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 [RP] Lire peut s'avérer dangereux pour la santé ! Sujet suivant
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Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Mar 15 Juil 2014 - 20:50 Répondre en citantRevenir en haut

Printemps 918 - Gaïaku


Dara leur avait offert la possibilité de découvrir le continent de Tol Orëa. Elle avait bien précisé que le lieu était dangereux : seulement accessible par le biais des dragons, il contenait nombre de voyageurs de tout kaerl. Et Nechama n’avait pas encore rencontré de neutres, ou d’ardents, mais clairement : sa maitresse ne les tenait pas en son cœur. Pourtant, Nechama ne les haïssait pas comme il l’aurait dû, car quelle que soit leur destinée, tout être naissant par l’amour du Rêveur disposait de son affection également. Alors, ils seraient tous ses frères et ses sœurs… Et en chacun pouvait s’éveiller un inquisiteur, bien que, depuis son arrivée au kaerl, Nechama n’avait pas pu exécuter ses sombres désirs. Mais des envies plus nobles le prenaient actuellement : il avait fait des recherches à la bibliothèque, autant qu’il en pouvait du moins : Nechama souhaitait découvrir tout ce qu’il pouvait sur les lézards de feu.

Et cela lui manquait, il fallait l’avouer. L’inquisiteur avait l’impression de manquer à ses devoirs. Et ceux-ci se rappelaient à lui, inlassablement : le son des harpes le suivait, où qu’il aille. Et cela le rendait dangereux. Mais Loméanor s’ouvrait à lui et il ne fallait donc point se plaindre. Pourtant, alors qu’il arriva enfin dans la ville, ce son le reprit. Son cœur se remit à battre de plus en plus vite, et à la mesure de ses battements, l’ondin le savait, il était de plus en plus toxique. Telle une bombe ambulante, il allait devenir le plus efficace des poisons. Bien sûr, depuis que ses pas l’avaient amené jusqu’à la grandeur, Lom tentait de le déstabilisé de plus en plus. L’ondin remercia sa maitresse qui lui demanda de revenir avant le crépuscule quand elle viendrait le chercher. Une fois qu’il ne pu plus la voir, l’ondin se décida à s’éloigner du centre de l’attention. Le son revenait, parfois, et avec lui la peur : la harpe, toujours présente.

Si on oubliait ce désagrément, la présence de nombreux dragons était agréable. Des groupuscules discutaient et Nechama trouvait bien difficile la distinction entre membre des différents kaerls. Un son le reprit : l’ondin enfila alors des gants –pratique qu’il employait depuis sa légère petite crise où Guilitane s’était écroulé au sol- et se décida à s’engouffrer dans de petites ruelles : il s’y sentirait mieux. Le temps que cela passe… Une fois dans une petite rue dallée, Nechama s’assit. Les senteurs des fleurs disposées là le calmèrent : ses frères et sœurs végétaux faisaient du bien. Leur présence les rassurait.

Mais, non loin se trouvait le vendeur de livre qu’il était venu chercher. Ainsi, l’inquisiteur se força à se lever. Pourtant, si son corps accepta cet effort, il lui en couta. Il n’en avait aucune envie : chaque mouvement était douloureux. Ses gants lui collaient, c’était désagréable. Mais enfin, il s’en rapprochait et, en tant que bon ondin, il faisait preuve encore de mouvements clairs. Une personne non ondine l’aurait cru normal tant son calme était parfait. La boutique était peu connue des non habitués des bibliothèques : c’était son comparse céleste qui lui en avait parlé. Tenue par un vieil homme, elle contenait des merveilles. Elle changeait parfois de location car l’homme savait qu’il pouvait aisément être la cible des vols : outre la valeur de ses ouvrages, le marchand disposait également d’une caisse connue comme chargée. Nechama avait emprunté de l’argent à sa maitresse pour ce faire.

