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 [RP] L'apanage des femmes Sujet suivant
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Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Dim 3 Aoû 2014 - 23:12 Répondre en citantRevenir en haut

Après les histoires de Dradra, date à fixer avec Mave, quand l'interstice remarche, tout ça, tout ça...


Annah tournoyait dans ses appartements comme un fauve en cage. Elle n'avait jamais été femme à hurler ou à briser la vaisselle, bien que l'existence ne lui ait pas fait uniquement que des cadeaux. Elle était néanmoins furieuse, assez pour exprimer sa colère à haute voix - jugeant que la portée du lien télépathique qui la liait à Veovis n'y suffisait pas - et assez pour que ses iris d'un gris terne s'enflamme de braises incandescentes.

« Qu'importe que je règne seule ! Je suis l'héritière Innd'velyn ! Ils n'auraient pas osé se comporter de la sorte avec mon père, eut-il dut livrer bataille à l'autre bout du Rhaëg. Le dernier a qui j'ai laissé l'intendance a mené mon manoir à la ruine. Je n'ai pas besoin de conseillers obséquieux, d'intendant indélicat, de seigneurs tourne-casaques ou que sais-je encore. »

D'un oeil flamboyant - car Veovis était trop rarement d'humeur placide pour que les va-et-vient incessants de sa liée ne la mette pas sur le qui-vive, l'Incarnate assistait à cet irritant manège, bien prête à en démordre si sa liée dans sa furie se prenait la folle idée de rappeler que c'était en fin de compte la dragonne qui avait incendié son si précieux manoir.

° Réponds leur que tu n'as que faire de leurs suggestions. Ou que ta liée serait fort aise de venir les aider à régler leurs dissidences internes. °
proposa la dragonne avec un sourire carnassier.

« Ils utilisent mon absence pour me provoquer. S'imaginent que de guerre lasse je vais leur lâcher la bride, et libérer les chiens mal éduqués qu'ils sont. Je n'ai pas repris possession de mes terres pour les brader au premier venu. »

La Fëalocë avait stoppé sa danse aliénante pour s'asseoir à son petit bureau. D'une plume élégante, elle avait esquissé les prémices de sa réponse. L'Interstice étant bloqué, il était difficile de prédire quand cette lettre arriverait à bon port, mais cela laisserait un temps précieux pour permettre à la maîtresse incarnate de s'organiser au mieux. Si l'interstice se rouvrait, il serait toujours temps de régler cette affaire le moment venu.

« Soit. Je nommerai un chancelier. Mais celui-ci sera une femme et choisie selon ma fantaisie. »

° Ne t'imagine pas, Fëalocë, que je me mêlerai de tes jeux enfantins. °


L'avertissement avait fusé d'une dragonne assoupi, les yeux cos, lové dans la corniche extérieure que comptait le Màr de sa liée. Annah ne répondit pas mais se le tint pour dit. Le sujet n'avait pas besoin d'être creusé davantage, Veovis n'avait jamais pris apparence humaine et Annah redoutait plus que tout au monde de formuler trop fort la pensée que peut-être sa liée n'en était pas capable.

~°~


° JE NE SUIS PAS UN OGRE QUE L'ON TROMPE AVEC DES RUSES DE MATOU, FEALOCE. °


« Je n'ai rien dit de pareil, ma reine. » répondit Annah avec cérémonie.

Plongée dans un calme troublant, Annah avait, absorbée qu'elle était dans ses réflexions, des allures de marionnette oubliée dans un décor de maison de poupée. D'or et d'écarlate, les coussins, les velours, les soieries, les meubles en bois rares, tout cela s'accordait avec la mise savamment agencée de la maîtresse des lieux. Vêtue d'une robe qui eut pu faire envie à une princesse - pour peu qu'elle ait quelque goût pour les excès de mousseline rouge et les rubans dorés, la Fëalocë avait de guerre lasse laissée choir ses boucles cuivrées sur ses épaules, comme en partance pour un bal ou une soirée à laquelle elle aurait renoncé à la dernière minute.

De mauvaise grâce, Veovis avait accepté d'envisager l'idée selon laquelle, elle se plierait hypothétiquement à la suggestion de sa liée selon laquelle, il lui faudrait potentiellement la ramener sur l'instant en Orën pour qu'elle accomplit des mondanités d'un ennui pesant en un jour anniversaire de sa montée au pouvoir. Ce qui signifiait que l'Incarnate n'avait pas mangé. Ce qui signifiait que, plus les minutes passaient, plus son irritation grandissait, et plus il y avait de chance qu'elle se décida à manger quelque chose ou quelqu'un.

