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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Sam 7 Juin 2014 - 23:28 Répondre en citantRevenir en haut

918, mois inconnu.


Un but ? Quel but ? Quelles raisons ? Des rencontres, brèves peut-être ? Il n'en avait aucune idée, après tout quel sens avait le temps pour quelqu'un comme lui ? La réalité n'était plus, le rêve non plus; il Existait alors qu'il ne devrait plus. Ulfgar ne sentait plus rien et ne ressentait plus grand chose pourtant sa bouche était sèche, pourtant elle n'existait plus et les sensations auraient dû être plus proche du néant que d'une sécheresse à vous faire boire votre propre sang.

Il se détourna de la route bien droite qu'il suivait en travers de ces étranges dunes depuis le début. Il en avait assez de toujours marcher droit devant lui et se tourna donc dans une autre direction. Le décor changea aussi subitement que toujours; Prenant place de façon tellement discrète mais brutale que l'on avait l'impression qu'il avait toujours été là.


Ses narines s'ouvrirent grand tandis que ses yeux clignaient. Pénombre éclairée uniquement par quelques chandelles et un grand feu, l'odeur des corps suant par la seule action de l'alcool mais aussi la senteur doucereuse du dit alcool. Son estomac, qui au final n'était pas un estomac, gargouilla et sans réfléchir à un quelconque sens il bouscula un homme qui en tombant se transforma en fumée pour s'asseoir à sa place et taper sur le comptoir en hurlant qu'on lui apporte une bière.

Sa grande main aux phalanges calleuses vint cacher la chope dans son entièreté et il porta le contenant à ses lèvres asséchées pour en vider le contenu. La sensation fut étrange sur son palais, il promena quelque peu la salive sur sa langue; du goût. Depuis combien de temps pouvait-il sentir le goût ? Et au final qu'était le goût ? En secouant sa large tête désormais chauve il écarta ces questions qui faisaient faire un pas en plus à son esprit vers la folie.

Mais... tout avait-il un goût ? Il se tourna vers la taverne et porta la main à sa ceinture pour saisir une lame qui n'était plus là. Saisissant du vent qui n'était pas du vent et fermant plusieurs fois sa poigne dans du vide il cligna plusieurs fois des paupières avant de choper la personne la plus proche de lui et de lui claquer la tête contre le comptoir sans que celle-ci ne se défende, sans qu'elle n'émette un bruit, sans que tout ceci ait une quelconque incidence sur les lieux et les personnes présentes. Toutes ? Peut-être pas... il était trop absorbé par le brisage de crâne pour vraiment s'en soucier.


Ce ne fut qu'une fois qu'un liquide vermillon teintait ses mains qu'il reprit conscience du ''présent'' et porta l'un des doigts dans sa bouche, fronçant des sourcils. Du goût ! Il déplia les doigts et senti une légère douleur dans ses phalanges. Des sensations ! Sa bouche s'ouvrit grand sur un rire tonitruant et il recommanda une boisson ; il avait presque l'impression d'être à nouveau en vie.

Nouveau breuvage qu'il englouti aussi sec avant de se lever et de hurler de contentement. Il pouvait sentir et goûter des choses. Ses yeux se tournèrent un moment sur le corps auquel il avait enfoncé le crâne et ne rencontra qu'un comptoir tâché de sang, légèrement déçu par cette disparition il donna un coup de la paume dans la flaque; faisant voler des gouttelettes vermeil avant de se tourner vers l'assemblée; visiblement furieux.

« Du sang ou à boire ! Quelqu'un ! De la vie !... pitié ! »

Sa voix s'était légèrement brisée sur les derniers mots. Invoquer la pitié ? Lui ? Il avait tué, pillé, brûlé, empoisonné, massacré des populations entières et le voilà qui réclamait âme qui vive. Tout ce qui l'entourait était factice. Tout ? Tout ce qui composait ce décor n'était qu'un supercherie, une croûte trop fine sur une plaie trop large, se craquelant sous le moindre mouvement pour révéler son coeur; rouge, saignant et pourtant purulent. Tout n'était-il que mort et aberration pour lui ? Était-ce là le destin qui lui était réservé ? Être l'asticot dans la blessure ? Le vers dans le cadavre ?
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MessagePosté le: Sam 7 Juin 2014 - 23:28 Revenir en haut

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Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 8 Juin 2014 - 01:13 Répondre en citantRevenir en haut



Runa somnolait, dans son rêve, baillant à tire larigot sous une épaisse couette extrêmement moelleuse de plumes et de duvet. Elle était vraisemblablement à l'étage d'une auberge piteuse à l'architecture incertaine, comme sous le changement constant de l'inconscient du rêveur. Plutôt bizarre pour une princesse Ssyl'Sharienne.. Mais qu'importait ! Bon sang qu'on était bien ! Le temps et l'espace n'avaient plus de limites : c'était à la fois la nuit profonde et l'aurore, l'été et l'hiver.
Elle avait cette tronche fantastique des grasses matinées, ses cheveux rouges ne ressemblant ni plus ni moins qu'aux crins d'un cheval qui venait tout juste de se rouler par terre, la marque des oreillers imprimée dans la joue, les paupières collées avec un peu de crottes d'yeux séchées sur les bords. Tout était merveilleux, tout était agréable. Excepté le gros crétin qui mettait le bazar en dessous.
Au début, elle avait simplement geint en se renfrognant d'avantage sous les couettes. Elle se tourna et se retourna inlassablement, cherchant à ignorer au mieux les beugleries du porc ivre à l'étage inférieur. Mais elle tenta de passer outre. Après tout, les fëalocës étaient réputés pour leur diplomatie et leur calme légendaires, non ?

