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 [RP] Par une sombre nuit de trafic Sujet suivant
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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 18:21 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918 : aux premiers jours
de la Poursuite du Mage-ombre


Loméanor. Cette nuit se voulait tranquille comme les autres, si on ne regardait pas la clarté de la nuit qui était bien obscure ce soir là. Il était bien tard et depuis le coucher du soleil, les deux lunes n'avaient pas eu la chance d'une éclaircie pour étinceler dans les yeux des amoureux qui adoraient les contempler au sommet d'une petite colline. Mais aucune âme amoureuse ne trainait dehors. Peu de fenêtres éclairaient au dehors. Les habitants étaient moroses de ce que la Terre de l'Aube vivait. La menace des Ombres était vivace et tous se rappelaient ce qui s'était tramé aux trois Kaerls. Mais cela n'empêcha pas une ombre de se faufiler dans les recoins sombres des maisons et autres établissements, se glissant de rue en ruelle, cherchant quelque chose. Un voleur ?

L'encapuchonné, tout vêtu de noir de pied à la tête, se cala contre un mur, cherchant à écouter le moindre murmure. Il cherchait quelque chose. Ou quelqu'un. Depuis son kaerl, il avait commencé à entendre des rumeurs, qu'il aurait pu prendre à la légère s'il n'avait pas saisi les possibles conséquences. Il avait cherché l'origine de ces rumeurs, en apprenant de nouvelles et usant de son expérience passée en Ys pour démêler le vrai du faux. De ce qu'il apprit ne manqua pas de lui donner envie de fouiner plus en profondeur dans cette affaire. Bien qu'il était Seigneur, il n'appréciait pas ce qu'il avait découvert... Le Kaerl produisait des armes avec l'aide du minerai extrait des mines de la Route de Zöôr, dans les Pics de cendre, et dans la production de ces armes, certaines étaient détournées. Par qui et pourquoi, il n'avait pas su encore le découvrir. En tout cas, ce qui servait à la revente partait en grande partie vers un seul point : Loméanor. Beaucoup de personnes pourraient être impliqués. Mais l'affaire était discrète et ne s'était pas tellement ébruitée. sauf jusqu'Alauwyr dénoue tout le noeud... Loméanor devait être un point névralgique pour le trafic. Et comme Alauwyr ne faisait guère confiance, il avait opté pour une solution simple pour comprendre de quoi il en retournait : y aller lui-même.

Estenir avait bronché devant son initiative. Mais qui se douterait que le Seigneur en personne enquêterait ?

°Ton entreprise reste dangereuse. Qui te dit que ce n'est pas justement ce que vise tes ennemis ? °
°Il faudra faire avec. Je ne tiens pas qu'on profite de ce trafic pour accuser le Kaerl de complot ou autre menace organisée. Il s'agit de la facture ardente sur ses armes ! Il serait aisé d'équiper des hommes pour fomenter une révolte durant une Réunion ou un Tournoi InterKaerlique. Rappelle-toi le tout dernier. On avait levé des lames contre des chevaliers-dragons ! °


L'argument n'avait pas été assez percutant pour le dragon cendré, mais avait fait mouche malgré tout, acceptant de le mener à une bonne distance de la bourgade et concédant de s'éloigner. Alauwyr ne devait pas être vu en compagnie de son lié. Surtout si des dragons trainaient dans les environs.

Donc ce fut en faveur de cette nuit que le Maître-noir se faufilait dans les recoins ténébreux. Et dans l'attente de sa première visite de nuit, il fut chanceux... Au loin, des silhouettes couraient à petits pas, une faisant des signes pour annoncer que la voie était libre. Qui a Loméanor agirait de la sorte sinon pour cacher des choses pas nettes ? Toujours dans l'idée qu'on détournait les biens du Kaerl Ardent pour le contrer ou pour provoquer un complot reliant son Màr contre les autres, Alauwyr se glissa le long du mur pour essayer de voir où ces gens là se rendaient. Il arriva sur une petite place tout ce qu'il y avait de plus basique. Il s'accroupit, camouflé dans l'ombre du mur où il s'était arrêté.

Il avait emporté avec lui que son kriss, sa dague à lame ondulée. Cette arme paraissait bien frêle en comparaison de la solidité d'une épée. Mais son fer trempé et assombri à la forge était bien trompeuse. Puis doucement, il eut la sensation que quelqu'un approchait non loin de lui. Sa main gantée de noir se referma sur la garde de la petite lame. Combien de fois il avait agi de la sorte dans sa jeunesse pour accomplir ses actes de mercenaire... Il n'avait pas perdu de la manière d'agir, mais de faire, c'était autre chose. Aujourd'hui, il était plus rude, plus massif et peut-être un peu trop sûr de ses propres capacités. Estenir le lui avait soufflé avant de le laisser seul...Mais le Maître-Noir ne tenait pas à reculer. Il ne reculait jamais !

Une pierre roula brièvement sur le sol. Oui quelqu'un approchait. Alauwyr se rendit compte de la précarité de sa situation. S'il avait réellement un trafic à visée malveillante, ces gens seront parfaitement organisés et armés ; surtout pour avoir su mener leur détournement aux yeux des gardes et des petits intendants de l'armurerie. Il prenait de gros risques. Mais parfaitement conscient des dangers, ça ne l'empêcha pas de doucement sourire, un sourire avide d'en découdre.

Une silhouette étendit son ombre à l'approche de sa cache... L'espace d'un instant, il vit le passage d'une petite créature volante.... incarnate ? A la seconde qui vint, quand l'ombre se mua en forme bien tangible, Alauwyr se redressa vivement pour attraper le bras de l'inconnu pour l'attirer dans les ténèbres, lui pressant la face contre le mur et posant la pointe de son poignard contre sa gorge.

''Pas un cri, pas un geste. Sinon ton sang se répandra par terre.....''

L'inconnu était en fait une femme. Mais pour l'instant, il se préoccupa de la tenir et n'oublia pas l'incarnate, qu'il contacta dans des pensées intenses.

°Si tu veux que ta maîtresse reste en vie, tiens toi tranquille ! °

Puis doucement, il murmura à sa proie.

''Dis moi ce que tu fais ici... Petite Ardente, qui traîne dans des recoins louches ce soir....''



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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 18:21 Revenir en haut

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Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 21:11 Répondre en citantRevenir en haut



Persée s’appliqua à compter les ombres s’étirant sur les pavés. Il suffisait d’avoir un compte clair et précis, puis d’attendre le bon moment pour agir. Les deux lunes, bien que souvent cachées par les nuages, éclairaient la petite place aux abords du fleuve, là où barques et marchandises s’entassaient. Les jumelles lunaires trahissaient, par leur pâle éclat, la présence des contrebandiers. La jeune femme en compta dix. Mais tous n’étaient peut-être pas encore là. Il fallait attendre une heure plus avancée de la nuit, quand la cargaison commencerait son long voyage vers elle ne savait où. Elle comptait bien découvrir le fin mot de cette histoire. Ce trafic d’armes, volées dans les convois venus ravitailler le Màr Menel, cachait peut-être une vaste supercherie, un complot ou que savait-elle encore. Elle devait en avoir le cœur net. Et si le grand patron voulait bien se montrer ce soir, elle en serait plus que ravie.

° Je persiste à croire que c’est une mauvaise idée.
Cesse de te plaindre. Ce n’est pas toi qui restes accroupie à attendre dans le noir. Arrête de bougonner, on dirait une vieille fille !
Inconsciente ! Tu es inconsciente, Persée-Morian Garaldhorf ! Sitôt découvertes ces disparitions de marchandises, pourquoi n’as-tu pas envoyé une escadrille ou quelques espions triés sur le volet ? Non, il a fallu que tu veuilles aller vérifier par toi-même ! Un jour, tu te feras tuer bêtement par ton audace.
Merci du fond du cœur, ma belle. C’est très réconfortant. Je me sens soutenue ! °


La dragonne surveillait de loin le déroulement de cette opération secrète, couchée de tout son long dans les hautes herbes, sur la rive opposée du fleuve. Elle ne pouvait pas voir ce qu’il se déroulait de l’autre côté. La vue était bouchée par plusieurs échoppes. Elle veillait, telle la flamme d’une bougie, aux frontières de l’esprit de sa Liée, les sens parfaitement en éveil. Cependant, elle ne pouvait pas se rapprocher sans risquer d’être vue. Et la présence d’un chevalier-dragon sur les lieux déclencherait assurément les hostilités. La Bleue n’ignorait pas qu’au fond, cette opération en solitaire était surtout l’opportunité pour l’Ancalikon de quitter le Kaerl et d’aller jouer des muscles et de la tête sur le terrain. De prendre l’air. De se dégourdir. Persée avait sauté sur l’occasion, en dépit de l’intense contrariété que lui procurait cette histoire de marché noir. Tout cela n’avait rien de légal et mettait en danger l’économie précaire du Kaerl Céleste. L’équilibre devait être rétabli. Elle n’espérait pas arrêter le trafic à elle toute seule. Cette arrogante présomption, même si elle lui avait traversé l’esprit, paraissait invraisemblable. Elle préférait, pour l’heure, espionner et jauger la situation, en vue d’une intervention rapide dès le lendemain.

Persée quitta son abri le plus silencieusement possible, se faufilant jusqu’à la maison suivante. Elle s’accroupit de nouveau, cette fois derrière un amas de caisses en bois, à la lisière de l’ombre projetée par l’échoppe. D’ici, elle pouvait mieux voir les lieux. Les silhouettes se précisaient, évoluant dans un silence feutré, communiquant par gestes et murmures. Eos déplia ses longues ailes et prit les devants, quittant le perchoir rassurant de l’épaule de sa maîtresse. Elle vola sur quelques mètres, finit par s’accrocher à une corniche dépassant d’un toit de tuiles. Persée amorça un geste pour ramper jusqu’à elle et se couler dans l’ombre à sa suite, en espérant n’oublier aucun angle mort…

Une pierre roula sous son pied. Elle se figea, tous ses sens aux aguets. Une main surgit de l’ombre devant elle et l’empoigna brusquement. Avec un hoquet de stupeur, elle fut retournée comme un paquet de linge sale, plaquée contre le mur, une lame sous sa gorge. Elle serra les dents. Elle sentit Vraël frémir, de colère et de crainte, dans les tréfonds de son âme. Mais la dragonne se retint d’intervenir : elle ne le ferait qu’en cas d’extrême urgence. La joue gauche écrasée contre le mur froid, le bras droit tordu sans ménagement en arrière pour bloquer toute tentative de se libérer, Persée s’entendit dire :

- Si tu tiens tant que ça à le savoir… Lâche-moi et tu sauras !

L’homme avait une poigne de fer. Et une voix qui lui semblait vaguement familière. Cet imbécile la prenait pour une Ardente. Il avait dû repérer Eos, sa lézarde de feu, dont les écailles arboraient le rouge riche des Reines Incarnates. Qu’il la prenne donc pour une Ardente, grand bien lui fasse ! Cela signifiait que son identité pouvait rester un secret encore quelques temps. Et que le Màr Menel était en dehors de tous soupçons. Pour l’instant. Elle n’en revenait pas de s’être fait capturer aussi bêtement !

Eos perçut clairement les propos hargneux de l’inconnu mais elle n’y répondit pas. Elle se contenta de fondre en silence, toutes griffes dehors, sur le visage de l’agresseur de sa Liée. La petite dragonne ne pouvait communiquer que par images et sensations. Et elle avait parfaitement compris qu’on voulait du mal à sa maîtresse. Persée rejeta la tête en arrière et envoya violemment son crâne à la rencontre du front de son agresseur. S’extirpant de son emprise, sa main gauche, épargnée par le bras de fer, retira la dague cachée dans sa botte. Elle se jeta sur le sol, loin de la lame menaçant sa gorge et des bras puissants qui avaient manqué lui casser le bras droit. Roulant sur elle-même, la jeune sang-mêlée se redressa d’un bond, la lame au clair, sans émettre un seul cri. Eos s’empressa de se poser sur le plus proche toit, tout en ne cessant de montrer les crocs.

- Qui es-tu ? Selon les lois des Kaerls et du Màr Tàralöm, je revendique le droit de connaître ton identité et ce que tu fais ici.

Son murmure avait adopté le ton de commandement d’un Ancalikon. Un léger filet de sang s’écoulait d’une plaie superficielle à sa gorge, là où la lame de l’inconnu l’avait rasée de trop près. Persée n’arrivait pas à distinguer le visage de son adversaire dans l’obscurité. Chevalier ? Sans-Don ? Peu importait.



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 22 Juil 2014 - 18:42 Répondre en citantRevenir en haut

Le Maître Noire leva un bras pour se protéger le visage des serres de la petite furie incarnate. Il avait beau être un guerrier redoutable et rompu à bien des combats, celui là le dépassait et recula d'un pas pour ne pas se faire crever les yeux par cette lézarde haineuse. Profitant de la déconcentration du piètre défenseur, Persée décocha un coup de tête en arrière. Elle fit mouche et un grognement répondit à la suite du coup. L'encapuchonné tituba de quelques pas en arrière, se retenant de se prostrer sous le choc étourdissant. Il se reprit et dressait déjà son poignard à la lame ondulée en direction de la jeune femme, qui elle aussi se dressait en position de combat.