° Dépêche-toi. Partons. Rentrons. °

« J'ignorais que ma reine était un estomac sur pattes. »

Aussi irascible que put être Veovis, elle n'était pas assez stupide pour accorder à sa liée cette victoire trop facile. L'Incarnate feignit de n'avoir rien entendu.

° Les couloirs regorgent d'aspirants prêts à rendre service à un maître dragon dans le besoin. Alauwyr en personne t'avait encouragé à raffermir les liens qui utilisent le Màr Taralöm aux seigneuries d'Orën. °


« Il était bien aise de m'éloigner de lui. »


° Nous parlons d'ASPIRANTS, fëalocë. Que veux-tu qu'ils en sachent ? °


D'un mouvement de patte agacé, la dragonne avait littéralement défoncé la porte extérieur qui séparait le petit salon d'Annah de la corniche où elle se perchait. Manoeuvre habituelle - Annah avait renoncé à réparer le loquet au bout du cinquième - qui permettait à la dragonne de poser la tête sur le tapis somptueux qui drapait le sol et de fixer sur sa liée un regard fulminant qu'Annah connaissait trop bien. N'ayant ni l'intention de repenser son ameublement intérieur, ni celle de renoncer à ses prétentions sur Orën, la Fëalocë se résigna à la solution la plus prudente et la plus déraisonnable : suivre l'opinion de Veovis, ce dont l'Incarnate ne manquerait pas de se glorifier, ce qui permettrait à Annah de jouir d'une demi-heure de quasi-tranquillité avant que sa liée n'explosa de nouveau.

Elle ouvrit donc la porte de son Weyr à la volée, remonta le couloir d'un pas pressé pour prendre la direction du dortoir des aspirants, et interpeler la première aspirante à sa portée. (Veovis ne l'avait pas précisé mais il allait de soi que la Fëalocë n'allait pas asseoir son pouvoir sur Orën en s'encombrant d'un mâle.)

« Vous. Suivez-moi. Ou vous répondrez de vos actions devant votre maître. »
déclara Annah d'une voix autoritaire.

Annah n'avait officiellement aucun droit d'ingérence vis-à-vis des aspirants des autres maîtres dragons, fut-elle à la tête du clan des Introvertis et maîtresse incarnate. Mais parce qu'elle était à la tête du clan des Introvertis et maîtresse incarnate - liée de Veovis - personne ne se bousculerait au portillon pour être le premier à lui rappeler qu'elle outrepassait ses droits.





Dernière édition par Annah Innd'velyn le Lun 10 Nov 2014 - 15:34; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 3 Aoû 2014 - 23:12 Revenir en haut

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Mave Arkias
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 00:46 Répondre en citantRevenir en haut

Mave était calmement allongée sur son lit, méditant comme souvent depuis son retour. Elle avait dû échanger quelques coups avec des aspirants s'étant cru tout permis mais aujourd'hui tout était rentré dans l'ordre. Elle poursuivait son enseignement avec Yuma, avait récupéré sa place dans les dortoirs et ceux qu'elle ne voulait pas revoir restaient loin d'elle. Tout allait bien, non ? Un soupire secoua sa poitrine tandis qu'elle cachait ses yeux de son avant bras. C'était trop calme. La Torhille était femme d'action, l'enseignement ne la comblait pas et elle brûlait encore de cette fougueuse envie de combattre propre à son jeune âge.

Soudain la porte s'ouvrit à la volée et l'Aspirante releva bras et buste pour voir ce qui provoquait une telle agitation. Une femme élégamment habillée et apprêtée se tenait sur le seuil du dortoir, semblant provoquer le silence par sa seule présence. L'odeur du parfum et autres tortures féminines auxquelles semblait s'adonner la Fëalocë poussa la Torhille à se rallonger vivement malgré les murmures aussi craintifs qu'admiratifs fusant sur la visiteuse.

Elle avait jeté son dévolu sur un des aspirants, tant mieux et bon débarras ! Après un instant de flottement, une main hésitante vint secouer l'Ardente dans son accalmie.

« Quoi !? aboya-t-elle.

