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 [RP] Leçon des histoires Sujet suivant
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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 24 Juil 2014 - 21:00 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku, 918



Le Jardin d'Hiver était parcouru de multiples petits cours d'eau. Amoureux de cet élément, Meccaya avait eut tôt fait de prendre ses repères dans ce jardin, la première fois où iel était venu. Ce jour-là, iel avait en main un petit livre qui définissait le Màr, et iel s'attachait à connaitre l'endroit dans lequel iel allait vivre, afin de ne pas se retrouver perdu bêtement. Le jardin lui avait plu. Lieu agréable, assez peu bruyant... Mon aspirant savait qu'iel aurait l'occasion d'y revenir sans savoir, à l'époque, pourquoi.
Imitant son maitre, iel avait envoyé un messager chercher son Seònaid, et lui indiquer le lieu de rendez-vous. Depuis, iel attendait, à l'entrée du Jardin d'Hiver, de voir la jeune femme venir vers lui. Assis sur un banc, sur le côté, face à un espace un peu large pour faire circuler le beau peuple, et près de la végétation qui, derrière lui, était faite de fleurs aux couleurs vives et d'arbres aux troncs noueux qui projetaient sur son banc une ombre bienveillante. Il y avait peu de monde, ce qui était surprenant. Ils étaient peut-être en milieu de matinée, mais le temps était relativement agréable. Enfin, un neishaan issu de Vaendark trouvait les températures agréables, si vous voyez ce que je veux dire.
Ce neishaan, Meccaya, n'avait clairement pas l'allure d'un maitre. Du moins, c'était cela son propre avis sur la question. Peut-être aurait-ce été différent s'iel avait eu Persée en maitre, et non Erebus Lukas. Ce dernier était un humain assez grand, de bonne carrure, avec une voix grave qui portait bien, ce qui suffisait à impressionner le petit être qu'était mon personnage. Et, surtout, maitre Lukas savait s'exprimer comme un maitre, sans manquer de respect, sans mettre trop de distance entre lui et Meccaya. Il savait rectifier les erreurs sans effrayer l'androgyne, le conseiller... Combien d'aspirants lui avait-il fallu pour arriver à ce résultat ? Avait-ce été instinctif ? Ah, pourquoi diantre lui avait-il donné un tel devoir ? Espérait-il le voir gagner de la confiance en lui, ou de l'assurance ? Pour le moment, c'était principalement ce qui lui manquait.

Nerveusement, iel fouillait dans sa besace. "Lui apprendre à lire et écrire". Iel n'avait jamais fait ça. Iel avait très peur de faillir à sa tâche. La lecture, c'était toute sa vie, iel transmettre cela à son élève. Iel n'avait pourtant trouvé aucun livre pour le guider dans sa mission. Ses souvenirs d'apprentissage étaient lointains, flous. Iel avait plus ou moins improvisé. Dans sa besace iel avait un livre, du velin, de l'encre, des plumes, quelques parchemins... Dont un découpé en petits morceaux. Iel vérifiait, re-comptait. Tout était là. Le neishaan leva le nez de sa besace et jeta un coup d'oeil inquiet aux environs. Iel craignait son élève autant qu'iel s'impatientait de sa venue. Si elle ne venait pas, cela lui épargnait une occasion d'échouer...
Meccaya ne portait rien qui puisse le distinguer des autres passants. Elle le reconnaitrait sans doute en voyant qu'iel attendait quelqu'un. Sans quoi on aurait tout juste dit un jeune adulte lambda. Sans muscle aucun, pas un belligérant. Oui, peut-être qu'elle le prendrait pour un scribe. Ses joues étaient imberbes, iel était vêtu de nouveaux habits trouvés sur la Grand Place. Tout en noir ou nuances de brun sombre. Cape, tunique, pantalon... Seules ses bottes étaient celles qu'iel avait amenées ici. Elles étaient plus usées que le reste.
Courbé, les coudes appuyés sur ses genoux, la lèvre mordue, l'androgyne regardait partout, remuait en vain. C'était Persée Garaldhorf qui avait confié à Erebus la tâche qu'il avait déléguée à son aspirant. Comme s'iel ne s'inquiétait pas assez de l'éventualité de décevoir son maitre, le messager à qui mon neishaan avait confié la mission d'aller chercher Seònaid avait demandé de qui cette enfant était l'aspirante. Au nom de Persée, les yeux du messager s'étaient arrondis. "Pas n'importe qui", avait-il dit. Mon neishaan était passé de blanc javel à blanc javel concentrée. Le messager lui avait alors parlé du grade qu'occupait la demoiselle. Cela avait achevé d'angoisser le pauvre Meccaya.

