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 [RP] L'ombre d'une aube Sujet suivant
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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2014 - 18:53 Répondre en citantRevenir en haut

Le ciel était orange, rouge et rose d'un côté, bleu-noir de l'autre. Autour de Meccaya se déroulait ce moment très particulier d'une journée où le monde ressemblait à un immense jeu d'ombres chinoises. La lumière refusait d'éclairer le monde, et restait accrochée au ciel.

Fort peu touché par l'arrogance de la lumière, Meccaya évoluait au sol. Auour de lui, il y avait un jardin. Pas très rassurantes, ces ombres crochues, dentues, épaisses. Iel ignorait, en avançant, s'iel n'allait pas marcher sur quelque chose qu'iel n'aurait pas vu, tant le sol était assombri par la présence proche de plantes.
Son regard fut instinctivement attiré par des lumières. De petits braseros dessinaient un chemin, qui menait sous un tunnel végétation, à travers les feuilles desquelles filtrait juste assez de lumière pour pouvoir avancer. Mais lorsqu'iel fut là-dessous, Meccaya marqua un temps d'arrêt. Oui, il faisait frais, ici mais... Ce n'était pas la première sensation qui frappait l'esprit et les sens de l'androgyne. Non, il y avait une autre sensation. Iel n'aurait su dire si c'était de l'extrême solitude ou, au contraire, l'impression de n'être pas seul. Iel réalisa le silence qui l'entourait, qui n'était pas un silence pesant comme celui que s'imposent parfois les humains, mais un silence naturel. Le silence que les prédateurs apprennent à apprivoiser. Un silence vicieux. En même temps... C'était comme si Meccaya sentait un coeur battre, qui n'était pas le sien. Iel ignorait quel sens lui permettait de savoir cela. Mais iel le savait: il y avait quelqu'un d'autre.

Comment agir, alors ? Se cacher ? Inutile. Avec une présence aussi importante, il devait savoir que l'androgyne était là. Meccaya avança dans le tunnel de fleurs, en caressant quelques-unes du bout des doigts. Iel en connaissait, oui. La passiflore blanche... Elle venait de Vaendark. Une plante incroyablement solide, qui permettait de calmer la douleur. Et... Tiens, une balle ? Non. Un fruit ! Oh, il avait l'air beau ! Une pêche, peut-être ? Curieux, l'androgyne croqua dedans.
Iel regretta. Le goût était étrange. Métallique. Non, ça ne pouvait... Meccaya observa le fruit à travers un rayon de lumière. Le jus était rouge. Du sang. Des fruits qui saignaient. Pourquoi pas. L'androgyne eut une moue écoeurée, en essuyant d'un revers de manche le sang qui était resté sur ses lèvres. Iel jeta le fruit.
Mais comme un fruit qui saignait était tout de même relativement exceptionnel, disons-le, Meccaya songea à en emmener chez lui, pour faire quelques croquis et expériences. Peut-être que ces fruits étaient vivants ! Il faudrait en faire pousser. Peut-être avaient-ils des propriétés... Intéressantes. Ahlala, iel avait hâte de les voir à la lumière du jour ! Parce que là, les malheureux rayons de lumières n'étaient pas pratiques.

À force de ce raisonnement, l'androgyne sortit du tunnel végétal les bras chargés de fruits et de fleurs. À l'air libre, au milieu d'un parterre plat d'herbe fraiche et humide de rosée, iel les déposa. Un vent léger agitait l'herbe et la pâle chevelure de mon neishaan. Iel regarda devant lui, et l'ambiance calme -quoi que troublée par la sensation de présence- s'évanouit. L'horizon qui avait été clair devenait noir. Pas un noir de nuit, non. Un noir d'encre. Alors il parut: le dragon noir.
Il projetait une ombre immense. Un dragon... Meccaya n'en croyait pas ses yeux. Oui, iel en avait vu, des illustrations, dans les livres... Iel en avait rêvé, avant de dormir, plusieurs fois, mais c'était la première fois qu'iel en voyait un en vrai. Toutes ces écailles, leurs reflets, le mouvement des muscles... Le regard de mon neishaan scintillait d'émotion. Un dragon, enfin ! Dara n'avait pas menti, ils existaient, et celui-ci était le premier qu'iel voyait. Magnifique, majestueux, comme dans les récits. Face à lui, iel se sentait ridicule, humble, plus que jamais.
Devant cet être si longtemps espéré, fantasmé, Meccaya sut qu'iel devait faire preuve du plus profond respect, s'iel voulait un jour partager les journées des dragons. Aussi courba-t-iel l'échine.

"- Mes salutations. Je suis Meccaya Im'Awhël, de Vaendark. C'est un honneur pour moi de pouvoir vous rencontrer."

Car oui, Meccaya le sentait: le dragon avait son regard sur lui. La présence, c'était lui. Depuis le début.

"- Puis-je me permettre de vous offrir un fruit ?"

Joignant le geste à la parole, Meccaya prit un fruit et le tendit vers la tête du dragon. C'est à ce moment-là seulement qu'une pensée l'effleura: pourquoi le dragon ne se manifestait-il que maintenant ? Pourquoi pas plus tôt ? Peut-être... Peut-être que c'était son jardin, et que ces fruits étaient à lui ? Malheur ! L'offense que Meccaya lui faisait ! Il était même surprenant que le dragon ne l'ait pas encore gobé pour lui apprendre le respect. La main de Meccaya tremblait. Iel regrettait son geste. Désormais la crainte se mêlait à l'admiration dans le regard qu'iel offrait au dragon. Iel priait ses dieux de le maintenir en vie, les priait pour que ce jardin ne soit pas celui du dragon, priait pour n'avoir pas fait d'erreur de politesse. On disait les dragons très pointilleux là-dessus. Iel voulait vivre encore un peu, ou avoir une deuxième chance. Iel n'avait pas tant rêvé les dragons pour mourir devant le premier d'entre eux...
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2014 - 18:53 Revenir en haut

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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Sam 26 Juil 2014 - 15:37 Répondre en citantRevenir en haut


Krenszhan - Empereur Noir - Lié de Malakesh-Rae'vinkshash


Krenszhan … un nom dont la sonorité était dure, à l’image du dragon lui-même. Le saurien avait fait des ravages des siècles plus tôt en compagnie de sa liée, la terrible Malakesh-Rae'vinkshash. Elle n’avait de terrible que ses colères qui suivaient les refus de l’avatar de Zakeriel de s’accoupler avec elle. Des villages entiers pouvaient être rayés de la carte comme exutoire. De nombreuses légendes évoquent alors la nuit la plus noire, référence faite aux ailes sombres du Dragon empereur dont la taille était honorable. Cette fois-ci, il était seul. Seul dans ce monde étrange, aux couleurs tantôt chatoyantes, tantôt noir comme ses écailles. Son apparence physique avait changé. Il n’était plus que l’ombre de lui-même. Ses ailes avaient perdu de leur membrane, laissant transparaître un voile violacé. Son corps par endroit semblait avoir perdu également des morceaux remplacé par ce même voile violine. Etait-ce de la magie où l’effet de la mort elle-même ? Ses souvenirs étaient diffus, mais il se rappelait avoir été séparé de sa liée lorsque son cri de douleur et de peine retentit et que l’interstice l’avait happé. Il n’avait eu alors que le néant pour seul compagnon.

Il volait dans le ciel, très haut, peut-être trop. Mais l’air chaud s’engouffrait et il s’élevait sans difficulté. Il n’avait pas besoin de battre des ailes pour avancer. Il se laissait porter dans ce monde qui semblait n’avoir pas de fin. Un vaste désert se succédait à une mer déchainée. Il avait affronté une tempête qui n’était, au final, qu’un mirage. Son vol l’était-il aussi ? N’était-ce qu’une manifestation d’un rêve, d’un fantasme né de sa disparition ? Il n’en avait cure. Il cherchait sa liée dans ce monde qui n’en était peut-être pas un. Son regard balayait les étendues vides de toute végétation. Combien de temps s’était-il déroulé ? Une minute, une heure, un jour, un siècle ? Moins, peut-être plus. Le temps n’avait plus de sens ici.

