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Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
Dame du Kaerl Céleste

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MessagePosté le: Dim 7 Sep 2014 - 17:05 Répondre en citantRevenir en haut

- 18e jour de Gaïaku 918, à l'aube -




L'aube se levait doucement sur la cité des sables, Solyae illuminant teintant d'un halo doré les majestueux bâtiments creusés dans la roche. Incapable de trouver le sommeil, Heryn Amlug, Dame Déchue du Màr Menel, était venue se réfugier dans cette pièce à la fois douloureusement semblable et si différente.

Elle faisait face au miroir ouvragé comme elle l'avait fait des centaines de fois depuis ce jour là. Comment avait-elle pu ne pas réaliser jusque là ? Comment avait-elle pu être si aveugle ? Pand'Ore, Rhaëg, mondes jumeaux, deux existences parallèles. Et là, reflet de son passé, reflet du Weyr de Kimenia où elle était née, le Màr Litsë, la secrète cité de sables, cachée au cœur même du désert … Terre de Liberté, comme l'appelaient désormais les gens qui y vivaient, refuge pour ceux qui n'avaient su trouver leur place ailleurs.

Quelle était l'histoire de cette cité, ce Kaerl qui n'en était pas un ? Elle pouvait ressentir la marque des Valherus dans sa construction même, intimement liée à son passé … Mais c'était là tout ce qu'elle pouvait en dire. Elle avait posé des questions, effectué des recherches, pour comprendre, mais sa quête n'avait aboutit à rien. A rien sauf à des vieux manuscrits, rédigés dans la langue des Anciens, que nul n'était à présent capable de déchiffrer.

Tout y était tellement similaire à ses souvenirs d'enfance que les premiers temps, vivre ici avait été un véritable crève cœur. Comment pouvait-elle seulement rester ici sagement alors que le Màr Menel, et son peuple, étaient sous la coupe d'une des plus grandes menaces que Tol Orëa avait jamais connu ? Cette menace rampante qui avait gangrené le Kaerl des années durant ? Les mois avaient passé. Lentement. Douloureusement. Au fil du temps elle avait fini par se résigner, attendant avidement les visites de Peddyr Thelrand, et les nouvelles qu'il apportait. Que pouvait-elle faire d'autre ? Rentrer sur Tol Orëa et déclencher cette guerre civile qu'elle avait justement cherché à éviter ? Non …
Pour son âme-soeur également cela avait été dur, la Dorée refusant au début de pondre dans ce simulacre de Kimenia, refusant de faire naitre ses enfants ailleurs que dans leur demeure ancestrale. Elle n'était pas chez elle ici … Ils ne seraient pas chez eux. A force de discussion, contrainte et forcée, elle avait fini par accepter … Et couvait depuis ce jour ses œufs avec une férocité et une possessivité sans égal.

Mais le temps poursuivait sa course sans jamais s'arrêter, et impitoyablement, jouait à présent contre elles. Les petites vies fragiles que contenaient les œufs ne tiendraient plus longtemps.

Que pouvait-elle faire ? Elle ne pouvait pas abandonner Rintrah, et Kieran n'était pas en état d'affronter un face à face avec son frère pour le moment …


***

Sur un soupir, la jeune femme s'approcha du miroir pour l'effleurer, le regard vague. Malgré ses tentatives, depuis ce jour là, il restait muet. Ce jour où, alors qu'elle errait sans but dans la cité, ses pas l'avaient inconsciemment menée à ce qui aurait du être la chambre de ses parents, la chambre du couple dirigeant du Weyr. Retenant son souffle, les yeux fermés, elle avait poussé la porte et … Les avait finalement rouverts sur une pièce entièrement vide et poussiéreuse, à part un somptueux psyché au cadre de métal ouvragé, décoré de dragons.

Elle n'avait eu que quelques secondes pour se remettre de la vive déception qui l'avait saisie – à quoi s'attendait-elle après tout ? – lorsque les derniers rayons du soleil couchant, entrant par la vaste baie vitrée, avaient frappé le miroir, et que soudain, comme prenant vie, des silhouettes s'y étaient animées.

Instinctivement, Heryn s'était rapprochée, jusqu'à distinguer, lui faisant face, un homme de haute taille, à la longue chevelure d'ébène. Le regard fier et hautain, il était visiblement en train de se faire apprêter pour la guerre par un serviteur aux mains tremblantes. Son armure était faite d'écailles sombres, aussi noires qu'une nuit sans lune … Des écailles … De dragon ? Derrière lui, un autre homme, qui était nonchalamment alangui dans une luxueuse méridienne, finit par se lever et chasser d'un air agacé le serviteur terrorisé, pour terminer de nouer à sa place les liens de l'armure. Même sous forme humaine, sa démarche était affligée d'un léger boitement.
A travers le miroir, à travers l'espace et le temps, le regard cendré du seigneur guerrier accrocha celui de la jeune femme, qui tressaillit. Son cœur rata un battement. Elle reconnaissait ce visage. Etait-elle en train d'assister aux derniers instants de son ancêtre ? Morë-Enda … Son père biologique avait vécu ici ?

La demi-fëalocë avait été alors brusquement tirée de ses pensées et de sa vision par une main s'abattant doucement mais fermement sur son épaule, la faisant pivoter face à l'entrée. Seldryn. Le dragon sous forme humaine rôdait continuellement autour d'elle, semblant la surveiller, l'observer. Si son aura ne diffusait aucune malveillance, elle ne pouvait y distinguer aucune bienveillance à son égard non plus. Les sourcils froncés, il avait pris la parole d'une voix prudente.

« Heryn. Tu as semblé comme absente l'espace d'un instant. »

Sans lui répondre immédiatement, elle s'était retournée, fixant à nouveau le psyché, tandis que la chambre plongeait doucement dans la pénombre. Rien. Peut-être que la magie ne fonctionnait que lorsque le miroir était touché par la lumière du crépuscule ?

Se mordant la lèvre sans y prendre garde, elle avait fait face au dragon, et haussé les épaules. Elle règlerait cette affaire au clair demain.

« Ce n'est rien, j'étais sans doute en train de rêver toute éveillée. »


Prenant une brève inspiration, la jeune femme avait incliné la tête sur le côté, avant de murmurer doucement : « Pourquoi me suis-tu ? Quel est ton but ? Tu devrais prendre du repos, maintenir cette forme, ce n'est pas ...»

Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, ses yeux soudain brillant d'une étrange lueur, le Bronze s'était rapproché d'elle.

« Je dois m'assurer que tu es en sécurité … C'est ce que Kieran aurait voulu … Je crois. » Il avait détourné la tête, la colère et la tristesse envahissant ses traits, avant d'empoigner durement son poignet.

« Que pourrais-je faire d'autre ? Devrais-je après tout plutôt te tuer, et te faire souffrir comme tu l'as fait souffrir lui ? »

« Seldryn, non ! Je t'en prie, je ne l'ai pas tué, jamais je ne lui aurais fait de mal ! »

Les yeux agrandis par la peur, elle avait reculé d'un pas, buttant contre le miroir … Tandis que le dragon s'était finalement détourné, un masque de douleur figé sur le visage.

« Pas de tes mains propres non, peut-être ... »

Obéissant à une impulsion soudaine, elle avait pris le dragon éploré dans ses bras, lui murmurant des paroles d'apaisement et d'espoir, la tension de l'instant s'étant évaporée telle neige au soleil aussi vite qu'elle s'était enflammée.

Et quelques semaines plus tard, l'impossible s'était produit. Après une enquête interminable, Peddyr Thelrand avait fini par découvrir la vérité, et avait délivré Kieran de l'emprisonnement dans lequel son frère, Zackheim, l'avait plongé depuis les noces célestes … Pour le ramener en sécurité au Màr Litsë. Les retrouvailles avaient été longuement arrosées de larmes, de peine et de joie ... Mais indubitablement aussi, d'un certain malaise impalpable. Comment pourrait-elle se pardonner son inaction, et la souffrance que cela avait engendré chez Kieran ? Avait-elle réellement fait le bon choix en cédant au chantage de Zackheim, en laissant le Màr Menel et son peuple entre ses mains ? N'était-ce pas simplement reculer pour mieux sauter ?


***

Le front contre la surface fraiche du miroir, Heryn releva la tête en entendant des pas dans le couloir menant à la pièce. Elle accueillit Seldryn avec un pâle sourire. Ses pensées l'avait-elles invoqué ? Cependant, il était étrange de le voir ici seul, lui qui ne quittait plus son lié du regard depuis qu'il l'avait retrouvé … Comme s'il avait peur qu'il disparaisse à nouveau s'il le perdait de vue. Inquiète, elle interpella le dragon :

« Seldryn, comment va Kieran ? »

« Il se repose … Ses rêves sont agités et ses nuits peu reposantes. Cela tu le sais aussi bien que moi. Mais il y a plus urgent pour le moment. » Il balaya l'air de ses mains, comme pour mettre de côté le sujet. « Des gens arrivent … Des dragons … Je l'ai senti. Ils arrivent. »

Enfin ! Dès qu'ils avaient senti que l'Interstice s'était rouverte, elle avait envoyé Meemaw sur Tol Orëa, à la recherche de Peddyr Thelrand. La réouverture de l'Interstice signifiait certainement que la victoire contre Drazahir était proche. Elle avait confiance en le Maitre Brun pour ramener de potentiels candidats pour les oeufs, lorsque ce serait possible.
Rintrah … Sa dragonne s'était coupée d'elle depuis quelques jours, depuis leur dernière discussion au sujet des œufs. Sa moitié d'âme ... Sa liée … Sa meilleure amie … Une telle divergence ne leur était encore jamais arrivée. Elle lui en voudrait, peut-être, mais elle espérait qu'elle comprendrait. Ni l'une ni l'autre n'avaient le choix. Elle ne pouvait pas rester sans rien faire et laisser ces vies précieuses être gâchées ! Même loin de Tol Orëa et du Kaerl, supportaient-elles aussi les conséquences de la gangrène insidieusement propagée par l'Ombremage ?

La jeune femme effleura l'épaule du Bronze - « Merci. Va le retrouver maintenant, il a besoin de toi à ses côtés. » - et remonta le couloir au pas de course pour rejoindre l'escalier qui la mènerait sur la grande place centrale où les dragons atterriraient.

**Et de toi également ...**

La pensée de Seldryn, effleurant son esprit avec la légèreté d'une plume, lui arracha un demi-sourire triste. Il faudrait du temps pour panser certaines plaies.



Voilà donc pour l'introduction de l'Empreinte ! Je vais vous joindre sous spoiler la partie relative au voyage de Meemaw, qui sera postée le moment venu à la fin du topic scenario au Manoir.

Mais d'abord, brièvement, une petite explication de comment les choses se sont déroulées : au Kaerl Maudit, Peddyr empoigne Drazahir, et disparait avec lui dans l'Interstice, in extremis, avant que l'Ombremage ne transfère son âme dans un nouveau corps (le sien étant grièvement blessé). Ceci est relatif aux - futures - découvertes des Chercheurs, au Manoir : Drazahir a atteint l'immortalité en transférant simplement son âme de corps en corps. Donc pour l'achever définitivement, il faut empêcher cette réincarnation.

Cependant, après un certain temps, Peddyr ne réapparait pas pour annoncer la victoire. La nuit tombant sur la Lande, incertains, épuisés et effrayés par les conséquences d'une possible défaite, les Chasseurs décident de rejoindre le Manoir pour regrouper les forces anti-Drazahir, pour chercher conseil auprès de Meilan-Lavok et pour protéger les détenteurs des Clefs.

Entre temps ou peu après, Nalesean, le Maitre Guérisseur Céleste, arrive au Manoir pour apporter des soins à nos questeurs bien mal en point. La nuit passe dans une atmosphère de tension, et le sommeil se dérobe aux esprits surchauffés. Alors que l'aube pointe à peine, Meemaw arrive, et pour le reste tout est décrit dans le post qui suit ^^, qui a été écrit avec la collaboration de Peddyr, Legundir et Asulil.

Voilàààà, bonne lecture à tous et à vos plumes ! En espérant que ce RP ne vous décevra pas et conclura en beauté le Scenario de l'Ombre.

***



Meemaw,
Lézard de Feu Bronze

Theme Song :
Inceptus – Arcana


Le petit lézard avait écouté avec attention les paroles que sa maîtresse lui avait murmuré d'une voix douce, émettant de petits roucoulements à chaque image transmise par la pensée. Après s'être assurée qu'il avait bien compris sa mission, elle l'avait déposé au bord de la fenêtre, et l'avait incité à s'envoler. La mission qu'elle lui avait confiée était très importante. Il en allait du bien-être de sa grande sœur Dorée !

Renâclant tout de même à quitter la chaleur des bras de sa maitresse pour la fraicheur nocturne du désert, Meemaw s'était longuement étiré, faisant rouler sa musculature fine sous sa couverture d'écailles bronzes. La mission était simple : trouver Peddyr. L'image de l'homme, son odeur de mâle et le souvenir de son aura brillaient nettement dans l'esprit du lézard. Celui là était un gentil. Il avait sauvé sa maitresse, et aussi le compagnon de sa maitresse. Meemaw l'aimait bien, lui et son grand frère Brun.

Sa concentration fut un instant faussée par le passage d'un énorme papillon de nuit, juste sous son museau. Voilà un petit en-cas qui ne se refusait pas … Une minuscule gerbe de flamme, et le papillon tomba entre ses griffes. Il fut bien vite dévoré, sous le regard impatient de sa maitresse. Une dernière petite trille joyeuse, tel un aurevoir, et le lézard s'envola, bondissant peu après dans l'interstice.

Que c'était froid et désagréable ! En cela, ce passage n'avait pas changé, depuis que l'Ombre l'avait bloqué. Meemaw réapparu en vol stationnaire au dessus du Màr Menel, où l'aube pointait déjà l'horizon. Bien que le jour soit à peine naissant, la Grand'Place fourmillait déjà d'une activité frénétique. Depuis le toit où il se percha, le lézard avait une vue d'ensemble de l'esplanade centrale du Kaerl. Là-bas, un grand homme aux cheveux noirs corbeau et au profil d'aigle donnait des ordres d'une voix forte. Un grognement sourd s'échappa de la gorge du petit Bronze. Celui là, il ne l'aimait pas. Pas autant que celui qui avait fait du mal à sa maitresse et à son compagnon, la nuit de leur union … Mais tout de même.

**Encore à espionner, sale petit fouineur ?**

Un claquement de dent à quelques centimètres de sa tête le ramena brutalement à la réalité. Merentar ! Le colossal Dragon Noir était tout aussi détestable que son maitre. Un cri aigü, mi effrayé mi indigné, s'échappa de la gorge du petit lézard qui ne perdit pas de temps pour disparaître à nouveau dans l'Interstice. Qu'il le suive donc, s'il le pouvait ! Où s'était-elle donc cachée, sa mission ? Il ne sentait son aura nulle part dans le Kaerl … Il sentit son humeur s'assombrir. Sa maitresse serait triste s'il ne le trouvait pas, et ce n'était pas bien !

Percevant soudain la présence d'Eos, la belle Reine Incarnate, Meemaw se dirigea vers elle. Qu'il avait hâte de la revoir ! Se cachant dans l'ombre d'une poutre, il découvrit avec un déplaisir certain que la lézarde et sa maitresse n'étaient pas seules. Lui ! Silencieusement, ses crocs se découvrirent dans une mimique menaçante, et ses griffes sortirent de leur fourreau d'écailles. Etait-il en train de menacer la maitresse d'Eos ? Peut-être que, s'il parvenait à attirer son attention assez longtemps, elles pourraient réussir à s'enfuir ...
Quelle ne fut donc pas sa stupeur lorsque les deux humanoïdes se rapprochèrent tout près l'un de l'autre, pour s'étreindre dans une accolade furtive tandis que leurs lèvres s'effleuraient … Le lézard ne comprenait pas la scène qui se déroulait devant lui. La maitresse d'Eos … et Lui ? Elle l'avait choisi comme compagnon pour s'unir ? Mais pourquoi ?
Le petit Bronze n'eut malheureusement pas le temps de s'étendre plus avant dans sa profonde perplexité, qu'une paire d'yeux couleur de sylve se braquèrent sur lui, s'élargissant soudain sous le choc de sa vision. Relâchant vivement son étreinte comme s'il s'était brûlé, l'homme pointa du doigt le lézard à sa compagne. Ce qu'il lui dit, Meemaw ne l'entendit pas, car il s'envola à nouveau, bondissant à travers l'Interstice, le stress faisant battre son petit cœur à une vitesse anormale.

Où pouvait-il aller ? Sa mission ne se trouvait visiblement pas au Kaerl … Il devait réussir ! Sa maitresse lui avait bien expliqué. L'image du Manoir s'imprima dans son esprit. Peut-être … Peut-être, serait-il là-bas ? Et s'il n'y était pas, le vieux sage pourrait peut-être l'aider ? Vivement, le Lézard se concentra et se projeta dans l'antique demeure. Sans ralentir d'une seule écaille sa folle allure, il traversa comme une flèche une fenêtre laissée ouverte, avant d'effectuer un dérapage incontrôlé sur une table couverte de parchemins et de livres anciens. Une aura de fatigue intense, d'incertitude et de peur flottait dans l'air, malodorante, flottant, s'accrochant autour des gens présent dans la salle. Pourquoi ne réagissaient-ils pas ?

Tout à son excitation, Meemaw laissait échapper trille après trille, dans l'espoir d'attirer leur attention. Son petit cœur bondit de joie quand il reconnu le vieux soigneur en train de discuter à voix basse avec un elfe qui ne lui était pas non plus inconnu, et le Valheru gardien de la demeure. Sa mission n'était visiblement pas ici, mais il était sûr que eux sauraient où Peddyr était ! Il bondit sans attendre pour aller se poser avec légèreté sur la tête du grand Bronze qui accompagnait l'Elfe, et lorsque son regard croisa le sien, commença à le bombarder d'images embrouillées par l'excitation.

Peddyr. Heryn. Rintrah. Des œufs immobiles. Rintrah en colère et Heryn très triste. Des jeunes gens qui s'approchaient des œufs pour les prendre dans leurs bras, et les œufs se transformaient alors en bébés dragons. Persée et Zackheim qui s'embrassaient. Merentar qui essayait de le dévorer. A nouveau Heryn, qui lui confiait sa mission. Le désert. Le Màr Litsë. A nouveau les œufs. Peddyr.

Et ainsi de suite jusqu'à ce que le Torhil, jetant un bref coup d'oeil au visage crispé de l'Elfe, pose une main apaisante sur la petite tête du Lézard.

« Là, doucement mon petit, tu vas trop vite. »

Haletant, Meemaw allongea la tête pour quémander une caresse, tout fier à l'idée de mener à bien sa mission.

***


Legundir, les traits encore tirés, gratta également la tête du lézard, lui accordant également quelques caresses bien mérités.

- C’est bien Meemaw… Ta maîtresse peut être fière de toi… Nous nous occupons du reste.

Ainsi Heryn était au Màr Litsë… L’elfe s’est voulu de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il avait cherché bien des pistes mais il n’avait pas imaginé un instant qu’elle ait pu connaître et allé dans ce havre de paix et de neutralité. Elle était en vie, il n’en n’avait pas réellement douté mais le voilà rassuré. Elle semblait préoccupée mais ce qu’il comptait était qu’elle soit en vie et en bonne santé. Il pourrait enfin en savoir plus sur l’histoire, enfin une fois que tout se sera aplani.

