Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] La couleur de la peur Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 10 Aoû 2014 - 09:47 Répondre en citantRevenir en haut

Début Gaïaku 918


Il se passait souvent de drôles de choses dans les rêves. De la folie logée dans l’inconscient de l’esprit, ou des fragments d’un futur lointain et déformé, ou même de la malice d’un dieu qui s’ennuie toutes les nuits… Nul ne saurait dire avec exactitude pourquoi l’esprit produisait tant de choses abracadabrantes durant le sommeil. Persée-Morian Garaldhorf en avait fait l’expérience plusieurs fois au cours de sa vie : certains rêves, qu’on aurait préféré oublier, ne s’effacent pas. Une nuit, elle parcourait le monde, juchée sur le dos d’une immense créature, de la race disparue et maudite des Reines Améthystes, le glaive à la main et la saveur du sang sur les lèvres. Une autre nuit, elle nageait en eaux troubles, là où un être androgyne au sourire fourbe, et sa gigantesque dragonne noire couronnée d’étoiles, prenaient leur bain de minuit dans la mer. Et cette nuit-là, elle rêva de sa mort. Ou plutôt, de la mort d’un être cher, qui devenait alors son pire cauchemar et signifiait sa propre fin.

Un trio des plus étranges franchit l’arche du Labyrinthe ce matin-là. Une jeune femme, au sang-mêlé, couverte de tatouages légués par l’Oracle, sans armes. Suivie par une dragonne d’un bleu turquoise presque trop brillant pour de telles écailles, les ailes repliées sur un dos couturé de longues cicatrices blanchâtres, l’œil aux aguets. Et un petit lézard de feu, accroché sur l’épaule rembourrée de cuir de la jeune femme, dont la robe écailleuse se parait des couleurs sanglantes des Reines du Màr Tàralöm. Etrange tableau que ce trio improbable, sinuant à travers le dédale ensorcelé de la citadelle aérienne. Peu à peu, la brume l’enveloppait et le vent commença à murmurer à leurs oreilles.

° Es-tu sûre que nous en aurons finis avant le déjeuner ? Ñiniel doit nous attendre après, pour le début de son entraînement martial.
Je m’en souviens, oui. Ne t’en fais pas, ce sera vite terminé, ma belle. Nous nous en sortons un petit peu mieux à chaque fois.
Je l’espère. °


Les visites presque mensuelles de l’Ancalikon dans le Labyrinthe étaient devenues une habitude depuis quelques temps. Depuis que la situation s’était considérablement compliquée, en vérité. Mercenaires véreux, doléances à n’en plus finir, entraînements des jeunes recrues : à cette masse de travail s’ajoutait le souci constant de veiller à la sécurité de tout le Màr Menel et de son peuple. Persée profitait de cette escapade dans le territoire des peurs profondes pour se confronter à ses propres angoisses, en diminuer le nombre et peut-être enfin les vaincre. Vraël la suivait docilement dans cette entreprise, autant pour surveiller sa Liée que par curiosité. Elle savait que Maeglin, leur Gardien, se morfondait encore au-dessus du Nexus, au cœur du Labyrinthe, là où peu de gens – comme de dragons – avaient le courage de pénétrer. Elle aurait voulu le trouver et le ramener à la raison. Hélas, elle ne parvenait jamais à atteindre la salle située au-dessus du Nexus magique, là où le Gardien semblait vivre en ermite depuis le début de la guerre contre Drazahir. Quant à Eos, elle servait autant d’éclaireur que d’animal de compagnie. Son utilité se résumait à n’avoir peur de rien – ou presque – et à vouloir absolument accompagner ses deux maîtresses dans leur périple.

Le trio s’enfonça dans le brouillard surnaturel sans un regard en arrière.

A quelques rues d’ici, un garde à moitié abruti de sommeil porta le message suivant à l’Aspirante Iserimir :

- Aspirante Iserimir ? Je vous apporte un message de l’Ancalikon Garaldhorf. Vous devez la retrouver au Labyrinthe, elle vous y attend dans une heure… Euh non, tout de suite. Et après, elle vous rejoint à la salle d’armes près des Thermes de Naira. Pour déjeuner. Je crois… Voilà, fin du message !

Avec de si claires explications, le garde tourna les talons sans attendre. Arrivé devant sa caserne, ce ne fut qu’à cet instant qu’il se rendit compte de sa monumentale erreur. Il venait d’envoyer la jeune Ondine dans le Labyrinthe, sans préparation et sans explications. Les sans-Dons, comme lui, n’y pénétraient jamais. Mais ils avaient entendus des récits effroyables sur le pouvoir de ce dédale destiné à l’entraînement moral des chevaliers-dragons.

- Par la barbe d’Haskèl ! Mais quel imbécile je suis !

Sauf qu’il était trop tard, maintenant, pour réparer son erreur. Et Ñiniel se dirigeait peut-être déjà vers le fameux Labyrinthe. Là où, actuellement, le chef de toutes les armées du Màr Menel en personne surmontait ses peurs, piégée dans le brouillard…



Visiter le site web du posteur
Publicité





MessagePosté le: Dim 10 Aoû 2014 - 09:47 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 19:54 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel se réveilla difficilement ce matin. En s'étirant et baillant, elle perçut les derniers événements de la veille et tenta de rassembler les pièces du puzzle. Dans le bain puis face au miroir devant lequel elle ajustait ses bijoux, elle pût revivre cette première soirée aux Spires du Kaerl Céleste. Peu à peu le sourire apparut sur son visage en même temps que les moments passés en compagnie d'Asulil Addraeddry.

La veille, après avoir quitté Vraël, Ñiniel avait décidé de faire un tour sur la Grand'Place pour acheter de quoi meubler sa nouvelle vie. Tissus, fioles, herbes médicinales, mais aussi de petits talismans, divers objets et récipients, une lampe à huile....l'Ondine, prise dans une incroyable tornade d'achats, chose qu'elle n'avait plus faite depuis tant de temps déjà, se laissa submergée et retourna fort encombrée aux pieds des Spires. Le regard planté dans les nuages, elle se demandait quelle serait la meilleure solution pour monter tout cela dans sa chambre.
Rànen poussa alors un petit cri, prévenant son Ondine d'une venue imminente. Apparut alors un jeune Torhill au visage tatoué face à elle. C'était Asulil Addraeddry, lui aussi nouvellement arrivé. Tandis qu'il lui proposait son aide, ils purent faire connaissance.

Ñiniel se surprit à rire devant son reflet.

Il faut dire que l'aide apportée fut épique. Asulil n'avait pas été très adroit, ce qui amusa beaucoup Ñiniel au contraire de son acolyte qui ne cessait de se confondre en excuses. Après un premier objet tombé dans les escaliers, elle lui proposa de porter les tissus achetés. Ce fut finalement plus dangereux pour le Torhill qui s'empêtra avec, au risque de chuter. Lorsque tout fut monté, ils décidèrent de discuter encore un peu. Ils parlèrent surtout de leur arrivée sur Tol Orëa, de leur Maître-Dragon respectif, de leurs impressions, de leur devenir en tant qu'Aspirant Céleste, de l'apprentissage de l'Ondine auprès de Nalesean. Ñiniel fut immédiatement rassurée par la présence d'une personne découvrant ce nouveau continent fantastique avec les mêmes yeux néophytes. Naturellement, ils se comprirent.

On frappa alors lourdement à la porte en bois massif, chassant brusquement ces belles pensées matinales. Ñiniel se leva et ouvrit à un homme en armure et à l'allure encore endormie.

- Aspirante Iserimir ? Je vous apporte un message de l’Ancalikon Garaldhorf. Vous devez la retrouver au Labyrinthe, elle vous y attend dans une heure… Euh non, tout de suite. Et après, elle vous rejoint à la salle d’armes près des Thermes de Naira. Pour déjeuner. Je crois… Voilà, fin du message !

Il fit volte-face et disparut aussi vite qu’il était venu, laissant-là une Ondine bouche-bée. Le Labyrinthe ? Qu’est-ce que c’était ? Un peu indécise, elle se retourna, attrapa sa sacoche avant de la reposer. Elle n’aurait pas besoin de cela…mais un dernier regard la fit hésiter. Dans un soupir, elle sortit deux fioles et les mit au fond de sa petite bourse accrochée à la ceinture.
Rànen, toujours aussi curieux, se posa sur épaules et poussa des petits cris impatients.

« On y va, on y va… »

Elle ferma la lourde porte, rangea la clé, et descendit les marches. Une fois arrivée en bas, elle se renseigna quant à sa destination auprès de passants : le Labyrinthe se trouvait sous le Grand Hall. L’Aspirante gambada joyeusement jusqu’à son lieu de rendez-vous, pressée de raconter à Persée sa rencontre de la veille. Asulila Addraeddry avait pour Maître-Dragon Legundir Unarion, Arken du Màr Menel. Persée devait forcément le connaître, et l’Ondine brûlait de la questionner à ce sujet.

Une fois sous la magnifique coupole, elle s’aventura dans le majestueux dédale qui s’offrait à elle, et après quelques erreurs d’orientation, elle arriva enfin devant la Grande Arche derrière les portes de laquelle se trouvait l’imposant escalier de marbre. Les vitraux laissèrent place à ces petits globes lumineux qui éclairaient des marches descendant toujours plus bas. Au fur et à mesure de la descente, Ñiniel se concentra un peu plus sur sa future destination. La lumière extérieure n’avait jamais rayonné en ces lieux, ce qui lui donnait une atmosphère soudainement inquiétante. Les pas de l’Ondine se firent plus lents, et finalement la dernière marche fut atteinte.

Se dévoila alors aux yeux de l’Aspirante un espace gigantesque. Passée la petite entrée, Ñiniel se retrouvait maintenant sur une grande place souterraine et rectangulaire, où trônait en son centre un étrange obélisque. A l’autre bout de cette place se dressait une grande muraille sombre, fendue en son centre : l’entrée du Labyrinthe.
Le regard de Ñiniel se fronça à la vue de cette obscure ouverture : que pouvait donc receler ce mystérieux dédale ? Des impasses évidemment, mais y’avait-t-il des pièges ? Des guerriers tapis derrière un couloir, attendant patiemment un adversaire pour leur combat ? A quel point ce Labyrinthe pouvait-il être dangereux ? L’Ondine redoutait déjà cet endroit avant même d’avoir pu l’appréhender.

Ñiniel aperçût Persée à côté de l’obélisque. Peu rassurée à l’idée de ce qui l’attendait, l’Ondine avança en direction de sa Maîtresse Dragon en tirant sur ses manches, l’esprit soucieux et le regard fuyant. Elle ne se voyait absolument pas entrer à l’intérieur et n’aspirait qu’à prendre la poudre d’escampette. Comment Persée allait-elle réagir si jamais l’Aspirante ne pouvait pas faire ce qu’elle lui demanderait ?

Rànen ne disait plus rien non plus. Perchée sur l’épaule de Ñiniel, il cherchait à se camoufler au mieux dans ses cheveux, chatouillant au passage le creux de son cou. L’Ondine chercha sa petite queue plumée et la fit jouer entre ses deux doigts.

« Toi, mon petit Kalel’y, tu ne me quittes pas… »

Vraël était aussi là, ce qui rassura un peu la jeune Aspirante. Elle arriva à leur hauteur en traînant des pieds sans même s’en apercevoir, et salua l’Ancalikon avec toute la déférence d’une Aspirante envers sa Maîtresse.

« Bonjour. J’ai bien reçu votre message….j’espère ne pas vous avoir fait trop attendre ? Je dois vous avouer que ce lieu est assez… »

*…terrifiant…*

« …étrange…qu’est-ce c’est ? » demanda-t-elle d’une voix aigüe, faussement innocente.




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 13 Aoû 2014 - 23:05 Répondre en citantRevenir en haut

Les paroles de la jeune Ondine résonnèrent dans un silence presque parfait, à l’aspect cristallin, que le moindre chuchotement pouvait briser. Et ce fut le cas. Sitôt les derniers mots prononcés, ceux-ci furent aussitôt avalés par le silence lui-même. Il ne subsistait aucun écho ici : ni de ses pas, ni de ses paroles. Toutes traces de sa présence s’effaçaient lentement. Et lorsque les protagonistes, auxquels s’adressaient ces paroles, firent volte-face, eux-mêmes n’étaient que des images issues d’un songe éveillé. Un songe terrifiant, mais non pas réel.

La Persée Garaldhorf, créée de toutes pièces par le Labyrinthe et nourrie par le subconscient des différents téméraires arpentant à cet instant son formidable dédale, ne présentait aucune distinction très significative avec le modèle original. L’image semblait néanmoins trop parfaite pour être réelle. La cicatrice à la tempe, celle qui balafrait son dos sur toute la longueur, la raideur des épaules, la vivacité du regard : tout avait disparu. Tout avait été lissé. Y compris sa peau. Il n’y avait plus aucune trace des runes, mi maudites mi bénies, de l’Oracle sur ce pâle épiderme. Et l’image renvoyait un regard neutre, froid et distant de statue, à l’Aspirante qui osait quémander son aide. Il n’y avait plus d’Eos non plus. Elle n’avait plus lieux d’être, cette lézarde à l’infâmante couleur rouge au sein d’une cité où l’on révérait l’or des Reines, qui n’avait échappé à la mort que grâce à son lien avec l’Ancalikon. Vraël elle-même voyait son dos être débarrassé de toutes traces des horribles cicatrices le balafrant. Elle se dressait fièrement, de l’autre côté de l’obélisque, au côté de cette femme imaginaire qui se disait sa Liée.

