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Zoran Cynfelyn
Candidat(e) à l'Empreinte

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Inscrit le: 18 Oct 2014
Messages: 61
Présentation: URL
RPs: 52
Race: Fëalocë
Maître: Laéïa Lòkë (PNJ)
Fonction: Itinérant de Mystra
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 19 Oct 2014 - 17:22 Répondre en citantRevenir en haut

Zoran « Hotaru » Cynfelyn
Thème du personnage


Nom : Zoran Cynfelyn.

Surnom : Hotaru (luciole), le nom qui lui fut donné en tant que Prêtre Itinérant de Mystra.

Âge : Printemps, dans sa 19ème année. Né au mois de Llefelysku 899.

Race : Fëalocë

Physique, Caractère :

Physiquement, Zoran se démarque peut-être par son apparence malingre et sa silhouette d'éternel adolescent. Sa taille n'excède pas le mètre soixante-cinq, il est ainsi plus aisé d'accepter que le corps définitivement squelettique du Fëalocë puisse se mouvoir – et ce malgré l'absence assez déstabilisante au premier abord de muscles. Zoran n'effraie que par son air maladif, son teint cireux et ses traits tirés. Les formes de son visage sont dures et pointues, de son nez long et droit à ses sourcils naturellement froncés, et la maladie a creusé dans le grès de ses joues d'étranges cavités où viennent se réfugier les ombres. Sa bouche fine est habituée à un pincement continuel des lèvres, mais d'aucuns vous diront que, si vous avez la chance d'un jour l'apercevoir, son sourire est si franc qu'il vous est après impossible d'imaginer Zoran avec une autre expression que celle-ci. Son regard est d'un vert sombre, évoquant les forêts de sapins du Vaendark, et capable d'exprimer un nombre incalculable d'émotions en un temps réduit. La plupart du temps, cependant, on n'y voit que l'hiver, un vent froid sifflant dans les arbres – avec pour seule neige la poussière couleur de cendre qui cerne ses yeux. Ses cheveux sont coupés courts, mais tout de même assez longs pour cacher une partie de son front. Ils arborent une couleur rousse flamboyante, seul véritable signe de son sang Fëalocë, et ondulent avec toute la paresse insulaire de Qahra. Zoran n'a jamais vraiment accordé une très grande importance à son aspect extérieur, et même si ses poignets et ses chevilles sont ornés de multiples bracelets de sa confection, il se trouve le plus souvent vêtu de manière simple, dans des tons sombres. Généralement, vous le croiserez vêtu de ce qui s'apparente à un kimono – veste et pantalon compris – qui décline des nuances de noir délavé et de brun. Quoiqu'il en dise, il aime certainement cultiver ce côté austère.

Le mot d'ordre pour décrire Zoran serait en effet un mot austère : abnégation. Relativement tôt dans son existence, le Fëalocë a été considéré comme un martyr, un sauveur, et le sacrifice est rapidement devenu sa seule raison d'être. Il place les autres bien avant lui-même, et ne se considère que comme l'objet de forces supérieures, sans d'autre intérêt que celui d'exécuter la tache pour laquelle il est venu au monde. Il ne se soucie ni du Bien, ni du Mal. Ce n'est pas qu'il nie leur existence, loin de là ! Seulement, son rôle n'est pas de juger, et il se doit d'aider n'importe quel type de personnes sans se référer à ses actes, peu importe si son chemin se trouve dans l'ombre ou dans la lumière. Zoran est persuadé que tout ce qui arrive est œuvre du destin et qu'il est inutile, voire impossible, de lutter contre cela. Ce fatalisme peut se révéler très agaçant, créant chez le Fëalocë une sorte d'indifférence et de résignation parfois malvenues. Ayant assez à faire de son propre but, Zoran ne ressent pas le besoin de se passionner pour de grandes causes, qu'elles soient politiques, sociales ou religieuses. Cela ne rentre pas dans son rôle.
Sur un plan plus personnel, le Fëalocë connaît mal ses émotions. Il a appris à assimiler ses états intérieurs à l'environnement, et différencie donc très difficilement ce qui vient de lui-même et ce qui vient de l'extérieur. De cette façon, il apparaît assez détaché et peu impressionnable, préférant s'imposer une certaine distance avec les sentiments plutôt que de se tromper sur leur nature. Il sait probablement plus qu'il n'en faut sur les ténèbres et la noirceur de l'âme. Elles le rongent de l'intérieur, résultat du flot d'énergies négatives recueilli par le jeune homme, et plus il recherche la lumière, plus l'ombre grandit en lui. Ce conflit intérieur ne le détourne nullement de ses principes, qu'il lui est impossible d'abandonner, et il passera simplement plus de temps à se torturer.
En conclusion, Zoran est quelqu'un de taciturne, quoiqu'une oreille attentive, mais jamais volontairement désagréable. Envers ses proches, il fait souvent preuve d'une dévotion presque alarmante et pourrait leur pardonner tout et n'importe quoi. Le Fëalocë est une personne de confiance, attaché jusqu'à la mort à ceux qu'il aime – souvent plus nombreux que ceux qui l'aiment en retour.