Le son de la cloche reprit alors qu’il s’était rapproché de la boutique. Et la colère vint en lui quand il remarqua que le vieil homme de la boutique était un sorcier. Fallait il qu’il vende son âme à Lom ? Hors de question… Et l’homme était si âgé. Il avait prouvé son appartenance aux cultes des sorciers : il avait en effet fait pousser une de ses fleurs. Nechama l’avait vu disposer sa main au dessus de son bocal pour avoir une plante qui grandissait à vue d’œil et non point normalement. Il avait ensuite disposé le bocal à coté de sa fenêtre et était retourné dans sa boutique. Elle semblait vide… Oui, Nechama allait pouvoir le sacrifier au Rêveur : faire ce qu’il devait… Oui, enfin ! Cela faisait plusieurs semaines qu’il voyait des sorciers, les côtoyaient, leur parlait, leur souriait ! Qu’il riait à leur blagues, embrassaient leur volonté ! Il n’en pouvait plus, toute cette colère qui s’accumulait en lui ! Toutes ses croyances trompées et mutilées, voila que ses émotions le submergeaient : il avait donc besoin d’un sorcier ?!? Non… il allait l’utiliser puis le jeter ! Il le viderait de son sang puis le décapiterait ! Et cela, il le ferait dans l’art de ses croyances et il en jouirait ! Oui, il allait en rire, seul, mais mieux accompagné qu’avec tous ses camarades !!!

Bien décidé, il ouvrit la porte. Les douleurs étaient parties, il ne ressentait plus aucune peine. L’intérieur de la boutique respirait le savoir et, puisqu’ils n’étaient pas seuls, Nechama fit mine de se rapprocher des livres. Il chercha les informations sur les lézards de feu et lorsque ses doigts fins se glissèrent sur un ouvrage en traitant, il se prit au plaisir de le feuilleter. Le prix était abordable. Certes : Nechama allait massacrer le sorcier, mais ce n’était pas une raison pour ne pas le payer pour son travail : un peu respect tout de même.

Mais, alors qu’il s’y plaisait, il remarqua au loin un symbole qu’il connaissait bien… un symbole qu’il portait sous ses vêtements, en pendentif. Celui du Rêveur… Un coup d’œil dans la boutique lui permit de remarquer qu’encore une personne s’y trouvait. Un homme aux cheveux blonds clairs, presque argenté. Mais il n’eut le temps de plus l’observer : son attention déjà partagée entre lui, le marchand, le livre sur les lézards de feu et le livre sur le Rêveur fut encore dérobée par l’arrivée d’un homme qui clairement, désirait quelque chose et tout de suite. L’homme encapuchonné se rua en effet sur le marchand et lui enfonça un couteau dans le ventre. Son comparse, au visage masqué également, se saisit de la caisse rapidement et partit.

Nechama n’avait même pas fait mine de vouloir s’en mêler : ce n’était pas son rôle. Le second se retourna vers eux cependant et, couteau rougie tendu vers eux, déclara :

Vous avez quelque chose à redire ?

Nechama retira un de ses gants, au cas où, et se tenta à regarder son comparse : qu’allait il répondre ? Nechama ne pouvait intervenir si celui-ci décidait de se battre : ce n’était pas son rôle. Mais il était hors de question pour lui de mourir tout de même. Et le gêne le gardait : alors qu’il était encore un poison, on venait de lui voler sa proie.
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MessagePosté le: Mar 15 Juil 2014 - 20:50 Revenir en haut

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Lhain Linwëlin
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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 18:58 Répondre en citantRevenir en haut

Faute de demander à quelqu'un de s'occuper de cela pour lui, Lhain avait largement préféré récupérer tout ce qu'il lui fallait. Se montrer trop longtemps à Lòmëanor ne lui plaisait pas outre mesure. Croiser des comparses du Kaerl Neutre ne faisait pas partie de ses projets et bien moins encore de se voir poser tout un tas de questions interminables. Non, le mieux était encore de passer inaperçu. D'où la capuche qu'il avait arboré à son entrée au village et le fait que Koltira dût aller s'occuper ailleurs : avec Artal, par exemple.

Ce qui l'amenait dans les parages ? Hé bien, en ayant assez de son équipement totalement obsolète depuis un certain passage au Màr Menel, il devait impérativement faire quelque-chose. Quoi de mieux que récupérer les équipements nécessaires que l'on fabriquait parfois ici ? Certains artisans faisaient payer très chers les harnais que les cavaliers utilisaient et le travail n'avait pas forcément bien fait. Lhain avait dans l'idée de fabriquer son propre système. Pour cela, il avait grand besoin d'obtenir des livres sur le sujet. Qui plus était, les acrobaties aériennes des deux liés étaient suffisamment intenses pour leur octroyer un meilleur choix de matériel.