- Petite insolente. Comment oses-tu mettre en doute ma décision ? Ce lieu sera parfait. Suis-moi et ne trébuches pas… Ou le Labyrinthe deviendra ta tombe.

La brume se leva soudainement, enveloppant la scène et ses acteurs comme dans un linceul opaque. Si d’aventure, Ñiniel venait à se retourner, pour espérer revenir sur ses pas, elle ferait face à un long couloir semé de marches, se perdant dans les ténèbres. L’arche, entrée du Labyrinthe, s’était considérablement éloignée. Les images de Persée et Vraël s’étaient évanouies dans le brouillard magique. Laissant l’Aspirante seule maître de son chemin… Et de ses peurs.

A quelques rues tortueuses de là, la véritable Persée Garaldhorf avançait tête haute, fendant la brume aux côtés d’Eos et Vraël, vers l’inconnu.

° La dernière fois, tu as manqué embrocher ton reflet. Et j’ai faillis me froisser une aile. Je suis contente que tu sois venue sans armes.
Parle pour toi ! Même sous ta forme la plus pure et la plus naturelle, tu restes plus armée qu’un bataillon céleste ! Je me sens nue. Je regrette de n’avoir pas emmené une dague… Juste au cas où. °


Eos lança un avertissement sonore. Quelque chose avançait dans la brume, droit devant elles. Une silhouette se formait, plus sombre, prête à se détacher des filaments de brume pour se matérialiser. A une époque, Persée aurait été certaine d’y reconnaître la terrible figure paternelle. Pendant un temps, plus récemment, elle aurait su que le Maître des Ombres en personne allait apparaître, modelé par son imagination rendue folle par la peur. Maintenant, elle n’était plus sûre de rien. La jeune femme plissa les, espérant deviner quel genre d’adversaire le Labyrinthe lui envoyait cette fois-ci. Vraël se montrait plus nerveuse, balançant sa longue queue tel le balancier d’une horloge trop rapide, tous ses sens aux aguets. La brume mettait trop de temps à former une image nette. Le Labyrinthe se concentrait probablement sur plusieurs intrus à la fois…

- Allez ! enragea Persée, les dents serrées par l’impatience. Dépêche-toi, épreuve de malheur !

Son adversaire jaillit enfin de la brume. Il surgit sans crier gare mais n’attaqua pas. La masse écailleuse se dressait sur le chemin du trio, l’empêchant d’avancer. La fabuleuse bête trônait au centre du chemin telle une reine millénaire. Ce qu’elle était peut-être, à bien des égards. Elle n’accorda pas un regard à Eos, ni même à Persée, préférant se concentrer sur la seule véritable rivale face à son règne immortel. Vraël la Bleue. Car face à celle-ci se dressait son pire cauchemar, rêvé tant de fois en secret, depuis les prémisses dans sa coquille, jusqu’à ces quelques jours.

° Toi, fille de la lumière. Tu souilles le lien de l’Empreinte avec MA Liée. Ton existence est une insulte, créature inférieure. Et Flarmya m’en soit témoin, je vais réparer cette erreur. Abomination ! La dernière des Garaldhorf est à moi ! °

Vraël la Reine Améthyste.

- … Vraël ?

La fille de Kiruna, née sur les sables dorés, aimée des dragons du Màr Menel, la sage dragonne de lapis-lazuli, n’osa pas croiser le regard de sa propre Liée. Persée la fixait à demi sans comprendre, ébahie par ce spectacle improbable. Le Labyrinthe avait flairé une plus grosse proie, en sondant les peurs les plus profondes du trio. Et c’était au tour de Vraël, maintenant, de goûter au parfum de la terreur. La dragonne, horrifiée, resta paralysée une fraction de seconde. Un laps de temps qui aurait pu lui être fatal. La Reine pourpre, née d’un songe sur les sables d’argents, d’un Kaerl maudit pour l’éternité, fondit tous crocs dehors sur sa proie. Vraël esquiva l’assaut et poussa un rugissement de défi. Un cri qui ressemblait pourtant à une plainte de détresse. Mais Persée ne pouvait pas l’aider. Personne ne le pouvait. C’était son combat.

° Va-t-en ! Ce n’est pas ton combat ! Cours ! Trouve ta peur et détruis-là ! Tu me rejoindras à la sortie plus tard. °

Son ton n’admettait aucune objection. La Bleue et l’Améthyste dévoilèrent chacune leurs dents aiguisées en un rictus belliqueux. La Reine envoya un grand coup de patte vers sa petite rivale. La Bleue, plus agile, esquiva à nouveau et mordit au-dessus du coude. Les deux dragonnes mugirent de concert. Ailes de soies, d’azur et de violine, se déployèrent. Eos piailla, sortant Persée de sa transe. La sang-mêlé prit la fuite, s’éloignant aussi vite que possible de ce titanesque combat. Une vois susurrait à son oreille, une voix qu’elle reconnaissait entre mille. C’était celle de Zackheim. Comme à chaque fois, elle était tentée de l’écouter, de se laisser aller et de s’endormir sur les dalles froides en imaginant qu’il s’agissait des bras de son amant. Mais elle ne le ferait pas. Le cœur affolé, l’esprit en déroute, elle mit du temps à comprendre qu’elle s’enfonçait elle ne savait où dans le Labyrinthe… Et qu’elle venait de perdre ses calculs mentaux, lui permettant de retrouver la sortie plus rapidement. La voix de Zackheim se faisait de plus en plus insistante.

- Je t'en prie, tais-toi !

Elle ne cessa toutefois de courir que lorsqu’elle heurta à pleine vitesse un corps étranger. Elle crut à un nouveau mirage lorsqu’elle reconnut le visage de l’apparition.

- … Ñiniel Iserimir ? s’exclama-t-elle, interloquée.





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Lun 8 Sep 2014 - 12:28; édité 1 fois
Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 20 Aoû 2014 - 19:56 Répondre en citantRevenir en haut

Le regard assassin lancé par l'Ancalikon ainsi que ses paroles terriblement dures et sèches clouèrent Ñiniel sur place, comme si un jet d'air glacé venait de la tétaniser.
Aussitôt un sentiment de regret et de tristesse prit possession de son être. Sa bouche se tordît de toutes ses forces pour empêcher les larmes de s'échapper de ses yeux terrifiés tandis qu'elle entreprit de suivre Persée vers une épreuve inconnue dans le plus grand silence.
L'incompréhension était la plus triste des douleurs, douleur tellement habituelle pour la jeune Iserimir. Venait s'ajouter à cette incompréhension la peur. La peur de ce qui l'attendait et des menaces proférées par la Maîtresse-Dragon. Son regard était concentré sur le sol, d'une part pour ne pas trébucher, d'autre part car elle n'osait pas regarder autour d'elle. Quelqu'un avait peut-être perçu la conversation, et Ñiniel se sentait si honteuse d'avoir agacé l'Ancalikon du Kaerl Céleste qu'en portant son regard sur les dalles froides, elle faisait abstraction de ce qui l'entourait et s'imaginait peut-être naïvement qu'ainsi personne ne la verrait.

Mais alors qu'elle suivait les pas de Persée, un épais brouillard vint compliquer les choses, rendant l'exercice beaucoup plus compliqué. Il aurait presque bientôt fallu que Ñiniel lui attrape la main pour ne pas la perdre tant ce brouillard engloutissait tout; mais cela, elle ne pouvait se l'imaginer. Elle tenta tant bien que mal de la suivre, mais bientôt même la plus infime des ombres ne pût transpercer le brouillard. L'Ondine leva alors les yeux, accéléra ses pas puis se mît bientôt à courir pour espérer retrouver sa Maîtresse-Dragon.

"Maître Garaldhorf? Maître Garaldhorf?!"

Avait-elle décidé de la punir pour son insolence? Si tel était le cas, Ñiniel avait compris son erreur et était prête à tout pour ne pas se retrouver seule. Elle qui avait vécu l'abandon tant de fois déjà ne pourrait pas le supporter après avoir autant ouvert son cœur depuis son arrivée au Kaerl Céleste. Cet abandon-là l'anéantirait définitivement. La main glissait maintenant le long du mur; elle avait stoppé sa course devant une telle opacité mais gardait toujours une marche rapide. L'espoir de rattraper Persée lui tenaillait les entrailles, c'est ce qui lui permettait de continuer. Mais face à ses appels répétés, seul le silence s'offrait à elle.

Peu à peu la peur prit le dessus sur l'espoir et l'Ondine se mît à paniquer. En elle remontaient les lointains souvenirs de sa mère partie à sa venue au monde, de son père qui la méprisait, de ces villageois qui la chassèrent, de Nondilë qui s'était lassé...fruit de son imagination ou terrible pouvoir du labyrinthe?
À chaque pas elle semblait apercevoir chacun de ces acteurs de son triste passé susurrant à demi-mot à l'oreille de l'Ondine, la jugeant de leur lourd regard, l'accusant de son propre abandon.

Ce fut d'abord une ombre floue à la longue chevelure et à la voix féminine qui semblait tourner autour d'elle dans le brouillard. Sans vraiment distinguer qui cette forme pouvait être, Ñiniel apercevait de temps à autre une mèche de longs cheveux bleus sombres, un bras délicatement orné d'un bracelet serti d'une Pierre de Kishi, un regard cristallin.

Le souffle coupé, la marche stoppée et la voix en émoi, Ñiniel ne pût que souffler deux petites syllabes aussitôt avalées dans l'épais brouillard.

"Ma...man?!"

L'ombre poussa un sifflement cinglant en entendant ce mot. Le bras surgit brusquement du brouillard pour empoigner l'Ondine alors terrifiée par ce spectre. Une voix d'outre-tombe, terriblement glaciale et à l'accent mauvais se fit alors entendre.

"Tu t'es débarrassée de moi, moi qui t'ai donné la vie...c'est de ta faute… tu as pris ma vie pour t'offrir la tienne..."

Tandis que les yeux effarés de Ñiniel refusèrent de croire ce qu'ils voyaient, une autre forme se détacha du brouillard. L'Ondine reconnut la voix de son père aussitôt.

"Tu as pris l'amour de ma vie...tu n'aurais jamais du venir au monde, tu n'es qu'une erreur, une terrible erreur...tu n'auras que ce que tu mérites..."

Elle tentait de se défaire de l'étreinte glaciale de sa mère de toutes ses forces. Et quelles forces! Elle pleurait de désespoir tant ses tentatives étaient vaines. Plus elle essayait de se dégager, plus la poigne de resserrait autour de son bras. Se laissant tomber au sol, Ñiniel poussa un faible cri dans l'indifférence la plus totale.

"Laissez-moi..."

Mais loin de la laisser en paix, les ombres se firent toujours plus nombreuses. À l'unisson, et tels des spectres, ils entamèrent une lourde plainte.

"Tu es la chair de la cause de notre malheur, tu ne vaux pas mieux que lui...ceci est notre terre que tu empoisonnes de tes racines pourries...disparais et ne reviens jamais..."

Ils avaient terriblement raison. C'est ce que Ñiniel ressentait à chaque fois qu'elle repensait à Orën. Son père avait été à l'origine d'une grande famine à l'époque, extorquant toujours plus les richesses des villageois pour le confort de son Seigneur (et du sien), ne respectant pas la vie. Ñiniel elle-même n'avait jamais eu l'autorisation de se montrer parmi les gueux que son père décriait. Et ce qui n'est pas connu n'est-il pas terrifiant?

La tête entre ses mains, l'Ondine priait pour que tout cesse. Un à un ils répétèrent leurs accusations, ne laissant aucun répit à l'Aspirante.

Le coup de grâce n'était pourtant pas encore venu. Un parfum ambré parvint alors jusqu'à son nez; ce parfum, elle l'aurait reconnu entre tous. C'était celui de Nondilé. Loin d'être rassurée par cette vague présence, elle leva vers cette brume des yeux suppliant de lui épargner ce souvenir-là. Elle ne pourrait le supporter. Mais une main attrapa son épaule, et dans un ultime sursaut elle sentit son cœur se briser en mille morceaux.

"Tu as refusé l'amour que je pouvais t'offrir....qu'espérais-tu donc, petite naïve? Il y a maintenant longtemps que je t'ai oubliée, fais de même..."


Étouffée par les sanglots, recroquevillée sur elle-même, il lui était impossible de répondre. Dans ce Labyrinthe aux supplices, l'Ondine savait pertinemment qu'il ne s'agissait que de projections.

Des pas se firent ensuite entendre, et une nouvelle fois Ñiniel leva les yeux, attendant son bourreau. Puis vint l'image de Persée Garaldhorf en personne s'avançant vers elle. Ñiniel eut un dernier sursaut d'espoir, croyant qu'elle viendrait à son secours. Mais le regard empli de haine détruisit en un éclair ce fol espoir.

