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Sasha El'Tiwas
Candidat(e) à l'Empreinte

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MessagePosté le: Mar 14 Oct 2014 - 00:22 Répondre en citantRevenir en haut


     
An 913, petite ville portuaire d'Ostreÿs, Nord-Ouest d'Undomë
Taverne « Le Sou Brillant »
     

Matînes sonnantes. (minuit)
        

Les pintes s'entrechoquèrent en libérant une gerbe de mousse généreuse, arrosant leurs porteurs.

- Santé !
- Au Lévrier et à son capitaine !
- Et surtout à la bande de chiens galeux qui navigue sous ses ordres !


- Ne rêvez pas , infâmes corniauds ! beugla un homme bedonnant en bout de table, dont la touffeur d'une barbe jaunie par le tabac portait un nez d'ivrogne. J'parie une tournée de whiskey qu'vous z'êtes pas foutus d'me faire un nœud d'écoute, là, tout de zuite ! argua-t-il en tapotant un index déterminé sur la table. Et si j'me mettais à beugler qu'le gaillard d'avant à b'soin qu'on abatte toute sa voilure, ben vous s'riez pas foutus d'bouger à temps !

- En même temps, ce foutu rafiot est à quai depuis cinq jours et not' capitaine honore encore une fois son titre de Bill la Barrique ! Pourquoi diable irait-on batifoler dans les gréements ? s'esclaffa un Chien de Mer, lui aussi bien éméché.

- Tais-toi, Grey! Bill la Barrique, capitaine du Lévrier et Maître des Chiens de Mer, brassa l'air d'un geste large, envoyant la pinte de son voisin à la rencontre brutale de ses dents. Moi au moins , j'peux tenir la barre et slalomer entre les récifs même quand chuis au bord du coma ! Il arbora un sourire confit d'alcool, sachant que personne n'oserait le contredire. C'était vrai et son équipage en avait été témoin à de nombreuses reprises. Vous autres...Vous...vous, euh...

Bill venait de perdre le fil de ses pensées. Quelque chose n'allait pas dans cette petite sauterie. Habitués des beuveries et autres festoiements lors des escales qui suivent les grosses...prises, les Chiens mettaient la petite auberge sans dessus-dessous. Mais il ne s'outra ni des mains passées sous les jupes des serveuses, ni de l'altercation entre deux de ses hommes qui, après quelques coups de poings, se changea bientôt en embrassade virile arrosée de bière... Non, il y avait un Chien qui ne faisait pas la fête ce soir-là. Et ce n'était guère dans ses habitudes.

~°~
     

Sasha contemplait le feu dans l'âtre, faisant tourner pensivement sa choppe entre ses mains. En jetant un œil sur le fond de cervoise réchauffée, il vit un visage jeune mais déjà balafré, dont le regard d'eau vive semblait éteint ce soir. Poussant un soupir, le jeune marin jeta négligemment la boisson ambrée dans les flammes, qui libérèrent une vapeur aux déplaisants relents d'orge brûlé.

- Tu gaspilles l'alcool ? Mon frère te voilà tombé bien bas , quelle déchéance...

Un sourire en coin étira les lèvres ciselées de Sasha. Il lui semblait bien avoir entendu le martèlement régulier d'une canne dans le brouhaha de l'auberge. Mikaal s'affaissa lourdement dans le fauteuil à ses côtés, étendant ses jambes pour reposer ses mollets atrophiés.

- Qu'est-ce qui te tracasse, Lani ? Il y a trois jours, tu trépignais d'impatience à l'idée d'être à quai, et maintenant te voilà moribond comme une mer sans houle. L'Intendant du Lévrier avait posé sur lui un regard légèrement brouillé par les beuveries, mais empreint d'une inquiétude sincère que Sasha ne connaissait que trop bien. Aujourd'hui est un grand soir, Sasha ! Festoyons ! Il leva un verre empli de liqueur de prune, son pêché mignon et le seul alcool qu'il tolérait. Nous buvons avec Les Chiens ! Nous faisons enfin partie de la meute, après cinq longues années à faire nos preuves, à montrer à tous que nous en avions et n'étions pas les capitaines ratés du Fends-Vague ! HA !

- C'est vrai, notre contribution à cette dernière...mission à grandement apporté au trésor commun. concéda le Septon en chipant la fiole de liqueur des serres de Mikaal. Et pour cela, je lève mon verre en ton honneur mon frère, spécialiste du recel et des marchés caduques !

