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 [RP] Une nuit pour reconstruire Sujet suivant
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Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
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MessagePosté le: Mer 20 Aoû 2014 - 20:43 Répondre en citantRevenir en haut

* Début Flarmyaku 918 *


"Quand je pense qu'il n'y a pas si longtemps que cela tu me volais mon déjeuner..."

"Les restes de ton déjeuner! Tu t'étais suffisamment bien nourri pour ne pas souffrir de l'absence de ces restes...et j'en veux pour preuve de ton entière satiété la sieste que tu étais en train de faire."

"On aura tout vu!"

"Je réduis le gaspillage des autres à ma manière, voilà tout..."

"Tu sais Ñiniel, je suis très content que le destin nous ait permis de nous rencontrer..."

"Pour te permettre de m'abandonner à la première Sylve venue, en présence d'inconnus?..."

"Je savais parfaitement qui se trouvait dans cette Sylve, et même si je ne les connaissais que de vue, ces deux Chevaliers Célestes ne t'aidaient jamais laissée seule sans défense...mais je ne parlais pas de ça...j'ai été très content d'assister Persée dans ton Aspiranat...mais je sens qu'aujourd'hui tu n'es pas d'humeur à célébrer, je me trompe?"

"...je ne sais pas si j'en suis digne. Tout s'est passé si vite. Mon dos me fait encore souffrir que tout est déjà fini. J'ai l'impression d'enfin sortir de cette tornade et de pouvoir regarder en arrière, "accepter" ce qui s'est passé...je ne sais même pas si je suis très claire dans mes idées..."

"Accepter, accepter quoi Ñiniel?"

"Toutes ces informations que j'accumule depuis une Lune. Il me faut plus de temps pour réaliser tout ce qui m'est arrivé....alors je pourrai célébrer." Leur avait-elle dit en levant sa chope et trinquant tout de même avec ses deux compères.

~~~


En se réveillant ce matin-là, Ñiniel n'avait qu'une idée en tête : retourner aux Archives. Depuis l'attaque de Nidhhög qui les avait partiellement détruites, et sérieusement blessée l'Ondine, elle n'était pas revenue sur les lieux. Tout restait flou et confus dans ses souvenirs. Au milieu des amas de pierres, elle avait cru voir les ombres de ses compagnons d'infortune la regarder sans rien faire puis disparaître dans l'épais nuage de fumée que dégageaient les pierres détruites.

A la fin de la journée, elle serrait toujours les dents. Aucun d'eux ne lui était venu en aide en cet instant-là, et c'était finalement son co-aspirant, Luckor Mornelac, qui l'avait emmenée loin d'ici.
Ce même Luckor qui avait décidé de quitter le Kaerl Céleste peu de temps après, pour la plus grande peine de l'Ondine. Elle soupira et tenta de se délester de cette amertume qui lui brûlait la gorge et tordait son ventre toute la journée durant. Mais elle revenait de plus belle, refusant de la laisser oublier.

Après s'être passée de l'eau fraîche, un visage flou et éclairé par la flamme d’une lampe à huile se refléta dans le miroir. Les yeux brouillés, elle tenta de s'imaginer à la place de ceux qui l'avaient laissée dans les gravats. Qu'aurait-elle fait, elle, à leur place? La peur du Dragon de Drazahir aurait-elle supplanté le courage d'aller à leur secours?

Plongée dans la prunelle infinie de ses propres yeux, perdue dans ce fond insondable et cristallin, elle devait retourner là-bas, revivre l'événement, l'accepter et puis l'oublier. Il fallait avancer, elle ne pouvait rester ainsi à se ressasser un souvenir trouble et douloureux. Cette amertume la prenait toujours plus au ventre, devenait plus âpre et violente. Il fallait l'affronter pour s'en débarrasser.

L’Ondine se leva alors, décidée, et noua grossièrement ses cheveux en une épaisse tresse immaculée. Elle chaussa ensuite ses nouvelles bottes en cuir. Les sandales n'étaient plus adaptées au nouveau rang de Ñiniel qui pouvait dorénavant être amenée à combattre, bien que cela ne l’enchante guère. En tant que Chevalier, et grâce à Persée, elle avait dû apprendre quelques bases en combat mais répugnait toujours autant à ce nouveau devoir.

Mais plus que son devoir, elle pensait surtout à la crédibilité de son ancienne Maîtresse-Dragon. Elle ne pouvait décevoir Persée à qui elle devait tant et elle-même Ancalikon de son Màr. Que dirait-on si l'on apprenait que l'ancienne Aspirante de l'Ancalikon était incapable de se battre? L'Ondine avait une chose pour elle, l'agilité, et donc l'esquive. Ce qui en soi était déjà un bel avantage. Et puis, elle savait qu'elle n'avait eu le grand honneur d'assister à l'Empreinte qu'en raison des derniers événements. Elle était ici depuis peu de temps finalement, mais eut égard à l'implication dont les Aspirants Célestes ont tous fait preuve, il leur fut permis d'assister à l'éclosion de Ryntrah. Ñiniel ne se faisait pas encore à ce nouveau rang, acquis trop tôt à son goût; elle le savait, elle aurait toujours besoin du conseil de Persée, Vraël et Lyam.

C'est avec ce dernier d'ailleurs, qu'elle célébra la nouvelle dès que l'occasion se fut présentée. Reyn était aussi de la partie, et se présenta pour la première fois à Ñiniel sous sa forme bipède. A la fameuse auberge de son arrivée, Harald les avait accueillis avec sa bonhomie habituelle, et la soirée fut joyeuse. Et depuis leur discussion, l’Ondine ne pouvait s’enlever de la tête de retourner aux Archives.

~~~


Elle quitta donc ses quartiers une fois la journée passée, et partit l'air assuré, fier mais soucieux en direction des Archives.
Rànen veillerait sur sa petite Liée. Le Kalel'y s'était trouvé un instinct tout maternel depuis l'éclosion des sables, ce qui ravit l'Ondine qui avait quelque peu redouté la rencontre.

Dans les rues, la vie avait repris son cours, comme si de rien n'était. Seuls quelques murs nouveaux ou au contraire toujours en ruine témoignaient encore de la puissance de destruction qui s'était abattue en ce quartier.

A l'angle d'une rue, l'Ondine se stoppa. Elle se souvint du Dragon mourant qu'elle avait accompagné pour son dernier voyage, ici, à cet endroit précisément. Elle se souvint des cadavres jonchant le sol, attendant que l'on vienne les chercher pour qu'ils reposent enfin en paix. Elle se souvint de la vision d'horreur en voyant Niddhög se matérialiser et tout écraser sur son passage.

Elle continua d'avancer et sous ses yeux se découvrirent les Archives, fraîchement reconstruites après presqu'un mois. Quelques échafaudages prouvèrent que tout n'était pas encore terminé. En ce jour de repos les ouvriers n'étaient pas à l'œuvre, ce qui donna à Ñiniel le loisir de faire son "pèlerinage" comme bon l'entendait.
Elle escalada les échafaudages et pris de la hauteur pour contempler les Archives. Le soleil lentement se couchait, offrant à la jeune femme un spectacle écarlate et sanglant, étrangement serein et magnifique. Elle resta là quelques minutes, se réchauffa le visage de l'astre mourant, comme si du regard elle pouvait le soutenir dans sa descente vers les ténèbres. La nuit apparut alors rapidement, laissant Kishi accrocher ses étoiles sur l'écrin noir de la nuit. Les nuages n'étaient pas présents cette nuit-là, et la Lune d'Iolya éclairait de sa lumière mystique les rues du Kaerl Céleste.

Perchée sur les échafaudages bancals, Ñiniel avait presque fini par oublier ce pour quoi elle était venue jusqu’ici. Le spectacle se suffisait à lui-même, et le calme et la sérénité tant recherchés étaient enfin retrouvés. Appuyée contre une lourde poutre en bois, les pieds dans le vide, l’Ondine rêvassait et écoutait le silence mené par le vent nocturne.

C’est alors qu’un petit reflet vint lui chatouiller le regard. Parmi les décombres, quelque-chose était baigné de lumière lunaire, ce qui intrigua l’Ondine. Elle allait se redresser pour mieux observer le curieux objet luisant quand elle entendit des pas. Quelqu’un était en train d’arriver. La main fermement tenue au poteau, elle contrôla sa respiration et ne fit plus un geste jusqu’à ce qu’elle put identifier ce compagnon nocturne.
Une ombre apparut, semblant chercher au sol de menus larcins. L’ombre s’arrêtait, fouillait au sol puis repartait, et continuait son manège pendant quelques minutes.
Ñiniel, qui avait repéré le petit objet brillant, estimait qu’il lui revenait de droit et ne saurait tolérer qu’un concurrent lui prenne son dû. Lorsque l’intrus se trouva trop près de l’endroit de sa convoitise, elle décida d’intervenir, fit un bond et lui tomba dessus en quelques enjambées. Dans son élan, elle sentit toute la rage et l’amertume qui la submergeaient depuis trop longtemps enfin s’exprimer. Celui-là allait être l’exutoire qui lui faisait défaut.

Tous deux roulèrent au sol et mordirent la poussière, ce qui n’arrêta pas l’Ondine. Elle continua de lui sauter dessus pour récupérer les objets en le défaussant de son butin, mais son pied droit ne trouva que le vide. L’escalier, partiellement démoli et en train d’être réhabilité, ressemblait actuellement un trou béant dans lequel Ñiniel venait de tomber. D’instinct, elle se raccrocha à l’inconnu qui la suivit dans sa chute, se retrouvant tous deux au fin fond d’une sombre salle, sans lumière.

