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 [RP] Voyage avec les ménestrels Sujet suivant
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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 20:47 Répondre en citantRevenir en haut



Gaïaku 918
La nuit de l'incendie du Temple de Zakeriel


Il pleuvait des trombes. Ruri ne s’était pas arrêté de courir avant de ne plus voir qu’une fumée épaisse s’échapper du village. La terre s’était transformée en boue et elle avait failli chuter à plusieurs reprises en glissant. Ses mains, ses jambes et son visage étaient sales. Sa robe blanche était maculée de boue. A bout de souffle, elle s’arrêta à proximité d’un arbre. Les mains posées sur ses genoux, à demi-penchée en avant, elle respirait bruyamment. Son cœur battait à cent à l’heure et ses pensées n’arrivaient pas à s’afficher clairement. Une boule commençait à se former dans son ventre. Elle posa une main contre le tronc humide du chêne à côté d’elle et expirait avec difficulté. La boule remonta soudainement et elle rendit tripes et boyaux sur le champ. Elle cracha violemment par terre et essuya sa bouche d’un revers de la main.

Le choc était terrible. Elle avait tué … tué de sa propre volonté. Ses yeux étaient humides. Elle renifla, essayant de ne pas pleurer. Comment avait-elle osé faire ces horreurs ? Jamais elle ne l’avait imaginé, non jamais. Ses larmes coulaient le long de ses joues. Elle frottait ses yeux à de nombreuses reprises avant de se laisser aller. Elle martelait le sol de son poing en hurlant :

« Mais Pourquoi ? Tu te barres de chez toi pour faire n’importe quoi ! Gourdasse ! »

Elle continuait de frapper le sol de son poing. Elle ressentait à la fois de la colère contre elle-même mais aussi une grande tristesse. Pourquoi avait-il fallut en arriver jusque là ? Elle compromettait déjà son avenir. Brûler un temple ? Quelle idée saugrenue. Brûler vivant deux hommes juste parce qu’ils lui avaient fait du mal ? Foutaise. Sa vengeance l’avait dépassé. Elle n’avait plus le moyen de revenir en arrière, plus le moyen de retourner voir Lyssa. Pire, si elle le faisait, elle mériterait des châtiments certainement plus horribles les uns que les autres. Non, elle devait avancer mais elle était déjà lasse. Fallait-il abandonner ?

Les mots d’Asshai résonnèrent dans sa tête. Il fallait avancer, coûte que coûte. Elle lui devait. Et puis, cette quête, c’était pour elle. Pourquoi devait-elle ressentir du remords ? Ne l’avaient-ils pas cherché ? Non, on ne pouvait pas tuer impunément. C’était interdit. Là, elle avait agit délibérément sous une sorte d’euphorie passagère dont elle payait les conséquences. Elle se releva et fixa l’arbre comme s’il s’agissait d’elle-même.

« Non mais tu t’attendais à quoi, hein ? Tu brûles tout ce qui bouge et ça règle tes problèmes ? Mais oui, c’est ça, allez ! Balances tes excuses ! T’es même pas capable d’assumer ce que tu es ! Une tricheuse, une menteuse, une tueuse !! »

Ses larmes continuaient de couler le long de ses joues alors qu’elle laissait exploser sa colère. Puis un bruit attira son attention. Le croassement lugubre d’un corbenoir, un oiseau noir annonciateur de malheur. Son bec jaune recourbé lui est pratique pour déchirer les chairs des cadavres d’animaux. Un charognard … elle ne valait pas mieux. Il disparut dans un bruissement d’ailes effrayant qui la fit sursauter.

Après avoir constaté son état plus que passable, elle se mit en marche en s’écartant de la route. La forêt se densifiait au fur et à mesure. Complètement perdue, elle ne savait pas où elle se dirigeait. Les ronces lui griffaient les jambes et les bras. Elle s’arrêta de nouveau, essuyant ses larmes et reniflant bruyamment avant de poser un genou à terre. Elle posa son sac à terre et vérifia le contenu. Tout était là apparemment. Elle vérifia à plusieurs reprises le contenu de ses poisons et reprit sa marche, le sac sur l’épaule. Péniblement mais sûrement, elle avançait. Elle leva les yeux au ciel mais rien n’indiquait la direction : ni le vent, ni la pluie, ni l’orage. Elle était trempée jusqu’au os et commençait à avoir froid. Il fallait faire un feu ! Mais avec cette véritable trombe d’eau, c’était mission impossible. Elle croisa ses bras et continua d’avancer, mettant un pied devant l’autre.

Le crépitement lointain de flammes la fit réagir. D’abord, elle s’arrêta, se concentrant sur le bruit. Puis, à pas feutrés, elle avança encore. Elle se cacha derrière un arbre, glissant sa tête d’un côté pour en voir un peu plus. Elle voyait la lumière. C’était là, à quelques centaines de mètres. Etait-ce une clairière ? Qui était là ? Elle progressa un peu plus vers l’avant, tentant de masquer son passage par le silence. Raté. Une branche avait craqué sous son poids. Rapidement, elle s’accroupit, se cachant derrière une plante aux grosses feuilles vertes. Son cœur battait la chamade et, pourtant, elle arrêtait de respirer. C’était instinctif, un geste de survie. Elle se releva après avoir attendu près d’une minute. Personne. Elle s’était faite peur toute seule.

° Et si jamais c’était des brigands ? Que devrais-je faire ? Ah, si, ma dague. Je vais la cacher dans mon dos. °

Ruri dégaina son arme en limitant le bruit et mit ses mains jointes dans le dos. En cas d’attaque, elle se défendrait aussi sauvagement que cela lui était permis. Son ventre la rappela à l’ordre. Il lui faudrait aussi manger bientôt. Et l’odeur alléchante de la viande qui rôtissait n’était pas pour l’aider à se concentrer. Des voix s’élevaient. Elle parcourut les derniers mètres qui la séparaient du chariot. Ils ou elles étaient derrière. Elle s’allongea et glissa un œil rapide. Trois personnes. Que disaient-ils ? Elle n’arrivait pas à les entendre distinctement. Puis une voix de femme s’éleva. Non, ce n’était pas des brigands. Les malfrats ne parlent pas de gagner de l’argent en jouant de la musique. Soulagée, elle se décala de quelques pas pour apparaître dans la lumière après avoir rangé son arme.

« Je m’excuse de vous déranger … je … je … je m’appelle …. Malakesh et je suis perdue » lança Ruri en guise d’introduction.

° On dirait que mon ancêtre pourra peut-être me sauver la mise cette fois, en espérant qu’il gobe mon histoire °

« Je suis désolée, je … je vous ai entendu discuter et l’odeur m’a attiré. Pourriez-vous m’accorder l’hospitalité pour quelques instants s’il-vous-plaît ? » se risqua à demander la neishaane.

Il fallait bien commencer quelque part. Et ce serait ainsi que son voyage se poursuivrait.

Ordre de jeu : Melissa - Ysalda - Morwan (Maerylis'h s'incluera dans le RP en prenant une position dans le tour. Cette position restera la même tout au long du RP.
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MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 20:47 Revenir en haut

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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Jeu 3 Juil 2014 - 19:19 Répondre en citantRevenir en haut



Drylith Maerylis'h


Une odeur de sang, de bois, de cendre et de larmes flottait au-dessus de ce petit village. La pluie n’avait pas complètement effacé cette odeur et elle ne parvenait pas à dissimuler les cris qui retentissaient un peu partout. Le sol complètement boueux, presque l’identique d’une fosse à purin. Maerylis'h regardait avec dégout ces paysans, commerçants, humains, Ondins. Tous paniqués devant le précieux temple maintenant en ruines d’où l’on sortait deux cadavres. La grande elfe se lissa les oreilles, tic qu’elle avait quand quelque chose l’exaspérait, et se détourna de la scène. L’auberge semblait beaucoup plus accueillante et presque vide. Idéal pour elle qui cherchait un peu de paix.

Quand elle pénétra dans la pièce, elle vit que son intuition était juste, il n’y avait qu’une bande de vieux grincheux et le tenancier. L’elfe s’assit au bar, commanda une grande assiette et une bière. L’homme semblait s’ennuyer un peu, si bien qu’il engagea la conversation avec Maerylis'h :
-Vous n’êtes pas du coin ? J’ai une bonne mémoire et je ne me rappelle pas votre tête. Voyage d’affaire ?

La jeune fille finit une bouchée, prenant tout son temps pour répondre. L’homme était poli, aucunes raisons de ne pas l’être, au moins lui ne pleurait pas devant un tas de ruines.

-Vous voyez juste mon brave. Je viens de l’archipel d’Ys. Je suis à la recherche d’un emploi et disons que dans ma branche, Ys n’est pas vraiment un eldorado.

Le tavernier tiqua, souvent les gens s’imaginaient que Maerylis'h était une tueuse ou une fanatique d’une quelconque secte.

-Dans quelle branche opérez-vous ? Elle doit être bien particulière pour que la plaque tournante du commerce ne soit pas propice à votre métier.

-Détrompez-vous, c’est un endroit parfait pour ce métier, mais tellement parfait que la concurrence est rude et les concurrents peu scrupuleux. Je me suis dit qu’ici je pourrais rouler ma bosse sans me faire rouler. On m’a toujours dit que la région manquait cruellement de mercenaires aguerries.

-Vous vendez votre épée pour vivre ? Enfin votre arc en l’occurrence. Belle pièce à ce sujet.

-Je vous remercie,, ma principale activité est la recherche de personnes. C’est une activité que j’aime beaucoup car on voit du pays et qu’il y a toujours quelque chose d’inattendu. D’ailleurs, vous n’auriez pas eu vent d’un quelconque travail susceptible de m’intéresser ?

Le tavernier réfléchit quelques instants, puis il dit lentement :

-Hum, je ne suis pas sûr. Vous devriez parler au chef du village, vous avez probablement vu que notre temple a brûlé. Apparemment, l’auteur de ce crime serait « une personne pas très grande ». Si vous faite vraiment dans la recherche de personnes, vous ne pouviez pas mieux tomber. Les dieux souhaitent que le coupable soit châtié et il vous envoie à nous.

L’elfe ne croyait pas que les dieux soient responsables de cela, et le fait que le tavernier en parle l’énervait prodigieusement. Instinctivement, elle se lissa l’oreille droite essayant de ne pas montrer que le tavernier l’ennuyait en parlant de ça. Au final, la mercenaire prit congé, paya son repas et sortit pour se mettre en recherche du chef du village. Il se tenait au milieu d’un cercle de torches et hurlait à qui voulait l’entendre que « non, personne n’irait dormir tant que le temple ne serait pas totalement éteins et les débris déblayés. La jeune fille eu un petit sourire pour elle-même et s’avança jusque dans la lumière. Bousculant au passage deux ou trois hommes.

-Le tavernier m’a dit que le celui qui avait fait ça s’était enfuis. Comptez-vous envoyer quelqu’un à sa recherche ?