L'aspirant l'ayant dérangé subissait son regard chargé de colère. Mave n'aimait pas être dérangée pour rien, ce trait s'était exacerbé depuis la chasse à laquelle elle avait participé. Cela n'adoucissait pas son caractère et le pauvre humain se décomposait sur lui-même tandis qu'il balbutiait des mots incompréhensibles. Lasse d'attendre un début de phrase intelligible, la Torhille se releva et chercha un forme d'intelligence plus développée pour savoir quelle mouche les piquait pour la déranger elle.

La vingtaine de regards braquée sur elle avait presque stoppé son élan. Mave les observa attentivement jusqu'à porter son regard sur l'importune toujours plantée à l'entrée du dortoir.

- C'est...c'est à toi que maî...maîtresse Innd'velyn s'a...s'adresse, réussit enfin à articuler l'apeuré.

- Qui ça ? osa formuler la Torhille.

La seule réponse qu'elle perçut fut la foule de regard indigné lui désignant vivement la Fëalocë. De mauvaise grâce, Mave se leva enfin et emboîta le pas à la maîtresse. Qu'est-ce qu'ils lui tous voulaient en ce moment ? Pour une fois qu'elle ne causait pas d'histoires il fallait qu'ils viennent les lui apporter ! Gardant ses grommellements pour elle-même, l'Aspirante réfléchissait. Le nom de la Fëalocë ne lui était pas inconnu.

Le trajet se faisait silencieusement. Les serviteurs et gardes s'inclinaient devant la maîtresse et Mave ne comprenait toujours pas pourquoi. C'était agaçant d'ignorer un détail semblant pourtant essentiel ! Elles arrivèrent à la hauteur des Weyrs et la Fëalocë la fit entrer dans le sien sans un mot ni un regard. Mave avait suivi, sur la défensive mais elle avait suivi.

Elle se focalisa alors sur son « hôte », fronçant les sourcils et croisant les bras sans même faire attention au décor luxurieux semblant être l'habitat naturel de la jeune femme. Plus encore sur le qui vive d'être dans un milieu qu'elle abhorrait plus que tout - à savoir un environnement typiquement féminin auquel on avait « tenté » de la faire s'intéresser - la Torhille espérait que ce que la maîtresse avait à lui dire ne prendrait pas plus de cinq minutes. Le raffinement ambiant commençait déjà à la faire danser d'un pied sur l'autre.

- Qu'est-ce que vous me vouliez, maîtresse Innd'velyn ? »
Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 21:46 Répondre en citantRevenir en haut

Annah Innd'velyn n'avait pas claqué la porte derrière elle. Elle l'avait close avec une résolution contenue, comme si l'action lui coûtait, et n'en avait rien laissé paraître. Seul persistait le reflet d'une braise oubliée dans l'anthracite de ses iris. La maîtresse incarnate pouvait s'estimer heureuse d'avoir trouvé une proie en si peu de temps, mais en vérité la Fëalocë était assez peu fière de ce qu'elle avait pris dans ses filets.

L'aspirante n'était pas un laideron et, à en juger par son insubordination manifeste, n'était peut-être pas non plus une écervelée. Les aspirants les plus serviles du Màr finissaient généralement par écoper de bien plus que leur part de corvées. Feindre que les devoirs revenaient à tout autre était une technique usitée de par le Màr pour qui voulait atteindre les sables en ayant connu autre chose du kaërl ardent que la mosaïque des latrines.

Non, ce n'était pas les manières de l'aspirante frisant l'impudence qui contrariaient Annah, mais plus des considérations bien plus terre à terre.

« J'aimerais vous rendre un peu plus présentable... » répondit machinalement la Fëalocë comme se parlant à elle-même.

D'un oeil critique, elle détaillait l'aspirante, se demandant elle-même quelle mère l'avait tant haï pour la laisser présenter un tableau si grotesque. Par son sang torhille, elle avait hérité de traits que la Fëalocë ne pouvait que juger ingrats pour une femme. Sa forte musculature lui donnait une allure dégingandée, des manières de grand échalas quand bien même elle ne faisait que quelques centimètres de plus que la maîtresse incarnate. La Fëalocë avait à redire sur le maintien de l'aspirante - ne pouvait-elle pas se tenir droite et cesser d'exhaler l'ennui par tous les pores ? -, sur sa mise - Annah eut vécu comme un outrage infâme de s'habiller de la sorte -, sur son visage - ignorait-elle l'usage du maquillage ?- et enfin sur sa coiffure qui relevait de la pure et simple débâcle capillaire.