Il n’y avait bientôt plus un bruit. L’Ondine tenta de garder son calme dans ce silence inquiétant. Elle avait lâché le chapardeur et ne savait où celui-ci se trouvait maintenant. Dans l’obscurité, ses sens étaient décuplés, prêts à repérer la moindre trace de vie. Un horrible doute l’assaillit soudainement : et si elle l’avait blessé ?




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MessagePosté le: Mer 20 Aoû 2014 - 20:43 Revenir en haut

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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Dim 24 Aoû 2014 - 10:18 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya s'était également installé sur un échafaudage. À l'origine, iel s'y était assis, les pieds dans le vide, son livre sur les genoux. Puis iel avait voulu s'adosser. Iel avait abandonné l'idée des jambes dans le vide, et avait appuyé son dos. Puis iel en avait eu assez, et s'était allongé sur le côté, son livre devant lui. Iel était, peut-être, deux échafaudages plus bas que Ñiniel. Iel avait un petit lumiglobe avec lui, vilement emprunté au coeur des archives. Cette aile-là était moins éclairée, bizarrement. En arrivant ici, à la recherche d'un livre sur les soins liés aux dragons, cela avait d'ailleurs surpris mon neishaan. Quand son maitre lui avait donné cours dans une superbe salle encombrée d'étalages de livres soigneusement conservés, ordonnés, avec moult lumiglobes et tables de travail, cette aile-ci était... Différente. En s'y aventurant, iel avait ressenti comme un courant d'air froid qui se glissait sous ses habits, et sur sa nuque. L'endroit était étrangement vide, faiblement éclairé. Les livres avaient été rangés à la va-vite, comme avant un départ précipité. En avançant au milieu des alignements de livres, Meccaya avait dû reconnaitre que c'était bien la première fois qu'iel se sentait mal à l'aise en leur présence. C'est-à-dire qu'il n'était pas très rassurant d'avoir à la fois un fort sentiment de solitude et d'abandon, associé à au sentiment de présence. Finalement, iel avait trouvé l'origine de tout cela: les échafaudages, dans un coin, et le trou dans le mur. Etait-ce lié aux attaques que son maitre avait jadis brièvement évoquées ? Ou juste à la guerre ? Pourvu que seul le mur ait été endommagé, et non pas les livres...

Sur ces réflexions, iel avait finalement fini par trouver son livre. Enfin, un qui l'intéressait. Pas bien épais. Iel avait alors songé que peu de temps suffirait à le lire en entier. Inutile, alors, d'aller dans les spires, grimper les étages, s'installer, pour ensuite revenir chercher autre chose. Non... Iel allait lire ici. Enfin, peut-être pas ici même, l'ambiance était trop troublante. Iel avait sa chaise fétiche dans un autre coin des archives, iel serait fort bien là-bas.
C'était sans compter sur une troupe de valeureux aspirants, ou plutôt garnements,qui, au bout d'une heure, décidèrent que les archives étaient le lieu idéal pour passer leur soirée. Ils étaient bruyants, sans-gêne, avec un rire fort. Oh, bien sûr, quelques lecteurs leurs demandèrent de baisser d'un ton, et cela eut pour effet de les amener à se rapprocher du coin où mon malheureux aspirant tentait de lire. Iel tint bon les cinq premières minutes. Puis les voix le gênèrent de plus en plus. Iel lisait sans plus comprendre, alors que le groupe de jeunes gens s'extasiait sur quelques lignes érotiques d'un roman assez épais. En faisant appel à toute sa patience et tout son amour d'autrui, iel tint bon un moment... Iel changea de place une fois, deux fois... Puis dut se rendre à l'évidence: il allait falloir aller plus loin. Iel avait alors emprunté le lumiglobe et, coup de folie, brusque envie d'aventure, était allé vers les échafaudages, où iel était sûr d'avoir la paix. Iel ne se hissa pas trop haut, néanmoins. Courageux, mais pas téméraire.

M'enfin cela n'expliquait pas comment iel s'était retrouvé dans cette position fantaisiste, les pieds appuyés sur un des "barreaux" de l'échafaudage, mais plus hauts que sa propre tête, posée au sol, avec un lumiglobe juste derrière lui, contre le mur, et le livre posé sur son ventre. Iel tenait bon. C'étaient les dernières lignes. Ses yeux commençaient un peu à souffrir, néanmoins. Iel changea de position, ramenant ses jambes vers lui, s'appuyant sur une de ses épaules. Quelques minutes plus tard, iel avait fini. Alors seulement iel leva le nez de son livre et constata qu'il était nuit. Oups. Pourvu que l'heure ne soit pas trop avancée, sans quoi iel n'allait pas être opérationnel pour son cours avec Maitre Lukas, et ce serait une offense à ce dernier !
Meccaya voulut alors se relever, sans perdre de temps. Iel était trop tard pour lambiner. Dommage, l'ambiance d'un Màr Menel par une nuit de printemps plaisait beaucoup à ce grand rêveur, qui aurait apprécié une balade au clair de lune, comme dans les romans. Pas de but particulier, pas de recherche d'aventure, iel aurait juste voulu profiter de l'atmosphère, s'identifier à ses héros favoris, les risques en moins... Que disais-je, à la base ? Ah, oui ! Iel voulut se relever. Sa main dérapa, iel manqua de tomber dans le vide la tête la première. Les dieux soient loués, iel avait assez de réflexes de son autre bras pour se redresser. Néanmoins, il y eut un souci.

*cling !*


Iel n'aimait pas ce bruit. Métal sur surface dure. Que pouvait-iel avoir fait tomber ? Iel n'avait pas beaucoup de métal sur lui. À part peut-être... Sa main se porta au niveau de sa gorge. Son pendentif ! Iel avait passé sa lecture à jouer négligemment avec, le poser sur son ventre, sa tête, emmêler le fil... Iel l'avait fait tomber. Mais quel idiot ! Un bref coup d'oeil en contrebas. Pas moyen de le voir d'ici... Ah, si, là, une tache brillante ! Meccaya descendit prudemment de son échafaudage. Sans prendre le lumiglobe -bah non, iel n'en avait pas pour longtemps- mais avec son livre en main. Quoi ? Ne me regardez pas comme ça ! C'est la logique de Meccaya, je n'y peux rien ! Bref, iel descendit, et commença à tâter les cailloux, à la recherche de celui qui aurait été son pendentif.

Tout se passa très vite. Le choc, contre lui, aussi soudain qu'imprévu. Meccaya et sa frêle silhouette n'opposèrent aucune résistance. Iel sentit la douleur sur toute la partie de son dos qui rencontra la pierre des décombres qui jonchaient le sol. Un peu sonné, iel n'eut pas le loisir de la réflexion. Aussi quand iel sentit qu'on en voulait à son collier, de nouveau fraichement juché dans le creux de sa main, iel réagit bêtement: en tapant la personne en face de lui. C'étaient de vrais coups, qu'iel n'aurait pas donné dans une autre situation. Tout était flou, iel voyait tout juste la silhouette au-travers de la douleur. Pourtant iel savait où frapper. Bizarrement. Bref, un instant son monde ne fut que douleur, violence et ombres, avec ce poing fermé sur le pendentif, comme si sa vie en dépendait.
Tout aussi brusquement et sans plus prévenir, l'autre glissa. Où ? Iel ne savait pas. Iel entendit juste les pierres rouler, et vit l'ombre tomber. Iel n'eut pas le temps de se sentir soulagé. L'ombre l'avait attrapé, et le tirait avec elle ! Meccaya eut un cri de douleur autant que de surprise. Par chance, iel put se retenir un moment. Cela fit qu'iel tomba presque sur ses pieds. Presque. Déséquilibré à l'arrivée, iel roula par terre, et découvrit ainsi qu'ici aussi le sol était encombré de décombres.
Iel jura. Puis, hâtivement, iel se leva, sans se soucier des multiples douleurs qui le lançaient. Iel tendit l'oreille. Où était son agresseur ? Pas moyen de le voir, dans ce noir de poix. Enfin, il y avait bien un croissant de lumière, qui éclairait une maigre portion de la pièce, et révélait un passage creusé dans la pierre qui avait dû jadis accueillir une porte. C'était calme, trop calme. Pas même une pierre pour rouler, un écho pour l'éclairer. En théorie, ç'aurait dû être rassurant: ce silence pouvait bien être la preuve que son agresseur s'était brisé la nuque en tombant. Mais Meccaya n'était pas du genre à imaginer les morts des gens, encore moins à s'en réjouir. Pour lui, l'agresseur était vivant... Restait à savoir où. Et c'était là la question qui l'angoissait le plus. Iel pouvait être n'importe où, tapi dans l'ombre, à le guetter. Iel tut sa propre respiration et tendit l'oreille.
L'Autre était là.

Dans ce silence de plomb, il lui semblait entendre son propre coeur battre. Iel n'arrivait pas à savoir d'où venait ce souffle. Sa propre main se porta sur la partie de son corps la plus douloureuse: son bras. Le tissu en était déchiré, le sang avait coulé. Mais ces informations-là, iel n'eut pas le temps de les assimiler. Poussé par un instinct un peu ridicule, iel avait reculé. Et là, sa chair avait rencontré de la chair.
Le neishaan poussa un cri de stupeur, bref, avant de se retourner, en s'écartant de la personne. Mû par sa peur, iel ne pouvait plus réfléchir. Iel asséna un coup de livre à son adversaire. Bon, soyons un peu réalistes: au vu de l'épaisseur du bouquin et de la force de Meccaya, le coup pouvait difficilement faire très mal. De plus, l'androgyne étant ce qu'iel était, une partie de lui hurla d'horreur devant tant de violence. Cette partie-là le poussa à reculer immédiatement après avoir porté son coup. Iel était désormais dans le croissant de lumière. On pouvait alors le distinguer, lui, ses traits fins, ce tas de cheveux d'un blanc lunaire sur sa tête, son livre, sa tunique déchirée, son attitude de proie et ce regard qui oscillait entre la détermination, l'envie de s'en sortir, et la crainte.

