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 [RP] L'eau des songes Sujet suivant
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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 8 Aoû 2014 - 16:07 Répondre en citantRevenir en haut

Autour de lui, les formes étaient encore floues. L'androgyne chercha à distinguer ses propres mains. Elles étaient là, avec un nombre de doigts incorrect. Un soupir, et iel rétablit l'ordre des choses.
Depuis de nombreux jours déjà, peut-être plusieurs semaines, ses rêves le troublaient. Son sommeil agité le laissait, au réveil, aussi fatigué que s'iel avait vécu ses rêves. De ces derniers iel se souvenait incroyablement bien. Parmi ses rêves les plus troublants, il y avait, par exemple, celui partagé avec son cousin Nechama. Dans un premier temps, ce rêve l'avait choqué, en l'amenant à tuer une enfant. Puis, à son réveil, et en racontant tout cela à son cousin, iel avait pu réaliser que ce dernier avait fait exactement le même rêve. Iel avait cru à la coïncidence, puis à une plaisanterie de Nechama. Mais si tel était le cas, comment pouvait-il avoir si bien deviné la partie du rêve qu'iel n'avait pas contée ? Il y avait aussi cet autre rêve, avec le dragon... Le dragon lui avait parlé des Valherus, et il s'était avéré que le terme existait bel et bien.
Tout cela suffisait largement. En voyant dans les Archives ce petit livre à la reliure bordeaux qui prétendait lui apprendre des choses sur les rêves, Meccaya n'avait pas vraiment hésité. Mais en retournant à ses appartements et en s'installant confortablement pour lire, son intérêt pour les dragons avait repris le dessus, et iel s'était d'abord concentré sur ces derniers. Puis, juste avant de dormir, le petit livre sur les rêves s'était glissé sous son nez. Meccaya ayant toujours été faible face aux avances des livres, iel avait concédé à l'ouvrage la lecture de deux pages, avant de dormir. Les deux pages se changèrent vite en vingt, puis en fin de chapitre.
L'auteur du livre prétendait savoir comment contrôler ses rêves. Moult fois Meccaya fronça les sourcils en le lisant, n'appréciant pas le peu de méthode et d'explication raisonnée de l'auteur. En revanche, iel apprécia grandement le petit tableau où l'auteur notait les effets d'herbes diverses et variées sur ses rêves. Du reste, les passages parlant d'Aran'Rhiod l'ennuyèrent un peu. Iel n'y trouva pas vraiment son bonheur, pas vraiment les réponses aux questions qu'iel se posait. Quand iel voulut essayer à son tour quelques tisanes et infusions pour mieux dormir, aucun réel changement ne se fit sentir, et mon pauvre neishaan n'était pas très avancé.
Qu'avait-iel bu ce soir-là avant de dormir ? Iel ne le savait plus. À moins que ce ne soit que l'habitude qui lui donna des réflexes ? En tout cas, levant les yeux sur le monde qui l'entourait, Meccaya était parfaitement capable de savoir qu'iel rêvait. Intéressant. Alors, est-ce que cela voulait dire qu'iel pouvait faire apparaitre... Un dragon ?

Iel essaya, se concentra, mais rien n'y fit. Point de dragon pour apparaitre devant lui. Iel fronça les sourcils, trouvant cela un peu étrange et surtout fort déplaisant. Soudain, iel eut l'impression que la terre tournait sous ses pieds, de plus en plus vite. Iel perdit l'équilibre et atterrit douloureusement sur son coccyx. Son environnement, qui jusqu'alors ressemblait vaguement à une des boutiques qu'iel avait visitées au Màr Menel, changea du tout au tout. Iel était désormais en extérieur. Une sorte de grand étang, parsemé de reflets bleus et violets, malgré le ciel d'orage au-dessus de sa tête, s'étendait devant lui. Iel était posé sur une sorte de parterre d'herbe verte aussi molle qu'un matelas. Autour de l'étang, des arbres, d'étranges arbres. Fins, élancés, grands, et colorés non pas de vert, mais de couleurs plus pastels. Des fleurs diverses et variées s'étalaient sous lesdits arbres. Autour d'eux, point de barrières, mais on apercevait des silhouettes de riches demeures faites de pierre sombres. Sur les bords de l'étang, de petits kiosques incrustés de pierres, de mosaïques et sculptés avec soin permettaient de se rendre plus ou moins au milieu de l'eau. Des sculptures d'êtres magnifiques sortaient parfois de terre. Quelques ombres colorées voletaient ici ou là.
La pluie tombait, drue, et créait sur la surface de l'eau des milliers de petits cercles, avec un bruit de plic ploc bien rythmé et reconnaissable. Meccaya la sentait tomber sur son visage et sur ses habits, les collant à son corps. Rien d'anormal; Iel n'avait qu'à se mettre à l'abri. Iel voulut essayer une dernière fois: sa volonté ne parvenait pas à faire se rapprocher le kiosque le plus proche de lui.
Bon. Iel se leva. Ses épaules lui semblaient incroyablement humides, par rapport au reste de son corps qui commençait tout juste à connaitre la pluie. Iel mit ses mains sur sa cape... Et les retira aussitôt. Sa cape était devenue visqueuse, comme couverte de sang, comme partiellement composée de sang. Le neishaan laissa échapper un petit cri de dégoût, et la retira à toute allure.
Voilà de quoi avait l'air Meccaya: un neishaan aux épaules couvertes des traces rouges sang de sa cape, vêtu d'une tunique qu'iel n'avait jamais vue, d'un bleu pâle mêlé d'or clair, qui lui collait à la peau et laissait clairement deviner qu'iel était vraiment frêle, qu'un combat contre lui n'était qu'une formule de politesse pour le mettre à terre. Très vite, iel remarqua qu'iel était pieds nus, ce dont iel n'avait pas l'habitude. Dans cette herbe molle, ce n'était pas encore trop inconfortable. Mais iel avançait d'un pas tout hésitant, tout maladroit. Ses blancs cheveux collaient à la peau de son front, de ses joues, et de sa nuque. Son regard noisette était celui d'une proie, à la recherche d'un abri pour échapper aux prédateurs.

Car iel sentait que prédateur il y avait. Ou du moins, si ce n'était un prédateur, une âme. Une âme autre que celles des quelques bêtes qui savouraient la pluie. Un éclair frappa la terre, de l'autre côté de l'étang, si proche qu'iel fit sursauter l'androgyne. Le grondement qui suivit fit trembler la terre. C'était... Surprenant, au moins. Le neishaan porta une main sur son pauvre coeur, qui battait bien trop vite. Iel crut entendre une voix. À moins que ce ne soit encore l'orage ?

"- Qui est là ?"

Pas de réponse. Meccaya était arrivé au niveau du kiosque. Sur son sol, des cercles étaient tracés, et un miroir permettait de voir l'eau. De prime abord Meccaya n'y fit pas attention. Iel essora ses cheveux du mieux qu'iel le pouvait, et regretta de n'avoir pas d'habit sec à se mettre. En vain, iel tenta de forcer ses habits à sécher, en y pensant très fort. Rien ne vint. Iel accorda un bref regard autour de lui. Toujours personne. Un regard à travers le miroir, puis un regard sur le plafond. Un coup de frayeur coupa sa respiration, et iel porta à nouveau, très vite, son regard sur le sol: n'avait-iel pas vu un visage de l'autre côté du miroir ? Non, ce devait être un poisson... Un poisson. Respirer, maintenant, il fallait respirer. Iel se pencha un bref instant par-dessus la balustrade, pour observer l'eau. D'autres éclairs parurent à l'horizon, et des craquement traversèrent l'air, firent trembler les mains du neishaan. Quand ceux-ci se furent calmés, à nouveau des murmures parurent lui parvenir. Alors iel se retourna, toujours une main sur la balustrade, l'autre poing fermé, dans une attitude qu'iel voulait au moins affirmée, et non plus craintive. Sa voix, néanmoins, trahissait qu'iel n'était pas totalement à son aise:

"- Je sais que vous êtes là. Montrez-vous !"
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 15:27 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


Tant de rêve à voir, à contempler, à admirer ou à se moquer et à dénigrer. Tant de choses à savourer et à en rire que l'être avait toujours bon nombre de spectacle en tout genre à regarder, en plus de créer ses propres modèles, ses créations si parfaites et si inégalées. Hors, dans ce rêve là, quelque chose le troublait. Lui qui s'admirait durant un temps indéfinissable pour les mortels, il aperçut fugacement quelque chose passa à travers cette fenêtre réfléchissante si parfaite qu'était son miroir unique et qu'il chérissait. Une chose si insignifiante qu'il n'y aurait accordé aucune attention. Mais là, passé dans son propre miroir, troublant l'image parfaite de son propre visage le consterna. Il devait savoir qui ou quoi osait perturber l'admiration de sa propre beauté

Dans les mondes oniriques, même ce miroir précieux au yeux de cet immortel était comme une fenêtre dans les rêves des créatures qui rampaient dans le monde réel. Il leur suffisait de trouver le chemin qui y menait, à condition de savoir quoi chercher et où regarder. Peut-être que Meccaya l'avait trouvé sans savoir vraiment ce qu'il faisait et en exigeant que l'être qui était passé brièvement dans cette surface place se représente, la surface réagit comme un liquide qui sentait les vibrations de la terre. Plusieurs fois, comme si l'onde de choc des éclairs tombant dans le lointain répondaient à l'appel. Une ondulation naquit et deux yeux prirent forme sur le plat de cette fenêtre que fixait le mortel. Un bref instant, ils se braquèrent sur l'environnement onirique qui entourait Meccaya, avant de recentrer sur lui, se plongeant dans sa crainte et sa frayeur. Savait-il au moins qu'il rêvait ce mortel-ci ?