Un gros boom. Et toujours plus de bruit. C'en était trop, et ça allait saigner.

La porte qui menait aux chambres se fracassa en purée d'échardes, laissant apparaître une furie rouge en.. robe de chambre avec des petites étoiles imprimées dessus. Ses cheveux en bataille étaient à l'effigie de son humeur du moment.. et ses cheveux étaient vraiment très en bordel. Ses yeux d'or étincelaient de cette même hargne qui l'animait quand elle se disputait avec Alauwyr, son Maître Dragon. Elle fulminait avec une certaine élégance, le tout avant de vociférer de sa voix de femmelette :

- MAIS PAR KAZIEL TU VAS LA FERMER ESPECE DE SALE PECORE QUI SCHLINGUE ?!

Comme pour mieux faire comprendre qu'elle était quelque peu courroucée par ce réveil impromptu, en bonne fëalocë impulsive qu'elle était, elle accompagna ses paroles d'un superbe lancer d'oreiller en plein sur le crâne chauve du braillard qui tapait du poing sur le comptoir. Elle s'approcha dans l'optique de lui mettre une tatane, mais glissa dans la marre de sang qui se répandait au sol de la tête en charpie d'un pauvre innocent. Elle s'effondra, la tête la première dans le liquide vermeil qui commençait à coller, le visage ainsi à moitié recouvert.
Elle renifla, à plusieurs reprises, avant d'effleurer sa joue tachée du bout de l'index. Elle porta ce dernier à sa narine avant de le mettre en bouche, et elle écarquilla les yeux.

- Hey, c'est super bon ça..
T'en as d'autres ?


Elle n'avait pas encore pris le temps d'admirer le vaillant jeune homme chauve face à elle, et lorsqu'elle le détailla, on pouvait remarquer une certaine lueur de fascination dans ses yeux. Un peu comme un aspirant à son empreinte, devant l'oeuf éclos.
Le goût ferreux du sang se répandait sur sa langue alors qu'elle s'asseyait à côté de l'homme bien bâti, toujours décoiffée et couverte de sang qui caillait sur sa chemise de nuit brodée d'étoiles. Elle huma une odeur qui lui plut, une autre.. Le parfum de la bière. Comme une petite fille, elle tira un bout de la tunique du guerrier, prête à lui arracher la choppe des mains.

- Allez, de la bière ou du sang, s'il te plait..

Autour d'eux, l'auberge vide se remplissait d'inconnus au bord de l'ivresse, le feu dans l'âtre se fit plus intense, et les rôtissoires véhiculaient le doux parfum de viande grillée. Une ambiance qui s'animait du rire gras des hommes qui commandaient bon train leurs carafes d'hydromel ou de vin autour d'un improbable duo d'ardents plongés dans l'univers de l'éphémère.



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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Dim 8 Juin 2014 - 02:39 Répondre en citantRevenir en haut

Comme quoi souhaiter quelque chose c'était déjà l'avoir à moitié. A peine avait-il prononcé sa phrase qu'un bruit de bois volant en éclats se fit entendre et sa vision fut remplie du blanc, légèrement jauni, provenant du tissus d'un oreiller. Le jaune venant évidemment de la sueur. Évidemment.

Il secouea la tête, prêt à rugir face aux insultes avant de fixer, yeux ronds, la femme en tenue de nuit étalée dans une flaque de sang et porter un doigt à ses lèvres. Le t'en as d'autre le fit cligner plusieurs fois des yeux et il se demanda s'il n'avait finalement pas fini par perdre la raison. Y avait-il encore possibilité de faire machine arrière ou allait-il plonger tête la première dans ce maelström de démence ? Embrasser pour toujours l'insanité, l'ignominie de briser les fragiles barrières mentales qui retenaient son esprit au peu de lucidité qu'il lui restait ?

De la bière ou du sang, elle était assise maintenant. Il la suivait de ses deux billes de glace bleutée qu'étaient ses yeux. Comment ? Quoi ? Pourquoi ? Une main passa dans sa barbe et il poussa la chope vers la jeune femme pour voir ce qu'elle allait faire. Tout s'écroula, absolument tout. L'irréalité de tout ceci venait de finir de ronger les barreaux de son esprit, libérant ce qui se trouvait derrière, un véritable torrent menaçant de tout dévaster sur son passage, ses lèvres se retroussèrent sur ses dents et ses gencives dans une parodie de sourire, ses paupières inférieures s'affaissant en même temps que se tiraient ses zygomatique, laissant voir le bord inférieur de ses globes oculaires.

« Ah...ahah.... AHAHAHAHA ! »

Le voilà qui sautait maintenant par dessus le bar, attrapant la chose sans vie véritable qui servait de tavernier avant de le faire glisser sur le comptoir, renversant la bière au passage pour le placer devant Runa. Toujours la mimique sur le visage et ne prenant plus rien en considération hors mis ce qui se passait à l'instant exact où cela se passait.

« Un peu de sang avec cette bière ? »

Ses sourcils se nouèrent sur son front, ses lèvres se pinçant tel un aubergiste de luxe tandis que sa main produisait une lame courbe pour venir ouvrir l'une des veines du cou du véritable tavernier qui n'émit pas un seul son. Le bonhomme fixait droit devant lui, tel l'automate du rêve qu'il était, le fluide rouge jaillissant sur la femme.

« Oups le bouchon a sauté ! Ha... HAHAHAHA ! »

Il se retourna, laissant le nouveau récipient se vider avant de prendre un bouchon dans un baril et de revenir face à la demoiselle maintenant rouge de la tête aux pieds pour mettre le bouchon dans l'ouverture du tavernier. Par miracle ou simplement parce que c'était un rêve, le cou fut bloqué, obstrué par le morceau de liège enfoncé et faisant étrangement pile la bonne taille.

Ulfgar s'accouda au comptoir face à la seule créature véritablement vivante de ce monde de fou. Qu'est-ce qui avait du sens maintenant ? Qu'était le sens au final ? Pourquoi est-ce qu'il se posait des questions ? IL ETAIT MORT !

«  ça vous dirait de voir ma collection de bâteaux en corps humains ? J'ai fait les voiles avec la peau de leurs fesses, c'est résistant par contre il y a un problème ; les puces géantes. Vous voulez tuer des puces géantes avec moi ? »

Du sens ? Aucun. En quoi était-ce véritablement un problème ?
Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 8 Juin 2014 - 22:38 Répondre en citantRevenir en haut



Elle allait porter la main à la choppe lorsque cette dernière fut balayée par le corps asthénique mais encore en vie du tavernier. Elle resta figée ainsi, la patte en l'air, prête à engloutir la bière qui venait de lui passer sous le nez. Ses yeux se posèrent sur le-dit homme qui ne bougeait pas, puis sur le grand gaillard qui avait sauté par dessus le comptoir, avant de revenir sur l'aubergiste.. et ainsi de suite.
Lorsqu'une lame naquit dans les mains du guerrier, pour mieux faire jaillir le sang du pauvre hère, la fëalocë jubila et applaudit.. tout en se prenant une giclée de pourpre dans la face, sans discontinuer. Elle s'aida tout d'abord de ses mains pour repousser l'attaque du liquide chaud qui battait de la carotide entrouverte, avant d'éclater d'un rire cristallin et pur comme celui d'une jolie blonde adolescente. Voilà qu'elle était entièrement couverte de sang. Adieu la chemise de nuit brodée de petites étoiles. Cette vision couplée à ses ricanements innocents avaient de quoi faire frémir les âmes sensibles. Mais comme il n'y en avait pas..
D'une façon plutôt animale, elle se lécha l'avant-bras, lapant la soupe vitale avec ferveur, une lueur satisfaite au fond des yeux, haussant simplement un sourcil à la vue du bouchon magique.

- ENCORE !

La petite princesse déchue du Ssyl'Shar et aspirante d'Alauwyr avait disparue, laissant place à une rousse prête à tout détruire, assoiffée de houblon et de sang. C'était tout de même assez fabuleux - et rassurant - de constater tout ce que pouvait créer le monde des rêves. Il n'eut pas à lui proposer deux fois d'aller donner la mort à des créatures gigantesques :

- Tuer des puces géantes ?

Elle sauta de son tabouret et essora le bas de sa chemise de nuit, donnant naissance à de jolis sillons rouges et épais sur le plancher. Elle secoua également ses mains, répandant des gouttelettes du même liquide pourpre sur toutes les personnes présentes de l'assemblée.

- Je suis prête !

Et à peine eut-elle fini sa phrase que le décor rassurant et chaud de la taverne s'effondra. Voilà qu'ils étaient tous deux à bord d'une magnifique embarcation constituée de corps humains, aux voiles en cuir de séant, bravant les affres d'une tempête cruelle. La pluie menaçait de tout balayer, et pourtant, la Runa éphémère était vêtue comme un malandrin, une main serrant un cordage pour s'empêcher de sombrer, et l'autre arborant un superbe harpon rouillé dont la pointe était représentée par un saillant doigt d'honneur pointu. Elle semblait guetter quelque chose à l'horizon, avec ce genre de regard propre aux psychotiques, incertains de percevoir la réalité de quelque chose.
D'une voix de braillard, elle beugla :

- PUCE BLANCHE GEANTE A BABORD, MON CAP'TAINE !
VOUS ALLEZ POUVOIR VENGER VOT' JAMBE !

Oui parce qu'Ulfgar avait du coup un joli mollet en bois, tout ça à cause de la vile et redoutable puce blanche, Buggy Dick.

- J'L'AI EN JOUG !
PREND CA DANS TA FACE GAÏA !

