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 [RP]L'appel des eaux dormantes Sujet suivant
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Alyin
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MessagePosté le: Lun 28 Juil 2014 - 23:58 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918



//ATTENTION : Ce rp concerne une autre Alyin que celle normalement présente dans le temps du rp.
Pour plus d'information, lisez mon carnet de routes! //

Dealra était en proie à un dilemme. A la manière de son étourdie de liée perdue dans ses songes enivrants, elle avait ses propres principes et n'en démordait pas. Ceux-ci lui dictaient de respecter les valeurs qu'elle imposait à autrui, a fortiori celles qu'elle exigeait en vain de sa liée. La dragonne blanche avait maintes fois rabroué la Neishaane concernant son intrusion au Màr Tàralöm, lorsqu'elle avait eu la folie de se présenter à elles deux, de se prétendre Flarmya face à leurs avatars passés.

Une autre qu'Alyin s'en serait défendue, arguant qu'elle n'avait fait que commettre l'inévitable, en cela que ces événements se devaient d'avoir déjà eu lieu. Alyin avait réagi autrement, n'en ayant cure, se réfugiant dans un mutisme forcené qu'éraflaient quelques notes claires, les prémices d'une évasions vers d'autres lieux, l'appel d'un éternel hiver dont la neige toujours nappait Vaëndark.

Dealra avait pris son mal en patience, patientant malgré elle, bannie tacitement de son propre Màr, sommée par l'évidence de faire profil bas. A sa grande honte, elle avait conçu un plan dans le creux de son âme, cet espace si vaste en cela qu'il se définissait par l'absence de sa liée, toujours revêche, toujours en retrait, qui, lorsqu'elle l'invitait le faisait presque à regret, incapable qu'elle était à ne pas mêler l'entièreté du monde à ses songes éveillés. Dealra, la Blanche née du Màr Menel en avait acquis la certitude : il lui fallait sauver Dragon, arracher ce souvenir d'un temps lointain où elle avait dansé au bras d'un inconnu. Elle n'avait pas proféré la moindre promesse à son encontre, mais elle était céleste, et il n'était nul besoin de mots pour ne point condamner au néant et à la nuit la plus froide l'un de ses pairs, lequel était définitivement trop innocent pour être un honnête englouti.

Elle avait projeté de sauver Dragon. Le Brun était curieux. Elle le connaissait suffisamment pour savoir par quelles pensées l'attirer à elle, par quel chemin l'éloigner du Màr. Et les chemins de l'Interstice s'étaient bloqués. N'en déplaise à Flarmya, il était malaisé pour une dragonne Céleste de contacter un dragon englouti dans un Màr ardent, avec pour seul repère la signature des temps passés. Peut-être ses pensées avaient-elles volé jusqu'à lui, et que le Brun n'y avait pas prêté attention. Dealra n'en savait rien, et elle se sentait coupable.

Lorsque la culpabilité la dévorait moins que la faim, elle s'envolait loin des cavernes paisibles que dissimulait les chutes de Nightfall pour venir chasser l'indolent gibier de la Baie d'Eau claire. La chasse était meilleure dans la Sylve, mais le risque d'attirer les regards plus grand encore. Il y avait eu un temps où la petite dragonne se serait glissée parmi les arbres, fugace éclair blanc teinté des mêmes reflets d'or que le ramage des arbres.

Dealra avait payé chèrement l'orgueil de sa liée, et ni sa taille, ni l'or qui brillait sur son dos ne lui permettait plus de chasser en toute quiétude au dessus de la sylve. Elle préférait la Baie d'Eau Claire et les créatures marines tapies dans les eaux profondes. Qu'un Englouti l'aperçut et elle ne serait qu'une étrange curiosité, et s'il répétait l'avoir vue, on lui rirait au nez, alors qu'aux abords du Màr Menel, elle risquait de réveiller la haine qu'avait engendré un sinistre accident et la mort d'une reine à venir, alors qu'aux abords du Màr Tàralöm, elle risquait de se croiser elle-même et de faire basculer une si fragile réalité...

Du moins était-ce ce dont la Blanche cherchait à se convaincre, en venant rôder aux abords d'un Màr qu'avait embrassé un certain Fëalocë. S'il paraissait jamais, il y avait une chance infime, qu'elle put le convaincre de rappeler Dragon à défaut de le suivre, pour le ramener à sa nature profonde, à sa véritable existence. Elle se prenait à espérer que les portes n'étaient pas encore closes pour lui comme elles l'étaient pour elle.

Et quand la nécessité d'une froide réalité se fit plus pressante que ses songes teintés de remords, Dealra plongea dans les flots pour en extirper un monstrueux veau de mer dont elle brisa l'échine, avant d'aller l'engloutir sans plus de cérémonie sur la berge teintée de sang.





Dernière édition par Alyin le Mar 5 Aoû 2014 - 21:58; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 28 Juil 2014 - 23:58 Revenir en haut

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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 19:27 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918


L’obscurité seyait au Bronze qui se cachait dans cette cavité creusée à même la falaise. D’ici, il pouvait contempler la furie de la mer se jetant sur les rochers, l’horizon sans fin de l’Orient du Rhaëg et le vol des oiseaux migrateurs. Parfois, juste avant que le sommeil n’emporte les restes de sa conscience, il songeait à son ancien foyer. Cette citadelle logée dans un gouffre chaud, où les Reines arboraient des écailles aussi rouges que des rubis, où chacun devait revendiquer sa place et la mériter… Le Màr Tàralöm où il était né et qu’il appelait jadis « sa maison ». Le reste du temps, malgré sa proximité, le Màr Luimë accaparait son attention et toutes ses réserves en matière de regrets. Sa nouvelle maison avait besoin de lui, il le sentait. Et en dépit de cela, il s’en éloignait. Il en rejetait l’entière faute sur moi, son Lié. Mais, au fond, il savait qu’il était tout aussi coupable. Tant que nous ne ferions pas la paix, lui resterait le plus de temps possible loin de moi et même hors du Kaerl. L’entrevue inopinée, organisée par l’Aspirant Sasha, avait eu au moins l’effet bénéfique de ranimer le dialogue entre nous. Là s’arrêtaient les progrès.

Elérion se perdait dans la contemplation des flots agités et des jeux du soleil sur l’eau, depuis la grotte où il avait élu domicile à flanc de falaise. La Baie d’Eau Claire regorgeait de gibier aquatique. Et plusieurs dragons des environs aimaient chasser ici, tous Kaerls confondus. Il ne les blâmait pas. Mais il ne les rejoignait pas pour autant. Malgré sa taille colossale et la masse d’écailles considérable qu’il représentait, le jeune mâle n’aimait guère la compagnie de ses semblables en ce moment. Il voulait éviter les questions de ses pairs, plus encore que leurs regards curieux ou compatissants. Son Lié, Galaad Lucis – moi – portait la funeste Marque Noire, à l’instar d’autres Engloutis. Et si la quête contre Drazahir n’arrivait pas à un terme triomphant pour Tol Orëa, nous étions condamnés. Tout le Kaerl le savait. Ce n’était plus un secret pour personne. Alors Elérion préférait se retirer dans cette grotte pour dormir et se masquer à la vue des autres dragons.

Aujourd’hui allait faire exception.

Un éclat doré accrocha la lumière solaire. Et éblouit les yeux du Bronze reclus. Des écailles d’or, comprit-il un instant après, dans le sillage d’une dragonne en chasse sur la plage en contrebas. Une Reine du Màr Menel ? Cela semblait peu probable. S’il avait naturellement observé la chasse d’une ou deux Argentées dans la baie, il n’y avait encore jamais aperçu d’Incarnates, à cause de la trop grande proximité du Kaerl sous-marin. Une Dorée n’aurait pas la folle idée de voler dans les parages. Ou alors, se ferait-elle porter les fruits d’une chasse jusqu’au nid de sable de son propre Màr. Un lézard de feu égaré, peut-être… Il suffit d’un coup d’œil vers la plage, alors que le Bronze se tenait au bord de sa caverne, pour écarter l’hypothèse d’une Reine miniature. Quelque chose dénotait dans l’apparence de cette dragonne-ci. Une jeune Dorée ? Une femelle sauvage ? Une… Blanche ?!

