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 [RP] Entretien avec un mort. Sujet suivant
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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 15:49 Répondre en citantRevenir en haut

Thème
Gaïaku, 918. Durant la fatalité des ombres.

L'ombre, le froid de la mort. L'apaisement d'avoir enfin été arraché de l'enveloppe de chair dans laquelle on l'avait maintenu, mais pourtant il ne ressentait plus rien. Il n'y avait plus que du vide, plus aucune émotion, plus rien pouvant le faire vivre car la profanation dont il avait été victime l'avait privé du droit de tout être vivant. L'avait privé des bienfaits de la mort.

Ni ici, ni là bas, il n'était nulle part mais pourtant continuait d'exister avec la ténacité qui fut sienne lors de son vivant. Lorsque ses organes fonctionnaient, lorsque son coeur pompait ce sang chargé d'adrénaline et de violence à peine contenue dans des veines abîmées par une vie de sauvage.


Une étincelle dans l'immensité obscure, une existence dans un endroit qui n'en était pas un. Rien ne l'entourait, rien ne faisait plus piquer ces nerfs qui furent autrefois les siens mais pourtant il avait gardé son apparence. Lors de sa première arrivée en ces lieux, comme il était de coutume chez lui, il s'était rasé le crâne, ses cheveux disparaissant, cessant d'exister au moment même où ceux-ci étaient tranchés. Que restait-il à Ulfgar Haraldson, le bâtard, le Maître Bronze du Kaerl Ardent ?



Et puis, comme si il avait été encore vêtu de chair il s'était senti soulevé, emporté, ramené dans un endroit, dans un lieu d'existence. Un lieu qui n'était pas réel tout en l'étant, un lieu où les esprits se rencontraient, où des choses impossibles devenaient possibles. Ses yeux, d'un bleu rappelant la glace des fjords s'ouvrirent sur un paysage fait d'étrangetés, figé dans le temps et l'espace. Où l'air n'était pas là mais entrait tout de même dans vos poumons, le monde des rêves peut-être ? Après tout, qu'était l'impossible s'il avait été amené en ce royaume ? Il senti son coeur battre, ses muscles se tendre et ses tendons s'activer alors qu'il remuait ses doigts face à son visage tatoué et couturé. Par simple mémoire musculaire il se senti respirer et se surprit à sourire légèrement devant cette chose improbable; il n'était plus qu'un esprit. Moins que cela, et pourtant il respirait par pur automatisme.


Ses yeux se tournèrent vers ce qui l'avait attiré ici. Les dieux le gardaient-ils en réserve pour une quelconque tâche ou l'avaient-ils simplement oublié et il était arrivé en ces lieux par pur hasard ? Il connut le doute et goûta à sa saveur aigre tandis qu'il voyait la jeune femme qui se tenait au loin.
Ses doigts s'étaient serrés sur le manche d'une hache qui était dans sa main comme si elle avait toujours été dans sa paume alors qu'il n'y avait que quelques secondes ses doigts étaient libre et couraient dans le vent. Un poids sur ses épaules et lorsqu'il y jeta un oeil, celles-ci étaient couvertes d'une épaisse fourrure blanche couvrant une armure rutilante mais qui pourtant semblait attirer et garder jalousement pour elle toute la lumière.


Il se demanda un instant si Haskèl lui offrait une mort digne de ce nom ? Une mort de Svalganskèl, une mort de guerrier qui aurait un sens même dans un monde fait d'impossible. Tout était baigné d'une lumière irréelle, oscillant entre le bleu et le violet tandis qu'un ciel sans astres mais sans nuage diffusait une lueur égale en tout points, l'ombre n'avait pas de prise ici, pas de reflets, pas d'ombres, pas de lumière ni de climat.


Au loin se soulevaient des masses de terres comprenant une végétation particulière, chacune tributaire d'une réalité se trouvant sur quelque continent que ce soit. Là bas de grands pins, sur cette autre masse des plantes tropicales, mais rien ne bougeait. Rien n'avait d'odeur.

Enfin il arriva devant elle et il posa la hache sur son épaule, toisant la créature féminine de ses yeux de glace et fronçant légèrement les sourcils. Le son de sa voix lui fut étrange à l'oreille et pourtant familière car elle était l'identique de la sienne mais ne pouvait provenir de cordes vocales. Être conscient de son état dans un tel monde aurait pu rendre fou mais il décida de se focaliser sur ce qui devait être la source de sa présence ici pour ne pas perdre le peu de raison qu'il lui restait.

« Es-tu celle qui m'a amené en ces lieux ? Que me veux-tu, femme ? »

Il avala sa salive suite à ces paroles qui avaient laissé un goût étrange dans sa bouche. Encore une fois il fut troublé par ce fait mais décida de ne pas s'y attarder. Cette impression de vie était toujours mieux que ce qu'il avait connu, combien de temps était-il passé ? Avait-il été jeté dans le vide depuis des millénaires ? Des siècles ? Des mois ? Des heures ? Plus rien n'avait de sens et au final il s'en moquait un peu.

« Sache que j'ai bien résisté à l'emprise du monstre et qu'il n'a pas pu subjuguer mon esprit. Il a peut-être contrôlé ma chair mais mon esprit est resté mien, si tu tentes de reproduire ses actes je te promets de déchirer ton âme au nom du Kaerl Ardent. »

Les souvenirs étaient encore vivaces dans ce qui devait être sa cervelle, il se rappelait le combat mené face au maître des ombres qui avait lié son esprit à sa chair morte en la profanant. Mais au fond, l'étincelle de vie, l'âme brutalisée accrochée à un corps qui aurait dû reposer dans la terre n'avait jamais accepté cet état et avait lutté face aux rituels nécromantiques avec toute sa force. Mais l'homme qui s'en était prit à lui n'était en rien faible et il avait finit par donner vie à la mort.
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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 15:49 Revenir en haut

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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Mer 23 Avr 2014 - 20:28 Répondre en citantRevenir en haut

Que faisait-elle ici?