° Donne lui une robe et n'en parlons plus, Fëalocë. ° ronchonna une dragonne affamée.

° Sauf votre respect, ma reine, mais il est hors de question que cette souillon ne soit autorisée en l'état à ne serait-ce que prononcer mon nom en public. ° rétorqua sèchement Annah.

L'Incarnate avait répondu par un grondement irrité, ses yeux s'embrasant d'un écarlate de mauvais augure. La dragonne connaissait suffisamment sa liée pour savoir que celle-ci tendait à user de longues phrases quand elle n'était pas ouverte au débat.

° Tes sujets compisseraient leurs chausses de me voir apparaître, même si ta suivante était vêtue d'un sac en toile et coiffée avec un cure-dents. °

Dans un vrombissement d'ailes que les portes closes ne suffisaient à masquer, l'Incarnate s'envola. La Fëalocë eut une grimace intérieure. Veovis ne se résoudrait peut-être pas à lui faux bond. L'Incarnate aimait savoir sa liée dépendante de ses caprices et n'eut pas toléré que celle-ci réclama l'aide d'un autre dragon. Ce qui ne l'empêcherait pas de faire goûter à la Fëalocë l'ampleur de son amertume. Pour avoir retardé sa moitié d'âme dans son repas du soir, celle-ci ne manquerait pas de ramener ses proies sur la corniche, les laissant délicieusement faisander jusqu'à leur retour d'Orën. La dernière fois que la dragonne s'était livrée à ce petit-jeu là, Annah avait dû menacer d'envoyer l'Incarnate incendier les cuisines pour qu'on osa porter des plats jusqu'à sa porte, la rumeur s'était répandu qu'on trouvait dans son Weyr des mouches grosses comme le poing.

La dragonne partie, la maîtresse incarnate reporta toute son attention sur l'aspirante, et se permit même de lui adresser un sourire engageant, de ces attentions sans substance dont on gratifie les enfants perdus et les simples d'esprit.

« Il y a tant à faire que je n'entrevois pas par où commencer... Allez donc prendre un bain. »

Par un quiproquo protocolaire, Annah avait acquis un grand bac d'eau, lequel était renouvelé dès qu'elle en faisait la demande. Initialement posé sur des braises, celles-ci ne manquaient pas de s'éteindre rapidement. L'eau avait été changée le matin même, et vu l'heure, sa température oscillait désormais entre le froid et le très froid. La Fëalocë ne devait cette faveur qu'à la croyance bien ancrée -telle liée, telle dragonne ?- que cette lubie venait de l'Incarnate, laquelle se moquait en vérité comme d'une guigne de se rincer les pattes (Annah avait d'ailleurs grand peine à l'empêcher de repeindre de tripes et de sang la façade extérieure de son Weyr).

Les Neishaans de Vaendark subissaient les rigueurs d'un climat peu aimant et savaient garder une certaine grâce, même lorsqu'ils croulaient sous les couches de fourrure. Quelle divinité sournoise avait donc craché à la tête des Torhills en les taillant au hachoir ? L'aspirante avait un joli visage et des formes acceptables, mais l'habiller convenablement ne serait pas une mince affaire. Retenant un soupir, Annah fourra dans les mains de l'aspirante une serviette, un bloc de savon et une brosse lesquels juraient drôlement.

La serviette était un fabuleux brocart doré aux broderies argentées, et laissait à penser que si la broderie s'estompait par endroit, c'était au seul dessein de laisser la serviette remplir son office. Du bloc de savon s'échappait un parfum obséquieux, une note à la fois florale et délicate, assez entêtante pour suggérer qu'elle annihilerait l'odeur corporelle de quiconque en usait. Enfin, la brosse avait le poil dru et inégal, comportait pour seule fioriture quelques gravures sommaires, et servait à la Fëalocë, lorsque Veovis était d'humeur aimable, à frotter les pattes de l'Incarnate avant que la dragonne n'ait incrusté dans son Weyr tout son saoul de boue séchée et de sang coagulé. Autant dire que cette dernière ne servait pas souvent.



Mave Arkias
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MessagePosté le: Jeu 2 Oct 2014 - 00:44 Répondre en citantRevenir en haut

« Pardon ? réussit à articuler l'aspirante abasourdie.

Si elle n'avait d'abord pas réagit car trop méfiante et mal à l'aise vis à vis de cette hôte, Mave ne comprenait vraisemblablement pas où voulait en venir la Fëalocë. Il y avait toujours des maîtres et des chevaliers pour abuser des aspirants et leur confier toutes sortes de fantasques travaux mais jamais elle n'avait ouïe dire de tel traitement. Et pourtant l'Aspirante en était bien là, pantelante, ahurie, tirant une mine digne d'une poivrière et flanquée par-dessus le marché d'outils dont elle ne comprenait pas l'utilité. Non pas qu'elle en ignore l'usage mais la teneur de cette requête dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer subir en suivant la maîtresse...maîtresse quoi au juste ? Elle avait bien entendu un dragon s'envoler mais à quoi pouvait bien être liée cette drôle de femme ?

Toute à ses réflexions ravageant ses pensées en un gigantesque typhon, Mave ne se rendait même pas compte de la véritable carence d'attention dont elle faisait preuve envers la maîtresse ardente. Elle ne fit pas plus attention au fait que cette dernière profita de cette absence pour la pousser gentiment vers le bac d'eau qui semblait tout sauf fumante.

C'est lorsque son genou heurta la bassine que Mave revint sur Tol Orëa. Oh ! Stop ! Qu'était-elle en train de faire, la maîtresse ? Si elle pensait avoir affaire à une aspirante bien docile, eh bien, elle avait tiré le fond du panier ! Ni une ni deux, la Torhille se tourna vivement vers Innd'velyn en lâchant son paquetage pour mieux la saisir quand un étrange incident se produisit.

Il est de ces circonstances étranges et si grotesque que l'on pense qu'elles ne peuvent survenir que dans les contes pour amuser les enfants. Honnêtement, quelle était la probabilité pour que ce qui allait suivre se déroule ainsi ? Mave, qui n'était pas une intellectuelle, n'en savait fichtrement rien et cela eut à vrai dire bien peu d'importance pour la jeune fille lorsqu'elle ne put plus que rager une fois la lune à l'eau.

- C'est glacé ! » pesta-t-elle en surgissant de la masse aquatique comme si elle avait manqué de se noyer.

Toussant un peu, le souffle rauque, se raccrochant aux bords du baquet comme si sa vie en dépendait, Mave était à moitié aveuglée par ses cheveux formant une étrange imitation d'algue marine sur son faciès. Un rire lui était parvenu, mais dans la rapidité de l'action l'ayant précipitée ici, elle n'aurait sut dire ni qui ni quand. Sa main crispée tant par le froid que par l'irritation ôta lentement les mèches barrant sa vue, dégageant ainsi son visage et permettant à l'hargneuse aspirante de chercher des yeux la coupable de toute cette histoire.

Jetant un regard farouche à la Fëalocë, Mave amorça un geste pour sortir du baquet quand son ennemie surgit sous ses yeux d'un air victorieux. Ses sourcils se froncèrent et son regard s'étrécit sur le bloc de savon que lui tendait Innd'velyn. Comment si petite chose pouvait causer si humiliante situation ? La Torhille pestait contre elle-même. Elle avait vraiment été maladroite et quiconque aurait assisté à la scène en connaissant son habituelle habitude se serait gaussé d'elle jusqu'à la fin de ses jours. Était-elle chanceuse que seule cette maîtresse ait assisté à la chute ? Mave n'en était pas sûre. Quoiqu'il en fut, toute aspirante qu'elle était, elle se sentait comme le dernier des bouffons pour avoir glissé sur ce bloc de savon en tentant de se saisir de la Fëalocë.

Préoccupée ou pas, visiblement la maîtresse ardente s'était lassée de l'immobilisme de sa victime et avait commencé à frotter avec vigueur le bloc contre la chevelure à l'allure tentaculaire de l'aspirante. Tirée brutalement de ses pensées, Mave se débattit avec vigueur. Elle ne manqua pas d'éclabousser un peu partout autour d'elle en poussant des cris de menace tandis qu'elle tentait de se défaire de la poigne de la Fëalocë. Cette dernière bénéficiait de la stabilité du sol sous ses pieds pour résister, contrairement à la Torhille ne cessant de glisser dans le baquet. Elle se débattit tant et si bien qu'une rigole d'eau savonneuse vint s'échouer entre ses paupières, provoquant un intense picotement au niveau des yeux. C'en était trop ! Mave enragée attrapa les mains à l'aveugle et tira fermement, prête à faire tomber avec elle sa tortionnaire.
Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Lun 10 Nov 2014 - 15:33 Répondre en citantRevenir en haut

Annah laissa échapper un soupir. Bien sûr, en allant pêcher une aspirante au hasard dans les dortoirs, elle s'était attendue à récolter une tête de mule. Par chance, celle-ci n'avait en rien un physique chevalin et avec beaucoup de bonne volonté, il devrait être possible de la rendre présentable. Par contre, la maîtresse incarnate avait espérer récolter une gamine un rien moins... empotée.