- Oh, les confuses et maladroites Lois des Marchés Rhaëgiens ont fait la moitié du travail pour moi ! se gaussa le Méridion. Et sans l'intervention...musclée des Chiens et ce coup de semonce spectaculaire... Mikaal glissa sur son ami un regard d'admiration galvaudé par l'alcool. Le souvenir de cette flèche tirée par Sasha depuis le mât de misaine, jusqu'aux pieds du Capitaine à la tête du navire en avant d'eux, était encore vif. Si , si , ne fait pas ton faux modeste, Lani ! Un tir d'une telle précision... C'était du grand spectacle ! Sans cela, ce mesquin d'Ysien aurait gagné le large avec nos marchandises.

Le marin esquissa un sourire teinté d'une tristesse lasse, qu'il noya aussitôt dans le toast qu'ils portèrent. L'étourdissement salvateur le gagnait enfin, la chaleur liquoreuse emplissant son être qui semblait bien vide, présentement.

- Aah, mon frère, je sais... souffla Mikaal en abattant une main alourdie par la prune et la compassion. Je sais que revenir ici pour toi c'est...dur, tu vois ? Ta mère, qui t'as transmis ce talent...Ta mère serait fière de toi si elle était là !

Il était évident que non. Mais Sasha remercia quand même son ami d'une bourrade narquoise, attendri par sa sollicitude. Il allait proposer un autre toast quand une charmante fit son apparition.

- C'est l'Captaine qui m'envoie ! annonça la ribaude, dont les joues ressemblaient à deux pommes qu'on voudrait croquer. L'a dit qu'y a un jeune loup qu'y'a besoin qu'on lui r'monte le moral. J'ai reçu quèques pièces pour lui faire la nuit.

Sasha détacha son regard du décolleté pour le poser sur son Capitaine. L'homme tangua sur sa chaise en affichant deux pouces levés et un sourire grivois.

- Ah, quel veinard ! Je n'en reviens pas ! s'esclaffa Mikaal en lorgnant sur la jeunette avec envie. On dirait que ton coup d'éclat à fait des adeptes, mon vieux.

- Bah, ce petit cadeau va sans doute m'être décompté de ma malingre paye. Le jeune marin attira la belle sur ses genoux et déposa un baiser sur le cou blanc. Mais cela vaut sans doute le détour, n'est-ce pas , demoiselle … ?

- Pivoine. Pivoine Lambert. C'est mon ptit nom. dit-elle en branlant du chef dans ses boucles blondes, et elle avait effectivement l'air d'un bouton de pivoine prisonnier de chiffes grasses. Le messire à la canne peut rester aussi, s'il a quelque piécettes...glissa-t-elle avec un regard éloquent pour Mikaal.

- Oooh très peu pour moi ! Malgré son infirmité, le Méridion s'était relevé avec une rapidité surprenante. Je ne veux pas être le témoin affligé des piètres performances de Sasha, j'espère que vous avez demandé une coquette somme pour une nuit avec lui, mademoiselle !

L'Intendant s'éloigna en claudicant, évitant de justesse la choppe envoyée par son confrère.

~°~
     


Port d'Ostreÿs, Docks Ouest

Tierce sonnantes (3h du matin)

    
    


Quelques heures plus tard, Sasha était dehors, débraillé et échevelé, contemplant le spectacle ivoirin d'une lune sur le port. Payer de l'hydromel à la gouleyante Pivoine Lambert était une mauvaise idée et Sasha avait été expulsé du lit pour la laisser cuver après un ébat aussi intense que court.

- Ce Mikaal m'a porté la poisse. Ah, faux frère va ! grommela-t-il avec un rictus amusé.

Assis sur une borne d'amarrage, le jeune marin observait l'astre à travers la fumée d'un mauvais tabac emprunté à un soudard survivant. Dans les souples volutes cendrées se dessinaient parfois des images d'antan, des visages aimants et perdus à jamais. Avec un grognement, le jeune homme envoya sa cigarette dans les flots d'une pichenette et, les poings serrés au fond des poches, envisagea de retrouver le chemin de la taverne.

- Maudit pays...

A peine avait-il quitté les docks qu'un pas pressé cliquetant dans les ruelles avoisinantes attira son attention. Il ne tarda pas à apercevoir une fine silhouette glisser entre les maisons, le long des venelles sombres et désertes. Cela n'avait rien des classiques ivrognes, seuls errants à ces heures

Coupant à travers le pâté de maison, il fut bientôt derrière l'individu.

- Une fillette ?!

Pas exactement. Le galbe encore timide de ce corps longiligne, et tendu par sa marche nerveuse, était plutôt celui d'une adolescente en floraison, bien que déjà marqué par une carrure solide. A la faveur d'un rai de lune , le visage blême de la jeunette le guetta par-dessus son épaule. Elle avait déjà le trait déterminé de l'adulte et l’œil flamboyant. Il lui sembla même voire une menace dans ce regard silencieux.