"Que me suis-je coltinée une si piètre Aspirante? Tu n'es même pas capable d'entendre la vérité du labyrinthe...et bien restes-y, c'est là la seule place que tu mérites..."

Cette dernière phrase pleine de mépris éveilla quelque chose chez l'Ondine. Qu'avait-elle donc à perdre maintenant si même l'estime de Persée avait disparu? Dans un dernier soupçon de rage, elle se leva après une ultime tentative et continua d'avancer. À bout de force, elle n'avait plus de but et errait en traînant derrière elle les fantômes de son passé. Sans but et sans rien à perdre, elle continuait d'avancer dans la simple intention de donner tort à ce dernier spectre. Il y avait encore quelque chose qu'elle pouvait contredire dans tout ce qui avait été dit. La rage aux dents, elle continuerait d'avancer, au rythme des accablements lancinants.

Plusieurs minutes s'étaient maintenant écoulées et Ñiniel n'en démordrait pas; elle verrait bien qui finirait par se lasser. Mais c'est alors qu'elle percuta de plein fouet une masse qui faillit la renverser.

"...Ñiniel Iserimir?"

Elle reconnut la voix de Persée. Avait-elle donc fini de la suivre? C'était la première fois que l'une de ces ombres essayait d'ouvrir le dialogue. L'Ondine ricana nerveusement.

"Et bien quoi? Je te tiens tête? Cela ne te convient-il donc pas que je reste dans ce Labyrinthe comme tu le laissais si bien présager? Je....je ne te laisserai pas ce plaisir, et quoi que tu puisses dire n'y changera rien. Jamais! Hors de la vue spectre!"

Au fur et à mesure sa voix était devenue furieuse et c'est pratiquement en hurlant que Ñiniel s'adressait à celle qu'elle croyait être une ombre. Une réelle rage était apparue en même temps que cette vision osant la provoquer pour mieux la décourager. Dans un geste désespéré, elle prit une des petites potions qu'elle avait eu la vivacité d'esprit de prendre en quittant sa chambre ce matin-là, et la jeta aux pieds de l'Ombre avant de prendre ses jambes à son cou. Mieux valait être loin quand le gaz toxique s'en prendrait à la gorge, provoquant la sensation d'étouffement avant l'évanouissement. S'il était naïf de croire se débarrasser de ses fantômes ainsi, c'était en revanche une façon comme une autre de les combattre.

Si Persée avait été là, Ñiniel ose espérer qu'elle aurait été fière d'elle; de quoi faire mentir son spectre une fois de plus.




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 17:04 Répondre en citantRevenir en haut



La voix doucereuse de son amant s’éteignait comme celle de son Aspirante enflait. Grondante telle une tempête, emplie de colère et de ressentiment. Persée se figea, éberluée, nageant comme en plein rêve. Qu’est-ce que cela signifiait ? Les pouvoirs empathiques si particuliers – et terriblement puissants – de la jeune femme lui permettaient d’ordinaire, au prix d’efforts mentaux, à faire la différence entre des illusions et des personnages réelles. Cette Ñiniel Iserimir se trouvait être on ne peut plus réelle. Ce qui augmentait d’autant plus son désarroi. Elle n’aurait pas dû se trouver ici. La jeune Ondine n’avait rien à faire dans le Labyrinthe, elle n’était pas prête à l’affronter, elle n’avait pas été préparée !... Choquée par cette découverte autant que par les mots assassins, Persée fixait son Aspirante sans bouger un seul muscle, les yeux agrandis par la stupéfaction.

Ñiniel attaqua soudain. Jetant une fiole aux pieds de la Maîtresse Bleue, elle fit demi-tour sans demander son reste, courant à toute allure vers les tréfonds obscurs du Labyrinthe. Persée eut un mouvement de recul. L’impulsion de se jeter en avant, dans l’espoir de rattraper l’Aspirante, fut brisée net par une bestiole hurlante toute en griffes, en écailles et en ailes de soie rouges. Eos s’était jetée en piaillant sur le visage de sa maîtresse. En proie à la panique, la lézarde battait furieusement des ailes pour masquer le nez et la bouche de celle-ci. Persée toussa, tenta de se défaire de cet écran, ne réussit qu’à s’écorcher contre les petites serres blanches. Les déplacements d’air provoqués par les mouvements affolés d’Eos lui permettait à tout le moins de respirer. Elle aperçut alors à ses pieds un nuage coloré se répandre. Comprenant que c’était du poison, elle battit en retraite.

Par mégarde, et parce qu’Eos n’avait pas réagis à temps, elle inspira un peu de gaz toxique. La tête lui tournait. Si elle ne faisait rien, elle allait s’évanouir. Alors elle serait perdue. Et elle devrait attendre la fin du combat de Vraël contre ses démons intérieurs… Ou un hypothétique sauvetage de la part d’un Maître Dragon en mal de sensations fortes. Eos s’accrochait sur son épaule de toutes ses forces. Persée la remercia d’une pensée silencieuse en lui caressant la tête. Elle tituba dans le long couloir, tourna à droite, puis à gauche, essayant de garder un cap droit. Il fallait qu’elle retrouve Ñiniel. Comment avait-elle fait pour se retrouver ici ? Le message ne disait rien de tel ! Persée enrageait. Si elle retrouvait le garde chargé de porter son message, il pourrait dire adieu à sa solde pendant un mois !

- Eos ! Retrouve-là, s’il-te-plait. Tu dois la retrouver avant que le Labyrinthe ne lui fasse perdre l’esprit…

La lézarde de feu piailla son désaccord. L’Ondine avait osé attaquer sa maîtresse. Elle avait voulu lui faire du mal. Le reptile écarlate hérissa ses minuscules épines dorsales, aussi aiguisées que des aiguilles, et montra les crocs. Persée la fit taire d’un regard.

- Fais-le. Obéis.

Eos s’envola à contrecœur, disparaissant dans le dédale à la recherche de l’Aspirante. Persée se laissa glisser contre le mur et s’assit sur le sol, soudain épuisée. Elle ferma les yeux un instant. Elle les rouvrit plus tard sur un visage familier. Un visage dont elle connaissait l’exacte courbure des pommettes et des lèvres, dont les traits restaient gravés au fer rouge dans sa mémoire. Derrière ses paupières closes, chaque nuit semblait-il, elle emportait son sourire dans ses songes. Ses yeux verts possédaient plus de chaleur que toutes les gemmes et toutes les forêts du monde. Dans la lumière crépusculaire du Labyrinthe, il semblait plus beau que jamais, presque parfait. Des reflets dorés dansaient dans ses cheveux bruns tirant sur le roux. Il lui était d’autant plus précieux que bientôt, elle le savait, il lui serait arraché d’une manière ou d’une autre. Dieux, comme elle l’aimait ! Il incarnait son souffle, une vie tumultueuse mais exaltante, la plénitude de l’union et la sérénité d’être aimé en retour.

- Zackheim, que fais-tu là ? s’enquit-elle d’une voix ténue.

La surprise de le savoir ici s’atténuait à mesure que l’illusion de sa présence devenait presque tangible. Elle ne pouvait pas ressentir les émotions de ce mirage. Mais il lui faisait néanmoins assez d’effet pour qu’elle baissât sa garde. Zackheim lui sourit. Un sourire tendre, amusé, serein. Il souriait rarement ainsi. Toujours préoccupé, toujours assaillis de questions, le jeune homme vivait une double-vie qu’elle-même avait choisis de partager. L’esprit de Zackheim n’était jamais en paix. Hanté par la rancœur, la haine, le désir de se venger, mais aussi l’amour, le besoin de protéger, son intelligence calculatrice lui permettait de faire face avec sang-froid à la situation. Persée était peut-être la seule à le sentir… Dans le cœur de Zackheim de Galastden, lié du Brun Sarevok, Seigneur du Màr Menel, les mensonges pesaient aussi lourds que des enclumes. Alors pourquoi souriait-il ?

- Je suis venue te chercher. Cela fait des heures que tu erres dans ce dédale. Il est temps de rentrer.
- Rentrer ? Où ça ?


Elle n’y comprenait plus rien. Le Labyrinthe n’était-il pas censé montrer nos peur les plus profondes, et non pas les espoirs les plus inattendus ?

- Chez nous, voyons ! Que crois-tu faire ici, jolie innocente ? Tu as du travail qui t’attend.
- Tu viens avec moi ?
- Non. Je ne peux pas. Le Kaerl a besoin de toi.


Oui, le Kaerl… Après tout, elle était l’Ancalikon de toutes les armées célestes. Elle devait accomplir son devoir. La main de son amant lui frôla la joue. Elle tressaillit. Elle voulut poser sa main sur la sienne pour que le contact dure plus longtemps. Ses yeux tombèrent alors sur une tâche sombre et humide s’élargissant sur la chemise de son aimé. Ecarquillant des yeux horrifiés, elle croisa le regard doux mais triste de Zackheim penché au-dessus d’elle.

- Je suis déjà mort, Persée. Tu ne le sais pas encore, voilà tout. (Soupir agacé.) Tu étais ma faiblesse. Pas la plus ancienne ni la plus terrible. Mais ma faiblesse la plus mortelle, oui. Tu m’as tué.

Les larmes dévalèrent les joues blêmes de la sang-mêlé. Sa bouche s’ouvrit sur un cri muet. Elle était incapable de bouger ou de parler. Peu à peu, la silhouette de Zackheim s’estompait, remplacée par des os blanchis par les ans, une large marre de sang et des chairs putréfiées. Puis la voix lui revint. Persée hurla de toutes ses forces, criant des choses incompréhensibles, maudissant tour à tour les dieux, les dragons, Dame Amlug, Zackheim lui-même. Elle en voulait soudain au monde entier. Sa voix se brisa et elle resta ainsi, recroquevillée, en attendant que le souvenir disparaisse.

Oubliée Ñiniel qui errait dans le Labyrinthe. Oubliée Eos qui avait été chargée de la retrouver…


Navré du retard ! N'hésite pas à PNJiser Eos ^^



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 28 Sep 2014 - 19:28 Répondre en citantRevenir en haut

Encore plus loin, toujours plus loin. L'Ondine courait sans but dans ce dédale vide d'espoir. Elle ne pensait pas, ne réfléchissait plus; seul lui importait le fait de courir et de ne plus croiser ses fantômes. Mais au fond, à quoi bon les fuir ? Ce sont ses propres peurs qui se matérialisent, et où qu’elle aille, la jeune femme ne pourrait ignorer les chaînes qui la terrassaient et l’empêchaient d’être libre.
A l’instar de ses chaînes, la brume du Labyrinthe était partout, tantôt légère, tantôt étouffante, mais toujours présente.
Les pas de Ñiniel ralentirent la cadence à mesure que le souffle vint à manquer. L'Aspirante s'arrêta finalement lorsque les suppliques de son corps furent plus fortes que sa rage et son désespoir. Elle se laissa tomber à terre et fit du mur du Labyrinthe son seul support.

La main portée au front, elle tenta de retrouver un semblant de calme. Lentement, la lucidité retrouvée lui laissa entrevoir la vacuité de sa course. L'Ondine tenta de remettre de l'ordre dans ses idées, mais des piaillements la firent brusquement sursauter: elle se redressa, et tendit l'oreille. Ñiniel, trompée par une once d’espoir, crut reconnaître Rànen, son petit Kalel’y. Mais au fur et à mesure que les piaillements se rapprochaient, elle identifia l'appel d'Eos. Pendant un instant, le doute la submergea: était-ce encore une fois le cruel jeu du Labyrinthe?

Pour la première fois, son esprit fut assez vif pour raisonner : Eos ne faisait pas partie des démons de la Peur qui la hantaient. Elle fût tentée de rejoindre le messager de Persée, mais se demandait toujours comment être bien sûre qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau subterfuge.

Un éclair traversa son esprit : Ñiniel pensa avoir trouvé la solution pour distinguer la réalité aux illusions en refusant de se fier à son sens oculaire. Qui plus est, si ces illusions ne sont que la matérialisation de ses peurs, l'Ondine devait apprendre à les contrôler… et le calme intérieur était de mise.

Elle s'assit alors en tailleur au milieu du dédale et prit une profonde inspiration. L'Aspirante ferma les yeux et mit sa conscience en retrait. Son corps se reposa entièrement, et l'Ondine se sentit alors légère, protégée à l'intérieur de son enveloppe charnelle. Les parties de son corps en contact avec le sol ressentaient les moindres vibrations et était en parfaite harmonie avec son environnement extérieur.

Lorsqu'Eos la retrouva, elle hésitait toujours; le Labyrinthe semblait plein de mystères et de surprises. Mais il fallait qu'elle affronte cette venue. Et puis, Ñiniel savait que Persée était elle aussi dans le Labyrinthe, et qu'Eos avait peut-être été envoyé par elle. Elle devait vite savoir afin de choisir la réaction à adopter. Lorsqu’il retrouva l’Ondine, Eos hésita un instant avant d’approcher l’Aspirante. Il vola d’abord autour d'elle pour mieux appréhender la situation. Il entreprit finalement de se poser sur son genou, piaillant de toutes ses forces.
Au fond de Ñiniel, aucune peur ne vint la submerger. Aux côtés d'Eos, elle restait en paix. L'Ondine ouvrit alors doucement les yeux, et approcha sa main du petit Messager. Elle avait décidé de le suivre.

