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 [RP] Être un Oracle à 6 ans, c'est pas drôle ! Sujet suivant
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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 7 Aoû 2014 - 12:09 Répondre en citantRevenir en haut

Zakerielku 910
Undòmë – proche d’un lac




Six ans, déjà. Six ans qu’elle était née et qu’elle ne savait pas qui elle était réellement. Ah si, son prénom bien sûr : Ruri. Et son nom également : Ravin. Sa mère fut peut-être une neishaane. Quant à son père, voilà une grande inconnue. Ce n’était pas vraiment ce qui préoccupait l’enfant. En ce jour de Zakerielku de l’an 910, Ruri avait eu la permission de se promener au bord du lac avec les Sœurs de Zakeriel. Le prêtre était resté à l’office pour préparer la messe du Solstice d’Hiver qui se conclurait pas une grande fête. D’ailleurs, au village, les préparatifs étaient en cours. On installait de grandes tables nappées de blanc, des lampions un peu partout sur les bâtissent du cercle central du village. Les gens s’affairaient. Le tavernier préparait la bière en grande quantité, le vin et le repas. Des ménestrels s’arrêteraient jouer le soir pour agrémenter les festivités de musique et de chant.

La jeune Ruri n’était pas à la préparation. Accompagnée des Sœurs de Zakeriel, elle gravissait un sentier étroit de terre bordée d’herbe fraiche. Vêtue de sa tenue d’office – seule tenue qu’elle portait et en toute circonstance – la neishaane ressemblait à une Haute-Prêtresse. Sa robe était tissée dans la soie blanche, parcouru de filin dorée et argenté. Le symbole de Zakeriel était cousu sur le dos. Ses pieds étaient nus. Sur sa tête était posée une tiare en argent ornée d’une représentation du dieu messager. Comme à l’habitude, elle se déplaçait dans une litière, à l’image des rois et des reines de son temps. Deux hommes suffisaient pour la porter. Les cinq prêtresses – une devant et deux de chaque côté de la neishaane – marchaient d’un pas lent, cérémonial.

Le soleil s’était levé depuis quelques heures déjà. L’herbe était encore humidifiée par la rosée du matin. Le sommet des montagnes de chaque côté étaient encore pris dans la brume matinale qui devenait de plus en plus persistante en hiver. Les cimes s’enneigeaient au fur et à mesure. Le fond de l’air était frais, mais rien de bien désagréable. Les hommes s’arrêtèrent après une demi-heure de marche. Un lac se dévoilait au pied du Col d’Isgrul qui permettait de passer dans la vallée d’à côté. L’eau était d’une magnifique couleur, empreinte d’un bleu-vert dans lequel se reflétaient les sommets alentours. Des rochers bordaient le plan d’eau d’où poussaient diverses plantes comme ces hirules des neiges, petites fleurs blanches aux pétales fines qui ne s’ouvraient qu’à la lueur du jour.

° Voilà qu’est venue le temps de l’ablution matinale… Pff ° pensait la jeune enfant.

C’était le même rythme, jour après jour. La seule exception était qu’elle pouvait rester un peu plus longtemps qu’avant. Le prêtre avait voulu lui faire plaisir, même si son intérêt premier était de disposer de plus de temps pour terminer les préparatifs du Solstice d’Hiver. On tira le rideau de la litière et l’un des hommes l’aida à descendre en posant un genou à terre, le regard vers le sol. C’était la règle. Jamais un homme ne devait regarder l’Oracle dans les yeux ni même observer ses ablutions matinales. C’était un crime puni d’un châtiment extrêmement lourd : le pilori au centre de la place. De mémoire d’homme, personne n’avait osé l’expérience. Ils avaient bien plus peur de la foudre de Zakeriel que le pilori lui-même.

Ses pieds touchaient le sol avec délicatesse. Elle murmurait un mot de remerciement avant de se diriger aux abords du lac. Là, avec une précaution infime, les prêtresses défaisaient les lacets de sa tenue, la mettant littéralement nue. Puis elles s’avançaient vers l’eau du lac avec des extraits de fleurs qu’elles lui passaient sur tout le corps. Ruri était ensuite aspergé d’eau par un Pichet, dénommé « Pichet de l’Oracle », afin de la débarrasser des impuretés. Ce rituel terminé, elle devait réciter les Saintes écritures contenu dans le Livre de Zakeriel, plus particulièrement la prière matinale.