Le harpon fila et se planta naturellement dans le mou d'une vague, elle avait raté. Sa mine se renfrogna et elle fronça les sourcils, colérique. Elle se baissa pour ramasser à ses pieds un objet étrange qui ressemblait à une énorme arquebuse. De sa main libre qu'elle plongea dans son décolleté, elle sortit un drôle de masque constitué de branches métalliques et de deux petits ronds de verre fumé : des lunettes. Elle enfila ses dernière et mit le feu à ladite arquebuse, orientant un jet de flammes sur Buggy Dick. Et évidemment, elle n'atteignit pas la cible. Le vent soufflait ardemment dans les voiles de peau fessiale.
Avec une rage incontrôlée, elle envoya le lance-flamme ancestral dans la mer et jeta la chaloupe à la mer, prête à aller cogner la puce géante blanche à mains nues !

A l'instant où elle voulut ramer, le décor changea à nouveau. La chaloupe était coincée dans une végétation danse et vierge, et les pagaies laissaient comme des traces de coups de pelle dans la terre. Ulfgar et elle même étaient désormais donc dans une barque.. paumée en plein Qahra.

- Cap'taine, j'comprends pas ça avance pas..



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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Lun 9 Juin 2014 - 03:13 Répondre en citantRevenir en haut

Ulfgar se tenait à la proue du navire, pied posé en hauteur sur le bastingage et la truffe au vent. Était-il étonné du changement de décor ? Pas le moins du monde, après tout il avait complètement perdu la raison maintenant. Un tricorne enfoncé sur le crâne, l'oeil droit caché par un bout d'étoffe ayant vu de meilleurs jours et le corps enfermé dans un immense pardessus d'un noir passé, sali et râpeux de par l'eau salée qui avait creusé son chemin à travers le cuir. Il se tenait là, fièrement tandis que ses pieds étaient engoncés dans des brodequins flambants neufs, ses pieds ? Non, son pied droit car voilà que maintenant le gauche était un piquet de bois.

Il tourna son visage ravagé par la guerre et l'alcool vers Runa, sa bouche s'ouvrant sur un odieux sourire tandis qu'il admirait sa fière embarcation; ce bateau fait de corps aux voiles de postérieurs géants dont les poils volaient fièrement dans les airs. Il sorti son sabre qui au lieu d'une pointe se terminait par une main, poing fermé mais majeur tendu.

« Qu'Ouranos nous pourchasse si nous ne chassons pas Buggy Dick jusqu'à la mort ! »

Ses sourcils se froncèrent à la mention de Buggy Dick; la puce blanche. Il voyait le dos de l'animal, fendant les vagues. Il pointa droit son sabre vers l'animal, vers ce qui avait prit sa jambe, vers cette maudite créature sortie tout droit des abysses, de l'enfer ! Il cracha sur le pont et claudiqua vers les barques du fait de sa jambe de bois.

« Buggy Dick a prit ma jambe et je ne compte pas lui donner mes fesses ! »

Il se retourna vers un des matelots fantômes, en auto pilote car il n'était qu'une création éphémère du rêve. Dénuée de personnalité. Ulfgar le gifla d'un revers de son sabre, envoyant le bonhomme au sol tandis qu'un joueur de marimba cul-de-jatte situé dans la vigie faisait battre un rythme d'enfer pour indiquer aux matelots de prendre leurs harpons.

« Pourquoi les bébés meurent dans leur sommeil ?! JE NE LE SAIS PAS ! »

Pas de sens ? Oui. Mais pourquoi la question ? Le reste n'avait pas spécialement plus de sens que cette scène tandis que le bateau était frappé par les vagues, le dos de la créature disparaissant sous les vagues les plus hautes pour ensuite se faire revoir. Un harpon terminé par un majeur tendu se ficha dans l'eau et Ulfgar lança un regard haineux à la femme jusqu'à ce que celle-ci chausse des lunettes.

« Ce n'est pas une puce ! C'est Kaziel lui même ! Descendez moi cet enfoiré, second ! Tuez le ! »

La pluie martelait le pont, le ciel se fendait d'éclairs, de strilles d'un blanc si puissant que les yeux en étaient abîmés quelques instants. Posant sa patte de bois sur l'un des canaux de baleinier Ulfgar rugit sa haine envers l'animal. D'autres harpons, tous façonnés de la même façon, fendaient les airs, la lumière luisant sur leurs surfaces rouillées, rongées par la mer. Le tir rata et furieux, le capitaine Ulfgar grimpa dans la chaloupe, accompagné de la seconde. Le sabre s'agitant vers l'avant, vers la bête.

Et tout changea. Il n'en fut aucunement frappé, pourquoi le serait-il ? Il inspira une grande bouffée d'air avant de recevoir une pelletée de sable dans la figure mais ne fit mine de rien. Un grand rire quitta ses lèvres lorsque Runa s'adressa à lui pour l'informer que la chaloupe n'avançait plus.

