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Yong'Wu Zenghwei
Maitre Dragon
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MessagePosté le: Lun 30 Juin 2014 - 05:17 Répondre en citantRevenir en haut



La lueur orangée des flammes illuminait l'avant de son corps tandis qu'il se tenait fièrement face au spectacle. Son visage peint dans une mine de sombre contentement, les yeux clos et les muscles de ses arcades se nouant ensemble sur son front, creusant des sillons dans sa chair tandis que sa bouche était légèrement étirée dans un très léger sourire.

Ses bras battaient dans les airs à un rythme régulier et sec, les muscles de ses bras se contractant à chaque mouvements, comme si son être tout entier vivait sur la mesure d'une musique que lui seul pouvait entendre. Ses mains étaient en mouvements, ses doigts se crispant sous des notes puissantes qui ne retentissaient pas dans les airs, il se tenait là, sur le haut de la colline n'admirant même pas son oeuvre, préférant simplement imaginer une symphonie accompagnant ses actes et dont il dirigeait les différents instruments.


Il vivait, il sentait d'ici la chaleur sur sa peau tandis que ses vêtements d'un rouge profond voletaient à chacun de ses gestes. Les tissus superposés se mêlant et se démêlant à une vitesse folle à un tel point que l'on aurait cru ceux-ci mû par une vie et une volonté propre. La pluie tombait à torrents sans pour autant éteindre les grandes flammes, mouillant sa chair, alourdissant peu à peu les voiles de sa riche tenue, l'eau ruisselait sur son crâne nu, passant sur son visage tels des gouttes d'une sudation bien trop importante pour un corps.

Il jeta sa tête en arrière, faisant toujours de grands gestes dans les airs, sa bouche s'entrouvrit sur un rire muet montrant le nacre de ses dents, le sourire qui bardait sa face était celui d'un être proche d'un sentiment extatique. Les jambes fermement campées dans le sol il appréciait cet instant pleinement et pourtant il ne pouvait le voir.

Ce ne fut qu'au bout de plusieurs minutes qu'il se permit d'ouvrir les paupières, plissant celles-ci immédiatement sous l'intense lueur. Une véritable fournaise, un feu dévorant absolument tout sur son passage. C'était devant de telles visions qu'il parvenait plus ou moins à comprendre que l'on puisse croire en l'existence du divin. N'était-ce tout simplement pas magnifique ?


Le rire cessa d'être muet et monta crescendo de sa gorge, les mains posées sur les cotés de sa tête nue, passant lentement sur la chair rasée de si près que l'on aurait pu croire à une calvitie. Il voyait et vivait, ses doigts gambadèrent un instant dans l'humidité de l'air avant que sa main droite ne vint saisir la poigne de son arme. Caressant le cuir de celle-ci comme le plus doux des matériaux avant de brandir au clair, d'un geste d'un seul, l'acier de la lame, les flammes se reflétant sur le métal poli à souhaits.

Qu'il était bon d'être lui à cet instant, qu'il était bon d'être vivant, témoin et auteur. Ses yeux se posèrent sur les silhouettes noires en bas de la butte et il sorti sa langue dans l'air, goutant celui-ci tel un reptile. Il remua l'appendice rosâtre quelques secondes avant de rentrer celui-ci en faisant racler ses incisives supérieures sur le dos de sa langue. Il pouvait encore entendre la musique, celle-ci continuait encore et toujours et n'atteindrait son final que lorsqu'il aurait enfin terminé, pour l'instant il devait profiter...


Ce ne fut qu'en quelques pas rapides qu'il se trouva maintenant dans la marée de silhouettes en guenilles. Il sentait leur odeur corporelle forte ; des corps mal lavés, en sueurs, pétris de peur et d'incompréhension. Tel du bétail, ils ne pouvaient saisir ce qui se passait tandis que le morceau d'acier se teintait de rouge sous des mouvements souples et accompagnés de pas ressemblant presque à de la danse. Crescendo, il sentait dans ses veines battre un liquide puissant, propulsé par un muscle tout aussi puissant. Il était une divinité, il était celui qui jugeait ce qui vivrait ou non.