Le demi-elfe n'avait donc pas pensé qu'une telle chose fût possible dans ce village : il s'attendait davantage à pouvoir récupérer son ouvrage et à filer pour ne plus revenir avant un moment. Ce n'était pas l'argent qui lui manquait depuis que ce train de vie avait commencé. En tant que voleur, les affaires n'avaient jamais marché beaucoup : surtout lorsque l'on décidait de ne pas prendre de risques. Là, en revanche, se déplacer par la voie des airs et parvenir à effectuer des travaux plus variés, avait donné un sacré coup de fouet aux petites affaires de l'ancien bandit. L'on ne se refaisait pas, après tout, n'est-ce pas ?

Confiant quant à son choix littéraire, le jeune homme s'apprêtait à gagner le comptoir du vieux marchand lorsque l'incendie avait eu lieu. Surpris, il s'était figé et s'était contenté de regarder la scène sans intervenir. Lhain, c'était bien connu, n'était pas courageux de nature, ni même un héros prêt à faire justice à tours de bras. Quand bien même aurait-il voulu intervenir, l'homme était déjà mort et le sang sur la lame coulait déjà. Pas d'issue possible et voilà que l'agresseur s'en venait demander des comptes aux deux seules personnes présentes en ces lieux. En tant que chevalier-dragon, le demi-elfe songeait que son devoir était sans doute d'arrêter le mécréant... Nan.

- Rien à redire, sinon que ce bouquin sera gratuit aujourd'hui,
répondit-il, non sans un haussement d'épaules résolu.

Faussement fataliste, il ne trouva donc rien de mieux que de ranger précieusement le livre dans sa sacoche. Son regard ne tarda d'ailleurs pas à rencontrer celui du second individu. S'agissait-il de l'un de ces preux chevaliers prompts à défendre la veuve et l'orphelin ? Le temps qu'il s'occupât de l'assassin, Lhain aurait déjà quitté les lieux sans sommation. Ce n'était pas comme s'il s'apprêtait à lui donner un coup de main, après tout.

Le jeune homme connaissait trop bien ce genre d'olibrius caractériel : un mort pour une simple caisse ? Peuh, il songeait avoir fait bien mieux par le passé et, surtout, beaucoup plus subtil. Comme s'il eut été indispensable de tuer un vieil homme pour obtenir de lui le peu d'argent qui se trouvait-là ! Quel manque de savoir vivre !

- Je vais donc me retirer, damoiseaux, fort belle journée à vous !

Et il entendait bien quitter les lieux sans demander son reste...
Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Jeu 31 Juil 2014 - 01:01 Répondre en citantRevenir en haut


- Rien à redire, sinon que ce bouquin sera gratuit aujourd'hui,
répondit-il, non sans un haussement d'épaules résolu.

Il avait de l’humour ! Et s’il n’avait pas été ondin et devant un homme dangereux : Nechama aurait ri. Oh, si cela avait concerné un être normal, ce n’aurait point été amusant… mais là, c’était un sorcier qui était mort… et de bien mauvaise façon : il avait encore du sang en lui lorsque la vie l’avait fait cracher sa dernière gerbe de sang… il se réincarnerait. Mais qu’importa, son frère brigand semblait fort mécontent de cette réponse car il répondit :

Tu te moques de moi ? C’est ça ?
- Non, non… il n’oserait pas !

L’inquisiteur avait répondu machinalement et s’en mordit la lèvre. Il passait trop de temps avec les mêmes personnes… très clairement. Mais le brigand ne s’énerva point et prit cela comme de la faiblesse… et ce fut parfait puisque Nechama voulait tout à part se battre. C’était un sorcier : qui donnerait sa vie pour un sorcier ? Encore, pour le tuer, pourquoi pas ? Mais le venger… et puis il n’avait pas tort son comparse : des livres gratuits à gogo. Mais que devait donc faire Nechama de celui concernant la religion du Rêveur ? L’emporter et risquer qu’il soit découvert au kaerl ou… le laisser là et risquer la même chose ? C’était un choix auquel il aurait fallu pouvoir réfléchir de façon posée, mais là, il y avait un brigand et un blagueur dans la même pièce… Et le copain du premier rappliquait en lui demandant pourquoi il ne les tuait pas.