« Par les burnes d'Haskèl, nous sommes arrivés ! Cesse donc de ramer et aide moi à trouver le coffre ! »

Il grimpa sur le bord de la chaloupe et regarda vers le sable comme si celui-ci se trouvait des mètres plus bas alors qu'en réalité il n'était qu'à quelques centimètres. Il inspira profondément avant de sauter sur la terre ferme et de secouer sa large tête rousse.

« En avant compagnons. Avec ceci en notre possession nous dominerons les mers. Nous pourrons... relâcher le criquet !Avant cela il nous faudra bien entendu trouver le coffre contenant le coeur du capitaine du Undomien rampant ! »

Son pied de bois s'enfonçait dans le sable, envoyant des grains mouillés et agglutinés dans les airs tandis qu'il se dirigeait d'un pas déterminé vers la jungle. Il s'arrêta devant des fougères et plissa des paupières avant de donner un coup de son sabre-à-majeur-levé dans les feuilles pour les trancher. Celles-ci se mirent à crier de douleur et Ulfgar se retourna rapidement vers son équipage d'une personne.

« C'est une embuscade ! »

Des noix de coco tombèrent des arbres en hurlant des jurons, s'aggrippant de leurs petits bras velus à la veste du capitaine pour le poignarder avec des bananes. Il se débattait comme un diable, luttant face aux fruits tandis que d'autres noix de coco venaient s'en prendre à Runa pour l'occire; lui lançant des agrumes tandis que d'autres tentaient de percer sa chair avec des bananes.

« Défendez vous par les 43 virgule oranges océans ! Ces indigènes n'aurons pas nos peaux pour en faire des tutus à clochettes d'argent ! »

Il se jeta dos contre un arbre, écrasant l'une des noix de coco qui aspergea la veste de son sang laiteux tandis que d'autres tentaient toujours de le tuer. Il arrêta une banane entre ses dents et saisit la noix par les ''cheveux'' pour la jeter au loin et la faire exploser contre une roche.

« Ignorez la douleur ! Nous nous battons pour dominer les 43 virgule orange mers ! Nous raserons leur village s'il le faut ! »

Il s'enfonça dans la forêt, sabrant tout ce qui passait à portée, noix comme feuilles tandis que des signes se balançaient de lianes en lianes tout en chantant une comédie musicale célèbre. Ulfgar cracha au sol, retira son tricorne pour s'essuyer le front avant de remettre celui-ci sur son chef.

« Leur village n'est plus très loin ! Je sens une odeur de tarte ! Typiquement noix-de-cocotien ! Ils se nourrissent de tartes au venin de Phacochère ! »

Le village était maintenant en vue ; Les maisonnettes sur pilotis étaient roses à pois verts. Tandis que diverses idoles représentant des pieds s'élevaient sur plusieurs mètres. Ulfgar écarta quelques feuilles et plissa des paupières avant de tourner son visage hideux vers Runa.

« Ce village est une véritable abomination ! Ils ne respectent en rien les méthodes de construction des loukoums. Nous ne pouvons les laisser vivre ! »

Des crevettes dansaient autour d'un feu, elles semblaient être adulées par les noix de coco tandis que les icônes en formes de pieds se mettaient à briller comme des arc-en-ciel.
Runa Salv
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MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 - 00:33 Répondre en citantRevenir en haut

Elle avait sauté par dessus la chaloupe, ses pieds s'enfonçant dans l'épaisse verdure impénétrable de la jungle. Ayant perdu son lance-flammes et son harpon - produit artisanal de Phûk-Phûkhit-Phûkè Vrisin', commerce équitable Qahrien, rappelons-le -, Runa s'empara d'une des pagaies qu'elle posa sur son épaule à la manière d'une pelle. Le problème étant que celle-ci était bien plus longue qu'une véritable pelle, ainsi à chaque fois qu'elle pivotait sur elle même ou faisait un geste un peu brusque fusait un "ZBONG", bruit sourd laissant place à un matelot qui s'effondrait ensuite au sol, inerte, répandant une jolie tache de rouge dans le vert épais des feuilles.

Mais qu'importe. Le torse bombé en dessous de sa chemise miteuse et usée par rhum et le mal de mer, elle suivait fièrement son capitaine roux. Lorsqu'il évoqua le Undomien Rampant, un frisson lui parcourut néanmoins l'échine : sales histoires qu'on racontait au sujet de cet équipage maudit et de son capitaine poulpesque. Elle avait entendu parler de tout ça par son père, un bien bon vendeur de sucettes en Ys qui s'était passionné pour la Mer. Les matelots imaginaires qui accompagnaient les deux roukmoutes murmuraient, apeurés comme des pucelles de se voir condamnés à des siècles d'épluchage de patates à bord du bâtiment fantôme, jusqu'à s'en blesser le pouce avec l'économe sacré. La fëalocë n'eut qu'à se retourner pour leur lancer un regard noir - enfin, jaune - afin qu'ils se taisent et soient un peu attentifs. Parce qu'il fallait le faire, il fallait espérer de trouver ce coffre, au nom du Criquet. Elle porta sa main libre à son coeur en pensant au Criquet.

- NON, PAS LES KOKONEUTZ !

Ah les salauds ! Une embuscade ! Runa frappa tout ce qui était à sa portée, agitant sa pagaie en la tenant par l'extrémité, s'offrant une portée de coup de pelle assez magistrale. Moult noix de coco volèrent à son attaque, mais certaines la touchèrent hélas. Elle hurlait, scandant insultes à tout va à l'instar de ces créatures fortement velues qui s'accrochaient à vous comme des koalas affamés après leur branche d'eucalyptus. Elle frappa avec insistance certaines noix déjà éclatées au sol, dans sa rage immodérée de fëalocë. Le temps sembla ralentir, voire se figer. On voyait fuser des fruits féroces de tous les palmiers, bananes en main, prêts à vous ôter la vie. Runa reçut un pamplemousse dans la mammaire droite et se plia de douleur.. et dans toute sa fourberie, une noix de coco l'acheva. Une banane était enfoncée dans son oreille gauche. La douleur était insupportable, et elle manqua de s'évanouir sous le choc. Mais il fallait tenir bon, pour le 43 virgules orange mers ! Elle se releva et frappa d'avantage d'agrumes.
Une fois cette première attaque essuyée, elle s'affala aux pieds de son maître, sentant ce qui lui restait d'humanoïde se métamorphoser. Sa voix tremblait mais était dure.

- J'suis touchée Cap'taine.. Nous devons faire vite, je ne vais pas tarder à me transformer en loutre..

Péniblement, elle se releva. Difficilement, elle avança à travers la végétation vierge - enfin, c'est ce qu'elles disent toutes ça... Enfin ils arrivèrent au QG Kokoneutz. Runa sentait les changement loutresques s'opérer mais elle garda sa souffrance. Avant de lancer l'attaque, elle esquissa un rictus malsain, remettant en place ses lunettes de soleil tout en persiflant :

- J'aime l'odeur de la tarte au venin de phacochère au petit matin.


Le Cap'taine Fucki-Fuck roux écarta les feuilles afin d'entrevoir toute la laideur de leur patelin. Ces couleurs pouvaient vous donner de l'épilepsie, sincèrement. La seconde fronça le nez et plissa les paupières. Si les loukoums voyaient ça, ils se retourneraient dans le ventre de ceux qui les ont mangés. Son regard dévia vers la magnificence atroce des totems Petons, qui s'élevaient vers les cieux en toute impunité, imposant des arcs-en-ciel à qui posait les yeux alentours. C'en était trop ! C'était de l'hérésie ! A leur tour, ils tentèrent une embuscade, s'approchant sinueusement du rituel crevettier sur la place centrale. Une fois à hauteur des crustacés, la rouge brandit sa pagaie bien haut :

- AVEZ-VOUS VU LES KENOUILLES ?

Un coup de rame et les rosées apprirent à voler. Elles couinaient, agitant leurs antennes et petites pattes en entrant au contact de la voltige imposée par le choc de la bataille. Certaines crevettes atterrirent même dans le feu, cuisant immédiatement et répandant une douce odeur de début de marée. Mais c'était bien trop facile ! Les vils totems Petons lançaient, grâce à leurs orteils, de redoutables pics à brochettes dont la plupart se plantèrent dans le gras des matelots imaginaires. Mais Runa avait désormais du sang de loutre dans les veines, et elle était bien plus agile : ainsi elle évita les projectiles pointus ! Elle jeta un regard inquiet vers le Cap'taine Fucki Fuck, craignant qu'il ne parvienne pas à lutter contre les cure-dents géants.

La guerre ne faisait cependant que commencer.. Des maisons roses à pois verts émergèrent les courtisans des noix-de-coco : les perfides Oursins. Ils étaient d'un bleu turquoise à rendre jaloux les cieux, et atteignaient la taille d'un poney de bonne constitution. Ils avançaient vers les braves pirates en secouant leurs pics sur fond de danse macarena. Pendant ce temps, le Seigneur de ces terres sauvages prenait place sur son trône, au dessus de toute cette pagaille. En effet le Roy Squale (mi-homme mi-requin) arriva, insultant tout le monde en langage poissonnesque. Il tenta d'apaiser les esprits en sortant son arme magique : son ukulélé en or massif. Immédiatement, il joua l'hymne nationale de l'île.

- CAP'TAINE ! Si on lui coupe l'aileron vous s'rez roi de l'île !

Les crevettes avaient été vaincues. Seuls demeuraient les Oursins Macareniens, le Roy Squale et les totems Petons. Puisse le pouvoir de la Carotte leur venir en aide..



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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mer 25 Juin 2014 - 18:21 Répondre en citantRevenir en haut

Sa seconde était maintenant une loutre mais le capitaine Pheuky-pheuk avait d'autres chats à fouetter. S'armant de son sabropheuk il fouetta donc les dit félins qui tiraient derrière eux un canon en or massif, son regard se porta instinctivement sur les crevettes que la loutre venait de défaire tandis que les rayons-lazers des totems-pieds fusaient dans tout les sens.

Ce n'était pas le moment de se relâcher car les oursins macaréniens arrivaient déjà ! Il n'y avait pas de temps à perdre. Ulfgar ouvrit son pantalon et y mit la poignée de son sabre avant de donner de grands coups de reins pour contrer l'attaque musicale du roi requin.