Soudainement, il ressentit quelque chose. Oui. Un être avait le don. Etait-ce Malakesh-Rae'vinkshash, sa précieuse et tant aimée liée ? D’un puissant coup d’ailes, il se propulsa à une vitesse plus grande. La végétation se faisait plus luxuriante, plus imposante et plus massive. Au milieu de cela, une clairière d’herbe fraiche, des fruits et des fleurs … et un être. Un neishaan. Il le sentait, c’était lui qui avait le don. Il n’avait pas l’odeur. Celle de la cendre. Non. Son âme semblait promise à la lumière. Lui, il n’était que noirceur, violence et colère. Quelque chose l’empêchait de le dévorer. Son attitude ? Peut-être avait-il croisé sa liée. Il darda d’un regard opalescent le neishaan. Non, il ne méritait pas la mort. Ou elle ?

° Je n’ai jamais rencontré d’être aussi étrange que toi ° répondit le dragon en guise de salutation.

Sa voix était sombre, rauque et semblait venir d’outre-tombe. Une voix caverneuse qui donnait une impression de froid glacial. Et pourtant, il n’y avait ni neige, ni vent.

° Tu es décidément bien plus étrange que je ne le pensais. Jamais un être n’aurait osé cela °

Il ponctua sa phrase d’un rire narquois. Il s’amusait de la naïveté de son interlocuteur ou interlocutrice. Quoi qu’iel était, il s’en moquait.

° As-tu vu une femme ? Une sublime créature aux cheveux rouges comme le sang, au corps recouvert de bandages et aveugle de surcroît ? Elle n’est pas vraiment de ta race. C’est une Ancienne, une Valherue comme on les appelait. Ah, combien de temps s’est écoulé depuis notre disparition ? Ils ne semblaient pas si faibles et si frêles à notre époque ! °

Le dragon porta son regard sur les fruits. Etranges. Ils étaient étranges. Il les renifla avec suspicion. L’odeur était agréable. C’était mangeable, apparemment. Sa langue entoura le fruit et il l’avala. Sucré et juteux. C’était revigorant. Mais il en avait assez. Assez de cette suffisant de ce iel. Iel montrait trop de curiosité et cela l’agaçait. L’opalescence de ses yeux tournait à l’orange. Il en avait marre des discutions guillerettes. Il était un empereur, un tueur. Il en avait tué des ennemis, même lorsqu’ils étaient à dos de dragon. Ce iel ne l’impressionnait pas du tout. Et il avait envie de jouer avec lui.

° Nous allons jouer, être étrange. Cours. °

Il accompagna son injonction d’un claquement de dent. La réaction ne se fit guère attendre. L’être était lent. Ce ne serait pas aussi amusant qu’il le savait. Mais bon, il faudrait se contenter de cela. Il avançait, la tête repliée entre ses épaules. Les empreintes laissées derrière lui étaient profondes. Son souffle était bruyant et chaud. Sa langue claquait entre ses dents. Il marchait à la manière d’un lézard, ses congénères dégénérés sans ailes et sans pouvoirs. Les ailes repliées sur son dos, il se mit à courir. Rapidement, il mit la patte sur sa proie. Il était fait prisonnier. Sa tête était entre ses griffes. Curieusement, il n’exerçait aucune pression. Le réduire en une bouillie sanglante n’avait pas vraiment de sens. Non, il voulait jouer.

° Nous allons jouer à un jeu, être étrange. Un jeu où tu devras répondre à des énigmes. Chaque fois que tu auras une bonne réponse, je répondrais à l’une de tes questions. Mais gare à toi, car si réponse tu n’as point, je ferais de toi mon jouet °

Krenszhan attendit l’approbation, quoique timide, à son jeu. Il pouvait commencer. Il retira sa patte et invita avec peu de douceur iel à s’asseoir sur la pière face à lui. Le dragon s’allongea face à lui. Ses yeux exprimaient encore l’excitation.

° Première énigme : Trois poissons sont dans un seau. L'un d'entre eux meurt. Combien en reste t-il ? °
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Dim 27 Juil 2014 - 18:13 Répondre en citantRevenir en haut

Souvent on dit les ombres effrayantes. Refuge de l'inconnu, donc dangereuses. Pourtant, l'ombre du dragon n'avait pas effrayé Meccaya, de prime abord. Iel avait eu trop d'admiration pour se permettre la peur. En s'entendant lui proposer un fruit, iel avait commencé à réfléchir, et à craindre d'avoir mal agi. Le dragon était à contre-jour, mais, un bref instant, un éclair silencieux éclaira l'immense créature. Juste un éclair, juste une fraction de seconde, et pourtant l'image s'imprima dans la mémoire de mon neishaan, lui coupant le souffle. C'était comme s'iel avait pu contempler les écailles du dragon, autant de haches et d'épées d'ébène. Iel avait vu aussi ces parties de corps, remplacées par l'étrange membrane d'un violet qui n'avait rien de naturel. Ce dragon-là était bien différents de ceux que l'androgyne avait pu voir jusqu'alors. Son aura était différente. Le dragon de maitre Lukas, les dragons des Célestes semblaient majoritairement bienveillants, ou au moins respectueux du vivant. Celui qui faisait face à Meccaya lui donnait l'impression que l'on avait extirpé du monde toute sa noirceur, toute sa rancoeur, sa violence, sa haine et son mépris, toutes ses envies de mort et ses colères, pour façonner un être aussi obscur qu'une nuit d'orage.
Et Meccaya lui avait gentiment proposé un fruit.

Comme si on lui avait injecté de la glace dans le sang, l'androgyne sentit ses muscles se raidir, et l'intérieur de son corps se geler. Qu'avait-iel fait là ? Combien de temps lui restait-il avait de mourir ? Avait-iel mal fait quelque chose ? Erebus ne lui avait rien dit par rapport à ces dragons... Oh, comme les humains, ils pouvaient avoir des goûts prononcés pour les crimes de ce monde. Mais celui-là ne paraissait pas être criminel. C'était autre chose encore.
Dire que c'était lui, le petit neishaan, que l'on qualifiait d'étrange ! Alors qu'iel était franchement banal. Un peu androgyne, bon, mais excepté cela, iel était un neishaan commun. Vaendark accueillait nombre de ses confrères. Les cheveux blancs et le teint pâle y étaient d'une assommante banalité. Les yeux noisettes n'étaient pas majorité, mais pas rareté non plus. Iel n'était pas assez musclé pour être exceptionnel de ce côté-là également.

Il était vrai, en revanche, que ce qu'iel venait d'oser, rares devaient être ceux qui l'auraient fait. Même lui, s'iel avait hésité une demi-seconde de plus, iel n'aurait pas agi ainsi. Quelqu'un de plus courageux n'aurait sans doute pas fait de même, également. Il aurait réfléchi, et aurait sans doute affronté le dragon autrement... Pas en lui proposant de jouer à la dinette. Oui, de ce point de vue là, Meccaya était une exception en matière d'inconscience et de naïveté. Iel oubliait bien rapidement que les êtres ne choisissaient pas tous de se dévouer à maintenir leurs confrères en vie, et faciliter leur vie.
Le rire du dragon mit le rose aux joues de Meccaya. Un peu vexé, quelque part, que l'on refuse son présent, et quelque peu terrifié. Si ceux qui étaient passés avant lui n'avaient pas osé, cela ne faisait que confirmer son impression. Bon, eh bien, il ne manquait plus qu'un trou de souris où se cacher. Comme si cela pouvait l'aider à en trouver un, Meccaya baissa les yeux, sans cesser de tendre le fruit au dragon. Puis iel se dit qu'iel ne trouverait pas, et ferait mieux de regarder la créature dans les yeux.

"- Toutes mes excuses, noble dragon. Vous êtes la premières personnes que je vois depuis mon arrivée ici. Mais soyez assuré que si son chemin venait à croiser le mien, je n'oublierais pas qu'elle était l'objet de votre quête." Iel baissa un moment la tête, petit signe de respect. "Je ne vous cacherais pas, cependant, que j'ignore comment savoir ou non si une personne est une... "Valherue"."

