciable pour la suite de sa réponse :

- Mais, malheureusement vous manquez de conviction. On dirait que vous jouez un « rôle » que vous n’êtes pas vraiment un salaud sans cœur. Je reconnais que vos piques sont de bonnes qualitées mais le ricanement… Bon sang, même une bonne sœur Faelocë chez les neutres serait plus crédible pour faire un ricanement de méchant. La prochaine fois, ne riez pas, ça brise tout ! Enfin passons, je vais vous répondre mon petit et vous montrer comment on joue le méchant.

Stalia fit le vide dans sa tête puis remplaça ce vide par l’image de son père lui enseignant les armes. Aussitôt elle sentit les traits de son visages se durcirent et son air avenant disparaitre pour devenir son air de tueuse :

- Ma vie, autrement plus chaotique que la vôtre, m’a apprise une chose. On retient que ce qui est important. Si vous aviez la moindre importance, je me serais souvenue de vous. Mais ce n’est pas le cas… Ensuite, je vous apprendrais que ces montagnes sont un terrain de chasse idéal pour quelqu’un comme moi, disciple d’une guilde et d’un culte ne reconnaissants que cela.

Elle fit une pose pour le style et sortit sa dague, dans le but d’examiner son visage dans la lame.
Puis, toujours en s’admirant, continua :

- Mon apprentissage et mon minaudage peuvent attendre que j’apprenne à un chevalier neishaan comment faire peur sans son dragon. Car vous n’aurez pas toujours un animal de 10 tonnes derrière vous ou du moins, vous ne serez pas le seul. Sinon votre eau risque de finir avec un arôme d’une fleur empoisonnée dont je porte le nom, et je peux vous garantir que ce n’est pas un hasard.

Stalia planta sa dague dans le sol et s’approcha du bord de la montagne, gardant pour autant ses distances :

- C’est un bel endroit, sombre, exigeant, paisible… dangereux… un accident serait si vite arrivé. Une personne un peu trop faible pour survivre qui malheureusement chute et se brise la nuque. Personne ne se poserait la question de savoir comment cela serait arrivé. Avouez que ça serait dommage, un chevalier hautain qui se retrouverait la poitrine déchiqueté et le cœur dévoré par un quelconque animal sauvage ou… quelconque prédateur.

La chasseuse appuya volontairement ces derniers mots pour bien faire comprendre de quoi elle était capable. C’était de graves menaces qu’elle proférait à l’encontre de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Aussi pour dissiper toute confusion, elle reprit son air avenant :

- Qu’en pensez-vous ? ce n’est pas mieux quand même ? Avec un peu de travail, je suis certaine que vous ferez aussi bien que moi.
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 8 Déc 2014 - 19:22 Répondre en citantRevenir en haut

Non mais quelle horrible méduse ! Comment une Aspirante osait-elle me parler sur ce ton ? J’étais Chevalier, par tous les dieux, pas l’ivrogne du coin ! Il fallait admettre qu’elle n’avait pas tout-à-fait tort sur le fond. Elle se montrait beaucoup plus que convaincante que moi dans le rôle du méchant. Un pur produit Ardent, destiné à vivre sous la souveraineté de brutes épaisses, de conspirateurs-nés et les ailes d’immenses dragonnes rouges. Et la manière dont elle avait étale son propre sang sur sa figure, c’était… Malsain ?... Mais là n’était pas la question ! Je perçus une pointe d’amusement mêlée d’exaspération venant d’Elérion. Je me retins de lui jeter un regard incendiaire. Qu’il ne se mêle pas de ça !

Je me renfrognai et croisai les bras sur mon torse dans une attitude que je voulais pleine d’assurance.

- Bravo, persiflai-je. Je peux applaudir ? Votre Maître vous a bien appris la leçon, on dirait.

Perché en équilibre au sommet du pic, quelques mètres au-dessus de nous, le Bronze secoua ses vastes ailes de cuir dans un claquement brusque, rappelant le son que font les voiles d’un navire dans le vent. Solidement arrimé à la roche par ses serres, il courbait son long cou vers nous, observant la scène de ses grands yeux brillants. Il prêtait notamment attention à cette « Stalia Hellébore ». Par prudence ? Par curiosité ? Peut-être les deux.

° Ceci n’est pas un coin perdu, comme vous le dîtes. Il s’agit du territoire sur lequel règne le Màr Tàralöm. Même s’il ne fait pas bon y chasser, c’est un bon lieu de transit avant de rentrer au Kaerl. Le soleil y est moins brûlant que près de notre weyr. Lorsque ton Âme Sœur naîtra – si Flarmya le veut -, elle voudra peut-être se prélasser également dans les environs. °

Il souffla un épais nuage de vapeur par les naseaux, droit sur l’Aspirante. Ses prunelles se teintèrent d’un orange orgueilleux.

° Je n’ai rien d’un animal, Aspirante Hellébore. N’oubliez jamais ça lorsque vous êtes face à un dragon. Si j’étais réellement un animal, je vous aurais déjà digéré. °

Son ton n’avait rien de véritablement hostile. Cela ne ressemblait pas non plus à un sermon. Il n’y avait qu’Elérion pour être capable de conserver autant de flegme dans ce genre de situations. Parfaitement neutre et posé, au point d’en être froid et de paraître plus qu’inquiétant, le Bronze trahissait un caractère proche d’un chasseur vivant en Vaendark, que de celui d’un Bronze aux teintes chaleureuses né dans une citadelle volcanique.

- En tout cas, on peut pas dire que l’amabilité vous étouffe, renchéris-je, plus pour la forme que pour réellement sauver mon honneur. Vous devez vous sentir à votre aise au Kaerl.

Je jetai un bref regard à l’œil endommagé de la donzelle sans pouvoir me départir d’un sentiment de malaise. Rien à faire. Je ne parvenais pas à oublier que je faisais face à une Ardente. Une potentielle tueuse. Une ennemie. Elle avait beau être jolie – si l’on exceptait l’œil en question, son babillage incessant et son mépris sans bornes -, elle ne méritait absolument aucune parcelle de ma confiance. De notre confiance, à Elérion et moi. Je n’arrivais pas à croire que je venais d’engager la conversation avec ce qui aurait pu être… Une co-Aspirante, une rivale d’entraînement ou même ma propre Aspirante !... Si j’étais demeuré au Màr Tàralöm. C’était vraiment le monde à l’envers.

- C’est bien, conclus-je, méfiant. Vous êtes apte à survivre. J’espère que votre séjour se déroule admirablement bien au Kaerl ! Mais je vous conseille d’aller donner vos leçons à quelqu’un d’autre. J’ai du travail qui m’attend. Je n’ai pas de temps à perdre avec vous, Aspirante.