L’elfe se tourna alors vers le Valheru et le Torhil, le visage un peu préoccupé. Il n’était pas l’heure de profiter de la victoire récente.

Nos ennuis ne sont pas encore terminés… Enfin ceux de nos jeunes gens plus particulièrement. Le compagnon de Dame Amlug vient de me transmettre beaucoup d’informations que sa Maîtresse lui a demandé de nous confier… Rintrah la liée de Dame Amlug protège depuis trop longtemps ses œufs… Ils sont plus que près à éclore. Vous savez comme moi ce qu’il se passerait si aucun doué non lié était présent lorsque cela arrivera…

° La mort attendrait les dragonneaux... ° Le grand bronze inquiet ne put se retenir de participer à la discussion. Il était au courant de tout, le don étant ce qu’il était…

Merci de tes lumières Faydan mais je suis au courant de cette partie depuis longtemps… Le ton anormalement sec du Maître céleste, accru la teinte grisâtre des yeux du saurien. Il y avait bien des marques et des conséquences invisibles aux méfaits de Drazahir. Et il faudrait du temps aux deux liés pour se retrouver pleinement si toutefois cela était possible. L’elfe poursuivi en ignorant la réponse de son lié.

Nous avons peu de temps… et nous ne pouvons prévenir et convier tout le monde…

° Dis leur qu’Heryn et les oeufs sont au Màr Litsë. Ce ne sera pas un grand secret dévoilé, rassure-toi … Nalesean en connait l’existence, même s'il ne s'agissait que de rumeurs non vérifiées pour lui. °

° Leg… °

° … °

° Entendu… ° Le saurien accomplit sa tache sans chercher à reprendre la conversation avec son lié qui n’en avait pas envie.

Ces jeunes gens ont bien grandi avec ces…sombres moments. Et je me dis qu’en dépit de leur état critique ils sont la seule chance pour sauver ce qui est possible de cette ponte royale. Asulil est mon aspirant, il est tout à fait prêt pour l’empreinte. Je peux me porter garant pour Ñiniel… C’est une céleste et … sa Maîtresse ne devrait pas m’en vouloir de ce choix… Surtout après ce qu’il venait d’apprendre sur elle et Zackheim… Informations qu’il tiendrait secrètes mais qu’il n’oublierait pas.

Concernant Alrune, Asshai, Ayae et Mave… Pour elles je ne sais pas… Mais il nous faut en prendre un maximum d’aspirant… Je prendrai la responsabilité envers Dame Amlug du fait qu’ils ne soient pas tous célestes. De toute façon ce n’est plus l’heure de telles considérations et ce sera l’occasion peut être de tisser des liens plus étroits entre les kaerls… Faydan pourrait supporter le poids de plus de trois personnes mais au vue de leur état je pense qu’il n’est pas souhaitable que j’emmène plus de deux aspirants avec moi.

Nalesean acquiesça lentement aux dires de Legundir, l'expression préoccupée. Il fallait faire vite en effet. Depuis le temps que les dragonneaux étaient pris de leur prison de calcaire, chaque minute était vitale. Une rapide discussion avec l'elfe et le Gardien du Manoir d'Ael Alfirin, Meilan-Lavok, décida tout le monde à agir. L'empreinte serait difficile, mais ils pensaient qu'un lien nouvellement créé pourrait les protéger d'un assaut magique de la part de l'Ombremage. Et surtout, potentiellement protéger les esprits des deux jeunes marqués qui avaient fait un voyage par delà les frontières. Ils les inquiétaient particulièrement. Ils avaient des blessures que sa magie ne pouvait guérir et il espérait que le lien avec leur âme sœur répare les dégâts causés par la magie noire de Drazahir.

Le Maitre Guérisseur voulait revoir l'ancienne Dame. Il était de ceux qui ne croyaient pas un seul instant en sa traîtrise ou qui, du moins, projetaient de sérieux doutes sur la question. Il la connaissait trop bien pour accepter que ce soit vrai. Qu'elle soit encore en vie et se porte bien, cela comptait déjà beaucoup pour lui, le reste viendrait en son temps.
Ah, Logain, qu'aurais-tu pensé de tout ceci si tu avais été encore en vie ? Son vieil ami lui manquait, son assurance et sa confiance indéfectible en le futur ... Lui qui avait été le premier à tendre la main à Heryn, puis qui avait été jusqu'à l'adopter dans sa propre famille ... Lui qui était tombé dans l'exercice de ses fonctions, comme Seigneur du Kaerl, traitreusement empoisonné. Le vieux Torhil secoua la tête pour se sortir de ses pensée et déclara :

- Je viendrai également. Je n'ai pu que sommairement les soigner et l'épreuve de l'Empreinte risque d'être particulièrement éprouvante pour eux. Nos jeunes candidats comme les dragonneaux auront besoin de toute l'aide qu'on pourra leur apporter.

Quelques instants plus tard, après que Legundir eu expliqué à demi-mot la situation et recensé ceux qui se sentaient prêts à entreprendre le voyage, il fut décidé que lui et son Brun Lioth aideraient à transporter deux des quatres futurs candidats. Une vague de profonde désapprobation traversa son esprit à la pensée que, à cause du refus d'une des deux dernières Aspirantes, Mave et l'incapacité de l'autre, Alrüne, des dragonneaux mourraient peut-être. Oser mettre en jeu de cette façon la vie et le destin de ces jeunes êtres ... Le Torhil fronça les sourcils sur elles, l'air sévère, avant de se détourner pour rejoindre Legundir. En tant que Guérisseur, cette idée était difficilement tolérable, mais on ne pouvait pas les forcer à venir si elles n'en avaient pas envie.

Dans un souci de prudence, l'Elfe transporterait les deux célestes alors que lui même s'occuperait des deux ardentes. Séparer les deux Marqués était plus prudent, surtout quand l'une d'elle semblait encore avoir des excès de folie et l'autre parlait tout seul.

Ils décidèrent de se téléporter dans un endroit du Ssyl’shar qu’ils connaissaient tous les deux et que ensuite Legundir les guiderait jusqu’à l’entrée dissimulée du Màr Litsë. Après quelques dernières recommandations, notamment sur le fait d’attendre le lever du jour pour que chacun regagne son Kaerl. Voir même attendre des nouvelles de Peddyr Thelrand. Le retour du Maitre Céleste était essentiel. Sans quoi ce serait synonyme de défaite ... Et de graves difficultés à venir pour l'ensemble des Ordres Draconiques.

Et ils disparurent. Il fallait qu’ils fassent attention dans l’Interstice de ne perdre personne. Heureusement ce ne fut pas le cas et en moins de dix minutes après, ils se posaient sur la place de la Terre de Liberté, devant une petite assemblée de curieux, encore debout à cette heure tardive de la nuit.




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --
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MessagePosté le: Dim 7 Sep 2014 - 17:05 Revenir en haut

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Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Dim 7 Sep 2014 - 17:16 Répondre en citantRevenir en haut

Fatigué... Éreinté, épuisé... Et tous les autres qualificatifs possibles et imaginables. C'était l'état dans lequel était Asulil. Le pire dans tout ça été le doute. Avaient ils réussi ? Les chasseurs avaient ils réussi ? Tout ce qu'ils savaient c'était que Peddyr avait disparut avec Drazahir. Et sans nouvelles, ils ne pouvaient rien célébrer. Mais eux avaient fini leur travail et avait réussi à trouver tout ce qu'il fallait. Mais la réussite avait un drôle de goût. Déjà celui de la douleur. Il avait encore mal dans le flanc, merci Asshai, car même si le guérisseur était doué, il avait eu beaucoup de patients d'un coup. La douleur aussi, de la marque. Elle n'avait pas disparu d'un coup sans laisser de traces, loin de là. Elle refluait, très doucement, trop doucement pour signifier quelque chose, mais douloureusement. Comme si on l'aspirait et qu'elle tentait vaillamment de rester collée à la peau.

La victoire avait aussi un goût d'absence. Absence de repos pourtant largement mérité. Il aurait voulu rentrer au Kaerl, s'allonger pour dormir jusqu'à ce que son corps se soit totalement remis. Mais non, ils devaient encore partir et surtout tenir sur un dragon. Oh, ils partaient pour une bonne, une excellente raison qui en d'autres circonstances aurait fait bondir le Torhil. Mais là il avait besoin de dormir.

Il jette un rapide coup d'œil sur le côté. Il était toujours ici, lui faisant coucou de la main. L'aspirant soupira discrètement et grimpa sur Faydan comme il put, s'y accrochant difficilement. L'interstice... Il ne l'avait encore jamais pris et cela lui faisait un petit peu peur quand même, surtout vu son état.

Lorsque tout le monde fut installé, ils disparurent avant même d'avoir pu inspirer une nouvelle fois.

--><--


Le désert. Malgré la très très désagréable sensation qui l'avait étreinte lors du saut, Asulil inspira profondément. La douce chaleur du désert. C'était agréable après tout ça d'avoir l'impression de revenir 'chez soi'. Même s'il savait que chez lui ce n'était plus vraiment ici, il avait toujours ses parents, sa maison et une grande partie de ses livres. Il viendrait les récupérer un jour.

Mais pour l'heure, il regardait se profiler devant lui les montagnes du Mar Litsé. Cet endroit lui était familier. Pas cette zone précisément, mais les montagnes oui. Pourtant il n'avait jamais trouvé âmes qui vivent ici.

Descendant du dragon, il regarda avec les autres cette étrange cité. On les regardait un peu bizarrement aussi d'ailleurs. Il fallait dire qu'il devait faire peine à voir. Sale, épuisé, blessé. Ce n'était guère réjouissant. Apparut l'air un visage familier. Son Maître lui en avait parlé, il avait vu une représentation de sa personne. Dame... Enfin ex Dame Heryn Amlung. Celle qui avait supposément tué son époux, mais que Legundir n'en croyait pas capable.

Mîw sur son épaule, le visage tiré, il attendait qu'elle parle. Puisque de toute évidence elle était là pour eux.



Asshai Anara
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MessagePosté le: Dim 7 Sep 2014 - 18:27 Répondre en citantRevenir en haut


Ou était elle la belle embrasée ? S'était elle perdue dans les noirs couloirs de la magie et de la mort ? Nul besoin de comédie et de fard à présent, ses traits suffisaient à eux seuls à mettre mal à l'aise qui s'approchait d'elle. Elle s'était reclus dans un coin de la pièce, enroulée dans une couverture, tremblante de tout ses membres. Elle avait froid, elle avait peur... Elle n'arrivait plus à domestiquer ses gestes depuis un moment déjà...

Elle restait là, murée dans son silence, renfermée sur elle même, les genoux remontés sous son menton. Elle observait les marques qui dansaient là sur ses poignées, et revoyait sans cesse les abominations qu'elle avait put partager avec l'esprit de Drazahir. La nausée avait laissé place à un sentiment de vide, de froid et d'épuisement total. Elle ne voulait qu'une seule chose : qu'on la laisse ici – seule. Il lui fallait du temps, loin de l'agitation, loin des autres.

Il y en avait qui étaient revenus de la Lande. Que s'était il passé là bas ? Qu'avaient ils vu ? Elle ne brûlait pas de le savoir, car elle, elle avait vu bien pire que tout ce qu'ils avaient put vivre. Qui était mort et qui avait survécu ? Qu'importe là aussi, elle était vivante, voilà qui était le plus important. Elle s'était éloignée un peu plus, s'enfonçant dans la pénombre à travers les rayons, serrant plus fort que jamais sa larme de feu, et se rependant en milles prières à l'intention de la déesse.

Les images lui revenaient sans cesse, sans qu'elles réussissent à les éloigner. Dès qu'elle fermait les yeux, elles les voyaient se dessiner dans son esprit, sans arriver à s'en détacher, éprouvant une fascination malsaine pour tout ce qui touchait de près ou de loin aux abominations que recelaient l'esprit du mage noire.

Elle avait finit par s'assoupir pendant une heure à peine, mais son repos n'avait été qu'une suite de cauchemars dans lesquels morts et vivants se fréquentaient sans cesse. Elle se revoyait elle même torturée par les pouvoirs pervers de Drazahir sans réussir à s'échapper de son influence. Une tape sur l'épaule l'avait réveillé. On lui avait apporté de l'eau, on lui parlait mais elle ne comprenait pas. Son esprit était resté coincé dans son rêve, revivant le traumatisme qu'elle s'était infligée. Une nouvelle tape la fit revenir à la réalité. L'empreinte. Oui. L'empreinte.

Elle avait répondu d'un hochement de tête quand on lui avait posé la question. On l'avait aidé à se relever sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. Une empreinte. Elle allait rentré au Kaerl. Il y aurait une empreinte. Vaille que vaille elle avait rassemblé ses forces au moins pour venir s'asseoir parmi les autres aux bords de l'un de ces lits de fortune. On lui avait demandé ce qu'elle voulait, et la seule chose qui lui traversa l'esprit fut « la maison ». Le màr. Le weyr d'Anaviel.

Au lieu de quoi elle releva simplement la tête, et demanda un peu d'eau. On le lui apporta et elle s'en passa un peu sur le visage. Du coin de sa manche elle effaça les dernier traces de maquillage. Voilà c'était déjà mieux. Et puis de nouveau elle s'abandonna à ses noirs souvenirs, attendant que quelqu'un vienne la chercher pour l'en tirer. Tant qu'elle était ici, elle ne réussirait pas à s'en détacher. Il y aurait forcément quelqu'un. Anaviel. Lilwen. Quelqu'un. On ne pourrait pas l'abandonner ici.

On vint la chercher. Enfin... On la fit monter sur un dragon.

« Tout va bien ? »

Elle hocha simplement la tête. Elle allait rentrer à la maison. Enfin... Elle n'aspirait qu'à cela. Allait se coucher. Chez soi.

Et ils plongèrent dans l'interstice.


***


Un vent chaud et violent vint lui mordre la face. Instinctivement ses paupières se plissèrent. Ses yeux n'arrivaient pas à distinguer grand chose alors qu'elle venait juste d'être tiré de la pénombre de la nuit. La chaleur aussi. Douce mais bien présente. Celle ci se rependit en elle comme un doux parfum qu'elle n'avait plus goutté depuis longtemps.

Elle réussit à ouvrir les paupières pour finalement distinguer le tapis du désert sous elle. Elle releva la tête pour voir le vaste ciel bleu qui semblait embrasser l'horizon de toute part. La scène était toute entière plongé dans la lumière de l'aube qui pointait à peine. Mais ce lieux, elle l'aurait reconnu entre milles...

*Ssyl'shar. *

Elle était finalement rentré à la maison... Mais pas celle à laquelle elle s'était attendue. Le vent sur son visage, la chaleur, la lumière si particulière, tout cela fit resurgir en elle des souvenirs bien plus anciens. Combien de temps déjà avait elle quitté son continent ? Trop longtemps sûrement, car le souvenir qu'elle avait de son départ lui semblait lointain et flou. L'image du désert qui l'entourait de toute part ne rendait cette longue journée qui n'avait été qu'une suite d’événements cauchemardesques et une torture de chaque instant, plus étonnante encore. Le spectacle qui se jouait sous ses yeux avait des allures de rêves.

Juché sur un dragon dont elle ignorait jusqu'au nom, elle observa tout autour ceux qui se déposaient. Là elle reconnaissait Asulil, Niniel... Et d'autres encore... Ils étaient tous là. Non. Pas Alrune. Elle ne comprenait pas. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? L'empreinte ? Que signifiait cette empreinte ? Et maintenant elle s'en voulait de n'avoir pas prêté attention à ce qu'on avait put lui dire.

Finalement quelle importance pour maintenant ? Elle se contenterait de suivre les ordres, voilà tout. Elle était chez elle quelque part, voilà ce qui importait. Plus que tout le reste. Sentir de nouveau les rayons de l'aube du Ssyl'Shar sur sa peau valait tout le réconfort du monde.

Mettant pied à terre, elle ne pipa un mot, n'échangea pas un regard. Elle observait d'un œil cave cette cité dans laquelle personne ne semblait étonné de voir arriver des dragons. Ce détail passé, elle décida qu'il était temps désormais de ne plus se poser de questions. Elle se laissa entraîner à la suite des autres, observant le spectacle de ce bastion des sables sans curiosité, passive en toute circonstance.

Elle n'arrivait pas à croire qu'un lieu tel que celui ci puisse continuer à vivre sans se sentir concerné par la menace qui avait pesé il y a quelques heures encore sur le monde tout entier. Tout lui semblait irréaliste. Le temps s'était arrêté pour elle, et il lui semblait que cette journée avait duré une éternité. Maintenant elle était ici en Ssyl'Shar, et le spectacle de ces ignorants vacant à leurs occupations lui procurait une sensation étrange... Elle se sentait différente d'eux. Pour toujours et à jamais elle resterai celle qui avait pénétré l'esprit de Drazahir. Et en cet instant plus que tout autre elle se sentait seule.
Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 - 20:24 Répondre en citantRevenir en haut

Theme song

Que faisait-elle là… ? L’ondine avait peut-être une ou deux réponses de plus à y apporter mais rien de vraiment décisif. Néanmoins elle avait survécu. Et ce n’était pas rien, songea-t-elle en observant le ciel et les quelques dragons qu’on voyait y passer dans la nuit. Quelle heure était-il… ? Elle n’en avait aucune idée… Toute notion de temps s’était envolée sous l’effet conjugué de la fatigue et l’adrénaline réunie.

Elle sentait l’épuisement, à la lisière de son esprit, prêt à s’emparer du moindre relâchement qu’elle lui concéderait. Mais elle avait trop à penser pour se laisser aller au sommeil. Non, impossible de lâcher prise à une douce plongée dans l’inconscience. La rousse se retourna, observant la salle derrière elle qui lui semblait bien vide maintenant. Des torches y brûlaient encore et quelques-uns s’y étaient installés tant bien que mal pour attendre. Elle esquissa un soupir là, trop fatiguée pour penser de façon plus élaborée… Attendre. C’est donc à cela qu’ils étaient réduits. Attendre sans savoir que la libération ou la destruction leur vienne d’un seul homme. Attendre sans rien pouvoir faire, dépendants de quelque chose sur lequel ils n’avaient plus de prises. Attendant que tombe le couperet. Tels des créatures menées à l’abattoir et réduits à espérer la mansuétude du boucher.

L’aspirante se détourna de nouveau. Le spectacle n’était pas de celui qu’elle se plaisait à voir. Contempler l’impuissance n’était pas des plus agréable … sans doute parce qu’elle était comprise dans cette impuissance.

Et pourtant… elle songea qu’elle ne s’était pas si mal débrouillée que cela. Apres tout, elle était vivante. Et elle avait obtenu une promesse qui, même si elle n’était pas forcement fiable lui ouvrait des perspectives. Oui… et elle en était certaine, il y avait énormément à apprendre du kaerl maudit. De ce kaerl qui avait chut mais qui, c’était visible, avait été très grand. Ayae savait qu’un jour, elle y retournerait. Aubiade... Ce n’était qu’un au revoir.

S’ils survivaient.

Et si ce foutu céleste arrivait à être à la mesure de son arrogance, les deux étant liés.