Le temps d'un regard sur les lignes du livre interdit, et la voilà qui se retrouvait dans cet étrange endroit; où étaient passés ses compagnons d'infortune unis dans leur recherche éperdue des Clés d'Ouranos? Plus de salle sans ciel, plus de table sans espace, plus de Luckor, plus de personne...plus de vie.

Ce paysage fantastique semblait exposer une multitude de petits mondes tous aussi différents qu'ils pouvaient être semblables. Malgré cela, cette situation dénotait une profonde mélancolie, mélancolie qu'elle tentait en vain de dissimuler sous la diversité de ses mondes miniatures. Ñiniel, elle, n'y voyait que la grisaille de l'ennui et de la solitude.
Il n'y avait pas un bruit, pas un souffle, et seule sa lourde respiration résonnait en elle. Pourtant, quelque chose d’inquiétant flottait autour d’elle et alourdissait ses vêtements blancs dont la couleur immaculée avait, elle aussi, perdu de son éclat. Ses sens en alerte, comme prise dans un piège, elle se serra sa main un peu plus fort contre la couverture du livre qu'elle n'avait pas lâché, seul lien avec le monde qu'elle venait de quitter.

La surprise avait encore le dessus sur la peur, mais pour combien de temps encore?

Alors qu’elle tournait lentement sur elle-même pour mieux appréhender ce lieu de conte, une terrible silhouette, surgie de nulle part, s'avança vers elle. Venue d’un autre temps, la stature n’en avait pas subi les affres. Son pas régulier faisait s’envoler le sable qu’il foulait, et les yeux glacials de Ñiniel refusaient de se détourner à son approche, comme tétanisés par cette rencontre immuable. Son armure étincelante avait quelque chose d’irrésistible et l’Ondine la fixait sans que vraiment son regard ne soit tout-à-fait capable de voir. Encore tourmenté par les événements, son esprit refusait de la commander.
Lentement, sa taille se fit de plus en plus imposante, et la lueur d'une gigantesque hache se refléta au rayon d'un soleil sans teint. Annonciateur d’une rencontre inévitable et que personne ne pouvait empêcher, le reflet dansait presqu’imperceptiblement sur les épaules du géant, comme s’il savourait chaque pas qui la rapprochait de sa victime, la narguant d’une victoire assurée qu’elle réclamait depuis trop longtemps.

A quoi bon fuir? Sous ses pieds défilait le sable gris, la laissait plus seule encore qu'elle ne l'était plus tôt. Seule la silhouette semblait déroger à cette mystérieuse règle d'un jeu dont elle était l'insignifiant pion.

« Es-tu celle qui m'a amené en ces lieux ? Que me veux-tu, femme ? »

Un triste sourire effleura son visage. Elle ne connaissait pas la réponse à ses questions. Peut-être les avait-elle amenés tous deux en ces lieux car c'était là sa volonté; mais l'Ondine en doutait : les doigts crispés sur le livre, elle perdit son regard dans les caractères de son intitulé.

«Je suis ici pour obtenir des réponses...» dit-elle d'un ton absent.

Ñiniel ne se sentait pas exister, elle était perdue dans un songe lointain, et son corps était maintenant libéré de son âme. Les sentiments étaient toujours présents : peur, solitude, engourdissement.... mais faibles, si faibles. Sa voix-même semblait surgir de partout à la fois, faisant bourdonner ses oreilles. Mais la lassitude qui maintenant l'accaparait l'empêchait de chercher la moindre explication. Elle ressentait que la moindre tentative qui tendrait à expliquer la raison de cette étrange rencontre était au delà de ses moyens.


«Il est bien question de Magie Interdite, non pas pour les desseins que vous me prêter....»

Elle se rendit alors compte que la lassitude brisait toutes les chaînes de bienséance et de prudence qu’elle avait minutieusement travaillée, exprimant ses pensées comme elles lui parvenaient. Elle s’aperçut de la perte de son empathie ; incapable de ressentir ce que « l’autre » éprouvait, elle ne trouvait plus les mots qui apaisent et touchent. Seule la vérité émanait de ses paroles : aussi dur et horrible que soit le visage qu’elle pouvait aborder.

Un regard animé de colère, une voix emplie de haine. Malgré la faiblesse de ses sens, elle parvenait à percevoir cette rage qui brulait en lui et qui la faisait vaciller. Ñiniel se sentit alors insignifiante, faible créature.

« Sache que j'ai bien résisté à l'emprise du monstre et qu'il n'a pas pu subjuguer mon esprit. Il a peut-être contrôlé ma chair mais mon esprit est resté mien, si tu tentes de reproduire ses actes je te promets de déchirer ton âme au nom du Kaerl Ardent. »

«Vous vous méprenez... je n'ai nul envie de reproduire cette monstruosité commise par celui contre lequel les trois Kaerls sont aujourd'hui réunis... »

L’idée ne l’avait jamais effleurée. C’était un pouvoir bien trop grand et dangereux ; elle ne voyait en cet acte qu’une cruauté barbare. Qui peut décider de réveiller ceux qui, plongés dans leur sommeil éternel, avaient enfin trouvé la paix ?

« Quant à mon âme....»

L'Aspirante Céleste n'était plus tout à fait certaine que celle-ci l'ai suivie jusqu'ici. Mais cela, elle se garda bien d'en informer l'interlocuteur.

L'Ondine ne savait qu'une chose; Drazahir détenait ce puissant pouvoir, et l'ouvrage de la Magie Interdite y renfermait certainement l'origine. Elle se souvint du dernier passage qu’elle avait lu avant d’arriver ici.