« Lorsque le vent souffle sur nos âmes,
Lorsque l’orage menace nos récoltes,
Lorsque les pêcheurs perdent leurs rames,
Lorsque sonne le temps de la révolte,

Ô Grand Zakeriel
Toi, le puissant messager,
Ouvres tes grandes ailes
Pour que ton message tu puisses délivrer.

Car je t’attends, puissant ailé
J’attends tes visions
Pour que ma cité je puisse protéger
Pour que soit préservé ma région.

Je suis ton Oracle,
Ton bien-aimé serviteur,
Car enfin il est venu l’heure
De sonner le miracle. »


Le cantique récité, Ruri s’en retourna vers les prêtresses qui lui donnèrent une robe propre, d’un blanc éclatant. Elle reprit sa tiare et s’éloigna un peu. Voyant que ses « suivantes » la filait, la neishaane se retourna et demanda d’une voix douce :

- Pourrais-je être seule un instant s’il vous plaît ? Je voudrais méditer sur les Lois du Grand Messager.

En clair, cela signifiait qu’elle voulait être tranquille et ne pas être dérangée pendant qu’elle flânait. Elle ne prenait pas véritablement au sérieux ces histoires de « Lois du Grand Zakeriel ». Ce n’était certainement que des mythes. Comment pouvaient exister les Dieux sans manifester leur moindre présence ? D’autant plus troublant qu’elle était censée être l’Oracle du Dieu messager en personne. Elle s’éloigna donc du groupe qui l’observait, de loin. Elle s’enfonça dans une petite clairière qui donnait sur l’autre versant du lac. Le chemin était fait de terre, parfois encore gorgé de la pluie du soir précédent. A la clairière se succédait une petite partie boisée d’où s’écoulaient des filets d’eaux et des rivières. Ruri, avec précaution, traversait les écoulements d’eau en marchant sur des pierres. Après quelques minutes de marche, elle atteint enfin ce coin isolé.

- Ah ! Enfin seule. Ces prêtresses me barbent et j’ai pas le droit de faire ce que j’ai envie. Recitez vos prières, baignez-vous, lisez vos leçons … J’en ai ma claque ! Même pas le droit de jouer, d’avoir des amis. Zakeriel sera ton seul ami ? C’est ça oui ? Vous êtes l’Oracle, vous ne devriez pas parler ainsi ? J’en ai marre d’eux. Je ne suis pas une Oracle ! Je n’ai pas de visions, je n’en aurai jamais !
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MessagePosté le: Jeu 7 Aoû 2014 - 12:09 Revenir en haut

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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 16:41 Répondre en citantRevenir en haut


.:: Andaranielle, 9 ans ::.


Un an passé dans ce monde étrange et Andaranielle n'était toujours pas à son aise. Trop de nouvelle choses à assimiler : lire, écrire, compter, bien parler, bien se comporter...sa pauvre tête en était étourdie! Lire devait être le pire de tous, elle n'y arrivait pas. Chaque jour elle essayait, mais on se moquait de son ignorance. À son âge, elle aurait du connaître par cœur l'alphabet, devrait lire les mots sans embrouille et les laissés filé hors de sa bouche comme un ruisseau tranquille. Elle se faisait donc souvent réprimandée par les maîtresses d'école, qui ne cessaient de lui répéter qu'elle avait neuf ans et non cinq. Or, après huit longues années isolée de tout et tous, Nielle n'avait qu'un an ou deux de connaissances. Mais ça, personne ne le savait à part sa famille adoptive. Elle ne voulait pas qu'on la prenne en pitié, c'est pourquoi elle n'avait rien révéler à personne.
Si lire était sa bête noire, écrire était sa force. Elle pondait les mots sur les feuilles avec une facilité déconcertante. Pour certains, c'était une connaissance générale, un moyen de communication. Pour la petite fëalocë, c'était une autre forme de dessin sans plus de cérémonie. Moins libre certes, mais ça restait un art qu'elle appréciait. D'où sa calligraphie artistique que beaucoup enviait.

