Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Le choc des titans Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 28 Juin 2014 - 22:06 Répondre en citantRevenir en haut

L'impatience.
En plus de la chaleur, l'impatience les accablait. Pourtant ils étaient à l'intérieur, sous une relative ombre. Sur leur gauche, d'immenses fenêtres diffusaient de longues raies de lumières, qui s'écrasaient sur le sol dallé et sur les murs. La pierre ici était épaisse, de couleur sable, parfois légèrement dorée. Réhaussée de bleue, au niveau des colonnes qui la soutenaient, et du plafond, situé plusieurs mètres au-dessus de leur tête, cette pièce était longue comme une bonne écurie. Quelques sculptures ornaient les colonnes, des personnages mythiques étaient dessinés au plafond. En face d'eux, une grande arche, par laquelle on pouvait apercevoir la pièce adjacente, plus sombre, sans doute plus fraiche, non moins spacieuse.

Meccaya connaissait cet endroit. Iel avait lu un livre, qui se déroulait dans un désert... Et c'était exactement comme cela qu'iel imaginait les couloirs du palais royal. S'iel avait regardé à travers les vitres, iel aurait sans doute vu les multiples toits qui constituaient la ville. Néanmoins, un point différait, qui lui donnait une désagréable impression d'étrangeté, de chose-pas-à-sa-place. Au milieu du plafond, il y avait un trou. À travers ce trou, ce n'était pas la lumière du soleil qui passait et tombait par terre. Non. Comme si une rivière passait au-dessus du toit, c'était de l'eau qui tombait, depuis ce trou, par minces filets, jusqu'au sol, avec un bruit régulier de clapotis.
L'androgyne expira bruyamment. La chaleur donnait même l'impression que le souffle qu'iel expulsait sur sa lèvre supérieure était chaud, et humide. Son regard était bien dur, bien sévère, en ce moment. Iel savait qu'iel ne devait pas échouer. Pas maintenant. Un bref regard à ses côtés: comme lui, les hommes, femmes et androgynes portaient des habits longs, enroulés autour d'eux, peut-être un peu trop colorés, afin qu'on les distingue. Meccaya arborait fièrement le blanc et rouge. L'écharpe rouge ceignait son cou, ses mains dépassaient tout juste de ses immenses manches. Pourtant, iel était pieds nus. Mais iel n'aurait nullement besoin de marcher, en théorie. Sa monture le porterait jusqu'au bout. Ils seraient les plus rapides, les plus agiles, ils allaient vaincre !

Sa monture était unique. Le poil blanc, brillant, étincelant, pailletté. Sa crinière était incroyablement longue, rose pâle. Entre ses deux oreilles, une corne, torsadée, d'où émanaient quelques points de lumière. Meccaya flatta son encolure, en lui murmurant qu'elle était la meilleure.
Un bruit, un grand "clac". La licorne-chameau partit d'un seul coup au galop. Sa bosse était assez petite, Meccaya n'était pas trop déstabilisé, et arrivait relativement bien à tenir en selle, bien qu'iel fut cramponné à la crinière de sa belle comme si sa vie en dépendait. En même temps, au vu du nombre de cavaliers autour de lui, sa vie pouvait en dépendre. Une chute, et iel se faisait piétiner par des montures de cent fois son poids.
L'adrénaline montait, l'androgyne respirait fort, sentait ses muscles tendus et douloureux sous les efforts pour se maintenir à sa place. L'équitation est un travail complexe, qui demande de savoir gérer son poids, la force que l'on met dans chaque muscle, et sa position. Le dos travaille beaucoup, les jambes, les bras et les fesses également. Et là, Mecca' le sentait très bien. Les mouvements de sa bête lui paraissaient accentués, rapides. Compliqués à encaisser. Iel se mordit la lèvre, hurla un "hiya !" pour encourager l'animal. Son coeur battait trop vite à son goût, iel pouvait l'entendre, comme un tambour, en sus du rythme effréné des sabots et pattes environnants. Tous ses sens étaient en alerte, iel avait l'impression de ressentir le monde plus fort. Le bruit de ses adversaires, des montures, le raclement étrange de leurs souffles et cris, l'odeur des bêtes, la chaleur, l'humidité, la dureté des crins et de sa selle. Iel avait peur, mais iel avait aussi la rage de vaincre. Iel allait gagner ! Personne ne pouvait l'arrêter !

Notre duo venait de passer la moitié de la pièce, près de l'endroit où les filets d'eau tombaient du plafond pour rejoindre le sol. Comme iel avait l'impression d'être en tête, Meccaya jeta un coup d'oeil inquiet à l'arrière.

"- Nechama ?!"
Publicité





MessagePosté le: Sam 28 Juin 2014 - 22:06 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 10:49 Répondre en citantRevenir en haut

Nechama avait reçu des instructions claires : récupérer son cousin. Tout avait commencé avec Aaron et son père qui étaient venus le chercher chez lui. Bien mécontents, ceux-ci lui avaient expliqués que Meccaya l’avait suivi et n’était jamais revenu. Suivi où ? Nechama ne s’en souvenait pas. Mais très clairement, les deux hommes le prenaient pour responsable de la disparition de l’androgyne. Bien sûr, Nechama avait accepté d’aller le chercher. Aaron l’avait accompagné, mais leur route s’était séparée sans que Nechama ne se remette pourquoi.

Alors, l’inquisiteur avait rejoint ses amis. Cela avait été très compliqué car ceux-ci étaient sur un bateau en cheminement. Mais qu’importait toutes ces mésaventures –car ici n’était pas la place d’en parler. Il finit par découvrir que Meccaya avait été kidnappé et vendu au marché d’esclave. S’en suivit la recherche auprès du vendeur –un homme épouvantable ! si, si, outre son haleine et d’ailleurs toute son odeur personnelle qui… ah oui, bon… oublions ces détails également.
Il se trouvait donc que Meccaya avait été vendu à un collectionneur d’art. Puis, celui-ci avait participé à un cocktail et revendu son esclave pas si spécial à un collectionneur d’animaux exotiques. Alors, son cousin s’était enfui avec une magnifique pièce de la collection de l’homme : une licorne-chameau. Mais pas n’importe laquelle, monsieur, un modèle unique avec les sabots qui font le bruit de clochettes ! Oui, cette précision provenait du collectionneur. Bref, si nous oublions tout le temps passé à ces recherches et les demandes étranges des protagonistes qui s’y trouvaient –car ils voulaient à chaque fois une chose en échange de l’information- Nechama se trouvait au point mort.

Pourtant, ce ne devait pas être si dur à trouver, un Meccaya sur une licorne chameau aux sabots à bruits de clochettes ? Alors que Nechama, seul, se laissa quelque peu à l’abandon, il s’assit sur l’herbe fraiche. Drôlement rare cette herbe, ils se trouvaient non loin d’un lieu avec d’un désert –d’ailleurs, n’était il pas dans un désert récemment ? Etrangement, ce souvenir indistinct ne laissa en lui qu’une vague émotion incompréhensible en lui, un mélange de gout de sang et de profond malaise… Nechama se tourna et regarda le palais : immense, celui-ci avait une… rivière au dessus de lui. Cela expliquait les jardins luxurieux, c’était donc de là que provenait leur alimentation. Oui, c’était logique que tout cela.

AAAAHHH !!! COUSIN DE MALHEUR !!

C’était la minute où le contrôle de Nechama s’oubliait pour laisser surgir une vague de désespoir. Nechama s’était s’écrié pour lui-même, se tenant les cheveux, il se laissa choir contre l’herbe. L’odeur le rassurait un peu. Il avait envie de s’endormir ici, de laisser Meccaya. Mais malheureusement, ceci n’était pas une possibilité : son cousin était trop…. Iel…. Pour pouvoir être laissé seul. A ne pas en douter, il allait faire une bêtise, se mettre en danger, et mettre en danger d’autres gens avec lui. Il fallait qu’il se calme, qu’il pense comme son cousin. Ce qui était compliqué, son cousin pensait de façon totalement différente. Alors qu’il respirait doucement, une affiche se décida, avec l’effet d’une brise, à séjourner sur sa tête. Nechama s’en saisit alors et remarqua que c’était une publicité pour des courses. Le lendemain matin, celles-ci auraient lieu. Nechama n’aimait pas spécialement les courses : bien souvent, ses frères et sœurs animaux qui servaient de monture étaient battus.

Alors qu’il laissait le vent reprendre son butin, Nechama entendit le son d’une clochette. Sans attendre, il se releva et chercha autour de lui : une petite fille avait des clochettes nouant ses couettes. Déçu, Nechama observa l’affiche qui ne voulait point s’éloigner. C’est alors que l’inquisiteur entendit :

Moi z’ai des clozettes comme le zameau-licorne de la courze !!

Ni une, ni deux, Nechama voulu récupérer l’affiche. Sot qu’il était, c’était un signe du Rêveur qui l’aidait. Comment avait il pu une seconde douter ? Meccaya se trouvait il dans cette course ? Il fallait qu’il trouve où celle-ci démarrait : où était donc cette satanée affiche ? Elle qui jusqu’alors n’était portée d’aucune volonté de mouvement, se mit à se déplacer rapidement. L’inquisiteur dû même courir pour pouvoir à nouveau s’en saisir. L’affiche disait que les concurrents ne sortiraient pas avant la course… il n’y avait donc qu’un seul moyen de retrouver son cousin : participer. Mais…. Il n’avait pas de monture. Alors que cette pensée le prit dans son entièreté, il leva la tête et remarqua qu’il se trouvait devant une immense demeure. Chance le prit de remarquer que l’homme la possédant était un fils du Rêveur avec pour preuve son pendentif.

Les membres du culte du Rêveur s’entraidaient, si bien qu’avec quelques explications, le riche homme du désert lui proposa une monture. Celui-ci possédait une tigresse dent de sabre du désert blanche. Celle-ci aurait du mourir de par couleur, ne supportant pas le soleil. Mais elle était immense –une homme pouvait très bien la monter, dressée et rapide. Nechama accepta et alla s’inscrire : mais là encore, c’est une aventure à ne point réciter ici.


C’était donc le lendemain. Nechama n’avait pas pu voir son cousin. Et la course démarrait au sein même du palais. L’inquisiteur avait pris un autre nom –on ne savait jamais. Il se faisait appeler Ulfy. Quand il avait du donner un nom, il avait ri en imaginant quelqu’un trouver l’originel… mais pas moyen de se souvenir pourquoi cette émotion plaisante. Qu’importait ? Désormais, il devait trouver son cousin et l’empêcher de finir la course. Car… le gagnant obtenait la main de la fille du roi et cela, ce n’était a-bso-lu-ment pas envisageable ! Ramener son cousin, retrouver Aaron… D’ailleurs, où était il celui là ? Sûrement dans une taverne à se saouler et à séduire une femme… Mais il n’eut pas le temps de songer : la course débutait. Il ne voulait pas que la tigresse aille trop vite : il était hors de question de gagner. Il lui fallait juste trouver son cousin… et pour cela, il lui suffit d’écouter le bruit des clochettes.