« Mène-moi à Persée… »

Eos s’éleva alors dans les airs et guida Ñiniel entre les murs du Labyrinthe. L’Ondine se releva prestement et commença à suivre le Messager. Au bout de quelques minutes qui parurent interminables, pendant lesquelles seuls les pas de l’Ondine et le bruit du tissu de sa robe raclant le sol sec se faisaient entendre, un autre bruit s’ajouta dans cette lourde ponctuation du silence : la voix de Persée au loin se mit à retentir. L’Ondine crût qu’elle était en train d’hurler, mais il était difficile pour elle de savoir à quelle distance se trouvait sa Maîtresse-Dragon. Seul Eos savait comment la retrouver.

« Vite…plus vite Eos ! »

Un petit cri de la part du Lézard de Feu fit comprendre à l’Aspirante son approbation, et un coup d’aile claqua un peu plus fort dans l’air. Eos accéléra, et Ñiniel força le pas.

Au fond d’elle, l’inquiétude la submergeait toujours un peu plus. Après les Démons qu’elle venait d’affronter, elle, Aspirante depuis au Passé chargé mais mesurable, elle appréhendait ce que Persée Garadlhorf, Ancalikon du Mar Menel pouvait endurer comme Terreur.
Même si la Maîtresse Dragon était rompue à l’entrainement et au Labyrinthe, Ñiniel n’était pas rassurée.
Le cri s’était maintenant tu, et le silence recouvrait l’entièreté du Labyrinthe. Si le cri l’avait inquiétée et agressait tout son être, le silence l’étouffait d’angoisse : pourquoi sa Maîtresse-Dragon ne criait plus ? Aux yeux de l’Ondine, l’entendre hurler était signe de combat : elle luttait contre ses Démons. L’entendre se taire, au contraire, signifier perdre. Persée s’était-elle résignée ? Que s’était-il passé ? Que lui était-il arrivé ? Allait-elle bien ? Où était-elle ?

« Eos, s’il te plaît ! »

Au bout du couloir, une ombre se dessinait de manière plus précise au fur et à mesure qu’ils s’approchèrent. Persée, ce ne pouvait être qu’elle. Elle était recroquevillée, dos contre le mur.

« Maître Garaldhorf ? »

Elle ne réagissait pas. Ñiniel était encore à quelques pas d’elle.

« Maître Garaldhorf ?! »

Plus que quelques pas.

*Allez !*

Enfin l’Ondine parvint à Persée. Fermée à tout extérieur, Persée ne bougeait pas. La tête blottie dans ses bras, elle restait sourde à tout. Ñiniel s’assit alors doucement à côté d’elle. Elle n’était plus inquiète, sa Maîtresse-Dragon était en vie. Le combat était terminé, tout était fini. Ñiniel avait réussi à laisser là-bas ses Démons. Ils n’étaient pour autant pas vaincus, mais semblaient s’amuser du répit qu’ils lui offraient. Comme s’ils souhaitaient prolonger le jeu, lui cédant cette première manche jusqu’à la prochaine partie. L’Ondine savait qu’ils l’attendraient toujours au Labyrinthe.
Les Démons de Persée semblaient avoir gagné cette bataille, et Persée Garaldhorf paraissait goûter une terrible et amère défaite.
Démunie, Ñiniel ne savait que faire à part attendre que le temps vienne estomper les douloureuses blessures. Toujours assise à côté de Persée, Ñiniel tourna doucement la tête et leva les yeux sur elle. Elle tenta une dernière fois de parvenir jusqu’à elle.

« Persée… »

Alors Ñiniel attendit.




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 18 Oct 2014 - 17:36 Répondre en citantRevenir en haut

Eos renâcla, irritée de voir l’agresseur de sa Liée lui donner des ordres. Elle montra les crocs mais finit par obtempérer. Filant telle une comète enflammée à travers le dédale, elle guida Ñiniel jusqu’à une forme recroquevillée contre une paroi. Il n’y avait plus d’Ancalikon, plus de Maîtresse, ni même de femme. Seulement une petite fille égarée, qui pleurait en silence, la tête entre ses bras et les genoux repliés. Comme si elle espérait se faire aussi petite qu’une souris. Ce n’était pas la première fois – et ce ne serait sûrement pas la dernière – qu’elle craquerait face aux mirages du Labyrinthe. Mais aujourd’hui, la peur était particulièrement forte. Elle redoutait chaque jour son emprise sur son esprit. Et voilà qu’elle lui cédait dès les premières menaces. Comment pouvait-elle espérer se faire respecter d’un Kaerl sous-tension et apeuré, si une simple illusion pouvait la réduire au silence et la plonger dans une terreur sourde ?

Tout doucement lui parvint un murmure. Une voix se précisait près d’elle. Un timbre familier. Ses dons d’empathie naturelle détectèrent une autre source d’émotions à proximité. Anxiété. Peur. Compassion. Incertitude. Elle frémit. Releva très lentement la tête. Ses yeux gris, rougis et bouffis de larmes, rencontrèrent le regard clair de l’Ondine penchée au-dessus d’elle.

- Ñiniel ? croassa-t-elle avec hésitation.

Etait-ce bien elle, son Aspirante, celle qui avait voulu l’empoisonner avant de prendre la fuite ? Avait-elle réussi à vaincre ses peurs, pour mieux revenir vers elle, alors qu’elle-même peinait à s’en remettre ? Persée eut soudain un mouvement de recul. Ñiniel était intelligente, rusée et une Ondine. Les dieux seuls savaient combien de poisons et de subterfuges elle cachait sur elle ! L’âme esseulée qu’était Persée Garaldhorf ne voulait plus la laisser s’approcher. Elle ne voulait pas avoir mal. Encore.

- Ne me touche pas ! cracha-t-elle froidement, le visage sombre.

Il fallait qu’elle se ressaisisse. Le Labyrinthe jouait avec ses émotions et ses hantises. Où étaient passé sa fierté et son sang-froid ? Persée possédait assez de sang Garaldhorf pour ne pas se laisser berner par la magie sans avoir envie de combattre. S’appuyant contre le mur, elle se releva tant bien que mal. Elle voulait s’assurer qu’elle tenait encore debout. Elle jeta un long regard à Ñiniel, incapable de trouver les mots justes. Elle s’en voulait un peu de la mettre à l’épreuve de cette manière. Mais la confiance qu’elle lui vouait venait de se fragiliser. Elle concevait parfaitement que l’Aspirante ait eu terriblement peur de ce qu’elle voyait. Mais elle aurait dû reconnaître sa Maîtresse, non ? Ou, au moins, se demander si tout allait bien et s’il était normal qu’elle se retrouver sans explication dans ce lieu ?

- Ne restons pas ici, déclara-t-elle d’une voix plus neutre, tandis qu’Eos se posait sur son épaule. Le Labyrinthe doit nous réserver encore quelques surprises, avant que nous ne retrouvions la sortie. Première règle de cette leçon atypique, Aspirante : fais ce que je dis et pas ce que je fais.

Une règle élémentaire, lorsqu’il s’agissait pour la jeune femme de faire face à ses propres démons. Elle attendait, en cet instant, une totale obéissance de la part de Ñiniel. Elle reprit sa marche en silence. Du coin de l’œil, forme imprécise mais tenace, elle pouvait apercevoir son reflet inversé. Cette fille sans tatouages ni cicatrices, qui aurait dû voir le jour pour se lier à une dragonne bleue et honorer la mémoire de ses parents. Cette Persée-là n’existait nulle part, sauf dans son imagination. Elle n’avait jamais vécu et ne naîtrait jamais. Pourtant, elle ne parvenait pas à s’empêcher de lancer des regards inquiets vers son image. Les yeux de cette Persée parfaite et imaginaire la fixaient sans relâche, noirs d’accusation.

Persée préféra très vite se reporter sur le bien-être de son Aspirante. A peine réticente et rapidement gagnée par un malaise grandissant, elle rompit le silence.

- Comment t’es-tu retrouvée ici ? Mes ordres ne consistaient pas à te jeter dans la gueule du loup sans préparation.

Quel euphémisme !



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 28 Oct 2014 - 22:18 Répondre en citantRevenir en haut

- Ñiniel ?

A l'entente de son nom, l'Ondine se sentit rassurée; Persée paraissait enfin sortir de sa torpeur et refaire surface. Elle finit par relever la tête, l’air hagard. Ñiniel afficha alors un sourire rassurant à l’attention de l’Ancalikon, comme pour lui signaler que tout danger était écarté. Il n’y avait plus rien autour d’elles. Les yeux rougis par les larmes ne seraient bientôt plus qu'un mauvais souvenir et toutes deux allaient pouvoir quitter cet endroit lugubre et malsain.

Mais à sa surprise, elle ne vit dans le regard de Persée que méfiance et colère. Le violent mouvement de recul qu’elle eut alors confirma les doutes de l’Aspirante que la surprise laissa sans voix.

- Ne me touche pas !

Dans la solitude du Labyrinthe, ces mots résonnèrent avec froideur et stupeur. Ñiniel étouffa un souffle de surprise muette. Pas un instant elle n’avait envisagé cette réaction de la part de celle à qui elle vouait un profond respect.

Mais la surprise laissa presqu’aussitôt place à l’indignement.

*Alors celle-là elle est raide quand même!* pensa-t-elle.

Eos l'avait cherchée et menée jusqu'ici pour venir au secours de sa Maîtresse, - Maîtresse qui, au passage, l'avait envoyée affronter ses fantômes sans autre forme de procès -, et voici qu'elle semblait furieuse contre elle.
Incrédule, elle ne sut si elle devait laisser la colère ou l'incompréhension la submerger. Devant l'état de trouble évident de Persée, elle se contenta de rester silencieuse et en retrait. Peut-être qu'un des Démons du Labyrinthe s'était amusé à revêtir son squelette de l'apparence de l'Ondine pour mieux torturer l'Ancalikon....elle-même avait du affronter le spectre de sa Maîtresse-Dragon après tout...

La fière Persée se releva péniblement sans requérir aucune aide de sa part. Cela ne prit que quelques instants, mais ils parurent une éternité pour la spectatrice muette.
L'Ondine trouvait la situation injuste. Cependant le regard accusateur de l'Ancalikon fut si insoutenable qu'elle baissa la tête, résignée et prête à subir la punition d'une faute qu'elle avait peut-être involontairement commise mais qui toutefois semblait gravissime.

- Ne restons pas ici. Le Labyrinthe doit nous réserver encore quelques surprises, avant que nous ne retrouvions la sortie. Première règle de cette leçon atypique, Aspirante : fais ce que je dis et pas ce que je fais.

Le ton était peut-être plus calme, mais toujours aussi glacial. Tout en marchant, l’Ondine tenta de trouver l’attitude à adopter face à cette situation délicate. Mais de toute façon, et avec la plus grande chaleur dans la voix, les propos restaient les mêmes et ne sauraient lui faire oublier qu'ils n'étaient que reproches.

"Fais ce que je dis et pas ce que je fais"....Ñiniel avait beau vouloir faire preuve de la meilleure volonté du Raehg, elle ne comprenait pas où avait été son erreur, et tandis qu’elles continuaient d’arpenter les murs du Labyrinthe dans le plus profond silence, elle ne pouvait cesser de ressasser ces paroles énigmatiques.

Elle opta sans courage pour un silence infaillible, de peur de provoquer l'ire de Persée. S'il était coupable, il était aussi lourd de reproches. Ñiniel ne comprenait pas, et aucune explication ne semblait devoir lui être donnée.

Elle détestait ne pas comprendre: c'était pour elle l'essence même de tout apprentissage, de toute relation. Comprendre l'autre, c'est réussir à se mettre à sa place, sans jugement, et avec tolérance. Comment peut-on réagir si rien n'est compris? Elle regrettait ce piédestal sur lequel elle avait posé Persée et qui l’élevait à un rang tel qu’elle ne se permettait pas de remettre sa parole en doute.

Boudeuse, elle suivait pourtant docilement sa Maîtresse-Dragon sans mot dire, pressée de quitter ces mieux avant qu'ils ne s'emparent de leur squelette à elles aussi.

C’est finalement Persée qui brisa ce silence.

- Comment t’es-tu retrouvée ici ? Mes ordres ne consistaient pas à te jeter dans la gueule du loup sans préparation.

« Mais si ! »

Elle s’arrêta, stupéfaite par sa réaction irréfléchie et spontanée. Ainsi, Persée affirmait ne jamais lui avoir donné l’ordre de franchir la porte du Labyrinthe. Comment cela pouvait-il être possible ?

C’est alors qu’un éclair lumineux déchira le voile qui lui embrumait l’esprit depuis maintenant trop longtemps. Elle se souvint du Spectre de Persée qu’elle avait « affronté » tout à l’heure, et fit immédiatement le rapprochement.

« Je….je crois comprendre… »

Comment allait-elle pouvoir lui expliquer sa méprise ? Elle prit le parti de commencer par le tout début, tentant de n’omettre aucun détail.

