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Yong'Wu Zenghwei
Maitre Dragon
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MessagePosté le: Dim 20 Juil 2014 - 21:27 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918,


Erebus Lukas & Eidolon


Il passait une main sur les couvertures de cuir, appréciant le contact de sa peau et de l'enveloppe protectrice du savoir. Erebus avait toujours été homme à dire que tout savoir méritait d'être protégé, qu'importe son contenu ; oublier des choses était inacceptable et faisait reculer le monde sur la voie de l'illumination. Ce n'était pas à lui, ni aux gens simples de juger si telle ou telle information était mauvaise pour le monde, il laissait ce genre de débats aux intellectuels.

Faisant courir ses doigts entre les différents ouvrages il s'arrêta sur l'un d'entre eux, le penchant dans sa direction à l'aide de son index pour en étudier le titre. Après quelques secondes il retira le livre de l'étagère avant d'aller le poser sur l'une des tables d'étude avec un léger sourire de satisfaction. Il entreprit alors de ranger ceux-ci dans un ordre de difficulté en hochant la tête à ses interrogations mentales jusqu'à ce que des pas viennent se faire entendre.

« Ah te voilà ! J'espère que tu as bien récupéré de ton entraînement. Aujourd'hui nous allons nous concentrer sur ton esprit. »

Il lui offrit un sourire affable avant de tirer l'une des chaises pour lui indiquer de s'asseoir à cette place. Erebus se vêtissait toujours en fonction de son emploi du temps ; alors qu'hier il ressemblait à un homme d'armes aujourd'hui il tenait surtout du scribe, exception faite de sa carrure solide.

Une robe simple mais bien découpée et ajustée à son physique, passée par dessus des vêtements amples de couleur crème. La robe en elle même était d'un blanc de lin et sans manches, aux coutures bien camouflées dont le centre était frappé du sigle du Kaerl Céleste. Des bottes hautes peu usées dotées d'une ceinture pour que celles-ci restent en place sans gêner le mouvement, le cuir d'un brun profond rappelant presque la couleur du chocolat, ses mains quant-à elles étaient laissées à nus et le capuchon de la robe rabattu sur son visage.

« Tu ne peux t'attacher à cet endroit sans en connaître son histoire et ses facettes, j'ai donc rassemblé ici quelques volumes pouvant t'informer à ce sujet. Mais avant ceci ; sais-tu lire ? Ce n'est en rien une insulte ; j'ai eu quelques aspirants qui n'avaient jamais apprit à lire. »

Nouveau sourire bienveillant tandis qu'il tendait le bras en l'air, attrapant l'un des lumiglobes qui flottait dans les airs pour les rapprocher d'eux. La lueur douce et chaude de la boule lumineuse se répandit sur la table et les ouvrages pour offrir un meilleur confort de lecture et Erebus passa de l'autre côté de celle-ci, s'asseillant face à son aspirant et prêt à répondre à ses questions... ainsi qu'à l'interroger sur ce qu'il retenait ou non.

Modeler un esprit, l'éduquer, n'était jamais chose aisée. Mais Erebus pensait à une phrase en particulier, une phrase qu'il avait apprise alors qu'il n'était qu'aspirant en ces lieux ; Un esprit sain dans un corps sain. Les deux facettes d'une même pièce, les deux tranchants d'une même lame. Une fois aiguisés, ces deux aspects permettaient à un aspirant d'être prêt face à ce que le monde pourrait lui envoyer, si l'un des deux tranchants s'émoussait ou s'ébréchait l'aspirant se briserait dans le futur. Et Erebus avait prêté serment de former les meilleurs aspirants qui soient, au mieux de leurs capacités bien entendu.

« Eidolon nous rejoindra plus tard. Je ne doute pas que celui-ci pourra t'apprendre une foule de chose sur notre histoire et t'instruire mieux que ces livres. Mais les mots écrits méritent qu'on les respectes eux aussi. »

Erebus s'était fait un plaisir de dénicher des ouvrages avec des informations contradictoires sur certains passages. Il voulait voir comment allait réagir l'aspirant, si celui-ci allait l'interroger ou garder muettes ses questions. Dans les deux cas de figures il n'hésiterait pas à lui faire mention de ces choses, pour voir sa méthode de réflexion.

Les livres en questions traitaient tous de deux époques précises ; des évènements s'étant passé bien avant leur ère, parlant du début des Kaerls. Et l'autre époque était quant-à elle en rapport avec les tensions entre les kaerls avant la grande guerre. Des sujets intéressants pour qui désirait connaître deux points assez importants de l'histoire, tout était bien entendu écrit du point de vue céleste à part l'un des ouvrages à la couverture plus sombre et dont certaines pages étaient roussies et la couverture abîmée par une grande chaleur.

Tout savoir devait être protégé. Même la propagande ennemie...





Dernière édition par Yong'Wu Zenghwei le Ven 10 Juil 2015 - 12:26; édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 20 Juil 2014 - 21:27 Revenir en haut

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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 13:22 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya avait l'impression de devenir un enfant en venant ici.
À vrai dire, dès qu'iel s'était remis de l'entrainement aux armes avec son maitre, trouver un endroit tel que celui-là avait été dans ses priorités (après les plus évidentes: le bain, les habits, ect). Iel avait demandé à quelques personnes où trouver de la lecture, on l'avait dirigé vers les archives. En arrivant, iel avait profité de la nature même du lieu avant même de profiter de son contenu. Cet endroit, c'était un paradis dans son paradis ! Ses yeux pétillaient, alors qu'iel trottinait de rangée de livre en rangée de livre, observant les titres, notant l'organisation du lieu. Iel n'était que joie et excitation. Iel avait cherché les romans, et n'avait pas été déçu. Ah ! Avec tout cela, iel pouvait passer sa vie au Màr Menel sans jamais manquer de quoi que ce soit ! Le monde était merveilleux, tout de même.

Revenant ici pour un nouveau cours avec son maitre, iel demeurait de joyeuse humeur. Définitivement, ce lieu lui plaisait. Son regard passa sur les lumiglobes, alors qu'iel se dirigeait vers l'imposante silhouette de son maitre. La première fois qu'iel en avait vus, c'était ici, et cela le surprenait toujours, ces choses qui flottaient. Lui, iel voulait savoir comment elles faisaient. S'ils le découvraient, ils pourraient sans doute faire flotter d'autres choses, maitriser un peu mieux l'air... À moins que les Tol Orëanéens ne le sachent déjà. Bon sang, dans quelle civilisation était-iel tombé ?
Le neishaan arriva à la hauteur de son maitre. S'iel n'avait pas su que son cours était ici, peut-être ne l'aurait-iel pas reconnu, avec son capuchon et sa tenue. Si c'était un peu bizarre de le voir ainsi, Meccaya ne lui fit néanmoins aucune remarque là-dessus. Oh, cela ne venait pas uniquement de son envie de rester vivant et indemne face à son redoutable maitre. Non, il fallait également souligner qu'iel trouvait cette tenue fort sympathique, et qu'iel se serait volontiers offert la même. Le symbole du Kaerl Céleste lui semblait rendre beau et solennel tout ce qu'iel couvrait, symbole ultime du plus intéressant territoire de Rhaëg.
Meccaya salua son maitre d'une courbette. Iel avait deviné que, cette fois, iel ne le ferait pas combattre, et était venu plus sereinement à ce cours. Iel était également plus reposé, et semblait bien plus vif, bien plus motivé. Dans son regard il y avait encore les paillettes dues à l'adéquation entre cet endroit et ce qui faisait de lui un neishaan heureux. Iel allait enfin pouvoir prouver à son maitre qu'iel valait quelque chose ! Sans plus rechigner, iel s'assit sur la chaise indiquée. Déjà, ses yeux ne regardaient plus Erebus, mais les ouvrages, et ses doigts n'en restaient éloignés que parce que la politesse lui interdisait de lire tandis qu'on lui parlait. Si devant d'autres personnes iel se serait permet cet accroc à la bienséance, iel n'osait devant son maitre. Ce dernier était assez bon avec lui pour qu'iel se refuse à le froisser.

"- Je sais lire, depuis fort longtemps. J'y passe la majeure partie de mon temps libre."

Pour ne pas dire l'intégralité. Enfin, si Meccaya n'avait pas sourit, par simple paresse zygomatique, Erebus devait néanmoins pouvoir sentir dans l'engouement inhabituel de la voix de son aspirant qu'iel considérait cela comme un plaisir. Ce qu'iel ignorait sans doute, c'était qu'en plus des romans, l'andogyne n'avait aucun mal avec les livres d'histoire, qui suscitaient également en lui beaucoup d'intérêt. S'imaginer leurs ancêtres, sur ces terres qu'iel connaissait, avait son côté divertissant.
Iel leva le nez des ouvrages lorsque la lumière varia. Là, iel vit Erebus, un lumiglobe dans la main. Oh ? Ces choses-là pouvaient donc être attrapées et remuées à loisir ? Par les dieux, Meccaya voulait le sien ! Avec un peu de chance, peut-être que cela se trouvait dans le commerce, et iel n'aurait pas besoin d'en chaparder une...