Alors qu’il avançait, dépassant les candidats les uns après les autres… il comprit que Meccaya était… en tête. Nechama songea donc que tout le monde les observait, il faudrait la jouer fine… la jouer combattant. Et lui mettre une belle baffe pour qu’il ne recommence plus ! Ensuite, chercher le bordel le plus cher et y récupérer Aaron… Oui, ce plan semblait parfait.

Nechama ?

Nechama ne répondit pas, car ce qui lui venait à l’esprit n’était pas déclarable. De plus, il s’appelait Ulfy, vous avez oublié ? Mais Meccaya, distrait par sa vision, fut déstabilisé et Nechama put avoir sa tigresse qui sauta sur la licorne-chameau. Tombant à la renverse sur Meccaya, Nechama sentit le sol contre son dos : les dalles froides et dures…

ABRUTI DE COUSIIIIN !!

Ah, encore une fois. Meccaya avait ce don : faire sortir Nechama de ses gonds. Et ici, il se controlait moins bien que d’habitude. Si bien qu’il se vit -plus qu’il se sentit le faire- secouer l’androgyne.

Tu-fais-quoi-dans-cette-course ?

S’était il murmuré sans décroiser les dents. Oh, il allait le gronder. Mais là, le souci était autre : voilà que la garde s’avançait vers eux. Bien évidemment, ils faisaient quelque peu fous, là, à se secouer l’un et l’autre avec une tigresse dent de sabre du désert blanche et une licorne-chameau-à-clochette. Au milieu de la course. Les gardes parlaient une langue que Nechama ne connaissait pas si bien qu’il ne savait pas trop quoi répondre. Mais vu qu’ils tendaient tous leurs armes vers eux, l’inquisiteur leva les mains en signe de conciliation. Ils allaient finir en prison : c’était le seul détail sûr… et bien évidemment, il eu lieu. Les animaux et eux finirent dans une minuscule prison –à priori, c’était un délit que de gêner une course ici. Nechama se tenait bien droit et calme, fixant son cousin et son regard disait très clairement que c’était de sa faute. Il attendait là de savoir ce qui allait leur arriver… Mais ils étaient seuls avec leur frères et soeurs animaux... alors à quoi bon se disputer ? Autant en découvrir les fins mots, de cette histoire. Si bien que Nechama déclara :

Et… Depuis quand veux tu épouser les princesses ?
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 15:11 Répondre en citantRevenir en haut

Il y avait bien des endroits où Meccaya s'attendait à trouver son cousin. Dans sa chambre, en Undòmë, dans le salon, à cheval, dans le village, dans les latrines, à la limite. Mais sur une tigresse à dents de sabre blanche, au milieu d'un palais avec une rivière au-dessus, iel n'y aurait pas pensé. D'où sa surprise. Iel était à la fois heureux et jaloux de constater que Nechama était un excellent cavalier, et sa monture était fort rapide ! Ils allaient se partager la victoire ! à toute allure, ils venaient de changer de salle. Celle-ci avait des murs nus, n'était pas exposée au soleil, d'où sa fraicheur, avec un chouette plafond en ogives.

Car oui, une fois éjecté à terre par la bête de Nechama, Meccaya put admirer ce superbe plafond ! Le bruit des clochettes cessa, alors que le tumulte des pattes et sabots du reste de la course se rapprochait. Foutues tigresses ! On ne pouvait leur faire confiance ! Quels ventres sur pattes ! Meccaya avait l'impression que son pauvre crâne avait rencontré trop violemment le sol. Etourdi, assourdi par le bruit de la course et des armures qui s'approchaient, iel ne s'occupa que de frotter son pauvre crâne, en s'écartant du mieux qu'iel le pouvait du terrain où allaient passer ses concurrents. Mais c'était compliqué, étant donné qu'ils étaient tous tombé en une espèce de tas regroupant licorne-chameau, tigresse, ondin et neishaan. Mecca n'eut pas le temps de vraiment remuer et observer les gardes: ces derniers l'attrapèrent avant. En l'espace de quelques secondes iel se retrouvait en prison, face à un cousin qui paraissait fort mécontent. Ce qui pouvait se comprendre: ils avaient été si proches du but...!
Néanmoins, Meccaya connaissait suffisamment son cousin pour savoir qu'autre chose le tracassait. Il y avait du reproche dans son attitude. Mais iel n'avait rien fait ! Ce n'était pas de sa faute si la tigresse l'avait attaqué !

"- Et… Depuis quand veux tu épouser les princesses ?
- Pââârdon ?"

Les yeux de l'androgyne étaient devenus tous ronds sous le choc. Qu'avançait là son cousin ? Il était jaloux d'une princesse qu'iel n'avait pas ? Ah, non, hein ! Pas de ça entre cousin ! Il fallait tout partager ! Euh, non, ce n'est pas la bonne raison. Si la surprise avait menacé de le faire crier, c'est néanmoins d'une voix calme de parent inquiet qu'iel répondit à son cousin.

"- Nechama, par les dieux, tu me connais ! Tu sais que les princesses, je m'en moque comme de ta première flammèche ! "

Comprenant, ou du moins croyant comprendre ce qui venait d'agacer Nechama, l'androgyne vint vers lui. S'iel avait été un peu plus tactile, iel lui aurait sans doute tapoté l'épaule. Iel voulait le rassurer.

"- Ne t'en fais pas, aucune princesse n'occupe mon coeur. Par contre, j'ignorais que tu avais le béguin pour une femme. Tu me fais des secrets ?"

Toujours aussi calme. Pas même un petit sourire pour indiquer "EHO, JOKE INSIDE". Mais Nechama, qui le connaissait bien, comprendrait sans doute. Jamais iel n'avait poussé Nechama à lui avouer quoi que ce soit. Iel était trop craintif sur sa propre vie privée pour oser s'immiscer dans celle des autres -surtout des amis aussi chers que celui-là.
Un garde revint. Il les poussa hors de leur prison. Juste eux, les bipèdes. Et la porte qui, jusqu'alors, menait sur un couloir, débouchait désormais sur un grand cercle de sable, entouré de hauts murs de pierre lisse, par-dessus lesquels des gradins s'élevaient, où des milliers d'yeux les regardaient, avec impatience, avidité. Meccaya se sentait un peu... Ecrasé, par ces regards. Iel avait l'impression qu'on lui mettait la pression. Ou pire: que quelque chose allait lui arriver. Et quelque chose qui ferait plus plaisir aux gens qu'à lui. C'était mauvais signe. Habituellement, ce genre de sentiment arrivait lorsque les "camarades" de son âge, ou plus âgés, voulaient baisser son slip. C'est pourquoi iel s'accrocha à son pantalon. Face à eux, une jeune femme aux cheveux roux, vêtue de blanc, était assise en tailleur. Elle leva le bras. Et leurs adversaires apparurent dans l'arène.

"- Papa..."

Murmura Meccaya, avec de la peur dans sa voix.
Car oui, c'étaient bien leurs pères respectifs qui venaient d'apparaitre. Mais leurs pères, versions géants. Ils mesuraient bien quatre Meccayas. Ils paraissaient plus musclés, avec des dents de sabre, et des habits de torhils. La jeune femme assise en tailleur parla alors:

"- Que le combat commence."

Elle n'avait pas parlé fort, pourtant tout le monde avait entendu. Meccaya s'accrocha directement à Nechama. Lui ? Se battre ? Et pourquoi pas un chaton, tant qu'ils y étaient ? Ses petites mains se crispaient sur les bras de son cousin. Lui il était fort, il allait les protéger. Ou faire quelque chose. Le père de Nechama s'approchait d'eux bien vite, ce qui était normal, avec des jambes mécaniques (non ?). Soudain, un doute tourmenta l'androgyne qui, d'une voix hésitante, demanda tout bas à son bouclier humain:

"- Mais... Nechama... Ce n'était pas à toi de faire la vaisselle ?"
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 16:17 Répondre en citantRevenir en haut

"- Et… Depuis quand veux tu épouser les princesses ?
- Pââârdon ?"

Meccaya semblait abasurdi. Et cela n’étonnait qu’à moitié Nechama. S’il était sûr de deux choses concernant Meccaya, c’était de l’amour mutuel qu’ils se portaient et de la poisse que son cousin portait à tout le monde. Et cette poisse provenait notamment beaucoup du fait que Nechama aidait et protégeait toujours son cousin. Exemple simple : se prendre un pot de fleur parce que Meccaya flânait. Aller le récupérer par la main et se faire assommer à l’exact endroit où l’androgyne se trouvait tout ce temps durant. Et donc, là, très clairement, il était possible que Meccaya se fut mis dans les ennuis jusqu’au cou sans même s’en rendre compte ! Et Nechama le croyait… sans le moindre doute.

" Nechama, par les dieux, tu me connais ! Tu sais que les princesses, je m'en moque comme de ta première flammèche ! " Accompagnant ses paroles d’actes, son cousin se rapprocha de l’inquisiteur. " Ne t'en fais pas, aucune princesse n'occupe mon coeur. Par contre, j'ignorais que tu avais le béguin pour une femme. Tu me fais des secrets ?"

Nechama leva un sourcil, étonné, fixant son cousin. Bien évidemment, en tant qu’ondin, il faisait preuve de moins d’émotions physique qu’une personne normale. Mais devant son cousin, il se laissait aller sans trop les jouer.

Tu crois vraiment que j’ai l’esprit à penser aux femmes ces temps ci ? Nous sommes en prison. Mais sache que si la princesse ne te plaisait pas… et bien tu me dois une dette : le gagnant de la course devait l’épouser ! L’inquisiteur sourit. Peut être en fait aurai je du te laisser gagneeer… Cela aurait été si charmant que votre mariage !

Mais il n’eut plus le temps de se moquer de Meccaya. Ni même de songer à comment s’échapper : car on venait les chercher. Nechama utilisa sa mémoire pour se souvenir des lieux, on ne savait jamais ? Mais rapidement, il comprit que ce n’était plus nécessaire puisqu’on les conduisit à l’arêne. Une femme les attendait au centre de celles-ci, et la fixant, Nechama murmura à son cousin :

Ah, ce doit être ta future bien aimée… Tu devrais t’agenouiller avec une bague pour te faire pardonner… Tu as besoin de ma bénédiction ?
"- Papa..."
-Comment ça papa ? Tu veux la bénédiction de ton… pèr…e ?