Et là, Nechama échangea son regard avec son comparse. Allait-il vouloir se battre ? Oh, que le Rêveur intervienne pour l’en empêcher !

- Je vais donc me retirer, damoiseaux, fort belle journée à vous !

Ah, mais c’était bien comme réponse que celle-ci, songea l’inquisiteur : très bonne. Partir, ne pas s’ennuyer les uns les autres : magnifique comme possibilité ! Nechama avait tous les livres dans les bras et le glissait doucement dans sa propre sacoche en suivant le semi-elfe qui commençait donc à s’en aller.

- Et moi, je l’accompagne ! Messieurs, passez une bonne journée ! Et…

Alors que les deux brigands allaient les laisser faire, un imprévu se déroula. Un imprévu peu acceptable… Notamment qu’à peine le comparse venait il de poser sa main sur la poignée que la porte s’ouvra et que trois autres individus entrèrent. Et l’un des trois, très clairement, était un dragon à forme humaine… Et à cet instant, ce court instant, Nechama se dit que peut être, oui : peut être, que le Rêveur n’avait pas bien saisi sa demande quant à empêcher son comparse d’agir et que son dieu l’avait pris légèrement…. Trop à la lettre.

Que se passe t il ici ? Je suis Georges Averan, maitre du kaerl neutre.

Le regard de Nechama passa du cadavre, aux brigands puis à son comparse puis aux nouveaux arrivants. Sans trop attendre, l’ondin se rapprocha et déclara :

Vous tombez bien ! Aidez nous s’il vous plait ! Ces deux hommes ont tué le marchand et comptaient nous tuer à notre tour !

Oui, ce n’était pas très honnête ni même viril, mais Nechama n’en avait cure. Tout ce qu’il désirait c’était partir en s’évitant des ennuis… Car encore une fois, cette maudite harpe avait lancé son son : Lom tentait de le piéger et l’inquisiteur refusait de se laisser aller à perdre face au diabolique ! Georges Averan était un grand homme. La peau ambrée par le soleil, les cheveux bruns, attachés en catogan, une barbe de quelques jours sur un visage ovale ; l’homme était un torhil à n’en point douter ! Et il avait un sourire nonchalant. Son lié lui ressemblait mais le plus clair était qu’il n’hésiterait pas à quitter sa forme humanoïde à tout instant si l’un des brigands se montrait trop agressif. Nechama ne savait pas ce qu’il comptait faire et pour dire vrai : il n’en avait cure ! Tout ce qu’il voulait c’était s’enfuir. Il sentait sur sa peau que sa toxine était encore à son pic d’efficacité : éviter de les toucher était donc nécessaire.

Et qu’est ce qui me prouve que ce n’est pas l’un de vous deux ? D’où venez-vous ?
- Je… viens du kaerl céleste et…
-Ah, un oiseau dans le coin. En effet, ça ne peut pas être l’un d’entre vous ! Comme si les célestes pouvaient se permettre de tuer quelqu’un, ou encore juste d’agir. Des fainéants inactifs pleurnichards et…

Nechama profita de sa palabre –qui dura bien plus, mais il n’écoutait plus- pour appuyer sa main encore gantée sur le dos de son camarade de malchance et remercier de tant de gentillesse et s’enfuir sans trop courir. Pourtant, le chevalier s’interrompit tandis qu’il remarquait le visage du camarade d’infortune à l’humour douteux et, alors qu’il les fixa : ses yeux s’écarquillèrent. Nechama se tourna vers celui-ci : pourtant il n’était pas laid, ni ne portait de tare ou cicatrice…

Vous êtes… L…

Comme le deuxième brigand décida que c’était le bon moment pour se jeter sur le chevalier, Nechama et l’homme purent sortir. Et ce qui arriva là bas était peu important mais à peine avaient-ils fait deux pas que des flammes sortirent du lieu : tant de savoir brulé… dommage ! Et le premier brigand avait réussi à sortir ! Nechama déclara quelque chose comme : cours ! Et se saisit du bras de son camarade –d’ailleurs, pourquoi ne laissait il pas son frère camarade mourir à sa place ? Il tentait de le lâcher mais n’y arrivait point, trop occupé à courir- pour s’échapper au travers des rues. Mais celui-ci semblait ne pas avoir très envie de le suivre et n’avoir comme seule motivation que le fait que le brigand hurlait qu’il allait les tuer.