Ah, visiblement, son maitre venait de lui laisser le champ libre pour lire. Merveilleux ! Après avoir demandé timidement s'iel devait lire à voix haute, et obtenu une réponse négative, Meccaya plongea sans plus réfléchir dans un des livres, au hasard. Et ce fut le plus sombre.
Il se passa un moment, alors que Meccaya lisait. Oh, ce n'était pas qu'iel lisait lentement, loin de là. L'androgyne devait parfois se forcer à ralentir, quand iel lisait plus vite qu'iel ne comprenait. Iel se félicitait, néanmoins, de réussir à emmagasiner autant d'information en si peu de temps. je ne parle pas là des livres, mais de tout ce qu'iel apprenait depuis plusieurs jours. Tol Orëa, les Kaerls, les dragons... Pour l'instant, iel ne s'y perdait pas trop. Luimë, les Neutres, Tàralöm les Ardents... quand iel était venu aux archives, c'était un livre sur les dragons qu'iel avait attrapé et dévoré. Iel savait désormais que les couleurs des dragons n'étaient pas de simples différences de carnation. Elles étaient également liées à leur taille, par exemple. À la lecture de l'ouvrage, une information l'avait perturbé, néanmoins. La couleur du dragonneau dépendait également du sexe de son Lié. Mais alors, de quelle couleur serait le sien ? Les seuls à se moquer de cela étaient les dragons d'Airains, mais il était ridicule de penser avoir pour Lié un Airain. Pour lui, ce serait la surprise. Iel espérait que cela ne voulait pas dire qu'iel ne pourrait avoir de dragon. Iel en rêvait tellement..!
Enfin, l'histoire de Tol Orëa se dessinait dans son esprit assez facilement. L'écriture du livre était relativement agréable, pour un récit historique. Ce qui semblait surprenant, néanmoins, c'était que son maitre le fasse commencer sur un ouvrage aussi peu flatteur envers le Kaerl. Peut-être voulait-il par là le forcer à relativiser, lui rappeler qu'iel ne vivait pas dans un rêve, mais bien dans le monde réel, qui avait fatalement un côté plus sombre, faillible. Ce n'était pas une sotte idée, et Meccaya dut reconnaitre que, ces derniers temps, son jugement avait été altéré par son enthousiasme.
Le premier livre fut donc terminé en moins d'une demi-heure. Gourmand, iel en attrapa un autre, après avoir demandé d'un regard l'autorisation à son maitre. Iel commença sa lecture, resta silencieux les premières minutes... Puis eut un rire d'internet. Enfin, iel souffla du nez assez fort, avec un grand sourire. En tournant sa page, iel expliqua à son maitre à voix basse ce qui le faisait rire:

"- C'est amusant de voir les déformations de chaque camp, dans ce genre de moments."

Oui, cela lui avait sauté aux yeux. La différence entre les deux récits était trop importante pour être ignorée. Iel continua de lire, mais avait vraiment l'impression d'avoir le récit d'un autre événement. Iel attrapa le carnet le plus sombre, vérifia les dates... Bigre, pourtant ils parlaient bien de la même chose. Mais c'était si différent ! Si Meccaya arrivait à imaginer à nouveau la chose, son esprit s'emmêlait néanmoins les pinceaux, mélangeant les deux récits, ce qui le troublait fortement. Erebus put le voir froncer les sourcils, lire un peu plus lentement, vérifier plusieurs fois...

"- Soit le Kaerl Ardent est très mauvais perdant, soit le Kaerl Céleste a des choses à cacher. Mais dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi ils auraient laissé cet ouvrage à portée de tous." remarqua-t-iel en pointant du doigt le plus sombre. "Il est dommage que nous n'ayons pas le point de vue des Neutres. Nous aurions pu avoir l'espoir de savoir ce qui s'est réellement passé, au moins entre Célestes et Ardents. À moins qu'eux aussi aient pris parti..."

Le neishaan n'avait pas levé le nez des pages. Iel continuait à essayer d'y voir clair, mais gardait l'oreille attentive. Peut-être qu'Erebus, lui, savait comment y voir plus clair là-dedans, ou connaissait la vérité...
Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Jeu 24 Juil 2014 - 12:50 Répondre en citantRevenir en haut


Erebus Lukas & Eidolon


Erebus sourit à la phrase de l'aspirant ; celui-ci aimait donc lire. Il l'aurait parié en voyant la façon dont il avait agit en entrant en ces lieux, l'expression sur son visage, l'éclat dans ses yeux. Il était content d'offrir à Meccaya une activité qu'il appréciait. Pour toute réponse il opina légèrement du chef.

Assis en silence il fit non du doigt à la question posée ; c'était un lieu d'études aussi lire à voix haute n'était jamais bienvenu ici. Oui ils allaient parler et discuter, qu'importe que l'on vienne les ennuyer sur ce fait, mais lire à voix haute ? Non. Erebus ne permettait cela que pour les aspirants qui devaient apprendre à lire, et encore il leur ôtait souvent bien rapidement cette facilité pour accélérer leur apprentissage.

Le jeune androgyne dévorait les pages avec une rapidité presque déconcertante. Là où lui prenait son temps sur chaque mots, Meccaya gobait les informations mais semblait les retenir tout aussi bien... si pas mieux. L'avantage de la jeunesse se dit-il en souriant intérieurement tandis que ses yeux scrutaient l'aspirant, décodaient ses mouvements.

° Je te sens content... même satisfait. Notre aspirant apprécierait-il le contact du vélin ? °

° C'est le cas mon ami. C'est le cas. °

Il avait donc jeté son dévolu en premier sur le carnet des ardents. Il se souvenait l'avoir prit à un ardent alors qu'il n'était que tout jeune chevalier, le carnet avait presque été perdu sous les flammes d'Eidolon tandis que la viande du malheureux sous-fifre de l'ordre d'ombre grésillait encore. L'odeur de graisse brûlée lui agressait encore les narines de temps en temps, Erebus avait toujours été quelqu'un voulant préserver la vie.

Son ancienne existence de Porte-Boucliers et sa philosophie avaient été mises à mal durant la guerre des trois ordres. Un bref instant son regard se voilà tandis qu'il se remémorait ces affreux souvenirs ; il marchait sur le champ de bataille, soignant indistinctement les blessés jusqu'à ce qu'un des ardents se relève et tente de le tuer à l'aide d'une dague.

Erebus l'avait repoussé, lui enjoignant de reposer son arme, lui disant qu'il n'était là que pour soigner les gens. Mais il n'avait rien voulu écouter. Il revoyait encore le visage juvénile mais empreint d'une détermination presque fanatique, les épais sourcils sombres froncés jusqu'à plonger ses yeux dans l'obscurité, les lèvres fines ouvertes sur des dents d'un blanc pur.

Ce jeune homme avait été beau, il avait peut-être même été quelqu'un de bien... Mais les dieux avaient voulus qu'il soit dans le camp ennemi et déterminé à tuer tout ce qu'il jugeait comme un ennemi. Erebus s'était défendu, repoussant le garçon avec son bouclier, lui envoyant l'écu de métal dans le visage pour le sonner mais il était bien plus résistant que cela. Il n'avait que titubé et le bout de métal finit par entrer dans l'épaule d'Erebus qui serra les dents.

Eidolon avait beau être le plus sympathique des deux, le plus prompt à la gentillesse, toucher à son Lié était une condamnation de mort. Il avait tenté de l'en empêcher. Il avait tenté de sauver cette pauvre âme. La chaleur l'avait empêché d'approcher, les cris avaient écorchés ses tympans. Tout ce qu'il était resté du jeune homme fut une masse de viande brûlée d'où s'écoulait la graisse jaune et crépitante de sa chair... et un carnet, il avait ramassé le carnet et caché dans ses affaires.

Le nom était inscrit à la fin ; Seraph Akur ibn Rashun. Il n'avait jamais oublié ce nom. Les paroles de l'aspirant le tirèrent de ses souvenirs et il lui offrit un sourire pour masquer son trouble passager.

« L'histoire est toujours écrite du point de vue des vainqueurs. Lorsqu'elle est en train de s'écrire chaque camp tente d'avilir l'autre pour rendre ses actes justes. Ce manuscrit noir provient du Kaerl Ardent. J'aime que l'on puisse avoir les deux sons de cloches. »

Il aimait aussi garder la mémoire de ce pauvre bout de viande brûlée vivante. Une sorte de pardon qu'il voulait offrir à cet homme en gardant ses écrits en ces lieux et en les donnant à lire à chaque aspirant qui passait sous sa tutelle.

« Malgré leurs torts et leur philosophie contraire à la notre ils sont tout de même des êtres vivants et pensants. Il ne faut jamais oublier ce fait. »

Sa voix tressauta sur les derniers mots et il fit mine de se racler la gorge, tapotant son torse avec un sourire gêné pour donner l'impression qu'il avait un ''chat dans la gorge''. Il décrocha la gourde d'eau de sa ceinture et en bu une gorgée avant d'offrir celle-ci à l'aspirant si celui-ci en voulait.