"- Laissez-moi ! Il n'a pas de valeur, ce collier !"

Siffla-t-iel, avec une colère contenue. Les cours donnés par son maitre défilaient à toute allure dans son esprit. Ca serait une occasion comme une autre de mesurer ses compétences à quelqu'un d'autre ! Mais iel n'aimait pas cela. Iel voulait juste que l'Autre cesse, et qu'ils réfléchissent plutôt à une façon de sortir de là...
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 - 08:19 Répondre en citantRevenir en haut

L'Ombre l'enveloppait et la protégeait. Cet inconnu était très certainement lui aussi à l’affût, et leurs sens exacerbés restaient frustrés de ne pouvoir découvrir un seul élément pouvant les aider à détecter la présence de l’autre.

Les jambes pliées, les mains tendues vers l’avant, Ñiniel était prête à réagir promptement au moindre contact. Tel un félin, elle savait se rendre silencieuse ; malheureusement, l’inconnu aussi savait faire preuve de discrétion, et elle ne put prévoir que ceux-ci se rencontreraient de dos. Ñiniel ne parvint pas à contenir sa surprise lorsque leur deux corps se touchèrent, ce qui la fit sursauter.
Elle n’eut pas le temps de réagir qu’elle se prit un coup sur la tête par un objet contondant, certes mou et peu violent.
La main portée immédiatement sur la tête, elle poussa un cri.

"Hey !"

Les yeux de l’Ondine brillaient de colère. Ce coup était inattendu, et elle s’était fait prendre par surprise, ce qui avait l’heur de la rendre furieuse. Ñiniel aimait observer et prévoir, et sans le contrôle de la situation, elle perdait toute contenance.
Elle allait lui sauter dessus une nouvelle fois pour tenter de l’immobiliser, mais à la faveur d’un rayon lunaire, elle l’aperçut.

Le regard du jeune homme apeuré et cherchant avec acharnement sa présence arrivèrent à l'attendrir. Il y avait une sorte de fragilité dans son visage qui emplit l'Ondine de bienveillance. Une personne à l'air si innocent avait du être la victime de bien de personnes mal intentionnées. Cela la replongea quelques années en arrière, lorsqu'elle-même passait sa vie à rêver d'ailleurs.
Instinctivement, elle se sentit l'âme d'une grande sœur protectrice à son égard. Certaines personnes avaient cette grande capacité innée à dégager de grands élans de sympathie chez les autres. Celui-ci en faisait partie. Oubliant le coup, sa colère se dissipa aussitôt, mais pas sa gêne d’avoir eu un tel comportement indigne d’elle.

Fatiguée, elle se laissa glisser au sol aidée de ses mains appuyées contre le mur. Dans l'obscurité, elle soupira et passa la main dans ses longs cheveux, tout en prenant garde de ne pas frôler ses boucles d'oreille ni son pendentif dont le tintement métallique l'aurait faite repérer.
Qu'est-ce qui lui avait pris de s'en prendre à un jeunot pareil? Les événements passés l'avaient rendue fébrile et Ñiniel ne se reconnaissait plus. Elle aurait voulu rester dans l'invisibilité obscure et faire comme si tout ceci ne s'était jamais passé.

"Je n'aurais pas du t'assaillir, je suis désolée...mais que fais-tu dehors malgré le couvre-feu?"

Ñiniel tiqua lorsqu'elle prononça ces mots; décidément, elle était devenue incapable de s'excuser purement et simplement. Il fallait toujours qu'elle renverse la situation à son avantage. Sans lui laisser le temps de répondre, et comme pour réparer ces paroles sorties trop vite, elle enchaîna.

"Je m'appelle Ñiniel... Ñiniel Iserimir. Et toi, tu sembles être un tout nouvel Aspirant. Je ne t'ai jamais croisé auparavant...qui est le Maître que tu sers?"

Elle-même n'avait aucune envie de se présenter en tant que Chevalier-Dragon. Elle ne réalisait pas encore toute la teneur de ce nouveau titre et ne se considérait absolument pas comme telle. Il lui faudrait encore un peu de temps pour cela, et sa Liée saurait lui apporter la force nécessaire à ce nouveau rôle.
La jeune Chevalière passait beaucoup de temps avec Vahi’Nearii et le Lien se renforçait chaque jour un peu plus. La maturité de la jeune Dorée impressionnait l’Ondine : elle était fille de Rintrah, et Vahi’Nearii se montrait digne de sa Mère. Même Rànen était sous le charme.

Elle se décida de le rejoindre sous la lumière de la Lune pour se dévoiler à lui, offrant ainsi à la Noire-Pierre tout l’éclat de son astre. Seul le sol foulé par leur pas se fit entendre dans l’obscurité silencieuse. Dans ce silence de Nuit, il y avait quelque chose de magique ; on aurait pu s’y sentir seul et glacé, mais cette Nuit aux étoiles les couvrait d’un voile protecteur et chaleureux. Qu’elle était rassurante cette Nuit !

Elle aperçut alors que le jeune Aspirant se tenait le bras. Ñiniel réalisa alors toute la sauvagerie dont elle avait fait preuve et sentit ses joues s'empourprer. Elle ne fit pourtant rien pour le cacher tant elle avait honte de son comportement.

Elle n'avait pas pris ses petites fioles de secours ce soir-là: qui aurait pu penser qu'elle en aurait eu besoin?

"Je..."

Elle pensa à sa toxine, et tandis qu’elle songeait à s’en servir, elle sentit ses doigts se raidir, prêts à laisser s’écouler le précieux liquide. L’Ondine n’utilisait que très rarement sa toxine pure : elle préférait la distiller dans ses flacons, la mélanger aux plantes médicinales et en transformer les effets. Cela lui permettait d’en mesurer précisément les dosages et d’éviter tout risque. Elle restait fascinée par les multiples possibilités qu’elle pouvait offrir : anesthésiant puissant ou simple anti-douleur, antiseptique efficace ou encore redoutable décongestionnant. Mais face à la situation présente, coupable de son comportement, il lui était évident qu’il fallait se racheter.

"Si tu as mal, je peux enrayer la douleur…cela ne te soignera pas, mais ce serait plus supportable…"

Elle savait ce qu’elle devait faire : y aller petit à petit, ne pas risque d’engourdir le bras entier. Personne ne lui avait jamais vraiment appris à se servir de son sang Ondin. Petite, son père et sa tante ne la jugeaient certainement pas digne d’un tel intérêt. Nòndilë, en revanche, lui avait montré qu’elle pouvait le mélanger à d’autres remèdes curatifs pour en renforcer quelques propriétés, ou en atténuer d’autres. Mais avec l’apprentissage de la maîtrise de l’eau parmi le peuple du Pic aux Tigres, Ñiniel avait du rester concentrée sur le pouvoir aquatique aux dépends du pouvoir ondin.

Malgré cela, le jeune Aspirant ne craignait pas grand-chose. Ñiniel n’était pas assez puissante pour être dangereuse, ce qui paradoxalement la rassurait plutôt. Elle ne souhaitait pas blesser, et était heureuse de savoir qu’elle ne le pourrait pas avec son sang ondin.

"Je ne savais pas que ce collier était tien. J’espère qu’il ne s’est pas abîmé dans…notre chute ?"




Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 1 Oct 2014 - 19:49 Répondre en citantRevenir en haut

Face au noir et au léger écho de sa voix, iel s'était senti seul. Seul avec ses angoisses. Plus le silence durait, plus la présence de l'Autre lui paraissait s'intensifier. Iel crut entendre quelques sons, comme un déplacement glissé... Meccaya cessa de respirer. Aux aguets. Iel regardait autour de lui... Iel manqua de sursauter quand soudain une voix se fit entendre.
Le couvre-feu ? Sérieusement ? Il y avait des gens pour respecter cette... Chose ? Les gardes même qui s'en chargeaient ne prenaient pas leur tâche au sérieux. Meccaya était un oiseau de nuit, il n'aurait su se montrer respectueux de cette règle. Iel fronça un sourcil.

La voix ne ressemblait pas à une voix de MAASCF. Monstrueux Agresseur Assoiffé de Sang et Chair Fraîche. Cela eut pour effet de figer Meccaya. Oui, iel était surpris. Que quelqu'un qui s'était ainsi jeté sur lui, qu'iel avait dû frapper, qui s'en était pris à un pauvre collier innocent, puisse au final lui parler aussi gentiment. Est-ce que cette jeune femme avait un don inné pour le mensonge, et s'apprêtait à le frapper à nouveau au moment où iel s'y attendraient le moins ? Iel peinait à être rassuré par un ton pourtant si doux, des mots paisibles. Trop souvent on lui avait fait ce coup-là. Iel ne connaissait pas cette jeune femme, iel était encore trop neuf ici pour juger qui que ce soit. Iel était à sa merci, malgré tous ses jolis mots. Mais puisque la voix voulait discuter, et qu'iel n'avait rien fait de mal, iel lui offrit la vérité, d'une voix un peu plus grave qu'à son habitude, à cause de la retenue qu'iel avait. C'était comme si les mots essayaient de reculer dans sa gorge pour s'y cacher.