Dans l'ombre de la nuit, Alauwyr sourcilla. Etait-ce possible ? Il n'avait pas la berlue. La voir ici pourrait bien apporter la lumière à ce qu'il avait découvert au Kaerl quand au trafic. Et encore, il n'avait qu'effleuré la surface sur cette étrange histoire. Voir l'Ancalikon en face de lui commençait à apporter de sérieux doutes quand à l'intégralité des Célestes. Peut-être que lui n'était pas tout blanc quand à une certaine affaire qui avait provoqué un certain remous chez les Neutres, mais voir que les Célestes s'activaient à détourner des armes des Ardents !

La main d'Alauwyr se resserra sur la garde du kriss, ne quittant pas les yeux l'Ancalikon. Elle n'avait pas réussi à l'identifier. Tant mieux. En même temps, la jaugeant et ne répondant pas immédiatement à son injonction, son esprit turbinait sur ses hypothèses. Il ne devait pas accuser sans preuves. Le Màr Taralom n'avait pas besoin de risquer le dénigrement pour attaque sans fondements. Déjà que le traité de paix imposé par les célestes et les neutres avait manqué de lui faire perdre les valeurs puissants de son blason...

''Tu n'es pas une Ardente... Tu es Persée Garaldhorf. Et tes revendications n'ont aucune valeur à mes yeux... ''

Espérant que l'ombre de sa capuche maintiendrait le mystère sur sa personne, il resta en position, s'attendant à tout venant de l'Ancalikon. Gardant à l'oeil la petite chose grondante perchée sur son rebord de toit, il leva juste assez le kriss pour faire comprendre à la jeune Maîtresse Bleue ses intentions : qu'il ne se plierait pas à ses ordres.

Persée... Jeune guerrière intrépide au grand coeur à ce qu'on racontait. Il l'avait croisé lorsque un jeune homme avait eu la jambe broyée dans l'effondrement d'une mine. Le Maître Noir s'était rétracté quand à la décision de prendre l'aspirant, laissant un blessé à la charge des Célestes... Mais leur rencontre de ce soir était d'une toute autre nature.

''Que fait l'Ancalikon dans les ruelles sombres de Loméanor ? Est-elle en quête de je ne sais quelle obscure machination ? Cherche-t-elle à mener un complot contre un Kaerl ? Je serai bien curieux de l'entendre de sa bouche, elle qui a des responsabilités tout autre que de faire une simple balade en plein coeur de la nuit ! ''

Si Persée venait à l'identifier, elle lui jettera sans nul doute la même remarque acerbe. Il resta camper sur ses positions, guettant le moindre fait et geste de sa possible adversaire. Car si elle était mêlée à ces gens qu'il avait entraperçus, son rang d'Ancalikon ne la sauvera pas de la justice ardente....



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 28 Juil 2014 - 18:30 Répondre en citantRevenir en haut

Persée n’en laissa rien paraître, ne quittant ni sa posture de combat, ni son expression farouche. Son rythme cardiaque, en revanche, la trahissait. Son cœur s’emballait à la pensée d’avoir été identifié. Qui pouvait connaître à ce point son visage ? Un autre Céleste, pour l’avoir croisé dans les rues du Kaerl ? Un marchand traitant avec les Célestes depuis Lòmëanor ? Quelqu’un d’assez important, Englouti ou Ardent, pour l’avoir déjà rencontré par le passé et dans l’exercice de ses fonctions ? Toutes ces questions ne produisaient aucune réponse satisfaisante. Son visage et sa voix étaient peut-être connus. Mais ici, dans l’obscurité, face à du banditisme clandestin, qui aurait pu la reconnaître sans faillir ? Et la voix de son interlocuteur lui paraissait toujours étrangement – et désagréablement – familière…

- Si vous savez qui je suis, vous devez également savoir que vous n’avez ni le droit ni même la possibilité d’entraver la justice du Màr Menel. Dévoilez votre identité sans tarder. Et ne faites pas de gestes brusques. Je vise parfaitement, même dans la pénombre. Il serait regrettable que vous perdiez quelques doigts à l’issue de cette entrevue, n’est-ce pas ?

Pour confirmer ses paroles, prononcées d’un ton neutre et raisonnable – où se décelait pourtant la menace -, elle fit tournoyer en l’air sa dague d’un mouvement des doigts, avant de la rattraper, sans un regard pour sa main. La manche de la dague pointait son mystérieux interlocuteur qui semblait tellement aimer l’ombre, puisqu’il y conservait son visage dissimulé. La dague était prête à être lancée.

Persée risqua un bref coup d’œil vers la place du port, où les contrebandiers attendaient toujours la venue du grand patron, en flânant au milieu des caisses volées. Cet interlude avec un inconnu avait beau être passionnant, la jeune femme commençait à vite s’en lasse. Elle n’était pas venue pour se battre à l’origine. Pas de cette manière, en tout cas. Seuls les voleurs et les trafiquants de ce soir l’intéressaient. Que son agresseur aille voir chez Kaziel, si elle y était ! Le problème demeurait que, au moindre geste de travers, au plus petit couinement de douleur, elle serait repérée. Par la faute de ce quidam pompeux et brutal. Qui pouvait-il bien être ?

- Votre assurance, et le fait que vous m’ayez reconnue, tend à prouver que vous êtes un chevalier-dragon, vous aussi. Peu importe votre Ordre d’allégeance, ce soir, cette affaire est placée sous ma juridiction et celle du Màr Menel que je représente. Partez et il ne vous sera fait aucun mal. Résistez… Et je devrais vous tuer.



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MessagePosté le: Mar 29 Juil 2014 - 17:31 Répondre en citantRevenir en haut

Le Maître Noir ne négligeait pas les capacités martiales de Persée. Sa réputation n'était plus à refaire, même s'il n'avait pas eu la chance de croiser le fer avec elle. Aussi intelligente qu'elle était vive et passionnée, La justice Céleste hein ? Il manqua d'en rire. Il souriait malgré tout sous la capuche qui dissimulait toujours les traits de son visage. Donc elle évoquait la justice de son màr pour expliquer sa présence en ces lieux. Le léger mouvement de tête qu'elle jeta vers le port ne manqua pas d'attiser sa curiosité. Et si sa présence n'était qu'une couverture pour cacher le rôle ombreux qu'elle jouait réellement ici ? Le hasard était bien trop grand : entre sa présence et celle des mouvements discrets qu'il avait observé, très certainement lié à ce qu'il avait découvert au sein du Kaerl Ardent... Il savait les Célestes très capables de manipuler des pauvres hères pour faire accuser les Ardents de trafic d'armes en vue d'attaquer des compatriotes du Màr Menel ! Et de cela, il était hors de question que les Ardents endossent une telle machination.

""Tu outrepasses tes droits en ces lieux. Loméanor est une zone neutre, l'aurais tu oublié ? ''

Reculant d'un pas tout en se redressant. Son kriss était toujours dans sa main droite, dans une position menaçante.

''Tes menaces ne m'impressionnent pas ! Et sous ton air autoritaire, tu prétextes la juridiction céleste sur le sol de Loméanor pour dissimuler je ne sais quel complot. Des ombres se faufilent non loin d'ici... et toi, tu apparais... Quel heureux hasard ne trouves-tu vous pas ? Mais ne t'affole donc pas, il serait dommage de trembler sous la tension que tu subis sur l'heure. Oui, tu as deviné, je suis bien un Doué. Mais bien plus qu'un simple chevalier. ta curiosité va être rassasiée... ''

Il jeta d'une main la capuche en arrière qui ombrageait son visage couturé. Son sourire s'était effacé et ses yeux noirs et glacials toisèrent l'Ancalikon. Elle avait intérêt à lui fournir des explications précises pour sa venue nocturne. Son rang était inférieure à celui du Seigneur, elle ne pourra pas le braver. Mais Persée était une femme de caractère, ça, il ne l'omettait pas. Si elle osait réellement l'attaquer, elle dévoilerait alors sa perfidie et serait la preuve qu'Alauwyr cherchait. Rien que cela lui suffirait amplement ! Même s'il était convaincu de l'implication de Persée dans le détournement des armes de son kaerl, il demeura prudent. Le doute persistait. Il n'avait pas droit à l'erreur.

''Tu as intérêt à justifier la raison réelle de ta présence ici, Ancalikon. Sauf si tu es venue fomenter un complot contre le Màr Taralom... que fais tu ici et surtout.... que regardais-tu au juste à l'instant ? Des ombres se faufiler ? Tes comparses sans doute ? ''

Oui il entrait dans le vif du sujet. Confronter le suspect à la réalité connue pourrait suffire à le pousser à la faute. Son kriss en main, il se tenait déjà prêt à riposter à tout offensive physique.



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MessagePosté le: Ven 8 Aoû 2014 - 13:53 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsque l’inconnu rejeta son capuchon en arrière, Persée retint un mouvement de recul. Son bras ne trembla pas, néanmoins. Elle soutint sans ciller le regard noir et glacial de son adversaire. Sans broncher ni frémir d’un muscle. Il ne l’impressionnait plus autant que lors du tournois inter-Kaerls. La dernière fois qu’ils s’étaient fait face, cela avait été pour unir leurs forces pour sauver un futur Aspirant d’une mine effondrée. Cet épisode, encore très frais dans sa mémoire, lui rappelait le départ de Luckor pour la Quête, ainsi que le fait qu’elle ne regrettait pas son choix. Luckor n’avait pas mérité d’être jeté en pâture aux Ardents, ou même aux Engloutis. Avoir unis ses efforts à celui de cet individu portant le doux sobriquet de Fléau Noir, juste une fois dans sa vie, lui avait également rappelé que tout homme saigne et reste faillible. Y compris le Seigneur du Màr Tàralöm, Alauwyr Iskuvar en personne.

- Me justifier ? ne put-elle s’empêcher de cracher à son adresse. Que devrais-je dire de votre présence ici, Seigneur Iskuvar ?

Sa main se resserra sur le manche de sa dague. La présence de Vraël se fit plus insistante dans son esprit. La dragonne était sur le qui-vive, tous ses sens en alerte à la recherche d’un Empereur Noir dans les parages. Elle n’avait pas bougé de son poste et camouflait comme elle le pouvait ses écailles trop brillantes dans les hautes herbes. Mais à la moindre menace envers sa Liée, elle brandirait crocs et serres pour la défendre.

- Que fais le Seigneur du Màr Tàralöm en embuscade, à la nuit tombée, avec un trafic d’armes volées sous les yeux ? Qu’espère-t-il gagner à travers ce marché noir ? Ses compatriotes manquent de métal, au Kaerl, pour qu’il ose voler des cargaisons du Màr Menel ?

Ses yeux lançaient des éclairs. Au moindre faux pas de la part du Maître Noir, elle était prête à lui sauter dessus pour lui tailler un deuxième sourire sur la gorge. Dans tous les cas, ses soupçons s’avéraient justes. Il y avait bien un trafic organisé censé revendre ces marchandises disparues des registres de l’intendance. Le Kaerl Céleste ne pouvait pas se permettre de laisser dans la nature de telles armes. Surtout si le Kaerl Ardent se trouvait être impliqué, de la plus étrange des manières…

Mais était-il réellement impliqué, ou tout cela n’était-il qu’un jeu de miroirs ? Les accusations d’Alauwyr Iskuvar ressemblaient beaucoup aux siennes. Et Persée se mit soudain à douter. Sans quitter sa posture de combat, elle s’obligea à faire le vide dans son esprit et à réfléchir plus posément. Le Seigneur Noir souhaitait peut-être la distraire, ou justement l’amener à douter, en lui jetant des accusations au visage, pour mieux cacher ses méfaits. Ou alors, il était réellement innocent – si tant est qu’un Ardent puisse jamais être innocent un jour – et n’avait rien à voir avec ce commerce illégal. Cela pouvait expliquer sa présence, ou presque. Pourquoi le Seigneur du Kaerl Ardent viendrait-il en personne superviser un trafic, en prenant le risque de se faire épingler, surtout si certaines de ces armées lui avaient été volées aussi ?

- Attendez… Il y a des armes du Màr Menel dans ces caisses. Et je compte bien les récupérer et châtier les voleurs. Votre présence n’y changera rien. Il semble que nous ayons été tous deux trompés.

L’idée lui déplaisait fortement. Avoir été jetée dans le même piège qu’Alauwyr Iskuvar avait de quoi lui faire regretter la froideur hostile de ses relations avec son père dans son enfance.

- Baissez votre arme et je baisserais la mienne.

Attendez… Elle venait de penser « piège », non ? Et si c’était plus qu’un banal mais dangereux trafic ? Et si c’était réellement un piège qu’on avait tendu à deux des personnages les plus importants de leur Kaerl ?

° PERSÉE ! °

La jeune femme fit un bond de côté. Un carreau d'arbalète vint se ficher dans les pavés, juste à l'endroit où elle se trouvait la seconde d'avant. Des cris se firent entendre depuis la place. La présence des deux chevaliers-dragons venait d'être découverte. Les inconnus commençaient à charger un navire avec plusieurs caisses. Plaquée contre le mur, les dents serrées, Persée scruta les toits obscurs à la recherche du tireur.