°Tu exiges bien des choses venant de l'inconnu, petite âme. Toi qui pense te faire obéir de l'impossible, qui es-tu donc pour m'interpeller ? Qui est tu pour avoir un rêve aussi chaotique, mélangeant le beau, le fantastique et l'effrayant ? Si ton esprit est aussi perturbé, alors c'est à l'image de ce qui t'entoure....°

Ces yeux ne clignaient pas. Pas un sourcil, pas une paupière. Juste deux yeux qui s'élevèrent pour se poser dans le creux d'orbites aux contours parfaits, sur la base d'un visage naissant, qui sortait doucement de cette étrange ouverture sur l'autre monde.... L'être devait convenir que le vivant rêveur avait un visage assez agréable, mais qui ne pourra jamais prédominé sur le sien....



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MessagePosté le: Ven 15 Aoû 2014 - 11:15 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya regardait frénétiquement autour de lui, à la recherche de la présence sentie précédemment. Rien ne venait. Le vent agitait doucement les arbres, la pluie tombait plus drue que jamais. Sa voix avait eu un vague écho dû au kiosque, rien de plus. Au loin, l'orage grondait toujours. Personne ? Cela n'était donc qu'une impression ? Pourtant, mon androgyne n'arrivait pas à être rassuré. Iel entendait son coeur battre, ce son se mêlait à celui du tonnerre, dans un rythme lugubre. Ses doigts se crispèrent sur la balustrade. La présence devenait de plus en plus forte. À moins que ce soit juste sa perception qui devienne de plus en plus fine ? Difficile à dire. D'autant plus qu'iel ignorait comment iel la percevait. C'était comme une vibration à l'intérieur de son corps.

Comme iel ne se sentait pas vraiment très bien et que, disons-le, iel commençait doucement à avoir peur, iel regardait partout autour de lui. Alors qu'iel savait très bien où iel aurait dû regarder. Mais la crainte de ce qu'iel allait voir compensant son envie de voir, iel n'osait.
La voix résonna dans sa tête, tout à coup, le prenant par surprise. On aurait dit qu'un dragon s'adressait à lui, mais la voix, au lieu de simplement s'entendre, semblait glisser au milieu de son crâne pour mieux lui parler. C'était une voix claire, pas vraiment grave pour une voix d'Homme. Elle l'avait fait sursauter, iel avait plaqué son dos à un pilier du kiosque, une main sur son pauvre coeur malmené. Et là voix continuait de parler. Peut-être que s'iel fermait les yeux, la présence disparaitrait ? Elle était trop menaçante, trop oppressante, elle allait finir par lui faire du mal, iel le savait. Iel baissa le nez, ferma les yeux. Mais l'image entrevue juste avant le moment où ses yeux s'étaient fermés demeura dans son esprit. Ces deux yeux qui le regardaient, lui, et savaient ce qu'il se passait dans son malheureux crâne, qui le fixaient comme s'ils guettaient un changement dans son apparence.

Une main sur son coeur, l'autre sur le pilier qui le soutenait, Meccaya, sans s'en rendre compte, fixait également ces deux yeux qui, petit à petit, s'ornèrent d'un visage. Quel visage ! Voilà qui était fort agréable à voir. C'en était troublant, que deux yeux qui seuls avaient su l'effrayer, soient tout à coup associé à quelque chose d'opposé. Un moment, le neishaan crut qu'une main allait sortir du miroir pour l'agripper. Mais où pouvait-iel aller ? Iel était pris au piège, dans ce rêve dont iel avait eu conscience, mais qui était détaché de sa volonté. Iel allait y passer. Tenter de s'échapper aurait sans doute donné un résultat pire que rester ici. Pourquoi ? Je l'ignore, mais c'était l'expérience de l'androgyne qui parlait.

"- Je suis Meccaya Im'Awhël, d'Ostaricchi."

Eh bien, c'est qu'iel ne savait pas vraiment comment se présenter. Son nom, son origine... Bien qu'en ce moment iel soit plutôt Tol Orëanéen. Iel avait cru comprendre que parler de Tol Orëa et des dragons à des inconnus n'était pas vraiment la chose à faire. Dommage, car en ce moment, ce qui le définissait le mieux était "aspirant de maitre Lukas". Mais bon, peu importait sa présentation. Iel peinait à ne pas faire trembler sa voix, et à assembler toutes ses pensées de façon cohérente.

"- Pourriez-vous, je vous prie, éviter d'insulter mes rêves ? Je mets beaucoup d'efforts dans leur réalisation, en ce moment. Et celui-ci est particulièrement réussi. L'effrayant, le fantastique et le beau peuvent très bien être compatibles. Voyez comme, par exemple, vous m'effrayez sans que cela m'empêche de remarquer votre beauté."

Iel croisait les doigts pour que le reflet dans le miroir soit sensible aux compliments, aux brossages dans le sens du poil en bonne et due forme. Iel n'arrivait pas à détacher les yeux de lui. Les courbes de son visage étaient calculées pour être belles, comme le dessin d'un artiste trop pointilleux. Trop... Irréel. Comme quoi, iel mettait vraiment beaucoup d'efforts dans ses rêves, sans quoi iel n'aurait su créer quelque chose d'aussi beau ! Bien qu'iel n'ait pas souvenance d'avoir fait quelque effort pour créer quoi que ce soit ici, iel aimait s'attribuer ce mérite.

"- Il est vrai, cependant, que cet endroit est... Améliorable. Qu'en pensez-vous ?" Un éclair illumina un bref instant le visage troublé et curieux de Meccaya. "Peut-être devrions-nous rajouter des êtres vivants... Ou des éclairs. Ca manque peut-être un peu de danger, aussi, pour un rêve, ou d'objectif... Je ne sais pas." Iel pencha doucement la tête sur le côté, et tint son menton entre deux doigts, songeur, sans oser regarder ailleurs que le miroir...
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MessagePosté le: Dim 17 Aoû 2014 - 08:55 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


Les yeux avaient suivi le bond de l'effrayé. Il aurait pu s'en moquer et savourer la crainte qu'il inspirait. Mais il était loin de ces petites émotions là, les laissant à d'autres qui les appréciaient comme ils se devaient. Lui était bien plus loin de ces concepts. Ses yeux sans paupières ne quittèrent pas un seul moment le jeune être, qui soutenait tant bien que mal son coeur battant en portant une main à sa poitrine. Donc ce qu'il entendit de sa bouche de mortel était qu'il créait des rêves ? Cette petite âme devait dormir si profondément qu'il s'essayait à la trame créatrice onirique. Intéressant et tellement présomptueux. Quelques plis d'une rare finesse se formèrent au coin de ses yeux quand il les plissa, toujours pointés vers Meccaya.

°Insulter tes rêves... Tu prends trop à coeur ce qui est dirait-on un simple brouillon d'un esprit profondément endormi, qui mélange tout ce qu'il a pu voir dans le cours de sa vie. °

Le visage sortit un peu plus du miroir, toujours uni avec lui comme si la surface liquide qui la composait obéissait à sa volonté. Doucement, les pommettes prirent un peu de volume et un front large et à l'arrondi parfait naquit. Le visage sortait un peu plus de cette frontière miroitante pour continuer à observer Meccaya

°Les rêves suivent beaucoup les émotions et si on ne contrôle pas ces dernières, elles apportent de drôles de choses. Qui te dit que ta crainte intérieure n'est pas en train de se réveiller dans ta recherche de création ? qui te dit que je ne suis pas le fruit de tes rêves. Qui sait ce que tu peux réellement créer sans le vouloir ? Ne suis-je pas une oeuvre possible de ton imagination hors de contrôle ? °

Il avait bien saisi que le mortel cherchait à l'amadouer, mais le rêveur était loin encore de réussir à flatter cette image à la totale perfection. Les lèvres aux courbes sensuels frémirent en un petit sourire quand son propriétaire commença à contempler le rêve imaginé par Meccaya. Le jeune mortel voulait encore rajouter des éléments ? Les vivants aimaient toujours l'exagération.

°Si je suis l'image de ta conscience, d'un toi probable que tu n'arrives pas à contrôler car dans ce rêve il a pris sa totale liberté, je dois je présume d'orienter dans tes choix ? Intéressant concept que de se parler à soi-même dans les songes, discuter à son reflet... N'est-ce pas amusant ? °

La peur de Meccaya était passé à l'intérêt d'améliorer son rêve. Le Rêveur était loin de s'ennuyer pour l'instant. Qui sait ce que ce rêve pourrait donner.. si le mortel ne faisait pas n'importe quoi.

°Toute chose peut être améliorée, mais il ne faut pas croire que de mettre des éléments en plus peuvent apporter du beau. La beauté est parfois si simple qu'elle en devient infime et invisible. Combien de couchers de soleil as-tu regardé, et comment ressentais-tu cet instant ? C'est pourtant d'une telle banalité mais la beauté n'en est-elle pas plus superbe ? Qu'est-ce un rêve pour toi... c'est là la question à se poser, à comprendre et à répondre....Rien que de là, tout découle°

Peu de mortel comprenait ce concept. En même temps, les mortels... n'étaient pas des créatures divines, ne comprenant pas ce que les Dieux arrivaient à comprendre d'une seule pensée...



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MessagePosté le: Jeu 21 Aoû 2014 - 12:51 Répondre en citantRevenir en haut

Un brouillon ? Son rêve ? C'était une offense qu'il lui faisait ! Son rêve n'était pas brouillon, son rêve était travaillé, son rêve était beau, comme le sont tous les rêves ! Et celui-là, ce n'était pas un simple rêve: c'était un rêve dont iel avait conscience ! Alors non, ce ne pouvait être un mélange aléatoire de souvenirs. D'autant plus que... Qu'iel ne contrôlait pas ce rêve. Il ne pouvait être de lui. Où était-iel ? Dans quel esprit ? Qui les observait ?
En tout cas, iel commençait à ressentir une pointe d'animosité pour cet être qui jugeait de façon si péjorative ce qui lui tenait à coeur. Comment s'entendre si cet avis-là était partagé ? C'était bien la preuve qu'ils n'avaient pas les mêmes valeurs, qu'à un moment où un autre ils se fâcheraient. Iel fallait qu'iel cesse au plus vite de parler à cet individu, avant que cela tourne au vinaigre. Mais l'être dans le miroir ne paraissait pas du même avis. Son visage portait désormais du relief et, instinctivement, Meccaya voulut reculer pour s'éloigner de lui. Mais étant donné qu'iel avait déjà son dos appuyé contre un pilier du kiosque, cela ne porta pas vraiment de fruits.