"- Je lisais..."

Le neishaan l'avait plus ou moins localisée, lorsqu'elle s'avança dans la lumière. Oui, c'était bien elle qui l'avait agressé. Bien que ses souvenirs quant à ce moment soient très flous, Meccaya reconnut en elle les traits de la silhouette qu'iel avait frappée. La nuit, tous les chats sont gris, et mon androgyne peina à estimer la race de son agresseuse. Neishaane, ondine ? Dans les deux cas, iel avait des a-priori plutôt positifs. Mais ils ne parvenaient pas à compenser l'appréhension qu'iel éprouvait. Elle ne paraissait pas armée, ni vêtue comme une dame d'armes, ou une bandit. Elle semblait porter des runes sur ses bras. La magie était une arme, mieux valait rester méfiant, encore. Et si le nom qu'elle venait de lui divulguer n'était qu'un nom d'emprunt ?

"- Erebus Lukas, et son Lié Eidolon. Cela va bientôt faire un mois que je suis ici..."

Mais quel niais. Elle pouvait lui mentir à outrance, elle pouvait l'enlever sur l'heure et réclamer une rançon à son maitre, et lui, iel lui en donnait le nom ! Ne voulait-elle pas en plus celui de ses parents ? En tout cas, iel n'avait pas donné le sien. C'était un bon début. Peut-être qu'un jour iel apprendrait la prudence de façon convenable, et se protègerait de situations qu'iel ne savait gérer.
Iel suivit son regard. Son bras, qui le lançait… Iel retira sa main, et remarqua enfin le sang qui avait coulé. Sa main en était un peu poisseuse. Ah. Ceci expliquait cela. Et naturellement, iel n'avait rien pour nettoyer cela. Iel avait vraiment tout loupé, ce soir. Comment diable faisait-iel pour se mettre dans des pétrins pareils... En lisant ? L'imbécile qui dit un jour que celui qui lit ne profite pas du monde n'a jamais vécu la vie d'un Meccaya.
Et voilà qu'elle lui proposait de le soigner ! Elle qui ne paraissait pas plus équipée que lui... Meccaya plissa les yeux pour la regarder plus attentivement. Dans son esprit, la déduction était déjà toute faite: Ondine. Toxine. En le touchant, elle pouvait le tuer. Iel ne pourrait témoigner, il n'y aurait pas de souci. Meccaya se mordit discrètement la lèvre. Pas rassuré du tout. Iel expliqua avec toute l'hypocrisie qu'iel pouvait trouver en lui, et trop de calme pour que cela soit vraiment naturel:

"- Vous êtes Ondine, n'est-ce pas ? Quelle chance... Je vous remercie. Je pense pouvoir m'occuper de ma blessure seul. Soigner est... Ce à quoi je me destinais, avant d'arriver ici."

La vérité, rien que la vérité. Iel jalousait cette toxine que son agresseuse avait, et pas lui. Iel en aurait fait un bien meilleur usage, assurément ! Ce monde ne connaissait donc pas la justice. Ou alors, le bonhomme aux commandes du service d'attribution des races n'était pas dégourdi. Ou les deux.
Elle lui parla du collier et prétexta n'avoir pas su qu'il était sien. Meccaya n'y crut pas une seule seconde. Elle s'était jetée sur lui, tout de même ! Sans bonjour ni excusez-moi ni rien ! Pas même une question ! Elle savait pertinemment qu'il était à lui, mais voulait se l'approprier. Iel passa un petit peu trop vite le collier autour de son cou, à nouveau. C'était un pendentif, simple, un caducée à ailes reptiliennes.

"- Ce pendentif me vient de mes ancêtres. C'est tout ce qui me rattache à ma famille, désormais."

Iel ne s'apitoyait pas sur son sort, constatait juste. Mais... Pourquoi lui racontait-iel cela ? Elle s'en moquait !

"- Il faut que nous sortions d'ici. J'ignore comment nous pouvons faire... Le mur a l'air bien haut, et..." se retournant à moitié, iel distingua enfin le passage qui avait dû jadis accueillir une porte, qui était désormais un long couloir, sombre. "Que diriez-vous de passer devant et aller explorer par ici ? Je ne connais pas du tout cette partie des archives. Vous avez l'air d'être ici depuis plus longtemps que moi..."
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2014 - 22:30 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel écouta le jeune homme avec plaisir et avec un sourire non dissimulé. Elle semblait ne pas le mettre à l'aise du tout, ce qui eut le don de l'amuser beaucoup.
Elle s'imaginait l'effrayer un peu dans les Archives, lui raconter des histoires horribles, partir en courant et le laisser seul quelques instants, prétexter un malaise....les idées fourmillaient aussi vite qu'une Nuée de Dragons dans l'Interstice.

Qu'importait au final le pendentif. Elle préféra ne plus en parler, craignant qu'il ne la soupçonne de convoitise quant à l'objet. Ñiniel ne comprenait que trop bien l'attachement à un tel objet, surtout s'il est familial!

La dernière phrase prononcée par le jeune homme la fit partir dans un éclat de rire cristallin. Finalement, elle n'était pas plus ancienne que lui.

"Et bien non,...."

Elle se stoppa un instant et tenta de se rappeler le nom de l'Aspirant, mais rien ne lui vint. Peut-être ne l'avait-il pas donné?

"...Aspirant d'Erebus Lukas,..." Lui dit-elle d'un air interrogateur. S'il ne lui donnait pas bientôt son nom, elle de promit de lui en trouver un.

" Je suis arrivée pratiquement en même temps que toi. Je ne connais pas aussi bien les lieux que tu sembles le croire...mais j'ai à cœur de voir ces Archives reconstruites car j'étais présente lorsque Niddhög à attaqué le Kaerl Céleste et détruit les Archives. Ces ruines sont devenues symboliques: telles des blessures de guerre, il est temps de les soigner pour passer à autre chose...."

Cette rencontre était finalement parfaite : rien de tel que la nouveauté pour faire table rase de l'ancien. Il était la fraîcheur, l'interruption qu'elle recherchait. Lui ne bouleverserait pas sa vie à coup de rebondissements sur lesquels elle n'avait aucune emprise. Peut-être même que ce serait elle qui apporterait quelque chose à la sienne et inverserait ainsi les rôles. D'un geste de la main, elle mît un terme au sujet.

"...mais je m'égare! Je passe devant donc!"

Face à la défiance de l'Aspirant, elle n'avait de toute façon pas le choix si elle souhaitait ne pas s'attendre à un second coup sur la tête.

Elle commença donc à s'aventurer dans le couloir sombre, unique échappatoire de la partie des Archives dans laquelle ils étaient tombés. La toute nouvelle Chevalière tenta de faire la discussion tandis qu'ils avançaient à pas de loup dans un noir total et glacial.

"Erebus Lukas dis-tu? Je connais ton Maître-Dragon de nom...je ne saurai te dire à quelle occasion...lors d'un entraînement avec ma Maîtresse-Dragon, peut-être l'ai-je croisé...."

Il y avait tant de visages à rencontrer et autant de noms à retenir qu'elle était incapable de situer clairement ce souvenir imprécis. Était-ce si important au fond? Un visage, un nom....elle se sentait beaucoup plus proche d'un échange verbal ou d'un ressenti que d'un faciès que le temps altère, ou d'un prénom non choisi.

"...mais je pense que nous saurions nous entendre : il me semblait déceler chez lui l'esprit cartésien de ceux qui abhorrent les jugements hâtifs ..."

Elle voulait pour preuve de cette hypothétique entente sa propre réaction après l'Empreinte. Il lui avait été difficile de juger la situation en toute objectivité. Elle n'était pas présente lors des faits, et maintenant elle devait se faire l'alliée d'un camp qu'elle ne connaissait pas. Devait-elle entrer dans ce camp?
Mais Ñiniel supportait encore moins l'indécision, et elle prit son parti, estimant qu'il serait toujours temps de faire marche arrière ultérieurement.

"Ce doit être mon côté Ondin..." conclu-t-elle sans grande conviction. Ses cheveux blancs prêtaient parfois à confusion, et Ñiniel n'était pas vraiment sûre d'avoir déjà eu de la chance d'être ondine. Elle aimait des cheveux blancs; ils ne la trahissaient pas, ce n'était pas eux qui dénonçaient son appartenance au peuple ondin. Pour leur discrétion, elle avait et éprouvait toujours beaucoup de reconnaissance en prenant soin d'eux.

"Pourquoi est-ce une chance selon toi? Nous avons tous nos particularités...les Neishaans ont, dit-on, une érudition sans pareille et leurs chants sont "particulièrement" envoûtants par exemple..."

Elle simula l'ignorance, de peur que son interlocuteur ne se méfie encore plus. Mais la Chevalière ne pouvait se tromper quant à l'appartenance du jeune homme, elle était sûre qu'il était Neishaan.

"Quant à moi, rien n'est inné. J'apprends beaucoup aux côtés du Guérisseur du Kaerl Céleste, mais je n'utilise que très peu ma toxine de manière "directe" dirons-nous. Je préfère la mélanger à d'autres ingrédients pour en faire des potions et autres remèdes. Je n'ai nullement besoin d'être ondine pour cela vois-tu?" lui dit-elle d'un ton rassurant, avant de se taire quelques instants pour le laisser réfléchir sur ses dernières paroles.

Au bout de quelques pas, Ñiniel s'arrêta, perplexe et hésitante. Il faisait vraiment sombre, et il lui était impossible de savoir où son prochain pas l'entraînerait. Elle se tourna vers son jeune compagnon.

"Ce n'est peut-être pas une bonne idée...à moins d'attendre le lever du soleil, je crains qu'il nous faille trouver une autre solution..."

Que pouvaient-ils faire? Pouvaient-ils ressortir par là où ils étaient arrivés? Elle retourna sur ses pas et arpenta la paroi de pierre déchirée et éventrée. Il y avait quelques prises sur lesquelles ils pourraient peut-être s'appuyer pour grimper. La hauteur n'était pas vertigineuse mais il serait préférable d'éviter une seconde chute.

Elle se souvint soudainement que le jeune Aspirant avait un bras temporairement invalide: il lui était impossible de grimper. Ñiniel fit la moue.

"Il nous reste une solution...."

Elle leva un sourcil joueur vers le Neishaan.

"Me fais-tu confiance?" Lui demanda-t-elle, amusée. Son regard lucide et malicieux se planta sur le jeune homme. Elle savait qu'il lui serait difficile de lui répondre affirmativement sans mentir, mais elle n'en avait cure: la confiance s'installe avec le temps, et parfois il fallait plus de temps à certaines personnes qu'à d'autres. Cela ne l'empêcherait pas de les faire sortir de là, qu'il le veuille ou non.

Le sourire de Ñiniel se fit plus discret, comme s'il souhaitait rendre un peu de sérieux à la situation. Il était temps pour elle de retourner la situation : si elle avait joué le jeu avec un certain amusement, son tour était passé. C'était maintenant au tour de son acolyte de rentrer dans la danse.

"D'ailleurs, puis-je moi te faire confiance?"

Ñiniel amenait subtilement son compagnon nocturne là où elle le souhaitait. Si cette mission confiée pouvait être menée par tant de moyens variés, elle n'avait aucun caractère confidentiel, au contraire. Mais avant de quitter les profondeurs, et de voir leur chemin se séparer à la lueur de la Lune, l'Ondine décida d'engager la conversation sur un thème bien précis.

"J'ai besoin de ton aide....non pas pour nous sortir de là, mais pour répandre une nouvelle...qu'importe finalement ton avis sur ce que j'ai à annoncer, l'essentiel est que tu le propages....."

Avant de lancer tout azimut ce qu'elle avait appris, la jeune Chevalière souhaitait estimer le niveau d'information du jeune Aspirant. Elle serait ainsi plus à même de juger ce qui serait utile ou non de lui apprendre. Qui plus est, elle espérait capter son attention et susciter son intérêt avant d'en dire plus. Ñiniel voulait le savoir acquis à sa cause avant de prendre la peine d'en dévoiler davantage.

"As-tu déjà entendu parler d'Heryn Amlug, la Dame Déchue du Mar Menel?"




Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 17 Oct 2014 - 15:07 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya resta de marbre devant le rire de la demoiselle. À ses yeux, cela sonnait comme un rire machiavélique. Mais peut-être commençait-iel à avoir un peu peur de tout et rien. Dans les circonstances actuelles, néanmoins, ce n'était pas la peur qui l'emportait, mais la perplexité. Qu'avait-iel pu dire de si risible ? La réponse ne fit qu'apporter d'autres questions. Attendez, n'avait-elle pas dit ou insinué peu avant qu'elle était en ces lieux plus expérimentée que lui ? L'androgyne fronça imperceptiblement les sourcils, écoutant ce que la jeune femme avait à dire. Les archives, détruites, Niddhög... Si le nom ne lui disait rien, les événements, eux, lui parlaient. Les liens se faisaient petit à petit dans son esprit. Oui, l'Ondine devait avoir quelques semaines de plus d'expérience, tout au plus...
Elle le sortit brusquement de ses pensées, pour aller de l'avant. Sans rien avoir ajouté, iel la suivit, laissant tout de même une distance de sécurité entre eux. Une main sur le mur, une main en avant, au cas où la belle revenait avec l'idée de l'étrangler... Ou juste au cas où elle s'arrêtait, pour éviter un contact trop brutal avec elle. Bientôt, ils furent cernés par le noir comme un brouillard épais, presque palpable. Les mots de la jeune femme aux blancs cheveux résonnaient contre les parois, et Meccaya devait tendre l'oreille pour bien en saisir le sens. Et comme cela brossait son maitre dans le sens du poil, iel se sentit l'obligation de surenchérir:

"- Maitre Lukas est quelqu'un de pragmatique, et méticuleux dans ses raisonnements. J'ai beaucoup de chance de l'avoir pour maitre. Nous partageons les mêmes craintes épistémologiques, les mêmes valeurs au sujet des êtres vivants. Quoi qu'en en dise, cela reste plus agréable, pour un apprentissage."

Iel n'osa confirmer que, croyant les critères que l'ondine énonçait, ils ne pouvaient en effet que bien s'entendre. Cela aurait signifié, par transitivité, qu'elle pouvait également bien s'entendre avec lui. Au vu de leurs débuts... Disons. Houleux. Iel n'avait pas vraiment envie de passer beaucoup de temps avec elle, quand bien même elle était sans doute pleine de qualités. Iel tenait à ce qui lui restait de bras.
Quand la jeune femme parla des neishaans, Meccaya avait déjà admis qu'elle savait à quelle race iel appartenait. Rares étaient ceux qui se trompaient à son sujet, et lui-même ne faisait aucun effort pour induire le doute dans l'esprit des gens. Iel n'y voyait aucune utilité, pour l'instant. Au mieux, cela lui aurait offert l'amitié des ondins, et iel arrivait fort bien à l'obtenir sans passer par des subterfuges visuels. Non, lui, ce qu'iel aurait apprécié, ç'aurait été d'être neishaan, avec la toxine au bout des doigts. Plus vicieux, certes, mais bien plus en accord avec ce qu'iel était. Iel se souvint d'un jour où, se saisissant d'une boule de neige, iel avait montré à son frère son hypothèse sur la naissance des neishaans. Ils auraient tous été de petites boules de neige, à qui l'on offrait de la voix. Et chaque boule de neige était une tête, et chaque tête allait sur un corps de neige. Et comme iel faisait cela, son regard s'était alors tourné vers l'étang, gelé. Se pouvait-il que certains neishaans soient une boule de neige posée sur une étendue d'eau ? Des Neishondins ?
Un soupir las se faufila entre les lèvres de Meccaya, avant qu'iel puisse le retenir. Mh. Iel s'était encore surpris à rêver. Écoutant à nouveau sa guide, iel crut comprendre quelque chose qui l'intéressait fortement:

"- Le Guérisseur du Kaerl ? Nalesean de Daleneÿs ? Vous en êtes l'élève ?"

Si tel était le cas, cette petite allait se montrer plus intéressante qu'une simple voleuse. Peut-être pourrait-iel négocier une petite place en tant qu'élève du Guérisseur. Iel n'avait pas encore osé, mais "faire les yeux doux à Nalesean" était dans la liste des choses qu'iel devait faire dès que l'occasion se présentait. La légendaire timidité de Meccaya n'hésitait pas, néanmoins, à lui rappeler que son aspiranat risquait de prendre assez de temps pour qu'il n'y ait pas d'urgence. Son ambition, elle, le poussait à agir au plus vite. Au final, iel restait à se ronger les ongles, anxieux, n'osant aborder ce brave homme, mais le désirant de tout son petit coeur.
À nouveau songeur, iel eut de la chance d'avoir une main tendue devant lui, sans quoi l'absence du son des pas de sa guide ne l'aurait pas frappé, et iel l'aurait bousculé de manière fort peu cavalière. Au lieu de cela iel se contenta de lui frôler le dos, ce qui, à ses yeux, était déjà bien dévergondé. Iel ramena vite sa main à lui. Iel la laissa passer, sur le chemin du retour, et la suivit. Peut-être avait-elle raison: de jour, il y aurait bien du monde pour passer par ici, des gens autres que des voleurs et des lecteurs. Revenu dans le cercle de lumière lunaire, iel observa sa camarade, laquelle semblait avoir quelque idée plus ou moins morale derrière la tête. Ce n'était pas pour le rassurer. À nouveau, Meccaya massa son bras molesté. Iel se tenait à une bonne distance d'elle, un peu prostré, son livre dans son autre main. Aussi à la première question de l'ondine, iel était heureux qu'elle ne lise pas dans les pensées. Sans quoi elle aurait entendu un NON clair, concis, efficace, direct et franc. Néanmoins, désireux de sortir de ce trou à rats, le neishaan ne pouvait décemment pas lui dire la vérité. Seul, iel n'arriverait à rien. Il fallait l'admettre: l'ondine était en position de force.
Meccaya fit de son mieux pour ne rien laisser paraitre de ses véritables pensées.

"- Ai-je vraiment le choix ? Je ne peux que vous faire confiance. Et vous... Il faudrait que vous soyez bien craintive pour ne pas faire confiance à une personne blessée, qui a besoin de vous pour sortir d'ici."

Et elle n'avait pas l'air craintive outre mesure. L'androgyne retint une moue de douleur. Son bras venait de façon totalement arbitraire de lui faire un peu plus mal. Maintenant qu'iel y songeait: iel pouvait se passer d'elle. Cela impliquait néanmoins d'attendre jusqu'au lendemain, qu'Eidolon s'inquiète de son absence et fouille le Kaerl, interroge son esprit... Qu'iel puisse le guider. Iel aurait apprécié de s'en sortir plus vite. Passer la nuit ici ne l'enchantait guère. Mh. Iel allait aviser, selon la proposition de l'ondine, pour voir s'iel lui faisait véritablement confiance ou s'iel la laissait tomber.
Iel haussa un sourcil devant la question de Ñiniel. Mais ? Quel rapport y avait-il entre leur situation et... Une nouvelle concernant la dame déchue ?