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MessagePosté le: Dim 10 Aoû 2014 - 12:37 Répondre en citantRevenir en haut

La tension était extrême. Un rien suffirait de mettre le feu aux poudres et de pousser à l'affrontement ces deux êtres redoutables dans leur art. Si Alauwyr ne se raccrochait pas à ses doutes quand à la présence de Persée en ces lieux, il se serait déjà lancé dans un combat farouche. Mais quelque chose clochait. Plus encore quand l'Ancalikon évoquait un vol d'armes célestes. Sous l'insulte, le Seigneur avait serré ses doigts sur sa dague à lame ondulée, mais il sourcillait quand la réplique suivante de son adversaire. Elle aussi était prise de toutes. Et comment avaient-il pu se faire piéger de la sorte. Sur l'instant il grimaça, songeant plus à une duperie céleste pour accuser le Kaerl Ardent. Mais l'affaire ne tenait pas la route. Des armes volées dans les deux Màrs, deux personnes de haut rang... oui quelque chose clochait. Il regrettait de pas avoir la présence de son noir sur le coup. Estenir aurait été utile.

Persée exigea qu'il baisse son arme en premier. Il allait lui cracher de faire le geste d'abord avant d'assister au bond de l'Ancalikon. Par réflexe, il recula dans l'ombre, avant d'entendre le ''TCHAC'' d'un carreau se plantant dans les pavés. On les visait ! Sans chercher à savoir si cela restait dans les plans des Célestes ou si c'était là vraiment un piège, il recula dans sa cachette pour se faufiler au couvert des ombres et chercher le tireur. Pour ne pas l'avoir remarqué ; il se maudissait de sa négligence, il en déduisit qu'il avait à faire à un tireur précautionneux. Les choses se corsaient plus qu'il ne l'aurait cru. En essayant de pas se faire remarquer, laissant donc carrément Persée en plan, il tenta de se rapprocher des hommes se dépêchant de charger les caisses des armes volées.

°Tu ne devrais pas agir seul tu sais. °
°Estenir ! je te croyais trop loin pour me parler ! °
°Oui et... non... Tu ne devrais pas laisser Persée seule... Vous avez besoin d'être à deux pour contrer cette petite troupe.°
°Comme si j'avais besoin d'une Céleste ! °
°Il y a bien longtemps que tu n'as pas joué les mercenaires. Ne surestimes pas tes capacités...°


Alauwyr jura mentalement à ce rabaissement. Puis il entraperçut, une silhouette se faufila avec une vive agilité sur les toits.

°Si ce tireur tue l'Ancalikon, on portera la faute sur toi°
°Par le Sang ! Vois comment tu peux agir pendant que je vois si le chemin que je suis en train de prendre est dégagé ! Il est hors de question que ce navire appareille ! °


Si le dragon avait été présent, Alauwyr l'aurait vu sourire. Voir qu'il pouvait associer son initiative à cette quête de recherche qui virait déjà mal, il ne perdit pas de temps à intervenir. Ne dissimulant plus son aura, il se posa non loin de sa soeur bleue en la prévenant en même temps, si jamais elle l'avait senti s'approcher et avait sorti crocs et griffes pour l'accueillir.

°Je ne suis pas là pour me battre Vraël. Nos liés semblent être tombés dans un piège les viser eux, sous le couvert d'un vol d'armes. D'ailleurs... °

Le dragon n'avait pas perdu de vue le déplacement du tireur embusqué, qui s'était fixé en premier sur Persée. Alauwyr avait su réussir à se soustraire à sa vision. Sans demander la permission de Vraël, Estenir dévoila la position de l'ennemi à l'Ancalikon.

°Persée, juste au dessus de toi. Tu ne pourras pas le rater. °

Pendant ce temps, Alauwyr s'était débarrassé d'une sentinelle, qui faisait le guet derrière le bâtiment qui servait d'entrepôt. Il termina de tirer le cadavre derrière des vieilles caisses et réussit à voir l'arrière du petit groupe qui s'activait à charger les caisses. C'était bien trop facile....Estenir vit à travers ses yeux et retransmit cette information à Vraël. Les dragons ne pouvaient pas rester sans rien faire, maintenant que les ''voleurs'' avaient connaissance de la présence de Persée et d'Alauwyr dans les parages. Bien entendu, Persée pourrait très bien penser qu'Alauwyr était encore impliqué dans l'histoire, vu qu'il avait laissé en plan la jeune femme, alors qu'elle avait sa vie menacée.

°Alauwyr est derrière l'entrepôt. Peut-être que ta liée pourrait la rejoindre par le même chemin. Nous... nous pourrions nous approcher sans trop nous faire voir pour nous tenir prêt à bondir... Ou alors, comme tu es plus petite et agile que moi, tu pourrais nager sous l'eau et endommager le gouvernail... Ils ne pourraient pas aller bien loin si jamais ils arrivent à tout embarquer°

Persée pourrait être aussi bien dans l'idée d'agir de son propre chef ou rejoindre la position d'Alauwyr. Qui sait si elle n'avait pas encore des explications à apporter à cet entêté d'Ardent. Au moins, si elle venait à le rejoindre, il ne lui jettera qu'un regard courroucé, sans aucune autre forme de menace. Un bon poing d'une certaine façon car son arme ne serait plus pointée vers elle.

Mais en attendant, aucun des liés n'avait aperçu une autre silhouette furtive, qui regardait la scène de loin sur son perchoir. D'un sourire ravi, il était heureux de voir que les deux acteurs principaux de son petit complot étaient venus. Il trouva dommage qu'ils ne soient pas mutuellement entretués, vu leur force de caractère et la hardiesse de leur sang. Mais ce petit contre-temps serait rattrapé d'une façon. Ainsi quand le Seigneur Ardent et l'Ancalikon perdront tous les deux leur vie, il serait pleinement satisfait. Sa vengeance sera complète...



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Jeu 2 Oct 2014 - 18:01 Répondre en citantRevenir en haut

Persée vit le Seigneur Ardent prendre la poudre d’escampette et retint une flopée de jurons. Plaquée contre le mur comme si elle eut voulu disparaître, la jeune femme guettait le prochain mouvement du tireur. Un reflet métallique capté par les lunes, ou une tuile qui roule depuis un toit, n’importe quoi qui pourrait trahir sa présence !

Vraël poussa un long sifflement strident, si aigu que seules les oreilles draconiques pouvaient le percevoir, lorsqu’elle devina l’approche de l’Empereur Noir. Sa collerette d’épines hérissée, tous ses muscles bandés, elle observa l’atterrissage du dragon à une distance respectable d’elle. La Bleue n’avait guère foi en ses frères Ardents, surtout depuis qu’une Reine Incarnate manquât la tuer un an auparavant. Estenir ne marquait aucune intention hostile. Ce qui ne l’empêchait pas de se tenir sur ses gardes. Pourtant, son aide arrivait à point nommé puisque, visiblement, son Lié venait de faire rater toute l’opération par sa faute. Elle eut voulu renchérir – voire le remercier – lorsqu’il s’adressa directement à sa propre Liée. Vraël se figea, estomaquée. Comment osait-il ? De quel droit se permettait-il de connecter ses pensées à celles de son Âme Sœur ? Persée était à elle ! En d’autres circonstances, la dragonne aurait passé outre et minimisé cette communication non-désirée pour éviter un incident diplomatique. Mais la peur se disputait encore une trop grande partie de son cœur, se muant en une colère sourde à l’égard de quiconque approchait de trop près sa Liée. Vraël, les yeux rougeoyants, émit un grondement si bas que le sol semblait trembler.

L’Ancalikon s’était glissée derrière un angle de rue. Montant sur le rebord d’une fenêtre, dos au mur, elle agrippa fermement le bord du toit de tuiles. Se soulevant à la force des bras, elle effectua un bref saut en arrière, pour retomber sur ses pieds. Estenir n’avait pas menti. Le tireur embusqué se trouvait à deux toits d’elle. Elle pouvait apercevoir le relief de son manteau, tandis qu’il se débattait avec le mécanisme de son arbalète pour la recharger. Persée s’élança, dague en main. Il y eut un choc sourd, lorsqu’ils se percutèrent à pleine vitesse. La dague s’enfouit sans tarder dans la gorge offerte. Une giclée de sang chaud éclaboussa les mains de la sang-mêlée. Persée retint sa respiration. Son autre main plaquée sur la bouche du tireur pour l’empêcher de donner l’alerte, elle attendit que s’achève son agonie. Il se tut rapidement.

Ce ne fut qu’à l’instant de la mort de son agresseur qu’elle se rendit compte de ce qu’elle venait de faire.

- Sangdieux ! chuchota-t-elle rageusement. Je viens de tuer ma source de renseignements !

Cet homme était-il de faction, comme membre d’escorte, chargé d’éloigner les curieux et fauteurs de troubles de la cargaison ? Ou l’Ancalikon était-il visé ? Les hypothèses s’enchaînaient trop vite. Car si on avait réellement voulu la tuer, était-ce la mort du chef des armées Célestes ou celle de l’héritière des Garaldhorf qui comptait ? Et le Seigneur Ardent, dans cette histoire, était-il un pion importun, un appât ou une cible ? Une foultitude de questions apparaissait dans l’esprit de la jeune femme. Malgré l’évidente réticence de sa dragonne et ses propres doutes, elle envoya ses pensées vers Estenir, en espérant qu’il veuille bien lui répondre.

° Dragon Estenir, dis à ton Lié de garder en vie une des sentinelles. Je dois savoir qui commandite cette affaire. °

Vraël dénuda légèrement ses longs crocs blancs. Pourtant, ce fut d’une voix parfaitement maîtrisée qu’elle répondit au Noir :

° Je peux nager et endommager le gouvernail sans problème. °

Sur ces mots, elle se redressa, émergeant des hautes herbes où elle se camouflait. La lumière des deux lunes ruissela sur ses écailles. Peu importait, maintenant, de se faire repérer. Leur présence avait déjà été signalée. La dragonne se laissa glisser dans le fleuve sans une éclaboussure, disparaissant dans l’eau sombre et miroitante tel un gigantesque serpent de mer. Ses ailes étroitement repliées contre son corps, elle ondulait vers les quais, manœuvrant grâce à ses pattes et sa longue queue pour garder le cap.

Il y eut une brutale secousse sous le navire. Les hommes sursautèrent, alarmés. C’était comme s’ils avaient heurtés un récif. Ce qui restait hautement improbable dans un port d’eau douce. Un des hommes se pencha par-dessus le bastingage en tentant de percer les ténèbres de poix des lieux. Quelqu’un lui tendit une lanterne. Il y avait des remous sous l’eau.

- Là ! Là, y’a quelque chose ! Regardez !

Des cris emplissaient peu à peu le navire. La moitié de la cargaison avait été disposée dans les cales. Il était trop tard pour faire marche arrière. On proposa de tirer à vue dans l’eau, en espérant toucher la bête qui s’y cachait.

- La chaîne du gouvernail a été sabotée ! Capitaine, qu’est-ce qu’on fait ?
- C’est un dragon ! Là ! Dans l’eau ! J’suis sûr !
- Bougez-vous, bande de tire-au-flanc !


Juchée sur le toit d’une maison, le cadavre encore frais à ses pieds, Persée sourit. C’était l’œuvre de Vraël, elle en était certaine. Courant pliée en deux pour éviter d’être une cible trop facile, elle parcourut plusieurs autres toits, avant de retrouver la trace d’Alauwyr, derrière l’entrepôt. Elle bondit souplement au sol, à quelques pas du Seigneur Ardent. Lui faisant signe de se taire, elle s’approcha à pas de loups de sa position. Il observait un groupe d’hommes chargés d’emporter les caisses depuis l’entrepôt jusqu’à navire.

- Leur navire est immobilisé, l’informa-t-elle. Que font-ils ? Sait-on qui les commande ?



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 2 Nov 2014 - 18:20 Répondre en citantRevenir en haut

Si Estenir avait eu le moyen de sourire comme un humain, il l'aurait fait, dans toute la satisfaction de voir sa consoeur écailleuse partir à l'action. Bien plus petite et agile que lui, il ne douta pas un seul instant de son efficacité quand au sabotage du navire. Doucement, le dragon cendré laissa ses écailles se revêtir de la couleur de la nuit pour se fondre dans les ombres. S'assurant que personne ne trainait dans le coin après son bref camouflage sombre, il prit sa forme humaine, bien plus aisé pour se rapprocher de la zone. Persée joignit son esprit pour demander qu'on laisse les sentinelles en vie. La raison ? Y en avait pas. Alauwyr n'allait pas apprécier, mais si l'Ancalikon le demandait, ce n'était pas sans raison. Il communiqua donc avec son lié, qui comme il s'y attendait, grommelait mentalement de cette décision.

°Elle ne pouvait pas le dire avant ? °
°Comme dit, sans doute pour une raison précise°
°Elle doit avoir besoin de quelques langues bien vivantes pour essayer de comprendre tout le fin mot de l'histoire...°
°Tiens, je suis surpris. Je pensais qu'elle cherchait à discréditer les Ardents ? °
°Ca ne tient pas la route... D'ailleurs, dans leur précipitation, ils ont fait tomber une caisse...°


Non loin de là, on entendait tout le remue-ménage qui se déroulait sur le pont du navire assailli par Vraël. Toujours sur la défensive, il guettait tout ce qui se passait de son poste d'observation. Et il avait pu voir quelques petites choses intéressantes...