« .... Le Don peut être redoutable quand le dragon accepte de l'offrir intégralement à son lié. Les dragons avisés connaissent la puissance de ce cadeau de la Mère-Dragonne, et jamais ils ne partagent ce lourd secret. Ainsi offert, sans scrupule et sans conscience, cela ouvre les portes à un niveau supérieur de magie, qui approche dangereusement de celle des Ténèbres. Si on vient à fouler la frontière fragile, celle ci se brise à jamais et les deux âmes liées sombrent doucement dans une folie dont ils n'ont même pas conscience. La soif de pouvoir ne sera jamais étanchée, car ainsi va le Mal.... »

Devant elle se tenait, elle en était certaine, celui qui pourrait l’aider à comprendre ; le ferait-il seulement ? L’Ondine avait compris qu’il devait être le résultat des expériences interdites de l’Ombremage. Depuis que ses yeux s’étaient détachés de lui, elle n’osait plus relever la tête, de peur de voir sa hache s’abattre sur son cou que ses longs cheveux tentaient en vain de dissimuler au tranchant de l’arme.

«M'expliquerez-vous ce qui vous est arrivé? Qui êtes-vous ?»




Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mer 23 Avr 2014 - 22:48 Répondre en citantRevenir en haut

Il était intrigué par cette petite femme qui se tenait devant lui. Son ton dénotait d'un détachement peu commun par rapport au commun des êtres vivants, peut-être était-ce un effet secondaire de sa présence en ces lieux ? En tout cas cela ne lui inspirait pas vraiment confiance mais qu'avait-il à risquer ? Lui qui avait déjà tout perdu.

Un rire bref d'une seule syllabe, sans joie aucune ni peine, face à la question qui lui était posée et ces peut-être fausses promesses de non agression envers le peu qu'il restait de sa personne. La hache quitta son épaule dans un geste lent avant qu'il ne laisse celle-ci reposer au sol. A peine eu t-elle quitté sa main que la forme d'acier devint inexistante, comme n'ayant fait partie de ce monde. Ulfgar Haraldson s'assit, ayant conscience que cet endroit fait d'étrangetés se pliait aisément aux actes et aux pensées, sur une souche d'arbre et tandis que ses yeux de glace se perdaient dans le lointain le paysage changea lentement pour ne devenir que toundra gelée percée d'épaisses montagnes d'un noir de jais.

« Je suis Ulfgar Haraldson, Maître Bronze du Màr Tàralöm... ou tout du moins je l'étais... »

Sa face se fendit d'un sourire amer et il releva le regard vers l'ondine après avoir prononcé ces mots. Màr Tàralöm, Maître Bronze, Ulfgar Haraldson... est-ce que ces choses avaient encore un quelconque sens ? Il était vide, le lien avait été rompu et cette douleur était presque insoutenable maintenant que les choses lui revenaient petit à petit. Il commençait à se souvenir de façon précise dans cet amalgame de vie qui avait façonné sa personne; l'enfance dure dans la neige sous la férule du prêtre d'Haskèl, le sang, le rejet, la guerre, les meurtres...

Et puis son visage se raffermi, ses yeux redevenant perçant sous les mots qu'il prononçait à l'instant même. Les rides d'expression et de vie de sa chair spectrale se tordant pour former le masque qu'il avait arboré lorsqu'il fut de chair; le guerrier, l'homme sûr de lui dont le coeur battait au rythme de la violence.

« J'ai combattu le pion de celui qui se nomme Drazahir et je l'ai pourfendu, ce qui me vaux cet état de damné. J'ai protégé mon Kaerl et suis mort pour le défendre ! »

Sans s'en rendre compte, était-il nécessaire d'en avoir conscience après tout ?, il s'était levé tout en disant à haute voix comment il était mort une première fois. Il était encore fier de ses actes, après tout n'avait-il pas protégé ce Kaerl qui l'avait instruit et lui offert une destinée ? Au final, n'était-il pas mort en protégeant tout les Kaerls ?

« Le combat fût âpre mais j'ai fini par l'emporter au prix de ma vie même si tuer l'un des pions de l'ombre m'a privé de ce qui m'était dû. »


Du regret ? Peut-être, après tout qu'avait-il gagné au final à part ceci ? Il n'était plus rien, il n'existait pas vraiment mais sans être inexistant. Il avait été retiré d'un endroit qui n'en était pas un pour être jeté dans un autre pour un temps déterminé. De cela il avait conscience ce qu'il ignorait par contre était comment ces choses allaient se finir ? D'une certaine façon il avait peur de cesser d'exister mais le voulait tout autant.

« Tout ce qui me revient par la suite est assez difficile à expliquer... »

Silence tandis que revenaient les images et les sons d'une odieuse profanation doublée d'une torture. La faim dévorante qui lui avait saisit les tripes et qu'il avait tenté de rejeter des jours durant. Il revoyait les crochets acérés, les lames et des couleurs inexplicables qui n'auraient jamais dû exister dans le monde réel. Son regard se troubla mais revint vite à ce qui pouvait passer pour le présent pour lui.

« J'aurai apprécié de ne pas aller plus avant dans les descriptions mais vu que vous m'avez dit que les trois ordres, y comprit ces couards de Célestes, se liguent face à l'ombre je me vois dans l'obligation de vous répondre.... »

Le monde changea pour devenir plus obscur, le ciel toujours clair n'éclairait plus la terre étrange et la laissait maintenant dans un noir aussi épais que l'on aurait pu le couper au couteau. Un certain malaise se ressentait dans l'attitude du Maître Bronze tandis qu'il faisait quelques pas dans cette obscurité, ce sans craintes, mais simplement parce qu'il rechignait à revivre ces instants.