« Un gardien s’est présenté à ma Loge, m’apportant une missive verbale de votre part : je devais vous retrouver au Labyrinthe…lorsque je suis arrivée, vous m’attendiez à côté de l’Obélisque. Vraël était là, elle aussi… vous étiez aussi dans le Labyrinthe…mais qui étiez-vous réellement ? Je crois m’être fait dupée, j’en suis terriblement désolée…»


En elle revenaient les souvenirs de cette rencontre. Elle avait trouvé Persée particulièrement froide et dure à son égard, l’envoyant ciller affronter le Labyrinthe. Elle aurait du se rendre compte de quelque chose à ce moment. Elle aurait du reconnaitre l’étrangeté de la situation. A cet instant, Ñiniel sursauta.

« Rànen ! »

L’inquiétude grandissante s’entendait à travers la voix fébrile de l’Ondine. Elle se sentit pris d’un soudain malaise qui la fit pâlir.

« Il était avec moi lorsque je vous ai retrouvée ! Où est-il ?! »

Elle commença à regarder autour d’elle, cherchant son Kalel’y du regard. Mais elle désespéra bien vite en s’apercevant qu’elle était incapable de se souvenir de la dernière fois qu’il était à ses côtés. Elle était incapable de dire s’il l’avait suivie, où s’il était resté devant l’Obélisque. L’angoisse de peut-être ne jamais le retrouver lui prit la gorge sur laquelle elle porta une main.

« Par Kishi…. »

Elle ne pouvait concevoir avoir fait preuve d’une telle négligence vis-à-vis de ce petit être à qui elle devait tant. Elle apposa un regard terrifiée envers Persée qu’elle détourna aussitôt. Elle ne put se résoudre à chercher de l’aide auprès de celle qui venait de perdre confiance en son Aspirante.

« Cela ne peut être possible, il est forcément en train de nous attendre…. «




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 30 Oct 2014 - 18:26 Répondre en citantRevenir en haut

Persée observa la panique s’emparer de son Aspirante d’un regard froid. L’insidieuse magie du Labyrinthe ne lui laissait aucun repos. Au moins, maintenant, elle était fixée. Elle reconstituait plus ou moins ce qui avait dû se passer. La maladresse du garde, le message sans queue ni tête, la présence d’une Ñiniel déboussolée ici. Elle s’en voulut aussitôt de la laisser en proie à la peur panique, alors qu’elle savait qu’un geste ou un mot de sa part pouvaient la rassurer. Elle-même n’arrivait pas entièrement à taire sa peur. Lovée comme une vieille amie grincheuse dans son cœur, la peur faisait partie de son existence. Et, pour l’instant, elle se communiquait à son Aspirante. Persée n’arrivait plus à regarder l’Ondine sans se départir d’une once d’appréhension.

De la méfiance. Du rejet. Ces émotions lui faisaient honte.

La culpabilité lui nouait les entrailles. Elle s’en voulait d’avoir trop vite placé sa confiance et sa sympathie dans cette jeune fille. Le revers n’aurait pas été si dur à encaisser, dans le cas contraire. Le niveau de compassion dont elle disposait, à l’heure actuelle, envers Ñiniel Iserimir avoisinait celui d’un froid polaire. Pourtant, ce n’était pas sa faute ! A bien des égards, elle n’était encore qu’une enfant, propulsée dans un nouveau monde sans en connaître toutes les règles ! Persée aurait dû mieux la protéger, la préparer et savoir comment la réconforter. Tout ce que la jeune femme pouvait faire pour l’instant, c’était de contempler Ñiniel en train de sombrer dans l’angoisse. Elle ne pouvait plus regarder la jeune fille sans voir en elle un potentiel danger.

Alors, Persée ferma les yeux. Elle fit résolument quelques pas en avant, franchissant la distance qui les séparait. Et vint placer une main ferme sur son épaule. Elle ne rouvrit les yeux que lorsqu’elle fut certaine de pouvoir la regarder en face sans trahir son trouble.

- Calme-toi. Le Labyrinthe joue avec tes émotions. C’est son rôle. C’est un lieu d’épreuves psychologiques.

La Maîtresse Bleue soupira. A l’époque où elle-même n’était qu’une Aspirante à demi-sauvage, sa précipitation à vouloir affronter les pièges du dédale avait faillis lui coûter l’Empreinte. Il ne fallait pas jouer avec le feu. Ñiniel ne devait pas refaire les mêmes erreurs.

- J’aurais préféré te monter ce lieu dans d’autres circonstances. L’incompétence d’un garde t’a jetée en pâture au Labyrinthe sans savoir ce qui t’attendait. Alors laisse-moi t’éclairer… Cet endroit est dangereux. Tout esprit fragile, qui n’est pas prêt ou qui cache en lui trop de secrets, peut y être impitoyablement broyé par la magie du Labyrinthe. Ce dédale me connait bien. Je sais déjouer la plupart de ses ruses. Ne t’éloigne pas de moi. Est-ce clair ?

Elle ôta sa main et se détourna un instant. La peine de Ñiniel la touchait plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Elle n’était pas dupe. Son attitude froide et distante blessait la jeune fille. Alors qu’ici, elle aurait eu beaucoup plus besoin d’un soutien affectif inébranlable. Ce premier échec, cette gifle de la part du Labyrinthe, lui rappelait un fait fondamental dans ses relations. Quelque chose qu’elle commençait à considérer comme une erreur, parfois fatale, de sa part…

Elle s’attachait trop à ses Aspirants. Au cours des dernières années, elle n’avait pas eu beaucoup d’Aspirants à charge. Et seuls deux avaient accédé à l’Empreinte. Le départ des autres lui avait déchiré le cœur. Les Aspirants étaient ses élèves, pas ses enfants, ni même ses amis. Elle ne devait pas oublier quel était son rôle, son devoir. En tant qu’Ancalikon, elle commandait des soldats. En tant que Maître Dragon, elle enseignait à des apprentis soldats – ou à peu près.

- Fais le vide dans ton esprit. Cherche en toi les souvenirs de Ranèn. Remonte aussi loin que tu peux, avant que tu n’entre dans le Labyrinthe. Ne fais confiance ni aux voix, ni aux mirages. Fies-toi à ton instinct. Et n’aie confiance qu’en moi.

Une réplique emplie de mauvaise foi, puisque Persée peinait à réinvestir toute sa confiance dans l’Aspirante. Pourtant, de leur collaboration dépendrait peut-être leur survie à toutes les deux.

Il aurait été aisé de blâmer les pouvoirs hérités de sa mère, de rejeter toute la faute sur ces facultés surnaturelles qui ne cessaient pas – semblait-il – de croître avec le temps. La puissance de son empathie se révélait dans les pires situations comme dans les meilleurs moments. Persée aurait fait preuve d’une faiblesse d’esprit sans commune mesure, en acceptant de maudire ses pouvoirs. Les mêmes qui l’avaient aidé, par le passé, à résoudre des situations inextricables et déjouer des pièges parfois mortels. Persée-Morian Garaldhorf n’aurait pas été Persée-Morian Garaldhorf si elle avait cédé à cette parfaite mauvaise foi. Elle ne pouvait pas nier l’emprise que ses pouvoirs avaient sur elle. Mais elle ne pouvait pas non plus se mentir à elle-même. Son besoin affectif, qu’elle reportait sur ses Aspirants, ne résultaient pas seulement d’une empathie exacerbée.





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Ven 5 Déc 2014 - 22:46; édité 1 fois
Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 13 Nov 2014 - 21:12 Répondre en citantRevenir en haut

Les nerfs de Ñiniel étaient en train de lâcher. Elle avait déçue Persée, et perdu Rànen. Elle avait l'impression de basculer dans une spirale infernale mêlée d'angoisse et d'incompréhension. Était-ce l'influence de cet Endroit qui l'étouffait et l'angoissant tant? Elle regarda autour d'elle: il n'y avait ni fenêtre, ni lumière extérieure. Elle sentit monter en elle un besoin irrépressible de voir l'extérieur, sentir l'air frais et les rayons de Solyae.

C'était sans compter sur sa Maîtresse qui, avec la force d'esprit qu'elle lui avait toujours reconnue, décida de reprendre les choses en main. Elle apposa sa main solide sur l'épaule de Ñiniel qui retint ses larmes. Elle lança un regard triste autour d'elle, et munie de la force du désespoir, elle se laissa convaincre de se calmer et se concentrer.

Les yeux fermés, elle tenta de resituer le dernier endroit où elle avait senti la présence de Rànen. Elle re-descendit l'escalier de marbre avec lui. Elle se revoyait arriver sur la grande place au milieu de laquelle trônait l'obélisque. Rànen était là aussi, mais restait en retrait; l'endroit ne lui plaisait pas. Lorsque Ñiniel aperçut Persée et Vraël, elle se dirigea vers elles, Rànen au creux de son cou. Elle se souvint lui avoir dit de ne pas la quitter, mais il n'avait pas réagi. Lorsqu'elle se mît à suivre Persée pour pénétrer dans le Labyrinthe, elle perdit peu à peu conscience de la présence de son familier. L'Ondine ouvrit les yeux: Il ne l'avait pas suivie!

"Je...il a du sentir que quelque chose n'allait pas. Il m'attend sûrement à l'entrée!"

Elle se concentra sur cette pensée, et uniquement sur celle-là. Elle devait être persuadée d'avoir raison pour continuer à avancer et atteindre la sortie. Sans cette certitude, elle se serait aventurée plus profondément encore, cherchant son Kalel'y jusqu'à le retrouver.

Elle mit un pied devant l’autre, et se mit à avancer, emboitant le pas à une Persée encourageante. Le silence entre elles se fit plus respectueux, plus gêné qu’agacé. L’Ondine savait qu’il n’était plus que de minutes avant que celui-ci ne se rompe.

C’est Ñiniel la première, qui, laissant divaguer sa mémoire, revenait doucement vers les derniers événements. Sa rencontre avec Asulil, les autres étudiants de la Grande Serre, ce qu’elle entendait au détour d’un passage dans les Spires…en chemin, elle entreprit finalement d'évoquer un sujet qui la taraudait depuis quelques jours déjà.

"Maître Garaldhorf....je n'ai pas eu beaucoup d'occasion de vous raconter mes premiers pas au Kaerl....j'ai rencontré l'aspirant de Legundir Unarion, Asulil.... et avec le temps, j'ai appris certaines choses mais je n'ai jamais pris un moment pour en parler avec vous..."

Elle s'arrêta quelques instants, peu sûre du rôle de Persée quant à son apprentissage. Pouvait-elle parler librement? Persée lui répondrait-elle honnêtement?

"On raconte des choses sur une guerre imminente inter-Kaerl. On parle aussi d'une tentative d'assassinat sur le Seigneur de Galastden, et on dit aussi que cela a un rapport avec Heryn Amlung la Dame Déchue...."

Ça y est, c'était dit. Enfin elle osa parler de ce qui la taraudait depuis son arrivée. Personne n’avait vraiment osé lui dire ce qui se passait. Etait-ce par peur, par ignorance ? Toujours est-il que les chuchotements incessants lui chatouillaient l’oreille depuis trop longtemps.

"Vous êtes l'Ancalikon du Màr Menel, vous savez beaucoup de choses."

L'endroit n'était certainement pas le plus approprié, mais l'occasion était trop belle. Elles étaient seules, à l’abri des curieux, loin de ce qui pourrait mettre Persée sur ses gardes. Ici, elle se livrerait peut-être plus facilement.

"M'aideriez-vous à comprendre les intrigues politiques qui se jouent actuellement?"

L’espoir d’apprendre et de comprendre s’était suspendu à ses lèvres, assoiffées d’en découvrir davantage. Malheureusement, cette discussion n’allait pas avoir lieu tout de suite, et Ñiniel n’eut pas le temps de pousser plus loin l’affaire.

A l’angle du prochain croisement se fit entendre quelque chose.

La première chose que vit Ñiniel fut une Ombre glissant sur le mur. Cette Ombre était fine et reptilienne tant elle se déplaçait avec aisance d ns chaque coin d'ombre qu'elle rencontrait. L'Ondine crut deviner qu'il s’eût agit de son fantôme à elle; non seulement elle le voyait, mais cette forme indéfinie avait quelque chose de commun avec ce qu'elle avait affronté précédemment : elle était floue, imprécise, immatérielle. Tout du moins le croyait-elle.

Car à cet instant l'Ombre s'arrêta sur le mur d'en face, comme pour mieux faire comprendre aux deux femmes qu'elle les avait vues. Elle mit à grossir, et deux bras tentaculaires s'échappèrent de cette forme encore indéfinie, provoquant un mouvement de recul de la part de Ñiniel et Persée.

L'Ombre ne parlait pas, tout du moins ne disait-elle rien de compréhensible. Une sorte de plainte langoureuse s'échappait du mur et se faisait de plus en plus forte. Au fur et à mesure que la plainte atteignait un nouveau niveau de volume, elle arrachait des frissons de plus en plus violents sur la peau de l'Ondine qui fut tétanisée par ce son insupportable.

Que pouvait donc être ce monstre à ses yeux? Elle cherchait en elle ce qu'il pouvait lui rappeler, car après tout c'était la matérialisation d'une de ses peurs avait soufflé Persée. Comment peut-elle savoir comment la combattre si elle ignore ce qu'elle est? Ce dont elle était sûre maintenant, c'est qu'il n'était pas nécessaire de l'identifier pour en avoir peur: ne dit-on pas que l'inconnu est effrayant?

L'Ombre lança une première offensive de ses bras infinis et claqua les jambes de Ñiniel qui fut aussitôt blessée. Bientôt les jambes lacérées commencèrent à laisser le sang s'écouler. Le danger était bien réel, et l'Ennemie semblait vouloir prendre son temps, comme si elle souhaitait faire réaliser qu'il ne fallait pas la prendre à la légère.

L'Ondine se tourna vers Persée et attendit ses instructions. Mais l'Ancalikon semblait regarder autre chose : plus loin, dans l'ombre, son regard scrutait, nerveux, le tréfonds de cette obscurité. Ñiniel comprit que quelque chose d'autre se profilait. Et l'Ombre semblait s'en délecter d'avance, claquant ses tentacules de plus belle comme pour annoncer le début du funeste spectacle...




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Ven 5 Déc 2014 - 23:11 Répondre en citantRevenir en haut



Ñiniel se rendait peu à peu à l’évidence que le Labyrinthe n’avait rien d’un vaste terrain de jeu. Tout du moins, pas au sens où la plupart des gens l’entendaient. Aucun Maître digne de ce nom n’aurait voulu lâcher son élève dans cet antre où règne la peur. Persée n’avait pas pour habitude de surveiller sa côte de popularité ni la teneur de sa réputation. Depuis que le rôle d’Ancalikon lui avait été dévolu, cependant, elle devait s’attacher à ce genre de préoccupations. Assurément, envoyer son Aspirante toute neuve dans la gueule du Labyrinthe ne lui facilitait pas la tâche. Persée aurait dû rassurer l’Ondine et lui assurer qu’elle retrouverait son animal de compagnie. Ses lèvres restèrent scellées. Elle n’était plus très sûre de l’attitude à adopter.

Toute entière attentive à leur périple dans le dédale ensorcelé, la jeune femme manqua sursauter lorsque Ñiniel rompit enfin le silence pesant. Elle coula un bref regard vers son profil, en essayant de déterminer ce qu’elle voulait dire par là. Des noms, des questions, des secrets. Son cœur se serra. Elle allait devoir mentir. Encore. Pour sauvegarder le fragile équilibre des forces du Màr, pour protéger Zackheim de l’Ombremage comme de nouvelles tentatives d’assassinat, pour sa propre sécurité à elle l’Ancalikon du Kaerl.

- Je le peux. Et je le ferais.

Ce n’était pas une promesse faite à la légère. Persée savait ce qu’elle risquait si elle parlait trop. Ouvrir son cœur à l’Aspirante n’avait jamais fait partie du plan pour l’instruire jusqu’à l’Empreinte. Avait-elle seulement le choix ? Mentir aurait été le choix le plus juste mais elle ne pouvait s’y résoudre…

Persée ouvrit à nouveau la bouche, tout en cherchant ses mots, lorsque surgit l’Ombre. Tentaculaire, ne cessant de croître, bloquant le passage, elle ne possédait aucune forme définie. Elle produisait un son plaintif, qui s’étirait longuement jusqu’à assourdir les protagonistes et brouiller leurs pensées. L’Ombre n’avait ni nom ni visage. Elle représentait l’Inconnu et tout ce qu’il recelait d’effroyable pour deux Célestes égarées. Lorsque Ñiniel fut blessée, Persée retrouva une parcelle de son sang-froid. Le Labyrinthe se révélait particulièrement belliqueux aujourd’hui. Persée aurait fait n’importe quoi pour avoir Vraël d’elle. Mais il lui suffisait de tirer un peu sur le lien psychique les unissant pour savoir qu’elle était déjà for occupée. Ñiniel et elle devraient se débrouiller toutes seules.

- Reste derrière moi !

Depuis l’épaule rembourrée de sa veste, Eos feula un avertissement. Elle ouvrit sa gueule bardée de dents en aiguilles et fit claquer ses longues ailes rouges dans un mouvement de défi. Il se passait quelque chose au sein même de l’Ombre. La lumière y tourbillonnait jusqu’à devenir hypnotique. Quelque chose s’approchait. L’Ombre jeta ses tentacules à l’assaut des murs dans un désordre parfait. Elle masqua le soleil, s’étira dans le couloir et changea peu à peu d’aspect. L’Ombre était toujours là, au centre du chemin, formant une barrière agressive. Le décor se modela bientôt à partir des souvenirs partagés des deux Célestes…

… La salle du trône. Une lumière sourde venant de nulle part et partout à la foi. Des murs aveugles. C’était bien la salle du trône, encombrée par une foule de gens et de dragons et, cependant, ce n’était pas cette pièce. Des détails sautaient aux yeux. Où étaient passées les grandes baies vitrées, les statues et les mosaïques colorées ? Où étaient la beauté, la joie et la sérénité dans ce lieu ? La foule se scinda soudain en deux parts distinctes. Le chemin vers le trône était dégagé. La foule ne possédait aucun visage. Où que le regard de Persée porte, il n’y avait d’un écran de fumée. Il lui était impossible de reconnaître qui que ce soit. Son malaise se fit que grandir lorsqu’elle vit Peddyr Thelrand, à droite, au bas des marches du dais seigneurial. Son teint livide et ses vêtements ensanglantés évoquaient un spectre. Persée tourna son regard à gauche. Ce qu’elle y vit l’horrifia. C’était elle. Cette image trop parfaite, trop lisse, trop froide, d’une Persée-Morian Garaldhorf, sans cicatrices ni tatouages, et la main posée sur l’encolure d’une Vraël débarrassée de la laideur de ses stigmates dorsaux.

- Qu’as-tu à dire pour ta défense ? assena la plus parfaite des deux.
- Pourquoi n’as-tu pas défendu le Màr et sa Dame quand ils en avaient le plus besoin ? demanda tristement l’ex-Ambassadeur. Maintenant il est trop tard.
- Je te faisais confiance !


Le cri fusa depuis un recoin obscur de la foule anonyme. Persée ne pouvait pas la voir mais elle aurait juré que la voix était celle de Maëvann Kerr’wan, la Maîtresse Noire disparue et son ancienne alliée. Elle se rappela alors la présence de Ñiniel et lui prit la main. Elle lui serra les doigts jusqu’à avoir mal. Son subconscient voulait s’assurer de la tangibilité de quelque chose. Une alliée dans les méandres de la peur.

- Reste près de moi, lui chuchota-t-elle nerveusement. Ne regarde pas ! Ce ne sont que des illusions. Les regarder ne les rend que plus réelles et sournoises.

Seule Flarmya savait quelles nouvelles horreurs leur préparait le Labyrinthe ! L’Ombre siégeait sur le trône du Màr Menel. Sans visage, sans forme et hurlante. Elle dominait la scène. De nouvelles images apparurent au bas des marches. Une femme, grande et majestueuse, tenant une lance dans ses mains, pointe dressée vers le ciel. Dans son ombre jaillissaient les contours d’une immense dragonne prête à rugir. Ses traits se précisèrent, trahissant la finesse de ceux d’Heryn Amlug. En haut de la lance trempée de sang, une tête pourrissait. Celle de l’Usurpateur. La nausée au bord des lèvres, Persée détourna aussitôt le regard.

- Vois, Aspirante Iserimir, quelle Maîtresse indigne tu as eu pour te former, déclamait une Dame Amlug qui avait perdu toute la bonté et le sens de la justice, qui la caractérisaient naguère. Continue sur cette voie et tu finiras comme elle : une paria, une idiote et une pleutre.
- Ne l’écoute pas, dit-elle sans trembler à Ñiniel. Il ne s’agit pas de Dame Amlug. Elle ne dirait jamais ça. Ce n'est pas elle ! Je la connais, elle n'agirait pas comme ça.
- Elle n’a pas su faire les choix qui s’imposaient. J’ai dû reprendre le Kaerl par la force car elle a défendu le mauvais Seigneur. La guerre était la seule réponse possible.
- Elle ment ! La guerre n’est pas une fatalité ! J’ai fait le seul choix possible. Zack - Le Seigneur de Galastden savait ce qu’il en coûterait de prendre le trône. Il lui fallait se salir les mains pour sauvegarder le Kaerl des représailles de l’Ombremage, notre Ennemi, celui qui menace tout Tol Orëa. Il m’a convaincu et je lui ai prêté main forte. Le reste, je ne peux pas te le dire, dit-elle, les larmes aux yeux. Cela pourrait te mettre en danger…
- Comment peux-tu oser la croire innocente ! N'as-tu donc rien entendu des Noces Pourpres ? Ce monceau de mensonges, cette ignominie sans nom, ce sacrilège envers Flarmya !
- Je t'en prie, Ñiniel ! Tu dois me faire confiance !
- Rejoins nos rangs avant qu’il ne soit trop tard, Ñiniel Iserimir, ou tu finiras comme elle… Et lui.

La Dame Dorée brandit la pique ornée de la tête de Zackheim de Galastden. Persée ne pouvait pas en détacher le regard. Sur le trône, l’Ombre partit d’un grand éclat de rire hystérique.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 28 Déc 2014 - 17:43 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel n’avait pas attendu la mise en garde de Persée pour instinctivement se ranger derrière elle. Tel un animal effarouché, elle était sur la défensive, concentrée sur ce qui l’entourait, comme si le danger pouvait surgir de n’importe où. Derrière Persée, elle se sentait en une sécurité toute relative.

Le sol sembla alors se dérober sous leurs pieds, et une étrange sensation de vertige la happa vers l’Ombre, non sans une terreur muette qui tétanisait l’Ondine. Que se passait-il ?! Tout devint blanc subitement. Elle ne voyait plus rien. Et lorsque le vertige cessa, elle découvrit une grande salle étrange, sans fenêtres ni lumière. Pourtant, une source lumineuse et inconnue irradiait l’endroit d’un éclat terne. Tout semblait flou et pourtant si distinct. Une foule imprécise se retourna alors sur elle, et c’est avec effroi qu’avec Persée, elles découvrirent des spectres sans visages.

Avant qu’elle ne puisse en découvrir davantage sur cet endroit fantastique, Ñiniel vit la foule se mettre lentement en mouvement tout en les fixant de leur visage terriblement vide. Puis silencieusement, elle s’écarta pour leur laisser un passage, dévoilant le Trône de la Salle. Y siégeait au loin l’Ombre, machiavélique et dominante, agitant ses tentacules comme l’on agiterait un fouet devant un animal apeuré. Ñiniel ne remarqua pas tout de suite que certaines personnes étaient plus « réelles » que les formes indéfinies les entourant.
Sans s’être avancées, et sans même le remarquer, la distance s’était soudainement réduite entre les deux Célestes et le Trône, et l’Ondine put précisément distinguer une autre Persée aux côtés d’une autre Vraël. Son regard dur la rendit immédiatement reconnaissable ; c’était celle qui l’avait envoyée ici ! Ñiniel jeta un regard inquiet sur sa Persée, celle qui était à ses côtés, puis revenait sur ces deux intruses : il y avait quelques différences physiques, et plus Ñiniel les regardait, plus elle se demandait comment elle avait pu se laisser abuser de la sorte. Qui était ce double maléfique ? Que voulait-il ?

Elle observa avec appréhension celui qui se tenait sur la droite. Elle avait l’impression de le connaître ; mais, plus mort que vivant, il lui était impossible de l’identifier. Cette scène macabre donnait le frisson et provoquait une puissante répulsion chez l’Ondine qui restait en retrait et n’aspirait qu’à quitter cet endroit cauchemardesque.

C’est alors que débuta un procès d’intention dont Persée fût la cible d’accusations acérées, sous les yeux ébahis de l’Ondine.

- Qu’as-tu à dire pour ta défense ?

- Pourquoi n’as-tu pas défendu le Màr et sa Dame quand ils en avaient le plus besoin? Maintenant il est trop tard.

- Je te faisais confiance !

Ñiniel serra elle aussi la main de sa Maîtresse. Dans quel endroit avaient-elles atterri?! Prit alors la parole une autre femme que l'Ondine ne connaissait pas. Mais dans ce théâtre, seuls les personnages importants étaient dotés d'un visage et de parole. Qui donc était-elle?

- Reste près de moi. Ne regarde pas ! Ce ne sont que des illusions. Les regarder ne les rend que plus réelles et sournoises.

Ñiniel ne pouvait détourner son regard. Elle tentait de se raisonner et d’écouter Persée, mais elle était trop fascinée par ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Elle avait l’étrange sensation de vivre un souvenir passé et déformé de sa Maîtresse, et elle voulait en savoir plus. Le danger de ces illusions lui était encore imprécis, et elle ne se rendait pas compte du risque qu’elle prenait en les regardant.

L’horreur du spectacle n’avait cependant pas atteint son paroxysme, et cela l’Aspirante s’en rendit compte lorsqu’apparut une femme dont la lance qu’elle tenait dans ses mains arborait fièrement la tête ensanglantée d’un homme. Elle crut reconnaitre celle du Seigneur actuel du Mar Menel. Toutes deux furent bouleversées par cette vision macabre, et Ñiniel détourna aussitôt le regard.

- Vois, Aspirante Iserimir, quelle Maîtresse indigne tu as eu pour te former. Continue sur cette voie et tu finiras comme elle : une paria, une idiote et une pleutre.