Il y eut un silence éloquent, Annah préférant opter pour un regard qui en disait long, lequel allait de l'aspirante à la bassine d'eau. Devait-elle réellement lui expliquer les tenants et les aboutissants d'un bain ? Ou ignorait-elle jusqu'à la nécessité de se laver ? Alors que la Fêalocë s'apprêtait à se lancer dans l'argumentation la plus inepte de son existence, l'aspirante réussit l'exploit de tomber tête la première dans la bassine en glissant sur un savon.

Annah eut à peine le temps de reculer d'un bond pour éviter de finir trempée. La vague accidentelle vint néanmoins frapper ses pieds, mais le cuir des bottes d'Annah était plus imperméable que ne l'était l'étoffe délicate de sa robe.

La Fëalocë retint de justesse une moue de dégoût. Fallait-il réellement que l'aspirante s'illustra par de telles gamineries ? Elle avait autant de prestance qu'un mioche arrogant refusant d'aller à la sieste. Annah faisait preuve d'autant plus d'intransigeance qu'elle appartenait à cette caste fortunée de la population prête à considérer qu'un bain relevait de la nécessité quotidienne.

« Ce serait plus chaud si tu étais arrivée à temps. »
marmonna Annah.

C'était au demeurant un mensonge éhonté, la bassine n'ayant jamais été apprêtée à l'intention de la Torhile. L'aspirante avait alors des allures de monstres des profondeurs, effrayant et dégoulinant et pour la première fois de la soirée, Annah douta réellement de la réussite de son entreprise. Elle soupira, attrapa une fiole dans une étagère, en vida le contenu sur les cheveux de l'aspirante et tenta de frictionner le crâne de l'aspirante avec la dite-mixture. C'était assez désolant qu'elle en soit réduite à réaliser de telles tâches elle-même, mais il y avait fort à parier que si l'eau relevait de la découverte surprenante pour l'aspirante, le savon et le shampoing soient du domaines inatteignables des trésors inconcevables.

Et le caractère exécrable de Veovis, ainsi que sa stature menaçante compliquaient grandement la tâche d'Annah lorsqu'il s'agissait de s'attacher la confiance d'une camériste. Hélas, l'aspirante avait à peu près autant de tenue qu'un chat lâché dans une marmite, et non contente d'avoir l'allure minable d'une vieille serpillère, elle entreprit de gesticuler et de vociférer en tout sens, aspergeant la demeure raffinée de la maîtresse incarnate.

La Fëalocë avait déjà de l'eau mousseuse jusqu'au coude, ce qui avait jusqu'alors empêcher l'aspirante de l'attirer à sa suite dans le baquet. Il en allait autrement de ses habits, dont l'étoffe à profusion, alourdie par l'eau, offrait une prise des plus facile. L'aspirante parvint à agripper la manche d'Annah et à l'attirer dans la bassine.

Il y eut alors un craquement sinistre, et le baquet eut une brusque embardée, s'effondrant de côté, répandant un minuscule tsunami dans la chambre d'Annah. La Fëalocë avait cru un temps que le poids combiné des deux femmes avait suffi à faire vaciller la bassine quand un rugissement furieux lui désigna l'auteur de cette subtile coïncidence.

° Assez. ° grogna Veovis.

Annah se releva tant bien que mal, titubant sur le parquet glissant. En temps ordinaire, elle se serait offusquée que l'Incarnate ait une fois de plus explosé le montant de la porte extérieur donnant sur le balcon. Pour l'heure, les yeux de l'intéressée explorant d’inénarrable teintes de rouge du plus mauvais augure, elle se contenta d'un soupir aussi neutre que sincère.