Nechama, disant cela, avait levé les yeux et avait vu les deux titans. Et cela l’avait literrallement tétanisé.

"- Que le combat commence."

Non, ce n’était pas possible… Qu’est ce que c’était que ça ? Qu’était il arrivé à son père et à celui de ses cousins ? Ils étaient immenses : des titans prêts à les dévorer comme s’ils étaient de simples légumes grillés. Et, Meccaya, apeuré, restait caché contre lui. Enfin derrière lui : clairement, il ne fallait pas compter sur lui à ce moment là. C’est alors qu’à sa respiration, il sentit que son cousin avait une idée à leur proposer, et c’était tant mieux car là, ils en avaient bien besoin.

"- Mais... Nechama... Ce n'était pas à toi de faire la vaisselle ?"
-La vaisselle ? Tu penses à la vaisselle maintenant ? Mais… mais… MAIS POURQUOI ????

Il prit son cousin par la main et ils allèrent se mettre à l’abri. Heureusement, les deux géants étaient lents. Nechama regarda son cousin, déjà épuisé d’à peine quelques centaines de mètres de course. Ils étaient mal barrés : il fallait se débarrasser d’eux très vite. Nechama avait beau les observer, ils ressemblaient énormément à leurs parents. Pourtant, ceux-ci ne les auraient jamais attaqués… Et pourquoi étaient-ils immenses ? Quelle sorc… la femme. La rouquine…. Oui, c’était elle la cause de tout cela. La sale garce, la catin, il la tuerait ! Il lui arracherait le foie et le donnerait à manger aux corbeaux ! Attendez… un foie. Des souvenirs lui revinrent alors que les géants étaient trop proches. Mais si ceux-ci étaient bien leurs parents, alors ils pourraient agir.

Père, mon oncle : Meccaya…. A amené Aaron dans un bordel et il y est tombé amoureux !!!

L’inquisiteur poussa Meccaya pour que celui court et cela fonctionna : les deux parents choisirent de s’occuper de son cousin. Bien évidemment : Aaron vaquait toujours à ses activités sans songer à l'amour, si bien que les pères n’en pouvaient plus. C’était même devenu une blague de repas de famille : le père de Meccaya et d’Aaron désirait voir son ainé se marier. Mais ceux-ci craignaient que le jeune homme ne craque pour une femme de faible vertue. Pauvre fou qu’il était : connaissant bien son cousin, c’était peu probable que cela arrive rapidement ! Mais qu’importait, grâce à la rapidité de son cousin, Nechama avait le temps de se protéger. Comment avait il pu oublier son plus puissant allié ? Le pire monstre qu’il eut remporté… du moins le pire monstre humain puisqu’il n’y avait rien de pire qu’un sorcier. Ah, comment avait il pu penser ainsi ?!? Mais il n’était temps de se fustiger en reproche : il fallait agir vite !

Sur le sable de l’arène, il traça les symboles si connu. Des chiffres alignés : 55-61-42. Puis, il écrit cannibalisme au sol et appela donc ainsi :

Viens à moi, mon plus fidèle croyant ! Je t’invoque ! Ulfgar !!

Et, maintenant qu’il y pensait… une invocation, c’était de la magie non ? Ah non, sans doute pas : pas possible… ce n’était pas un sorcier. C’était le Rêveur qui lui prêtait ses pouvoirs… Oh, Rêveur bien aimé. Oui, il s’en souvenait désormais : il avait testé les corps en retirant les foies. Et ainsi, dans un nuage de fumée et de sable qui s’élevait, apparu le géant. Deux iris gelés, une peau qui était légèrement halée –bah oui, il venait de la ville du désert d’à coté. Le géant roux arrivait et avec lui, du sang. Sans doute faisait-il un massacre ? Qu’importait. Il semblait même plus grand que dans ses souvenirs… Oui, c’était normal. Après tout : il allait combattre ses deux pères. Et lui, Nechama, devait en profiter pour tuer la sorcière : elle avait osé s’en prendre à sa famille, il jouirait quand il la décapiterait. Et peut être même ferait il preuve d’une faiblesse, comme s’il s’était trompé…. Et elle souffrirait bien plus. Il avait tout sur lui, les liquides pour empêcher la coagulation… et ceux pour la garder bien éveillée.

Tout d’abord, il récupéra un Meccaya : ce fut aisé, l’androgyne se jeta presque sur lui quand il remarqua le géant roux. Il semblait si effrayé que Nechama ne comprenait pas même ce qu’il signalait. Mais il lui désigna la femme rousse et lui hurla :

C’est une sorcière ! C’est elle qui a ensorcelé nos pères ! Il faut la vaincre Meccaya !

Il se saisit de son cousin et jamais celui-ci n’a du le remarquer si calme. Car jamais, bien évidemment, il ne l’avait vu avant d’officier son travail. Sa voix était posée quand il continua en ces termes :

Meccaya. Tu aimes nos pères n’est ce pas ? Tu ne veux pas les voir rester des titans. J’ai besoin de toi : on doit sauver notre famille. On doit tuer cette femme… Ulfgar gérera nos pères mais il risque de les tuer : il nous faut assassiner cette fille avant ! C’est une sorcière, une méchante. Je n’en ai pas envie, et tu n’en as pas envie non plus… mais on le doit, tu comprends ? Il faut que tu lui parles pour l’occuper afin que je puisse l’approcher ! Tu le peux, n’est ce pas ?

Oh… bon… d’accord : il en avait envie. Mais il ne fallait pas le dire ça…
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 2 Juil 2014 - 19:49 Répondre en citantRevenir en haut

Pourquoi la vaisselle ? Parce que Meccaya pensait n'avoir rien d'autre à se reprocher. Iel avait juste "malencontreusement" eut un besoin urgent au moment de faire la vaisselle, hors sommeil, et avait gentiment demandé à son cousin de s'en occuper. S'il avait oublié, il aurait été normal que leurs pères soient furax. Après, furax à ce point, pour une soirée de vaisselle, c'était peut-être exagéré. D'autant plus que Nechama et lui aidaient régulièrement leurs familles respectives, il n'y avait pas de raison pour leur en vouloir à ce point !
Meccaya se retrouva brusquement entrainé plus loin des géants. Heureusement que Nechama courrait assez vite, et avait assez de force pour le trainer, car iel ne l'aurait pas suivi autrement. Déjà, une fois qu'ils furent à l'abri, iel se sentit obligé de reprendre son souffle, et soulager un peu ses membres douloureux. Son regard se dirigea vers les titans, qui venaient vers eux d'un pas lent, puis vers Nechama, qui paraissait songeur. Brusquement son cousin se mit à crier.

"- Hein, que quoi ? Mais non j'ai pas fait ç-"

Iel n'eut pas le temps de finir. Nechama le poussa vers les monstres. Iel tomba par terre, se redressa à toute allure. Un monstre-père tendit la main vers lui. Meccaya la vit, lentement, passer au dessus de lui. D'un bond, iel se jeta sur le côté. Iel sentit les vibrations dans le sol, le souffle de la main qui s'écrasait derrière lui, la poussière qui volait, qui le fit tousser. Alors qu'à nouveau iel se levait, un bruit le surprit. Se retournant, iel vit Nechama, et, devant son cousin, un nouveau titan, au moins aussi impressionnant et terrifiant que les autres, et semblait être apparu dans un nuage de sang. Comme il se dirigeait vers leurs parents, Mecca comprit que c'était un allié, et que Nechama l'avait fait venir. Ca n'empêchait pas qu'il avait été vache, quand même, de l'envoyer vers les titans, lui qui était si petit, si fragile ! Bon, oui, il était vrai que Meccaya avait voulu utiliser son cousin comme bouclier humain. Mais le rapport de force n'était pas le même ! Donc le niveau de vacherie de la chose ne l'était pas également. Vous me suivez ? Non ? Tant pis, je continue, vous relirez une autre fois.

Pour éviter d'être au milieu des titans lors de leur combat, Mecca se rua vers l'extérieur de l'arène, donc vers son cousin, qui l'aida, en l'attrapant par le bras. Iel voulut signaler que c'était pas très gentil ce qu'il avait fait, et lui demander si ce géant roux qui se jetait vers leurs pères était de son fait. Mais, couvrant le bruit de la rencontre, Necha hurlait:

"- C’est une sorcière ! C’est elle qui a ensorcelé nos pères ! Il faut la vaincre Meccaya !"

Le regard de Meccaya oscillait entre son cousin et la jeune femme rousse qui se balançait doucement au milieu de l'arène, tranquille. Nechama disait qu'il fallait la tuer, pour sauver leurs pères, changés en titans. Ca semblait logique. L'esprit pacifiste de Meccaya jura, néanmoins: pourquoi toujours des fins aussi radicales ? La réponse apparut clairement dans son esprit. C'était logique, c'était sans doute du sang que venait les pouvoirs qui permettaient à la jeune femme de métamorphoser leurs pères. Or, pour sauver leurs pères, donc pour les sauver eux, il fallait la vider de son sang, ce qui ne pouvait se faire sans la mort de la jeune femme.
Bon sang, dire que Necha' n'avait même pas commencé à en parler...

"- Nous n'avons pas le choix. Je m'en occupe. Sois fort, Necha'."

L'androgyne courut le long du mur de l'arène, pour éviter les géants. Un petit détour, avant de se jeter vers la jeune femme. Elle devait avoir leur âge, quoi que, plus proche de Meccaya que de Necha. Des tâches de rousseur, un joli visage avec un nez retroussé, des habits blancs qui dénudaient ses épaules. Peut-être que c'était vraiment elle la princesse. Elle leva vers Meccaya un grand regard bleu, tout de candeur et de joie de vivre. Une joie calme. Finalement, c'était peut-être une enfant. Sa voix était douce quand elle demanda:

"- Tu veux jouer avec moi, Meccaya ?
- Euh... Oui, je veux bien !
- On peut jouer aux marchands de légumes, alors ! Ou alors, on joue avec Monsieur Papillon !" Elle désignait le papillon à côté d'elle.
"- On peut aussi jouer au loup ! Le loup gelé, tu connais ?
- Bah oui !"

Meccaya la toucha.

"- C'est toi le loup !"