Un bruit de pas s’approchant d’elle la fit sortir de ses songes et elle dévisagea son interlocuteur, laissant apparaître une trace de curiosité. Ayae se sentait trop lasse pour faire plus d’efforts pour être lisible. Quelques mots suffirent pour l’encourager à ne pas encore s’effondrer sur le sol et elle remercia poliment l’elfe, lui annonçant qu’elle se tenait bien entendu à leur disposition au vu de l’urgence mais laissait le dernier mot à sa Dame…

Sérieusement…. Proposer à une ardente de participer à une empreinte de Reine Dorée ? C’était… absurde. Ils en avaient conscience au moins ? Ca confinait presque au ridicule mais bon, elle se fit la réflexion que la fatigue avait du jouer aussi sur eux. Ca se tenait. Ou bien ils avaient mangé quelque chose de périmé et ça avait atteint le cerveau. Possible aussi. Ou alors elle rêvait…. Non… Après tout s’ils avaient envie de laisser des visiteurs découvrir leurs lieu de ponte… pourquoi pas. Ce n’est pas comme si elle risquait quoi que ce soit et toute information était bonne à prendre. Sans compter que vouloir qu’elle se lie alors qu’elle n’était aspirante que depuis.. 5 jours maintenant… Risible.

L’ondine s’éclipsa donc le temps de chercher Lilwen. Facile. Trouver l’endroit où il y avait encore quelqu’un d’éveillé. Sa Maîtresse n’admettrait pas être l’une des dernières au courant si il y avait des nouvelles… elle serait donc là où les gens s’approchaient plus des vivants que des zombis plus ou moins opérationnels. En toute logique du moins. La réaction de la Maîtresse Incarnate fut, à peu de différence près celle escomptée : elle éclata de rire. Visiblement les deux ardentes avaient eut le même ressentit. C’est donc avec son accord très amusé et une recommandation de ne pas perdre une miette du spectacle que l’ondine rejoignit les autres zombis…

Elle espérait tout de même que cette petite mascarade ne durerait pas trop longtemps sinon il n’y aurait plus d’ondine mais un cadavre endormi à ramener. Les autres n’étaient pas plus fra- Elle ! Elle ici ?!? Elle n’était qu’une ombre mais… non… ça devait juste être quelqu’un qui lui ressemblait. Ou plutôt qui ressemblait aux souvenirs qu’elle avait d’elle. La disparition de l’embrasée remontait un peu. Trois ans. Un peu plus peut-être. Ou bien c’était que le hasard était plus joueur que ce qu’elle aurait imaginé. L’ondine monta donc lentement sur le dragon, s’installant derrière l’ardente.

Dans un souffle, ils disparurent.



Et le souffle chaud du Ssyl'Shar lui fouetta le visage.

Elle ne connaissait pas ces lieux, mais elle savait qu’ils étaient de retour sur cette terre qu’elle haïssait.
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 - 23:24 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel n'aurait jamais pensé que son Empreinte viendrait si vite. Cela ne faisait même pas une Lune complète que l'Ondine était arrivée au Màr Menel, et pourtant tant de choses s’étaient déjà passées. Il était certain qu’elle avait grandi suite aux événements que Tol Orëa venait de vivre.

Plus que ses compétences d'armes, c'était surtout le caractère qu'elle avait affiné, le rendant plus tranchant, plus affirmé. L'évolution avait été spectaculaire pour un si court délai. Il faut dire qu’entre l’apprentissage auprès de l’Ancalikon, la quête de Drazahir, elle avait repoussé ses limites.
L'Ondine n'avait plus peur d'afficher ses opinions et parlait avec calme. Toutes les rencontres faites depuis son arrivée lui ont chacune apporté plus que ce qu’elle n’aurait jamais imaginé. Ce n'était pas un pré-requis pour l'Empreinte, certes, mais Ñiniel se sentait prête à assumer ce devoir. Il était temps qu'elle se lie.

Suite à l’annonce au Manoir, l’Ondine eut différentes réactions : la première fut l’envie de pleurer tant elle était épuisée. Elle pensait avoir atteint le bout de la quête, et y avait mis toutes ses forces. La seule idée de devoir prendre l’Interstice ne l’enchantait absolument pas.
La deuxième réaction fût l’interpellation qu’elle eut en entendant le nom de Dame Amlug prononcé. Sans oser poser la moindre question, elle fût tout de même interloquée lorsque Legundir donna son nom. La Dame déchue était-elle donc toujours en contact avec certains Célestes ?
La troisième réaction, mais non la moins importante, fut le bonheur de passer cette Empreinte, symbole de l’accomplissement de son Aspiranat. Elle remercia d’ailleurs Legundir de la confiance qu'il lui accorda, même si elle savait pertinemment qu’être l’Aspirante de Persée y était pour beaucoup.
En pensant à sa Maîtresse-Dragon, un petit tressaillement se fit sentir. Serait-elle là-bas pour assister à l'éclosion? Mais tristement l'Aspirante dut se rendre à l’évidence : Persée n’assistera pas au Lien de son Aspirante.

Elle s’envola donc sur le dos de Faydan avec Asulil et ses questions, direction l’Interstice. Le Dragon semblait exulter de pouvoir enfin réutiliser l’Interstice, et Ñiniel fut fascinée par ce voyage extraordinaire. Cette fracture de l’espace et du temps qu’ils traversèrent la subjugua. En un instant ils étaient de l’autre côté.
Le soleil éclatant de Ssyl’Shar aveugla Ñiniel qui porta la main à ses yeux, en s’accrochant fermement à l’épaule d’Asulil tandis qu’elle tentait de retrouver l’équilibre. La chaleur des lieux fût accueillante et bienvenue sur la peau glacée de la jeune Ondine. L’Interstice avait duré le temps d’une respiration ou deux, un court instant de vide. Elle n’avait rien vu, rien entendu, rien senti, et ce n’est qu’une fois arrivée à leur destination qu’elle sentit le froid l’engourdir aussi puissamment qu’une tempête de neige. L’impression de revenir à la vie l’avait saisie alors que le soleil l’accueillait de son éclat.

Tandis qu’elle s’habituait peu à peu à la lumière de Solyae, les questionnements revenaient aussi : allaient-ils vraiment rencontrer Heryn Amlug ? Qui donc était au courant ? Et surtout, que se passera-t-il ensuite ?

Faydan se posa alors, et Ñiniel crut reconnaître le Continent Ssyl’Shar même si elle ne pouvait être affirmative : elle n’avait jamais vu un tel endroit.
S’il s’agissait bien du Continent auquel elle pensait, jamais l’Ondine n’avait poussé aussi loin ses pas. Elle savait que Ssyl’Shar avait une certaine végétation au Sud, et c’était justement l’endroit qu’elle avait commencé à parcourir. Mais cette chaîne montagneuse qui laissait découvrir une imposante architecture de pierre fut une enième suprise pour le regard cristallin de Ñiniel. Legundir leur apprit le nom de cet endroit : le Màr Litsé, mais déjà elle n’écoutait plus que d’une oreille. Chacun de ses pas, chacune de ses actions l’entrainait toujours plus vers la découverte et la surprise. L’émerveillement était toujours au rendez-vous, même si parfois il était dur de ne pas avoir de repère. L’Ondine aspirait maintenant à retrouver le Kaerl Céleste, retrouver Rànen son petit familier, et faire le point sur tous ces évènements. Et surtout, plus que tout elle voulait un bain ! Tout son être était ankylosé, sa peau se desséchait, ses vêtements étaient lourds et sales, et le confort n’était maintenant plus qu’un doux mot pour elle. Ce sera la première chose qu’elle fera en revenant au Mar Menel, elle n’avait que cette idée en tête.

Chemin faisant, elle put découvrir les autres candidats à l’Empreinte : Asshai était là, avec Asulil ils étaient maintenant trois. Une autre Ondine était là elle aussi. Il était étrange de voir une Ondine aux cheveux teintés de rouge, mais d’autres caractéristiques ne pouvaient pas tromper Ñiniel. Toutefois, aucun mot ne fut échangé entre les Aspirants.

Ils seraient donc quatre. Quatre futurs chevaliers ; quatre futurs chevaliers liés par leur futurs Dragons, quatre frères et sœurs. Elle savait que le destin les amènerait irrémédiablement à se croiser de nouveau.

Arrivés tous là où l’Empreinte aurait lieu, ils découvrirent une ombre qui semblait les attendre. Etait-ce la fameuse Dame déchue ? L’Ondine ne saurait le dire, mais elle n’imaginait aucune autre solution. Interdite, elle fixait celle qui se tenait devant eux et dont la Liée allait leur offrir leur destin. Ñiniel commençait à comprendre que ce moment était peut-être le plus important de sa courte existence. Il allait falloir être digne de sa future petite Liée. L’Ondine n’avait maintenant plus qu’une hâte : rencontrer son âme sœur.






Dernière édition par Ñiniel Iserimir le Jeu 16 Oct 2014 - 15:37; édité 2 fois
Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 21 Sep 2014 - 20:28 Répondre en citantRevenir en haut


Rintrah, Reine Dorée

Theme Song :
Music Junkies – The Imagining

       

Passant de la pénombre de l'escalier de pierre à l'extérieur où le soleil se levait à peine, la jeune femme cligna des yeux, un instant éblouie par un rayon de lumière filtrant entre deux bâtiments. A une allure plus mesurée, soudainement saisie d'incertitudes, elle s'avança vers la petite troupe. Deux dragons, leurs liés et … Quatre aspirants. Si peu ? Etait-ce là les seuls candidats qu'elle aurait à présenter aux œufs ? Tous avaient l'air si mal en point, comme exténués … Le combat contre l'Ombremage avait visiblement été extrêmement rude.

En l'espace de quelques secondes, ses yeux noisettes étaient passés vivement d'un visage à un autre, cherchant à les reconnaître, à distinguer en eux la moindre parcelle de familiarité qui aurait pu la renseigner. Son cœur, qui avait manqué un bond en reconnaissant Nalesean, se serra aussitôt lorsqu'elle parvint à la conclusion que Peddyr n'était pas là. Qu'avait-il pu lui arriver ? Qui que soit ces aspirants, elle n'avait d'autre choix que de faire confiance à ceux qui les avaient amenés ici.
Enfin, son regard croisa celui, imperturbable, de Legundir. Que pouvait-il penser d'elle à cet instant ? Etait-il là pour la ramener au Màr Menel, devant la justice du Kaerl ? Après tout, tout indiquait qu'elle était coupable ; le sang, la lame, le fait qu'elle avait congédié les gardes, son aveu, et Seldryn lui-même ... C'est avec une anxiété grandissante et la gorge nouée qu'elle se détourna de l'Elfe pour s'adresser au vieux Maitre Guérisseur, refrénant son envie de le serrer dans ses bras. Il constituait une présence rassurante bien qu'inattendue au milieu de ces silhouettes inconnues.

« Nalesean … Peddyr Thelrand … Pourquoi n'est-il pas avec vous ? »

L'expression sombre, le Torhil secoua la tête en signe de dénégation.

« Il est porté disparu depuis quelques heures. Il s'est jeté dans l'Interstice en emportant l'Ennemi, mais n'a pas reparu. Nous ignorons ce qu'il est advenu de lui et de son Lié. »

Le choc de la nouvelle pris quelques instants à s'imprimer dans son esprit. Pauvre homme. Lui qui s'était toujours montré si brave et si confiant ! Se mordant la lèvre pour juguler ses émotions, Heryn pris une profonde inspiration et ferma les yeux, recherchant le calme intérieur. Etrangement, elle s'aperçut que le mur qu'avait érigé Rintrah pour se couper d'elle semblait se fissurer, une profonde détresse suintant de plus en plus par des failles se multipliant. Immédiatement, elle s'ouvrit toute entière à son âme-soeur, accueillant à nouveau la fusion de leurs deux esprits avec soulagement.

**Heryn … Les œufs ! Les petits, ils s'agitent … Ils vont briser leur coquille, et je ne pourrais pas les retenir !**

L'angoisse à l'idée de les voir éclore et mourir sur les sables. Puis l'espace d'un battement de cœur, un lourd silence, et enfin la colère qui éclate, accusatrice.

**Ils les ont senti … Ils sont là, ils viennent pour me voler mes enfants … TU les as guidés jusqu'ici !**

*Rintrah, je t'en prie ! Tu ne pourras pas les garder dans cet état pour toujours ! Ils risquent de mourir !*


**Ils mourront de toute façon s'ils se lient dans ce monde, dans cette ... réalité déformée ! Ils se lieront et courront à leur perte !**

Sur ces mots, la dragonne se referma comme une huître, sans couper le contact complètement, mais faisant clairement comprendre que la discussion était terminée … C'était comme une porte claquée sous son nez. Elles ne pouvaient plus reculer à présent. Ils étaient là … Et les petits l'avait senti. N'était-ce pas un signe de Flarmya qu'ils étaient bien les élus que ces âmes en souffrance attendaient ?

Rouvrant les yeux sur la petite assemblée qui la dévisageait avec plus ou moins de curiosité, elle choisit de cacher son trouble en s'inclinant avec respect devant eux.

« Candidats à l'Empreinte, bienvenue au Màr Litsë. Je me nomme Heryn Amlug, liée à la Reine Dorée Rintrah, dont les œufs reposent actuellement sur les sables de ce Kaerl. Je vous prie de me pardonner, car vous avez été amenés ici à ma demande, en dépit de votre état … »

Un mince sourire d'excuse vint éclairer son visage grave, et elle pris le temps de croiser le regard de chacun des quatre candidats, comme pour les jauger. L'une d'entre elle, à peine consciente, semblait avoir du mal à simplement tenir debout ; un autre, un grand gaillard à l'allure pourtant solide, souffrait visiblement d'une blessure récente. Les yeux gris de la troisième n'exprimaient rien d'autre qu'une franche détermination, malgré sa fatigue … Quant à la dernière … Elle ne lu qu'un désintérêt poli sur son visage, voire une certaine forme … d'amusement ? Visiblement le moment ne l'inspirait guère. Une telle attitude lui arracha un bref froncement de sourcils. Quelle assemblée hétéroclite … Etaient-ils réellement prêts à passer l'épreuve de l'Empreinte ?

« Je tiens avant tout à vous remercier sincèrement d'être venus. Je souhaite que votre présence puisse sauver ces petits retenus trop longtemps dans leur coquille. »

Enfin, elle se tourna à nouveau vers Nalesean et Legundir, rassemblant son courage pour croiser leur regard, et accepter le jugement muet qu'ils pouvaient porter sur elle, quel qu'il soit. Un léger signe de tête accompagna ses paroles :

« Maitre de Dalneÿs, Maitre Unarion, je suis heureuse de savoir que vous êtes là pour accompagner ces jeunes gens. »

Oui, elle était heureuse de les revoir, en dépit des circonstances. Le cœur lourd, elle vit un sourire plein de malice venir s'afficher sur le visage du vieux Torhil, qui s'avança pour poser une main paternelle sur l'épaule de la jeune femme.

« Eh bien, comment aurais-je pu manquer la première couvée de Rintrah ? Je suis certain que ses dragonneaux seront magnifiques. Je ferais ce qui est en mon pouvoir pour les aider. »

Il se tourna brièvement pour embrasser du regard les aspirants, avant de reporter son attention sur Heryn.

« Allons-y à présent ! Nous mèneras-tu jusqu'à eux ? »

Les iris noisettes de la demi-sang s'embuèrent irrémédiablement de larmes, et elle serra les poings pour contenir ses émotions. Pourquoi était-ce si dur soudain ?   
La respiration hachée, elle hocha la tête, et pris la tête du petit groupe pour les mener jusqu'aux sables d'éclosion. Pour beaucoup, retrouver son chemin à travers la cité des sables pouvait s’avérer difficile mais elle s'y déplaçait avec une aisance qui avait surpris les anciens. Elle ne pouvait bien évidemment pas leur dire qu'elle était née et avait grandi ici … Ou ce qui en était son reflet. Certains secrets devaient rester cachés.



Après plusieurs minutes de marche effectuée dans un silence seulement troublé par le frottement des pieds sur le sol de pierre, ils pénétrèrent enfin dans la vaste salle où s'était établie Rintrah. Le plafond en dôme s'élevait à une hauteur vertigineuse au dessus de leur tête, parfaitement lisse bien que percé à plusieurs endroits de larges ouvertures rondes, bouchées par des vitraux colorés. Contrairement aux Kaerls de Tol Orëa, il n'y avait pas d'emplacements réservés aux spectateurs ; le Màr Litsë n'ayant de kaerl que le nom, il n'hébergeait que rarement des Reines Dragons, et encore moins leurs pontes. Ces maigres informations constituaient le peu qu'elle avait pu tirer du passé de la cité.

S'arrêtant peu après l'entrée, Heryn porta son regard sur sa Reine, son âme-soeur depuis tant d'années. Elle faisait peine à voir. Lovée autour de ses œufs, les yeux brillants d'une couleur rouge-orangée, amaigrie par de longs jours de jeûne à veiller sur ses œufs, ses écailles apparaissaient ternies dans la lumière des vitraux. Pour autant, elle n'avait rien perdu de sa superbe, et sa stature restait impressionnante … D'autant plus lorsqu'elle se redressa de toute sa hauteur, dévoilant dans son ombre une petite dizaine d'oeufs, et dénudant ses crocs d'ivoire à l'attention des Aspirants.

**Qu'ils approchent et ils périront en regrettant le jour de leur triste venue au monde.**

« Rintrah ... »

**T'en es-tu seulement rendue compte, que parmi eux, deux seulement portent la marque du Màr Menel ? Et de ces deux, peut-on seulement être sûrs que leur cœur n'empruntera pas un jour le chemin des ombres ?**

Les griffes sorties, le regard tourbillonnant de colère, la Reine avança d'un pas, menaçante.

**Pauvres fous ! Le mal et la dérraison gisent au plus profond de vos coeurs … Une tare qui s'est transmise en droite ligne depuis l'époque de la domination des Valherus. Vous n'êtes pas dignes de lier vos vies avec celles de mes enfants. Je ne vous laisserai pas les lier à votre destin funeste !**

Les yeux écarquillés, surprise et rendue muette par la véhémence de sa dragonne, elle ne remarqua la mince silhouette qui s'avança qu'au moment où elle s'arrêta en face de Rintrah. Kieran de Galastden, réputé mort mais pourtant bien vivant, s'agenouilla humblement devant la Dorée, tête baissée vers le sol.

« Ô puissante Reine, je te prie de bien vouloir accepter mes excuses, ainsi que mon profond regret de vous avoir ainsi conduites dans cette situation. J'ai conscience d'être le seul fautif. Aussi, si tu souhaitais prendre ma vie en réparation, je me plierai humblement à ton jugement. »

L'espace d'un instant, le regard de la dragonne s'adoucit, avant qu'elle ne projette quelques mètres plus loin le jeune Humain, d'un coup de patte impressionnant mais néanmoins très mesuré. Elle ne cherchait pas à le blesser, mais simplement à l'écarter. Suivant du regard sa Lié qui se précipitait sans autre forme de procès vers son amant, Rintrah s'ébroua, comme pour chasser de son esprit la proposition déplaisante de Kieran.

**Es-tu donc si bête au point de croire que ma vengeance pourrait être satisfaite si je te tuais ? Elle ne me le pardonnerait jamais !**



Elle avait détourné sa garde quelques secondes seulement, mais ce fut suffisant pour que l'un des œufs, qui avait imperceptiblement commencé à se craqueler, explose littéralement, libérant un dragonneau Bronze haletant sur les sables dorés. Dans les yeux opalescents de la Dorée se succédèrent alors tout un panel d'émotion et de couleurs, depuis le rouge de la colère, en passant par le gris de l'inquiétude, et le vert du ravissement et de la fierté.