Qui était-il, pour parler ainsi des rêves ? L'auteur du livre qu'iel avait emprunté ? Cela parut tout à fait plausible à Meccaya. L'auteur aurait ainsi, à travers son livre, donné le protocole pour communiquer avec lui.
Le neishaan peinait à tout assimiler et tout comprendre. De base, iel n'aimait pas qu'on parle d'émotions. Enfin, surtout, de ses émotions. Habituellement, quand il était question de ce qu'iel ressentait, iel se refermait sur lui-même comme un escargot rentre dans sa coquille. Des émotions ? Ca n'existe pas, c'est pour les faibles, ou les humains. Lui, iel n'était pas humain, iel était neishaan, c'était mieux ! Iel jeta un coup d'oeil rapide et perplexe au monde qui l'entourait. Ce serait cela, ses émotions ? Cela, le fruit de son imagination, lorsque l'on la débridait ? Un éclair déchira le ciel, et le tonnerre fut comme un cri, un "non" fou que la raison de l'androgyne ne pouvait exprimer. Lui, iel restait relativement calme. Mal à l'aise, intrigué, et craintif, mais pour le moment iel arrivait à se contrôler
Mais que voulait dire ce visage ? Qu'iel avait peur de... Ne pas réussir à créer ? De créer sans le vouloir ? Malgré lui ? Meccaya avait pris conscience récemment qu'une de ses plus grandes peur était de donner la mort, volontairement ou non. Au détour d'un rêve, d'ailleurs. Et là, que devait-iel apprendre ? L'autre émit l'hypothèse qu'il soit lui. Meccaya le dévisagea à nouveau, de ce regard curieux qui était le sien. Quelle part de lui pouvait être cet être ? Peut-être bien son côté esthète, à s'intéresser à la beauté des choses ? Possible, possible...

"- Des couchers de soleil ? Cela ne m'a jamais véritablement passioné. Peut-être qu'à huit ans je trouvais cela joli. Depuis, je trouve cela d'un cliché...! Tout ce rouge et ce orange qui s'étalent mollement, c'est presque vulgaire. Non, ce n'est pas la beauté. La beauté, c'est...." Iel parut songeur un moment, à regarder le plafond du kiosque. "C'est un bel orage, un orage violent. Qui offre à la fois sa musique et un beau jeu de clair-obscur. Qui change l'atmosphère autour de nous, fait se terrer les humains, trembler les plus craintifs. Qui semble arrêter le temps autour de lui. Plus de matin ou d'après-midi, que le sombre du ciel..."

Et comme iel disait cela, le toit du kiosque venait de disparaitre. Alors la pluie tombait directement sur eux. Les gouttes d'eau éclataient sur son crâne et ses épaules. Bientôt, iel fut tout imbibé d'eau. Mais cela ne paraissait pas le gêner. Ce n'était que de l'eau. Son visage, baissé vers celui de son interlocuteur, n'était pas plus gêné par la pluie. Au loin, les grondement du tonnerre continuaient.

"- Je ne suis pas moins sensible à la beauté que vous. Je suis peut-être mauvais créateur, mais j'apprécie ce qui est beau. À ma façon. N'y a-t-il pas plus belle mosaïque que celle formée par le feuillage d'un arbre ?"

Las ! Aucun arbre n'apparut pour les couvrir.

"- Les rêves sont une opportunités pour nous de connaitre d'autres mondes, d'autres choses. De vivre à durant un moment où, normalement, nous devrions être inconscients. Nous avons tout intérêt à faire attention à nos rêves... Ou nous manquons une partie de notre vie."

Meccaya songea alors à faire le tour du miroir. Iel espérait ainsi pouvoir fuir l'être qui l'habitait tant que ce dernier n'en était pas sorti. Cela n'allait néanmoins pas être possible: le lierre avait grimpé le long du pilier et, désormais, maintenait y maintenait la main que l'androgyne y avait posé. Voulant remuer les jambes, iel constata également que celles-ci étaient prises dans le lierre. Seule une de ses mains était libre, celle qu'iel avait posé sur son coeur. À nouveau, iel eut peur. Que l'on veuille l'empêcher de bouger, de se défendre, ne présageait rien de bon. Iel tira sur le lierre, sans succès. Par les dieux ! Iel allait encore mourir dans ce rêve-ci ! Au visage qui le regardait iel jeta un regard assombri de reproches, persuadé que c'était de son fait.

"- Libérez-moi ! Croyez-vous vraiment que je vais m'enfuir ?" cria-t-iel, par-dessus le bruit de la pluie diluvienne.
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MessagePosté le: Dim 31 Aoû 2014 - 19:07 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


La perplexité étreignait Meccaya à un point qu'il se posait moult questions. Peut être que l'être put les sentir, les percevoir... Mais il ne révéla rien sur sur cette probabilité de ressentir les émotions des autres. Quand les éclairs fusèrent dans les airs, le visage d'argent liquide ne sourcilla même pas, gardant toute son attention sur le jeune rêveur. Ses yeux aux reflets de mercure clignèrent une fois quand Meccaya reprit la parole, affirmant que les couchers de soleils n'avaient que la beauté enthousiasmante dans les yeux émerveillés de la jeunesse. Quand la pluie vint se rajouter, les gouttes coulèrent sur la peau du visage en laissant à peine un sillon humide, qui s'effaça sans tarder, comme si l'eau n'avait pas la possibilité de s’infiltrer dans cette matière argentée.

A l'évocation de la beauté simple qu'une mosaïque naturelle que le lourd feuillage vert d'un arbre pouvait dessiner dans le souffle du vent, l'entité étira un très léger sourire. Peut-être que ce rêveur n'était pas si loin de comprendre quelques petites notions que les mortels peinaient à toucher du bout des doigts. Mais leur rencontre n'était qu'à ses débuts. Il était encore trop tôt pour porter un jugement définitif. La situation devint plus amusante quand le mortel découvrit que sa main s'était emmêlée dans un lierre. Celui-ci avait poussé avec une croissance irréelle et le retenait prisonnier, ici, dans ce monde immatériel et matériel à la fois.

Ignorant les effets de la pluie et ne répondant pas à l'exigence de Meccaya. Le visage s'étira de son miroir pour se redresser. Une tête entière faite d'argent sortit de cette frontière miroitante et fixa le prisonnier. Une longue cascade ondulante de la même matière que son visage s'écoulait jusqu'à la naissance de son cou. Un visage, une tête et un début de cou...Un être humain ou qui ressemblait à un humain commençait-il donc à sortir du miroir ? Il affichait toujours son petit sourire, nullement surpris par ce qui se perturbait le rêveur.

° Tu as agi seul. Tu as su créer l'orage, tu sauras te délivrer... peut-être que tu n'as pas cerné que le sens du beauté ne veut pas dire que cela soit quelque chose d'extraordinaire. Ton orage était pas trop mal pour un premier coup d'essai, mais la pluie était de trop à mon sens... L'orage est la force brute de l'air. Pourquoi y mélanges tu l'eau ? La combinaison d'éléments peut être beau comme laid. N'as-tu jamais vu ce qu'était le coeur palpitant d'un orage ? Je pourrai te montrer tout à l'heure...°

Si le mortel le méritait bien sûr

°Les rêves servent à voir des mondes certes, mais ils servent aussi à se guider. Ils sont le chemin des souhaits perdus, des désirs qui ne resteront qu'un souffle d'une passion au fond de son coeur. Les rêves sont bien plus profond et le sens échappe trop aux mortels. Presque un gâchis. La simplicité et la beauté associées offrent tellement de choix et de chemins, comme l'espoir rêvé mais qui n'aboutit jamais à la réalité... °

L'entité leva le nez vers les nuages lourds de pluie et fit cesser la douche diluvienne qui noyait le sol et les environs. Les dernières gouttes étincelèrent dans un éclat éphémère tel un diamant qu'on présente un instant à un rayon du soleil. Les nuages étaient présents et se mouvaient dans le souffle d'un vent lointain. Mais ils ne s'éparpillaient pas pour autant. L'entité ne tenait pas à gâcher le travail apporté par le mortel pris en communion non volontaire avec son lierre.

°Il est facile de penser pour créer, mais pour créer, il faut connaître les détails de ce qu'on veut faire apparaître. Les nuages sont simples de forme. N'as-tu pas cherché à faire surgir un arbre pour me montrer son dessin de mosaïque ? °

Son sourire s'étira, fier de dévoiler ce qu'il avait senti dans l'imagination de Meccaya.

°La beauté est faite de simplicité, mais aussi de détail. Tout est lié. Il faut le comprendre pour ne pas se laisser piéger à ses propres émotions... ou à ses peurs. Le lierre n'est que l'entrave de ton propre esprit. Peut-être que ton désir est de rester ici dans un but précis... qui sait. Maintenant, comment vas-tu te délier de ce végétal ? Après tout, il n'est qu'un fragment de rêve....°



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MessagePosté le: Dim 7 Sep 2014 - 14:20 Répondre en citantRevenir en haut

Les liens du lierres ligotaient l'androgyne. Ils lui serraient si bien ses articulations, ses membres, qu'iel commençait doucement à en être blessé. Les lèvres mordues, le regard fuyant, iel faisait de beaux efforts pour maintenir un semblant de dignité, quand tout son corps et toute son âme étaient habités par la seule idée de douleur et de fuite. Aussi ne saisit-iel que des bribes de ce que lui disait l'Être. Et il... Il... Il insultait son rêve, là ! Comment ça, "la pluie était en trop" ? De l'eau, de l'eau... Bien sûr que la pluie faisait de l'eau ! Mais était-il sourd ? N'entendait-il pas le bruit qu'elle produisait ? Contre l'eau, contre la pierre du kiosque... N'entendait-il pas se rythme, régulier sans être redondant, qui venait apporter de la profondeur à la mélodie jouer par le tonnerre ? Avait-il si peu l'oreille musicale pour que la présence d'autres instruments empêche son appréciation ?