Ah, là, une silhouette qui paraissait un peu perdue ! C'était sans doute elle ! L'androgyne, qui de toutes façons ne tenait plus en place et ne demandait qu'à bouger pour s'occuper et évacuer un peu sa nervosité, se leva et, presque trop hâtivement, vint à la rencontre de la jeune femme.

"- Excusez-moi; êtes-vous Seònaid Velundrel ?" comme la réponse fut affirmative -auquel cas tu me surprends-, iel ajouta, avec une légère courbette: "Meccaya Im'Awhël. On m'a confié la tâche de vous enseigner la lecture et l'écriture. Si vous voulez bien me suivre, nous devrions aller dans un endroit plus calme, où nous ne serons pas dérangés."

Ses mains tremblaient un peu, mais iel avait parlé sur son ton calme, un peu distant mais respectueux qu'iel utilisait par automatisme devant, par exemple, les amis de ses parents... Ou ses professeurs. Iel ne savait pas vraiment se comporter autrement. S'imposer, ce n'était pas dans sa nature. Lui, iel s'écrasait, plutôt...
Meccaya guida ainsi son élève le long d'un chemin qu'iel avait jadis repéré, jusqu'à un endroit qui lui avait jadis plu. Enfin, jadis. Il y a... Deux jours, peut-être ? En tout cas, l'endroit était, en effet, vide, ce matin-là. Un peu excentrée, le long d'un des cours d'eau qui parcouraient le jardin, la place était assez étroite, et contenait un banc qui faisait face à l'eau, des pavés en guise de chemin. Entourés d'arbres fruitiers et de fleurs orangées, c'était pourtant une des parties les moins odorantes du jardin -tant mieux, ces effluves commençaient à faire mal au crâne de mon neishaan. Une statue de Dragon, couverte par endroit de mousse, se tenait près du banc. Une autre lui faisait face, de l'autre côté de l'eau.

"- Asseyons-nous, nous serons mieux ici." Iel joignit le geste à la parole, s'asseyant sur le banc. Mais iel n'était pas assis correctement: au lieu d'avoir les jambes dans le vide, le dos appuyé au dossier, iel s'était assis en tailleur sur le banc, perpendiculaire au dossier, et invitait son élève à faire de même. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de table, ici, le banc ferait office de support. "Mais avant dis-moi: est-ce que quelqu'un t'a déjà lu un livre ? Ou quoi que ce soit d'autre. Est-ce que l'on t'a déjà fait la lecture ? Comment te racontait-on des histoires ?" Iel parlait toujours avec ce même ton, assez neutre pour le moment, et toujours respectueux sans fausse compassion ou joie.
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MessagePosté le: Jeu 24 Juil 2014 - 21:00 Revenir en haut

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Seònaid Velundrel
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2014 - 20:46 Répondre en citantRevenir en haut

C'était trop pour la petite Seònaid.
Depuis son arrivée au Kaerl, elle avait eu à faire face à de nombreuses situations auxquelles elle n'était pas habituée. Notamment voir des gens, et leur parler. Les mots se faisaient nombreux, et sa gorge peu habituée en souffrait quelque peu. Sans parler de la température bien plus basse que dans sa forêt tropicale. On lui avait conseillé d'aller voir une guérisseuse à l'infirmerie, mais peu habituée à naviguer dans des villes ou des intérieurs, elle se perdait bien facilement. N'ayant pas la patience de chercher et la douleur n'étant pas insupportable, elle s'était contentée d'abandonner pour faire d'autres choses plus intéressantes. Comme se former.
Persée avait en effet commencé à lui enseigner ce qu'il y avait à savoir sur le monde qu'elle venait juste de rejoindre. Seònaid en était ravie, en grande curieuse qu'elle était. Elle posait de nombreuses questions et en appréciait chaque réponses. Elle se passionnait pour ce nouveau monde qui changeait tant de ce qu'elle avait connu jusqu'à présent.
Néanmoins les disponibilités réduites de sa Maîtresse faisaient que ces séances restaient souvent courtes, bien qu'intenses. Et comble du malheur, la jeune Fëalocë ne pouvait pas poursuivre son apprentissage d'elle-même par la lecture. En effet, le milieu dans lequel elle avait grandit ne lui avait pas permis de développer cette connaissance des livres, personne n'ayant jamais pris la peine de lui apprendre. Sans doute était-ce parce que ses parents eux-même ne savaient pas, ni les autres adultes de son entourage. Le plupart des personnes de la troupe venaient d'un milieu au mieux modeste, où la lecture n'était pas une activité réellement courante. C'est pour ça qu'il avait été décidé qu'elle apprendrait à lire, ainsi qu'à écrire, avec un autre Maître, ou plutôt son Aspirant. Il faut dire qu'avec la situation actuelle, le temps qu'avaient à accorder ces premiers était plutôt réduit, aussi il n'était pas rare de voir les plus jeunes s'entraider dans leur apprentissage.
Peut-être les deux Maîtres pensaient-ils qu'en retour Seònaid aurait quelque chose à apporter au jeune homme qui allait l'aider. Elle ne savait pas, n'y avait pas franchement réfléchit, puisque à ses yeux elle n'avait aucun talent particulier, ni rien de bien intéressant à apporter au Màr à l'heure actuelle, au delà de son don. Et même ainsi...