L'androgyne se figea. La jeune fille. Désormais une épaisse couche de glace l'entourait. À l'intérieur, elle était figée dans une posture terrifiée. C'était assez horrible à voir, assez terrifiant. Ca, en plus du mouvement des titans... Tout pour se sentir bien à l'aise. Meccaya tremblait, inquiet. Il fallait briser la glace, vite ! Où était Necha ? Là, il arrivait... Mais il n'arriverait pas à temps ! Meccaya attrapa de ses bras une hache, qui trainait là. Pfiou, c'était aussi lourd que dans son souvenir ! Iel s'aida de l'énergie cinétique pour asséner un coup circulaire relativement violent à la glace.
Elle vola en éclats. Littéralement. Comme une explosion blanche, les morceaux de glace scintillaient à la lumière, éjectés en l'air. Meccaya sentit les petits cristaux se jeter sur lui, traverser ses vêtement et le piquer comme des milliers de piqûres d'insectes. Iel eut un cri et laissa tomber la hache. À ses pieds gisait la jeune fille, le flanc ouvert, dont le sang se mêlait à la glace fondue et la poussière.
Meccaya se frotta les yeux, et observa le spectacle. Son coeur se brisa. Avait-iel vraiment fait cela ? Oubliant alors combien cela était nécessaire, iel se sentit profondément coupable, et monstrueux. Sa lèvre tremblait et son regard était humide quand iel bafouilla à son cousin:

"- J-j'ai pas fait exprès, je pensais pas, je te jure, que ça ferait ça, pardon pardon...."
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 11 Juil 2014 - 14:19 Répondre en citantRevenir en haut

Et voilà que son cousin, finalement, décidait de s’en charger lui-même. Mais, depuis quand Meccaya était il capable d’oter une vie ? Ah… attendez, c’était simple : depuis que son cousin était capable de tout pour l’inquisiteur. Et, celui-ci s’en étonna : mais malgré tout, un léger doute le prenait. En serait-il capable ? La nature de Meccaya était si douce pourtant. Si gentille… si… Mais il y allait vraiment là ? Il était proche de la rouquine ! Mais…

Nechama regarda une seconde ses pères titans : tout allait bien. Ulfgar en avait stoppé un premier qui était, littéralement, à ses pieds. Et désormais, il attaquait le second. C’était un combat brutal, animal : la force brute, l’envie de manger… Et… mais ils essayaient vraiment de s’entredévorer ? Si cela ne l’étonnait pas provenant d’Ulfgar, provenant du père de Meccaya et d’Aaron…. C’était plus étonnant. Mais bon, qu’importait : Nechama n’était pas là pour parier sur le gagnant : il devait aller aider son cousin qui désirait tuer la sorcière.

Ah, finalement, peut être que son cousin pouvait être quelqu’un de fiable ? Mais il n’était pas encore prêt, avait dit son père, et ne le serait peut être jamais. Oui, Nechama le savait : il n’allait pas réussir à la tuer… Attendez… n’était il pas en train de prendre une hache ? Si… Si… l’ondin était encore trop loin pour voir la femme mais il voyait clairement son cousin prendre une hache, la tendre et frapper…. Le voyant presque au ralenti, il remarqua l’éclat de la lame qui s’abattait, le reflet du ciel car portée par la grâce du Rêveur, sur l’enfant de Lom. Le bruit du contrecoup, le choc, une symphonie à l’oreille de l’ondin. Il devait se rapprocher, pour vérifier… Nechama redoubla d’effort pour arriver aux cotés de Meccaya et observer d’avantage la scène, pitié : que tout cela ne fut point un rêve.

Et… c’était… MA-GNI-Fi-QUE !!! Oh, la femme était gelée –sans doute avait elle tenté d’attaquer le neishâan- et… oh, si quelqu’un d’autre voyait la scène. Par exemple son père, encore trop occupé à tenter de dévorer une des personnes du public… Oh, c’était dommage mais ce devait être un sorcier, sinon son père titan ne l’aurait pas attaqué. Mais l’attention de l’inquisiteur retournait sur la scène : donc, la femme était encore vivante. Ses yeux ouverts se voilaient peu à peu, tandis que son sang s’écoulait de son corps. Oh, Nechama en pleura tellement c’était beau –pas énormément, mais quelques larmes sur le coin des yeux. Ce sang, cette glace, son cousin éclaboussé par la foi du Rêveur. Il avait été guidé, sans aucun doute : jamais Nechama n’avait été aussi fier de Meccaya. Celui-ci pleurait, lui aussi, et Nechama le comprenait. Pourquoi n’aurait il pas pleuré ?! Tout cela était si magnifique.

"- J-j'ai pas fait exprès, je pensais pas, je te jure, que ça ferait ça, pardon pardon...."

La sorcière tenta d’émettre une parole, mais le bruit fut tel un sanglot : Lom pleurait !! C’était si jouissif ! Mais Meccaya semblait terrorisé, le petit. Pourtant, il n’avait pas fini son travail. Nechama se sécha une larme : son cousin tremblotant avait besoin de lui. Mais, avant qu’elle ne meurt, il fallait la décapiter ! Mais il ne fallait pas le dire à son cousin, il fallait lui faire croire que ce n’était pas bien : pourtant, Nechama était si fier de lui… si fier !!! Il avait du mal à calmer ses larmes : heureusement, il savait se controler et afficher un air presque triste. Ainsi, Nechama prit une voix douce quand il déclara à Meccaya :

Je sais, tu n’as pas fait exprès. Mais, il va falloir la décapiter. Sinon, elle va souffrir… tu ne veux pas qu’elle souffre, n’est ce pas ?

Il récupéra une de ses gourdes. Elle contenait bien évidement le poison qui servait à empêcher le sang de coaguler et la victime de s’évanouir. Pour l’aider à mieux agir, il prit un flacon d’alcool qui trainait par là –sans doute ayant tombé d’un gradin- et fit un mélange. Puis, il fit couler la mixture dans les yeux de la femme car ça allait plus vite réagir. Et il savait qu’ainsi, elle le voyait encore. Il ferma les yeux, il tremblait légèrement : pourquoi se contrôlait il aussi mal. Heureusement qu’il avait l’air triste, encore, sa voix. Et finalement, agitée de tremblement, cela faisait encore plus réaliste.

Mecca… ceci aidera à ce qu’elle ne souffre plus. Il le faut… tu dois l’aider… Il faut que tu la décapites.

Et il regarda son cousin, le visage neutre. Il le vit lever la hache : dommage qu’il ne puisse pas lui prêter sa faucille. Il aurait été parfait. Oui, son cousin était formidable. Naturellement, au vu de la nature douce de Meccaya, tout le monde aurait parié sur Aaron dans la famille pour être un bon inquisiteur. Mais Père, vous de votre forme de titan, regardez le donc : agir pour l’esprit sacré du Rêveur, contre sa volonté. Le plaisir de la souffrance n’était pas sien, il agissait pour le bien ! Oh, magnifique cousin… C’était donc bel et bien normal que Nechama l’aima autant : sa sœur lui avait dit que c’était rare. Car Nechama adorait Meccaya, bien qu’il appréciait énormément également Aaron. Les autres, c’était plus une affection classique…

Nechama eut un reflet dans les yeux à un moment, provoqué par la chute d’une énorme pierre qui détourna les rayons du soleil. Si bien qu’il entendit uniquement le bruit de la hache qui s’abattait puis, celui plus énorme, de la pierre qui également sombrait sur la tête de la femme : l’écrasant. Il n’y aurait point d’obsèques pour elle : quand Nechama put rouvrir les yeux, il n’y avait plus rien à observer. Mais avec tout ça, il n’avait pas pu admirer la grâce de son cousin quand celui-ci avait décapité la femme… mais l’avait il fait ? Sans doute vu comment il semblait choqué.

L’inquisiteur posa une main sur l’épaule de son cousin, pour lui offrir du réconfort. Puis, il détourna le regard pour vérifier si leurs pères reprenaient une forme normale. Mais à la place, ils avaient disparu : tout bonnement. Et le monde débutait une sorte de changement étrange avec, dans le ciel, le vol d’un cygne blanc. Ils avaient bien éradiqué le mal après tout ! Et ce chant était doux et joyeux, le monde allait être pour le mieux.
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 11 Juil 2014 - 19:23 Répondre en citantRevenir en haut

Mon pauvre Meccaya était totalement bouleversé. Iel avait oublié ce qui s'était passé: oublié les titans, oublié qu'à la base, Nechama l'envoyait bien tuer cette enfant, pour sauver leurs pères, oublié même que, l'instant d'avant, la jeune femme avait été dans une prison de glace, et que c'était pour la sauver qu'iel avait pris la hache. Non, plus rien de tout cela n'était présent dans son esprit ni sa mémoire. Il n'y avait plus que le corps de la jeune femme, par terre, le sang, la glace qui fondait. Tout ce sang...  Plus il s'en répandait, plus iel se sentait coupable.
L'apprenti assassin n'avait levé les yeux de son forfait qu'en sentant la présence de Nechama. Là, iel avait bafouillé, pour lui expliquer, alors que lui-même refusait de s'écouter. Pas fait exprès ? Et alors ? Quelle importance ? Iel avait blessé quelqu'un, craché à la figure de ses idéaux. Lui qui se voulait soigneur, qui voulait oeuvrer pour le bien des Hominines de Rhaëg, pour sauver des vies, iel allait devenir artisan de mort. Car il fallait se l'avouer: la jeune femme ne survivrait pas à sa blessure. S'iel avait eu un tout petit peu plus de force, Meccaya l'aurait peut-être coupée en deux. Cette idée glaça son sang. Jamais iel n'avait autant reconnu l'utilité de ses petits bras: le protéger de lui-même. Protéger les autres, surtout, de l'inconscient qu'iel pouvait être.

Nechama pleurait. Si ce n'avait été son cousin, Meccaya ne l'aurait peut-être pas vu. Mais en l’occurrence, iel perçut ces petites perles au coin des yeux de l'ondin. À le regarder, l'androgyne ne sentit même pas ses propres larmes dévaler ses joues. Iel tremblait, son regard était celui d'une proie apeurée, iel n'osait plus bouger. Néanmoins, les larmes de Nechama lui paraissaient étranges. Iel ne comprit pas tout de suite en quoi. Nechama ne pouvait-il pas être triste, lui aussi, d'en arriver là ? Si, sans doute, sans doute. Ah ! Iel se souvenait, enfin ! N'était-ce pas Nechama qui lui avait demandé de détourner l'attention de la jeune femme, afin qu'iel puisse la tuer ? Oh, en quoi cela empêchait-il son cousin de ressentir des émotions ? Sa raison et ses sentiments pouvaient très bien ne pas être d'accords -Meccaya savait assez bien ce que cela faisait pour ne pas lui en vouloir.
Lui, sa raison et ses sentiments étaient d'accords: on ne tue pas. Pourquoi l'avait-iel envisagé, alors ? Quel était son problème ? Iel n'avait jamais voulu être un assassin, iel avait toujours exécré la violence, s'était toujours montré ravi quand Aaron laissait ses combats de côté pour travailler sa voix. Iel avait tué. Pour sauver des vies... Une petit voix en lui criait "il y a toujours une autre solution !". Comme cette voix était celle qui parlait à chaque fois que l'androgyne se montrait utopiste, ou avec un semblant de fois en l'humanité, cela le blessa d'autant plus. Iel se haïssait, iel haïssait ce qu'iel avait fait.