Se redressant vaillamment, il esquiva d'un bond maladroit la queue écailleuse protectrice que sa mère voulait lover autour de lui, et il projeta avec force ses premières pensées impérieuses dans l'esprit des personnes présentes :

**Viens à moi !**


Le temps d'une dizaine de battement de cœur, les aspirants réunis s'observèrent, se jaugeant pour voir qui allait oser faire le premier pas, jusqu'à ce que, n'y tenant plus, le jeune Torhil s'avance vers le nouveau-né.

**N'approche pas !**

La pensée le frappa sans douceur, heurtant son esprit déjà malmené par les épreuves de la journée précédente. Son regard croisa brièvement celui de la Dorée, ignorant les grondements sourds qui sortaient de sa gorge, avant que, d'un mouvement saccadé, il se remette en marche, pour aller cueillir le dragonneau qui avait bondit à ses pieds.

Au même moment, comme si le premier avait lancé un signal invisible, deux autres œufs se brisèrent simultanément, révélant une petite Verte dont les écailles rappelaient le jade, et une Noire d'une belle taille, équivalente à son frère Bronze. Les deux dragonnelles échangèrent un regard de rivalité, avant que la Verte, plus vive, ne se mette en marche d'un bond suivi d'un court vol plané.

Elle accorda à peine un regard à sa sœur Noire quand elle lui coupa la route, provoquant un claironnement d'indignation de sa part. Elle avait attendu si longtemps, et sentait que le peu de forces qui lui restait ne dureraient pas longtemps. Elle tenait à avoir la préséance sur les trois femelles qui restaient ! Moitié trébuchante, moitié trottinante, elle s'arrêta brièvement aux pieds de l'Ondine aux cheveux d'argent, avant de souffler d'exaspération. Ce n'était pas elle !

Dans une attitude séductrice, elle se coula contre les jambes de l'autre Ondine, levant un regard péremptoire vers elle. Et elle attendit qu'elle prononce son nom, qu'elle dévoile ce secret que tout dragon portait en lui dès sa naissance. Mais la jeune fille ne bougeait pas, restant figée avec un rictus incrédule ancré sur son visage. Etait-elle stupide ? Soudain, sa sœur Noire, qui avait rattrapé son retard, vint la percuter sans ménagement, usant de sa taille pour l'envoyer rouler un peu plus loin, aux pieds de la Fëalocë qui irradiait l'épuisement. Puis, elle planta ses griffes dans les jambes de l'Ondine d'un air impérial, tout en déclarant :

**Tu es à moi !**

Un profond grondement d'angoisse vint se superposer aux sons des empreintes qui se déroulaient l'une après l'autre. Rintrah, les yeux tourbillonnant de gris, observait, impuissante, la situation lui échapper totalement. Tout s'était passé si vite, les évènements se précipitaient avant qu'elle n'ait le temps de réagir ! Ils voulaient vivre, mais n'était-ce pas vers une mort certaine qu'ils se dirigeaient ? Elle porta un regard désespéré vers Heryn qui s'était approchée d'elle, et avait posé une main apaisante sur ses écailles. Une main qui irradiait la chaleur et l'amour qu'elle lui portait. Kieran quant à lui était resté en retrait, arborant sur son visage une expression de reconnaissance mêlée de regret.

*Je suis là, et je ne t'abandonnerai pas.*

La dragonne s'allongea sur les sables, se lovant à nouveau autour des œufs qui lui restaient, comme pour les protéger. Elle souffla doucement sur eux. Elle ne ressentait rien provenant d'eux, aucun changement, aucune réaction. Dans son esprit, un soulagement égoïste se disputait âprement avec la tristesse de l'idée qu'ils ne verraient peut-être jamais le jour. Au plus près d'elle se trouvait son trésor le plus précieux, un œuf un peu plus gros que les autres, qu'elle avait veillé nuit et jour. Sa fille, son héritière, celle qui perpétuerait la lignée … Allait-elle rester prisonnière pour l'éternité de sa coquille nacrée ?

Le regard gris de Rintrah croisa celui de Ñiniel, qui se tenait au milieu des autres, la tête haute malgré son évidente déception. La Dorée effleura son esprit, aussi légère que la caresse d'une plume. Ses intentions étaient pure et son âme déterminée. Elle aurait pu être digne d'une Reine. Avec regret, c'est sur cette pensée qu'elle ferma les yeux, reposant la tête sur ses pattes. Elle était las de lutter contre un destin qui ne se souciait ni d'elle ni de sa Liée.

Lorsque l'Oeuf commença à s'agiter, elle ne réagit d'abord pas. A quoi bon ? Mais lorsque retentit le léger craquement d'une coquille en train de se rompre, elle redressa la tête, hésitante.

La lutte était difficile et la dragonnelle était exténuée. Trop de temps avait passé, et sa coquille était devenue finalement bien trop étroite pour elle. Elle devait s'en extraire au plus vite, au risque d'y mourir, piégée. Dans un dernier effort, se tordant en tout sens, elle parvint à perforer la nacre pour y ouvrir un passage … Bien trop petit pour qu'elle puisse y passer. Elle avala avec empressement une goulée d'air frais tandis qu'un gémissement lui échappait. Elle n'avait plus la force de se battre ...
Alors, une large patte griffue, inattendue et salvatrice, aux écailles arborant le même or que les siennes, vint faire voler en éclat les restes de son œuf, la libérant enfin de sa prison de calcaire.

La petite Reine se dressa sur ses pattes tremblantes, portant un regard de reconnaissance vers sa mère, avant de le fixer fermement sur son but : la jeune Ondine, seule à ne pas avoir été liée. Lorsque la dragonnelle s'avança, un rayon de lumière égaré vint la frapper, faisant briller l'or de ses écailles, et allumant sur son front une petite étincelle, telle une écaille de diamant qui se serait insérée là.

Heryn retint son souffle en l'avisant. Une intuition l'effleura, provenant sans doute de sa Liée : sa fille portait la marque de Kishi, la Déesse de la Nuit et des Etoiles. Comment était-ce possible, et surtout pourquoi cette marque était-elle apparue ?


[HRP : Voilà pour l'Empreinte, avec mes excuses pour la longueur du post (oui oui 5 pages ^^"), c'est Asulil qui m'a forcée à tout écrire dans un seul post XD. *Sort et court très très loin* En espérant que ça vous plaise quand même ^^. N'hésitez pas à lire avec les musiques !
Nota Bene : les pensées en italique uniquement sont entendues d'une seule personne, les pensées en gras + italique sont entendues par tout le monde.
Agubu. *cerveau qui fuit*]




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --


Dernière édition par Heryn Amlug le Mer 29 Juil 2015 - 13:45; édité 4 fois
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Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Mar 23 Sep 2014 - 21:39 Répondre en citantRevenir en haut

Il attendait... Presque aligné avec les autres, dans un rang d'oignon à l'allure douteuse, il attendait. Il ne savait pas trop quoi d'ailleurs. Que le temps passe peut-être ? Il se souvenait bien sûr de ce qui avait été dit. Ils allaient être présentés aux œufs. Mais parmi eux, seulement deux célestes et deux ardentes. Et il savait très bien que normalement ils ne se 'mélangeaient' pas. Alors pourquoi maintenant si ? Et surtout pourquoi maintenant. Ils étaient fatigués, ils avaient juste envie de dormir, sauf peut-être la dernière arrivée qui semblait plus en forme. Mais Niniel était fatigué, mais semblait quand même excité. Asshai était à l'écart d'eux, seule. Il la détailla longuement en silence. De toute façon la dame, enfin l'ex-dame, semblait en pleine contemplation. Si elle attendait plus que ça, ils ne pourraient plus avancer du tout. Asshai. Ils étaient entrés tous les deux dans la tête d'un fou. Ils avaient partagé le poids de la folie de Drazahir. Ils étaient liés en quelque sorte. Car Asulil savait que, comme lui, elle n'oublierait jamais ce qu'elle avait 'vu'. Pouvait-on vraiment l'oublier...?

Il tourna son regard vers la dame qui s'adressait enfin à eux. C'était bien l'ex-Dame du Kaerl Celeste. Celle que son maître avait échoué à protéger, celle qui avait supposément tué son mari. Il posa ses yeux dans les siens lorsqu'elle le jaugea. Il était déterminé, mais dans ses yeux les traces de son périple étaient toujours visibles, comme une lueur étrange qui n'avait rien à faire dans le regard d'habitude doux du Torhil. Il garda néanmoins le silence après son discours. Que pouvait-il dire de toute façon ? Son esprit était un peu trop embrouillé et fatigué pour faire une remarque. De toute façon ce n'était pas son genre. Du moins ce ne l'était pas. Lui par contre ne retint pas un sarcasme portant sur la Fealoce.

Il emboîta le pas à son maître qui lui fit signe d'avancer. L'air commençait doucement à chauffer, laissant la froideur de la nuit disparaître avec le soleil de plus en plus haut dans le ciel. Solyae... Flarmya. Asulil ne doutait pas en l'existence des dieux même si son cœur était pour Gaia. Mais si vraiment Flarmya guidait les pas des liés comme la légende le racontait, elle était un brin sadique quand même. Fallait-il vraiment qu'elle les mène ici après tout ça ? Alors qu'ils ne savaient même pas s'ils avaient réussi. Foulant le sable, il regardait autour de lui. Les 'maisons' semblaient gravées dans la roche. Autour d'eux les gens venaient, accouraient, commentaient. Ils étaient comme d'étranges animaux au sein d'un milieu qui n'était pas le leur.

Et enfin, ils arrivèrent. Asulil sortit de ses pensées pour contempler la merveille architecturale du lieu. Creusé à même la pierre, les parois étaient pourtant parfaitement lisses, presque luisante sous les reflets colorés de la lumière traversant les vitraux. Mais le plus impressionnant était sûrement la créature qui siégeait au cœur de cet édifice. Imposante marge les épreuves, elle imposait par sa seule présence le respect dû à son rang. Pourtant le cœur d'Asulil se serra. Il n'avait jamais vu de reine en vrai, mais des dragons si... Et elle ne semblait que l'ombre d'elle même. Il eut du mal à imaginer ce qu'elle pouvait imposer au mieux de sa forme.

Il ne put néanmoins retenir un pas en arrière lorsqu'elle se redressa pour dévoiler des crocs qui devaient être encore acérés. Il retint un rictus de douleurs lorsque ses paroles touchèrent son esprit. Après tout ça, il aurait bien voulu qu'on laisse ses pensées tranquilles. Il inspira profondément néanmoins. Il n'avait pas peur. Le geste de recul était dû au charisme de la dragonne et non à autre chose. S'il était là, et surtout si un œuf était là pour lui, alors c'était que les dieux en avaient voulu ainsi. Et la vie d'un dragonneau dépendait de ça. Elle n'allait tout de même pas tuer son propre enfant ?

Il ne recula pas lorsqu'elle avança et accusa le coup de ses paroles. La colère emplissait son cœur de saurien, mais elle ne pourrait rien faire contre le destin. Il allait s'avancer pour lui dire quelque chose, mais une ombre se faufila avant et se plaça face à la dragonne furieuse. Il ne savait pas qui c'était, il ne l'avait jamais vu. Pourtant il semblait s'imputer toute la situation. Ce qui ne semble pas avoir plu à l'intéressé qui l'envoya voler à plusieurs mètres. Asulil eut un mouvement pour aller vers lui, mais le bras de son maître le retint, désignant la dame qui accourait puis montrant les sables tout en glissant quelque chose dans la poche de son aspirant.

Des pensées de nouveau dans son esprit. Faibles, mais bien présente. Le cœur du soldat loupa plus d'un battement alors que ses pensées semblaient ne plus vouloir s'ordonner et se diriger dans une seule et unique direction. Viens à moi... C'était à lui que ça s'adressait. Il jeta un regard autour de lui. Il n'était pas sûr... Peut-être qu'une autre allait avancer... Mais non... les mots glissaient encore et encore dans son esprit et il fit un premier pas en avant, puis un deuxième, puis stoppa net lorsque son esprit vacilla sous la menace évidente de la mère. Inspirer, ouvrir son esprit. Il était là, à quelques pieds, et il avait besoin de lui.

- Grande Dragonne. J'approcherai que vous le souhaitiez ou pas. Maodan est là, il m'attend, et chaque seconde où vous me retenez le conduit à la mort.

Il avait utilisé les dernières forces qui lui restaient pour répondre à la dorée, donnant le nom de son lié sans même s'en rendre compte. Il le savait, il l'avait senti entendu. Sitôt qu'il l'avait prononcé, même mentalement, une douce chaleur se répandit en lui, lui insufflant la force de parcourir les dernières enjambées qui le séparaient de son âme sœur. Ils se retrouvèrent à mi-chemin et le nouveau chevalier se pencha pour prendre la petite chose dans ses bras. En temps normal il n'aurait pas vraiment eu de difficulté, mais la taille plus élevée qu'un dragonneau normal dû à une gestation plus longue ajoutée à fatigue du Torhil, le fit tomber à la renverse en gardant Maodan dans ses bras. Celui-ci fouillait frénétiquement les poches de son bipède.

- Tu as été long. Je t'ai attendu, je t'ai appelé et tu ne viens que maintenant. J'ai faim moi, aller donne moi ce que tu as dans tes poches.

Mais.. Je n'ai rien dans... Oh. Tout en parlant, et toujours allongé avec un dragon sur lui, il avait fouillé ses poches pour y trouver un morceau de viande sécher. Son... ancien maître... Lui avait donc donné ça. Mais ça ne suffirait pas, pour sûr.

Mîw, qui était resté en retrait jusqu'à maintenant revint vers le couple en chantonnant. Il se fit fixer par le dragonneau qui le jugea pendant quelques secondes avant de le laisser de côté.

- Debout. Ordonna-t-il en se poussant.

- Je suis fatigué... Et toi aussi... On peut rester là...

- Non, allez, debout, viens, j'ai faim et maman va finir par être vraiment vraiment en colère si tu t'occupes pas de moi. Il attrapa le bas de son pantalon pour tirer dessus, forçant le Torhil à se redresser en grimaçant. Le lien était présent bien que faible pour l'instant. Il étendait ses pensés, pouvait envoyer les siennes, mais les émotions restaient flous, perturbait parfois par celle du petit dragon fée qui c'était aussi mis en tête de tirer sur le haut pour le faire avancer.

Le trio se dirigea vers le bord, ayant loupé les deux autres empreintes. Asulil se rapprocha de Niniel où personne ne semblait être à ses côtés. Elle qui avait pourtant été la plus enthousiaste... Il alla pour poser la main sur son épaule lorsqu'elle s'avança sans rien dire. Asulil regarda alors et sourit doucement. Finalement elle aussi.

Mais son regard se fit un peu triste en voyant les œufs restants et plus personne pour les accueillir.

- Ils ne sont pas là. Répliqua Maodan qui était revenu en voyant que son bipède avait fait une pause.

- De quoi ?

- Ils ne sont pas là... Dans les œufs... Il n'y a plus personne...

- Comment tu peux le savoir ?

- Je le sais ! On est resté loooongtemps, tu sais tu es pas venu. Alors on a beaucoup parlé. Ce sont mes sœurs, on est vraiment beaucoup lié. Alors je sais qu’il n’y a plus personne…

Malgré cette déclaration Asulil restait triste pour la dragonne qui couvait des œufs qui ne verront jamais le jour. Mais pour l’heure, il fallait qu’il se repose. Il retourna auprès de Legundir, mais le dépassa et alla s’asseoir dans un coin. Maodan suivait en trottinant, réclamant à manger. Il alla tout de même se lover contre son lié qui s’était assis contre une paroi.




Asshai Anara
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MessagePosté le: Mer 24 Sep 2014 - 10:08 Répondre en citantRevenir en haut



Les passages se succédaient, les couloirs, les places et les corridors. Asshai telle une poupée de chiffon sans vie traînait la patte derrière le groupe, tentant vaille que vaille de rassembler ses dernières force pour ne pas se laisser distancer. Dans ses pensées se disputaient toujours quelques pensées noires dont elle n'arrivait pas à se débarrasser, même en ces lieux pourtant si éloigné du drame. Les événements du manoir lui semblaient presque appartenir à une autre vie, tout comme sa vie au Kaerl... Et pourtant telle une ombre sournoise, ces souvenirs la suivaient à la trace sans qu'il soit impossible pour elle de s'en séparer.

Lorsqu'à la croisée d'un chemin ils rencontrèrent... Heryn... ? Heryn Amlug... Elle ne réagit même pas. Alors c'était elle la veuve noire qui avait si sournoisement tué son mari. Amusant. Ce tragique récit qui l'avait tant de fois fait bondir, cette histoire sur laquelle elle avait tant raillé les célestes ne lui inspiraient plus qu'une morne ironie. Qu'était ce qu'un assassinat dans la vie d'une femme ? N'avait elle pas elle même projeté plusieurs morts dans sa vie? C'était un moyen comme un autre d'avancer, et si cela ne l'avait nullement choqué, elle ne s'en amusait même plus à présent. La mort était un jouet dont certain usait avec plus de facilité que d'autres, comme pour Drazahir. Qu'importait tout cela au fond.
Son regard errait sans but sur les courbes de l'ancienne dame... Ravissante, magnifique, d'une beauté éclatante. Du sang de Fëalocë devait couler dans ses veines sans aucun doute. Quel genre de mort cela aurait put faire ? Un être aussi charmant affligé d'une malédiction aussi sombre que celle de Drazahir... ? Un mélange curieux qui aurait put se révéler pour le moins singulier...Si Drazahir venait véritablement à périr, elle ne le saurait sans doute jamais, quel dommage...

Cette pensée aurait put la faire frémir intérieurement, mais elle l’accueillit comme les hommes du désert accueillaient les tempêtes de sables du Ssyl'Shar : Avec une fatigante fatalité. Tout cela n'importait plus vraiment.

Et elle continua d'avancer parmi les autres.

Les minutes se succédaient... Lentes... Interminables... Un pas devant l'autre, un pas après l'autre. Une marche funèbre qui ne cessait pas. Un lit, oh comme elle en rêvait. Pourquoi la traînait on de force ici, pour assister aux empreintes de confrères aspirants qu'elle ne reverrait sans doute jamais.. ? Pourquoi elle ? Elle n'aspirait qu'à une chose : Dormir, rejoindre son maître, retourner chez elle.

Dans ce couloir de ténèbres, le groupe déboucha enfin sur les sables de pontes... Et sur Rintrah. Une dragonne dorée... ? Oui bien sur, quoi de mieux pour une dame céleste qu'une dragonne dorée... Quelle taille, quelle couleur, quelle prestance. Spectacle divertissant et agréable que cette reine qui semblait en proie à la plus grande fureur. Affligeant en vérité. Elle se croyait en proie à la pire des souffrances, ô pauvre mère qui allait voir ses enfants périrent les uns après les autres. Fallait il être à ce point égocentrique pour se laisser aller ainsi. Elle n'avait pas eux à combattre les morts qui marchent, ni à entrer dans l'esprit de Drazahir, ni à se débarrasser d'un mage noir. Elle était resté là, paisiblement assis dans ce désert, sur ses œufs, à attendre que la mort vienne les prendre, et elle se permettait encore de leur en vouloir à EUX... Misérable sotte.

Asshai n'avança pas d'un pas supplémentaires. Elle n'avait pas envie de faire plus d'effort pour paraître présentable, elle s'était suffisamment battu, elle s'était donné pour sauver des vies qui n'étaient pas la sienne... Qu'on lui offre le repos qu'elle avait mérité à présent et que nul ne vienne plus la troubler. Si ceux là voulaient se lier, ils n'avaient qu'à le faire et vite, qu'elle puisse rentrer. Mais elle, elle n'allait pas risquer sa vie une fois de plus... Elle ne le ferait pas d'avantage, et encore moins pour une dragonne dérangée et égoïste.