Le chef sembla ulcéré par l’interruption de son discourt. Il toisa Maerylis'h d’un œil méprisant, s’attardant sur ses oreilles, particulièrement longue même pour un elfe. Il s’arrêta aussi sur l’arc qu’elle portait en bandoulière puis finalement il dit :

-Je comptais envoyer quelques hommes « expérimentés » pour traquer l’auteur de cet odieux forfait. Je vous remercie cependant de vous être manifestée jeune fille. Retournez donc dans la taverne profiter de la chaleur du feu, vous risquez de prendre froid.

Le chef était franchement désagréable, Mae se lissa les deux oreilles avant de rétorquer :

-C’est une brillante idée d’envoyer une horde de barbare débiles à la recherche d’une seule personne. Je suis prête à parier qu’ils se feraient remarquer en quelques jours et que jamais vous ne remettrez la main sur le coupable. Vous n’avez pas l’air convaincu que je sois une mercenaire moi-même, dans cette situation vous êtes bien forcé d’admettre que j’ai de plus grandes chances de passer inaperçu et de glaner plus facilement des informations sur la cible pour, au final, la retrouver et vous la ramener.


-Vous ne m’avez même pas dit votre nom. Mais admettons que je sois convaincue par ce que vous venez de me dire. Combien voulez-vous en échange ?

-Je veux une réputation, je veux que vous disiez que Maerylis'h Drylith est une exceptionnelle mercenaire et que son travail est efficace. Je ne demande que ça et de quoi payer mes frais de voyage.

Un des hommes du village murmura quelque chose dans l’oreille du chef, celui-ci approuva et reprit la parole :

-D’accord, on va vous faire confiance. Je vous laisse deux semaines pour la rattraper après quoi notre marché ne tiendra plus et je reviendrais à mon idée première. Mais, si vous ne l’attrapez pas je veux que nous soyons remboursés de l’argent que vous nous avez demandé.

Maudit humain sexiste ! Si j’étais un homme tu ne m’imposerais pas de telles conditions pensa Maery

-Quand partirez-vous ?

-Demain, quand le soleil sera à son zénith. Demain matin je récolterais quelques infos auprès de vos concitoyens et rassemblerais du matériel.

Le lendemain, quand le soleil fut à son zénith, Maery partit comme promis à la traque de cette « petite personne ayant tué deux personnes et détruit un temple ». Cela ne servait à rien de se presser. Aussi l’elfe partit en chantonnant une vielle chanson de son peuple et sans faire forcer l’allure de son cheval.
Asshai Anara
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MessagePosté le: Jeu 3 Juil 2014 - 21:17 Répondre en citantRevenir en haut


Melissa, dite "La Flamboyante"


*Deux-cent, Trois-cent, Quatre-cent...*


Une dizaine de doigts, fins et agiles comme les pattes d'une araignée, courraient sur un boulier portatif taillé dans un bois grossier. Les chiffres défilés dans la tête de Melissa comme une litanie sans fin, calculant plus vite qu'elle n'imaginait, comme un vieux réflexe dont on ne savait plus se défaire.
Autour d'elle la pluie tombait avec un rythme régulier auxquels les chiffres faisaient écho. Et pourtant elle ne semblait pas y prendre garde. La ride qui creusait le milieux de son front montrait à quel point elle était concentrée sur cette tâche à laquelle elle s'adonnait chaque soir lors des veillées.

*Six-cent, Sept-cent !*


Un claquement de langue suivie d'un long soupire, et toutes les boules furent de nouveau alignée sur la même rangée. Repoussant l'instrument la fëalocë fit craquer ses doigts avant de se redresser sur son tabouret. La saison n'avait pas été des plus glorieuses. Le temps n'avaient pas toujours été au rendez vous sur les foires qu'ils avaient faites. Forcément, les gens sortaient moins, et un spectacle sous la pluie était de suite moins attrayant. La sortie de l'hiver n'était jamais chose facile pour les troupes de ménestrels, d'autant plus lorsqu'elles étaient aussi petites que celle ci. Certes ils arrivaient toujours à faire bouillir la marmite tout les soirs, mais de jour en jour Melissa se sentait obligée de recalculer le montant de leur dépenses comparé au fruit de leur travail, et malheureusement l'écart de l'un et de l'autre se réduisait de jour en jour.

Tentant de couvrir le bruit de l'orage de sa voix, elle se lança dans une nouvelle de ses complaintes quotidiennes à l'adresses de ses deux compagnons.

« Écoutez moi bien tout les deux. Il va vraiment falloir commencer à se remuer une fois arrivé à la prochaine ville. Si on a encore à manger ce soir, rien ne me dit que ce sera toujours le cas dans un mois. Si vous voulez vivre comme une bande de vieux chiens errant c'est votre problème, moi j'essaye de faire de mon mieux pour vous deux, il serait bon que la pareille soit de mise.
Morwan, il faut que tu continues comme ça. Ne relâche pas tes efforts. Ta mandoline fait des miracles. »


Sur le visage si dure et soucieux de Melissa se dessina ce qui s'apparentait à un sourire, venant quelque peu adoucir ses traits. Dans sa bouche les compliments se faisaient rares, et s'en trouver gratifier était signe qu'une grande attention vous était porté.

Se retournant vers Ysalda le ton se fit plus cassant.

« Mais ma belle couvres toi donc un peu ! Où as tu la tête ? C'est l'orage qui te fais perdre ton bon sens ? Si jamais tu attrapes mal à la gorge comment feras tu pour chanter ? Il n'y a rien de plus beau que de vivre pour son art, de chanter pour le monde, mais pardi il faut bien aussi réussir à en vivre. On ne peut pas se permettre de perdre une semaine le temps que tu te rétablisses. Je ne serais pas toujours derrière toi tu sais, il va falloir que tu apprennes à te prendre un peu en main ma petite ! »


Ce genre de réprimandes était le pain quotidien des deux compères de Melissa, mais pour elle, épiloguer sur les talents de chacun ne ferait que les amollir ! La critique était parfois acerbe, mais si cela pouvait leur permettre de s'améliorer, alors elle était nécessaire. Après tout c'était grâce à elle qu'ils avaient un toit au dessus de leur tête, et quelque chose dans le ventre. Il fallait bien quelqu'un pour s'occuper de la tâche désagréable, et si ce devait être elle alors elle endossait ce sacerdoce avec ardeur, énergie et conviction.

Elle aurait put continuer sa tirade pendant plusieurs minutes si une jeune Neishaane à la chevelure immaculée ne l'avait interrompue. Plus surprise qu'apeurée, Melissa se retourna pour contempler à loisir la personne qui s'était ainsi adressé à elle – à eux, en ces termes. Les sourcils froncés, la mâchoire bloquée, elle resta un moment sans dire mot, laissant ses yeux déshabiller la jeune fille de pieds en cape.

Une si jeune fille perdue ainsi dans les bois, trempée jusqu'aux os, crottée jusqu'aux épaules, et aussi maigrichonne ne pouvait qu'inspirer la pitié. Et c'était peut être justement cela le but de cette inconnue... Mais Melissa n'était pas le genre de femme à baisser sa garde si aisément. Elle avait connue la vie itinérante, et les ruses dont pouvait user certains pour faire main basse sur les quelques économies qu'une troupe pouvait avoir mis de coté.

D'un mouvement souples elle s'écarta pour vérifier que personne ne se cachait derrière la Neishaane ou sous leur caravane. Toujours sans dire mot elle se releva pour jeter un œil aux buissons alentours. Ses yeux plissés pour éviter les gouttes d'eau que la pluie battante lui envoyait sur le visage lui donnaient l'air de quelque chien de garde prêt à bondir. En quelques grands pas elle fit le tour du campement, s'arrêtant par instant pour écarter quelques branches ça et là, ou pour vérifier que la Neishaane ne bougeait pas. Puis, lorsqu'elle eut enfin finit de s'assurer qu'ils étaient bien seuls, elle vint se planter là devant elle, les bras croisés sous sa poitrine.

« Tu es venus seule Malakesh ? Comment t'es tu perdu ? Et d'où peut bien venir une si jeune fille... Seule ? Tu n'as pas de famille ? »


Elle en avait vu d'autres des jouvencelles perdues dans les bois, et celle ci n'étaient sûrement pas bien différentes. Elle n'avait pas l'attention de lui épargner un interrogatoire aussi long que pénible si cela pouvait lui permettre de mettre en lumière les buts réels ce cette prétendue égarée.
Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Dim 6 Juil 2014 - 00:04 Répondre en citantRevenir en haut


Ysalda dite « La Belle »


La fealocë comptait, concentrée. Et Ysalda s’ennuyait. Elle n’appréciait pas ces moments, long, et ennuyant. Nécessaires, ils étaient ces temps ci plutôt déprimants. Quand Melissa comptait tellement que son visage s’éclairait, alors ceux-ci apportaient une envie grisante, d’amélioration. Là, la semi-elfe restait lasse et gagnait en pensée l’idée qu’elle serait, actuellement, mieux à s’amuser quelque part. Parfois, Ysalda aurait aimé être comme l’air. Pouvoir partir où elle le souhaitait, quand elle le voulait, et revenir pour chanter. Uniquement chanter !

Car, bien sûr, elle adorait son travail. Le chant était sa passion, sa raison de vivre… Mais cela n’empêchait pas Ysalda d’être plus qu’une voix. Et ça, Melissa ne le comprenait pas. Le regard de la semi-elfe se posa sur sa camarade. Melissa était le genre de femme qu’on respectait pour son travail : après tout, qui leur trouverait leurs affaires si peu chères ? Et c’était elle qui organisait tout. Et tant qu’elle le faisait, la semi-elfe en était ravie : c’était là un travail qu’elle n’aurait pas eu envie de faire pour rien au monde ! Mais c’était là les seuls bons cotés de Melissa… Car si elle agissait, c’était uniquement par amour de l’argent. Et bien évidemment, elle les gronderait ! Encore, et toujours. Ysalda respectait sa cheftaine… mais ne s’entendait pas vraiment avec elle : elle la bridait trop. Après, parfois, celle-ci attirait l’admiration de la semi-elfe… et même l’appréciation. Mais rarement lorsqu’elle la réprimandait : et cette nuit était dans ce cas.

L’orage s’abattait sur la caravane, faisant chanter les bois, quand Melissa eut fini ses comptes. Ysalda était sûre que dès lors, la femme leur donnerait de nouvelles instructions. Elle aurait presque pu parier qu’elle lui trouverait un défaut. Elle adorait ça, après tout. Surtout quand Morwan était dans les environs. Bon, d’accord, la plupart des fois, elle était juste. Mais il n’empêchait que ce n’était pas agréable à entendre.

Et ainsi débuta le sermon de Melissa. Oui, il fallait qu’ils gagnent plus : même Ysalda s’en rendait compte ! Et elle ne fut point désagréable, du moins, elle l’avait déjà été d’avantage. Sans doute était ce parce qu’elle savait que, malgré tous leurs efforts, si le temps continuait sur sa lancée, ils ne pourraient pas vraiment avoir de vrai public. Mais, si la fealocë émit un compliment –et même… un sourire ?- à l’encontre de Morwan, ce fut différent quand elle se tourna vers la semi-elfe.