L'androgyne tirait sur ses liens, sans plus regarder son interlocuteur. C'était désormais une tête complète qui était sortie du miroir. L'être allait en sortir complètement. Ce n'était qu'une question de temps. Allez savoir pourquoi, Meccaya associait le moment où il serait entièrement sorti et apte à se mouvoir au moment où le danger serait le plus grand pour lui. Pourtant, me direz-vous, ce très beau personnage ne paraissait pas si maléfique, sans doute n'avait-il pas l'intention de le tuer. Mais c'était l'instinct de mon neishaan qui parlait. Et cette instinct liait à une altérité inconnue le danger.
Ses liens ne se desserraient pas, ses poignets surtout souffraient. Le lierre entourait doucement sa cage thoracique sans se resserrer, néanmoins. Tout cela allait mal finir. Il était temps d'agir et... Et... La pluie s'était arrêtée.

Quoi ! De quel droit prenait-il ainsi le contrôle de SON rêve ? Il ne le pouvait, c'était SON rêve. Soit iel le contrôlait, soit nul ne le contrôlait, mais aucun être ne pouvait se permettre d'en retirer ainsi un élément clef, un élément aussi beau. En Meccaya brûlaient désormais des flammèches de révolte face à cette imposture. Mêlées à la peur qui accaparait son esprit, cette douleur dans ses poignets, cette sensation horrible au niveau de son torse, ces révoltes commençaient à le faire paniquer. Et l'Autre qui semblait si calme, qui... Qui souriait... Bon sang, toute cette beauté, et tout ce calme ! Il avait l'air si sûr de lui ! Il le défiait. Si sûr, si sûr de lui... Iel ne pouvait que perdre dans ce jeu inique dont iel aurait dû être le maitre...

"- Non..."

Murmura-t-iel. Iel aurait voulu se recroqueviller. Iel ne le pouvait. Et plus iel se débattait, plus iel avait peur. Plus iel avait peur, plus iel trouvait sa situation anormale. Les dires de l'Autre hantaient son esprit, iel n'en comprenait pas le sens. Iel ne comprenait que "fuir. Doit fuir". Le lierre s'enroulait autour de son coup. Il aurait fallu du feu pour se débarrasser de la plante...

"- Non !"

Pas de feu, pas de feu. Si son rêve avait pour but de lui faire affronter cette peur, cela ne fonctionnerait pas. Iel se libèrerait du lierre sans le feu. Iel trouverait autre chose... Le chant ? Non, iel ne savait pas chanter. Pour sa liberté, iel l'aurait fait, mais ici, c'était vain. Cela ne pourrait fonctionner, iel le savait. Mais iel ne pouvait se laisser abattre ! Il fallait qu'iel vive, qu'iel vive et qu'iel reprenne en main son rêve ! Cela était si important, tout à coup...
Une sorte de rage de proie l'envahit, et, d'un coup, iel brisa le lierre, qui tomba en petits morceaux de cristal à ses pieds. Là où le cristal l'avait enserré, le sang coulait. Iel le savait: le lierre s'était aussi emparé de l'intérieur de son corps. Iel n'en avait plus pour longtemps dans ce rêve. Pourtant, iel le voulait, à lui.
Meccaya se laissa tomber à terre, assis, mais recroquevillé. Alors iel pensa à la mosaïque du feuillage des arbres. Iel en vit chacune des couleurs. Le kiosque se métamorphosa en un cercle de troncs. Au-dessus d'eux, les feuilles formaient une voûte qui laissait passer quelques menues gouttes d'eau. Comme le souvenir datait d'un jour d'été, certaines feuilles brillaient d'une lueur jaunâtre. Ceci étant fait, iel rouvrit les yeux sur l'être qui était devant lui. Iel eut peur à nouveau. Iel se leva, à toute allure, en fit le tour. Ainsi, iel était du côté de la sortie, prêt à s'enfuir. Iel tendit une main vers l'Autre.

"- Ce rêve est à moi. Qu'il vous plaise ou non. Il est ma création, peu importe que je l'eus voulu ou non. Vous... Vous êtes un danger pour mon rêve."

Meccaya n'est pas un agresseur, iel n'est pas celui qui allait mettre le feu à la si jolie chevelure de l'Être. Non. Mais bientôt, l'Être se retrouva entouré de quatre mur et un plafond de verre, d'un verre qui semblait parcouru de filaments de couleur changeante. Et ainsi mon androgyne se croyait en sécurité. Iel s'assit à nouveau et se concentra, les yeux fermés. Il fallait maintenant de la pluie, à nouveau...


Dernière édition par Meccaya Im'Awhël le Jeu 6 Nov 2014 - 00:18; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 30 Oct 2014 - 15:29 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


L'entité ne cligna pas une seule fois les paupières, affichant toujours son visage parfait composé de ce liquide argent et uni pour afficher la perfection humaine aux yeux du mortel rêveur. Le changement de ton de son ''hôte'' ne l'émut guère et même quand le lierre vola en éclat, passant de l'état végétal à l'état cristallin. La colère imprégnait les fibres du jeune homme et même du lierre qui l'avait envahi. Même face à ce revirement émotionnel, l'Être resta de marbre. Les mortels étaient si prompts à réagir à la moindre déferlante de sentiments dans leurs veines qu'ils arrivaient à perdre tout contrôle, ou presque. Meccaya se laissait déborder, mais il tentait de maintenir le contrôle. Presque....

Les parois qui naquirent de sa volonté emprisonnèrent donc l'Entité, qui détailla silencieusement le jeu des fibres colorées, comme si le verre se retrouvait composé d'une matière couler en lui pour le rendre plus solide, plus tangible. Mais est ce que cela suffirait réellement. Faisant mine de pas bouger, ses yeux de mercure se reposèrent sur le Neishaan qui se reconcentrait pour reprendre sonrêve en main. Un rictus amusé apparut doucement aux commissures parfaites des lèvres attirantes de l'Être.

°N'est danger que celui qui croit le ressentir autour de lui. Crois-tu réellement que si le danger était là, tu serais encore dans ce Rêve ? °

Le visage sortit un peu plus de son réceptacle, laissant deviner la naissance des épaules, juste à la base du cou gracile. Sa chevelure d'argent ondulait doucement cette fois, soufflée par un vent inexistant. Lui un danger... Les mortels avaient toujours aussi peur de ce qu'ils connaissaient pas. Risible, voir même encore très amusant à observer après tous ces siècles à contempler les rêves de ces êtres là. les hommes étaient si complexes et si fragiles à la fin. Ce mélange donnait cette pointe pimentée qui rendaient leurs songes si particuliers... Celui-ci l'était d'autant plus, car Meccaya savait qu'il rêvait et tentait de fabriquer son rêve, même si la maladresse guidait malheureusement sa concentration et ses désirs.

L'entité ne fit rien contre sa prison pour l'instant, continuant de fixer le mortel assis non loin d'une probable sortie vers son monde physique. La pluie arriva, gouttant ici et là, frappant dans une mélodie humide le plafond de verre bariolé de filaments aux couleurs changeantes

°Qui te dit que ce rêve est entièrement à toi ? N'est ce pas un peu présomptueux de croire à une telle forme de propriété. Un monde onirique n'est-il pas un monde ouvert et offert à tous ? Personne ne peut se dire Maître des Rêves.... °

Son sourire élargi se fit énigmatique et doucement, son visage se redressa tout comme les pans en verre de sa prison. Un buste, puis le reste du corps sortit du liquide miroitant, prenant entièrement corps et nu. Mais rien n'affirma sur son physique s'il était un homme ou une femme. Sa poitrine brillanté d'une couleur argentée pure était de toute évidence masculine, mais la beauté de ses courbes et la finesse de ses muscles laissait deviner un côté féminin ; le plus délicat. Tout n'était que perfection sur son corps, même sa longue chevelure qui l'entourait telle une seconde peau pour former une toge entourant son bassin et couvrir ses cuisses galbées. Quand ses pieds prirent forme pour se matérialiser pleinement dans cet phase onirique créé par Meccaya, l'être inconnu n'eut qu'à tendre la main pour toucher le verre. Tous les pans de sa ''prison'' se liquéfièrent pour se mélanger à ce qui restait du miroir et tout ce mélange de couleur vira doucement à un aspect translucide, toujours sous ses pieds. L'entité baissa sa main et des bourgeons de verre naquirent autour de lui, montant, grandissant et se développant. Les bourgeons montaient sur des tiges de verre d'une transparence presque parfaite et ils s'ouvrirent pour libérer les filaments de couleurs qui composaient encore à l'instant le plafond de verre de la prison temporaire de l'Être. Et il avait toujours son sourire.

°Ce qui est à toi ne l'est pas vraiment. Ainsi vont les rêves. Si tu te crois en danger, c'est que tu ne maîtrises encore rien.... Les Rêves.... jamais un rêveur n'est seul, même quand il rêve d'une nuit et qu'au matin, il ne se rappelle de rien. Mais dans ces lieux oniriques, les souvenirs persistent à leurs manières... Ne t'es-tu jamais demander comment les rêves existent ? Toute chose nait bien de quelque chose, et de quelque part.... comme ton rêve, il nait de tes souvenirs et de ton imagination... Mais les rêves en eux même, d'où viennent-ils ? °

Il tendit une main au dessus d'une des fleurs, pour la cueillir mentalement. Une fois qu'elle fut entre ses doigts, elle étincelait plus vivement encore. Quelques filaments jouaient dans les airs, comme le feraient ceux des méduses dans la mer pour attraper ses proies.