Alors que la femelle dévorait sa proie, Solyae usa de malice pour faire miroiter ses rayons sur des écailles aussi blanches que les neiges éternelles du Vaendark. Elérion ne jugeait pas sur les apparences. Et se fiait plus à son instinct qu’à ses propres yeux. Par une étrange facétie de Flarmya, s’il était né d’un œuf ardent sur les sables noirs, son cœur et son esprit avaient toujours été modelés pour penser en dignes Engloutis. Ecartant les ailes, il bascula dans le vide, plana un moment, avant de rejoindre le sol en quelques battements. La curiosité était finalement la plus forte, parmi la tempête d’émotions qui rugissait sous son crâne de dragon. A travers la peur, la méfiance et la colère – encore et toujours -, la curiosité avait vaincu sa résistance. Et voilà qu’il venait à la rencontre de cette dragonne inconnue. Il resta néanmoins à bonne distance, roulant des yeux opalescents, quoique que continuellement nuancés d’une légère rougeur – de cette colère enfouie qui ne le quittait plus à cause de moi -. Il ne souhaitait pas voler le repas de sa consœur, ni l’incommoder. Seulement, il s’interrogeait. Une Blanche se tenait là. Et s’il avait brièvement cru à un scintillement outrancier dû au soleil, il savait maintenant, rien qu’en la regardant, que les écailles de son dos se nappaient du miel et de l’or des Reines Célestes.

° Flarmya guide tes ailes, sœur du Màr Menel. ° se contenta-t-il de dire sur un ton neutre, en manière de salutations.



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MessagePosté le: Mer 6 Aoû 2014 - 10:56 Répondre en citantRevenir en haut

Dealra était née des sables dorées du Màr Menel. Sans se perdre dans un sentimentalisme inutile, elle n'aimait pas spécialement chasser, arracher la vie à autrui pour permettre la continuité de sa propre existence, d'autant plus que cette dernière lui paraissait étrangement vaine. L'on eut pu se perdre dans les jeux de lumières d'un soleil capricieux sur l'or de ses écailles, sur la teinte tranchante et froide que prenait ses blanches écailles dans l'ombre de son corps trop imposant. Mais elle était avant tout un prédateur en chasse, et le sang maculait d'un rouge effrayant ses pattes et sa gueule, noyant or et blanc sous une mante écarlate.

Le dragon qui s'immisça dans ses pensées ne l'avait en rien menacé. Mais Dealra avait parcouru les couloirs mouvants du Màr Luimë et pénétré les sombres alcoves du Màr Tàralöm. C'est assez pour savoir que certains de ses frères mentaient sur leurs intentions, et que d'autres cachaient pires encore. De plus, elle était trop près du Màr Luimë pour imaginer qu'un de ses frères véritables né d'une reine Dorée put se trouver dans les parages. Lorsqu'elle avisa le Bronze, elle lui lança un rugissement de défi, un avertissement de circonstance qui l'informait sans un mot en ce sens qu'elle entendait défendre ce qu'elle avait pêché, et qu'elle n'avait pas l'intention de partager sa proie. Le Bronze et elle étaient de gabarit proche, et tout dragon raisonnable conviendrait qu'il valait mieux chasser seul que d'essayer d'arracher sa proie à autrui en des terres d'abondance.

° Si Flarmya guide les tiennes, dans quelle facétie a-t-elle sombré pour te mener à moi ? °


Avant tout, c'était la teinte de ses yeux qui la mettait sur le qui-vive. Dealra se moquait bien qu'il la prit pour un objet de curiosité. Elle n'avait été qu'une ombre, une ombre minuscule aux écailles d'un blanc doré perdue dans le sillage d'Alyin. Nul ne la reconnaîtrait jamais au Màr Luimë. Elle même ne se reconnaissait plus dans ses propres souvenirs.

En surveillant le Bronze d'un oeil acéré, la Blanche acheva d'engloutir son repas, ne laissant sur la plage qu'une vaste mare sanglante. Cela fait, elle décolla d'un bond, regagnant la sécurité du ciel. Si sa taille lui avait fait perdre à jamais l'habileté qu'elle avait développée avant sa métamorphose, il lui était bien plus aisé de fuir depuis le ciel. La prudence lui aurait suggéré de filer sans plus attendre. Dealra n'avait jamais eu la sotte insouciance de sa liée.

Mais une avidité nouvelle la poussait vers le Bronze. Ce n'était pas le désir insolent d'une femelle pour un mâle. Dealra n'était pas une Reine dragon, n'était pas née pour devenir la mère de lignées à venir. C'était le souvenir de jours perdus et si rares, où elle s'était mêlée aux siens, là-bas, au Màr Menel, l'écho de quelques nuits où un Brun aux pensées chantantes était venu se coucher face à elle et noyer son regard d'eau pure dans le sien. Elle n'avait plus qu'elle et Alyin. Il n'y avait plus qu'elle et Alyin. Se pouvait-il encore qu'on l'accepta pour ce qu'elle était ? Si elle n'était jamais pardonné pour ses crimes, pouvait-elle encore trouver refuge auprès de ses pairs d'autres Màr ?

Cette simple pensée était douloureuse, Dealra ne désirait rien de pareil, son coeur chantait l'or qui nappait ses ailes et son dos. C'était là sa place. Et pourtant, elle n'eut voulu d'un monde où n'eut vécu Alyin, d'un Màr où son chant ne portait pas, où sa périlleuse insolence ne s'offrait à nulle vue. C'était elle, la sage dragonne, qui avait sommé sa liée de n'y point retourner après le désastreux incident. Elle avait forgé ses propres chaînes, qui n'en étaient pas moins lourdes à porter.

° Et je crains que tu fasses erreur me concernant. Le Màr Menel est celui que mes ailes connaissent le moins. °


Cruelle vérité que celle-ci, mais Dealra avait en vérité vécu bien peu au Màr Menel. Ce qu'elle en savait lui venait avant tout des souvenirs d'Alyin d'avant son empreinte et de l'héritage de Nyssath. Elle n'avait que faire qu'on put se méprendre sur ses pensées et la prendre pour une ardente. La vérité était plus vile encore, et faute de ne se satisfaire d'aucun refuge, Dealra n'était plus qu'une dragonne orpheline et sans Màr.

La Blanche décrivait des cercles à bonne distance du Bronze, mais se rapprochait progressivement, comme cédant malgré elle à sa curiosité.



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MessagePosté le: Mar 12 Aoû 2014 - 18:19 Répondre en citantRevenir en haut

Elérion ne broncha pas, alors que l’inconnue grondait un avertissement à son encontre. Celle-ci acheva les restes de son repas, avant de prendre son envol, les babines encore rougies de sang frais. Le Bronze se contenta de lever les yeux vers elle, pour la fixer sans pudeur ni animosité. Il s’attachait à comprendre ce qu’il voyait. Cette dragonne, quoique moins massive que lui, possédait une taille et une envergure encore jamais vues. Si, toutefois, il s’agissait bien d’une Blanche comme il le croyait. Et que dire des formidables nuances dorées de son large dos ? Elérion avait déjà vu des dragons aux nuances presque impossibles sur leurs écailles, des rayures sombres, ou des tâches plus claires. Mais jamais encore une telle nuance, tranchant singulièrement avec la couleur d’origine. Blanche et Dorée à la fois.