Mais ma belle, couvres toi donc un peu ! Où as tu la tête ? C'est l'orage qui te fais perdre ton bon sens ? Si jamais tu attrapes mal à la gorge comment feras tu pour chanter ? Il n'y a rien de plus beau que de vivre pour son art, de chanter pour le monde, mais pardi il faut bien aussi réussir à en vivre. On ne peut pas se permettre de perdre une semaine le temps que tu te rétablisses. Je ne serais pas toujours derrière toi tu sais, il va falloir que tu apprennes à te prendre un peu en main ma petite !

Ysalda ne répondit pas, se couvrant légèrement d’avantage en tirant son haut vers sa gorge. Le débat était courant : Melissa n’approuvait pas spécialement les tenues de la semi-elfe. Car, Ysalda se savait dotée de formes généreuses et elle en profitait. Harmonieuses, sans jamais être vulgaires, ses tenues la mettaient en valeur. Et celle qu’elle portait, ce soir là, avait un beau décolleté. Sa gorge était donc en effet déployée.

Et si Ysalda ne répondit rien, outre le fait que c’était par respect pour Melissa, c’était parce qu’elle lui reconnaissait le fait que le temps était mauvais. Mais Ysalda n’avait quasiment jamais froid : son sang elfe la protégeait de la plupart des maladies ! Mais ça bien sur, la fealocë n’y croyait que peu. Ce n’était pas rare qu’elle s’inquiétait de la gorge de Ysalda. Et normalement, cela durait plus longtemps.

Une jeune fille l’avait interrompue. Une neishanne qui tremblotait de froid. Sa voix semblait frêle : mais Melissa ne se laissait pas abattre. La cheftaine de leur troupe de ménestrel veilla à ce que ce ne soit point une tentative de vol. S’il y avait quelqu’un, il aurait affaire à elle. Mais, d’après ses recherches, il n’y avait personne. Ysalda fit un sourire à la neishaane, comme pour la rassurer. Mais elle n’avait pas à intervenir : elle ne voulait pas s’attirer la disgrâce de la fealocë.

Elle observa de haut en bas la demoiselle. Elle semblait bien perdue, et bien jeune. Lorsque Melissa eut fini ses observations, elle vint se poser devant la demoiselle. Ysalda savait bien que bien des jeunes filles tentaient de se faire passer pour des demoiselles en détresses. Elles rentraient au service d’autres gens et les volaient sans demander leur reste…. Quand ce n’était point pire. Ainsi, tout comme elle l’avait fait pour elle-même –bien que la situation était un peu différente : c’est Melissa qui demanda à la semi-elfe de travailler pour eux- Melissa allait préparer un petit interrogatoire.

« Tu es venus seule Malakesh ? Comment t'es tu perdu ? Et d'où peut bien venir une si jeune fille... Seule ? Tu n'as pas de famille ? »

La tête sur le coté, Ysalda tenta d’observer Morwan pour converser avec lui mentalement –car en tant que duo musicien-chanteuse, il avait appris à comprendre ses mimiques, du moins parfois- et lui demanda ainsi ce qu’il en pensait. Ses yeux levés au ciel signalant que Ysalda se demandait d’où elle provenait. Et puis Malaketh, quel prénom étrange… Mais la réponse viendrait… si elle ne répondrait pas à Mélissa à ce sujet et que la fealocë l’acceptait, Ysalda se ferait une joie de le lui demander en privé. Tout découvrir… car la curiosité était un bien joli défaut !
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Mar 15 Juil 2014 - 22:09 Répondre en citantRevenir en haut


Morwan dit « Le Soliste »


Le son des boules qui se percutent et se répercutent rythmait les quelques notes qu’imaginait le Soliste dans son esprit. Dans le silence le plus complet, quasi-religieux, il attendait que le chef désigné de la troupe ait enfin finis de faire les comptes. Et pour passer le temps, il se prenait à imaginer de petite mélodies sans prétention, mélange de comptines de son enfance et de ses propres compositions plus élaborées. Cela ne rimait à rien. Mais au moins, ça lui permettait de ne pas s’ennuyer aussi fort qu’Ysalda. La jeune fille suintait l’ennui par tous ses pores. Morwan en aurait souris, amusé, si la pluie ne l’avait pas obligé à garder la tête désagréablement rentrée dans ses épaules, ni de s’emmitoufler étroitement dans sa veste matelassée. Il craignait l’humidité comme la peste. Cela l’enrhumait et lui donnait mal aux articulations. Un peu frileux, le jeune homme détestait ce genre d’attente à la merci des éléments, tandis que Melissa comptait et recomptait. La diatribe qui suivit, il la connaissait déjà par cœur. Toujours impassible, il hocha respectueusement la tête à l’intention de la Fëalocë qui se dévouait corps et âme au trio de ménestrels. Un compliment, même véridique et quotidien, faisait toujours du bien. En revanche, lorsqu’il fut question de la jolie semi-Elfe, Morwan ne put réprimer un demi-sourire amusé et attendris. Ce genre de reproches était aussi quotidien. L’Humain n’ignorait pas les avantages incroyables prodigués par le sang d’elfe. Aussi riait-il souvent de la rudesse suspicieuse, qui frôlait l’excès de prudence, de Melissa, lorsqu’il s’agissait de rabrouer Ysalda. Cette dernière se découvrait certes beaucoup mais elle ne craignait pas autant le froid que ses deux compagnons. Les houleux échanges entre la Belle chanteuse et la Flamboyante cheftaine rythmaient les heures à l’égal d’un tambourin.

La pluie forcissait. Et Morwan s’apprêtait à quitter son perchoir, sur le haut du marchepied de la roulotte pour retrouver la chaleur et sa mandoline, lorsqu’une voix inconnue se fit entendre non loin. Trois paires d’yeux se braquèrent derechef sur l’étrangère. Petite et frêle, d’une blondeur argentée que trahissait son sang de Neishaane, semblable à un chaton à demi-noyé, et sale comme une paire de bottes laissée à l’abandon. Ce petit bout de femme paraissait sans défense et mal en point. Pauvre chose.

Le musicien et la chanteuse échangèrent un regard dans le dos de Melissa, qui venait de débuter un sévère interrogatoire. Car on n’était jamais à l’abri de ruses destinées à les dépouiller du peu qu’ils possédaient. Il y avait des brigands, des escrocs et des mendiants partout, ces temps-ci. Morwan exprima un brin de pitié pour cette malheureuse créature égarée, au travers de ce regard pour Ysalda. Une once de pitié bien vite avalée par le dédain qui lui était coutumier. On ne pouvait pas sauver tous les chiens errants du continent. Sinon, on pouvait en perdre sa chemise, à vouloir sans cesse donner aux pauvres et vouloir aider les gens. L’égoïsme de Morwan se teintait de pragmatisme en toutes circonstances. Lui avait réussis à se démêler dans la vie pour ne pas avoir à se salir les mains – au sens propre comme au sens figuré -. Ceux qui n’en étaient pas capables… Qu’ils se débrouillent ! De plus, une passagère de plus – si tant que Melissa puisse faire confiance à la jeune Malakesh ainsi nommée – équivalait à une bouche de plus à nourrir et des problèmes de rendement encore plus flagrants. Les ménestrels n’avaient vraiment pas besoin de ça en ce moment.

- Ne pourrait-on pas abréger cet entretien et rentrer au sec ? soupira-t-il à mi-voix, déjà désintéressé de cette « affaire Malakesh ».



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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 23 Juil 2014 - 09:01 Répondre en citantRevenir en haut

Ils étaient trois. Deux femmes et un homme. Visiblement, l’une d’elle avait l’ascendant sur les autres, ce qui permettait à Ruri de la qualifier de « chef ». Elle était méfiante. Après tout, c’était normal. Une neishaane complètement trempée et sale venait de faire son apparition. Elle s’était presque amusée de voir la fëalocë surveiller les environs, comme si Ruri était venue accompagnée. Certes, elle cachait sa dague mais ne s’en servirait que pour se défendre. L’adolescente réfléchissait à une vitesse vertigineuse, déployant au maximum ses capacités à mentir pour trouver la meilleure solution. Mais aucune d’entre elle ne la satisfaisait. Elle était Malakesh, mais que faisait-elle ici ? Si la nouvelle de l’incendie du temple se propageait, il lui faudrait un excellent alibi. Quelqu’un l’avait peut-être vue. Peut-être y avait-il déjà des gens à sa recherche. Non, il fallait garder la tête froide, tout irait bien.

Grelotante, une légère brume s’échappait d’entre ses lèvres. Si elle continuait à rester sous la pluie, elle finirait malade. Rien de pire que cela. L’elfe moins vêtue la regardait. L’humain semblait s’être désintéressé d’elle. Rentrer au sec ? Oh oui. Elle n’attendait que cela. Mais il lui fallait d’abord tenter de diminuer leur suspicion à son égard pour espérer tenter de gagner leur confiance. Ce n’était que l’affaire de quelques jours, le temps de s’en aller loin de là, de changer de vie. Prendre le bateau ? Ce n’était pas une mauvaise idée. Et le mensonge pointa le bout de son nez, naturellement. Elle n’eut pas à se forcer pour prendre un air apeurée. L’idée d’avoir brûlé deux personnes l’avait tellement marqué qu’elle pouvait se mettre à pleurer rien qu’à y penser.

- Je viens du village en contrebas. Une catastrophe est arrivée, dit-elle en sanglotant. Je… j’ai perdu ma mère dans les flammes …

Elle renifla, s’essuyant le visage avec son avant bras. Elle espérait que ce mensonge marcherait, du moins dans un premier temps. Si cela se gâtait, elle pourrait toujours partir, libre comme l’air.

- J’ai pris tout ce que j’ai pu. Je dois rejoindre mon père qui est un marin de la marine marchande d’Evelys, à l’Ouest d’ici. C’est loin alors j’ai espéré que ce serait sur votre chemin et que je pourrais profiter de votre hospitalité.

Elle marqua une courte pause, scrutant rapidement chacun d’eux et essuya ses larmes mêlées à l’eau de pluie ruisselant sur ses joues d’une main.

- Je vous paierai. J’ai pris toute la fortune de la maison. Ce n’est pas grand chose, je sais. Je suis prête à travailler pour vous payer ! Je suis très débrouillarde. Mais je dois rejoindre mon père vite pour lui annoncer la nouvelle et partir vivre avec lui, termina-t-elle d’une voix plus basse.

Elle espérait que sa tromperie fonctionne. Elle disposait d’une bourse bien remplie et de sa plus grande fortune cachée sur elle. Elle pourrait les payer dans une certaine mesure. Il lui faudrait en conserver une grande partie pour la suite de ses recherches.

- Ce n’est l’affaire que de quelques jours, une semaine tout au plus. Je promets de ne pas vous ennuyer si vous me laissez vous accompagner !

Son regard balayait les trois personnes successivement. Le vent faisait voler ses cheveux blancs, fouettant son visage rougi par le froid. Sa mâchoire tremblait et elle avait de la peine à cacher ses tremblements sous la pluie. La place où était située la caravane était devenue boueuse avec le déluge qui s’abattait sur la région. Les arbres, principalement des épicéas et des pins d’une hauteur vertigineuse, se balançaient de gauche à droite dangereusement, menaçant de s’abattre sur la caravane. Cette dernière tanguait également mais elle semblait solidement accrochée aux arbres les plus gros. Les chevaux hennissaient de peur à chaque grondement de tonnerre. Tout cela semblait si apocalyptique pour Ruri. Elle ne se souvenait pas d’avoir déjà vu une tempête pareille dans le coin.

- Si ce n’est pour la semaine, laissez-moi au moins dormir au sec cette nuit et me changer s’il vous-plaît. Je repartirais le lendemain si vous ne voulez pas de moi. Mais par pitié, ne me laissez pas seule par cette tempête. Je vous promets que je ne suis pas une voleuse ou quoique ce soit. Je veux juste rejoindre mon père, suppliait-elle.

Finalement, la fëalocë sembla concéder un accueil au sec. Si ce n’était pour la jeune fille, c’était au moins pour préserver la santé de sa troupe. La caravane était constituée de deux roulottes, chacune tractée par deux chevaux. L’une contenait tout le matériel nécessaire pour les représentations, c’est-à-dire la caisse, le boulier pour compter les recettes, les diverses factures pour les soirs où leur repas n’était pas offert (cela dépendait en majeur partie du bon vouloir de l’aubergiste qui pouvait prendre une part des gains de la troupe, généralement entre cinq et dix pourcent pour leur laisser prendre un repas chaud et éventuellement un bain). Les instruments de Morwan y étaient également précieusement conservés dans des étoffes et des caisses en bois. Les costumes de scènes s’y entassaient par dizaines. Deux couchages de fortune étaient disposés pour Ysalda et Melissa. Il n’était aucunement question que les femmes et les hommes dorment ensemble, ne serait-ce que pour respecter l’intimité de chacun.

La seconde roulotte était celle où dormait Morwan. Plus petite que la précédente, elle recueillait la nourriture conservée dans des tonneaux de sels. Quelques morceaux de lards, des pommes de terres et divers légumes étaient enfouis dans des sacs en toile de jute. Un sac de couchage était posé dans un coin. Il y avait tout juste assez de place pour une seconde personne. Mais visiblement, la proposition de la fëalocë de faire dormir l’humain et la neishaane dans le même espace ne la dérangeait pas. Au moins n’aurait-elle pas accès à l’argent qui dormait.

Ruri baillait aux corneilles. La journée l’avait épuisée. Après être restée encore une bonne demi-heure a expliqué tout ce qui s’était passé en détail, de l’incendie qui s’était soudainement produit et qui avait tué beaucoup de monde dans le temple pendant l’office du « Jour de Feu » célébrant le milieu de l’été, à sa fuite après avoir découvert le corps de sa mère décharnée, en ponctuant de quelques sanglots ses phrases, elle suivit Morwan vers son lieu de couchage.

Ce dernier ne semblait visiblement pas plus perturbé que cela de la présence de Ruri. Il n’y faisait guère attention. La neishaane était plus intimidée que lui à l’idée de partager la même chambrée qu’un homme. Elle déposa ses affaires dans un coin, prenant soin de masquer sa dague d’acier au fond de son sac. Elle s’était délestée d’une pièce d’argent de sa bourse, évoquant une somme rondelette conservée par sa mère pour justifier sa bourse. Elle s’était assise dans un coin après avoir déplié son couchage, un simple morceau de tissu rembourré. Il lui fallait penser à tout dans les moindres détails. Perdue dans ses pensées, elle méditait sur le Kaërl ardent, ses pics acérés, son volcan, Alauwyr. Elle se sentait seule. Personne ne viendrait l’aider, la neishaane devrait se débrouiller seule comme une grande. Elle espérait ne pas s’empêtrer dans ses mensonges. Elle devait donc garder son histoire en tête et s’en imprégner jusqu’à ce qu’elle soit elle-même persuadée que c’était la vérité.

La nuit avait été longue pour Ruri. Il lui avait été difficile de fermer l’œil, non pas à cause de la pluie qui s’était calmée progressivement mais de ses cauchemars qui l’assaillaient. Elle avait entendu les cris de ses victimes, la maudissant pour son acte. Le temple brûlait encore devant ses yeux de ses flammes vertes. Puis, au travers de la fumée noire qui se dégageait, un œil rouge se dressait accompagnée d’un rire féminin et d’un grondement sourd. C’était à ce moment-là qu’elle se réveillait en sueur. Elle avait un goût de sang dans sa bouche sans pouvoir l’expliquer. Finalement, elle s’était rendormie sans s’en rendre compte. C’était le tapotement de la main de Morwan sur son épaule qui l’avait réveillé, accompagné d’un simple « Il est temps ».

Elle était surprise par la fraicheur de la matinée, s’attendant à une journée encore lourde d’orages. Elle sauta par dessus une flaque de boue et atterrit prestement sur l’herbe emplie de la rosée matinale. De l’eau frémissait dans une bouilloire en étain avec quelques herbes. Le petit déjeuner du matin ne serait visiblement pas frugale, mais Ruri n’en était pas étonnée. Elle ne s’attendait pas à avoir sa part mais visiblement, il arrivait à la fëalocë de faire preuve de sympathie et elle fut conviée au rituel matinal. On lui donna un gobelet en étain et on lui versa de l’eau dedans. La boisson sentait bon et elle s’avérait revigorante. Peu de mots étaient échangés à ce moment-là et chacun allait ensuite vaquer à ses occupations pour préparer le départ de la caravane. Ruri saisit l’opportunité et se dirigea vers un cheval. Elle dirigea mentalement des idées positives vers l’animal mais celui-ci ne semblait pas vraiment réceptif. Après tout, cela ne fonctionnaire certainement qu’avec les dragons. Elle caressait la crinière de l’équidé, faisant glisser ses doigts entre les poils blancs.

Elle s’abaissa et jeta un œil aux pattes de l’animal. Melissa s’était approchée d’elle, l’observant faire. Visiblement, elle s’intéressait de près aux faits et gestes de Ruri. Celle-ci ne désempara pas et commença à décrotter les fers et les pattes du cheval. Celui-ci ne bougeait pas et se laissait faire. Il devait certainement en avoir l’habitude. Après une heure à passer au soin des chevaux, la caravane se mit en marche vers un premier village : Fleuringe C’était un endroit assez pauvre, principalement rural vivant de la fabrication du fromage de lait de vache, de blé et d’orge. Les longs prés se succédaient sous un ciel bleu et sous une chaleur agréable, ponctué d’un vent frais. Ils arrivèrent sur place et attachèrent les chevaux le long de l’auberge. Visiblement, cela tombait bien. Une fête de village se déroulait en ce moment même. Le tavernier avait ouvert une échoppe à l’extérieur et quelques hommes y étaient amassés à boire de la bière et du vin.

Objectif du tour : La troupe s’installe pour jouer. Une petite discussion aura lieu avant pour définir les rôles et objectifs de chacun. Je vous laisse libre d’improviser des évènements et d’utiliser votre imagination pour quoi que ce soit. Si vous avez besoin de précision, ma boite à mp est ouverte.
Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2014 - 16:55 Répondre en citantRevenir en haut


Drylith Maerylis'h


La pluie faisait enfin une pose, un timide rayon de soleil réchauffait le visage de la jeune elfe. Un petit vent soufflait jouant une mélodie dans les arbres. C’était presque un voyage parfait, rien ou presque ne pouvait entacher l’humeur de la mercenaire. Son canasson avançait à son rythme –plutôt lent- mais cela n’avait pas vraiment d’importance. Si cette personne était partie aussi vite que les villageois le prétendaient, elle serait à pied, affamée et assoiffée et n’avancerait pas bien plus vite qu’une mercenaire expérimentée sur un cheval et en pleine forme.
Au bout d’à peine une heure de trajet, elle remarqua que des ornières s’enfonçaient dans les arbres. Elle les suivit et trouva les vestiges d’un campement. Il y avait les traces de deux caravanes et d’un feu de camps. Le sol boueux était piétiné dans tous les sens, si bien que Mae ne put déterminer le nombre d’individus ni la taille d’une seule foulée. Cela devait être des marchands ou des ménestrels, aucune réelle importance au final. Elle nota juste dans son esprit de demander aux gens du prochain village si ils n’avaient pas vu passer deux caravanes.
La jeune mercenaire reprit sa route, le temps se couvrait doucement, la pluie ne tarderait pas à revenir et le voyage deviendra beaucoup moins agréable. Drylith Maerylis'h fit accélérer le pas de sa monture, le paysage défila sous ses yeux et sous le soleil qui finalement resta bleu. La mercenaire finit par arriver à un village, un petit coin miteux où quelques dizaines de fermiers vivaient de leurs productions. Une sorte de fête se préparait, c’était presque un signe du destin, les gens seraient beaucoup plus ouverts et accueillants. Idéal pour les questionner sur des visiteurs quelconques et sur les passages par le village.
L’elfe alla jusque la taverne et eu un demi sourire quand elle vit que deux roulottes y étaient garées. Elle attacha son cheval et entra dans la bâtisse, elle sentait la bière et le vin. Dans un coin, un barde tirait quelques notes d’une mandoline. Des fermiers, dispersés dans la salle, discutaient de tout et de rien. La mercenaire ignora tout le monde et s’attabla, mieux valait que les gens pensent qu’elle ne faisait que passer. Il y avait effectivement quelques personnes de petites tailles dans le village, restait à savoir la quelle n’était pas dans son environnement naturel.

Maery posa quelques questions au tavernier sur les raisons de telles festivités ainsi que ce que la « gastronomie » locale proposait :

-Et que venez-vous faire dans le secteur ma bonne dame ?

-Je cherche juste un coin de monde où je trouverais ce que je cherche.

-Que cherchez-vous donc ?

-Pour le savoir, il faudrait remplir ma choppe et une assiette c’est possible ?

Le tavernier éclatât d’un rire forcé et partit en cuisine. Maery se retourna et vis quatre personnes qui discutait non loin des roulotes. Si il y en avait bien quelqu’un qui ne semblait pas à sa place c’était le petit groupe. Il y avait une elfe aux traits un peu larges, peut être une demi-sang , un humain assez beau, une petite neishaane et une Faelocë aux traits sévères. Ce devait être la troupe dont la mercenaire avait découvert le campement dans la matinée. La mercenaire se lissa les oreilles, elle détestait les neishaans. Quand elle interrogerait la petite troupe, elle devrait prendre sur elle pour ne pas la frapper. La voix fluette et traitre des membres de cette race lui était insupportable.
Maery se détourna de la scène et entreprit de continuer son interrogatoire auprès du tavernier.