° Les Aspirants ne donnent pas de leçons avant d’en recevoir, jeune chasseresse. Gardez ce conseil en mémoire. Vous pourriez tomber sur quelqu’un de moins compréhensif la prochaine fois… Et il pourrait ne pas y avoir de prochaine fois. °

° Tu avais vraiment besoin d’en rajouter ? Je crois qu’on en a assez fait.
Les souvenirs de ma mère, et de toutes les Reines avant elle, hantent ma mémoire, Galaad. Je fais encore parti de ce monde, même si nos idéaux n’y correspondent plus.
Je ne m’y ferais jamais…
Quoi donc, petit frère ?
A ta sagesse, imbécile. °


Je réprimai un sourire attendri en prétextant contempler le morne paysage des Pics de Cendres. Je devais rester concentré. Le moindre faux pas et nous étions prêts à prendre la fuite. Nul besoin d’asticoter les Ardents en ce moment. La paix faisait du bien à tout le monde. Il fallait en profiter. Ce n’était pas la peine de déclencher une bataille pour si peu.

Je jetai un coup d’œil à l’Aspirante, espérant comprendre ses motivations et déchiffrer son expression faciale. Je n’arrivais pas à m’enlever cette image de la tête… Non, pas celle d’une Lye’Den balafrée et furieuse ! Non, l’autre ! Celle où j’imaginais cette rencontre inopinée sous un autre angle. Stalia, une taverne quelconque, mon charme naturel et…

- Je vous déposes quelque part ?

Les mots jaillirent hors de ma bouche avant même que je ne pense à les retenir. Cette fois, je fusillai Elérion du regard. Le dragon arborait des yeux d’un vert étincelant et moqueur. Foutues hormones de Bronze ! Est-ce que j’allais m’y habituer un jour ?



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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Mar 16 Déc 2014 - 14:05 Répondre en citantRevenir en haut

Stalia s’effondra dans la cendre vaincue par l’audace du nabot aux cheveux blancs et de son dragon, entre réponses maigrichonnes et menaces pathétiques, elle n’arrivait pas à trouver un seul de ces deux compagnons dangereux. Mais ce fut surtout l’invitation à l’emmener faire un tour qui acheva la jeune fille. Entre deux hoquets de rire et quelques gouttes de sang :

-Avec plaisir, j’ai grande hâte de savoir ce qui se cache réellement derrière ce visage. Je pensais me rendre au village pour y descendre quelques pintes, vous savez histoire de trouver un homme, un vrai disposant d’organes masculin. Qui sait, si cela se trouve vous êtes réellement un homme et non pas une anomalie comme je le croyais. J’en profiterais pour continuer votre leçon sur la façon d’avoir l’air intimidant. Ce sera ardu, mais je pense que nous devrions y arriver à la longue.

L’ondine fit une petite pause, le temps de se relever et de retirer la cendre qui s’était accumulée sur son corsage, elle en profita pour gêner le petit homme en réajustant ses vêtements, d’une façon beaucoup plus élégante que d’ordinaire. Certes, jamais elle n’oserait toucher à un de ces nabots aux cheveux blancs mais elle trouvait rigolo de jouer la femme fatale, c’était presque plus drôle que de jouer la garce froide et violente.

- Si je puis me permettre, j’aurais une remarque à donner à votre dragon. Tu en fais trop ! Deux fois de suite tu menaces de me tuer, c’est trop ! Une fois par réplique, c’est tout ! Tu t’y prends mal également, ta première menace n’est pas assez subtile. La seconde était bonne, j’ai beaucoup aimé. Je pense que si tu l’avais dite tout de suite, elle aurait eu de l’effet.

La jeune femme jouait gros, très gros. Manquer de respect à ce point à un chevalier, s’ils décidaient de se débarrasser d’elle, personne ne le saurait. Qu’importe, elle suivit le neishaan sur le dos de son dragon. Celui-ci décolla et passa dans l’interstice, laissant tout juste le temps à l’aspirante de se préparer. Mais à peine en fut-ils sortis qu’elle perdit l’équilibre et tomba du dragon, fort heureusement qu’il ne volait pas haut et qu’un tas de foin amorti la chute, mais quand même ce fut douloureux et assez humiliant en fait. Stalia sorti de là en rampant et jurant, sous le regard amusé du neishaan. Effectivement, cela pouvait prêter à rire :

- Bon, j’accorde ça à votre dragon, j’ai encore pas mal de leçon à prendre dans ce domaine. Vous auriez un tuyau ou vous allez vous foutre de moi encore longtemps ? Je vous demande cela car si vous continuer ce n’est pas la politesse qui va m’étouffer mais plutôt la pinte de brune que je vais avaler pour oublier ce moment génant.

Elle avait dit cela avec une pointe de malice, il n’y avait pas de raison spécifique de se montrer agressive, surtout que le neishaan semblait déterminé à payer quelques petites bières. Aussi, elle se redressa et sourit :

- Si je ne m’abuse, votre lié m’a fait tomber volontairement. Si c’est vraiment cela, c’est une bonne vengeance sinon… j’ai des progrès à faire. Allez venez, je vous paye la première bière !
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MessagePosté le: Sam 20 Déc 2014 - 18:38 Répondre en citantRevenir en haut

° L’as-tu réellement fait exprès ? La faire tomber, je veux dire ? °

De là où je me tenais, confortablement assis entre les omoplates d’Elérion, je ne pouvais pas distinguer l’éclat de ses yeux. Par le biais de notre lien empathique, il camouflait avec discrétion ses émotions. Comment savoir s’il avait volontairement fait tomber l’Aspirante ? Il était probable que ce soit le cas. Elérion avait un humour particulier. Léger, rarement à l’œuvre mais généralement désagréable. Pour en avoir fait l’expérience à plusieurs reprises, il valait mieux se méfier de ses sautes d’humeur – taquines ou coléreuses. Elérion était pareil à un océan glacé : le calme avant la tempête.

° Vous me prêtez des intentions que je n’ai pas, Aspirante Hellébore, ° dit le Bronze d’un ton for sérieux – que démentaient ses vastes prunelles d’un vert malicieux.

Tandis qu’Elérion se baissait prestement pour que je puisse glisser le long de sa patte jusqu’à terre, je ne quittai pas du regard l’ondine borgne qui se relevait en s’époussetant. Elle avait le rire facile, pour une Ardente. Et pas la langue dans sa poche ! J’espérais vainement qu’elle oublierait notre existence sitôt à terre – ou plutôt dans la botte de foin – et irait se soûler toute seule, comme une grande… Mais elle choisit plutôt de m’inviter à boire. Tandis qu’elle prenait la direction d’une bruyante taverne, je jetai un regard interloqué à mon Lié.