- D'accord...Alors elle n'a rien de la demoiselle égarée. J'opterai plutôt pour une fugue ! songea Sasha, qui malgré tout continuait de penser que ce n'était pas un endroits pour les pucelles.

Le pas de la fille était resté égal, comme pour démontrer qu'elle n'avait pas peur des inconnus. Les grandes foulées de Sasha réduisirent bientôt la distance qui les séparait. Elle n'eût pas un regard pour lui.

- Heu, mademoiselle ? Silence obstiné. Il leva les yeux au ciel, c'était un peu tard pour materner une gamine effarouchée. Surtout lorsqu'une belle, aussi ronflante soit-elle, l'attendait au lit. Eh, toi là ! Qu'est-ce que tu fait dehors à cette heure-ci ?

Elle s'immobilisa et lui jeta un regard en biais, le corps gainé. Le Septon n'aurait su dire si elle se préparait à lui sauter à la gorge ou à partir en courant, mais...à la voir ainsi dans la demie-pénombre, dans toute sa dignité de petite demoiselle, Sasha se sentit soudain étrangement nostalgique. La gamine devait avoir treize ou quatorze ans, l'âge de sa jeune sœur Layla... L'enfant qu'il avait laissé derrière lui était-elle aussi devenue ce genre de pucelle effarouchée, courageuse mais inconsciente ?

- Écoute, inutile de te braquer... argua-t-il, s'adoucissant. Je ne te veux aucun mal, je trouve juste qu'il n'est pas sage qu'une demoiselle de ton âge déambule seule dans les rues, à une heure aussi tardive. Il jeta un regard sur les ruelles avoisinantes. N'as-tu donc personne pour t'accompagner ? Soupir. Je ferai mieux de te reconduire chez toi, c'est l'heure où les déchets se traînent hors des tavernes, tu va faire de mauvaises rencontres. Termina-t-il d'un air grave, actant par là-même sa détermination à la conduire en sureté.        





Dernière édition par Sasha El'Tiwas le Sam 14 Mar 2015 - 21:55; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 14 Oct 2014 - 00:22 Revenir en haut

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Mave Arkias
Invité

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MessagePosté le: Jeu 23 Oct 2014 - 02:41 Répondre en citantRevenir en haut


Ville portuaire d'Ostreÿs, Nord-Ouest d'Undomë
Demeure de Diter Arkias


« Je compte sur toi pour te tenir tranquille, Mave. Mon frère n'est pas un homme patient ces temps-ci. Il pourrait s'emporter facilement et s'en prendre à toi.

L'échos d'un soupir lui répondit. Fenrir sortit la tête de ses paquetages pour poser un regard interrogateur sur sa progéniture. Cette dernière ne lui prêtait même pas attention, accolée au mur d'une simplicité rustique. Mave regardait pas la fenêtre, vêtue sobrement de chausses brunes et d'une courte tunique bleue qui faisait ressortir son regard clair. Étrangement, elle était calme. Elle semblait juste lassée de leur périple et non prompte à l'emportement comme cela était trop souvent le cas depuis quelques temps.

Un soupir lui échappa à son tour, son squelette courbaturé craqua tandis qu'il se relevait. Il se faisait trop vieux pour tenir tête à la frêle Torhille glissant doucement mais sûrement vers l'âge adulte. Le plus flagrant témoin de cette évolution qui le désolait était ce corps poussant furieusement pour donner naissance à un corps de femme. Bientôt il devrait supporter, sûrement avec aigreur, les regards envieux de jeunes hommes en rut sur le corps de sa fille. Il s'était déjà pris à espérer qu'elle serait laide, mais le temps mesquin s'amusait à parer la future femme des atours qui furent ceux de sa mère. Cela l'attristait.

Enfin elle se mouva, son squelette encore gracile lui conférait une apparence longiligne qui dénotait avec son ascendance raciale. Mais sa mère aussi avait un squelette fin pour une torhille, peut-être que Mave avait hérité de sa séduisante fragilité ? C'est quand son regard tranchant vint se visser dans le sien qu'il songea le contraire. Le Forgeron ne savait pas d'où sa fille tirait cette incroyable agressivité. C'était à se demander si elle n'en voulait pas au Rhaëg entier.

-Je peux sortir avant le dîner ?

C'était plus une question qu'une affirmation. Le Torhil au squelette usé soupira à nouveau. Elle avait pris ce pli depuis la disparition supposée de Chahine. Cette nouvelle l'avait aigrie et Fenrir avait craint que l'adolescente n'ait nourri des sentiments plus profonds pour le mercenaire. Que ses doutes soient fondés ou pas, il avait été impossible de la questionner sur le sujet. A l'image de son squelette peu révélateur, Mave était insondable. La moindre tentative provoquait une réaction disproportionnée de la jeune fille qui enfouissait derrière des trésors d'agressivité ses pensées les plus secrètes.