Il le regarda parcourir les lignes plus lentement, deux carnets côtes à côtes pour comparer les lignes de mêmes évènements mais racontés d'une façon si différente qu'ils avaient l'air de deux choses totalement différentes si ce n'était les dates qui le rappelaient.

« Et bien, Meccaya. Notre Kaerl n'est pas blanc comme neige, nous avons tous commis des actions dont nous voulons taire l'existence et ces notes ardentes, bien que grossies à l'extrême et parfois promptes à l'affabulation nous permettent de relativiser, d'étudier la façon dont d'autres peuvent percevoir nos actes. Sache que les neutres font eux aussi la même chose. Si nous avions un manuscrit de leur Kaerl ici il parlerait sans aucuns doutes de la folie des deux autres Kaerls pour tirer la couverture vers sa neutralité légendaire. »

Il rit légèrement, avant de se caler plus confortablement dans son siège. Il était curieux de voir comment celui-ci allait réagir aux dernières pages qui rejetaient chacune la faute sur l'autre de l'ouverture des hostilités. Les Ardents clamant que les célestes avaient pillés leurs caravanes et massacrés des marchands. Les Célestes que les ardents avaient tenté de faire un coup d'état pour renverser le pouvoir en place et mettre un vendu sur le trône. Aucune des deux informations n'était vraie, là était toute la beauté de la chose.





Dernière édition par Yong'Wu Zenghwei le Ven 10 Juil 2015 - 12:25; édité 1 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 24 Juil 2014 - 17:56 Répondre en citantRevenir en haut

Iel avait l'impression que son maitre était loin, très loin, lorsque, par sa voix, iel l'avait ramené dans ce monde. Bah, à sa place, iel serait également parti dans ses pensées, avec un aspirants qui lisait sagement. C'était juste assez surprenant de voir Erebus aussi songeur. Jusqu'alors, Meccaya n'avait eu de lui que le côté pragmatique.
L'androgyne appréciait de plus en plus son maitre. Sans qu'iel sache comment et pourquoi, le Kaerl lui avait envoyé quelqu'un qui, au final, paraissait partager nombre de ses idées, et savoir comment s'occuper de jeunes gens tels que lui. Iel se remémora la plage, les vagues, et la jeune femme qui l'avait trouvé. Si peu de temps... Elle n'avait sans doute pu le décrire assez justement pour que l'on sache qui lui envoyer. Le hasard, alors ? Meccaya n'aimait pas parler de hasard, et préférait relier les choses entre elles. Le nom d'Osmaël lui hérissait le poil. Mais dans ce cas-là, excepté si l'unes des personnes présente avait un don quelconque, il fallait reconnaitre que leur heureuse alliance était fortuite.

Maitre Lukas avait de l'estime pour ses ennemis, visiblement, et le neishaan n'aurait pas été à son aise s'il en avait été autrement. De son point de vue, aucun prétexte n'autorisait à retirer la vie d'un Homme . Au vu de ses anciennes ambitions, c'était logique. Sa venue sur ces terres n'avait apporté qu'une modification auxdites ambitions: iel les étendait désormais aux dragons. Iel voulait pouvoir soigner leurs frères d'écailles. Iel aurait apprécié, d'ailleurs, de pouvoir trouver quelqu'un qui possédait déjà cette science. Il faudrait chercher... Mais pour le moment, son aspiranat lui offrait mille autres occupations prioritaires.
La voix de son maitre sembla se fêler, à un moment. Je ne te cacherai pas que Meccaya ne crut pas une seconde au chat dans la gorge, pas plus que son esprit n'évoqua cette possibilité. Iel comprit qu'il y avait sentiment sous toux, mais sans plus le questionner là-dessus. Du moins, sur le moment. Iel fit mine, donc, de n'avoir rien saisi, et accepta de bon coeur de boire une gorgée d'eau, plus par prévention que par réelle soif.
Le neishaan leva le nez des livres lorsque son maitre commenta le Kaerl, rappelant qu'il n'était pas sans fautes. Rien de surprenant, mais c'était toujours bon à rappeler, pour éviter les aspirants fanatiques. Oh, cela ne devait pas déranger les Kaerls, d'avoir des fanatiques. Mais le maitre de mon neishaan paraissait voir un meilleur salut pour le Kaerl avec des aspirants mesurés qu'avec des patriotes purs et durs. Ce n'était pas non plus pour déplaire à son élève, lequel appréciait de se savoir non-endoctriné.

"- Je suis déçu. J'imaginais les Neutres plus pertinents que cela. Ceci étant dit.. J'imagine qu'il leur arrive de croiser le fer, pour le coup, avec nous comme avec les Ardents. Est-ce bien le cas ?"

Meccaya eut un léger soupir, déçu. Ah le triste monde qu'ils avaient là. Quitter une guerre pour retrouver une guerre, quitter un camp de meurtriers pour rejoindre d'autres meurtriers. Iel ne vivait définitivement pas dans un Paradis, et n'en trouverait sans doute jamais. Néanmoins, iel se demandait quelles pouvaient être les erreurs commises par le Kaerl Céleste. Pour une raison qui lui échappait, iel trouvait cela intéressant. Pour comprendre les dissensions ? Peut-être...

"- Y a-t-il d'autres écrits Neutres et Ardents, ici ?"

Ayant ouïe la réponse de son maitre, iel opina du chef, doucement, et remit le nez dans les livres. Presque fini. L'atmosphère des archives était vraiment agréable, avec ce calme commun, ce petit confort... Cela ne pouvait que l'aider à lire correctement. Pourtant, arriva une page qu'iel dut relire plusieurs fois. Iel pensait à autre chose. Iel pensait que son maitre n'avait pas l'air de beaucoup apprécié que tout le monde se tape dessus ainsi, malgré son air, il faut le dire, martial. Meccaya commençait à se questionner sur l'identité de son maitre, sur ses fonctions, ses occupations... Avait-il déjà tué des Ardents ? Iel avait déjà oublié la toux de son maitre, et ne pouvait plus faire le lien. Iel s'interrompit un moment dans sa lecture, le temps de demander à voix basse, un peu gêné:

"- Maitre Lukas ? Quelles sont vos obligations, en tant que maitre, en dehors de mon apprentissage ? Et quelles seront les miennes, si je deviens chevalier...?"

Ayant obtenu sa réponse, l'aspirant retourna à sa page, qu'iel pouvait enfin terminer. C'est ainsi que s'acheva son repas sa lecture. Un peu troublé, iel faisait de son mieux pour se concentrer à nouveau, ne pas mélanger les informations, et se remette dans l'histoire de ces livres, qui était, il fallait le dire, une caricature de l'histoire des kaerls. Iel termina le livre avec un étrange sentiment. Iel était troublé. Troublé par tous ses propres questionnements, mais aussi par autre chose. Iel avait fermé le livre et, le regard perdu sur une étagère lointaine, le menton entre deux doigts, réfléchissait. Enfin, iel rouvrit les livres, côte à côte à nouveau, le sourcil soucieux. À voix basse, entre deux relectures pour vérifier et pointer du doigt les passages à son maitre, l'androgyne demanda:

"- Mais... Hm. Maitre Lukas ? Par rapport au début des combats... Ils ont tous deux des histoires si... Mh. Elles n'ont même pas de rapport entre elles. Savez-vous ce qu'il en était vraiment ? Je commence à me demande si une seule ligne de ces livres est vraie. Il y a bien quelques passages qui se ressemblent, mais exceptés ceux-là..."
Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Lun 28 Juil 2014 - 17:25 Répondre en citantRevenir en haut


Erebus Lukas & Eidolon


La remarque quant-aux neutres le fit sourire en coin, son aspirant était intelligent mais encore un peu trop idéaliste. Les neutres n'étaient neutres que par le nom, ils avaient eux aussi leurs ambitions à la fois politiques et territoriales et si ce n'était de leur alliance avec les célestes dans les derniers temps de la guerre des ordres ils auraient certainement croisé le fer avec leur Kaerl.

« Au tout début de la guerre des trois ordres ce fut le cas, nous nous sommes battus avec les neutres. Mais vers la fin de celle-ci nous nous sommes alliés pour mettre un terme aux intentions ardentes qui représentaient un danger conséquent à la fois pour les Kaerls et l'équilibre du monde. Il existe en effet d'autres écrits mais ils ne sont pas ici, je te les montrerais plus tard si tu es toujours intéressé à ce moment là. »

Il garda le silence, voyant que son aspirant replongeait entre les pages mais il semblait troublé, quelque chose le taraudait aussi s'y reprenait-il plusieurs fois, relisant encore et encore les mêmes mots tandis que son esprit vagabondait. Erebus sentait bien que le Neishaan voulait lui poser une question mais il ne releva pas ; celui-ci devait gagner en assurance et faire le premier pas de lui même.