°Le rêve n'est danger que pour celui qui a peur. Le rêve peut être dangereux si tu te laisses mener par tes émotions. La preuve ce lierre....°

L'Être ne dit rien de plus, contemplant avec un petit plaisir sa simple petite création. Oui simple car il n'avait fait que récupérer la matière créée par Meccaya pour la remodeler à sa guise ; l'enfance de l'art pour lui.



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MessagePosté le: Jeu 6 Nov 2014 - 00:43 Répondre en citantRevenir en haut

Bien sûr qu'iel pouvait être en danger dans un rêve ! Iel le savait d'expérience: ses rêves attendaient toujours que le danger se soit achevé par l'acte dangereux en lui-même, souvent la mort, pour enfin le sortir du rêve. Mais peut-être que l'Autre parlait d'un tout autre danger. D'un danger plus... Tangible. "Réel", sous-entendu dans le monde physique. La concentration que Meccaya avait rassemblée pour créer la pluie se dissipa. Le monde réel... Et ce monde-ci était alors sans danger ? Aucun ? Quelque chose en lui refusait de l'admettre. Et ce quelque chose, c'était la part de son esprit qui aimait les rêves, et qui voulait croire en eux. Cette part qui, récemment, s'était faite écraser par une autre part, celle avide de sciences et d'explications rationnelles.
La pluie à nouveau tombait. Iel sentait les gouttes d'eau, furieuses, s'écraser contre ses cheveux, contre sa nuque. Iel releva le visage, ouvrit les yeux. Le décor n'avait pas changé. Iel tourna son regard vers celui qu'iel avait emprisonné, et qui désormais lui affirmait que non, ce rêve n'était pas à lui. Son instinct d'être humain avait envie de protester, mais iel se ramena vite à la raison. Comme si la vision du sourire de l'étrange inconnu lui avait donné des indices sur le chemin que sa réflexion devait prendre. Etait-iel bête ! Depuis le début, les actions de l'autre n'avaient qu'un but, et iel avait pris cela pour une agression bête et méchante ! L'autre voulait lui faire comprendre quelque chose. Il était bien plus malin que lui. Il voulait lui faire comprendre que ce rêve ne lui était pas propre, qu'une partie était extérieure à lui. Une part d'altérité... Mais pour le moment, Meccaya peinait à savoir si cette altérité était une personne au même titre que lui, ou un simple univers qui serait centré sur sa petite personne.
L'Autre était agréable à l'oeil, il fallait l'admettre. Iel l'observa sortir de sa prison sans mot dire, essayant de regarder ses yeux, alors que son regard était inexorablement attiré par les courbes de cet être. Il lui ressemblait en bien des points, mais était bien plus harmonieux que lui. Un bref instant Meccaya se demanda s'il était possible qu'il soit une part de lui, mais une part incontrôlable, au-delà de lui. Mais cela lui parut vite peu probable. En plus d'être une part de lui qui lui était totalement inconnue, il aurait fallu que l'Être soit capable de s'auto-définir, sans que Meccaya en soit conscient. Il semblait si bien connaitre ce monde, et ce qui l'entourait... C'était forcément quelqu'un d'autre. Et quelqu'un d'autre qui devait assez bien maitriser ce monde pour avoir choisi de lui-même de venir ici. D'où venait-il ? Quel continent offrait à ses habitants la possibilité d'aussi bien habiter ses nuits ?

Dans l'esprit de Meccaya, c'était désormais très clair. Trois entités différentes étaient ici présentes. L'Autre, le monde des Rêves, et lui. L'autre et lui-même n'étaient que passagers en ces lieux. Ses sourcils se froncèrent un peu sous l'effet de la réflexion, son regard suivit la courbe d'une mèche de l'Autre, puis celles des tiges de verre. Oui, ils étaient désormais les deux créateurs en ces lieux. Mieux valait qu'ils se mettent d'accord sur un projet comment, s'ils désiraient aboutir à quelque chose de correct.
Iel l'écouta parler, iel l'observa se saisir d'une fleur. Comme il la tenait entre ses doigts (enfin, on aurait dit que la fleur volait et cherchait à rester toujours en un contact à peine effleuré avec l'Être), elle semblait plus belle encore. Comment faisait-il cela ? Qui était-il pour rendre ainsi le monde beau ? Artiste ? Muse ? Oh... Etait-ce donc cela, les muses ? N'étant pas artiste, ou piètre, iel n'aurait jamais imaginé qu'un jour une muse viendrait à lui. Une sorte de soupir échappa à Meccaya. C'était de ces soupirs incontrôlés qu'ont les bipèdes lorsqu'ils réfléchissent trop longtemps sur un même sujet, et ont besoin d'aérer leur encéphale. Ce soupire parut faire sortir hors de lui la peur qu'iel avait de l'Être, quelques instants plus tôt. ses pensées étaient désormais plus clair, et sa voix plus posée lorsqu'iel demanda:

"- Comment se fait-il que les blessures obtenues dans un rêve ne persistent pas dans un autre ?"

C'était là une question qui le taraudait. Iel commençait à comprendre la persistance de ce monde. Mais pour lui, dissocier un monde de ses habitants n'était pas encore naturel, et iel peinait à imaginer qu'un monde persistant puisse avoir des habitants qui, en venant, n'avaient pas persisté dans leur forme. Il allait vite comprendre, néanmoins...

"- L'origine des Rêves ne doit pas être bien différente de l'origine du monde, j'imagine. Il est juste dommage que celle-ci soit si floue. Certains philosophes imaginent que le monde a toujours été, qu'il ne peut avoir ni début ni fin. D'autres parlent des Dieux comme d'une évidence..."

L'androgyne tendit une main devant lui, songeur. Les perles de pluie qui y tombaient devenaient de petits cristaux. Et c'était lui qui venait de le décider. Tout s'était fait si simplement, même pour un rêve... Ici, il était plus ou moins l'équivalent d'un dieu. Créateur... Mais uniquement en partie, de toute évidence. Un sous-dieu. Avait-iel des supérieurs ? Iel retourna sa main et laissa les cristaux tomber sur le sol. Oui, il n'y avait pas de danger. Dans le monde physique, le danger pouvait naitre autant de l'altérité du monde que de soi. Mais dans un rêve où tout était maitrisé, même l'Autre ne pouvait être un danger. Il fallait juste qu'iel se donne la peine de mesurer ses émotions, et qu'iel n'oublie pas qu'iel était tout-puissant. À tout moment iel pouvait se protéger, à tout moment iel pouvait se réveiller...

"- Vous, d'où venez-vous ? De quel continent ? Vous devez bien avoir une existence en Rhaëg également. Comment fait-on pour se diriger vers le rêve de quelqu'un..?"

Sous-entendu qu'iel voulait le revoir. Iel savait que le rêve était éphémère, qu'à tout moment iel pouvait se réveiller, ou être réveillé. Iel voulait pouvoir le connaitre à nouveau, échanger avec lui en-dehors du rêve. Celui qu'iel avait pris pour un ennemi, iel le savait désormais, était sans doute son meilleur allié. Celuiq ui partageait ses objectifs, et qui saurait l'aider. Quelqu'un qui ne lui rirait pas au nez devant toutes les recherches qu'iel menait sur ce monde étrange qui venait à lui quand son corps abandonnait toute idée de conscience. Enfin, l'air grave et très sérieux, Meccaya demanda, presque solennel:

"- Vous avez l'air d'aimer ce qui est beau. Eh bien. M'apprendriez-vous à créer quelque chose de beau ?
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MessagePosté le: Lun 10 Nov 2014 - 15:54 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


L'Entité souriait, au plaisir de contempler sa délicate création et en écoutant les nombreuses questions du rêveur mortel. Le ton de sa voix s'était adouci, comme s'il comprenait doucement qui était en réalité cet être tout revêtu de cette peau argenté et mouvante. Ses yeux emplis de mercure quittèrent presque en regret le charme de la petite fleur, pour observer le jeune homme qui venait de faire un pas vers la compréhension de ce qu'était le Rêve. Juste un premier pas, après rien ne prédisait s'il n'allait pas se perdre. Mais pour en être certain, il fallait avancer sur la compréhension des choses et surtout... de son interlocuteur.

Son sourire se fait presque envoûtant, soulignant la finesse de ses lèvres, en un mouvement presque parfait. Chaque parcelle de son visage suivit avec élégance le mouvement demandé et s'exécutant dans une douceur à vouloir y caresser pour la savourer du bout des doigts. A chaque question posée, l'Être apporterait une réponse. Jouant toujours avec la fleur créée de sa volonté et toujours aussi serein qu'à la première seconde de sa rencontre avec Meccaya.

°Se blesser dans les Rêves n'est pas la même chose que de vouloir blesser...Il faut bien faire la distinction des deux choses et surtout, ne pas chercher à faire le Mal. Le Mal n'apporte pas la création dans les Rêves mais la destruction. Il faut avoir le coeur mauvais pour vouloir déjà, infliger des blessures, mais surtout pour les maintenir à travers un autre rêve. Et encore dans un autre rêve. Faire mal n'est pas beau...°

Il ne précisa pas le potentiel du Mal à blesser à travers la frontière des rêves. Le rêve pouvait atteindre quelqu'un par l'esprit, mais aussi par le physique. Rien que d'y penser, sa longue chevelure de platine ondulante frémit, comme tremblant à l'idée même de l'horreur. mais il gardait toujours son sourire enjôleur. Bon nombre de femmes mortelles avaient succombé à son simple sourire.

°Qu'est ce que l'origine, qu'est ce que la fin. Tout n'est que commencement et recommencement. Un éternel cercle qui a déjà fait vivre bon nombre de mondes et qui en a vu disparaître tout un certain nombre. Qu'est ce que le Rêve ? Peut-être que le Rêve est la base de toute chose, de toute la vie comme vous la voyez, la source même de chaque pensée, de chaque souvenir rêvé...°

Son sourire s'élargit un peu plus.