Fenrir soupira encore. Le pauvre homme faisait peine à voir et même un squelette dans son cercueil aurait l'air plus heureux. Pourtant la jeunette n'en avait rien à faire. Insensible.

Sans attendre d'avantage, Mave s'engouffra dans l'escalier face à leur chambre. Un courant d'air frais lui fouetta le visage comme elle parvenait dans la cour de la vieille bâtisse. Des oies caquetant d'indignation s'écartèrent sur son passage et la Torhille entra dans ce qui tenait lieu de cuisine pour cette réunion de famille qu'elle redoutait chaque seconde un peu plus. Il fallait qu'elle prenne l'air.

-Où tu vas, cousine ?

Mave se tourna légèrement pour fixer son cousin. De deux ans son aîné, de quatre têtes supérieure à elle, Gerwald affichait avec fierté ses traits de torhil. Son squelette solide et avantageux supportait une carrure de bœuf. Mais derrière ce si beau faciès se cachait un jeune coquelet en manque flagrant d'influence sur autrui. Mave ne l'aimait pas. Il était trop semblable à son sadique géniteur battant veau, vache, cochon, femme et enfants comme on battait le fer au moindre mouvement d'humeur. Elle pouvait même voir briller ce sadisme inavoué dans les yeux sombres de son belliqueux cousin.

-Je sors.

-Je vais t'accompagner.

-Je peux me débrouiller seule, assura-t-elle en fronçant les sourcils.

-La nuit tombe et je dois voir des amis avant le dîner, ça ne me dérange pas de veiller sur toi.

Son ton était trop mielleux. Mave s'échauffait et cela l'amusait.

-Je n'ai pas besoin de...

Elle fut interrompue par Ottilie, la femme de son oncle, qui était malheureusement toujours trop prompte à aider les autres.

-Mais oui ! Accompagnes-la, Gerwald ! Je ne serais pas rassurée de savoir une si jolie jeune fille seule dans les rues à cette heure. Prend bien soin d'elle, d'accord ?

-Oui, maman, claironna-t-il en passant un bras autour des épaules plus que crispées de la Torhille.

-Ne rentrez pas trop tard ! »


Port d'Ostreÿs, Docks Ouest


« Sale garce ! Elle m'a mordu !

-Viens, elle doit pas être loin. »

Mave, prostrée dans une ruelle, remerciait Gaïa de lui avoir conférée un petit squelette pour une fois. Haletante, elle observait son cousin et ses amis disparaître entre les ruelles. Tous les noms de Rhaëg n'auraient pas suffit à décrire le dégoût que lui inspirait cet homme.

Quand la voie fut libre, la Torhille s'extirpa de sa cachette. Sous la lumière des lunes, son squelette élancé semblait émacié, on l'aurait crue irréelle. Eh oui, il était déjà tard et nul doute qu'elle avait raté le dîner. Cette pensée ne fut pas pour lui déplaire, cependant...Mave tourna la tête à droite, puis à gauche... Elle était perdue.

Contenant des paroles rageuses, elle commença à cherche son chemin en ressassant toutes les horreurs qu'elle souhaiterait faire subir aux trois compères. C'est vrai quoi, elle était peut-être petite et jeune, ce n'était pas pour autant qu'elle comptait se laisser faire. Il n'aurait plus manqué que ça après tout ce qu'elle avait vécu au village. Jamais un tel événement ne se serait produit là-bas. Mave avait l'habitude des hommes et elle tendait à s'en faire respecter comme leur égal. Cela n'avait rien de simple, mais à force de caractère, elle était sûre qu'un jour plus aucun n'oserait ne serait-ce que l'approcher sans craindre un coup de sa part.

Oui, Mave était pleine d'assurance. Elle l'affichait d'autant plus qu'elle ne savait absolument pas où elle se trouvait, mais mieux valait être ici qu'au milieu de ces gens qu'on lui imposait comme « sa famille ». Gerwald ne manquerait pas de tenter une vengeance...qu'il y vienne ! Ce coquaillon vexé en prendrait pour son grade.

Mais même en ruminant ses sombres pensées, même en marchant avec détermination, parcourant rue avec rue, le temps passait. Mave était jeune, elle avait fait un long voyage le jour-même et le repas sauté commençait à lui contracter l'estomac. Elle fatiguait, inéluctablement. Pourtant il était hors de question de montrer le moindre signe de faiblesse ! Ah ! Et ces yeux qui piquaient de sommeil !