Finalement il leva la tête pour enfin laisser s'échapper les mots qui tourbillonnaient dans son crâne depuis plusieurs minutes. Erebus passa une main sur sa mâchoire tandis qu'il l'écoutait, faisant crisser les poils fraîchement coupés de cette matinée alors que ses yeux fixaient sans ciller l'aspirant. Pas d'agressivité, simplement son regard habituel ; celui du maître voulant offrir le meilleur enseignement possible à son aspirant.

« Mes devoirs sont assez simples je dois dire, ils consistent en trois choses ; Protéger et servir le Kaerl ainsi que de former des aspirants. Pour gagner ma vie, en dehors du salaire perçut en tant que ''soldat'' du Màr Menel, je donne aussi des cours de techniques au bouclier. »

Il laissa une pause avant de répondre à la seconde question de l'aspirant. Les chevaliers avaient sans avoir des devoirs aussi prit-il le temps de réfléchir à ce qui attendrait le Neishaan. Erebus était passé chevalier en pleine guerre aussi était-il assez étranger à ce que devait faire un chevalier en période de paix. Il sentait qu'Eidolon était proche mais ne le dérangea point, voulant trouver la réponse de lui même, sa voix vint briser l'air neutre de son visage et il cessa de se caresser la barbe.

« En quelque sortes tu n'auras pas de réelle obligations en tant que Chevalier, c'est un rang intermédiaire situé entre la maîtrise et l'aspiranat. Ce que tu devras faire sera de connaître ton Lié, de faire croître votre relation et de t'habituer à lui, ainsi que de le protéger bien entendu. Tu percevras un salaire, plus petit que celui d'un maître mais un salaire tout de même, et des supérieurs hiérarchiques peuvent te confier l'une ou l'autre mission. »

Hiérarchie, ordre, tout semblait si... militaire. Erebus ne pouvait se sortir de la tête que ces histoires de kaerls ressemblaient plus à des ordres martiaux qu'à de véritables courants idéologiques. Chacun avait sa propre façon d'agir et de penser mais le squelette était semblable chez tous ; Un chef, des conseillers, un corps d'élite, des troupiers, des serviteurs. Lui qui avait vécu sous le serment indépendant de porte-bouclier se sentait parfois dépassé par ces idées aussi resserra t-il la bride sur ses pensées avant de plonger dans une trop longue introspection, car voilà que déjà son aspirant avait d'autres questions.

« Voilà la question que j'attendais. » Il lui offrit un sourire satisfait tout en observant l'air intrigué de l'androgyne. « Ces deux récits sont mensongers, ils datent chacun du début de la guerre et n'ont pour vocation que de salir l'ennemi, de la propagande en somme pour justifier l'ambition de certains de faire couler le sang. »

Il se leva, passant derrière l'aspirant et posant l'index sur les lignes de la propagande Menelienne avec une étincelle mi-amusée mi-courroucée dans le regard.

« Des tissus de mensonges, fabriqués et dont on a abreuvé à la fois les Doués et la plèbe. Exactement la même chose dans le texte ardent. Ce qui a réellement débuté la guerre, bien que je ne fus pas présent à son départ, fut simplement que la cruche était pleine, le seuil avait été atteint. Chaque Kaerl se sentait suffisamment en confiance pour défier les autres tandis que des fanatiques de chaque bords s'élevaient pour appeler à imposer leur façon de penser. »

Il se redressa, enlevant son doigt des lignes avant de jeter un regard critique aux deux carnets. Il savait qu'il était du propre des bipèdes de devenir violent une fois un certain cap passé; c'était dans la nature de chaque être, que cela soit enfoui au fond d'eux ou assumé. La guerre était l'hygiène de Rhaëg, on lui avait enseigné cette phrase alors qu'il n'était qu'aspirant et bien qu'il ne la cautionnait pas celle-ci n'en recelait pas moins un fond de vérité.

«  La guerre est l'hygiène de Rhaëg. Voilà ce que l'on a tenté de m'enfoncer dans le crâne alors que je n'était qu'aspirant en ces lieux. C'est tout aussi faux que vrai car la guerre laisse des atrocités se passer sans être punies, mais tout aussi vrai car elle permet aux fanatiques de mourir. » Erebus tourna un regard dur vers l'aspirant, ce regard ne lui était pas destiné, il exprimait plutôt son ressenti. « Car le fanatisme est le véritable ennemi. C'est ce contre quoi il faut lutter pour aspirer à la paix. Il faut arriver à éradiquer cette façon de se croire supérieur ; nous n'avons pas raison car nous sommes forts. Nous sommes fort car nous avons raison. Peu l'admettent mais beaucoup pensent de cette façon. »





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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 1 Aoû 2014 - 13:02 Répondre en citantRevenir en haut

Ainsi les Neutres pouvaient également être ennemis. Moins que les Ardents, néanmoins, qui menaçaient jusqu'à l'équilibre du monde. Ce n'était pas rien. Quelle tristesse, tout de même, de devoir ainsi craindre des potentiels camarades. D'autant plus que Meccaya imaginait qu'au sein du Kaerl Céleste il devait aussi y avoir des dissensions. Au final, ses "alliés" seraient peu nombreux, peu de gens à qui iel pourrait ouvertement faire confiance. Heureusement que Nechama était venu avec lui, au final. Sans cela, iel aurait commencé à songer au meilleur moyen de retourner en Vaendark/Undòmë une fois son Lié retrouvé.
La hiérarchie des Kaerls semblait assez simple. Aspirant, Chevalier, Maître. La place de Chevalier intéressait bien plus Mecca que celle de Maître. Avoir pour principal objectif de s'occuper de son Lié, n'était-ce pas là une vie merveilleuse ? D'autant plus que défendre le Kaerl… Certes, cela lui paraissait important, pour protéger un endroit qui accueillait de jeunes gens et dragons, mais c'était bien là tout. Iel imaginait que les maitres n'étaient pas que militaires, qu'iel pourrait s'en sortir pour demeurer soigneur. Il était, de toutes façons, bien trop tôt pour y songer sérieusement. Le temps où iel serait capable de donner un entrainement martial n'était pas encore venu, loin de là ! Iel ignorait encore ce qu'iel penserait de tout cela dans quelques mois, après s'être habitué à cet univers…

Son maitre lui offrit ensuite la réponse à la question sur la vérité de l'origine de ces affrontements. La réponse ne surprit pas mon androgyne. Du regard iel suivit le doigt de maitre Lukas quand il souligna les lignes mensongères.  Ainsi tout le monde avait le droit à la propagande en bonne et due forme. Il fallait bien trouver des excuses pour pousser les gens à aller mourir. Mais… Pourquoi ? Pourquoi vouloir sacrifier son peuple ? À entendre Erebus, cela ressemblait purement et simplement à un désir d'écraser l'autre, se montrer supérieur, et dominer le continent. Ridicule. Jamais Rhaëg ne serait composé que de Célestes. Des enfants naissaient et grandissaient qui seraient bien mieux chez les Neutres ou Ardents. Il fallait que le monde puisse leur proposer un lieu pour vivre, et non pas la mort. Il fallait… Mais était-il possible de maintenir trois Kaerls sans qu'ils finissent fatalement par s'entre-tuer ? Un élan de lassitude traversa l'esprit de mon Neishaan. Iel haïssait ces questions, et ce moment où le monde devenait trop complexe pour que les soucis soient résolus de façon simple, sans porter atteinte à qui que ce soit.
Meccaya posa les livres sur la table. Iel ne pouvait qu'être d'accord avec son maitre. Tous deux avaient plus ou moins les mêmes idéaux, iel avait beaucoup de chance d'être tombé sur un maitre aussi proche de lui. Et un maitre qui s'employait à agir pour lutter contre ce qu'il craignait, en le forgeant, lui, de façon à ce que son Kaerl accueille un fou de moins. Iel leva un regard où brillait une pointe de reconnaissance vers Erebus:

"- Je peux m'estimer heureux de vous avoir comme maitre. D'autres que vous n'auraient pas, j'imagine, pris la peine de me dire cela. Même si je doute être le plus aisé à modeler des Aspirants, un autre aurait très bien plus faire de moi un de ces fanatiques que vous décrivez. J'espère ne jamais vous décevoir de ce point de vue-là. La guerre ne…"

Soudainement, un "boum", un grand éclat d'un bruit sourd résonna dans le crâne de Meccaya, immédiatement accompagné d'une vive douleur dans son crâne et dans son ventre, si bien qu'iel ne savait où véritablement la localiser. Un cri de douleur lui échappa, assez fort pour être indécent, dans une bibliothèque. Iel ne voyait plus, iel chercha à se recroqueviller, par réflexe de survie. Trop mal pour penser. Un second "boum".
Puis le noir.