L'Incarnate avait posé sa tête monstrueuse au milieu du séjour, du sang gouttait régulièrement d'entre ses crocs. La dragonne s'était abstenue de se repaître, mais n'en avait pas moins abattu sa proie, laquelle gisait probablement sur le balcon. La Fëalocë s'interdit de penser à la puanteur, aux mouches, et aux tâches de sang que l'incident ne tâcherait pas de lui rapporter.

L'aspirante ayant toujours des allures de méduse mousseuse, Annah se résigna à lui verser une carafe d'eau (non moins froide) sur la tête, histoire de la rincer avant qu'elle reprenne ses esprits. Sous l'oeil furieux de Veovis, elle jeta ensuite une serviette épaisse à l'aspirante avant de lui ordonner d'un ton sec :

« Séchez-vous, habillez-vous et partons. »

Il s'était toujours avéré dangereux de nier à Veovis l'emprise totale d'une situation quelle qu'elle fut. Annah doutait de pouvoir habiller convenablement la Torhille en moins d'une demi-heure. Les deux femmes n'avaient pas la même morphologie, l'aspirante ignorait probablement jusqu'à l'existence de rubans et dentelles et enfin, il y avait indéniablement des tas de peaux de vaches plus agréables et plus conciliantes que la Torhile.

Annah demeurait grand-maître dans l'art de ne rien laisser paraître de ses émotions et se tourna vers sa penderie dans un calme olympien. S'essuyer après un bain glacé dans un salon ouvert à tous les vents relevait du bon sens le plus élémentaire. Il n'y avait plus à espérer que l'aspirante en soit pourvue.



Mave Arkias
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MessagePosté le: Lun 9 Mar 2015 - 13:46 Répondre en citantRevenir en haut

À force d'agitations et autres gesticulations, c'est avec satisfaction que Mave sentit le bassin se déverser et le bois craquer sous leur poids. Bien qu'emportée par le flux, la Torhille tenta de s'accrocher à ce qu'elle pouvait par réflexe. Il fallut que ce fut à une tenture, qui par miracle tint bon, mais qui, pour se venger du mauvais traitement, eut l'idée de pousser un porte-flambeau décoratif sur la tête de l'Aspirante. Aplatie dans la flaque imbibant le plancher, Mave se calmait et reprenait ses esprits tandis que la mousse continuait de dégouliner de ses cheveux et de ses vêtements.

À la vérité, cela ne lui avait pas fait mal, elle était juste frigorifiée et agacée. Bien que transie de froid, la Torhille ne perdait rien de son agressivité maintenant bien connue au kaerl. Malgré les tremblements qui la saisirent, Mave se redressa et ne perdit rien de son aigreur lorsque son regard croisa celui de l'incarnate et que son grondement lui vint à l'esprit. Au fond, elle était assez d'accord avec la dragonne. Que cette comédie cesse et que cette maîtresse lui explique le pourquoi du comment.

Un mot d'interrogation eut à peine le temps de franchir ses lèvres que la Maîtresse ardente lui déversa sur le crâne le contenu d'une carafe d'eau glacée. D'abord crispée par la douche surprise, Mave jeta un regard sombre à la Fëalocë, prête au pire ainsi malmenée. Enfin, elle se saisit quand même de la serviette dans un geste rageur et entreprit de se sécher sans plus de cérémonie, chair et poule et tremblements n'étaient pas pour lui seoir.

Cela fait, elle jeta la serviette sans plus de cérémonie et, pendant que la Fëalocë lui tournait le dos en fouillant dans une armoire, tenta de prendre la direction de la sortie avec détermination. Une patte d'incarnate et une rangée de dents aiguisées sous des yeux de braise stoppèrent sa course. Mave allait entamer les négociations avec la reine quand la maîtresse Innd'velyn la héla et lui mit entre les mains divers bouts de tissus pesant étonnamment lourds. Qu'avait-elle bien pu cacher là-dedans ? Allait-on lui dire ce qu'il se passait à la fin ? Sans répondre davantage à ses questions, la Fëalocë lui ordonna d'essayer ces... Ces quoi au juste ? Ne put-elle que se demander en en dépliant un au hasard.

Mave n'en était pas très sûre, mais si c'était ce qu'elle pensait, la Fëalocë pouvait aller au fin fond du Vaendark voir si elle y était. Ravalant son appréhension, l'Aspirante se battit avec la première robe, dans laquelle elle ne parvint même pas à entrer la tête, jusqu'à ce que la dragonne lui ordonne de cesser ces gesticulations et que la maîtresse lui intima sèchement de passer à la suivante en ôtant cette fois les fripes qui lui servaient de vêtements.