Ce qui compensait toutes ces...trucs ennuyants, c'était la nature. Toutes ces couleurs, ces sensations, Anda les adoraient. Là ou elle avait vu du gris sale, elle voyait maintenant le bleu du ciel, le vert de l'herbe et l'éclatant jaune du soleil. Elle aimait autant une journée ensoleillée qui lui réchauffait la peau, qu'un après-midi venteux qui faisait voler ses cheveux dans tout les sens. Mais pas la pluie, la pluie elle détestait. Tous ces bruits incessants que les gouttes produisaient en tombant sur sa fenêtre, brrr, ça l'énervait au possible. Elle tressautait à chaque « plic-plac-ploc ». Et justement, à son plus grand malheur, l'orage était présent à son réveil. Une grimace était restée coller sur son visage tout le matin. Dès que la pluie cessa, la fëalocë se précipita dehors, enfin ravie de pouvoir profiter du soleil.

– Andaranielle attend!

– Oui Maman?

– Prend cette cape mon ange, il fait encore un peu froid.

– Je veux bien Maman...mais elle est trop voyante...

– Ce sera plus facile pour moi de te retrouver!

– Oui, mais c'est du rouge écarlate quand même!

– Tututut, elle agita la main vers le bois, aller, va jouer!

La petite soupira face à l'attitude de sa mère. Enfilant la cape écarlate, elle courra vers le boisé, livre à la main. Il fallait encore qu'elle pratique sa lecture. Elle se concentrerait mieux si elle était dans un coin isolé, donc le bois. Personne ne s'y rendait, trop effrayé par les rumeurs qui couraient : on disait que de l'autre côté du lac vivait des fous! Anda rit. *Tous des idiots* pensa-t-elle. Comment pouvaient-ils savoir que c'étaient des fous qui vivaient là? Qui était allé là bas pour voir? Personne évidemment. Elle cohabitait avec des sans-jugements. C'était décevant à un certain niveau. Un nouveau soupir. Après avoir lu, elle tentera d'aller de l'autre côté du lac afin de rencontrer ces fameux fous. Encore un soupir. Elle ouvrit son livre à une page quelconque - peut importait, elle ne comprenait absolument rien à tout ce charabia! – tout en continuant de marcher. Elle évitait les arbres inconsciemment grâce à son sixième sens surdéveloppé.

– Les p-pe-peu-peuples de R-Raëg sont divisés en six cont-t-tinant : Vaendark, Orën, Und-dò-dò-dòmë, Ys, Qu-qu-qua-qua RAH! Je n'y arrive pas!, elle jeta rageusement son livre au sol, je ne lirai jamais! Ça ne sert à rien! Je...Oh non! Le livre!

Elle avait jeté le bouquin plus fort qu'elle ne le pensait et il avait atterrit dans un buisson. Mais lequel? Elle n'avait pas bien vu. Elle fouilla avec empressement tous les buissons qu'elle voyait. Mais où était-il!? Nielle tassa un amas de branche et le retrouva juste à quelques pas devant. Traversant le feuillage, elle allait se pencher pour prendre son bien quand elle remarqua une autre personne. Elle avait l'air...malade. Sa peau était si pâle et ses cheveux étaient d'une blancheur incroyable, carrément hypnotisante. Et ses yeux...le ciel lui avait-il donné une partie de sa couleur? Elle n'avait jamais vu quelqu'un comme elle. Enfin une autre personne différente, elle n’était plus la seule! Elle qui se sentait horriblement à l'écart avec sa tignasse couleur soleil et ses yeux comme l'herbe naissante en printemps. Mais son état de son santé l'inquiétait. On l'avait informé que, quand une personne est blanche, c'est à cause d'une maladie. La fëalocë bredouilla quelques mots à peine audible.