Tournant sur un carrefour, Nechama entra dans une taverne, lâchant enfin son camarade et reprit son souffle –autant de livres, cela pèse lourd- et soupira.

Mais… pourquoi veut il nous tuer nous ?

Il était fatigué : Loméanor n’avait pas du tout été prévu pour la course. Pourtant, un doute venait en lui : le chevalier semblait ne pas apprécier cet étrange homme… Alors, était ce un brigand également ? Tout ce que savait Nechama, c’est qu’ils avaient des ouvrages précieux –et volés malgré que leur propriétaire fut mort- et qu’il ne voulait point sortir. Car ils pouvaient tomber là dehors soit un brigand, soit un des neutres… soient sur les deux… Le tavernier arriva à cet instant pour les conduire à une table. L’histoire du meurtre finirait par être connue… Bien évidement !

Une table pour vous deux les… amoureux ?
- Amoukoa ? … oui… avec plaisir… oui…

Et il suivit le tavernier. Ne pas se faire repérer jusqu’à l’heure de son départ était son mot d’ordre… et tandis que le tavernier leur présentait les boissons à prendre pour les faire commander, l’inquisiteur ne pouvait s’empêcher de tapoter la table d’un air pressé. Malgré tout, la taverne était très calme : pas de quoi faire un esclandre sans se faire remarquer. Ils devraient parler la voix basse si discussion était engagée. Mais Nechama le ferait de toute façon, pour ne pas se faire remarquer par le tavernier qui les observait avec tant d’affection ! Ce qui, finalement, finit par ne plus étonner l’inquisiteur : autour d’eux ne se trouvaient en effet… que des couples. Mauvais plans pour l’ondin qui se sentit mal dans cette ambiance : il n’appréciait point cela. Trop d’hormones dans l’air, trop de papillons…

Buvons vite et partons d’ici…

C’était presque une supplique : une demande à la pitié !
Lhain Linwëlin
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MessagePosté le: Ven 19 Déc 2014 - 05:20 Répondre en citantRevenir en haut

Et voilà... Cela lui tombait encore dessus. Pourtant, il avait tout fait pour ne pas s'en mêler et avait cherché à s'en aller. Dans une situation idéale, il aurait dû retourner dans les bois et retrouver son lié. Dans une situation idéale, il se serait enfui sans demander son rester. Dans une situation pas du tout idéale, un malotrus s'emparait de son bras et l'entraînait à sa suite dans les rues bondées de Lòmëanor. Agrippé comme le fugitif qu'il était devenu à cause de cet olibrius, Lhain ne put réprimer une petite expression blasée. S'il avait pu en placer une dans ce bazar, sans doute aurait-il prévenu que son comparse le conduisait dans un bar plutôt louche. Hélas, s'exprimer un jour de marché et être entendu, étaient deux problèmes très différents.

Pourquoi voulait-il les tuer, eux ? Oh, hé bien, ce Georges Averan n'avait jamais fait preuve d'un grand sens commun. Le jeune homme ne l'avait guère connu, mais avait toujours eu une image de lui très péjorative... comme à peu près les trois quarts des gens en général d'ailleurs. Donc, pourquoi vouloir les tuer ? Oh, probablement parce que son étrange compagnon d'infortune avait la verve la plus moisie de tout Tol Orëa, mais il se garda bien d'en faire la remarque. Pour l'heure, ils étaient traqués et soupçonnés de meurtre par l'idiot du village de première catégorie. Le genre champion du monde.

Ah... une table pour amoureux ? La journée continuait sur sa merveilleuse lancée. Faute de parler, le demi-elfe se contenta de soupirer. C'était reparti : voilà que l'on se fourvoyait à son égard. Bon, d'accord, il n'avait pas l'air bien viril, mais tout de même. Le comique de répétition était mauvais pour la santé et Lhain n'avait que trop connu ce genre de situations dans sa courte vie. Habitué et ne sachant si c'était une bonne ou une mauvaise chose, il fit mine de suivre le tavernier, imitant ainsi le second larron et cherchant mentalement un moyen de se tirer de ce mauvais pas : après tout, il avait en sa possession les livres tant espérés.