« Parce que je lui avais imposé un contretemps en détruisant son Larbin, l'ombre m'a ramené du monde des morts. Ce fut douloureux mais pas à un point que vous puissiez le concevoir vu que vous êtes encore de chair... »

En un pas, il s'était retrouvé en face d'elle, la dominant de toute sa hauteur et le fil de sa hache sous sa gorge. Ses yeux étaient presque exorbités alors qu'il laissait sa phrase en suspens mais tout aussi vite qu'il était apparu devant elle il était reparti dans les ombres. Sa voix grave et rocailleuse bercée d'un écho surréaliste.

« Je ne peux expliquer avec exactitude ce qu'il m'a fait mais je peux dire ce qui s'est passé. Il m'a empêché de retourner au royaume des morts en enchaînant mon corps à une dalle de pierre gravée de symboles, il a fait rebattre mon coeur mort en hurlant des mots dans une langue tortueuse pour y lier mon âme et ensuite il m'a remit à mort en me torturant. Il semblerait qu'il ne pouvait pas me contrôler si je restai en vie car je porte le Don... ce qui était différent des autres corps qui l'entouraient et agissaient tels des serviteurs décérébrés. Certains étaient morts, d'autres bien en vie mais subjugués. »

Il goûta à la saveur de faire tonner sa voix un instant avant de reparaître dans le dos de l'Ondine, il n'était plus armé mais ne s'attardait aucunement sur ce détail. Pourquoi l'aurait-il fait ? Chercher un sens à tout ceci était futile.

« Mais ce que je ne peux expliquer je peux le décrire. Sois précise, femme, pour que nous ne perdions pas de temps. Si même ces couards de Célestes sont impliqués dans la traque de l'ombre je doute que tu aies des années devant toi. »
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Jeu 24 Avr 2014 - 21:35 Répondre en citantRevenir en haut

A son grand étonnement, le géant posa la hache qui disparut aussitôt, et s'assit sur une souche d'arbre qui, elle aurait pu le jurer, n'était pas là l'instant d'avant. Une idée germa dans sa tête.

*est-ce que....?*

Elle fut interrompue car Ulfgar Haraldson venait de se présenter. Ñiniel restait debout devant lui, immobile. Elle ne voulait pas briser cet instant où le géant du Kaerl Ardent avait décidé de lui raconter son histoire. En le voyant ainsi, assis, le regard plongé dans le passé, Ñiniel déduisit avec tristesse que le Maître Ardent n'avait plus eu de compagnie autre que sa solitude et mort depuis fort longtemps.

Le regard qu'il posa sur elle la saisît soudainement, la transperçant de part en part de ce mal-être insoutenable. Cette torpeur qu'elle ressentit alors la cloua sur place. Ce triste sourire sur un personnage si puissant, cette once de faiblesse sur une telle force de la nature était quelque chose de terriblement triste que l'Ondine éprouva au plus profond de son corps. Elle aurait voulu poser sa main sur épaule en signe de compassion, lui prendre la main et l'emmener hors de ce monde sans vie.

Mais l'once de faiblesse, subitement devenue inavouable, disparut bien vite et Ulgar Haraldson reprit ses droits. Ñiniel se retrouvait de nouveau devant l'effrayant Maître Ardent, et instinctivement elle eut un geste de recul. Grand bien lui en prit car le géant se releva, tonitruant à qui voudrait l'entendre le combat et l'injustice qui l'ont amené ici.

La fin de son récit se conclua sur une ouverture pour Ñiniel. L'Ondine savait que l'union des trois Kaerls serait la clé pour encourager Ulfgar à parler. Elle ne pensait pas que cela aurait été aussi simple, et intérieurement elle loua la maturité de celui qui se tenait devant elle.

Puis l'environnement ambiant se mît à changer. Les couleurs grisâtres s'assombrissaient toujours plus; on aurait dit qu'elles s'identifiaient aux sentiments du Maître de ces lieux. Bientôt il ne restait plus qu'eux deux, deux opposés liés dans cet univers commun par cette histoire commune. Si Ñiniel ne décelait pas l'ombre qui planait sur l'esprit de son interlocuteur, elle se serait probablement rapprochée de lui afin de ne pas être engloutie dans les ténèbres. Là, encore elle était incapable de faire un mouvement, tétanisée par l'inconnu qui s'était mis à se mouvoir tout en continuant son histoire.

En un éclair elle sentit le métal froid entré en contact avec sa gorge. La tête haute, sa respiration était saccadée et rapide, humant la terreur de la mort. Muette, elle ne dit mot; non, elle ne pouvait pas concevoir la douleur qui l'a torturé. Elle, elle était encore de chair et ne demandait qu'à le rester. Ñiniel n’oubliera jamais les yeux furieux qui la dévisageaient sans ciller. Une larme perla au coin de son œil de glace; elle ne comprenait pas. Puis plus rien. Il se jouait d’elle, la terrorisait, et elle ne faisait qu’assister à ce jeu cruel tandis qu’il continuait son récit en déambulant sous ses yeux. Fou, c’était un fou.

Mais le répit n’était qu’une farce. La voix du Maître Bronze parcourait sa nuque dans un frisson insupportable. Machinalement ses mains se levèrent électriquement pour faire rempart à ce sifflement.

« Mais ce que je ne peux expliquer je peux le décrire. Sois précise, femme, pour que nous ne perdions pas de temps. Si même ces couards de Célestes sont impliqués dans la traque de l'ombre je doute que tu aies des années devant toi. »

Couards de Célestes….qu’en savait-il, celui qui avait la prétention de les connaître ? Ses dernières paroles suintaient la colère, cette mauvaise conseillère.

Mais il fallait laisser là les provocations futiles. Elle tenta de se concentrer sur la raison de leur rencontre ; il avait raison, elle n’avait pas de temps à perdre. L’Aspirante, même si elle avait une idée quant au moyen de retourner à « la réalité », n’était pas sûre de rester ici aussi longtemps que possible.