°Qu'as tu découvert ? °
°Quelques lames sont tombées à terre... J'en ai reconnue une par la facture de sa lame, mais les autres... Y a pas que de l'ardent dedans. Si ces armes venaient toutes du Kaerl, elles seraient toutes reconnaissables. Hors certaines ne sortent pas de nos forges... °
°On aurait pu très bien les mélanger avec d'autres pour te faire croire le contraire, ou pour les dissimuler. °
°Non, ce n'est pas logique... Surtout quand on sait faire sortir des armes des Màrs Célestes et Ardents...°


Soudain, un bruit sourd annonçant la chute d'un corps provoqua le retournement surpris d'Alauwyr, levant déjà son kriss. Il ravala un juron à son signe et surtout en reconnaissant Persée. Elle demanda ce qu'il avait pu apprendre de son observation, après avoir confirmé que le navire était immobilisé. D'une voix murmurante, il concéda à lui dévoiler ce qu'il avait vu

''Ces caisses contiennent des armes. Une s'est éventrée en tombant et j'ai pu observé une lame de facture ardente, mais....''

Il insista sur l'intonation à ce moment précis, pour bien faire comprendre à la jeune femme qu'elle ne se fasse pas déjà des idées.

''... les armes étaient mêlés. Il n'y avait pas que de l'ardent... On cherche à échafauder un plan pour nous monter l'un contre l'autre et cela a bien manqué de réussir. On cherche à pousser les deux Kaerls à s'affronter...''


Pour le reste, il en savait pas plus. hormis les sentinelles et les hommes occupés de charger les caisses...

''A part brailler, ils ne disaient rien de concret. Celui qui les dirige n'est sans doute pas un imbécile. J'ai compté une quinzaine de personnes occupées à charger les caisses et deux sentinelles sur le quai, sans doute occupées à observer le spectacle de ta liée... Il est probable que deux trois autres trainent dans les parages, mais je n'ai pas encore croisé leur passage... Estenir s'est rapproché et ne les a pas encore vu...''

Il tut son envie d'exiger de savoir l'importance de laisser les sentinelles en vie. Maintenant qu'elle était là et qu'elle avait été mis au parfum de la situation, le temps imposait de savoir qui menait les ficelles. Le bateau n'ira pas loin mais son équipage pourrait réussir à se disperser.

''Sans doute le capitaine du navire en sait plus que ces imbéciles...''
''Ca m'étonnerait beaucoup, même si l'approche était intéressante et d'une certaine logique. ''


Une voix avec un accent un peu nasal retentit derrière eux. Un homme, surgi d'on s'est où était là, les bras croisés, les toisant à quelques mètres à peine d'eux. Un sourire victorieux s'étira doucement sur son visage d'ivrogne. Son nez rougi et les yeux gonflés démontraient un homme qui avait un peu trop picolé où qui avait pris quelque chose d'autres...Sa dégaine négligée laissait soupçonné un homme à la limite d'être une épave, mais son parler trahissait son assurance et son sourire... horripilant.




Alauwyr sut le haïr au premier coup d'oeil, en plus de la surprise qu'il avait su provoquer... Et Estenir qui n'avait pas du le voir arriver celui là. Le dragon avait d'ailleurs réagi à l'apparition de cet individu

°Je le sens que maintenant ! C'est comme s'il était sorti du néant °

Personne ne pouvait surgir du néant, songea le Seigneur. Malheureusement il n'eut pas le temps d'exiger son identité quand leur invité surprise jeta violemment quelque chose qui éclata dans un bruit de verre fin et d'où sortait une brume fine et qui montait rapidement dans les airs. Le Maître Noir eut beau bloqué sa respiration, l'effet du nuage l'emporta directement dans l'inconscience. Peut-être que Persée fut plus rapide que lui, car il se rappellera avoir vu quelques gouttes de sang éclabousser les airs.

Jod, le nom auquel répondait notre invité surprise, ricana une fois que les deux liés furent à taire...

''Et deux pour le prix d'un. Je m'attendais à la venue d'un de vous deux, mais pas des deux à la fois, je suis très chanceux. Ah les dragons, je sais que vous pouvez m'entendre, vous devez sans doute me voir ou me guetter... Tentez quoi que ce soit....''

Des hommes occupées aux caisses rejoignirent l'homme qui s'esclaffait encore....Sa voix à l'accent nasale ne passait pas inaperçu, surtout quand il parla sciemment très fort.

''... et vous partirez en même temps qu'eux dans la mort. Je vous connais et je sais de quoi vous êtes capables ! Estenir le cendré, tu es intelligent, alors retiens la fougueuse Vräel...Il serait malheureux que je tue sa liée....''

D'un dernier rire, il ordonna à ses hommes d'emmener les deux Maîtres... Et quand ils reprendraient conscience, ce sera pour se retrouver dans la cale même du bateau esquinté. Alauwyr en revenant à lui, ne remuera pas immédiatement, préférant attendre que ce soit Persée qui s'éveille et remue la première. Ainsi, il pourrait éventuellement jauger leur situation et aviser de la suite...En attendant, seul le doux bercement du navire au gré des vagues était leur seul chanson pour les accompagner dans les brumes de leur inconscience.



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 22 Déc 2014 - 13:36 Répondre en citantRevenir en haut

Le doux balancement, caractéristique d’un navire au port, donna rapidement la nausée à Persée. La jeune femme ouvrit un œil circonspect, retint un gémissement et tâcha de rester le plus possible immobile. Si elle remuait maintenant, elle risquerait de hâter les décisions de celui qui les avait capturés… A cette pensée, elle se souvint de la présence d’Alauwyr Iskuvar. Elle l’avait vu tomber, suffoquer sous l’effet du gaz toxique, avant qu’elle-même ne sombre dans l’inconscience à son tour. Elle avait néanmoins eu le temps de planter sa dague dans la jambe d’un des malfrats. Alauwyr Iskuvar non plus de devait pas être fier de leurs piètres performances. Persée enrageait en silence. Quelle malchance ! Tous deux s’étaient fait avoir comme des débutants ! Un comble pour l’Ancalikon du Màr Menel et le Seigneur du Màr Tàralöm.

Vraël se taisait. Son silence obstiné ressemblait à une forteresse. Elle enveloppait la conscience de sa Liée comme si elle avait pu l’arracher, par sa seule volonté, à la cale de ce maudit navire. Contrainte d’obéir, de crainte de voir Persée blessée ou violentée par ces hommes, elle avait émergé des eaux boueuses pour s’ébrouer sur les quais. Estenir n’avait guère tardé à la suivre, même si elle ignorait ses intentions. Elle-même se reprochait son manque de vigilance. La Bleue l’avait su dès que son âme avait rencontré celle de son Âme Sœur : elle serait la seule faiblesse de Persée-Morian Garaldhorf.

- Ils se réveillent ! Prévenez Jod et le cap’taine Horn !
- Votre sens de l’hospitalité laisse à désirer
, grogna Persée tandis qu’elle prenait la décision de se relever.

Elle préférait mille fois mourir debout que vivre agenouillée. Il n’était pas dans ses habitudes de courber l’échine devant quelqu’un pour lequel elle n’avait aucun respect.

Un homme courut rejoindre le pont, tandis qu’un autre restait pour surveiller les prisonniers. Persée nota mentalement les noms, espérant leur trouver un sens… Hélas, elle n’avait jamais entendu parler d’eux.

° Ne te montre pas trop bravache ! ° la mit aussitôt en garde sa Liée. ° Je veux pouvoir broyer chacun de ses os sous mes crocs. °

Persée fut un peu étonnée de cet accès de férocité chez la douce Bleue. Elle s’assit sur le plancher de la cale, refoulant sa nausée en se tenant bien droite. Il s’agissait d’un défi. De toute façon, elle ne pouvait pas se lever. Pas toute seule, en tout cas. Le Maître Noir et elle avaient été enchaînés ensemble. Sans doute pour éviter qu’ils ne s’échappent. Il était bien connu que Célestes et Ardents ne partageaient rien en commun, excepté une méfiance naturelle et une traditionnelle hostilité les uns envers les autres. Le bras droit de Persée était attaché au bras gauche d’Alauwyr par une courte mais solide chaîne. Cela risquait en effet de les ralentir s’ils tentaient quoi ce soit pour s’enfuir.

Des pas pressés se firent entendre dans l’escalier. La sang-mêlée repéra sans mal un tas d’affaires dans un coin de la cale, trop loin pour qu’elle puisse l’atteindre, où elle reconnut la moitié de ses effets personnels. L’épée ancestrale des Garaldhorf y reposait négligemment, hors de sa portée. On les avait délestés de leurs armes. Elle retint un juron. Rien ne se déroulait comme prévu. Six hommes pénétrèrent dans la cale, au milieu des casses d’armes volées solidement arrimées. Parmi eux, elle reconnut Jod et un homme portant un tricorne mal lavé : probablement le capitaine Horn.

- Ah ! J’suis heureux d’apprendre que vous vous éveillez enfin. Bienvenue à bord !
- Qui êtes-vous ?
- Ne prenez pas ce ton de commandement avec moi, m’dame
, rétorqua le fameux Jod en passant de la jovialité à une froide hostilité. Vous n’êtes rien ici, sans votre dragon et vos armes. Je n’ai pas à vous obéir.

Persée prit une profonde inspiration. Sans quitter des yeux Jod, elle renchérit, un brin provocatrice :

- Nous sommes encore en vie. J’en déduis que vous avez quelques doléances à nous faire entendre ?

Jod éluda la question, se contentant d’un sourire narquois et empli de dents déchaussées. Il s’avança vers les deux prisonniers et, avant même qu’ils ne songent à protester, il leur passait autour du cou un banal collier. Toutefois, lorsque Persée ressentit le contact froid du pendentif sur sa peau, elle sut que quelque chose n’allait pas. Le silence régnait soudain dans son esprit.

° Vraël ? Vraël ! VRAËL ! °

La peur céda rapidement à la colère. Persée tenta de se relever, entraînant Alauwyr à sa suite mais un marin lui piqua les côtes avec le bout de son sabre. La jeune femme cessa tout mouvement de rébellion.

- Qu’avez-vous fait à ma Liée, sale porc ? Répondez ! Je jure sur Flarmya, si vous avez touché à…
- Votre dragon n’a rien, pauv’idiote ! Vous devriez plutôt vous inquiéter de vot’ propre sort. Il m’a fallu du temps avant de retrouver trace de ces petits bijoux, vous savez ? Cinq ans de recherches acharnées, à écumer le marché noir et le trafic d’objets magiques venus de contrées lointaines… Ces petites choses, autour de vos cous, sont des reliques de vos ancêtres. Vous ne pouvez plus communiquer avec votre bête… C’est drôle de voir que les armes des Anciens Seigneurs de Tol Orëa puissent se retourner contre leurs descendants !


Là-dessus, Jod s’esclaffa d’un rire gras, qui se communiqua bientôt aux autres hommes dans la cale.

- Capitaine Horn ?
- Oui, m’sieur ?
répondit le renfrogné marin au tricorne. Toute la cargaison est à bord.
- Parfait ! Préparez-vous à appareiller. On quitte Lòmëanor. Il est l’heure.
- Les dragons vont nous suivre ?
- Sûrement ! Et c’est tant mieux. Je préfère les avoir à l’œil.


Il jeta un regard méprisant au deux captifs avant de quitter la cale. Les hommes emportèrent les affaires des chevaliers-dragons avec eux. Persée fut plongée dans l’obscurité avec la fermeture de la trappe d’accès. Silencieuse, elle attendit que la fureur retombe d’elle-même. Mais elle n’en fit rien. Au contraire.



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 11 Jan 2015 - 11:45 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr avait gardé le silence durant tout le temps de la conversation houleuse qui s'était déroulée entre Persée et Jod. Intervenir n'aurait servi qu'à donner une occasion à leurs ravisseurs de les frapper tous les deux ou encore de les humilier plus intensément. Ces hommes pensaient leur être supérieurs parce qu'ils avaient réussi à capturer vivants l'Ancalikon et le Seigneur Ardent. Même plus grâce à la magie ancienne des colliers qui entouraient désormais leur cou.

Au contraire de Persée, il était resté stoïque, serrant les dents quand l'impétueuse Céleste tenta de se relever pour déjà se battre contre l'entrave magique qui les privait du lien avec leur dragon. Il aurait pu agir lui aussi. Ils étaient deux redoutables bretteurs. Mais liés comme ils étaient, ils auraient fini par succomber sous le nombre. En plus, même s'il ne laissait rien paraître, le collier qui lui mordait le cou l'affectait profondément. En près de trois décennies, jamais il n'avait été coupé d'Estenir de la sorte, et même s'il refusait ce qui lui entravait l'esprit, il se morfondait de savoir comment son dragon se portait et réagissait à cette coupure. Estenir avait toujours été une part de lui, même au plus profond de son être. Ne plus le ressentir dans son esprit était comme une déchirure. Rien que de ressentir cela, il avait serré les poings. Il lui était hors de question de s'accabler. Estenir était encore en vie, avec la liée de Persée. Les sauriens ailés étaient juste... hors de contact, où qu'ils pouvaient se trouver.

Quand la trappe se referma dans un claquement sec, l'obscurité fut leur seule compagnie. Persée restait silencieuse, mais à ses muscles tendues, Alauwyr comprit aisément qu'elle était débordante de fureur. Comment ne pas l'être dans leur situation. Serrant plus les dents, il analysa tout ce qu'il avait pu entendre et voir ; si on ne peut pas dire en plus subir. Quelques paroles d'Estenir lui revirent en mémoire : °Je le sens que maintenant ! C'est comme s'il était sorti du néant °

Comme sorti du néant....Bien des hypothèses se bousculèrent sur l'instant. Il tourna légèrement la tête, cherchant à voir quelque chose dans les ténèbres de leur prison. Le collier qui entravait son Don se rappela à lui par la froideur de son métal. Autour d'eux, seul le bruit de leur respiration et le craquement de la coque du navire qui tanguait en douceur les environnait. Ah si, on entendait quelques pas au-dessus d'un ou plusieurs membres de l'équipage.