°Les philosophes ne sont pas des rêveurs intéressants.... Ils sont trop logique, trop terre à terre. Ils sont rarement passionnant dans ce qu'ils rêvent... Donc ils fixent à ce que leurs pensées en éveillé leur dicte. L'imagination n'a pas sa place en eux... Ils la rejettent. C'est pourtant l'imagination qui a permis bien des choses. L'imagination pourrait être la base même du Rêve qui sait... tout est lié ? Ou tout n'est pas lié ? Cela, les mortels penseurs n'y songent même point. °

Pour les Dieux, il inclina la tête, comme un enfant espiègle envers celui qui chercherait une réponse à sa petite farce.

°Est-ce que pour toi les Dieux sont réels ou pas ? Ne vivent-ils pas de l'imagination générale des mortels ? Où se sont-ils fait connaître par leurs actions et leurs multiples créations ? °

Il regarda l'androgyne tendre la main pour laisser quelques gouttes d'eau tomber dans le creux de sa main, n'étant plus de l'eau, mais du cristal. Un acte très simple. Il semblerait que le mortel commençait à comprendre, même s'il ne comprenait pas encore lui-même. Puis quand il fut temps de répondre à la question d'où venait l'Être, ce dernier émit un léger rire. Non pas pour se moquer de Meccaya, non, juste d'amusement. Personne n'osait lui demander d'où il était.

°Je suis là où je dois être. Je suis là sans être là. Ici et ailleurs en même temps, le temps fugace d'une pensée, à la vitesse d'un songe. Je viens et je reviens comme bon me semble. Ainsi sont les Rêves. Peut-être qu'un jour, quand tu comprendras ce que sont les Rêves, arriveras-tu à te rendre dans le Rêve d'un autre. C'est ton rêve, oui, mais j'y suis simplement entrer. Je ne me suis pas diriger en son coeur. Je suis simplement venu. Toi ce sera se diriger dans le rêve, pour aller visiter celui d'un autre, mais pour moi...C'est unique et personne ne peut m'imiter. °

Ses dents argentées apparurent à l'élargissement supplémentaire de son sourire. Il pourrait faire fondre n'importe qui désormais avec un sourire plus que charmeur. Irrésistible.

°Le beau est le beau, rien ne peut l'égaler. Il suffit de le voir et de se faire une idée de ce qu'est le Beau. Même la dune, simple tas de sable dans le monde réel, peut avoir une beauté qui lui sera propre. °

la fleur qui glissait entre ses doigts se ratatina pour donner une petite sphère ronde. Deux petites ailes se ployèrent en même temps que naissaient une tête et un long fin et élégant. Un oiseau mouche de la même consistance que la fleur venait de prendre vie, s'envolant aussi vivement que ses ailes battaient pour l'emporter dans les cieux nuageux. L'Immortel suivit sa dernière création prendre la poudre d'escampette et il en rit, comme un simple enfant.

°Je puis t'apprendre, mais est-ce que toi tu le veux vraiment ? est ce que tu veux créer simplement ou créer pour les Rêves ? °



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MessagePosté le: Dim 16 Nov 2014 - 16:03 Répondre en citantRevenir en haut

Tant de choses, tant de subtilités ! L'esprit de Meccaya était habitué aux pseudo-subtilités des sciences humaines. C'est-à-dire à des informations grossières et simplifiées, soit-disant pour les rendre plus aisées à comprendre. Aussi iel songea dans un premier temps que jamais iel ne parviendrait jamais à retenir autant. Iel peinait déjà à comprendre… Iel se sous-estimait, iel sous-estimait les capacités de ce qui occupait l'espace entre ses oreilles. Iel l'ignorait encore, mais au final, ces subtilités, ces bribes de connaissances données par l'Autre, risquaient d'être tout ce qui lui resterait de ce rêve.
Pourquoi l'interrogeait-il ainsi sur les dieux ? Pour Meccaya, ces derniers n'étaient jamais qu'une hypothèse comme une autre, sur toutes les questions qui les concernaient. Bien sûr, ils existaient, ne serait-ce que par le nombre de personnes qui croyaient en eux, le nombre d'écrits les concernant. Mais s'ils étaient des entités qui n'avaient point attendu les croyants, s'ils étaient "réels" et à l'origine des hauts faits qu'on leur attribuait, il n'en savait rien. Et iel s'estimait inapte à exprimer le moindre avis là-dessus. Aussi évitait-iel tant qu'iel pouvait de parler de dieux. Cela l'avait déjà amené une fois à s'opposer à un de ses professeurs, lui. Sans violence, iel avait juste fait remarquer "pourrions-nous plutôt parler de sciences ?" quand ce dernier avait osé une hypothèse un brin trop théologique à son goût.
Mais ce qui était intéressant, ce n'était pas son avis sur les dieux. Ce qui était intéressant, c'était la réponse attendue par l'Autre. La bonne réponse, quelle était-elle ? Et quel lien avec l'origine des rêves ? Craignait-il de l'offenser par quelque pensée athéiste, ou au contraire était-il l'ami des dieux du Rhaëg ?
Par l'idée de cycle, les Rêves rejoignaient bien d'autres éléments de ce monde. D'autres plus extrêmes disaient même que tout était cycle. Il vint alors à l'esprit de Meccaya que, même cyclique, le rêve avait un début. Alors la réponse à sa question lui vint toute seule. Le premier Rêve était né avec le premier Rêveur. Pourquoi ? Mh. Y avait-il vraiment un "pourquoi" ? De prime abord iel aurait dit non. Mais maintenant qu'iel se posait la question… Admettant l'existence des dieux, on pouvait aisément admettre une utilité aux rêves. C'aurait été fantaisiste, mais c'était possible. Et en ce cas, les dieux devaient vraiment avoir abusé de substances illicites le jour où ils avaient créé les rêves. Leurs desseins étaient si… Inexplicables.
La petite remarque sur les philosophes le fit sourire. Iel revoyait encore son professeur de philosophie, un homme aux chemises trop grandes mais aux yeux d'un bleu céruléen, se pencher au-dessus de son bureau et dicter: "Le scientifique doit avoir de l'imagination". Iel ne se souvenait plus des mots exacts, mais parfaitement de la logique qui amenait cette déclaration: le scientifique avait pour but de dessiner les mécanismes invisibles du monde. Pour cela, il devait faire des hypothèses, toutes, être prêt à toutes les éventualités, à tout recevoir. Il devait avoir l'esprit le plus ouvert possible, et, ayant cela, être capable de la cohérence et de la rigueur la plus pointue. "Un peu comme le philosophe", avait-iel dit alors.

Alors comme ça, l'Autre était un rêve ? Il ressemblait beaucoup à un être vivant, pour un rêve. Allez savoir comment, l'esprit de Meccaya déduisit que c'était là un nouveau statut qu'il avait réussi à atteindre. Enfin, au moins, l'Autre lui reconnaissait enfin la propriété de ce rêve -pas trop tôt ! Iel trouva à l'Autre un rire pour le moins… Inhabituel. Agréable à l'oreille. De toutes façons, cet Autre semblait entièrement conçu ainsi: inhabituel, mais beau. Peut-être était-ce là qu'iel devait commencer ses recherches. Déjà il lui promettait de pouvoir visiter le rêve d'autres. Fort bien, cela avait l'air intéressant. L'Autre était plein de promesses, de belles promesses. Il promettait que ce monde possédait bien plus de beautés et de pouvoirs que Meccaya l'imaginait. Iel avait envie d'y croire.
Le regard noisette de l'androgyne vit la fleur se changer en oiseau. Il le suivit. Puis revint sur l'Autre. Iel resta silencieux un moment, face à lui. Etait-ce une impression, ou sa respiration était-elle si forte que l'on pouvait la confondre avec le vent ? Quand iel prit la parole à nouveau, sa voix était faite de détermination autant que du respect que lui inspirait désormais l'Autre.

"- Je voudrai ce que vous me direz de vouloir. Je veux devenir le plus proche possible de vous, puisqu'être votre équivalent m'est inaccessible."

Iel observa l'Autre avec insistance. La courbe de ses épaules, de ses hanches, la forme de ses bras. Un court instant iel ferma les yeux. Quand iel les rouvrit, son corps ressemblait à s'y méprendre à celui de l'autre. Son corps uniquement, pour le moment. D'un mouvement de main, iel rallongea ses cheveux, sans oser leur donner une quelconque coiffure pour l'instant. D'un bref coup d'oeil autour de lui, il songea qu'ils n'étaient peut-être pas les plus assortis à ce monde. Iel n'y prêta pas attention, mais au moment où iel pensait cela, les environs lointains changeaient peu à peu de forme, la température baissait, la pluie devenait neige. Ses yeux osèrent affronter ceux de l'Autre. Iel ne le dirait pas, mais l'Autre le saurait sans doute à travers son regard: iel était prêt à moult sacrifices pour obtenir d'être son élève.

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MessagePosté le: Lun 17 Nov 2014 - 17:33 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


L'Entité des Rêves aurait pu se sentir vexé qu'on tente de lui ressemble, autant pour sa beauté que pour les formes agréables que son corps dessinait. Au lieu de cela, l'Être s'éleva à peine d'un centimètre du sol qui se drapait doucement d'une neige immaculée. Une main portée à son menton parfait, il fit le tour de Meccaya de cette manière, le jaugeant sous tous les angles. Un sourire amusé plissait un recoin de ses lèvres sensuelles. Puis il s'arrêta en face du jeune rêveur, à un mètre de sa personne onirique. Son sourire vira doucement à un air d'espièglerie.

*Belle performance. Je suis touché que tu songes à moi. C'est presque parfait, mais jamais cela ne ressemblera à moi, le véritable original. Au moins, je vois que tu es doué pour la perception des choses et de leurs proportion. Mais vouloir me ressembler à tout prix n'est pas ce qui donne l'Essence même d'un véritable Rêveur. Comme tu as compris que je suis inaccessible, pourquoi tenter de me ressembler alors ? Pourquoi ne pourrais-tu pas être simplement toi dans cet univers de rêve ? *

Il laissa ses pieds se poser dans la neige sans en ressentir leur humide froideur. Il tendit simplement un index pour toucher la texture de la peau de la joue de son presque-sosie.