La dragonne planait maintenant en cercles au-dessus de lui, méfiante. Elérion ne pouvait pas lui jeter la pierre le premier. Lui-même passait le plus clair de son temps à éviter quiconque rôdait dans les parages, avec une ardeur redoublée quand il s’agissait de me cacher ses pensées. Pourtant, malgré la froideur qui émanait continuellement en apparence de ce dragon, il appréciait la compagnie de ses semblables et savait se montrer très sociable. Il n’était pas un dragon dont on avait besoin de se méfier. Car il disait ouvertement ses pensées. Et s’il avait l’intention d’être belliqueux, il le montrait sans hésiter.

° Tes écailles clament une ascendance en lien avec le Màr Menel. Peut-être n’y es-tu pas née ; mais ce serais trahir ton sang que de l’ignorer. Je ne sais rien des coutumes du Kaerl volant. Aussi je ne jugerais point tes décisions, ni celles de ta génitrice, si tu as choisis de vivre sans un Màr à revendiquer pour ta maison. °

Il aurait été très mal placé, pour oser dire le contraire. Lui qui avait fuis son foyer de naissance pour en adopter un autre.

° Je ne te veux pas de mal. Je m’excuse d’avoir troubler ton repas, ma sœur. °

Elérion se coucha dans le sable chaud et humide, s’y enfonçant comme le ferait un homme dans un fauteuil moelleux. Les ailes repliées, sa queue épineuse enroulant son corps, il regardait l’approche progressive de la dragonne avec une curiosité redoublée. Sa consœur répondait également à l’appel de la curiosité. Petit à petit, elle descendait vers lui.

° Je suis Elérion. °



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Alyin
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MessagePosté le: Mer 13 Aoû 2014 - 17:59 Répondre en citantRevenir en haut

Dealra ne s'était jamais mêlé aux engloutis comme elle s'était mêlée aux ardents. Ce qui signifiait nullement qu'elle avait plus d'affinité pour les seconds que pour les premiers. La différence résidait dans le fait qu'elle avait craint que sa présence ne révéla sa liée au Màr Luimë, en un temps où elle n'était qu'une petite dragonne blanche aux écailles rehaussées d'or. Au sein du Màr Tàralöm, elle n'avait point ri du danger, mais l'extravagance de Dragon conjuguée aux frasques de sa liée avaient rendu son immersion nécessaire, tendis que les versants inhospitaliers des pics de cendre ne lui offrait nulle résidence.

Cela ne changeait rien au fait que la dragonne bicolore ne connaissait rien des engloutis sinon les rumeurs qui courraient sur leur compte. L'observait-il par pure curiosité, ou la retenait-elle par un discours détaché au seul dessein de lui tendre un piège ? Dealra voulait croire que les engloutis n'agissaient pas de la sorte, mais c'était son âme céleste qui s'exprimait là, encline à attendre le meilleur de chaque être.

° JE SUIS NEE AU MAR MENEL ! °
rugit Dealra.

Et si c'était un piège, alors elle en briserait les liens de ses crocs. Le dragon n'avait pas tort, il était vain pour elle de cacher son ascendance. Aussi ne laisserait-elle personne évoquer ou souhaiter qu'il en fut autrement, sinon Nyssath, la Dorée au cœur meurtri, là-bas, dans la demeure qui narguait les nuages.

Les paroles du Bronze trouvaient un écho étrange en son âme. Croyait-il qu'elle était une dragonne sauvage, une de ces créatures acariâtres et solitaire qui hantaient plus les mythes et les légendes que les cieux d'aucuns continents ? Le dragon l'intriguait, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si cette placidité apparente n'était qu'une façade, la calme surface masquant les eaux profondes.

Certains se sentaient attirés par l'ouverture d'esprit des neutres, leur absence de jugement hâtif. Dealra pour sa part, ne pouvait que se sentir effrayée par ce manque de valeurs. Elle offrait sans amertume le bénéfice du doute, mais c'était parce qu'elle avait à cœur de laisser de s'exprimer la bonté, non par hommage à une liberté fondamentale dont pouvait résulter les pires abominations.

La dragonne ignora la remarque sur son repas. Le temps seul dirait si le Bronze l'avait dérangé ou pas.

° Je suis Dealra. °


La simplicité de sa propre réponse la blessa. Elle avait clamé sa naissance, elle ne sentait pas le droit de nommer sa mère. Nyssath devait regretter le jour où elle avait mis au monde la Blanche aux reflets d'or. Les Célestes célébraient autant la naissance d'une reine que celle d'une Verte, disait-on, mais serait-ce mentir que de nier ce que représentait la naissance à venir d'une Dorée pour une reine ?

Comment diable pouvait-elle engager la conversation. Elle eut cru voir de l'amusement dans les yeux du Bronze et y répondit par un râle agacé. J'ai été bannie de mon Màr, n'était pas une bonne introduction pas plus que, Je connais votre Màr, j'y ai volé un dragonneau. La dragonne s'était posée à quelques mètres à peine du Bronze mais demeurait prête à s'envoler d'un bond (maladroit au demeurant, car il lui était toujours difficile de s'envoler sur place et la côte était étroite à la taille d'un dragon).

° Si j'avais un Màr, je me lasserais de dormir à ses frontières. Je chercherais la tiédeur des bains, le brouhaha des foules sur la grand-place et la compagnie de mon lié. ° déclara finalement la dragonne bicolore en dardant sur le Bronze un regard inquisiteur.



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MessagePosté le: Dim 17 Aoû 2014 - 12:35 Répondre en citantRevenir en haut

Dragon respectueux des usages et peu porté sur l’indiscrète vertu qu’est la curiosité, Elérion ne se sentait pas le droit de questionner l’inconnue sur son passé. Son éclat de voix lui prouvait seulement que celui-ci était chargé de regrets. Elle avait répondu avec une ardeur presque douloureuse, comme si elle se sentait offensée. Cependant, quelques instants plus tard, elle ne nomma pas pour autant sa propre mère. Si elle souhaitait conserver une part de sa vie secrète, Elérion ne la questionnerait pas. Mais il n’était pas aveugle, ni sourd. Et la douleur avait parlé à travers Dealra. Car Dealra était son nom. Et le Bronze inclina sa large tête vers la dragonne pour la saluer dignement. Enfin, elle venait se poser peu loin de lui. Leurs regards s’accrochaient, scellés par une mutuelle curiosité – qu’Elérion ne pouvait plus nier, malgré lui. Cette étrange dragonne solitaire, née au Màr Menel et pourtant peu désireuse de revendiquer son appartenance, l’intriguait. Parce qu’elle présentait une semblance avec lui. Dragons esseulés par la main impitoyable de Flarmya, peut-être tous deux en conflit permanent avec leur Lié ?

° Je suis une sentinelle. Je suis un garde-fou du Màr Luimë. La rumeur de la foule me parvient par les tumultueuses pensées de mon Lié. Je n’éprouve pas le désir de m’enfermer dans la citadelle pour me prouver mon allégeance. N’y voie aucune offense, Dealra : je crois que ceux qui regrettent le plus la chaleur de leur foyer sont ceux qui l’ont quitté depuis longtemps. °

Le Bronze souleva un peu son aile gauche, pour étirer quelques muscles puis la reposa sagement. Cette petite bande de plage devenait soudain étroite pour deux dragons de cette taille. Et tous deux semblaient avoir passé un accord tacite pour garder une distance appréciable entre eux.

