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 Le chateau de silence. Sujet suivant
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Aby Myr Torgan
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MessagePosté le: Sam 25 Oct 2014 - 14:29 Répondre en citantRevenir en haut



Il est des craintes humaines qu’il vaudrait mieux taire, il est des inquiétudes Torhil qui ne sauraient être révélée et il est des secrets d’elfes qu’aucun être vivant n’est en droit de connaitre. Cependant, il est des histoires qui content ces faits aussi bien que le feraient un témoin légitime. Cachant sous leurs dehors bon enfant leur nature préventives, ces histoires racontées aux enfants devraient pourtant être prises au sérieux : Comme de véritables avertissements de ce qui pourrait, un jour, causer plus de tourment encore qu’à son tour. Maudit soit celui qui n’accordera d’importance aux contes pour effrayer les enfants.

Laissez-moi vous conter l’histoire d’un petit village paisible, un petit village de bergers et de fermiers en bas d’une montagne quelconque et n’ayant aucune importance politique pour qui que ce fut. Un village paisible loin des histoires des habitants des Terres de Rhaëg, loin des larmes et du sang de leurs guerres et, malheureusement pour eux, loin de toute aide extérieure.

Le village avait une bonne quinzaine de maisons semblables en son cœur, s’articulant de manière relativement hasardeuses autour d’un long puis central. Un puis aussi vieux que le village, si ce n’est plus. Le village possédait donc une quinzaine de familles de bergers, de fermiers en son cœur, tous aimants et consciencieux avec la vie en communauté. Pourquoi donc, vous conterais-je l’histoire d’un village sans histoire, n’est-il pas ? Alors laissez-moi vous parler de ce qu’il y a au-dessus de ce petit village sans histoire.

Au-dessus de celui-ci, se trouve un immense château que le temps à vu évoluer, briller, puis dépérir. Un château comme seul un esprit malade peut en occuper un. Avec ses tours qui sortent de la montagne comme d’innombrables griffes d’une main de monstre. Avec son donjon, masse informe au centre de ses murailles, dont l’architecture ne semble appartenir à aucun esprit connut en ces terres. Avec son aura, son aura d’ombre et de mystère qui plane jusqu’au village et glace le sang de ses enfants même au cœur d’une rude journée d’été. Il est aisé de savoir de quoi parlent les racontars des gamins et les menaces de leurs mères lorsqu’ils refusent de terminer leur soupé. « Sornettes de bonnes femmes » eurent tôt fait de dire les hommes de la paisible bourgade, non sans laisser un frisson agiter leurs épaules avec un regard inquiet vers l’édifice.

On raconte que depuis l’orée du temps, depuis le rebord de la conscience, ce château occupait cet endroit pour une raison inconnu. Créer comme par sa propre volonté, à l’abri du regard des Dieux eux-mêmes, et doté d’un maître en son sein. Un seigneur ? Ne me faites donc pas rire. Cet homme n’a rien d’un seigneur. Il y a des lunes de cela, alors que le petit hameau commençait à peine à se former, un homme solitaire quittait ce château afin de venir acheter quelques ingrédients aux habitants. Un homme comme jamais aucun d’entre eux n’en avaient vus jusqu’alors. Il n’était pas plus haut qu’un enfant, mais sa tête était énorme et ses extrémités extrêmement disproportionnées. Vêtus comme l’eut été un grand seigneur, d’étoffes les plus douces aux fourrures les plus couteuses, l’homme ne quittait pourtant jamais le cœur du château. Jamais, sauf pour venir chercher quelques ingrédients parmi la foule qui l’accueillais, comme de bien entendu, à bras ouverts et cela sans se poser la moindre question.

Mais le temps passa, le temps passe toujours. Et malgré le temps, le crâne légèrement dégarnis de celui qui se présentait comme « Ignatius, le serviteur » à qui voulait bien l’entendre ne perdait pas davantage ses cheveux d’une blondeur rare. Son visage, déjà marqué par les souffrances de la vie, ne gagnait pas en plis et sa démarche déjà fort hasardeuse et claudicante ne sembla perdre en vivacité. Éveillant ainsi les soupçons des villageois. On lui posa alors milles questions, sur ses occupations ou encore son maitre. « Je m’occupe du château, en bon serviteur que je suis. » Expliquait-il parfois. Ou encore « Mon maître est juste là, vous pourriez lui rendre visite plutôt que de me poser la question. » Et bientôt, le nain ne vint plus au village. Pas même pour acheter à leur fermier quelques légumes frais dont ils avaient le secret.

Et ils auraient pu continuer ainsi longtemps si l’Homme ne souffrait pas autant d’un mal qui le consume depuis que sa race à vue le jour : La curiosité.
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MessagePosté le: Sam 25 Oct 2014 - 14:29 Revenir en haut

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Aby Myr Torgan
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MessagePosté le: Lun 27 Oct 2014 - 08:33 Répondre en citantRevenir en haut



Les sentiments humains sont complexes : L’amour, la haine, la curiosité, la tolérance… Tout ces ressentis sont aussi fragiles que l’Homme lui-même et ne cessent de balancer les uns avec les autres dans un tumulte sans cesse renouveler. C’est ainsi que les histoires allaient bon train dans le village, sans plus une seule nouvelle d’Ignatius le nain. Le château restait enfermé dans son mutisme éternel et les habitants ne cessaient de le regarder d’un œil craintif. Les légendes, les rumeurs, commencèrent à faire leurs bonshommes de chemin parmi les membres de la bourgade. On disait que le nain et son maitre étaient des sorciers noirs, on parlait d’un dragon enfermer dans les entrailles du château depuis des millénaires déjà, on parlait de fantômes et de vampires.

Mais un jour, un brave et quelques fermiers décidèrent d’aller frapper au château pour demander des explications. Bien entendu, ils n’avaient aucun droit d’obtenir des réponses et n’étaient en rien guidés par la légitimité mais bien par la curiosité pure et dure. Ces hommes, tous forts et vaillants, n’en étaient pas moins transit par la peur et l’appréhension. Ils marchèrent donc plusieurs heures avant d’arriver devant une immense porte d’une matière semblable au bois, mais qui n’en était assurément pas. Ils frappèrent trois coups, qui résonnèrent dans la montagne avec force et puissance jusqu’au cœur du village, jusqu’à l’intérieur du puis du hameau. Rien ne se produisit. Alors, le brave et trois de ses hommes se mirent à pousser les portes de leurs bras musculeux afin d’entrer. Etonnamment, celle-ci n’opposa pas la moindre résistance et s’ouvrit devant eux comme ils l’eurent fait avec leurs propres portes. « Quelle magie est-ce là ? » Balbutia l’un d’eux en sentant avec quelle légèreté il poussait l’immense panneau avec ses confrères. Mais le silence lui répondit.

Leurs pas ne cessaient de bruire contre les larges murs de l’édifice à mesure qu’ils avançaient en son sein. Pas d’autres bruits que leurs propres pas, pas d’autres signes de vies que les leurs. Ils réalisèrent soudain que jamais Ignatius n’avait parlé d’autres serviteurs. Le brave dit alors à demi-mots : « Comment un seul petit homme peut-il s’occuper d’un château pareil seul ? C’est impensable ! » mais cette fois ce fut l’écho qui lui répondit. Un écho inquiétant qui sembla s’enfuir jusque dans les profondeurs de la bâtisse avec la rapidité d’un serpent. Les hommes se rapprochèrent les uns des autres, de crainte que quelque force maléfique ne les ait repérés après ces mots qui se répercutaient partout. Ils grimpèrent des marches, parcoururent des couloirs, visitèrent des chambres et des pièces qui semblaient toutes vides de meubles comme de substances. Et à chaque instant ils furent étonnés de par l’architecture interne qui ne ressemblait à nulle autre de par le monde. De même, les matières utilisées ne semblaient ne pas être de la pierre, de l’acier ou du bois. Tout était uniforme dans l’étrange, tout était inquiétant, tout les mettaient mal à l’aise.

C’est alors que, poussé par une plus grande curiosité que les autres, l’un des hommes aux cheveux de feu approcha d’un mur afin d’y poser sa main et de frotter la cloison du revers de son bras. Il la retira bien vite, avec un gémissement de crainte et tourna ses yeux vers le brave en prenant une voix plus inquiétante encore qu’inquiète : « J’ai sentis la paroi… pulser. » Le courageux s’approcha de la paroi, non pour éprouver ses pulsations, mais pour voir de plus près l’endroit qu’avait frotté l’homme paralysé par la peur. « Nous partons… » dit-il en détachant bien chaque syllabe. Et ils entreprirent de faire marche arrière. C’est alors, qu’en bas des escaliers qu’ils venaient d’emprunter, apparut Ignatius de toute sa laideur. Il avait les bras le long du corps, le regard absent et un sourire sur les lèvres. « Bienvenue chez mon maitre. » Dit-il en ouvrant ses bras, son regard toujours dans les limbes. « Il souhaiterait vous inviter… à diner. » Le brave approcha prudemment : « Et qui est ton maitre, j’aimerais le voir. ». Le nain se prit alors à rire, un rire immonde qui ne fit absolument pas d’écho au sein du château. « Mais c’est déjà fait. ».

L’histoire raconte que tous les hommes revinrent du château à la nuit tombée. Ils semblaient tous extrêmement fatigués, tous très las de cette aventure. Et quand les autres, restés au village, leurs demandèrent ce qu’ils s’étaient passés –car la curiosité n’a de barrière que si l’on est terrifié- ils répondirent presque en cœur : « Rien qu’il ne faille raconter. » Mais à la nuit tombée, la femme du brave put l’entendre parler pour la première fois dans son sommeil et dire d’une voix tintée de crainte et d’endormissement : « Tâchons de ne plus ennuyer le château. »

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