°Presque parfait°

Il libéra une petite note cristalline qui résuma son rire amusé. Ainsi le jeune mortel voulait qu'il lui demande des choses. Il se détournait un peu de son chemin, c'était dommage, il était compétent. Bien, il n'allait pas le laisser se perdre.

°Sois déjà toi-même, voilà ce que je veux. Personne ne peut me ressembler. Je suis unique, au point qu'on m'envie, qu'on me jalouse, qu'on me maudit, qu'on me vénère, qu'on cherche à suivre mon exemple... Sois toi-même... °

Il sourit. Le mortel le passionnait et lui donnait envie de le tester plus en profondeur encore, avant de lui apprendre doucement ce pourquoi il était venu dans le monde onirique.

°Je n'ai pas à te demander ce que je veux... Mais qu'est ce que toi tu veux réellement...dis moi... sais-tu qui je suis ? °



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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 17 Nov 2014 - 19:38 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya eut le réflexe de vouloir suivre l'Autre des yeux, alors qu'il jaugeait sa métamorphose. Iel cessa finalement et resta immobile, tendu comme un élève en attente de la remise des copies. Mais pas que. Iel n'y songea pas, mais une part de sa tension venait également du fait qu'habituellement, un regard aussi insistant sur son physique cherchait toujours quelque chose. Quelque chose qu'iel n'aimait pas offrir. La vérité sur son corps. Les plus imbéciles imaginaient même que cela révèlerait la vérité sur son âme. Avait-iel l'air d'un menteur ? En tout cas, des années de regards en biais l'avaient doté de ce malheureux réflexe de se replier un peu sur lui-même, essayer de se cacher. Là, iel fallait être visible. Pour lui, pour l'Autre, car iel savait que l'Autre cherchait en lui l'esthétique, et non pas ces maudites assignations si chères aux mortels.
Le jugement le soulagea un peu, iel en offrit un sourire un peu gêné à l'Autre. Iel le vit poser à nouveau pied par terre sans produire un son. Et comme iel regardait ailleurs, iel fut presque surpris qu'on lui touche la joue. Non. Iel fut surpris, mais ne le témoigna que par un frisson, avant d'oser timidement lever le nez vers le visage de l'Autre. Iel n'avait jamais vu ce visage, pas même en illustration. Et… Oh. L'autre avait jugé sa peau "presque parfaite". Mais… Iel n'y avait pas touchée. Enfin, iel avait pris plus ou moins son apparence, mais sur la texture de sa peau iel n'avait apporté aucune modification. Ses joues passèrent au rouge vif sans même qu'iel puisse empêcher cela. Pourtant, en rêve, cela n'aurait pas dû arriver, cela n'avait pas de raison d'être. Un vent léger souffla. Iel sentit le froid… Non, c'était impossible. Meccaya observa le tissu épais auquel iel avait songé, et qui commençait à se dessiner, dans le rêve, au bout de sa main. Iel souffla dans sa direction, le tissu tomba en neige.

L'Autre lui demanda d'être lui-même. Soit. Iel avait voulu des ordres, iel en avait un. Mais… Plus moyen de se souvenir de son corps d'origine. Mh. Dommage. Mais est-ce que son corp d'origine était vraiment "lui-même" ? Iel avait toujours regretté la toxine, qu'iel n'avait point. Et son dragon, aussi, l'autre moitié de son âme… Iel ne pouvait encore lui présenter cette part-là de lui-même. Tant pis, iel allait faire sans. Son corps reprit les proportions qui étaient siennes, les attributs qui étaient siens. Iel raccourcit à nouveau sa crinière. D'étrange reflets bleutés y naquirent. Les mêmes vinrent s'étaler en étrange tatouages le long de son cou et de ses bras. Iel avait des tatouages, en vrai non ? Iel observa ses mains. Toxine. Nul moyen de la montrer, mais iel le savait: iel l'avait. Comme iel aurait toujours dû l'avoir. Un sentiment rare, pour ne pas dire nouveau, naissait en lui. L'impression d'être complet. Complet, et à sa place. Par les dieux, qu'est-ce que cela aurait été si, de surcroit, son dragon avait pu être à ses côtés ! Jamais iel n'aurait voulu sortir de ce rêve. Tant pis si la mort l'étreignait plus tôt.

"-Je pensais qu'il fallait être beau. J'ai commis l'erreur d'imaginer qu'il n'y avait qu'une seule façon d'y parvenir."

Voilà pourquoi iel avait pris son apparence. Iel n'aimait pas la sienne. Mais maintenant, iel se sentait mieux. Mais iel ne se sentait pas mieux parce qu'iel était beau, non. Iel se sentait mieux parce qu'iel était lui. Nul moyen de le savoir pour l'instant, mais iel se sentait également mieux grâce au regard de l'Autre sur lui. Iel pouvait, comme en l'instant présent, être tout aussi nu devant lui, sans avoir de crainte. Son jugement ne l'effrayait pas. Tiens, pourquoi, d'ailleurs ?
Et c'était la prochaine question. En bon élève, Meccaya prit le temps de réfléchir avant de parler. Ses yeux ambrés regardaient sans voir les flocons se mêler à la neige de Vaendark. Les eaux du Lac se mêlaient à la glace, dans un mélange de solide et de liquide, de blanc et de gris, de mobile et moins mobile. Qui était l'Autre ?

"- Vous êtes le Rêve. Ce que je veux…" Iel l'ignorait véritablement. Avait-iel seulement une envie particulière ? "Je l'ignore. Les rêves m'attirent sans que je puisse trouver la raison à cela. Voilà pourquoi je me propose à vous. Parce que j'ai le sentiment que c'est ce pour quoi je suis fait." Ce qu'iel était, en quelques sortes.
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MessagePosté le: Jeu 20 Nov 2014 - 10:31 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


L'entité s'était campée en douceur devant le mortel rêveur. Son sourire était toujours aussi envoûtant et malgré l'aspect liquide de ses yeux, on sentait son regard se poser sur soi, vous sondez, cherchez à vous connaître en profondeur en toute amicalité et sans aucune once de vilenie. Il semblerait que le jeune homme retrouvait un peu plus confiance en soi. Bien, c'est ce qu'il fallait. Il ne s'était pas perdu longtemps finalement.

°Imiter est une chose, réaliser soi-même la beauté en est une autre. La beauté comme je te l'ai dit tout à l'heure se trouve même dans la chose la plus simple. Il faut l'apprécier sous toutes ses formes. Qu'elle soit proie ou prédatrice ou simple chose inerte qui compose le monde... ou les mondes. Chercher à ressembler à la chose qui te plait ne signifie pas que tu la transcenderas..°

Au moins Meccaya se sentit plus en confiance et il était moins apeuré qu'à la première minute de leur rencontre. Tout autour d'eux, l'univers onirique n'était plus que monde de neige, à l'image d'une immense vallée des hautes montagnes du Vaendark. Quelques cristaux de neige se posaient délicatement sur la chevelure mouvante de l'Être et se glissaient en lui comme si elles n'étaient qu'un fragment de son être, au lieu de fondre comme sur n'importe quel être vivant

°Une fois que tu auras compris que même toi, tu possèdes une beauté intérieure, tu sauras la révéler et tu sauras comprendre.°

Il l'étudiait toujours. Même au sein d'un rêve, quand on en maîtrisait les trames, on pouvait tout obtenir, tout ce qu'on désirait. Mais fallait-il comprendre que cela restait dans les rêves et dans les souvenirs. Jamais cela ne mettrait un pied dans la réalité de l'être mortel. Là résidait les dangers de la tristesse et de la déception là où les rêves apportaient joie et espoir. Meccaya devra comprendre cela à la perfection, même s'il avait déjà posé les pieds dans leur fondement.

°Je suis le Rêve comme je ne le suis pas°Il se permit un rire joyeux.°Les rêves attirent à eux ceux qui les comprennent, ou presque. Cet univers onirique est si étendu que l'on pourrait ne jamais connaître ses limites. en fait, les limites sont celle de l'imagination des rêveurs et de leurs souvenirs. Elles s'étendent... s'étendent si loin que même une vie ne suffirait pas à les délimiter. Peut-être l'infini. Les rêves t'appellent, comme toi tu les appelles. Chaque être a un don qui lui est propre et il semblerait que le tien soit dans les rêves. Ton âme le sait et tu le ressens. Même si tu ne sais pas pourquoi, tu le sais...les rêves, c'est le coeur et l'esprit sans être les deux à la fois....Comprends-tu pourquoi sans même y penser, je sais créer des choses si simples qu'elles reflètent elle-même la pensée que j'aurai pu en avoir ? Le rêve, une fois que tu fais corps avec lui devient toi....Moi je suis le Rêve, mais jamais tu pourras essayer de me contrôler au contraire de ce monde où nous flottons...°

Il recula et leva une main pour laisser la neige s'accumuler doucement dans le creux de sa paume. Il souriait de cette douceur fraîche et pourtant si fatal pour ceux qui restaient endormi dans son blanc manteau. Il libéra la neige d'un simple souffle, sans avoir soufflé pourtant par le nez ou la bouche. Son souffle s'était étendu bien au delà du corps.

°Ce n'est pas quelque chose de facile pour un jeune mortel comme toi. Attends toi à avoir de nombreuses frustrations. Sache qu'il faut aussi que tu te souviennes des limites physiques qui te rattachent à ton monde réel. Il serait dommage que tu te perdes dans cet univers là sans pouvoir retourner en arrière. Comprends-tu ? Un être mortel peut rêver, mais il doit ressentir son propre corps à tout instant°

S'il avait compris, peut-être lui ferait-il part des sensations physiques qu'il avait en ce moment même...