° Elle veut me payer une bière ? Je croyais qu’elle n’aimait pas les neishaans comme moi ?
Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Je préfère de loin rester à Lòmëanor plutôt que de traîner dans les Pics de Cendres. C’était une mauvaise idée d’y retourner maintenant.
Enfin, on est d’accord !
Ne me dis pas que boire en compagnie d’une jolie fille te déplait…
Oh, pitié ! C’est une Ardente ! Elle me déteste déjà ! J’vois pas ce que ça change. °


Je me renfrognai, boudeur. Il commençait à m’agacer, ce dragon ! Pourquoi fallait-il qu’il ait toujours raison ? Refusant de rendre son regard amusé à Elérion, j’emboîtai sans discuter le pas à Stalia et la suivit sans faillir à l’intérieur d’une auberge. L’établissement, d’apparence quelconque vu de dehors, répondait au doux nom suivant : L’hydre et le cafard. Je poussai un soupir. Si quelqu’un se permettait le moindre rapprochement entre le nom de la taverne et notre improbable duo, je jurai de le noyer dans sa bière. Voyant que Stalia m’avait devancé, je franchis le seuil sans tarder et la rejoignis.

- J’aime pas les leçons, bougonnai-je, un brin hostile à toute forme d’autorité. C’pour ça que je quitte le Kaerl aussi souvent que possible. Je suis toujours parti en missions. Alors vos leçons, vous savez où vous pouvez les mettre ?

L’endroit ne paraissait pas pire qu’un autre. J’avais tendance à m’attirer des ennuis dans les tavernes. Etait-ce ma faute si tous les ivrognes du coin semblaient prendre un malin plaisir à se moquer de moi ? Etait-ce ma faute si je ne supportais pas qu’on m’insulte sans réagir ? Etait-ce ma faute si j’avais l’alcool mauvais ?... A la réflexion, oui, ça l’était. Il me suffisait d’être discret, de me taire et d’espérer que tout se passerait bien. Il n’y avait aucune raison que pour cela dégénère, n’est-ce pas ?

- Qu’est-ce que ça peut vous faire, d’ailleurs ? Vous n’êtes qu’une Aspirante ! Vous devriez plutôt vous préoccuper de l’Empreinte et de… de vous tailler une future place dans la politique du Kaerl. En quoi ça vous intéresserait de casser les pieds d’un Chevalier ? Je reviens tout juste d’une longue – pour ne pas dire interminable – mission, à cause de ce fichu Interstice qui était fermé. Et j’aurais aimé avoir la paix.

Cela ressemblait plus à une complainte, emplie de reproches, envers le monde entier que plus précisément envers Stalia. Elle n’était pas entièrement responsable de ma mauvaise humeur. Je ne souhaitais pas me battre avec elle, ni avec qui que ce soit à la vérité. Boire une bière était une activité que j'appréciais à sa juste valeur - surtout la première m'était si généreusement offerte. Après tout, je n’en étais pas à ma première querelle dans une taverne. Ni à mes premiers mensonges. Je fus stupéfait de voir que l’habitude de mentir me revenait aussi facilement. C’était comme de voler en compagnie d’Elérion. C’était quelque chose d’inscrit dans mes gènes. Ce talent pouvait me servir.

- Hey, patron ! De la bière brune de Vaendark, vous avez ?

Le tenancier opina du chef.

- Mettez-en une ! Vous voulez quoi ? renchéris-je en me tournant vers l’ondine.



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MessagePosté le: Sam 24 Jan 2015 - 20:20 Répondre en citantRevenir en haut

Stalia suivit le neishaan à l'intérieur de l'auberge, celui-ci débitait des paroles acides qui se voulaient blessante, et qui l'aurait été si cela était venu d'une race un peu plus imposante et intimidante. Le seul effet de cette tirade fut de rendre ce nabot argenté plus intéressant à fréquenter. Il lança d'une voix presque forte qu'il souhaitait une bière de Vaendark. Stalia souhaitait gouter ce breuvage en commanda une aussi. Les deux compères s'assirent et se firent face. L'ondine attendit un instant et réagit à ce qu'avait dit Galaad

-Oh ? Vraiment, les leçons vous ennuis, et bien vous savez mon tout beau. SI vous ne voulez pas de leçon, alors ne jouer pas dans un registre ou vous n'êtes pas un maitre. C'est une règle que tous les vrais arrogants connaissent, or vu que vous ne semblez pas la connaitre, c'est encore une preuve que vous n'êtes en rien le salaud que vous prétendez être et qui râle contre la vie.

Les deux pintes se posèrent devant eux, d'un geste souple de la mains, Stalia retint le serveur et lui glissa à l'oreille.

-Vous aurez un bon pourboire si vous nous apportez la même chose toutes les dix minutes jusqu'a ce que mon camarade roule sous la table. On est d'accord ?

L'homme fit oui de la tête et repartit vers le bar. Stalia huma la senteur de la bière et lapa une bonne dose du liquide.

-Vous savez, je m'intéresse autant à la politique du kaerl que le chat s'occupe des sentiments d'une souris. Mon maitre est dans un puissant clan, mais je n'en ai rien à faire. Ce qui m'intéresse c'est que celui qui soit à la tête du kaerl le mérite, que ce soit par sa force de personnalité que sa force physique. Je ne vous casse pas vraiment les pieds, si c'était le cas, je pense que vous ne seriez pas entrain de siroter cette brune avec moi. A ce sujet ! Cul sec !

Stalia leva haut le coude et ingurgita le liquide à grands flots. Le petit neishaan suivit le geste et vida aussi sa chopine. Une petite moue se dessina sur son visage, boire de cette façon ne semblait pas être une habitude pour lui.

-Je me demande juste, pourquoi vous montrer à la fois si brutal avec moi, du moins essayer, et pourtant faire preuve de sympathie en me proposant de me déposer quelques part. C'est illogique et puisque je vous énerve tellement, pourquoi accepter ?

Le serveur apporta deux nouvelles pintes. Stalia invita d'un geste le neishaan à saisir sa choppe et à la vider, ce qu'elle même fit. Une légère sensation de picotement se fit sentir dans les extrémités de la jeune fille. L'alcool commençait à faire son oeuvre, bientôt, le neishaan baisserait sa garde et lui dirait tout ce qu'elle voulait savoir à son sujet. Il fallait jsute se méfier du dragon.

Dites, au fait, il y a quelque chose qui me tracasse: Pensez vous que le seigneur Anaviel est un bon chef pour le Kaerl ?
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MessagePosté le: Ven 10 Avr 2015 - 15:00 Répondre en citantRevenir en haut

Par-dessus ma chope, je lançai un regard exaspéré à l’Aspirante du Màr Tàralöm. Cette fois, mon mécontentement était loin d’être feint. Qu’est-ce qu’elle en savait, cette pimbêche à l’odeur de poisson ? Ses avis tranchaient dans le vif, comme un couteau qui écorche le daim fraîchement tué lors d’une chasse. Mes parents adoptifs m’avaient racontés comment ils faisaient, dans leur jeunesse. Avant de se reconvertir en fermiers sur le littoral du Vaendark, ils avaient été parmi les meilleurs chasseurs de leur village… Avant d’être jetés dehors pour des troubles dont ils ne parlaient jamais.

- Vous pourriez faire l’effort de faire semblant de m’écouter me plaindre. Si on ne peut même plus avoir d’opinion…

La bière sombre de Vaendark commençait à me brûler la gorge. J’en redemandais. Cette sensation m’avait manqué. A tel point que je n’avais pu m’empêcher de grimacer face à Stalia. Erreur fatale dans une tentative de séduction, me souffla ce maudit dragon qui me suivait partout. Je me renfrognai. Marre de ce gros lézard ! Marre de cette fille insupportable ! Marre de cette bière sans saveur !

- On en avait des meilleurs dans les villages voisins, par chez moi, dis-je brusquement en reposant ma chope vide.

Vite, il me fallait un répartie cinglante à lui jeter à la figure ! Ses questions coulaient hors de sa gorge tel un torrent dégelé en pleine saison estivale. Je ne parvenais pas à placer un mot. Il en allait de mon honneur de Chevalier, par Kainalu ! Même si j’étais sans aucun doute le moins honorable des Engloutis, je pouvais peut-être me faire passer pour le moins vicieux des Ardents sans trop de difficultés…

- Dites, ça vous arrive de la fermer ?

Je n’aurais pas pu être plus sincère. Cette fille parlait tout le temps. Elle posait tout le temps pleins de questions. Une Aspirante de son acabit devait certainement avoir des talents cachés, invisibles, sinon cela ferait longtemps qu’elle aurait été oubliée dans le placard d’un quelconque Maître sans envergure. Comment pouvait-on être aussi insupportable ? Certains Maîtres Ardents devaient être armés de patience autant que leurs dragons de crocs pour pouvoir supporter pareille furie.

- Buvez votre bière, profitez de ce que vous avez et arrêtez de poser autant de questions ! C’est fatiguant !

Je sentais le chaud ronronnement des humeurs d’Elérion à la lisière de nos esprits entremêlés. Je détestais ces périodes. Celles durant lesquelles il s’intéressait davantage aux femelles qu’à moi. J’en étais malade de jalousie, je le reconnaissais sans honte. Ce gigantesque monstre d’écailles n’aurait dû avoir d’yeux que pour moi, comme jadis. Pire encore, ses hormones me perturbaient. J’oubliais régulièrement que j’avais affaire avec un Bronze, un dragon au caractère fort et qui était prédisposé à poursuivre les reines. De cela aussi, j’en étais malade par avance. S’il avait déjà mêlé son vol à quelques Vertes et Bleues, il n’avait jamais approché de trop près les Incarnates et point encore les Argentées. La dernière fois qu’il avait tenté de le faire, Nephtys n’avait guère apprécié… Je détestais ces moments-là plus que tout.

- J’ai jamais prétendu être le salaud que vous pensez. D’ailleurs, pensez ce que vous voulez, ça m’ait bien égal !

Je souris en avisant ma chope remplie par la fille de salle. Je jetai bientôt un regard stupéfait à Stalia. Je m’en voulus aussitôt, car mon regard tomba à nouveau sur son œil ensanglanté. Rien à faire, ce détail me perturbait. Je ne saurais dire si je le trouvais laid ou fascinant. Sans doute les deux. L’odeur métallique et doucereuse du sang flottait autour de sa personne. Cette ondine trempait sûrement dans des affaires louches – même si j’étais incapable de deviner lesquelles.

- Maître Ïndalwë ? Il est pas Sang ou quelque chose comme ça ? Le Seigneur s’appelle Alauwyr Iskuvar, que je saches.

Le soulagement d’Elérion fit écho au mien. Je n’étais quand même pas si crétin que ça. J’avais beau avoir fuis le Màr Tàralöm depuis plus d’un an, je n’en oubliais pas pour autant ce qui me rattachait encore à cette partie – horrible – de mon passé. Elérion se maintenait, comme il pouvait, au courant des grands événements dans le Kaerl de sa naissance. Il écoutait les ragots de Lòmëanor, questionnait quelques dragons au passage. J’étais forcé d’écouter tout cela d’une oreille plus ou moins distraite. A cet instant précis, j’étai plus qu’heureux d’avoir retenu quelques informations.

- Vous ne manquez pas d’air pour une Aspirante… Vous voulez parler politique avec un type que vous ne cessez d’insulter et qui vous offre à boire ? C’est le monde à l’envers !

Sur ce, je haussai les épaules et repris une gorgée de bière.



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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 11:26 Répondre en citantRevenir en haut

Stalia savourait la brûlure que provoquait la bière dans sa gorge et les agréables picotements qu'elle ressentait au bout de ses doigts. C'était la première fois qu'elle se rendait ivre, car en dépit de son apparence rugueuse, la jeune fille n'avait jamais vraiment connue les plaisirs et malheurs d'une vie normale. Comme le fait de se retrouver dans une telle situation avec un homme, inconnue de surcroits. Mais le plus étrange, c'est qu'elle aimait bien la compagnie de ce neishaan, il était attachant. Par bien des égards, il se comportait comme Alauwyr ou Yong mais n'avait pas ce côté terrifiant et charismatique qu'ils pouvaient dégager.
L'homme l'invita à se taire et boire, fort bien, la jeune fille se redressa et vida sa choppe pendant que Galaad portait une nouvelle fois son regard sur l’œil sanglant de l’ondine. C’est vrai que ce ne devait pas être agréable à regarder, aussi Stalia prit une mèche de cheveux et cacha son orbite sous une masse saphir. De toute façon, elle ne voyait presque plus rien avec lui, alors autant le cacher. Avec un sourire qui se voulait faussement charmeur, elle dit :

- Moi qui espérais que vous tombiez dans mon piège. Je suis heureuse de voir que vous vous intéressez un peu à la politique du kaerl. Cela fait au moins une personne ici, c’est un progrès !

Sur cette boutade, faisant clairement comprendre à son interlocuteur qu’elle se moquait comme d’une guigne de la politique du Mar, Stalia s’étira, mettant en avant ses formes féminines. L’alcool aidant, la jeune fille se sentait obligée de reconnaitre que le neishaan ne la laissait pas indifférente. Ses cheveux blancs un peu rebelles et sa musculature plutôt bien dessiné donner envie à l’ondine de le toucher. D’ordinaire, elle se serait insurgée contre cette idée même. Elle, disciple d’une religion priant l’excellence ne pouvait pas toucher un être aussi peu digne. Mais, sous les douces vapeurs et les picotements que son corps ressentait, elle se disait que sa religion importait peu au final, tout comme sa race et celle de Galaad et ce qui les entouraient.

La serveuse revint et remplie de nouveau leurs chopes respectives. Les deux compagnons se regardaient dans les yeux. Par défi, Stalia bu une grande partie de sa pinte, sans quitter du regard son interlocuteur. Celui-ci se fit une joie de répliquer et de prendre une lampé encore plus grande. Le monde commençait à tourner dans un florilège de couleurs autour d’eux. Les pensées de l’ondine commençaient à dérailler, elle sautait d’une idée à l’autre et d’une envie à l’autre alors qu’elles n’avaient aucuns liens entre elles. Un instant elle voulait chasser des poulets avec son arc et la minute d’après, elle souhaitait plaquer le neishaan sur la table et voir à quoi ressemblaient ses abdos.

Elle n’avait même plus envie de lutter contre cette sensation ni contre ses pulsions, c’était vertigineux. D’un geste simple, elle repoussa son verre, en renversant une bonne part du liquide qu’il contenant. Puis Stalia se redressa de toute sa hauteur et s’approcha du neishaan, le saisit par le col et l’embrassa vigoureusement avant de le reposer sur sa chaise et d’elle-même se rassoir et vider le reste de sa choppe.

Cela ne lui ressemblait pas, alors qu’elle supportait à peine les gens d’ordinaire, l’alcool lui perturbait l’esprit et lui arrachait ses principes comme s’ils n’existaient pas. Une toute petite voix dans la tête de Stalia lui disait que finalement ce petit bout aux cheveux de neige était dangereux car avec lui, elle ne se sentait pas en danger. Il pourrait lui faire n’importe quoi, elle ne s’y attendrait pas…
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mer 15 Juil 2015 - 18:46 Répondre en citantRevenir en haut

Si Stalia sembla enfin comprendre que le silence est d’or – parfois -, son hypothèse à mon sujet n’en paraissait que plus loufoque. M’intéresser à la politique du Màr Tàralöm ? Moi ? C’était une plaisanterie ! Si s’intéresser à la politique signifiait connaître le nom de tous les seigneurs hauts gradés les plus susceptibles de me faire regretter de ne pouvoir rester invisible à vie, alors je pouvais prétendre à sa description. Dans le cas contraire, j’essuierais volontiers la vaisselle de cette taverne avec la propagande des Ardents. Sans remords, ni scrupules.

Je me remémorai la discussion animée que j’avais eue avec l’Aspirante Izil, sous la tente près du Manoir, lors de la rencontre diplomatique Engloutis-Ardents. S’il avait été aisé, finalement, de lui parler presque à cœur ouvert, et de reconnaître mon jugement hâtif – plein de haine et de rancœur – à l’égard des membres de mon ancien Ordre… Ma fierté n’aurait pas pu supporter un affront de plus. Certainement pas venant de cette autre Aspirante, têtue et borgne, avec sa langue de vipère. Là où Lilwen Izil avait eu le mérite de douter et de se questionner, Stalia affichait une attitude bien différente… Qui ne m’aidait pas à me mettre à l’aise.

° Elle a essayé de faire de l’humour. ° me souffla le Bronze qui partageait mes pensées.
° Ah… Eh bien, ce n’était pas brillant !
Dis plutôt que cela t’a rappelé trop de mauvais souvenirs pour que tu puisses en rire.
J’ai hâte de pouvoir en rire. Cela voudra dire que ce passé est loin derrière nous, terminé et enterré ! °


Je délaissai la contemplation de ma pinte à nouveau remplie pour glisser un regard vers l’ondine. Quelque chose n’allait pas, avec cette fille. Son œil valide ne cessait de me fixer comme si j’étais un poulet rôti.

L’atmosphère devint soudain électrique. Stalia parut bondir de son siège, m’agrippa et plaqua ses lèvres sur les miennes avant que je ne puisse esquisser un geste de recul. Quel idiot ! J’avais cru qu’elle voulait m’attaquer ! D’abord trop abasourdis pour réagir, je finis par lui rendre son baiser avant qu’elle ne reprenne sagement sa place. Je la dévisageai, muet de stupeur, le feu aux joues. Finalement, ce fut plaisant. Une agréable chaleur – qui n’avait rien à envier à la quantité de bière ingurgitée - envahissait mon bas-ventre. L’ondine embrassait avec rudesse et passion. Ce n’était pas déplaisant.

L’image d’Isabeau s’imprima subitement sur ma rétine. J’avais connu des filles avant elle. Bien sûr, j’avais joué enfant avec certaines d’entre elles, puis tenté ma chance en grandissant. Ensuite était arrivée Isabeau, avec ses cheveux sombres aux reflets mauves, ses yeux couleur de la mer en pleine tempête et son caractère énigmatique. Elle m’avait jeté un sort. Et, depuis, chacune de mes pensées lui avaient été adressées. Jusqu’à sa mort. Après cela, une crevasse n’aurait pas rempli tous mes espoirs déçus. Je n’avais plus regardé une fille de cette manière-là.

L’alcool aidant, Stalia devenait plus attirante et aguicheuse que jamais. Je devais être fou, ou avoir un faible prononcé pour les ondines avec un sale caractère mais cette fille-là m’échauffait le sang. J’eus une pensée pour Elérion. Ce maudit dragon et ses hormones de mâle en rut… J’aurais voulu que tout soit de sa faute ; cependant, il fallait bien le reconnaître, il s’agissait aussi de profiter de l’instant. Avec ses longs cheveux bleu-argent, l’odeur du sang planant sur sa peau, son allure souple et sinueuse cachant peut-être une force insoupçonnée… Impossible de détacher mon regard d’elle. Aussi fascinante qu’un serpent marin : plein de couleurs mais très venimeux.

- C’était en quel honneur ?

Je me rassis lentement, en prenant garde à ma voix de ne pas trembler. Faisais-je vraiment de l’effet à cette Ardente ou n’étais-je qu’une proie passagère ? Au vu de sa réaction, elle me semblait plus imbibée que moi. Mais je pouvais me tromper.

° Fais attention à toi. Tu joues avec un poison qu’il est difficile de doser. °
… Tu me demandes de ne pas profiter de la vie ?
Je te demande d’être prudent. Elle est membre du Màr Tàralöm. Elle pourrait vendre nos noms au plus offrant. Même si je doute qu’on se souvienne encore de nous, surtout en de bons termes, il est nécessaire de nous faire discrets.
C’est maintenant que tu me le dis ?! °


Ma pinte de bière perdait de son intérêt. J’avalai péniblement ma salive. Devant moi, Stalia revêtait les atours de la tentation mais aussi du danger. Je n’avais jamais été très familier des situations dangereuses. Elles me tombaient dessus sans prévenir alors que je m’évertuais à les éviter à tout prix.

- Donc, repris-je avec méfiance, les épaules tendues. Tu es Aspirante, en ce moment. Est-ce que ton Maître t’a appris à embrasser les inconnus ?

Un sourire niais commença à étirer la commissure de mes lèvres sans que je puisse me retenir. Pure provocation, stupide et néanmoins indispensable.