Un autre homme s'avança.

Et voilà qu'il voulait jouer les héros... Elle observa d'une distance respectable le grand brun qui venait de se jeter en travers du groupe d'aspirants, réclamant que la dragonne prenne sa vie. Stupide crétin ! Ne comprenait il donc pas qu'il y avait eut assez de morts jusque là ? Voulait il en rajouter à la donne ? Il ignorait tout de ce qu'était la mort, ses paroles n'étaient qu'un vent tiède destiné à souffler ses illusions à la face de la dragonne, un héroïsme creux, un courage imbécile... Peut être que si il avait vu ce qu'elle avait vu ne se serait il pas lancé à corps perdu dans cette tirade pitoyable. Ce n'était qu'un gosse qui se donnait des allures de grand homme. Un être qui avait oublié sa place. Méprisable. Comme eux tous. Ils s'étaient terrés ici, derrière leur murs, caché comme des lapins tandis que d'autres combattaient aux portes de l'enfer, tapis dans l'ombre, attendant le moment propice pour resurgir dans leurs éclatantes armures et leur pitoyables et vaines souffrances.

Tout ce petit monde la fatiguait...

Et voilà que les premiers œufs commençaient à éclore. D'un œil éteint la fëalocë se contenta de les suivre du regard. Asulil... Courageux Asulil. Le voilà qui se jetait droite sur le siens. Pourquoi te donner tant de peine Asulil ? Ne rêves tu pas simplement de sommeil ?

Un petit bronze, une verte, une noire... Une Ondine... Une ondine ? Cette Ondine.
Asshai posa son regard sur cette ondine à la chevelure rougeoyante, ne parvenant plus à s'en détacher. Ce visage si fin, cette peau si claire, ce sourire dédaigneux... L'ondine rouge. Elle la connaissait. Ou était ce la fatigue ? Qu'importe pour maintenant, elle était brisée dans les moindres parcelles de son âmes. L'ondine pouvait bien la connaître, et gâcher toutes ses chances au sein de ce Màr dans lequel elle s'était promis de s'élever, elle ne souhaitait qu'une chose : que tout cela s'arrête.
Sa présence ne faisait que rajouter à l'irréalisme de la scène. Une empreinte au creux de son désert, une dame déchue, des morts qui marchent et un visage connu resurgissant du passé... Rêvait elle... ? Tout cela avait il seulement un sens... ?

Non aucun. Il lui fallait se reposer voilà tout.




*Et bien, et bien... Intelligente, charmante, débrouillarde, et pourtant si terne... Plus la moindre trace d'ambition, simplement un grand... Un grand vide. Quelle cruelle déception... *


La voix douce et glacée qui venait de pénétrer dans son esprit arracha à l'aspirante un frisson de dégoût. Lentement, très lentement, elle se tourna vers la masse d'un verte de jade qui gisait à ses pieds. Une dragonelle, loin d'être la plus grosse bien sur, mais dont la posture à elle seule évoquait la puissance. Ses yeux brillaient d'une intense flamme à la lueur orangée. La dragonne déploya ses petites ailes translucides comme pour s'étirer, puis d'une démarche presque... Princière... elle s'avança vers Asshai, tournant autour d'elle de son pas lent comme pour mieux la jauger.

Asshai, elle, n'arrivait pas à détourner ses yeux de ce petit être qui lui inspirait à la fois tant de respect et tant de crainte. Le ton qu'elle avait employé, le simple son de sa voix... Une phrase, une seule, et elle avait eut la sensation d'être brisée d'un coup sec. Mais elle était comme toutes les autres... Ignorante, innocentes. Elle non plus ne pouvait pas comprendre...

*Un potentielle énorme... Une pierre raffinée et pourtant recouverte d'une épaisse couche de poussière... Capable de faire de grandes choses bien sur... Et pourtant si fragile... Un colosse aux pieds d'argiles... Alors ! Qu'attends tu petite bipède ? Aurais tu peur de moi ? De te lier avec une fille de reine ? Viens... Approche... Ce ne sera pas douloureux... Viens... Ce sera amusant.*

Et d'un bond rapide la verte se planta droit vers Asshai découvrant ses crocs d'une intense blancheur. Asshai fixa la créature un moment, ignorant tout de ce qu'elle devait faire. Jamais Anaviel ne lui avait parlé de l'empreinte, jamais elle n'en avait vu.

*Laisses donc ton maître de coté... Maintenant tu n'as plus de maître... Viens à moi... Viens... *

Et sans plus y réfléchir Asshai s'abaissa pour prendre la dragonne et..

Tout avait disparu. Il n'y avait plus qu'une succession d'images et de cries. Des morts. Encore. Des souvenirs. Les ténèbres. La douleur. Des Morts. La mort. Des assassinats. Des pleures. Des joies. Des connaissances. Une histoire. Les ténèbres. Les ombres. Les flammes. La déesse. Le feu. Les ténèbres. Les morts. Le feux. La lumière. Des joies. Des rires. Des victoires. La lumière.

Tout semblait se succéder à une vitesse folle dans sa tête. Une chaleur inhabituel s'insinua dans son corps. Elle crut sentir le souffle du désert renaître en elle, les noirs stigmates de Drazahir reculaient. La lumière au bout du chemin. Tout vacillait. L'image de sa mère. Rintrah. Heryn. D'autres souvenirs. Eleb. Asulil. Un frère ? C'était lui. L'ondine rouge. Et à nouveau la lumière, la douceur, la chaleur, l'envie, la victoire, l’ambition !

Tout vacilla.

Lorsqu'à nouveau Asshai put ouvrir les yeux, elle voyait les pupilles d'un vert éclatant de cette dragonne, lovée contre elle. Au dessus d'elles, le ciel encore étoilé commençait à répandre la douce lueur de l'aube à travers les sables. Elle n'avait plus froid. Non... Elle avait chaud. Le sable était chaud... Mais son corps aussi. La douleur s'était estompée, elle avait la sensation que les fractures de son âme s'était ressoudées d'elle même, les souvenirs de Drazahir lui même furent rejetés au loin le temps d'un instant.
Du bout des doigts elle effleura les écailles de cette dragonne allongée de tout son long sur elle. Elle put sentir son corps frémir à son touché. Ses écailles étaient encore humides, douces et souples, c'était agréable. Elle se sentait... revivre.

Parmi les cascades de pensées qui avaient assaillit son esprit pendant ces quelques secondes, un mot s'était formé. Un air qui lui trottait dans la tête, lancinant. Elle n'arrivait pas à s'en débarrasser, il était là, mais elle n'en comprenait pas la signification. Comme pour elle même, elle fixa la jeune dragonne verte et glissa dans un murmure :

« Amunaptra... »


Celle ci sembla réagir à l'appellation. Amunaptra. C'était son nom. Elle venait de se lier.

D'un nouveau bond la dragonne se remit sur pieds et du coin de l’œil invita sa liée à en faire de même. S'appuyant sur le sable qui se dérobait sous ses doigts, Asshai se hissa plus facilement sur ses jambes qu'elle ne l'aurait crut. Un autre bond, et la verte grimpa le long de sa robe et vint se nicher au creux de son cou. Tournant sur elle même la fëalocë et sa jeune liée observait les trois autres candidats : Asulil et son bronze, l'ondine rouge et une impératrice noire, Niniel et une reine dorée. Tout les quatre avaient passé cette empreinte aussi incroyable que cela puisse paraître pour les deux aspirantes ardentes.

Désormais, elle se retrouvait par son empreinte, lié à la fois à chacun d'eux et à cette ancienne dame du Kaerl céleste. Et c'était donc ici qu'elle s'était dissimulé pendant tout ce temps. A la voir ainsi elle semblait éprouver un soulagement mêlé de tristesse en voyant chacun des enfants de sa liée en compagnie de leur âme sœur. Asshai l'observait désormais d'un œil nouveau : Une femme si douce, d'apparence si calme et délicate capable d'être à l'origine du meurtre de son mari ? Fallait il que les apparences soient trompeuses... Maintenant, elle avait à sa connaissance l'endroit où elle s'était terré pendant tout ce temps, en plus de se trouver liée à la progéniture de sa liée. Un lien qui pourrait s'avérer d'une solide utilité...

*Voilà ce que j'attendais de toi... Je ne me suis pas trompé. *

Du coin de l’œil Asshai interrogea celle qui se trouvait à présent être sa liée. Elle devait certainement avoir percé le fil de ses pensées. Tout ce qu'elle avait lu sur ce don dont ne cessait de parler les livres étaient donc vrai. Deux parties d'une même âme, partageant par la pensée leur plus noirs secrets.

*Exactement... Considères que tout ce que tu peux penser est aussi dans mon esprit, et inversement.*


*Comment pourrais tu ne serait ce que comprendre ? Rintrah est ta mère et Heryn sa liée ? Le Kaerl céleste est ton foyer de prédilection... Cela signifie donc... que je devrais en être.*

*Ahahah... Ma mère ? Mon foyer ?! Je suis là où mon âme va, tout comme toi. Ma mère... Ma mère a faillit me tuer car elle te méprisait. Elle me méprisait. Son comportement a faillit me coûter la vie. Je ne lui souhaite aucun mal, mais... Ma dévotion s'arrête là... Tu es peut être la plus apte à comprendre cela n'est ce pas ?*


Et dans l'esprit d'Asshai l'image du corps de sa propre mère, froid et inerte, reposant inanimé dans un fossé des bas quartiers d'Arsuh, s'imposa à son esprit. Elle l'avait abandonné, faible créature qu'elle était, pour sauver sa propre vie.

Du plat de la main, elle caressa la tête de sa dragonne qui venait de se nicher contre sa joue comme pour lui faire comprendre que désormais elle n'était plus seule... Elles étaient deux. Qu'importe ces prétendus liens familiaux au final, elles avaient toutes les deux un but autrement plus important. Il allait falloir désormais compter sur ces liens qui les unissaient aux célestes si elles voulaient parvenir à ce but qu'elle s'était toujours fixé : réussir à unir tout les chevalier et tout leur dragon sous une même bannière, tous « demi dieux » qu'ils étaient.

*Mais chaque chose en son temps... Patience...*


S'épanouissant sur son visage, comme les rayons de l'astre solaire s’épanouissaient sur les sables d'éclosions, son éternel sourire lui revint. Se redressant un peu plus, Amunaptra fermement dressée sur ses épaules, elle jaugea chacun des parties en présence de son regard lunaire. Asulil... Niniel... l'ondine rouge... Oui c'était bien elle, le doute n'était plus permis. Étrange destin que le siens, voilà que resurgissait même ici les fantômes de son passé.
Et puis enfin elle s'arrêta sur Heryn. Son sourire s'élargit un peu plus, et légèrement elle inclina la tête. Elle savait. Ils savaient tous. La veuve noire...

Et qu'allait il advenir d'eux à présent ? Personne ne pouvait le dire.
Elles étaient là, Asshai et Amunaptra, désormais liées jusqu'à la mort. Voilà ce qui importait.

*Ne t'en fais pas ma belle embrasée … Notre ombre n'éteindra pas les flammes.*


*Notre ombre n'éteindra pas les flammes.*
Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Ven 26 Sep 2014 - 11:04 Répondre en citantRevenir en haut

Ayae releva les yeux. Le soleil se levait sur le Mar Litsë et elle détourna le regard pour éviter d’être éblouie. L’ondine cligna des paupières. Etait-ce réellement déjà le matin ? Elle refoula violemment l’épuisement. Pas encore. Il n’était pas temps d’accepter de s’écrouler. Plus tard…. Plus tard… Pour l’heure, elle devait garder l’esprit dans cet état de détachement, au-delà de la fatigue, lorsque les choses vous paraissent lointaines et détachées de la réalité. Les éclairs de génie des petits matins après des nuits blanches à réinventer le monde. Elle n’avait jamais réinventé le monde. Elle laissait ça aux autres.

L’ondine dévisagea sans mots dire la femme qui les avait rejointes. Belle. Émouvante… et aux paroles plus creuses que l’estomac d’un affamé. Plutôt se taire en ce cas. Les yeux de la jeune fille se perdirent dans le paysage. Pensait-elle réellement ce qu’elle disait ou plutôt, les croyait elle tous suspendus à ses lèvres dans l’état où ils étaient ? Pensait elle qu’ils étaient là pour entendre de jolis phrases sur leurs courage et leur dévouement ? Des mots émouvants sur de petits êtres qui n’attendaient qu’eux ? La Dame semblait vouloir conserver l’illusion d’une situation normale alors même qu’elle était tout sauf normale… Certains aimaient à se bercer de mirages comme celui des politesses et des civilités.

L’ondine retourna son regard à la Dame déchue. Non… vraiment… inutile de faire de jolies phrases pour les remercier d’avoir accepté de se plier à cette mascarade. Ils n’étaient pas en état d’en savourer la douce ironie. Inutile non plus de froncer les sourcils en la regardant… Si certains espéraient sauver héroïquement des dragonnets condamnés autrement à périr, tant mieux pour eux. Ayae ne se berçait pas de cette illusion. Elle n’était là que pour meubler l’espace… Pour donner bonne conscience à des célestes et qu’ils puissent se dire que tout avait été tenté. Et, dans son cas, les probabilités qu’il se passe réellement quelque chose étaient tellement risibles qu’au final, entendre une voix mélodieuse débiter des platitudes était un lot de consolation acceptable.

Lorsqu’elle se détourna enfin après ce qui sembla à l’aspirante épuisée une éternité, ils la suivirent. Silencieusement… Sans avoir eu plus d’informations concrètes. Tous perdus dans leurs univers intérieurs. Apres tout… pourquoi pas. Entre l’absence de leurs Maîtres, sa propre inexpérience, le fait qu’elle était persuadée que faire une empreinte commune entre des ardents et des célestes étaient de l’inédit, ils n’étaient pas à une absurdité près. Autant boire la coupe jusqu’à la lie.

C’était ridicule. Tout simplement… ridicule.

Et en avaient ils conscience ou était-elle, entre veille et sommeil, la seule à s’en rendre compte. Et la seule à rire intérieurement du loufoque de la situation. Les œufs d’une reine bradés désespérément aux premiers aspirants passants. Elle en comprenait la logique mais… ne pouvait s’empêcher de trouver cela… navrant. En être réduit à ça. La lézarde de feu blottie dans sa besace et qui en sortaient parfois la tête rapidement et sa maîtresse, au travers devaient bien rire…

https://www.youtube.com/watch?v=xdKdbanUlXg

Le spectacle de la dragonne n’eut pas l’effet impressionnant que Rintrah aurait pu susciter en un temps normal. Les écailles ternis et les yeux maladifs… Elle ne cilla pas. Une mère tentant de protéger ses petits vraiment ? Si même Ayae au travers de sa morgue railleuse avait pu comprendre que les célestes agissaient en désespoir de cause, Rintrah, elle, ne suscitait pas le moindre soupçon de compassion. Cette mère qui tentait de s’épargner le chagrin en refusant à ses petits la moindre chance d’être sauvés. Ah oui, elle était belle la Reine Dorée ! Lâche et égoïste qui préférait s’infliger une petite douleur plutôt que prendre le risque d’en subir une plus grande potentielle. Contrôler. Etouffer ceux qui risqueraient d’être libres plutôt que les laisser vivre. Refuser d’admettre que d’autres puissent choisir. Que ses choix à elle ne soient pas les meilleurs et, en tant que tels, indiscutables. Et bien sûr… pour leur bien. C’est aussi ce que disaient certains esclavagistes en arguant que leurs victimes n’étaient pas capables de se débrouiller elles-mêmes. Et pour leur bien aussi, ne devrait-elle pas anéantir tous ceux de sa race ? Leurs destins funestes ? Eut elle été moins épuisé que l’ondine aurait ricané. Leurs destins funestes ?!? Et qu’en était-il de celui que Rintrah avait choisi pour ses enfants ? Dignes ? Il ne s’agissait pas de dignité, pour autant qu’elle se souvienne de ce qui lui avait été dit. Oh, bien sûr, elle n’était de toute manière pas concernée mais cette dragonne ne méritait pas sa compassion et encore moins son estime. Non… pas en se vautrant ainsi dans ses griefs et sa douleur, quels qu’en aient été les causes.

L’ondine n’avança pas. Mourir pour satisfaire les caprices d’une dragonne n’était pas dans ses projets. L’intervention d’un homme qu’elle ne connaissait pas réduisit brièvement la dragonne au silence…. Imbécile. Il existait tant de façon de mourir que le faire pour satisfaire cette dragonne revenait à admettre l’absence de valeur de sa propre existence. Revenait à lui dire que son comportement était acceptable et accepté. Mais cela n’était pas ses affaires. Elle n’avait pas à s’en mêler. Ayae détourna le regard…

https://www.youtube.com/watch?v=aTAmfkx7Gbc

Pour le porter sur les coquilles, non loin d’elle. Et se rendre compte que l’une d’elle se craquelait… Et qu’Asulil se précipitait après un temps de latence pour serrer dans ses bras le petit être…

Oh… Les yeux de l’ondine s’adoucirent. Un, au moins, des petits était vivants. Vivant. Les efforts de sa marâtre de mère n’avaient pas suffi à étouffer toute étincelle en vie. Cela faisait au moins un heureux. L’ondine fit un pas en arrière. Sa place à elle n’était pas ici. Sans blague, quel dragon désirerait se condamner à une existence de céleste au sein du Kaerl Ardent ? Elle n’osait imaginer les attentes qui pèseraient sur lui, et la nécessité de faire ses preuves. De prouver qu’il était digne des ardents. Et puis quel dragon aurait la foi de la supporter elle ? De supporter sa morgue et ses railleries. Ses peurs aussi. Et si c’était pour se retrouver enchaînée à une créature telle que la doré, pensant mieux savoir que tout le monde, plutôt en effet renoncer à l’existence. Elle avait déjà donné. Plus jamais, elle ne se soumettrait sans espoir de retour. Non, elle n’avait rien à faire ici.

Elle l’avait su avant de venir… Elle en avait la confirmation. Elle était seule à décider de sa destinée. Son esprit n’appartenait qu’à elle. Elle n’était là après tout que par curiosité. Parce qu’elle n’avait rien a perdre et non dans l’espoir idiot d’une empreinte.

Deux autres coquilles se brisèrent, attirant son attention. Deux ? Normal… Il restait la petite céleste et l’embrasée… L’espace d’une seconde elle plaignit la future liée de la félaocé. Elle aurait la vie dure au mar Taralom.

Et elle l’appercue.



https://www.youtube.com/watch?v=0GdqHJqeVy8

Noire. Entièrement noire. Qui se redressait sur le sol, se débarrassant d’un reste de coquille avant de porter un regard autour d’elle et de.. défier (?) l’autre dragonne. Un claironnement montrant clairement son indignation quand l’autre, plus petite, lui coupa la route fit monter sans même qu’elle s’en aperçoive un sourire aux lèvres d’Ayae qui se figea lentement tandis qu’elle s’apercevait que l’impériale beauté dédaignait Niniel.

L’ondine ne s’aperçut même pas du manège de la petite verte. A peine eut t’elle conscience de sa présence contre sa jambe. Une seule occupait son champ de vision, tout le reste occulté. Le temps passa lentement, chaque seconde semblant durer des heures tandis que la Noire s’approchait. Longuement. Chaque respiration durait une vie.

La douleur brève des griffes la ramena à la réalité tandis qu’incrédule elle se penchait vers l’Impératrice.