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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 22:48 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya n'était pas du genre rebelle, loin de là. Pas du genre à donner du fil à retordre à ses parents. Pas volontairement, du moins. Iel laissait le soin de cette tâche à Aaron, son cher frère, lequel l'accomplissait avec autant de zèle que de brio. Cela n'empêchait que certains conseils ne pouvaient être reçus et appréciés quand ils venaient d'êtres aussi proches. Aussi les "aimes-toi" ou "fais-toi confiance" ne l'avaient que peu atteint, et iel s'était moqué comme d'une guigne de la notion de confiance en soi et avait laissé glisser toutes les phrases dans ce sens venant de ses proches, non par rébellion, mais parce qu'iel avait jugé cela trop peu objectif. Mais si un inconnu venait en rêve lui dire qu'iel possédait une beauté intérieur… Soit. Iel allait peut-être prendre cela en compte.
Se trouver beau n'était donc pas qu'une question d'appréciation de soi, de ce qu'il entendait. Cela permettait de comprendre d'autres choses en rapport à la beauté. C'était plus intéressant ainsi présenté que juste "ça te sera utile plus tard". Aussi Meccaya ferma les yeux un instant, juste le temps de s'observer lui-même.
Quand iel rouvrit les yeux, iel put constater que l'Autre l'observait… Disons, intensément. Cherchait-il à voir à travers lui ? C'était l'impression que cela donnait. Pour le coup, ils devaient partager la même expression, tous deux, avec Meccaya qui essayait de lire dans ses pensées. Est-ce que l'Autre savait déjà en quoi iel était beau ? L'avait-il deviné ? À moins qu'il ne chercha autre chose..?

Iel fut sorti de ses pensées par sa voix. Ainsi donc rêves et rêveurs s'entre-appelaient. Quelle belle image que cette nécessité. Enfin, nécessité… Les autres bipèdes diraient sans doute que les rêves étaient d'une futilité sans nom. Meccaya avait l'intuition qu'il n'en était rien. C'était un peu la motivation de ses recherches, bien qu'iel ne se l'avoua qu'à mi-mots. Iel essayait de ne pas trop se confronter aux réflexions quant à l'origine de sa démarche, iel ne savait se donner de réponse qui le satisfasse.
Comme s'il avait suivi le fil de ses pensées, l'Autre lui apporta une réponse, qui figea le neishaan. Les flocons lui paraissaient alors pénétrer au travers de sa peau et refroidir son sang. Lui… Un don avec les rêves ? C'était… À la fois incroyable, et évident. Iel ne voyait pas quel type de don iel pouvait avoir. Enfin… Iel rêvait, bien sûr, souvent, mais.. N'était-ce pas le lot de tout un chacun ? En même temps, cela aurait si bien expliqué son attirance incompréhensible pour ce monde, la netteté de ses souvenirs et sensations !
Le coeur, l'esprit, et aucun des deux…

Instinctivement, iel leva la main et attrapa les flocons soufflés par l'Autre, refermant doucement son poing sur eux. Iel rouvrit son poing pour regarder ce qu'il y avait dedans. Rien. Iel eut un fin sourire. C'était… Normal. Iel rouvrit son autre main, quelques énormes ovales de glaçons y flottaient, tournant sagement. Le ciel commençait à virer au bleu sombre. Une nuit qui tombait sans avoir fait saigner le ciel. Les glaçons tournaient, se multipliaient peu à peu, s'élevaient vers le ciel. Iel les observait.

"- Pour le moment, mon corps se rappelle de moi bien avant que je songe à lui." Ses réveils étaient plus provoqués par son corps et par le monde qui l'entourait que par lui-même. "J'imagine qu'il va falloir que je travaille à ce sujet." Ressentir son corps à travers le rêve, pour mieux pouvoir s'y engouffrer. Iel était pleinement conscient du côté dangereux de la chose. Iel allait marcher sur une corde au-dessus du vide, sans filet. Iel risquait de se perdre dans un monde où personne ne pouvait venir le chercher. Iel n'aurait plus que les rêves pour voir ses proches, plus que sa peine pour pleurer le dragon qu'iel n'avait pas, qui mourrait de ne pas l'avoir connu. Le monstre.
En tout cas, Meccaya était sûr d'une chose: ce rêve-là était différent des autres, et iel tenait le bon bout. Ce rêve-ci, iel en était pleinement conscient. C'était ce qu'iel avait recherché avant de s'endormir. C'était… Parfait. Iel savait ce qu'iel disait, iel savait qu'iel rêvait, iel savait ce qu'iel faisait et contrôlait à loisir aussi bien ce monde qu'iel se contrôlait lui-même. Iel se concentra un peu. Oui, quelque part, iel pouvait, en se concentrant, ressentir son corps, celui allongé. Des sensations qui se superposaient, non, se mêlaient à celles du rêve. Iel tirait du poids de sa couverture une horrible sensation de lourdeur dans les jambes. Mais maintenant qu'iel le savait… Iel s'en détacha. La sensation passait en fond. Iel en était conscient, mais ne voulait pas qu'elle influe sur ce rêve. Iel remua une jambe… Aussi aisément que s'il n'y avait rien eu autour. Plaisant… Iel se raccrochait tout de même à la conscience qu'iel avait de l'autre monde. Désormais, elle était vitale. Mais l'Autre avait raison: ce n'était pas facile. Le pauvre cerveau du neishaan n'était pas habitué à cet exercice.

"- Je… pense comprendre." Ses sourcils s'étaient froncés sous les efforts de concentration qu'iel déployait. Les glaçons tournaient plus vite, comme témoins de ses dépenses d'énergie. "Ce monde… Vous me donnez l'impression que j'en explore tout juste la surface. Ils sont si nombreux à m'avoir dit qu'il n'y avait rien à tirer des rêves, et qu'il n'y fallait pas y porter attention…" Son regard s'accrocha à l'Être. Une étrange détermination l'habitait. "Je crois que sans le savoir je vous ai cherché. En vous trouvant, je pourrais croire atteindre un but. Mais vous marquez le début de mon apprentissage." Iel retira sa main, mais les glaçons restèrent à leur place. Un instant iel se demanda s'iel pouvait faire part à l'Autre des sensations qu'iel avait de l'autre monde, pour témoigner de ses efforts. Rendre sa copie d'examen, quoi. Iel essaya alors, d'éjecter les sentiments au-delà de lui. La répartition du poids de son corps, la chaleur, la douceur, l'air…Le silence.
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MessagePosté le: Jeu 27 Nov 2014 - 19:24 Répondre en citantRevenir en haut


Aran'Rhiod


L'Entité sourit et tout autour d'eux, sortant des neiges, des arbres de cristal translucide grandirent, étendant leurs majestueuses ramures vers le ciel grisé. Quelques uns prirent une taille si haute que leur ombre recouvrit les deux êtres, Meccaya et l'Être. Ce dernier tourna sa tête tout autour, comme pour savourer ce nouveau décor qu'il mettait en place. Les bourgeons qui donnaient d'ordinaire des feuilles firent tomber des flocons cotonneux de neige. Elle tombait tout en naissant de ces arbres.

°Je suis le point de départ de ce que tu découvres comme j'en suis l'arrivée. Rappelle-toi ce que je suis, tout et rien. Prendre conscience que tu as un but à atteindre est déjà un grand pas. Mais il ne faudra pas désespérer de le voir se rapprocher pour le voir s'éloigner au plus loin de toi. Le voyageur inlassable a toujours quelque chose à chercher°

Son sourire s'était élargi quand il percevait en Meccaya la sensation physique de son corps endormi. Il arrivait à garder le contact. Presque du premier coup. Pas mal pour un mortel rêveur, psa mal du tout. Il leva une main et figea la neige dans les airs. Désormais, elle ponctuait leur environnement, comme autant de points sur un tissu à pois mais dans une dimension tout aussi physique qu'on pouvait le percevoir de ses yeux. Le tout sans effort. L'Entité était le Rêve, il n'avait qu'à faire corps avec Lui pour faire ce qu'il voulait

°Qui sait ce qui t'attendra dans tes prochaines explorations et expérimentations. N'oublie pas l'importance de garder le contact avec ton corps réel, car le temps passe différent ici... Au point que tu l'oublie et il se mourra. Et s'il meurt, tu seras perdu. Ce serait dommage de pas profiter de ta longue vie à venir pour apprendre à maîtriser ce monde n'est ce pas ? °

Combien de rêveurs possédant la capacité de Meccaya s'étaient laissées éblouir par l'univers onirique et oubliaient le temps se faufilant à travers leurs doigts. Ils pensaient maîtriser, cherchant encore plus en avant, allant plus profondément dans les rêves et finirent par s'étioler... ne comprenant alors pas ce qui se passait avant de s'en retourner au néant. Les rêves n'étaient qu'un fragment d'une nuit, mais qui avait sa propre vitesse temporel. L'oublier signifie la perte de la vie pour l'être physique.

°Si tu es à l'écoute de ton corps physique, tu sentiras l'instant du réveil. D'ailleurs, pour commencer à entamer la voie de la connaissance, il faut que le dormeur se réveille... et après tu découvriras si tu te rappelles ce rêve... car souvent, ce que tu découvres n'est que l'impression d'avoir trouvé quelque chose mais à chaque seconde que tes yeux recontemplent le monde réel, tes souvenirs du rêve se perdent. Alors jeune mortel, sauras-tu raccrocher au plus profond de toi ce que tu as appris ? C'est l'épreuve que je t'impose pour cette nuit... °

L'entité ouvrit ses deux bras et toujours avec le sourire, il recula pour se fondre dans un arbre au tronc aussi transparent que l'eau pure des montagnes.

°Le Rêveur doit se réveiller et voir s'il peut se rappeler...Reviens moi si tu sais°

Ce n'était que la première étape et il devait voir si Meccaya sera capable de comprendre à son éveil ce qu'il avait rêvé...



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