À l'annonce de Nechama, son confrère neishaan baissa les yeux sur le corps de la jeune femme, par terre. Ne plus la faire souffrir... Ah, l'euthanasie. Meccaya se souvenait en avoir entendu parler dans les quelques traités de philosophie qu'iel avait lu. Vague sujet, très controversé, sur lequel iel espérait ne pas avoir à donner son avis, car arriver au point où il était nécessaire de faire une balance entre la douleur et l'espérance de vie, c'était tout de même avoir loupé quelque chose précédemment. Dans le cas présent, Nechama n'avait pas tort: elle allait mourir, et elle souffrait. L'achever lui éviterait bien des supplices. Meccaya ne pouvait que le soutenir.

L'androgyne observa alors l'étrange manège de son cousin de coeur. La gourde, le mélange... Nechama prenait donc le relais ? Iel n'aurait pas à porter le coup de grâce ? Meccaya ignorait s'iel devait se sentir soulagé, ou au contraire, s'iel ne devait pas arrêter Nechama. Iel était l'auteur du crime, l'achever aurait été le moindre des signes de respect. Mais ç'aurait aussi été l'aveu et la responsabilité de la mort. La toute première mort de la main de mon neishaan...
Iel n'eut pas vraiment le temps de réagir, au final. L'ondin, malgré ses tremblements, était dextre, et paraissait savoir ce qu'il faisait. Le liquide, il le mit sur les yeux de la jeune femme. Meccaya avait déjà lu au sujet de ces pratiques, qui visaient à faire passer le plus rapidement possible un liquide de l'oeil au cerveau. Iel avait également lu le résultat de tests à base d'alcool sur des chiens. Le résultat était sans ambiguïté: cela ne fonctionnait pas, et pire, cela abîmait la vue. Ceci dit, la jeune femme ici présente devait ne plus vraiment avoir à craindre pour sa vue...
Mais ce ne fut pas ce qui marqua le plus Meccaya.

"- Mecca… ceci aidera à ce qu’elle ne souffre plus. Il le faut… tu dois l’aider… Il faut que tu la décapites."

Pardon ? Pourquoi lui ? Pourquoi pas Nechama ? Oh, oui, bien sûr, le respect, faute de pouvoir racheter ses erreurs... Néanmoins, iel aurait apprécié que Nechama porte avec lui le poids de cette mort. Son regard oscilla un moment entre Nechama et la jeune femme, dans une demande implicite. Nechama parut ne pas la saisir. Iel entendait la jeune femme pleurer, gémir de douleur. Alors iel n'avait plus le choix.
Iel leva sa hache.
Iel ferma les yeux.
Un horrible craquement annonça l'os brisé de la nuque. Meccaya eut un haut-le-cœur, et n'osa regarder. Ce n'était qu'un sursis qu'iel s'offrait là. Peu après, un bruit plus écœurant encore. L'os était plus gros et, au lieu de n'entendre qu'un "crac" propre, ce furent plein de petits craquements, accompagnés de bruits plus liquides. Effrayé par ce bruit soudain et poussé de surcroit par sa naturelle curiosité, Meccaya rouvrit les yeux. Iel en lâcha sa hache, recula, pris d'une nouvelle et brusque nausée. C'était le crâne de la femme qui venait d'être écrasé.

Le neishaan restait là, immobile, une expression de dégoût mêlée de peur sculptée sur son visage. Iel ne s'en défit que lorsque, petit à petit, le monde se métamorphosa. Exit le cadavre de la jeune femme, exit les titans. Des cygnes. Petit à petit, autour d'eux, les ombres de la ville se dessinaient. Vaendark, Undòmë... Peu d'importance.
L'esprit de Meccaya était loin, très loin. Iel ne revint parmi nous (enfin, surtout parmi Nechama) que lorsque l'ondin mit une main sur son épaule. Alors tout lui parut flou, un véritable imbroglio de pensées et d'émotions. Finalement, iel laissa tout éclater, attrapant les épaules de son ami.

"- Je l'ai tuée, Nechama ! Je l'ai tuée ! Elle n'avait même pas mon âge, c'était une enfant ! Je suis un monstre ! À cause de moi jamais plus elle ne verra le jour ! Jamais ! Tout ça pourquoi, hein ? Tu les vois nos pères, là ? Ce n'était qu'une illusion ! Une illusion !"

Une illusion, son foutu don. Peut-être même que ça aussi, c'était sa faute. Iel n'aurait pas contrôlé son don et aurait provoqué une illusion. Mais ne croyez pas que cela le dé-responsabiliserait vis-à-vis de la mort de la gamine. Ah non non non. Le monde pouvait très bien être une illusion, et la gamine être réelle. Laissez-le maudire son don, s'il-vous-plait.
En tout cas, pour lui, c'était tout vu: c'était encore sa faute, et la faute de sa voix. Fou de rage, et incapable de se séparer de sa culpabilité, de réparer ses erreurs, ou juste d'avoir le fin mot de cette histoire, iel agrippa son propre cou avec ses mains, et, y enfonçant ses ongles, fit jaillir du sang, ainsi qu'un fluide bleu visqueux qu'iel récupéra, modela comme de la vulgaire pâte à pain, jusqu'à obtenir une petite boule. C'était lumineux, translucide. Iel la montra à Necha.

"- J'en ai assez de ce don. C'est de sa faute, c'est de ma faute, si elle est morte. Maudit don. Prends-le si tu veux, moi je ne veux plus en entendre parler."

Iel la jeta par terre. Bon, lui iel avait l'impression de le faire avec violence. Concrètement, la chose ne se brisa pas, s'étala à peine. Mais cela l'apaisa un peu. Iel poussa un long soupir et laissa un silence s'installer, durant lequel iel rassemblait ses neurones et tentait de réfléchir à ce qu'iel allait faire, de façon raisonnable. Cette petite boule bleue qui était censée être son don, qui paraissait luire plus fort quand iel parlait. Dans les faits, c'était sa voix. Et ils purent le sentir assez vite car, alors qu'iel s'éloignait de sa voix, Meccaya s'adressa à Nechama, d'abord bien audible:

"- Je n'ai plus rien à faire ici, Nechama. Plus rien à faire parmi les miens. Si je suis capable de tuer, il faut que je sois le plus possible loin d'eux. À ton avis, quel est le meilleur endroit ? On l'a dit que Qahra avait ses charmes, mais, je... Nechama !"

De plus en plus, sa voix était devenu un murmure. Pourtant iel n'hésitait plus dans ses paroles, se calmant petit à petit, comme si sa décision le ramenait vers l'état calme qu'il arborait habituellement. Iel avait finalement cessé de marcher, et s'était retourné vers son cousin.

"- Je n'arrive plus à parler. Necha ? Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce qu'il se passe ?"

Meccaya dévisagea son cousin. Comme Aaron, Nechama l'avait protégé, jadis, autant qu'il le pouvait. Ceci dit, Nechama n'avait jamais dû voir le neishaan aussi ouvertement terrifié. Mais aujourd'hui, l'ondin lui semblait bizarre. C'est alors qu'iel eut un doute. Peut-être était-ce lié au loup rouge qui marchait paisiblement aux côtés de son cousin. L'androgyne fronça le nez. En forçant sur sa voix, iel parvint à prononcer avec un volume relativement correct, sur un ton brusquement neutre, curieux, et un chouilla accusateur:

"- Nechama, tu sais ce qui se passe ! Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi tout ça ?"
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 30 Juil 2014 - 20:55 Répondre en citantRevenir en haut

C’était merveilleux ! Tout ce qu’il se passait ici était tellement… merveilleux ! Nechama ne trouvait pas les mots pour s’exprimer. Mais des images, oui ! Il se sentait courir dans son esprit. Il avait la même impression que lorsque, enfant, il courrait dans les herbes en été ! La chaleur qui l’envahissait, l’odeur agréable, le cœur léger, le chant de ce monde à ses oreilles ! Oui, Nechama était heureux, tout simplement. Son cousin avait tué sa première sorcière ! Certes, sans suivre les préceptes à la règle : mais ne neishaan ne les connaissaient point alors comment lui en vouloir ?! Non, c’était là un jour magnifique dont il devrait se souvenir ! Nechama avait envie de chanter une ode ; de danser sur un pont ; de rire et de pleurer.

Mais de toutes ces émotions, la seule qu’il montra fut d’être sobre. Car Meccaya, très clairement, n’assumait pas encore son geste. Normal : il ne comprenait pas. Il voyait là le meurtre d’un être humain alors que ce n’en était aucunement une… c’était une sorcière, rien de plus. Et une sorcière n’étais qu’une marionnette ; une âme souillée, un être impur, la crasse de ce monde ; la fille de Lom. Et pour mieux faire comprendre cela à son cousin, pour le soigner de sa peine d’aimer toutes les créatures du Rêveur, celui-ci lui avait envoyé un signe que son acte était le bon : une pierre qui écrasait la tête de la créature. Oui, ce geste était très simple à comprendre : son cousin ne pouvait observer le visage de la femme morte… alors elle n’en avait plus. Et ils auraient du remercier le Rêveur de cet acte de bonté mais au lieu de cela, Meccaya se figea.

Et le monde changea complètement. Ils se trouvaient dans une ville. Le monde se métamorphosa à plusieurs reprises. Tout d’abord, il y eu l’apparition d’une sorte de ville ; le chant des cygnes. Celui-ci fut le seul à rester alors que le monde s’assombrissait, Meccaya semblait mourir de l’intérieur. L’ondin s’inquiéta alors pour son cousin et posa une main sur son épaule et cela sembla le sortir de sa stase. Car il se retourna vers lui, d’abord avec lenteur. Puis, il redevint normal et se saisit de l’ondin et s’exprima sans respirer, d’un ton point trop haut bien qu’il semblait être comme un hurlement :

"- Je l'ai tuée, Nechama ! Je l'ai tuée ! Elle n'avait même pas mon âge, c'était une enfant ! Je suis un monstre ! À cause de moi jamais plus elle ne verra le jour ! Jamais ! Tout ça pourquoi, hein ? Tu les vois nos pères, là ? Ce n'était qu'une illusion ! Une illusion !"