Et quand iel redressa la tête, iel se figea, à nouveau. L'énorme tête triangulaire de son interlocuteur s'était dangereusement rapprochée de la sienne. Le bout de la langue chatouilla sa main, le fruit en fut ôté, ce qui ne fut pas sans soulagement pour le neishaan. Maintenant qu'iel avait vu la tête du dragon autrement que loin au-dessus de sa tête, iel savait que ce n'était pas qu'une impression: il pouvait le dévorer sans même avoir besoin de le découper. Il ne le laissait en vie, pour le moment, que parce qu'iel pouvait avoir une information... Mais maintenant qu'il savait qu'iel ne l'avait pas, à combien de temps était réduite l'espérance de vie de Meccaya ? Des minutes, ou des secondes ?

Les yeux du dragon changèrent de couleur. Orange. Mince, mince... Qu'avait dit maitre Lukas sur cette couleur ? Oh, réfléchir n'allait pas être nécessaire. L'injonction et le claquement de dents eurent tôt fait de décider le neishaan. Pas des plus courageux, mais dôté d'un bon instinct de survie, iel prit la décision qui s'imposait. Les yeux arrondis par la peur, le souffle rapide, Meccaya fit demi-tour et commença à courir. Iel ne pénétra pas dans le jardin (il était inutile d'espérer que trois branches empêcheraient son poursuivant de l'atteindre). Iel le contourna, sur une étendue d'herbe qui paraissait étrangement plus éclairée, orangée. Iel courrait du mieux que ses frêles jambes le lui permettaient. Iel n'avait jamais été bon en course, et l'herbe ne l'aidait pas à se donner une bonne impulsion. Derrière lui, iel sentait le souffle ardent du dragon, iel entendait le bruit sourd de ses pas, et sentait les tremblements qu'ils produisaient dans la terre. Son coeur battait trop vite, iel le sentait presque cogner contre ses os. Ce supplice-là néanmoins ne dura pas longtemps. D'un coup, on le poussait vers l'avant. Son équilibre rompu, iel s'étala face contre terre, ayant tout juste le temps d'amortir sa chute de ses petits bras, pour ne pas être totalement sonné. Cela restait douloureux. Où ? Iel ne parvenait plus à localiser la douleur. Là, iel ne songeait plus qu'à sa mort, qui allait venir, et avait ramené ses poings près de son visage, pour s'empêcher de voir quoi que ce soit. Mais rien ne vint. Le souffle du dragon restait trop près de lui, néanmoins. Iel retourna lentement la tête, au fur et à mesure que le dragon parlait. Une chance de vivre. Meccaya ne douta pas un seul instant que le dragon tiendrait parole. La leur valait bien plus que celle des humains. Iel donna son accord d'un signe de tête. Relaché, il se mut lentement vers la pierre, où iel s'assit plus ou moins maladroitement. ses mains tremblaient de nervosité. Alors qu'iel s'asseyait, iel répondit avec le plus grand naturel:

"- Il reste trois poissons. Celui qui est mort a tout de même son cadavre dans le seau. Ils sont donc trois corps de poissons. J'ignore où vont les âmes, donc je ne puis parler qu'en comptant les corps."

Iel leva un regard timide vers son juge. Son regard à lui restait noisette, et n'exprimait que la crainte, et l'envie de ne pas décevoir. Dans une autre situation iel aurait fait montre d'un peu plus d'engouement pour ce genre de jeux. Là, iel ne pensait qu'à sa vie, et non pas à l'exercice intellectuel proposé. Sa lèvre inférieure tremblait légèrement, ses épaules tombaient, malgré la tension qui les habitait...


Si c'est la bonne réponse, Meccaya va demander qui sont les Valherus, afin de pouvoir reconnaitre la femme dont il est question =)
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 12:03 Répondre en citantRevenir en haut


Krenszhan - Empereur Noir - Lié de Malakesh-Rae'vinkshash


Rien ne laissait présager que le dragon jouerait ainsi. Lui, il était hautain, persuadé de sa supériorité tant physique que psychologique et intellectuelle. La seule qui méritait son attention était sa douce et tendre liée, celle pour qui il vivait, se battait, dévorait, détruisait. Et là, il jouait, comme un gamin. Lorsqu’il comprit que l’être étrange, « iel », ne savait pas ce qu’était une valherue, il ferma les yeux en expirant violemment. Comment ne pouvait-on pas les connaître, eux, les égaux des Dieux ? Eux qui ont été déchus pour leur trop grande vaillance. Non, ce n’était pas possible, il devait les connaître.
Néanmoins, rien n’était plus grisant que de courir après cet être et de l’attraper comme si ce n’était qu’un insecte. Mais son excitation fut de courte durée. Oui, l’être étrange voulait bien jouer. Il cachait mal sa peur, si s’en était. Le regard malicieux du dragon s’éclaircit lorsqu’iel donna sa réponse. Ainsi, il n’était pas aussi bête qu’il en avait l’air.

- Félicitation, neishaan. Tu as trouvé la bonne réponse. Tu montes dans mon estime. Quelle est ta question ?

Qui sont les valherus ? Que Flarmya le protège d’une telle naïveté. Mais l’histoire pouvait être comptée.

- Etrange est ta question car la réponse est connue de tes pairs. Je sens l’influence du Màr Menel en toi. Ton apprentissage n’est certainement pas terminé. Je vais te compter l’histoire de ma douce et belle valherue : Malakesh-Rae'vinkshash.

Le dragon s’assit, déployant ses ailes avant de les rabattre sur son dos. Sa voix s’était adoucie et il prenait le ton d’un mentor. On ne pouvait reprocher la soif de connaissance, il ne le savait que trop bien. La connaissance mène à la puissance, la puissance à la destruction, la destruction au chaos.

- Les valherus ont bien des noms : Einors, Anciens – plus rarement – et Seigneurs Dragons encore plus rarement. Ce sont les Premiers Nés, ceux qui ont foulés le monde de Rhaëg pour la première fois. Ce sont les premiers à s’être lié à notre race. Ensemble, nous étions invincibles. Nous avons vécu beaucoup de temps dans notre Màr, le Màr Tàralöm. Le nom doit te dire quelque chose. Les Valherus sont connus pour leur extrême longévité frôlant l’immortalité. Un don réservé aux Dieux. Leurs pouvoirs étaient fantastiques, bien au-delà de ce que tu pouvais imaginer. Ils auraient pu devenir les nouveaux Dieux de ce monde. Voilà ce qu’est un valheru, voilà ce qu’est ma belle et douce Malakesh-Rae'vinkshash. Cela dit, tu ne reconnaîtras pas ma belle et douce comme cela. Bien que son pouvoir puisse irradier comme le soleil perce les nuages, tu ne survivrais sans doute pas à sa rencontre.

Krenszhan prit quelques instants pour observer les réactions de son interlocuteur. Apparemment, la discussion l’intéressait et cela flattait le dragon. Ces êtres prétentieux qui connurent la chasse aux esclaves et les Guerres du Chaos aimaient les flatteries. Ses yeux reprirent une couleur opalescente, signe de calme. L’excitation l’avait quitté et il s’apaisait en pensant à sa liée.

- Malakesh-Rae'vinkshash est la plus belle des valherues. Elle a de longs cheveux rouge sang qui tombent le long de ses reins. Son nom signifie « Eclat de la lune couchante ». Je te laisse imaginer sa beauté, même si ce plaisir devrait m’être réservé. Tu pourrais reconnaître à l’armoirie de sa famille, un œil percé d’une épée. Et oui, elle est aveugle. Elle s’est acoquinée de l’avatar d’un messager des Dieux, Zakeriel. Je n’ai jamais pu l’apprécier. Je n’ai jamais réussi à le dévorer non plus. Il en est que ma belle et douce a eu un enfant. Elle a choisi un territoire pour les faire élever car les Grandes Guerres du Chaos approchaient. Elle eut une fille qu’elle nomma comme elle. Et tout devait se dérouler comme cela. Après, le Chaos nous emportâmes dans les abysses, moi et ma douce.