« LE DINER EST SERVIT ! »

Sous les ''clangs'' métalliques du sabropheuk coincé dans son pantalon il donna l'ordre aux marins de faire feu avec le canon. Le bruit fut assourdissant, une onde de choc se propagea tandis que le recul du canon avait fait s'envoler l'engin, les chats criant de désespoir suivant l'arme dans les airs. Le boulet composé de bébés pleurant agglomérés dans de la résine vint percuter le roi requin pour l'envoyer au sol et casser sa mélopée enchanteresse.

« Nous n'avons pas le temps de lui couper l'aileron ! Par les burnes d'Ouranos nous devons récupérer le coffre pour libérer le criquet ! Sans cela nous ne pourrons jamais vaincre la malédiction d'agrougrou ! »

Il se battait comme un beau diable, son manteau de capitaine flottant dans les airs tandis qu'il donnait des coups de reins à tout va pour percer les oursins de son sabropheuk. L'un des oursins tenta de le vaincre en lui jetant des maracas mais il esquiva l'attaque en sautant dans les airs et faisant une pirouette. Le temps sembla ralentir tandis qu'il flottait dans les airs puis donnant des coups de reins il continua sa trajectoire, volant dans les cieux pour venir planter son arme dans le crâne du roi requin.

« Seconde ! Sécurisez les mouettes ! Arrimez leurs ailes avant qu'elles n'explosent ! »

Des mouettes ventripotentes traînaient au sol, tentant de s'envoler de leurs ailes atrophiées ; si celles-ci prenaient les airs le monde prendrait fin sous l'explosion de celles-ci. Les totems visaient les oiseaux maintenant, l'un d'eux transpercé se transforma en vache enflammée, mais pas n'importe quelle vache ; Celle-ci était violette, composée uniquement de deux arrières trains relâchant des gazs enflammés dans des bruits de trompettes.

''PROOOOOOOOOOOOO'' , le capitaine retira son arme du crâne du roi requin avant de se saisir de son Ukulélé, l'armant tel une arbalète il fit sonner les cordes qui envoyèrent des dindons spectraux sur les totems pieds pour les anéantir dans un bruit de canard. Le ciel se couvrit tandis que des tranches de pain géantes venaient s'arrêter au dessus de l'île. De petits toasts sortaient de la croûte des vaisseaux-pains et s'élançaient vers eux.



« Armez les mouettes ! N'oubliez pas de mettre des bouchons dans la Vachapay pour l'empêcher de nous tuer. Nous allons en avoir besoin pour combattre l'invasion boulangère ! Matelots, armez les canons chocolatés ! »

les matelots s'exécutèrent tandis que les derniers oursins étaient passés au fil à beurre, poussant des râles d'agonie ressemblant étrangement à un bruit de ballon se dégonflant. Le capitaine Pheuky-pheuk leva ses yeux d'acier vers les toasts tandis que ceux-ci envoyaient des tirs de moutarde sur eux.

« CE SOIR ... NOUS DINERONS ... EN ORËN ! »

Il se servit de sa manche gauche comme d'un bouclier, faisant signe aux membres d'équipage de former une phalange pour parer les projectiles moutarde. Il n'était pas question que K'herpaysse envahissent leurs terres, ils allaient devoir résister face à l'envahisseur Praysse. Les toasts attérirent non loin, déversant des soldats anchois se servant de fouets enduits de moutarde, la mêlée allait approcher.

« PRENEZ LEUR TOUT... ET NE LEUR DONNEZ RIEN ! »

Le corps à corps qui s'en suivit fut brutal ; les canons au chocolat tirant à tout va tandis que les matelots se battaient bec et ongle face aux anchois Praysses. Le Capitaine s'en sortait pas mal ; chacun de ses coups était donné au ralenti tandis que le sabropheuk à sa ceinture fendait les ennemis de la graisse.

« Seconde ! Relâchez les mouettes ! Nous devons abattre leurs vaisseaux-tartines ! »
Runa Salv
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MessagePosté le: Mar 22 Juil 2014 - 20:40 Répondre en citantRevenir en haut


Quelle horrible vision ce fut que ce bovin péteur ! Une certaine frayeur parut s'emparer de Runa la Loutre - première du nom -, mais la seconde se ravisa, encouragée par la vision déchaînée de son capitaine dont le bas-ventre était seyant, ainsi décoré par le sabre planté dans ses hautes chausses.
Son coeur enhardi par la vision des mouettes atomiques se mis à battre plus fort lorsqu'il ordonna :

- Seconde ! Sécurisez les mouettes ! Arrimez leurs ailes avant qu'elles n'explosent !

Elle acquiesça d'un hochement de tête avant de beugler à son tour :

- CAMARADES, PRÉPAREZ VOUS POUR ASSENER L’ÉTAPE CINQ A CES RACLURES DE POULETS DES MERS !