Râlant à nouveau, elle obtempéra, souhaitant en finir au plus vite. Se saisissant d'une autre robe après avoir ôté corsage et chausses, la Torhille ne rencontra cette fois nulle résistance avec le tissu qui tomba bien lourdement sur ses formes. Elle n'eut pas le temps de s'en étonner, déjà deux mains habiles la faisaient tourner dans tous les sens pour ajuster la chose, allant jusqu'à donner le tournis à l'Aspirante qui voyait son monde tanguer de plus en plus.
Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2015 - 10:20 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP/Je clos ce rp qui, bien qu'il ait été très drôle à écrire, n'a que trop trainé ! x)/HRP]

Les appartements d'Annah avaient connu bien pire offense qu'une efflorescence d'eau savonneuse sur le parquet. Le péril véritable venait de la dragonne à la patience furtive qui en gardait les portes. La faim lui tiraillant l'estomac, Veovis en venait à la conclusion malheureuse qu'elle eut pu aussi bien dévoré la Torhille et incendier une seconde fois le domaine Innd'velyn. Voilà qui aurait probablement fait taire les médisants. Indubitablement, la dragonne rouge aurait fait une chancelière des plus efficace.

Veovis dardait sur l'aspirante un regard impitoyable, le genre à suggérer qu'elle connaissait un moyen rapide de la débarrasser des désagréments de l'humidité ambiante. Annah, d'un naturel pourtant calme en vint à des gestes agacés et à de multiples froncements de sourcil. Elle n'était pas petite pour une Fëalocë, et la Torhille peu grande pour sa race. Ce n'était pas tant une histoire de longueur que de gabarit, et la maîtresse incarnate en venait à regretter de n'avoir rien acheminé d'Ys récemment. Certaines îles y étaient si riches qu'elle aurait pu trouver un sac à patates tissé de fils d'argent...

L'Incarnate s'irritait, n'ayant aucun mal à justifier ses furieux états d'âme par l'impatience naissance de sa liée. Lorsque l'aspirante eut enfin enfilée quelque chose, Annah esquissa une moue réprobatrice.

° Il faudrait faire quelques retouches. Rehausser le jupon, rectifier les manches... °


° Garde ton atelier couture pour plus tard, Fëalocë. ° grogna Veovis.

Avec un soupir las, Annah rectifia ce qui pouvait l'être, ajustant cordons et rubans, et finit par s'emparer d'un foulard de soie dont elle ceignit la taille de l'aspirante. Cela suffirait à masquer les défauts. Ou pas. Un froncement de sourcils plus tard, Annah s'était emparée machinalement d'une boite d'épingles et ajustait les plis contrariés de l'étoffe. Veovis laissa échapper un grognement de fort mauvais augure et une flammèche alla réduire en cendres la frange d'un tapis. Prétextant ne pas y prendre garde, la maîtresse incarnate eut néanmoins la présence d'esprit de venir écraser l'incendie naissant. Faisant tournoyer l'aspirante, elle ne pouvait qu'avoir un regard dépité pour la tignasse en friche de celle-ci.

A n'en point douter, cette aspirante aurait fait le bonheur de son ancien maître, en cela que sa défroque ne risquait pas de faire mauvais genre aux séances d'entrainement dans la fosse.

« Si vous ne bougez pas et que vous ne dites rien, cela devrait pouvoir faire illusion. »
conclut Annah, davantage pour elle-même que pour son interlocutrice, à laquelle elle avait depuis longtemps nié tout libre arbitre dans l'entreprise qui l'animait.

Annah se détourna de la Torhille avec aigreur. Il lui coûtait de sacrifier sa volonté au bon vouloir de l'Incarnate en sachant pertinemment que cette dernière ne s'en apaiserait nullement, considérant cela comme un dû. Et par dessus tout, elle haïssait rabaisser une femme au rang de sotte potiche pour la jeter en pâtée à des hommes qu'elle méprisait, et ce même si la Torhille ne lui était rien. L'aspirante était destinée à se lier à un dragon, c'était un fait suffisant pour que sa vie vaille plus que celle des petits seigneurs arrogants de son domaine d'Orën.

Ce fut le seul point sur lequel Veovis ne la contraria pas.



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