Krenszhan observait la curiosité du neishaan avec une certaine avidité. Le dragon ne masquait pas son intérêt pour la créature, rapprochant sa gueule de son interlocuteur et le renifler. Pas de doute, son lieu d’appartenance était à l’opposé du Màr Tàralöm. Le saurien ferait l’impasse cette fois. Il ne le dévorerait pas, pas plus qu’il le ferait souffrir. Il n’en avait plus envie. Jouer était tout ce qui l’intéressait.

- Comme j’ai constaté que tu étais malin, je vais te poser une seconde énigme : La reine venait de tuer le roi devant deux prêtres. Ensuite, ces deux mêmes prêtres se serrèrent la main et chacun partit de son côté. Que venait-il de se passer ?

Toujours dans sa position assise, le dragon fixait son interlocuteur. Allait-il fournir la bonne réponse cette fois encore ?
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 16:02 Répondre en citantRevenir en haut

Le coeur de Meccaya émit comme un soupir de soulagement, alors même qu'iel était encore sous l'effet de l'angoisse que lui procurait la présence d'un si grand prédateur. La bonne réponse. C'était cela de gagné. Iel remercia les quelques dieux et précepteurs qui avaient daigner poser leur regard sur lui et lui apprendre au moins à réfléchir aux énigmes. Ah, dire qu'à l'époque iel imaginait encore les énigmes comme un simple passe-temps un peu amusant ! S'iel avait su que cela pouvait sauver sa vie... Meccaya put alors questionner le dragon, et sa question était simple: qui étaient les Valherus ?
Entendre son potentiel assassin parler calmait peu à peu le neishaan (bon, vraiment très peu à peu). En tout cas, iel se sentait plus en sécurité chaque fois que le dragon commençait un mot. Normalement, et d'après les statistiques, peu de dragons mangeaient des gens au milieu des phrases. Plus sérieusement, tout ce qu'avait lu Meccaya le poussait à croire que, lancé dans son récit, le dragon ne s'arrêterait pas, et ne le tuerait pas ainsi. La créature avait l'air d'apprécier de raconter les choses bien plus que d'avoir faim.

Peu à peu, Meccaya s'installa plus confortablement sur le rocher. Un pied dessus, les bras passés autour de son genou, sa tête appuyée sur ledit genou. Iel écoutait le dragon comme un enfant écoute une histoire. Car si le dragon aimait raconter, il avait trouvé son public, le neishaan aimant écouter. D'autant plus que l'histoire était intéressante. Si Meccaya comprenait bien tout, les Valherus dont parlait le dragon semblaient être les premiers à s'être Liés à des dragons. Vérité ou mensonge, impossible à savoir pour le moment, mais Mecca voulait l'histoire complète. Iel ne le savait pas encore, mais son réveil lui offrirait une occasion d'enquêter sur la véracité des dires du dragon, et récompenserait sa mémoire qui, étrangement, fonctionnait très bien durant ce "rêve"...
Plus le dragon parlait, plus les questions titillaient la langue et l'esprit de Meccaya. Quels étaient les pouvoirs des Valherus ? Pourquoi ne pourrait-iel pas reconnaitre Malakesh ? Les Valherus étaient-ils à l'origine des Kaerls ? Où étaient-ils, désormais, et bon sang, exceptés leurs pouvoirs, comment les reconnaitre ? Iel voulait bien rendre service au dragon, mais tout semblait si loin pour celui qui n'avait pas vécu cette histoire...
Les yeux du dragon avaient changé de couleur. Meccaya le remarqua. Son regard faisait des allers-retours entre le sol, lorqu'iel se sentait trop menacé, et le visage du dragon, pour lui signifier qu'iel écoutait toujours. La description de Malakesh lui parut vague, trop vague pour qu'iel puisse la reconnaitre. L'oeil percé d'une épée... Une question embêta encore mon neishaan: pourquoi ? Leur famille avait-elle toujours été aveugle ? Si c'était la cataracte, iel savait opérer cela, pas de souci. Mais l'épée... Leur avait-on vraiment crevé les yeux, ou n'était-ce là qu'un moyen de rendre plus épique un état de fait ? L'avatar d'un messager des Dieux... Ainsi les valherus avaient connu les dieux ? Mais alors, tous ces essais philosophiques sur la théologie, que Mecca avait lu, étaient vain ? Où étaient les  Dieux, désormais ? Qu'étaient les Guerres du Chaos ? De plus en plus, les interrogations de l'androgyne devaient se lire sur son visage. Iel murmura, tout bas:

"- Les abysses...? Où somm-"

Mais point de temps pour achever sa question. D'une part, car iel se souvint qu'iel n'en avait pas le droit, et que c'était pour cela qu'iel n'avait pas posé les autres. D'autre part car le dragon rapprochait dangereusement son nez du sien. Mais ? Il n'allait tout de même pas le manger maintenant ! Ce n'était pas possible, Meccaya avait encore des questions, il fallait qu'il lui soumette des énigmes, avant ! Les dieux durent entendre mon neishaan (les dieux ou le dragon, au choix), car le nez ne fit que lui souffler de l'air chaud à la figure, puis se retirer. Le dragon posa alors la nouvelle énigme.
Il y eut un instant de silence. Cette fois-ci Meccaya peinait à trouver la réponse. Si la question des poissons avait été un jeu d'enfant, celle-là était nettement plus compliqué. Tant de réponses étaient possibles, mais aucune ne tombait sous le sens, aucune ne se présentait comme une réponse pertinente. L'androgyne se mordit la lèvre. Iel allait mourir, cette fois. Iel regarda sa propre main, et songea très fort à disparaitre. Mais rien ne se fit. S'iel était alors incapable de se dire "tiens, ce rêve est étrange" ou se réveiller, Meccaya ne se posa néanmoins pas plus de questions. Son regard se leva à nouveau vers celui du dragon, qui attendait une réponse.  Iel prit une longue inspiration, un peu tremblante. La peur l'habitait toujours.

"- Il peut s'être passé plein de choses, et partir de cette énigme pour un jeu littéraire serait sans doute intéressant. D'une poignée de main on peut déduire peu de choses, et de l'acte de la reine également. Comment pourrions-nous être sûrs, par exemple, que la reine voulait la mort du roi ? Les deux prêtres peuvent très bien s'être alliés, d'où la poignée de main, et avoir, usant de malice et de drogues, poussé la reine au crime.. Tout comme l'inverse peut être vrai. La reine peut très bien avoir voulu tuer le roi, sous la bénédiction des prêtres. Le roi pouvait également être un théocrate, et la reine une rebelle, désirant mettre fin à l'alliance entre le royaume et la religion. En ce cas, la poignée de main des prêtres serait un "au revoir" cordial et fataliste, devant le destin de leur souverain. Cela ferait une belle histoire.
Mais... Peut-être que cela a plutôt un rapport avec ce que vous venez de me raconter ?"
Meccaya prit son menton entre deux doigts, songeur. "Les Valherus ont l'air d'avoir quelques histoires dangereuses par rapport aux Dieux. La reine aurait pu être une Valherue, le roi un dieu, et les deux prêtres le soutien du roi ? Ce serait une belle métaphore de la victoire des Valherus. Simple, sans appel, si éclatante que même les adorateurs des dieux n'y trouveraient à redire. Sauf si l'on se retrouve dans un scénario plus complexe, où la reine est objet, et les prêtres éprouvent de la satisfaction devant son ouvrage..."

Meccaya pouvait continuer un moment ainsi. Plein d'imagination, iel aurait volontiers joué la nouvelle Shéhérazade. Mais la réponse à l'énigme lui importait, iel voulait savoir ce qu'il en était vraiment, son pauvre esprit d'humain ne supportant les questions sans réponse.
Et iel avait beaucoup de questions à poser...
Ruri Ravin
Invité

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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 22:30 Répondre en citantRevenir en haut


Krenszhan - Empereur Noir - Lié de Malakesh-Rae'vinkshash


La réponse n’était pas satisfaisante. Ca, non ! Il s’était trompé ! Iel s’était trompé ! Il n’avait pas haussé le niveau tant que cela ! Comment était-ce possible ? Le dragon détourna la tête et lâcha une volute de fumée d’exaspération. A y réfléchir de plus près, il avait fait l’effort de donner une réponse. Elle n’était pas idiote en soi non plus. Certes, il s’était trompé, mais n’avait-il pas droit à l’erreur ? Non. Qu’aurait fait Malakesh-Rae'vinkshash ? Sans nul doute, elle l’aurait puni à la manière des Einors. Elle, qui faisait partie des « Premiers Nés », était impitoyable. La faiblesse était une tare. Souvent, Krenszhan venait tempérer les dires de la valherue, avec plus ou moins de succès. Cette fois, il était seul. Il apprendrait au neishaan le coût de son erreur. Il montrerait ce qu’était une valherue et les pouvoirs dont elle était dotée.

- La réponse n’est pas vraiment celle que j’attendais, petit être étrange. Mais j’apprécie la réflexion dont tu as fait preuve. En conséquence, je ne te blesserai ni te tuerai. Non, tu mérites autre chose, lança le dragon d’une voix caverneuse, comme sortie d’outre-tombe.

Le saurien se concentra. Les sensations n’étaient guère différente de lorsqu’il était en vie. Tout autour d’eux, un cercle se dessina. Puis le cercle se transforma en sphère, de sorte que ni le sol ni les alentours ne soient visibles. Tout était plongé dans le noir absolu. Seuls les yeux opalescents du dragon étaient visibles. Puis ce fut comme l’apparition d’un autre monde. Sur le rocher, face au neishaan, était assise Malakesh-Rae'vinkshash. Ils étaient sur le toit du monde dans le continent de Vaendark. La neige encombrait encore les sommets et la température était basse. De la brume s’échappait des naseaux de Krenszhan.

Le Neishaan avait tout le loisir d’observer ce qu’était une valherue. Elle ne bougeait pas, bien que ses cheveux pourpres voletaient sous les effets du vent glacial. Son teint pâle était rehaussé par ses lèvres d’un rouge sombre. Ses yeux étaient bandés. Sur son cou était visible une sorte de tatouage, comme marqué au fer rouge, un œil percé d’une épée. Elle attendait, assise. Elle fixait sans réellement voir le neishaan.

- Ce que tu vois est une représentation du passé. L’un de mes pouvoirs consistent à produire des illusions réalistes. Ne t’inquiètes pas, tu n’en mourras pas. Mais tu peux observer ma liée et voir à quoi ressemble une valherue. Des images valent mieux que des mots. Quant à ses pouvoirs, ils étaient assez puissants mais pas assez pour vaincre les Dieux j’imagine. Ah, et un élément important : elle est aveugle mais elle voit. Comment me demanderas-tu ? Et bien, par le biais de mes propres yeux. C’est en partie à cause de ce lien physique que nous sommes liés plus qu’à l’accoutumée.

La valherue se leva et se dirigea vers le dragon. Elle posa une main sur ses écailles comme si elle était réellement présente. Le réalisme était bluffant pour qui n’était pas préparé. La suite également.

- Je vois que tu m’as apporté une suprise, Krenszhan, lança la valherue d’une voix douce. Qui est-il ?

- Il s’agit d’un neishaan. Je n’ai pas demandé son nom, mais il doit appartenir au Màr Menel, ma douce et tendre liée.

- Un ennemi donc.

Sur ces mots, le ciel s’assombrit. Elle fixait Meccaya comme si elle le voyait de ses propres yeux. Lentement, des ombres se formaient à côté d’elle. On pouvait y distinguer quatre formes différentes : un soldat armé d’une épée et d’un bouclier, un colosse d’au moins deux mètres de haut armés d’une masse, une faucheuse et un dragon d’ombre. Ils avaient tous l’air aussi vivant les uns que les autres, à l’exception près qu’on ne distinguait que leurs formes. Les ombres prirent place autour du neishaan, le colosse prenant place devant lui.

- Je pourrais te réduire en poussière en laissant faire mes esclaves. C’est d’ailleurs ce qui se passerait …

-Si ce n’était pas moi qui imaginait tout cela … poursuivit le dragon.

L’illusion avait cessé. Rien ni personne n’avait bougé. La valherue n’était plus là, tout comme ses ombres.

- le pouvoir dont elle disposait lui permettait de se créer des alliés à l’infini. Mais ce n’était pas tout. Ils pouvaient prendre la forme d’armes diverses. C’était une excellente escrimeuse mais une piètre archère. Elle était imbattable à la rapière.

Alors que le dragon parlait de sa liée, une sorte de fierté en émanait. Oui, il était fier de Malakesh-Rae'vinkshash. Il était fier de celle qui partageait son âme.

- J’en ai assez de jouer. Tu peux me poser les questions que tu voudras, j’y répondrais.


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 5 Aoû 2014 - 15:39; édité 1 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 31 Juil 2014 - 16:18 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya se mordit la lèvre, en voyant le dragon souffler de la fumée. Quand le dragon annonça la sentence, l'androgyne sentit un goût métallique dans sa bouche. Ah, iel avait mordu trop fort. Pas la bonne réponse... Et l'androgyne n'osait présager d'une issue réellement positive, bien qu'iel ait plu au dragon. Quelle sorte de torture pouvait-il exister que ne le blesse ni ne le tue ? Mon neishaan eut alors en tête les récits de ces tortures destinées à rendre fou. À côté de cela, les blessures n'étaient rien, et la mort pouvait avoir son charme. Les images qu'iel avait avaient les yeux révulsés, hurlaient dans l'espoir de désinhiber leurs démons. Et c'était vain, tellement vain...
Pour cela, dès que l'univers commença à changer, mon petit bipède craignit le pire. Dans le noir, face au regard pâle du dragon, iel crut que son supplice avait déjà commencé. Est-ce que son âme était en train de se détacher de son corps ? Qu'allait lui faire subir le dragon comme images ? Sur quoi allait-il jouer ? Mieux valait ne surtout pas commencer à y penser. Ne pas penser que le dragon pouvait utiliser sa famille... Argh, non, j'ai dit qu'on n'y pensait pas ! Meccaya se souvenait avoir lu dans un coin qu'en cas de torture, il fallait s'attacher à penser à des choses qui n'intéressent pas le bourreau. Alors iel pensa à... À... Son dernier roman. Quel roman, ohlala...

Le noir cessa. Alors Meccaya se retrouva dans cette situation assez inconfortable où la peur se mêlait à la curiosité. Iel regarda autour de lui, timidement. Son corps avait des réactions normales de peur: sueur dans le dos, rythme cardiaque accéléré, respiration rapide... Pourtant, iel ne cherchait pas à faire cesser cet état. Son esprit était ailleurs. Son esprit cherchait à comprendre, et à trouver les indices. Il devait y avoir, ici, un danger pour lui. Mais iel ne voyait que des monts enneigés. Ses bottes étaient enfoncées dans la neige, le vent glacé mordait ses joues. Iel avait l'impression que ce paysage ne lui était pas entièrement étranger, mais pas moyen de le nommer avec précision.
Comme iel se retournait pour voir tout le paysage, iel vit Malakesh. Assise. Bien reconnaissable, avec ses yeux bandés et son tatouage. Meccaya cessa de remuer pour la regarder. Mon androgyne se moquait éperdument des histoires d'amour et niait ses propres sentiments. Iel ne l'admettrait pas, mais iel trouvait au moins la jeune femme très belle. Pourtant, elle ne ressemblait guère à une neishaane. La voix du dragon le sortit néanmoins de ses rêveries. Iel écouta avec attention. Ainsi la jeune femme pouvait voir à travers les yeux de son dragon. C'était une belle chose, tout de même un lien pareil...
Enfin, Mecca' ne pensera sans doute pas la même chose dans quelques instants. Mais là, iel se contentait d'observer les mouvements de la Valherue, cette jeune femme qui lui parut fort agréable de physique et de voix, jusqu'à ce qu'elle le classe en ennemi. Mais... Pourquoi ? Elle ne le connaissait même pas ! Les ombres entourèrent Meccaya avant même qu'iel ait pu protester. Elles étaient immenses, elles étaient autant de dangers. Iel entendit leurs pas dans la neige, put sentir leur chaleur. La menace de Malakesh lui parvint très distinctement...