Et ainsi fut-il. Elle fit en sorte de faire passer l'horrible bovidé aérophagique au second plan, bien que la menace était prépondérante. La Loutre de mer se jeta sur ces étranges gallinacés qui rampaient non sans une certaine élégance rustique. Une à une, et avec l'aide de quelques braves moussaillons motivés par le désir d'en finir avec les chutes de guano sur leur crâne ou leurs vêtements - il faut dire que les mouettes avaient tendance à déféquer à profusion lorsqu'elles passaient au dessus des marins -, la rousse embobinait les corps plumeux et criards de ces piafs à grands tours d'algues roses à paillettes. Ces algues étaient rares, on en trouvait que sur cette île. Les mouettes braillaient, se propulsant avec leurs petites pattes en l'air pour riposter une fois saucissonnées. Mais souvent elles roulaient sur le côté comme de vulgaires patates.

Des ombres éclipsèrent Solyae. Le regard jaune de la fëalocë se leva vers les cieux, et ses yeux s'écarquillèrent..

- Non.. Par tous les esprits de la maison close de ta mère.. Pas les quignons de pains !

La panique gagna les troupes de pillards de l'océan. Les pauvres diables tentaient d'éviter les toasts et quignons, mais nombre d'hommes périrent vaillamment, mis à terre par la redoutable farine de blé qui constituait ces affreux projectiles envoyés par Kaziel lui-même. Mais il fallait les combattre !
Runa, partagée entre la rage et la peur vociféra à nouveau :

- LES DIEUX NOUS PROTÈGENT ! ILS UTILISENT LA MOUTARDE !


La jeune femme se laissait peu à peu dévorer par le découragement. Mais les émanations menaçantes de la Vachapay lui redonnèrent raison : il fallait enrayer ce danger, c'était essentiel. Dans une agile pirouette propre à sa nouvelle race des mustélidés, Runa boucha les orifices proutesques de la Vachapay à l'aide de deux pains au chocolat. Gonflée de gaz, la bête s'envola puis fut balayée par un courant d'air.. Peut-être allait-elle exploser plus loin. Elle suivit du regard la silhouette boudinée de la vache constituée de deux postérieurs dont l'ombre avait presque quelque chose de poétique au dessus des cadavres des oursins macaréniques.

Le Capitaine Pheuky Pheuk était enragé. Il avait la carrure d'un leader c't'homme là. Même s'il fourrait son sabre dans son slip.. Qu'importe. La Seconde obéit. Elle aussi se mit en formation pour affronter les terribles tartines-moutarde. A cet instant, le temps sembla se figer.. Le petit slip en cuir de la rousse serait-il suffisant pour la protéger ? Ses doudounes loutresques étaient simplement vêtues de deux cache-tétons en coquilles de noix polies à la graisse d'oie. Sa fourrure de loutre ondulait sous la caresse chaude du vent, la large étoffe rouge qui lui servait de cape dansait au rythme régulier des croissants derrière elle. La tension était palpable dans cette brise chargée du sel marin..

- Seconde ! Relâchez les mouettes ! Nous devons abattre leurs vaisseaux-tartines !


Emportée par un élan d'epicness, Runa brandit son sabre au majeur levé, et elle ordonna en bas Ssyl'Sharien ces mots :

- R'LIZ DA SI'GOULZ !

Les hommes commencèrent à jeter des Mouaitmissyls sur l'Ennemi moutardé. Les poulets d'mer explosaient en répandant boyaux et viscères sur les valeureux pirates et les toasts, avec ce son significatif des feux d'artifices. C'était festif, et beau. D'ailleurs les toasts prirent la fuite en criant des "Oh la belle rouge !" pendant que d'autres, plus téméraires, eurent la caboche éclatée en restant là à regarder l'artifice sanglant. Avant qu'ils ne se dissolvent à cause du sang super acide des Mouaitmissyls, on pouvait les entendre râler des "Ah bah c'est tout rouge cette année, mais qu'est-ce qu'ils foutent de nos impôts ces connards de l'évènementiel ? C'est quoi ce feu d'artifice pourri ?"
Puis PAN. Peter, l'un des toasts, n'avait jamais mieux porté son prénom qu'en cet instant.

Mais pas de répit dans les temps de guerre..
Des truites rances se mirent à pleuvoir sur les pirates. Elles frétillaient au sol, s'agitant un peu comme ça.
Les instincts loutresques de Runa s'éveillèrent : elle se rua sur l'un des poissons, le renifla et mordit dedans, ne pouvant contrôler ses pulsions animales. Elle entrait doucement mais sûrement en mode Berserk, le Capitaine ne pourrait l'arrêter..
Avec dramatisme, les truites tombaient et tombaient encore du ciel. Mais ces maudits poissons étaient piégés.. Ils finirent par éclater et des papillons émanèrent de leur ventre ouvert. Ils étaient à la couleur du plus psychédélique des kaléidoscopes et couinaient :

- LAISHMWA, LAISHMWA !

Mais qui pouvait bien être ce Laishmwa ?!
Le décor du rêve changea radicalement. Les pirates, le Capitaine et sa seconde se retrouvèrent dans un champ de fleurs sauvage, au beau milieu du printemps..
Captn' Pheuky-Pheuk se retrouva avec dans les mains une carte menant au coffre du criquet maudit.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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