Bien décidée à progresser afin de se montrer réellement utile, elle s'était rendue aux jardins dès qu'elle avait pu. Habillée et propre – sensation quelque peu étrange pour notre sauvageonne dont l'hygiène quotidienne n'était pas des plus accessibles jusque là – elle avait gagné l'extérieur des Spires avec une joie certaine. Elle supportait mal l'enfermement, et passait le plus clair de son temps à gambader dehors, mais avait parfois à revenir par là. À son grand désarroi.
Elle essayait de découvrir la ville progressivement, mais même là elle ressentait un léger sentiment d'enfermement. Des rues trop étroites, trop de gens, pas assez d'arbres et de terre. Elle se sentait mal à l'aise, et devait bien souvent sembler un peu perdue.
Finalement elle parvint à atteindre le lieu de rendez-vous sans trop de difficulté, grâce au messager qui le lui avait indiqué. Un grand sourire illumina son visage lorsqu'elle découvrit les jardins, et elle quitta rapidement le petit chemin pour l'herbe, ôtant ses bottes nouvellement offertes par Persée pour sentir sous la plante de ses pieds la sensation si familière. La fraîcheur de la terre dans laquelle elle trouvait un appui réconfortant la soulagea grandement et la détendit légèrement. Elle n'était pas trop anxieuse quant à la leçon à venir, mais n'était pas rassurée pour autant. C'était plus l'idée de passer du temps avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas qui avait de quoi l'inquiéter, même si elle était plus intriguée qu'autre chose au final.
Elle ne quitta pas le chemin des yeux pour autant, mais se trouva vite distraite par ce qui l'entourait.
Il faut dire, l'endroit était magnifique, et elle aimait l'odeur qui s'en dégageait.
Néanmoins, elle n'eut pas le temps de vraiment s'émerveiller, car sa progression restait rapide, et qu'elle savait qu'elle n'avait pas le temps de batifoler. Elle n'avait pas de moyen de savoir à quoi ressemblait son professeur, et donc elle devrait le trouver par ses propres moyens. Grimper dans ce grand arbre lui semblait par exemple une bonne idée pour avoir une bonne vue d'ensemble des lieux et peut-être même le repérer...

Malheureusement pour elle, ce ne fut pas nécessaire, puisqu'elle fut repérée la première. Un jeune homme aux cheveux d'un banc neigeux et à l'apparence fragile s'avança vers elle en prononçant son nom. Elle en sursauta presque, peu habituée encore à l'entendre de la bouche d'autres gens. Quelque chose qui était arrivé plus souvent ces derniers jours qu'en des années.
Elle se contenta de hocher la tête à la question, l'observant curieusement et se retenant d'aller le renifler, parce qu'apparemment, ça ne se faisait pas. Humpf. Comme si elle allait arrêter pour autant. Elle n'aurait qu'à le faire discrètement... Elle trouvait que les odeurs étaient très révélatrices d'une personne pour sa part. Quoiqu'elle n'avait jamais vraiment testé ça, dans son esprit quelque peu animal cela faisait sens.
« D'accord. Monsieur. » Elle s'était empressée d'ajouter ce dernier mot, se rappelant que ça se faisait.
Elle profita de leur petite marche pour exécuter son plan pour le sentir en se rapprochant un peu de lui, faisant mine de simplement le suivre de près, un peu en recul. Avec le déplacement, l'odeur lui parvenait mieux. C'était une senteur étrange, que la jeune femme n'avait pratiquement jamais eu l'occasion de connaître. Elle n'aurait pas vraiment su mettre de mot dessus, d'ailleurs. Elle le pourrait lorsqu'il sortirait de son sac parchemin, encre et livre. Elle demanderait sans doute des noms plus spécifiques. Il n'y avait presque aucune trace de transpiration, et le tout restait particulièrement léger, flottant avec peine jusqu'à elle.