Puis le blanc.
Entr'ouvrant péniblement les yeux, Meccaya vit la neige, et ce ciel, gris, blanc cassé, si lourd qu'il aurait pu tomber sur leurs épaules. Autour de lui, des pics, des monts, abruptes. Ce n'étaient pas ceux de Vaendark. Ils étaient bien différents. Iel n'était pas chez lui, pas totalement. Même s'iel avait été chez lui, cet endroit n'était pas plus sécurisant. Au loin, iel entendait une clameur, des cris. Mais pas moyen de voir ceux qui criaient.
La neige sous ses pieds crissait. Dure, il était malaisé de s'y enfoncer. Oh, la couche n'était pas bien épaisse, par rapport à ce qu'iel avait pu connaitre. Iel sentait ce froid humide au niveau de ses jambes, même à travers ses bottes, mais aussi dans son dos, ses mains, et contre son visage. Non-loin, des arbres. Oui, iel pouvait aller vers eux. Iel devait juste… Avancer. Et se cacher. Son souffle était rauque. Une vive douleur l'habitait, qui obscurcissait ses pensées, le rendait plus gauche qu'à son habitude. Iel titubait. Sa main droite, gantée de mitaines, se porta sur son ventre, si douloureux, mais pourtant chaud. Iel la retira bien vite, néanmoins. Outre que cela accentuait la douleur, et lui avait arraché un grognement de mécontentement, la sensation ressentie du bout des doigts n'était pas celle à laquelle iel s'attendait, et se trouvait être bien moins ragoutante. Son ventre était poisseux, recouvert de liquide. Au lieu de regarder le sol, Meccaya observa sa main: le sang la couvrait. Iel était blessé au ventre. Il fallait qu'iel se pose, peut-être pourrait-iel s'en sortir. L'arbre, là-bas. Il fallait le rejoindre, iel s'installerait près de lui.

Les forces lui manquèrent. Un bruit mat: iel tomba à terre, sur les genoux, les mains dans la neige. Quoi ? Iel n'étai que blessé ! Pas question de jouer les faibles, iel pouvait encore avancer. Il fallait juste… Se soigner. Où étaient les dragons ? Où était Nechama ?  Iel s'assit dans la neige, enroula ses bras autour de ses jambes. La douleur dans son ventre lui donnait l'impression qu'iel allait vomir. Iel remit sa main sur sa blessure, habité de la crainte absurde de voir ses entrailles sortir par le trou béant qui déversait le sang sur sa tunique rouge, là où l'armure de cuir ne le protégeait pas. C'était certes douloureux, mais cela le rassurait.

"- Meccaya ?"

La voix de Nechama, enfin ! Si l'ondin était là, alors il restait un espoir. Meccaya tourna la tête vers lui. L'armure allait très bien à son cousin de coeur. Il portait une faux, une grande faux. Son visage était sali par les combats, et exprimait une grande inquiétude, alors qu'il s'agenouillait près de lui.

"- Comment m'as-tu retrouvé ?
- Nos âmes sont synchronisées. L'aurais-tu oublié ?" La remarque fit faiblement sourire mon neishaan, avant qu'un élan de douleur lui rappelle qu'iel n'était pas en situation de se réjouir.
"- Je ne peux me soigner, Nechama.
- Je ne le peux non plus."

L'androgyne ne trouva alors pas cela bizarre pour le moins du monde, qu'un ondin ne puisse le maintenir en vie.

"- Ils ne t'ont pas manqué." fit Nechama, en fixant un point sur le visage du neishaan. "Ils t'ont blessé au ventre aussi ?
- Oui."

Mais pas question de lui montrer, non. En revanche, intrigué par le regard de son cousin de coeur, Meccaya passa quelques doigts sur son propre visage. Une longue estafilade rayait sa joue. Elle devait être présente depuis un moment. Le sang ne coulait plus, mais avait déjà bien sali son visage jadis si pâle. Alors seulement l'esprit de Meccaya se ré-anima. Son cousin, une faux… Lui, à son flanc, une épée… Et ces blessures…

"- Je me suis battu, Nechama ?
- Nous nous battons encore. N'entends-tu pas ?
- J'entends les Hommes qui vont mourir. Pour rien. Je me suis battu, alors… J'ai lutté en vain. Je vais mourir pour rien. Que m'a-t-on dit, Nechama ? M'a-t-on menacé pour m'amener à me battre ? Dis-moi: ai-je tué ? Ai-je beaucoup tué ?
- Tu as tué."

L'androgyne contempla à nouveau ses habits. Ainsi, le sang qui les couvrait n'était pas que le sien. Un haut-le-coeur le prit à nouveau. Un petit cri de douleur s'arracha à sa gorge. Iel se laissa tomber en arrière, le dos dans la neige. Ses blancs cheveux s'y mêlaient comme s'il était dans l'ordre des choses que, désormais, iel soit allongé là. Comme si cela avait toujours été prévu.

"- Je ne suis plus vraiment moi.
- Tu n'es plus vraiment toi.
- Ne te souviens-tu pas quand je te disais "jamais je ne tuerai" ? "Je veux sauver des vies" ? Pourquoi ne m'en as-tu pas empêché ?"

L'ondin posa sur lui un regard très triste. Avait-il essayé, alors ? Pourquoi le regardait-il ainsi ? Etait-ce de la lassitude qu'il y avait mêlée à ce regard ? Répétait-iel des questions qu'iel avait déjà posé.

"- Il faut que l'on parte, Nechama. Maintenant. Où est mon Lié ?
- Meccaya…"

Par les dieux, Meccaya haïssait quand son cousin parlait sur ce ton. C'était un ton bien trop triste pour l'ondin. Un ton que les autres personnes utilisaient lors des enterrements, pour dire des mots difficiles en faisant comprendre que cela les touchait aussi. Ce n'était pas le moment de parler d'enterrement ! Iel… Iel n'allait pas mourir, n'est-ce pas ? Pas tout de suite, non… La douleur dans son ventre le lança à nouveau. Le sang ne s'arrêterait-il pas de couler ? L'androgyne se mordit la lèvre en sentant une goûte de sang ruisseler le long de son flanc.

"- Tout va bien se passer, Meccaya. Là où tu vas, tu ne connaitras pas la Guerre, tu ne connaitras pas la douleur. Nul ne voudra pousser son prochain à tuer. Puis un jour je te rejoindrai, et nous revivrons des jours heureux. Ici, les Hommes sont méchants, mauvais et têtus. Sauf toi, mais je l'ai su dès que je t'ai vu. Là où tu vas…
- Non… L'Homme est un être faible mais bon. Son humilité cache l'âme et la bonté d'un roi. Il ne sait juste… Pas comment l'exprimer. Nechama, je ne vais pas mourir, il me faut juste partir d'ici. Trouver de quoi me soigner. Mon Lié, où est-il ?
- Changer de vie est tout un art, Meccaya. Crois-moi, il vaut mieux pour toi accepter le bonheur qui t'attend…
- Tais-toi !"

Meccaya avait voulu hurler, mais son cri s'acheva en un étrange gargouillement. S'appuyant sur son coude, faisait couler de plus belle le sang de son ventre, iel se pencha sur le côté. De sa bouche sortit un long filet de sang épais. Oui, sans doute dû à la blessure de son ventre. Ce n'était pas fini. Pas déjà. Les pensées s'affolaient dans sa tête. Iel jeta à son cousin de coeur un regard accusateur.

"- Tu ne me feras pas mourir heureux. Pas comme cela. Si tu veux que je meure heureux, laisse-moi au moins tenter de me soigner. Tu n'es plus vraiment toi non plus. Le vrai Nechama aurait gardé espoir. Où est mon Lié ?
- Meccaya, tu ne peux revoir ton Lié."

Toute colère quitta l'androgyne. Toute la rage qu'iel avait de lutter contre ses propres blessures, toute l'envie qu'iel avait de se racheter. Puis toutes ces pensées, si égoïstes. La vie, la cohérence philosophique, tout… Iel se sentit comme une coquille vide. Vide, et qui continuait à se vider. Ainsi c'était pour cela que Nechama préférait lui donner envie de partir vers un hypothétique monde meilleur. Pour lui cacher ceci.

"- Tu… Tu mens…
- Je suis désolé. Il s'est battu jusqu'au bout. Ils étaient trop nombreux pour lui."

Il y eut un cri, en contre-bas. Au milieu des combats, sans doute. Victoire, défaite, allié, ennemi… Plus d'importance. Plus rien. Meccaya se laissa tomber à nouveau, le dos contre la neige. L'inconfort n'avait plus d'importance. De toutes façons, iel était plus trempé que s'iel s'était baigné. La neige et son propre sang l'avait rendu humide, puant, sale… Peut-être pas aussi sale que le sang des morts qui le couvraient. Et surtout, le sang de l'autre moitié de son âme. Oui, iel serait plus heureux ailleurs. Ici rien ne l'attendait. Là-bas, il y avait son Lié.

"- Tu as raison. Il est l'heure pour moi de faire ce que la neige fait. Désolé, Nechama. Merci beaucoup. Je n'aurais pu espérer dans ma vie de meilleur ami que toi."

Sa main tremblante s'empara de son épée. Un si bel objet, réduit à des actions si horribles. Son autre main l'aida à amener la lame au-dessus de lui, au-dessus de sa gorge, sans craindre d'empoigner le tranchant. Iel observa une dernière fois le visage de son ami, puis le ciel, l'acier stylisé. Iel allait retrouver son Lié, il n'y aurait plus de douleur.