A toi ? Vraiment ?

Oui.

Et en quel honneur?

Quelle question stupide. Tu es mienne de toute éternité. Tout comme je t’était destinée.

Et je suis sensée prendre cette déclaration pour argent comptant ?

Oui. Car sans moi tu es seule. Tu es vide et tu le sais. Et sans toi je ne suis qu’une coquille creuse. Ayae… regarde-moi… Nous sommes identiques. Tu n’as pu détourner le regard de moi, et c’est toi et toi seule qui m’appelait.


Plus rien ne comptait sauf la Noire dans ses bras et ces yeux dans les siens et cette voix dans son esprit… Cette voix qui était… naturelle. Qu’elle aurait presque pu prendre pour une extension de ses pensées.

Oui, c’est ce que je suis. Une extension de toi. Ou peut-être est-ce toi qui es la mienne. Nous sommes nées amputées. Il est temps de redevenir celle que nous sommes censés être.

Je suis ardente, tu descends d’une dorée ? Penses-tu vrai-

Ne m’insulte pas ! Mon sang ne me définit pas ! Ou te méprise tu toi-même à penser que je ne sait pas ce que je fait ?

Et ma volonté, qu’en est-il ?

Ta volonté ? Mais c’est la mienne aussi. C’est la nôtre Ayae. Tu n’es plus seule. Nous ne sommes plus seules. Regarde-moi… Nous sommes une. Je ne suis pas un vulgaire mortel faisant une promesse en l’air. Je suis une Impératrice Noire, fille de Reine. Regarde-moi Ayae, et oublie ta peur. Je veillerais sur toi et tu me protégeras. Je ne demande pas ton amour, je l’exige ! Et tu ne demanderas pas le mien car il t’es du. Ce n’est pas un choix pour nous, je ne joue pas avec toi, je ne tente pas de te séduire ou de te faire miroiter de fausses promesses de puissance. C’est une évidence. C’est toi et c’est moi.

Qu’il en soit ainsi
Akieron.

https://www.youtube.com/watch?v=u2POL2xFjp4

Au moment où le nom fut prononcé, les larmes d’Ayae commencèrent à couler tandis que s’ouvrait à elle l’esprit d’Akieron.

Je suis blottie sur moi-même. Autour de moi des murs qui m’oppressent. Je ne peux pas bouger. Ils ne m’étouffent pas, je le sais, mais je sais aussi qu’ils me tueront. Ce sont les murs de ma prison. Je sens par moment l’esprit de ma mère qui désire me calmer. Je sais ce qu’elle désire. Que je m’endorme. A jamais. Je serais tellement plus sage si j’acceptais ce qu’elle me suggère inlassablement. Si j’acceptais de renoncer à la promesse de la vie. Mais je veux savoir ce que cela signifie d’étendre ses ailes et son cou. Je veux sentir la caresse de l’air sur mes écailles et le gout de la viande et du sang dans ma gorge. Je le sait. Alors je me débat dans ma cage qui m’enserre. Mais je le fait de moins en moins. Je sais que bientôt je n’en aurais plus la force. Je vais mourir sans même avoir eut la chance de vivre. Mes frères et sœurs, je le sait, sont de moins en moins nombreux. Un à un, ils se sont tus dans leurs cercueils minéraux. Et pourtant, je sais que j’aurais dû vivre. J’aurais dû avoir cette chance. Mais on me la refuse. Ma mère préfère nous voir mourir… Alors j’attends. J’espère encore. Mais je ne tiendrais plus très longtemps.

Je suis là…

Je suis blottie sur moi-même. Mon dos me brûle. Chacune de mes respirations me semble une agonie. Je n’ai plus de larmes à verser. Elles ont déjà toutes coulées et mes yeux sont rouges et secs. J’ai mal. J’ai si mal… mère… père… pourquoi m’avez-vous abandonnée ? Pourquoi n’êtes vous pas là alors que je souffre. J'ai tenté de fuir. Je suis trop jeune pour comprendre. Et nul ne parle mal langue. Je ne sait pas ce que j'ai fait pour mériter ça. J'ai mal. Je me recroqueville sous mes chaines. Que quelqu'un vienne... J'ai mal... Je suis seule… si seule. Pourquoi personne n’est il là pour moi ?

Je suis là….

La dragonne et l’ondine sont serrées l’une contre l’autre. Plus rien ne compte.

Nous

Sommes

Une.
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MessagePosté le: Ven 26 Sep 2014 - 20:07 Répondre en citantRevenir en haut

La Dame Déchue était venue à leur rencontre, et son accueil fut des plus bienveillants. Elle leur confirma de vive voix ce qui allait se passer ici, provoquant une excitation toute particulière chez l'Ondine. Elle ne pouvait dire si elle réalisait complètement ce qui allait arriver, mais une chose était sûre, elle voulait le découvrir.
Malgré cela, quelque chose interférait dans la hâte et le bonheur de Ñiniel de se lier: elle ne savait que penser d'Heryn Amlug. On dit tout de même qu'elle fut responsable de la mort de son mari pendant leur noce....

Lorsque la Dame Déchue adressa ses remerciements, Ńiniel aperçut avec surprise Nalesean de Dalneÿs parmi le petit groupe.

"Décidément....", son mentor était toujours là se disait-elle avec un petit sourire amusé de la situation.

Tout en se gardant bien de le faire en ces lieux, l'Ondine avait grande impatience de poser quelques questions à son Maître Guérisseur: il avait l'air de bien connaître la Dame Déchue, et la curiosité la chatouillait de façon si urticante qu'elle tentait de toutes ses forces de ne rien laisser paraître.

Que venaient-ils passer une Empreinte Majeure en ces lieux? Une Céleste et sa Reine, conviant une Candidate Ardente à eux - sans oublier sa sœur aux cheveux sanguins dont l'origine était encore inconnue à Ñiniel - et offrant cette nouvelle génération à ces Aspirants tout juste arrachés à leur quête respective? Cela échappait à tout rituel d'une telle cérémonie.

La présence de Nalesean apporta à la jeune Céleste la stabilité qu'elle tentait de retrouver depuis quelques temps déjà. Dans ce tourbillon d'événements, il était parfois difficile de prendre du recul et de ne pas se sentir submergée.
Elle finit par se convaincre que Nalesean était actuellement son pilier: elle l'avait rencontré au Màr Menel, suivait son enseignement aux Grandes Serres du Kaerl, avait vu son intervention au Manoir, et le retrouvait maintenant pour l'Empreinte. Il avait été présent à chacun de ces moments, d'une manière ou d'une autre.

Cette pensée seule la rassura un tant soit peu, mais alors qu'ils s'engouffrèrent dans un Labyrinthe de ruines, en suivant une Dame Déchue dans ces recoins oubliés, plus aucune autre pensée que celle de l'Empreinte ne parvint à franchir la porte devenue close de l'esprit de Ñiniel.



A leur arrivée sur les Sables d'Eclosion, Rintrah, la Liée d'Heryn semblait être restée là depuis toujours. D'abord semblant dormir, la Reine Dorée se redressa en poussant un grognement.

La majestueuse puissance avait souffert de l'inquiétude et la fatigue qui s'étaient abattues sur elle. Toutefois la prestance et dignité de la Reine Dorée en ressortaient grandies et avaient coupé le souffle de Ñiniel : cette puissance tranquille, qui d'un geste peut provoquer cataclysmes et grands malheurs, cette force brute sertie d'un calme d'acier, est là, offerte aux yeux de tous, tel un chef d'œuvre découvert par des regards néophytes. De par sa taille, sa beauté, ses écailles, ses grandes ailes, son regard et tant d'autres attributs encore, et ce malgré les tourments qui l'agitaient, Rintrah, la Reine Dorée d'Heryn, avait su rendre l'assistance muette.

Mais la Reine n'était pas d'humeur calme. En elle grondaient colère et inquiétude, et l'accueil fut aussi glacial que la présence d'Heryn les rassurait. Rintrah ne souhaitait pas lier ses petits avec eux. L'Ondine jeta un regard désolé sur la petite équipée: ils n'étaient que quatre, dont seulement deux Célestes. Il fallait avouer qu'ils étaient tous plus ou moins apprêtés pour un tel événement, ce qui pouvait peut-être passer pour irrespectueux aux yeux de la Reine. Était-ce la colère qui la poussait aux menaces?

Elle tenta de comprendre ce que pouvait ressentir une Reine Dorée devant de tels candidats.

C'est alors que surgit un Homme de nulle part qui vint se planter devant une Rintrah furieuse. Ñiniel ne pût distinguer clairement ce qui avait été échangé entre eux, mais elle tressaillît lors la Reine Dorée leva l'une de ses pattes, et avec une force toute mesurée, le projeta quelques mètres plus loin. Dame Amlug s'empressa aussitôt de l'y rejoindre.
Qui était-il, celui qui, dans l'Ombre, n'avait pas été présenté et qui pouvait s'adresser à une Mère inquiète, Dragonne de surcroît, et en sortir sans la moindre égratignure?

Mais ce qui attrista encore plus Ñiniel fut le nombre d'œufs qui se présentait à eux; il y avait plus d'œufs que de Candidats, et la jeune Aspirante sentit son cœur se serrer et ses yeux de mouiller à l'idée qu'ils n'étaient pas assez. Ils n'auront pas le temps d'ouvrir leurs yeux que ceux-ci se refermeront presqu'aussitôt, sans qu'aucune chance ne leur soit admise. À cet instant, Ñiniel mesura l'ampleur de la faute de leurs ancêtres, et cette terrible sentence qui s'abattait maintenant sur les Dragons. Elle se sentit coupable : si l'ignominie n'avait été commise que par quelques obscurs personnages, elle rejaillissait toujours et encore sur d'innocents êtres. Elle était le fruit de cette ignominie, et pourtant ce fruit d'ignominie était aussi le fruit de vie des Dragons. Peut-on vouloir lier sa vie à ceux qui causèrent leur terrible vulnérabilité?

Il semblerait que ses pensées furent entendues, car ses co-aspirants se lièrent tous : le premier Né, un petit Bronze, chercha immédiatement l'âme d'Asulil malgré les vindicatives de sa Mère. L'Ondine fut heureuse d'assister à l'Empreinte d'Asulil. Il était maintenant lié à un magnifique Dragonneau. Elle était d'autant plus heureuse qu'ils étaient candidats à la même Empreinte, et qu'ils partageraient ensemble ce futur beau souvenir.
Deux petites Dragonnes, l'une aussi Verte que l'autre était Noire, attachèrent leur âme respectivement à Asshai et l'Ondine inconnue. Pourtant, Ñiniel crut que la petite Verte serait sienne: le souffle d'un instant, elle avait cru avoir trouvé son âme sœur; mais la Verte s'était rapidement éloignée d'elle.

Et puis, plus rien. Plus rien ne bougeait, plus un son de coquille brisée, écrasée ne se fit entendre.
L'envie de pleurer assaillit Ñiniel. Le regard empli de désespoir et de douleur, elle regardait au loin tous ces petits œufs qui avaient tous refusé de lui donner une vie. La Reine Dorée elle-même s'inquiétait de l'avenir de sa petite progéniture, voulait les couver encore un peu, les réchauffer, leur donner vie.
Quelle mère ne serait pas désespérée quand ses nouveau-nés ne donnent aucun signe de vie?

Les poings serrés, les lèvres tremblantes d'émotions, Ñiniel se résolut à son sort et accepta l'échec de son Empreinte. Au fond d'elle, elle ne s'en était certainement pas sentie digne, et ce sentiment avait échappé à son contrôle, happé par la volonté de la Reine de faire le bon choix.

Elle regardait toujours Rintrah, tentant par le regard de l'aider à supporter la douleur certaine de la perte de ses enfants. Mais lorsque Rintrah abaissa la tête, résignée, l'Ondine sut que tout était maintenant terminé. Elle se désolait de ne pas avoir réussi à en sauver un seul, quelque chose en elle était en train de se consumer et de mourir en même temps qu'elle semblait assister à cette lente mise à mort silencieuse dont elle était la cause et spectatrice.



C'est alors qu'un bruit de coquille se craquelant raisonna au milieu des sables d'éclosion. Ñiniel l'entendit à peine tant les trois petits Dragonneaux étaient une véritable attraction, provoquant moult réactions. Mais Rintrah releva la tête, ce qui n'échappa à Ñiniel. Elle crut entendre un faible gémissement, mais rien ne laissa présager de la suite. Au loin, la Reine leva doucement la patte et fit un infime geste qui provoqua l'éclatement d'une dernière coquille.

L'Aspirante fit quelques pas en direction des sables, le cœur gonflé et battant à tout rompre. Était-ce enfin elle, son âme-sœur? Ñiniel, à cet instant, sentit un tel besoin de lier son âme qu'elle ne parvenait pas à comprendre comment elle avait fait pour survivre sans sa Liée jusqu'alors. C'était à peine si elle parvenait encore à respirer.

Le moment dura un certain temps, l'œuf qui venait de se briser semblait avoir libéré un petit bébé Dragon très proche de sa Mère. Ñiniel apercevait Rintrah prodiguer son affection toute maternelle à ce dernier enfant qui prenait son temps pour se présenter à l'Assemblée.

Alors une petite Dragonne sortit des Sables et se dirigea vers Ñiniel.

Elle était Dorée. L'Ondine avait une future Reine pour Liée. Elle ne se rendait pas encore entièrement compte de ce que cela signifiait, mais peu importait finalement la couleur des écailles, Ñiniel n'avait qu'une pensée en tête. C'était la plus magnifique des créatures qui lui ait été donné de voir, et l'Ondine l'aima aussitôt. En un bond, elle se retrouva devant la petite Dorée qui semblait l'attendre.

Ñiniel s'agenouilla devant elle, les yeux embrumés par l'émotion, avança une main vers son col étincelant. Elle ne remarqua pas tout de suite la tâche blanche qui ornait son front. Ce ne fut qu'à cet instant qu'elle reconnut entièrement son âme sœur. Une partie d'elle qui semblait lui avoir fait défaut depuis tant de temps venait de la compléter. Elle savait maintenant qu'elles partageraient une seule et même vie.

"Vahi'Nearii..." souffla Ñiniel.

Encore fatiguée par cette coquille qui avait refusé de se briser, la petite Dorée semblait encore semi-endormie. Toutefois, son caractère trempé dans l'acier était entier et résolu. Comme une promesse éternelle, la Dragonelle s'adressa par la pensée à sa Liée.

*Je te protégerai...Ñiniel...nous aurons tout le temps de parler de certaines choses...*

Les yeux de la Dragonelle découvrant depuis peu la vie brillèrent d'un éclat particulier tandis qu'elle s'adressait à Ñiniel. Et tout en lui adressant ses premières pensées, elle fixait le pendentif de sa Liée.

Ses petits yeux déjà se posèrent sur ses frère et sœurs. Vahi'Nearii était très attachée à sa fratrie, il était important pour elle de savoir que tout irait bien pour eux et qu'il lui serait donné de les revoir.

*Mais je n'ai pour l'instant qu'une seule question : sont-ils liés à de bonnes âmes?*

La question prit l'Ondine de court. Ñiniel ne s'était pas attendue pas à grand chose, ou plutôt s'était-elle préparée à tout entendre. Elle s'était imaginée se présenter, parler d'elle, lui dire pourquoi c'était son Âme sœur. Elle avait imaginé cette rencontre magique maintes et maintes fois.

Mais elle n'avait pas pensé que c'était des autres Chevaliers dont elle allait devoir parler. Elle ne savait que lui répondre, était-elle vraiment la mieux placée pour juger de l'âme de ses compagnons?

*Ton frère s'est lié à un bon ami, tu auras l'occasion de le voir grandir et s'épanouir puisque nous repartons tous quatre au Kaerl Céleste. Quant à tes sœurs...et bien ta sœur couleur Émeraude s'est liée à un sacré tempérament! Asshai est une Fëalocë pleine de surprises, et je crois qu'elle ne pouvait trouver meilleure âme pour son caractère de Verte. De même qu'il était temps qu'elle lie son âme à ta sœur...les dernières épreuves n'ont pas été sans conséquences pour son âme à elle...*

Elle marqua une petite pause. Asshai et Asulil avaient tous deux pénétré l'âme de l'Ombremage, laissant la folie les prendre. Tous deux étaient aussi Marqués.
Maintenant, ils liaient leur âme à celle d'un Dragon. Ñiniel ne savait pas vraiment qu'en penser. Devait-elle s'inquiéter?

*Et, étant donné les regards insistants qu'Asshai pose sur la Liée de ta sœur Noire, je jurerais qu'elles se connaissent. Peut-être viennent-elles du même Kaerl, le Kaerl Ardent....elles y grandiront certainement ensemble...*

*Mais nous serons séparés d'elles...*

Cette dernière pensée fut imprégnée d'une profonde tristesse et en même temps empreinte d'une résignation sans faille. Vahi'Nearii savait que leur destin était maintenant lié à celui de leur bipède et que rien ne changera cela. Pas même une fratrie de Dragons. L'Ondine comprit alors l'attachement profond que cette fratrie possédait.

Elle apposa une douce caresse sur la tête étoilée de sa Liée. La petite Dragonne se laissa tenter par les caresses et tendit son cou doré sous la main de l’Ondine. La situation était atypique ; la joie de cette Empreinte réussie était ternie par la séparation immédiate des Dragonneaux. Mais Ñiniel ne put s’empêcher de poser une question qui n’apportait aucune réponse.

*…valait-il mieux vivre séparés ou mourir ensemble ?*

Vahi’Naerii donna un coup de tête à Ñiniel qui manqua de tomber à la renverse.

*Nous vivrons séparés, mais nous vivrons entiers, liés à nos âmes-sœurs ! La tristesse de ne pas grandir avec mes sœurs n’est pas à la hauteur de ce sentiment que je ressens depuis que je suis sortie de l’œuf. Allons maintenant les rejoindre ! Il est temps…*

Ñiniel acquiesça et se releva. En se retournant, elle croisa le regard d’Asulil qu’elle gratifia d’un large sourire. Ils avaient rencontré leur âme-sœur.






Dernière édition par Ñiniel Iserimir le Mer 1 Oct 2014 - 19:20; édité 1 fois
Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 - 18:04 Répondre en citantRevenir en haut

Les rumeurs. Les rumeurs étaient quelques choses de courant. Vivaces, elles allaient et venaient aux grès des murmures. Manéa écoutait toujours les rumeurs, même les plus farfelues. C'était en partie grâce à elles qu'elle était arrivée ici. Et ici c'était bien. Hormis certains entraînements de son maître.

Mais même arrivée ici, elle écoutait les rumeurs. L'une d'elles parlait d'un autre 'kaerl'. Céleste. Elle parlait de sa dame déchue, et surtout de sa dragonne qui, on le savait bien, avait autant profité de la nuit de noces que son double à deux jambes. Il se murmurait aussi que depuis le temps, elle devait être à terme et que des œufs attendaient sûrement quelque part... S'ils n'étaient pas morts.

Elle avait essayé de savoir où ils pouvaient être. Une dragonne qui pond des œufs ça ne pouvait pas passer inaperçu... Mais rien... Personne ne savait. Aussi décida-t-elle de passer à la vitesse supérieure. Son maître. Elle le savait au courant de beaucoup de choses. Elle profita donc de son absence de son maître pour aller dans son bureau chercher une quelconque information.

Elle souleva doucement les papiers, regardèrent les notes, mais rien ne parlait de la dragonne. Soupirant, elle alla pour partir lorsque la poignée de porte s'abaissa. Oups. Si elle était trouvée ici, c’en était fini. Elle eut tout juste le temps de se dissimuler dans un coin d'ombre, derrière une grande tenture, que Elederkan et un autre homme rentrèrent. La demoiselle retint sa respiration le plus possible, mais faillit sauter de joie lorsque la discussion tourna autour de 'Rintrah' qui avait pondu des œufs au 'Màr Litsè et qui attendait aujourd'hui que des aspirants viennent pour les œufs. Voilà ce qu'elle voulait. Restait plus qu'à savoir où était le fameux 'Mar Litsé'.

Elle dut attendre un petit moment avant que l'inquisiteur sorte de nouveau de son bureau. Par chance, il n'était pas fermé. Qui après tout aller fouiller dans les affaires de ce grand homme.

Elle se faufila hors de l'endroit et courut jusqu'à l'observatoire. Elle y fouilla rapidement parmi les étagères géographiques, mais ne trouva rien de concluant. Il n'était sur aucune carte. Qu'à cela ne tienne, elle chercha dans les registres d'histoires puis de politique. Mais elle fit chou blanc... Jusqu'à tomber sur un petit ouvrage intitulé 'Le cinquième Kaerl ou le bouleversement de la civilisation moderne'.

Elle le feuilleta rapidement, mais ne découvrit qu'une seule information. Ce qu'elle cherchait était dans le désert du Ssyl'shar. Elle soupira profondément de désespoir. C'était très loin d'ici et à moins d'un... Elle se redressa d'un coup. Les rumeurs, Ah, les rumeurs. Rangeant le livre, elle se précipita ensuite vers le lieu où elle était sûre de trouver ce qu'elle cherchait. Ou plutôt qui elle cherchait.

- Seigneur Thémos...?
Et elle partit dans de longues palabres. L'interstice était recouvert paraît-il. Et elle aurait aimé découvrir ce que c'était. Et à ce jour, elle ne voyait aucune autre créature plus majestueuse que lui pour l'initier une nouvelle fois dans cet élément inconnu. Elle rêvait d'aller dans le désert, seul endroit où elle n'avait encore jamais foulé le sol. Malgré quelques rechignements, il finit par accepter et en un battement d'ailes ils se retrouvèrent dans la chaleur étouffante des sables du désert.

Manea se mordit la lèvre. Elle avait une chance sur deux de se faire punir sérieusement par le saurien... Mais elle devait le faire. Des œufs, une éclosion !

- Seigneur Thémos... J'ai... Entendu dire qu'aujourd'hui se passait une empreinte... D'une Dame Dorée, dans un lieu appelé Mar Litsé. Cela... Vous direz d'aller voir ?

Bien sûr au début il refusa et réprimanda longuement la jeune Fealoce pour cette manipulation. Néanmoins elle avait un atout de taille.

- Seigneur Thémos ! Imaginez qui mon âme sœur se trouve là-bas. Si je n'y vais pas, il mourra. Flarmya a voulu que j'entende cette conversation. Prendriez-vous le risque de voir l'un des vôtres mourir...?

Après un silence ils filèrent finalement vers de hautes montagnes au cœur même du désert. Il savait où il allait et ils ne tardèrent pas à se présenter devant les portes de la cité libre. Malheureusement, elle n'avait pas été conviée aussi se retrouva t'elle rapidement séparé du saurien pour passer devant un conseil qui devait statuer de son autorisation.

Elle plaida encore une fois la survie des œufs, qu'elle n'était qu'une prêtresse de Gaia aspirant à trouver son âme sœur, qui, peut-être, l'attendait sur les sables chauds de la cité. Elle avait simplement eu le malheur de ne pas se trouver avec les autres à ce moment là.

Après un long débat, elle fut autorisée, non sans escorte, à entrer tout en étant surveillée de près. Elle était venue sur le dos d'un Dragon Ardent après tout.

Prudemment, elle rejoignit les sables où les choses avaient déjà commencé. Elle put compter trois dragons déjà éclôt et une dernière personne sur les sables. Restant dans l'ombre pour le moment, elle admira silencieusement la reine. Ainsi c'était ça, les majestueuses dominantes des Kaerl. Pourtant, elle avait l'air bien terne et fatigué, la majestueuse. Toute la puissance d'un dragon, l'instinct d'une mère et la majestuosité d'une reine. Un cocktail qui ravit le cœur de l'orpheline autant qu'il augmenta encore son amour pour cette race. Elle donnerait n'importe quoi pour voir une telle créature au mieux de sa forme.

Se sachant suivie elle s'avança un peu plus tout restant en retrait et en réajustant son voile. Elle comptait plus d'œufs que d'aspirants présents alors tout n'était pas fini.
Puis, alors qu'une petite demoiselle aux cheveux blancs semblait en proie à des sentiments douloureux, un éclat de coquille se fit entendre. Un œuf venait d'être partiellement brisé par la mère. L'espoir dans le cœur de la Féalocë grandit aussi vite que la déception prit le dessus. Ce n'était de toute évidence pas pour elle, car l'ondine s'avança pour serrer la petite créature dans ses bras. Le moment commençait à devenir fâcheux. Tournant la tête, elle fixa un à un les nouveaux chevaliers avec leur dragon, puis de nouveau la Reine dorée. Plus rien ne se produisait. Elle voulut s'approcher plus pour regarder, constater l'état des œufs. Ils ne pouvaient pas ne plus en avoir. Comment des êtres aussi beau et puissant que les dragons pouvaient... Ne pas vivre ? Cependant, une main ferme attrapa son poignet alors qu'elle avait fait trois pas. Un de ses 'gardes' ne semblait pas voir d'un bon œil son approche et lui interdit de faire un mouvement de plus vers la couvée. Si rien ne se passait alors c'est qu'elle avait échoué, tout simplement.

Elle retira vivement son bras et le ramena contre elle, n'appréciant guère ce contact. Ainsi donc elle avait échoué... Elle soupira doucement. Son maître, en apprenant ça, car ça ne faisait aucun doute qu'il l'apprendrait, aller probablement lui passer. Mais si son cœur était serré actuellement ce n'était pas pour cette raison. Pourquoi avait-elle échoué ? Pourquoi aucun dragon n'était venu à elle alors que, de toute évidence, elle était la plus en forme ? Peut-être était-ce de sa faute ? Peut-être que son esprit était encore trop faible ou fermé. Elle allait y remédier !

Sans autre sentiment que celui de la déception, elle fit demi-tour pour ressortir de la ville où Thémos l'attendait. Elle n’eut cependant pas le loisir d'y parvenir. Svo l'interpella doucement en s'approchant. La Féaloca se stoppa. L'humaine était son ombre depuis son entré au Mar. Elle avait été celle qui lui avait permit de venir, qui c'était porté garante pour qu'elle puisse fouler les sables chauds de la cité caché. Alors elle alla la voir, le visage triste, dégageant légèrement son visage pour mieux parler.



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MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 - 23:03 Répondre en citantRevenir en haut

Thémos ouvrit un œil encore embrumé de sommeil. Il loucha un moment sur la petite humanoïde qui lui faisait si effrontément face, sur le promontoire rocheux qu’il s’était choisis. La petite s’agitait, nerveuse et fébrile. Le délicieux parfum de la peur émanait de sa peau délicate et sans éclat. Si Thémos appréciait de revêtir une apparence humaine pour tromper le monde et s’amuser, il ne se régalait pas pour autant de leur beauté. Les banals mortels, qu’ils soient porteurs du Don ou non, ne ravissaient pas ses sens. Le Bronze aurait été d’une bien meilleure humeur, ce jour-là, si cela avait été une belle Incarnate rutilante, à l’odeur musquée de royale dragonne, qui l’éveillait. En l’occurrence, il se s’agissait que de Néa, alias Manea de Cléonor, l’Aspirante de leur triade.

° Que me veux-tu, plaintive créature ? °

Un abime séparait l’humeur capricieuse du dragon du jour où il la nommait « petite fleur » en roulant des muscles pour l’impression, jusqu’à maintenant. Si Thémos avait revêtu son apparence factice d’être humain, sa bouche aurait pris un pli boudeur et ses yeux se seraient assombris. Mais puisqu’il était dragon, il se contenta de réajuster confortablement sa large tête cornue entre ses pattes antérieures. Et de fixer l’inopportune bipède, de ses grandes prunelles opalescentes légèrement rougeâtres, qui venait de le tirer de sa somnolence.

° Tu manies bien la flatterie, Aspirante. A tel point qu’on s’y tromperait. °

Sa dernière escale au Ssyl’Shar lui laissait un souvenir mitigé. D’un côté, il avait manqué sécher sur place, à la merci du soleil brûlant et du climat aride du désert. De l’autre, son Lié et lui avaient finalement découvert l’existence d’une légende en plein Désert Profond. Le Màr Lìtsë. Sans compter l’agréable compagnie de la Dame Engloutie et de son Lié.

Certes, l’Interstice s’était rouvert. Miraculeusement. Après la défaite annoncée de Drazahir, l’Ombremage, le Maître des Ombres, l’Ennemi de Tol Orëa en personne ! Les choses, dans les trois Kaerls, commençaient à rentrer dans l’ordre. Mais cela n’excluait pas de laisser un humble dragon faire sa sieste !... A bien y réfléchir, un petit voyage rapide par l’Interstice ne lui déplairait pas. Thémos n’avait pas traversé de fenêtre d’espace-temps depuis la réhabilitation de celui-ci. Un peu par dépit, un peu par crainte et superstition. Il lui fallait y remédier et tout de suite. De plus, il serait rentré pour sa chasse quotidienne. Il pouvait se permettre ce petit exercice, non ? Il s’ébroua, se redressa et s’étira de tout son long.

° Très bien, jeune impertinente ! Je vais t’y emmener. Les voyages dans l’Interstice ne sont pas un jeu. Accroche-toi bien à moi. Et n’oublie pas de respirer. °

Il aurait pu glousser sous forme humaine. Thémos fit jouer les muscles engourdis de ses ailes puis se baissa pour faciliter l’escalade de Manea jusqu’au creux de ses omoplates. En un battement de cœur, il se jeta dans une fenêtre, ouverte par l’esprit, peuplée de la froide grisaille de l’espace-temps… Pour réapparaître dans la chaleur étouffante du Ssyl’Shar. Alors seulement la situation se compliqua-t-elle sérieusement…

***

Thémos observait les remparts du Màr Lìtsë depuis le petit coin ombragé où il s’était reclus, peu après leur arrivée. Le Kaerl des Sables était conforme à son dernier souvenir. Eléderkan aurait été très fier de son Lié. Il s’était parfaitement souvenu du chemin à parcourir. En revanche, penser à l’elfe qui partageait son âme le rendait encore plus irritable à cet instant. Tout allait être de sa faute, à leur retour au Màr Tàralöm. Eléderkan l’accuserait d’avoir cédé aux yeux doux de l’Aspirante, ou à ses flagorneries éhontées – ce qui était encore pire -. Un dragon indigne, voilà de quoi il serait traité en rentrant ! L’elfe ne pouvait-il pas mieux surveiller ses papiers et ses rendez-vous, aussi ? Thémos ne pouvait pas être tenu responsable des bourdes de son propre Lié ! Il était aussi coupable que lui dans l’affaire. Sans lui et ses manigances, jamais Manea n’aurait entendu parler de Rintrah, la Dorée en fuite depuis le Màr Menel depuis plusieurs mois, et qui veillait férocement sur sa couvée à naître dans un Kaerl sauvage…

Comment avait-il pu se faire berner aussi facilement ? Par une fillette à peine dégrossie, doublée d’une menteuse et très probablement d’une meurtrière ? C’était ridicule mais vrai ! Il s’était fait avoir comme un débutant. Sa fureur grandissait de minute en minute. Mais il ne pouvait, pour l’instant, rien changer à la situation. Contraint d’attendre à l’extérieur de l’enceinte du Màr Lìtsë, il ne pouvait qu’espérer avoir fait le bon choix. Et n’être pas arrivé trop tard. Manea avait joué finement, il fallait le reconnaître. Elle avait vite compris que le sort de frères et de sœurs draconiques importaient plus aux yeux de Thémos que n’importe quel trésor de Rhaëg. Jouant sur la corde sensible, le Bronze avait accepté d’emmener l’Aspirante jusqu’au lieu de l’éclosion, tout en n’étant pas autorisé à y pénétrer. De toute façon, il ne tenait pas à s’approcher d’une Reine Céleste travaillée par ses hormones.

Il commençait à trouver le temps long. Que faisait donc Manea qui prit autant de temps ? Un œuf éclot ou n’éclot pas. Pas la peine de tergiverser pendant une décennie. Les sermons qu’il lui servait régulièrement aurait dû lui mettre du plomb dans la tête. On ne jouait pas impunément avec la patience d’un dragon. Qui plus est avec Thémos, fils de Tintaglia.

° Appelez Néa ou peu importe le nom qu’elle utilisera ! Ramenez-là ici immédiatement ! Je sais que vous pouvez m’entendre ! °

Thémos ne s’adressait à personne en particulier. Il y avait des Liés et des dragons dans ce Màr Lìtsë. Quelqu’un devait forcément l’avoir entendu. Il en avait plus qu’assez d’attendre. Plus qu’assez d’être un spectacle au sortir de la citadelle sudiste.



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MessagePosté le: Sam 4 Oct 2014 - 22:17 Répondre en citantRevenir en haut


Maël Kerr'wan, Chevalier Céleste déchu et Fondateur du Màr Litsë
   


Theme Song  °~

Le regard perdu dans le vague, Maël Kerr'wan massait lentement ses tempes douloureuses, bordées d'une chevelure cuivre tirant sur l'argent. En cet instant, il se sentait vieux et fatigué, se demandant combien de coups il pourrait encore encaisser avant que la vie ne le mette définitivement à terre.
Tout allait si bien pourtant ! Aussi improbable que cela puisse paraître, son existence chaotique et malmenée avait enfin trouvé un rythme de croisière, un but ultime. Sa fille chérie, qu'il pensait perdue à jamais, lui était revenue. Elle lui avait offert ce pardon qu'il avait si longtemps espéré sans jamais y croire...et un petit-fils.

- Lucjan...Ô cher petit, comme ta mère et toi me manquez en cet instant...

Le Chevalier Déchu s'était enfin autorisé à rêver d'une retraite paisible, loin des tourments, entouré d'amis et d'être aimés dans la Cité-Sous-le-Sable. Il se voyait couler ses dernières années parmi cette foule bruissante et métissée que sont les Citoyens Libres. Ces âmes damnées, ces parias, ces réfugiés , victimes de guerres, d’oppressions, d'ostracismes de tout genres. Autant d'hommes, de femmes, d'enfants venant du tout Rhaëg , qui constituaient maintenant le fier et grandissant peuple du Màr Litsë

- Le premier Màr garanti sans Chevaliers ! avait lancé Rigor au commencement de leur folle entreprise. Enfin, presque...

Ils avaient ri tout deux à cette semi-vérité, car Célestes et Liés, ils le seraient jusqu'à leur dernier souffle, qu'importe les blessures dont ils étaient marqués.

- Rigor del’Reoüe et Maël Kerr'wan, Chevaliers Déchus - l'un par choix, l'autre par contrainte - orphelins de Liés, pères fondateurs du Màr Litsë. Haha... Les lèvres ciselées de Maël s'évasèrent d'un sourire lointain, que mangea aussitôt sa barbe drue, datant de plusieurs jours. Nous n'avions plus rien à perdre, nous voulions...fuir nos absurdes destinées et créer une société d'un genre nouveau, préservée de l'influence des Ordres en tout genre, de leurs turpitudes politiques.

Et après toutes ces années à tenter d'oublier son passé, voilà qu'il lui revenait en pleine figure. Quelques mois auparavant, un Peddyr aux abois avait ramené au Màr une jeune mariée et deux Dragons, réclamant pour eux le droit d'asile comme réfugiés politiques. Lorsque Maël avait croisé le regard de la jeune femme, il s'était sentit comme électrifié. La pupille de Logain, frêle oiselle de ses souvenirs, était désormais une Dame détrônée dont la détresse n'éteignait pourtant pas la dignité. Il s'en remettait à peine que l’infatigable Peddyr ramenait son époux, sauvé d'une détention forcée.. L'aîné de Matthias et Lëly, l'enfant élevé par l'assassin de ses parents...Il pendait au cou puissant de l'Ambassadeur Céleste, amaigri et faible, mais les yeux allumés d'une ire intarissable. Une ire dirigée contre son jeune frère, le silencieux et inquiétant enfançon d'autrefois, devenu un monstre de manipulation avide de puissance

- Ces enfants...que j'ai connu dans leur prime jeunesse et dont je ne savais plus rien...sont à leur tour victimes de ces rouages sans fin, souillés par la marche du pouvoir que rien n'arrête. Mäel pressa son visage contre ses paumes tannées, libérant un profond soupir. Après tout , qu'espérais-je ? Le bourbier que j'ai laissé derrière moi il y a plus de vingt ans est désormais un marais dont la puanteur se répands.

Mais le Mal s'étendait bien au-delà de la duplicité de la Maison Galastden et le Chevalier Déchu frissonnait encore au souvenir du sinistre récit d'Heryn. Les Ténèbres qui germaient lorsqu'il avait tout abandonné tiraient désormais les ficelles. Et la menace avait maintenant un nom : Drazahir l'Ombremage.

La tenture fermant la petite pièce où il s'était reclus frissonna. Maël leva les yeux au ciel.

- Entre Malÿsha, tu sais bien que tu peux me parler sans t’embarrasser du protocole.

La jeune femme qui franchit le rideau avait le teint olivâtre et les boucles noir-d'encre typiques des habitants d'Ys. Promue depuis peu parmi les Gardiens, elle avait pour les fondateurs et le Conseil des manières zélées qui les faisaient sourire car beaucoup l'avaient connu fillette. Sa famille faisait d'ailleurs partie des premières à immigrer au Màr et leur petit dernier, Markos, était de cette nouvelle génération née sous le sable.

- Les prochains bambins à venir auront quant à eux des écailles et un besoin vital de se connecter à leur âme-soeur. songea Maël, une angoisse diffuse au fond de son estomac. Il y a eu le témoignage du vieux Jorik ce matin, mentionnant d'étranges Lézards des Sables géants se découpant sur les pâles lueurs de l'aube. Le Conseil, habitué aux élucubrations de cette vieille carne imbibée, a sans doute pensé qu'il s'agissait d'un autre de ses delirium tremens. Mais l'audition de cette jeune femme tout à l'heure...Manéa ? Elle était venue pour les œufs...

- Sir Kerr'wan, je pense que nous allons avoir un problème. Cette créature , la...Dragonne ? Il se passe des choses dans sa tanière, les gens s'agitent et se regroupent.

La voix de Malÿsha était ferme et hâtée. Maël ferma longuement les yeux, c'était bien ce qu'il redoutait. Comment Heryn avait-elle pu lui cacher pareille information ?!

- Vous nous avez formellement interdit d'approcher la bête , Monsieur. Mais...Afin d'éviter tout désordre nous ferions mieux d'envoyer des éclaireurs pour...

- C'est hors de question, Malÿsha ! tonna le Chevalier, regagnant un instant tout le charisme autoritaire de son ancienne carrière. Je ne vous laisserai pas vous approcher d'une Dragonne en pleine couvée, vous n'en sortirez pas vivants.

- Couv...Ooh, ca ponds des...oeufs ? balbutia la Gardienne, doublement troublée.

Maël se radoucit. Avec l'arrivée de Maëvann et son époux, puis de Peddyr, d'Ashen, de Legundir... Rigor et lui avaient bien dû expliquer au Conseil l'origine de ces mystérieux réfugiés, toujours flanqués de leur compagnon à l'aura étrange. Ils en avaient dit le moins possible, malgré la curiosité perplexe et dévorante des Conseillers. Il avait été convenu, afin d'éviter tout mouvement de panique, que les Liés devaient garder leur forme humanoïde tant qu'ils étaient à portée de regard. Les Célestes s'étaient quant à eux fondus dans la masse, devenant par la suite Citoyens Libres à part entière.
Le Conseil n'était donc pas étranger aux notions de Dragons, de couvée, de Lien. Mais savoir qu'une Empreinte se déroulait en ce moment même au cœur du Màr était tout autre chose. Quant aux Gardiens , c'était pour eux un concept tout frais que certains, comme Malÿsha l'Ysienne, avaient encore du mal à assimiler.

- Les Dragons pondent, oui. Comme tous les sauriens ovipares. Ne vous apprends-t-on rien à l'école ? Il adressa un sourire rassérénant à la Gardienne. Malÿsha, j'ai besoin que les Gardiens tiennent les Citoyens à l'écart, pour leur sûreté. Pour l'instant, dites-leur que ces zones de grottes près du Vortex sont instables, ca ne serait pas la première fois.

- C'est ce que nous avons fait, Sir. Mais nous avons perdu toute crédibilité quand votre...invitée s'est faufilée dans notre dos avec une suite de cinq ou six personnes inconnues.

La mâchoire du Fondateur se décrocha. Derrière ses airs de fragilité et de fierté blessée, la Dame du Màr Menel cachait une belle audace...ou plutôt un sacré culot !

- Bon sang Logain, c'est tout toi ça...Tu ne peux pas la renier. HA !

- Sir...Maël. Que fait-on alors ?! s'impatienta la gardienne que le sourire en demie-teinte du Chevalier Déchu intriguait.

- N'as-tu donc rien écouté, linotte ? Aide tes confrères à tenir les Libres à l'écart. Les quelques curieux ne doivent pas déclencher un mouvement de foule. S'ils venaient à pénétrer en masse dans la tanière, ils n'auraient pas le temps de savourer leur première vision d'un Dragon qu'ils seraient déjà en morceaux. Tu comprends, Malÿsha ? argua-t-il en plongeant son regard vert d'eau dans les prunelles sombres.

- O...Oui, je comprends. Tenir les gens à l'écart, rester discrets...Très bien. Elle papillonna des paupières alors que Maël sortait précipitamment de la pièce. Mais ...où allez-vous ? Et ...Et le Conseil ? Ne devrait-on pas … ?

- Ooh crois-moi, le Conseil va très vite comprendre ce qui se passe ! lança le Torhil en disparaissant à l'autre bout du couloir.

  
~°~
  
     

La gorge nouée, Maël observait l'étreinte des bipèdes et des dragonneaux, dans un rituel encore une fois renouvelé, l'union de deux moitiés d'une même âme. L’Empreinte était quelque chose d'immuable, de sacré, que même le secret d'un Màr enfoui sous le désert n'avait pu empêcher. Cela avait quelque chose de magnifique et d'immensément triste ; le vide béant laissé par Kazaar n'avait jamais été aussi vif qu'en cet instant.
Maël ravala la douleur qui lui fouaillait l'âme, cette vielle compagne... Après tout, il était venu dans un but précis. Le Fondateur repéra la Dame, qui étreignait sa Liée avec une insondable compassion. Il leur laissa ce moment puis lorsqu'elles en eurent fini, il attrapa discrètement la métis par le coude et l’entraîna à l'écart.

- Heryn. Le ton était grave et sourd. Il y a bien des choses sur lesquelles je suis faillible mais il en est une seule pour laquelle je suis intransigeant , et Logain pourrait en témoigner s'il était encore vivant : La confiance. Il jeta un regard par dessus son épaule, la couvée dispersée de Rintrah s'en allait aux bras d'illustres inconnus entrés au Kaërl par effraction. Je t'ai accueilli avec Kieran et vos Liés, sans poser de questions, et votre cas ne fut pas une mince affaire à plaider auprès du Conseil...Et voilà que tu introduis ces ...Aspirants, je suppose, dans notre dos ? La...ponte ne devait pas se passer ici, tu étais la première à nous le dire !

Il quitta le regard doré un instant pour ruminer ses pensées. Que pouvait-elle y faire ? Après tout, ce Màr abandonné avait abrité les premières Empreintes de l'Histoire de Tol Orëa. Existait-il meilleur endroit pour une couvée, en ces heures ou le Kaërl Céleste n'était que chaos ? Elbakin Selkeys, Médiateur de la cité et Doyen du Conseil, avait fait son apparition en bordure de la grotte et restait en retrait, soucieux de ne point alarmer la Dragonne. Ses yeux azurins lancèrent un appel inquiet au Fondateur. Il fallait agir.

- Je suis sûr que c'est l'urgence qui as motivé ta décision. Ils semblent avoir éclos si vite ! Ils devaient dépérir de ne pouvoir se Lier... dit-il, en laissant traîner un regard pensif sur les éclats de coquille, dont la blancheur tranchait sur la terre sablonneuse. Mais pourquoi l'avoir caché ? Nous vous aurions aidé...Ses yeux céladon passèrent de Kieran à Heryn, avec une lenteur compassée. Des témoins ont vu deux Dragons apparaître à l'aube, et l'agitation qui règne ici commence à attirer des curieux, que la prétendue instabilité du Vortex ne tiendra plus très longtemps à l'écart. Ses sourcils cuivrés se froncèrent sur un faciès préoccupé. Ce qui est fait est fait, Dame Amlug, mais je suis las de mentir aux Libres pour protéger Rintrah...ou plutôt les protéger d'elle. Il va falloir...

Le Torhil jeta un nouveau regard à l'intuitif Elbakin, qui comprit immédiatement et hocha la tête en signe d'assentiment après quelques secondes de réflexion.

- Il va falloir parler au Peuple, ma Dame. Maël inclina respectueusement la tête, l'air grave. Nous ne pouvons cacher plus longtemps ce qui se passe ici, et c'est désormais à toi d'aider le Màr Litsë, Heryn Amlug... Un sourire complice vint adoucir son solennel discours. Ils t'écouteront, tu es une Dalneÿs. J'ai servi et aimé Logain autant que sa Maison, je sais que tu trouvera les mots pour les apaiser.
  




Svoneskaja, membre du Conseil et Tutrice des nouveaux arrivants au Màr Litsë   


Pendant ce temps-là, à la sortie dissimulée du Màr...


- Attends !

Manéa se retourna lentement, braquant sur Svoneskaja un regard délavé, puis s'approcha d'elle à pas feutrés, presque timides. La Conseillère ressentit soudain l'envie d'étreindre cette étrange fille, à peine plus jeune qu'elle. Désignée par Maël comme sa Tutrice le temps d'un séjour au Màr , elle l'avait suivie d'un œil attentif mais discret, alors habitée d'une curiosité innocente à son propos. Cette demoiselle « de Cléonor », prêtresse de Gaia, avait des airs de poupée de porcelaine et des dires aussi rares qu'étranges. Seul Maël et Elbakin avaient assisté à son audition , lui accordant une autorisation de séjour temporaire au Màr Litsë. Et comme tout citoyen « en transit » (qui n'avait pas encore fait le choix de devenir un Libre et de recevoir la Clé) devait avoir un Tuteur, la candide Svoneskaja s'était portée volontaire. C'était un exercice dont elle avait pris l'habitude, sa compassion et sa douceur naturelle aidant à accueillir les nouvelles âmes sans trop de heurts.

Néanmoins...Cette nouvelle arrivante n'avait rien d'une perdue. Elle semblait parfaitement savoir où aller, comme guidée par un appel invisible et les petits pas trottinants de Svoneskaja avaient eu du mal à garder le rythme. La Conseillère avait cru faillir à son devoir lorsqu'elle l'avait perdue de vue à l'approche du Vortex. L'endroit était dangereux, comme le savaient tout les Citoyens Libres, mais pas pour les raisons évoquées il y a quelques mois... Un frisson lui dressa l'échine lorsqu'elle s'aperçut que quelques Libres rôdaient déjà autour des grottes, discrètement repoussés par des Gardiens taiseux. Elle bouscula un citoyen qui trouva bon de partager ses impressions :

- Paraît qu'on a vu des gens rentrer là-dedans ! On dirait qu'y'a du mouvement, y'en a d'autres qui disent avoir entendu des voix...J'croyais qu'ces grottes étaient trop dangereuses pour être investies !

Manéa de Cléonor avait du profiter de la confusion grandissante pour s'y faufiler, aussi c'est au trot de course que Svoneskaja franchir la barrière de Gardiens, qui s'écarta aussitôt pour laisser passer le joli minois de la Conseillère, adorablement froncé de colère.

Ce qui s'était passé là-bas...avait instantanément éteint sa contrariété. Tout ce que Maël et Rigor leur avaient raconté au Conseil sur l'Empreinte, cet invraisemblable rituel liant l'âme d'un homme et d'un Dragon. Cela s'était déroulé sous ses yeux et c'était...beau et troublant à la fois. Svo n'était pas sûre d'avoir tout compris mais il y avait quelque chose...dans la façon dont ces inconnus étreignaient les frêles dragonneaux, dans le regard de la Dragonne Dorée...quelque chose d'indescriptible, de séculaire, tissé d'accomplissement, de résignation, d'infinie tristesse...

Elle savait au moins une chose, la Dragonne n'était pas censée mettre bas tout de suite. Ses...oeufs devaient éclore en un endroit approprié. Au dehors, l'agitation grandissait...et sa protégée avait de nouveau disparu ! Alors qu'elle se lançait à sa poursuite, elle buta contre le Torhil Fondateur.

- Maël ! avait-elle lâché dans un souffle, braquant sur lui un regard hébété. La...grotte, il y a ...La Dragonne a mis b...C'est ...l'Empreinte ? C'est en train d'arriver ?

Les mains puissantes du Torhil s'était doucement refermées sur les frêles épaules de Svoneskaja.

- Je m'en occupe, Svo. Je vais parler à Heryn de ce pas. Toi, garde un œil sur la petite nouvelle, elle est impliquée dans cet événement.

Alors que Maël la quittait sans autre forme de discours, la Conseillère réalisait soudain qu'elle n'avait vu aucun des petits rejoindre Manéa et s'offrir à ses bras. Elle comprit alors, et se sentit soudain infiniment peinée pour la prêtresse...Elle était venue jusqu'ici, dans l'espoir de trouver en ces dragonneaux une âme-soeur, accomplir sa destinée. Mais rien ne s'était passé. Quelle sinistre augure pour une si jeune femme !

A présent, la demoiselle s'apprêtait à regagner le désert, attendant que la Conseillère énonce son propos dans un silence moribond.

- Je...Je suis désolée. dit enfin Svoneskaja, d'une voix légèrement tremblante. Écoute, je n'avais encore jamais vu une Empreinte en vrai et je ne peux...savoir ce que cela fait de … la rater. Mais j'ai senti tout l'amour qui émanait de ces petits dragons et je souhaite qu'un jour, toi aussi tu puisses y goûter. Sincèrement...

La Conseillère se mordit les lèvres, se demandant si cette inconnue surgissant de nulle part pour une quête vaine allait accorder une quelconque importance à ces mots.

- Tu pourrais ...rester quelques jours de plus au Màr Litsë pour te remettre et te reposer. Ton autorisation de séjour te le permets, tu sais. fit-elle remarquer, en bonne conseillère. Je suis sûre que le Conseil comprendra.  



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 19:55 Répondre en citantRevenir en haut

/!\ RP INACHEVÉ /!\



Brièvement, alors que Heryn relevait son compagnon après sa chute, Rintrah avait ressenti la présence d'une cinquième âme bipède, cachée dans l'ombre, une âme avide de se sentir à nouveau complète, mais une âme entourée d'un brouillard rouge de folie. Méfiante, la Reine avait resserré sa prise sur ses œufs. Celle-là ne lui prendrait pas ses petits !
Bien que son attention fut bientôt complètement tournée vers la naissance de ses petits, Rintrah avait continué de surveiller du coin de son esprit l'ombre silencieuse plantée à l'entrée des sables … Jusqu'au moment funeste où il devint évident que plus aucun œuf n'éclorait. Alors, l'ombre rouge s'éloigna, laissant derrière elle un parfum de déception, qu'il sembla à la dragonne être la seule à percevoir.

Une à une les empreintes s'étaient faites, et les âmes sœurs d'abord hésitantes s'étaient trouvées, jusqu'à ce que quatre des neufs œufs aient libéré leur précieux contenu. Un à un, les couples nouvellement formés s'étaient éloignés, éparpillés dans la salle au haut plafond. Ses yeux chavirant vers une teinte grise propre aux ciels chargés d'hiver, Rintrah tourna la tête vers sa liée, s'oubliant un instant dans les iris noisettes, qui comme en écho, brillaient de la même tristesse. Seulement quatre. Qu'était-il advenu des autres ? Leur coquille avait-elle jamais renfermé la moindre étincelle de vie ? Le doute l'assaillit. Lovée autour des œufs toujours intacts, elle les contempla un long moment avant de se redresser, les délaissant à regret pour s'avancer plus près des nouveaux chevaliers, les fixant d'un air grave, la braise rougeoyant sous la cendre.

**Qu'il me revienne un jour que vous vous êtes montré indignes de mes petits ou que vous les avez fait souffrir ... Et vous regretterez amèrement ce jour où vous avez foulé ces sables pour lier vos vies à la leur.**

La tête haute, son regard vint se river tour à tour sur chacun de ses enfants, comme pour graver une dernière fois dans sa mémoire leur image, avant de se détourner, le cœur lourd comme une pierre. Ils ne lui appartenaient plus à présent. Leur vie et leur destin ne dépendaient plus d'elle. Ils avaient pris leur envol et c'était à leurs âmes sœurs de prendre soin d'eux désormais. Doucement, elle se réinstalla auprès de ses œufs, tentant en vain de percevoir les consciences qu'aurait du abriter les coquilles froides. Qu'allait-il advenir d'eux ?

***

De son côté, Nalesean, toujours posté légèrement en retrait, observait tour à tour les jeunes âmes-soeurs et le couple debout à côté de la Reine, tiraillé entre deux désirs contradictoires. L'apparition de Kieran, que toutes les preuves coïncidaient à désigner comme mort, l'avait rempli d'une stupeur mesurée tandis que tout en même temps une sensation glacée était venue étreindre ses entrailles. Les implications de sa présence ici sur la réalité des Noces Pourpres … Le Maitre Guérisseur secoua doucement la tête. En cet instant, ce n'était pas du Patriarche que ces jeunes gens avaient besoin, mais de quelqu'un qui saurait prendre soin des dragonneaux. Après tout ce temps passé à attendre dans leur prison de calcaire, il fallait impérativement s'assurer qu'ils étaient en bonne santé et ne souffraient d'aucun mal.

Il échangea un regard avec Legundir, qui semblait tout aussi mystifié que lui par l'apparition du prétendu défunt époux.

« Maitre Unarion, il est temps de mettre vos compétences de soin à l'épreuve ! Occupez-vous des nôtres, je m'occuperais des deux Ardentes. Votre ancien Aspirant aura sans doute bien besoin de votre soutient dans les jours à venir. »

Résolu à mettre au clair cette sombre histoire plus tard dans la journée, le Torhil se porta à la rencontre du premier couple à sa portée, à savoir la Fëalocë et sa petite Verte. A son grand soulagement la jeune femme, bien que toujours hâve, avait un air nettement moins perdu que quelques heures auparavant. La dragonnelle quant à elle avait un regard brillant et des mouvements vifs, qui étaient de bon présage pour la suite. Il s'arrêta à côté d'elle, posant une main légère sur son épaule pour lui annoncer sa présence …

… Et tourna un œil incrédule vers la silhouette qui traversait les sables à grandes enjambées. Maël ? Maël Kerr'wan ? Etait-ce bien lui ? Par tous les Dieux, combien de fantômes lui seraient-ils encore donné de voir avant la fin de la journée ? Il fit brièvement un pas en avant, comme pour l'interpeler à son passage, avant de se raviser, saisi d'une étrange hésitation qui ne lui ressemblait pourtant pas. Pris dans les affres du doute, il resta immobile durant de longues secondes, avant qu'un mouvement de la Fëalocë à ses côtés ne le ramène à ses devoirs. Ses poings se serrèrent. Certains devoirs passaient avant tout. La santé des petits et des nouveaux chevaliers passait avant tout.



A l'arrivée du chevalier déchu, fondateur de cette Terre de Liberté qui les avaient accueillis sans réserve, Kieran se tendit imperceptiblement. Il n'arrivait toujours pas à associer l'homme qu'il avait devant lui ici et maintenant, avec celui qu'il avait connu et apprécié durant sa tendre enfance. Comment pouvait-il se tenir debout et vivre normalement alors que la moitié de son âme lui avait été brutalement arrachée dans des circonstances troubles ? Maël Kerr'wan n'était rien d'autre qu'une victime de plus de l'Ombre qui avait gangrené des années durant le Màr Menel ! Une fois de plus, ce désagréable sentiment d'impuissance et de culpabilité vint l'effleurer. Comment pourrait-il réparer tout le tort qui leur avait été fait ?
Avec surprise, il sentit la petite main de Heryn venir se glisser dans la sienne, tandis qu'elle levait un regard confiant sur lui. Elle était prête à affronter les conséquences de son acte, et du secret qu'elle avait gardé pendant si longtemps. Elle n'avait pas peur. Son autre main reposait avec légèreté sur le flanc de Rintrah, lui infusant par le lien calme et amour.

Maël s'approcha, l'air grave, et les entraîna un peu à l'écart, s'exprimant d'une voix sourde mais néanmoins ferme. Il n'était pas en colère, mais une vive contrariété perçait néanmoins dans sa voix. Pourquoi n'avait-elle rien dit ? Pourquoi surtout, ne LUI avait-elle rien dit ? Cacher la couvée de Rintrah, renier la confiance qu'il leur avait accordé, et faire entrer en cachette ces Aspirants inconnus … Comment allait-il bien pouvoir expliquer au peuple l'apparition de ces dragons, sortis de nulle part, au cœur même de la cité des sables ?

Heryn le laissa parler, restant silencieuse tandis que les iris céladon passaient alternativement de elle à son compagnon. Elle comprenait le dilemme du Fondateur tout comme elle savait qu'il comprenait le sien. Qu'aurait-elle pu faire d'autre après tout ? Partir et aller vivre dans le désert en paria, au risque de ne pas y survivre ? Le temps s'était étiré, et avait filé, bien trop vite. Elle n'avait jamais pensé que sa Reine se voit obligée de pondre ici … Elle aurait pensé que son retour au Màr Menel se ferait bien plus tôt … Quant à ces Aspirants, non, en effet, elle ne les connaissait pas, et deux d'entre eux venaient du Màr Tàralöm … Mais elle faisait confiance à Nalesean et Legundir quant à leur choix, et la preuve en était qu'ils étaient bien destinés à venir se lier en ce jour.

Coupant court aux réflexions profondes de sa Liée, Rintrah s'était redressée, les naseaux dilatées et le regard rougeoyant fixé sur Maël.

**Me dénierais-tu le droit de couver mes petits sur la terre natale de mes ancêtres, Torhil ? Ce droit qui est le mien par mon sang ?**

(A suivre ...)




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

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