Alignement : Neutre Bon

Clan choisi : Ordre Draconique de Lumière

Équipement possédé : Penchons-nous un peu sur l'étrange cristal bleu que porte toujours Zoran autour du cou. Il s'agit en fait d'un artefact magique forgé par les Prêtres de Mystra, qui crée autour de lui une sorte de « miroir » à énergies, les faisant dévier. Zoran s'en sert comme d'un bouclier, pour empêcher son corps d'absorber toutes celles qui l'entourent. Il ne l'enlève pour ainsi dire jamais, sauf quand il le doit.

Magie : Zoran possède la faculté d'absorber l'énergie des choses vivantes qui l'entourent. Grossièrement appelé « vampire », la réalité est un peu plus complexe. On dit que les maladies sont dues à une mauvaise circulation de l'énergie vitale, qui, lorsqu'elle se retrouve bloquée à tel ou tel endroit, stagne et devient donc négative. C'est ce déséquilibre qui engendre des troubles, autant sur le plan physique que sur le plan mental. Grâce à son pouvoir, couplé à une volonté indéfectible de venir en aide aux autres, Zoran peut « soigner » en absorbant le surplus d'énergie négative qui empêche la bonne circulation du flux vital et ainsi rétablir l'équilibre.
En théorie, lorsqu'il n'y a pas de déséquilibre notable, le pouvoir de Zoran reste en état de latence. Cependant, au fur et à mesure de son parcours, c'est à l'intérieur même du Fëalocë que s'est créé un déséquilibre. Nul ne peut vraiment savoir ce qu'il se produirait aujourd'hui si Zoran décidait d'enlever son cristal au milieu de personnes saines – et cela n'arrivera sûrement pas.

Le Don.

Histoire :



Les parents de Zoran étaient de ces jeunes couples qui, attirés par l'odeur de la richesse et de l'exotisme, avaient abandonné famille et patrie pour voguer jusqu'au continent de Qahra. Là, ils refirent leur vie – sûrement pas aussi bien qu'ils ne l'avaient imaginé, mais ils s'en contentaient. Tandis que Yànis participait à des expéditions aux abords de la jungle, rapportant tout ce qui pouvait s'échanger contre de l'or, Salamandre, elle, tenait un étal où elle vendait diverses breloques de sa fabrication. Installés dans une bicoque d'un village du Delta Salin, Amerkhat, ils ne tardèrent pas à y fonder leur propre famille. C'est ainsi que naquirent, dans l'ordre chronologique, Néfara, Kaylhin, et enfin Zoran, à quelques années d'intervalle.

Les trois enfants jouirent d'une enfance libre, avec son lot d'ennuis et d'aventures. Zoran grandit, un pied dans la rue, l'autre dans l'enceinte familiale. Il apprit aussi bien à manier les chiffres que le bâton, mais restait le plus souvent effacé derrière son frère et sa sœur quand il s'agissait de ce dernier point. Si le jeune Fëalocë était intrépide, c'était le plus souvent dans le confort de son esprit que se déroulaient les plus grandes épopées. En errant sur le port, il rêvait de pirates, d'îles lointaines et de coffres au trésor. Lorsqu'il voyait rentrer son père, couvert de boue et de blessures diverses, il se voyait à ses côtés dans la jungle, un arc lui ceignant le dos, sur les traces d'un tigre féroce. Quand un gamin menaçait de le rouer de coups s'il ne lui cédait pas sa pomme, Zoran lui donnait le fruit sans discuter et prenait la fuite avec toute la vélocité du monde.

La vie ne prédestinait que peu de choses aux enfants Cynfelyn. Un mariage avec le premier nigaud pas trop sans-le-sou venu pour Néfara, la charmante aînée dont les courbes évoquaient sans trop de peine les ondulations des rivières du Delta. Des contrats successifs en tant que convoyeur pour Kaylhin, le deuxième-né, dont le talent à l'épée ne garantirait sûrement pas la réussite. La reprise du petit commerce de leur mère pour Zoran, qui, à défaut de se passionner ou de se révéler doué en quoi que ce fût, avait la patience de passer des heures à nouer des fils ensemble et à y glisser des perles. Ainsi, pour son seizième anniversaire, Néfara lia ses jours à ceux d'un apothicaire pas trop mal loti. Il n'y eut pas vraiment de grande fête comme il est coutume d'en voir dans les petits villages, la majeure partie de la population d'Amerkhat variant au fil des marées. Cela avait attristé Zoran, qui aurait préféré ne pas avoir à se coltiner toute la soirée la présence envahissante de la cousine au Kaziel-savait-quel degré du marié.
Kaylhin, alors âgé de quinze ans, se battait avec quelques amis et fréquentait les tavernes à la recherche d'un peu de défi. Yànis avait tenté de l'amener avec lui durant ses expéditions, mais Kaylhin l'avait traité de « déterreur de pommes de terre » avant de prendre la fuite vers son repaire sur les toits, ce qui avait coupé court aux négociations. Quand son regard s'était posé sur son deuxième fils, le père avait compris qu'il ne réaliserait jamais son rêve de faire découvrir son travail à ses enfants.
Zoran, du haut de ses douze ans, semblait perplexe devant ce que le monde avait à lui offrir. Son horizon avait la couleur des eaux turquoises et du sel. Chaque jour amenait à ses yeux de nouvelles teintes, de nouvelles formes, et les clients tourbillonnaient devant lui comme les jupons chamarrés de sa mère quand il se cachait derrière elle, soudain étourdi par la foule. Ce fut à cet âge qu'il demanda à ne plus accompagner Salamandre sur le marché permanent, préférant rester à la maison seul pour aider à la confection. « C'est plus sûr si quelqu'un reste pour surveiller, en plus. » avait-il dit. Comme si les voleurs n'avaient pas suffisamment à faire avec les chargements marchands entreposés pour la nuit pour s'occuper d'une bicoque surtout remplie d'air. Comme si Zoran était capable de défendre quoi que ce soit contre qui que ce soit. Cette excuse cachait juste un besoin de solitude. Le jeune Fëalocë avait toujours bien supporté la compagnie des autres, sans pour autant la rechercher, mais ces temps-ci, il se sentait rapidement mal quand il se retrouvait entouré.