Elle cligna un peu des yeux, reprenant une distance plus normale et s'arrêtant devant le banc, posant ses bottes qu'elle tenait en main à côté de celui-ci pour s'y asseoir, imitant Meccaya. Elle prit une posture identique, et comme il ne commentait pas elle en déduit qu'elle avait fait ça bien. Puis vint le temps de parler.
Elle fronça un peu les sourcils, assez perplexe, ses mains jouant plutôt nerveusement l'une avec l'autre. Elle ne l'était pas vraiment habituellement, mais la tension qu'elle ressentait du jeune homme la mettait dans un état assez différent de d'habitude. Pour se détendre, elle déplia une de ses jambes, laissant l'autre dessous pour toucher l'herbe rassurante sous son pied.
« Non, jamais. Ma mère me racontait des histoires... hum... des contes... quand j'étais petite. J'ai déjà vu un livre, mais on ne m'en a jamais lu. » Ou elle ne s'en souvenait pas. Inutile dans sa survie, elle l'aurait effacé, comme beaucoup de choses.
Elle posa sa main sur son pied resté à porté et joua un peu avec ses orteils, sans trop se soucier du sens des convenance, défaisant un peu de saleté sous un ongle à cause de sa marche dans l'herbe. Juste de la terre. Elle avait une odeur différente de celle de sa forêt, elle était plus sèche.
Seònaid nota le sac du jeune homme, et se dit qu'il avait dû en apporter un. Pour apprendre à lire, c'était mieux. Elle avait un peu de mal à concevoir comment à partir de signes on pouvait former des mots, des pensées, mais le concept lui plaisait.
Elle fit un sourire et sautilla quelques secondes sur place comme une enfant, soudainement excitée et prête à commencer. Elle ne se doutait pas vraiment de la difficulté de la tâche.
« Mais c'est pas grave, pas vrai ? Je vais quand même pouvoir apprendre ! On peut commencer quand tu veux ! » L'idée même de vouvoiement était passé à la trappe pour boucle d'or qui était prête à se jeter à l'eau pour aller chercher des gros saumons. Ici l'eau étant les livres et les saumons une méthode de lecture.
Elle se laissa glisser sur le banc pour se rapprocher de Meccaya afin de faciliter le processus de passation de savoir. Ca n'aiderait pas réellement, mais au moins elle verrait ce qu'il lui explique ainsi !
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2014 - 22:32 Répondre en citantRevenir en haut

Face à son élève, Meccaya était un peu déstabilisé. Depuis son arrivée au Kaerl, iel n'avait rencontré que des personnes ayant reçu au moins autant d'éducation que lui. Nechama, Guilitane... Son maitre Erebus... Iel aurait dû se douter que quelqu'un qui ne savait pas lire n'était sans doute pas issu de la haute société. Non seulement iel n'y avait pas pensé, mais iel ne s'était même pas préparé psychologiquement. Du coup, la vision de ladite Seònaid l'avait laissé un peu surpris. Oh, pas plus que cela. Iel n'avait pas passé sa vie sans côtoyer des gens plus pauvres que lui, et pouvait même se targuer d'avoir eu deux-trois amis de moindre condition que la sienne. Mais cette jeune femme avait l'air différente, sans qu'au premier abord iel devine pourquoi. Quand elle le renifla, iel ne sentit rien, occupé qu'iel était à craindre d'être mauvais professeur. Et s'iel ne parvenait pas à se mettre à son niveau ? Et si elle finissait par désespérer ? Ou ne plus vouloir apprendre ? Le drame. Iel s'était retourné vers elle, à un moment, et avait constaté qu'elle le suivait de près. Je ne te cacherai pas, cependant, qu'iel eut plus peur à ce moment-là que l'on s'attaque à son charmant petit fessier plutôt qu'à son odeur. Il n'imagina pas cela possible. Brave petit...