° C’est une leçon pour nous tous, à bien des égards. Nous devrions nous réjouir à chaque instant et profiter du confort, de la sécurité de notre foyer… Avant qu’il ne disparaisse. °

Les récents événements étaient encore frais en sa mémoire. Des images de folie, de terreur et de violence, du jour où les Ombres avaient envahis l’esprit des crabes géants pour les jeter à l’assaut du Kaerl. Du jour où la Gardienne, affaiblie et prise en otage, avait faillis céder à la menace et déverser des tonnes d’eau noire sur sa cité chérie. Du jour où Elérion avait compris que j’acceptais de mourir, s’il le fallait, plutôt que de lutter vainement, parce que j’étais las de redouter l’avenir et ses conséquences. Quelque qu’il ne comprenait pas et n’accepterait sans doute jamais.

° Dealra, fille du Màr Menel. C’est un beau nom, porteur d’espoir. Flarmya semble avoir joué avec tes écailles, ma sœur. °

Les sagaces yeux du Bronze suivirent brièvement la ligne presque nette qui séparait le blanc de l’or, l’hiver de l’été.



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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2014 - 12:41 Répondre en citantRevenir en haut

Le Bronze l'intriguait. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas croisé de véritable dragon. Tout ce qu'elle dénichait parfois dans les bois paisibles de la Sylve, c'était un dragon-fée moqueur aux ailes irisées. Les dragons ne dormaient pas entassés comme des chiots. Lorsqu'ils chassaient de concert, c'était plus par paresse que par nécessité. La promiscuité leur seyait si peu qu'ils affectionnaient les corniches escarpées et les hauts promontoires pour leurs bains de soleil, certains de n'avoir ainsi pas à les partager.

Ce malgré quoi, il demeurait un lien inaltérable entre dragons, né de la facilité déconcertante avec laquelle ils pouvaient échanger et se reconnaître d'une pensée. Dealra n'avait pas perdu ce don, mais les rares dragons qu'elle aurait pu contacter ainsi se comptaient sur les griffes d'une patte. Il était impensable qu'elle parla à sa mère, la dorée Nyssath ne lui répondrait pas. Elle pouvait joindre Dragon, mais le flux de ses pensées joyeuses n'avait rien d'une conversation profonde, ou plutôt, elle avait beau s'y plonger aussi intensément que possible, elle n'en saisissait pas le sens, car c'était une tâche aussi vaine que d'espérer capture un reflet miroitant dans l'eau vive d'un torrent.

Il n'était pas important qu'elle lui parla. Il n'était qu'un dragon parmi d'autres, englouti qui plus est. N'importait seulement qu'il lui accorda une bribe de son temps, une infime parcelle de sa conscience, et dans ce reflet délicat qui transcendait leurs âmes. Alors, peut-être, Dealra se sentirait exister et être plus qu'une coquille vide à la dérive.

Les pensées tumultueuses de son lié... Dealra ne pouvait se vanter de partager autant de la sienne. Alyin était une enfant sauvage aux pensées claires, aussi vaporeuses que les notes cristallines de son chant.

° Ce ne sont pas les murs qui sont importants. Ils pourraient sombrer sans que le sang ne se tarisse. ° avait répondu Dealra avec trop de vivacité.

Elle se sentait touchée au vif. Ce n'était pas le Màr Menel en tant qu tel qu'elle regrettait, c'était plus qu'une cité suspendu dans les nuages qui lui manquait, et pourtant, elle trouvait un certain délice à retourner se mêler aux plantes voluptueuses du jardin d'Hiver, à survoler de si loin le Valarëa qu'il n'était qu'un point ridicule. La vérité, qu'elle brûlait de lui balancer au visage était qu'il était bien aisé de dénigrer ce que l'on savait posséder. Mais Dealra était née blanche dragonne du Màr Menel, à l'âme aussi douce que le miel nappant ses écailles de discrets reflets d'or, et une telle vilenie ne lui ressemblait pas.

Il se ravisa, et de paroles cruelles osa une note plus douce, plus réfléchie, plus digne de ce que la dragonne bicolore espérait d'un enfant du Màr Luimë. Elle ne put toutefois répondre. Le kaërl céleste n'avait pas disparu. Son foyer existait, persistait, lui survivrait. C'était elle, la fille de Nyssath, qui lui avait failli.

Il eut alors une remarque dérangeante bien que prévisible. Gênée, Dealra agita ses ailes, mais les relever ne suffisait à dissimuler l'or qui lui nappait le dos et l'arrière de la tête et du cou, et les rabattre ne pouvait couvrir d'or son corps son corps monumental. Flarmya avait bien joué avec ses écailles, ou plutôt sa liée déguisée en Flarmya, ou plutôt sa liée tout court, car la fausse Flarmya n'avait fait que la stopper dans son ouvrage, que lui permettre de vivre.

° Il naît d'étranges choses de toute sorte d'Empreinte. Certains meurent au lieu de vivre, faute d'avoir trouvé l'âme qui répond à la leur, je n'ai pas à me plaindre. °


Dealra ne se plaignait pas. Elle se désolait. Comment Alyin, son âme soeur, pouvait-elle avoir le coeur si exigu au point de ne pouvoir y avoir une place pour le kaërl céleste ?

° Crois-tu que notre naissance, notre Màr, nous fait tel que nous sommes ou tel que nous devrions être ? Crois-tu que Flarmya dans sa fantasie pourrait se plaire à unir un dragon et son lié sur deux clartés contraires ? °

Et tandis que la dragonne énonçait cette pensée, ses yeux s'étaient parés d'un or flamboyant, la marque d'une inquiétude inavouée, une terreur en dormance à laquelle elle n'osait donner mots. Alyin avait plus vécu chez les ardents que nulle part ailleurs, sinon dans son village natal de Vaëndark. Ce n'était qu'une affaire de mois, mais la dragonne n'avait rien goûté de son propre Màr sinon ses souvenirs ancestraux, et elle n'avait jamais vu Alyin heureuse au Màr Menel. Insouciante, insolente, résignée, mais heureuse, jamais.

A moins que l'amertume du présent n'effaça la douceur de ses souvenirs.



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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2014 - 15:40 Répondre en citantRevenir en haut

° Pardonne ma franchise, Dealra, si je t’ai blessée. °

Elérion eut été un dragon impoli et faisant preuve de mauvaise foi, s’il n’avait pas acquiescé aux sages paroles de Dealra. Peu importaient les épreuves par lesquelles la dragonne était passée. Elle possédait assez de lucidité pour s’en accommoder – ou seulement en apparence – et ne pas trop s’appesantir dessus. Et il ne pouvait pas lui donner tort. Il avait toujours été un auditeur attentif. Toutefois, Elérion n’aurait pas été lui-même, s’il n’avait réagis à sa dernière tirade. Celle-ci le touchait particulièrement. Telle une flèche le frappant au cœur, le Bronze s’agita dans le sable, mal à l’aise, tandis que se rallumait dans ses yeux la colère latente qui le caractérisait tant en ce moment. Il renâcla, tenta d’enfouir cette plaie à vif qui le hantait insidieusement depuis sa naissance.

Pourquoi était-il né sur des sables ardents pour se lier à un englouti ?

J’avais été présent sur les sables noirs des Cavernes Flamboyantes à l’instant de sa naissance. Flarmya nous avait réunis d’étrange façon, car nous étions tous deux destinés à ne pas vivre dans le Màr de notre Empreinte. C’est du moins ce qu’il croyait dur comme fer. Mais le doute persistait. En dépit de sa sagesse et de son respect envers les dieux, il doutait encore, parfois, du bienfondé de cette union.

° Les fantaisies de Flarmya peuvent parfois avoir des conséquences cruelles pour les heureux élus. °

Il n’avait pu retenir l’amertume dans cette remarque. Dealra pouvait sans doute comprendre cela. Du moins, l’espérait-il. Partant du constat qu’ils n’avaient, ni l’un ni l’autre, donné le nom de leur mère, avaient-ils des choses à cacher ? Ou honte de revendiquer leur parenté ?