Pour pallier la solitude, Kaylhin lui ramena un beau jour l'un de ces chiots orphelins qui abondent dans les ruelles. Zoran, par sa patience et son calme, apprivoisa l'animal sans trop de mal – d'autant plus que celui-ci ne semblait pas répugner l'idée d'être nourri et d'avoir une famille. Dandelion peupla ainsi les longues journées solitaires de Zoran. Cependant, quelques mois plus tard, le jeune chien tomba malade. Les premiers signes étaient discrets : un certain retard dans sa croissance, puis celle-ci s'arrêta complètement. Dandelion refusa ensuite de s'alimenter, prostré dans sa couche improvisée, montrant les dents à tous ceux qui s'approchaient d'un peu trop près. Seul Zoran avait encore la permission de lui tenir compagnie. L'animal mourut en l'espace de deux semaines, tout au plus. Les Cynfelyn furent déstabilisés par la rapidité de sa dégénérescence, et dans le cœur de Zoran la culpabilité peinait à s'envoler.
Kaylhin proposa d'en trouver un autre, après tout ce n'était pas ce qu'il manquait dans les rues, mais Zoran refusa. Il avait peur de voir se reproduire les mêmes évènements, et préféra rester seul avec ses perles et ses breloques. Dandelion fut dignement enterré sur la plage, l'emplacement de sa tombe marqué par une grosse pierre et quelques plantes des rivages. Zoran s'installait désormais à quelques pas de son ancien ami quand il travaillait, le regard tourné vers le lagon, enfilant les perles comme pour compter les minutes. Il mit un certain temps à le remarquer, mais depuis qu'il venait ici, les plantes avaient dépéri. Le Fëalocë changea plusieurs fois de place, jusqu'à ce que tout le bord de plage fût désert de toute végétation. Horrifié, le jeune Zoran alla se cloîtrer dans la maison jusqu'au retour de Salamandre. Quand celle-ci tenta de l'approcher, c'en fut trop pour le garçon, qui se mit à pleurer et à supplier sa mère de ne pas le toucher.

« Recule, maman, s'il-te-plaît ! Tu dois pas t'approcher de moi !
- Pour l'amour d'Ouranos, veux-tu bien te calmer et me dire ce qu'il t'arrive au lieu de chouiner comme ça ? Je comprends rien à ce que tu racontes ! »

Et Zoran lui expliqua, ravalant ses sanglots avec difficulté.

Le jeune Fëalocë fut confié à un Prêtre de Mystra pour ses treize ans. C'était l'un de ces religieux itinérants qui vont de villes en villages à la recherche de potentielles recrues, et il se révéla extrêmement intéressé par le cas de Zoran. Il ne fallut rien de plus qu'une promesse pour faire accepter à Salamandre le départ anticipé de son dernier-né. Il ne fallut rien de plus qu'une bourse rebondie pour faire oublier à Yànis que c'était son fils qui partait.
Nous abandonnons ici la famille Cynfelyn, qui ne tarda pas à remplacer Zoran par deux autres charmants enfants.




Les années passées auprès du Prêtre de Mystra – un obscur Sang-Mêlé surnommé Arianwyn – auraient pu certainement être le pire des enfers si Zoran n'avait pas présenté, depuis tout jeune déjà, un tempérament doux et obéissant.
Le Fëalocë et son nouveau mentor quittèrent d'abord Qahra pour le continent d'Orën, où se trouvait l'un des plus grands temples dédiés à la Déesse. Là-bas, ils trouveraient nécessairement quelqu'un qui serait en mesure de comprendre le pouvoir de Zoran – Arianwyn n'étant pas assez sage pour fournir de plus amples explications à ce propos. Et, en effet, les Servants de Mystra apportèrent au Prêtre une grande partie des réponses attendues. Zoran était ce que l'on pourrait grossièrement appeler un vampire : son corps aspirait sans considération les énergies l'entourant, bonnes comme mauvaises. Il était donc dangereux, mais sa capacité pouvait être domptée – du moins était-ce ce que croyaient Arianwyn et les Servants. Cependant, en attendant qu'une solution fût trouvée, il était important d'isoler le jeune Fëalocë.