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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Dim 19 Juil 2015 - 23:37 Répondre en citantRevenir en haut

La tête tournante d’un vertige pour le moins agréable, Stalia se demandait maintenant pourquoi elle était là, dans cette auberge avec ce neishaan. C’était car il l’y avait amené, mais il ne l’aurait jamais transporté jusque là si l’ondine n’avait pas eu la bonne idée de partir à la chasse dans un endroit pour le moins désertique et inhospitalier. Si elle n’avait pas fait ça, jamais elle n’aurait donné son premier baiser et encore moins elle n’aurait pensée pouvoir prendre du plaisir en compagnie d’un membre de cette race.
Entre deux pensées sautantes, l’ondine regardait la réaction de son compagnon de beuverie, contente de voir qu’il n’était pas indiffèrent à ce geste mais au contraire, vu le sourire niait et le rouge qui lui montait aux joues, semblait grandement apprécier. Il se permit même de lui poser deux petites questions auxquelles l’ancienne tueuse se ferait un plaisir de répondre. Du moins, elle essayerait de rassembler quelques mots pouvant avoir une signification proche d’une vraie réponse.

- L’honneur ? Bah, c’est quoi l’honneur ? Une règle qui ne sert à rien « pour la bravoure », quand je tuais pour le compte de mon père, il me disait toujours de ne pas tenir compte d’un quelconque honneur et de me contenter de frapper vite et fort. Mais en fait, à part tuer et ne pas avoir d’honneur, il ne m’a rien apprit de réellement utile. Pis c’est bien pareil pour Yong, lui, il s’est juste contenté de mettre ma vie en danger et c’est à peu près tout…

Il faisait très chaud, l’ondine ignorait quel en était la raison mais elle se sentait à l’étroit dans son corset et semblait étouffer. Il lui fallait trouver un peu d’air, aussi, d’un geste maladroit, elle défit légèrement les lacets de ce qu’elle tenait pour responsable de son malaise. Pendant qu’elle faisait ça, Stalia saisit le regard de Galaad, qui se penchait vers une partie de son corps dont elle n’avait jamais vu qu’un moyen d’appâter ses victimes avant de les tuer. Mais elle ne comptait pas tuer le neishaan et c’était étrange comme sensation de se sentir regarder de cette façon.

- Je vous jure, mes maitres sont tous aussi mauvais les uns que les autres, je n’ai jamais trouvé qui que ce soit qui ne me traite pas comme un esclave ni comme une sorte d’être sans importance. Sauf Turian, un elfe formidable, qui m’avait enseigné les principes de ma guilde, j’étais en chasse avec lui quand un chevalier m’a trouvé. Je l’ai abandonné, mais le jeu en valait la chandelle, avoir un dragon ! Vous n’imaginez pas à quel point je rêve de pouvoir me lier et partager ma vie avec un seigneur des cieux. Quelle chance vous avez et comment je vous envie.

Il ne fallait pas commencer à parler de dragon, sinon Stalia ne finirait pas de parler. Aussi l’ondine se tue enfin et laissa planer un petit moment de silence avant d’oser reprendre de façon plus timide un semblant de conversation. Tapotant la table, comme pour évacuer son stress, elle trouva difficilement les mots, pour demander d’une voix qu’elle ne se connaissait pas :

- Me trouvez-vous belle, maitre Galaad ?

Elle essaya de sourire puis elle posa sa main sur celle du neishaan.
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MessagePosté le: Jeu 30 Juil 2015 - 23:29 Répondre en citantRevenir en haut

La voix de Stalia ne mentait pas. Certainement un peu plus sujette que moi aux folies de l’alcool, elle se remit aussitôt à parler. Un discours sans fin qui, je l’avouai volontiers, me surprit. Elle ne perdait pas son temps à encenser le Màr Tàralöm, ses habitants et ses traditions barbares. Ses mots étaient durs. Ils ressemblaient à du venin. Visiblement, ses rancunes n’avaient aucune limite dans le temps. Elle n’hésita pas à briser des notions si chères au cœur de certains – l’honneur – et ne se priva pas de se plaindre de son Maître. Ah, elle me plaisait bien cette fille, tout compte fait !

Je fis signe à la fille de salle de nous resservir, sans jamais quitter Stalia des yeux, toute mon attention rivée sur ses paroles. Et peut-être un peu sa poitrine… Une chiquenaude mentale me fit grimacer. Oui, Elérion, j’avais remarqué qu’il s’agissait d’une Ardente - qui probablement n’hésiterait pas à me dénoncer pour espionnage auprès de son « Maître » si elle découvrait la vérité. J’étais au courant ! Mais était-ce ma faute si elle délaçait le haut de son corsage sous mes yeux ?

Je me raclai discrètement la gorge et détournai le regard, essayant de me concentrer sur le contenu de ma chope. Je tâchai d’avoir l’air décontracté, nonchalant. Cela faisait toujours son petit effet sur les filles, paraît-il. Elérion recommença à faire pression sur mon esprit. Cela devenait désagréable. Sa crispation méfiante risquait de me contaminer. Mes épaules se raidirent. Maudit dragon, quel fichu rabat-joie ! Même s’il n’avait pas vraiment tort…

- Tous les Maîtres Dragons sont sadiques et vicieux, c’est bien connu ! Ils croient qu’en nous poussant à bout, ils vont nous rendre plus forts. Celui qui m’a formé, par exemple, est un sacré spécimen !

Prend ça dans les dents, monsieur-je-sais-tout-et-je-suis-parfait !

Un sourire mesquin étira mes lèvres alors que j’enchaînai :

- Il voulait que ses Aspirants soient les meilleurs : en combat, en lettres, en politique, en survie… ! J’ai jamais été foutu d’apprendre à lire correctement et j’t’parle même pas du reste… Mieux vaut oublier ça ! Et te réjouis pas trop vite de te lier. Parce que, crois-moi, insistai-je avec un sourire mi-figue mi-raisin, tu ne pourras plus jamais goûter à la tranquillité !

Je tapotai ma tempe de mon index avec l’air de lui faire une confidence. Je devais avoir l’air complètement fou, surtout mais qu’importe !

- Tu ne seras plus seule là-dedans.

Evidemment, j’en oubliais la meilleure partie. Etre entier. Etre enfin complet. Cette sensation, au jour de l’Empreinte, ne connaissait pas d’égale. On ne réalisait pas la nécessité vitale de ce qui nous manquait avant de le posséder enfin. Toute ma vie, j’avais rêvé de devenir quelqu’un d’important. Voilà qui était fait, même si d’une manière détournée. Je ne pouvais plus concevoir mon existence sans le grand Bronze à mes côtés.

- J’suis pas Maître, j’suis Chevalier, rectifiai-je machinalement en reposant ma chope, avant de comprendre le réel sens de ses mots.

Pardon, avais-je bien entendu ? La main de l’Aspirante Ardente était chaude posée sur la mienne. Je n’osais pas bouger. Allait-elle me mordre, comme le ferait un vrai serpent d’eau ? Je lui retournai son regard en essayant de ne pas ciller. Incrédule, hébété, j’en perdais mes mots. Si j’ouvrais la bouche, j’étais presque sûr que j’allais me mettre à bafouiller comme un idiot du village. A la seconde où cette pensée me traversa l’esprit, je sentis distinctement le désappointement d’Elérion. Je grinçai des dents. Jamais content, celui-là !

- Belle ? Tu euh… Oui, tu es très belle. Comme un serpent ! Non, je veux dire, un joli serpent, un joli dragon…(Soupir.) Oublie ça.

Je me fendis de mon sourire le plus charmeur et me penchai légèrement vers cette charmante ondine. Je trahis néanmoins un peu de mon étonnement.

- C’est bien la première fois qu’une Ardente me pose cette question ! Oui, tu es belle. Personne ne te l’a dit, avant ?

Et c'était vrai. Aussi étrange qu'elle pouvait paraître, la beauté de Stalia Hellébore ne saurait être niée. Même son œil sanglant ne pouvait complètement l'enlaidir.
Au-dehors, couché dans un champ non loin de Lòmëanor, Elérion ruminait de sombres pensées, vexé par mon obstination à ne pas lui répondre au sujet de ses mises en garde.



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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Dim 2 Aoû 2015 - 17:17 Répondre en citantRevenir en haut

L’alcool faisait effet sur les deux buveurs, c’était certains, Galaad avait perdu son ton impeccable et sa prononciation parfaite des mots. Peut-être que la gêne de la question jouait, mais quand un homme passait de « je ne suis pas » à « j’suis pas » c’est qu’une partie de ses capacités de réflexion et de ses barrières venaient de tomber. Les explications que lui fournissait le neishaan semblaient confuses et des maladresses commençaient également à poindre dans ses idées. La comparaison entre elle, un serpent ou un dragon notamment :
- Suis-je vraiment belle comme un dragon ? Vous le pensez vraiment ? Aimeriez-vous voir si je suis également aussi souple qu’un serpent.

La main de Stalia remonta le long du bras de son interlocuteur, s’arrêtant au niveau du coude et le caressa:

- Si, mon père me disait que j’étais belle et les porcs que j’avais assassinée me le disaient également avant que je les tues. C’est juste que je n’aie jamais jamais jamais entendu quelqu’un de… gentil me le dire. Vous êtes vraiment quelqu’un de gentil chevalier Galaad, très gentil. Vous êtes même la personne la plus gentille que j’ai recontré depuis mon arrivée au kaerl. Exception faite d’une belle aspirante du Kaerl engloutie avec qui j’ai chassé le rat et brûlé une auberge. Je me demande si elle va bien, il faudrait que je l'a revoit un jour.

L’ondine eut un grand rire, mêlée de quelques larmes de sang. Son œil s’était remis à saigner et dans un demis juron, elle essaya d’étancher le liquide qui coulait sur sa peau blanche.

- Je suis désolé, des fois c’est vraiment pénible, il faudrait qu’un jour je pense à remercier maitre Yong pour ce cadeau qu’il m’a fait. C’est de sa faute si j’ai perdu un œil. Peut-être m'aideriez vous à lui faire passer un message ?

Mais alors qu’elle continuait à parler, une sorte de petit doute lui traversait l’esprit. Une part d’elle se concentrait sur la séduction du neishaan, mais une autre part, plus sombre, plus torturée, se concentrait sur la dernière réplique qu’avait dite Galaad. La façon dont il avait dit « c’est la première fois qu’une ardente… ». Cette part sombre de Stalia trouvait l’intonation et la tournure étrange.

Si l’homme avait fréquenté le kaerl depuis toujours, ou du moins très longtemps, pourquoi avait-il précisé « une ardente ». Voyait-il beaucoup de gens en dehors du kaerl ? Avait-il des connaissances, des amis ? Des doutes prenaient le pas sur le bien-être de l’instant. Stalia chercha à résister autant qu’elle pouvait, c’était la première fois depuis longtemps qu’elle se sentait bien, mais sa part sombre finit par prendre le dessus. Sa main, qui caressait doucement le bras du chevalier, se changea en une pince d’acier et l’agrippa avec force. Son visage se durci et dans un ton qui avait perdu douceur et tendresse, elle dit :

- Dites-moi, êtes-vous vraiment certains d’être un membre du Mar Taralöm ?

Mais, dans une sorte de pointe de d’espoir, elle dit d’une voix moins dure où perçait un léger sanglot :

- Je me moque que ce soit le cas ou non, mais dites-moi juste la vérité, s’il vous plait. Je vois que vous m’avez menti.
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Sam 15 Aoû 2015 - 00:08 Répondre en citantRevenir en haut

L’œil valide de Stalia capturait mon regard. Je ne pouvais que l’écouter sans broncher. Je me surprenais d’ailleurs pour mes qualités d’écoute. Moi qui d’ordinaire n’aimais pas les longs discours, qui me donnaient toujours l’impression d’être un idiot n’y connaissant rien… Je n’avais guère l’âme d’un poète. Mes défauts de lecture et ma piètre considération envers la littérature, sous toutes ses formes, ne faisaient pas de moi quelqu’un de très cultivé. Mon éducation aurait pu paraître grossière, paysanne, voire inexistante aux yeux de beaucoup qui vivaient en Tol Orëa.

- J’savais pas que j’étais gentil. Merci.

Les compliments, auxquels je ne m’attendais pas, me mettaient toujours mal à l’aise.

Si j’avais été poète, j’aurais pu répondre quelque chose de spirituel à Stalia. J’aurais pu vanter sa beauté sans trébucher sur les mots, ou la complimenter pour sa clairvoyance. Derrière son aisance à palabrer inutilement – dieux que les filles sont bavardes ! -, cette apparente fragilité émotionnelle, il suffisait néanmoins d’un geste ou d’une parole pour me rappeler à qui j’avais affaire. Quand ce n’était pas Elérion qui me soufflait une énième mise en garde… J’avais eu de la chance – si on veut – d’avoir Maître Garaldhorf pour mentor au Màr Tàralöm. Cet homme n’appréciait pas les sévices corporels. Tout du moins, n’avais-je jamais écopé de pareille punition, même s’il était certain que je l’aurais mérité. Quelques fois. Cette jeune femme, devenue borgne, paraissait bien plus forte que moi à ce jeu-là. Elle ne souffrait pas de la peur, ou du moins ne le montrait-elle pas. L’alcool aidait peut-être.

- Du Màr Luimë ? Qui ? demandai-je précipitamment, avant de me taire à nouveau pour l’écouter.