- Par-pardonne-moi de te déranger, mais...es-tu malade?
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 20:11 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri s’attendait à profiter de ce moment de solitude … seule. Elle essayait en réalité d’avoir des visions, de provoquer ce pouvoir qui faisait d’elle une Oracle. Mais rien n’y faisait. Pas même le silence. Le lac était si beau qu’elle y perdait ses yeux gris. Tranquillement installée, les jambes recroquevillée et enserrées dans ses bras, elle ne faisait rien. Rien jusqu’à ce qu’un bruissement de feuilles attire son attention. Quelqu’un arrivait. Etait-ce l’une des prêtresses qui la cherchait ? Etonnement, non. Une jeune fille, comme elle, avait traversé les buissons. C’était une fëalocë, à en juger par sa chevelure flamboyante. Ses yeux lui rappelaient les prairies au printemps. La neishaane ne savait pas vraiment quoi dire et, heureusement pour elle, ce fut l’arrivante qui commença la conversation par une question. Cette question laissa Ruri sans voix. Malade ? Vraiment ? Déconcertée, un silence s’installa. La petite fille se reprit toutefois, dardant de son regard gris son interlocutrice.

- Tu ne me dérange pas et je ne suis pas malade, non. N’as-tu jamais vu de neishaane comme moi ? demanda Ruri en guise de réponse.

Devant l’étonnement de la fëalocë, Ruri se dit que la fillette devait avoir des lacunes sociales. Certes, on ne trouvait pas beaucoup de neishaans dans la région. Elle était même la seule de son village. Mais ce ne l’empêchait pas pour autant de voir des torhils, des humains. Son interlocutrice vivait-elle donc en totale autarcie ? Puis, comme elle se rappelait les commodités d’usage, elle se leva et – après s’être époussetée – se présenta.

- Je m’appelle Ruri. Ruri Ravin, Oracle du Temple de Zakeriel. Je suis ravie de faire ta connaissance. Comment t’appelles-tu ?

Ruri s’exprimait étrangement. Elle n’avait pas l’habitude d’être placé dans un autre rôle que le sien et elle ne s’adressait jamais à quelqu’un de manière amicale. C’était de la courtoisie non feinte, quoiqu’elle se forçait parfois à sourire. Mais la vie ne pouvait pas toujours être rose, en particulier quand elle avait l’impression de décevoir le Haut-Prêtre. Elle n’en avait pas particulièrement envie en ce jour du Solstice d’Hiver. Mais si elle venait avec une vision, tout serait beaucoup plus simple. Son visage s’était déjà métamorphosé, comme si elle était ailleurs et ici à la fois.

- De quel village viens-tu, Andaranielle ? Ne te rends-tu jamais au temple de Zakeriel pour bénéficier des prophéties du Dieu messager ? J’y officie parfois avec le Grand Prêtre pour les grandes occasions. D’ailleurs, aujourd’hui est le jour du Solstice d’Hiver. C’est un événement important !

Ruri se laissait déjà de cette conversation, bien qu’elle tentât de ne rien en montrer. C’était des conversations d’adulte, ce n’était pas intéressant. Aussi, prit-elle sa tiare dans sa main et la posa-t-elle à côté d‘elle, par terre.

- Je suis complètement inintéressante. Excuses-moi, je ne suis pas au temple, je suis plus jeune que toi et je parle comme si j’étais vieille. C’est si dur de faire des choses simples ! Jouer, parler, courir dans tous les sens. Tu vois, de l’autre côté du lac ? On distingue à peine les formes, mais ce sont les prêtresses qui m’accompagnent. J’ai pu leur échapper l’espace d’un instant mais je suis sûre qu’elles me cherchent partout. D’ailleurs, c’est quoi ce livre dans ta main ? C’est une histoire ? Ca raconte quoi ?

Ruri retrouvait son air enfantin et un grand sourire illuminait son visage. Qu’elle était contente de voir enfin quelqu’un qui avait à peu près son âge, même si elle semblait plus vieille qu’elle. Mais voyant les mouvements de recul d’Andaranielle, Ruri se demanda ce qu’elle avait fait de mal.

- Attends ! Ais-je dit quelque chose de mal ? Je t’ai blessé ? Attends, ne t’en va pas ! Moi non plus je n’ai pas l’habitude de voir d’autres personnes pour parler et jouer …

Il semblait finalement à la neishaane que la fëalocë s’était arrêtée. La discussion pourrait reprendre. Mais Ruri avait une autre idée en tête.

- Je te propose un truc : on joue ensemble au chat et à la souris. Celui qui attrape l’autre lui pose une question à laquelle l’autre doit répondre ! Comme ça, on fait connaissance en s’amusant et on deviendra peut-être amies, qu’en dis-tu ?
Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Sam 23 Aoû 2014 - 02:38 Répondre en citantRevenir en haut

- Tu ne me dérange pas et je ne suis pas malade, non. N’as-tu jamais vu de neishaane comme moi ?

- Euh…Non, je n’ai jamais rencontré de nei..neishaane avant, elle haussa les épaules, je ne connais que les humains et ma race. Je suis une fëalocë, la seule de mon village. Sinon j’adore tes cheveux! On dirait un nuage, c’est joli. Moi c’est le soleil qui m’a offert sa couleur, regarde, elle baissa la capuche écarlate pour dévoilé une chevelure blonde, c’est pour ça que j’aime tant les journées ensoleillées, comme aujourd’hui. Et tes yeux sont si clairs…J’adore! Tu es si différente des gens que j’ai rencontré.

La drôle de fille aux cheveux blancs avait eu l’air tout aussi surprise qu’Anda. Mais rapidement elle s’était reprit et levée en s'époussetant. Jamais la fëalocë n'avait vu une enfant abordée un tel sérieux rien que pour se présenter.

Je m’appelle Ruri. Ruri Ravin, Oracle du Temple de Zakeriel. Je suis ravie de faire ta connaissance. Comment t’appelles-tu ?

Elle fixa Ruri un moment sans trop savoir quoi répondre. Secouant légèrement la tête, elle tenta de prendre le même ton.

– Je m'appelle Andaranielle, Andaranielle Sédrinak par adoption. Enchantée de te rencontrer Ruri. Tu m’excuseras encore une fois, mais...c'est quoi un oracle? Et un temple? Et qui est ce Zakeriel?

Ruri s’exprimait d'une manière bien étrange. On avait l'impression d'avoir commit une faute quand elle parlait. Ses sourires étaient d'une fausseté peu subtile. Anda s'y connaissait assez bien pour avoir forcé ses rires et sourires presque toute sa vie. Ça la rendait triste. Cette fille la rendait triste. Toute cette attitude...elle ne collait pas à l'image de sa jeunesse. Ceci la rendit encore plus triste. Elle avait raté son enfance, enfermée dans une grotte ou elle n'avait connu que le vide. Aucune émotion. Aucune joie d'apprentissage. Rien. Un peu comme sur le visage de Ruri. Aucune émotions n'y résidaient. Elle ne semblait pas tout à fait là aussi : son esprit volait quelque part à des lieux, tandis-que son corps était ici.

– De quel village viens-tu, Andaranielle ? Ne te rends-tu jamais au temple de Zakeriel pour bénéficier des prophéties du Dieu messager ? J’y officie parfois avec le Grand Prêtre pour les grandes occasions. D’ailleurs, aujourd’hui est le jour du Solstice d’Hiver. C’est un événement important !

– Je viens du village là bas, elle pointa au loin, un Dieu? C'est quoi ça? Et..un prêtre? C'est...Solstice d'Hiver!? Oh...je ne comprends rien pardonne-moi. Je suis stupide et ignorante...

La pauvre était perdue devant tant de nouvelles choses. La tête lui tournait. Son attention se porta sur le mouvement de Ruri. Elle observa la tiare qui brillait au soleil. La neishaane reprit la parole et pour la première fois, ce n'était pas Anda qui s’excusait.

- Je suis complètement inintéressante. Excuses-moi, je ne suis pas au temple, je suis plus jeune que toi et je parle comme si j’étais vieille. C’est si dur de faire des choses simples ! Jouer, parler, courir dans tous les sens. Tu vois, de l’autre côté du lac ? On distingue à peine les formes, mais ce sont les prêtresses qui m’accompagnent. J’ai pu leur échapper l’espace d’un instant mais je suis sûre qu’elles me cherchent partout. D’ailleurs, c’est quoi ce livre dans ta main ? C’est une histoire ? Ca raconte quoi ?

– Oh, ne t'excuse pas, personne n'est inintéressant. Je n'ai pas le droit de te juger, je ne sais pas ce que tu as vécu. Et puis, d'une certaine façon, tu es plus vielle que moi. Pas physiquement, mais mentalement. Ta manière de parler te seras utile un jour, j'en suis sûre! Tout est utile dans la vie, comme tout est inutile. Suffit de trouver, le regard de Nielle s'attendrissa, je te comprends tellement...moi non plus je ne sais pas faire de choses simple. Je n'ai même pas d'amis..., elle regarda l'endroit où pointait le doigt de Ruri, tu...tu viens de l'autre côté du lac!? Dans mon village, on dit que des fous vivent là, elle rigola, je ne les croit pas un instant. Pourquoi elles te cherchent? Et pourquoi leur échapper? Mon livre? Non, ce n'est pas une histoire. Enfin, oui, celle de Rhaëg. Je ne suis pas sûre de comprendre de quoi ça parle, j'apprends à lire.

Soudain Ruri sourit. Pas d'un de ces faux sourires de tout à l'heure, mais un vrai, celui d'un enfant. La blonde ne put s’empêcher de sourire aussi. Mais quand l'autre avança, Anda prit peur et recula.

– Attends ! Ais-je dit quelque chose de mal ? Je t’ai blessé ? Attends, ne t’en va pas ! Moi non plus je n’ai pas l’habitude de voir d’autres personnes pour parler et jouer …

– Non, non! C'est moi. Je suis très peureuse, elle s'arrêta, tu n'as rien fait, ne t'inquiète pas.

– Je te propose un truc : on joue ensemble au chat et à la souris. Celui qui attrape l’autre lui pose une question à laquelle l’autre doit répondre ! Comme ça, on fait connaissance en s’amusant et on deviendra peut-être amies, qu’en dis-tu ?

– Oui bonne idée!, elle sautilla d’excitation, j'aimerais beaucoup avoir une amie! J'accepte.

Elle posa son bouquin aux côtés de la tiare.

– Qui commence?
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2014 - 13:20 Répondre en citantRevenir en haut



L’ignorance de la fëalocë l’avait touché. Elle était seule, un peu comme elle, même si le point de vue était différent. La solitude pouvait avoir bien des causes. Toutefois, sa versatilité l’amusait et arrachait à Ruri un sourire. C’était des enfants après tout, quoi de plus normal que de faire connaissance et de devenir amies très rapidement ? C’était en tout cas le souhait de la neishaane dont les joues s’étaient empourprées par les compliments d’Andaranielle. La neishaane ne savait plus où donner de la tête. C’était si agréable venant d’une inconnue.

- Toi aussi tu es très belle, avait alors répondu Ruri. Tes cheveux sont blonds comme les épis de blés caressés par un soleil chaud d’après-midi. Et tes yeux … on dirait qu’ils observent une forêt mystérieuse. Ils sont si beaux !

Ruri était sincère. Andaranielle était vraiment une jolie enfant. Elle n’était pas idiote, non, elle était un peu l’incarnation de l’innocence pure. C’était comme si elle sortait d’un cocon, une sorte de papillon sorti de sa chrysalide. Son regard suivi le doigt pointé au loin et fronça les sourcils comme pour mieux voir. Elle ne connaissait pas autre chose que son village et son lac.

- Je n’y suis jamais allée ! Il est grand ton village ? Pour le Dieu, bah c’est quelqu’un qu’on peut pas voir mais qui a des supers-pouvoirs ! Tu vois, le Soleil, c’est un Dieu en fait ! Et le Prêtre, c’est un peu le copain du Dieu. Il lui envoie des messages qu’on appelle prière pour que le Dieu l’entende et fasse des choses bien … comme des bonnes récoltes par exemple ! Le Solstice d’Hiver signifie que c’est la nuit la plus longue ! Et c’est le jour de la fête de Zakeriel, le messager des Dieux. Il fait le lien entre les prêtres et les Dieux … enfin je crois.

Ruri s’était arrêté pour respirer. Elle était si contente de partager ce qu’elle savait avec une parfaite inconnue. Mais comme la vie pouvait être différente d’un village à l’autre ! La neishaane n’en revenait pas.

- Tu n’es pas stupide ni ignorante ! On ne peut inventer ce que l’on ne sait pas et qui ne pose pas de question ne peut avoir de réponse ! C’est très courageux de chercher à savoir, tu sais ? Certains s’enferment dans leur silence et se contentent d’hocher la tête même s’ils ne comprennent rien.

Lorsque Nielle evoqua le village des fous, les yeux de Ruri prirent une teinte attristée. Comment pouvait-on les traiter ainsi sans même les connaître. Elle essuya une larme fugace qui saillait aux coins de ses yeux d’un geste de la main. Ce n’était pas facile d’entendre cela quand on n’était qu’une enfant.

- Oui, l’autre côté du lac. Mais on n’est pas fou, ça non. C’est peut-être parce qu’ils ne nous comprennent pas. Je suis une Oracle, cela signifie que Zakeriel m’envoie des messages. Je suis censée avoir des visions, mais cela ne s’est jamais produit. Quand j’en aurai, je dirai aux gens du village qu’il faudra faire telle chose ou telle autre : protéger ses récoltes des loups, renforcer les toitures des maisons car une tempête va se lever. Enfin, tout ce genre de choses ennuyeuses. Mais je suis sûre que je n’aurai jamais de vision, ça non. Et les prêtresses me cherchent parce que je suis l’Oracle et que si elles me perdent, le village va périr. C’est ce que dit le prêtre toujours. Mais bon, il était là avant moi et le restera après ma mort, certainement. Moi, leur attitude m’énerve. Je n’ai jamais le droit d’être seule et de faire ce que je veux. C’est pénible !

La fëalocë avait accepté de jouer. C’était un grand moment pour Ruri qui allait enfin pouvoir agir comme une enfant et penser comme tel. D’un bond, elle effleura le bras d’Andaranielle en rigolant.

- C’est toi le chat ! Tu fais quoi dans ton village ?

D’un bond, la neishaane traversa les buissons, la fëalocë sur ses pas. Une branche lui griffa le visage mais elle poursuivit sa course jusqu’à ce que la main de Nielle lui touche le dos. Ruri s’arrêta alors complètement essoufflée. Elle avait couru comme une dératée. Elle posa sa main sur le chêne qui était non loin d’elle, la tête penchée en avant. Sa respiration était hâletante.

- Tu … tu cours vraiment vite, la complimenta Ruri. Poses-ta question pendant que je reprends mon souffle. Fiou.
Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Dim 14 Sep 2014 - 07:10 Répondre en citantRevenir en haut

Un sourire de gêne s'étira sur le visage de la gamine. On ne l'avais jamais complimenté avant, c'était une situation toute nouvelle pour elle. Et malgré le fait qu'elle soit embarrassée, elle aimait bien qu'on s'intéresse à elle, rien qu'un moment. Ce n'était pas un sentiment si désagréable. Se grattant la joue, elle fixa le sol en souriant bêtement.

Merci, tu es gentille. C'est la première fois que l'on me complimente. Les autres enfants de mon villages me trouvent bizarre et me crient dessus sans arrêt, elle perdit son sourire et murmura, ils sont si méchants...je ne leur ai pourtant rien fait. Il me disent des choses horribles Ruri, si horribles, son regard se leva sur la neishaane, mais toi tu es gentille. Tu viens de me prouver qu'il y a de belles choses dans ce monde. Je ne regrette plus du tout mon ancienne maison!

En fait, Anda n'avait regretter son ancienne vie que dans les moments ou lui faisait du mal. Mais sinon, elle préférait de loin supporter quelques insultes et être libre, que d'être enfermé et déprimée. Cette Ruri lui apportai un tel réconfort. Désormais, elle savait qu'il y avait des gens bien dans ce nouveau monde cruel et qu'il suffisait de bien les chercher.

Mon village? Hum... elle réfléchie pendant quelques secondes, ça dépend ce que tu entends par grand, si tu veux je pourrais te le montrer tout à l'heure. Mais sinon, il doit y avoir autour de 100 ou 150 personnes dans mon village et le marché est tout proche, donc on peut voir plein de monde autour, elle écouta attentivement Ruri et grava chaque mots dans sa mémoire, on ne peut pas les voir? Comment font-ils alors pour être avec des gens? Ils doivent se sentir seuls... je me sens triste pour eux. Des supers-pouvoirs? Ma maman m'a déjà parlé de ses trucs, je crois, elle fixa le soleil un moment. Ça c'était une personne? Eh bah, elle n'y aurait pas penser une seule seconde! Elle salua Solyae de la main, bonjour monsieur ou madame! Qui que vous-soyez, je vous remercie pour la jolie couleur de cheveux que vous m'avez offert!, la neishaane lui parla ensuite des Prêtes et des choses que faisaient les dieux, donc en fait, les dieux, ce sont de bonnes personnes? C'est chouette ça! Il a de la chance ce Zakeriel, sa fête tombe sur la nuit le plus long de l'année, donc il a plus de temps pour s'amuser!

La petite fëalocë ria de bon cœur, laissant le temps à Ruri de reprendre son souffle. Apprendre les choses de cette manière était bien plus amusante que de lire des livres. Elle se mit à rougir aux faces aux paroles de sa potentielle amie.

Tu...tu ne me trouves pas stupide, vraiment? Et tu me trouves courageuse!? Ruri, tu ne peux pas savoir à quel point tes paroles me touche.

Elle lui offrit son plus beau sourire. Mais soudainement, les yeux de l'enfant devinrent humides. Avait-elle dit quelque chose d’offensant? Anda se senti mal. Elle mordilla sa lèvre inférieur, dans la nervosité du moment puis pris doucement les mains de Ruri entre les siennes. Elle ne se rendit même pas compte que ses poignets était à découvert. Évidemment, elle n'avait pas mis de bracelet ce matin là, parce qu'elle ne s'attendait pas à rencontrer qui que ce soit.

Je suis désolé Ruri! Je ne voulais pas te faire de peine. Je suis sûre et certaine que vous n'êtes pas fous, c'est juste les gens de mon village qui un peu superstitieux, il ne faut pas porter attention à leur paroles, elle la laissa parler, tu sais...ce n'est pas grave si tu n'as pas de visions. Quelqu'un d'autre en aura et tu seras débarrassée de ce fardeau qui n'est pas le tien. Et enfin tu pourras être....libre...

Elle avait soufflé ce dernier les yeux dans le vide. Cette fille et elle se ressemblait plus qu'elle ne l'avait cru. Ruri avait bondi en lui effleurant le bras et s'était aussi tôt mise à courir. Nielle n'avait même pas eu le temps de répondre à sa question, mais elle la poursuivit en rigolant. Si elle évitait habilement les branches d'arbres, son amie, elle, se retrouvait fouetter par celles-ci. Elle parvint finalement à touché son dos et s'arrêta un peu essoufflée.

Merci! Toi aussi tu cours vite. Bon, je vais d'abord répondre à ta question, vu que tu ne m'a pas laisser de temps. Donc...ce que je fais à mon village...D'abord je dessine. Beaucoup! J'adore ça, je dessine dès que j'ai du temps libre. Je pourrais te montrer de mes dessins si tu veux. Ensuite j'étudie et j'apprends à lire et à écrire. J'ai beaucoup de rattrapage à faire si je veux atteindre le niveau des enfants de mon âge. À part ça, je vais à l'école et je joue avec mes deux frères adoptifs. Ils sont gentils, mon grand frère me protège souvent des méchantes personnes.

Elle fit une pause pour s'assurer d'avoir tout dit, puis réfléchit à la question qu'elle allait poser.

Ma question est...pourquoi est-ce toi l'Oracle? Tu ne peux pas leurs dirent que tu n'as pas envie de le faire?

La fëalocë attendit sa réponse, sur ses gardes, prête à foncer au moindre mouvement.

Désolé pour l'attente ^^' j'étais un peu occupée
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