- Veux-tu bien cesser de gesticuler et agir naturellement ? siffla le demi-elfe à son comparse.

Dans le genre champion du monde, il avait l'air d'être tombé sur un professionnel cette fois encore. Le bonhomme avait l'air le plus suspect qu'il eût été possible d'avoir. Comment éviter de se faire repérer dans un cas comme celui-là ? Il allait devoir jouer le jeu, d'autant que leurs poursuivants n'étaient pas si loin. Derrière la fenêtre, le dénommé Georges Averan guettait la moindre personne suspecte. Pour l'heure et pour les heures à venir, ils étaient coincés ici. Engager la conversation donc ? Bon sang, il avait bien besoin de ça, lui qui détestait les gens trop bavards.

Adoptant un air détendu, comme s'il venait ici tous les jours, Lhain s'installa un peu plus près de son acolyte et fit mine de passer son bras qui tenait la carte par dessus son épaule. Choisir les boissons tout en se mettant dans l'ambiance... Même si c'était horripilant, le maître mot était de passer inaperçu, bien que ce genre de meurs n'attirât quelques regards curieux et n'attisât quelques grimaces écoeurées. Ils n'avaient pas le temps de s'en formaliser.

- Alors, mon canari des îles ? Quelle boisson vas-tu choisir ? articula le demi-elfe avec un sourire mielleux sonnant affreusement faux. Joue le jeu avant qu'on se fasse expressément jeter dehors...

La dernière phrase avait été prononcée entre les dents d'un Lhain atterré par son propre jeu. Il avait envie de se tirer de là au moins autant que l'autre, mais il n'avait pas le choix : faire avec ou prendre le risque d'affronter les déjantés du bocal de soupe dehors. Au pire pouvait-il se servir de son homologue comme bouclier pour les coups d'épée, mais bon, ce n'était pas très prudent, sachant qu'un mort pouvait peser lourd au bout du compte. Ce serait un encombrement de plus et ce n'était pas très utile. De son côté, Koltira avait prévenu que la chasse serait longue, que c'était donc un grand moment de concentration et était donc déconnecté de lui pour quelques heures encore. Il fallait faire avec et se débrouiller avec les moyens du bord.

Sauvé par le gong en la présence de la serveuse, le demi-elfe se détacha de l'ondin avec soulagement et entreprit de passer sa commande le premier. À vrai dire, il aurait vite fait de regretter de ne pas avoir regardé ce que contenaient les boissons du coin, mais ce n'était pas tout à fait son premier souci en cet instant...

- Je vais opter pour le cocktail "La Licorne Enchantée", annonça-t-il avec un sourire tout ce qu'il y avait de plus hypocrite, bien entendu, c'est mon compagnon qui offre ! C'est un grand romantique !

S'il comptait payer pour cette galère ? Jamais de la vie ! Sa bourse n'aurait à souffrir d'aucun allègement de poids ! C'était déjà suffisamment gênant comme cela sans y ajouter un sacrilège !

Attendant que son compagnon d'infortune commandât à son tour une boisson, le jeune homme suivit le départ de la serveuse, puis s'adressa à lui d'un ton qui se voulait plus sérieux :

- N'espère pas repartir dans l'heure, ce type ne va pas lâcher prise aussi facilement. Il est stupide, mais têtu et coriace : je n'escompte pas l'affronter et je me doute que toi non-plus. Je propose de patienter quelques heures, le temps que tout se calme. Si jamais il entreprend de fouiller cet endroit, il faudra se cacher et donc prendre une chambre... que tu payeras aussi. Après tout, tout ça c'est de ta faute !


Il désigna l'ondin d'un mouvement de l'index :

- Parfaitement, c'est de ta faute ! On n'a jamais vu une tentative de fuite plus ratée !