Un troisième cri sortit de la gorge de Meccaya, alors que la douleur enflammait cette dernière. Iel était resté inconscient, tout ce temps. Quelques mots lui avaient échappé, rien de plus...

Je te laisse choisir les mots qu'iel a pu prononcer, si ça t'intéresse. Et tu peux partir du principe qu'iel se réveille à la fin de mon rp. J'ignore juste si c'est ton perso' qui va provoquer le réveil ou si mon mien va se réveiller comme une fleur =D
Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 06:08 Répondre en citantRevenir en haut


Erebus Lukas & Eidolon


Il accueillit les paroles de l'aspirant avec un sourire gêné ; Erebus n'était pas un grand habitué des compliments. A vrai dire il n'était pas un grand habitué des contacts sociaux en général, son rôle de Porte-Boucliers avait fait de lui quelqu'un de distant, certes destiné à protéger la vie coûte que coûte mais distant tout de même. Son entraînement accéléré d'aspirant ne lui avait pas permit de nouer de véritables contacts avec les autres membres du Kaerl, la guerre n'avait pas non plus aidé ; le rôle qu'il s'était donné étant de se promener au sol, armé de ses boucliers et de soigner indistinctement alliés et ennemis tandis qu'Eidolon le protégeait depuis les airs.

Non pas qu'il n'avait pas aidé le Kaerl durant la guerre ; loin de là. Il avait sauvé maintes vies et avait été obligé d'en prendre d'autres. Il avait scrupuleusement obéi aux ordres mais toujours en gardant à l'esprit une chose ; pas de morts superflues, pas de meurtres inutiles. Car certains avaient beau se parer de l'excuse '' C'était la guerre, je devais tuer '', pour Erebus un meurtre restait un meurtre, qu'importe la façon dont on habillait l'acte.

Alors qu'il hochait la tête pour recevoir le compliment et continuer d'écouter son aspirant celui-ci se mit à crier de douleur et tomber de la chaise en se tenant les tripes. La soudaineté de tout ceci plongea Erebus dans un état de panique de quelques secondes, de précieuses secondes où il fut complètement désarmé, tétanisé face à la situation. Se reprenant il s'agenouilla prestement auprès de l'aspirant et entreprit de prendre son pouls avant de lever le visage et de hurler qu'on amène un guérisseur sur le champ.

« Un guérisseur ! Amenez un guérisseur tout de suite ! »

Heureusement pour eux les archives n'étaient jamais sans monde ; qu'il s'agisse du personnel de nettoyage, des bibliothécaires, d'aspirant ou d'autres personnes, il existait de façon constante une vie en ces lieux pourtant si silencieux. Ne prenant pas de risques face à l'urgence, Erebus coucha l'androgyne sur le côté au cas où celui-ci devait vomir, pour qu'il ne s'étrangle pas et contacta d'office Eidolon.

° Contacte un guérisseur mentalement et rejoins moi aux archives ! Notre aspirant a un problème ! Je crains que ce ne soit une autre attaque de l'ombre ! °

L'ombre... la menace invisible qui planait sur Rhaëg, le sorcier qui de par ses actes maléfiques avait fait s'unir les trois Kaerls dans une tentative de contrecarrer ses plans de domination et de l'arrêter. Erebus secoua la tête, évitant de penser aux possibles implications de tout ceci. Si son aspirant était marqué le toucher revenait à être marqué soi-même. Non. Il s'en moquait ! Il devait le sauver !

Au moins parlait-il encore, était-ce un délire fiévreux ? Non l'aspirant avait pourtant eu l'air en bonne santé depuis qu'il l'avait rencontré. Dans le doute il posa une main sur la nuque de celui-ci pour vérifier ; il était brûlant mais peut-être était-ce une réaction à la douleur ? Il tourna un regard impuissant vers l'aspirant puis saisit sa gourde, mouilla l'un des bords de son tabard et passa celui-ci sur le front puis la nuque du Neishaan, visant à lui offrir un peu de frais...

« ne peux me soigner... mourir...beaucoup tué ?...Nechama...

Voilà en sommes toutes ce que prononça l'androgyne durant sa transe, Erebus enregistra ces mots et les rangea dans un coin de son esprit tandis qu'il continuait d'appliquer le bout d'étoffe, le rafraîchissant de temps à autres pour éviter que celui-ci ne sombre plus avant dans le délire. Que faire ? Eidolon était en chemin, la perte de l'interstice lui interdisait de tout bonnement utiliser l'interstice pour rejoindre ces lieux. Il devait déjà avoir contacté un guérisseur, l'un d'entre eux devait être en chemin !

Serrant les dents il versa le contenu de sa gourde sur le visage du Neishaan dans un espoir fou de le voir ouvrir les yeux. Par miracle ce fut ce qui arriva. Par miracle ses paupières ses soulevèrent après un troisième et dernier cri de douleur. Erebus cligna des yeux, incrédule tandis que des pas rapides se faisaient entendre dans les escaliers ; une robe blanche à capuchon, un visage rougit par le stress et l'effort.

« écartez-vous maître, je dois l'examiner ! »

Erebus regarda quelques secondes son aspirant dans les yeux, lui indiquant d'un signe de tête que tout allait bien avant de se relever pour laisser le guérisseur l'examiner. L'homme se pencha par dessus l'aspirant, vérifiant à l'aide de doigt tremblant ses signes vitaux alors que celui-ci était sans doutes parfaitement conscient.

« Vous m'entendez ? Si vous n'arrivez pas à parler, clignez des yeux deux fois pour oui, trois fois pour non »





Dernière édition par Yong'Wu Zenghwei le Ven 10 Juil 2015 - 12:25; édité 1 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 23:01 Répondre en citantRevenir en haut

Le monde n'était encore qu'un imbroglio de couleurs et de mouvements. Oh, l'oeil de Meccaya percevait très bien le monde qui l'entourait, mais son cerveau peinait à donner à tout cela des significations. Iel ressentait... La douleur, dans sa gorge, et ce goût métallique. Son ventre le faisait également souffrir, mais la douleur était un fantôme en comparaison à ce qui brûlait dans son cou. La nausée, un peu. Ce fut étrange, d'ailleurs, que les premiers réflexes de Meccaya le poussent à se retenir de vomir. La raison était qu'il y avait des livres, dans la même pièce que lui, et qu'iel ne pouvait se permettre de faire cela près de livres. Oui. C'était louche comme raisonnement.
Petit à petit, tout reprenait un sens. Iel sentit l'humidité sur son visage, et se demanda un moment si c'était de la sueur. Un "ploc-ploc" près de son oreille... Pourvu que ce ne soit pas du vomi. Yuck ! Non, cela n'avait pas d'odeur. De l'eau, alors ? Que s'était-il passé ? Au bout d'un moment, Meccaya comprit qu'iel était allongé, par terre, d'où le contact froid contre lui. Ses yeux entr'ouverts étaient encore collants. Parmi les couleurs, iel reconnut Erebus, son maitre. Iel eut honte, alors d'être allongé ainsi devant lui. Iel aurait voulu pouvoir se cacher sous les ailes de son Lié... Où était-il ? Où était Nechama ? Cela n'avait donc été... Qu'un rêve ? Et iel s'était assoupi ainsi, au milieu d'une leçon. Quelle honte, mais quelle honte... Iel se souvint de la douleur, du bruit d'explosion. Cependant les vraies images qui s'accrochaient à sa mémoires étaient celles de la neige, de Nechama, de son propre sang, et de celui qui n'était pas le sien. Iel eut un haut-le-coeur, mais tint bon.

Puis l'image de son maitre disparut. Oh. Dommage. C'était bête à dire, mais au milieu de toutes ces têtes dans le Màr qui étaient inconnues à mon neishaan, le visage de son maitre commençait à devenir pour lui un repère rassurant. Ces traits pourtant durs étaient ceux d'un Homme qui, pour le moment, n'avait été que bienveillance envers lui. Iel remua, pour voir où parait son maitre. C'est ainsi qu'iel comprit que les bruits entendus plus tôt étaient ceux d'une voix, la voix d'un parfait inconnu, vêtu de blanc. Les mains dudit inconnu se posèrent d'abord sur le poignet de mon androgyne. Son poul était rapide, mais bien présent. Iel respirait fort, mais pas autant qu'après leurs entrainements martiaux. Son regard était encore vitreux, distant. Alors qu'on lui touchait le poignet, iel restait plus ou moins le dos contre le sol, espérant que le froid et l'immobilité mettraient fin aux sensations désagréables qui l'habitaient. Le guérisseur voulut mettre ses mains sur la gorge de Meccaya. L'androgyne prit alors une grande inspiration, qui était un cri retenu, et se redressa relativement vite. Par réflexe, iel protégea son ventre d'une main, sa gorge de l'autre.

"- Je vous entends. Très bien. Tout... Tout va bien."