Elle ne savait ni où elle était ni quel heure il pouvait bien être, pourtant elle continuait sa route comme s'il n'en eut rien été. C'est donc naturellement qu'elle décocha un regard agressif au badaud lui filant le train. Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Sa démarche demeura égale. Un aviné n'insisterait pas. La Torhille n'avait pas peur or ces gens-là étaient attirés par la faiblesse émanant de ce sentiment comme les mouches par le vinaigre. Elle n'avait rien à craindre. Pourtant il insista, alors elle lui accorda quelques secondes d'attention.

Drapée dans sa fierté, le corps alerte et tendu telle une arbalète, Mave était prête à réagir quelque fut l'attitude de l'homme lui faisant face. Ses balafres ne l'impressionnèrent guère et son air triste d'épagneul en bord de route ne trouva pas le moindre échos d'émotion chez la Torhille plus que sur le qui-vive.

Ce fut peut-être dû à son état de fatigue, mais sa réaction face à l'ersatz de sermon que lui adressa le preux inconnu provoqua chez l'adolescente un éclat de rire au caquètement squelettique. Cette impression fut sûrement provoquée par la répercussion du son dans le dédale de ruelles absolument muettes. Quoiqu'il en fut, Mave reporta un regard agressif sur la bonne âme ayant décidé de lui « porter assistance ».

« Je me débrouille mieux seule, si tu veux tout savoir. Je sais parfaitement où je vais et il n'y aurait eu personne sensé m'éviter la rencontre de déchets nocturnes, je serais même déjà rentrée, figures-toi ! »

Ce petit discours aurait pu avoir de l'allure si la fin de sa phrase n'avait pas été engloutie par un terrible gargouillis. C'est courbée sur elle-même, ses bras pressant son abdomen, que Mave tentait de faire passer ces furieuses crampes d'estomac. Qu'on se le dise, hormis en période de maladie, Mave n'avait jamais sauté un repas et son squelette en pleine croissance faisait savoir au reste de son organisme – d'une bien odieuse manière – qu'il n'allait pas fabriquer les centimètres restant le ventre vide.

Elle avait honte, franchement. En plus cet inconnu ne pouvait pas ne pas avoir pris note de cet événement. Allait-il en profiter pour tenter quelque rapt nocturne pour finir la nuit dans l'ivresse ? La Torhille n'avait même pas d'argent sur elle. Entre la faim et la fatigue, le froid des docks la gelait jusqu'aux os et elle n'avait qu'une envie, reprendre sa marche le plus rapidement possible.

De ce qu'il lui restait de dignité dans cet embarrassant moment, Mave décocha un regard de défi à l'inconnu. Qu'il essaie de se moquer, il resterait bien assez de force à la jeune fille pour lui virer cet irrépressible sourire qui prenait forme sur son visage balafré. Vexée et ne voulant pas s'exposer d'avantage, elle entama un quart de tour pour reprendre sa course loin de témoin de cet égarement.
Sasha El'Tiwas
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MessagePosté le: Sam 8 Nov 2014 - 18:02 Répondre en citantRevenir en haut

- Et bien, permettez donc à un humble déchet nocturne de vous raccompagner chez vous, princesse. argua le marin d'un ton acide, se fendant d'une courbette théâtrale. Votre mine de craie et votre toilette défaite ne sont pas pour vous servir en ces quartiers malfamés, on pourrait abuser de votre faiblesse. Ses lèvres émaciées se tordirent d'un sourire goguenard et malicieux, qui jeta dans son regard d'eau une lumière vive. D'autant plus que la venelle vers laquelle vous vous pressez avec tant d'entrain se termine en cul-de-sac réputé pour être un véritable coupe-gorge. On dirait que vous vous êtes perdue, mademoiselle "je-me-débrouille-mieux-seule".

Ce n'était qu'un demi-mensonge. Habitué à traîner sur les docks ces derniers jours, Sasha savait pertinemment que ladite rue, bien que tortueuse et sombre, débouchait sur un petit entrepôt tout à fait inoffensif. Néanmoins, le Septon avait l'expérience de ces petites villes portuaires un peu glauques et des balades nocturnes sur leurs quais vaseux. La demoiselle désorientée allait finir par faire une mauvaise rencontre, c'était une certitude et une question de temps.

- Je pourrais t'aider, mais je crains de ramasser un coup de pied dans les noix si j'ai l'indécence de m'adresser à toi une fois de plus. Je n'insiste donc pas. Haussement d'épaules faussement indolent. Fais ce que bon te semble, tu es une grande fille. Mais tu devrais arrêter avec toute cette colère rentrée et ces mines guindées, s'énerver aussi vite, ca creuse l'estomac.

Sasha enfonça négligemment les poings dans ses poches et fit demi-tour pour regagner l'avenue principale. Il devina le frémissement de colère de la donzelle dans son dos et cela le fit sourire. Ce caractère farouche, sur la défensive et pourtant si...mignon chez une jeune fille en fleur n'était pas sans lui rappeler Mary, l'unique rejeton de son Capitaine. La sulfureuse rousse était désormais une femme accomplie, patronne téméraire d'un Hostel réputé sur la Côte Ouest d'Ys, mais elle avait conservé ces traits d'humeur fulgurants que même son boucanier de père craignait. Cette petite n'était pas du genre à se laisser faire, elle irait sans doute loin dans ce monde parfois impitoyable envers les femmes...Mais pour l'heure, elle restait encore une enfant, perdue dans les rues d'Ostreÿs au beau milieu de la nuit.

- Pourquoi t'en soucier ? Sasha constatait que la jeune fille ne le suivait pas, il s'en sentit agacé ...et inquiet. Le Lévrier reprends la mer dans cinq jours, tu l'auras oubliée d'ici là...Des donzelles se font agresser et souiller tous les jours, dans toutes les ruelles sombres de toutes les villes. Le monde est impitoyable et crasseux, tu t'en souviens ? C'est pour ça que tu te sens plus à l'aise sur les flots, loin de tout cela. L'homme frissonna, ce raisonnement sonnait faux. Il suspendit ses pas puis resta roide et silencieux un moment, le regard baissé sur le pavé humide. Bon sang, depuis quand suis-je devenu aussi froid ?... Ce n'est qu'une gamine ! Elle pourrait être ma soeur si...

Il soupira longuement, puis lança un regard par dessus son épaule. L'adolescente n'avait pas bougé, son regard nerveux parcourait les lieux autour d'elle, sans doute pour tenter de se repérer. Elle fut interrompue par un nouveau gargouillement, témoignant sa faim toujours croissante. Confuse et irritée, elle considéra de nouveau le jeune marin qui eut un sourire compatissant.

- A quelques pas d'ici, on trouve une petite taverne rustique ouverte aux plus tardives heures de la nuit. Le Septon avait découvert l'endroit tout récemment et il s'en réjouit. Cela offrait une alternative plus sécurisante que le Sou Brillant, où les pires pochtrons dont certains Chiens de Mer, auraient rapidement des vues sur la fillette. On y fait d'excellentes tourtes à la viande et à l'oignon. C'est un lieu calme, fréquenté par une majorité de vieux croulants insomniaques et de futures parturientes saisies de fringales nocturnes. Je t'invite, si tu veux. Une pièce tinta dans les airs, jeta un éclat argenté en passant dans un rai de lune puis rebondit jusqu'aux chausses de la jeune fille. Tu peux aussi essayer de la trouver toute seule mais je crains que tu ne tombes, frappée d'inanition, avant de l'avoir atteinte !

Il paraissait plus probable qu'elle s'enfuie en prenant bien soin d'empocher sa pièce... Mais il pria en pensée pour qu'elle n'en fasse rien.   



Mave Arkias
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MessagePosté le: Mer 4 Mar 2015 - 03:32 Répondre en citantRevenir en haut

S'engager dans un coupe-jarret avait beau ne pas effrayer l'inconsciente, un vague instinct de survie tentait d'instiguer l'inquiétude dans son esprit. Comme les lunes hautes le signalaient, il était tard. La Torhille était fatiguée, elle avait faim et froid. Ce n'étaient nullement des conditions pour briser quelques museaux et distribuer quelques nions. Pourtant, l’œillade prolongée qu'elle jeta en direction de la venelle précédemment choisie marqua l'hésitation qui avait traversé ses pensées. Baissant les yeux, elle reporta avec plus d'attention son regard sur le marin visiblement plus coutumier de ces lieux que la jeune campagnarde qu'elle était.

Il était presque drôle, mais l'adolescente était bien trop bougonne pour rire face au cynisme de son interlocuteur. Cela la changeait de la passivité de son père, des soupirs las du village et de l'arrogance que manifestaient les divers protagonistes sur son chemin. Indignation, colère, mépris, condescendance, ignorance, voilà les réactions que Mave avait l'habitude de susciter. Cependant, rien de tout cela dans la tirade que formulait cet homme. A la faveur d'un rayon de lune, elle avait pu voir dans ses yeux clairs un calme serein, confiant, désintéressé, semblable à celui que possédait Chahine et qu'elle espérait – secrètement – un jour acquérir.

Cela ne l'avait pas empêchée d'être piquée au vif quand il argua sur son jeune âge et son agressivité implicite. Elle sentit le sang lui monter au visage, serrant les poings tandis qu'il lui tournait le dos sans plus de cérémonie. Mave ne comptait pas autrement que sur le fait de lui faire ravaler ses propos et initia quelques pas dans le sillage de l'homme. Mais son estomac en décida différemment et émit un nouveau gargouillis qui la plia en deux.