L'épargner ? Peuh ! Lhain était déjà bien assez contrarié comme ça ! Cela ne l'enchantait pas non-plus de devoir demeurer dans cette ambiance mièvre et emplie de bons sentiments. Quoi que, concernant certains clients, il avait parfois des doutes là-dessus. Les murs étaient tapissés d'un fond rougeâtre vieillot et ornés de plusieurs tableaux douteux, quand ils ne représentaient pas carrément des portraits du propriétaire. Le prix du meilleur établissement de toute la ville ? Oui, bien sûr, et Lhain était un riche châtelain ! Averan, dehors, n'était pas décidé à s'éloigner...
Allons bon... ils n'étaient pas sortis de l'auberge et c'était peu de le dire. Heureusement que leurs boissons leur étaient apportées.
Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 12:36 Répondre en citantRevenir en haut

- Veux-tu bien cesser de gesticuler et agir naturellement ?
-Je… oui…

Nechama avait été éduqué de façon stricte. Et le ton de son comparse avait évoqué celui de son père. Il avait déclaré cette même phrase, quand le jeune homme, encore enfant, il avait eu un test : plusieurs enfants qui ne se connaissaient absolument pas devaient faire semblant d’être amis. Ce souvenir lui était resté au traves de la gorge, ce n’avait point été sa meilleure expérience. Pourtant, depuis, il avait évolué. Assassin, espion, maitre pour se faire apprécier… Nechama se sentait en ce milieu aussi doué qu’il l’avait été lors de sa première fois. Il se sentait mal à l’aise, la harpe chantait en sa tête et il pouvait presque entendre Lom se moquer de lui. Pourquoi avait il aidé celui là, déjà ?

D’ailleurs, à bien le regarder, il semblait plutôt détendu. Nechama le vit s’approcher et, à chaque pouce parcouru en sa direction, l’ondin sentait son cœur s’arrêter de battre. Ses pensées s’entremêlaient alors que l’inquisiteur se demandait –tout en sachant la réponse- : mais, qu’est ce qu’il fait ? Un frisson le parcouru quand l’autre passa sa main par-dessus son épaule. S’il n’avait pas été profondément fervent au Rêveur, l’ondin l’aurait empoisonné par principe. N’osant pas bouger, il percevait cependant les regards écœurés des autres présents.

Nechama se demanda s’il l’avait déjà offert également. Nechama avait déjà vu quelques couples non commun, aurait il précisé. Le Rêveur refusait tout jugement : Nechama s’y était efforcé. Il n’y avait rien de mal à aimer quiconque pour ce qu’il était, tant que ce n’était point un enfant de Lom. Mais Nechama ignorait tout de l’amour, autre que fraternel. Il n’avait jamais aimé une femme… désiré, oui, connu le plaisir de la chair : également. Mais aimer… cet acte authentique : jamais. Voilà pourquoi il lui était si dur de l’imaginer à cet instant avec cet individu. Qu’y avait-il à apprécier chez lui ?

Ses yeux restaient sur la carte, la parcourant. Mais les mots n’entraient en son esprit. Il pouvait sentir son odeur… sa chaleur au travers de leur contact.

- Alors, mon canari des îles ? Quelle boisson vas-tu choisir ?

C’était convaincant, très convaincant… on aurait pu y croire s’il n’avait pas l’air aussi mauvais dans ce rôle que Nechama lui-même. Celui-ci entendit d’ailleurs proposé à son oreille Joue le jeu avant qu'on se fasse expressément jeter dehors... Il était mignon lui. Jouer le jeu. Nechama se mit à sourire et posa sa main libre sur la cuisse de son compagnon, chose remarquée par l’homme qui prenait leur commande.

-Oh je ne sais pas mon... –trouve un surnom, se disait Nechama, trouve un surnom !- doudou. Je cherche encore un peu, commande le temps que je me décide !

On aurait presque pu voir des petits cœurs autour d’eux et quiconque s’approcherait se serait senti englué dans le mielleux de leurs voix. La serveuse, attirée sans doute par ce semblant d’amour, s’approcha d’eux. Elle avait un grand sourire et des lèvres rosées de façon outrageuse. D’ailleurs, tout en elle était outrageux ! Cette boutique, ces décorations, ces noms de cocktails : le Goulougoulou ?! A son approche, son comparse s’était éloigné et enfin, Nechama se mit à respirer. Un sourire digne d’un modèle, et elle avait son attention… enfin la moitié.