Et tout s'effondra.
Comme s'iel sortait d'un songe. Brusquement, les intératifs changeaient, brusquement iel fallait vivre avec un autre monde quand l'ancien habitait encore son esprit. Meccaya était debout devant sa pierre, ses bras repliés contre son torse, un peu courbé par la crainte. Iel observa nerveusement autour de lui, mais il n'y avait plus que lui et le dragon (ce qui n'était pas beaucoup plus rassurant). Et brusquement, le dragon le laissait poser les questions qu'iel voulait. Meccaya sentait encore les battements précipités de son coeur, dans sa poitrine, contre ses poings. Ses yeux cherchèrent ceux du dragon.Ils exprimaient l'espoir et la reconnaissance.
Mon neishaan était encore tout perdu, tout bouleversé par cette illusion, si soudaine et si réaliste. Iel s'assit à nouveau sur son bout de rocher, et tenta d'aligner ses pensées pour former des question pertinentes. Les premiers mots qui lui vinrent et qu'iel prononça à voix basse furent:

"- Je comprends que vous recherchiez à ce point votre Liée.  J'espère que vous serez bientôt à nouveau réuni. Si sa route vient à croiser la mienne, je ferai mon possible dans ce sens."

Ne va pas croire que Meccaya s'était entichée de la Valherue. Non, c'était juste qu'iel repensait à la main de la jeune femme sur les écailles du dragon, qu'iel pensait à son propre dragon qui n'était pas encore à ses côtés. Et au final, oui, iel devinait ce que pouvait ressentir Krenszhan, à cette différence-là que, n'ayant pas connu son dragon, Meccaya imaginait sa sensation de manque comme étant moindre. Le lien n'était pas encore tissé. Mais déjà, sans sa moitié d'âme, l'androgyne savait sa vie incomplète.
Iel ajusta un peu mieux la cape sur ses épaules. Ses bottes n'avaient plus de trace de neige. Les Valherus étaient donc des êtres très puissant. Le dragon n'avait pas commis d'hyperbole en lui annonçant que leurs pouvoirs avoisinait celui des dieux. Mon androgyne commençait à retrouver le fil de ses questions:

"- Quel est votre nom, maitre Dragon ? Sauriez-vous me dire où se trouvent les autres Valherus, à l'heure actuelle ? Avez-vous déjà vu les Dieux, en personnes ? Quelles étaient les Guerres du Chaos dont vous parliez ? Si ce n'est pas indiscret, savez-vous ce qui a fait perdre la vue à votre Liée ? Savez-vous où nous sommes ?"

Bon, naturellement, iel posa chaque question une par une, entre chaque réponse du dragon, mais bon, mes posts paraissent assez longs comme ça sans que j'aille à la ligne à chaque fois pour rappeler que mon perso' parle d'une voix un peu timide, comme si sa question était portée sur la sexualité de Krenszhan. Son regard oscillait encore entre le dragon et le monde qui les entourait. Cet étrange monde...
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 12:38 Répondre en citantRevenir en haut


Krenszhan - Empereur Noir - Lié de Malakesh-Rae'vinkshash


Le neishaan avait, en apparence, eu peur de la réaction du dragon lors de sa mauvaise réponse. Le saurien n’était pas sot au point de ne pas lire les gestes élémentaires de la nervosité tels que les mordillements de lèvres, les tremblements et toutes ces choses-là. Etonnement, le neishaan n’avait pas l’air d’avoir été affecté par l’illusion. Enfin, elle n’avait pas été faite pour l’effrayer non plus mais plutôt pour lui montrer une représentation de ce qui se serait passé à l’époque où la valherue était encore en vie. Mais ce n’était pas le cas, apparemment. Krenszhan n’était pas vraiment rancunier. Il n’avait d’ailleurs aucune raison de l’être tant sa supériorité physique naturelle lui permettait d’inspirer la crainte d’un seul regard. Même si iel n’avait pas donné une bonne réponse, il avait réfléchit. Les premiers mots que prononçait Meccaya n’avait guère de sens pour lui. Il la trouverait, c’était sans nul doute possible. Espérer ne servait à rien d’ailleurs. Et comment pouvait-il comprendre, lui qui n’était pas lié ? Cette tentative désespéré de faire preuve de sympathie l’exaspérait.

La seconde question lui ôta son exaspération. Enfin la discussion était recentrée sur lui. Oh qu’il était égocentrique, sans aucun doute. C’était certainement un gros défaut, mais le saurien n’en avait cure. Il écouta avec attention chacune des questions. Il crû d’ailleurs qu’elles n’en finiraient pas.

° Doucement, être étrange. Je vais répondre à chaque question, mais prends le temps de respirer si tu ne veux pas mourir asphyxié. ° lança Krenszhan avec une pointe d’amusement.

° Mon nom est Krenszhan. Dans ta langue, il signifie « Rideau de nuit ». Je te laisse deviner pourquoi. Quant à la position des autres valherus, je n’en sais fichtrement rien. J’erre depuis je ne sais combien de temps et j’en ai pas vu. Je n’ai pas vu les Dieux en personne, mais leur avatar oui. Enfin, je ne les ai pas tous vu. J’ai surtout côtoyé l’avatar de Zakeriel, le messager des Dieux. Quel être pénible ! J’aurai dû le croquer dès que j’en ai eu l’occasion ! °

Le dragon commençait à s’énerver. Rien que penser à cet être abominable qui avait enfanté sa liée le mettait en fureur. Il jeta une gerbe de flammes en direction du ciel. Etrangement, les flammes étaient violettes et non jaunes ou bleues comme on pouvait en voir. Cela n’empêchait pas la chaleur d’être bien présente. Le dragon se coucha, posant sa tête sur ses pattes avant.

° Pour en revenir à tes questions, je vais te décrire un peu plus ce qui a poussé les Guerres du Chaos à se dérouler. Ma liée faisait partie des Premiers Nés, des Einors de pur-sang. Elle n’était pas née du métissage d’un Einor et d’un esclave. C’était pourquoi ses pouvoirs étaient tels qu’ils étaient. Toujours est-il qu’elle avait des esclaves au Màr Tàralöm mais la plupart l’ennuyait. Il ne faisait pas assez attention à elle. Elle en a tué un bon nombre d’ailleurs. Comme les autres, elle a participé à l’asservissement des continents et s’est emparé d’une partie de Vaendark. Le nord enneigé était à elle. Et c’est sur la plus haute de ses cimes que ma valherue a rencontré l’avatar du messager. Malakesh-Rae'vinkshash en n’était pas véritablement éprise. C’était un sentiment différent, une sorte d’envie de défi. Si elle réussissait, elle prouverait que rien n’était au-dessus d’elle. Les Dieux n’avaient plus de raison d’être une fois qu’elle était tombée enceinte. Après avoir déposé sa seule et unique fille dans un temple d’Undomë bâti à la gloire de Zakeriel, elle fit comme ses semblables. La guerre dura des années qui semblaient interminables. Les morts se comptaient par centaine de milliers. Et comme ses frères, ses sœurs, mes frères et mes sœurs, nous avons été bannis du monde par les Dieux. °

Le récit était plutôt fidèle à la réalité. On pouvait ressentir l’envie de vengeance du dragon. S’ils avaient gagnés, le monde serait certainement différent, plongé dans des mœurs qui n’avaient plus cours. Ce n’étaient malheureusement pas le cas et les limbes les avaient engloutis à jamais.

° Je ne sais pas où nous sommes, petit neishaan. Je suppose qu’il s’agit de limbes dans lesquelles nous sommes perdus à jamais. Es-tu donc mort toi aussi ? °


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 5 Aoû 2014 - 15:39; édité 1 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 14:03 Répondre en citantRevenir en haut

Le petit neishaan était quelque peu frustré de ne pouvoir savoir la position des Valherus. Au vu de ce que disait le dragon, ç'aurait tout aussi bien pu être une création d'un esprit trop longtemps asservi à la solitude. Meccaya était certes un grand rêveur et un lecteur passionné, iel demeurait quelqu'un d'assez sceptique dès que l'on cherchait à lui imposer quelque chose comme étant la vérité, la réalité. Dans les romans, au moins, pas de soucis à se faire, l'histoire était certifiée sans réalité aucune. Face à un dragon sombre, qui aimait jouer avec les humains, iel se permettait le doute. Si la créature paraissait croire à ces histoires, cela ne voulait pas pour autant dire qu'elles étaient vraies.
Le dragon enchaina sur les dieux. Meccaya ne put retenir un froncement de sourcils. Les avatars des dieux... Là aussi, iel peinait à y croire, n'en ayant jamais vu lui-même. Les flammes violettes que cracha le dragon le poussèrent néanmoins au moins à feindre l'approbation. Ah oui oui oui, ce Zakeriel, quel pénible ! Vraiment, il méritait des paires de claques ! La chaleur parvint jusqu'au visage de on androgyne, qui ne s'en sentit pas rassuré. Le dragon pouvait le croquer s'il le voulait, mais iel aurait apprécié de n'être pas cramé avant. Un étrange fourmillement parcourut sa jambe brûlée jadis par Nechama, alors que la sensation de chaleur se dissipait. Meccaya s'aperçut alors que ses doigts s'étaient resserrés sur le tissu de sa cape, un peu trop fort, iel s'était griffé l'épaule. Se frottant doucement son bras molesté, iel écouta le récit de cette guerre qui opposa les Valherus aux Dieux. C'était beaucoup trop loin de lui pour qu'iel puisse prendre parti, iel connaissait aussi mal les Dieux que les Valherus. Si cela n'était vrai, le dragon était très bon conteur, et donnait envie d'y croire. Meccaya se surprit à se demander s'il fut des Valherus qui s'allièrent aux Dieux, et inversement. Les guerres apportaient souvent leur lot de trahison.
Enfin le dragon parla du monde dans lequel ils se trouvaient actuellement. des limbes ? Celles où les dieux avaient jeté les Valherus ? Un entre-deux entre la vie et la mort. Pourquoi serait-iel ici ? Krenszhan put voir son camarade de causerie perdre le peu de couleurs qu'iel avait. Son esprit s'anima à la recherche d'une raison qui aurait poussé les dieux à le jeter dans les limbes, aux côtés de ceux qui les avaient défiés.

"- Je... Non, il ne me semble pas. Je n'ai pas offensé les dieux, du moins, par dans mon souvenir. Oh, je n'ai jamais été bigot, mais jamais sacrilège non plus. Donc à moins que les limbes et le monde des morts soient les mêmes..."

Ce qui n'était pas le cas, selon les écrits. L'androgyne pensait à haute voix, bien que celle-ci fut proche du murmure. Iel passa sa vie en revue, puis songea que s'iel était ici, c'était sans nul doute pour une action récente. Alors iel chercha dans sa mémoire à rapprocher le plus possible ses souvenirs du moment présent. Les sourcils froncés par l'effort, le menton entre deux doigt, iel marmonna, juste assez fort pour être entendu, alors que petit à petit montait en lui la peur d'être bel et bien mort:

"- Je... Je me souviens de mon maitre, me donnant cours. Le repas du soir, la lecture... Je... M'aurait-on assassiné durant mon sommeil ? Mais pourquoi ? Je ne suis qu'Aspirant, je n'ai encore commis aucun crime. Je n'étais même pas Lié !" Son regard se leva vers le dragon. Affolé, iel avait besoin que quelqu'un partage au moins l'horreur de ce que l'on commettait en le tuant: "Je ne peux mourir maintenant ! Si je meurs, mon Lié meurt aussi !"

S'il y avait une chose que le Kaerl Céleste ne lui avait pas appris, c'était à craindre la mort d'un dragonneau. Non, cela, iel le faisait très bien tout seul. Sous le coup des émotions, de la colère, iel s'était levé. Pire que la peur de la mort, la haine face à celui qui osait mettre en danger son Lié l'habitait. Si cela ne pouvait se lire sur son visage, cela s'était lu au moins dans sa voix. Iel avait presque hurlé ses derniers mots. Ses poings fermés tremblaient. Il était bien heureux, son assassin, qu'iel ne soit plus là pour lui faire subir le pire des châtiments. Et pour motiver Meccaya à punir ainsi sans modération, il fallait y mettre du sien.
L'androgyne prit une longue inspiration. Il était bien complexe de réfléchir convenablement dans ses conditions. Iel commença à marcher, rageur, donner des coups de pied dans des pierres, de toutes ses forces de neishaan, ce qui devait bien faire rire le dragon. Iel parla à nouveau, d'une voix qui tremblait toujours, mais désormais, c'était la colère retenue qui la modulait, puis la perplexité.

"- A moins que... Vous ne soyez mon Lié, Noble Krenszhan. Cela me semble improbable, vous avez déjà été Lié. Cela voudrait dire que... Que je suis Malakesh. Non, c'est impossible. Impossible." Pourtant, son esprit le concevait très bien. Cela expliquait pourquoi, depuis plusieurs jours, ses rêves le voyaient tuer. Peut-être l'ardent en lui qui se réveillait ? Être une réincarnation de Valherue ardent n'allait clairement pas l'aider dans ses objectifs. "Quand bien même je serais Malakesh, je doute que vous vouliez de moi pour Lié. Nous sommes si différents... Je ne me souviens pas être mort. J'ignore ce qui s'est déroulé dans l'autre monde. Noble Krenszhan, est-ce vous qui m'avez appelé à vous rejoindre ici ? Peut-être que je suis un moyen pour vous de quitter cet endroit."

Comme iel devenait bavard, dès qu'il fallait mettre son imagination à l'épreuve ! Pourtant, aucune des idées qui lui venait ne trouvait de preuve, ou même d'indice qui aurait pu le mettre sur la piste, lui dire qu'iel tenait le bon bout. À nouveau iel leva son regard vers celui du dragon, celui qui avait les réponses. La colère avait calmé peu à peu sa peur. Iel voulait savoir, maintenant.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû 2014 - 19:10 Répondre en citantRevenir en haut


Krenszhan - Empereur Noir - Lié de Malakesh-Rae'vinkshash

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Le ciel était étrangement sombre. Aucun nuage. Plus de soleil ni de lune. Non, plus rien. Le dragon jetait un œil inquiet à ces signes sombres. L’apocalypse ? Non, ce n’était pas ça, c’était différent. Le dragon reporta son regard sur le neishaan. Apparemment, il sombrait dans une lente et douce folie. Etait-ce l’effet de son histoire ? Etait-ce le fait de ce monde ? Les abysses étaient tels qu’ils le rendrait fou lui aussi ? Le saurien le savait pertinemment. Ce monde était trop étrange pour être réelle, tout comme l’être en face de lui. Celui-ci était peut-être déjà trop fou pour revenir à la raison. Il pencha sa gueule en avant et renifla le neishaan. C’était véritablement trop étrange. Il paraissait fou mais n’en avait pas l’odeur. Le saurien se recula d’un pas. Non, ça n’allait pas.

- Enfin, je te retrouve, Krenszhan. Comme tu m’as manqué !

La voix surgissait de nul part, mais il l’avait reconnu. Sa liée ! Elle était là. Les yeux orangés par l’excitation de revoir celle à qui il tenait le plus, le dragon tourna la tête de tous les côtés. Visiblement, l’être étrange ne l’avait pas entendu.

- Krenszhan, je suis là !

La voix continuait. Elle s’étouffait dans un murmure lointain. Le dragon poussa un gémissement. Le taquinait-il ? Non, ce n’était pas son genre. Jamais elle ne lui ferait autant de mal qu’en cet instant présent. Pourtant, rien à l’horizon. Son attention fut prise par le neishaan qui déblatérait n’importe quoi. Comment osait-il se prendre pour sa douce et belle lié, lui, un moins que rien, un esclave de second rang ? Ses yeux virèrent au rouge sang. Sa colère se ressentait tout autour de lui, l’ambiance était devenue pesante. D’un coup de patte sans retenue, le dragon envoya valser le neishaan. Il ne serait que blesser, le coup n’était pas assez puissante pour le tuer. Il s’approchait en fulminant, d’une voix caverneuse.

