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Yael Ladanza
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MessagePosté le: Lun 6 Oct 2014 - 13:47 Répondre en citantRevenir en haut

[8 Flarmyaku 918]


Il fallait être fou peut être. Sûrement même. Mais un contrat était un contrat et la rémunération était plus qu'à la hauteur. Mais il avait déjà enduré beaucoup jusqu'à présent et se mettait parfois à douter d'arriver à mener à bien cette quête. Avait-il eu les yeux plus gros que le ventre ? Tout ce qu'il avait du faire déjà lui criaient que oui, pour autant, il avait déjà vu grâce à ça beaucoup plus que la plupart des peuples de Rhaëg... Les dragons... Impressionnantes créatures qu'elles étaient, dotés de la parole et de l'intelligence. Mais son client l'avait mît en garde, ils pouvaient être aussi redoutables que merveilleux.

Il sauta de la calèche qui l'avait transporté jusqu'ici. Selon le plan qu'il avait en tête, pour l'avoir lu et relu des centaines de fois, il n'était plus très loin du lieu de sa destination: le 'Kaerl englouti'. C'était là un drôle de nom et il n'avait pas d'autre informations à son sujet. Juste qu'il ne serait pas simple de rentrer. Mais il avait tout prévu et s'éloigna de la route pour descendre bien en contrebas, à l'abri des regards indiscrets. Là il posa son sac et l'ouvrit pour sortir une robe simple mais de belle facture. Il se déshabilla entièrement pour se parer de ses nouveaux atouts. Robe, chausses et un unique bracelet particulier. Elle était presque prête. À l'aide de son poignard elle réduisit en lambeau ses vêtements masculins qu'elle laissa ensuite se consumer dans les braises qu'elle venait d'allumer. Usant d'une poudre pour réduire au maximum la fumée, elle en profita pour terminer sa préparation. Reprenant son arme, elle commença à s'entailler le corps, les bras, les cuisses, la robe. C'était douloureux mais il le fallait bien. À l'aide d'ortie et autre branches piquantes elle s'érafla encore, laissant des marques rouges au niveau de son cou et avant bras.

Son plan était risqué mais elle n'avait d'autre choix. Après avoir éraflé ses mains dans la terre et salit la robe, elle inspira profondément et se planta le poignard dans le ventre d'un coup sec, jusqu'à la garde, serrant le bout de ceinture entre ses dents. Là, ça faisait mal... Retirant l'arme, elle la jeta au loin avant de plaquer sa main contre la blessure. La route était plus en hauteur, elle était normalement passante, le temps pressait maintenant. Elle récupéra son sac qu'elle avait presque entièrement vidée et retourna sur ses pas.

Elle escalada comme elle pu la côte, retenant l'hémorragie comme elle pouvait.
Enfin la route... Personne. Ça commençait mal. Elle marcha un peu jusqu'à entendre des bruits de sabots derrière elle. Enfin ! Se retournant elle fit signe en direction de l'attelage, allant vers lui d'un pas hésitant.

-S'il vous plaît... J'ai été attaquée... Aidez moi.

- Par tout les dieux ma pauvre dame ! Le marchand sauta de son siège pour aller l'aider à marcher jusqu'à l'arrière de sa carriole. Prenez place ici, tenez, il lui fit boire de l'eau et lui donna un tissu propre pour appuyer sur la blessure. Sans attendre plus il repris place et donna un coup de fouet à son attelage pour reprendre la route d'un pas pressé. Yael sourit doucement, appuyée contre un sac de blé, écrivant dans le journal qu'elle avait avec elle. Elle arrivait enfin à destination, même si la blessure la lançait horriblement. La calèche se stoppa près d'une rive. Le marchand descendit et alla quérir un garde qui jugea quelques secondes de la situation avant d'envoyer quelqu'un demander quelqu'un pour soigner la dame.



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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 11:32 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl




Tel un vieil oiseau s'occupant à construire son nie, Nealyan semblait, malgré ses gestes fort lents, donner de toute part dans l'infirmerie. Là voilà qui accourait pour donner ses ordres à ses acolytes, pour soulager un homme atteint de fièvre, pour rassurer une jeune femme qui donnerait naissance sous peu. Ses vieux os la faisaient un peu moins souffrir depuis que le printemps était revenu, l'humidité se faisait moins présente, et elle en profitait pour se donner toute entière à ses patients. Son esprit voguait d'une tâche à une autre ; calme et rigoureux. La matinée s'écoula ainsi, tranquille...Depuis que Drazahir n'était plus, Nealyan s'était enfin trouvé soulager du poids que représentait les maux des marqués. Maux face auxquels toute sa science avait été impuissante. Maintenant la routine avait reprit son cours, paisible, et son vieux cœur s'en trouvait ragaillardi.

La lumière du soleil au zenith brillait à travers les parois de verres translucide de l'officine dans laquelle, elle et ses apprentis préparer leur remède, baignant la pièce d'une claire lueur bleutée. Ses mains ridées mais encore agiles s'activaient rapidement, pilant herbes et minéraux dans un mortier, à un rythme régulier dont les échos se répercutaient dans la pièce.

« Maitresse Shamar... ? »


La main de la maîtresse bleu suspendit son geste à l'interpellation hésitante. Ses yeux encore vifs se posèrent sur l'homme qui venait de pénétrer dans son infirmerie, alors qu'il se trouvait être encore gaillard, et ne semblait au premier abord souffrir d'aucune maladie. Elle l'analysa des pieds à la tête, depuis sa table de travail. Un garde... Étrange, il n’était pas dans leurs habitudes de se présenter ainsi sans y avoir été invité.

« Que puis je faire pour vous mon garçon ? »
Lui répondit elle bonnement.

« Une femme, jeune, retrouvée aux abords de la baie. En piteuse état qu'il parait, le chef m'a envoyé vous chercher. »


Sa mine s'assombrit quelque peu. Les bandits de grands chemins se faisaient rares en Terre de l'aube. Des gobelins tout au plus peuplaient les pics de cendre, mais ceux-ci se trouvaient suffisamment loin de la baie d'eau claire pour que les engloutis n'aient pas à s'en inquiéter. Au delà des blessures qui avaient put être infligés à cette jeune femme, c'était ce qui avait put les causer qui l'inquiétait autrement... Les souvenirs des traces qu'avaient laissé Drazahir étaient encore trop frais dans leur mémoire pour que la peur qu'ils inspiraient ne soit plus qu'un lointain souvenir. Qui ici oserait porter la main sur un membre du Kaerl, soit il un non doué ou un aspirant... ?
Laissant ses questions dans un recoin de son esprit, la maîtresse des soigneurs s'était aussitôt levée, s'agitant entre ses rayons et ses armoires emplies de divers potions, pommades et autres poudres au couleurs parfois étonnantes, à l'aspect souvent repoussant.

« Il a eut raison. Faites la donc entrer au Kaerl, nous n'allons pas laisser cette enfant mourir à nos portes. Allez donc me la chercher, transportez là doucement, doucement surtout. Je ne veux pas empirer son état si fracture il y a. »


Elle abandonna un instant la garde, appelant l'un de ses assistants pour lui demander de préparer un lit en prévision de l'arrivée de la patiente, avant de le rappeler à nouveau.

« Attendez. Allez plutôt prévenir les autres, mettez là sur une civière, ma dragonne ira la chercher. Si ses blessures sont ouvertes, un voyage sous l'eau pourrait la tuer. Merci. »


Et sans en attendre d’avantage elle congédia le garde, en appelant cette fois ci à sa liée Amser pour lui demander de lui amener la blessée. Une dizaine de minutes plus tard, la bleue se matérialisait à l'entrée de l'infirmerie, tenant entre ses pattes la civière ou avait été déposée la jeune femme. Deux hommes forts s'occupèrent de la transporter jusqu'au lit préparé pour elle. De son calme habituelle, Nealyan invita les gardes à quitter la pièce, et donna congé à ses aspirants.

Seule face à sa patiente, le vide se fit dans sa tête. Quelques secondes lui suffirent pour analyser la situation, comme si son esprit engourdit par les années ne connaissait plus rien d'autres à cet instant que ce pour quoi il était formé . La jeune femme présentait divers coups et griffes au niveau du visage et du cou, des rougeurs et des irritations dut aux ronces, aux orties et à d'autres plantes urticantes. C'était là des blessures mineurs. La vaste tache carmin qui allait s'élargissant au niveau de son abdomen était autrement plus inquiétante, le fait d'une arme sans aucun doute.
Loin de paniquer, l'habitude aidant, la maîtresse bleue saisit avec précaution l'une des nombreuses lames au tranchant aiguisé qu'elle avait préparé sur la table adjacente. Elle saisie entre deux doigts le tissus de la robe pour le découper plus proprement. Un linge mouillé qu'elle avait imbibé d'une potion visant à limiter les infections, et elle dégagea la zone ensanglantée en quelques gestes rapides et précis. La blessure avait dut être infligée par une dague ou un autre poignard ; elle présentait la marque caractéristique mince et profonde de ce type d'armes. Au coin du feux bouillait déjà un vin fort qu'elle entreprit de verser sur la plaie, causant une nouvelle vague de douleur à la pauvre enfant. Tout en s'activant, la vieille femme lui murmurait doucement des paroles réconfortantes.

« Ne t'inquiètes pas mon petit, tout ira bien. »


Et sans plus attendre, elle imbiba un nouveau tissus de vin qu'elle pressa sur la blessure, avant d’apposer un linge tiède humant l'eau de rose sur le front de la victime pour soulager sa fièvre.

« Voilà... Voilà... Nous avons bientôt finit... Comment allez vous mon enfant ? »


Saisissant la main encore fraîche comme un pétale de fleur de la victime dans la sienne, tannée par l'age, elle reprit :

« Si vous me comprenez, tentez de serrer ma main. Allez y... Soufflez... doucement... »


By Asshai



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MessagePosté le: Jeu 23 Oct 2014 - 09:35 Répondre en citantRevenir en haut

Le temps lui paraissait horriblement long et elle avait froid. L'hiver n'était partit que depuis quelques jours seulement et le temps était frais. Ou était-ce la perte de sang que le tissu avait du mal à juguler qui provoquait ses frissons ? Elle commençait à voir des étoiles, n'entendant plus grand chose si ce n'était le bruit de l'eau. Où étaient ils ? Pourquoi n'avançaient ils plus. Il faisait vraiment froid. Elle s'autorisa à fermer les yeux quelques secondes lorsqu'une ombre passa d'avant les rayons chauffants du soleil. Elle voulu regarder mais finalement elle était bien là, allongée. Elle sentit à peine qu'on la saisissait doucement pour la mettre ailleurs. Elle était fatiguée. Puis une sensation bizarre, désagréable, douloureuse lui arracha un cri muet en la faisant sombrer dans le noir totale. Elle avait peut être fait une erreur finalement.

~•~•~

Une douleur violente la tira de son état d'inconscience, la faisant se cambrer en serrant les dents. La sensation semblait avoir prit la totalité de son corps. Elle retomba lourdement sur le dos, la respiration rapide, le visage se perlant de sueurs. Elle avait connu des blessures au cours des ses périples, mais celle là arrivait dans son top 10.

Elle frissonna doucement, clignant des yeux. Elle n'entendait ni ne voyait bien, comme prise dans un brouillard avec pour seul repaire les éclairs douloureux de son ventre.

Une nouvelle vague vint. Plus légère que la précédente mais lancinante tout de même. Elle sursauta lorsque quelque chose de frais toucha son front, la forçant à se concentrer, attrapant le fil de la voix qu'elle entendait, la chaleur sur sa main fraîche.

- Où...? Demanda t'elle doucement en refermant ses doigts sur ceux de la soigneuse. Comment était elle arrivé là ? Depuis combien de temps ? Elle redressa un peu la tête, les yeux dans le vague, pour regarder son ventre encore rouge et surtout dénudé. Pas très longtemps de toute évidence ou alors le médecin des lieux n'était pas très rapide et compétant.
Puis son regard se posa sur la main ridée, parcouru le bras, l'épaule et enfin le visage doux malgré la forte présence de rides. Quel âge pouvait avoir cette personne dont la peau ressemblait plus aux dunes du Ssyl'shar qu'aux valons verdoyants d'Oren.

Yael inspira longuement en grimaçant et expira de la même manière. Les ombres et lumières devant ses yeux se calmaient doucement et son cerveau sortait progressivement de la brume de la douleur.

- J'ai... Mal, grimaça t'elle pour répondre à la précédente question. Où... Suis-je ? Répéta t'elle plus intelligiblement que la fois précédente.

C'est alors qu'elle tourna la tête et son cœur loupa plusieurs battements alors qu'elle retint sa respiration instinctivement. Elle ne c'était pas dit qu'elle feinterait le fait d'être déjà venu ici et heureusement, car elle n'aurait pas pu.
Dégageant sa main de l'emprise de la soigneuse, elle entreprit de se redresser pour poser les pieds au sol et se diriger vers le... Mur ? Elle ne savait pas ce que c'était, et à l'instant présent elle s'en fichait. Elle avait vu beaucoup de chose lors de ses voyages. Des ruines oubliés, des tombeaux soit disant maudit, des tertres de créatures étranges. Mais rien de comparable... Sous ses yeux évoluait une vie qu'elle n'avait jamais vu de cette façon. C'était... Indescriptible. Elle posa sa main sur la parois avant de vaciller doucement, la blessure de son ventre la ramenant à la réalité. Elle ne dû de rester sur ses pieds qu'à la chaise secourable qui était à portait et la main salvatrice qui se saisit doucement mais fermement d'elle, l'obligeant à retourner s'allonger. Elle ne se fit pas prier mais avait du mal à quitter le monde extérieur des yeux.

- Je suis désolé, dit elle simplement en se détachant enfin de la vision presque hypnotique. Je n'étais... Jamais venu, juste entendu parler mais c'est... Beaucoup plus beau que tout ce qu'on a pu m'en dire....

Elle porta doucement sa main vers sa blessure, reposant sa tête convenablement.

- J'ai.. Été attaqué... À plusieurs lieux d'ici... Ma caravane a été pillée et moi emportée... Je ... Elle ferma les yeux comme pour se remémorer un événement douloureux. Ils m'ont gardé avec eux...Puis... J'ai voulu m'enfuir et... Je presque réussi... Un sourire triste étira son visage. Le presque représentait la blessure qu'elle avait au ventre. Elle ne pensait à rien d'autre que son histoire, revoyant les faux souvenir qu'elle avait créé. C'était sa vie à présent. Une ancienne marchande ayant tout perdu dans l'attaque de brigands et qui avait échoué ici, sous une bulle magique.



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MessagePosté le: Ven 14 Nov 2014 - 23:29 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl



Un mince sourire parcouru le visage ridé par les années de l'ancienne maîtresse bleue. L'enfant était bien vivante et plutôt en forme malgré ses blessures. Elle avait ouvert les yeux et lui avait parlé, maintenant elle était pour ainsi dire hors de tout danger. Mais jeunesse rimait souvent avec précipitation... Et elle ne fut pas surprise de voir les yeux de cette protégée s'agiter en tout sens tandis que du regard elle cherchait une réponse à cette absurdité que pouvait représenter pour un esprit rationnel cet habitat sous marin aux murs translucides.

Persuadée que chaque chose devait être dite en son temps, et que la priorité revenait au repos et aux soins, Nealyan resta muette face à toutes les interrogations qui semblaient bouillonner au sein de cet esprit. Dans un doux chuchotement, elle entoura sa patiente de ses bras frêles et l'incita à se recoucher. Elle n'eut pas tant d'effort à fournir car déjà celle ci s'effondrait sur son lit, tant sous le coup de l'épuisement que de la surprise.

Avec son calme qui lui était accoutumé, Nealyan reprit sa place auprès de sa patiente et se saisit d'un nouveau linge imbibé de vin chaud qu'elle réapplica sur la blessure. La plaie s'était rouverte alors qu'elle s'était relevée, il fallait à nouveau désinfecter.

« Calmes toi... il ne t'arrivera rien ici... »


Bien qu'interloquée par ce qu'elle venait d'entendre, elle n'en montra rien. Il était peu commun que l'on se fasse attaquer en terre de l'aube, surtout lorsque l'on était marchand et que l'on n'appartenait à aucun des trois ordres. Peut être s'agissait il de trolls, de gobelins... Ou de Drazahir. Refusant toute théorie alarmiste, elle abandonna ainsi ses doutes dans un recoin de son esprit et reprit sa patiente tâche auprès des blessures de la jeune femme. Lui appliquant un nouveau linge tiède sur le front, elle en imbiba un autre de camphre qu'elle déposa sur la blessure et fit brûler quelques feuilles de Fulvuri Nocturne, afin d'apaiser l'enfant.

Fidèle à ses propres méthodes, elle continuait de murmurer ses éternelles paroles rassurantes tout en s'activant, et sans jamais avancer l'ombre d'une réponse à toutes les folles questions qui lui étaient adressées. Précautionneusement, elle entreprit de débarrasser l'enfant de ses vêtements, vérifiant si d'autres blessures plus graves ne s'étendaient pas sur ses membres.
Tout en découpant chaque morceau de tissus avec un soin choisi, ses yeux s'arrêtèrent sur une particularité pour le moins saisissante... Elle avait vu nombre de choses et de cas dans sa vie, et même si quelques livres de sciences médicinales attestaient bien de l'existence de personnes possédant tout à la fois les caractéristiques des hommes et des femmes, elle n'en avait encore jamais vu au cours de sa longue vie. Cette vie qui jamais ne cesserait de l'étonner, car même après un siècle, les surprises étaient encore au rendez vous. C'était là un cas pour le moins curieux et singulier, mais l'urgence étant ailleurs, la maîtresse soigneuse ne s'attarda pas sur ce détail, reprenant là ou elle s'était arrêté.

Quand après plusieurs longues minutes qui semblaient s'être suspendues dans le temps, la tâche fut achevés, et qu'elle fut soulager de constater que son intrépide aventureuse ne souffrait d'aucune autre blessure. La recouvrant d'un drap immaculé, Nealyan revint à ses cotés, saisissant de nouveau la main de la blessé dans la sienne. Ses yeux qui n'avaient pas encore perdus de leur vivacité, fixaient de leur azur cette infortunée avec autant de douceur que de compassion.

A présent, elle la savait réellement hors de tout danger. Les pansement apposés sur la blessure permettraient d'éviter les infections, tandis que les vapeurs de la Fulvuri apaisaient tensions et douleurs...
En y regardant de plus près désormais, Nealyan s'étonna de ne pas avoir remarqué la même singularité de ces traits... Débarrassé de ses robes et de toutes fioritures, ce visage là avait quelque chose de particulier et d’indéfinissable. Elle ne semblait pas être en mesure de dire si elle avait à présent une jeune fille, ou un jeune homme face à elle... Mais se gardant de toute indiscrétion, elle n'en fit pas la moindre évocation. L'originalité avait beau lui plaire, elle ne souhaitait en aucun cas traiter cet être comme une curiosité scientifique. L'humaine avait comme tout les patients qui croisaient sa route, droit à la considération et à la discrétion dont elle savait en toute situation faire preuve.

D'autre part, un sujet autrement plus grave préoccupait son esprit à cet instant. Les conditions dans lesquels elle était parvenue jusqu'ici laissait la maîtresse perplexe. Elle n'arrivait toujours pas à mettre un nom sur l'identité de l'agresseur qui s'en était ainsi pris à elle... Si il s'agissait d'homme de Drazahir comme elle le craignait, il était alors de son devoir d'en avertir les membres du conseil, et les seigneurs et dames des autres Kaerls... Toutefois, il fallait aussi en certain cas faire prévaloir la santé de l'individu face au bien commun. Elle décida ainsi de ne pas donner de fausses alertes, préférant la questionner elle même, avec toute la douceur et les soins nécessaires qu'il lui faudrait déployer pour parvenir à obtenir les réponses qu'elle attendait.

« Bien... bien... Pour répondre à tes questions, tu te trouves au Kaerl engloutit, mais je pense que tu l'avais déjà bien compris »
commença-t-elle dans un petit rire.

« Je suis Nealyan Shamar, chef des guérisseurs du Kaerl. Je peux t'assurer que tu es ici entre de bonnes mains et que tu ne risques rien. Tu garderas le lit un moment, je te déconseillerais de t'agiter inutilement, ta blessure n'est pas sans gravité... »


Elle ne souhaitait pas lui cacher la vérité. Chaque patient devait être conscient de son état pour éviter le moindre comportement à risques... ils étaient d'autant plus compréhensifs lorsque les choses leur étaient expliquées en toute simplicité. Elle faisait ainsi appel à leur responsabilité propre, plus qu'à l'autorité que lui conférait le nombre de ses années.

« Je ne souhaite pas t'importuner, aussi serait il bon que tu me préviennes lorsque la fatigue viendra te saisir. Je ne suis pas ici pour te faire subit un interrogatoire, mais il faut que tu comprennes mon petit, que l'identité de tes agresseurs pourraient relever d'affaires importantes pour les hautes instances de ce Kaerl. Les agressions sont rares en terre de l'aube, et un tel incident n'a rien d'anodin. Peut être pourrais tu me dire si il y a un détail ou une particularité qui t'aurais marqué chez eux ? Un costume, une façon de se mouvoir... Ne te presses pas, nous avons tout notre temps. »



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MessagePosté le: Ven 12 Déc 2014 - 07:26 Répondre en citantRevenir en haut

Cela faisait du bien d'être allongé, à n'en pas douter une seconde. Sa blessure lui tirait sur le ventre et semblait attendre l'instant où elle pourrait s'agrandir. La jeune femme serra les dents lorsque le vin attaqua de nouveau sa chair à nue, picotant et lui arrachant une nouvelle grimace de douleur. Ne pouvait-on pas inventer un produit qui désinfectait tout en ne donnant pas l'impression de brûler ?

Fermant les yeux lorsque le linge recouvrit son front, elle les rouvrit en sentant une odeur familière.
- Fulvuri, murmura-t-elle plus pour elle-même qu'autre chose. Elle connaissait cette plante, elle en avait déjà eu recours. Elle était utile pour mener à bien certains contrats.
Sentant les vapeurs lui chatouiller les narines et détendre ses muscles, elle se tendit néanmoins instinctivement lorsqu'elle sentit la froideur d'une lame contre sa peau, découpant le reste de ses vêtements. Ce n'était pas prévu ça, du tout. Les gens ne devaient pas savoir, tout pouvait être compromis. Dans un geste lent, mais précis, elle porta la main au niveau de son entre jambes, la rougeur colorant légèrement ses joues. Il fallait qu'elle se calme, c'était un médecin, elle n'avait aucune raison d'aller en parler à x ou y personne. Malgré ça, elle était gênée d'être ainsi mise à nu. Peu de personnes pouvaient se vanter de connaître réellement l'hermaphrodite dans son... Intégralité.

Elle retint un soupire de soulagement qu'elle ne put masquer de son visage lorsque le drap frais la recouvrit, lui provoquant un léger frisson à cause de la fraîcheur du tissu. Elle plongea son regard dans l'azur de ceux de la guérisseuse, silencieuse. Il n'y avait pas vraiment besoin de parler de toute façon. Elle avait l'impression que cette vieille femme comprenait sans soucis les maux, même silencieux, les demandes non dites et les douleurs étouffées.

Garder le lit. Cette option lui paraissait à la fois réjouissante et pas. Son corps douloureux et fatigué lui intimait d'obéir sans broncher et de profiter des soins. Sa tête elle lui rappelait qu'elle avait un contrat à respecter. Mais après tout, aucune limite de temps n'avait été donnée et de toute façon elle n'arriverait à rien de bon avec une blessure infectée. Rester ici était donc la meilleure des solutions envisageables.

- Merci, dit-elle simplement en fermant les yeux dans l'idée de se reposer. Mais c'était sans se douter qu'on allait la questionner sur son enlèvement. Car malgré ce que disait la vieille femme, ça y ressemblait fortement. Du moins, ça en prenait la voie.

- Je ne sais pas très bien... Elle fit mine de réfléchir. Les agressions étaient rares, mais pas inexistantes. Elle en avait brièvement parlé avec son client. Assez pour arriver à sortir quelque chose de cohérent.

- Ils étaient de plusieurs races, je crois. Hommes, femmes... Ils... Elle tourna la tête vers une des parois de verre. Ils ont parlé de vengeance... De dragons morts... D'empreintes échouées ? Elle interrogea sur ses termes. Les non doués, même sur Tol Oréa, ne savaient pas forcément les rouages des cérémonies qui se déroulaient ici.

- Je... Suis désolée, je n'en sais pas plus... Son commanditaire lui avait parlé d'un groupe de 'bandit'. Des 'liés' ayant perdu leur dragon et une partie de leur tête, ou bien des 'aspirants' qui avaient échoué à plusieurs 'empreintes'. Tous ses concepts étaient flous dans son esprit et les termes se mélangeaient un peu, l'obligeant à une gymnastique mentale dont elle se serait bien passée pour le moment.

- Combien de temps... Puis-je rester ici ? Je... Je n'ai plus rien pour vivre... Je dois... Gagner de quoi reprendre la route... Elle se mordit la lèvre, les larmes montantes. Ayant tout perdu elle devait être affectée. Elle connaissait déjà ce sentiment, d'abandonner quelque chose ou quelqu'un qui lui était cher, elle savait parfaitement le reproduire.

Elle referma les yeux, sentant son corps détendu par la plante réclamer son dû. Le sommeil.




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MessagePosté le: Mer 24 Déc 2014 - 00:03 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl



Sur le visage déjà strié de rides de la chef des guérisseurs, deux nouvelles marques parurent sur son front, plus profondes parmi les autres - soucieuses. De son regard elle interrogea la jeune personne allongeait devant elle, qui déjà l'avait quitté pour le monde des rêves. Du plat de la main, elle put constater que la fièvre n'était pas encore retombé, son sommeil serait surement agité. A son réveil il serait temps d'en apprendre plus sur cette attaque.

Il était étrange, improbable même, selon elle que d'anciens membres du Kaerl puisse ainsi se mettre en rupture de ban pour aller arpenter les routes de la Terre de l'Aube pour vivre du banditisme. Les non doués avaient sur Tol Orea, une place qui leur était toute faite à Lomëanor, et même si ils y devaient fournir les Kaerls, ils pouvaient y jouir d'une vie paisible, loin de toutes les agitations qui pouvaient secouer les villes et les campagnes du Rhaëg. Rare était ceux qui vivaient dans l'indigence sur cette île, il s'agissait de la dernière terre sacrée, tenue à l'écart du monde où l'idée de même de prospérité avait encore un sens. Que des non-liés ou des non-doués choisissent ainsi de se révolter contre l'autorité du Kaerl avait de quoi surprendre évidemment... Mais avec les événements de ces derniers temps, la sombre magie de Drazahir, et les troubles qui en découlaient, plus rien n'était à écarter.
Peut être qu'une partie des non doués considéraient que les maux qui les avaient touché étaient une injuste répercussion des activités des chevaliers-dragons. Après tout, les Kaerls étaient les premières cibles de Drazahir, et les attaques qui touchèrent les habitants de Lomëanor n'étaient finalement que de malheureux dégâts « collatéraux ». Qui plus est, nul ne pouvait ignorer que le mage noir lui même avait possédé un lié... De ces premiers constats il n'y avait surement qu'un pas dans l'esprit de quelques agités, pour prétendre que les trois ordres étaient la source de tout leur accablement...

Tout à ses réflexions, Nealyan entreprit de remettre de l'ordre à l'intérieur de son office, aussi silencieuse qu'une ombre, tachant de ne pas perturber le sommeil de sa protégée. Un tel événement ne pouvait être passé sous silence selon elle, mais il ne fallait pas pour autant faire entrer le Kaerl en état d'alerte inutilement. Mieux valait encore s'assurer de la véracité des faits qui venaient de lui être conté, et ne pas se précipiter avant d'avoir toutes les cartes en main.

La pièce remise en ordre, elle rappela un apprentie pour prendre la veille.

« Elle risque de paniquer à son réveil, elle est un peu perdue. Appelez moi dès que qu'elle ouvrira un œil. Amser restera avec vous en attendant. »


*Pars tranquille ma liée, je veillerai sur elle.*


Rassuré de savoir sa dragonne à ses cotés, elle quitta la pièce de sa démarche séculaire, pour se rendre auprès de l'un des gardes qui l'avaient retrouvé. Même si elle n'était aucunement préposé à la direction de la police intérieure du Màr, son statut de maitresse dragons et sa place au conseil lui donnait une autorité suffisante pour être obéie. Elle chargea une paire d'hommes de retrouver les lieux de l’agression et d'arpenter toutes les routes principales qui menaient au Kaerl, jusque à l'intérieur de la Sylve. Si enlèvement ou soulèvement il y avait eut, si campement il y avait encore, il pourrait toujours y en avoir des traces et, -qui sait ?- quelques indices.

Ces dernières directives données, elle revint au chevet de Yael, renvoyant l'apprenti qui y était resté. Elle dormait toujours, paisiblement grâce aux plantes qu'elle avait laissé brulées ici.

Venant s'asseoir à ses cotés, les yeux encore brillant de jeunesse de la maitresse bleue, se posèrent sur elle. Elle vérifia ses pansement, puis après avoir constaté que ceux ci n'avaient pas bougé, se contenta de rester là, sans mot dire, tout en vaquant à ses préparations. Elle tenait à garder un œil sur elle, personnellement. Lorsqu'elle serait de nouveau réveillée, Nealyan avait encore un certain nombre de questions auxquels elle se verrait contrainte de la soumettre. Sachant l'opération délicate avec une personne aussi souffrante, et ayant tout aussi bien conscience que les informations qu'elles détenaient n'avaient rien d'anodines, elle préférait s’acquitter elle même de cette tache : c'était encore là sa responsabilité de membre du conseil du Màr Luimë, autant que sa conscience de maitresse des guérisseurs qui parlait.

Mais Nealyan s'interrogeait avant tout. Elle avait beau retourner le problème dans tout les sens, elle ne comprenait pas la démarche des individus qui venaient de lui être décrits. Pourquoi vouloir s'attaquer à une profane alors même que ses agresseurs ne semblaient dicter que par un esprit de vengeance à l'égard des doués ? Pourquoi la garder prisonnière plutôt que de la tuer, si cela pouvait affecter le Kaerl d'une quelconque manière ? Ces réponses là, seule leur victime pourrait les lui apporter...

Quand après plusieurs heures, Yael rouvrit enfin les yeux, l'après midi touchait déjà à sa fin. Les gardes qu'elle avait envoyé à la recherche des agresseurs ne devaient plus tarder à revenir. Les eaux du Kaerl commençait déjà à s'assombrir, et d'ici une heure encore, elle se teinterait d'une magnifique couleur flamboyante - celle du soleil déclinant, avant de se mouvoir dans les tons mauves du crépuscule.
S'asseyant au bord du lit, Nealyan lui apporta un peu d'eau et du pain qu'elle avait fait apporté.

« Et bien mon petit... J'espère que ton sommeil n'a pas été trop agité. Prends ton temps, ne te redresses pas trop vite. Comment te sens tu ? Ca va mieux ? Tiens, il faudrait que tu manges un petit peu. »


Un sourire apaisant finit de chasser l'ombre des soucis qui travaillaient encore à cet instant la guérisseuse.



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MessagePosté le: Jeu 8 Jan 2015 - 23:18 Répondre en citantRevenir en haut

Le début de son sommeil était paisible, calme et doux. Elle sentait encore vaguement les vapeurs du calmant qui se diffusaient à côté d'elle. Mais plus elle s'enfonçait, plus le noir l'enveloppait et plus son cœur accélérait. Sous ses yeux commençaient à défiler des flashs, des images. Elle revoyait le dragon du village, qui venait de découvrir ce qu'elle avait fait et avait décidé de la dévorer. Elle voyait la bulle sous laquelle elle se trouvait l'engloutir dans les eaux tumultueuses d'une tempête déchaînée. Elle se voyait bafouiller, chercher ses mots pour tenir le mensonge en place, tout s'effritait autour d'elle, on la mettait à jour, elle avait peur. Était-ce trop compliqué ? Avait-elle vu trop grand en venant ici, sur une terre qu'elle ne connaissait pas, avec des informations qu'elle ne détenait pas.

Ses yeux agités et son front plissé montrait la prise que la fièvre avait sur elle, la faisant divaguer dans ce monde éphémère qu'étaient les songes. Puis le calme, lourd et silencieux, prit place sur ses traits fins, la laissant enfin se reposer.

Plusieurs heures plus tard, alors qu'elle était sur le chemin de réveil, les brumes de son esprit se dissipèrent doucement. Gardant les yeux fermés, elle écoutait et réfléchissait. Rarement avait-elle eu affaire à pareille personne. Mentir en devenait presque désagréable et difficile. Mais il le fallait et elle n'était pas devenue si connue dans son domaine en renonçant à la première difficulté. Elle s'en sortirait, comme toujours, et réussirait son contrat avant de quitter cette terre inhospitalière pour ceux qui n'y étaient pas nés ou ne possédait pas le 'don', comme ils l'appelaient.

Doucement, entendant du mouvement à côté d'elle, elle entrouvrît les yeux, les clignant un peu. Cette prise de contact avec la réalité lui arracha une légère grimace. Son crâne la faisait souffrir et elle avait la bouche sèche et pâteuse. Sans oublier son ventre. La demoiselle prit quelques instants pour se resituer le lieu. Il semblait faire plus sombre qu'avant. D'ailleurs, comment était éclairé l'endroit lorsque la nuit tombait ? Puisqu'il semblait y en avoir une de nuit. Et à combien de profondeur étaient-ils d'ailleurs ? Pouvait-on venir ici en nageant ?

La pression exercée près du lit la fit sortir de ses réflexions et tourner la tête en direction de la guérisseuse, lui adressant un sourire fatigué, se redressant lentement pour essayer de prendre une position demi-assise, soutenu par des coussins.

- Ils ne furent pas des plus calmes, dit l'Humaine en baissant un peu la tête. Je les revois encore me courir après... Elle tritura doucement ses mains, marquant une pause. Elle espérait ne rien déclencher de dramatique avec ses mensonges, mais sa vie en dépendait. Au pire, elle ferait arrêter une bande de brigands dont elle savait l'existence véridique. Son client venait de ce groupe.

- Mais je vais un peu mieux, je crois. Même si ma tête me fait un peu souffrir, le repos m'a fait du bien. Elle semblait plus calme et sereine, apaisée et confiante. Du bout des doigts elle se saisit du verre qu'elle but lentement, mais entièrement. Ce que ça pouvait faire du bien ! Même si déglutir lui provoquait une légère douleur. Par contre le pain ne la tentait pas plus que ça. Elle sentait son estomac fragile aussi ne picora-t-elle que la mie, plus souple, tout en regardant encore autour d'elle.

- Je crois... Que je me souviens d'un peu plus de choses... Lorsqu'ils... Enfin quand je me suis retrouvé... Avec eux... J'étais sonné... Je ne comprenais pas... Mais j'ai entendu de drôle de chose. Elle fit une pause, remangeant un peu, semblant fouiller sa mémoire.

- Ils parlaient de dragon ou... D'œuf il me semble. Qu'ils ne tiendraient plus longtemps et qu'il leur fallait plus de monde... Je n'ai pas compris... Je croyais que les dragons étaient exclusivement dans les Kaerls. Pourtant les mots qui sortaient de sa bouche étaient en partie vrais. Les pontes sauvages ou hors Kaerl étaient rares, mais pas inexistantes. Ce groupe, de doué banni, d'aspirants ayant échoués trop de fois, cherchant des œufs, des doués pour ses œufs…

Les gardes revenant pourront trouver le feu qu’elle avait fait, ou plus loin, près de la sylve, des traces d’un ancien campement, mais tout était soigneusement effacé.

- Je… Sais pas vraiment plus, je suis désolé. Elle repoussa le pain, n’ayant plus faim.



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MessagePosté le: Dim 18 Jan 2015 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl



Le regard de Nealyan ne semblait trahir aucune émotion, hormis une douceur toute maternelle que beaucoup attribuait naturellement à son grand age. Comme toujours lorsque l'un de ses patients réussissaient à s'extraire du danger le plus menaçant, elle ressentait ce soulagement qui lui était propre. Une vie de plus. Une fois n'était pas coutume ses soins avaient fait des miracles. C'était là toute l’œuvre de sa vie, et même si d'aucun jugeait ses connaissances impressionnantes, la sagesse des années lui avait appris que nul n'était faillible.

Elle passa de nouveau sa main sur le front de Yael. La fièvre avait bien baissé. Les pansements tenaient bon. L’hémorragie avait été contenue, la blessure finirait par se refermer pour peu qu'elle ne se mette pas en tête de reprendre la route de si tôt. Il faudrait qu'elle quitte le Kaerl une fois soignée, il ne pouvait pas accueillir les premiers profanes qui atterrissait ici. Nealyan comptait bien lui fournir tout le nécessaire de soin dont elle aurait besoin pour l'accompagner. En attendant elle espérait garder un œil sur elle jusqu'à ce qu'elle soit hors de tout danger, et une fois seulement que le Kaerl aurait prit les dispositions nécessaires contre les fauteurs de trouble.

Si les informations qu'elle venait d'obtenir restaient laconiques et pour le moins sibyllines, l'enfant n'avait fait que les reconfirmer maintenant qu'elle était reveillée. Il ne s'agissait donc pas d'un délire dû à la fièvre. Son agression était bien le fruit de non-doués, qui visiblement souhaitaient obtenir... Un œuf ? Un dragon ?

*... D'empreintes échouées...*
se rappela-t-elle.

Un groupe de dissidents qui se serait vu contraint de faire cession avec le Kaerl, peut être dans le but d'obtenir les œufs d'une reine par la force ? La terre de l'aube vivait visiblement une ère de troubles. Les gens avaient peur, et la peur menait bien souvent à des actions inconsidérées. Mais le Kaerl Engloutit n'avait rien à craindre d'un pareil conflit. Ses murs sous l'océan le protégeait des attaques extérieurs, et l'entrée , pour le peu qu'elle puisse être connue ou découverte, était gardée par les Crocs d'argent, et d'autant plus surveillée depuis que Javerth était monté au pouvoir. Elle ferait part de ces éléments au seigneur, mais à présent que la situation semblait plus claire dans l'esprit de la blessée, la vieille soigneuse se sentait plus sereine.

« Je vois. »
commenta-t-elle simplement.

« Tu n'as pas à t'excuser, tes informations nous ont étés précieuses. Les hommes peuvent parfois emprunter des chemins surprenant lorsqu'ils s'imaginent que l'occasion leur en est donnée. Il n'appartient pas à moi de les blâmer, ils sont les acteurs de leurs propres choix... J'ignore tout de ce qu'ils sont, je ne les connais pas, mais il ne m'apparait pas surprenant que la frustration que peut entrainer chez certains les échecs répéter de l'empreinte ai pût les pousser vers quelque extrémité. »


Derrière le calme de sa voix et son apparence paisible, l'esprit avisé pouvait percevoir la déception, et la réel désolation qui habitait à cet instant la maitresse bleue. Il arrivait parfois que des profanes réussissent à gagner une place au sein du Kaerl, lorsque, d'une manière ou d'une autre il réussissait à y entrer. Certains étaient fort intelligents et avaient des talents surprenants. Elle ne croyait en aucune façon à la supériorité des doués sur les autres peuples ; ce genre de prétentions appartenaient à une ère d'obscurantisme révolue. Mais il semblait que certains avaient encore à payer le prix de la colère et de l'aveuglement des autres, et cela aussi la désolait.
Bien sur, il y avait toujours eut des rumeurs. Mais les rumeurs étaient comme le vent, changeantes, et instables – et bien souvent trompeuses. Elle n'y prêtait pas garde, et pourtant pour une fois, celle ci se confirmaient.

Elle ne chercha pas à cacher le fond de sa pensée à sa jeune patiente, s'exprimant sans alarmisme déplacé.

« Je suppose que les Kaerls peuvent attirer l'envie et la jalousie. J'en suis désolé... »


Elle appuya ses dires d'un léger tapotement sur la main de l'interpelée. Cette petite n'avait plus rien à présent, elle avait tout perdu dans cette attaque. En souhaitant atteindre le Kaerl, ces agresseurs n'avaient réussis qu'à détruire la vie d'une personne qui n'était en rien concernée par ce conflit, et en cela, Nealyan se sentait redevable. Elle se rappelait que la jeune fille des dires de la jeune fille lorsqu'on l'avait amené ici quelques heures plus tôt. Elle n'avait plus rien. Il n'était pas impossible que sa famille ait put disparaître lors de l'attaque de Lomeanor, ou encore qu'elle lui ait tourné le dos au vu de sa singularité. Les superstitieux voyaient en tout l’œuvre de Kaziel...

« Tu pourras rester au Kaerl durant tout le temps que prendra ta convalescence. Ton agression sera rapportée auprès conseil. Tu seras libre de quitter le Kaerl dès que tu seras guéri. Mais... »


Elle hésita un instant à aborder le sujet de crainte de la froisser. Peut être valait il mieux attendre, il ne faisait pas bon de brusquer un convalescent. La première promesse qui venait de lui être faite la calmerait pour un temps. Le traumatisme était encore trop important pour que les questions concernant son avenir soient abordées avec la clairvoyance et le recul nécessaire.
Doucement elle débarrassa l'eau et le reste du pain qu'elle avait déposé près du lit, tenant avant tout à ce que l'enfant n'esquisse pas le moindre geste.

« Peut être souhaites tu manger, ou boire autre chose... ? Oh! J'ignore jusqu'à ton prénom mon enfant. La vieillesse me joue des tours, j'en oublie les présentations les plus habituelles.  »



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MessagePosté le: Mer 21 Jan 2015 - 21:55 Répondre en citantRevenir en haut

À moitié allongée sur le lit, elle laissa la guérisseuse l'examiner rapidement, savourant presque la main fraîche sur son front encore légèrement chaud. Elle savait qu'elle devait garder le lit le temps qu'au moins la plaie se cicatrise un minimum et qu'elle puisse esquisser un geste sans rouvrir la blessure ou grimacer de douleur. Mais elle priait les Dieux que cela soit rapide.

- Mais... je ne comprends pas pourquoi ils m'ont attaqué... Je n'ai rien... D'exceptionnelle... Je ne suis... Était... Qu'une simple vendeuse. Était, car maintenant, comme elle l'avait dit, elle n'avait plus rien. Ni chargement, ni argent, ni même des vêtements de rechange. Le linge qui cachait son corps nu était le seul vêtement qu'elle possédait.

- Je croyais que chaque doué avait son dragon quelque part. Cette question était à la fois dans son rôle et non. La chose l'intéressait tout de même, elle était intriguée par cette histoire d'âme sœur et de lié. Quelque chose qui ne lui arriverait jamais ne pouvait être qu'intéressant.

Vint enfin le sujet fatidique. Son droit de rester ou non. Avec un léger soulagement, elle accepta le fait qu'elle pourrait au moins rester ici le temps de sa convalescence. Mais si elle précisait... C'était peut-être qu'après elle n'était plus la bienvenue. Finalement elle avait bien fait de s'infliger pareille blessure, son séjour n'en serait que plus long pour obtenir ce qu'elle était venue chercher. Le, "mais", resté en suspend, n'augurait pas de bonnes nouvelles, mais elle fit mine de ne pas s'en rendre compte, souriant doucement, les traits encore tirés de son visage le rendant légèrement triste.

- Je me prénomme Yael. J'étais marchande d'un peu de tout. Je vous remercie pour votre hospitalité, mais... elle baissa les yeux et fixa ses mains marquées par les ronces... Je ne veux pas être redevable à quelqu'un. Je n'ai plus rien mis à part mes talents pour la vente. Pensez-vous que... qu'un marchand pourrait avoir besoin de moi ? Je pourrais ainsi travailler un peu pour... retrouver de quoi survivre et peut-être... Un peu me refaire... Avant de partir... Je suis plutôt douée dans mon domaine et je suis persuadé que je pourrais me rendre utile.

Elle espérait de tout son coeur qu'elle accepte. Elle ne pouvait pas rester à l'infirmerie tout le temps de sa convalescence. Déjà parce que ça aller être long et qu'elle deviendrait surement folle à rester immobile, mais aussi parce que ça mettrait en péril toute sa mission. Travailler lui permettrait de pouvoir se balader plus librement, de s'intégrer plus facilement.

- Je ne veux pas me déroger à mes soins. Je viendrais aussi souvent que cela est nécessaire, dit-elle en levant les yeux pour fixer la guérisseuse. Mais je vous avoue que j'ai pour habitudes de bouger constamment et garder le lit trop longtemps risque rapidement de me rendre folle. Elle eut un petit sourire mi-amusé mi-gêné.

Elle ne savait rien de l'attaque du mage sur la cité et du nombre important de dégât et de mort qui en avait résulté. Mais cela ne lui donnait qu'une chance de plus qu'un marchand ait besoin d'une paire de mains en plus, ayant perdu la première.

- Je n'ai pas très faim ni soif. S'excusa-t-elle pour refuser poliment. J'ai encore l'impression d'avoir l'estomac légèrement renversé.

Elle aspirait à un vrai repas comme elle n'en avait pas pris depuis un moment, mais son corps en avait décidé autrement.



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MessagePosté le: Lun 26 Jan 2015 - 16:41 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl



Toute ces questions Nealyan se les était déjà posé avant même que Yael ne mette d'elle même un mot dessus. Du haut de son grand âge elle ne comprenait pas d'avantage cette situation improbable qui était loin, bien loin, de répondre à une logique visible. Leur ère était une ère de troubles comme la terre de l'aube en avait déjà traversé par le passé. Le souvenir de la grande guerre des trois ordres passa le temps d'un instant dans le regard azur de la maitresse neutre, avant de disparaître dans le flou de ces souvenirs appartenant à un autre temps.
Sa protégée d'un jour n'avait visiblement pas la patience en guise de qualité première, ce qui offrait un contraste saisissant avec le caractère tranquille de l'ancienne qu'elle était. Un sourire quelque peu peiné passa sur son visage marqué par les rides tandis que ce flot ininterrompu de questions et de constats ne cessait de lui réclamer son lot de réponses !
D'un geste apaisant, elle tacha de calmer l'agitation de l'humaine, l'obligeant à se rallonger du mieux possible pour le temps qu'elle resterai à son chevet.

« Je comprends tout à fait que tu n'es pas d’appétit, et que l'optique de garder le lit t'es désagréable. Toutefois je ne pourrais me permettre de te laisser quitter l'infirmerie tant que ton état ne se sera pas stabiliser. Il va te falloir reprendre des forces... »

La guérisseuse s'arrêta un instant, rejoignant le fond de son fauteuil qu'elle avait placé aux cotés du lit. Elle avait l'habitude de traiter avec les patients les plus indisciplinés, et quand la raison ne réussissait à les convaincre, une pointe de ruse pouvait toujours s'avérer utile.

« Je suppose qu'une fois que tu seras en état d'ingurgiter un repas complet, nous pourrons être assuré que tu es sur la voie du rétablissement, et que ton corps aura reprit suffisamment de forces pour que tu puisses vaquer à tes occupations. »

Si c'était là le seul moyen qu'elle avait pour pouvoir la conserver auprès d'elle le temps que sa blessure ne cicatrise, Nealyan était prête à faire jouer de sa position au conseil pour que lui soit accorder le droit de circuler librement au sein du Kaerl. Sous surveillance probablement, et à condition qu'elle même se porte garante de son intégrité, cela elle n'en doutait pas.

« Je suis moi même membre du conseil qui régit une partie de la cité. J'entends bien tes revendications, et je ne doute pas que nous pourrions trouver un moyen de mettre tes talents au service de ce Kaerl...
J'ignore la raison pour laquelle tu as été attaqué pour tout te dire. Comme tu l'as si bien dit, chaque doué possède son lié quelque part en ce bas monde... Mais il arrive que certains se trompent de Kaerl, que d'autres ne sont pas retrouvés à temps pour être ramenés en terre de l'aube... Alors les dragons meurent sur les sables, et leur liés se retrouvent privés d'empreinte... »

Toute à ses pensées, Nealyan revoyait à présent les quelques jeunes aspirants qui avaient quitté ce Kaerl pour un autre. Ceux aussi qui venaient d'ailleurs et avaient finalement trouver leur place en ces lieux. Elle revoyait Kermath, sa propre liée, et tentait d'imaginer sa vie si elle n'avait été présente... Peine perdue pour deux âme qui vivaient depuis près d'un siècle l'une à coté de l'autre.
Et puis la vieille femme s'arracha à ses souvenirs, comme si elle se rappelait soudainement de la présence de Yael en ces lieux. Pauvre enfant, elle qui n'avait rien demandé, prise dans un conflit qui n'aurait jamais dut la mêler.

« Enfin ! Si tu te rendais ici pour un transfert de fournitures depuis Lomeanor ou la forteresse du Cenedril, nous pouvons presque être sûrs que ton agression était un moyen de faire pression ou d'envoyer un message au Kaerl. Ce genre de brutalités ne doit pas obtenir raison, mais je suppose que nos autorités sont alors en partie responsables, et donc responsables de ton cas. C'est du moins ce que je plaiderai au conseil. »

Et c'est bien ce qu'elle comptait faire. Si un conflit venait à se déclarer entre ces non-liés et les Kaerls, les Kaerls se devaient d'assumer leur rôle de protecteur des profanes auprès des habitants et des marchands. Ce genre de situation était bien trop tendu, et pouvait trop facilement dégénérer pour que les maitres dragons tournent le dos à ceux qui en avaient besoin.

Sûre de son argumentaire, la vieille femme espérait avoir put apaiser quelque peu ce cœur endolori. Elle lui offrit l'un de ses sourires bienveillant dont seule les plus anciennes avaient le secret, et ajouta dans un petit rire :

« Ne t'en fais pas, nous trouverons une solution. En attendant, profites de ton séjour ! Il n'est pas donné à tout le monde de pénétrer le Kaerl Engloutit ! »



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MessagePosté le: Mer 28 Jan 2015 - 00:24 Répondre en citantRevenir en haut

Une légère vint colorer les joues pâles de la demoiselle lorsque l'ancienne la poussa doucement pour se rallonger. Elle parlait trop, trop vite, posait surement trop de questions. Elle se tut alors, restant silencieuse et écoutant simplement.
Elle soupira un peu de résignation en se rallongeant du mieux qu'elle put, comprenant qu'elle n'était pas près de sortir de cette prison de verre, mais qu'il fallait faire avec. Elle payait son 'crime'. Il y avait pire comme châtiment, mais elle espérait que cela ne rongerait pas trop sur son temps et priait les Dieux que son estomac parvienne à manger rapidement.

Malgré cette perspective peu réjouissante qui rien qu'à l'évocation lui nouait les entrailles, un véritable soulagement se peignit sur son visage. Elle pourrait potentiellement rester ici, si la guérisseuse se mettait de son côté en plaidant en sa faveur. Elle était bien tombée ! Que demandait de plus.

Les yeux brillants d'émotions, elle tourna la tête vers la maîtresse, prenant doucement sa main à proximité.

- Merci... Beaucoup. Pour tout. Mais son regard s'assombrit lorsqu'elle évoqua la mort de certains dragons. Cela était triste et fâcheux... Ainsi donc les bébés dragons pouvaient mourir s'ils ne trouvaient pas leur 'lié'. La jeune femme pensait que n'importe quel dragon faisait l'affaire pour n'importe quel aspirant... Tant pis, un contrat était un contrat et ce n'était pas ce genre de détail qui l'arrêterait. D'autant qu'elle n'était même pas sûre de ça.

Récupérant sa main elle tourna son regard vers les parois de verre, continuant à écouter. L'occasion était belle d'ajouter un 'point' en sa faveur, mais cela contredirait ce qu'elle avait déjà dit. Elle n'était jamais venue ici alors elle ne pouvait pas ravitailler l'endroit. Quand au détroit, le lieu même d'où elle venait, c'était trop risqué. Une simple enquête pour savoir si elle était une tête régulière ici et sa couverture tombait en morceaux. Non, elle devait prendre le risque de 'perdre un point' pour garder sa crédibilité.

- Non je... Vous n'avez aucune obligation je... J'étais juste sur la route...

Malgré ça, elle se sentait apaisée oui. Elle allait surement pouvoir rester ici et la guérisseuse avait raison. Autant qu'elle profite du mieux qu'elle pouvait ! Elle se rallongea bien et referma les yeux pour continuer à se reposer. Mais quelque chose lui revint soudain et avant que la vieille dame décidée de partir elle se saisit de sa main, presque trop brusquement, parlant bas.

- S'il vous plait...ce... Que vous avez vu... Sous le drap ne... N'en parlez pas... S'il vous plait... Elle la suppliait presque du regard. C'était quelque chose d'important pour elle, que ce soit pour sa couverture ou même dans la vie de tous les jours.


°*°*quelques jours plus tard°*°*


Elle s’était bien remise et assez rapidement. Malgré les deux premiers jours où l'idée d'ingurgiter quelque chose lui donnait un haut-le-coeur, elle avait progressivement accepté la nourriture jusqu'à arriver à manger, trois jours après, un repas complet dont elle était en train de finir la pomme.

On lui avait fait porter une tenue simple, ce qui lui avait permis de se dégourdir un peu les jambes dans l'infirmerie. Finalement cela s’était avéré intéressant et utile. On pouvait apprendre plein de chose lors des nombreux va et viens. Elle avait un peu sympathisé avec les aides et n'était jamais en manque de sourire.

Vêtue de sa robe claire, elle se leva doucement, prenant son assiette et la ramenant près de la guérisseuse, presque fière. L'accord était que si elle réussissait à finir un repas complet, elle était libre de sortir, tout en restant à proximité pour les soins réguliers. C'était chose faite.

- Dame Shamar ? Demanda-t-elle doucement en s'approchant. Je viens de remplir la partie de mon contrat. Avec un petit sourire, elle prit un tabouret. Elles n'avaient pas reparlé de sa demande pour être au Kaerl, elle ne savait pas ce qui s’était décidé.

- Avez-vous... Une réponse ... Par rapport à... moi ? Demanda-t-elle presque timidement.



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MessagePosté le: Dim 8 Fév 2015 - 17:14 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar, Chef des guérisseurs du Kaerl



Devant l’obéissance et la douceur de sa jeune patiente, Nealyan parut rassurée. Elle n'avait pas cherché à se défiler, à sortir de ce lit ou à contester ses ordres d'une manière ou d'une autre. Certain malades s'avéraient plus turbulents que des enfants en bas âge lorsqu'ils étaient contraints à prendre du repos au détriment de leurs activités et de leur temps libre. Elle avait crut que Yael en faisait partie, mais la jeune femme s'était bien vite ravisée : c'était une personne raisonnable.

Toute à sa discrétion, et souhaitant avant tout qu'elle se repose, Nealyan ne posa pas d'avantage de question. Il ne lui appartenait pas de s'introduire dans la vie de cette personne telle une étrangère. Si elle se passionnait pour les échanges culturelles, elle estimait que chacun était libre de conserver son jardin secret, sa vie et son histoire pour soi. La vieille maitresse était elle même très secrète quant à son passé en dehors du Màr, et elle comprenait aisément la réticence à peine dissimulée de Yael à ne pas vouloir s'attarder d'avantage sur ce chapitre.

Lorsque la main de la jeune femme vint saisir la sienne, elle la serra avec douceur, comme pour lui assurer qu'elle n'était pas seule et qu'elle s'en sortirait. Pauvre petite, elle était là, perdue dans cet univers qui devait sans doute la dépasser, encore sous le choc de la violence subie, elle qui n'avait fait qu'arpenter les routes de la terre de l'aube... Dans quel but ? A la recherche de quoi ? Avec quelles marchandises ? Elle préférait laisser ces réponses à Yael seule...

Reposant délicatement sa main, Nealyan débarrassa son chevet, rassembla ses châles et ses notes, pâtissant de son dos qui avait souffert d'être trop longtemps resté sur cette chaise, avant de disparaître dans l’encadrure de la porte. Alors même que sa main s'était posé sur la poignet, la voix de l'humaine retentit derrière elle.
Ah oui... Son hermaphrodisme... Évidemment... Nealyan en était presque venu à l'oublier au fil de l'après midi. Elle souhaitait donc que cela reste secret ; la peur sans doute... Elle comprenait, les hommes n'étaient pas toujours fait pour être confronté à l'inconnu, à une chose qui pouvait sortir de l'ordinaire ou qui n'était pas dans « l'ordre des choses ». Combien de petits villages perdus au fin fond des montagnes de Vaendrak ou des jungles de Qahra pouvaient encore chasser des personnes sur simple prétexte qu'elles soient des demi-sang ? Elle comprenait parfaitement cette réaction, mais ne put s'empêcher d'en ressentir une certaine peine, elle qui croyait en l'élévation de l'esprit par la connaissance, à l'apport de la lumière par la curiosité, cela ne lui rappelait que trop bien qu'il existait un monde autrement plus fermé au delà des limites de son Kaerl bien aimé.

Elle se retourna une dernière fois, croisant le regard de la jeune femme à travers ses iris d'un bleu océan. Elle feignit l'innocence à travers un petit rire - image même de la vieille femme candide dont l'esprit divaguait par instant.

« Sous le drap ? Je ne comprends pas... Il faut se reposer maintenant. »

Et elle s'en fut de sa démarche de petit oiseau, refermant la porte doucement derrière elle.

***


La lumière claire de cette fin de matinée éclairait le bureau de la chef des soigneurs. Tout ici respirait l'air vivifiant de ce début d'été. Par les fenêtres entrouvertes qui donnaient sur le reste du Màr, la brise magique qui traversait la bulle s’engouffrait par instant, soulevant les mèches zébrés de blancs de la vieille femme. Ses mains ridés dont la peau fine laissait transparaitre par endroit la trace bleutée de ses veines parcourait un ancien ouvrage, qu'elle avait lut de si nombreuses fois qu'elle avait finit par en connaître le moindre de ses chapitres. Mais Nealyan mettait un point d'honneur à ne pas laisser le temps faire son œuvre sur son esprit, s'alimentant toujours sans cesse de nouvelles connaissances, réapprenant quotidiennement celles qu'elle croyait acquises.

Absorbée dans sa lecture, elle n'avait pas entendu les pas de Yael qui était venue à sa rencontre. Depuis que la jeune fille s'était à peu près remise de sa blessure, elle ne l'avait plus recroisé que par instant, la laissant aux bons soins des assistants médecins. L'assiette déposait sur son bureau ne la fit pas réagir immédiatement. Elle achevait de terminer la lecture de son paragraphe, avant de détacher ses yeux pétillants de son ouvrage pour se poser sur cette patiente qui, lui sembla-t-il, s'était bien remise de ses souffrances.

« Mademoiselle Yael... »
, lui répondit elle, amusée par cette fougueuse détermination dont les jeunes gens savaient faire preuve pour recouvrir leur pleine santé.

« Je vois que vous vous portez mieux. »


Elle écarta d'un geste de la main son livre qu'elle déposa sur le bord de son bureau. Depuis la première fois où elle avait sut se lever, la jeune humaine n'avait rechigné à aucun effort pour marcher, se discipliner, réapprendre à manger, devenir autonome. Ces quelques jours depuis qu'elle avait été amenée à l'infirmerie l'avaient vu se métamorphoser, et aujourd'hui il ne restait plus rien de la blessée comateuse et délirante qu'il lui avait été amené. Nealyan avait même été surprise de ne pas l'avoir vu rappliquer à son chevet plus tôt, mais visiblement elle avait tenue à remplir son contrat jusqu'au bout afin d'être certaine de ne pas essuyer un refus.

« J'ai présenté ton cas au conseil, et il en est ressortit que le Kaerl t'accordera sa protection jusqu'à ce que tu es recouvert l'ensemble de tes capacités. Qui plus est j'ai aussi obtenue que tu sois, une fois rétablie, placée sous la tutelle d'un Artisan du Kaerl, afin de te former comme coursière au nom du Mär Luimë. Tu seras ainsi chargée du transport et de l’achèvement de marchandises entre ici et Lomëanor. Une partie de ce que tu gagneras sera un temps reversé au Kaerl, afin de contribuer au remboursement de ta dette, mais par la suite tu seras libre de rester à ce poste aussi longtemps que tu le souhaiteras et de jouir des revenus et de la protection du Kaerl. J'espère avoir réussi à trouver là un compromis honorable pour toi mon enfant. »


Elle avait tant que possible plaidé la cause de sa patiente, mais les entités du conseil s'étaient montrés intraitables : un paiement devait être versé au Màr pour les soins prodigués.

« Bien sûr il te revient de droit d'accepter cet accord ou non, et il va de soi que cette formation ne débutera pas avant plusieurs jours... En attendant... J'ai une petite surprise pour toi... »


La vieille femme se leva lourdement, pour se diriger vers une armoire dont les portes ouvertes offraient à la vue une multitude de livres, de rouleaux de parchemins, et de feuillets en tout genre. Elle extirpa d'une étagère une sorte de recueil contenant à peine une dizaine de page, jaunies et racornies, sur lesquelles s'étendaient de petit dessins à l'encre marine, suivit de plusieurs petites annotations.

« Il m'apparait que la meilleure voie la guérison reste encore la stimulation ! En échange de ma tutelle, j'ai aussi obtenu que tu puisses vaquer à travers le Màr le temps de ta convalescence. C'est un grand privilège qui t'es offert, et j'ose espérer que tu seras t'en montrer digne. »


Elle déplia les pages de son vieille ouvrage pour les étaler sur son bureau et exposer ainsi ce qui semblait être un plan du Kaerl, avec quelques anecdotes sur les lieux les plus important à visiter.

« Voilà pour te repérer. Évidemment, laisser une personne extérieur au Kaerl errer à travers ces couloirs n'est pas chose commune, mais je me suis porté garante de ta bonne conduite. Amser veillera sur toi pour les prochains jours, une simple formalité... »


La vieille femme replia le manuscrit pour le mettre entre les mains de Yael, guettant avec une pointe d'amusement la réaction de la jeune femme. Rare était les personnes extérieures au Kaerl à pouvoir en explorer les secrets. Évidemment, certains lieux tel que la galerie des miroirs lui seraient fermés, mais pour cela elle comptait bien sur la patience de sa liée pour le lui indiquer. En attendant, la ville sous marine n'en restait pas moins un émerveillement de chaque instant, et une telle occasion restait un privilège rare. Elle espérait que l'humaine en prendrai pleine conscience...



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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Yael Ladanza
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MessagePosté le: Lun 13 Avr 2015 - 22:12 Répondre en citantRevenir en haut

Elle attendit patiemment que son interlocutrice ait fini de lire son ouvrage. Tout du moins, une patience affichée. Car elle avait hâte de connaître la réponse à toutes ses interrogations, savoir si elle pouvait sortir, si elle pouvait rester, travailler, vivre ici le temps que tout aille au mieux.

Les secondes semblèrent s'éterniser, le temps s'amusant à lui jouer des tours de toute évidence. Quand enfin les yeux bleus se posèrent sur l'assiette puis sur elle, un léger sourire, sincère, étira ses lèvres. Il était vrai qu'elle ne l'avait pas beaucoup vu, à peine parlé, mais la vieille femme inspirait une certaine sympathie et surtout sérénité. Et puis elle l'avait écouté et n'avait pas parlé de sa particularité, sinon elle l'aurait entendu. Son anonymat était en général garanti jusqu'à ce que quelqu'un ne parle trop.

- Oui, je me sens beaucoup mieux. Ça tire encore et la douleur revient parfois, mais c'est supportable. Et surtout elle avait fini cette assiette qui lui avait résisté plus que prévu. Mais c'était chose faite et finalement, elle n'avait pas perdu tant de temps que ça.

Restant debout pour écouter, elle croisa intérieurement les doigts lorsque l'ancienne parla de son 'cas', débattu au conseil. Les mots commençaient à être moins flous pour elle. Sa convalescence lui avait permis d'écouter et de parler, s'appropriant le lexique du lieu et une partie de son fonctionnement.

C'était parfait. Absolument parfait. Cette formation, inutile, mais elle n'en dirait rien, ainsi que se travail était tombé du ciel. Que demander de plus ? Bien sur qu'elle paierai, elle payait toujours ses dettes, mais on lui offrait la possibilité de revenir ici autant de fois qu'elle voulait. Ses gens, quels qu'ils soient, étaient parfaits. Accueillir une parfaite étrangère et lui proposer un travail permanent. Si elle n'avait pas été totalement dans son rôle, elle aurait presque pu culpabiliser de ce qu'elle comptait faire. Mais bon, qu'était un œuf lorsqu’il y avait déjà des dizaines et des dizaines de dragons. Un de plus ou un de moins, ils ne s'en rendraient surement pas compte.

- Merci. Merci beaucoup, je... Je n'en demandais pas tant. Bien sûr je rembourserai le Kaerl pour tout ce qu'il a fait. C'est la moindre des choses, je ne veux pas garder une dette quelque part.

Puis elle regarda l'ancienne, haussant un sourcil.

- Une surprise ? Celle-ci était déjà parfaite ! Que lui réservait-elle ? Qu'allait-elle dire d'encore mieux que ce qu'on venait de lui annoncer. Elle pencha un peu la tête, regarda rapidement le contenu de l'armoire. Tant d'ouvrage refermant probablement des secrets. Mais elle n'était pas là pour ça alors ne s'y attarda pas plus longtemps, reportant ses yeux bleus sur le papier que la guérisseuse était en train de déplier. Elle resta muette en découvrant le contenu. Une carte, et à en juger par les inscriptions, un plan de la cité. Si elle avait pu, elle aurait sauté de joie. Le parchemin couplé avec ce que Dame Shamar annonça acheva de mettre du brillant dans les yeux de l'humaine. C'était tellement parfait ! Elle avait elle-même du mal à y croire. On lui offrait la possibilité de se balader dans le Kaerl, librement, sans avoir à sortir la nuit où se cacher. Elle prit délicatement la carte, la serrant contre sa toute petite poitrine.

- Merci… Merci. Je ne sais pas comment vous remercier pour tout ce que vous avez fait. C’était ce genre de personne qui faisait presque regretter certains des contrats. Mais tant pis. Et puis, ce n’était pas contre elle. La jeune femme été réellement arrivé ici blessée. Elle reposa la carte sur le coin de table et prit les mains de la guérisseuse. Je trouverai comment vous remercier. Elle s’en faisait un contrat. La femme avait tellement fait qu’elle ne pouvait pas partir en la laissant sans rien. Elle trouverait quelque chose qui lui plairait, qui ferait mouche.
Elle lâcha ses doigts et reprit la carte.

- Pensez-vous que je puisse déjà trouver un artisan ? Ainsi je pourrai commencer à travailler avec lui, apprendre son métier avant celui de coursier et ne plus être à l’infirmerie ?

Une ultime demande, pour ne plus avoir à rester à l’infirmerie, avoir un endroit un peu ‘A elle’, histoire de pouvoir se reposer au calme et réfléchir à la suite.

- Puis-je… Sortir maintenant de l’infirmerie ? Et si elle ne pouvait pas aller directement chez l’artisan, où dormirait-elle ?




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