"- J'ai entendu parler d'elle, en effet. Mais les histoires politiques du Màr m'intéressent peu, pour le moment. Je crois savoir qu'elle s'est enfuie, avec son mari..." Mari tout nu. Ce qui faisait beaucoup rire certains aspirants, et joueurs. Enfin, le regard et la voix de Meccaya laissaient entendre qu'iel était avide d'avoir des précisions, pour savoir ENFIN comment Ñiniel comptait le sortir de ce guêpier...


Dernière édition par Meccaya Im'Awhël le Lun 10 Nov 2014 - 18:41; édité 1 fois
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Mer 5 Nov 2014 - 19:38 Répondre en citantRevenir en haut

Elle avait noté au fur et à mesure qu'elles étaient venues les remarques du Neishaan. Cet étrange personnage, si farouche de prime abord, avait montré un subit intérêt lorsqu'elle prononça le nom du Guérisseur du Màr Menel. Ñiniel avait acquiescé sans en dire plus, tenant là peut-être une occasion de l'amadouer au moment opportun. Elle ne souhaitait pas le brusquer, il était entendu qu'il n'offrait pas sa confiance aux inconnus et que cela prendrait du temps, ce qu'elle accepta de bonne grâce en jeune femme attentive.

L'Ondine avait plutôt un caractère inverse, partait du principe qu'il y avait de la bonté en chacun. Elle, pourtant farouche aussi, offrait sa confiance à tout va au risque de la reprendre brutalement. Étrangement, elle ne considérait que peu de valeur la confiance qu'elle accordait; en revanche, elle considérait comme inestimable celle qui perdurait.
Cette confiance accordée était un test comme elle s'amusait à en faire subir à toutes ses rencontres.
En effet, Ñiniel s'attendait toujours à être déçue, et ce n'est qu'à ce funeste moment qu'apparaît une Ñiniel glaciale et intransigeante, déclarant le test comme non réussi.
Elle était toutefois souvent partisane de la seconde chance, persuadée que tout être pouvait être amené un jour ou l'autre à commette une erreur. Lorsque l'erreur est répétée par contre, cela signe la fin de la relation aux yeux de la Chevalière.

Mais elle savait aussi reconnaître les traits de caractère des autres et les respecter. La jeune Ondine s'était amusée avec le Neishaan, mais bien vite elle comprit que celui-ci n'était vraiment pas à l'aise avec elle lorsqu'il lui répondit.

"- Ai-je vraiment le choix ? Je ne peux que vous faire confiance. Et vous... Il faudrait que vous soyez bien craintive pour ne pas faire confiance à une personne blessée, qui a besoin de vous pour sortir d'ici."

Elle cernait de mieux en mieux les traits de sa personnalité et s'en accommoda d'autant plus facilement. Au fond, elle n'avait cherché qu'à lui faire comprendre l'inutilité de se méfier d'elle de la sorte, et la confiance qu'il lui accordait importait peu. Elle n'en fut nullement offusquée et parvenait même à comprendre son ressenti. Le fait était qu'ils se retrouvaient tous deux et qu'ils n'avaient effectivement pas d'autre choix que de rester ensemble.

Ñiniel n'était pourtant pas pressée. Elle savait comment sortir de cet endroit, et souhaitait prendre son temps; la Nuit était encore longue et elle n'avait pas grande hâte de sortir de là par le moyen qu'elle avait imaginé. Quelque chose lui disait que cela ne plairait pas non plus au Neishaan qui risquait de lui garder rancune encore plus tenace.

"- J'ai entendu parler d'elle, en effet. Mais les histoires politiques du Màr m'intéressent peu, pour le moment. Je crois savoir qu'elle s'est enfuie, avec son mari..."

Il laissa sa phrase en suspens, comme s'il s'était retenu de la terminer. La Chevalière ne tenta pas de comprendre, il avait certainement ses raisons de taire ce qu'il souhaitait garder pour lui. Il n'était nullement question de lui faire avouer une vérité, mais bien de la lui donner.
Elle n'en fut pas moins surprise par ce qu'il connaissait du sujet. La rumeur était allée bon train finalement.

Toujours assise contre le mur, elle releva ses jambes et croisa ses mains au niveau des genoux. De sa voix de conteuse, elle se sentit l'âme d'une comploteuse lorsqu'elle apporta quelques précisions sur la Dame Déchue: ces ruines étaient le décor parfait d'une histoire de fantômes et autres inquiétantes anecdotes. De peur de se faire surprendre, elle s'était pratiquement mise à chuchoter.

"On racontait qu'Heryn Amlug s'est enfuie du Màr Menel après avoir été accusée de l'assassinat de son Mari, Kieran de Galastden, le frère de notre actuel Seigneur....mais depuis quelques temps nous avons appris que tout cela n'était que mensonge. Son Mari n'est pas mort...mais cela, tu sembles déjà le savoir...."

Il y avait dans son ton appuyé l'attente d'une confirmation de la part de l'Aspirant. Certains semblaient déjà au fait de la situation, ce qui lui fit dire que leur mission était, semblait-il, avancée. Elle reprit son histoire avec une même tonalité mystérieuse qu'auparavant.

"Ce que tu ne sais peut-être pas, c'est le retour prochain de la Dame. Elle va revenir réclamer justice pour ces maux dont elle fut accusée. Il est temps que le Kaerl Céleste se prépare à ce retour en douceur. Je ne sais pas encore quelles seront les réactions des habitants, mais nous devons éviter tout effet de surprise, ce qui serait fort malvenu après tout les événements que nous venons de subir...."

Ñiniel releva la tête comme pour mieux la plaquer contre la pierre froide et humide du mur et poussa un léger soupir. Son regard fixa le ciel par l'ouverture béante du sol dans lequel ils se retrouvaient prisonniers. Les nuages allaient et venaient devant la Lune, offrant parfois un éclat aux deux acolytes. Lorsqu'ils revinrent et que l'éclat cessa, Ñiniel continua. Mais, comme réveillée par ce dernier éclat de lune, la voix était maintenant claire et parfaitement audible.

"Je fais partie de ceux dont la missions est de répandre la nouvelle... Et je sollicite ton aide afin que cette nouvelle soit répandue le plus rapidement et largement possible au Kaerl Céleste. J'aimerais que toi aussi tu transmettes cette nouvelle à toutes les personnes que tu serais susceptible de rencontrer à l'avenir.... Pourquoi le ferais-tu me demanderas-tu, n'est-ce pas?"

Une légère ironie teinta voix de Ñiniel lorsqu'elle prononça la dernière phrase. Elle n'avait rien à cacher après tout, et était prête à répondre à toutes les questions qu'il lui poserait. Elle lui adressa un doux sourire que l'obscurité des lieux ne laissait pas percevoir. Il en était sans doute mieux ainsi, pensa-t-elle, imaginant le Neishaan trop suspicieux pour en déceler le véritable sens.

"Je ne marchande rien. J'accomplis ma mission en répandant la nouvelle. Si tu ne souhaites pas nous aider, au moins aurai-je eu la satisfaction de t'en informer...quant à la véracité de mes dires: sache que je suis convaincue par ce que j'ai vu. Mais seul le temps nous dira quand la Dame Amlug reviendra parmi nous..."

Elle laissa le silence les envelopper. Il n'y avait plus rien à ajouter sur ce sujet. Un point toutefois la travaillait; elle n'avait osé le relancer jusque là, mais peut-être était-il temps de franchir ce cap. Elle tenta une approche différente, mais sincère. C'est avec une légère tristesse qu'elle s'adressa à lui.

"Daigneras-tu me dire ton nom?"

Plus que de raison certainement, Ñiniel ne souhaitait qu'une chose en cette Nuit fraîche; savoir à qui elle s'adressait. Le Nom était ce qui les distinguait tous au premier abord, la prime essence de leur existence dès leur venue au monde. Ne pas connaître le Nom de son interlocuteur la perturbait plus qu'elle ne l'aurait imaginé; elle avait l'impression de parler à quelqu'un ou quelque chose qui n'existait pas, de parler dans le vide avec un certain écho. Sans Nom, elle n'avait pas de témoin de ce fragment de vie, pas d'interlocuteur à ce souvenir commun, pas de partage. Étrange et indéfinissable sensation que celle de parler sans être entendue.

Elle avait tenté une dernière fois. S'il ne lui donnait pas son nom, Ñiniel n'inspirerait pas. Sans attendre sa réponse quant à l'autre question, elle le délivrerait de cette prison qui ne le laissait libre d'aucune envie sauf celle de s'en échapper.




Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mar 11 Nov 2014 - 11:26 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel s'était assise. La fatigue poussa naturellement Meccaya à l'imiter. La fatigue, mais aussi le murmure qui bientôt s'échappa des lèvres de l'ondine. Trop bas pour être entendu sans efforts en restant debout. À une heure aussi tardive, le neishaan devenait économe en énergie.
Assis en tailleur devant son agresseuse, iel l'écoutait désormais raconter son histoire, avec le même ton que les enfants prennent pour se raconter des histoires interdites, des secrets dangereux. Super. Des ragots. Meccaya se retint à l'ultime instant de témoigner sa lassitude. Pourtant iel aurait pu le faire: ainsi plongés dans les ombres, le détail de leurs expressions était peu visible. Il était déjà fort heureux que leurs peaux soient pâles, sans quoi ils auraient été invisibles. Que disais-je, déjà ? Ah, oui. Meccaya était las. Franchement: iel s'était fait agresser, iel était tombé au fond du gouffre, iel était blessé, épuisé, iel avait cours le lendemain, iel voulait sortir, et l'ondine songeait uniquement à colporter des ragots ! Est-ce qu'iel avait vraiment l'air de se soucier de ce que faisaient les grands de ce monde ? Iel avait trop à faire avec son aspiranat, trop à faire avec les angoisses liées à son frère pour avoir envie de se mêler à la politique. D'autant plus que son manque d'expérience rendrait ses avis et choix fort mauvais, iel le savait.

Iel ne put s'empêcher d'appuyer sa tête sur sa main, alors que la jeune femme déblatérait son histoire. Sa tête lui semblait lourde. Iel ne s'ennuyait pas non, mais une pointe d'agacement naissait en lui. Pourtant, sa patience était légendaire. Que le mari de l'ancienne Dame soit mort ou vivant... Eh bien soit. Tant mieux pour lui. Une rumeur disait qu'il était plaisant d'être en vie. Par Aran'Rhiod, qu'iel se moquait de l'avis et l'hypothèse de Ñiniel sur cette histoire ! Iel ne répondit pas lorsqu'elle attendit sa réponse.
La suite du discours fit se froncer les sourcils de mon neishaan. Elle semblait très sûre de ses affirmations, elle parlait de "nous", d'une mission... Iel n'aimait pas ça. Trop d'informations données trop vite, et plus ou moins sous la menace. Essayait-elle volontairement de l'embrouiller ? Cela ne fonctionnerait pas. Iel était peut-être gentil, très gentil, mais iel n'était pas bête. S'iel ignorait où elle voulait véritablement en venir, iel ne la laissera néanmoins pas y arriver aussi facilement. Iel s'installa un peu mieux, en tailleur. Sa main restait sur son épaule, comme s'iel craignait que la retirer fasse à nouveau couler le sang.

"- Meccaya."

Lâcha-t-iel enfin comme on lâche une pierre dans l'eau. D'ailleurs, l'androgyne semblait fort peu apprécier l'insistance que mettait Ñiniel dans sa question, et le ton un peu sec de sa voix l'avait laissé sentir. Pas question de lui donner son nom de famille. Les noms étaient des alliés précieux, et iel ignorait également ce qu'elle comptait faire du sien, et si elle lui avait donné son véritable nom. Mais s'il fallait qu'elle l'appelle, "Meccaya" suffirait largement.

"- C'est une très belle histoire que vous me racontez là," murmura-t-iel. Malgré ses efforts pour paraitre agréable, ou au moins neutre, Ñiniel pourrait sentir tout son scepticisme. "Maintenant dites-moi: pourquoi y croirais-je plus qu'aux histoires que se racontent tous les autres aspirants lors des repas ? D'où tenez-vous vos informations ? Que gagnerait le Kaerl à voir revenir une Dame qui l'a abandonné ?"

Le neishaan variait la pression qu'iel avait sur son bras, comme si ce pseudo-massage pouvait aider ses neurones à s'agencer correctement et dénicher tous les soucis du discours de son agresseuse.

"- Qui est ce "nous" dont vous parlez ?"

Oh, bien sûr, iel avait déjà ses hypothèses quant à certaines questions. Par exemple, iel imaginait très bien que le "nous" était un groupuscule aux bottes de la Dame. Peut-être Ñiniel lui en dirait-elle plus. Il fallait le convaincre, et Meccaya n'était pas convaincu par les mystères, mais par les informations données sans secrets. Si elle avait quelque chose à lui cacher, iel ne marcherait pas à ses côtés. Iel se redressa, espérant mieux distinguer les traits de son visage, pour voir si ses questions paraissaient la mettre mal à l'aise. Lui-même paraissait plutôt confiant, presque trop sûr de lui. Presque arrogant, en fait, ce qui n'était pourtant pas dans la nature de l'animal. Mais si elle insultait son intelligence, iel aimait rappeler que, comme tout le monde, iel en était pourvu. Et ses origines nobles lui conféraient un entrainement suffisant pour ne pas tout croire sur parole.

"- Êtes-vous si confiants que cela envers les Célestes pour croire que tous accueilleront la nouvelle à bras ouverts ? Répandre cette information c'est également prendre le risque de voir le pot d'arrivée de la Dame fort bien préparé par ses ennemis. Qui vous dit que je donnerai cette information aux personnes qui vous intéressent ?"

Pour être accusée ainsi d'assassinat, pour craindre les réactions au point de fuir, il fallait que cette Amlung ait des ennemis importants, ou au moins habiles. Si les ordres venaient d'elle, cela cachait également quelque chose. Meccaya voyait difficilement comment elle comptait reprendre sa place. Songeait-elle juste qu'en revenant après avoir toqué à la porte elle pourrait assoir son charmant fessier sur le trône du Kaerl ? Sans même la connaitre, l'androgyne doutait déjà de cette dame. Et c'était un peu grâce à Ñiniel !
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Ven 14 Nov 2014 - 21:28 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel se releva promptement. Elle avait patiemment attendu qu'il lui pose toutes ses questions et lorsqu'enfin il termina ce qu'elle considérait plus comme un interrogatoire que de la simple curiosité, elle lâcha ce qu'elle souhaitait lui dire depuis un certain moment.

« Jeune Aspirant, c’est beaucoup de questions que tu me poses-là » Le ton était un peu plus sec que d’habitude. Ñiniel ne pensait pas trouver en face d’elle quelqu’un d’aussi méfiant, et si elle fut tout d’abord déroutée par ses questionnements, elle finit par comprendre qu’il était vain de tenter de le convaincre. Ses a priori à son sujet étaient déjà construits, et il semblait trop borné pour vouloir en changer. Elle ne prit même pas la peine de l’appeler Meccaya tant elle avait l’impression de lui avoir forcé la main en osant insister de la sorte pour savoir comment il se prénommait. Prononcer son nom risquerait d’être blasphématoire pour le jeune Neishaan, et l’Ondine se garda bien de le faire.

A partir de ce constat, elle ne voyait pas l’utilité de devoir se justifier. Elle devait se rendre à l'évidence: quoiqu'elle dise, quoiqu'elle tente, il ne la croirait jamais. Maodan et Vahi’Nearii avaient surement raison au fond : ce n’était peut-être pas la bonne méthode. Malgré tout, elle répondit aux questions auxquelles elle pouvait répondre, comme pour se défendre de l'accusation qu'il lui portait.

« Tu es trop curieux, et je ne peux me permettre de tout te dire, car je ne suis pas la seule concernée….cependant, je n’attends ni n’imagine aucune réaction de la part des Célestes, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Mon histoire ne vient en rien contredire ce que tu as déjà pu entendre, je ne viens que la préciser me semble-t-il.»

Cette situation était ridicule....elle ne comprenait même pas comment ils avaient pu en arriver là.

«Il n’y a pas de personnes à informer au détriment d’autres : tous devraient être informés, nous pensions que c’était la meilleure solution ; maintenant, aux vues de ton scepticisme, je ne suis plus tout à fait certaine de l’efficacité de notre démarche. »

Elle ne s’entêterait pas. Meccaya l’avait convaincue qu’elle ne pourrait pas compter sur lui ; si tel était son objectif initial, il avait été bien plus endurant que la toute jeune Chevalière l’aurait cru. Elle ne pouvait que s’avouer vaincue. L’amertume de cette défaite, et le peu de considération que l’Aspirant faisait de son cas, irrita la jeune femme qui ne put s’empêcher de rester muette et oublia quelques instants sa fierté.

« Compassion, Vivacité, Patience….ces mots résonnent-ils en toi ? »

C’était une petite pique volontaire à l’encontre de Meccaya ; elle n’osait se l’avouer, mais le Neishaan l’avait vexée à ne pas la croire. Elle avait tenté, en toute innocence, de se racheter suite à leur premier contact mouvementé. Elle pensait lui montrer ainsi sa bonne foi en l’informant des prochains évènements, et ainsi lui faire oublier sa première impression. Ñiniel se sentait rejetée malgré ses efforts, et cela la blessa plus que de raison. Qui plus est, si tous réagissaient de la sorte, elle redoutait de ne pouvoir rallier qui que ce soit à leur cause : Asulil et Niniel finiraient seuls.

Elle ne trouvait finalement chez Meccaya ni compassion, ni patience. Elle espérait le toucher comme il l'avait touchée dans son orgueil en lui faisant remarquer qu'il semblait ignorer jusqu'à la devise même du Kaerl auquel il était rattaché. Et c’est une Ondine amère qui lui adressa ces quelques mots.

« Rassure-toi, je vais nous sortir de ce trou…. Tu retrouveras enfin ton confort et pourras oublier tout ce que je viens de te raconter. Tu n'auras même plus à endurer ma présence qui te semble si pesante.»

Elle aurait pu ajouter avec une ironie certaine un "petit chanceux que tu es", mais se trouva un semblant de dignité qui la retint dans cet élan de paroles acides. Elle se contenta de conclure la conversation en époussetant sa tunique et en abaissant ses manches. Ñiniel commençait à avoir froid à rester assise de la sorte.