Iel leva à nouveau les yeux vers le guérisseur, et son maitre. Son regard était légèrement humide de la peine qu'iel avait à demeurer digne, et même à se sentir digne dans cette situation. Enfin, pour le coup, iel sentait surtout que son "tout va bien" était tout sauf crédible. L'androgyne se laissa un peu le temps de respirer et expliqua, à voix basse, craignant qu'une voix trop forte pousse son ventre au-dela de ses limites:

"- J'ai juste... Très mal à la gorge. Au ventre... Mais ça va aller, je... Que s'est-il passé ?"

Oui, parce que là iel commençait tout juste à se dire que ce qui lui était arrivé était un peu louche. Iel se souvenait très bien de son suicide, mais... Si en théorie cela était un rêve, pourquoi dans ce cas souffrait-il ainsi ? La douleur était bien réelle. Et pourquoi diable était-iel tombé, ainsi, au milieu de la bibliothèque ? Son regard allait et venait entre le guérisseur et Erebus, espérant que l'un d'eux aurait une réponse à lui apporter. Ce fut d'ailleurs dans le but de leur permettre de lui apporter une réponse qu'iel raconta:

"- J'ai entendu comme une explosion. Je me souviens avoir eu très mal au crâne." iel prenait le temps de respirer entre chaque phrase, et n'allait pas trop vite. "Puis j'ai fait un rêve. Enfin, c'était comme un rêve. Et dedans, j'étais blessé au ventre. Je crois que des combats se déroulaient, et..."

Un bref coup d'oeil autour de lui. Attiré par iel-ne-savait quoi (ses cris, sans doute, et ceux de son maitre), quelques personnes s'étaient approchées et dardaient sur eux des regards curieux. Pas question de dévoiler ses rêves à des inconnus ! Même si ce n'était pas vraiment un rêve. Iel se rappela alors sa situation: iel était assis par terre, deux personnes en face de lui. Avait-iel vraiment crié ? Dans cet univers-là ? Quelle honte. Le neishaan fit de son mieux pour se mettre debout. Iel y parvint, mais demeura un peu courbé, le mal de ventre et la nausée ne l'incitant pas à se redresser comme il sied à un androgyne de bonne famille.

"- C'était sans doute un rêve. Je suis désolé, maitre Lukas, de vous avoir causé ces ennuis. Croyez-moi, ce n'était pas volontaire.

Iel leva vers son maitre un petit regard assez correct pour ne pas être vu ou déchiffré par ceux qui les entouraient. Mais son maitre, lui, pouvait clairement y voir de la peine, et de la gêne. Iel n'appréciait pas de s'être ainsi donné en spectacle, et attendait avec impatience qu'Erebus lui permette de retourner dans ses appartements se cacher avec sa honte, ou au moins partir d'ici. Sans doute se sentirait-iel déjà bien mieux avec un peu de solitude, ou avec une âme amie pour laver sa honte d'un regard un peu positif. Sans quoi iel ignorait s'iel oserait sortir à nouveau avant un moment. Lever les yeux vers son maitre serait déjà assez complexe...
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MessagePosté le: Mer 13 Aoû 2014 - 08:27 Répondre en citantRevenir en haut


Erebus Lukas & Eidolon


Erebus ne s'était pas rendu compte de la foule de curieux qui s'était déplacée jusqu'ici. Pour l'instant tout ce qui comptait pour lui était que son aspirant soit hors de danger, tapant du pied tel un fauve tournant dans sa cage il attendait le pronostic. Son visage qui tantôt avait exprimé ce qui pouvait passer pour de la désorientation puis de la panique était retourné dans sa posture habituelle pour ces muscles faciaux ; le visage d'un homme martial. Les traits durs de sa face empêchant quiconque de trop approcher des lieux, les os solides de sa morphologie et son regard d'acier freinant toute velléité de curiosité.

Le fait de l'entendre parler et de le voir se relever si vite ôta un poids certain du coeur du maître brun tandis que son visage n'exprimait que cette moue normale pour un être tel que lui. Non pas qu'il le faisait exprès ; c'était comme ça. Un bref signe de tête lorsque son aspirant lui adressa un regard, son front se plissa légèrement alors qu'il levait le visage et se rendit compte de tout les curieux formant un cercle autour d'eux. Il entendait des murmures perçant le silence pesant, alors que la majorité était suspendue aux lèvres du Neishaan, attendant que celui-ci donne plus d'informations. Des bruits commençaient déjà à circuler ; le mage noir attaquait à nouveau. Erebus l'entendit ; le surnom donné à ce fou qui avait causé tant de morts : L'ombre. L'ombre était revenue.

Il remit son regard sur l'aspirant alors qu'il lui demandait ce qui avait pu se passer. Oubliant un instant le public parasite il lui répondit d'une voix franche mais sans reproches ; Erebus n'appuyait jamais là où ça pouvait faire mal, il avait remarqué que son aspirant ne devait en rien être diminué. Sur certains les pousser de cette façon fonctionnait à merveille, sur d'autres cela revenait à les enterrer. Avant de lui répondre cependant, sans détacher ses yeux de ceux de l'androgyne, il s'adressa au guérisseur.

« Nous discutions de ces écrits et tu es tombé avant de rester inconscient un bref moment. » gardant le regard sur l'androgyne il s'adressa ensuite au Guérisseur d'un ton qui pouvait passer pour de la gratitude chez lui. Non pas qu'Erebus fut froid mais il était tout de même assez préoccupé pour ne pas avoir ce léger sourire dans la voix. « Merci de votre aide Maître Guérisseur. Votre présence n'est plus requise. »

Son intonation fut suffisante pour couper court à toute réponse de la part du dit guérisseur qui s'inclina et parti sans un mots, fendant la ''foule'' de curieux qui continuait de s'amasser. Il voyait la détresse, la gêne, inscrite sur son aspirant aussi avant de répondre lorsque celui-ci lui décrivit ce qu'il avait subit à demi-mots il leva le visage et jeta un coup d'oeil circulaire. Ses mâchoires se serrèrent faisant ressortir des cordes de sous sa peau, le cou se tendit laissant voir les tendons épais de sa gorge, les sourcils se froncèrent tandis que ses yeux prenaient la teinte de la colère.



« Retournez à vos études ! Il n'y a rien à voir ici ! »

La voix avait été forte, tranchant complètement avec le ton ferme mais dénué d'agressivité ou d'ordre. C'était là la voix d'un général, d'un commandant, d'un chef militaire hurlant à ses recrues qu'elles devaient continuer d'avancer, qu'elles ne pouvaient mourir que sur son ordre et uniquement sur son ordre.

Le groupe de curieux sursauta comme un seul homme avant de filer à toutes jambes, certains désorientés cherchaient leur direction en tournant sur eux même, le visage rouge de honte d'avoir été reprit de cette façon. Son dos s'était raidit et il foudroyait du regard les derniers retardataires avant de relâcher un souffle, se décontractant légèrement, ses yeux perdant cet éclat de colère et son regard revenant sur son aspirant.

« Tu n'as pas à t'excuser pour une faute que tu n'as pas commise. Et tu ne m'a pas fait honte, c'est juste que... je n'aime pas que l'on regarde les gens comme une bête curieuse et que l'on agisse pas. Simplement mû par une curiosité morbide... »

L'une de ses larges mains vint frotter son menton tandis que ses yeux se perdaient dans le vague de la réflexion. Les rouages de son esprit tournant à plein régime cela ne prit que quelques secondes avant qu'il ne revienne à l'instant présent, le visage légèrement plissé par l'inquiétude.

« Par mesure de sécurité nous irons à l'infirmerie tout à l'heure pour nous assurer que tout va bien. As-tu déjà eu ce genre ... d'épisode ? »

Des pas pesants se faisaient entendre et une silhouette haute et carrée grimpait les marches d'un pas lent. Erebus ne se retourna point, sachant fort bien de qui il s'agissait tandis que la lumière du lumiglobe venait maintenant éclairer un visage aux traits patriciens et nobles, secs mais beaux encadrés de longs cheveux d'un blond si clair qu'ils étaient à la limite du blanc. L'homme était robuste, la peau légèrement basanée comme quelqu'un ayant vu milles soleils et des yeux d'un brun profond.

« Nous serons plus à l'aise en un autre endroit mon Lié. Bonjour Meccaya, j'espère que cette apparence ne te trouble point. »

L'homme qui n'était autre qu'Eidolon lui offrit un sourire chaleureux, sachant fort bien que le danger actuel était écarté. La légèreté de son attitude avait pour but de calmer la situation, de rendre le tout plus comestible mais surtout de leur permettre de quitter les lieux en faisant mine de rien. Certes le brun était concerné par tout ceci mais il n'était nullement nécessaire de se lancer dans quelque diagnostic que ce soit dans les archives, ce serait stérile et ne ferait qu'accroître les inquiétudes de chacun. Ouvrant les bras comme pour englober l'aspirant et le maître il leur adressa un bref signe de tête et un sourire.

« Si vous le voulez bien, quittons donc ces lieux. La poussière accumulée ne doit pas être si bonne pour les poumons si vous voulez mon avis. »

Erebus opina du chef comme pour acquiescer aux dires d'Eidolon et il se mit à marcher, jetant des regards alentours pour dissuader une bonne fois pour toute les irréductibles curieux qui faisaient mine de rien à leurs tablées, le nez enfoncé dans des tomes mais les yeux fouinant par dessus les pages.





Dernière édition par Yong'Wu Zenghwei le Ven 10 Juil 2015 - 12:26; édité 1 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 18 Aoû 2014 - 15:11 Répondre en citantRevenir en haut

Alors que son maitre congédiait le guérisseur, Meccaya portait son regard sur les carnets. Ils étaient encore ouverts à la page à laquelle ils s'étaient arrêtés. Iel se souvenait, maintenant, de ce dont ils parlaient... La guerre entre les Kaerls, oui. Iel eut un frisson, et ses bras vinrent couvrir son ventre. L'image des carnets, et tout ce qu'iel avait imaginé en les lisant, trouvait un étrange écho dans le souvenir du rêve qu'iel avait fait. Nechama était armé, lui-même était armé -et quelle belle arme ! Ils s'étaient battus, et d'autres se battaient encore. Et le Lié de Meccaya était mort... Bigre ! Si avant même d'avoir son Lié mon androgyne en craignait la mort, à quoi ressemblerait-iel une fois celui-ci à ses côtés ? Iel se souvenait exactement des mots de son cousin: "tu ne peux revoir ton Lié". Le simple souvenir de ces mots suffisait à provoquer à nouveau en lui ce sentiment de vacuité, de vanité. Iel mordit ses lèvres, ses doigts crispés sur ses habits, au niveau de ses flancs. Iel ne voulait pas connaitre cela.

L'ordre de son maitre le sortit brusquement de ses pensées, en le faisant sursauter. Par un réflexe aussi ridicule que futile, iel s'écarta un peu de son maitre. À sa décharge, son maitre paraissait pour le moins agacé de la foule autour d'eux. Si à d'autres les signes de décontraction d'Erebus seraient passés inaperçu, ce ne fut pas le cas de Meccaya qui remarqua bien vite le changement d'attitude de son maitre. Cela le rassura. Iel écouta sagement maitre Lukas tenter de le rassurer. En rien iel ne se sentit moins coupable. Iel rejoignit néanmoins son avis sur tous ces curieux qui étaient venus l'observer. D'autant plus que, n'ayant pas entendu son maitre appeler à l'aide, iel ne pouvait pas mettre cela sur l'inquiétude qu'avaient pu éprouver ses confrères. Iel avait l'impression de s'être dévoilé devant trop de monde, et sa pudeur le vivait fort mal.

"- Cela ne m'est jamais arrivé. Néanmoins j'apprécierais que..."

Meccaya s'interrompit en voyant venir à eux un Homme pour le moins impressionnant. Au moins aussi grand qu'Erebus, peut-être plus costaud. Il était venu à leur hauteur avec un naturel pour le moins troublant, et mon neishaan ignorait totalement qui il était. Jusqu'à ce qu'il parle. Là, de surprise, iel haussa légèrement les sourcils, ce qui lui donna l'air globalement assez bête quand iel affirma n'être pas troublé par cette apparence. Aussi se retrouva-t-iel, sans réellement en avoir conscience, à regarder Eidolon bien plus que nécessaire, pour obliger son esprit à associer à cet Homme l'image du Brun qu'iel connaissait. La bipédie paraissait lui donner l'air plus chaleureux encore que sa forme draconique. Iel suivit donc ses deux maitres humains, tout troublé, ses bras encore sur son ventre, comme s'iel avait froid. La nausée partait petit à petit, et son mal de ventre se calmait. Sa gorge était encore douloureuse et, étrangement, la douleur n'augmentait pas quand iel parlait ou avalait sa salive.
Lorsqu'après quelques marches et paliers Meccaya les estima assez loin des curieux et oreilles indiscrètes, iel amassa un peu de courage pour poser une main timide sur le bras d'Eidolon, dans une demande silencieuse d'arrêt. C'était tellement inhabituel, poser une main sur le bras d'un dragon ! Iel avait encore la mine toute troublé, avec son regard perdu et son attitude gênée. encore qu'iel commençait à aller un peu mieux: Erebus et Eidolon faisaient vraiment tout pour le mettre à l'aise. Iel était presque gêné d'avoir à leur parler de ceci:

"- Ca va aller, je pense. Nul besoin d'aller à l'infirmerie. Dans le pire des cas, je pense pouvoir me soigner moi-même. Ce n'est qu'un mal de gorge." Son regard allait et venait entre l'impressionnant Erebus et le surprenant Eidolon. S'iel avait pu, iel aurait plutôt regardé par terre. Iel se mordit à nouveau les lèvres, achevant de les faire pâlir, et se redonna un peu de contenance, avec un ton plus assuré. Iel venait de remarquer qu'iel affichait un peu trop sa gêne à son goût. Pour parler de ce qui lui tenait à coeur, ce n'était peut-être pas la bonne chose à faire. "Je préfèrerais entrer à l'infirmerie autrement qu'en patient."

Autrement dit: iel voulait y entrer en infirmier, au moins. Pour cela, iel n'avait que moyennement envie d'y aller en tant que malade. Cela ne faisait pas très sérieux. Iel retira les bras qui couvraient son ventre, n'y laissa qu'une main. D'un regard inquiet, iel vérifia qu'ils étaient seuls. Alors seulement iel raconta, à mi-voix:

"- J'ai rêvé que mon cousin et moi-même nous battions. C'était la guerre. Nous nous étions écartés des combats. Je saignais au ventre. J'ai demandé à Nechama où était mon Lié, il m'a dit que je ne pourrai plus le revoir. Alors j'ai enfoncé mon arme dans ma gorge."

Et maintenant qu'iel avait raconté tout cela, iel le regrettait. Pourquoi se dévoiler ainsi ? C'était personnel, cela n'intéressait sans doute pas Erebus. La main sur son ventre vint frotter distraitement son bras (à Mecca, hein) alors qu'iel baissait le regard, faussement songeur, véritablement mal à l'aise. Iel se sentait comme un enfant qui avoue croire encore aux légendes. Peut-être espérait-iel exorciser sa peur, en la racontant ainsi à quelqu'un.

"- C'était la première fois que cela m'arrivait," répéta-t-iel. "J'espère que cela ne m'arrivera plus, sans quoi mon aspiranat va être compliqué...
Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Mer 1 Avr 2015 - 15:41 Répondre en citantRevenir en haut


Erebus Lukas & Eidolon


Eidolon s’arrêta donc suite au contact de l’aspirant. Il pouvait voir la gêne dans son langage corporel : ce n’était pas qu’un bête mal de gorge, glissant un regard bienveillant sur l’androgyne il laissa celui-ci parler loin des oreilles indiscrètes. Il devait savoir qu’il pouvait avoir une confiance aveugle en ses maîtres : ceux-ci étaient loin d’être mesquins et ne demandaient qu’à aider au mieux de leurs capacités.

Erebus quant-à lui gardait son regard rivé au loin, décidé à ne pas troubler outre mesure l’aspirant en le fixant lui aussi. Son visage s’hochait lentement, comme pensivement, mais son air était celui de la concentration. Il baissa d’un ton pour être sûr que ses paroles ne soient entendues que d’eux et d’eux seuls :

« Au vu de ton application dans les tâches et les exercices je ne doute pas que tu seras bien plus qu’un infirmier. »

Quelques paroles d’encouragement ne faisaient jamais de mal et mieux encore : il les pensait réellement. Bien qu’assez pragmatique de nature et réaliste : Erebus n’en était pas moins un éternel optimiste. Un léger sourire vint flotter sur ses lèvres et disparu lentement pour laisser place à son éternel sérieux lorsque l’androgyne aborda ce qu’il avait vécu.

Ainsi donc celui-ci avait eu une vision pour le moins dérangeante et étrange. Peut-être étaient-ce les mentions de la guerre qui avaient déclenché cela ? Erebus s’interrogeait intérieurement quant-à la signification de tout ceci. Son aspirant avait-il quelque don caché ? Il tourna le regard vers Eidolon comme pour l’interroger silencieusement.

« Meccaya, ce que tu nous décris est assez étrange je dois l’avouer. Ne crois pas que c’est de l’incrédulité de notre part : bien des gens possèdent des dons étonnants, il m’inquiète plutôt de voir la répercussion physique que cela a pu avoir sur toi. »

Le brun sous forme humaine hésita quelques instants avant de poser sa main sur l’épaule de l’androgyne. Il savait que celui-ci appréciait modérément les contacts physiques mais il cherchait à instaurer une sensation de soutien par ce biais. Erebus opina une dernière fois du chef avant de quitter l’horizon du regard, tournant celui-ci vers son aspirant.

« Que cela t’arrives encore ou non, ton aspiranat est en bonne voie. J’aimerai simplement que tu fasses des recherches sur ce que tu as eu dans les archives : connaître les choses c’est savoir les maîtriser, si tu as besoin d’aide pour quoi que ce soit nous sommes là pour t’aider et ce avec toute la discrétion que tu nous demanderas. »


** RP TERMINÉ **



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