Monstre ? Pas vraiment mon cousin ? Ne remarques tu pas la beauté de tes actes ? Et tes pensées sont bien naturelles, tu ne sais rien… tu ne vois rien… tu as encore en les yeux un amour pur de ce monde, candide, de son entièreté ! Mais c’était une sorcière, et les sorcières sont le mal ! Voilà ce que Nechama aurait voulu pouvoir répondre à son cousin. Mais là, devant l’être en souffrance qu’il aimait tant, sa bouche restait sèche et aucun son n’en sortit. Il était bloqué par le savoir de devoir se taire : même là ? Oui, là encore ! Et il n’eut le temps de rien faire : comme si ses propres convictions le bloquaient dans un état de stase où il ne pouvait faire qu’observer ! Meccaya pourtant n’en mourra pas et, non étonné, Nechama fut rassuré ! Il sortait une sorte de… boule lumineuse…

"- J'en ai assez de ce don. C'est de sa faute, c'est de ma faute, si elle est morte. Maudit don. Prends-le si tu veux, moi je ne veux plus en entendre parler. Je n'ai plus rien à faire ici, Nechama. Plus rien à faire parmi les miens. Si je suis capable de tuer, il faut que je sois le plus possible loin d'eux. À ton avis, quel est le meilleur endroit ? On l'a dit que Qahra avait ses charmes, mais, je... Nechama !"

Rien à faire parmi les tien ? mais bien au contraire : il fallait juste que tu comprennes ce que sont les tiens, les vrais. Et là, cher cousin, tu comprendrais que le meilleur endroit était celui en lequel tu te trouvais déjà ! Voilà là encore ce que songea l’inquisiteur.
Nechama observa la boule au sol et son cousin s’en éloigner. Pourquoi est ce que tout cela ne l’étonnait pas ? Pourquoi n’avait il pas peur ? Pour son cousin, certes, mais point de cela. C’était lumineux, c’était donc bien la preuve que c’était un cadeau du Rêveur ! Mais Meccaya ne le voyait pas… et il s’éloignait, et sa voix disparaissait. Et Nechama s’inquiéta : est ce qu’il s’éloignait du Rêveur ? Non, Meccaya n’appartiendrait pas à Lom ! Nechama se promit de le protéger, ici et maintenant ! Il fallait qu’il récupère cette boule, ce don… il le mettrait dans son cousin ! Agenouillé, il tenta de s’en saisir et, ce faisant, celle-ci brilla encore plus. Elle était si belle, si étincelante : la voix de Meccaya. Son don, ce cadeau unique, offert de son dieu. Nechama se demanda alors : et si le travail d’inquisiteur ne consistait pas uniquement en le fait de nettoyer ce monde de Lom, mais aussi d’en sauvegarder les enfants du Rêveur ? Mais il n’eu le temps de réfléchir à cette question : Meccaya continuait sa crise de panique !

"- Je n'arrive plus à parler. Necha ? Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Nechama, tu sais ce qui se passe ! Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi tout ça ?"

Nechama ne se retourna pas. La boule dans la paume, il attrapa son cousin par les épaules. Parler : il ne le pouvait pas ! Il l’aurait espéré, cela aurait été si simple ô cousin ! Si simple de t’expliquer les choses telles qu’elles étaient ? Mais ce n’était pas possible, il n’était pas prêt !

Calme-toi ! Ecoute moi… on n’a pas toujours été les plus gentils ou les plus sincères… mais cette femme méritait le nom de sorcière ! Mais toi, même aujourd’hui, tu restes bon avec autrui ! Ne cherche pas repenti ou à faire marche arrière !

Il lui désigna alors la boule, au creux de sa main, qui brillait de plus en plus fort alors qu’elle se rapprochait de son hôte. Lumière douce, calme, apaisante !

Meccaya, il est vrai que c’est de la magie, mais ce talent tu l’as toujours possédé ! Et par bonté d’âme, moi je le proclame, il n’a toujours qu’été au service des désespérés ! Tu te sens en perdition, en mal, de tout ! Mais celle-ci est…

Il n’eut le temps de continuer car le monde s’était stoppé sur une vie. Ils étaient au bord de l’eau : la mer était calme, les cygnes embrasaient les vagues et le soleil se couchait. Pourtant, quand on regardait le ciel, on se rendait compte que là encore : ils étaient au cœur de l’océan. Celui-ci entourait l’ilot et la ville dans laquelle ils se trouvaient, comme si celle-ci était une bulle d’air. Des frères et sœurs poissons se baladaient et les observaient. Mais Nechama n’avait trop le temps de se remettre de cette vision enchanteresse car le loup lui apparut soudain… Majestueux, rougeoyant : fait du sang de la sorcière. Était-il un signe de Lom ? Du Rêveur ? Nechama n’en savait rien du tout. Mais il se dressa entre lui et son cousin et sortit sa faucille, prêt à le défendre. Mais celui-ci se coucha au sol et montra son ventre. Se remettant bien, l’immense prédateur –car il était bien plus grand qu’un loup normal… ce qui n’était pas étonnant vu qu’il était fait de sang- couina de façon douce et vient frotter son museau contre la main de Nechama.

Ce loup… était il donc à lui alors ? Nechama se détendit : les créatures les plus obscures restaient ses frères et sœurs… Et ce loup donc, qu’était il ? Ou était-il juste…-lui ? Car leurs yeux se ressemblaient. Mais Nechama devait se concentrer sur Meccaya, et c’était si dur ! Lui qui n’avait pas encore de lié se retrouvait face à une partie de son propre inconscient, sans même le savoir. Mais ce lien restait là, puissant, destructeur. Et, comme s’il sentait la nécessité de laisser Nechama au neishaan, le canidé partit rapidement : chacun de ses pas ne faisait aucun bruit tandis qu’il s’enfuit vers la ville. Nechama ne bougea point trop, toujours entre cette ville et son cousin, et entendit le loup japper, comme les appelant. Oui, c’était là un appel…

Meccaya… les choses… ne sont pas normales…

Il échangea un regard avec son cousin et remarqua qu’ils étaient aussi troublés l’un que l’autre. Nechama se redressa et peu à peu regarda le sol de sable. Sa voix était faible :

Mecca… je sais qu’on ne se dit pas tout. Tout le monde a des secrets, c’est normal. Mais ce don qui est le tien, je ne peux l’imaginer négatif ou cruel. Mon cousin, tu es pour moi un symbole d’espoir, un être dont je suis fier. Qu’importe le sang sur tes mains, cela ne change rien à mes yeux. Peut être vas-tu croire que je suis un être horrible de pouvoir t’aimer malgré tout ce qui puisse arriver, mais c’est ainsi que je conçois notre famille. Si tu ne peux plus t’observer au travers d’un miroir, alors utiles mes yeux pour contempler ton reflet, le temps qu’il faudra.

Il lui tendit son don, boule si luminescente.

Alors je te confère de ne pas t’abandonner ni abandonner ce don. Je ne sais pas ce qu’il se passe, je ne sais pas ce qui arrive, mais on va s’en sortir. Et ta voix, puisses tu la détester, moi je l’adore. Alors fais moi juste confiance le temps qu’il faut… trouvons la sortie et retournons au kaerl… Et là, nous étudierons ton don : ma maitresse, Dara, nous y aidera !

Il lui sourit et son visage ne cachait aucunement ses émotions. Car elles n’étaient que douceur et positivisme. Culpabilité ? En regardant son cousin ? Aucunement : juste une affection sincère et normale.

Tu m’as demandé à quel endroit tu serais le mieux… et bien, mon cousin, acceptes tu que ce soit à mes cotés ? Veux-tu bien essayer ?

Non, il ne laisserait pas son cousin aux mains de Lom. Il en était hors de question : il ne pourrait point se pardonner cela !
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 31 Juil 2014 - 12:52 Répondre en citantRevenir en haut

Alors que Meccaya était sagement occupé à paniquer sur le monde autour de lui et à commencer à douter de tout, en se demandant si, désormais, ce dernier n'était pas impliqué dans la tournure des événements. Cela lui paraissait étrange, néanmoins: pourquoi son cousin aurait-il fait cela ? Néanmoins, iel savait que certaines choses étaient possibles même si on ne les comprenait pas, alors iel n'excluait aucune possibilité.
Son cousin tenait désormais son "don" dans sa main. Voulait-il le voir l'utiliser encore ? Voulait-il le voir tuer, à nouveau ? Pourquoi tout cela ? Devinait-il pas que s'iel tuait trop, Meccaya pouvait en mourir ? Mourir de sa propre main. La mort n'était pas son destin. Mais le monde semblait s'acharner à lui signifier l'inverse. L'absence de toxine, et maintenant la mort... L'androgyne sentit un frisson courir le long de son échine, alors que Nechama attrapait ses épaules. Iel ne voulait pas continuer dans ces conditions.
Son cousin tentait de faire cesser en lui la culpabilité. Mais ne comprenait-il donc pas ? Meccaya se moquait éperdument de ce qu'avait pu être cette jeune femme ! Elle aurait pu être la reine du Màr Tàralöm, avoir tué la moitié de la population de Rhaëg, rien ne justifiait sa mort. Les compliments... Il ne fallait pas qu'ils l'atteignent. Peu importait sa propre bonté, elle s'effondrait sitôt que le premier sang coulait. Iel avait créé la glace, iel avait saisi la hache. Le rocher qui était venu après n'aurait pas atteint la jeune femme s'iel n'avait rien fait de tout cela. Iel n'était pas bon, iel était assassin. Même si... Même si c'était une erreur, même si c'était le destin. Oui, même dans ce cas. Pourquoi Nechama voulait-il amoindrir ses méfaits ? Au nom de quoi ? Meccaya s'aperçut alors qu'iel ne regardait pas Nechama. Iel était occupé à se concentrer pour culpabiliser, et pour cela il valait mieux fermer les yeux, ou regarder le sol. Regarder Nechama... Son cousin le corromprait. Nechama avait ce vilain pouvoir qui lui permettait de faire faire ce qu'il voulait à Meccaya, juste en lui demandant gentiment. Et maintenant qu'iel le voyait, il lui semblait que son cousin n'était que bonté, et envie de bien faire. Qu'il voulait juste le voir aller mieux. Dans sa main son Don trônait encore. Meccaya fit la grimace. S'il y tenait autant, pourquoi ne pas le prendre, et lui donner sa toxine à la place ?

Iel n'eut pas le temps de réfléchir plus que cela. Le monde changea, tout à coup, devenant une sorte de refuge subaquatique. Une ville, sous l'eau. De ce que Meccaya avait cru comprendre, l'eau était le refuge des Neutres, mais... Iel n'était pas bien sûr. Cette ville était tellement étrange, elle ne ressemblait à rien de ce qu'iel connaissait, du point de vue de l'architecture...
Meccaya se tira tout seul de sa rêverie, surprenant un échange de regard entre le loup rouge et son cousin. Etaient-ils liés ? Etaient-ils là en train de discuter, comme les Doués le faisaient avec leurs dragons ? Dans ce cas... Peut-être qu'ils complotaient vraiment. Le doute se dissipa néanmoins quand le loup partit, et quand Nechama lui confia sa propre perplexité face à ce monde. Là, comme s'iel avait pu le sentir, Meccaya savait que son cousin ne mentait pas. C'était le moment idéal pour Nechama, le moment de foncer et lui dire ce qu'il voulait, son ami neishaan écouterait enfin. Et Necha le fit...