Mais elle n’arrivait plus à se concentrer sur autre chose que la présence sournoise de celui qui se tenait derrière elle. Elle fit un rapide volte-face pour s’éloigner un peu plus d’Ulfgar.

« S’il vous plaît…. »

Des questions, elle en avait, mais il fallait d’abord qu’il arrête de la torturer. D’un air de défiance, comme pour lui cacher sa peur, elle posa une première question. L’atmosphère fantasmagorique, cette sensation étrange de se croire dans un rêve, peut-être…toujours est-il que Ñiniel découvrit un courage et une assurance qu’elle ne se connaissait pas.

« Le Don nous protégerait-il alors de la Magie Noire ? »

Le poing serré tandis que l’autre main tenait le précieux livre, elle recula d’un pas, prête à réagir au prochain mouvement du géant.

« Agissait-il simultanément sur plusieurs victimes ? »

Peu à peu son esprit se libérait et reprenait le fils de l’histoire.

« Quel était le nom de ce Pion ? »

Il lui était difficile de connaître la pertinence des réponses qu’elle obtiendra. Toute information était bonne à prendre qui la renseignerait un peu plus sur le passé de l’Ombremage.

« Drazahir avait-il lié son âme à un Dragon ? »

Cette Ombre au Kaerl Céleste… cette ombre saurienne. Ce ne pouvait être que cela, elle en était persuadée. Cela non plus elle ne l’oubliera jamais. C’est la première fois qu’elle en entendit d’ailleurs parler, c’était le début de cette quête… son œil se fit soudainement plus vif, comme éclairé par une soudaine idée qui venait de surgir.

« Avez-vous entendu parler des Clés d’Ouranos ? »




Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Jeu 24 Avr 2014 - 23:45 Répondre en citantRevenir en haut

''s'il vous plait'' combien de fois n'avait-il pas entendu ces mots ? Ceux-ci n'avaient jamais déclenché un quelque élan de sympathie de sa part, Ulfgar était un tueur et même maintenant il en restait un. Ce n'était pas l'envie qu'il lui manquait de tailler en pièces cette petite chose fragile mais il s'en retint; à quoi bon ? Il était mort et les dieux n'avaient pas daigné lui accorder le même repos qu'aux autres âmes sous prétexte qu'il avait été profané. Non, intérieurement il fulminait face aux puissances divines.

Sa santé mentale n'était pas des plus stables, déjà que de son vivant celle-ci oscillait dangereusement vers la folie furieuse maintenant qu'il n'était qu'un esprit désincarné dans un monde étrange ne l'aidait pas à focaliser ses pensées. Elles vagabondaient sans qu'il ne le veuille, se dirigeant vers tel ou tel point sans importance aucune avant de revenir et de le laisser de plus en plus troublé. Lorsqu'il reprit le fil de la conversation ses yeux s'étaient posés sur la petite Ondine qui s'armait de courage face à sa personne et cela ne manqua pas de le faire sourire.

« Je ne suis pas mage mais je doute que posséder le don nous offre une protection face à tout les maléfices de l'ombre. Je sais cependant que cela nous protège d'une subjugation complète de sa part, il a été obligé de me tuer pour que ma chair lui obéisse. »

Son regard vint se poser sur le livre qu'elle serrait contre elle tandis qu'elle reculait. Si elle touchait au domaine des morts, celle-ci avait besoin d'un livre et était donc une novice. Cela le confortait donc dans l'idée qu'on ne lui voulait pas de mal et sa réaction de peur instinctive ne manqua pas de lui décrocher un autre sourire.

« Dans son antre nous étions plusieurs oui. Certains morts d'autres vivants comme je l'ai dit. Mais ce qui m'a surtout surprit fut sa capacité à contrôler mon ancien aspirant lorsqu'il a attaqué le Kaerl Ardent. J'étais conscient durant l'attaque mais pas maître de mes actes... si jamais vous rencontrez un représentant de mon Kaerl... dites leur que... je suis désolé. »

L'abattement, ses larges épaules venaient de s'affaisser et son regard de se troubler. Une certaine gêne pouvait se lire dans son langage corporel aussi fut-il ravit de la question suivante qui mit fin à son malaise. Il regarda au loin, se concentrant sur la prochaine question; le nom du larbin, le nom du pion, du traître. De celui qu'il avait vaillamment combattu, son coeur se gonfla de fierté d'avoir mit fin à une existence aussi répugnante et cela se ressenti immédiatement dans sa voix qui reprit ses inflexions lourdes et brutales comparé à la faiblesse de tout à l'heure.

« Il se nommait Azdraïel Alaric, membre du Kaerl Ardent mais pion de l'ombre. Un Torhil de haute stature et costaud comme tout ceux de son espèce. »

Il laissa une petite pause, ses yeux se troublant à nouveau face aux souvenirs qui affluaient sans vergogne ni retenue, se détachant du tout pour revenir le hanter. Il était difficile de se concentrer pour un esprit, de ne pas dériver dans tout ce qu'il avait vu et fait de son vivant. Secouant la tête tel un chien mouillé il reprit ses esprits et remit ses yeux de glace sur l'ondine.

« Je suppose qu'il était Lié. Nous n'avons pas trop eu le temps de discuter entre deux insultes et provocations. Je n'ai hélas pas vu son visage mais je reconnaitrai sa voix entre mille. Celle-ci m'a bien assez blessé pour qu'elle reste aussi vivace qu'au moment où il prononçait ses mots abjects. Mais de toutes façons pour maîtriser de tels pouvoir il est obligatoire d'être détenteur du Don. Je doute qu'un simple mortel parvienne à avoir une telle emprise sur les esprits. »

Comme remarquant qu'il était debout il haussa un sourcil, ses yeux s'aventurant dans les ombres alentours avant qu'il ne se rasseille et que le paysage ne redevienne comme lors de leur rencontre. Un moment il se demanda pourquoi ce qui les entouraient réagissait à ses émotions et non pas à celles de la femme mais écarta bien vite ses questionnements pour revenir dans le présent.