° Je ne suis pas né sur les sables blancs du Màr Luimë, ni même d’un œuf de Reine Argentée. Le chemin tortueux qui m’a mené jusqu’au Kaerl sous les eaux fut long, pénible, douloureux… Mais je ne regrette ni mes choix, ni ceux de mon Lié. °

Sauf le dernier en date, évidemment.

° Es-tu heureuse, Dealra, de savoir que le Màr Menel ne demeurera guère plus qu’un souvenir chéri de ton cœur ? Moi-même, je n’ai pas renié ni mon Màr de naissance, ni ma mère : ce sont eux qui m’ont rejetés. Je ne peux pas leur en vouloir. Ma vraie place est au Màr Luimë, je ne pouvais pas rester là-bas. Mais toi, où se trouve ta place ? °

Sans doute se montrait-il encore blessant. Peut-être même offensant. Il s’était senti attaqué par la dernière réplique de Dealra, alors que rien ne laissait deviner qu’elle connaissait son passé. Il aurait dû s’excuser nouveau. Cependant, il n’en fit rien. Dealra éprouvait peut-être le maigre plaisir de sa compagnie pour se confier ?



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MessagePosté le: Mer 27 Aoû 2014 - 12:13 Répondre en citantRevenir en haut

Dealra accepta les excuses du Bronze d'un vague mouvement de tête. Les ignorer eut été insultant, les recevoir de vive pensée ne ferait que raviver la plaie sans crever l'abcès.

Le dénommé Elerion réagit aux pensées de la dragonne bicolore, et celle-ci s'en sentit fugacement coupable. De quel droit harcelait-elle des dragons étrangers de pensées dérangeantes ? Au sein de son espèce, il était plus que naturel pour un dragon d'étendre ses ailes sous le ciel du Màr qui l'avait vu naître. Pour Elerion plus encore, car ses écailles avait l'éclat cuivré qu'on prête aux Bronzes, ce qui en faisait un père potentiel pour les couvées à venir.

Il abonda néanmoins dans son sens, et Dealra l'en remercia mentalement, redoutant malgré elle d'avoir pu l'inciter à se diriger dans cette voie. Ce qui en soit avait bien peu de sens. C'était un Englouti, il n'avait pas plus de raison d'être animé par la compassion des Célestes que par la condescendance des Ardents. Il se dégageait de ses pensées une certaine amertume, comme s'il était lui aussi pris au piège de l'ironie dépeinte.

Le Bronze lui avoua alors n'être pas né au Màr Luimë. Elle n'avait qu'à fermer les yeux pour revoir les sables argentés. Alyin s'était avancée sur ceux-ci comme elle s'était avancée sur ceux des Sables d'Eclosion. Elle se souvenait avec rage de la petite Verte qui avait tendu le museau vers sa liée, comme si la Neishaane avait pu lui appartenir. Sa liée à elle. A elle.

Elle chassa le tourbillon de ses émotions, happée par une pensée incisive. Il était peu probable qu'Elerion soit né d'une dragonne sauvage. La chose était fort rare et il n'eut pas alors eu de raison de s'en cacher. Il était née dans la citadelle volante ou dans les cavernes enfouies à flanc de montagne. Il était possible qu'il soit l'un de ses cousins ou que ses ailes aient nargué en leur temps les audacieux Pics de Cendres. Dealra le scruta plus attentivement, comme si la réponse pouvait être inscrite dans ses écailles, comme si à sa manière, il avait pu conserver une marque de naissance, de lumière ou de sang.

Il ne lui appartenait pas de lui demander d'où il venait. Elle n'avait pas le droit d'exiger une réponse sans se fendre d'aucune. Dealra posa la tête entre ses pattes, comme gênée des mots qu'elle adressait au Bronze, comme si elle s'arrogeait une ascendance perdue.

° Je suis née sur les sables du Màr Menel avec le sentiment qu'il était mon foyer. Et cette certitude jamais ne m'a quittée. °

Dealra grogna sous la provocation. Ce n'était pas un cri de colère, c'était la grimace de qui reçoit un coup qu'il sait immérité.

° Les miens ne m'ont pas rejeté. Pas encore. Mais ils le feront si je me présente devant eux. Je n'entrevois pas d'autre chemin, pour moi et pour ma liée. °

° Ma place... °

Dealra se sentait le coeur divisé, tranché en deux, d'une blessure aussi nette que la ligne qui séparait ses écailles. L'or pour son foyer, sa glorieuse citadelle étincelante sous l'égide des astres. L'albâtre pour la froide Neishaane aux chants d'hiver, sa moitié d'âme, son éternelle ordalie. Pour elle, elle avait quitté le Màr avec l'espoir d'y revenir. Pour elle, elle avait subi le rituel avec l'espoir non de devenir l'égal d'une reine dorée mais celui, plus égoïste encore, de plaire à sa liée. Pour elle, qu'elle demeurait cette créature torturée aux rêves interdits, cette dragonne sans foyer.

° Ma place est aux côtés de ma liée. °
conclut la dragonne bicolore.
Cette pensée était la seule qui sonna vrai dans son esprit, aussi douloureuse fut-elle.

Dealra se redressa, ignorant le soleil qui ravivait moqueur l'or de ses écailles.

° J'ai vu le soleil briller au firmament, là où la terre est si lointaine que l'horizon semble bas. J'ai goûté à la tiédeur lascive du Màr Menel, à la splendeur de son ciel sans nuage. J'ai vu la voûte marine, j'ai vu la beauté fallacieuse de ses faux astres sous les flots. J'ai vu les sombres cavernes du Màr Tàralöm, me suis glissée dans la noirceur de ses alcôves pour échapper aux regards, j'ai embrassé d'un regard l'arbre aux feuilles de feu. J'ai vu la cendre et la poussière d'un kaërl déchu, j'ai parcouru ses décombres en suppliant notre Mère de m'épargner pareil spectacle de mon vivant. °

La dragonne bicolore se rembrunit, son regard se teintant d'improbables couleurs.

° Mais aucun de ces lieux n'a parlé à ma liée. D'aucun elle n'a fait son foyer. A aucun elle n'a adressé plus qu'un regard éphémère ou une attention fugitive. ° se désola Dealra.





Dernière édition par Alyin le Ven 29 Aoû 2014 - 15:39; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 28 Aoû 2014 - 20:33 Répondre en citantRevenir en haut

La place de tout dragon aurait dû être près de son Lié. N’est-ce pas, Elérion ?

Tandis qu’il prêtait une oreille attentive aux propos de la dragonne bicolore, Elérion balançait doucement son large cou de gauche à droite, en un lent mouvement serpentin. Il tâchait d’assimiler sans arrière-pensées ni jugement hâtif à l’écoute de ce récit. Il frémit en revoyant les images de la Lande d’Eru défiler devant ses yeux. Il devait, de temps en temps, rejeter des souvenirs parasites des vies de ses aïeux, ou des mécanismes imposés par son éduction maternelle. De bien petites choses, formant comme une coque fragile, autour de l’esprit du dragon et qui volaient progressivement en éclats. Elérion apprenait encore une nouvelle manière d’être un véritable Englouti. Cela représentait moins un défi, qu’une marche naturelle vers l’inexorable.

La seule vision qu’il ne put toutefois tout-à-fait taire, fut celle de l’immense arbre rougeoyant trônant fièrement dans le Val de son Kaerl natal. Cette vision emplissait encore son esprit lorsque Dealra marqua un point final, suivis d’une complainte au sujet de sa versatile Liée. Il se ressaisit et cessa tout mouvement de balancier.