- Je vais opter pour le cocktail "La Licorne Enchantée", c'est mon compagnon qui offre ! C'est un grand romantique !
-Oh, mais bien sûr… Voyons, regardez le… n’auriez vous pas envie de lui offrir la Lune vous également ? Je prendrais un Caucaïnolove s’il vous plait.

Nechama ne savait ce qu’il y avait dedans, mais il était écrit dans la description que ce cocktail avait la capacité de changer la perception du monde et offrait de la bonne humeur. Pour peu que cela le détende, cela irait. Nechama sourit à la serveuse qui repartait et se tourna vers son comparse d’aventure. L’ondin se demandait ce qu’il allait lui raconter… mais heureusement, l’autre décidait parler à sa place.

- N'espère pas repartir dans l'heure, ce type ne va pas lâcher prise aussi facilement. Il est stupide, mais têtu et coriace : je n'escompte pas l'affronter et je me doute que toi non-plus. Je propose de patienter quelques heures, le temps que tout se calme. Si jamais il entreprend de fouiller cet endroit, il faudra se cacher et donc prendre une chambre... que tu payeras aussi. Après tout, tout ça c'est de ta faute !

Nechama était bouche bé. Bien évidement, en bon ondin, être bouché bé offrait peu d’expression. Au mieux, il était stoïque, le visage fermé. Comment osait cet individu s’exprimer ainsi envers lui ?! Certes, sa logique était la bonne mais… il semblait aimer l’argent à n’en point douter. Payer, payer ? N’avait-il que ce mot en bouche ?! L’index tourné vers lui, celui-ci continua sur sa lancée :

- Parfaitement, c'est de ta faute ! On n'a jamais vu une tentative de fuite plus ratée !

… Ah non, il en avait un autre…. Tout ce qui pouvait le libérer d’une quelconque culpabilité.

De ma faute ? Au contraire, c’est de la…

Nechama se retourna vers la serveuse qui leur apportait les boissons. Elle le regardait d’un air étrange, et l’ondin lui expliqua : nous ne sommes jamais d’accord sur lequel est tombé amoureux de l’autre le premier… Je lui explique toujours que c’est lui… Ronronnant presque sa réponse, tant elle était heureuse, elle déclara un petit : Oui… oh je comprends…

Nechama sortit sa bourse –et il eu l’impression que son amoureux du jour sembla heureux de son contenu ?- et paya les deux boissons. Avait-il assez pour en payer d’avantage et une nuit en plus ? Bien évidement. Mais en avait-il envie ? C’était là un tout autre débat. Une fois la serveuse partie, l’ondin reprit :

Je ne connaissais pas cet individu… mais il vous connaissait. C’était donc de votre faute si nous nous sommes retrouvés ici… Nechama émit une petite pause alors…. Surement avez-vous fait quelque chose de mal pour qu’il vous ait tellement en grippe… Je voulais vous aider… Et si –le Rêveur vous a mis sur mon chemin, songea t il- je dois vous aider en vous offrant une nuit de plus, je le ferai… Mais point de bon cœur, sachez le. Cet endroit me semble… aussi bien décoré que de bon gout…

Il soupira et prit une gorgée de son cocktail qui, était… étonnant. Point courant. S’il n’avait pas été ondin, le rouge lui serait monté aux joues étonnamment vite.

Je m’appelle Nechama… Nechama Sa’El Han. J’aurai pu vous donner un faux nom mais évitons, qui sait si une personne me connaissant entrait… ici. Puisque nous sommes bloqués ici à communiquer, je serai curieux de savoir ce que cet individu vous reprochait pour avoir envie de vous tuer, mon Doudou ?

Nechama tenta d’être un peu plus confortable. Il regarda de haut en bas l’homme. Il ne semblait point très dangereux, presque frêle. Avait-il tué la matrone de l’individu ? Il ne semblait point être très attiré par le gout du sang. Au fond, qu’importa qu’il fut tueur, voleur, ou violeur : Nechama ne jugeait point autrui qu’un sorcier… Quel dommage que celui de la librairie n’eut point été sacrifié dans les bons faits. Mais au moins, était il mort : c’était là déjà une bonne chose. Nechama glissa un regard vers son sac : les ouvrages y étaient… et au moins, en cela, c’était grâce à son comparse. Et vu les économies que cela lui avait fait accomplir, il pouvait bien offrir des verres au semi-elfe.
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