- Ne l’écoute pas. Il ne s’agit pas de Dame Amlug. Elle ne dirait jamais ça. Ce n'est pas elle ! Je la connais, elle n'agirait pas comme ça.

Dame Amlug, l’ancienne Dame Déchue ? Celle qui s’était enfuie après avoir assassiné son époux ? Pourquoi donc revenait-elle accuser Persée dans les méandres de ses souvenirs ?!

- Elle n’a pas su faire les choix qui s’imposaient. J’ai dû reprendre le Kaerl par la force car elle a défendu le mauvais Seigneur. La guerre était la seule réponse possible.

- Elle ment ! La guerre n’est pas une fatalité ! J’ai fait le seul choix possible. Zack - Le Seigneur de Galastden savait ce qu’il en coûterait de prendre le trône. Il lui fallait se salir les mains pour sauvegarder le Kaerl des représailles de l’Ombremage, notre Ennemi, celui qui menace tout Tol Orëa. Il m’a convaincu et je lui ai prêté main forte. Le reste, je ne peux pas te le dire. Cela pourrait te mettre en danger…

L’émotion qui submergeait Persée bouleversa l’Ondine qui ne comprenait absolument plus rien. L’Ombremage, les représailles, la guerre….c’était trop d’informations et trop peu d’explications. Elle était la spectatrice d’un procès qui la dépassait totalement. Muette, elle n’osait prendre la parole.

- Comment peux-tu oser la croire innocente ! N'as-tu donc rien entendu des Noces Pourpres ? Ce monceau de mensonges, cette ignominie sans nom, ce sacrilège envers Flarmya!

*Les Noces Pourpres ? Que s’est-il passé qui n’ait été révélé pendant ce tragique incident ?*

- Je t'en prie, Ñiniel ! Tu dois me faire confiance !

Ñiniel commençait à comprendre qu'on reprochait une trahison de la part de Persée. La toute jeune Aspirante ne pouvait être sûre de ce qui était dit, mais elle ne pouvait être certaine de l'innocence de L'Ancalikon. En son âme et conscience, elle devait choisir de la croire malgré TOUT, et de lui faire confiance. Elle repensa aux moments passés avec elle. Si leur affection respective restait timide et pudique - elle n'arriverait sans doute jamais à tutoyer sa Maîtresse-Dragon - Ñiniel croyait tout de même y voir un réel dévouement de Persée dans son rôle de Maître-Dragon. Elle-même vouait un profond égard à ce caractère déterminé et cette force de volonté. Sa sensibilité exacerbée devenait de plus en plus évidente à l'Ondine à mesure que le temps passé à aux côtés de la Demi-elfe augmentait. Ses yeux baignés de chagrin étaient d’ailleurs là pour le lui rappeler.

Tant de détresse chez celle qui devait prendre de terribles décisions pour le bien du Kaerl l’émouvait de manière poignante. Comme étouffée par ses responsabilités, Persée ne pouvait laisser place à ses émotions et sentiments, et parfois ceux-ci se révélaient sans crier gare dans la douleur. Elle serra un peu plus la main de Persée, comme pour lui insuffler le courage qui venait de vaciller.

- Rejoins nos rangs avant qu’il ne soit trop tard, Ñiniel Iserimir, ou tu finiras comme elle… Et lui.

L'Ombre lui attrapa brusquement les jambes et la fit tomber au sol avant de l'élever dans les airs. La poigne de sa Maîtresse -Dragon ne pût rien empêcher, et bientôt leur étreinte se défit. Cette fois pas de doute, elle en était sûre: ce théâtre grotesque empli de monstres appartenait à Persée. À elle était l'Ombre, celle qui la secouait violemment dans les airs et tonitruait : "Te décideras-tu ENFIN? Lui accorderas-tu ta confiance, engeance de malheur?! Que choisiras-tu?"

Le rire machiavélique se fit entendre, laissant une Ñiniel sans force ni volonté se faire trimballer au grès des tentacules. Elle ne voyait plus que le sol, prêt à la rencontrer dans un fracas sec et puissant.

"Entre Persée et Heryn, fais ton choix! Fais ton choix où tu subiras le même sort que ton père!"

Comme si ces paroles l'avaient guidée jusqu'à lui, et le temps d’un répit, elle aperçut alors une silhouette sans visage mais pourtant si reconnaissable. Son cœur cessa de battre et ses yeux ne cillaient plus. Le temps paraissait s’être arrêté tandis que son père se tenait là, au milieu de cette foule anonyme qui regardait ce spectacle sans réagir.

Elle se souvint alors : cette fameuse nuit où la demeure Iserimir fut prise d'assaut. Comme plongée dans un bain de souvenirs, tout devint flou autour d’elle. Des esprits aux formes éthérées l’encerclaient dans une danse morbide, s’agrippaient à ses jambes et la faisaient plonger encore plus profondément. Et puis son père apparut devant elle. Le son de sa voix se mit à résonner dans la tête de l’Ondine qui ne parvenait plus à retrouver son souffle.

"Vois ce qui m’est arrivé ! J’ai été le Conseiller d’un Tyran, et au moment de répondre de mes actes, le pardon fut irrecevable. Je n’ai eu que ce que je méritais….tout comme toi tu ne mériteras que la mort si tu suis l’âme damnée du Tyran !"

La voix d’outre-tombe retentissait dans sa tête de manière insoutenable. Ñiniel ne supportait plus cette voix et les reproches qu’elle apportait. La terreur de finir comme son défunt père la saisît brutalement et l’Ondine ne put réprimer un « non » étouffé dans ce flot vaporeux.

Au milieu de ces méandres, un second visage apparut alors, et le collier qui pendait à son cou, héritage qu’elle s’était octroyé, lui fit instinctivement reconnaître celle qui fut sa mère. Tandis que les voiles imperceptibles malmenaient toujours l’Ondine qui avait cessé de se débattre devant ce visage illusoire, une voix lointaine parvint jusqu’à elle.

"Chère enfant, laisse-moi te donner un dernier conseil…"

Le mot "conseil" interloqua Ñiniel qui se méfiait de tout dans cet univers trompeur, et ne voyait dans ces paroles que menaces et avertissements.

"Se tromper de choix est une erreur; ne pas faire ce choix l'est tout autant. Je n'ai pu choisir entre elle..." Dit-elle en tendant en direction de l'Ombre ce que Ñiniel considéra comme un bras tant tout était vaporeux "....et ma dévotion à la Déesse des Étoiles....déchirée entre les deux, j'ai laissé la folie s'immiscer en moi et provoquer ma perte. Ñiniel....tout comme moi tu dois faire ton choix! Refuser serait tout aussi fatal qu'il le fut pour moi...."

C'est sur ces derniers mots que disparut l'étrange apparition. Ñiniel pensait avoir compris ce qu'on lui imposait. Elle ne pensait pas y trouver un sens caché, car rien ici n'avait de sens. Mais le message était clairement passé et il ne lui serait pas donné de temps à la réflexion. Elle regarda l'Ombre : siégeant sur le Trône, était-elle la pensée noire du Tyran ici-bas?

La pression se défit subitement et Ñiniel chuta brutalement sur le sol.

Sonnée mais toujours éveillée, elle releva lourdement la tête et se remit péniblement sur ses jambes. Elle ramena ses longs cheveux blancs en arrière avant de défier du regard cette chose qui siégeait sur le Trône. Les poings serrés, le visage crispé, elle sentait la colère monter en elle. Que cherchait à faire ce Labyrinthe de malheur ? Où voulait-il les mener ? Un court instant, elle fût happée par les souvenirs douloureux et terrifiants de l’enfant qu’elle était auparavant. Pendant une seconde elle faillit se laisser convaincre par cette prétendue mise en garde. La peur de mourir l’avait rattrapée.

Mais la seule chose qui importait ici était Persée, la seule réalité parmi ce gigantesque cauchemar, le seul point d’ancrage qui la sauverait de cette folie ravageuse.

L’instant d’après, elle se dirigea vers Persée qu’elle gratifia d’un sourire douloureux.

"Je ne peux me targuer que d’une seule certitude en ces lieux…quoiqu’ait pu faire ou commettre Persée Garadlhorf, Ancalikon du Màr Menel, ce ne fût, et ne sera jamais, dans l’intention de nuire à autrui. Et c’est pourquoi elle a acquis toute ma confiance et mon dévouement. Qu’importent les conséquences, ma Maîtresse-Dragon a été présente pour moi plus que beaucoup d’autres…"

Elle avait failli dire « n’importe qui d’autre », mais se ravisa en repensant à Nöndilè. Il fût le premier à passer du temps avec elle et pour elle. Le premier qui la jugea digne d’intérêt. Tout comme Persée.

"Et je le serai tout autant envers elle."

Elle reprit la main de l’Ancalikon désarmée et esseulée, comme pour illustrer ses propos. Sa poigne était ferme et décidée. Ñiniel n’avait plus peur, ni de mourir, ni de se tromper. Le regard vainqueur et le sourire moqueur, elle regarda le spectre à la lance droit dans les yeux, et répondit fièrement.

"Je n’ai pas de choix à faire, car je ne renonce à rien en suivant Maître Garaldhorf…"




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 679
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 346
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 28 Déc 2014 - 23:47 Répondre en citantRevenir en haut



Parmi les ombres silencieuses du Labyrinthe volait une dragonne solitaire. La pénombre des lieux, qui ne cessait de s’obscurcir avec la distance, comme si elle s’enfonçait dans une purée de pois, assombrissait la couleur irréelle de ses écailles de lapis-lazuli. Une ombre encore plus grande, majestueuse et pourtant synonyme de souffrances éternelles, volait à sa rencontre. La silhouette imprécise de son adversaire la talonnait. Quoiqu’elle fasse, son cauchemar finissait toujours par la rattraper.

Fuir n’était pas la solution. Vraël n’arrivait pas à semer ce rêve persistant, qui avait pris corps grâce à la magie du Labyrinthe. Ce spectre, né de ses songes et de ses angoisses, source de sa terreur et de sa jalousie inavouée, réclamait un affrontement en règles. Il la narguait, calquait son vol sur le sien, avant de subitement dévier sa trajectoire. Jamais encore le Labyrinthe ne s’était montré si cruel avec elle. Il fallait y mettre fin. Vraël ne pouvait espérer trouver la sortie du dédale que lorsqu’elle aurait vaincue sa Némésis. Mais réussirait-elle ?

La Bleue atterrit dans un large couloir, secoua ses ailes couleur du ciel en été et ouvrit une large gueule bardée de crocs acérés. Elle fit volte-face, prêt à affronter le regard de son cauchemar. Elle ne fuyait plus. L’apparition se posa à quelques mètres d’elle. Sitôt ses serres sur le sol, la bête prit une profonde inspiration, sa collerette d’épines gonflée comme le serait le capuchon d’un cobra prêt à mordre. Un torrent de feu jaillit de sa gueule ouverte. Les flammes déferlèrent sur la petite dragonne turquoise. Vraël retint un mouvement de recul instinctif. Elle planta fermement ses griffes dans le sol. Elle ferait face. Elle ne reculerait pas.

Les flammes passèrent au travers de son corps sans la brûler. Intacte et plus décidée que jamais, elle attendit que le feu se tarisse. Puis elle s’assit, les ailes à demi déployées et rendit son regard à son ennemie. Les prunelles de Vraël retrouvèrent peu à peu une teinte plus calme, moins tempétueuse, moins exaltée. Celles de sa Némésis se nimbaient d’un rouge sanglant de mauvais augure.

° Je ne te fuirais pas. Tu fais partie de moi. Tu es mon cauchemar. Tu n’es pourtant ni mon passé, ni mon avenir. Je n’ai pas à répondre de mes actes devant toi. C’est plutôt toi, qui devrais t’incliner devant moi, faire corps avec moi et partager mes rêves. Et non l’inverse ! °

Elle crut un instant faire fausse route. Face à elle, la surplombant de toute sa formidable hauteur, la Reine Améthyste balançait de droite à gauche la tête dans un mouvement serpentin, comme si elle s’apprêtait de nouveau à attaquer. Les braises de son regard auraient pu faire fondre les pierres du Màr Menel. Ses immenses ailes de violine claquaient, soulevant des tourbillons de poussière. Des échos de la gloire d’un Kaerl disparu dansaient sur ses pourpres écailles.

° Petite sotte ! ° rugit soudain l’autre Vraël. ° Sais-tu ce que la folie de mes pairs et des tiens, m’ont coûté ? Je suis morte sur les sables qui m’ont vu naître, en un temps où les chevaliers-dragons s’entretuaient et voyaient leur monde sombrer dans le chaos. Je n’ai jamais connue ma Liée. Et tu me l’as volée !
Je n’ai rien fait de tel. Je suis fille du Màr Menel, née d’une longue lignée de Reines Dorées. Je n’ai aucune attache avec ton Màr. Je ne le connais que par les souvenirs de mes aïeules et ceux de ma Liée. Persée est à moi, maintenant, parce que nous nous sommes choisies. °


La gigantesque dragonne renâcla. Ses vastes prunelles chavirèrent doucement vers une teinte plus tranquille et moins agressive. Seulement triste. Quoique teintée d’espoir.