Pourtant, Meccaya ne le regardait toujours pas, tandis qu'il parlait. Son regard fixait le sable fin, lequel tourbillonnait doucement, formant de petits spirographes. Iel paraissait tout gêné, tout à coup. Moins effrayé. Non, iel n'approuvait toujours pas ce que disait son cousin, mais le ton sur lequel il lui parlait le touchait. Alors son humeur changea, en suivant les mots de Nechama. Iel s'en voulait moins, iel se disait... Que peut-être, oui, iel l'avait tué. Mais ce n'était qu'une erreur. Et s'il n'y avait aucun moyen de réparer cette erreur-là, iel pouvait éviter de la reproduire, et surtout, continuer à soigner. Il le fallait. Et rester aux côtés de Nechama. S'iel était dans ce bas-monde, c'était pour sauver des vies, et partager les aventures de son cousin. Si le monde n'était pas d'accord, cela ne changeait rien : iel devait prouver que sa valeur n'était pas celle d'un assassin.
Timidement, l'androgyne leva les yeux sur son cousin. Je peux vous assurer qu'il était difficile de le regarder après tout ces jolis mots qu'il lui disait. Son cousin lui tendait son don, et lui demandait de ne pas l'abandonner. L'androgyne fit la grimace.Vil ondin, à le torturer ainsi. Il ignorait ce que cela faisait, d'avoir ce don-là. C'était plus facile quand son don était une toxine. Mais en même temps, si son cousin le lui demandait, aussi gentiment... Ah ! Meccaya se maudissait. Faible qu'iel était... D'une main timide, iel reprit sa voix, et contempla la petite boule lumineuse que cela formait. Comment Nechama faisait-il pour continuer d'envisager l'avenir aussi facilement, après ce qu'ils venaient de faire ? L'androgyne le dévisagea un moment, en se demandant ce qu'iel aurait fait si leurs situations avaient été inversées. Peut-être qu'iel aurait agi de même, pour voir son cousin continuer d'aller de l'avant. Lui aussi n'était que bonté, et devait vivre. Alors, puisqu'ils étaient faits pour continuer côte à côte...
Meccaya eut un long soupir (je sais que tu aimes les perso' qui soupirent) et offrit un faible sourire à son cousin de cœur.

"- Crois-tu seulement qu'il m'est possible de te laisser seul ? Ne t'attends pas à ce que je me pardonne ce que j'ai fait. Compte néanmoins sur moi pour ne jamais laisser qui que ce soit porter sa hache sur toi."

Iel prit son don à deux mains. Un « crac » sombre se fit entendre. La boule lumineuse s'était brisée en deux sous l'action de ses doigts. Iel en mit une moitié au contact de la gorge de Nechama, et elle y rentra comme dans du beurre, voire plus facilement.

"- Tu apprécies mon don plus que moi. Je ne peux pas le porter seul, alors porte-le aussi. Je suis certain que tu sauras mieux que moi en faire usage... Et nous protéger de lui."

Sa voix était moins forte. Environ moitié moins forte. Cependant Nechama l'entendait très bien, comme si son cousin parlait à la fois de vive voix et par le Don grâce auquel iel parlait avec les dragons. Mecca, lui, ne s'entendait que par son ouïe. Mais cela ne le dérangeait pas plus que ça. Iel offrit un fin sourire à Nechama. S'iel ne le prenait pas dans ses bras, c'était uniquement parce qu'iel ne le faisait pas assez souvent pour se sentir à l'aise avec ce genre de gestes. Déjà, iel se portait beaucoup mieux qu'avant, iel ne pouvait pas non plus tout faire comme ça, en cinq minutes. Un aboiement. Le loup. Oui, sortir d'ici, retourner au Kaerl.

"- Suivons ton... Ami. Il a l'air de savoir où nous emmener."

Iel attrapa alors le poignet de Nechama et courut devant, à la recherche dudit animal. Ce dernier n'apparaissait pas. Ils traversèrent quelques ruelles un peu sinueuses et étroites. L'androgyne cessa assez vite de courir, son endurance étant ce qu'elle était. Iel ne lâcha pas Nechama. Une étrange intuition lui disait que, s'iel le lâchait, iel risquait de le perdre. Et iel tenait bien trop à son cousin pour le laisser partir ainsi.
Les ruelles débouchèrent sur une avenue. Là, il y avait foule. Des gens de toutes les sortes qui courraient dans tous les sens. Là-bas, il y eu même un accident de charrette. Et là-bas, un jeune homme lui-même un peu androgyne se frottait les mains, en chantonnant sur les bienfaits de l'achat d'allumettes. Meccaya se mordit la lèvre.

"- Necha. Pour rentrer chez nous, il faut passer par l'auberge."

Ni une, ni deux, iel guida l'ondin jusqu'à l'auberge la plus proche. Son enseigne représentait une sorte de pont jaune, à trois piliers. Sitôt dans la bâtisse de bois, ils furent agressés par une odeur de gras et de friture. Il y avait pas mal de monde dans l'auberge. Sans même attendre que nos héros aient trouvé comment ils allaient arriver au Kaerl, un serveur passa prendre leur commande. Le neishaan demanda gentiment un jus d'abricot. Puis bon, comme ils étaient partis pour boire un coup, iel leur trouva une table et s'assit -c'est pas parce qu'on est dans un rêve qu'on peut pas boire un coup, hein.

"- Il nous faut trouver le passage secret qui est ici."

Face à eux, sur une estrade, se déroulait un spectacle, avec quelques humaines qui dansaient. Meccaya les observa un moment, avant de murmurer à Nechama :

"- J'espère qu'on ne fait pas de bêtises, avec ces histoires de Kaerl. Tu crois qu'on peut s'être trompés ? De camp, par exemple ? Ils nous ont attrapés sans nous laisser le choix..."

Peu de temps après, le spectacle changea. Les danseuses disparurent. Apparut un groupe de musiciens. Un portait un luth, les deux autres avaient des harpes. Oh, pourquoi pas. Cela pouvait donner un mélange intéressant, non ?
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 22 Aoû 2014 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut

Crois-tu seulement qu'il m'est possible de te laisser seul ? Ne t'attends pas à ce que je me pardonne ce que j'ai fait. Compte néanmoins sur moi pour ne jamais laisser qui que ce soit porter sa hache sur toi. Tu apprécies mon don plus que moi. Je ne peux pas le porter seul, alors porte-le aussi. Je suis certain que tu sauras mieux que moi en faire usage... Et nous protéger de lui

Meccaya accepta ses paroles, lui offrant même presque un sourire, et ceci plu à Nechama. Mais cependant, il fit quelque chose qui lui déplu particulièrement : il scinda son don en deux et en apposa la moitié en Nechama. Celui-ci ne comprit point ce qu’il se passait mais le Rêveur n’avait point donné celui-ci aux ondins : c’était celui des neishaans. Et c’était une horreur que de défier le Rêveur pour tenter de corrompre ses créations ! Mais Nechama n’avait pas le temps de retirer ce don : il était en lui et ne pouvait le toucher. Et tandis qu’il s’échinait à tenter de la retirer, son loup s’en était parti. Et Meccaya était déjà passé à autre chose :

Suivons ton... Ami. Il a l'air de savoir où nous emmener.

Machinalement, il le suivit. Il finit par regarder ses mains : elles saignaient tellement il les avait enfoncé en sa propre chair. Pourtant, sa gorge restait intacte, comme si ce don refusait de le quitter et le soignait pour éviter de pouvoir être retiré. A n’en pas douter, il allait avoir des difficultés à s’en débarrasser. Point l’air inquiet pour un sous –c’était un ondin, n’oublions point !- celui-ci était pourtant bien peu sûr de lui. Il n’osait pas trop parler d’ailleurs, pour la première fois. Autour d’eux, le monde était présent. Où était donc son loup ? Il lui manquait, comme une moitié d’âme. Un dragon pouvait il prendre forme animale plutôt qu’humanoïde ?

Necha. Pour rentrer chez nous, il faut passer par l'auberge

Ils entrèrent dans l’auberge en question et s’assirent. Nechama avait l’impression de vivre avec un parasite dans la gorge. Les yeux froncés, il observa autour de lui. Nombre de personnes qui mangeaient, qui buvaient, attablés comme eux. Et sur l’estrade, des artistes, notamment un humain et une semi-elfe qui jouaient l’histoire d’une déesse païenne : Gaïa. Et une fealocë semblait les diriger. Trois ménestrels… Mais l’attention n’était pas sur leur histoire. Mecca reçut un jus d’abricot et on lui apporta un jus de tomates : cela lui convenait très bien.

Il nous faut trouver le passage secret qui est ici.
- Je ne suis pas sûr qu’il y en ait un… Ce n’est qu’un risque d’une chance sur deux.

Et là, un homme hurla de joie : voilà qu’il venait de gagner au jeu de la pierre. Oui, vous savez : le jeu où une personne met une pierre sous un gobelet et en a un identique avec rien en dessous. Il faut ensuite deviner, après quelques mouvements de ces gobelets, lequel a la pierre en dessous. Et il venait de gagner avec une chance sur deux. Et cela fut la première chose qui inquiéta Nechama. Une coïncidence, alors qu’il avait le don de Meccaya en lui ? Il ne croyait pas…

J'espère qu'on ne fait pas de bêtises, avec ces histoires de Kaerl. Tu crois qu'on peut s'être trompés ? De camp, par exemple ? Ils nous ont attrapés sans nous laisser le choix...
- De camp ? Non… il n’y a aucun camp tu sais Mecca. Il n’y a que des gens qui ont besoin de le croire pour accepter de faire des bains de sang inutile. Nous ne nous sommes pas trompés puisque tous offrent la même destinée auprès de dragons, et tous les dragons sont… des dragons.

Il s’était interrompu –et heureusement car originellement, il allait dire qu’ils étaient tous les fils du Rêveur : pourquoi n’avait il pas pu parler simplement et oublier cette question ? Etait ce le partage de ce don qui l’obligeait à bien répondre ? -car un dragon venait d’apparaitre derrière lui, sautillant sur la tête de Meccaya. Minuscule, comme un dragon fée ou… juste un petit dragon. Et il disparut entre les tablées, aussi rapide et sinueux qu’un lézard. Après tout, c’en était un : avec des ailes, c’est tout. Et Nechama prit le verre pour le glisser à ses lèvres et recracha : ce n’était pas du jus de tomates mais du sang ! Et là, il fut inquiet. Meccaya, il avait énervé le Rêveur : tout ce qu’il allait dire allait se réaliser ? Il lui fallait se taire alors… ne faire que ça ! Se taire, toujours et encore !

Et là, elles arrivèrent. Droites et courbées, telles des pianos aux touches invisibles, tournoyantes malgré leur poids. Des cordes aussi tranchantes qu’un couteau aiguisé… les deux… harpes.

Il la sentit alors. Elle… pire que la grande faucheuse, crainte de tous, faisant abdiquer les plus braves. Elle s’était retournée vers lui et le regardait comme un simple objet, obtenant toute son attention. La douleur était présente, singulière amie, te voici de retour. Oh, les pensées de Nechama se confondaient avec les siennes. Il l’entendait lui susurrer toutes ces horreurs et s’incruster toujours plus profondément en lui. Elle lui déclara qu’il était sien, que tout était vain et il se laissa choir. Tout devint noir, tout devint du sang. Et tous autour de lui devinrent des ombres : presque manichéens, unifiés dans leur teinte. Le monde monochrome n’avait qu’une seule couleur. Les yeux des gens luisaient comme des tourbillons et du sang coulait de celui-ci. Il teintait le sol et tous riaient. Ils étaient si heureux et cela blessait encore plus l’ondin : pourquoi ? Ces sons, ces voix qui s’y mêlaient. Lom lui-même semblait présent. L’inquisiteur désirait hurler mais il ne pouvait pas. Il restait là, stoïque. Il ne disait rien, ne bougeait pas. Il aurait presque pu sourire pour tenter qu’on l’oublie : il désirait à cet instant qu’on l’ignore. Mais alors que son cœur pleurait à chaude larmes, il désira en finir.

Les harpes le sentirent surement car une de celles-ci tomba au sol, se brisant. Et de ses restes éparpillés, la douleur désira en conserver une nouvelle. Une personne attrapa alors Nechama, hurlant de plaisir face à sa proie qui ne s’y attendait pas et ne réussit point à bouger : elle était trop forte, lui volant toute sa volonté ! Un autre se saisit de Meccaya et l’inquisiteur remarqua : ils faisaient des bruits de hyènes. Dans des corps humains, ils étaient bienheureux tous ces clients qui gloussaient avec la douleur, fidèles de son cœur, tandis qu’elle, Elle séjournait encore en Nechama. Et l’homme prit une des anciennes cordes de la harpe brisée et la glissa sur le cou de Nechama, le tranchant et l’étranglant en même temps. Et en cet instant qui parut durer une éternité : il la vit. La douleur. Son visage, son sourire, ses dents blanches. Elle l’enroula de ses bras, lui susurra quelques mots d’amours, et ce fut la fin : son sang éclaboussa le visage de son cousin.


Une respiration. L’inquisiteur ouvrit les yeux et remarqua que si son cœur battait très vite, il n’avait fait aucun effort. Ce rêve semblait si vrai, si sûr. Mais c’en était bien un. Doucement –car son corps semblait porter les stigmates de cette nuit- l’ondin se leva. Il sortit de sa chambre et entra dans la salle de bain commune à lui et à ses… colocataires diront nous –les quelques chambrés ayant accès à cette même salle sur le même pallié donc- et fit couler de l’eau dans le lavabo. Doucement, il s’appuya sur celui-ci avant de se mouiller le visage. L’eau était froide, mais elle le calmerait pour ce soir : il en avait besoin. C’était déjà là son deuxième rêve étrange… et encore une fois, même si c’était très brièvement, ce Ulfgar y avait été présent…
Meccaya Im'Awhël
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 27 Aoû 2014 - 15:49 Répondre en citantRevenir en haut

"- NON !"

Le retour à la réalité fut brutal. Trop brutal. Meccaya chercha autour de lui les murs de l'auberge, et son cousin. Non, son lit était sous lui, tout cela avait dû être un rêve. Juste un rêve. Un foutu rêve. Avait-iel crié pour de vrai ? Iel avait mal à la gorge. Et surtout, iel avait une boule dans le ventre, et l'esprit encore habité par l'horrible vision qu'iel avait eu. Une main sur son pauvre coeur, lequel ne savait plus où donner du ventricule, iel restait allongé sur le dos, le souffle trop fort, à essayer de se rassurer. Un rêve, un rêve... Mais tous les "c'était un rêve" du monde n'auraient pu parvenir à calmer ce maelström d'émotions. Iel n'avait même pas de mots à mettre dessus. Vainement, iel hurlait mentalement des "non", des "ce n'est pas possible", devant cette image horrible qui refusait de le quitter. Comme dans son rêve, iel se sentait terriblement... Impuissant. Et inutile. À quoi bon avoir un cousin tel que lui ?

Après un moment, iel se leva. Pas assez fatigué pour se rendormir après... Ça. Iel voulait voir Nechama. Iel voulait être sûr qu'il n'avait rien. Peu lui importait de le réveiller. Iel savait que Nechama comprendrait. Ou se rendormirait, ce qui serait tout aussi bien. Iel sortit dans le couloir, dans ses habits de nuit, avec tout juste une écharpe autour du cou. Ledit couloir était éclairé. La chambre de Nechama était à côté de la sienne. Tiens, la porte en était ouverte ? Un instant Meccaya eut à nouveau très peur. L'image lui revint. Son regard chercha à toute allure un indice quant à la destination de son cousin. La salle de bain était entr'ouverte. À cette heure-ci, que pouvait y faire son cousin ? Pourvu qu'il ne soit pas malade, le pauvre...

"- Nechama ?"

Murmura-t-iel, pour ne réveiller personne, à cette heure tardive. Appuyé au lavabo, le visage humide, Nechama n'avait pas vraiment bonne mine. Au, Meccaya n'avait pas bonne mine non plus. Iel avait la mine inquiète, la mine tourmentée. Iel vint mettre une petite main sur l'épaule de son ami ondin.

"- Que t'arrive-t-il ?"

Iel ne le regardait pas dans les yeux. Iel regardait la gorge de son cousin. Elle était indemne. Peu à peu, le reste du rêve lui revint en mémoire: la course, les titans, cette enfant qu'iel avait tuée, sa voix... Et la mort de Nechama. Par les dieux, cela ne méritait même pas le mot "mort" ! La mort était noble, ce qu'il avait vu était horrible, ce qu'il avait vu ne pouvait advenir à un être qui lui était aussi cher. Un Nechama, c'était un peu comme des parents: un être intouchable, immortel. Une valeur sûre vers qui se tourner. Ce fichu rêve lui avait rappelé que Nechama était mortel.
Nechama Sa’El Han
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 2 Nov 2014 - 22:02 Répondre en citantRevenir en haut

"- Nechama ?"

Une voix derrière lui. Il n’y avait point fait attention : c’était une mauvaise chose. Même en ces lieux, il devait se souvenir que les sorciers rodaient et qu’il fallait toujours être prêt à exécuter son devoir ! Dans le miroir, Nechama remarqua le visage inquiet de son cousin. On était au beau milieu de la nuit, pourquoi s’était il levé ? Nechama calma ses tremblements aussitôt : son sang d’ondin lui permettait cet acte aisément. Ainsi devant le miroir, il remarqua ses traits se calmer, ses pupilles arrêter de se dilater, sa respiration se calmer. Et, il adoucissait ses traits : il ne voulait point effrayer son pauvre cousin. Bien que celui-ci avait l’air déjà quelque peu terrorisé. Avait-il fait un cauchemar lui aussi ? L’ondin se redressa sur toute sa stature et se retourna vers son cousin.

Meccaya ? Tu es levé ?

Il avait parlé à voix haute. Il n’avait point songé à Lymdul… oh qu’importait cette garce ? Mince… il ne fallait point penser cela de cette demoiselle : elle restait sa sœur… Et chacun de ses frères et sœurs méritaient son affection… Mais Lymdul, elle, lui dérobait sa patience au point d’espérer, en son fort intérieur, qu’elle fut sorcière et qu’il puisse l’assassiner. Mais là n’était pas la question : au mieux, elle serait trop occupée à tenter de harceler Guilitane. Au pis, elle remarquerait au son de sa voix que ce n’était pas celui-ci qui parlait et resterait dans sa chambre.

"- Que t'arrive-t-il ?"
-Ne t’inquiète pas… je vais bien. Un coup de chaud sans doute : je n’ai pas l’habitude d’être en hauteur.

Un petit mensonge pour le rassurer. Parler lui semblait désagréable, comme si le rêve avait été réel. Son cousin était pourtant devant lui… le vrai… intact. Avec toute sa nature de Neishaane qui lui avait été offerte par le Rêveur : douce, réelle. Et avec celle-ci, son acte de bravoure n’avait été qu’illusoire. Une déception ? Non… il ne fallait pas en avoir : il n’était pas encore prêt après tout. Même dans son rêve, il n’en était pas encore capable. Son doux cousin… si gentil… Qui s’inquiétait. Etait ce parce que son cou le brulait qu’il avait l’impression qu’il observait sa gorge avec attention.

On devrait aller nous coucher Meccaya. Nous avons de l’entrainement qui nous attend demain !

Sans doute celui-ci lisait. Cela expliquait pourquoi il s’était levé. Cela n’étonnait pas l’ondin : Meccaya lisait régulièrement toute la nuit… C’était dans son caractère et cela l’avait toujours été. Jetant un regard instinctif dans le miroir pour observer cette gorge pourtant totalement intacte, l’ondin apposa délicatement sa main mouillée sur celle-ci et s’avança. Il passerait la nuit à prier, sans doute. Mais avant, il enverrait quelques lettres. Une à Aaron… même s’il n’avait pas encore de réponse et que cela l’inquiétait. Bien sûr, il n’en parlait point à Meccaya… Trop protecteur ? Sans doute. Et il en enverrait une à Ruth et une à son père. Et pourquoi pas une à Morgain : elle serait triste de n’avoir son propre courrier en observant les deux autres en avoir un chacun. Posant sa main sur la poignée de la porte de sa chambre, il l’ouvrit. L’air y était agréable : il faudrait qu’il pense à fermer cette fenêtre. Il se retourna vers Meccaya, gardant un instant de silence avant de déclarer avec un petit sourire en coin.

J’ai rêvé de toi Mecca cette nuit ! Mais si je te racontais… tu ne me croirais jamais !

Suivi par un bonne nuit, l’ondin entra dans sa chambre et ferma la porte. Oui… il ne l’aurait jamais cru….
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:44 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu