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Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Lun 18 Aoû 2014 - 15:42 Répondre en citantRevenir en haut

¤ Gaïaku 918 ¤
Quelques jours après l'attaque des Ombres


L’ondine hésita ce qui était un fait suffisamment inattendu pour être remarqué… Elle n’était plus très sure de vouloir entrer dans la tour… Et pourtant Ayae savait pertinemment qu’elle devrait en passer par là. Elle savait bien qu’elle devrait corriger sa faiblesse, tôt ou tard, et mieux valait tôt que tard avant que quelqu’un puisse s’en servir contre elle.

Peu importe le temps qu’elle devrait y passer, elle ne pouvait pas se permettre de ne pas agir…. De rester ignorante…. Ayae s’en savait capable. Autrefois, elle avait commencé à apprendre et il lui en restait de vagues principes généraux mais…. Elle se sentait tout de même intimidée devant ce temple du savoir.
Savoir lire. Cela semblait une évidence à tous. Ca ne l’était pas. Elle serra les dents. Si on ajoutait à cela l’entrainement qu’elle avait commencé à recevoir et qui teintait de bleues ses avants bras, elle n’aurait pas le temps de respirer. Mais c’était nécessaire (l’entrainement, pas les bleues) pour refermer ces failles béantes dans son armures…

Il n’empêche qu’elle se demandait comment elle pourrait présenter ça au.. bibliothécaire… ? L’aspirante doutait qu’il suffise de regarder fixement une page pour en comprendre le sens… Et elle doutait aussi qu’il existe des ouvrages intitulés « La lecture en trois leçons ».

Mais rester debout devant l’entrée n’allait pas beaucoup l’aider non plus… Et plus encore… elle risquait d’attirer l’attention sur elle. S’adressant intérieurement un commentaire peu amène, Ayae pénétra dans les tours et retint une exclamation de surprise avec tout le contrôle dont elle disposait. Non, non, non et non, elle n’allait pas baver comme une pequenaude de campagne ! Admirer l’intérieur et les rangées monumentales de livre oui, mais sans le montrer. Après tout, qu’est ce que plusieurs milliers de livres lorsqu’on a vu un dragon… Et désormais, plusieurs dragons. Il était donc risible de s’émerveiller devant autant de connaissances rassemblées… ou en tout cas de s’en émerveiller ouvertement. Car l’ondine ne pouvait nier que la vue était impressionnante et elle sourit doucement en songeant qu’un jour, tout ce savoir serait à sa disposition. Il ne s’agissait plus que de temps maintenant, et de travail, et elle serait capable de les lire, de comprendre le monde qui l’entourait. L’aspirante en était certaine, toutes les clés étaient contenues dans les ouvrages, attendant seulement qu’on les découvre. Sa Maitresse aurait autre chose à faire que s’occuper d’elle. Il fallait qu’Ayae soit capable d’aller chercher elle-même les connaissances dont elle avait besoin.

Restait à faire le premier pas. Plus facile à dire qu’à faire….

L’ondine s’engageât dans les couloirs, perdant rapidement le compte des tournants. Elle finit par attraper un ouvrage où un dragon était ciselé dans la reluire et dont l’écriture n’était pas trop illisible… Enfin… pour ce qu’elle en discernait. Ca restait toujours autant illisible pour elle. Il ne restait plus qu’à trouver une table tranquille… et Ayae repris ses errements, sans vraiment savoir où elle allait.
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MessagePosté le: Lun 18 Aoû 2014 - 15:42 Revenir en haut

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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 18 Aoû 2014 - 18:08 Répondre en citantRevenir en haut



Voilà quelques jours que Ruri avait vu Asshai. L’heure du rapprochement des trois Kaërls approchaient à grands pas. Déjà les bruits de couloirs s’éparpillaient comme des feuilles d’automne balayées par le vent. Tous étaient au courant qu’il se tramait quelque chose. Certains languissaient d’avoir la réponse. D’autres s’en fichaient éperdument. Si le Màr Tàralöm aurait dû être vaincu par l’attaque de Drazahir, ils avaient démontrés qu’ils étaient les plus forts. Pourquoi s’allier avec les faibles quand on peut le vaincre seul ?

La neishaane observait la suivante de Lyssa avec dédain. Comment osait-elle l’empêcher de sortir ? Oh, bien sûr, la peur d’un traitement inhumain infligée par Lyssa devait être forte. Mais Ruri s’en fichait. Que la bonne souffre, l’adolescente avait d’autres choses en tête bien plus préoccupantes. Partir sans carte, ou du moins sans connaître les différents continents, lui serait fatal. Un sourire se dessinait sur ses lèvres tandis qu’elle repensait à l’Archiviste, l’elfe Anaviel. Il était amusant de voir que leur seule reltion s’était développée un soir et n’avait guère donnée suite. A vrai dire, les recherches de l’elfe n’étaient certainement pas terminées. Celles de Ruri, en revanche, l’étaient. Elle devait à tout prix retourner en Undòmë pour parler au prêtre. Seul lui aurait les réponses qu’elle cherchait. Il en paierait également le prix fort.

Ruri rejeta les draps avec ses pieds et ôta sa chemise de nuit qu’elle jeta nonchalamment sur le lit. Elle enfila rapidement une robe noire et des bottes de cuir. Ce jour ne ferait pas exception. Elle était devenue une aspirant au sens militaire du terme. Elle ne se chausserait donc plus dans la féminité et continuerait de se draper dans le mensonge. L’ombre d’elle-même, voilà ce qu’elle était devenue. Sa main rageuse se dirigeait vers la dague posée sur le guéridon. Elle retint son geste. S’armer de servait à rien. Personne ne la connaissait, personne ne voulait la connaître et elle ne voulait surtout pas être connue de tous. Bientôt, les rumeurs de l’aspirante inutile de Lyssa disparaîtraient comme elles étaient apparues, c’est-à-dire avec elle.

Ses pensées se dirigèrent vers Alauwyr alors qu’elle repoussait d’une main la servante. Celle-ci chut sur l’arrière-train en regardant l’expression étrange qu’aroborait Ruri : un sourire franc. Cela contrastait avec son attitude présente. Mais qu’importait pour la neishaane qui refermait derrière elle la porte des appartements de sa maîtresse absente. Alauwyr … le Seigneur du Kaërl. Qu’il était énervant avec son air de « je sais tout » mais qu’il était passionnant d’apprendre avec lui. Il avait vécu tant de choses qu’il semblait normal qu’il posséda le trône. Comment en aurait-il pu être autrement ? Le pouvoir l’habillait comme un gant de velours sur sa main de fer.

Ses pensées voguaient librement dans la tête de Ruri. Elle s’excusa à peine lorsque son épaule vint frapper celui d’un autre aspirant. L’air absent, elle poursuivait sa route vers l’Observatoire. Qui sait, l’elfe y était peut-être ? Lorsqu’elle parvint sur la place, des tremblements la saisirent. C’était là, elle en était sûre. Son regard se posa sur les pierres, cherchant d’infimes traces de sang. Il était mort ici, dévoré par ces morts-qui-marchent. Elle l’avait abandonné. Ses genoux s’écroulèrent sur le sol. Elle prit la poussière dans ses mains et la laissa glisser entre ses doigts pâles. Les images lui revenaient sans cesse dans sa tête, au point qu’elle ne faisait plus vraiment la différence entre un cauchemar et la réalité. Un homme s’approcha et lui tendit une main. Elle la saisit et se releva en époussetant sa robe, lui murmurant un merci avant de reprendre sa route.

C’était déjà beau que quelqu’un daigne l’approcher et lui tendre la main. Oui, ce n’était pas parce qu’il n’avait pas survécu, parce qu’il avait donné sa vie pour elle que Ruri devait se morfondre encore et encore. Elle l’admettait à demi-mot. La vie était fragile, et l’adolescente était semblable à une poupée de chiffon. Elle exécutait docilement les tâches qu’on lui demandait mais si on y allait trop fort, elle se brisait. La neishaane sentit sa gorge se nouer quand ses pensées se dirigèrent vers l’entraînement que lui avait fait subir Lyssa. Un entraînement inhumain, c’était sûr. A vrai dire, ses relations avec sa maîtresse l’étaient un peu aussi. Déshumanisée. Etait-ce ce qui attendait Ruri au bout du chemin ? Une poupée bonne pour exécuter les tâches ingrates ? Elle soupira en essuyant la larme qui coulait sur le coin de son œil humide et pénétra dans l’Observatoire. Réfléchir lui ferait oublier ces mauvais moments.