° Puis-je vraiment faire partie de toi ? Je croyais que tu avais peur de moi ?
C’était vrai. Jusqu’à présent, je ne voulais pas envisager les choses autrement. Persée ne m’était pas destinée. Comment l’aurait-elle pu ? Tu es peut-être morte de chagrin et de colère chez toi, il y a très longtemps de cela mais pas moi. J’ai eu le choix. Celle qui aurait dû être ma Liée n’est jamais venue. Flarmya a béni notre union. Persée est à moi, tout comme elle aurait pu t’appartenir. Elle ne renie pas son passé. Et moi non plus.
Dans ce cas… °


La Reine Maudite déploya toute la magnificence de son envergure. Une lumière blanche, éblouissante, émanait d’elle, chassant l’obscurité des lieux. Sa silhouette s’estompa dans un dernier rayon de lumière, qui vint envelopper tendrement le corps de la Bleue. Lorsque Vraël rouvrit les yeux, elle se sentait enfin en paix avec elle-même. Sans plus tarder, elle s’élança dans les airs, partant en quête de sa Liée.

~¤***¤~

Eos poussa un cri d’avertissement. Le cœur de Persée manqua jaillir hors de sa poitrine. S’exhortant à détacher ses yeux du macabre spectacle, elle vit avec horreur l’Ombre se jeter sur son Aspirante. Un cri étranglé força sa bouche.

- Non ! Laissez-là !

A qui essayait-elle de demander grâce ? Le Labyrinthe ne possédait ni âme ni conscience. Il existait et cela suffisait à l’auréoler d’une révérence superstitieuse. De là où elle se tenait, Persée se révélait aussi impuissante qu’un rocher face à la marée montante. Elle ne pouvait rien sinon rester immobile et observer. Les démons de l’Ancalikon avaient été les premiers à s’incarner. Ceux de Ñiniel furent les suivants. La jeune femme les sentit beaucoup plus intimes, proches de l’histoire personnelle de l’ondine, que les siens. Elle ne reconnut aucun visage mais leurs paroles appuyaient l’odieux sermon de cette fausse Heryn Amlug, sur les traits de laquelle s’étirait maintenant un sourire cruel.

Lorsque Ñiniel chuta lourdement au sol, Persée aurait voulu se précipiter vers elle et vérifier si elle allait bien. Ses jambes refusèrent de la porter. Les pieds cloués au sol, elle ne pouvait qu’être témoin de ces événements. Elle contempla Ñiniel reprendre ses forces, serrer sa main et faire face au choix que sa conscience lui imposait à travers les songes créés par le Labyrinthe. Le cœur de Persée s’emballa de nouveau. Cette fois, les émotions émanant de la jeune fille près d’elle s’avéraient très fortes. Plus puissantes que le cocon de détresse qui enserrait l’héritière des Garaldhorf depuis son entrée dans le dédale magique. Cet émouvant discours, de la part de son Aspirante, elle n’était pas sûre de le mériter. Ñiniel prenait une décision dangereuse, car elle ne connaissait pas toute la vérité. En son âme et conscience, un jour, peut-être plus tôt qu’elle ne l’espérait, Ñiniel Iserimir devrait réellement faire un choix.

- Ñiniel, je… Es-tu certaine… ?

L’apparition ne lui laissa pas le temps d’achever sa phrase. L’image de Dame Amlug semblait soudain auréolée d’une vive lumière dorée, presque insoutenable à regarder. Juste avant que Persée n’en détourne les yeux, de peur d’avoir les rétines brûlées, elle crut voir une expression plus sincère, plus humaine, sur le visage de la fëalocë. Ses prunelles noisette brillaient d’un éclat fier. La majestueuse silhouette de Rintrah, dans son sillage, ouvrit ses vastes ailes lumineuses. Un rugissement transperça l’air.

- Puisses-tu garder en mémoire cette décision, Ñiniel Iserimir. Le Màr Menel a besoin d’âmes sincères comme la tienne. La vie est faite de choix. Mais rares sont ceux qui choisissent par abnégation et dans la confiance, sans avoir une porte de sortie s’ils se trompent. Et ce choix, celui de croire, tu l’as fait. Tu dois croire, tu dois espérer en le meilleur, pour que le meilleur puisse survenir. Puisses-tu te souvenir que tout choix implique une part de foi.

En un éclair, le couloir redevint silencieux. Il ressemblait à n’importe quel embranchement du Labyrinthe : gris, pierreux, sans horizon. Le décor et la foule des peurs s’étaient effacés. Persée et Ñiniel se retrouvèrent seules… Ou presque. La fausse Persée demeurait. Elle paraissait hésitante, elle se tortillait sur place, comme si elle regrettait de devoir partir. La fureur brillait dans ses yeux. Enfin, elle se décida à se rapprocher de celle qu’elle hantait. Elle se pencha brusquement vers elle et lui souffla au visage avec hargne :

- Toi et moi, ce n’est pas finis.
- Non, déglutit péniblement Persée en contemplant sa Némésis. Ce n’est pas fini. Et ça ne le sera probablement jamais.

Redevenue froide comme la glace, l’apparition recula dans les méandres brumeux du couloir jusqu’à se laisser engloutir par eux. Cette fois, le silence fut total. Persée laissa filer quelques secondes, le temps de reprendre son souffle et de retrouver la maîtrise de ses émotions. Alors seulement regarda-t-elle Ñiniel dans les yeux. Sa main ne voulait pas lâcher la sienne. Elle avait eu tort de douter d’elle. L’ondine méritait sa confiance, plus qu’elle-même ne méritait la sienne. Son acte de foi venait de terrasser ses peurs, tout en portant un coup fatal à celles de sa Maîtresse. Elle avait réussi là où Persée avait mis des années avant de cesser de n’y voir que des échecs. Le temps passerait et de nouvelles peurs, de nouvelles épreuves, attendraient Ñiniel Iserimir dans le Labyrinthe. Mais aujourd’hui, elle pouvait dignement fêter sa victoire.

- Est-ce que ça va ?

Par cette simple question, Persée englobait tout ce qui s’était passé et tout ce qui s’y était dit. Cela faisait beaucoup de choses à assimiler pour une Aspirante fraîchement débarquée au Kaerl. Il y avait tant de choses que la sang-mêlée ne pouvait dire. Pas encore. Mais elle le ferait. Tôt ou tard, ce jour viendrait.

- Que dirais-tu de trouver la sortie, à présent ?
° Je vous rejoint bientôt. °

Cette simple pensée de Vraël lui fit l'effet d'être pleinement entière. Qu'il était bon d'être chez soi, son âme gardée bien au chaud par une dragonne au cœur souverain.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 19 Fév 2015 - 13:49 Répondre en citantRevenir en haut

- Puisses-tu garder en mémoire cette décision, Ñiniel Iserimir. Le Màr Menel a besoin d’âmes sincères comme la tienne. La vie est faite de choix. Mais rares sont ceux qui choisissent par abnégation et dans la confiance, sans avoir une porte de sortie s’ils se trompent. Et ce choix, celui de croire, tu l’as fait. Tu dois croire, tu dois espérer en le meilleur, pour que le meilleur puisse survenir. Puisses-tu te souvenir que tout choix implique une part de foi.

Tout le décor s'estompa pour se fondre totalement dans les murs du Labyrinthe. Ce fut la dernière parole du mirage, sa dernière scène. Tout redevint alors calme et silencieux, et il ne resta plus que Persée et Ñiniel au cœur du monstre de pierre. La torpeur qui s'était emparée d'elles se dissipa aussitôt pour laisser place à cette réalité sobre.

Était-ce vraiment fini? Les questions de Persée semblaient sous-tendre que oui, mais comment pouvait-elle être sûre que ce n'était pas un nouveau tour que le Labyrinthe leur jouait? Tout était possible. C'était pour la jeune Ondine un terrible supplice psychologique que de ne pas savoir ce qui pouvait arriver au détour de ce croisement de murs. La lumière ambiante et sans teinte ne leur laissait aucun espoir de trouver la sortie. Elle ne dévoilait aucun rayon, aucune trace de son origine. Il n’y avait pas une seule indication qui aurait pu leur permettre de quitter les lieux. Mais en compagnie de Persée, l'Ondine ne s'inquiétait pas tant pour elle que pour tout malheureux cherchant à défier ses peurs.

Ñiniel passa délicatement la main sur son visage tuméfié. Elle constata que cet endroit qui matérialisait les peurs n'avait rien d'illusoire et qu'il était réellement dangereux. Chaque fois que ses doigts touchaient une blessure, une légère grimace s'échappait de son visage. Ses cheveux étaient tachés par quelques gouttes de sang séché qu'elle s'efforça d'enlever méticuleusement, au risque d’en arracher quelques uns. Elle sentait son œil gauche enflé, et son corps ankylosé. Un genou lui faisait mal, une omoplate semblait bloquée...rien de grave, mais l'Ondine n'avait pas été épargnée. Encore un peu sonnée, elle répondit sans réfléchir, enchaînant les mots qui sortaient sans en percevoir le sens immédiatement.

"Je crois que cela aurait pu être pire...." Dit-elle en relevant sa toge, laissant apercevoir des jambes égratignées à certains endroits. Elle avait du mal à marcher, et devait être précautionneuse avec ce genou abimé. Mais Ñiniel était prête à tous les sacrifices pour sortir de là, et toutes ces contusions disparaitront avec le temps.

Elle acquiesça à la proposition de Persée sans se faire prier davantage.

"Quittons cet endroit au plus vite.....je veux mettre la plus grande distance entre ce lieu et moi...." Dit-elle dans un frisson de répulsion. Ñiniel ne comprenait vraiment pas comment une telle horreur pouvait se trouver au Màr Menel. Dans les entrailles du Kaerl Céleste, le Labyrinthe attendait patiemment des proies qui s'offraient à lui. Elle comprenait encore moins comment certains de ses habitants pouvaient y entrer de leur plein grès. Fallait-il être courageux ou fou pour affronter ce qui tétanise? Pourquoi vouloir vaincre ses peurs? N’est-il pas dit qu’à vaincre sans peur, on triomphe sans gloire?

*C'est ce qui fait la personnalité de chacun...* pensait Ñiniel. Elle ne concevait pas un monde peuplé d'êtres sans peur qui seraient prêts à tout pour rien. Ce serait un véritable chaos.

Pour le moment elle n'avait qu'une seule idée en tête : sortir de là et retrouver Rànen qui l'attendait certainement devant l'entrée du Labyrinthe. Le Kalel'y, petit compagnon doté d'un instinct formidable, ne s'était pas jeté dans cette gueule de pierre et avait refusé de les suivre. Ñiniel se promit intérieurement de porter une attention toute particulière à celui qui lui avait déjà sauvé la vie une fois, et de lui faire à partir de maintenant une confiance aveugle.

Mais chemin faisant, les images de ce passé imaginé la hantaient encore: même si elle ne l'avait jamais connue et ne pouvait affirmer que c'était vraiment elle, Ñiniel avait cette étrange sensation d'avoir rencontré sa mère pour la première fois. Et même si tout était flou, l'Aspirante s'accrochait du mieux qu'elle pouvait à ce souvenir incertain. Elle ne voulait pas oublier ce qu'elle avait vu, ce qui la rapprochait un peu plus de celle qui lui donna la vie. Mais de ce qui avait été échangé et dit, elle n'en avait cure et ne souhaitait pas y accorder la moindre importance. La seule phrase qu'elle souhaitait retenir fut la dernière prononcée, celle dite par le fantôme de Persée et non le sien. Ses fantômes à elles l'auraient trompée pour mieux l'inquiéter, mais qu'en était-il de celui des autres. Y avait-il un sens à ces dernières paroles?

*Tout choix implique une part de foi....*

Ñiniel regarda Persée qui marchait devant elle, ouvrant la marche jusqu'à la sortie. L'Ondine en avait beaucoup appris à propos de sa Maîtresse-Dragon, peut-être d'ailleurs plus que sur elle-même. Elles se connaissaient depuis peu finalement, et cette épreuve traversée ensemble allait irrémédiablement créer un lien entre elles, tout du moins l'espérait-elle.

L'Aspirante crut comprendre que l'Ancalikon avait des choses à cacher....ou se reprocher? L'Ondine ne voulait surtout pas faire de conclusion hâtive, et il lui faudrait un jour amener ce sujet sur la table et jouer franc jeu avec Persée. Ñiniel sembla soudainement revenir à la surface de ses idées brumeuses: au fond, cela la concernait-elle? Tout le monde avait des choses à cacher, et ce que Persée refuse de dire ne regarde certainement pas son Aspirante. Toujours est-il que l'Ondine ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il s'était passé pendant ces Noces pourpres? Qui était la personne qui accusait Persée de l'avoir trahi?

Le Labyrinthe bientôt laissa apparaître la sortie, acceptant de rendre au Màr Menel ses deux habitantes. Savait-il qu'elles finiraient par revenir l'affronter?

Ñiniel n'y pensa plus lorsqu'elle reconnut le cri familier du Kalel'y: Rànen voletait déjà en leur direction, saluant les deux femmes qui revenaient d'un voyage extraordinaire et éprouvant. La vie au Kaerl allait pouvoir reprendre son cours.

[FIN]




Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:20 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu