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 [RP] A la recherche de la lumière perdue ! Sujet suivant
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Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 21:19 Répondre en citantRevenir en haut

Année 918, Mi Gaïaku


La sphère de lumière grandissait dans sa main, éclairant peu à peu l'obscurité de la pièce. Au fur et à mesure qu'il concentrait l’énergie autour de lui, Gueralt sentait les ténèbres de son cœur reculer un peu plus loin. L'éclat bleuté de la salve magique grandissait de plus en plus, attirant à elle les particules lumineuses qui venaient se fondre dans le magma éclatant qui flottait autour de lui. Puis la forme se mit étrangement à se brouiller, à basculer. Les particules jusque là ordonnées, commencèrent à s'agiter, à tracer des courbes folles, filant à travers ses appartements pour disparaître à travers les murs translucides. La sphère se déforma, grandit, se mit à bouillir jusqu'à ce que Gueralt ne réussissent plus à la contrôler. Alors elle explosa à son visage, le propulsant à travers la pièce jusqu'à ce qu'il rencontre brutalement le sol.

« SALOPERIE DE LUMIERE ! »


*Inutile de t'emporter mon garçon... Tu finiras par trouver la solution. Il te faut simplement de l'aide.*


« De l'aide ? Et où au juste ? Auprès de Jilian ? Avec ses nouveaux aspirants elle n'a pas une minute à nous accorder, que ce soit à moi ou à Lynael ! »


*Jilian n'est pas la seule maîtresse du Kaerl. Peut être devrais tu me laisser faire qu'en dis tu ?*


« Non ! J'y arriverai ! Tout seul ! »


Abandonnant l'idée de convaincre son lié, Laszlo se laissa de nouveau retomber sur la tapis de sable argenté où il avait l'habitude de se reposer lorsqu'il se trouvait dans les appartements de Gueralt. Le chevalier ne décolérait pas. Voilà près de trois semaines que l'attaque avait eut lieux désormais, et il n'arrivait toujours pas réussit à retrouver la maîtrise de son pouvoir qu'il avait subitement acquis alors. Face aux crabes d'Eneth, il avait fait preuve d'un courage sans commune mesure, et avait réussi à domestiquer son pouvoir avec une facilité qui en était déconcertante. Repoussé par la lumière qu'il réussissait à produire au creux de ses mains, les crabes reculaient face à lui comme ils le faisaient face au feu du dragon.

Seulement, depuis l'attaque, il n'avait pas réussi à retrouver cette maîtrise. Ce qui lui avait semblé si naturelle dans le feu de l'action lui paraissait maintenant de l'ordre de l'exercice impossible. Le niveau de concentration et de discipline exigé pour la maîtrise de cette magie était bien trop élevé pour le caractère changeant et emporté de l'humain. Face à l'échec, il persistait et restait borné,refusant de voir d'autres solutions que d'essayer encore. Mais plus le temps passé, plus ses essaies tournaient au désastre, et Laszlo en était maintenant persuadé, si Gueralt voulait réussir un jour à user de son pouvoir comme il se devait,il lui faudrait en appeler à un maître plus expérimenté.

Comme pour confirmer ses dires, Gueralt se remit en position d’essais, tenta de faire apparaître entre ses mains la gerbe de lumière tant espéré, mais en place de cela, ce ne fut qu'un désastreux éclat bleuté qui lui explosa de nouveau visage !

« NON ! NON ! NON ET NON ! »


La voix de Gueralt retentissait si fort à travers son appartements qu'il semblait à Laszlo que les parois de verres ouvrant sur l'extérieur en tremblaient. Alors que son lié s'apprêtait à passer sa colère en fracassant l'un des meubles qui se trouvait là à coup de poings et de pieds, ce fut une poigne autrement plus puissante qui le retint in extremis.

*Tu n'y arriveras pas comme ça. Ne penses tu pas pouvoir me faire confiance ?*


Les yeux verts de l'humain qui une seconde avant exprimaient encore une colère sans nom, se teintèrent au contact du brun d'une vague lueur de tristesse et d'impuissance. Oui son caractère emporté lui jouait de mauvais tour, et il fallait parfois apprendre à le dompter. Bien souvent, une fois ses colères passées, il les regrettait et se morfondait de s'être ainsi laissé aller à la violence, mais cela ne l'empêchait pas de recommencer quelques semaines plus tard, lorsque de nouveau il lui arrivait de se retrouver au pied du mur. Solyae en soit remercié, il se trouvait désormais lié avec un dragon autrement plus sage que lui, et dont la clairvoyance lui avait jusqu'à aujourd'hui permis d'éviter bien des erreurs.

L'attirant contre lui de sa patte écailleuse, Laszlo se fendit d'un sourire dévoilant une rangé de crocs fort acérés.

*Tu peux toujours te débattre, fais comme tu l'entends, mais un seul geste de travers et je peux te faire rôtir comme le petit chien que tu es ! Je sais que tu adore le maître ébéniste, mais je pense qu'avoir changé le mobilier deux fois en six mois est déjà suffisant, une troisième serait peut être quelque peu superflus.*


D'un léger coup de poing sur le coin du museau, Gueralt lui fit comprendre qu'il avait bien intégré la petite leçon qui venait de lui être donné, avant d’éclater de l'un de ses rires, sonore à en faire trembler les murs.

« Allez va ! Je me rends ! Qu'est ce que tu as derrière la tête ? »

En guise de réponse, Laszlo prit forme humaine et lui accorda un petit clin d’œil. Toujours sans mot dire, il sortit des appartements de Gueralt et disparut dans les couloirs.

« Suis moi ! »
Lui lança-t-il depuis les escaliers.

Et l'humain ne se fit pas prier d'avantage et lui emboîta le pas, curieux de voir ce que pouvait encore lui avoir confectionné son cher dragon. S'arrêtant finalement devant une porte à laquelle il n'avait encore jamais frappé, Laszlo attendit d'être rejoint par Gueralt, qui déjà soufflait comme un bœuf.

« Tu me laisses parler surtout. Je ne veux rien entendre. Et... Fais moi confiance, d'accord ? »


Gueralt hocha simplement la tête. Avait il seulement le choix ? Lorsque la situation l'exigeait son lié pouvait se montrer aussi têtu et bourrique que lui, si ce n'est plus. Il savait que négocier n'aurait servis à rien, et puis de toute façon, force était pour lui d'admettre que jusque maintenant, Laszlo avait agit dans son plus grand intérêt et qu'il n'avait jamais eut à le regretter.

Trois coups secs furent portés sur la porte. Quelques secondes et elle s'entrouvrit.

« Mes salutations ! »
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 21:19 Revenir en haut

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Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 22:10 Répondre en citantRevenir en haut

Douce et cruelle ironie. Dymphnea était une enfant du Màr. Retrouver ses appartements - que l'intendant avait jugé bon de conserver à son attention - lui était aussi naturel que de rentrer chez elle après une courte absence. Elle s'était défilée, avait manqué aux engagements pris - par Sele'nti - à l'encontre de son Màr mais condamner la malice de son liée ne pouvait lui faire nier sa part de responsabilité dans ses propres erreurs.

Son absence ne se justifiait qu'à ses propres yeux. En un sens, elle était soulagée que Sele'nti ait pris à coeur de protéger les oeufs d'Alderyth. Même étant ce que l'était, même chérissant les valeurs de son Màr bien aimée, elle n'aurait pu accepter de condamner des dragons au nom de leur inclination future supposée. De même qu'elle ne parvenait jamais à blâmer sincèrement Sele'nti d'être dans ses mauvais jours rien de plus qu'une irrémédiable crapule reptilienne incapable de plus d'empathie qu'une rognure d'ongle.

Le dragon blanc avait une acuité désarmante pour identifier d'avance ce qui l'ennuierait ou non, et il avait de toute évidence décidé que Dymphnea Niedryn, Seconde déchue du Màr Luimë, n'avait pas besoin de lui pour renouer avec ses proches et anciens amis. D'un côté, la demi-elfe était plutôt soulagée de ne pas avoir à joindre à sa gorge nouée et ses excuses malhabiles les railleries malvenues d'un certain dragon blanc. D'un autre côté, Sele'nti, aussi frêle et fuyant puisse-t-il être, avait le don de s'immiscer dans une situation en élément incontournable et inaltérable, ce qui le rendait tout à la fois d'un secours inépuisable et quelque peu effrayant.

Dymphnea se trouvait donc seule dans ses appartements, à raturer pour la troisième fois la lettre qu'elle destinait à son maître. Il eut suffit d'une pensée, et elle eut pu joindre le lié de celui que, dans un instant de folie, elle avait jadis appelé père. Que penserait-il d'elle ? Qu'avait-il jamais pensé d'elle ? Avait-il gardé quelque affection pour l'enfant d'alors, où n'était-elle rien de plus à ses yeux qu'une élève trop enthousiaste sanctionnée d'une piètre empreinte, incapable de se trouver sur les sables une liée convenable ? Comment s'étonner alors qu'elle ait été incapable de servir son Màr.

Écœurée, Dymphnea versa l'encrier sur le parchemin, et demeura absorbée dans cette sinistre marée rampante, qui maculait le précieux papier avant de venir se perdre sur le bois blanc. Plus jeune, elle aurait pu pleurer, mais elle n'était plus une enfant craintive. Hésitante, recherchant en lui le soutien tacite d'un ami plus qu'une épaule où sangloter, Dymphnea s'apprêtait à contacter son lié quand on frappa à la porte.

Son coeur s'accéléra. Dymphnea redoutait que la nouvelle de son retour se soit propagée et qu'on put venir la visiter avant qu'elle n'ait rempli les obligations que lui imposait son rang de maître dragon et ses propres valeurs. Que ferait-elle si sa mère se présentait à sa porte ? Lawendë ? Une ruse de Sele'nti ? Le dragon blanc n'avait jamais eu beaucoup de rumeurs à l'idée de chambouler son quotdien.

La Demi-elfe resta interdite devant les deux jeunes gens qui se présentèrent à elle. Deux humains de fortes carrures, brun tous deux. L'un aurait bien pu être le père de l'autre, jugea Dymphnea, bien que leurs traits ne se ressemblassent pas réellement. Elle n'avait pas le souvenir de les avoir connus l'un ou l'autre.

°Sele'nti ! °
s'indigna Dymphnea.

Elle lui transmit l'image mentale des deux visiteurs, attendant une explication de sa part.

° Navrée de te décevoir, Yphna, mais je crains de n'y être pour rien cette fois-ci. °
murmura le dragon, qui yeux clos, s'enfonçait dans l'eau tiède d'un bassin..

Cela n'était pas tout à fait exact, la culpabilité du dragon blanc s'inscrivait tout particulièrement dans quelques galipettes aux côtés d'une certaine reine argentée. Le dragon blanc considérait simplement que le plaisir de jouir de la tranquillité délicieuse des Bains céruléens valait bien la nécessité d'une semi-vérité.

Interloquée, Dymphnea mit quelques secondes de plus que ne l'autorisait la politesse élémentaire à saluer ses invités forcés.

« Bonjour à vous, messires. Que puis-je faire pour vous ? »


Il était assez rare qu'elle reçut la visite de parfaits inconnus, même du temps d'avant son départ. La destinée des chevaliers dragons exigeait d'eux qu'ils apprissent à se forger seuls, ainsi qu'à renforcer le lien qui les unissaient à leur lié. De fait, un chevalier en quête d'une cruche de lait pour un gâteau aurait d'abord le réflexe de s'immiscer dans l'interstice sur le dos de son lié avant de songer à frapper à la porte de son voisin, solution moins épique et dénotant moins d'autonomie mais ô combien plus de bon sens.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 10:18 Répondre en citantRevenir en haut

En apercevant le visage de la maîtresse Niedryn se dessiner dans le cadre de la porte, Gueralt se prit à douter des intentions de Laszlo. Dymphnéa n'était pas spécialement connue pour ses talents ou même pour ses connaissances dans les disciplines magiques. Avoir ainsi à faire à elle lui paraissait fort étrange, et à voir sa mine un poil dépitée, la première concernée partageait visiblement son avis ! Ce devait être encore là l'une des facétie de son dragon ! Il savait qu'il n'aurait pas dut le suivre! Il aurait dut rester dans ses appartements à tenter de s’entraîner. Enfin... Maintenant qu'il était là, Deux-Chiens se garda bien d'en dire mot et se contenta de rester en retrait derrière Laszlo qui semblait lui, bien sur de son opération.

« Maîtresse Niedryn. Je suis le brun Laszlo, fils de Selen'ti, votre lié, et voici Gueralt, dit Deux-Chien, mon lié. J'espère ne pas vous déranger. »

Le dragon s'inclina en une brève révérence, et se osa lancer un regard discret derrière l'épaule de la maîtresse blanche, espérant voir dans ses appartements un signe de la présence de son père. Il n'était pas venu visiter Dymphnéa par pur hasard, il espérait secrètement que les connaissances du dragon blanc puissent les aider d'une manière ou d'une autre.
La magie de Gueralt semblait lui être venu peu après s'être lié à lui, il devait donc y avoir quelque chose dans son sang ou son esprit qui ai put déclencher l'apparition de ces phénomènes luminescents. D'après le peu que Jilian le leur avait dit, il arrivait parfois que la magie « enfermée » à l'intérieur d'un être ne se libère que suite à son empreinte. Pour Laszlo il y avait forcément un lien entre lui, son sang, et Gueralt. Si Selen'ti ou Dymphnéa pouvaient les renseigner sur leur propre empreinte, ou sur des cas similaires au sein de la fratrie du blanc, peut être cela pourrait il aider son jeune protégée à apprivoiser ce pouvoir.
La logique aurait peut être voulu qu'ils se tournent en premier lieu vers Lynael mais la chevalière bleue n'avait semble-t-il subit aucun changement de cet ordre depuis son empreinte. Restait encore Lhain, mais celui ci était introuvable depuis plusieurs semaines désormais. Mieux valait alors se tourner directement vers la source.

« Voilà ce qui nous amène. Mon lié ici présent a développé... une aptitude d'ordre magique et ce depuis l'empreinte qui nous a lié il y a de cela quelques mois. Lors de l'attaque du Kaerl, nous avons put constater que son pouvoir lui permit de repousser les crabes d'Enneth. Cependant, si il a sut en faire un parfait usage à ce moment donné, tel n'est plus le cas aujourd'hui. »


Gueralt de son coté, trépignait. Certes, il avait promis à Laszlo de lui faire confiance, mais la lenteur de son dragon ne cessait de l’agacer ! Peut être était ce là ce qu'il voulait lui apprendre : la patience ? Qu'importe ! Gueralt voulait que ça aille vite, et les mille et une formules qu'avait pour habitude d'utiliser le brun l'agaçaient. Certes il ne fallait pas manquer de respect à l'un de ses supérieurs, mais il lui semblait bien inutile de s'étaler et de se perdre en détails comme il était en train de le faire. Décidé à reprendre les choses en main, bien qu'il ignora parfaitement la véritable intention de son lié, il écarta le dragon et se planta face à la maîtresse blanche. D'un bref signe de tête il la salua à son tour.

« Maîtresse Niedryn. Pardonnez nous cette intrusion, j'irai au plus vite. Voyez plutôt. »


Écartant ses larges mains entre la demi elfe et lui, il tacha de se concentrer un instant, faisant fi des reproches mentaux que Laszlo lui adressait. Une simple particule lumineuse brilla une seconde entre ses mains avant de s'évanouir. C'était suffisant.

« Nous ne savons ni en quoi cela consiste, ni comment je pourrais parvenir à l'apprivoiser et à le développer. Vous avez été la maîtresse de Lhain en d'autres temps, peut être pourrions nous bénéficier à notre tour de votre sagesse pour en apprendre d'avantage sur ce phénomène. Puisque nous sommes ici je viens vous demander votre aide. »


De ses yeux verts tendres, Gueralt observa la semi elfe, en espérant sans vraiment savoir pourquoi que celle ci accepterait de les aider. Était ce le fait de se retrouver face à une personnalité aussi importante que l'ancienne seconde du Kaerl, ou alors était ce simplement la peur d'essuyer un refus ? Il n'aurait sut le dire, mais son cœur souhaitait ardemment, plus que tout autre chose que la maîtresse puisse les débarrasser d'une partie de leur fardeau.
Avoir à faire à une personne expérimentée avait pour lui quelque chose de rassurant. Cela lui permettait de ne pas avoir à prendre ses responsabilités, de se reposer sur quelqu'un et de simplement se fier aux conseils qui lui étaient donnés. Si Dymphnéa acceptait de les aider, alors son pouvoir deviendrait son problème, et non plus le siens.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 11:30 Répondre en citantRevenir en haut

Laszlo, fils de Sele'nti.

°Sele'nti !°

La pensée avait fusé telle une accusation virulente.

° Ma progéniture agit selon sa propre volonté. ° bulla en réponse un dragon englouti.

La Demi-elfe étouffa un soupir intérieur. Venant d'un autre, elle aurait pu se dire que Sele'nti n'était pas assez sot pour user d'un de ses enfants qui viendrait clamer son nom et lui présenter son lié à sa porte. Mais le dragon blanc était maître dans l'art de manier la scène en tirant les ficelles les plus absurdes. Elle n'eut néanmoins d'autre choix que de leur accorder le bénéfice du doute, peu désireuse de se complaire dans l'image de la vieille maîtresse blanche acariâtre refusant la visite de courtoisie marqué par l'Empreinte prodiguée par son lié.

Que Rakauth eut cédé n'était qu'un rappel de plus de la détermination butée qui animait son lié dans l'accomplissement de ses desseins.

« Je vous en prie. C'est une joie pour moi que de faire votre connaissance. Entrez donc. »
répondit Dymphnea d'un ton enjoué.

A sa propre surprise, il y avait une once de sincérité dans son invitation. Elle n'usait pas d'eux comme d'instruments nécessaires pour se faire bien voir et rappeler à chacun que le Màr devait à son lié une empreinte respectable en dépit de toutes les terreurs légitimes qu'avait suscité le dernier vol nuptial de Rakauth. Elle les accueillait dans l'espoir qu'ils se révélassent tous deux d'une compagnie agréable, et que Sele'nti ait engendré autre chose que des vipères à son image.

Elle ne pouvait s'empêcher de relever les discours impeccables du dragon, et le fait qu'il présenta là l'apparence d'un humain, ce qui n'était pas sans lui rappeler un certain faux Neishaan aux discours mielleux.

° La plupart de leurs souvenirs ancestraux leur viennent de leur mère. Y compris ceux qu'ils gardent de moi. Pour chacune de mes ruses passées, ils gardent l'écho flou d'une double image, ma victoire futile et le jugement terrible d'une reine dragon. Ils font leurs propre choix, Yphna. °
riposta Sele'nti, déviant l'attaque implicite de sa liée avant même que le coup n'ait été porté.

Dymphnea les invita à s'asseoir et écouta la requête du dragon brun avec moins de défiance qu'elle n'en avait présenté à l'ouverture de sa porte. A l'en croire, son lié possédait un pouvoir magique singulier lequel se voyait décuplé par l'urgence. Guéralt lui fit démonstration de son talent, et Dymphnea eut grand peine à retenir le sourire amusé qui naquit à ses lèvres devant la minuscule étincelle dansante.

La Demi-elfe était née dans un monde empreint de magie, sous l'oeil des dragons et de leurs liés, elle avait grandi sous le joug d'une malédiction sournoise héritée de la malice des miroirs de la Galerie, pour finalement se lier à Sele'nti. La magie ainsi présenté par Guéralt avait quelque chose de joyeusement dérisoire en comparaison de tout ce qu'il lui avait été donné d'embrasser du regard. A l'évocation de Lhain, son visage se rembrunit quelque peu. Elle avait bien essayé de former le chevalier, mais Sele'nti s'était assuré qu'il ne serait en rien réceptif à son enseignement. Il avait bien mieux retenu la leçon du dragon blanc, selon lequel le Rhaëg n'était qu'une vaste tapisserie mesquine où chacun cherchait à aliéner le fil d'autrui.

« Peut-être pourrais-je vous aider, bien que je ne puis garantir d'y parvenir. »

Un rire tranchant résonna dans son esprit, brisant le climat d'innocence candide que le dragon s'était évertué à instaurer jusque là.

° Bien sûr, la demi-elfe qui n'a su survivre à sa malédiction qu'en s'inclinant bien bas va aider le chevalier vertueux à faire danser des lucioles. ° ricana Sele'nti.

° Charmant à toi de proposer ton aide. °
riposta Dymphnea, vexée.

° Mes méthodes ne te plairaient pas. Mais s'il venait à l'un d'entre vous de se souvenir que les écailles de Rakauth brillent d'argent et non des mensonges de l'or, je viendrai vous aider. °
minauda un dragon d'un blanc éclatant, ruisselant d'eau fraîche.

Dymphnea ne s'abaissa pas à le supplier. Sele'nti cédait à ses caprices plus souvent qu'à son tour, mais cet état de fait avait le don de la mettre mal à l'aise. Et, en dépit des moqueries du dragon blanc, si Flarmya le voulait, peut-être serait-elle de quelque secours au chevalier brun. Celui-ci avait l'air véritablement sincère, tout comme son lié, même si l'ascendance de celui-ci l'obligeait à émettre quelques réserves.

« Aussi infime qu'il soit à présent, nous avons néanmoins l'occasion de comprendre le phénomène. Êtes-vous vraiment sûr de n'avoir jamais possédé le moindre talent avant l'Empreinte ? Il n'est pas si rare que certains chevaliers voient leurs dons décuplés par le lien. »

L'Empreinte l'avait hanté sur le tard de rêves étranges, mais la maîtresse blanche préférait ne pas en parler. Guéralt avait apparemment hérité d'un ton singulier, en rien écopé d'une malédiction cruelle impliquant torture et condamnation à mort.

« Je suppose que ce n'était pas la première fois que vous essayez de rappeler à vous votre pouvoir. La lumière est-elle plus forte dans des circonstances particulières ? De nuit ? En plein jour ? A proximité d'une flamme ? De votre lié ? »

Dymphnea avait grandi au Màr Luimë, et les Engloutis n'appréciaient jamais de rester dans l'ignorance ou d'ignorer la réalité d'un phénomène sous prétexte qu'ils n'en comprenaient pas les tenants et les aboutissants. Dymphnea était plus calée en matière de méandres rhétoriques et de politique qu'en matière de magie, mais si elle avait chassé le chevalier brun et son lié, Sele'nti n'aurait pas manqué de lui manquer dans le menu détail comme ils eurent pu dompter leur magie. Sele'nti excellait généralement - ou finissait par exceller - dans tout ce qu'elle ne savait pas ou ne voulait pas savoir.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 15:14 Répondre en citantRevenir en haut

Ainsi Dymphnéa acceptait de leur offrir son aide. Laszlo avait pourtant pensé que du couple de liés, la demi elfe serait la plus difficile à convaincre. L'indifférence qu'elle faisait parfois mine d'afficher à l'égard de certains jeunes aspirants ou chevaliers tels que Lhain l'avait amené à craindre qu'elle ne les exclue manu militari de ses appartements. En place de quoi, elle les avait fait entré et avait accepté d'écouter leur requête.

Même si il s'était sentit froissé que Gueralt l'interrompe ainsi il était assez fière que celui ci est prit de lui même l'initiative de demander le soutient de la maîtresse blanche. Il avait réussit à convaincre son lié malgré tout, et maintenant qu'il l'avait ainsi guidé, Laszlo voulait le laisser gérer de lui même la situation. Il l'avait amené là où il le souhaitait, libre à l'humain désormais de choisir la voix qu'il allait emprunter auprès de sa supérieure.

Gueralt lui, ne se fit pas prier d'avantage. Avec son sans gêne accoutumé, il pénétra dans ses appartements et se laissa choir d'un l'un de ses confortables fauteuils qui se trouvaient à sa disposition. Sans chercher à dissimuler sa curiosité il observa minutieusement la vaste logia où il venait d'être convié. Assurément on reconnaissait là la touche féminine de son hote. Tout ici respirait d'une certaine douceur et d'un bon goût qui ne lui était pas accoutumé, lui qui s'était habitué à vivre entre les fûts de bières et les jambons fumés qu'il collectionnait dans ses communs.

Reportant son attention sur la maîtresse, il l'écouta attentivement. Sa mine se faisait sérieuse, et lui donnait un air dure et mauvais qui lui seyait fort mal – lui qu'on avait tant l'habitude de voir sourire ou s'adonner à quelques pitreries de son cru.

« Je n'ai pas souvenir d'avoir eut à faire à quoi que ce soit de similaire avant. La première fois que le phénomène s'est manifesté, c'était au cour d'un entraînement avec Jilian. Elle avait réussie à me mettre à terre et j'avais crus ne pas pouvoir échapper à son épée. Ensuite c'est revenu périodiquement, par surprise bien souvent. Mais jamais avant de m'être lié avec Laszlo je n'ai eux à faire à quelque chose comme ça. »


Massant son menton où poussait drue sa barbe qu'il n'avait pas encore eut le temps de raser, l'humain se plongea dans une profonde réflexion. Si quelque chose comme ça lui était déjà apparu, il s'en serait souvenu. Même si il ne s'agissait que d'un petit éclat, il aurait put le voir. Qui plus est, il s'était retrouvé plus d'une fois dans une position autrement plus dangereuse que celle dans laquelle il s'était trouvé lors de son entraînement avec Jilian.

Il se souvenait encore parfaitement du jour de la mort de son frère, lorsque dans un accès de colère il avait massacré l'un des malheureux pages qui n'avait pas sut abattre le sanglier à temps. Cette fois là il avait réellement perdu le contrôle de lui même... Si son pouvoir avait dut se manifester une première fois, ça aurait dut être là. Par la suite, lors de la guerre de la noble Dame sa soeur, il avait participé à nombre de batailles qu'il avait mené en personne. Là encore ces foutus lumières auraient put se manifester, mais il n'en avait pas le moindre souvenir.

« Mon ancienne maîtresse assure que la magie peut se révéler à quelqu'un suite à son empreinte. Comme si l'huile pour enflammer la torche était déjà présente en moi, mais que l'empreinte permettait de faire jaillir l'étincelle qu'il manquait pour l'enflammer. »

Cette théorie,il n'avait jamais pensé la remettre en cause, mais il préférait toujours la partager avec Dymphnéa. Si elle devait être amené à l'aider,il fallait qu'elle est toutes les cartes en main.

« Après l'attaque du Kaerl, j'ai essayé plusieurs fois de réutiliser ce pouvoir. Il me semblait qu'il pouvait être utile pour aider ceux qui avaient put être marqués. Mais comme Laszlo l'a si bien dit, je n'ai jamais réussi à en retrouver la maîtrise. J'ai essayé en usant de ma volonté, mais cela n'a jamais rien produit de très concluant. En général, si j'arrive à concentrer ne serait ce qu'un peu d’énergie entre mes mains, c'est déjà bien. Ça ne dure jamais plus de quelques secondes, ensuite, ça « explose » ! J'ai bien essayé de jour, et de nuit, en ayant but ou en étant sobre, à l'extérieur ou à l'intérieur ! Et Laszlo est toujours présent à chaque fois que je m'y suis essayé, mais ça ne change rien. Ça finit toujours par me péter à la gueule ! »

D'un coup de poing sur le genoux Gueralt conclut sur ces derniers mots. Le simple fait de reparler de ces échecs successif faisait renaître en lui la frustration de ne pas se voir progresser, et de ne pas comprendre pourquoi ça ne fonctionnait pas !
Cette petite vague de colère s'étant retiré aussi rapidement qu'elle était venue, il se sentit soudain honteux de se laisser aller à pareil comportement devant la maîtresse blanche, et s'empressa de bafouiller :

« … Au visage ! Excusez mon empressement... »


Une main ferme et rugueuse vint alors lui saisir l'épaule. Relevant les yeux vers Laszlo qui se tenait derrière lui, il put apercevoir le dragon lui offrir l'un de ses clins d'oeil coutumier, cherchant à le rassurer. Lorsqu'il avait le temps de s'y préparer l'humain pouvait s'avérer un chevalier exemplaire, fin orateur et d'une noblesse sans égale. Aujourd'hui la situation l'avait prit de court, et en proie à ses sentiments si excessifs, il pouvait très vite se laisser déborder par la situation, ce qui, craignait il, pouvait paraître fort offensant pour l'un de ses supérieurs.

« Je suis juste quelque peu... Ce genre d’événement... Je n'y suis pas encore tout à fait familier. »


C'était toujours un étonnant contraste qui se jouait chez cet homme aux allures de géant, d'une violence presque effrayante lorsqu'il se sentait menacé mais qui, en d'autres occasions autrement moins dangereuses, redevenait presque un enfant, âgé d'à peine vingt ans, intimidé par des êtres dont il aurait put fracasser le crâne d'un seul coup de poing.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 20:23 Répondre en citantRevenir en haut

Dans quel bourbier s'était donc fourrée ? Elle n'était pas obligée d'accepter, mais elle était néanmoins dans l'incapacité de refuser. Ancienne seconde en disgrâce, liée de Sele'nti, il lui était plutôt malaisé d'envoyer se faire pendre ailleurs un chevalier dans le besoin. Même si ses connaissances en magie fondamentale avoisinaient le néant absolu.

Il n'était pas dans ses habitudes d'introduire des inconnus dans ses appartements. Les rencontres politiques se faisaient plus souvent en des lieux neutres. La Demi-elfe essayait de garder un semblant d'ordre, mais il y avait ça et là des choses éparpillées, des fleurs fanées dans un vase, quelques vestes éparses, autant de signes qui auraient fait rougir Dymphnea s'ils ne criaient pas tous à l'unisson qu'elle était chez elle et n'attendait personne sinon son lié, lequel n'avait que faire de telles considérations. En dehors de ces menus détails, les appartements de Dymphnea respiraient la tranquillité et la simplicité, un havre agréable loin de l'agitation du Màr.

La Demi-elfe s'assit sur la banquette de velours clair qui faisait fasse au fauteuil de Guéralt et prêta une oreille attentive à son récit. Les railleurs du dragon blanc résonnait encore à ses oreilles, mais c'était un désagrément auquel elle était habituée, et qui ne l'aurait sûrement pas fait reculer. Laszlo était apparemment lié à la magie de lumière du chevalier. S'il n'était pas né de Rakauth et de Sele'nti, peut-être qu'elle aussi aurait saisi la légèreté de plaisanter sur l'Ordre draconique de lumière, mais connaissant les deux géniteurs aucun des deux ne brillait par son altruisme ou par sa bonté.

« Votre lié est-il capable de faire apparaître ces lumières ? »
s'enquit la maîtresse blanche, les regardant tour à tour.

° Yphna, dois-je te rappeler que nous autres dragons crachons du feu ? Que veux-tu que nous fassions de boules de lumières scintillantes ? °

« Ce... C'est une théorie intéressante. »

La Demi-elfe détourna les yeux. Malgré elle, et bien qu'il n'eut rien fait de répréhensible, la présence de Laszlo sous forme humaine la mettait mal à l'aise. Sele'nti partageant déjà une partie de ses pensées, elle se sentait doublement épiée. De plus, l'évocation de l'Empreinte réveillait toujours en elle des sentiments contraires, une mélancolie insoutenable, à la fois joie éclatante et amer désespoir.

Ne trouvant rien qu'elle osa ajouter, Dymphnea s'excusa d'un sourire.
« Désireriez-vous boire quelque chose ? Puis-je vous offrir une tasse de thé ? »

° As-tu l'intention de le tuer pour réveiller son don ? ° railla le dragon blanc.

Feignant de n'avoir point perçu les pensées malicieuses de son liée, Dymphnea reporta son attention sur le chevalier brun. Que savait-elle donc des aléas magiques de l'Empreinte ? Elle faisait des rêves de dragon. Dans ses songes - qu'elle dormit ou non - elle saisissait des bribes de souvenirs qui ne lui appartenait pas, elle percevait des voix qu'elle ne connaissait pas mais qui sur l'instant lui paraissaient plus que familière. L'avantage des lumières de Guéralt était qu'il pouvait s'en ouvrir à autrui sans passer pour un fou.

Lorsqu'il s'emporta, la maîtresse blanche eut une moue mi-indignée, mi-amusée.
«Je vois. »

Dymphnea n'était pas aussi stricte et sévère qu'elle rêvait de le faire croire à ses aspirants. Toutefois, voir le chevalier présenter l'éloquence d'un gamin ayant égaré son jouet préféré lui donnait un sentiment étrange. La nouvelle génération de chevalier jugeait-elle inutile les précautions oratoires du Màr ? Ou jugeait-elle que la parenté de Sele'nti les rendait plus proche d'elle, sa liée ? La Demi-elfe ne savait qu'en penser. Dans le fond elle n'en avait cure, mais elle n'était pas sûre de valider l'image qu'elle donnait d'elle-même en montrant qu'elle n'en avait cure. Aussi s'empressa-t-elle de renouer avec le fil directeur de la conversation.

« Il est tout à fait possible que votre talent vienne avant tout de vous même. Me lier avec Sele'nti ne m'a pas rendu capable de faire apparaître des rayons de lumières et je doute que Lalwendë n'en ait jamais été capable. »

Elle n'en avait jamais fait étalage, et l'ancienne dame n'avait rien d'une femme effacée ou peureuse. Dymphnea avait peine à croire qu'elle ait pu masquer un tel don.

« Votre état d'esprit a-t-il une influence sur votre magie ? Vous étiez sous l'emprise d'une vive émotion lors de l'attaque. Peut-être que lorsque vous êtes en colère, ou lorsque vous êtes très concentré ? »


° Peut-être que lorsque quelqu'un lui fait de l'effet il est bon à quelque chose... °

° Sele'nti ! ° s'indigna Dymphnea avant de fermer son esprit à toute image mentale qu'eut pu lui imposer son lié.

Il était inconcevable qu'elle se mit à rougir comme une jouvencelle sans raison aucune.
« Sele'nti, murmura Dymphnea, n'est pas un dragon ordinaire. »

Elle s'en voulut d'avoir prononcé ces mots. Qu'en comprendrait Guéralt ? Quel lié n'avait jamais vu son dragon autrement que comme une créature exceptionnelle et unique ? Désemparée, la maîtresse blanche prétexta d'aller chercher à boire dans la petite pièce attenante pour s'éclipser un instant.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 23:30 Répondre en citantRevenir en haut

Se pouvait il que Laszlo se soit à ce point fourvoyé ? Bien que Gueralt ne soit pas expert en la matière, il lui semblait au fur et à mesure de la discussion, que Dymphnéa avançait à l'aveuglette, sans vraiment savoir où elle mettait les pieds. Si tel était bien le cas ils se trouvaient bien avancés tout les trois, entre lui qui n'était même pas capable de concentrer cette foutue lumière plus de quelques secondes, une maîtresse qui n'y connaissait rien, et un dragon qui ne savait même pas venir frapper à la bonne porte pour recevoir de l'aide.

Alors qu'il se renfrognait de plus en plus, bras croisé au fond de son fauteuil et se murant dans son silence, Laszlo en profita pour reprendre la parole, ses deux mains serrant amicalement les épaules de son lié.
Le brun possédait ce ton calme et grave, de ces tons capables de vous rassurer en quelques phrases, et dans lequel chacun pouvait percevoir l'expérience qu'avaient put apporter les années. Bien sur il n'était pas bien vieux, bien moins que son propre lié, et pourtant il était par certains aspects l'un des plus dignes représentant de la sagesse ancestrale de sa race.

« Je n'ai pas à ma connaissance de telles capacités ma Dame. Peut être pourraient elles venir par la suite, cela le temps nous le dira. Mais c'est une idée qui ne nous était pas encore venue. Une piste à explorer peut être... »


Alors que la demi elfe affluait vers la première hypothèse qu'avait soulevé Gueralt, Laszlo hocha pensivement la tête, tout à ses réflexions. Il sentait bien que l'humain était en proie aux doutes et s'employa à le rassurer.

*Ne t'en fais pas, je suis sur que nous pouvons trouver une partie de la réponse ici. La dame Niedryn a sûrement bien plus à nous apprendre qu'elle ne le laisse paraître, tu devrais déjà t'estimer heureux qu'elle nous ai laissé rentré ici. Ne juges pas trop vite...*

*J'entends bien vieux frère, mais tu avoueras qu'elle ne nous avance pas tellement plus.*


*Elle a soulevé des points intéressants qui nous ont semble-t-il échappé.*


*Tu veux dire par rapport au lien ? Tu penses que tu pourrais manier cette... lumière toi aussi ?*


*Je ne sais pas mon garçon. Mais rien n'est impossible, tu le sais aussi bien que moi.*


Toutefois, en revenant au sujet de base, la demi elfe infirma sans le savoir la première hypothèse qu'avait émise Laszlo.
Certes il avait parfaitement connaissance du fait que ni Dymphnéa, ni Lalwendë ne possédaient des pouvoirs similaires à ceux de Gueralt, sinon Jilian se serait probablement empressée de faire le rapprochement et de le leur indiquer. Elle ou n'importe qui d'autre ayant vu Gueralt se battre lors de l'attaque des crabes sur le Kaerl.
Cependant si une quelconque magie s'était révélée à la maîtresse blanche suite à son empreinte, il ne doutait pas un instant que celle ci aurait eut la finesse suffisante pour juger ce détail utile pour leur recherche. Or n'ayant rien ajouter à ce propos, il devenait fort peu probable que les talents magiques qu'avaient manifestés Gueralt est un lien quelconque avec la fratrie de Selen'ti.

Sentant la déception poindre dans le cœur de son lié, Gueralt saisie à son tour dans la sienne l'une de ses mains qui était toujours appuyée sur son épaule comme pour lui indiquer qu'il avait compris ce que tout cela signifiait.

*Allez va mon vieux, ce n'est pas bien grave. Comme tu viens de me le dire on aura déjà apprit deux ou trois trucs, ça n'aura pas été complètement inutile.*


Toujours bien décidé à élucider le mystère qui venait de lui être présenté, Dymphnéa de son coté continuait à émettre de nouvelles hypothèse. Mais ni Gueralt ni Laszlo n'eurent d'avantage le temps de lui répondre que déjà elle s'était mise à rougir sans aucune raison apparente.
L'évocation de Selen'ti leur permit toutefois de faire le lien avec ce changement brutale de comportement. La voyant se lever pour disparaître dans une pièce adjacente, Gueralt bondit à son tour et lui emboîta le pas. S'empressant de la suivre il osa l’interrompre en portant sa main le plus délicatement possible sur son bras en signe d'apaisement.

« Excusez nous... Nous ne voulions pas vous importuner. Mais... ce que vous venez de dire par rapport aux sentiments....Je pense qu'il y a du vrai là dedans. Lorsque je suis en colère je n'arrive à rien, mais lorsqu'il y a danger cela vient naturellement, contre ma propre volonté même. Et aussi, lorsque j'arrive à faire à peu près le vide dans ma tête, j'arrive à faire apparaître la lumière, jamais bien longtemps mais au moins elle y est... »


Il resta un moment à fixer la maîtresse blanche. Regrettait il vraiment d'être venu ici ? Peut être. Certes il sentait bien qu'avec la dernière question qu'elle leur avait posé Dymphnéa s'apprêtait à toucher du doigt le cœur du problème. Mais seulement voilà, il avait aussi le curieux sentiment de n'être en aucun cas le bienvenu ici. Il aurait sans doute préférer laisser là la demi elfe, et revenir à ses appartements pour s'adonner à de nouvelles expériences avec Laszlo, fort du peu qu'ils avaient put apprendre ici, mais quelque chose en lui l'en empêchait.
Sans qu'il ne se l'explique, il éprouvait pour la demi elfe un mélange de pitié et de crainte. En l'ayant vu quitter leur compagnie de manière aussi vive et précipitée, il avait crut voir poindre au fond de ses yeux l'ombre du doute. Il ignorait tout de ce que Selen'ti avait put lui dire, mais cela les concernait sûrement lui et Laszlo. Il se sentait maintenant coupable d'avoir mis dans l'embarras l'une de ses supérieurs du fait de cette visite improvisée, chargés d’une requête aussi peu commune que la leur.

Maladroitement, à sa manière qui lui était propre, Gueralt se sentit prit du devoir de faire son possible pour soulager quelque peu le désarroi de la maîtresse blanche.

« Je ne sais pas ce que Selen'ti a put vous dire, mais si notre présence vous importune, nous pouvons vous laisser ? Je ne souhaite pas être cause d'ennuis supplémentaires pour vous, vous nous avez déjà bien aidé, je ne voudrais pas abuser de votre temps. »


Cette manière d'agir ou de se comporter n'avait certes rien de protocolaire et pourtant si Gueralt se donnait tant de peine c'était bien en raison de la hiérarchie qui plaçait Dymphnéa comme sa supérieur. Tout à cette réflexion, il s'aperçut que sa main tenait toujours le bras délicat de la demi elfe, et il en éprouva une certaine gêne, comme si il était allé trop loin. Relâchant aussitôt sa poigne, il ne sut quoi ajouter et se contenta de fixer sa compagnie de ses grands yeux verts.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mer 6 Aoû 2014 - 18:53 Répondre en citantRevenir en haut

Dymphnea avait longtemps cru, avant de se lier, que les apparences bipèdes des dragons n'étaient que des illusions hâtives, un talent magique de plus entretenu par la survie, par la nécessité qu'ils ressentaient parfois de se fondre dans une foule ou de dissimuler leur nature. Elle avait à présent la conviction que les choses allaient plus loin. Lorsqu'il se métamorphosait, Sele'nti ne devenait pas seulement Neishaan, il devenait un Neishaan, la marque d'un rôle unique et acquis et non un alibi rapide et changeant tel l'excuse du moment piochée à la va-vite.

Du dragon brun se dégageait une certaine sincérité, et Dymphnea le croyait lorsqu'il exprimait ses doutes et ses interrogations vis-à-vis de la magie de son lié. La magie était chose commune au Màr Luimë et il était bien plus fréquent d'entre être spectateur que d'en creuser les fondements. A son grand dam, la maîtresse blanche connaissaient de nombreuses personnes sachant faire usage de magie sans pouvoir en citer un seul qui fut à même de s'épandre sur la magie d'autrui.

Peut-être Sele'nti avait-il raison. Peut-être était-ce une bataille perdue d'avance que de chercher une réponse simple à sa requête. Elle avait grandi dans un monde de magie, mais les puissances pernicieuses qui l'avaient lorgné ne lui avait rien souhaité de bon.

Le contact d'une main sur son bras la fit sursauter et la tira de ses pensées. Dymphnea se retourna et leva les yeux vers Guéralt. C'était la première fois qu'elle le regardait réellement, et elle s'en sentit intimidée. Jusqu'alors, elle n'avait vu ses visiteurs que comme deux présences inopportunes, potentiellement mandées par la fourberie de son lié et n'en avait rien retenu de plus que les pièces de l'énigme à résoudre. Guéralt avait des yeux d'un vert inconcevable, pour un humain. Comment pouvait-elle s'attarder sur de tels détails alors que le fait qu'il se déplaça aux côtés d'un dragon lui parut anodin ? Elle se mordit la langue pour s'interdire de sourire sans raison, de crainte que le chevalier ne la prit définitivement pour une folle.

C'était un curieux tableau que de voir Guéralt lui présenter des excuses d'autant plus maladroites qu'elle n'avait pas lui d'être. La maîtresse blanche savait encore claquer la porte au nez des gêneurs, et si elle ne voulait pas recevoir quelqu'un, la menace de la rancune corrosive de son lié n'était pas sans effet.

« Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider davantage. » murmura Dymphnea, détournant les yeux, gênée.

Cela n'avait pas de sens. Si la colère le menait à l'échec, et que le calme l'aidait, comment pouvait-il manier son talent dans l'effervescence d'un combat, dans la furie d'un duel ? L'on prêtait aux combattants aguerris la capacité de rester lucide en toute circonstance, mais cela ne voulait en rien dire qu'ils demeuraient calme et placide au cœur de l'action.

Elle aurait aimé trouver une explication logique au problème du chevalier. Car c'était ainsi qu'elle avait été éduquée, formatée. Ou peut-être cherchait-elle désespérément à se convaincre qu'elle avait encore sa place et son utilité au sein du Màr. Ou peut-être voulait-elle simplement que n'importe qui lui accorda quelque estime pour regagner quelque valeur à ses propres yeux.

« Vous ne me dérangiez pas. »
assura Dymphnea avec trop de spontanéité.

Dans une autre pièce encore, il y avait les prémices avortés d'une lettre noyée d'encre. Guéralt la libéra et Dymphnea prit conscience qu'elle n'éprouvait aucun soulagement à l'idée d'être rendue à ses démons. La Demi-elfe eut volontiers ajouté quelque chose, mais elle n'était pas habituée à être fixée de la sorte et en ressentait un curieux malaise. Elle redoutait de dire n'importe quoi pour combler le vide et de le regretter par la suite.

~°~


« Puis-je savoir de quel droit vous vous invitez dans les appartements de ma dame ? »

Sous son apparence Neishaane, Sele'nti était plus petit et plus frêle que Guéralt et que Laszlo. Il avait un timbre princier, un parler arrogant, et des yeux argentés pour le moins indéchiffrables. Bipède ou dragon, Sele'nti n'avait d'impressionnant que son aplomb, et de redoutable que ses piques acérées. Mis côte à côte avec Laszlo, ce dernier eut pu donner à croire qu'il avait l'âge d'être son père.

Sa question, posée avec une certaine nonchalance à l'encontre de Laszlo était des plus rhétoriques. Sele'nti savait pertinemment pourquoi son fils et son lié se trouvaient là. Autant dire qu'il n'en avait cure dans le fond, mais qu'il n'était pas certain d'apprécier que Guéralt se permit une telle proximité à l'encontre de sa dame. Il y avait un certain reproche muet dans l'attitude du Neishaan, dans son visage fermé aux traits sans âge, et dans ses bras résolument croisés.

Dévisageant Laszlo, il ne tarda pas à se fendre d'un sourire narquois et d'ajouter :
« Je vois que tu n'es pas trop maladroit pour ton âge. »

Sele'nti avait toujours eu la mauvaise habitude de prendre apparence bipède. En dépit des désagréments et de l'épuisement que causait une telle transformation, il avait rapidement pris ses marques pour une raison tristement évidente : en raison de sa petite taille, il parvenait à pénétrer dans la plupart des salles du Màr, et même à se glisser dans les corridors. C'était ainsi qu'il avait regagné les appartements de sa dame, lesquels s'ouvraient par une vaste porte-fenêtre sur un balcon sur lequel le dragon n'avait eu aucun mal à se percher avant de se transformer.

Du fait de petite taille, la métamorphose de Sele'nti relevait plus du caprice que de la nécessité, et il se retrouvait alors dans des lieux des plus familiers, confronté de près à l'existence monotone des bipèdes qu'il ne connaissait que trop bien. Laszlo pour sa part, était un dragon brun déjà bien plus imposant que son père. Sa transformation changeait inévitablement les proportions de toutes les choses auxquelles il était habitué.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Jeu 7 Aoû 2014 - 14:50 Répondre en citantRevenir en haut

En voyant ce petit bout de femme si fragile et qui au final semblait aussi perdue et mal à l'aise que lui, l'humain ne put s’empêcher d'éprouver une certaine affection pour la demi elfe. Elle avait beau être sa supérieure, quelque chose en elle exprimait le doute et la fragilité, ce qui ne cessait de le déstabiliser. D'ordinaire l'ami Deux-Chiens se serait détourné de ce genre de personne sans plus y réfléchir, il avait en horreur ces gens mous qui passaient leur temps à s'excuser. Peut être était ce le fait qu'elle soit maîtresse ou ex-seconde ? Ou peut être était ce simplement le fait de l'avoir vu si souvent en publique affichant son air malicieux et mutin ? Toujours est il qu'il ne s'était pas attendu à découvrir en Dymphnéa un être pouvant se montrer si sensible.

Au final n'était ce pas aussi le cas pour lui ? Rare étaient les personnes qui pouvaient se vanter d'avoir déjà vu Gueralt autrement que comme un joyeux luron, extravagant, bon vivant, parfois incorrecte et souvent exubérant. Mais qui avait il derrière ce pilier de taverne ? Un homme désabusé, attaché à son devoir et à la protection des siens. Un homme craignant de voir disparaître ceux qui lui étaient chers et refusant de prendre la moindre part de responsabilité. Laszlo le savait, Lynael aussi, peut être bien Jilian, mais pas d'avantage de personne. Pouvait on seulement prétendre connaître quelqu'un sans avoir entrevu son visage dans l'intimité ? Probablement pas.

Le fait que Dymphnéa se laisse ainsi aller face à eux lui donnait la curieuse sensation d'avoir été admis. Il aurait aimé lui faire comprendre qu'il ne la jugeait pas, qu'il ne lui en voulait pas et qu'elle les avait déjà suffisamment aidé, mais il n'osa pas en dire d'avantage de peur de la froisser. Il savait que faire preuve de compréhension et de compassion envers autrui pouvait blesser certaine fierté comme la sienne. Qui plus est, de tel discours n'étaient pas son apanage, tout maladroit qu'il était à employer les mots lorsque cela sortait du registre de la guerre, de la chasse ou de la boisson.
Mais l'homme avait le sang chaud, et prit dans la situation ne put empêcher un « Merci » de franchir ses lèvres.

« … Enfin... Non ! Je vous ai déjà dit merci, mais ! Si ! Enfin merci... Je... Vous... Vous nous avez bien aidé. »

Se voyant déblatérer ces inepties incohérentes Gueralt se frappa le front du plat de la main avant de partir d'un petit rire. Il se rendait ridicule et en avait parfaitement confiance. Plutôt que de s'en mortifier, il avoua se trouver lui même d'un certain comique.

« Désolé je n'ai pas l'habitude de converser de la sorte avec un maître en dehors des protocoles habituelles. Je ne sais pas si cela est censé se faire ou non, mais je voulais vous dire que c'était fort sympathique de votre part de nous avoir ouvert votre porte. Si votre proposition tient toujours pour ce qui est ce nous offrir à boire, je dois vous avouer qu'au thé je préfère la bière. Mais si vous n'avez rien d'autre alors... ça ira ! »

Il s'apprêta à lui tapoter l'épaule comme il avait l'habitude de le faire avec ses amis, mais se retint de justesse. Il ne savait pas encore si il s'était montré trop familier ou non. Pour le moment il tâtait le terrain, tachant de trouver le bon dosage entre protocole et naturel face à cette dame qui semblait être aussi perdue que lui quant à l'attitude à adopter.


***



En voyant débarquer Selen'ti de la sorte Laszlo sentit son corps humain se tendre tout entier. Il éprouva à son arrivé un mélange d’appréhension et de contentement. Pour lui, Selen'ti restait le plus qualifier pour répondre à ses questions concernant le pouvoir de son lié. Mais la réputation de son paternel n'était plus à faire, et ses remontrances quant à la visite improvisé que Laszlo et Gueralt venait de rendre à sa liée ne firent que la confirmer.
Sans broncher, Laszlo lui offrit un petit salut de la tête qui égalait les manières nonchalantes du Neishaan. Croisant ses mains face à lui, il observa de ses yeux gris fer le bipêdes aux allures fluettes qui lui faisait face, sourire aux lévres.

« Et bien, et bien... D'ordinaire, les dragons engagent une discussion par un « Bonjour ». Mais puisque tu sembles si prompt à engager la conversation, peut être sont ce là des formes quelque peu superflues. Ta dame nous a ouvert la porte d'elle même me semble-t-il ? Enfin soit ! »


Il n'avait pas encore réfléchit sur la façon dont il allait pouvoir amener Selen'ti à leur apporter son aide. Bien sur le dragon avait son caractère bien trempé, et le convaincre ne serait pas facile. Il faudrait bien plus que la demande d'un fils pour cela, mais si Dymphnéa avait accepté alors... Pourquoi pas lui ? Après tout un couple de liés partageait souvent les mêmes visions, et si tel n'était pas le cas, l'un pouvait toujours convaincre l'autre. Toutefois il préféra ne pas évoquer le sujet de suite, préférant laisser le blanc engager les hostilités. Cela pouvait au moins donner l'illusion que son aide leur était indispensable.

La remarque du dragon quant à sa maladresse ne l'emplit pas d'avantage de fierté. Le brun accordait une grande importance au calme, et à la mesure. Il avait prit son temps avant de prendre forme humaine pour la toute première fois. Ses premiers essais n'avaient pas été des plus concluants, avec à force de patience il avait réussi à la maîtriser et à s'en accommoder avec une certaine aisance. Le tout était de ne pas se précipiter. Ses gestes lents faisant échos au vieil âge que son apparence lui prêtait donnait au final l'illusion assez convaincante de quelque sage relique humanoïde.

Toujours sur le ton de la discussion, le dragon enchaina ;

« Dis moi plutôt ce qui a put t'amener à venir te joindre à nous ? »
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Jeu 7 Aoû 2014 - 18:47 Répondre en citantRevenir en haut

Dymphnea avait honte du spectacle qu'elle donnait. Elle ressentait doublement qu'elle était restée trop longtemps éloignée de son Màr. D'une part, elle ne parvenait pas à se comporter de manière naturelle, ses paroles lui semblaient forcées, ses gestes faux, et d'autre part, elle avait la certitude qu'avant, elle n'aurait eu que faire de l'image qu'elle donnait. Elle se ressaisit, s'ordonnant vainement d'agir comme si de rien n'était. Ce n'était qu'un chevalier venu chercher son aide. N'avait-elle pas formé de nombreux aspirants ? A eux non plus, elle n'avait pas ouvert les tréfonds de son âme, ce qui ne les avait pas empêché de se lier et de devenir à leur tour de dignes chevaliers dragons.

« Arrêtez de me remercier ou je vais me sentir obligée de vous confier quelque corvée d'aspirant en échange. » répliqua Dymphnea sur un ton de fausse réprimande.

Il lui était plus aisé de se moquer que d'accepter simplement les remerciements de Guéralt pour ce qu'ils étaient. Dymphnea n'était pas en harmonie avec elle-même, elle se reprochait d'avoir manqué à son Màr et la spontanéité enjouée du chevalier ne pouvait suffire à effacer des mois de doute et de remords.

Le protocole ? A suivre celui-ci, les échanges avaient plus souvent lieu au grand jour, au hasard des couloirs, lors des grandes occasions. Dymphnea n'avait pas souvenir de chevaliers accomplis ou de maîtres s'invitant de manières si cavalières dans ses appartements. Elle se garda bien de le signaler à Guéralt, qui n'aurait pas manqué de la noyer sous un flot d'excuses supplémentaires. Sa compagnie valait bien mieux que de ressasser inlassablement de vieux souvenirs moisis.

Lorsque Guéralt signala sa préférence pour la bière, Dymphnea se sentit assez stupide. Certes, elle avait grandi dans un Màr plus raffiné que nombres des villes et villages qui parsemaient les continents du Rhaëg mais cela ne changeait rien au fait que Guéralt n'avait pas vraiment la tête de l'emploi quand il s'agissait d'imaginer une courtoise cérémonie du thé agrémentée de petits gâteaux.

° Commencer par ne pas tuer ses invités est à la base de la courtoisie. ° railla Sele'nti.

Dymphnea ignora le dragon. Ce dernier avait la mauvaise manie de plaisanter sur la nocivité de son thé. Elle en buvait régulièrement et s'en portait très bien, n'était-ce pas une preuve suffisante que ce dernier était sans danger ? La maîtresse blanche farfouilla dans un placard sans trop d'espoir. L'intendance du Màr avait gardé ses appartements habitables, mais il était vain d'espérer qu'ils aient songé à remplir ses placards de choses qu'elle ne consommait généralement pas.

« Je vais voir ce que je peux trouver. »

Elle dénicha deux bouteilles d'alcool non identifiable et sans âge, dont l'étiquette avait été à moitié dévorée par l'humidité. L'une et l'autre tenant plus du détergeant que de la boisson, la demi-elfe préféra les laisser là où elles se trouvaient pour se rabattre - par dépit - sur une bouteille de liqueur dorée élaborée à base de pêche, d'épices du Ssyl'Shar et d'une quantité de sucre plus que déraisonnable.

S'il y avait jamais eu un code précis sur la manière de mener les échanges entre maître et chevalier dragon, il y avait fort à parier que celui-ci aurait proscrit d'arroser les rencontres du hasard à la liqueur de pêche, mais Dymphnea n'en avait finalement cure : elle avait déserté le Màr alors qu'elle secondait la Dame, et Sele'nti le petit dragon blanc avait rattrapé Rakauth lors de son vol nuptial. Dès lors, qui donc pouvait bien se soucier de ce qu'elle offrait à boire dans ses appartements.

La maîtresse blanc attrapa deux petites tasses non prévues à l'usage de verre à liqueurs et versa quelques un petit fond dans chacune.

« Si c'est mauvais, n'hésitez pas à le dire. Cette bouteille me vient d'un ami de mon maître. Il me l'avait offert lors de ma première empreinte... Laquelle n'a pas été un franc succès ! »

Dymphnea parlait de l'événement avec légèreté. Lors de son échec à l'empreinte, elle avait été anéantie. Tout son entourage lui avait assuré que ce n'était que partie remise, qu'elle n'aurait qu'à ouvrir la bouteille la prochaine fois... Sauf que la fois d'après n'avait rien donné, pas plus que les suivantes. Et quand, enfin, elle avait pu attacher son âme à un petit dragon blanc fascinant, il s'en était trouvé pour dire que ce lien n'avait rien qui justifia une célébration. L'ami de son maître avait des opinions arrêtées sur beaucoup de chose, assez pour considérer qu'une femme comme il faut ne se liait pas à un dragon mâle, et que les dragons blancs étaient de toute évidence des anomalies dégénérées. La couvée de Sele'nti et de Rakauth n'avaient rien à envier aux autres de la reine Argentée. Le sort avait vengé Dymphnea de la rancoeur d'antan, et elle n'avait plus gardé la bouteille que faute d'occasion pour l'ouvrir.

« Les succès les plus mémorables se laissent bien souvent désirer. N'ayez crainte, je suis certaine que d'ici quelques mois vous aurez trouver moyen de dompter votre magie. »

Elle lui adressa un sourire encourageant. Du peu de ce qu'elle avait pu voir, Guéralt n'était que peu patient, et il serait certainement prompt à se désoler de cette parole de bon augure.

~°~


Voir son fils son apparence humanoïde intriguait quelque peu Sele'nti. Malgré les insinuations de sa dame, le dragon blanc surveillait bien moins ses enfants liés que ceux à naître. A ceux qui avaient quitté les sables dans la joie, il avait déjà transmis une part infime de sa mémoire, et les souvenirs de leur mère étaient bien suffisant pour qu'ils puissent y puiser tous les repères nécessaires pour leur premiers pas dans un monde protégé.

De fait, Laszlo pouvait reconnaître aisément Sele'nti sous quelque forme que ce soit, là où Sele'nti reconnaissait son sang sans pouvoir aisément nommer chacun de ses enfants. Lorsque Laszlo se plaignit de l'entrée en matière, le dragon blanc ne le salua pas davantage, sinon d'un rictus qui laissait à penser qu'il se serait fendu d'un sourire carnassier sous forme draconique.

« Ma dame... n'a jamais eu beaucoup de discernement dans le choix de ses fréquentations. »

L'intonation moqueuse du dragon suggérait que ces paroles incluaient un certain dragon blanc qu'elle avait cueilli sur les sables. Il rendit sans ciller son regard à son fils, amusé malgré lui de l'apparence que celui-ci se donnait. La sagesse sincère d'un homme ayant vécu... Cela pouvait avoir son impact, face à quelqu'un qui n'aurait pas su pertinemment faire face à un dragon qui n'avait plus connu plus de deux hivers.

Toujours sur le ton de la discussion, le dragon enchaîna :

« Je ne suis là qu'au dessein de protéger ma liée. Je l'ai déjà vu danser avec un meurtrier. »

Le message était assez peu subtil au demeurant. Sele'nti avait des travers qu'il ne cachait pas, ce qui en faisait un dragon assez peu recommandable, eut-il donné descendance au Màr. Selon le même raisonnement, Guéralt n'était pas exactement une fréquentation exemplaire pour sa liée, laquelle était parfois d'une naïveté fragile en ce qui concernait les relations humaines.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Ven 8 Aoû 2014 - 19:51 Répondre en citantRevenir en haut

Face à la réplique non dénuée d'humour que venait de lui offrir Dymphnéa, Gueralt ne put retenir un nouveau petit rire. Voilà qu'elle lui offrait un tout autre visage qu'il y avait quelques secondes. Celui là lui plaisait d'avantage : cinglante juste ce qu'il fallait, souriante à souhait, il y avait de quoi le séduire. Un instant il oublia l'ex seconde du Kaerl qu'il abandonna dans un coin de son esprit, se concentrant sur la simple demi-elfe qui venait de lui offrir un verre.

Sourire en coin, il accepta volontiers la petite tasse qui venait de lui être tendue, et une gorgée en fit disparaître le contenu. Il laissa le liquide sucré glissait un moment contre son palais. Ce n'était pas mauvais, quelque chose à mi chemin entre l’hypocras et et l'hydromel... Peut être un peu trop fruité à son goût, ce qui ne l’empêcha pas de faire honneur à la boisson. Reposant sa petite tasse qui semblait si ridiculement petite dans sa main, il s'essuya le coin des lèvres d'un revers de manche.

« C'est bon ! Très bon ! Mais si je peux me permettre, une fois passé maître, j'aimerai vous rendre cette invitation ! J'ai chez moi une bière... Mais attendez ! Pas une simple bière comme vous pouvez en trouver à chaque coin de rue de Lomeanor ! Non ! Une bière brune et sucrée, douce, aux arômes d'été ! Un ami aubergiste à moi qui la produit ! Ah celle là vous m'en direz des nouvelles ! »

Tout à sa discussion, il se surprit à détailler Dymphnéa sans en avoir peur. C'était la première fois depuis qu'ils étaient arrivés ici qu'il la regardait vraiment, ou du moins qu'il osait. Elle n'était pas tellement plus vieille que lui, dix ans tout au plus. Encore que le sang elfique qui coulait dans ses veines pouvait la faire paraître plus jeune qu'elle ne l'était en réalité, tout en lui donnant ces traits sans âge. Il observa son visage frais et agréable, ses yeux bleus qui avaient retrouvé une certaine assurance, ses lèvres quand elle riait. Elle était étonnante cette femme là... Elle lui donnait l'impression de ne pas savoir sur quel pieds danser avec son humeur changeante. Elle lui rappelait un ciel de fin d'été, qui pouvait se montrer à la fois rieur et ensoleillé avant que les nuages gris et mornes de l'orage ne fassent peser sur lui leur moite chaleur.

Il la laissa parler un moment, appréciant sa légèreté, et touché quelque part par les encouragements qu'elle s'efforçait de lui transmettre. Au fond de lui il était sur qu'elle disait cela pour ne pas le décourager, et il s'en fichait pas mal. Après tout c'était le cœur qu'elle y mettait qui comptait réellement ; que ce soit complètement faux n'y changeait rien. Mais franchise oblige, il ne put se permettre de la laisser dire quelque chose comme ça sans y ajouter son grain de sel !

« Vous êtes bien bonne de me mentir comme vous le faites ! C'est toujours bon à entendre ! Mais avec mon caractère de chien, et vu la vitesse à laquelle nos recherches avancent, je pense que ce sera plus dans quelques années que dans quelques mois ! Mais promis, je viendrais vous chercher dès que j'y serais arrivé ! Enfin je ne devrais pas dire ça, car sinon je crois que je ne serais pas prêt de vous revoir !»

Et sur cette réflexion il partit d'un grand rire franc ! Oublié le protocole, le simple fait de partager un verre, en tout simplicité suffisait pour lui à balayer d'un simple revers de main tout les conventions qui avaient put être établies. Pour la première fois Dymphnéa allait pouvoir entrevoir l'homme qui se dissimulait sous le titre de Chevalier Deux-Chiens, la bête amicale, joviale, un brin taquine mais jamais vraiment méchante ! Et lui commençait de son coté tout juste à ne plus regretter d'avoir suivit son lié. Apprendre à connaître ses confrères du Màr Luimë l'emplissait toujours d'un sentiment de joie toute simple.

« Vous savez, c'est amusant ce que vous venez de dire... Par ce que quand je me suis lié à Laszlo, tout le monde pensait que je n'étais pas prêt. Enfin Jilian pensait que je n'étais pas prêt. En y regardant de plus près elle n'avait pas vraiment tord, par ce que finalement, ce n'est qu'après que je me sois lié à Laszlo que j'ai vraiment sentit que, là, j'étais prêt ! Finalement me voilà chevalier alors que ce n'était absolument pas dans les plans de base ! Marrant non ? »



***



Sele'nti restait invariablement sur la défensive face à Laszlo, ce que celui ci avait bien du mal à comprendre. Sans se départir de ses attitudes de vieillard amical, la mine du brun s'était toutefois quelque peu assombrie après que son père est insinué que Gueralt pouvait être un danger pour sa liée. Faisait il référence à l'incident qui c'était déroulé quelques semaines plus tôt entre Ithildin, sa liée, Gueralt et lui ? Ah oui bien sur, Gueralt avait au cours de son aspiranat acquis la réputation d'un homme sanguin, parfois violent ! Mais de là à porter la main sur l'une de ses consœurs qu'il était de lui même venu quérir... ?
Le coté possessif du blanc le dérangeait et avait tendance à le mettre mal à l'aise. Il ne comprenait pas à quoi cela pouvait rimer. Ils étaient après tout du même Kaerl, qui pourrait songer un instant à tuer son frère d'armes, son voisin ou qui que ce soit d'autres de son entourage ?

Il y avait quelque chose derrière cette attitude. Quelque chose comme de la jalousie. Une jalousie que Laszlo ne comprenait pas d'avantage à vrai dire. Il arrivait bien souvent que des couples de bipèdes et de dragons se forment au sein des Kaerls, c'était quelque chose d'admis et de naturel. Certes les blancs étaient connus pour les liens singuliers et exclusifs qu'ils entretenaient avec leur lié, mais de là à débarquer dès qu'un inconnu s'invitait chez sa Dame... Tout de même !

« Ta liée ne risque rien aux cotés de Gueralt ! Il ne ferait pas de mal à une mouche, il est calme, je le sens. »

Il pouvait le sentir par devers lui, son lié était serein. Était ce la présence de Dymphnéa qui avait réussit ainsi à la canaliser ? Ce n'était pas impossible... Et à cette réflexion les lèvres de Laszlo s'étirèrent en un petit sourire malicieux.
Mais ce n'était pas pour venir tailler le bout de gras avec cette maîtresse qu'il l'avait traîné jusque ici. Une fois de plus c'était lui qui allait devoir se charger de tout, de collecter les informations, de réfléchir sur le problème et d'en trouver la solution. Ce n'était peut être pas plus mal comme ça... L'esprit rationnel de Laszlo était plus apte à résoudre ce genre d'énigme que celui emporté et passionné de l'humain. Ils avaient toujours fonctionner comme ça au final, il était en quelque sorte le père, le tuteur sur lequel l'autre pouvait se reposer.

« Je suis venus ici pour en apprendre d'avantage sur ta fratrie. Mon lié a subit depuis notre empreinte quelques problèmes d'ordre magique, et j'aurais aimé savoir si de tels cas étaient connu parmi ta parenté ou celle de Rakauth. Dymphnea m'a assuré que non. Alors, peut être aurais tu en tant que père une réponse à me fournir ? »
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Sam 9 Aoû 2014 - 13:55 Répondre en citantRevenir en haut

Si elle avait eu un temps à coeur de faire les choses "comme il faut", Dymphnea avait désormais renoncé. En extirpant la bouteille poussiéreuse du fond du placard, elle avait définitivement rompu avec la hiérarchie traditionnelle du Màr, laquelle n'encourageait nullement un maître dragon à en inviter un second qu'il ne connaissait nullement pour lui faire boire de la liqueur dans des tasses à thé.

Elle eut un moment d'hésitation avant de porter la tasse à ses lèvres. Ce n'était pas le fait de boire sans raison sinon la bonne compagnie en plein milieu de l'après-midi, c'était d'accepter tout ce que la bouteille signifiait qui la perturbait. Reconnaître après toutes ses années que son Empreinte avait été un franc succès, bien que pas nécessairement celui que d'autres avaient escompté pour elle. Elle avait tant frémit à l'idée de ne jamais se lier, elle qui était née dans un monde de dragons et de liés, que l'apparition de Sele'nti sur les sables, tendant son esprit vers le sien, avait été plus qu'un soulagement, plus que la concrétisation de son apprentissage appliqué.

Elle balaya tout cela, accepta d'être une Demi-elfe au parcours parsemé d'autant de doutes éphémères que de joies fugaces, d'autant de malédictions amères que de riantes fortunes. Elle vida sa tasse. La liqueur était sucrée, peut-être trop, saisissant l'artifice facile de dissimuler l'alcool sous la douceur des fruits. Gueralt parla alors de lui rendre son invitation. Parfois il lui rappelait les oiseaux dressés des fauconniers, placides dans l'attente, mais prêt à fuser dès lors que la voie était libre. Le chevalier s'emportait alors, comme si la moindre chose aussi futile soit-elle se devait d'accaparer sur l'instant l'entièreté de son attention et de ses émotions. Il affichait alors un visage rayonnant, l'image fugace d'un printemps naissant, que ne démentaient pas ses yeux, animés qu'ils étaient de leur propre fougue.

Dymphnea avait amorcé un mouvement, s'apprêtant à lever une main apaisante, à lui dire qu'il n'était nul besoin pour lui de se sentir redevable, qu'elle lui était gré de sa compagnie... Autant de paroles polies et appliquées, des mots creux qui ne visaient qu'à clore la conversation et congédier sans suite ce visiteur inopiné. La Demi-elfe suspendit son geste, songeant qu'il serait plaisant après tout d'accepter un rayon de soleil, et d'aller boire cette bière d'été dans les appartements du chevalier.

« Ce serait un plaisir. N'hésitez pas à me le faire savoir. Je suis sûre que cela ne tardera guère. Nous pourrions arroser votre nomination. »
s'enthousiasma Dymphnea avant de s'interrompre brusquement.

Guéralt avait-il reçu le même enseignement qu'elle ? N'était-il qu'un insouciant chevalier ou pourrait-il remarquer le fait qu'elle avait la hardiesse de dire "nous" à celui qui était pour elle, une heure en arrière, un parfait inconnu ? Elle se détourna furtivement, au prétexte de reposer sa tasse et s'empressa de brouiller les pistes.

« N'hésitez pas à vous resservir. »

De même que son thé ne l'affectait pas, Dymphnea craignait assez peu l'alcool, sans savoir si cette immunité lui venait de son ascendance demi-sang ou de l'ombre qu'une dragonne non-née avait pu étendre sur ses jours. Ce qui ne changeait rien au fait qu'il était malvenu d'une dame respectable - ce que la Demi-elfe paraissait être plus qu'elle n'était - de servir des rasades d'alcool fort sous son propre toit.

Lorsque Dymphnea osa reporter son attention sur Gueralt, elle fut surprise de croiser son regard, et plus encore de n'en ressentir aucune gêne. Guéralt était d'une compagnie agréable, d'un tempérament vif sans être grossier, et il était plutôt bel homme. La maîtresse blanche ne pouvait pas en dire autant de tous les maîtres qu'elle avait côtoyé lorsque ses devoirs politiques l'obligeaient à seconder Lalwendë. Gueralt n'était peut-être pas aussi jeune que ses manières insouciantes le laissaient soupçonner. Il avait la carrure d'un homme qui s'était forgé à la dure, et la maîtresse blanche aurait parié qu'il n'avait pas grandi dans l'enceinte sécurisée du Màr.

« Je ne mentais pas ! » riposta Dymphnea sur un ton faussement indigné.

Une fois de plus, elle avait détourné les yeux dans l'espoir d'en atténuer l'éclat moqueur et l'ampleur de son mensonge, mais c'était peine perdue.

« Ne dites pas cela, voyons... »

Inutilement, la maîtresse blanche tentait de modérer les propos du chevalier sans tomber dans le ridicule d'un mensonge éhonté, pendant que Gueralt riait aux éclats, en fin de compte assez peu dupe de la manoeuvre. Dymphnea hésitait sur la démarche à suivre. Il ne servait de rien d'assurer au chevalier qu'il sortirait victorieux et grandi de cet épreuve, maître incontesté d'un don magique unique. Elle n'en savait strictement rien. A l'inverse, l'assurer que ce n'était qu'affaire de temps et tempérer son impatience alors qu'elle l'avait assuré de sa réussit prochaine l'instant d'avant, semblait tout aussi vain. Elle en fut perturbée un instant, avant de réaliser que le chevalier l'avait peut-être volontairement poussée dans cet écueil.

« Avant que les dents ne vous tombent et que votre lié ne soit plus qu'un lézard boiteux, peut-être songerez-vous à venir me montrer l'étendue de vos progrès, même inexistants. » riposta la Demi-elfe avec un sourire mutin.

La réplique eut pu être cinglante, mais dans l'esprit qui l'animait, elle était aussi douloureuse qu'un lancer d'oreiller. Malgré elle, elle ne voulait pas parler sérieusement de leur prochaine visite. S'il avait fallu statuer une date sur l'instant, la chose l'eut plongée dans l'embarras. Rentrée depuis peu au Màr, sans aspirant à sa charge, sans autre mission que celle de se laisser vivre et de dissimuler les excursions de son lié vers les terres d'Undomë, Dymphnea eut été prête à le revoir sous peu... bien que rien ne l'autorisa à s'incruster de la sorte dans l'existence d'autrui. Leur future rencontre hypothétique était une notion bien plus confortable.

« Une part de l'Empreinte ne peut s'apprendre, seulement se vivre. S'avancer sur les sables restes au demeurant le meilleur moyen de savoir si l'on est prêt ou non. » récita doctement la maîtresse blanche, avec une intonation qui laissait à penser qu'elle se moquait d'elle-même.

Jadis, Dymphnea s'était présentée sur les sables avec ce sentiment au cœur. L'échec n'en avait été que plus rude, et sa réussite que plus belle.

« C'est ce que j'enseignais à mes aspirants. Mais dans votre cas, je gagerais que Laszlo n'a pas osé vous dire que vous n'étiez pas prêt, alors qu'il devait être grand comme votre main. »

C'était une moquerie futile, s'il s'était lié, c'était qu'il était prêt, aucun dragon n'avait jamais délaissé sa moitié d'âme sur les sables. Mais Dymphnea se sentait troublée par la présence de Gueralt, par son regard inébranlable, par son timbre de voix si puissant et, forte de n'avoir pu faire fléchir l'un ou l'autre, elle y puisait une inépuisable raison de le taquiner. Elle avait assez rougi, assez bredouillé de paroles hésitantes, s'était assez ridiculisée devant un chevalier du Màr bien trop sûr de lui, et elle jugeait désormais que c'était à lui de lui rendre la pareille.

Le Màr lui avait manqué. Elle avait cru qu'elle regrettait ses responsabilités et son rang, le réseau complexe des relations du kaërl, lequel l'avait arraché à ses parents pour la confier à un maître aimant. En fin de compte, elle réalisait qu'elle regrettait toute autre chose, la douce humanité d'un échange en des lieux aimés, plutôt que les discours construits d'une mécanique politique. Elle se moquait aussi du chevalier car sa brusque proximité l'effrayait. Nier d'office la sincérité de Gueralt c'était se protéger, car la maîtresse blanche pouvait être aussi faible que le craignait Sele'nti.

Par le passé, il s'en était trouvé d'autres pour se jouer d'elle. Sans malice le plus souvent, simplement parce qu'il est parfois plus aisé de progresser selon des chemins convenus. Dymphnea Niedryn était la liée d'un dragon blanc, ce qui laissait à penser selon la rumeur populaire, qu'elle et Sele'nti chassaient le même gibier sur leurs terres respectives. Et le dragon n'avait jamais caché son intérêt marqué pour une certaine Argentée.

~°~


Il y avait certains événements dont ni Sele'nti, ni Rakauth n'avaient légué le moindre souvenir à leur progéniture. La nuit au cour de laquelle Sele'nti avait mêlé son vol à celui d'une Incarnate, notamment. Même si le fait qu'Alderyth ait pondu avait certainement atténué ses réticences à esquiver le Blanc, l'Argentée n'eut pas toléré que ses propres enfants naquissent avec le souvenir victorieux d'une rivale. Aussi Laszlo ne pouvait-il comprendre pourquoi Sele'nti se défiait de ses propres pairs. Ne pouvait entrevoir que, étant tous les deux nés au Màr Luimë, ni Sele'nti ni Dymphnea n'avait jamais été libre de s'y attacher, pas plus qu'ils n'étaient libre de s'en détacher.

« Il est des douleurs pires pour les bipèdes que le tranchant d'une lame. » esquiva le dragon blanc.

Sele'nti avait ressassé son échec et les indiscrétions de Rakauth des années durant, mais leur union consommée, rien n'était plus naturel qu'un juste retour à leur relation d'avant, une cordialité mêlée d'épines et de venin. Les bipèdes avaient la fâcheuse manie à considérer qu'une relation pleinement consentie appelait suite et exclusivité, ce qui ne manquait pas à terme, d'avoir des conséquences tragiques.

« Ma fratrie n'avait rien de très remarquable, sinon moi. » railla Sele'nti

C'eut été pure fanfaronnade si les années ne lui avaient pas donné raison.

« Nous autres dragons naissons de peu de mères. Si chaque reine ne pouvait donner au monde que des enfants qui lui semblables à elle ou à son mâle, de telle sorte que ses enfants soient semblables à la manière des bipèdes, les conséquences en seraient dramatiques pour notre espèce. » lui rappela Sele'nti, et son apparence Neishaane lui donnait l'air d'un élève récitant sa leçon à regret.

« Si tu cherches la réponse à ta question parmi tes frères et soeurs, tu te fourvoies. Si tu la cherches chez les miens, tu n'auras pas plus de succès. Si tu interrogeais Rakauth, sûrement aurait-elle à coeur de te citer tel ou tel reine de son illustre ascendance qui aurait vu chez ses précieux enfants un cas semblable, mais cela ne résoudrait pas l'énigme. »

Sele'nti avait gardé peu de contact avec ses frères et soeurs. Tout juste savait-il encore les reconnaître, eux et leurs liés. Aucun ne lui avait laissé de souvenir impérissable mais si l'un d'entre eux avait fait montre d'un talent magique exceptionnel, il n'aurait pas manqué d'en avoir écho.

« Invoque l'âme du Màr autant qu'il te plaira, mais en dépit de la mémoire ancestrale qui t'aiguille, tu es unique, mon enfant. Il te faudra accepter d'avancer par des chemins où nul ne t'a précédé pour t'indiquer la voie. »



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Jeu 11 Sep 2014 - 01:36 Répondre en citantRevenir en haut

Dès que l'offre lui fut faite de se resservir, Gueralt plongea sur la bouteille remplissant tout à la fois sa tasse et celle de sa compagne comme s'il s'apprêtait à porter un nouveau toast. Il n'en fut rien, il se contenta un instant de plonger ses yeux au fond du liquide ambré. En temps normal il aurait une nouvelle fois vidé sa tasse d'une traite sans se préoccuper du quand dira-t-on, mais étrangement la présence de Dymphnea semblait l'en empêcher. Il connaissait de lui même les méfaits que l'alcool pouvait avoir sur lui, après tout cela lui avait valu de changer les meubles de ses appartements à plusieurs reprises, ainsi qu'une sale réputation de bagarreur du temps où il était encore l'aspirant de Jilian.

Maintenant que penserait elle de lui, cette maîtresse blanche, en le voyant s'enfiler une nouvelle rasade d'alcool en pleine après midi. Avec les hommes, et certaines femmes telles que Jilian ou encore Lynael, les choses étaient différentes. Elles étaient portés sur le combat, et rivalisaient avec lui tant aux armes qu'aux jeux de taverne... Mais en présence de Dames plus sophistiquées, Gueralt avait tendance à perdre une partie de son naturel festif de joyeux luron. Le même effet se produisait lorsqu'il était aussi bien en présence de la vielle Nealyan que de la maitresse Aleiya. Par devers lui il se fit aussi la remarque qu'il ne se serait pas permis un tel comportement non plus en compagnie de cette vieille carne de Folken, allez savoir pourquoi...

Jouant d'une main avec le liquide qu'il ne cessait de faire tournoyer dans sa tasse, il semblait vouloir gagner du temps face à Dymphnea, attendant qu'elle boive à son tour avant d'oser porter la boisson à ses lèvres. Toutefois il devait bien admettre qu'il y avait autre chose aussi... En l'écoutant parler il ne pouvait faire autrement que d'éprouver un certain mélange à la fois d'admiration pour la sagesse et la délicate retenue de ses propos, tout en ayant l'irrépréhensible envie de s'en moquer gentiment comme pour inciter la maîtresse blanche à se sortir de ces carcans qu'elle semblait s'imposer à elle même. Pourtant il savait que derrière cette politesse et ce sourire aimable se cachait des taquineries d'adolescente qu'un esprit aussi peu subtile que le siens arrivait encore à déchiffrer !

« Croyez vous vraiment que ce soit la taille de Laszlo qui aurait put l'empêcher de me rabrouer ? Il se comportait déjà comme un vieux frère avec moi alors que nous venions tout juste de passer notre empreinte ! Ce dragon est un puits de sagesse, et il adore en faire étale ! Il est probablement né vieux si vous voulez mon avis ! »


Gueralt partie d'un petit rire à cette pensée ! Les rapports qu'il entretenait avec son lié était pour le moins singuliers en effet : Père et fils, élève et mentor, aîné et cadet, voilà bien des façons dont leur relation pouvait être interprété, et il y avait en cela autant de vrai que de faux ! Ils étaient au final tout cela à la fois, sachant habilement se compléter l'un l'autre, formant tout les deux une dynamique positive qui s'était montré jusqu'à ce jour sans faille.

Se penchant un peu plus vers son interlocutrice, Gueralt semblait vouloir se faire plus discret. Son regard recherchait celui de la demi sang alors qu'il s'était à présent presque complètement levé de sa chaise comme pour mieux se rapprocher d'elle.

« Progrès ou pas, je vous dois une bière en tout les cas ! »


Se redressant pour prendre une attitude fière et grotesquement noble qui lui sciait fort mal, il se mit à fixer le mur qui lui faisait face avec un air de dédain parfaitement ridicule. Portant sa main à sa poitrine à la manière d'une jeune jouvencelle, il prit tout entier l'attitude de l'une de ces vieilles maîtresses que l'on pouvait croiser par hasard dans les couloirs du Kaerl céleste et dont il aimait tant se moquer, jusque dans son ton, traînant et ampoulé qu'il venait de leur emprunter !

« Voyez vous maîtresse Niedryn, ma personne ne saurait tolérer que vous ayez put m'inviter sans que cette invitation ne vous soit rendu ! Cette attitude manquerait à toutes les règles de la bienséance ! Alors ainsi nous nous voyons forcé de nous retrouver une autre après midi pour déguster quelque alcool fort délicieux dans les tasses les plus raffinées que je possède ! »


Se figeant dans cette attitude faussement précieuse le temps de quelques secondes supplémentaires, et il repartit d'un grand rire, fier de sa petite mise en scène qui ,l'espérait il, réussirait à arracher un autre sourire à la maîtresse blanche tout en lui permettant de lui faire comprendre qu'il avait bien l'intention de la revoir en d'autres circonstances autrement plus détendues...

Encore fallait il trouver un restant de protocole dans le spectacle que donnait ce chevalier turbulent et cette seconde déchue en train d'échanger des banalités et de boire paisiblement en plein milieux de l'après midi !

Pourquoi chercher à la revoir s' interrogea-t-il une nouvelle fois par devers lui ? Il n'aurait sut donner de réponse dans l'immédiat, peut être était ce simplement sa sympathie naturelle qui le poussait à aller vers les autres, vers ceux qu'il considérait comme faisant partie intégrante de cette vaste famille qu'était ses confrères engloutis
Ou peut être était ce simplement la taquinerie à peine dissimulé de cette maîtresse aux doux accents. Sa douceur sans brusquerie qu'il avait un temps prit pour de la fragilité mais qui n'était en fait qu'un calme fort différent de sa propre violence. Au final ce n'était qu'un petit bout de femme, qui savait lui tenir tête sans l’offenser, et sans se sentir offenser, et c'était sûrement ce qu'il appréciait le plus.


***


Laszlo passa une main fripé sur son visage humain vieillit et fatigué. Alors ainsi il faisait fausse route depuis le début ? Il avait pourtant été sûr de trouver tout au moins un semblant de piste en venant consulter Sele'nti. Mais visiblement celui ci n'avait rien d'autre à lui offrir que ces dénégations. Enfin cela avait au moins l'avantage de supprimer une piste. A présent il pouvait être presque sûr que la magie qui était apparut chez Gueralt n'était pas lié directement à lui.

Plongé dans ses réflexions, le brun ne sembla même pas remarquer le ton raillant de son père. Il savait qu'il avait raison, pourquoi le nier ? Il était venu en quête de réponse et les avait gagné même si celles ci ne correspondaient pas à ses attentes. Maintenant il allait être temps pour lui et son lié de continuer leur quête de réponse... et peut être même sele'nti aurait il une idée de la direction dans laquelle ils pouvaient commencer leur recherches ?

Laszlo se serait sûrement tourné directement vers lui si il n'y avait eut les désagréments de cette forme humaine qu'il n'arrivait pas encore à maintenir très longtemps. Commençant à se fatiguer et à se sentir à l'étroit, reprendre sa véritable forme commençait tout bonnement à le démanger, et sans attendre une permission, le dragon rejoignit le balcon dont la vue embrassait l'ensemble du Kaerl.
Avec soulagement, il sentit son corps se détendre et reprendre ses proportions initiales. Étendant ses larges ailes sur l'horizon, le saurien émit un soupire de soulagement avant de trouver une position à la stabilité moins précaire pour reprendre sa discussion.

Son regard d'un bleu lumineux ne pouvait laisser planer aucun doute quant au calme qui l'habitait malgré le désappointement qu'il venait de subir. Paresseusement, le dragon s'agrippa au dessus du vide, recroquevillant ses ailes sous lui et posant sa tête sur le rebord pour avoir le Neishaan en vue.

* Tu as réussis à me donner plus de réponses que je n'en attendais. Si ce que tu me dis là est vrai, alors je n'ai plus d'autres raisons de continuer à chercher dans cette direction. Mais dis moi plutôt... Tu as dut voir bien des fils et des filles du Kaerl se lier et cela bien avant moi. Jamais un cas similaire à celui de mon lié n'a retenue ton attention ? *


Laszlo n'avait nullement la sensation d'abuser du temps du blanc. Comme à son habitude lorsqu'il se retrouvait devant un problème à élucider, il prenait le temps de se renseigner et de soumettre chaque solution possible une à une à son sens logique. Son père devait en savoir sûrement bien plus que lui en la matière, et il voyait en sa personne un moyen aussi bon qu'un autre pour parvenir à ses fins.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Sam 20 Sep 2014 - 14:09 Répondre en citantRevenir en haut

Dymphnea ne pouvait connaître la réputation et le passé du chevalier. Elle avait passé trop de temps sur Undomë pour être au fait de telles choses, et l'eut-elle été qu'elle eut balayé les rumeurs d'un revers de main. Elle n'était pas femme à juger autrui sur des m'a-t-on dit, et le fait que le chevalier accepta de se resservir lui semblait le plus naturel du monde.

La Demi-elfe buvait plus de thé que de liqueur, mais elle eut rougi de fermer ses placards à un invité, même fortuit. Il semblait toutefois assez embarrassé – Dymphnea n'avait pas connaissance de contrées où il eut put être nécessaire ou normal d'agiter l'alcool avant de le boire – et la Demi-elfe en vint à se mordre la lèvre. Peut-être avait-il accepté par pure politesse et attendait-il désespérément qu'elle lui donna congé ? Le chevalier lui avait paru des plus respectables, mais quel chevalier du Màr n'aurait pas agi de la sorte en présence d'un maître dragon dont il avait forcé l'hospitalité ?

De par sa singularité d'humeur, Dymphnea avait l'impression d'évoluer toujours au bord d'un précipice. Si Laszlo était né vieux, suggérait la sagesse des Elfes, c'était qu'ainsi était le lot des dragons de par leur mémoire atavique.

« Peut-être était-il obligé de naître vieux, pour qu'à vous deux vous puissiez affleurer une moyenne acceptable. »
répondit la maîtresse blanche avec un sourire mutin, tant elle avait peine à croire au spectacle même fictif d'un Gueralt grondé par son dragonneau de lié. Cela lui semblait aussi peu crédible que les reproches éhontés dont Sele'nti accablait les aspirants qui lui déplaisaient.
Dymphnea s'éloignait des sentiers battus, des dogmes évidents du Màr qu'elle avait plus adoptés qu'on lui avait inculqués, ayant grandi entre ses murs de marbre blanc veiné de bleu.

S'en suivi une déclaration solennelle au cours de laquelle le chevalier Guéralt s'engagea à lui rendre son invitation. Lorsqu'elle était devenue Seconde du Màr Luimë, la maîtresse blanche avait appris malgré elle à renoncer à ses taquineries et à muer un éclat de rire franc en un sourire crispé. Elle ne fit aucun usage de ce talent si chèrement acquis et pouffa devant les manières ampoulées du chevalier.
Dymphnea secoua la tête, faussement offensée par cet étalage de pédanterie ridicule.
« Je ne sais pas si je puis. Comprenez-vous, j'ai appris à ne pas accepter de boire des bières en compagnie d'un inconnu. » protesta-t-elle avec une intonation candide.

Portant les mains à son visage pour accentuer son faux désarroi, Dymphnea leva vers Guéralt un regard plein d'espoir, papillonnant des cils comme une sotte ingénue.
« Mais vu que vous êtes un chevalier, il doit y avoir une exception ? »

Elle se hâta de dissimuler son sourire grandissant dans son verre de liqueur, peu désireuse d'admettre qu'elle était à ce jeu-là moins bonne actrice que l'humain. Ce n'était pas de sa faute, songeait-elle intérieurement, elle avait bien trop sérieusement côtoyer les minauderies que singeait le chevalier.

Elle s'était plongé avec trop d'intensité dans sa tasse, et la chaleur de l'alcool ne tarda pas à se faire sentir dans le fond de sa gorge. Que dirait-on d'elle, si on la trouvait en train de boire sans raison particulière au beau milieu de l'après-midi en compagnie d'un chevalier ? La vérité était criante : elle n'en avait cure. Dymphnea avait beau se rire des racontars, elle en avait fait l'objet plus souvent qu'à son tour pour des raisons futiles ou par le jeu d'ombres grandissantes.

Elle était flattée que le chevalier accepte de la revoir – l'exige presque ! - alors qu'elle s'avouait sans fard ne lui avoir pas été de la moindre utilité. Il était plutôt bel homme... C'était un jeune chevalier. Il avait le monte à ses pieds, des destinations exotiques à portée d'ailes, et il aspirait à boire des bières en sa compagnie... Certaines hypothèses lui faisaient tourner la tête. Dymphnea avait connu d'autres hommes, des amants d'une nuit et des complicités plus longues, mais elle avait l'impression d'être toujours la même jeune fille timide hésitant avant de frapper à une porte. Ce n'était qu'une invitation sans arrière-pensée, se répétait-elle. Il ne s'intéressait pas à elle. Il était venu lui poser une question précise, il n'avait pas débarqué au prétexte de lui emprunter un sac de farine.

Si elle devait le revoir... Lorsqu'elle le reverrait... Peut-être aurait-elle convaincu sa mule de lié d'accepter d'aider le chevalier dans la maîtrise de sa magie indisciplinée ? Rien n'était moins certain, la maîtresse blanche n'aurait su dire qui, du dragon blanc ou de la lumière de Guéralt, serait le pis à dompter.

~°~


Sele'nti ne rendit pas la politesse de sa véritable apparence à son fils. Il le suivit d'un regard amusé, vint appuyer ses coudes sur le rebord du balcon. Il n'avait que faire de la piètre menace qu'il représentait sous apparence bipède pour la simple raison qu'il n'était pas plus redoutable en tant que dragon confronté à ses pairs. Il était intrigué et amusé à la fois de retrouver en Laszlo un tempérament qui ne lui venait ni de lui, ni de Rakauth, mais probablement de quelque ancêtre oublié.

La paix et l'indifférence qui habitaient le Brun ne ressemblaient ni aux froides colères de sa susceptible génitrice, ni aux railleries insolentes de son imbuvable père. Les moqueries ne l'affectaient pas.

« Il arrive que le lien découple la magie de certains chevaliers, mais ces talents ne dépendent pas de l'ascendance des dragons. » répondit le dragon blanc de mauvaise grâce.

La vérité, c'était que Sele'nti était suffisamment curieux et fouineur pour avoir eu connaissance d'autres cas semblable mais qu'il était toujours réticent à évoquer la singularité de l'Empreinte. Les sables lui susurraient de se laisser mourir. Sele'nti n'avait jamais pu considérer la magie de l'Empreinte sans en ressentir une brûlante jalousie.

Il avait le sentiment que Flarmya les avait tolérés, l'avait laissé trouver Dymphnea pour les marquer du sceau de leur malheur réciproque. Guéralt avait trouvé sa moitié d'âme en la présence de Laszlo, peut-être Flarmya les avait-elle pardonnés. Il était son fils, il ne pouvait pas se jouer de lui.

Sele'nti eut un geste las. Son regard se fit plus indéchiffrable qu'à l'accoutumée, troquant assurance narquoise au profit d'une curieuse concession.
« Son talent ne dépend ni de toi, ni de moi, mais du lien qui vous unit. Ton lié est fier, et dans ce fol égoïsme, il ne peut trouver l'essence de sa magie. »

Sele'nti avait envers Laszlo les mêmes obligations que celles qui l'obligeaient à veiller sur les oeufs oubliés d'Alderyth en Undomë.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Dim 5 Oct 2014 - 17:24 Répondre en citantRevenir en haut

Les yeux d'un bleu brillant de Laszlo se posèrent sur son père qui était venu à ses cotés. Écoutant le moindre de ses propos avec attention, il laissa son esprit tout entier s'imprégner des informations qu'il lui était donné. Si c'était l'égoïsme qui bridait ainsi les pouvoirs de son lié, ce dernier devait peut être trouver une raison valable, un catalyseur pour pouvoir les utiliser correctement. Et quel meilleur raison pour utiliser sa magie que de vouloir défendre son Màr... ? Cet option pouvait aussi bien être fausse que bonne, il l'ignorait encore, et la meilleure chose à faire était encore d'essayer.