Quand les crampes cessèrent, son seul repère avait presque atteint le bout de la ruelle et Mave réalisa qu'elle risquait bel et bien de courir à la catastrophe. Elle était déjà perdue, c'était un fait, un autre était que son corps puisant dans ses réserves ne tarderait pas à prendre congé. La Torhille se trouverait alors sans défenses, à la merci de tout et impuissante. Cela la révulsait. Cependant, entre courir ce risque et « mettre sa fierté de côté », comme disait Kiara, en rattrapant le marin et profitant de son...aide juste le temps de, le choix de Mave n'était pas si aisé.

C'est quand son regard perplexe furetait aux alentours que la voix grave résonna à nouveau à ses oreilles. D'un regard sûrement plus « reconnaissant » qu'elle ne le serait jamais, Mave releva des yeux pétillant d'envie sur l'homme à demi-retourné vers elle. Toujours amère, hésitante, la proposition était plus qu'alléchante et un autre grondement ponctua le fil de ses pensées. Un grognement contrarié échappa à l'orgueil de l'undoméenne qui se baissa prestement pour ramasser la pièce et se hâta, en espérant qu'il ne le percevrait pas, à la suite du marin qui avait reprit sa marche, un léger sourire aux lèvres.

« Va pour la taverne aux tourtes, déclara-t-elle après l'avoir rejoint.

Si son camarade de fortune s'était montré moins bavard quelques minutes, peut-être par peur de la voir déguerpir au mot de trop, le trajet n'en avait pas semblé pesant pour autant. Il n'avait pas mentis. Mave ne retint pas son soulagement quand elle perçut les odeurs de cuisine en entrant dans l'établissement. Pas de musique, un faible brouahaha, le crépitement d'un feu et le tintement caractéristique de la vaisselle entrechoquée, il n'en fallait pas beaucoup plus pour que Mave lâche la bride à sa nervosité défensive et se détende visiblement.

Toute à son observation, Mave n'avait pas vu son compère, visiblement habitué au lieu, se faufiler entre les tables pour s'installer au fond de la salle. A vrai dire, elle ne s'en rendit compte que quelques secondes plus tard, bousculée par un vieux loup de mer sortant péniblement de la taverne. Ce simple contact avait réveillé une lueur agressive dans ses yeux clairs qui disparut aussi vite qu'elle était venue quand elle chercha des yeux son « guide ».

La Torhille se glissa entre les tables sans anicroches, puis s'assit face au marin que la serveuse venait juste de quitter avec un sourire. Lui, à la lumière des braseros, paraissait d'un coup fatigué quand il posa ses yeux de pluie sur elle.

- Je ne te voyais plus, j'ai cru que tu étais parti une fois la conscience tranquille, asséna la Torhille dans un sourire insolent.

L'adolescente se réchauffait et se détendait par la même occasion. Un bruit fort dans la salle attira son regard. Mave était après tout curieuse, c'était normal à son âge. Elle fut plutôt déçue, ce n'était qu'un client venant de briser sa chaise en trébuchant.

- Tu viens souvent ? demanda-t-elle en rompant le silence qui s'était installé entre eux. »

Elle parlait de la taverne en elle-même. Après avoir détaillé le marin quelques instants, elle avait remarqué les regards insistants que lançaient la serveuse dans leur direction. Drôle de comportement... D'un autre côté, elle ne comprenait rien aux êtres de son sexe, c'en était désespérant. Abandonnant là ces réflexions stériles, elle reporta son attention sur le marin.
Sasha El'Tiwas
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MessagePosté le: Sam 14 Mar 2015 - 21:49 Répondre en citantRevenir en haut

Surpris par ce revirement de situation inattendu, Sasha s'était laissé emporter par son enthousiasme. Que la jeune sauvageonne égarée aie finalement accepté de le suivre vers un endroit sûr sonnait comme une victoire…Et présentement, en ces terres natales associées à de lointains et douloureux souvenirs, la sensation d'avoir accompli quelque bonne action était plutôt agréable .
Lorsqu'ils parvinrent à l'établissement, les derniers insomniaques quittaient les tables, l'air repu et l'halène avinée. Il s'engagea dans la salle surchauffée sans s'apercevoir que sa protégée se faisait bousculer par les clients sortants, et à peine fut-il assis qu'une gorge généreuse vint frôler son oreille.

- Tiens mais, qui voilà ? susurra une voix féline.