La question des clés lui fit lever un regard interrogatif vers l'ondine, regard suffisant pour répondre. Il n'avait aucune idée de ce qu'elles étaient et n'en avait probablement jamais entendu parler. Bien vite il passa une main sur son crâne et regarda le sol, quelque peu gêné par les mots qui allaient sortir de ses lèvres.

« Avant que tu ne me poses d'autres questions j'ai un autre service à te demander, femme. Quelque chose qui me tien à coeur et pour lequel j'ai maints regrets. Quelque part dans votre monde de vivant se trouve un être qui m'est cher au delà de tout, celui que j'en suis venu à considérer comme un fils... »

Il revoyait les cheveux blancs, leurs discussions dans la sylve et leurs entraînements. Ce lien puissant rivalisant avec celui du sang qui s'était installé entre eux. Sans le vouloir une perle vint se nicher sur le bord d'une de ses paupières avant de couler librement sur sa joue tatouée. Il n'en ressentait aucune honte, après tout n'était-il pas déjà mort ? Qu'avait-il à prouver maintenant ?

« J'ai toujours été un serviteur zélé de mon Kaerl et ne l'ai jamais trahi mais il existe une personne qui était chez les engloutis. Lhain Linwëlin, il a peut-être quitté le Kaerl à l'heure qu'il est à moins que bien des années ne soient passées avant que vous ne décidiez à vous en prendre à l'ombre, si jamais tu le croises... je... »

Même mort c'était dur, il passa ses mains sur son visage, affichant une vulnérabilité que peu commune sur cette montagne de muscles couturée. Que pourrait-il dire ? Que pourrait-il faire pour apaiser la souffrance de son ''fils'' lorsque celui-ci apprendrait sa disparition ?

« que je regrette de ne pas pouvoir l'accompagner, de ne plus pouvoir discuter avec lui mais que je n'en reste pas moins fier de l'avoir connu. »

Des paroles brutales pour son être, celles-ci l'avaient presque blessé lorsqu'il les avaient prononcées. Admettre quoi que ce soit n'avait jamais été son fort, surtout au niveau sentimental. Il avait été un mercenaire, un guerrier sacré vivant pour le nom saint d'Haskèl et le voilà qui était tout troublé par ses propres dires. Sans le vouloir il éclata d'un rire triste et assez bref avant de passer sa main gauche sur son visage pour se remettre les idées en place.

« Je ne sais pas ce qui va arriver de moi lorsque nous en aurons fini ici. Peut-être que je cesserai d'exister ou alors il m'arrivera autre chose. Quoi qu'il en soit je n'ai qu'un désir pour l'ombre... tuez le mais faites le souffrir pour tout ce qu'il a causé. Détruisez son âme car il ne mérite ni repos ni rédemption. »

Ses yeux retrouvèrent cet état commun, deux échardes de glace pure plongées dans ses globes oculaires tandis que sa bouche se tordait en un sourire cruel et vengeur. Il releva ceux-ci vers l'Ondine, presque implorants si l'on savait lire entre les lignes. Il avait besoin de savoir que sa damnation coûterai à l'ombre.
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Dim 11 Mai 2014 - 11:37 Répondre en citantRevenir en haut

Il souriait. Elle avait peur de lui et cela le faisait sourire; Ñiniel était déroutée par ce rictus amusé de la terreur d'autrui; sa bouche cachée dans quelques poils d'une barbe rousse laissait entrevoir les petits morceaux d'ivoire. Elle ne savait pas si ces derniers étaient ce qui restait de l'humanité déchue d'Ulfgar, où s'il était trop tard pour espérer. De toute façon, Ñiniel ne pouvait que tristement constater qu'elle n'avait aucune influence sur lui. Tout dépendait de son humeur : leur échange, le paysage...sa vie.
Elle se questionna furtivement sur le sens de l'existence d'Ulfgar, de cet ennui mortel qui l'enveloppait sans jamais vraiment l'étouffer complètement. L'horizon noir qui s'offrait à ses yeux traduisait le reflet d'une âme esseulée et errant dans un néant terrifiant. Ce sourire serait-il finalement la tentative maladroite d'un geste oublié à cause d'un ennui omniprésent?

Mais bien vite son existence à elle reprenait ses droits, et chassa Ulfgar de l'esprit de son Ondine. Cela n'était finalement pas plus réjouissant : Ñiniel avait l'impression de marcher sur un long fil instable, prêt à plier et la faire tomber à chaque pas. Sa longévité en ces lieux cependant, était le signe qu'Ulfgar n'était pas d'humeur à tuer.

L'Aspirant contrôlé attira son attention; pourquoi cela avait-il surpris Ulfgar alors que lui-même était possédé? Elle grava la question dans un coin de sa tête pour pouvoir la poser ultérieurement.

Puis vint le moment où le Maître Ardent replongea dans les abîmes de sa vie passée, arbora un voile triste et sombre, et fit une requête à Ñiniel qui en fut stupéfaite et resta figée.

La jeune Ondine sentit brutalement la colère monter en elle; il était si instable que ses réactions en étaient imprévisibles. Elle n'avait aucune idée de la façon de traiter avec lui; faible, colérique, menaçant, calme, suppliant puis de nouveau mauvais et glacial.

«Lhain, dites-vous?»