Soupçonnant qu'on les laisserait mariner un peu dans leur jus en fond de cale, Alauwyr, sans demander l'avis de Persée testa les entraves qui les enchaînaient l'un à l'autre. Pas avec violence, mais juste ce qu'il fallait pour voir s'il arriverait à les rompre où du moins les ramollir. Peine perdue, ces liens tinrent bon. Bien plus perturbé qu'il ne le pensait par la perte du lien avec son dragon noir, il serra les poings et crispa ses mâchoires au point de grincer des dents. Au tréfond de son propre esprit, il luttait déjà de pas rendre les armes. Perdre son lié était la chose qu'il redoutait le plus et par dessus tout. Mais Estenir était vivant et devait être sûrement être avec Vraël. C'est sur ce point qu'il devait se convaincre ! En aucun cas il ne devait se laisser abattre et sûrement pas en présence de Persée...

Il se surprit en sentant qu'il respirait bien plus rapidement que d'accoutumé. Il brisa le silence en cherchant à voix haute quelques explications logiques aux paroles dernières de son dragon.

''Ils ont trop besoin de nous pour ne pas nous avoir tuer immédiatement après nous avoir cercler le cou avec ces artefacts...Et ce Jod en sait bien plus qu'il n'en laisse paraître. Il doit avoir d'autres atouts dans ses manches pour qu'Estenir ne l'ait pas senti se rapprocher de nous... ''


Sans doute d'autres objets aussi anciens que ceux qu'ils portaient tous deux. Maintenant la question était de pourquoi on avait cherché à les avoir. Lui ou Persée, l'un des deux. La probabilité d'une guerre entre Ardents et Célestes restait toujours aussi forte, sauf qu'il n'était plus question d'armes mais de personnes de haut rang. Peut-être que ce salopard de Jod demanderait une rançon ou alors exécuterait lui ou l'Ancalikon. Mais vu le genre d'homme qu'il était, pourquoi il avait pris le risque de garder les dragons ?

''Il semble qu'il est besoin autant de nous que de nos dragons....Reste plus qu'à espérer que ce ne soit pour les piéger et les massacrer....''

Les dragons étant des créatures de légende pourraient très bien attiser la convoitise, autant par leur puissance d'attaque que pour des morceaux de choix pour des alchimistes peu scrupuleux espérant trouver des remèdes puissants dans leurs parties de leur corps reptilien....Il tenta de desserrer ses entraves. En vain. Soudain, le plancher se souleva. Le navire craquait de partout. Des marins braillèrent là-haut. Alauwyr glissa en même temps que sa compagne d'infortune vers le fond de la cale. Persée eut la chance d'être amorti par la masse du Maître Noir quand ce dernier rencontra durement le mur en planche. Le plancher retourna lentement à sa place, tout en apportant le mouvement de la coque à ses passagers......Le navire semblait avoir pris une grosse vague de face.

Grommelant, l'ancien mercenaire réussit à se redresser quelque peu en poussant sur une jambe. Manquait plus qu'ils se fassent surprendre par une tempête. Sans espérer voir quoi que ce soit, Alauwyr leva la tête. Un léger grincement métallique retentissait au plafond.

''Tant pis si cela ne vous plait pas.... ''


Il se mit debout, forçant Persée à faire de même. Heureusement que leurs jambes n'étaient pas entravées. Il se tordit sur le côté pour mener sa main la plus ''disponible'' en direction de la source du bruit. Sans doute que la jeune Céleste protesterait et il en aurait cure. Il se concentra et lança une légère boule de feu noire. Elle fut plus que légère d'ailleurs... Une petite étincelle rayonnait brièvement dans l'obscurité avant que quelque chose ne crépite. Puis un bout de bougie qui pendait là-haut s'alluma timidement, offrant qu'une petite orbe lumineuse. On put au moins distinguer une petite partie de la cale. Les caisses d'armes arrimées se distinguaient à peine. La lumière oscillait au même rythme

Alauwyr réprima un tremblement. Le collier ne coupait visiblement pas que la communication mentale avec leurs liés. La magie était mis également en coupure. Il se retint de frapper quelque chose pour passer sa fureur. Comment ne l'avait-il pas compris plutôt ! Employer sa magie risquait de lui coûter bien plus.

''Nous sommes deux, et même avec ce collier, nous restons capable de nous battre. A deux contre un équipage tout aussi armée et avec un salopard de chef usant d'artifices et de ruse malsaine pour être sûr de remporter la partie. Pour un motif que nous ne savons pas encore.... Vous sentez-prête à tenter quelque chose ? ''

Il aurait été seul, la question ne se serait même pas posé. Il aurait ouvert une de ces caisses qui avaient été clouées avant le départ pour s'armer et agir. Sauf que là, il était avec Persée et enchaîné avec elle. Elle n'aurait été qu'une simple céleste, il l'aurait sacrifié. Sauf qu'elle était l'Ancalikon, impliquant beaucoup de choses. Indirectement, il ne pouvait pas la laisser se faire tuer pour sa seule sauvegarde. La paix des Kaerls en dépendait.


Plus loin, malgré la silhouette se rétrécissant vers l'horizon qu'était devenu le navire qui s'éloignait de Tol Orea, Estenir nageait dans son sillage, bien décidé à ne pas abandonner son lié. Vraël devait sans doute le suivre de loin. Voler aurait été un risque de se faire repérer par la vigie. Quand le contact avait soudainement été coupé, il avait manqué de pousser un rugissement de désespoir et prêt ç bondir sur le navire pour laisser parler sa fureur et sa crainte d'avoir perdu Alauwyr. Mais les paroles du bipède Jod résonnait encore dans son esprit. Il avait lancé un avertissement aux dragons, pour éviter toute action de leur part. Leur lié respectif était vivant. Restait à savoir dans quel état d'esprit était Vraël. D'ailleurs, la fougueuse bleue pourrait se laisser dépasser par le désir de sauver sa liée... Alors lui avait-il suggéré un possible plan.

°Attendons la nuit prochaine pour nous rapprocher du navire. Il nous faudra malheureusement nous tenir à distance durant le jour pour les convaincre qu'ils nous tiennent à leur merci...et nous économiserons nos forces. Si jamais tu fatigues, je pourrai te porter sur mon dos. Ta vivacité et ton agilité pourrait nous être précieuse...°

Sauf si Vraël, qui était quand même la liée de l'Ancalikon avait une meilleure proposition. Persée était la chef des Armées Célestes et les liés partageaient leur expérience commune. Nul doute que la jeune bleue serait plus catégorique quand à la stratégie à prendre.



Sur le pont, contemplant l'aube qui se levait, Jod souriait. La chance tournait enfin pour lui. Après toutes ces années de sacrifice, il arrivait à l'aboutissement de sa vengeance. En plus de profiter du petit marché noir par les armes d'excellence forgées par les Kaerls, il avait réussi à obtenir doublement ce qu'il voulait. Des membres éminents de deux Kaerls. Et pas n'importe lesquels : Le Seigneur Ardent et la cheftaine militaire Céleste. Un seul retrouvé mort avec pour preuve que l'autre l'avait tué sera une excellente mèche de mise à feu pour une nouvelle guerre. Son sourire s'élargit à cette idée jouissante. Jamais ils auraient dû le laisser. Jamais il aurait dû le rejeter ! Il se rappelait encore très bien de sa rencontre avec un dragon et son lié. Le dragon avait senti le Don en lui, mais l'homme avait jugé que le possible aspirant était bien trop instable mentalement pour être un chevalier-dragon. Le dragon l'avait pris en pitié et n'avait pas effacé comme il fallait....Une grosse erreur qui allaient leur coûter chère... très chère...

''Peut-être pas les tuer finalement les deux là''marmonna pour lui-même''Des dragons soumis à ma volonté pourrait apporter bien plus de plaisir...''

De toute façon leur navire faisait voile vers leur pointe de rendez-vous, où tout était prêt pour capturer un dragon. Mais pour qu'un dragon se montre plus docile, il fallait tenir son lié. Et pour cela, une bonne idée lui était venu. Ce ne serait que l'affaire de quelques jours.

Il ordonna que le navire rejoigne une petite île rocheuse qui s'étendait à peine sur un kilomètre carré, stérile et qui servait plus de nichoirs pour les oiseaux de mer. Quelques jours sur ce bout de terre perdue au milieu de la mer aurait de quoi calmer ses deux prisonniers de marque. Oh ils les laisseraient pas dépérir : ils auraient pour eux deux juste une gourde d'eau. Après s'ils se battaient entre eux, ce ne sera pas son problème. Si en repassant ils sont encore en vie, ils seront suffisamment affaibli pour se tenir tranquille et donc manier les dragons comme il l'entendait... Avec deux dragons dans le Rhaëg pourrait avoir son utilité.... Il en rit, sentant une nouvelle ambition naître. Peut-être qu'il n'avait pas eu la chance d'avoir son dragon à cause d'un satané imbécile autrefois... Mais il ne aurait un d'une autre façon ! Les voiles claquèrent et la coque grinça quand la direction fut prise vers cette petite île.... faudra juste que les dragons ne voient pas qu'on débarque leur cher lié....



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Mar 31 Mar 2015 - 23:31 Répondre en citantRevenir en haut

Entendre – ou plutôt ressentir – le silence dans son esprit faisait battre plus vite le cœur de Persée Garaldhorf. Elle sentait encore le lien psychique, à la fois ténu et puissant, qui la reliait à l’âme de sa dragonne. L’incapacité de communiquer la jetait dans les affres d’une douleur sourde, lancinante, comme si on avait voulu l’amputer d’une partie invisible et pourtant indispensable de son propre corps. Ses pensées se répercutaient en échos muets sous son crâne, incapable qu’elle était de les envoyer vers l’esprit de sa Liée. Elle menaçait de céder à la panique. Dans l’obscurité de la cale, le dos tourné à Alauwyr, elle déployait tous ses efforts pour calmer sa respiration et se raisonner. Vraël était en vie, saine et sauve, elle le savait. S’il lui était arrivé malheur, elle l’aurait senti.

Son silence hostile et ses épaules raidies laissaient présager une explosion de fureur imminente. Il n’en fut pourtant rien lorsqu’elle sentit les chaînes bouger, l’entraînant en arrière. Persée se retourna pour voir le Seigneur Ardent tester la solidité de leurs entraves. Elle le regarda faire, les lèvres closes. Si elle ouvrait la bouche, elle était presque sûre qu’il n’en sortirait qu’injures et malédictions. Une déferlante frappa le navire en pleine proue. Une embardée plus tard, les deux captifs se retrouvaient pêle-mêle écrasés contre le mur du fond de la cale. Le Maître Noir parvint à se relever le premier et entraîna brusquement Persée à sa suite. Trop troublée pour lui répondre, la jeune femme se contenta de lui jeter un regard aussi noir que les écailles d’Estenir un soir sans lunes. Le voir faire usage de sa magie la mit néanmoins mal à l’aise. Si elle vivait entourée de praticiens de toutes sortes – tant au Màr Menel qu’à Lòmëanor -, elle n’en oubliait pas pour autant l’identité de son allié d’infortune. Le Fléau Noir faisait démonstration de ses pouvoirs sous ses yeux – même de manière infime – et sa légende s’incarnait. Elle avait déjà entendu tant d’histoires sur ce mercenaire… Elle s’étonnait encore de pouvoir être effrayée par lui.

- Je ne compte pas rester là à attendre qu’on veuille bien nous trancher la gorge, si c’est votre question.

Il ne fallait pas oublier de qui elle tenait la majeure partie de son intellect et de ses talents martiaux. Dans ses veines coulait le sang de l’antique lignée des Enfants du Roi de Fer. Et s’il y avait bien une chose à retenir des Garaldhorf, c’est qu’ils n’abandonnaient jamais. Persée s’éveillait sous la peur. Retrouvant son sang-froid, dès lors que la colère et l’angoisse laissaient place à une froide détermination, l’Ancalikon se dirigea vers la première caisse à portée de main. Le navire tanguait assez violemment, poussant Persée à avancer avec la démarche d’un ivrogne. Parvenue au chargement le plus proche, elle inspecta rapidement la manière dont celui-ci était attaché. Si seulement ils avaient pu ouvrir une de ces caisses et récupérer des armes !...

- Je suppose que votre magie ne peut pas faire fondre une serrure ou brûler ce bois ?

C’était autant une réaction rhétorique qu’une remarque blessante. Persée avait voulu piquer l’orgueil du Seigneur Noir. Elle ne s’en cachait pas. Tout était bon pour passer ses nerfs. Cependant, elle n’en oubliait pas pour autant son objectif. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ? Sa propre magie ne servait qu’à exalter les émotions. Elle serait bien meilleure au combat, une arme à la main, qu’avec ses dons empathiques. Elle poussa un soupir à fendre l’âme.

- Je propose d’attendre. Tant que nous serons en mer, nous ne risquons pas grand-chose. Je doute qu’ils veuillent nous jeter par-dessus bord aussi vite, après avoir déployé tant d’efforts pour nous capturer vivants.

Persée fit volte-face. Sur son visage s’imprimait une froide résolution qui confinait à l’impassibilité du marbre. L’Ancalikon parlait.

- Il ne sert à rien de tenter une action désespérée maintenant. Nous n’avons aucune chance. Votre magie vous échappe. Et nous n’avons aucun moyen de remporter ce combat contre un équipage dont nous ignorons le nombre exact. Attendons de savoir ce qu’ils veulent faire de nous. Je préconise la patience.

Satisfaite d’être parvenue à trouver une stratégie, la sang-mêlée s’assit de nouveau sur le plancher de la cale, en tailleur, les mains à plats sur ses genoux. Elle s’attendait presque à une violente manifestation de désaccord de la part d’Alauwyr Iskuvar. Un tel homme ne devait pas apprécier de se faire dicter sa conduite. Plus encore s’il portait le titre de Seigneur. Cherchant instinctivement du réconfort chez sa Liée, l’esprit de Persée vola vers la Bleue mais ses pensées furent aussitôt arrêtées par le maléfique collier. Réduite au silence, elle voulait croire que Vraël ne se trouvait pas loin. Et que la dragonne pensait à elle.

Vraël nageait dans le sillage du navire, la tête émergeant hors de l’eau, quelques mètres derrière Estenir. L’Empereur Noir était économe en mouvements. Sa taille lui permette de couvrir la distance plus rapidement. La petite chasseresse bleue maintenait une cadence effrénée pour rester en vue du vaisseau des forbans. Elle frémit comme l’esprit d’Estenir frôlait le sien à nouveau. Non pas qu’elle n’aima pas le contact de ses semblables. Mais il lui paraissait insoutenable de rompre le silence qui régnait en elle, depuis la perte de contact avec son Âme Sœur, comme s’il s’agissait d’une violation de son intimité. Prenant sur elle, serrant les mâchoires, la dragonne acquiesça néanmoins aux paroles de son aîné. Estenir se révélait aussi sage que son Lié était téméraire. Vraël ne pouvait pas totalement lui faire confiance. Tant qu’ils partageaient un objectif commun – et une souffrance indescriptible -, le sort pouvait leur sourire. Il ne restait qu’à espérer que le Noir ait vu juste.

° S’ils avaient voulu les tuer, ils l’auraient déjà fait. Que veut cet homme ? Monter les Kaerls les uns contre les autres ? Utiliser la magie des dragons ? Faire du chantage ? Ses motivations m’échappent. Je pense qu’il ne sert à rien de nous cacher d’eux. Ils savent déjà que nous les suivons. Nous sommes autant une partie du piège que nos Liés prisonniers. °

Son ton dur et amer trahissait le tumulte intérieur de ses pensées. Privée de la chaleur émotionnelle de sa Liée, celle pour qui elle était prêt à tuer et aimer sans hésitations, la Bleue perdait de sa douceur et cédait volontiers le pas à une colère glacée, dévastatrice. Sous la cuirasse turquoise, les manières malicieuses et raisonnables, battait un cœur d’acier. Une fureur silencieuse rugissait en son âme.


Voilà ! Réponse promise, réponse due ! Tu peux avancer de quelques jours pour arriver sur l’île, ou continuer sur la même ligne temporelle, comme tu veux ^^ Je n’ai rien prévu pour la suite, j’improvise. Et pas de bouche-à-bouche ! XD



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Ven 22 Mai 2015 - 09:25 Répondre en citantRevenir en haut

Au moins la Céleste ne se résignait pas à son sort, mais il n'appréciait pas la réplique qu'elle lui jeta à la figure concernant l'usage des plus limitées de sa magie. Il se contenta de lui jeter un regard glacial. Il croisa les bras sur son torse pendant qu'il leva le nez vers la misérable bougie qui les éclairait avec peine. Cela laissa le temps à Persée de s'installer et de préconiser la patience. C'était une stratégie simple, il devait l'avouer, mais attendre sans rien faire, sans savoir ce que le destin leur réservait était difficilement tenable. Il se contenta de serrer les dents tout en se focalisant sur cette bougie à la flamme maigrelette. Puis il regarda le chargement. Leurs armes devaient se trouver dans l'une d'elles. Doucement, il ravala sa hargne et se retourna vers Persée.

''Attendre est peut-être judicieux, mais attendre trop longtemps finira par remuer l'intérieur de votre esprit. Nul besoin de dissimuler que le contact rompu avec votre liée vous perturbe. Combien de temps pensez-vous réussir à tenir sans sentir sa présence par le Don ? Même si vous la savez en vie, votre âme finira par sentir son absence et à se déchirer de point la sentir''

Disait-il cela parce que c'était déjà ce qu'il ressentait au plus profond de lui ? Peut-être. En tout cas, la colère d'être retenu contre son gré dans la cale d'un navire tanguant fortement aidait à dissimuler ce ressenti.

''Ma magie m'échappe peut-être et je ne vais pas tenter de l'utiliser quand même contre nos chaînes ou contre une des caisses de ce chargement pour tenter de récupérer nos armes, si d'espoir elles y sont rangées. J'utiliserai le peu que je serai capable d'en invoquer qu'en ultime recours. Je ne puis me permettre de saper mes forces à l'inutile. Par contre la magie ne règle pas tout. Levez-vous''

Il rajouta à l'ordre la tension qu'il provoquait en tirant sur la chaîne qui les liait l'un à l'autre. Peut-être qu'il avait pris sur lui le conseil tactique de Persée d'attendre de voir comme les choses évolueraient, mais il ne resterait pas sans rien faire. Il y avait toujours quelque chose à tenter, même si ce n'était pas de se battre immédiatement. Qu'il soit Seigneur ou Maître-Dragon, l'inertie n'avait jamais été à son goût.

''Vous allez m'attraper cette bougie. Et prenez garde qu'elle ne s'éteigne pas. ''

Sans demander la permission à l'Ancalikon, il l'attrapa par sa taille fine et la souleva pour qu'elle trouve des appuis sur ses larges épaules. Fine et légère qu'elle était, il n'éprouva aucune difficulté donc à la soulever. Il laissa le temps à sa compagne de mésaventure de décrocher la lanterne du plafond. Les oscillations du navire rendaient la tâche délicate. Le Maître Noir s'était campé sur ses jambes pour aider à l'équilibre de la jeune femme et une fois qu'elle eut l'objet convoité, il l'aida à descendre en la rattrapant à nouveau par la taille et la déposa délicatement sur le plancher de la cale.

''Peut-être que cette flamme sera suffisante pour tenter de brûler le bois de cette caisse...''Il désigna celle qui trônait au-dessus du reste de tout le chargement.''Cela mettra le temps qu'il faut... Affaiblir la planche sera déjà une victoire pour l'ouvrir sans clé pour cette satané serrure

Pour sûr que cela allait être long, mais Alauwyr n'allait pas attendre que ce Jod vienne prendre de ses nouvelles. La bougie fut donc placée de telle façon que sa petite flamme comment à noircir le bois du long coffre. Ca crépitait de temps en temps, signe que le bois était bien sec. Peut-être que l'opération prendrait moins de temps. Au moins la première heure fut encourageante, malgré l'odeur enfumée qui avait envahi la pièce et la cale qui se pouvait au rythme d'une coque qui luttait contre des vagues assez houleuses. Dehors, la mer devait être en mode gros dos.

Alauwyr retira la bougie, qui commençait à dévoiler des signes de fatigue. Son bout de cire était ridicule et elle pouvait donc s'éteindre au moindre instant. Regardant le bois qui fumait et quelques lignes de braises sur le bois brûlé, le Seigneur tiqua. Ce n'était pas suffisant, il aurait fallu encore un peu plus de temps.

''Advienne que pourra. ''

La coque grinçait régulièrement aux contacts brutaux des vagues qui la percutaient. Alauwyr, le visage tourné sur le côté comme guettant un instant précis, ferma son poing et remplia son bras. Sur la minute qui suivit, un gémissement boisé se répandit tout le long de la quille, quand une grande vague se fracassa sur la proue. Le poing ardent percuta en même temps la zone malmenée par la flamme de la bougie. Le son était à peine couvert, mais le résultat était positif. La planche visée était fendue en deux. L'Ardent frotta sa main en grimaçant, mais un sourire satisfait le remplaça vite fait.


Sur le pont, Job regardait le lointain avec un immonde sourire. Toutes ces années de sa vie perdues lui allaient être remboursées par ces deux là. Ses songes de vengeance furent coupés par le capitaine Horn.

''M'sieur, la tempête approche. Nous devons prendre un autre cap pour la contourner. ''
''Hors de question Capitaine. Je veux tracer au plus court pour arriver à destination !
''Mais je ne pourrai pas piloter mon navire à travers les récifs avec cette houle ! Et encore moins avec cette tempête ! C'est de la ....''
''Vous qui vous vantiez d'être le meilleur capitaine de cet endroit, m'auriez vous menti ? Que direz-vous à vos hommes, quand ils n'auront pas l'argent que j'ai promis si j'étais satisfait de vos services ? Ce serait tellement dommage qu'un mensonge sur vos capacités viennent leur retirer le fruit de leurs efforts''


Le capitaine déglutit. Jod était fou, mais l'argent qu'il avait payé d'avance et le reste qui avait promis était considérable. Jamais Horn n'avait eu une telle somme dans toute sa vie de marin.

''Bien M'sieur. Je prendrai la meilleure voie à travers les récifs. ''

Le capitaine Horn en se dirigeant vers la barre pour la prendre personnellement en main eut comme un mauvais pressentiment. Il mesurait toujours les risques... Mais cette paie était inespéré. Il beugla le nom d'un de ses marins pour l'envoyer à la vigie de proue et lui ordonna de bien ouvrir les yeux pour le prévenir des récifs... La tempête approchante allait être vicieuse à traverser et pour contourner les récifs qu'elle cacherait dans ses vagues traîtresses.

Jod souriait de voir qu'il arrivait toujours à ce qu'il voulait. se fichant du ciel qui s'assombrissait à chaque minute et du navire qui montait et descendait au rythme des vagues qui grossissaient, il entreprit de descendre dans la cale pour s'amuser un peu avec ses invités. Et quand un des gardes qui l'accompagnait ouvrir la porte de la cale, un rictus malsain se peignit sur ses lèvres...



Alauwyr s'apprêtait à tendre la main dans la fente pour l'écarter.

''On dirait bien que nos armes sont toutes ici. ''

Il avait reconnu le reflet sombre de l'obsidienne qui trônait sur le pommeau de sa lame noire. Soudain la porte de leur prison s'ouvrit et avant même que l'Ardent ait fait quoi que ce soit, une douleur atroce le saisit au niveau du collier. Les deux mains portés sur cette entrave qui les coupait du Don -et de la magie-, il essaya de l'arracher, serrant les dents pour ne pas hurler de cette souffrance impalpable qui se diffusait dans tout son corps. Il en tomba même a genoux. Jod se permit un petit rire satisfait et amusé.

''J'arrive à temps on dirait... Quelle drôle d'idées de faire pareilles bêtises. je suis obligé de vous punir comme un sale garnement. ''

Sous le regard foudroyant de l'Ardent qui cherchait déjà à se relever, Job n'eut qu'à frotter son bouche sur une bague argentée qu'il portait à l'index. Alauwyr tressaillit sous la nouvelle vague de douleur. Bien entendu, Jod, n'oublia pas Persée.

''Ne tentez rien ma chère, ce serait dommage d'agir de violence sur votre charmante personne. ''

Mais il se permit quand même de lui faire comprendre le message avec une petite onde un peu secouante. Jod n'oubliait pas qu'il avait avec lui deux individus redoutables et que même la captivité ne limitait guère. D'un rire fou, il préféra d'abord s'amuser avec le Maître-Noir. Ce dernier finit par hurler malgré sa volonté de résister. Quand Jod lui laissa un peu de répit, il s'était adossé non loin du chargement.

''Vous vous demandez finalement pourquoi tout ceci. Votre capture, votre emprisonnement sur ce navire. Ce petit jeu de souffrance....''

Il ricana et fixa Persée qu'il asticota d'un petit jet douloureux et jeta à nouveau son dévolu sur le Seigneur qui se redressait encore. Haletant et le visage en sueur, Alauwyr ne tenait pas à se soumettre à son petit jeu.

''Vous êtes tous les deux forces. Ca me plait. Cela signifie que je vais bien m'amuser le temps que nous atteignions notre destination. Et quand j'en aurai fini avec vous, je m'occuperai de vos deux dragons.... ''

Son visage se tordit soudain dans des traits rageurs.

''Les vôtres n'auraient jamais du me repousser. Comme vous, j'aurai du avoir mon dragon ! Toute ma vie j'ai souffert de ne pas avoir pu embrasser votre existence si idyllique ! Ce n'était pas faute pourtant d'avoir été trouvé par un Maître-Dragon ! Non.. il a fallu que vos souverains de l'époque décrètent que je n'étais pas digne d'être des vôtres ! Trop instable qu'ils disaient ! Trop risqué face à ma folie. Mais quelle folie je vous demande... ''

Il lâcha un rire amer. En même temps, le navire gîtait de plus en plus. On sentait les changements brutaux de cap pour esquiver quelque chose dehors. Un grondement vibra le long de la coque. Le tonnerre retentissait dehors.

''Les trois Kaerls m'ont refusé. Tous ! Je n'avais pas le droit de me lier à un dragon, au risque de mon âme corrompe la sienne. Justement, c'est un dragon qui aurait pu me sauver ! Au lieu de cela, on m'a rejeté, désavoué ! Tout cela pourquoi ? Parce qu'il vous faut, à vous vos Seigneuries, des gens qui soient jugés digne. Mais je me demande comment vous pouvez juger. Durant quatre décennies, j'ai fomenté ma vengeance en trouvant les moyens de la réaliser et le destin m'a souri quand j'avais commencé à abreuver la tension chez les vôtres. L'Ancalikon et le Seigneur Ardent en personne dans mes filets. Quand tout sera terminé avec vous, vos Kaerls respectifs se battront et une nouvelle guerre éclatera, tuant hommes et dragons à nouveau. Tout cela pour votre fichue dignité ! ''

Il s'apprêta à envoyer une forte onde sur les deux Maîtres-Dragons quand la cale donna l'impression de s'envoler sous une impulsion verticale. Un craquement sinistre se répandit en dessous d'eux. Des marins hurlaient sur le pont et la coque gémissait dans un long glas d'agonie de bois qui se comprimèrent par endroit après avoir été fracassé contre quelque chose de gros et de rocheux...Un bruit d'eau furieuse emplissait déjà les compartiments destinés à équilibrer le navire ua niveau de la quille...



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MessagePosté le: Lun 6 Juil 2015 - 20:06 Répondre en citantRevenir en haut

Les mots durs d’Alauwyr ricochaient dans la pénombre avec l’accent du désespoir. Il faisait des efforts visibles pour conserver son sang-froid. Persée lui en était grée mais cela ne réglait pas le problème. La seule idée d’être enfermée, piégée, dans le même guêpier que l’un des pires Ardents au monde lui laissait un goût de cendre dans la bouche. Et ce n’était rien comparé au silence angoissant qui habitait son esprit suite à sa rupture mentale avec Vraël. Habituée depuis trop longtemps – et sans doute trop vite – à vivre constamment connectée avec la dragonne, elle ne supportait plus la solitude. Pas de cette façon. Et rien ne s’arrangeait, puisque le Seigneur Noir en personne pointa un problème d’une envergure considérable : tous deux allaient dépérir s’ils ne retrouvaient pas la voix de leur Lié bientôt. L’impact psychologique serait le plus important, au final, même si leurs âmes restaient intactes et unies.

Persée ravala un soupir et se releva sans se presser. La traction exercée sur la chaîne manqua la déséquilibrée. Le visage fermé et les lèvres scellés, elle se laissa soulever pour atteindre ladite bougie. Ouvrant la lanterne, elle s’empara de la minuscule source de lumière, une main derrière pour en protéger la flamme. Sitôt de retour sur le plancher instable, Persée fit son possible pour se tenir à bonne distance de l’Ardent. S’il lui prenait l’envie de faire usage de sa magie à nouveau, grand bien lui fasse ! Mais elle ne tenait pas à subir les contrecoups des perturbations magiques à cause de leur maudit collier. Foutus Valherus ! Toujours à inventer des objets farfelus aux propriétés défiant les lois de la nature, juste pour s’amuser ! Combien d’artefacts existaient encore à travers le monde, disséminés un peu partout, à la portée du premier paysan venu ?

Tandis que la maigre bougie noircissait la caisse, Persée surveillait les bruits de pas venant du pont supérieur. Ils avaient traversés le Delta depuis longtemps. S’enfuir en haute et s’avérerait compliqué, surtout par ce temps propice aux tempêtes. Une heure, peut-être plus, passa, sans que rien ne bouge. L’odeur de bois brûlé empuantissait la cale. Un choc sourd retentit. La sang-mêlé reporta soudain toute son attention sur le Seigneur Iskuvar. Mais qu’est-ce qui lui passait par la tête ? Elle le regarda frapper la caisse abimée de son poing fermé. Elle écarquilla les yeux, n’y croyant pas.

- Vous avez perdu la tête ? chuchota-t-elle précipitamment. Vous allez attirer l’attention des autres ! Arrêtez, vous faites trop de bruit ! Il y a un garde en haut de l’escalier, imbécile !

Ne voyant aucune réaction, la jeune femme bondit en avant et agrippa le bras de son comparse d’infortune pour le retenir en arrière. Il aurait été surpris de constater la force se dissimulant sous sa frêle carcasse.

- Arrêtez !

Des pas. Persée releva les yeux vers la porte, tous ses sens aux aguets. Quelqu’un redescendait vers la cale. Traînant l’humain avec elle, la jeune femme courut se plaquer à côté de la porte, laissant Alauwyr faire face à celle-ci. Ladite porte s’ouvrit à la volée, un marin trempé armé d’une lanterne et avec un sabre au côté fit son apparition. Jod le suivait, un horrible rictus déformant ses traits d’ivrogne. Persée retint un grognement. Décidemment, rien ne se déroulait comme prévu ce soir.

Elle comprit à peine le discours embrumé de Jod, tant ce vaurien aimait jouer avec la souffrance d’autrui. A chaque fois qu’il touchait cette maudite pierre, Persée regardait Alauwyr se tordre de douleur. Puis ce fut son tour. Elle avait l’impression d’être foudroyée sur place. Ses yeux se piquèrent de larmes brûlantes malgré elle. C’en était trop. La terreur menaçait de s’emparer d’elle et de la faire renoncer !

Il y eut un violent choc. Un raclement sonore, de for mauvais augure, se propagea à travers tout le navire. La sang-mêlé écarquilla les yeux d’horreur. Un récif. Ils avaient heurtés un récif. Ils allaient périr noyés avant même d’atteindre la moindre côte, où qu’Eos ait eu le temps de prévenir qui que ce soit de sa disparition au Màr Menel.

- Qu’est-ce que c’était ? demanda abruptement Jod au marin.
- J’sais pas, m’sieur.
- Va te renseigner, alors !

- Votre Don doit être trop faible, pour qu’aucun dragon ne prenne le risque de se lier à vous. On a voulu vous épargner la déception et le chagrin d’être toujours seuls à attendre sur les sables, à chaque Empreinte, hoqueta Persée en retrouvant son souffle, après être tombée à genoux sous la douleur.
- Mensonges !... Peut-être même que je n’annoncerai pas tout de suite votre mort, à tous les deux. Je pourrais demander une belle rançon. Puis regarder les Kaerls s’entre-déchirer… Oh oui ! C’est tout ce que vous méritez !

Peine perdue. Comment faire entendre raison à un fou désespéré ?

La colère fut néanmoins la plus forte. Une rage profonde, issue des tréfonds de son âme, surgit soudain, déployant ses ailes ardentes dans sa poitrine. Plutôt mourir debout ! Et tant pis si elle entraînait le navire dans la mort avec elle ! Jetant un regard éloquent à Alauwyr, elle braqua ses prunelles d’orage sur Jod et son garde du corps.

- Maintenant !

Persée se jeta en avant, percutant le marin de tout son poids pour l’entraîner à terre. Le bougre avait plus de force qu’elle mais l’Ancalikon demeurait plus rapide. Elle réussit à coincer la tête du garde dans le creux de son bras en le maintenant penché en arrière. Le malheureux se tortillait pour se libérer, lui griffant le bras en gargouillant des insultes. Réussissant à empoigner la garde du sabre, elle en assomma l’homme qui s’écroula en une masse inerte. Il fallait espérer qu’Alauwyr ait réussi à maîtriser Jod ou soit encore en état de se battre. Des bruits de pas précipités parcourant le pont en tous sens résonnaient au-dessus de leur tête. La quille endommagée allait occuper l’équipage, c’était l’opportunité à saisir. Elle brandit le sabre, menaçant la gorge de Jod.

- La clef de cette caisse, vite. Je ne repars pas sans mon épée !

Elle n’éprouvait pourtant aucun attrait particulier envers les préoccupations matérielles, ni n’accordait une trop grande valeur sentimentale aux objets. Toutefois, l’épée des Garaldhorf faisait exception. Elle ne la considérait pas réellement comme sienne. Elle appartenait à ses ancêtres, à des elfes qui auraient sans doute volontiers crachés sur ses choix de vie et son métissage. Seulement, elle comptait bien leur prouver à tous, par sa simple existence, qu’elle méritait cent fois mieux qu’eux. Porter cette épée lui permettait de revendiquer son héritage.

- Au nom de la justice du Màr Menel et… (Bref regard hésitant vers Alauwyr)… du Màr Tàralöm, je vous arrête pour trafic d’armes, enlèvement et profanation d'antiquités. Retirez ces colliers immédiatement !

La coque tangua de nouveau. Elle grinça, roula sur bâbord selon un angle inquiétant. Persée manqua chanceler mais refusa de détourner les yeux. Elle déglutit comme la nausée la reprenait.

- Vous allez nous servir d’otage.

Tandis que l’orage rugissait dans un ciel de tempête, la mer se déchaînait. Kainalu exprimait son caprice colérique d’impressionnante manière. Le dieu des flots furieux ne laissait pas de répit au navire des pirates. A demi aveuglée par les éclairs zébrant le ciel, Vraël nageait telle une forcenée pour rester dans le sillage du vaisseau. Devant les deux dragons, les éléments se livraient une bataille sans merci.

° Estenir ! Le navire va chavirer ! Il faut intervenir. Maintenant ! °

La Bleue redoubla d’ardeur. Elle devait atteindre le bâtiment avant qu’il ne s’effondre sur lui-même. Sa Liée était à l’intérieur. Elle était prête à éventrer elle-même sa coque pour l’en délivrer. Dans un craquement formidable, un des trois mâts se brisa en deux, chutant dans la mer. Le navire allait ralentir sa course. Déjà, des silhouettes s’agitaient dans le gréement pour maîtriser les voiles. Quelques-unes d’entre elles tombèrent à l’eau. Vraël s’approcha aussi vite qu’elle put et se coula dans le sillage tribord telle une ombre.





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Ven 17 Juil 2015 - 16:02; édité 1 fois
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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Ven 17 Juil 2015 - 15:12 Répondre en citantRevenir en haut

Pris dans sa propre folie et dans ses rêves de vengeance, Jod ne comprenait pas le danger qui envahissait déjà le fond des cales du navire. Dans les craquements gémissants qui résonnaient sous le plancher de leur ''prison', Jod beuglait presque sa haine à la face de Persée qui tenta une ultime fois de le raisonner. Peine perdu avec un fou dévoré par une forte envie de revanche. Une revanche qui n'aurait jamais dû voir le jour si le dragon qui l'avait découvert avait effacé correctement sa mémoire.

Alauwyr dans son coin avait commencé à se relever péniblement. Il croisa le regard de l'Ancalikon. L'éclat de ses yeux en disait long sur la colère sourde qui montait en elle. Dans ce bref échange de regard, il comprit ce qu'elle fomentait de faire. Une telle opportunité ne se représenta qu'une unique fois. S'ils échouaient tous les deux, soit Jod les achevait à l'aide du pouvoir de la bague qui se reliait magiquement aux colliers qui entouraient leur coi, soit ils périssaient tous dans le naufrage proche du navire. Et comme le Maître-Noir ne tenait pas personnellement à y laisser la peau... Ils ne pouvaient compter que sur tous les deux. N'ayant pas d'autres choix de toute manière....

A l'injonction de la Céleste, Alauwyr bondit en avant, percutant les jambes de Jod pour le faire choir brutalement. Pendant que Persée se démenait avec son adversaire, Alauwyr lutta rudement contre leur tortionnaire. Sa faible carrure dissimulait bien sa force et il était aussi agile qu'une anguille. Serrant les dents sur des coups qui le percutèrent rudement, l'Ardent réussit à plier un bras dans le dos de Jod et à le tordre, amenant le déséquilibré à tenter de se dégager pendant qu'il ravalait des gémissements de douleur. Alauwyr força un peu plus, et lui donna un coup dans le genou pour le contraindre à s'agenouiller. Le visage exhalait de haine et de rage. Sa bouche s'ouvrit pour lâcher un flot d'injures à l'encontre de ses prisonniers. Ce fut un cri qui jaillit de sa bouche par une nouvelle torsion de son bras. De lourds martèlements de pas sur le pont supérieurs annonçait un équipage trop occupés pour se soucier de ce qui se tramait en dessous d'eux. Alauwyr ne s'en préoccupant pas, retirant de force la bague qui provoquait ces immondes souffrances physiques. Il jeta le bijou plus loin, laissant l'humain grogner pour son doigt maltraité

Puis le Maître Noir jeta un regard vide d'émotions à Persée, pendant que cette dernière menaça Jod de la lame du sabre qu'elle avait réussi à prendre sur le garde du corps neutralisé. Jod se contenta de sourire. Et quand Persée joua les juges tout en exigeant qu'il leur retire les colliers. L'humain cracha par terre avant de ricaner comme un cinglé.

''Quelle justice... et moi vous servir d'otage ? Ahahahaha ! Vous ne méritez pas que je cède. Allez vous ...''

Un coup de poing le fit taire. Alauwyr porta une main lourde sur les cheveux de Jod pour les tirer violemment en arrière.

''Mauvaise réponse... et crois moi mon cher, que j'aurai de quoi te faire payer au centuple ce que tu nous as fait subir. Si l'Ancalikon n'était pas présente, je t'aurai donné une sentence de mort instantanée...''

Le problème était justement là. Persée était là et avec ses préceptes célestes, jamais elle ne permettrait que l'Ardent tue cet enflure. Jod méritait la mort, ne serait-ce pour ce qu'il avait tenté de commettre sur leur personne ; sur celle d'Alauwyr en particulier. Préférant ne pas perdre de temps avec Jod, toujours en lui tirant la tête en arrière pour la laisser parfaitement exposé au fil acéré du sable de Persée qui avait retrouvé son équilibre malgré le tangage chaotique du navire, il fouilla la tunique de Jod et trouva la clé. Sans attendre, le laissant en joue de la lame de la Céleste, Alauwyr rejoignit le coffre, heureusement à portée pour ne pas être gêné par l'entrave qui le reliait encore.

''Pensez vous qu'à vous deux seuls vous arriverez à vous sauver de ce bateau ? Sans vos dragons vous n'êtes rien ! Rien vous m'entendez ! Et pour ces colliers, quel dommage .... je refuse de vous les retirer ! ''

Et Jod ricana tel un aliéné qui n'avait plus rien à perdre. Alauwyr après avoir ouvert le coffre se retint de lui jeter son kriss qu'il venait à l'instant de récupérer. L'envie de lui faire taire ses rires de dément dans le fond de la gorge le chatouillait grandement. Mais s'il l'achevait, jamais il ne se débarrassera de ce maudit collier. Et vivre sans sentir et parler à son lié pour le restant de son existence lui était déjà insupportable.

Il jeta un regard fulminant à Jod et attrapa l'épée pour la lui lancer, garde en avant. Il prit la sienne et la sangla à sa place de toujours. Cela fait, il rangea son couteau à lame ondulée à sa ceinture. Le navire gîtait de plus en plus. Une odeur saline envahissait déjà l'air bien lourd.

''Ne perdons pas de temps...''

Comme pour ponctuer sur l'urgence de trouver un échappatoire, un craquement sinistre retentit au-dessus d'eux. Un des mâts venait de se rompre et un formidable son d'un lourd objet sombrant dans la mer résonna comme un glas d'agonie. Les cordes claquèrent en cédant pour les plus fines et les plus solides entraînaient déjà la coque du navire à gîter plus encore. Le pont supérieur et les inférieurs s'inclinèrent dangereusement.

A l'intérieur de la coque, Alauwyr glissa et percuta le mur en bois. Dans le mouvement Persée avait suivi, le percutant. L'Ardent grimaça et repoussa la céleste. Jod tenta de rejoindre les escaliers qui se trouvaient désormais dans un angle étrange. Il cria un appel au secours.

''Hé là-haut ! J'ai besoin d'aide, les prisonniers tentent de me tuer !

Quel courage....Et au moment où le Maître-Noir s'apprêta à se redresser, pour rattraper Jod qui rampait, la navire roula doucement sur le côté. Ce que la liée de Persée redoutait se produisait. Déséquilibré par la perte de son mât et alourdi par l'eau qui envahissait les cales ; un recoin de remuait d'une surface aqueuse là bas dans l'ombre. Désormais à la perpendiculaire de la surface déchaînée, rien ne put empêcher les vagues haineuses de pénétrer par toutes les ouvertures possibles pour faire sombre l'impudent de bois qui avaient osé les braver. Les marins hurlèrent, certains finirent engloutis.

Jod hurla quand l'eau s'engouffra jusqu'à lui. Il frappa de ses poings l'eau qui montait vivement. Un poing l'invita à sombrer dans les ténèbres. Alauwyr grimaça en remuant sa main endolori et tenta vite de trouver une solution. Le navire sombra et l'eau pénétrait de force par les escaliers. Les planches gémissaient encore plus fortement, la pression extérieure rajoutant au calvaire du bateau en perdition.

L'eau arrivait déjà à leur taille et continuait de monter. L'Ardent pesta

''On ne va pas avoir le choix ! L'eau doit tout envahir pour que nous puissions remonter. J'espère que vous savez nager ! ''

Il attrapa la tunique de Jod pour que l'abruti garde la tête hors de l'air. D'un air dédaigneux, il le repoussa, le laissant flotter dans les remous de l'eau montante. Il était hors de question de supporter un point mort.

De doutant pas de l'expérience de Persée, il surnagea quand il perdit pied et lorgna le plafond. Chaque inspiration allait être primordial. Peut-être que la céleste ferait comme lui, il n'en savait rien après tout, mais il inspira à l'ultime moment et au maximum. Désormais le temps jouait contre eux. Et en plus il faisait sombre là-dedans... Presque à tâtons qu'il chercha les escaliers et quand il sentit la première marche... Quelque chose attisa sa méfiance et soudain, il se retira de la première marche... Un sombre grondement retentit et quelque chose tomba lourdement sur les escaliers, déjà bien sans dessus dessous... Vivement, Alauwyr porta ses mains sur ce qui venait de tomber. Par le Sang ! Un chargement avait roulé et bloquait leur seul sortie !

Des coups brutaux retentirent le long de la coque. Un son atténué par la densité de l'eau mais qui ne laissait aucun doute quand à son origine. Et cela se répétait encore et encore. Soudain, des planches s'écartèrent sur la pression frappante de ce qui agressait la coque coulée. Un jour apparut à peine et on crut voir un passage fugace d'écailles. Les dragons ! Ils frappaient la paroi du vaisseau pour repérer leur lié ! Mais le collier leur interdisait de sentir leur présence...

Son esprit se fixa sur une unique solution. Attendre que les dragons fracassent totalement leur prison qui manquait de devenir leur tombe aquatique risquerait d'être long. Malgré le lien métallique qui le reliait toujours à Persée, il se propulsa du reste des escaliers pour rejoindre la paroi qui les séparait du dehors sous-marin. Il tira Persée pour l'avoir à ses côtés, la tenant fermement de son bras. Sourcillant, il posa sa main libre sur le bois et au moment où il s'apprêtait à agir, il sentit Persée se crisper. La suffocation devait atteindre son paroxysme. Avant même qu'elle ne recrache l'air de ses poumons pour répondre au réflexe respiratoire que lui imposait son propre corps, l'Ardent fit une seule chose, même si c'était prendre un grand risque. Il lui imposa ses lèvres contre les siennes pour lui offrir un répit aérien. Juste assez pour qu'elle tienne encore et assez longuement pour qu'elle comprenne cette intentions salvatrice

Puis vivement, il posa sa main comme tout à l'heure et appela le peu de magie qui lui restait. Jamais il n'avait utilisé son pouvoir comme il songea l'employer. Rien qu'une petite flamme lui avait coûté beaucoup. Alors ce qu'il envisageait de faire pour se sortir de là tout les deux....Surtout pour que les dragons les repèrent !

Il la libéra d'un coup, ayant veillé à plaquer Persée de telle sorte que l'onde de choc l'épargne. L'onde les frappa aussi vivement que les planches de bois explosèrent vers l'extérieur, l'eau étouffant déjà des flammèches noirâtres, résultante du sort lâché par Alauwyr.

L'intonation résonna longuement dans l'eau. Estenir n'était pas loin, frappant le navire comme sa congénère. Il tendit le cou vers l'origine et hurla presque à l'esprit de Vraël

°Là-bas ! Ils sont là ! Tu es plus proche que moi!°

Surtout plus petite pour pénétrer dans le trou béant qui achevait le navire....



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 19 Juil 2015 - 00:13 Répondre en citantRevenir en haut

Le navire grinçait et grondait, protestant contre chaque vague qui se fracassait contre ses flancs. Le monstre de bois et de toile agonisait. Dans les remous créés par l’eau s’engouffrant dans les cales éventrées, Persée sentait ses poumons la brûler. Elle ne tiendrait pas plus longtemps. Ses vêtements et son baudrier l’alourdissaient, entravant ses mouvements. Tout s’était déroulé si vite. La mer semblait vouloir gober le navire, alors même que les deux chevaliers-dragons mettaient tout en œuvre pour s’en échapper. Tandis que la suffocation atteignit son paroxysme, la seule pensée cohérente qui traversa l’esprit enfiévré de Persée fut qu’elle n’aurait jamais cru mourir noyée.

Ce fut sans compter sur le secours d’Alauwyr. Une Ancalikon sauvée par un Seigneur du Màr Tàralöm. Des bardes pourraient en faire une chanson de geste parfaitement absurde. Avant qu’elle ne reprenne ses esprits, elle ouvrit de grands yeux attaqués par le sel, essaya par réflexe de se défaire de l’emprise de l’humain avant de se rappeler qu’ils étaient encore enchaînés. L’onde de choc creva le fond de cale dans un flot de bulles et d’esquilles de bois. Cela réveilla Jod qui s’agita, le nez et la bouche hors de l’eau, tel un rat à demi noyé. Persée aperçut l’éclat fugace des écailles luisantes et comprit que les dragons cherchaient à les localiser.

Une longue patte sertie de serres acérées s’agrippa au bord du trou béant. Un long museau couronné de petites cornes pâles apparut. Persée s’y accrocha aussitôt, entraînant Alauwyr et Jod dans sa manœuvre. La dragonne retira lentement sa tête de la brèche, puis s’empressa de crever la surface. Lorsque l’air rentra de nouveau dans les poumons de la jeune femme, elle expulsa toute l’eau qu’elle put, toussant et crachant comme une vipère asthmatique. Elle inspira avidement de grandes goulées d’air, les bras passés autour du museau de sa Liée et rouvrit les yeux sur le naufrage en cours. Le navire des forbans ne roulait plus sur les flots furieux, pire : il penchait sur bâbord selon un angle improbable. La mer en furie dévorait petit à petit tout ce qu’il restait de son armature, de sa quille et de son pont. Le navire était perdu.

Elle avisa les silhouettes des marins éperdus qui ne pouvaient pas fuir le déluge. C’était trop tard pour sauver la cargaison. Cependant, elle refusait de repartir les mains vides. Reportant son attention sur le Maître Noir, elle cria par-dessus le tumulte :

- Est-ce que Jod est vivant ? Est-ce qu’il respire encore ? Je le veux vivant !

Son ton n’admettait aucune contestation.

- Gardez-le en vie à n’importe quel prix ! Je veux savoir ce qu’il sait !

Jod paierait ses crimes de son vivant. Et il devrait livrer ses complices. Car assurément, il n’avait pas pu agir seul. Des membres des Kaerls avaient dû lui venir en aide pour accomplir ses malversations, pour connaître les lieux de livraison et la valeur de la marchandise. Quelqu’un chez les Célestes et chez les Ardents le renseignait. Persée voulait savoir qui. Elle le devait.

De plus, Jod était le seul à connaître le secret de ces maudits colliers de fer ensorcelé. Lui-seul saurait en débarrasser les deux chevaliers-dragons.

- Combien de personnes Estenir peut-il transporter sans risques ?

Elle n’attendit pas la réponse.

- Vraël, rapproche-toi du navire mais évite le gréement, il te prendrait au piège ! Approche-toi le plus possible. Nous allons emmener tous les hommes que nous pourrons.

Elle sentit les mâchoires de la Bleue se crisper sous elle mais, si Vraël protestait, elle ne pouvait pas l’entendre. La dragonne obtempéra. Persée se laissa glisser sur son museau et s’installa derrière l’ossature de sa tête, à la naissance de son cou.

- Vous êtes fous, geignit Jod qui reprenait ses esprits.

Persée ne lui accorda pas un regard. Elle ne l’écoutait pas. Plusieurs hommes s’accrochaient aux deux mâts encore intacts. Une terreur folle se lisait dans leurs yeux. Quant à savoir s’ils étaient plus effrayés par la tempête ou par les dragons… La perspective de mourir demeurait, elle, plus que certaine.

- N’ayez pas peur ! Je viens vous aider ! Nagez jusqu’à moi ! Vous n’avez aucune chance d’en réchapper seuls !

Trois matelots désespérés surnagèrent jusqu’à Vraël. Ils s’agrippèrent à ses piques dorsaux, tentèrent de grimper sur son dos. Kainalu ne devait pas être de cet avis. La tempête redoublait en puissance. Un éclair déchira le ciel et le tonnerre explosa dans son sillage.

- Faites vite ! Accrochez-vous !
- Ma cargaison ! Les armes ! Non ! Vous devez récupérer mes armes !
hurlait Jod, pris de peur panique.

Ce sont les armes du Màr Menel et du Màr Tàralöm, certainement pas les vôtres.

Ils mettaient trop de temps à se décider. Le vaisseau sombrait rapidement, s'enfonçant inexorablement vers les abysses. Vraël émit un sifflement strident entre ses crocs serrés. Sa Liée la comprit à demi-mot. Fermant les yeux, cherchant en elle cette part de calme et de sang-froid qui lui faisait actuellement défaut, elle puisa dans ses souvenirs les plus heureux une forme de sérénité confiante, un rappel d'émotions positives. Avec effort, elle déploya son aura. Pâle et figée au milieu de la tempête, juchée sur la tête de la dragonne azurée, elle lutta pour ne pas refouler ses émotions. Son esprit se rebellait. Pourtant, elle avait besoin d'être calme, immédiatement. L'onde se propagea aussitôt, atteignant les cœurs affolés des marins. Plusieurs se laissèrent tomber à l'eau, dans l'espoir de rejoindre cette lumière, cette flamme vive dans la nuit, que représentait cette inconnue montant la bête reptilienne. Il était là, le salut.

Concentrée sur sa tache, l'Ancalikon ne vit pas les quelques canons rouler sur le pont incliné, précédé de la chute d'une lampe à huile. Le feu rugit en dévorant un premier stock de poudre. Dans les prunelles de Vraël se reflétaient avec horreur le spectacle du navire à l'agonie.



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