Instinctivement, elle prit le chemin de la Tour centrale et en gravit les marches qui menaient au premier étage. De là, elle pourrait accéder à la tour dédiée à la géographie rhaëgienne. Elle évita de justesse une fille qui ne semblait pas savoir où aller. Cela lui rappelait ses premiers moments au Kaërl, il y a de cela quelques mois. Peut-être avait-elle besoin d’être dirigée. Elle la suivit du regard et, observant sa démarche hésitante, elle se mit à la suivre. Lorsqu’elle eut prit le livre – l’adolescente aurait juré qu’elle n’avait qu’à peine jeté un regard sur la couverture, elle s’approcha d’elle d’un air qui se voulait sympathique. Un sourire aux lèvres, elle s’exprima d’une voix douce.

- Tu es perdue ? la questionna-t-elle en guise d’introduction. Je m’appelle Ruri, je suis - elle laissa plâner un court silence comme pour réfléchir à ce qu’elle allait dire – bref, si tu as besoin de moi, je peux t’aider dans la mesure du possible bien sûr, poursuivit Ruri à voix basse.

Elle allait dire « Je suis l’aspirante de Lyssa Ciniver » mais à quoi bon. Il était fort à parier qu’elle ne la connaissait pas et, à vrai dire, qu’elle s’en ficherait totalement. D'ailleurs, le ton qu'elle avait employé ne prêtait pas à réponse. Elle avait d’autres préoccupations pour le moment et ceux-ci semblaient d’être relégués d’office au second rang. Sa bonté la perdrait certainement un jour ou l’autre, à moins que ce soit bénéfique pour l’avenir ? Qu’importait. D’ici quelques semaines, Ruri ne serait plus au Màr Tàralöm et elle vivrait seule, comme une grande, sur Rhaëg. La recherche de ses origines, voilà ce qui était la première de ses préoccupations.

- Suis-moi, je vais te faire visiter la place. Si tu te perds à chaque fois que tu viens ici, tu auras du mal à trouver ce que tu veux. Ici, c’est le premier étage. Tu y trouveras tout ce qu’il est d’ordre général : la cosmogonie, les relations avec les dragons, ce que sont les dragons, l’Histoire de Tol Orëa … de nombreuses informations à ingurgiter.

Ruri l’invitait à la suivre vers les marches menant au deuxième étage. Elle s’arrêta devant. Après tout, monter ne servait à rien pour elle ; que l’aspirante y aille d’elle-même si cela l’intéressait.

- Au deuxième étage, tu as les livres un peu plus complexes : politiques des kaërls, les biographies des seigneurs, bref, des trucs ennuyeux.

La neishaane se dirigea ensuite vers la porte qui menait à sa destination initiale.

- Là, c’est le passage qui mène à la tour centrée sur les connaissances géographiques. C’est là que je dois aller. Il me faut des cartes.

° Elle s’en fiche certainement d’ailleurs ° pensa Ruri pour elle-même.

Elle fit le tour du premier étage, lui expliquant à quoi était reliés chaque porte. Ruri avait arpenté l’Observatoire de long en large durant des semaines entières. Elle connaissait chaque recoin comme sa poche. Elle s’arrêta de nouveau devant la porte menant à sa destination et pénétra dans un long couloir. Ruri traversa d’un trait l’espace menant à l’espace dédié à la géographie, s’inquiétant peu de savoir si l’ondine la suivait ou non. Elle irait là où elle le devait. Voyant qu’elle était encore sur ses pas, Ruri s’efforça de ne pas prendre un air agacé et lui demanda poliment :

- Puis-je faire autre chose pour toi ?
Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Mar 19 Aoû 2014 - 13:56 Répondre en citantRevenir en haut

Il faut bien avouer que, si admirer l’étendue de la bibliothèque avait du bon, l’aspect pratique lui était quelque peu discutable quand on ne comprenait goutte aux différentes indications écrites. Ayae s’apprêtait à se glisser dans un des couloirs qui partait –espérant y trouver une table tranquille et avec suffisamment d’espace pour y poser l’ouvrage et pouvoir y travailler sur les feuilles à disposition sans être dérangée quand elle se fit alpaguer. Une fille, plus jeune qu’elle a première vue mais pas de beaucoup. Neishaane. Pas une des ces rustres d’humain donc.

Tu es perdue ? Je m’appelle Ruri, je suis - court silence – bref, si tu as besoin de moi, je peux t’aider dans la mesure du possible bien sûr,

Son interlocutrice lui souriait, ne désirant apparemment que l’aider le plus innocemment du monde. Innocemment ? Pour ce qu’elle en savait, c’était tout sauf crédible en ces lieux. Par contre ce n’était pas impossible que la donzelle pense être sincère. Les explications potentielles plausibles était assez variées et allant de la compassion (une façon de rechercher des alliés qui n’avouait pas son nom) à la moquerie à but humiliant… Voix basse donc évitant de braquer l’attention sur elles. L’ondine pencha pour la première solution. Et après tout, que ce soit la première ou la seconde ça ne changerait pas grand-chose à son propre comportement. Ayae sourit aimablement à la jeune fille et répondit d’une voix presque tendre.

Enchantée… je me nomme Ayae et effectivement… je suis nouvelle au Màr. Ce serait volontiers que j’accepterais l’aide de quelqu’un pour me guider… du moins, si je n’accapare pas trop ton temps.

Son interlocutrice n’avait pas laissé échapper d’informations supplémentaires, même si elle avait hésité. Aussi il n’était pas nécessaire, même par courtoisie, de lui en donner plus aussi. C’était probablement une aspirante… une maîtresse dragon n’aurait pas abordé de façon aussi…simple… enfin, c’était une impression…. Et une simple habitante du Mar aurait probablement été un poil moins fière face à une potentielle aspirante et future chevalière. Cacher qu’elle était nouvelle arrivante n’avait donc aucun sens… tandis que le révéler lui donnait une marge de manœuvre plus importante…

Suis-moi, je vais te faire visiter la place. Si tu te perds à chaque fois que tu viens ici, tu auras du mal à trouver ce que tu veux. Ici, c’est le premier étage. Tu y trouveras tout ce qu’il est d’ordre général : la cosmogonie, les relations avec les dragons, ce que sont les dragons, l’Histoire de Tol Orëa … de nombreuses informations à ingurgiter


C’était assez juste. Sans aide, elle aurait pu tourner longtemps… C’était donc à cet étage que se situaient toutes les connaissances de base dont elle aurait besoin pendant son aspiranat. L’ondine embrassa du regard les rangées d‘ouvrages, songeant qu’elle n’aurait pas trop d’une vie pour tous les lire… C’était un défi intéressant. Mais au fond, ce serait de la ..Mmm… culture générale. Du savoir global. Nécessaire à connaitre, mais les clés n’y seraient pas évidentes.

Ayae acquiesça, et souri montrant qu’elle avait parfaitement intégré les informations.

Au deuxième étage, tu as les livres un peu plus complexes : politiques des kaërls, les biographies des seigneurs, bref, des trucs ennuyeux.

Le sourire de l’aspirante s’élargit, prenant un tour amusé. Si la fin était un hameçon, elle voulait bien le gober… curieuse de voir comment y réagirait Ruri. Prenait elle simplement des notes ou bien agissait elle différemment ?

Ennuyeux… ? Parce que trop complexe ou parce que les écrits sont unilatéraux. Je suppose qu’ils doivent révéler au moins autant sur les personnes qui les ont écrits que sur les autres kaerls ou les différents Seigneurs. Mais c’est ça qui peut être intéressant… les non dits.

L’expression lecture entre les lignes lui était encore inconnue… Elle ne monta cependant pas. Aussi passionnants que risquaient d’être ces rayons, ils ne la concernaient pas encore. Et le moment n’était pas venu non plus d’y monter. Elle suivit donc la neishane jusqu’à une porte.

Là, c’est le passage qui mène à la tour centrée sur les connaissances géographiques. C’est là que je dois aller. Il me faut des cartes.

Tour centrée sur les connaissances ? Les tours étaient donc vouées à différents usages ? Mouais… elles étaient sans doute moins fréquentées et plus tranquilles. Donc plus adaptées à ce qu’elle voulait faire. L’ondine s’attacha à mémoriser l’usage de chacune des tours alors que Ruri les lui citait. Ca lui serait pratique pour plus tard.

Ruri se détourna finalement et s’engagea dans le couloir menant à la tour de heu… géographie ! Oui, elle recherchait des cartes. Il devait forcement y avoir également de quoi prendre des notes. Ayae la suivit.

Puis-je faire autre chose pour toi ?

Oh ? Serait-elle si dévouée que ça ou bien n’était ce qu’une jolie façon de dire qu’elle en avait assez. Enfin, peu importe puisque Ayae n’avait dans l’absolu plus vraiment de besoin. Ou du moins, pas de ceux qui se réglaient facilement. L’aspirante répondit avec un sourire léger..

Oh non, je te remercie mais j’ai un peu de travail à faire et je pense que tu as également tes cartes à consulter ? Je suppose simplement que les tables de travail de la tour de géographie sont plus tranquilles que celles de la tour centrale. Non ?
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 20 Aoû 2014 - 11:47 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri n’avait pas pris la peine de répondre à Ayae lorsque celle-ci lui demanda si l’ennui était complexe ou bien unilatéraux. Un simple haussement d’épaule lui permettrait de comprendre que la neishaane ne voulait pas ou ne pouvait pas en dire plus. A quoi bon s’éterniser dans une discussion qui relevait au final de la pure subjectivité ? Au silence s’était succédé un soupir. Exaspération ou impatience ? Les deux étaient plausibles. Le silence de la tour dédié à la géographie était d’ordre studieux. Certes, il n’y avait pas grand monde. Mais ceux qui lisaient ou consultaient des cartes ne parlaient point, sauf éventuellement à voix basse. Ruri se dirigea vers une grande carte étalée contre un mur. Rhaëg et Tol Orëa. Un monde et pourtant, on croirait qu’il y en avait deux. L’inaccessibilité depuis Rhaëg du continent tol Orëanéen était quelque chose de curieux mais également de symptomatique. Quel serait l’avenir du Kaërl si tous ces marauds et mal-nés pouvaient voir la beauté que représentait les dragons ?

La neishaane saisit une carte d’Undòmë et s’installa non loin de l’ondine. Elle déplia la carte qui était ceinturée de cuir. Son regard se posa au centre du continent. La forêt entourant son village. Oui, c’était là. Son index glissa sur la position et tapota deux fois. Un sourire sombre illuminait son visage. Elle tiendrait sa vengeance, coûte que coûte. Puis elle étudia les différents chemins menant aux ports du continent. Le plus simple serait d’aller à l’Ouest. Là, le paysage était moins escarpé que le nord, plus froid et terne. Si elle devait partir, elle s’imaginait alors prendre un bateau et se laisser aller au gré du vent. Ce ne serait sans doute pas désagréable, sauf si elle savait quoi faire pour retrouver son ancêtre.

Son attention se reporta sur l’ondine. Ayae. Elle s’était attablée et recopiait les lettres. Etait-elle folle ? L’entreprise lui prendrait des mois, voire des années entières si elle comptait recopier tous les ouvrages du Màr. Comptait-elle les vendre ? Son attention était accaparée par la jeune femme à peine plus vieille qu’elle. Ruri enroula la carte, remis le lacet de cuir et reposa la carte où elle l’avait prise avant de s’installer à côté d’Ayae.

- Qu’est-ce que tu fais ? Tu recopies ces écrits ? Ca va te prendre un temps fou, tu sais ?

La neishaane affichait une moue circonspecte. En fait, ce n’était pas tant les phrases qu’elle recopiait assidument que les lettres qui les composaient. Etait-elle donc illettrée ? Ruri s’assit à côté d’elle, saisit une feuille de parchemin qui trainait par là et dessina les lettres de l’alphabet. Et poussa sa feuille vers l’ondine et lui demanda :

- C’est ça que tu veux apprendre ? demanda Ruri en désignant les lettres.

La neishaane secoua la tête résignée.

- Allons, allons. Ce n’est pas dramatique. On apprend à tout âge. Rapproches-toi de moi, je vais t’apprendre à dessiner les lettres.

Ruri pouvait devenir rapidement entreprenante, surtout lorsqu’il s’agissait d’aider son prochain. Elle était dénuée de tout intérêt, juste l’envie d’aider la titillait. Elle commença par ajuster la prise de la plume dans la main de l’ondine.

- Si tu ne tiens pas ta plume comme il le faut, elle va s’abîmer plus vite et tu vas tâcher ton papier. Voilà, comme ça. Après, tu trempes juste le bout de ta plume dans l’encrier et tu l’inclines un petit peu pour écrire. Voilà, on va commencer par la lettre A.

Ruri lui montrait alors, lentement, le dessin de la lettre, commençant par un trait vers le haut à droite et redescendant de la même manière. Puis elle traça un trait horizontal entre les deux.

- Voilà, ça c’est un « A » et ça se prononce … « A »

Elle poursuivit l’alphabet, s’arrêtant au « E ». Ruri s’appliquait à écrire le plus lisiblement possible, expliquant comment prononcer ces lettres individuellement.

- Ton maître est au courant de tes … lacunes ?

Ruri ne voulait pas paraître trop brusque, mais elle ne souhaitait pas se prendre une rouste pour avoir fait le travail d’un autre. Les humeurs des ardents étaient si changeantes…

- Enfin, peu importe. Je vais essayer de t’apprendre à écrire l’alphabet. Après, ce n’est pas compliqué. Pour faire des mots, il suffira d’associer les lettres. Et enfin, tu mettras les mots les uns à côté des autres, ça fera des phrases.
Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Sam 23 Aoû 2014 - 16:13 Répondre en citantRevenir en haut

L’ondine n’avait pas paru le moins du monde perturbée face à la non réponse de Ruri. La neishaane n’était pas joueuse en avait-elle déduit. Se prenant potentiellement très au sérieux. Ce qui était dommage mais il est vrai que c’était un défaut très largement partagé par ici de ce qu’elle en avait vu. Et pas que par ici. Et c’est ce qui les limitait. Enfin… tant mieux pour elle. L’ondine rejeta d’un haussement d’épaule intérieur la petite voix lui suggérant qu’elle aussi était dans ce cas. Non… Elle, elle avait un très gros égo. C’était différent. Elle pouvait donc se permettre de prendre certaines choses à la légère puisqu’elle savait très bien où elle en était. Elle regrettait sur ce point la présence de Messire Quilaïn dont elle appréciait la façon de voir.

Ayae regarda autours d’elle et repéra rapidement les tables recherchées. Comme prévu il y avait là tout le nécessaire pour travailler en paix. Du parchemin et des encriers. S’emparant d’une feuille, d’une plume et d’encre, l’aspirante s’installa. Elle ouvrit l’ouvrage et laissa son regard glisser sur la page. Le souvenir lointain d’une époque où elle avait fait ça sous la direction affectueuse d’une mère aimante lui effleura la mémoire mais elle le renvoya dans les brumes du passé d’un froncement de sourcil. Elle se souvenait du principe… Les signes étaient des lettres qui mises cotes à cote correspondaient à des sons… Sons qui mis ensembles formaient des mots, puis des phrases…

Donc, la première étape consistait à repérer les lettres, les connaitre…. Il lui faudrait demander ensuite à quel son elles correspondaient mais autant avoir les lettres et savoir les reconnaître. Les yeux de l’ondine repérèrent une lettre, la retrouvèrent un peu plus loin, et encore dans d’autres mots de la ligne. Alors, celle-là était constituée d’une petite boucle vers le haut, suivie directement d’une autre,… La rousse contempla d’un air dubitatif sa tentative. C’était un tracé hésitant, trop… Et ses boucles étaient un peu trop importante.. Elle recommença plusieurs fois jusqu’à arriver à un tracé qui lui semblait suffisamment proche de celui de l’ouvrage pour la satisfaire avant de répéter le processus pour d’autres lettres. Au final il n’y avait qu’un nombre limité de signes qui revenaient plus ou moins souvent. Les retenir tous serait rapide…une simple question de travail et.. une ombre s’approcha de l’ondine et elle nota du coin de l’œil que Ruri avait reposé la carte qu’elle consultait et semblait vouloir engager de nouveau la conversation. La neishaane eut droit à un regard soigneusement neutre, ne laissant transparaître de réactions.

- Qu’est-ce que tu fais ? Tu recopies ces écrits ? Ca va te prendre un temps fou, tu sais ?

Oh, question ouverte…. Et curiosité. Ayae se permit un sourire amusé. Il serait simplissime pour Ruri de voir ce qu’elle recopiait. Restait à voir si elle en tirait les déductions appropriées et sa réaction.

Oh, je ne vais pas aller jusqu’à recopier tout l’ouvrage. Seulement ce qui m’y intéresse.

Oui, au vu de la petite lueur, la blanche aspirante devait avoir compris de quoi il s’agissait. Restait à voir comment elle réagissait. L’ondine se força à maintenir son sourire. Ce serait instructeur. Ruri pouvait se montrer gênée, et détourner poliment le regard… prétexter une excuse pour prendre congé. Solution de facilité. Ou bien se servir de ce point faible contre elle et tenter de railler mais ce serait dangereux. La neishaane ignorait qui était son maitre ou sa maitresse et il n’était jamais bon de se mettre à dos une maîtresse incarnate –sans compter qu’Ayae n’était pas des plus dépourvues lorsqu’il s’agissait de parler et d’humilier par le verbe.

C’est ça que tu veux apprendre ?

De toute évidence…

Le ton n’était pas agressif, ni railleur. Mais pas hésitant ou gêné non plus… soigneusement neutre. Les yeux de l’ondine s’était légèrement étrécis, Méfiante. Elle n’apprécierait pas qu’on se gausse de son ignorance actuelle et préférait prévenir que guérir.

Allons, allons. Ce n’est pas dramatique. On apprend à tout âge. Rapproches-toi de moi, je vais t’apprendre à dessiner les lettres.

Hein ? Pardon ? Avait-elle bien entendu ? Au dernières nouvelles son audition n’était pas déficiente… Donc il fallait supposer que ce qu’elle avait entendu avait bien été déclaré. L’aider ? Comment dire… elle n’allait pas refuser de l’aide mais qu’en attendait Ruri ? Quel était son intérêt là-dedans ? A part une proposition indirecte d’entraide. Entraide ? Oui… c’était… logique. Cohérent. Il était toujours intéressant d’avoir des personnes sur lesquelles on pouvait s’appuyer. Des alliés potentiellement. Surtout dans ce nid de serpent. L’ondine regarda Ruri différemment. Et décida d’accepter. Elle n’avait rien à perdre et un allié potentiel était toujours bon à prendre. Elle acquiesça et se déplaça sur le banc de bois, laissant à la neishaane un accès facile.

Si tu ne tiens pas ta plume comme il le faut, elle va s’abîmer plus vite et tu vas tâcher ton papier. Voilà, comme ça. Après, tu trempes juste le bout de ta plume dans l’encrier et tu l’inclines un petit peu pour écrire. Voilà, on va commencer par la lettre A.

Au moins, on pouvait dire que l’aspirante était particulièrement attentive à ce qu’on lui disait. Elle interrogea Ruri sur le nombre de lettres total et prit quelques instants pour comparer les signes que lui montrait ruri avec ceux qu’elle avait recopié précédemment.

Ton maître est au courant de tes … lacunes ?

Bien sûr. Il serait tout sauf intelligent de dissimuler une lacune aussi manifeste. D’autant qu’elle sera rapidement corrigée. D’ailleurs, ton maitre ne t’en voudra pas j’espère de ton aide ? D’ailleurs, il y a longtemps que tu vis au Mar Taralom

Plus exactement, c’est le fait même de l’avoir révélé qui lui permettait d’y pallier aussi vite (et sans risquer l’humiliation de révéler au dépourvu ladite lacune en public).

Corrige-moi si je me trompe mais chaque lettre lorsqu’elle est associée aux autres permet de composer les différents sons qui constituent notre langage c’est bien cela ? Les combinaisons de ces différents signes permettent de reproduire tous les sons et donc les mots…. Et la phrase constitue une suite de mots qui vont ensemble ? Une respiration quand on parle… Qui segmentent le discours en différentes parties.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 27 Aoû 2014 - 12:31 Répondre en citantRevenir en haut

Sans être hautaine, l’attitude d’Ayae dérangeait Ruri qui n’en montra rien. L’ondine paraissait sûre d’elle. Peut-être était-ce ce que gênait la neishaane qui n’avait pas confiance en elle. Finalement, l’adolescente se demandait si elle était bien la mieux placer pour lui faire la leçon. Cette pensée s’échappa de son esprit rapidement, reprenant le cours de la discussion comme si de rien n’était. Elle avait répondu aux interrogations d’Ayae sur le nombre de lettres avec soin, n’omettant pas les accents qu’elle considérait comme des lettres à part entière, le son étant légèrement différent. Elle montrait du doigt les signes dessinés et ceux du livre pour lui montrer que personne n’écrivait de la même manière. Certes, les scribes écrivaient bien. Ruri avait une écriture plus douce et assez lisible comparé à certains qui ne prenaient qu’à peine le temps de gribouiller deux trois mots incompréhensibles.

- En effet, il serait idiot de le cacher. Je ne cherchais d’ailleurs pas vraiment de justification de ta part. Certains maîtres sont plus ou moins présents, ce qui laisse plus ou moins de temps pour l’aspirant pour lui dire les points à travailler.