Elle grinça des dents à l'entente de ce prénom. Elle l'avait entendu à de nombreuses reprises depuis son arrivée dernière à l'infirmerie céleste suite à l'attaque de l'Ombre. Sans pouvoir se souvenir avec précision qui des soigneurs, guérisseurs, aspirants ou chevaliers du Màr avait été le premier à le souffler, mais ce Lhain-là a d'abord été rumeur avant de devenir héros. Encore plus aux yeux de Ñiniel puisqu'elle faisait partie du groupe d'Aspirants célestes qui fut sauvé par lui alors qu'elle était inconsciente. Elle trouvait étrange de connaître quelqu'un sans savoir de quelle apparence il était fait; elle se rattachait à un prénom, seul élément qu'elle détenait de ce sauveur inconnu.
Il était encore plus étrange que qu'Ulfgar évoque une telle relation avec Lhain. Comment ont-ils pu se rencontrer, eux qui ne semblent rien partager.

« Je le lui dirai, si tant est que je le rencontre et qu'il accepte de m'écouter...je peux cependant vous dire qu'il y a peu, celui que vous êtes fier d'avoir connu a porté secours à ces couards de célestes....»


Il y avait beaucoup de choses à traduire dans les mots prononcés par Ñiniel: d'un côté elle souhaitait le rassurer sur le sort de son proche. C'était ce qu'elle aurait aimé entendre, songea-t-elle, si elle se retrouvait dans un tel endroit; le temps s'était certes écoulé, mais les repères existaient toujours, Lhain aussi. L'espoir était certainement la dernière flamme qui pourrait éclairer ce monde de ténèbres. De l'autre côté, elle le mettait face à ses préjugés qui ne semblaient pas être partagés par Lhain. C'était sans doute une folle vacuité que de vouloir convaincre un tel personnage, mais Ñiniel ne pouvait pas rester indifférente à ses propos.

« Quant à votre dernière requête… »


Elle se tut et posa un regard lourd sur lui. La mort ne pouvait être réduite à un châtiment, une vulgaire vengeance. La mort était plus noble que cela étant donné son terrifiant pouvoir. Ñiniel redoutait la mort plus que tout, elle la redoutait tant que la simple évocation de son nom suffisait à lui insuffler un frisson glacial et acéré entre ses omoplates.

« Peut-on seulement la réclamer ? »


La mort se situait au delà des simples aspirations de mortels tels qu’eux. Elle était, d’après les croyances de la jeune Aspirante, inatteignable ; c’était elle qui décidait de la fin de tout, frappant indistinctement les pauvres des riches, les jeunes les personnes âgées. Cette parfaite égalité était sourde à toutes les plaintes, toutes les suppliques, et frappait toujours avec la plus grande impartialité.
Ñiniel ne pourrait jamais invoquer la mort ; personne ne le devrait.

Et que dire du peu de considération de la Vie ? Il faut dire que lors de son séjour au pic aux Tigres, elle avait adopté le rituel funéraire du peuple Ondin avec lequel elle vécut. Les Aezler croyaient aux cycles d'une vie et la respectent plus que tout, la chérissent, la célèbrent et la louent de tout temps. Selon leur croyance, la vie reprend un nouveau chemin dans un cycle infini. Offerte à un être humain le temps d’un cycle, elle se verra offerte à un autre lorsque ce cycle sera arrivé à terme. La justice de ce peuple ne connaît pas la peine de mort tant cet acte est jugé odieux et contre-nature.
Lorsque la vie arrive à son terme, de grandes funérailles sont organisées, et la cause du décès définissait les hommages qui étaient rendus aux défunts. Une mort naturelle était par exemple une cérémonie légère et enjouée, célébrant la vie accomplie jusqu'à son achèvement prévu et sa poursuite avec un autre compagnon de voyage. Une mort accidentelle alourdissait un peu le ton, et le défunt était plongé dans l'élément aquatique dans l'espoir que la vie qu’il portait en lui trouvera un nouveau cycle, un nouveau chemin. C’est ce qu’il est commun d’appeler le Rituel du Bain
Une mort provoquée intentionnellement par une autre personne était cause de grand malheur parmi le peuple ondin: le crime était d'une part d'une ignominie terrible, car interrompre volontairement le cours d'une vie avant qu'elle n'aille au bout de son cycle était gravissime. Le Rituel du Bain était alors commémoré mais un second rituel était alors orchestré. Dans les ruines du Pic au Tigres, aux pieds d'anciens remparts gisait une eau sombre et épaisse au milieu de laquelle se tenait une statue ancienne tenant une longue épée dans sa main droite. Les membres éminents des Aezler s'y rendaient alors de nuit et prononçaient de longues incantations. Ce rituel était épuisant pour ceux qui le pratiquaient; il s'agissait de faire appel à de lointaines et oubliées forces mystérieuses, qui lorsqu'elles étaient appelées, devaient être contrôlées. C'était une véritable lutte acharnée entre les invocateurs et ces forces mystérieuses et pour qui n'était pas assez préparé, la folie les attendait au moindre signe de faiblesse.
Ñiniel ne pût jamais y assister, comme grand nombre de ses camarades tant l'événement était grave et secret. Il est cependant dit qu'à l'issue de ces incantations, le coupable se retrouve pris d'un étrange mal qui le fera souffrir des jours durant, avant que celui-ci ne disparaisse. Ce mal, c'est celui de la vie qui arrive au bout de tout cycle, tranché par la Statue à l’épée. Cette vie-là, après ce chemin emprunté, se terminera à tout jamais et disparaîtra. Ce châtiment était le seul que ce peuple connaissait; c'était aussi le plus terrifiant; tellement terrifiant qu'il n'est presque plus pratiqué tant il suffit à prévenir du moindre crime.

« Je vous assure que j’espère que nous ne tuerons pas pour assassiner ou vous venger….je ne souhaite à personne de commettre un tel crime… »


Elle se tut quelques instants, pétrifiée par cet échange. Elle finir par cligner des yeux, une fois d’abord, puis plusieurs fois de manière rapide, afin de forcer son esprit à revenir sur la situation actuelle et se recentrer sur ses questions.

Les groupes de Chasseurs allaient-ils parvenir à leur quête ? Depuis combien de temps était-elle ici ?