- Eh m… ! Manquait plus que ça. Les iris clairs remontèrent le corsage girond jusqu'au regard gourmand posé sur lui. Loren, ca faisait longtemps ! Trois jours seulement, à dire vrai. J'espérais qu'elle m'aurait oublié ! Toujours à enfourner des tourtes ? glissa-t-il en se fendant d'un sourire carnassier.

La donzelle se para d'un air pincé, où la lubricité se disputait à l'exaspération.

- Oui, toujours. Depuis que tu as quitté ma couche au matin en prétextant une envie urgente et que tu n'es jamais revenu. Une moue boudeuse plissa ses lèvres pulpeuses, qu'elle avait fort jolies si l'on oubliait le fait qu'en coulait généralement un flot ininterrompu de paroles. Pourquoi tu te comportes comme le dernier des crétins ? C'est tout de même incroyable … Je t'ai tout donné cette nuit là alors que tu débarquais, crasseux et avide, de ton foutu navire. Ca ne signifie donc rien pour toi ?!

Sasha sentait déjà la migraine monter. Sept mois en mer sans toucher une femme, c'était long, très long… Le marin tentait d'honorer les belles qui brisaient sa solitude sitôt le pied posé à terre avec gratitude et application. Mais les donzelles voyaient souvent une promesse muette en cette unique nuit torride. A chaque escale, il en fallait toujours une pour le poursuivre de ses assiduités.

- Écoute Loren, on a passé un bon moment ensemble, mais je…

Il fut distrait par l'adolescente qui approchait enfin sa table. La serveuse jeta un œil par dessus son épaule et un voile de mépris figea ses traits.

- Oh. Je vois.

Sasha ouvrit la bouche pour se justifier, mais il renonça. Au diable le mélodrame ! Si Loren était assez stupide pour lui trouver un penchant pour les mineures, il n'allait pas se fatiguer à redorer sa réputation. Fort heureusement, la gamine ne fit pas attention au sourire crispé de la serveuse et s'assit en face de lui, avouant avoir cru qu'il avait déguerpi.

- Surtout pas, cela m'a demandé tellement d'efforts de te traîner ici que j'ai un creux maintenant ! Il héla le tenancier qui pétrissait la pâte derrière le comptoir. Oh l'ami, fais nous donc profiter de tes succulentes tourtes aux oignons et rognons ! On fera descendre tout ça avec un pichet de cervoise...Le marin eût une hésitation et après un coup d’œil circonspect sur son invitée, il ajouta : Et un jus de baies, pour la ptite  !

Il crispa la mâchoire dans l'appréhension d'un coup de pied sous la table, mais elle n'en fit rien, visiblement distraite par la chute d'un client cuit à l'hydromel. Il s’égraina ensuite quelques secondes où le duo incongru échangea un regard, puis l'adolescente demanda, visiblement plus encline à converser :

- Tu viens souvent ?

Il dut attendre que Loren, amenant les boissons, l'éclabousse sciemment en posant sa choppe sur la table d'un geste sec.

- Non. lâcha-t-il quand elle se fut éloignée. A vrai dire mon dernier repas ici remonte à trois ou quatre jours, j'avais débarqué à Ostreÿs depuis peu.

Il vit le front juvénile se froncer légèrement, mais ne s'y attarda pas. Après tout sa dégaine parlait d'elle-même, comme celles des quelques matelots qui arpentaient encore l'auberge en cette heure tardive. Rencontrer un marin sur Ostreÿs n'avait rien d'original.

- J'avoue que je ne suis pas mécontent de pouvoir savourer une dernière tourte avant de partir. Le regard de Loren brûlait comme un tison sur sa nuque. Mais certainement pas cette tourte là. songea-t-il, agacé. Il saisit sa choppe et la cogna contre le verre de jus, adressant un clin d'oeil taquin à l'adolescente. A la tienne, demoiselle-dont-je-ne-connais-toujours-pas-le-nom ! Il s'envoya une lampée de cervoise et leva son nez aquilin pour humer l'air. Ah ! Voilà l'heure de se péter la panse !

Deux énormes tourtes à la croûte dorée, nimbées d'un irrésistible fumet, firent leur apparition. La suite ne fut plus que concerts de mastications et bruits de couvert. La réputation de cet établissement n'était pas infondée, Sasha aurait pu engloutir son repas même si Loren avait craché dessus.

- Au fait… lança-t-il, la bouche pleine. Moi ch'est Chacha. Une nouvelle gorgée d'ale soulagea son ridicule. Hum...heu, Sasha. reprit-il en se râclant la gorge. Je suis marin sur le Lévrier qui mouille au dock Est. Il leva les yeux de son assiette pour croiser posément le regard de l'adolescente. Je ne t'oblige pas à me dire ton nom, mais c'est plus convivial pour trinquer.

         



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