Ses mains se croisèrent avec celles d'une autre et il emmena la demoiselle dans quelques pas de danse, celle-ci criant d'effroi face au géant qui l'obligeait à marcher en direction des flammes avec lui. Il tenait ce petit être tout contre lui, la tête de la femelle plaquée sur le haut de ses abdominaux et étouffant ses cris de détresse, la lame toujours en main il tenait tout de même emprisonnée le bras de la chose, l'emmenant, dansant de façon presque amoureuse avec elle, vers le crépitement du feu.

Il l'obligea à reculer pour plonger ses yeux dans les siens et lui offrit un sourire charmeur. Il était frappée de mutisme face au tranchant irréel de la situation. D'un baiser presque tendre il embrassa son front avant de la projeter, d'un coup de pied, dans le brasier. Il éclata de rire et ce fut en se retournant qu'il croisa un homme assez large d'épaules à l'air déterminé qui courait vers lui.

« Sebastaelo ! Enfin nous pouvons croiser le fer ! Viens donc et frappes, nul n'en a plus le droit que toi ! »

La forme s'approchait, furieuse, il pouvait presque goûter la haine qui s'écoulait des pores de l'être. Qu'il était bon de voir un coeur si brave ! Qu'il était glorieux de pouvoir admirer la bêtise qui composait leurs êtres !

« Souviens t'en ; je fus l'architecte de ta déchéance. Mais aujourd'hui tu as l'occasion, tant recherchée, de me faire payer mes bassesses ! Saisiras-tu la chance que je t'offre en ce jour Sebastaelo ? »

Sa voix était d'un dramatisme forcé, théâtrale. Une pièce improvisée, jouée par et pour lui seul. Il recula d'un pas, se mettant dans une posture de combat exagérée à l'extrême pour une audience invisible. Le feu non loin cuisait presque sa peau, rafraîchie grâce aux torrents du ciel et qui protégeaient celle-ci d'une chaleur presque insupportable.

« Viens ! Croisons le fer une dernière fois avant que les lunes ne s'éteignent ! Sous le regard des dieux nous nous battrons sanguine extremis ! D'entre cet affrontement sortira le vainqueur, le seul qui pourra clamer sien, le coeur de la douce Rosalina ! Je t'attends donc Sebastaelo ! »

Ce ne fut en rien un duel, l'homme n'était pas armé. Sa chair était gravement brûlée par l'incendie, à un point qu'il ressemblait plus à un plat trop cuit plutôt qu'à un être humain. La colère et l'adrénaline lui avaient certainement confiés les forces nécessaires pour s'extirper des flammes avant qu'il ne soit trop tard. Yong'Wu s'écarta d'un pas pour laisser passer l'homme en furie mais ne s'arrêta pas là ; sa main libre l'avait poussé dans le dos tandis qu'il l'embrochait sur sa lame avec l'aisance d'un couteau chaud plongé dans du beurre.

Il admira un instant les gouttes de sang qui sortaient de la bouche de l'être et retirant son fer, l'obligea à tomber à genoux avant de passer dans son dos. Posant la lame sur le cou du mourant avec un sourire satisfait. Il reprit son petit jeu d'acteur, la voix forte et puissante, claire pour être audible d'un public composé d'une personne.

« Tu fus un valeureux adversaire Sebastaelo ! Mais comme alors il te fus annoncé ; je suis le seul à pouvoir prendre pour mien son coeur. Je loue cependant ton courage et t'offres une mort digne de tes exploits. Adieu Sebastaelo, puisse le divin se montrer clément envers ta personne car je ne le puis malgré toute ma sympathie ! »

Le chef roula sur le sol et il essuya le sang sur sa lame sur le revers du reste d'habits du pauvre homme avant de ranger celle-ci. Tout avait été si parfait...

° Cesse donc de jouer. Je sais que tout ceci t'amuses mais nous avons bien d'autres choses à faire ! Il nous faut trouver le bon endroit où amener l'assassin de Da'jing. °

Yong'wu jeta un dernier regard aux flammes avant de lâcher un long soupir. Voilà que la musique touchait à sa fin, il n'avait décidément pas le droit à l'amusement, même maintenant. Encore et toujours le devoir !



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MessagePosté le: Lun 30 Juin 2014 - 05:17 Revenir en haut

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