*Je crois comprendre ce que tu dis... Depuis la bataille qui a ébranlé notre Màr, Gueralt s'est enfin rendu compte que celui ci formait sa véritable maison. Sa vie n'a toujours était faite que de services et de devoirs, en dehors de quoi il ignore tout de ce que la vie peut apporter. Je respecte ses choix et ses décisions car elles sont aussi dans mon esprit, mais que lui reste-t-il à présent ? Notre Dame a disparu et le Kaerl tente tant bien que mal de se relever de cette épreuve. C'est une chose qui ne demande rien d'autres que du temps et de la patience, et sur ce dernier point, mon lié ne fait pas figure d'exemple. Il dépense ses journées entre la chasse et la boisson, il refuse de se confronter à la réalité car il a crut perdre sa famille une nouvelle fois lors de cette attaque...
Si il cherche à retrouver la maîtrise de son pouvoir, ce n'est que par simple orgueil tu as raison. Il ne cherche qu'à éprouver sa propre valeur, car il pense avoir faillit dans son devoir. Reste à trouver quel but ou quels actions pourraient l'aider à revenir sur sa voix à présent...*


Étirant à nouveau ses ailes sur l'horizon azur de l'océan, il continua aussi paisiblement qu'il avait commencé :

*Je crois que je te devrais beaucoup Sele'nti. Ton aide est précieuse. Je méditerai sur tes propos et chercherai cette solution. Si l'idée te venait de m'aider dans cette quête j'accepterai ton aide avec beaucoup de plaisir.*


Il n'y avait ni supplique, ni pique ironique dans ces derniers propos. Laszlo avait simplement tendance à penser que toute aide était bonne à prendre, se préoccupant rarement des questions de fierté et d’orgueil qui empêchaient bien des bipèdes d'en faire de même. Pour lui le chemin de la connaissance, était une quête suffisamment importante pour ne pas laisser des sentiments aussi déplacés la freiner.

*Gueralt... ? J'espère ne pas trop te déranger alors que tu sembles te trouver en si bonne compagnie ? Que dirais tu de sortir de ta cuisine à présent ? Je pense avoir trouvé une partie de la réponse...*


***


Tout à son aise en compagnie de Dymphnea, Gueralt en avait presque oublié son dragon et les raisons premières qui l'avaient poussés à venir jusqu'ici. Comme tout cela lui semblait bien loin et bien stupide de s’énerver aussi violemment pour un simple problème de lumière à présent. Il avait passé les premières années de sa vie sans ce pouvoir, il pouvait bien encore s'en passer à présent, cela ne l'empêchait ni de vivre, ni de se battre, ni de discuter en si charmante compagnie.

« Que vois je ? Serait ce un sourire que vous décroche la perspective de me revoir ? »

Prenant le verre que la semi-elfe tenait dans la main, il l'obligea avec une douceur qu'il était difficile d'imaginer pour un homme de sa stature, à reposer le verre sur la table pour qu'il puisse contempler son visage comme il l'entendait. A nouveau un sourire enfantin se découvrit sur ses traits.

« Une exception dites vous ? Il y en a bien une je l'avoue, mais elle n'est pas dut à mon statut de chevalier je le crains ! Qui en ce Màr ne vous blâmerez pas alors que vous avez la chance... La chance... Que dis je ?! L'honneur ! De vous faire inviter de la sorte par un homme tel que celui qui se tient ainsi fasse à vous ? »


Cette fierté déplacé et cet aplomb était proprement ridicule, il le savait bien, mais il ne pouvait s'empêcher de dissimuler ses sentiments humains derrière un écran de flagorneries tapageuses ou de pitreries grotesques ! Beaucoup voyaient ainsi en lui un homme trop sur, un absurde fanfaron alors que lui se moquait bien de ce qu'il pouvait être au final, et allait ainsi, sans se soucier des qu'en dira-t-on de la populace.

Mais il n'eut pas le loisir de poursuivre d'avantage que déjà la voix feutré de Laszlo, lui rappelant le frottement de la plume contre le parchemin, s'insinua dans son esprit. Il avait oublié jusqu'à sa présence ici, et ce brusque retour à la réalité qui s'était ainsi suspendu un instant, en la compagnie de cette dame et de ce verre de liqueur s'estompa brutalement.

Il pressa doucement sa main qu'il tenait encore dans la sienne, et se pencha en avant comme pour y porter les lèvres, en une parodie de baise main nobliaux, avant de se redresser de toute sa hauteur face à la maîtresse blanche, qui soudain lui paraissait bien frêle à coté de lui.

« Je crois que nous sommes demandés à coté d'ici ma Dame. 'Semblerait que votre lié est eut quelques informations à offrir à son fils. J'avais finis par oublier la raison de ma venue ici voyez vous. Cette liqueur là doit être drôlement efficace. »


Et sur un dernier éclat de rire, Gueralt lui tendit la main comme pour l'inviter à rejoindre son propre salon, sans même avoir prit le temps de répondre à Laszlo. Quel réponse celui ci avait à lui fournir ? Bah ! Une chose encore alambiqué et étrange sans doute, comme tout ce que pouvait lui dire le brun. Il avait finit par en prendre l'habitude.

Pénétrant dans le salon à la suite de Dymhnéa, il s'arrêta un instant, surpris de ne pas trouver son lié sous forme humaine avant de constater que celui ci se trouvait sur le balcon, agrippé tant bien que mal pour se maintenir à la hauteur d'un être tout de blanc, évoquant un Neishaan... Sele'nti sans doute. Si ils s'étaient déplacés jusqu'ici c'était pour rencontrer ce dragon se souvenait il. Si il avait bien finit par trouver une partie de cette réponse, c'était qu'une fois de plus Laszlo avait vu juste en venant frapper à cette porte. Gueralt s'en trouvait partagé entre l'agacement et la fierté.

« Sele'nti je suppose... ? Je ne me présente pas, Laszlo a déjà dut vous dire qui j'étais. Je suis heureux de pouvoir rencontrer le père de mon lié, et votre lié. »
ajouta-t-il à l'attention de Sele'nti et de Dymphnea.

Il n’interrogea pas Laszlo de suite, craignant qu'en obtenant de vive voix sa réponse, il n'ai plus d'excuses pour prolonger de quelques minutes encore ce moment partagé avec Dymphnea. La compagnie de la demi elfe lui était agréable, et en vérité il craignait à présent que sortie de cette cuisine, celle ci le trouve bien fade, ou trop stupide pour une personne aussi distinguée qu'elle. A présent il revenait au monde réel et rien ne lui assurait qu'elle accepte de venir partager un soir peut être, une bière en sa compagnie. Au moins avait il eut le plaisir de la rencontrer. C'était toujours ça...
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Ven 7 Nov 2014 - 13:51 Répondre en citantRevenir en haut

La multiplicité des possibles. Sele'nti l'avait effleuré jadis, lorsqu'il avait malgré lui pris la relève d'Alderyth auprès de la couvée orpheline. Et peut-être auprès de la couvée qui avait vu naître Laszlo, dans les rares moments où Rakauth tolérait qu'il la remplace, lorsqu'elle avait les articulations douloureuses d'être restée trop longtemps au sol. C'eut été mentir que de reconnaître que de dire que Sele'nti ne se reconnaissait aucunement en Laszlo et que celui-ci lui était pleinement étranger. Le dragon blanc avait aussi connu cette soif intarissable de savoir, sauf que chez lui, elle allait rarement sans une arrogance princière, sans une suffisance éhontée, sans un soupçon d'orgueil provocateur.

Les motivations du Brun était plus pures et plus limpides, mais le Blanc n'avait pas l'âme à en rire, plutôt à tirer quelque fierté d'avoir si ambitieuse progéniture.

Services et devoirs
... Sele'nti esquissa un sourire narquois, incapable de savoir si Laszlo se trompait sciemment sur son lié débonnaire, ou s'il était véritablement à même de croire sa moitié d'âme dotée d'aussi nobles lignes de vie que les siennes. Le dragon blanc préférait s'en rire, d'autant qu'il pouvait reprocher beaucoup de choses au chevalier - notamment de traîner un peu trop près d'une certaine demi-elfe et de lui adresser des propos qu'on eut pu juger galants - il préférait savoir l'un de ses enfants liés à un bipède qui n'ait pas froid aux yeux, et d'autres choses dans la cervelle que les principes d'autrui.

° Prends garde à ne pas souhaiter de périlleux avenirs. °
l'avertit Sele'nti.

A bien réfléchir aux situations qui pouvaient réveiller la magie de Gueralt, la plupart étaient de sombres augures. Il feignit de ne pas entendre la reconnaissance exprimée par le Brun. Sele'nti était plus fier qu'il était aigri, et il se plaisait à laisser croire qu'il était d'âme bien plus sombre que la teinte immaculée de ses écailles.

° Nos chemins se recroiseront, je n'en doute pas. ° répondit Sele'nti, laconique, trop égal à lui-même pour reconnaître trouver plaisir en quelque reconnaissance, lui qui prétendait ne se construire que par ses propres actes, en marge du monde qui l'avait vu naître et doté d'un lien d'empreinte et d'aspirations plus étranges qu'il n'était coutume.

Si elle avait perçu une once de cet échange, Dymphnea n'aurait pas manqué de le taquiner, mais la Demi-elfe était bien trop occupée pour s'intéresser aux humeurs faussement maussades d'un certain dragon blanc.

~°~


Gueralt avait décelé sur le visage de Dymphnea les prémices d'un sourire, et ce fut bien plus qu'assez pour le faire s'épanouir pleinement et faire rougir la maîtresse blanche. Elle se détourna honteusement, comme si une manoeuvre aussi futile pouvais suffire à effacer le sourire qui lui dévorait les lèvres. Elle serait heureuse de le revoir. Ce n'était que l'enthousiasme naturel de quiconque se voit promettre une compagnie appréciable après de trop longs mois d'ermitage. Du moins aurait-elle pu s'en convaincre si sa nature elfique ne lui avait pas permis de ne jamais se languir de la société des bipèdes.

Lorsque le chevalier reprit la parole, elle s'obligea à croiser son regard. En d'autres circonstances, elle s'en serait mordue la lèvre. Il était hors de question qu'il put se laisser à penser qu'elle était le genre de femme à se laisser tourner la tête par le premier homme venu.

° Non, seulement par le premier homme dangereux venu. °
nuança Sele'nti et son intervention manqua de peu de la faire sursauter tant elle avait écarté le dragon blanc de ses préoccupations de l'instant.

° Gueralt n'est pas dangereux. °
riposta-t-elle avec ferveur, sans s'empêcher de s'interroger sur le nombre de conquêtes éplorées d'un soir qu'un individu avenant doté d'un franc-parler avait pu semer derrière lui.

« Je crois comprendre... »
répondit Dymphnea, nébuleuse et faussement grave, comme si Gueralt venait de lui révéler le pourquoi du comment des fondements de l'univers.

« Une occasion si unique ne pourrait décemment se refuser. D'autant que l'alcool pourrait se perdre si l'on s'abstenait de le boire. »
ajouta la Demi-elfe sur un ton moqueur, comme si elle eut pu répondre à l'invitation que par pure sollicitude.

Voilà bien longtemps qu'elle n'espérait plus satisfaire aux exigences et répondre aux espoirs placées en elle. A maintes reprises, Dymphnea avait eu l'occasion de faire ses preuves et à maintes reprises, elle avait, à défaut d'échouer réellement, failli à s'illustrer d'honorable manière. Peut-être avait-elle placé la barre trop haut. Peut-être s'était-elle refusé à l'éventualité d'une existence simple et sincère ?

Et tandis que Guéralt exécutait un alambiqué baise-main qui lui arracha un rire, elle se demanda par quelle folie elle avait un jour conçu de fréquenter et de recevoir des gens par pure motivation politique et non pour le plaisir de leur délectable compagnie.

L'évocation de Sele'nti fit à Dymphnea l'effet d'un sortilège rompu. Elle craignait quelque malice de la part du dragon blanc. Connaissant les mensonges dissimulés qu'il servait à ses aspirants, seul Flarmya pouvait connaître la teneur pernicieuse que Sele'nti avait adressé à son fils... Mais étant son fils, Laszlo devait savoir ce qu'était son père ?

La Demi-elfe se laissa entraîner par Gueralt autant que par son rire, et tâcha de dissimuler l'effroi qu'elle ressentait. Lorsqu'elle croisa le regard de son lié, elle ne peut s'empêcher de trouver un air coupable à ces yeux insondables qu'elle ne connaissait que trop bien.

° Tu n'as pas trouvé meilleure idée pour nous déranger ? °


° C'est toi qui voulait que je l'aide. °
se défendit Sele'nti, imperturbable.

« Votre lié n'aura pas manqué de vous dire que je suis. »
répondit simplement Sele'nti, aussi peu amène que de coutume lorsqu'il était confronté à quiconque dont l'attitude laissait à penser qu'il pouvait être d'une compagnie préférable à la sienne aux côtés de sa dame.

Dymphnea détourna le regard de Sele'nti, agacée par le manque de courtoisie de sa moitié d'âme, inquiète que Guéralt put en conclure quoi que ce fut de contraire à la sympathie qu'il lui inspirait. C'est alors qu'elle remarqua le dragon brun sur son balcon. Comparé à Sele'nti, c'était une créature immense qui avait su conjuguer avec grâce les traits racés de son père et la carrure puissante de son argentée de mère.

Il émanait du Brun une sorte de tranquillité réfléchie, un soupçon de la patience des pierres à l'aune des siècles, et un écho de cette sérénité insouciante qu'elle avait ressenti l'instant d'avant, à deviser de rien autour d'un verre de liqueur en charmante compagnie.

« Nous pourrons discuter de vos progrès autour d'une bière. »


° Ou de vos échecs. °
n'osa-t-elle pas ajouter.

En son fort intérieur, elle ne savait que souhaiter. S'il échouait à dompter sa magie, Guéralt leur en tiendrait-il rigueur ? Et s'il réussissait, reviendrait-il seulement lui compter ses exploits ? Et quand bien même aurait-il besoin d'aide, ce serait vers Sele'nti qu'il lui faudrait se tourner, non vers elle. Elle ne pouvait qu'espérer que son invitation tiendrait et qu'il ne s'agissait pas seulement de paroles en l'air.



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