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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mar 1 Juil 2014 - 12:36 Répondre en citantRevenir en haut

Des forêts, Meccaya en avait vues des vertes et des pas mûres. Ayant voyagé aux côtés de son père, iel connaissait celles de Vaendark et d'Undòmë, par toutes les saisons: avec de la neige, de la boue, des moustiques... Mais cette forêt-là ne lui disait rien. À moins que... Mh, peut-être avait-iel déjà vu des illustrations qui ressemblaient à cela. Peut-être était-ce Qahra ?
À peine avait-iel pensé le mot "Qahra" que mon androgyne se retrouva les pieds dans l'eau. Hmpf ! Oui, c'était bien Qahra, tel qu'on la décrivait. Meccaya pesta, songeant que sa pauvre mère allait râler, s'iel revenait avec des habits et chaussures sales. Iel était un jeune androgyne de bonne famille, et se devait de rester propre, ne pas se rouler dans la boue/vase comme un cochon ! Iel ne voulait pas décevoir sa mère. Elle lui trouvait à nouveau de l'importance, depuis qu'iel s'intéressait à l'herboristerie, aux pharmacopées. Iel ne voulait pas perdre ce qu'iel avait mis tant de temps à obtenir.

En levant les yeux vers la rive, vers laquelle iel voulait se diriger, mon androgyne se figea. Par-delà les eaux noirâtres, la silhouette d'un chien maigre. Pauvre bête. Meccaya eut pitié de lui. La pitié se mêla à de la peur quand la bête tourna ses yeux blancs vers lui, mais iel ne bougea pas. Le chien n'était-il pas le meilleur ami de l'Homme ? Quand la bête montra des crocs énormes et blancs, Meccaya comprit que celui-là ne cherchait ni sa pitié ni son aide, mais plutôt un remède à son sous-poids. Pour une fois, l'androgyne n'était pas médecin, mais remède !
Iel se débatttit avec les eaux lourdes du marécage pour atteindre la rive opposée, à toute allure, sans plus regarder derrière lui. Quand iel y parvint, iel était essoufflé. Iel voulut continuer à courir, pour s'écarter le plus possible du chien. Mais son front rencontra de manière impromptue le torse d'une femme. Plus grande que lui, plus musclée aussi, elle le toisa avec une moue entre la curiosité et le dégoût. Etait-iel si sale que ça ? Gêné, mais non moins effrayé -pis, sa peur allait croissante-, iel recula d'un pas ou deux, et bafouilla:

"- J-je... Désolé... Mademoiselle... Chien, là-bas..."

Iel espérait qu'elle l'aiderait. Ses habits étaien de peau, elle avait des plumes dans les cheveux, et une hache au flanc. Elle aurait très bien pu effrayer le chien, ou le tuer, et résoudre ainsi le problème. Après quoi ils auraient pu aller boire un verre et discuter de la hausse des prix du sucre. La belle vie, quoi !
Au lieu de cela, la femme le prit par l'épaule.

"- Suis-moi."

Mais l'ordre n'était pas nécessaire: sa force suffisait à forcer Meccaya à trottiner à ses côtés pour ne pas avoir l'épaule arrachée par sa poigne. Tendu, n'osant plus désobéir ou se débattre, iel se laissa balader à travers la forêt, recevant au passage quelques branches dans le visage. Peu de temps après, ils s'avançaient au milieu d'un village dont certaines maisons, rondes, étaient à terre, d'autres dans les arbres. De nombreux gens vêtus de peaux sillonnaient les "rues". Pas très amicaux. L'un d'eux blessa Meccaya au flanc, de son couteau, sans lui dire bonjour ou s'il-vous-plait. Meccaya poussa un petit cri, porta une main à son flanc sanglant, mais ne cessa d'avancer, pour limiter la douleur de cette main sur son épaule.

Finalement, on le balança dans une de ces maisons. Vide, elle était recouverte de tapis tressés, sur le sol. La femme qui jusqu'alors l'avait accompagné se rendit dehors, le temps d'attraper Kaa et lui demander de "faire parler l'animal". Mecca, enfermé, effrayé et blessé, s'était recroquevillé dans un coin de sa prison. Le sang s'était répandu sur le blanc de sa tunique, et allait fort bien avec l'écharpe rouge qui entourait le cou de l'androgyne. Ses cheveux blancs étaient parsemés de feuilles. Son pantalon avait viré au gris, avec l'eau, et était encore trempé. Ses chaussures également. Iel tremblait un peu, murmurait sans arrêt qu'iel n'avait rien fait, qu'iel voulait partir. Une de ses mains était crispée sur son flanc blessé, l'autre sur ses cheveux, lui masquant la vue. De toutes façons, iel fermait les yeux. Iel ressentait la douleur, l'humidité. Iel ne sentit pas que quelqu'un entrait. Non... À ce moment-là, iel se demandait s'iel pouvait se soigner avec des plantes. Iel n'en avait pas sur lui. Non. Peut-être qu'en disant leur nom, cela marcherait ? Quelque chose en lui refusa cette hypothèse. Non ! Il fallait invoquer les couleurs des plantes pour se soigner !
C'est ainsi que ton personnage put rencontrer le mien. Coincé dans un coin, blessé, et occupé à murmurer, en boucle:

"- Vert bleu rouge jaune noir blanc... Vert bleu rouge jaune noir blanc..."
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MessagePosté le: Mar 1 Juil 2014 - 12:36 Revenir en haut

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Vérane Kaalendash
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MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 20:58 Répondre en citantRevenir en haut

Vérane évoluait dans les marécages, des nuées cachant ses pieds, mais elle ne sentait pas ni la boue, ni l'eau, elle était juste au dessus, comme dans une fiction. Au bord de la rive elle aperçut un étrange personnage qui se débattait pour rejoindre la rive en proie à une peur sans nom... Pâle personne, diaphane même et de personnalité banale, aurait-elle jugé au premier abord.

Elle le secourut et l'emmena vers le village. Tiens ! Elle habitait un village ? Première nouvelle ! Mais elle ne s'attarda pas à ce détail et enferma son "poisson" dans la cabane qu'elle habitait. Elle avait bien vu qu'il était blessé mais ça pouvait attendre, ce n'était pas mortel.

Elle repartit sur la berge et appela le chien maigre aux yeux blancs.

Tss..Tss.. allez, viens !

Puis, le tenant par le bourrelet de son cou, elle rentra dans sa case. Son "invité" se recula vers la cloison en regardant le chien aux yeux blancs.

Il est à moi !

Elle entreprit de lui poser la main sur sa blessure pour la refermer et la guérir comme elle avait l'habitude de le faire, mais quelque chose n'allait pas... Elle ne sentait pas les chairs se refermer, elle ne sentait pas la cicatrisation... rien... comme si la blessure avait généré une déchirure plus importante. Entre-temps, le chien vint lécher le sang de l'ondin qui s'était répandu au sol et avant que Vérane puisse intervenir, ses yeux virèrent au rouge flamboyant.

Ne lèche pas ! Tu va muter !!! Non...

Mais le chien montrait déjà les crocs envers sa maîtresse... Vérane accrocha le bras de son protégé et l'attira dehors, refermant la porte de la case avec un verrou. Le chien se projetait sur l'obstacle en grognant, en jappant comme un forcené. Les habitants du village se tenaient en alerte, fourches à la main et le regard tendu.

Partons d'ici !
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 3 Juil 2014 - 21:27 Répondre en citantRevenir en haut

"- Vert bleu rouge jaune noir blanc... Vert bleu rouge jaune noir blanc..."

Iel le sentait, on s'approchait de lui. Iel avait vu la femme, immense, avec ses muscles, et le chien aux yeux blancs, son allié. Cela n'avait pas amélioré son état. Iel avait l'impression que sa blessure saignait d'autant plus. Alors iel avait continué à réciter les couleurs, même si cela ne changeait rien. Sa main crispée sur ses cheveux se serra plus fort, ses yeux étaient fermés avec détermination. S'iel ne les regardait pas, ils ne le verraient pas, tout allait se finir, iel le savait, iel le savait...
Soudain un cri, de la femme. Meccaya se sentit attrapé, et tiré hors de son refuge. Désormais, le monstre était enfermé, et eux dehors. Iel avait toujours peur, iel tremblait, respirait bien trop vite. Son sang maculait sa tunique, avait même partiellement coloré son pantalon. Sa main en était toute couverte. Pourtant, malgré tout ce fluide vital perdu, iel trouva la force de dire à la torhille:

"- Il va sortir, fuyons !"

La prenant à son tour par le poignet, iel l'emmena à l'opposé de la "cage" de ce chien mutant, avec une force qu'iel ignorait avoir, et une rapidité pour le moins étonnante. C'était bien le seul rêve d'ailleurs où iel se donnait ces capacités physiques là. La plupart du temps, même son inconscient savait que non, iel n'en était pas capable.
Ils s'arrêtèrent donc, au milieu de ces étranges bois. Le souffle court, Meccaya se retourna. Pas de chien. Pfiou ! Ils l'avaient semé, ils étaient à l'abri. Alors iel se tourna vers la torhille.

"- Il faudra penser à l'emmener chez le vétérinaire. Il a l'air d'avoir un sérieux problème de digestion."

Bah oui, normalement, un chien qui lèche du sang, ça n'a pas plus de réaction que ça. Enfin, ça ne mute pas, quoi. Ou alors, ils n'avaient pas connu les mêmes chiens. Ce qui n'était pas impossible, ceci dit. Iel n'était pas d'ici... Ou alors, sa mutation venait d'ailleurs. Peut-être que c'était le mélange du sol d'ici avec le sang de l'androgyne ? Ou alors... Juste le sang de l'androgyne ?
Brusquement, iel fit un test. Sa main se mit sur sa blessure, et... Iel ne sut pas exactement quel muscle iel utilisait. Une sensation froide, glacée, traversa ses doigts, alors que leur bout se contractait. Le froid se glissa dans sa plaie qui... Se referma. Meccaya poussa un cri de victoire. Enfin ! Iel le savait, iel l'avait toujours su, iel n'était pas Neishaan, sa voix n'était pas son don, ses mains l'étaient ! Iel pourrait désormais soigner à loisir ! Ce qu'iel avait toujours voulu faire ! Iel observa ses mains. Le bonheur faisait battre son coeur, un grand sourire éclairait son visage déjà bien pâle. Iel se tourna vers la torhille.

"- Je le savais ! Je le savais ! Je ne suis pas Neishaan, je suis ondin ! Ondin ! Regardez, je me suis soigné ! Je suis ondin ! Les dieux ont pitié de nous !"

Iel avait envie de bondir, iel était tout jouace. Cela créait une aura de bonheur autour de lui. Iel se sentait moins petit par rapport à elle, et un peu plus fort. Iel était fier.

"- Et toi ? Tu es quoi ?"
Vérane Kaalendash
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2014 - 08:17 Répondre en citantRevenir en haut

Le Neishaan avait comme des ailes quand ils coururent vers la forêt. On eut dit que ses pieds ne touchaient pas le sol, malgré la blessure qui saignait toujours abondamment et que Vérane n’avait pu soigner. Quand ils se furent arrêtés, à bout de souffle à l’orée d’une clairière, Vérane regarda ses mains avec étonnement : pourquoi avait-elle perdu son don ? C’est à ce moment-là que l’être diaphane se guérit tout seul et en exulta… Vérane, d’abord incrédule, sentit monter en elle une grande frustration proche de la colère. Ignorant la question qu’il lui posait sur son identité, elle l’apostropha :

Ce don est à moi ! Comment as-tu fait pour me le voler ? Rends-le moi !

Elle prit les mains de Meccaya et y apposa les siennes en se concentrant, mais elle ne ressentit qu’un froid intense qui lui glaçait les os. Rejetant les mains blanches d’un geste brusque, elle n’émit qu’un gémissement et sentit sa force quitter son corps, se laissant couler à terre, impuissante. Elle se sentait seule et dépossédée du seul bien qu’elle avait : celui de guérir.

Impulsivement, comme quand elle était petite, elle se mit à fredonner un air ancien pour se rassurer, puis à chanter les paroles qui parlaient d’un ruisseau secret aux eaux tièdes et lénifiantes, d’oiseaux multicolores qui n’apparaissaient que dans les rêves… et elle vit le visage du Neishann changer petit à petit.


Le ruisseau était devant eux, comme un mirage et un oiseau bleu vint se poser à leurs pieds. Vérane continua à chanter doucement…
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mar 8 Juil 2014 - 19:23 Répondre en citantRevenir en haut

"- Ce don est à moi ! Comment as-tu fait pour me le voler ? Rends-le moi ! "

Hein ? Un vol de don ? Mais pas du tout ! C'était son don à lui, son don d'ondin ! Celui qu'en guérisseur, iel aurait toujours dû avoir ! Celui qui l'aiderait à soigner, et qui l'aiderait à se défendre ! Iel avait toujours su qu'un jour la nature lui offrirait ce don: iel était fait pour le recevoir, iel en ressentait le manque et le besoin.
Mais alors, son don de Neishaan ? Pourquoi l'avait-iel, s'iel était ondin ? Iel ne pouvait raisonnablement pas nier qu'iel avait eu se don. Enfant, iel avait su l'entrainer, faute de vraiment l'utiliser, avec succès. Illusion que cela ? Jeu de dupes ? Etait-ce possible ? Iel peinait à le nier, tout avait paru si réel, son souvenir ne lui paraissait pas fabriqué de toutes pièces. Le professeur de chant, l'effort qu'iel faisait sur sa gorge, oui, iel se souvenait. Puis ce moment où la voix d'Aaron avait commencé à changer, iel s'en souvenait aussi. Ce moment où iel s'était dit qu'iel ne chanterait plus... Mais alors, que voulait dire ce don qui venait à lui ? Etait-il possible qu'un demi-sang hérite de deux dons ? Difficile à croire. D'autant plus que cela requérait que sa mère ait fauté avec un ondin, et Meccaya se refusait à croire cela. Sa famille ne mélangeait pas le sang, sa mère ne leur avait jamais parlé que des Neishaanes comme possibles compagnes. Aussi Meccaya doutait-iel de pouvoir ramener le sang d'une autre race dans la maison. Alors non, iel ne pouvait pas être demi-sang...

La torhille dirait donc vrai ? Un vol de don ? Impossible, excepté dans un bon roman. Et... Depuis quand une torhille avait se genre de dons ? Oh, en ce bas-monde, tout était possible, mais tout de même...
Avant même que Meccaya ait le temps de réagir, d'exprimer sa peine et sa colère, de voir ainsi mis en doute ce qui ne pouvait que lui revenir de droit, de voir quelqu'un s'attacher aussi vite à tuer sa joie, que la jeune femme lui prenait les mains. L'anti-tactile qu'était Meccaya prit alors le dessus sur toutes les autres pensées. Contact, cela voulait dire danger. Iel voulut se défaire d'elle, mais elle tenait bien fort ses mains. Alors iel lui injecta un peu de ce qu'iel pensait être de la toxine, et c'est sans doute de là que vint la sensation de froid qu'elle ressentit.

"- Laissez-moi ! Lâchez-moi ! Vous trouverez d'autres dons ailleurs !"

Iel regarda la jeune femme tomber à terre. Elle qui lui avait paru si forte ressemblait désormais à une petite fille. Avait-iel été si méchant ? À moins que ce soit son don qui ait agi ainsi ? Il y avait quelque chose de louche.
Déjà, parce que Meccaya n'était pas méchant, de base. Iel ne pouvait lui avoir parlé si mal qu'elle soit blessée à ce point. Ensuite, si son don avait été de la véritable toxine, la jeune femme aurait plutôt été paralysée. Là, elle chantait... Le don des ondins... Meccaya avait lu un livre sur la toxine, jadis. Un livre qui avait, en lui, autant agité l'envie que le désespoir. Mais surtout, un livre très clair qui expliquait les différentes étapes d'efficacité de la toxine en fonction de son degré de concentration, lequel variait selon chaque ondin. Mais ça disait aussi... Qu'un ondin ne pouvait se soigner avec sa propre toxine.
Alors ce n'était pas le don des ondins. Peut-être un autre don ? Meccaya observa autour de lui, la mine triste. L'oiseau, le ruisseau... La chanson de la torhille se déroulait sous ses yeux. Le don des Neishaans, l'illusion. Ce don dont iel se moquait éperdument, ce don qu'iel refusait d'utiliser. Sa propre voix... S'iel avait pu être muet, sans doute ne l'aurait-iel pas regretté.

"- Regardez, vous avez un nouveau don. N'est-il pas mieux que l'ancien ? Vous pouvez tout faire apparaitre par le chant. Et votre voix est belle..."

Oui, iel essayait de marchander l'échange de dons, se découvrant un soudain intérêt pour le commerce. Mais comme iel sentait bien que la jeune femme était vraiment peinée de la disparition de son don, iel n'avait pas trop d'espoir. Alors, de façon totalement arbitraire, iel sortit un sandwich au thon de sa poche (tiens, ses habits avaient changé ? Ils paraissaient plus sombres, plus durs. Du cuir ? De la peau tannée ?), et le tendit à la jeune femme. Laquelle avait désormais des cheveux blancs. Et relativement courts, pour une femme.

"- Inutile de vous faire des cheveux blancs pour ça. Chantez, plutôt, puisque les dieux vous honorent d'un nouveau don. Il sera sans doute mieux, pour vous. Ce doit être une récompense, pour vous remercier de m'avoir libéré..."

Sa voix était douce, paisible, une voix pour rassurer qu'iel utilisait assez peu souvent, et qui tranchait avec son cri de défense de tout à l'heure. S'iel était toujours méfiant, iel avait beaucoup moins peur de sa camarade bipède.
Vérane Kaalendash
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MessagePosté le: Mar 8 Juil 2014 - 21:45 Répondre en citantRevenir en haut

Comment ça des cheveux blancs ? Vérane se précipita vers le ruisseau et y pencha son visage… Il était encadré de cheveux effectivement blancs et son visage avait pâli. Quand elle se releva et fit face au Neishann, elle s’aperçut que lui avait des cheveux plus noirs et une musculature bien plus charpentée qu’auparavant. Il avait même grandi. Et là, elle s’écroula tout à fait en pleurant.

Pourquoi me voles-tu tout ce que j’ai ? Je ne veux pas savoir chanter, je le savais déjà toute petite ! Je ne veux pas faire apparaître des mirages ! Je ne veux pas être une Neishann… C’est un pur cauchemar ! Tu me voles mon identité alors que je t’ai sauvé… Ce n’est pas juste.

Vérane hurla à s’en faire péter les cordes vocales. Elle n’avait pas de scrupule à annihiler le don qu’elle avait acquis sans consentement. Mais les forces la lâchaient. Elle sentait son corps et son esprit virer vers un univers qu’elle ne connaissait pas. Elle avait peur… Elle tentait de se relever pour combattre cet ennemi qu’elle n’avait pas soupçonné, mais la rive était glissante et elle ne parvenait même pas à se relever.

Vas-t-en ! Tu m’es néfaste ! Je veux être moi !!!

A le voir, les yeux écarquillés, il ne la comprenait pas. Elle se mit alors à chanter les frayeurs qu’elle avait toute petite, les dragons ailés, les gouffres obscurs, les cieux noirs de nuages orageux… et tout se déchaîna contre eux.

Je continue ou tu me rends ma réalité ?

Le ciel autour d’eux s’était obscurci, virant au noir, Les éclairs illuminaient leur position par intermèdes réguliers et les frappes de la foudre se rapprochaient dangereusement. Les dragons ailés les survolaient à les frôler…

Veux-tu que je fasse mieux pour te convaincre ?
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 14:51 Répondre en citantRevenir en haut

Ehben, le don des Neishaan n'avait vraiment pas de succès. Voilà que la jeune femme commençait à refuser son don, avec presque autant de virulence que l'androgyne jadis. Est-ce que ce don était si mauvais que cela, ou n'était-ce qu'une coïncidence qu'ils soient deux à désirer soigner et non pas chanter ? La torhille s'était agenouillée près de l'eau, pour se regarder. Et ce qui effrayait Meccaya, ce n'était pas tant qu'elle refuse ce don, non, c'était qu'elle refuse son identité.
Depuis qu'elle s'était retournée, iel n'écoutait plus que d'une oreille. Elle était devenue... Incroyablement proche de lui. Ce refus du don, et...Et son visage, son apparence... Aussi androgyne que lui. Iel reconnaissait ce visage, c'était un de ceux qu'iel connaissait le mieux. La forme du nez, les lèvres pâles et un regard assez inhabituel pour un Neishaan. C'était son visage. Et son visage teinté de détresse. Meccaya ne s'était jamais trouvé véritablement beau, mais iel avait au moins pitié de lui-même, lorsqu'iel faisait cette tête-là.
La torhille devenue neishaan poussa un cri qui acheva de figer Meccaya. Iel la regardait désormais avec des yeux tous ronds. La surprise, oui, mais aussi un peu de peur. Une torhille dans un corps de neishaan... Qu'allait-elle faire ? Les torhils n'étaient pas réputés pour leur subtilité ni pour leur amour du dialogue. Et bon sang, ce cri ! La voix était devenue la sienne, et s'entendre ainsi hurler suffisait à effrayer Meccaya, à craindre énormément pour les deux lui ici présents. Iel ne voulait, dans aucun cas, se voir blessé, ou pire. La torhille essayait de se relever... Iel restait figé. Ses yeux se baissèrent sur ses propres mains, et ce qu'un instant iel avait eu peur d'imaginer s'avéra être réel: iel avait le corps de la torhille.

Ce fut comme un électrochoc. S'iel n'était pas si raciste des torhils (pour un neishaan), iel refusait néanmoins d'en être un. Autant iel voulait bien devenir ondin, autant torhil... Certainement pas ! Cela ne lui correspondait pas du tout ! Lui qui rechignait à tout travail physique, être dans un corps naturellement doté de force... Ce n'était pas ce qu'il lui fallait. Iel voulait retrouver ses cheveux blancs, et tant pis si la forme de son visage ne lui plaisait pas, c'était toujours mieux qu'être torhil !

Iel auriat voulu s'exprimer, dire que lui aussi ça ne lui plaisait pas et qu'iel n'y était pour rien. Mais sa camarade ne lui laissa pas le temps. Elle chanta. Meccaya trouvait cela bizarre de s'entendre chanter, sans être dans sa propre tête. De même, iel trouvait bizarre que sa voix puisse être à l'origine de tant de bouleversements. C'était impossible... Iel ne chantait pas aussi bien, iel ne maitrisait pas autant son don.
Le souffle rendu faible et haché par la crainte que lui inspirait son autre lui, l'androgyne observait avec des mouvements de proie paniquée le monde autour de lui, qui changeait. Le marécage qui s'asséchait, la terre qui devenait dure, craquelée, puis, dans un bruit fort et grave, se déchirait, faisait tanguer mon personnage, et rendait le chant de sa compère difficilement audible. Le ciel devenait noir, les ombres était désormais celles de montagnes aux flancs découpés à la hache des guerres, et des éclairs frappaient le sol, illuminant de brefs instants le visage désormais assombri par la colère et la violance de la torhille devenue neishaane. Meccaya se tenait en retrait, ses mains devant lui, prostré, craintif. Elle ne lui laissait pas le temps de parler. Et avec le tonnerre, il lui semblait que sa voix porterait mal.

"- Je..."

Sa voix le surprit. Une voix de femme, et une voix qui portait bien, sans avoir à forcer sur les cordes vocales. Il lui semblait que son corps résonnait du son qu'iel venait de produire, alors que jadis iel peinait à extraire des mots bas de sa propre gorge. Remis de ce choc auditif, iel continua:

"- Je n'y suis pour rien, rendez-moi mon corps !"

Un grondement plus sourd, plus fort. Meccaya leva son regard vers le ciel. Les dragons fuyaient. Non, restez ! Son regard fut attiré par le volcan, là-bas, qui venait d'envoyer vers le ciel une colonne de fumée et de feu. Son coeur manqua un battement. Iel se jeta presque sur sa camarade devenue lui, et l'agrippa par le col (bon sang, qu'iel lui paraissait petit, désormais !).

"- Rends-moi vite mon corps, toi ! C'est le seul moyen de s'en sortir ! Ca, ou le sacrifice à Solyae. Et je n'ai pas envie de mourir pour survivre !"

Iel parlait peut-être même trop fort, tant iel n'était pas habitué à ce corps. L'ex-torhille put le voir offrir un dernier regard terrifié au volcan. Le feu. Le feu était toujours trop proche. Il fallait fuir le feu. Peut-être même qu'elle pouvait entendre le coeur de Meccaya battre tant iel avait peur. Ses petits poings étaient serrés sur son col, iel attendait d'elle la solution, et pour lui, c'était évident: tout irait mieux s'iel était neishaan, et elle torhille ! L'idée d'autres alternatives ne l'effleura pas...
Vérane Kaalendash
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MessagePosté le: Mer 23 Juil 2014 - 15:19 Répondre en citantRevenir en haut

Plus les éléments se déchaînaient et plus Meccaya s’agrippait à elle. La terreur les tenait tous les deux. Elle comprit qu’il n’appréciait pas plus qu’elle cette mutation et elle sentit une grande impuissance à faire s’arrêter l’échange des personnalités, des corps et des esprits. Alors elle chanta d’autres airs plus calmes…

Le volcan disparut pour laisser place à la forêt qu’elle connaissait mieux et l’air devenait moins électrique. Elle s’astreint à continuer ses litanies enfantines comme pour conjurer le sort et elle se sentait de plus en plus légère, si légère que le souffle du vent l’emportait…
Elle agrippa la main de son compagnon.

Je m’envole… Tiens-moi… ancres-toi au sol ou je vais disparaître !
Je ne veux pas être toi et tu ne veux pas être moi, mais je ne sais comment faire pour inverser cette malédiction.


Elle flottait en l’air et Meccaya avait de la peine à la retenir, malgré la force qu’il avait acquis en même temps que le corps de Vérane. Le vent semblait vouloir l’emporter et ses cheveux blancs virevoltaient lui occultant les yeux de temps en temps. Elle luttait pour rester près du sol et elle s’évertuait à garder les yeux ouverts et la maîtrise du regard de ce qui l’entourait.

Attache-moi ! Je vais lâcher bientôt, il faut que tu m’attaches… au tronc de cet arbre là… que tu me lestes d’une pierre comme pour me noyer…

Le vent tout à tour mollissait et se renforçait comme pour jouer avec eux. Leurs mains devenues moites commençaient à glisser, les doigts crispés à avoir des crampes… Vérane sentait même son âme s’envoler… son esprit vagabondait déjà dans des nuées jamais explorées…
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 28 Juil 2014 - 15:13 Répondre en citantRevenir en haut



Le monde s'était calmé, autour d'eux. Meccaya se calma enfin. Les dragons allaient-ils revenir, désormais ? Son regard partit vers le ciel, à leur recherche. Il lui sembla que quelques silhouettes planaient timidement au-dessus de leurs têtes. Si les dragons étaient là, tout allait bien. Enfin, presque. Les paroles de sa camarade de mésaventure le ramenèrent à terre. Elle avait agrippé sa main, sans son consentement ! Et que racontait-elle ? Elle s'envolait ? Ah, c'était bien une torhille ! Quelques kilos en moins, et elle ne sentait plus son propre poids ! Bon prince, Meccaya lui laissa sa main, si cela pouvait lui faire plaisir. Elle lui faisait confiance, tout de même ! Avouer comme cela qu'elle ne pouvait rien y faire, alors qu'elle menaçait de s'envoler... Quelqu'un de plus égoïste que Mecca l'aurait laissée s'envoler, si elle n'avait point la solution.
L'androgyne, lui, ne s'envolait pas, loin de là. Pas besoin de bien s'ancrer dans le sol: la gravité tenait le coup, pour lui, et ses jambes n'avaient aucun effort à fournir. Ceci dit, la force de ses bras lui servait peu, également. L'ancienne torhille était désormais une véritable savonette, qui persistait à glisser entre ses doigts sans prendre en compte la façon dont iel la tenait. Iel essaya pourtant différentes méthodes, mais rien n'y fit. Elle persistait à glisser.

Mais la jeune femme eut une idée: il fallait l'attacher à un arbre ! Oui oui, cela semblait possible... Mais il faudrait pour cela la tenir jusqu'à un arbre. Oui, il faudrait, il faudrait... Meccaya cessa de bouger, un moment, le regard dans le vide, l'esprit occupé à... Rien. Oui, mon personnage eut un instant de bug. Et le bug dura suffisamment longtemps pour permettre à Vérane de s'envoler. Quand Meccaya se décida enfin à aligner à nouveau ses neurones, elle n'était plus là.
Et cela n'inquiéta pas plus que cela le neishaan. Le monde était devenu tout léger, tout à coup. Lui, iel avait récupéré son apparence. Ses cheveux blancs, son regard noisette, ses bras-brindilles... Son attention fut tout de suite captée par quelque chose de neuf:

"- Une Mystica Floridae ! Je croyais qu'on ne les trouvait que dans les légendes !"

Mon apprenti herboriste trottina vers ladite fleur. Grosse, bicolore (rose et bleue), elle semblait entourée d'un halo de lumière. Iel voulut poser la main dessus.

"- Non," lui fit la fleur. "Va d'abord briser le rocher azuré."

La mission s'ancra dans l'esprit de Meccaya qui se sentit alors sujet à un impérieux désir de s'occuper du rocher. Sa mission ultime, le but de sa vie. Iel tourna la tête. Au bout du mairais, sur une sorte de falaise, perché sur un dolmen, ledit rocher ne pouvait se manquer. Rond comme un oeuf, azuré, parcouru de nervures de lumière bleue qui palpitaient. Il fallait le détruire, pour la fleur des légendes.
Le regard de l'androgyne pétillait des émotions qui le parcouraient, ces émotions que l'on ressent en accomplissant quelque chose de grand. Sans se soucier de l'état de ses bottes, iel galopa dans les marais puis, sans craindre d'abîmer ses jolies mains, se hissa sur le dolmen. La pierre était rêche et rapeuse, une vraie langue de chat. Restait à espérer qu'elle ne le mange pas. Debout, sur la pierre, Meccaya observa un moment le sol avec appréhension. Iel ne pouvait pas vraiment bouger, son support était trop étroite, et sans doute peu fiable. Devant lui, en contrebas, cela grouillait de petites couleurs, sans qu'iel puisse pour le moment distinguer de quoi il s'agissait. Mais cela n'avait pas d'importance.
Iel leva la main, une épée y apparut. Une épée à la lame bleue. Iel la brandit, pour qu'elle reflète la lumière de Solyae.

"- Par les pouvoirs qui me sont conférés, moi, Meccaya Im'Awhël, enfant des neishaans et de la toxine, je vais pourfendre ce rocher !"

Cela n'avait aucun intérêt de prononcer ces mots, en théorie. Pourtant ce fut comme s'ils alimentaient la puissance de l'épée. Elle en parut plus tranchante, son bleu parut plus vif et lumineux. Pourfendre un rocher n'était pas bien héroïque, les pierres n'étaient pas réputées pour leur férocité en combat. Cela n'avait pas empêché Meccaya de prendre un ton grave et solennel, en criant ces paroles, pour que même la fleur puisse les entendre.
D'un geste, un mouvement, comme pour jeter nonchalamment de l'encre sur une feuille, l'épée de l'androgyne fendit l'air, puis le rocher, puis le dolmen. Oh ! Iel n'avait pas imaginé que ce serait si simple ! Le dolmen s'effondra, Meccaya laissa échapper un début de cri de stupeur qui fut finalement remplacé par un cri de douleur quand son coxys rencontra le sol. Les chutes des pierres et du corps avaient soulevé un nuage de poussière qui piqua les yeux de mon personnage, alors qu'iel luttait pour se redresser. Finalement la poussière retomba. Dans les cendres du rocher azuré, Meccaya retrouva sa camarade torhille. Mais elle paraissait n'avoir plus que cinq ans environ. Un liquide amniotique bleuté parcourait sa peau. L'androgyne la prit sous les aisselles et la sortit de cet amoncellement de pierres, trop dangereuses pour elle. Allait-elle bien ? Iel s'avança sur le bord de la falaise et, pour mieux vérifier son état de santé, la brandit à bout de bras, vers le ciel...
...Et vers la foule d'animaux en contrebas, qui laissa échapper des cris de joie. Hennissements, aboiement, glapissements, tout y était. Tout ce beau monde accueillait l'enfant torhille, qu'un rayon de lumière éclairait désormais. Meccaya baissa le nez sur tous ces animaux en contrebas. Qui était donc cette jeune femme tant appréciée des bêtes ? Iel observa à nouveau l'enfant...
Vérane Kaalendash
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû 2014 - 21:14 Répondre en citantRevenir en haut

Il l'avait lâchée... Il l'avait lâchée et elle avait été aspirée comme un ballon de baudruche par les courants ascendants. Elle planait dans les airs au-dessus de la canopée d'un vert incroyable et elle ne voyait plus ni ses mains ni ses bras. Pourtant, elle sentait le vent sur sa peau, mais comme un souffle tiède. Elle ne contrôlait rien et son corps semblait s'être dissous quand Meccaya avait rompu le contact en lâchant sa main. Elle n'éprouvait ni peur ni colère, ce qui la surprenait, mais était éminemment confortable, comme ce vent chaud qui la portait, qui la ballotait tendrement.

Elle ferma les yeux.

Il faisait noir. Le chuintement de l'air à ses oreilles comme une palpitation apaisante. La tiédeur qui l'enveloppait lui rappelait confusément quelque chose mais elle ne voulait pas se torturer l'esprit avec des questions.

Un bruit sec tout à coup comme un craquement et elle est surprise, rouvre les yeux... mais elle est encore aveugle et sa mémoire est comme effacée. Où suis-je ? Qui suis-je ? Je n'ai pas mal. Suis-encore vivante ? Oui mais je n'ai pas mal. Je voudrais parler mais aucun son ne sort de ma bouche. Alors j'essaie de crier mais le cri qui me vrille le cerveau ne franchit pas mes lèvres... Ma vision est floue, je vois la lumière et j'entends des sons feutrés, mais je ne comprends ni ce que je vois ni ce que j'entends...

Un déchirement et la tiédeur qui me protégeait et m'emprisonnait fait place à des sensations plus dures de froid et de chaud. Je ne sais plus. Je suis Vérane Kaalendash mais je n'existe plus. Ou peut-être que j'existe enfin ? Mes yeux ne s'adaptent que très lentement aux alentours. Je sens des mains qui me portent, je sens une poitrine accueillante qui adopte mon corps... Maman ?

J'y vois de mieux en mieux. Le visage près du mien n'est pas celui de Maman. C'est lui ! Que m'a t-il encore fait ? Pourquoi Est-ce que je me sens encore aussi faible ? J'ai envie de le frapper mais mon corps ne m'obéit pas
.


Kaa...Kaa...Kaa...

Je les entends et je tends mes petits bras vers eux. Ce sont eux, ma famille, les hiboux et autres oiseaux, les rats et autres rongeurs, les cerfs, les daims, les loups... Pose-moi !... Pose-moi parmi eux.

Iel dépose la petite fille assise au milieu des animaux de la forêt qui la sentent, la lèchent, lui prodiguent caresses et chants. Et Vérane grandit, grandit, grandit sous leurs yeux aimants.
Elle est redevenue "elle", il est redevenu "Iel" et ils savent qu'ils doivent rapidement se séparer avant que l'enchantement de leur rencontre ne les envoûte encore.

Vérane s'éloigne d'un pas souple et sûr puis se met rapidement à courir de toute sa puissance retrouvée. Autour d'elle, des bruissements, des froissements, des halètements, des frôlements, des bourdonnements...

Dites-lui merci pour moi...
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 6 Aoû 2014 - 13:30 Répondre en citantRevenir en haut

Comme les animaux semblaient ravi de voir cette enfant ! Qu'avait-elle de plus que lui ? En apparence, rien. Meccaya essaya même de la renifler, pour voir si elle avait une odeur particulière, mais son odorat d'humain ne distingua rien. Quand iel détacha les yeux de la petite pour observer les animaux, ces derniers avaient escaladé la butte et se tenaient auprès de lui. Ils le reniflaient, lui, reniflaient l'enfant, léchaient son visage... Mais Mecca vit aussi des lapins chanter et des daims lui jeter des fleurs. Iel haussa un sourcil, à la fois surpris et un peu jaloux. Bon, pourquoi pas, après tout. Iel en avait vu d'autres.
Quand les bêtes commencèrent à vouloir lui arracher l'enfant des mains, iel ne se fit pas prier. La pression que lui mettaient les animaux, d'un côté comme de l'autre, lui donnait l'impression qu'iel allait se faire dévorer s'iel ne leur laissait pas l'enfant. Alors ni une ni deux, iel la déposa par terre et, du mieux qu'iel put, se fraya un chemin au milieu de la foule. Lorsqu'iel fut à une distance respectable, iel osa se retourner un bref instant. Iel vit alors un étrange spectacle: l'enfance grandissait à vue d'oeil, au fur et à mesure des chansons des animaux, qui la choyaient, l'encourageaient. Le tout baignait dans une ambiance incroyablement naïve. Et même mon androgyne, qui était quand même bien niais, se sentait mal à l'aise devant cette scène. Iel reprit sa fuite, effrénée, sans chercher à en voir d'avantage.

Mais bientôt, sur sa route, s'interposa un écureuil. La petite bête étendit les bras vers lui, pour le remercier. Meccaya n'y fit néanmoins pas attention, et continua de courir, passant à côté de l'animal sans y faire attention. Quelques mètres plus loin, cinq animaux lui faisaient barrage, en lui chantant des "merci" rythmées et enjoués. Là, cela devenait un peu inquiétant. Mais l'androgyne les esquiva sans plus de peine. Quelques mètres plus loin, un véritable barrage d'animaux le remerciait en chantant, en jetant des fleurs et des fruits et légumes de saison dans les airs. C'était véritablement inquiétant, et oppressant. D'autant plus oppressant que les animaux formaient un cercle autour de l'androgyne. Un cercle qui se refermait de plus en plus, suivant le rythme du chant. Etait-ce là ce qu'avait subit l'enfant ? Iel e se sentait pas grandir. Comment avait-elle fini ? Peut-être aurait-iel dû rester avec elle. Les animaux se rapprochaient. De plus en plus. Beaucoup trop. Iel étouffait.
Puis tout cessa brusquement.

-----


"- Mecca ?"

L'androgyne avait les yeux ouverts depuis quelques minutes à peine. Dans l'obscurité de sa chambre, iel ne s'était pas encore levé. L'attrai du matelas, bien sûr, mais surtout beaucoup de perplexité par rapport à son rêve. Oh, c'était commun, des rêves sans queue ni tête. Celui-là avait néanmoins été assez réaliste dans ses ressentis (le froid, le vent, le toucher de la pierre) pour qu'iel s'y intéresse même après son réveil. Iel voulut faire l'effort de se le remémorer en entier, mais il n'y avait nul effort à faire: sa mémoire lui retrouva l'intégralité de son rêve. C'était étrange. Troublant. Iel se souvenait aussi de la Mystica Floridae, pour laquelle iel avait brisé le rocher, sans retourner la voir ensuite. Quel idiot ! Il allait falloir qu'iel se montre un peu plus attentif, sans quoi iel n'arriverait jamais à rien, oniriquement parlant.

"- Debout, Mecca !
- J'arrive !"


Mais comme le monde hors-rêve ne supportait pas que l'on s'attarde trop sur l'autre monde, il fallait qu'iel laisse un moment son trouble de côté pour s'atteler à des occupations plus pragmatiques: manger, se laver, et surtout, vivre la dernière journée de ses dix-neuf ans !
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