° Alors tu es libre. Même si tu ne l’acceptes pas, ta Liée, elle, a l’air de le savoir. Même si une partie de ton cœur appartient pour toujours au Màr Menel, tu es plus libre que n’importe quelle dragonne sauvage. Tes ailes sont libres d’aller où bon vous semble, ta Liée et toi. Et tu gâches cette liberté en te privant de la simple joie d’être unie à ta Liée. Tu t’enchaînes toi-même à tes souvenirs, ne voyant l’avenir que comme une longue errance. Tu te désoles et tu te complais, au fond, dans cette désolation. Car tu refuses de voir ton sort comme un cadeau. Tu es plus libre qu’aucun dragon ne l’a été depuis longtemps. °

Elérion fut le premier surpris de ses paroles. Il n’avait pas voulu être méchant. Et ses mots avaient dépassés sa pensée. Alors même qu’il se rendait compte qu’ils sonnaient justes. Il aurait voulu croire en ce qu’il venait de dire. Il aurait voulu réconforter Dealra. La dragonne semblait trop douce, trop sage, pour être la victime de pareille aigreur. Dealra aurait dû être une jolie dragonne insouciante et volage, rieuse et tendre, complice de sa Liée autant que sa conscience le lui permettait. La Blanche et Or se parait du manteau de son propre geôlier. Tout n’était qu’affaire de perspectives et de choix, dans l’esprit du Neutre. Son discours possédait une logique imparable. Mais une Céleste pouvait-elle supporter pareille débat ?

Tel un dragonneau pris en faute, Elérion renâcla, baissa le museau et agita nerveusement sa queue balayant le sable. Avec du recul, cette conversation possédait un charme surréaliste. Il doutait de pouvoir converser ainsi avec un autre dragon un jour. Un souffle de vent souleva légèrement ses ailes. Un peu de sable vola sur son poitrail, jusqu’à s’incruster sous les larges écailles près de la blanche cicatrice. Il lui faudrait se nettoyer ce soir, après le coucher du soleil. D’ordinaire, c’était moi qui m’en chargeais. Elérion m’avait privé de cette corvée.

° Pardonne une fois encore ma franchise, si tu le peux. Mes paroles ont volés plus loin que ma pensée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant parlé avec un autre dragon. °

Aydan… Etait souvent occupé à seconder Maître Lancaster ou réparer ses bêtises. Et Ithildin, accompagnée de sa Liée, n’était rentrée au Màr que depuis quelques jours. Elérion avait donc éprouvé toutes les facettes de la solitude.

° Le Màr Luimë fait naître des dragons propices aux débats et aux devinettes, dit-on. Eh bien, ils ont aussi tendance à se croire parfaits et veulent toujours avoir raison ! C’est parfois lassant, je l’admets volontiers. Ils déteignent sur moi. °

Où n’était-ce pas l’inverse ? Il lui semblait avoir eu le même mode de pensées tout au long de sa vie.
Il agita à nouveau brièvement ses vastes ailes, soulevant un petit nuage de sable.

° Le Màr Tàralöm préfère faire couler le sang que d’engager la négociation, ce qui est tout aussi – voire plus – désagréable. °

Elérion redressa enfin la tête, plantant son regard dans celui de Dealra sans faillir. Cette fois, il ne se déroberait pas. De quoi devrait-il avoir honte ? Son ascendance, même Ardente, n’en restait pas moins glorieuse et digne d’intérêt. Cacher la vérité ne faisait que l’empoisonner, jusqu’à ce qu’elle devienne une arme. Elérion ne craignait pas la vérité. Mieux : il avait décidé de ne pas la craindre.

° Au risque de me faire détester plus encore, je serais franc jusqu’au bout. Je suis Elérion, fils de Lye’Den, né sur les sables noirs du Màr Tàralöm, dont le cœur n’a d’allégeance fidèle qu’envers les valeurs du Màr Luimë… Et mon Lié. °



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MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 13:19 Répondre en citantRevenir en haut

Dealra n'avait pas conscience du flot d'images dont elle avait submergé le Bronze. La dragonne bicolore avait beau clamer de toute la force de son esprit qu'elle était une enfant de la citadelle céleste, le périple de sa liée n'avait pas moins faits de maints lieux étrangers des îlots familiers. Cela n'en faisait pas son foyer, mais cela imprimait ses souvenirs dans la trame de l'évidence. En réponse au discours philosophique du dragon, elle eut un grognement agacé.

° Cruelle liberté. Je suis aussi libre de sombrer dans l'Interstice pour n'en jamais ressortir, libre de planter mes crocs dans ta gorge ou d'aller montrer mes écailles étincelantes sur les corniches sournoises des Dôl Nàrë. °

Nul n'enchaînait jamais un dragon sinon ses valeurs et son lié. Dealra n'en afficha pas moins une attitude penaude, comme si elle regrettait déjà ses pensées furieuses. Elle accepta ses excuses en détournant la tête, comme gênée de nier qu'il n'avait pas entièrement tort.

Lorsqu'il évoqua le Màr Luimë et ses énigmes, Dealra ne réagit pas. Elle avait ses raisons personnelles de se défier de cette forteresse engloutie. Elle y avait bien peu volé, les souvenirs qu'elle en gardait lui venait d'Alyin qui n'avait pu l'amener avec elle en des lieux où les subtiles reflets d'or de ses écailles lui auraient attiré des ennuis - ce qui n'était pas sans une certaine ironie quand on voyait où elle se trouvait et se qu'elle était devenue-. Son coeur saignait encore du jour où une minuscule dragonne verte avait osé tendre ses pensées vers celle de sa liée à elle. Dealra avait souffert qu'Alyin ait pu lui préférer la dorée Niallàn, car sa liée était une enfant au fol orgueil indomptable, mais elle n'aurait pu souffrir qu'elle pu désirer une petite Verte du Màr Luimë.

Elle émit un grondement dubitatif. De son point de vue, Elerion n'avait rien à envier à ses pairs engloutis. Ou alors elle-même eut pu l'assommer de mille railleries au seul prétexte d'avoir trop fréquenter les Ardents et leur cité caverneuse. La dragonne se redressa sur ses pattes, relevant le cou, ce qui lui permettait de n'être point accommodée par le sable agité par les ailes d'Elerion.

Pour ce qui était du Màr Tàralöm, Alyin, Dealra et Dragon avaient toujours eu la prudence de raser les murs. Ils n'avaient rien demandé à personne. Ils n'avaient rien négocié. Ils s'étaient terrés dans les souterrains exigus où le Màr laissait se terrer ceux qui n'étaient pas nantis du Don.

Dealra ne reprocha pas à Elerion d'être ce qu'il était, pas plus que de l'affirmer ostensiblement. Son crime - être né sur le sable noir des Cavernes Flamboyantes - était loin d'égaler le sien. Lui avait trouvé asile en d'autres lieux. Elle l'enviait en un sens. Peut-être aurait-elle aimée naître au Màr Tàralöm pour le fuir sous l'éclat des Lunes vers des lieux plus cléments, aurait-elle dû porter sur ses écailles la marque du sang et non le miel des astres.

Dealra rendit son regard au Bronze sans frémir. Elle reprit sur un ton paisible.

° Il me plait d'être liée à Alyin, sans quoi je l'aurais obligée à rentrer au kaërl, il y a bien longtemps. Elle m'aurait abandonnée au risque d'en mourir, pour sa liberté à elle mais j'aurais pu... J'aurais pu la trahir d'une pensée. Nyssath n'aurait pas permis qu'elle prit la fuite. Quelqu'un du kaërl me l'aurait ramené. °

Si elle l'avait fait, Alyin l'aurait haïe. Elle l'aurait incendiée, accusée de traîtrise et rangée avec tous ces gens qu'elle fuyait, convaincue qu'elle était qu'ils aspiraient à sa perte. Elle avait été libre, comme disait Elerion, mais elle n'en gardait pas moins l'amère certitude d'avoir opté pour la seule solution possible. Elle avait le sentiment qu'il en avait été de même pour le Bronze, lorsqu'il avait choisir de partir, mais la dragonne bicolore avait l'âme trop noble pour soulever la question et remuer sciemment le couteau dans la plaie.

° J'ai choisi de n'en rien faire. Pas même pour sa liberté, mais pour moi, pour nous. A en croire les souvenirs de mes aïeux, il arrivait parfois que certains bipèdes préférassent leur lié à leur Màr et n'y restassent pas plus qu'il n'était nécessaire. J'ai pensé qu'Alyin était de ceux-là. °

Elle avait cru que la Neishaane lunatique et borné lui rendrait son affection, non qu'elle pousserait son errance à tous les Màrs du continent. Alyin ne l'avait jamais délaissée réellement, oubliée tout au plus lorsqu'elle se noyait dans ses chimères.

° Je pensais que j'avais cette même liberté, que lorsque ma liée serait en sécurité, lorsqu'elle aurait cessé de fréquenter de trop près l'antre de l'Ordre d'Ombre, je pourrais retourner mêler mon vol à celui de mes frères et sœurs célestes. °

Dealra se laissa glisser sur la berge, ses pattes s'enfonçant dans le sable frais jusqu'à rencontrer la résistance de la terre contre ses griffes.

° Ma mère, Nyssath, ne le permettrait pas. L'une de ses enfants a péri sur les sables, la faute m'en incombe à moi, sinon à ma liée. La clémence du Màr Menel vaut pour les innocents, non pour les coupables. °

Sans ce regrettable incident, peut-être aurait-elle été véritablement aussi libre qu'Elerion se plaisait à l'imaginer.



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MessagePosté le: Jeu 11 Sep 2014 - 14:13 Répondre en citantRevenir en haut

Dealra acceptait mal son sort. Résignée mais pas moins combattive, elle semblait garder l’espoir de ramener un jour sa Liée dans le Màr que ses souvenirs chérissaient. Tout en sachant qu’elle-même serait alors à la merci de la vengeance de sa propre mère. Nyssath la Dorée, avait-elle dit. Elérion n’accordait que peu d’importances aux rumeurs et aux fariboles que débitaient les gens sur le marché. N’y prêtant qu’une oreille distraite, il connaissait quelques racontars des environs, sans pour autant négliger la part de vérité qu’ils contenaient. Il y avait toujours un zeste de véracité dans chaque légende, sinon comment seraient nées lesdites légendes ? Les dragons de Tol Orëa en étaient de vivants exemples.

Il avait effectivement entendu parler d’un incident au Màr Menel, d’un drame tragique, où l’on accusait une armée de dragons inconnus, voire sauvages, d’avoir attaqué une couvée de la Reine Nyssath. Il n’y avait accordé de peu de foi. Cette histoire avait tant été enjolivée que la seule vérité qu’on pouvait en retirer demeurait mince comme une feuille de papier. Une tragédie s’était déroulée à l’époque où Dealra vivait sans doute encore parmi ses pairs. Elle s’en disait responsable, ainsi que sa Liée, l’absente Alyin. La retenue dont faisait preuve la dragonne envers sa moitié d’âme, se refusant à la livrer à la justice comme aux commérages, était toute à son honneur. Il était évident qu’elle en souffrait. Car son cœur de Céleste devait peiner à supporter toute cette culpabilité.

Elérion laissa le silence s’étirer quelques instants. Irrité, il secoua brièvement ses ailes pour en ôter de pernicieux grains de sable. La colère montait en lui, dangereuse et latente sous le vernis du calme olympien du Bronze ;

° Et quoi ? Es-tu donc décidée à ne voir dans ton existence qu’une éternelle errance, pour toi ou ta Liée ? Te résignes-tu à n’être qu’un fagot de paille balloté par les vents et les marées, au gré des envies de ta Liée ? Ta place est là où tu veux qu'elle soit. °

Même s’il comprenait son attitude, le grand mâle ne pouvait croire qu’on pouvait choisir pareille vie en toute connaissance de cause. Ce n’était d’ailleurs pas une vie. La vie était normalement faite de choix, de décisions, bonnes ou mauvaises, qui devaient mener à une aspiration, quelle qu’elle soit. L’attitude de Dealra semblait consister à refuser de faire ces choix et à attendre que le temps passe. Cela révoltait Elérion. Dragon amoureux de la vie, pour ses bons comme ses mauvais côtés, qui comptait bien mener la barque de son existence comme il l’entendait, le Bronze n’imaginait pas qu’on puisse s’enferrer ainsi dans l’immobilisme. Pour se laisser dépérir. Car c’était ce qu’il était en train de se passer, à ses yeux. Dealra paraissait perdre un peu plus de son étincelle de vie, des fragments de son cœur céleste, à mesure que le temps passait. Plus encore que les non-choix de sa compagne, qui faisaient horreur à sa nature profonde d’Englouti, il ne supportait pas la vision de cette jolie dragonne dépérissant loin de son foyer, ses valeurs chaque jour ébréchées encore et encore, jusqu’à n’être plus que l’ombre d’elle-même. Dealra méritait mieux. Flarmya ne pouvait pas désirer un sort si funeste à l’un de ses enfants !

La révolte silencieuse du Bonze le maintenait figé sur la plage, les muscles tendus, les yeux rougeoyants légèrement. Sans doute avait-il tort. Il l’espérait sincèrement. Très peu de dragons du Màr Menel avaient croisés sa route auparavant. Il aurait voulu soulager la peine de Dealra. Il aurait voulu la forcer à faire ses propres choix. Il aurait également souhaité voir à quoi ressemblait la vrai Dealra, celle qui avait vécu parmi les siens, depuis son Empreinte jusqu’au jour fatidique du criminel départ. Il aurait voulu savoir comment était cette dragonne mi blanche mi dorée, jadis, alors qu’il ne pouvait en apercevoir que d’éparses étincelles maintenant.

Elérion fit quelques pas sur le sable, se rapprochant de la dragonne sans faillir et vint lui donner un coup de museau dans le cou, pour qu’elle se redresse un peu plus. Un coup brusque. Il étendit ses larges ailes au-dessus de la Blanche, comme pour lui faire de l’ombre. Son attitude extérieure présentait toutes les dominantes de la fureur. Sa voix, elle, ne portait l’empreinte que de la douceur, un peu froide et distante, qui le caractérisait.

° Redresse-toi, malheureuse ! La marée est basse, tu pourrais t’enfoncer dans la vase jusqu’au poitrail avant de t’en rendre compte. °

Elérion s’écarta de quelques pas sur le côté, sans pour autant rompre le contact visuel. Il faisait de la place à la femelle, pour qu’elle puisse remonter plus haut sur la plage si elle le désirait.

° Nos Liés sont notre malédiction, à nous, les dragons. Nous sommes soumis à leurs choix. Cependant, au même titre qu’ils représentent également un don du ciel, ils doivent aussi se plier à nos décisions. Il suffit de le leur dire. °

Son regard se perdit un instant sur la surface miroitante de la mer orientale.
Si vraiment il pensait ainsi, pourquoi ne reprenait-il pas contact avec moi, son propre Lié, en sachant que les jours nous étaient comptés ?



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MessagePosté le: Mar 16 Sep 2014 - 17:30 Répondre en citantRevenir en haut

La fille d'une Reine Dorée du Màr Menel n'aurait pas dû accorder la moindre importance à l'opinion d'un dragon bronze ardent, fut-il du Màr Luimë. Peut-être s'en moquait-elle en vérité, et redoutait-elle simplement d'y trouver un écho à son propre jugement, et à cette piètre opinion qu'elle avait d'elle-même, sinon de son sort.

La colère sourde qui incendiait les veines de l'autre saurien clamait son ascendance décriée. Il était né sur le sable noir du Màr Tàralöm, Dealra ne devait pas l'oublier. Dragon était né dans l'écrin argenté de la Sphère de Naissance, Dragon était animé comme les vagues dans la tourmente, l'âme trompeuse d'une eau miroitante, et pourtant, également, sa transparente pureté.

Il la rejetait sans ménagement dans ses propres retranchements. Cela n'était que justice, ou fatalité. Dealra n'avait jamais été accueillie en amie au Màr Luimë. Alyin, l'intrigante Alyin y avait tracé sa route, car sa liée, en dépit de sa nature farouche et de ses manières insolentes, avait toujours suscité la curiosité, en cela qu'elle semblait toujours suivre le tracé évident d'une route invisible. Dealra allait d'autre manière, son vol calqué sur celui de ses aïeux, son âme martelée dans une forge céleste et clouée à même le sol de sa forteresse bénie.

La dragonne bicolore avait plus de volonté que le supposait le Bronze. Elle désirait plus être avec Alyin que résider au Màr Menel. Mais cette évidence sonnait comme une morne résignation. Peut-être était-elle ainsi que le dragon la décrivait, peut-être ne pouvait-elle offrir au monde une autre image. Elle avait fait un choix, elle ne le niait pas, seulement, là où certains pariaient sur de mirobolants succès, elle avait misé sur une morne carne insipide et boiteuse.

Il était aisé de garder le cap. Une dragonne céleste pouvait bien se convaincre qu'un dragon, fut-il du Màr Luimë ou du Màr Tàralöm ne pouvait que lui chercher à la blesser. Une dragonne céleste... Dealra n'en était peut-être plus une, trop à même qu'elle était de comprendre que ce Bronze la haïrait toujours moins que sa propre mère.

Les dragons avaient des moeurs suffisamment dissemblables des bipèdes pour garder entre eux des distances plus que respectueuses. Ils ne se liaient qu'au caprice d'une nuit et lorsqu'ils se caressaient c'était plus souvent d'une pensée que d'un geste. Dealra fut étonnée de voir approcher le Bronze et plus encore de sentir son museau taper contre son cou. Le coup était violent dans sa vivacité mais mesuré dans sa force. S'il l'avait voulu peut-être aurait-il pu la renverser ou lui faire mordre la poussière. Une rage sourde brûlait dans son regard, mais la dragonne bicolore n'en avait cure. S'il le fallait, elle fuirait dans l'Interstice. Il était inconcevable
qu'il la poursuive dans cette autre ailleurs qui n'aurait d'importance ni pour elle, ni pour lui.

Dealra se redressa plus indignée que reconnaissante. Si les dragons se noyaient en s'endormant sur une plage, cela se saurait. Elle avait peine à croire qu'elle put s'enfoncer à ce point, la berge paraissait stable, et des sables mouvants aussi étroits n'auraient pas suffi à l 'engloutir. Dubitative, elle déploya ses ailes pour en chasser le sable et alla se percher plus haut dans les rochers. La posture était bien moins confortable, un décollage en catastrophe l'obligerait à se râper le bords des ailes contre la roche abrupte mais la pierre compensait sa rudesse par une douce et agréable tiédeur.

Dealra eut en réponse aux paroles du Bronze un cri rauque et amusé. S'imaginait-il qu'elle n'avait jamais parlé à sa liée ? Ou s'imaginait-il que l'inconsciente Neishaane en avait cure ?

° Les mots ne sont que d'inutiles fardeaux quand parlent les âmes. Ma liée n'a pas décidée d'être ce qu'elle est au seul dessein de me nuire. Flarmya n'est pas si cruelle. °

Il y avait une autre vérité sur laquelle Dealra ne s'attarda pas. Elérion étant ainsi qu'il était, il pouvait concevoir d'obliger son lié à céder à son caprice. Dealra était une dragonne céleste pour qui asservir sa liée de quelque manière que ce fut était une perspective aussi réjouissante qu'un vol dans l'interstice pour une éternité glacée.

Mais la dragonne bicolore ne désirait pas marquer leur rencontre du sceau de leur différence. A cet instant, peut-être le Bronze était-il le dragon dont elle était la plus proche. Etrange idée à méditer. Avant d'avoir pu risquer d'attirer sur elle l'attention traînante des habitants du Màr Luimë dont elle savait l'entrée beaucoup trop proche, Dealra ouvrit ses ailes aux vents capricieux de la côte, se propulsa de sa corniche et à la force de ses ailes, parvint à s'arracher à la Baie.

Il lui faudrait retrouver Alyin à la force de son vol. Elle aurait risqué les périls de l'Interstice si le Bronze l'y avait contraint, mais son repas trop récent lui interdisait ce caprice logistique.



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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mer 24 Sep 2014 - 00:17 Répondre en citantRevenir en haut



Le départ de Dealra pouvait ressembler à une fuite en avant. Mais Elérion se refusait à la juger. Son histoire méritait l’attention et la compassion : pas la condamnation. Dealra avait dû faire des choix, bons ou mauvais et les assumait. La dragonne bicolore devait vivre avec les conséquences de ces actes, de ces choix manqués par la faute de l’inconscience de sa drôle de Liée. Elérion comprenait cela mieux que n’importe quel dragon, sans doute. Cette étrange dragonne, Céleste par le cœur mais sauvage par son lien d’Empreinte, semblait soudain l’être le plus proche de lui-même. Flarmya avait joué avec leurs destinées respectives, les obligeant à agir et faire face à des événements qu’aucun dragon ne devrait vivre. Ils avaient survécus. Leur Âme Sœur leur causait beaucoup d’ennuis. Mais quel dragon oserait clamer qu’il n’aime pas son Lié - sa chair, son sang, son esprit - en dépit de tout ? Qui que soit cette Alyin, elle aurait dû savourer l’amour de sa Liée d’une meilleure façon. Car Dealra méritait qu’on lui accorda de l’affection.

Elérion avait déjà rencontré quelques frères du Màr Menel, tandis qu’il errait dans Lòmëanor ou dans la Baie, mais il ne leur avait guère parlé. Même cette Bleue inconnue, qui léchait ses plaies dans une grotte des Pics de Cendres, dont il avait tu la présence illicite pour la protéger des foudres de Lye’Den sa propre mère, il ne lui avait pas réellement adressé la parole. Du réconfort et du silence, voilà tout ce qu’il lui avait consacré, avant qu’elle ne parvienne à s’enfuir, une fois remise de ses blessures et avoir arraché sa folle Liée du ventre du Kaerl Ardent. Dealra était la première Céleste avec laquelle il conservait. La seule, avec le facétieux Bronze Aydan et la sarcastique Airain Ithildin, avec laquelle il avait réellement l’impression d’avoir noué une relation. De quelle nature ? Il l’ignorait encore.

Tandis que la Blanche et Or prenait son envol, il lui envoya ces simples pensées :

° La Baie d’Eau-Claire est un refuge libre de toutes entraves. Si tes ailes t’y conduisent à nouveau, sache qu’Elérion y demeure souvent et qu’il sera toujours prêt à t’accorder attention. °

La dragonne s’éloignait et le Bronze se retrouva de nouveau seul, les griffes enfouies dans le sable, ses yeux reprenant peu à peu une couleur opalescente plus sereine. Il regagna sa grotte à flanc de falaises et s’y coula de toute sa longueur. Il ne s’assoupit pas pour autant. Ses yeux fixaient l’horizon sans fin de la mer. Songeant à moi, le Chevalier le plus médiocre de tout le Màr Luimë et son Lié par la grâce de Flarmya.



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