"Pour le reste, le temps sera la meilleure preuve de ce que j'avance. »

Meurtrie, elle s’imaginait déjà prendre sa revanche auprès du Neishaan lorsque la vérité aura éclatée. Peut-être éprouvera-t-il même du remord, et Ñiniel se surprit à apprécier cette idée. Toujours est-il qu'elle ne comptait pas recroiser sa route de sitôt. Le cas échéant, elle ne sait pas encore si elle décidera de l'ignorer superbement ou de foncer sur lui d'un air menaçant afin qu'elle justifie enfin cette peau de barbare violente dans laquelle Meccaya l'avait mise. Au moins cette défiance qu'il porte à son égard serait-il justifié pensa-t-elle. Elle savait aussi que c'était la colère qui lui faisait penser à de telles choses. Elle n'était pas comme ça: Ñiniel ne voulait pas se laisser ronger par la rancœur. Le temps aussi fera son affaire espérait-elle.

~~~~~~~~~


Elle s’avança alors vers le trou béant et colla ses mains aux parois tout en levant la tête vers le ciel.
Soudainement, et comme prise de folie, elle se mît à hurler de toutes ses forces. Sa voix hurlante lui torturait les oreilles après ce silence étouffant dans lequel ils étaient prisonniers depuis tant de temps maintenant.

«Au secours! Nous sommes coincés! On a besoin d'aide!»

Inlassablement, elle continuait d'hurler jusqu'à ce que la lueur d'une lanterne se fasse apercevoir. Elle se fit de plus en plus intense tandis qu'elle s'accompagnait de bruits de pas foulant le sol boueux.

«Qui va là?!»

Ñiniel sentit son cœur battre à tout rompre. Une ronde de nuit arpentait les rues depuis de la Loi Martiale, et l'une de ces unités avait bien perçu son cri. C'était maintenant quitte ou double. Elle prît une profonde inspiration et tenta d’éclaircir sa voix.

«Je suis Ñiniel Iserimir, Aspirante de Persée Garaldhorf, Ancalikon du Màr Menel! Nous sommes tombés dans ce trou et sommes bloqués depuis un long moment maintenant. Pouvez-vous nous aider à en sortir?»

S'ensuivit un lourd silence. En tendant l'oreille, Ñiniel pouvait les entendre discuter. Au bout de quelques instants, la ronde de nuit sembla s'activer, et le sol fut de nouveau foulé et même raclé. Un objet semblait être trainé au sol. C'est alors que Ñiniel et Meccaya purent voir une échelle descendre vers eux, puis les inviter à grimper. L'Ondine emprunta ce chemin sans aucune hésitation, soulagée d’en finir avec cette Nuit imprévue.
Lorsqu'elle arriva enfin à la surface, les regards étaient lourds de reproches.

«Peut-on savoir ce que vous faisiez dehors malgré le couvre-feu? Vous devriez passer la nuit en cellule pour cela…»

La jeune Chevalière se mit à déglutir difficilement. Avec un aplomb qui la surprit elle-même, elle répliqua.

«Je ne pense pas que cela plaise à Persée Garaldhorf; aussi, avant de provoquer sa fureur, peut-être serait-il opportun de lui demander son avis....si toutefois vous compter la réveiller en pleine Nuit?»

C'est là que tout se jouait. Elle devait être suffisamment convaincante pour que la ronde de Nuit la croit et n'ose la mette en cellule. L'Ondine n'avait absolument aucune idée de passer une nuit enfermée.
Le silence lui confia qu'elle était sur la bonne voie. L’un d’eux prit la parole après une courte concertation de regards entre les hommes de la Ronde de Nuit.

«Fort bien! Nous n'allons pas déranger l'Ancalikon pour si peu. Vous pouvez rentrer chez vous, mais que l'on ne vous y reprenne plus!»

«J'y vais de ce pas!

Elle se retourna vers Meccaya et hésita quelques secondes. Puis elle s'avança vers celui qui semblait être le chef d'unité et lui dit d’un air gêné.

« Par contre, je ne me porte pas garante pour ce jeune homme. Je ne le connais pas, nous nous sommes retrouvés dans ce trou après une altercation. Je l’ai vu roder dans les Archives en ruine et ai cru bon de l’interpeller… »

Cela ne loupa pas, elle se fit aussitôt sermonner.

« Vous n’avez pas à vous substituer ainsi à la ronde de nuit ! Quoiqu’il en soit, une nuit en cellule lui remettra certainement les idées au clair ! Allez, on l’emmène ! »

*Ñiniel !*

La voix de Vahi’Nearii se fit soudainement entendre. Elle avait peur, ce qui submergea Ñiniel d’inquiétude.

*Que se passe-t-il ? Où es-tu ?*

*Reviens-vite ! Tu as de la visite…*

Il semblait évident que Vahi’Nearii n’était pas seule, ce qui expliquait sa peur palpable. Ñiniel lança un dernier regard vers Meccaya. A quoi bon après tout ?

« Finalement je ne crois pas qu’une cellule soit de bonne augure pour lui….laissez-moi le mener jusqu’à l’infirmerie, c’est sur le chemin. Il y passera la nuit »

« Oh et puis après tout… on fera notre rapport, s’il arrive quoi que ce soit vous en serez l’entière responsable ! »

Elle acquiesça brièvement et enjoignit Meccaya à la suivre après avoir pris congé de la Ronde de Nuit. Son regard sévère et soucieux ne laisserait place à aucune forme de protestation de la part du Neishaan. Il n'était plus temps, et s'il ne la suivait pas maintenant, elle partirait sans le moindre remord rejoindre sa Liée qui avait besoin d'elle maintenant. Elle pressa aussitôt le pas en direction des Spires..




Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 20 Nov 2014 - 18:08 Répondre en citantRevenir en haut

Blasé, Meccaya était totalement blasé. Iel ne pensait pas qu'elle l'aurait VRAIMENT pris pour idiot. Enfin, d'accord, iel pouvait avoir l'air assez faible pour que l'on essaye de lui arracher son collier de force. Rien de plus normal, iel avait l'habitude, et ce point de vue se défendait. Qu'on le prenne pour un idiot, cela le gênait un peu plus. S'il y avait une chose dont iel pouvait se targuer, c'était de n'être pas totalement idiot, d'avoir reçu une éducation digne de ce nom, d'être passé entre les mains de multiples précepteurs…
À quoi avait-elle essayé de jouer en le prenant pour plus bête qu'iel n'était ? Avait-elle cru toucher chez lui un point sensible, le point des amateurs de ragots et d'histoires en tout genre ? Oui, iel aimait les histoires. Mais iel appréciait moins que l'on essaye de lui faire avaler quelque chose comme une vérité absolue sans lui permettre de se questionner. Un instant iel avait imaginé que l'histoire de Ñiniel était intéressante, mais qu'elle l'abrégeait par économie de salive. Un instant iel s'était dit qu'elle n'était pas qu'une agresseuse d'androgynes. Mais de toute évidence, ce n'était qu'une enfant, amatrice de potins et de rumeurs. Un personnage qu'iel n'appréciait que peu, et qu'iel serait ravi de ne plus revoir.

Las, iel n'avait pas envie de discuter plus longtemps. Pas envie de se battre et de lui faire entendre qu'iel se sentait insulté, qu'il était ridicule de demander à croire ainsi aux premiers racontars venus. À ce rythme, iel pouvait aussi lui dire que ladite dame déchue était sa mère, et l'affaire était réglée ! Iel massa son bras douloureux. Elle aurait au moins pu faire l'effort d'inventer un mensonge sur le vif pour se justifier, au lieu de se dérober ainsi, mettant en jeu leurs propres fiertés. Iel avait soupiré, levé les yeux au ciel…
Le cri manqua de lui transpercer les tympans. D'autant plus qu'il résonna sur les parois de pierre, s'amplifiant, se déformant. Cette ondine serait donc insupportable jusqu'au bout ! Iel la laissa négocier leur sortie du trou à rat. Persée Garaldhorf, l'Ancalikon… Bon, soit. Elle devait avoir bien de la peine, cette pauvre Persée, avec pareille aspirante. Un point positif, au moins: son maitre n'était pas Nalesean de Dalneÿs. Cela faisait une chance de moins pour que ce dernier ait de mauvais écho quant à l'androgyne. Iel songea à son propre maitre… Pourvu que son escapade n'aille pas jusqu'à Erebus Lukas. Oh, après explications, ce dernier ne lui en aurait sans doute pas voulu, mais iel n'aimait pas donner du souci à quelqu'un d'aussi bon avec lui.
Comme Ñiniel, Meccaya emprunta l'échelle et la suivit à la surface. Silencieux, la mine sombre malgré la lueur des torches qui les éclairaient, iel laissa la jeune femme, qui paraissait mieux connaitre les gardes que lui, justifier leur présence. Enfin, sa présence. Avant de le mettre en danger. Iel lui jeta un regard assassin. Quoi ! Et elle osait lui faire des remarques sur la devise Céleste ! Elle changea d'avis brusquement, et Mecca' dut retenir un haussement de sourcil perplexe. Euh. À quoi jouait-elle ? À lui faire peur ? À tester sa chance ? Ce n'était ni amusant ni intéressant ! N'avait-on pas idée de jouer ainsi avec ses frayeurs !
Iel ne pesta pas, néanmoins, et n'ajouta rien. Non, il n'y avait rien à ajouter. Mieux valait profiter de la situation et, surtout, ne pas se faire remarquer. Iel suivit hâtivement la jeune femme. Dès qu'elle lui en donna l'occasion, iel se sépara d'elle. Sa dernière envie était de recroiser son chemin…

Et pourtant, cela allait arriver. Ici.
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