Sa main resserra son emprise sur mon bras. Et la caresse se mua en étau d’acier. Je ne pouvais m’échapper, quand bien même le voudrais-je. Soudain, j’étais terrifié. Et pas seulement parce qu’une Aspirante Ardente venait de facilement me démasquer… Mais aussi parce que je lui causais de la peine. Je l’avais déçue. Je n’aurais pas dû m’en émouvoir. Stalia Hellébore ne représentait rien pour moi. Comme tous ses semblables du Kaerl Ardent, cette nuisance adepte de la violence et de la cruauté n’aurait fait qu’une bouchée de mon Lié et moi, à la moindre occasion et sans remords. Je ne lui faisais pas confiance. Et pourtant, je me sentais mal en la regardant.

Elle m’implorait du regard. Sa voix tremblait. Peut-être ne s’en rendait-elle pas compte. Elérion revint à la charge, envahissant mes pensées pour y semer la graine de la raison.

° Dis-lui qui tu es. Mentir te mettrais en danger. Et tu pourrais lui causer du tort également.
Tu crois vraiment que c’est ce qui m’intéresse ? Lui épargner des ennuis ? Je m’en f… !
Fais-le, c’est tout. °


J’avalai péniblement ma salive. Mon regard ne quittait pas Stalia, autant pour éviter de perdre de vue ce serpent que pour la rassurer. Mon cerveau menaçait de céder sous la pression de ce paradoxe.

- Je me suis lié au Màr Tàralöm. Mais je n'y vis plus depuis presque deux ans.

Le reste des mots se déversa par ma bouche en un torrent impossible à retenir. Elérion s’accrochait à la conversation, je le sentais prêt à intervenir et, malgré tout, il se montrait particulièrement serein. Il voulait que je me débrouille seul. Car tout était de ma faute, encore une fois.

- J’suis désolé ! J’voulais pas te mentir mais comme tu viens de là-bas, je me suis dit qu’il valais mieux cacher ça… Et d’ailleurs, j’ai pas vraiment menti ! Je suis bien Galaad Lucis et mon lié s’appelle Elérion, il est le fil de la reine Lye’Den et il l’a même combattu ! Si tu revois cette couleuvre rouge, regarde bien, elle a maintenant une belle balafre sur le museau ! Aha ! Elle a aussi faillis tuer Elérion mais on a pu s’échapper… S’il-te-plait, ne m’en veux pas ! Tu es une Ardente, j’voulais pas que tu crois que je t’espionnais ou que j’t’ voulais du mal, c’est pas vrai ! Je veux seulement qu’on me laisse tranquille !

Je repris mon souffle. Un fourmillement familier engourdissait peu à peu mon corps. Un phénomène que je reconnaissais entre mille et que je maîtrisais de mieux en mieux. Je tâchai de maintenir mon pouvoir en place. A tout instant, j’étais prêt à basculer dans l’invisibilité la plus totale. La force de mon Bronze, corrélée à la mienne, m’apportait un sang-froid que j’étais loin de posséder.

- J’veux faire du mal à personne. Mais je le ferais si tu m’y obliges.

Ma voix n’avait pas tremblé. Mon regard, lui, me trahissait. Je ne voulais pas me battre. Pas contre elle. Parce que j'aimais bien cette ondine, tout compte fait. Mais s’il le fallait pour regagner le Kaerl Englouti, sauver nos vies à Elérion et moi et mettre en danger la sécurité de Stalia, je le ferais. Oh oui, je le ferais. Les dieux m’en soient témoins : personne ne nous ferait plus jamais de mal.



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MessagePosté le: Lun 17 Aoû 2015 - 11:25 Répondre en citantRevenir en haut

Devant la jeune fille ne se trouvait plus un petit neishaan innocent, avec lequel pourrait jouer Stalia la redoutable ondine. Mais maintenant, cette redoutable jeune fille voyait quelqu’un d’effroyablement intéressant et passionnant. Un ancien ardent qui avait envoyé sur les ronces le kaerl ? C’était un dilemme qui maintenant se présentait à l’esprit de cette aspirante : elle pouvait ne pas tenir compte de ses avertissements et essayer de le capturer. Cela ferait une bonne impression dans tout le kaerl et prouverait sa loyauté, mais d’un autre côté, elle n’était pas depuis longtemps chez les ardents ; rien ne l’obligeait à se comporté comme tel.

Doucement, très doucement, elle desserra son étreinte du bras de Galaad. Elle sentit ses traits se détendre un peu. La voix sombre de sa tête lui disait de dénoncer le jeune homme à Alauwyr, mais elle n’hurlait plus aussi fort maintenant que la vérité était faite. Car il y avait un point fondamental sur lequel l’esprit de Stalia se fixait et maintenait ; elle n’était ici que pour son dragon, pas pour le plaisir des dingues d’ardents. Dragon, le mot magique qu’avait prononcé le chevalier l’ayant recruté. Céleste, neutre ou ardent, peu importe. Tous sont la perfection même de la nature.

D’un pas vif, elle se leva et obligea Galaad à faire de même, l’ondine dominait le neishaan d’une confortable marge. :

- Pourquoi se justifier ? Vous êtes allez là où vous pensiez qu’était votre place. Cela ne fait pas de vous un espion, ni un danger, ni une déception. Oui, il valait mieux cacher cette information. Mais vous savez ? Vous savez que vous n’aurez pas besoin d’être violent avec moi. Je ne vous en veux pas, au contraire, maintenant je veux plus, je veux en savoir plus sur vous. Racontez moi la vie que vous avez menée ! Parlez-moi de la raison de votre départ, je veux savoir.

Pour ponctuer cette petite tirade, elle déposa un furtif baiser sur la joue de Galaad et se mit à genoux. Stalia dégaina sa dague et fit couler un peu de sang de sa main gauche. C’était sa façon à elle de prêté le serment suivant :

- Racontez moi, jamais je ne parlerais de notre rencontre, je le jure sur ma vie, ma guilde et ma déesse. C’est une parole que je tiendrais sur ma vie.

Cela fait, la chasseuse se rassie et observa Galaad avec convoitise. C’était excitant de se tenir en compagnie d’un chevalier renégat. Un chevalier dont le dragon avait combattu une reine en combat singulier. Le corps entier de Stalia frémissait, hurlait, bouillonnait. La théorie comme quoi les neishaans étaient faibles, ennuyeux semblait maintenant fausse. Avant que son interlocuteur ne rajoute quoique ce soit, l’ondine se permit de dire un mot venant du fond de son cœur :

- Vous savez, tout à l’heure j’ai dit que c’était étrange un neishaan courageux. Mais vous êtes au-delà de ça, je ne sais pas vraiment si je peux mettre un mot dessus.

Pour une fois, l’éloquence de Stalia se tarie, laissant libre place à son interlocuteur pour répondre. Seule la main de la jeune fille, posée sur celle de Galaad pouvait mieux parler de ses intentions et de son ressentit interieur.
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