Sur ces mots, elle haussa les épaules pour signifier qu’en réalité, peu lui importait. Qu’elle dise ou non ce qui lui chantait à son maître. Son statut d’aspirant ne lui permettait pas de lui donner de conseil. D’ailleurs, elle n’en avait pas envie non plus. Son voyage accaparait ses pensées. Lorsqu’ Ayae recentra la discussion sur son apprentissage du moment, Ruri se cala au fond de son siège. Elle avait compris.

- C’est ça. Si je mets un « c » et un « a » à côté, ça fait un son comme « ka ». Si je rajoute la petite vague sous le « c », cela me fait un « c cédille » que l’on écrit « ç ». Si je mets un « ç » et un « a », ça fait un son comme « ça ». Donc les différents signes permettent bien de différencier les sons.

Elle avait parlé en prenant la plume et avait ajouté les gestes aux paroles. Elle s’était saisie d’une plume et avait tracé lentement les lettres pour que l’ondine puisse les dessiner à son tour. Nul doute qu’elle pourrait s’entraîner longtemps. D’ailleurs, ce n’était pas le plus compliqué.

- Je vais prendre une feuille de parchemin. Tu as peut-être fait ces exercices quand tu étais petite. Je vais dessiner chaque lettre au bord de la feuille et tu les recopieras jusqu’à ce que l’aspect te plaise. Le tout est que tu puisses reconnaître la lettre mais également l’écrire quand tu en auras besoin.

Sur ces mots, Ruri saisit une feuille de parchemin et dessina les différentes lettres avec les accents. Ayae aurait ensuite tout le loisir de s’entrainer.

- Concernant les mots, tu les connais puisque tu les utilises. Sinon, tu ne pourrais pas communiquer. On va donc commencer avec des mots simples. Par exemple, ami. Tu as trois sons dedans. Le « a », le « m » et le « i ». Mis bout à bout, ces trois lettres forment le mot ami. Pour ce mot là, ce n’est guère compliqué.

Ruri repoussa sa chaise en arrière et se dirigea vers une petite fontaine où l’eau coulait perpétuellement. Elle prit deux tasse et les remplit d’eau avant de revenir et de les poser sur la table. Elle en but une gorgée avant de reprendre.

- tiens, de l’eau si tu as soif. Pour la suite, ça se corse. Il y a des associations de lettres qui changent le son. Par exemple, … , « exemple ». C’est pas mal ça. Tu as le « e » que l’on prononce « euh ». Tu as après le « x » que l’on prononce « ixe ». Et bien, l’un après l’autre, cela donne « ex » et non « euhixe » comme on pourrait le penser. C’est la même chose avec le « e » et le « m ». On ne dit pas « euhaime » mais « an ». Après, le « p » suivi du « l » donne « pl » et non « péaile ». Enfin, le « e » de la fin ne s’entend presque pas. Si j’écris « exemple », je le prononce « aixanpl ». Tu saisis ?

L’explication pouvait ne pas être claire. Il était difficile pour Ruri d’enseigner ce qui lui était désormais des automatismes. Les souvenirs de son apprentissage de la lecture lui semblaient si lointains et diffus. C’était comme si elle devait réinventer sa méthode d’apprentissage. Elle but une autre gorgée d’eau et soupira lentement. La lumière extérieure filtrait à travers les grandes vitres colorées de la tour. Il n’était nul besoin de lumière en ces lieux. C’était ce qui était appréciable. Lorsque la lumière devenait plus diffuse au fur et à mesure que le soir approchait, un homme venait allumer les quelques bougies posées çà et là sur la table. Le regard de Ruri se posa sur ces grandes vitres. Elle en avait envie mais elle devait attendre.

° L’opportunité va se présenter bientôt. Il ne faudra pas que je la loupe °

Partir vers d’autres horizons, vers un futur meilleur, vers une destinée incertaine mais au combien plus réjouissante qu’une vie ici avec des êtres égoïstes et sanguinaires. Ruri était loin d’être tout cela. Sa place n’était pas ici, elle en était convaincue. Son regard s’était perdu, ne fixant plus rien en particulier. Ses pensées voguaient librement. Puis elle se reprit, demandant d’un air froid bien malgré elle.

- Désolée, je pensais à un truc. Veux-tu que je te réexplique quelque chose ? N’hésites pas si tu as des questions.
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