Des mois durant, Zoran vécut donc dans la solitude la plus totale. Ce n'était certes pas une cellule sombre et étroite, mais il n'y avait absolument rien de vivant dans un rayon assez large, et le Fëalocë commençait à s'interroger. Était-il vraiment un monstre ? « Ne t'inquiète surtout pas, le temps te paraîtra sûrement long, mais nous allons trouver un moyen d'arranger les choses. » C'était là tout ce que le Sang-Mêlé avait cru bon de lui dire. Zoran n'avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait signifier. Il aurait aimé pouvoir assurer aux Servants et à son mentor qu'il ne le faisait pas exprès, qu'il n'avait jamais souhaité tuer Dandelion ou faire du mal aux autres, bien au contraire. Cet isolement lui pesa lourdement sur le cœur, et il eut l'impression qu'Arianwyn et les Prêtres l'avaient tout simplement enfermé dans le dessein de l'oublier là jusqu'à sa mort, protégeant le monde extérieur de son terrible appétit.
Même s'il l'ignorait, Zoran n'était pas si loin de la vérité, à un détail près. Le Fëalocë était loin d'être dangereux, sa cohabitation avec ses parents et son voyage en compagnie d'Arianwyn auraient dû en être la preuve, mais, ignorant tout de son pouvoir, les Servants avaient simplement préféré le mettre de côté. De plus, il était encore jeune, et donc assez souple pour que son esprit se courbe de la façon dont ils le désiraient. Dès lors, pourquoi s'en priver ?

Quand, enfin, Arianwyn vint un beau jour le trouver, c'était pour lui annoncer que malgré leurs efforts, aucune solution n'avait été élaborée. Le Fëalocë en pleura, et le Sang-Mêlé – contre toute attente – le prit dans ses bras, cherchant les mots qui sauraient réconforter son cœur inquiet et pourtant vide de colère.

« Ce Don que tu as reçu est une bénédiction, Zoran. Je connais ton cœur, je sais qu'il est bon et brûle d'illuminer les vies de ceux qu'il rencontre. Tu as le pouvoir de faire le bien, n'est-ce pas ? C'est ce que tu veux ? »

Entre deux sanglots, le jeune Fëalocë hocha la tête, ses mains froides cherchant la chaleur de l'autre corps comme des serpents avides.

« Sois reconnaissant envers les Dieux, car ils ont fait que nos chemins se croisent. Autrement, qui sait où tu aurais terminé ? Banni, honni, abandonné, craint par tes frères... Mais moi, qui suis le serviteur des Divins, j'ai su comprendre leur dessein. Ta lumière guidera ceux qui sont perdus dans la nuit, ta chaleur chassera les froides ténèbres de leur corps, la beauté de ton âme bannira les poisons et les folies de leur cœur. Tu as le pouvoir de faire le bien. »

Dans ces phrases, Zoran scella son destin. Et qu'il était heureux ! Chaque parcelle de son âme fit silencieusement le vœu de libérer autrui de ses peurs et de ses douleurs, ainsi que les Dieux, et surtout Mystra, lui en avaient donné la possibilité.

Arianwyn n'était certainement pas un sage, mais il n'était pas un idiot non plus. Quant à savoir si c'était l'opportunisme ou la foi qui l'avait guidé, cela devait rester nébuleux.

Une sorte d'accord fut passé avec les membres du Culte de Néhara qui s'occupaient des malades, de telle sorte que le Sang-Mêlé et son protégé se retrouvèrent logés dans le Temple le plus proche. En échange de cela, Zoran passait ses journées auprès des souffrants, et ses nuits dans une pièce assez en retrait du reste du bâtiment, seul. Cette solitude lui paraissait plus douce, maintenant que la pensée d'apaiser les souffrances réchauffait son cœur, mais malgré cela, les nuits étaient longues. On ne lui parlait pas beaucoup, le plus souvent pour le remercier d'un air effaré – plus rarement pour le menacer s'il s'approchait trop près d'une personne en bonne santé.
L'unique chose qui rythmait un tant soit peu la vie du Fëalocë était les visites assez irrégulières d'Arianwyn, qui n'avait pas attendu un mois avant de quitter le Temple et de continuer sa vie de son côté. L'étrange fascination des débuts s'était transformée en véritable adoration depuis que celui-ci lui avait fait cadeau d'une raison de vivre, même si, les mois passant, Arianwyn se faisait de plus en plus distant. Zoran également s'était fermé, ses nuits de sommeil de plus en plus courtes et son corps de plus en plus faible. L'obscurité semblait lui coller à la peau, et comme une mauvaise herbe établir ses racines dans le confort de ses entrailles. Il se ne plaignait pas, cependant, et acceptait presque avec réjouissance le contrecoup que lui imposaient les Dieux en échange des âmes et des vies sauvées. Quel autre choix avait-il de toute manière ? Son mal n'était rien en comparaison du bien qu'il produisait.

III – Le Cristal : Hotaru


Les choses changèrent alors que Zoran s'engageait dans sa seizième année. Après de longues recherches, les Servants de Mystra étaient finalement parvenus à un résultat. Il s'agissait d'une pierre peu connue dans cette partie de Rhaëg, que l'on extrayait au fin fond du Vaendark car on disait qu'elle protégeait des influences néfastes. Soumise à une série d'enchantements complexes, les Servants de Mystra pensaient avoir réussi à en faire une sorte de miroir à énergies, à même d'isoler le Fëalocë de son environnement. Ainsi, son pouvoir était retenu prisonnier. Il n'y avait plus de circulation – du moins selon les théories des Prêtres – et donc plus de risques.
Pour ce qui était de la pratique, et malgré les protestations virulentes de Zoran, ce fut Arianwyn qui se destina à la vérification du bon fonctionnement de l'artefact. Ils furent tous les deux enfermés dans l'ancienne chambre du Fëalocë au Temple de Mystra, pour une durée indéfinie laissée à la bonne appréciation du Sang-Mêlé.

Orbes de sang contre iris verdoyants, Arianwyn put enfin réaliser à quel point le corps de Zoran avait souffert durant son séjour chez les fidèles de Néhara. Le jeune homme avait la même taille et la même corpulence que deux ans auparavant, période durant laquelle aurait dû se poursuivre sa croissance. Ses membres étaient horriblement maigres, ses yeux vitreux entourés de cernes sombres comme de la suie, et son sourire faisait naître des ombres étranges dans les cavités de ses joues. Le fameux cristal couleur d'azur qu'il portait autour de son cou semblait presque trop lourd, et Arianwyn n'aurait pas été étonné de voir les cervicales se rompre sous le poids. Le reste de sa silhouette avait beau être dissimulé par l'espèce de toge bariolée que lui avait imposé les fidèles de Néhara, Arianwyn n'avait aucun mal à se représenter les côtes apparentes et la pâleur mortifère de la peau en-dessous. Zoran dut intercepter l'éclat de tristesse qui s'était planté dans les yeux du Sang-Mêlé, car son sourire s'élargit, un mensonge rassurant éclatant à la surface de ses lèvres.

« Ne t'inquiète pas, je te ferai sortir de cette pièce dès que je sentirai des picotements au bout de mes doigts. Il est hors de question que je te fasse du mal !
- Ta prévenance me touche, mais ce n'est pas cela qui me cause souci. Manges-tu à ta faim, Zoran ? »

Au fil de la discussion, il s'avéra que le Fëalocë mangeait effectivement à sa faim. Il était bien traité, avait à sa disposition un lit confortable, ainsi que de quoi rester propre. Même s'il le redoutait, Arianwyn n'eut pas d'autre choix que d'en arriver à la conclusion que les mauvaises énergies aspirées par le Fëalocë restaient bloquées en lui. Contrairement à ce que les Servants de Mystra avaient avancé, il ne les transformait pas, ne les rejetait pas ailleurs. Il les gardait, tout simplement, et leur accumulation ne semblait pas lui faire le plus grand bien – ce qui n'était nullement étonnant. Un rare sentiment de culpabilité s'était formé dans la poitrine d'Arianwyn. Son regard grave soutint celui de Zoran, et l'étrange détermination naïve et forcenée qu'il y lut suffit pour que ses lèvres demeurent closes. Le jeune Fëalocë n'avait recommencé à sourire que depuis son entrée chez les fidèles de Néhara, et le Sang-Mêlé n'avait aucune envie de voir son visage sombrer de nouveau dans l'obscurité. Pourtant, il était impensable que Zoran ne se soit pas rendu compte de son état physique – et, de toute évidence, mental. Aucun des deux n'aborda cependant le sujet : Arianwyn parce qu'il n'en avait pas la force, Zoran parce qu'il était s'était résolu à accepter le prix de son pouvoir.

L'expérience se révéla concluante. Aussi longtemps qu'il porterait à son cou la gemme bleue, le Fëalocë ne causerait de tort à personne. Ce fut un soulagement pour Arianwyn, à qui la compagnie de Zoran avait quelque peu manqué durant ces années. Le Sang-Mêlé proposa à Zoran de quitter le Temple de Néhara et de l'accompagner dans ses voyages. Il y avait des maladies et des esprits perdus partout, et le Fëalocë ne manquerait sûrement pas d'occasions de faire profiter de son don. Il fut renommé Hotaru – luciole – par la communauté de Mystra car il était la lumière vivant dans l'obscurité, car il guidait et réconfortait les âmes en peine à travers la nuit. C'était là une tradition qui ne s'appliquait que si on le souhaitait, mais Zoran avait décidé de suivre la même voie que son mentor. Arianwyn, en effet, possédait comme véritable nom celui d'Eindride d'Ostréel.

Tous deux reprirent donc leur Itinérance à travers Orën. Dans chaque ville et village où ils s'arrêtaient, le Fëalocë restait au chevet des malades – et cela autant de temps que nécessaire. En échange, ils bénéficiaient des bonnes grâces des habitants, parfois même d'un peu d'argent. Pour ce dernier point, Hotaru n'était pas mis au courant et n'en profitait pas. Il ne l'ignorait pas cependant, mais l'amour profond qu'il éprouvait envers Arianwyn l'empêchait de lui en tenir rigueur. Si certaines personnes regardaient encore le Fëalocë avec des yeux effrayés, il se sentait moins rejeté qu'à l'époque où il errait parmi les fidèles de Néhara.



Leur Itinérance les mena jusqu'aux rivages turquoise d'Amerkhat. Les maisons sur pilotis qui côtoyaient les bateaux de pêche, les bicoques branlantes qui semblaient s'extraire douloureusement de la jungle et les tentures colorées des étals permanents offrirent à Zoran une vision à laquelle il ne s'attendait pas. Une odeur salée de souvenirs flottait dans l'air chargé, se mêlant aux cris des enfants et des oiseaux de mer. Le sable était toujours aussi chaud sous ses pieds. Six ans s'étaient écoulés depuis qu'il avait quitté Amerkhat, et ce constat lui arracha un soupir étonné. Son premier souhait fut d'aller retrouver sa famille, car, enfin, ils n'avaient sûrement pas fait ce chemin par hasard ! Arianwyn lui sourit d'un air bienveillant et se laissa entraîner.

Un grand repas fut organisé le deuxième jour de leur escale, et autour de la table dressée sur la plage se trouvèrent rassemblés Zoran, Arianwyn, Yànis, Salamandre, Néfara et son mari. Dans leurs jambes se chamaillaient deux charmantes bouilles rousses (Chal, âgé de cinq ans, et sa sœur Ishtar, d'un an sa cadette) et un petit nœud de nerfs blond (le dernier-né de Néfara, prénommé Jarean). Seul Kaylhin manquait à l'appel, car il était en mer. D'après Salamandre, il n'était jamais le premier à être embauché par les marchands qui désiraient protéger leur marchandise, mais cela ne l'empêchait pas de décrocher des contrats de temps en temps. Arianwyn semblait pris de court par l'accueil chaleureux de la famille Cynfelyn, et Zoran en conclut que tous les parents auxquels il arrachait un enfant ne devaient pas le considérer d'un œil amical. Ce qui, en soi, n'était pas étonnant.
Lorsque Hotaru leur conta son histoire, toutefois, une ombre passa sur les visages de l'assemblée. Il ne réussit pas vraiment à l'interpréter, mais lorsqu'il jeta un regard interrogatif à Arianwyn, celui-ci resta de marbre. Zoran fut plus blessé qu'il n'osa l'admettre de ne pas rencontrer l'enthousiasme tant espéré. Refroidi, il se résigna à écouter avec un sourire poli sa mère et sa sœur lui narrer tour à tour tout ce qu'il avait pu louper durant ces six années plutôt que de leur faire partager ses propres expériences. Si Néfara rayonnait avec toute la violence sanglante d'un coucher de soleil, Salamandre, elle, semblait bien terne. Zoran ne savait dire, cependant, si cela était dû aux premiers nuages de la vieillesse ou à ceux qui passent au-dessus des détenteurs de secret. Surprenant le regard inquisiteur de son fils, Salamandre esquissa un brillant sourire pour détourner son attention.

Ce fut au soir du troisième jour que l'incident survint. Zoran était occupé à border ses deux turbulents cadets quand il entendit les échos bruyants d'une quinte de toux. Curieux, il abandonna les enfants à leur grabuge et suivit le son, assez violent pour lui servir de guide. Un certain sentiment d'appréhension enserrait sa gorge – car il avait reconnu le timbre de voix de sa mère – et ses pas se firent plus rapides. Doucement, il écarta les fins rideaux qui délimitaient l'espace réservé à la chambre parentale. Il fut accueilli par le regard épouvanté de son père, le front creusé de rides anxieuses. De Salamandre, seule la chevelure rousse était visible, tout son visage dissimulé par un linge blanc dans lequel elle semblait tenter d'assourdir le bruit de sa toux. Le Fëalocë ne perdit pas une seconde, se jetant à genoux au chevet de sa mère et prenant sa main entre les siennes. Salamandre refusait de regarder son fils dans les yeux, qui pourtant cherchait avidement à croiser les siens. Du coin de l’œil, cependant, elle vit les doigts se diriger vers le lacet qui retenait l'étrange cristal bleu autour du cou de Zoran, et un éclair de compréhension la fit chavirer. Elle ouvrit la bouche pour pousser un faible cri, retirant sa main de celle de son fils. Celui-ci eut une expression choquée mais ne se laissa pas impressionner par la résistance que lui opposait Salamandre. Il s'apprêtait à défaire le nœud du collier quand Salamandre se mit à crier plus fort, appelant son mari de toute la force de ses poumons malades.
Yànis bondit comme un fauve et prit Hotaru dans ses bras, l'empêchant de bouger. Le Fëalocë se débattit vainement, ses yeux affolés emplis d'une incompréhension proche du désespoir.

« Je veux l'aider ! Laisse-moi l'aider ! »

Mais Salamandre s'était réfugiée à l'autre bout du lit, contemplant son fils comme on contemplerait un monstre absurde. Honte, dégoût, peur, tristesse. Il sentit que sa gorge commençait à brûler, et ses maigres tentatives d'échapper à l'emprise de son père devenaient de plus en plus erratiques.

« Je peux la sauver ! Laisse-moi ! »

Aux cris indignés et désespérés de Zoran se mêlait désormais la voix fragile de Salamandre, suppliant Yànis d'éloigner le garçon d'elle. Quand il fut évacué de la pièce, des regards plein de pitié l'accueillirent (car le vacarme avait réveillé toute la maisonnée) et il dut lutter contre l'envie de vomir. Profitant de l'immobilisme général, Zoran tenta d'arracher son pendentif et de se jeter à nouveau près de sa mère, mais Néfara enserra ses poignets avec force.

« Zoran, ne fais pas ça. Notre mère veut garder sa souffrance pour elle-même, peux-tu le comprendre ?
- Mais, enfin, je... Elle n'a pas à souffrir ! Je veux juste l'aider, je ne suis là que pour ôter la douleur ! J'ai appris à m'en servir, je ne vais pas la tuer. Il faut me croire ! »

Néfara balança silencieusement la tête de gauche à droite, un sourire triste avait éclos sur son visage. À ses côtés surgit le regard dur de Chal, qui, malgré son jeune âge, semblait prêt à en découdre avec cet étranger qui débarquait après six ans d'absence et plongeait sa mère dans le désespoir.

« Si tu veux l'aider, c'est pas en la faisant pleurer que tu vas arranger les choses ! Tu devrais dégager ! »

Les épaules de Zoran se courbèrent sous ces paroles, et c'est à ce moment qu'il sentit la pression familière de la main d'Arianwyn dans son dos. Répondant à l'injonction silencieuse, il tourna le dos à sa famille et partit se réfugier sur la plage, laissant le Sang-Mêlé se confondre en excuses ou faire ce qu'il croyait bon de faire.

V – Ciryandil



Cela devait bien faire une heure que Zoran arpentait, comme égaré, la côte si familière du village endormi. Une heure, et le feu dans ses veines ne s'était toujours pas éteint, pas plus que le voile d'incompréhension ne s'était levé. C'était la première fois que quelqu'un refusait son aide – non, qu'il se retrouvait dans l'incapacité d'aider. Étrangement, cela semblait l'atteindre plus que de raison. Comme si le refus de sa mère avait allumé la dangereuse mèche d'années entières passées à amasser des énergies négatives, et qu'il n'arrivait plus à retrouver le calme, à stopper la cadence infernale de tous ces sentiments qui en entraînaient d'autres. De trop nombreuses voix hurlaient sous son crâne, l'obligeant plusieurs fois à se jeter dans l'eau translucide. Il en profita pour nager un peu, constatant que la fraîcheur avait fini par avoir raison de la fureur et de la peur.

À une cinquantaine de brasses, il remarqua une forme d'une blancheur diffuse, simplement posée sur un amas de rochers baignant dans le lagon. Intrigué, et même si Zoran n'avait jamais fait montre d'un grand courage, il décida de s'en approcher, d'élucider le mystère. Quand le Fëalocë ne fut plus qu'à quelques mètres, il put affirmer que c'était là la silhouette d'un homme. Assis sur un rocher, enveloppé dans un imposant manteau sombre qui ne laissait voir que ses mains jointes sur son ventre et son visage auréolé d'une chevelure blanche, qui luisaient paisiblement dans la nuit aussi sûrement que le reflet des étoiles dans la mer, on aurait dit qu'il dormait. Intrigué mais prudent, Zoran allait rebrousser chemin aussi silencieusement que possible quand la voix s'éleva dans un souffle léger, comme si son possesseur avait eu peur de troubler l'air même.

« Je t'attendais, Hotaru. Si tu es aussi bon que mon cœur me le dit, je te prierai de bien vouloir attendre un peu à ton tour. Il est des choses que tu n'as plus besoin d'ignorer. »

Le Fëalocë aurait pu poser une multitude de questions – Comment sait-il que je m'appelle Hotaru ? Qui est-il ? Que fait-il planté là ? Comment savait-il que je viendrais exactement ici ? Mais de quoi parle-t-il ? – mais il ne lui fallut que quelques secondes pour que ses yeux s'agrandissent sous l'effet de la surprise et qu'il tente une révérence affolée qui s'acheva dans un bruit d'éclaboussures. Zoran avait reconnu la tenue, les motifs, le sceau sur la bague. Il avait en face de lui un Servant de Mystra ! L'ébahissement ne dura que peu de temps, car le Fëalocë se mit soudain à se demander ce qu'il avait fait de mal pour qu'un Haut-Prêtre vienne le chercher jusqu'ici. De quelle faute pouvait-il bien s'être rendu coupable ?