Assis face à elle, l'écoutant lui répondre, le neishaan put prendre le temps d'observer son élève. Iel comprit alors ce qui lui donnait le sentiment qu'elle était différente. Ses bottes étaient à côté d'elle depuis le début, elle marchait pieds nus, sans la moindre gêne. Pourquoi pas... Peut-être que ses bottes avaient un souci, hein. Elle avait également des manières d'enfant, aurait-on dit. Une enfant dans un corps d'adulte. Cela arrivait, Meccaya en avait déjà vu. C'était toujours un peu surprenant, mais si l'on se rappelait que les personnes étaient humaines/neishaanes/autres avant d'être spéciales, il n'était pas compliqué d'avoir un comportement correct avec elles.
Ainsi, elle connaissait déjà des histoires, mais on ne lui avait jamais lu de livre. Eh bien, si elle aimait les histoires, c'était déjà une chose de gagné. Ce fut ce qui consola Meccaya. Si elle avait déjà eu la chance de connaitre la lecture d'un livre, cela ne l'aurait sans doute que plus motivée à apprendre la lecture. Néanmoins, iel vit bien vite que la motivation ne manquait pas à la jeune femme, qui sautillait sur place. Elle ignorait que l'apprentissage serait sans doute long, et parfois laborieux. Pour les adultes, c'était plus compliqué que pour les enfants...
L'androgyne hésita un moment à abandonner le vouvoiement, envers la jeune femme. Iel décida de continuer tout de même, pour voir si elle finirait par prendre le pli ou non. C'était un apprentissage qui lui serait utile, au Kaerl. Tous les maitres n'étaient pas aussi patients et tolérants que Dame Persée, ou lui-même.

"- Eh bien, commençons, dans ce cas. Il faudra que vous me disiez quelles histoires vous préfèrez, comme cela je pourrai vous trouver des livres qui vous plairont..."


Iel fouilla sa besace, et sortit le livre qu'il avait amené. Un petit livre, tout léger, avec une écriture assez grosse et bien lisible. Iel l'ouvrit sur la première page, et le plaça entre lui et Seònaid, le tournant de telle sorte qu'il soit dans le bon sens pour son élève. Calmement et lentement, iel tâcha d'expliquer la chose:

"- Voici donc le livre. Son fonctionnement est simple. On a tracé avec de l'encre des symboles. À chaque symbole correspond un son. À l'oral, aligner les sons permet de former les mots. À l'écrit, aligner les symboles permet également de former les mots. Vous voyez ?" Iel faisait une mini-pause entre chaque phrase, pour que la jeune femme ait le temps de comprendre. "Le plus gros du travail, pour vous, va être d'apprendre à associer à chaque symbole le son qui lui correspond. Quand vous saurez cela, le reste viendra tout seul."

L'apprenti professeur laissa son livre entre les mains de son élève. Iel espérait que le défaut d'âge dont elle faisait apparemment preuve n'avait pas atteint ses facultés de mémorisation. C'était le plus important, de son point de vue. De sa besace, iel sortit petit à petit des petits carrés de papier sur lesquels étaient tracés les fameux symboles. Un par papier. Iel les étala petit à petit devant Seònaid.

"- Voilà donc les fameux symboles. Il y en a environ vingt-six. Le plus simple, c'est de ne pas vouloir les apprendre tous en même temps. Nous allons en faire six, aujourd'hui. Je vous laisserai les papiers. Ce qui pourrait être intéressant serait que vous les ayez toujours sur vous. Ainsi vous pourriez, dans la journée, en tirer un au hasard de votre poche, et lire ce qu'il y a dessus. Je vous apprendrai à écrire plus tard, la lecture vous sera plus importante..."

Iel regardait toujours son élève, en parlant, montrant un à un les symboles. Mais iel laissa également Seònaid les observer toute seule, comme une grande, alors qu'iel fouillait à nouveau son sac. Là, iel sortit l'encre et la plume.

"- Pour que vous puissiez vous rappeler à quel son correspond chaque lettre, nous allons faire des dessins aux dos de ces dernières. Cela vous va ? Il faut que vous me disiez à quoi vous fait penser chaque son."

C'était assez amusant de le voir se montrer tout de douceur et de gentillesse avec la petite, comme s'iel craignait qu'elle se vexe, lui balance dans la tronche qu'iel était mauvais et s'en aille, alors que bon, la petite Seònaid, elle n'était pas non plus la personne la plus haut placée ou la plus effrayante du Kaerl. Elle aurait pu l'être, pour quiconque craignait la différence, mais Meccaya la trouvait plus attendrissante qu'effrayante. Et surtout, elle n'avait pas l'air du genre à se formaliser. Pourtant, son professeur persistait à craindre son jugement, bien qu'iel le montra de moins en moins, s'exprimant de plus en plus clairement. Iel ouvrit son pot d'encre et y trempa sa plume. Ceci fait, iel demanda à Seònaid ce à quoi lui faisait penser le son "A". Iel allait faire de même avec le reste des voyelles couramment admises: e, i, o, u... Iel lui parlerait du y plus tard, à la fin.
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