° Toi, misérable vermisseau. Comment oses-tu prononcer son nom ? Tu n’es rien, pas même à la cheville de nos esclaves. Toi, être infâmes, maudite créature. Tu oses blasphémer ! Tu te prends pour un valheru, pour ma douce liée. Tu as commis un crime qui mérite le pire des châtiments. °

La terre tremblait à chaque pas du dragon. La poussière se soulevait, l’herbe dansait. Un doux vent s’était levé. Lentement, autour d’eux, le monde changeait. L’herbe périssait, le ciel se teintait d’un rouge orangé inquiétant. Des bruits sourds s’entendaient.

° Tu voulais tant voir de quoi sont capables les liés de tes ancêtres. Apprécies le tableau, car je ne te laisserai pas t’en sortir vivant °

La terre se fissura sous les pieds du neisshan, dévoilant une coulée de lave brûlante. Le dragon se précipita vers l’être étrange et le saisit dans ses griffes avant de s’envoler. Sans aucune douceur, il le leva pour le placer devant sa gueule.

° Apprécies la vue, car tu vies tes derniers instants en ce moment-même ! °

- Krenszhan, ne fait pas ça !

L’illusion cessa aussitôt comme un miroir se briserait en mille morceaux. Le dragon lâcha le neishaan et se précipita vers la valherue qui était au centre du pré. Ses yeux étaient redevenus orangés. Elle était là.

° Enfin, Je te retrouve ma douce ! Comme tu m’as manqué °

Le dragon s’arrêta soudainement, horrifié.

° Ne m’entends tu donc pas ? Je ne trouve plus d’écho en toi ! °

Ses yeux gris trahissaient sa profonde tristesse. La personne en face de lui n’était pas Malakesh-Rae'vinkshash. Ce ne pouvait pas être elle, pas une coquille sans âme ! Il s’approcha d’elle. Personne ne pouvait plus l’entendre. Il hurlait mais aucun son ne sortait. L’aura violette qui sortait de son corps l’entourait et se collait à lui comme une sorte de glue étrange. La valherue tendait sa main en souriant vers le saurien. Son corps devenait de plus en plus fantomatique, disparaissant peu à peu dans le noir. Le dragon ne pouvait rien faire, jusqu’à ce qu’il commence à se dissoudre dans une extrême douleur. Il retournait au néant.
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 6 Aoû 2014 - 11:44 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya ne remarqua point le changement dans le ciel, occupé qu'iel était à réfléchir sur son monde. Iel marmonnait encore ses hypothèses lorsque le souffle chaud du dragon colla ses habits à son dos, souleva quelques mèches de ses blancs cheveux. Iel se retourna alors, un brin inquiet de n'avoir rien vu venir. À quoi jouait le dragon, à le renifler ainsi ? Qu'il ne vienne pas lui dire qu'iel n'était pas propre: iel se lavait régulièrement, tout de même ! Enfin, pour un Tol Orëannéen, iel avait une hygiène plutôt correcte. Le dragon recula, mais le neishaan n'eut pas le temps de poser plus de question: une voix se fit entendre, qui changea la couleur des yeux de Krenszhan, et les interrompit tous deux dans leur manège.
S'iel n'avait pu reconnaitre la voix, les paroles et la réaction du dragon auraient aidé Meccaya à deviner qui en était propriétaire. Malakesh.-Rae'vinkshash. Ah ! Mon neishaan allait-iel pouvoir assister aux retrouvailles de deux êtres Liés ? Iel eut un sourire, ravi pour le dragon qui semblait tant souffrir l'absence de sa belle. Des yeux, iel la chercha également. Mais pas de trace de la Valherue dans cet espace à ciel ouvert. Et comme la jeune femme persistait à rester cachée, l'androgyne commença à nouveau à parler, corrigeant ses hypothèses, en formulant d'autres, et...

Sans qu'iel puisse comprendre ce qui lui arrivait, un violent choc blessa son bras, son flanc, alors qu'iel était projeté quelques mètres plus loin, comme une vulgaire poupée de chiffon. Sans douceur, iel atterrit sur l'herbe pourtant molle. La douleur connut alors un second élan dans son pauvre petit corps. Tout sonné par sa rencontre avec le sol, iel resta un moment sans bouger, à ne pouvoir songer qu'à la douleur. Si Krenshzan n'avait pas parlé, nul doute qu'iel serait resté plus longtemps dans cet état. Mais les paroles du dragon le poussèrent au moins à s'intéresser à ce qui l'entourait. C'est ainsi qu'iel perçut enfin le changement, dans l'air, qui était devenu lourd, lourd de colère et de menaces, lourd de la haine du dragon. Comment avait-iel pu ne rien sentir ?
Péniblement, iel s'appuya sur ses coudes pour se redresser. Bon sang, que osn épaule lui faisait mal ! Iel avait dû tomber dessus, en plus du coup donné par la bête... Et comme iel observait son propre corps, tout en écoutant le dragon, Meccaya vit l'herbe jaunir, devenir dure et sèche. Comprenant très vite qu'iel allait encore être à la fête, comme un vulgaire jouet, l'androgyne fit brusquement fi de sa douleur pour se relever hâtivement. Grand bien lui en fit, car l'instant suivi, la terre qui avait accueilli ses coudes se déchirait, avec un craquement sourd et laissait entrevoir, irradiante et brûlante, une coulée de lave. Meccaya sentit le peu de poils qu'iel avait se hérisser. Lave. Chaleur. Brûlure. Non. Iel ne voulait pas. Iel voulut s'enfuir, mais il était trop tard.

Un bref instant, iel vola. Saisit sans douceur par les griffes du dragon, blessé par ces dernières et par l'air qui coulait, trop vite, autour de lui, iel laissa échapper un couinement de douleur. Mais ce supplice-là ne dura pas longtemps. Meccaya eut le temps d'entrevoir, sous lui, la plaine, et la lave. Cela semblait bien petit. Et comme le dragon le forçait à regarder dans sa direction, la gueule de ce dernier lui parut énorme. Le pire des châtiments... Pour lui ? Sans vouloir se complaire dans une fausse modestie, l'androgyne estimait qu'il y avait, sur ces terres, bien pire que lui, qui méritait un châtiment digne de ce nom. Mais lui, le pauvre petit neishaan...! Iel adressa au dragon un regard dans lequel se lisait la peine et l'incompréhension, juste avant que résonne à nouveau la voix de la femme.
Alors ce fut la chute. Lâché dans le vide, Meccaya sentit son faible corps traverser les airs, de plus en plus vite. C'est que les 9m/s d'accélération de la pesanteur, on les sent vite. Et la crainte du choc à venir, elle vint vite aussi. La voix du dragon qui cherchait sa belle lui parvint comme très distante, durant sa chute. Iel perçut aussi comme une grande vague de douleur, mais qui ne venait pas de lui, juste avant le choc...

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Avec un cri, Meccaya reprit conscience du matelas sous lui.
Iel ouvrit les yeux sur le plafond, brusquement très soulagé de le voir. Un rêve, tout n'avait été qu'un rêve. Iel ne craignait plus rien. Pourtant, une grande douleur habitait son corps: son dos, son bras... Ses draps était humides de sa transpiration, ses cheveux collaient à son front. Il était encore nuit, mais l'extérieur éclairait suffisamment la pièce pour qu'en suivant les ombres, iel puisse s'y repérer. Tâtonnant un peu, iel se dirigea vers la bassine d'eau, pour se laver un peu le visage. Un rêve, oui. Un rêve bien réaliste, tout de même. Et surtout: un rêve qui s'était incroyablement bien ancré dans sa mémoire. Iel se souvenait de ce qu'avait dit le dragon, sur les Valherus, sur cette Malakesh. Malakesh, Malakesh... Où avait-iel pu entendre ce nom, pour le rêver ainsi ? Il ne lui semblait pas l'avoir lu, non...
Troublé, un fantôme de peur au ventre et un reste de douleur dans ses muscles, mon neishaan prit néanmoins le temps de noter son rêve dans un petit carnet, avant de s'allonger à nouveau. Iel se sentait aussi épuisé que s'iel avait vraiment couru. Ce n'était pas avec des rêves comme celui-là qu'iel allait être en forme pour affronter les journées bien rempliesdues à son aspiranat...
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