Dernière édition par Stalia Hellébore le Lun 28 Juil 2014 - 22:44; édité 1 fois
Asshai Anara
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2014 - 17:28 Répondre en citantRevenir en haut


Melissa, dite "La Flamboyante"


L'air frais du matin caressait les traits roides de Melissa. La troupe était arrivée un peu plus tôt au village de Fleuringe et avait décidé de s'y établir en raison des festivités qui s'y déroulaient. Tout ici embaumait le cochon grillé, la bière, et dans les environs retentissaient les rires et les airs de musiques provenant de l'auberge.

La fëalocë observait les alentours avec un certain dédain. Ce n'était probablement pas ici qu'ils allaient faire leur meilleur chiffre. Tout au plus cette bande de paysans pourrait leur donner des provisions en échange de leur spectacle, or pour voyager mieux valait que le paiement soit fait en espèces sonnantes et trébuchantes. Enfin... Ils ne pouvaient pas se permettre de cracher sur la soupe.

De son regard inquisiteur elle repéra l'un de ces rustres qui semblait s’intéresser d'un peu trop près à Ysalda. Cette petite sotte allait encore faire ses numéros de charme qui ne faisaient que les décrédibiliser. D'ici à ce que la femme du paysan arrive et ne leur fasse un esclandre, il n'y avait pas des lieues. Extirpant un châle d'un des coffres, Mélissa traversa le peu de chemin qui la séparait d'Ysalda pour venir le lui jeter sur les épaules et l'attirait un peu plus loin de l'homme d'une petite poussé dans le dos.

« Je n'ai pas encore envie que ça fasse des histoires avec les habitants du coin ma petite, alors tu le gardes tant qu'on est ici. C'est une troupe d'artistes que je tiens, pas un bordel ! »


En passant, elle avisa du coin de l'oeil Malakesh qui vaquait à ses occupations.

Elle ne lui faisait pas encore confiance, mais la veille au soir elle avait finit par se laisser attendrir par cette jeune fille qui avait perdu sa famille dans un incendie et se trouvait perdue dans la forêt sous un pluie battante. Ou alors était ce l'intervention de Morwan qui l'avait convaincu? Se pouvait il qu'il l'ai remarqué ? Osmael seul savait ce qui avait put se passer dans leur caravane cette nuit. En y regardant de plus près peut être n'aurait elle pas dut les laisser dormir à deux...

Qu'est ce qu'elle racontait là ?! La petite Neishaane n'était encore qu'une enfant. Il suffisait de regarder sa taille si fine, et ses formes si fluettes. A coté d'elle Mélissa était une femme faite !

A ce propos... elle semblait s'être remise de tout ces événements tragiques avec une rapidité étonnante pour une si jeune fille. Étrange...
Était ce pour tenter de prouver sa valeur à la troupe, ou leur cachait elle quelque chose ? Quoiqu'il en soit Mélissa l'avait accepté ; à elle de s'en vouloir maintenant si la petite venait à leur claquer entre les doigts avec la cassette sous le bras. Elle en avait prit l'entière responsabilité et de fait, essayait de la garder toujours à l’œil.

Certes, jusqu'à maintenant elle s'était montrée exemplaire. Calme et réservée, elle n'avait pipé mot au cours de la mâtiné. Temps mieux, elle savait au moins où était sa place. Elle avait aussi sut se montrer serviable et dégourdie, et avait pris des initiatives pertinentes : grâce à elle le départ avait été avancé d'une demi heure. Maintenant qu'ils étaient tous au village, il allait bien falloir qu'elle montre aussi ce qu'elle savait faire pour payer son pain. Payer un repas pour un soir d'accord, mais pas deux de suite.

Se rapprochant de Morwan, espérant trouver une oreille attentive en la personne de l'humain, Mélissa entama la conversation d'un ton étrangement calme.

« La petite a l'air plutôt dégourdie pour son âge. J'espère qu'elle ne va pas tenter quelque chose de stupide. Enfin... Reste à voir ce qu'elle sait faire. Si c'est une Neishaane elle doit bien savoir chanter ou quelque chose comme ça. »


Extirpant de son corset son pendentif au bout duquel pendait une plume d'Haukea, elle le fit tourner entre ses doigts. Il lui arrivait parfois de penser que ce seul souvenir de sa famille lui portait chance.Pourvu qu'elle puisse devenir une meneuse d'artistes aussi reconnue et populaire qu'eux. Un jour peut être, seraient ils reconnus dans tout Undomë.

Se relevant brusquement, Mélissa harangua sa petite troupe de sa voix forte et autoritaire. Une fois que les deux jeunes filles les eurent rejoint. Elle commença son habituel petit discours.

« Tout est prêt pour commencer la représentation. J'irai voir l'aubergiste pour le repas de ce soir. Avec un peu de chance je pense pouvoir le négocier pour quelques pièces de cuivre. Morwan, Ysalda, vous savez ce que vous avez à faire. Pour aujourd'hui je pensais que vous pourriez prendre les costumes de Gaïa et Ouranos, non ? Ce sont les fêtes du printemps, ce sera approprié. Les gens adorent la musique dans ce genre d'occasion. Bon, je ne vous cache pas que ce n'est pas dans ce trou que nous allons faire fortune mais je vais m'occuper de vous ramener un petit publique. Ysalda ! Tu m'écoutes un peu ? Je comptes sur toi pour ne pas nous mettre dans une position embarrassante ! Je ne veux pas d’œillades discrètes même avec un beau jeune homme ! Compris ? »


Se tournant vers Malakesh qu'elle n'avait jusqu'alors pas prise en considération, elle lui adressa une mine plus sévère encore.

« Bon. Et pour toi, il va bien falloir te trouver quelque chose à faire ! On ne va pas te nourrir par charité. Tu vas rester avec moi le temps qu'il lance leur représentation, on va te trouver quelque chose. »


A nouveau elle se détacha de la Neishaane pour se planter face aux deux autres.

« Des questions ? »



Bon j'ai été obligé de prendre les devants pour les interactions entre Mélissa et les deux autres artistes. Si ça pose un problème n'hésitez pas à me MP o/
Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 22:36 Répondre en citantRevenir en haut


Ysalda dite « La Belle »


La gamine, la pauvre ! Quelle histoire ! Sa mère venait d’être calcinée dans un incendie, et c’était là une nouvelle si passionnante ! Ironique ? Les pensées de Ysalda l’étaient que légèrement car la semi-elfe, à cet instant, ne songeait qu’au fait qu’il commençait à faire très froid et que ce n’était pas cela qui allait sauver la pauvre Neishaane ! Melissa n’était pas une tendre et elle connaissait le prix d’une femme sans intérêt. Mais heureusement d’ailleurs pour cette femme –enfant peut être plus d’ailleurs ?- celle-ci avait de l’argent, et la troupe en manquait cruellement. Le froid continuait à entrer dans les caravanes et Ysalda se détournait de la conversation. A chaque fois qu’elle reposait son regard sur Malakesh, elle voyait là une geignarde et des larmes. C’était une neishaane, ne pourrait elle pas au moins chanter que tout cela ? Ysalda sentit une courbature dans son dos et se massa la nuque, fermant les yeux. Elle observa Morwan : l’humain semblait aussi intéressé par la nouvelle qu’elle. Pauvre fille… ils devraient être un peu plus gentils, oui : ils le devraient. Mais les temps étaient durs pour tout le monde !

Finalement, Melissa décida de garder la petite et qu’elle irait dormir auprès de Morwan. Ysalda s’étonna de cela : au fond, elle avait toujours eu l’impression que la fealocë appréciait plus l’humain qu’un être normal… Alors pourquoi lui offrir un bout de viande ? Oh, Ysalda croyait bien que Morwan était un être plus guidé par ses émotions que ses instincts. Mais à bien y réfléchir, quand l’avait elle vu partir avec une demoiselle ? Peut être était il affamé ? Mais ce n’était pas là le plus amusant. Couchée, la semi-elfe se mit de dos et ferma les yeux, offrant tous ses sens pour observer si Melissa avait du mal à dormir. Ysalda eu l’impression que celle-ci mettait un peu plus de temps pour s’endormir que d’habitude, mais la semi-elfe n’eut réellement le temps de tout vérifier. Point de conversation de filles : elles n’étaient pas proches malgré le fait qu’elles vivaient ensembles. Non, Ysalda se laissa emporter dans le monde du sommeil et fit un rêve dont les flagrances, au réveil, semblait peu compréhensibles. Comme un gout âpre dans sa gorge lui donna cependant l’impression qu’il n’était pas des plus joyeux.

Ils prirent la route jusqu’à un village où ils allaient pouvoir jouer, du moins Ysalda l’espérait elle. Son corps entier désirait les acclamations, les pluies de bonheur sur le visage de la foule et la chaleur d’un bon repas bien garni ! Et pourquoi pas : une amourette ? Un bel elfe qui serait de passage, un brigand au grand cœur ou un aventurier intéressé ? Une histoire sans lendemain, juste de l’amusement. Se sentir belle dans son regard, plus que d’habitudes… et énerver Melissa : rien que pour cela, un bon à rien pouvait être d’une délicieuse attirance ! Et, dans ce but, Ysalda s’était vêtue avec une belle robe dévoilant sa gorge. Longue, elle était ouverte sur le coté afin de laisser les mouvements libres tout de même : Ysalda aimait se savoir apte à courir…

Et, comme on pouvait s’en douter, un homme vint à lui parler rapidement lors de sa sortie de la chariote et Melissa ne laissa point la chose passer en lui tendant un châle.

Je n'ai pas encore envie que ça fasse des histoires avec les habitants du coin ma petite, alors tu le gardes tant qu'on est ici. C'est une troupe d'artistes que je tiens, pas un bordel !
- Un bordel… il ne faut tout de même pas exagérer… avait répondu Ysalda entre ses dents.

D’ailleurs, désormais, Melissa était retournée auprès du ménestrel et lui parlait avec une faible voix. Des confidences ? Des questions sur Malakesh : Ysalda se sentait prête à s’y jurer. D’ailleurs, la jeune neishaane était à ses cotés et, seules, Ysalda se douta qu’il fallait qu’elle lui parle. La semi-elfe était bavarde, à n’en pas douter, mais ne savait pas trop de quoi parler alors qu’elle sortait du meurtre de sa mère ou pire si elle s’était sentie obligée d’inventer un tel mensonge ! Alors, elle se dit qu’il ne servait à rien d’y penser : autant lui parler avec simplicité

Malakesh, on ne s’est pas trop parlé depuis ton arrivée. Moi je m’appelle Ysalda. Et je te dis officiellement : sois la bienvenue auprès de nous !

Les mains sur les hanches, sourire franc, la semi-elfe continua en ces termes :

Melissa est un peu abrupte mais elle gère bien le tout. Alors fais ce qu’elle te dit et tout se passera bien ! Et si tu as besoin de pleurer, au pire, tu as mon épaule, d’accord ?

Mais la semi-elfe n’eut pas trop le temps de parler car on les appelait… enfin plutôt… Melissa avait glapi leur prénom. Elle fit un clin d’œil à Malakesh et se dirigea vers leur patronne. Celle-ci les galvanisa d’un discours flamboyant… Si bien que la semi-elfe fut plus attirée par le signe de main d’un badaud dans l’auberge –auquel elle répondit d’un sourire et pour ce quoi elle se prit une nouvelle remarque de Melissa. Ils allaient donc faire un spectacle en l’honneur d’Ouranos et de Gaïa…. Cela lui allait : ce n’était pas les chants les plus durs. Mais tout était si pluvieux dehors : cela ne lui évoquait point le soleil naissant du printemps.

Des questions ?
- Non… aucune.

Ysalda se savait libérée de l’attention de Melissa pendant quelques minutes… le temps qu’elle abandonne Malakesh et se concentre à nouveau sur elle-même. Ou sur Morwan. Par ailleurs, où était il celui là ? Ysalda le remarqua : un homme lui parlait. Ysalda se rapprocha et remarqua que celui-ci défiait le ménestrel à un jeu. Mais ce qu’il proposait de miser : la semi-elfe était arrivée trop tard pour savoir. Elle s’approchait doucement quand elle remarqua également, dans l’auberge, d’un ivrogne qui ennuyait une femme attablée : une elfe. L’ivrogne était bien grand : cheveux brun en catogan, la barbe mal définie, il semblait plus être un voleur qu’un honnête fermier : le fait qu’il ait déjà trop bu alors qu’il était loin de faire nuit en semblait un signe ! Il parlait fort et Ysalda entendit que celui-ci déclamait sa flamme à la femme qui… ne semblait pas du tout y être sensible ! Et, Ysalda serait bien allée l’aider si le parieur ne l’avait pas amenée dans la conversation avec Morwan :

Allez, ma jolie, convainquez donc votre ami de jouer avec nous ? Ou, joli cœur, auriez vous peur de perdre devant votre belle ?

Le parieur était un humain, à n’en pas douter. Il n’avait pas bu : il ne sentait pas l’alcool. Il souriait, sûr de lui. Très clairement, il semblait n’avoir aucun doute de la finalité du jeu ce qui amena Ysalda à songer que c’était un tricheur. Il y en avait dans chaque auberge. Point agressifs, ils plumaient les gens mais on ne risquait rien auprès d’eux : ils ne faisaient jamais d’esclandre ! Sinon, ils risqueraient que les aubergistes leur refusent l’entrée de leur domaine. Ysalda s’inquiétait d’avantage de l’être ivre qui était non loin. La semi-elfe s’excusa rapidement, sentant dans son dos le regard de Melissa : et celui-ci n’était pas tendre. Avant même de retourner la voir, elle savait qu’elle allait se faire gronder alors que, pour une fois, elle n’y était pour rien.

Ne croyez point que parce qu’il ne paye point de mine, mon camarade ne vous donne pas de fil à retorde ! Vous risqueriez de perdre à votre propre jeu !

Avoir l’air fière et sûre d’elle-même également ! Pour inquiéter l’homme et qu’il s’en aille… car s’il ne s’en allait pas le premier, Ysalda se ferait rabrouer et la semi-elfe ne voulait pas que ce soit pour ça. Pour avoir flirté, oui : mais s’être retrouvée au mauvais endroit et au mauvais moment… Si Morwan faisait assez sur de lui-même, l’homme partirait et Ysalda irait se changer en Gaïa. Oui, cela allait marcher… et Kaziel soit il : elle le portait en plus ce maudit châle !

J’ai pris la disponibilité de faire intervenir des pnj imaginaires et n’ai rien mis des discussions ni des réponses des pj puisque Ysalda n’entend point tout ! Si cela ne convient pas, j’ai mon mp de disponible !
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

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MessagePosté le: Mer 27 Aoû 2014 - 15:46 Répondre en citantRevenir en haut


Morwan dit « Le Soliste »


Maudite journée pluvieuse. La peste soit des filles en tous genres !
Morwan retint d’abord un commentaire acerbe à l’égard du sexe féminin en général. Après une brève réflexion, il préféra garder le silence, se contentant de ressasser, derrière ses lèvres, closes des imprécations envers l’irrévérence des femmes. Le faire dormir avec ce rat blanc à moitié noyé ? Pourquoi ne pas inviter le troll des environs, tant qu’on y était ? Avec lucidité, il se rendit néanmoins à la conclusion suivante : ce mauvais temps mettait les nerfs de tout le monde à rude épreuve. Cette pauvre fille ne méritait pas sa rancune, pas plus que Mélissa et Ysalda qui devaient également souffrir de ce temps de vaches maigres. Malakesh, suite à son émouvant récit et un petit débat du trio de ménestrels, se montra particulièrement docile. Elle suivit Morwan jusqu’à la seconde roulotte et prit place le plus loin possible de lui. S’il avait été d’humeur plus taquine, il en aurait souri d’amusement. Ne faisant guère plus attention à elle, et la nuit arrivant à grands pas, il s’endormit, roulé sur sa couchette.

- Il est temps, fit-il en secouant doucement l’épaule de la jeune Neishaane.

Morwan se contenta d’échanger quelques regards de connivence avec Ysalda en prêtant attention à l’attitude de Malakesh, avant de s’en désintéresser, pour mieux attirer l’attention de la demi-elfe sur leur prochaine représentation. Le court voyage jusqu’au village suivant les amena à Fleuringe. Charmante bourgade où se déroulait une fête populaire. Au moins, la pluie avait cessé. Alors que Morwan lustrait sa mandoline un peu à l’écart, il vit Melissa s’approcher à pas feutrés, l’air préoccupée. Il cessa toute activité pour prêter une oreille attentive à sa confidence. Il se contenta de hausser les épaules face à son inquiétude. Melissa s’inquiétait toujours trop de tout.

- Tu t’inquiètes trop. Mais je peux lui demander ce qu’elle sait faire, si tu veux. Si elle veut rester avec nous, il faut qu’elle participe.

Il avait avancé cette idée pour soulager la conscience de la Fëalocë plus que par zèle ou compassion. Il vivait pour sa musique, non pour le reste de cette terre. Engager le dialogue avec la petite rescapée ne représentait pas un défi social en soi. Cependant, dans l’esprit de Morwan, cet effort était l’égal d’une corvée. Il le ferait, avec de la mauvaise foi, uniquement pour leur troupe. Et son petit confort de vie. Certainement pas pour la Neishaane. Il repéra brièvement celle-ci en compagnie de la jolie chanteuse. Ysalda cherchait-elle à épancher son bavardage incessant auprès de la nouvelle ?

Le discours quotidien de Melissa aurait pu impression n’importe quelle respectable matrone, ou la plus vile des catins. Morwan et Ysalda possédaient l’extraordinaire privilège d’être y accoutumés. Il n’y eu pas de questions, comme d’habitude et chacun partit à son poste. La musique du spectacle d’Ouranos et Gaïa tournait déjà dans la tête de Morwan, tandis qu’il se faisait subitement abordé par un homme sortant de la taverne. Le bougre vanta son air honnête et plaignit sa bourse qu’il présumait vide… L’homme présumait un peu trop vite au goût de l’Humain, d’ailleurs. Puis enchaîna en proposant un jeu de cartes et de dés à l’intéressé. Morwan hésita. Il aimait jouer. Pour le plaisir et non pour l’argent, car chaque coup porté à l’adversaire était semblable à des notes égrenées au hasard d’une partition égarée. Si l’on jouait assez bien, la partie ressemblait à une mélodie ses oreilles. Et il savait bien jouer, justement, au point d’avoir été parfois malencontreusement accusé de tricherie. Alors que - Osmael en soit témoin ! – il n’avait été question que d’habilité et de réflexion.

Allez, ma jolie, convainquez donc votre ami de jouer avec nous ? Ou, joli cœur, auriez-vous peur de perdre devant votre belle ?
Ne croyez point que parce qu’il ne paye point de mine, mon camarade ne vous donne pas de fil à retorde ! Vous risqueriez de perdre à votre propre jeu !

La remarque d’Ysalda le fit sourire. La demi-elfe avait toujours eu le don d’agacer et de s’amuser de tout le monde. Le joueur ne se laissa d’abord pas prendre au piège. Il jeta un regard suspicieux à Morwan, qui lui retourna un regard mutin, souligné par un demi-sourire condescendant. L’autre commença à regretter d’avoir abordé le joueur de mandoline. Ce type-là n’avait pas l’air aussi inoffensif qu’il avait voulu le croire. Quelque chose dans ses yeux dénotaient de la dureté en affaires. Pas facile à plumer, celui-là. Mais que serait la vie sans un bon défi ? L’homme se fendit d’un sourire rusé.

- Mouais, c’est ce qu’on dit ! Je vous propose une petite partie amicale. Pas de mise pour débuter. En l’honneur des dieux et de leurs grâces, faites un beau geste et venez à la fête !

Morwan faillit céder à l’appel du jeu, avant de se rappeler à quel point les colères de Melissa pouvaient être désagréables. Et s’il s’attardait trop, ces colères risquaient de devenir réalité sous peu.

- Les dieux n’ont rien à voir là-dedans. Seul l’argent intéresse, de nos jours. Vous n’aurez pas le mien, monsieur.
- Vous êtes sûr ? Vous ratez quelque chose ! Mais… On peut négocier ?
- Je ne négocie pas avec les tricheurs et les mendiants.


Il avait sa fierté, tout de même. Craignant soudain que cela ne finisse en une brève mais tout aussi confuse empoignade, Morwan rebroussa chemin sans plus d’explications, laissant Ysalda se dépêtrer seule de cet importun. C’était une grande fille, elle savait se débrouiller. Il regagna sa roulotte pour accorder sa mandoline et se préparer à endosser le costume vert et blanc d’Ouranos… Lorsqu’il s’avisa d’un étrange éclat brillant dans un coin. Etant peu porté sur l’indiscrète vertu qu’est la curiosité, il ne s’en préoccupa d’abord pas. Le reflet métallique cependant se faisait insistant à la lumière du soleil gris. Contrarié dans sa concentration, Morwan délaissa son ouvrage pour y jeter un œil. Extirpant la chose de sous les couvertures et les sacs de légumes, il crut d’abord à un petit miroir d’étain, une coquetterie de fille… Avant de s’aviser qu’il s’agissait d’une lame.

- Euh… Melissa ?



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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 28 Aoû 2014 - 17:43 Répondre en citantRevenir en haut

La fête régnait au village, c’était le moins que l’on puisse dire. Des badauds jouaient à des jeux étranges tandis que des gros cochons grillaient sur la place centrale. L’odeur était alléchante et Ruri se demanda si elle aurait le droit à une tranche. Peut-être n’aurait-elle pas besoin de voler ! Ce fut Ysalda qui attira toute son attention. Avec son air gentille, elle paraissait être tombée dans le panneau. Bien évidemment, la neishaane ne se sentait pas tiré d’affaire et elle devrait certainement faire ses preuves dans ses mensonges. Elle lui souhaitait donc la bienvenue. En voilà d’une bonne idée ! Si elle faisait sembler de s’intégrer, peut-être ne poserait-elle pas de question indiscrète. Enfin, cela restait un jeu dangereux.

- Je suis enchantée de faire votre connaissance aussi, Dame Ysalda.

Elle ne commenta pas l’invitation à pleurer. De toute façon, s’apitoyer sur son sort n’en ferait pas une fille plus appréciable. Non. Elle pourrait le faire à l’occasion si cela lui apportait quelque chose, pour faciliter sa situation. C’était sans se douter que celle-ci n’allait pas tarde à empirer. La neishaane écouta ensuite la diatribe de la fëalocë avait attention. Donc, elle devrait rester avec elle. Pourvu qu’aucun des deux autres n’aillent fouiller dans ses affaires. S’ils tombaient sur ses fioles de poison ou bien son parchemin, elle était fichue. Ce ne serait pas mieux si sa dague était découverte également. De suite, elle s’imaginait des tas d’excuses.

° Bon, pour la dague, je dirais que je l’ai prise car j’avais peur de tomber sur des bandits en m’enfuyant. Et mon père l’a laissé à ma mère pour se défendre au cas où. Pour le poison, ça va être bien plus compliqué. Et le papier de mon ancêtre, je n’en parle même pas. Pourvu qu’il ne se passe rien °

Lorsque Melissa lui demanda de la suivre docilement afin de lui demander comment elle pourrait rapporter de l’argent. Il était hors de question pour Ruri de chanter. Si sa voix était jolie, elle ne connaissait aucune chanson ni ne savait chanter à proprement dit. Elle cherchait une réponse. Evidemment, jouer la domestique ne suffirait pas : cela ne rapporterait pas un sous à la troupe. Non, il fallait quelque chose qui puisse lui coller à la peau et où elle n’aurait pas trop besoin de mentir.

° Bien sûr, la voyance. Je pourrais lui dire que je peux voir l’avenir ou des trucs comme ça ! Allez, on y croit dur comme fer Ruri, quitte à mentir °

- Et bien, je pourrais prédire l’avenir des gens contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Les gens raffolent de ce genre de choses. N’allez pas croire que je propose cela à la légère. Pour preuve, si je vous parle de … hmm … la plume d’Haukea. Je suis sûr que vous savez de quoi je veux parler, n’est-ce-pas ?

Ruri jouait gros sur ce coup. D’une part, elle n’avait jamais vraiment eu de pouvoir de vision à long terme. Mais elle savait ce que les gens cherchaient : une confirmation de leur malheur ou bien une meilleure situation à l’avenir. Cela ne serait pas dur à leur dire. Par contre, le coup de la plume était totalement incontrôlé. Elle ne savait pas si Melissa connaissait cet animal ni même si elle possédait une plume – ou du moins où en trouver une. Il fallait savoir prendre des risques. De toute façon, ou elle serait ridicule ou elle aurait touché au but. Dans le premier cas, elle pouvait espérer se montrer convaincante et montrer qu’elle pouvait gagner de l’argent. Dans le second cas, elle avait gagné.

Tout se passerait bien, la neishaane en était persuadée. Lorsque l’humain appela Melissa, Ruri en profita pour se diriger vers l’auberge. Elle se ferait une beauté en s’offrant un bon bain chaud. Elle pénétra dans l’endroit sans regarder en arrière et prit la direction du bar où se tenait un homme. Il avait une cinquantaine d’année et une moustache grisonnante masquait ses lèvres. L’adolescente lui demanda un bain et trouva une pièce de cuivre à lui donner. Elle en bavait déjà. Un bain chaud et un peu de détente. L’aubergiste lui fit signe qu’il avait installé ce qu’il fallait à l’étage dans une chambre dont il lui confiait la clef.

- Pas plus d’une heure, lui avait-il indiqué.

Il n’en fallait pas plus. Ruri serait prête avant pour jouer son rôle de voyante. Elle grimpa les marches deux par deux et pénétra dans la chambre. Elle prit soin de refermer derrière elle et de laisser la clef dans la serrure car des yeux pouvaient trainer. Elle se déshabilla et tâta la chaleur de l’eau du bout du pied avant de rentrer dedans. L’eau sentait bon. Une légère senteur de rose s’en dégageait. Elle se laissa aller à plonger son visage. Que cela faisait du bien. Après un quart d’heure passé à se laver, la neishaane quitta son lit d’eau et se rhabilla avec une tenue de rechange. Elle avait prévu de passer du blanc au noir. Elle confia son linge à l’aubergiste qui assurait également le nettoyage en laissant un pourboire d’une pièce supplémentaire. Ruri était comme métamorphosée. Elle avait peigné ses cheveux pour les faire tomber droit derrière sa nuque et ses oreilles.

Elle sortit de l’auberge et se dirigea vers la roulotte pour prendre ses ordres. Mais qu’elle ne fut pas sa stupeur en voyant l’humain et la femme dans la roulotte, fixant ses affaires. La neishaane se précipita vers son sac et mit la dague dedans rapidement.

- C’est un cadeau de mon père à ma mère ! Je ne peux pas m’en séparer…

Tout se mettait en place dans la tête de Ruri, comme elle l’avait imaginé. Elle prit donc l’air d’une jeune fille gênée avant de poursuivre.

- Mon père l’avait donné à ma mère pour se défendre … lorsqu’il n’était pas là. Il n’aimait pas la savoir sans défense … « N’hésites pas à l’utiliser » qu’il lui disait avant de partir en voyage. Alors c’est pour ça que je l’ai prise avec moi ! Parce qu’il n’aimerait pas me savoir en danger ! Et puis, cela me faisait une défense si j’avais été attaqué par des bandits !

Elle espérait que ce mensonge suffirait. Il fallait que cela fonctionne. Les zones portuaires n’étaient plus vraiment loin, tout juste à deux ou trois jours de roulottes.
Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 - 17:03 Répondre en citantRevenir en haut



Drylith Maerylis'h


Drylith Maerylis'h, elle, une elfe aux traits délicats se faisait draguer par un humain grossier et sentant l’alcool. L’homme avait le teint rouge et les traits bruts, probablement un paysan qui dépensait le peu d’argent qu’il avait en alcool de basse qualité pour oublier un peu son malheur. La mercenaire avait envie de le bousculer et de le pousser aussi loin que possible d’elle, mais cela risquerait de porter l’attention sur elle et elle voulait éviter cela. Elle vit du coin de l’œil une jeune fille sale traverser la pièce et se dirigea vers une pièce arrière de l’auberge. Elle en ressortit quelques temps plus tard dans un éclaire d’une magnifique chevelure blanche que la mercenaire suivit d’un regard de prédateur, c’était une bonne piste pour commencer.

Il fallait se débarrasser du buveur alors soit elle le frappait soit elle partait. Elle vit au travers des fenêtres crasseuses que la troupe de voyageurs se réunissait autour d’une des roulottes. Ils tournaient le dos à l’auberge, c’était le moment où jamais de s’approcher d’eux sans se faire repérer. L’elfe héla le barman pour qu’il serve une pinte à son courtisan, puis l’abandonnant à l’ivresse, elle sortit passa devant les itinérants. Un bout de phrase vola :

« C’est un cadeau de mon père à ma mère ! »

La voix semblait pleine de stress, comme si elle avait peur. Maery fit mine de remettre en place le lacet de sa botte, écoutant avec attention ce qu’il se disait entre ces voyageurs :

« Mon père l’avait donné à ma mère pour se défendre … lorsqu’il n’était pas là. Il n’aimait pas la savoir sans défense … « N’hésites pas à l’utiliser » qu’il lui disait avant de partir en voyage. Alors c’est pour ça que je l’ai prise avec moi ! Parce qu’il n’aimerait pas me savoir en danger ! Et puis, cela me faisait une défense si j’avais été attaqué par des bandits ! »

Une justification, la personne qui disait cela se justifiait. Les troupes étaient souvent composées de gens se connaissant fort bien, une telle justification pour une simple dague ne pouvait venir d’un des membres régulier du groupe mais plus d’un passager opportun, un fugitif à la mauvaise confiance peut-être. Le lacet de sa botte fut vite remit en place et contraint la jeune elfe à l’éloigner pour ne pas attirer les soupçons.

Elle s’approcha de son cheval, hors de portée voix du groupe mais à porter de vue, ce qui permit à la jeune fille de voir la petite neishaane « pas bien grande », aux traits creusés par la fatigue. Les membres du groupe la regardaient avec un air qui signifiait clairement qu’elle était le fameux passager opportun. C’était une excellente piste, avec un sourire satisfait elle se mélangea à la foule en prenant soin de ne pas perdre de vue sa cible. Il lui suffirait d’un simple instant où elle serait seule et relativement vulnérable pour que Maery puisse lui poser les questions qui, soit la disculperaient soit lui vaudraient un aller simple devant la justice d’un village de paysan.
Elle suivit pendant quelques temps la jeune neishaane et enfin le moment que la mercenaire attendait arriva. Maery avait décidé d’opter pour une approche frontale. Si la fille était innocente, cela se verrait tout de suite et dans le cas contraire ça se verrait également. La jeune était un peu à l’écart de la foule, aussi l’elfe se dirigea vers elle et lui rentra dedans sans ménagement :

-Vous sentez la cendre ma jeune amie, je vous cherchez, et enfin je vous trouve ! je vais pouvoir me faire payer. Incendiaire.

La neishaane eut l’air stupéfait par l’approche de l’elfe et répliqua aussi sec :

Nan mais qu'est-ce que vous racontez ?!

Je suis une mercenaire envoyé pour vous retrouver, meurtrière, incendiaire !

L’expression de la jeune fille changea, ses lèvres se mirent à trembler mais elle répondit pourtant avec force :

Je n’ai tué personne, ce ne sont que des mensonges ! Je ne suis qu'une pauvre neishaane qui a perdu sa maman dans l'incendie.

Maery eu un grand sourire, la jeune fille s’était vendu et elle-même mise sur la planche à découper, mais l’elfe décida de jouer un peu avec sa victime, après tout c’était une belle journée pour beaucoup de monde. Enfin, sauf pour la personne pas bien grande aux cheveux blancs.

Quelle est votre nom ma chère amie ? Si cela se trouve, je cherche quelqu’un d’autre.

Peu importe le nom qu’elle donnerait en fait, elle semblait bien coupable et correspondait bien à la description faite par les gens du village. Ils se contenteraient de toutes « personnes pas biens grandes » tant que cela permet de soulager la foule. Elle repartirait avec elle coupable ou non.

Je m’appelle Ruri Ravin

Et pourquoi vous cachez vous Ruri Ravin?

Je ne me cache pas, j'ai trouvé des gens pour m'emmener retrouver mon père ! Vous n’imaginez pas que je vais vivre toute seule à mendier, non ?

Réponse évidente, mais encore une fois, la jeune fille tombait dans son piège, donnant une nouvelle pierre à son monument de culpabilité.

Pourquoi s'être enfuit aussi vite alors ?

Elle prit un air contrit :

Je n’allais pas rester à cramer non plus.

Mais pourquoi avoir quitté le village ? Alors même que les restes de votre mère finissaient de se carboniser sous les restes d’un batiment.

La jeune se récria et ne sembla pas réagir à l’attaque de l’elfe. Toute personne venant de perdre sa mère dans des conditions aussi dramatiques ne répondrait pas :

Pour retrouver mon père qui est marin, j'vous l'ai dit !

Non, vous ne me l’avez pas dit et de plus, cela ne pouvait-il pas attendre le lendemain ? Ou encore mieux le temps que le cadavre de votre mère soit en terre, et puis pardon mais c'est suicidaire de partir de nuit dans une tenue aussi légère

La jeune fille ne se démonta pas, enchainant mensonge sur mensonge :

Bon d'accord, je n’ai pas spécialement réfléchi ... mais l'instinct fait pas que des bonnes choses !

Donc votre instinct vous a dit de laisser les obsèques de votre mère à une bande d'inconnues ?

La voix de la fille partie dans les aigues :

Non ! Il me dit de voir mon père pour lui annoncer la nouvelle ! J'ai que 15 ans, je sais ne pas organiser ces trucs morbides là !

Assez joué, Maery décida qu’il était temps pour la petite personne de retourner d’où elle venait et probablement d’y finir ses jours

Je pense que vous me mentez ! Ruri Ravin ! Soit vous venez avec moi soit je demande à vos amis comment vous ont-ils trouvés et quand ! Je suis certaine que nous trouverons cela fort enrichissant.[/b]

Le visage de la jeune fille et sa voix prirent une nouvelle teinte, laissant celle du mensonge pour une autre, redoutable sur les mercenaires. Le marchandage.

Attendez, je vous propose autre chose !

Je vous écoute ?

Si la jeune fille proposait plus que l’impoli chef du village, alors il pourrait bien aller se faire voir. Coupable ou non, si elle avait de l’argent, elle serait innocente pour l’elfe.

Ça vous intéresse de vous faire plus d'argent ?

Douée la petite, elle semblait maitriser le langage des épées à vendre.

On parle de combien ?

D'un titre de noblesse ... de plusieurs centaines de pièces dorées

Vous avez des arguments convaincants. D’où sortirez-vous ce titre et ces pièces, je doutes que vous les ayez sur vous.

Je suis à la recherche d'ingrédients spécifiques pour quelqu'un d'important. Si vous m'accompagnez, je lui dirais que vous m'avez aidé et il vous rendra riche.

Normalement, je devrais me moquer de vous et vous assommer, car ils disent tous ça, ceux qui se font pourchasser, mais j’ai vu que mentir n’est pas vraiment votre tasse de thé, alors je vais vous suivre , je suis curieuse. Mais je vous préviens, une autre escouade de mercenaires nous prendra en chasse d'ici quelques jours.

Et bien, vous serez là pour me protéger. C'est du donnant-donnant !

Si seulement la jeune fille savait à quelle point Maery ne pourrait pas les protéger, elle en deviendrait malade et retirerait son offre, qu’importe ! Une des ménestrels, celle aux cheveux flamboyants approchait.

[b]-Retrouvez moi ce soir, nous en discuterons plus en détails et si vous essayez de me fausser compagnie, ce sera une flèche dans les reins et en route pour le jugement !
Asshai Anara
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MessagePosté le: Jeu 25 Sep 2014 - 09:14 Répondre en citantRevenir en haut


Melissa, dite "La Flamboyante"



Une plume d'Haukea ! Sa plume ! A cette simple révélation, le visage de Mélissa se figea en un rictus amer. Ses yeux flambèrent, se plissant comme pour mieux dévisager la jeune fille. Une moue mauvaise venait de fleurir sur son visage tandis qu'elle s'était rapprochée de la petite Neishaane. Cette voyageuse était décidément bien étrange, et bien trop de mystères l'entouraient pour qu'elle puisse se résoudre à lui faire pleinement confiance. Toutefois... Elle avait vu juste. Si ce qu'elle disait à propos de son don était vrai, elle pourrait bien leur rapporter gros. Et malheureusement pour eux, Mélissa ne pouvait priver sa troupe d'une potentielle source de revenues.

Saisissant la frêle jeune fille par le poignet, elle l'obligea à se rapprocher d'elle, tachant de déceler la moindre trace de roublardise dans son expression.

« Écoutes moi bien petite. Je ne sais pas comment tu as réussi à faire ça, mais si tu es aussi doué avec les clients et que tu arrives à cumuler disons... Trente sous avant la fin de la journée, alors je consentirai à t'accompagner avec ma troupe jusque chez ton père. Mais si jamais tu t'avises d'essayer de nous faire faux bond, ou de tenter quoique ce soit qui puisse nous nuire... Je te préviens, je t'abandonne en pleine forêt si il le faut ? »


Le regard de la Fëalocë flamboyait d'une lueur inhabituelle où se mêlait soupçon, envie et inquiétude. Il n'était pas dans ses habitudes de jouer la carte de l'audace, à laquelle elle préférait la sécurité. En temps normal, jamais elle n'aurait accepté une telle intrigante dans sa troupe. La discipline, la confiance, l’obéissance, voilà ce qui faisait la clef du succès. Les révélations que la neishaane venait de lui faire quant à son précieux artefact l'avaient autant dérangé que fasciné, mais elle devait reconnaître qu'elle avait un certain talent, ça oui.

« Bien ! Va te préparer, je ne veux pas qu'on pense que notre troupe abrite des crèves-la-faim. Je veux te voir apprêtée avant l'heure du repas, compris ? »

« Euh... Mélissa ? »


« Quoi?! »
, beugla-t-elle à travers le champs tandis que Morwan l'appelait.

Sans douceur, elle lâcha la neishaane et traversa au pas de course le peu de distance qui la séparait de la roulotte. Qu'est ce qui se passait encore ? Les costumes avaient pris l'eau ? L'humidité les avaient fait moisir ? Elle avait pourtant dit à Ysalda de les protéger avec les toiles cirés ! Si il devait encore faire des dépenses supplémentaires de ce coté là, il ne passerait pas la saison c'est sûr ! Pourquoi fallait il toujours que tout tombe sur elle ! Des bras cassés, voilà ce qu'était son équipe !

Se plantant devant l'humain, elle le repoussa plus doucement qu'elle ne l'aurait fait avec d'autres pour voir le cœur du problème... avant que son regard ne se pose sur la dague ! Sa mâchoire se serra à nouveau et on aurait presque put entendre ses dents grincer si elle n'avait marmonné mauvaisement :

« Je savais que cette petite n'était pas nette ! »


Qu'allait elle faire maintenant ? L'abandonner dans ce village et reprendre sa route ? Elle en était capable oui... Mais d'un autre coté, la troupe avait vraiment besoin d'argent, et Malakesh pouvait leur rapporter gros. Peut être devrait elle attendre un peu avant de la renvoyer. Mais si jamais elle venait à s'enfuir avec leur caisse, ils auraient tout perdu. Choix délicat qui pouvait déterminer leur avenir proche...

« YSALDA ! »


La demi elfe était encore en train de jouer les jolie cœur à tout les coups...
Dès qu'elle arriva, Mélissa lui jeta l'un de ses regards inquisiteur dont elle avait le secret.

« Je t'ai vu parler avec Malakesh tout à l'heure. Elle ne t'a rien dit de particulier ? Quelque chose que tu aurais put trouver bizarre ? Qui te mette la puce à l'oreille non ? Regardes ce qu'on à trouvé. »


Et elle poussa négligemment la dague du bout du pied.

« Ce ne sont pas toutes les jouvencelles qui se baladent armée comme ça. »


Et au tour de chacun d'eux de discuter de la probable culpabilité de leur nouvelle petite protégé.



La discussion traîna en longueur jusqu'à ce que la première concerné ne revienne de sa toilette.

«  C’est un cadeau de mon père à ma mère ! Je ne peux pas m’en séparer… »


Se détournant vivement, Mélissa marqua un temps d'arrêt face à la métamorphose qui semblait avoir gracié la Neishaane. Elle était autrement plus belle et... et attirante constata-t-elle. De petite gamine crasseuse elle devenait une jeune fille entrant dans l'âge adulte dont la taille fine avait une certaine tendance à l'agacer.
Mais la chef de la troupe ne se laissa pas si facilement convaincre.

« Écoutes moi bien ! Je te gardes auprès de nous, mais Morwan et Ysalda veillerons sur tes affaires. Je compte sur eux. Encore une seule bizarrerie de ce genre, et je t'expulse manu militari de notre troupe ! Compris ?! »


Elle n'avait pas à cœur de plaisanter à ce moment précis et toue sa physionomie l'indiquait. Le visage crispé, on pouvait presque percevoir son sang battre à sa tempe. C'en était trop pour une seule matinée ! Fallait il que la pluie soit de la partie et rien ne pourrait aller plus mal !

« Bon ! Ne restez pas là à bailler aux corneilles ! Allez en place ! En place ! Je veux vous voir tous prêts ! Et je ne veux plus rien entendre ! »

Sans avoir détacher son regard de Malakesh elle pointa un doigt accusateur sur elle.

« Et toi... au boulot ! Trente sous ! Avant ce soir ! Ou sinon, tu prends le chemin de la forêt ! »


Plantant là le groupe, Mélissa se précipita d'un pas nerveux vers l'auberge. A voir la façon dont elle foudroyait du regard le moindre paysans qui se tenaient en travers de sa route, tout le monde pouvait comprendre qu'il valait mieux ne pas lui chercher des noises. A peine arrivée dans la pièce, elle se dirigea vers le comptoir et beugla de nouveau après le maître des lieux. Ce fut sa femme qui arriva, une grosse dame à la peau rose et au cheveux blonds paille.

« Ma troupe aura besoin de manger ce soir. On vous ramène des clients en faisant notre prestation juste en face. On sera quatre, je vous propose de vous prendre le repas pour trente pièce de cuivres pour quatre. Pour le voyage nous vous prendrons aussi peut être du pain, de la bière, de la viande séchés. J'espère que vous nous ferait un prix pour le tout ? »


A voir sa mine, cela semblait plus être une affirmation qu'une réel question, mais l'aubergiste ne se laissa pas si facilement amadouer. Quelques échanges, deux ou trois rabais supplémentaires, et …

Où était encore passé Malakesh ?! Elle ne la voyait pas avec les autres ? Cette neishaane … Mais cette Neishaane allait apprendre à la connaître !

« Et donc cela vous fera trois pièces pour la miche de... »


« Oui, oui ! Je repasse tout à l'heure ! »


Et elle abandonna l'aubergiste à ses négociations se précipitant en furie vers l'extérieur. Fendant la foule comme une lame une motte de beurre, elle mit toute sa fulminante rage au service de sa recherche !

*Oh petite neishaane si je te trouve je ne vais pas te rater !*
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