« Apaise ton cœur, jeune Itinérant. Je ne suis pas venu en Prêtre mais en prophète. Toi qui possèdes en ton âme la marque de Mystra, quelle importance accordes-tu aux légendes ? »

Zoran dévisagea le Servant, bouche bée. Son intuition lui soufflait de répondre sans trop tarder.

« Il n'y a pas de légendes, il n'y a que des secrets. »

La figure pâle se targua d'un sourire entendu, comme si la réponse lui était déjà connue avant d'avoir été formulée.

« Bien. Toi qui ne connais que la dévotion, savais-tu qu'il existe, sur l'île d'où je viens, une vie en suspens qui n'attend que son sauveur ? Et si, au lieu d'être le réceptacle du malheur et de la douleur, tu devenais la source alimentant la lumière et non plus la luciole absorbant l'obscurité autour d'elle ? Sur l'île d'où je viens, les enfants de Flarmya arpentent encore le ciel. C'est à l'un d'eux que je veux te donner la possibilité de te lier, car ils ne peuvent vivre sans nous. Que dis-tu, Hotaru ? »

Le sourire s'était encore élargi, et, quand Zoran leva les yeux vers le ciel, il prit pour une étoile filante l'éclat furtif d'un Dragon Blanc. C'était là le seul signe dont il avait besoin, tant pis s'il n'avait pas compris la moitié de ce qu'avait dit le Prêtre.

« Qu'importe si je répands la lumière ou si j'absorbe les ténèbres, une vie est une vie. Moi-même, puisque je suis vivant, je n'ai que peu d'importance. »

L'eau et les vêtements mouillés commençaient à lui glacer les os, mais le Servant de Mystra ne semblait pas déterminé à bouger. Voyant que le silence s'éternisait, Zoran reprit la parole.

« Je vous suivrai, mais j'ai une famille à laquelle je dois faire mes adieux. Mère est malade, et je... Il y a mon maître aussi, je dois l'avertir. Il voudra sûrement m'accompagner, et...
- Une famille ? Ne fais-tu donc pas partie des enfants de Mystra, ne sommes-nous pas ta famille ? Ta mère et toi n'avez-vous pas renoncé l'un à l'autre quand ton maître t'a emmené ? Quant à celui-ci, tu risques de le trouver fort occupé si tu retournes le voir. Je suggérerais que tu ailles à sa rencontre une fois ton devoir sacré accompli. »

Une légère rougeur, à peine discernable dans la lumière des Lunes, apparut sur les joues du Prêtre, et Zoran s'en trouva déstabilisé. Que voulait-il dire ? À quoi Arianwyn pouvait-il bien se trouver occupé ? Il ouvrit la bouche pour protester, incapable de se résigner à abandonner le Sang-Mêlé sans le voir et sans le prévenir. Une partie de lui-même souffrait également à l'idée qu'il se trouve séparé d'Arianwyn, mais il était hors de question de renoncer à une vie. Il jura silencieusement de venir le retrouver dès qu'il le pourrait, puis, avec un sourire que le Prêtre ne pouvait pas voir, il lui tendit la main. Celui-ci resta parfaitement immobile, mais, soudain, comme sortie de la toile obscure de la nuit, une créature à la blancheur surnaturelle se matérialisa à ses côtés. Un cri s'échappa sans y être invité de la bouche du Fëalocë, et ses yeux effrayés croisèrent ceux d'un bleu discret de la créature.

° N'aie crainte, mon ami. Je m'appelle Aramanth et je ne te ferai aucun mal. Je suis le Lié de Ciryandil, avec qui tu as pu discuter tantôt. Ne doute pas de cette voix qui s'exprime en pensées : c'est là le Don que t'ont légué tes ancêtre. Je suis un enfant de Flarmya, un Dragon, et c'est à un de mes frères que tu permettras de voler si tu acceptes de nous suivre. °

Zoran tenta de répondre, mais aucun son ne voulut franchir la barrière de ses lèvres. Il ressentit soudain une dévotion et une compassion bien trop sacrées pour être exprimées à l'égard du gracieux Blanc. Son silence sembla apporter la réponse que le Prêtre et le Dragon attendaient, car le premier se leva enfin.

« Le froid et les ténèbres de l'Interstice sont bien trop souvent dangereuses pour nous autres humains. »

Il tendit la main, cherchant à l'aveugle celle du Fëalocë, puis l'aida à se hisser sur le rocher. Il se défit de son épais manteau et enroula la maigre silhouette de Zoran dans l'opulence du velours pourpre.

Ensuite, il ne vit plus que le blanc.

Histoire : Double compte d'Amaélis Yodera.





Dernière édition par Zoran Cynfelyn le Dim 11 Sep 2016 - 11:24; édité 4 fois
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MessagePosté le: Dim 19 Oct 2014 - 17:22 Revenir en haut

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