« Votre Aspirant….pourquoi étiez-vous surpris par la capacité de Drahazir à le contrôler…et pourquoi a-t-il attaqué le Kaerl Ardent ? »


Elle repensa alors aux lignes du livre qu’elle avait furtivement parcourues « Le Don peut être redoutable quand le Dragon accepte de l’offrir à son Lié… ». C’était pour elle une première piste, un premier élément. Drazahir tenait sans doute son pouvoir du Don que son Lié lui avait offert en totalité. Elle baissa alors les yeux sur l’ouvrage : l’avait-il tenu entre ses mains lui aussi ? La voix tremblotante n’était que le reflet de la peur qui la submergeait.

« Nous devons avoir toutes les cartes en mains pour lutter contre la menace qui pèse sur nous aujourd’hui. Et vous pouvez nous aider en me disant tout ce que pouvez sur Drazahir. S’il a pris possession de votre esprit, vous devez, d’une manière ou d’une autre, avoir appris quelques détails qui pourraient être capitaux….qui est Drazahir ? »




Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mar 13 Mai 2014 - 11:59 Répondre en citantRevenir en haut

Au final qu'avait-il à gagner en l'aidant ? Pourquoi ressentait-il encore ce besoin de défendre son Kaerl même s'il s'était allié aux autres Màr pour faire face à l'ombre ? Cette loyauté le déroutait lui même, lui laissait un goût amer dans la bouche mais à quoi pouvait-il se raccrocher finalement ? Lui qui n'était plus qu'une chose désincarnée. Son regard vint se nicher dans les yeux de l'ondine alors qu'elle prononçait le nom ''Lhain'' et celui-ci se mit à pétiller quelque peu d'espoir.

Un rire bref d'une seule syllabe, dénotant de tant de sentiments contradictoires vint fendre l'air. Fierté, moquerie, joie, haine. Il se releva lentement pour se tenir bien droit face à elle et la fixer avec intensité. Certes il y avait toujours du danger dans le fait d'être à côté de lui mais son langage corporel était des plus détendu.

« Tant de fiel dans une si petite bouche. Oui les célestes sont des couards et non je ne regrette pas mes mots, je n'en reste pas moins fier de lui pour avoir tiré... votre genre... d'un mauvais pas. »

Il lui aurait bien tourné le dos si elle n'avait abordé le sujet de sa dernière requête; la destruction de Drazahir, le fait de couper son âme de toute possibilité de repos. Pouvait-on la réclamer ? Oui, bien entendu qu'on le pouvait ! Ses sourcils s'étaient froncés sous la colère mais il la laissa finir tout en serrant les poings.

« Oh mais si vous allez le faire, pour la simple et bonne raison qu'il le mérite. J'ai tué son pion et cela lui a imposé un contre-temps, maintenant que je suis déchu vous voudriez me faire croire que mes actes ne me donnent aucunement le droit de réclamer son sang ?! »

Il avait ponctué ses mots avec son index, faisant gesticuler celui-ci devant la face de l'ondine. Il retenait, contenait cette envie de l'attraper par les cheveux et de lui frapper la tête contre le sol. Il se sentait insulté par le fait que l'on ne désirait pas la destruction complète et totale de l'ombre, que quelqu'un se dise que la simple mort de celui-ci était amplement suffisante pour qu'il paie de ses crimes.

« Vous... avez une dette envers moi. Les trois kaerls me doivent le recul de l'échéance et peut-être même votre survie. Si je n'avais pas tué le rat peut-être qu'une attaque avant celle ayant eu lieu vous aurait tous détruits. Il est de toutes façons bien trop dangereux pour que l'on permette à son âme de subsister. Qui sait si ce chien ne serait pas capable de se relever d'entre les morts? Non, il doit être détruit. »

Les deux dernières phrases semblaient autant adressées à lui même qu'à son interlocutrice, comme si il pensait à voix haute, son regard s'étant voilé le temps qu'il les prononces et en fasse le tour quelques secondes. Ce qui le tira de sa rêverie fut la mention de la possession et il haussa légèrement l'un de ses sourcils, son visage se fendant d'un certain amusement; comme celui d'un père devant son enfant qui posait une question en somme toute logique mais dont il avait déjà la réponse.

« Pourquoi ? Comme je vous l'ai dit, l'ombre a du me tuer pour pouvoir contrôler ma chair. Le fait qu'il n'ai pas eu besoin de cette méthode pour prendre le contrôle de mon ancien aspirant me semble pertinent. Peut-être a t-il apprit en expérimentant avec mon corps ou a t-il utilisé une autre méthode. Ce dernier point me semblant plus logique ceci dit. »

Il s'écarta lentement pour laisser à l'ondine plus d'espace vital. Il venait de comprendre que cette proximité la mettait peut-être mal à l'aise, chose qui l'aurait fait rire si la situation n'avait été si grave. Il fit quelque pas, observant ce paysage surréaliste, bras croisés dans le dos, avant de se remettre à sourire avec un détachement assez contradictoire par rapport à ses dires passés.

« Je pense que l'ombre, Drazahir comme vous le nommez, était un ancien membre de mon Kaerl. Je n'ai cependant jamais fait sa connaissance ni n'ai entendu parler de lui avant qu'il ne vienne sur le devant de la scène. Renseignez-vous à son sujet auprès de celui qui fut mon seigneur ; Alauwyr Iskuvar, béni soit son nom. Peut-être en saura t-il plus concernant notre... ami... que moi. »

Il redressa le menton, inspirant une grande bouffée d'air sans saveur et laissant entendre qu'il n'avait en rien fini cet échange d'informations. Ce n'était pas une volonté de faire durer les choses mais pour lui le temps ne voulait plus dire grand chose et plus il essayait de se presser plus son esprit avait du mal à se focaliser sur un point. Être désincarné apportait son lot d'étrangetés et dire qu'il essayait de s'y faire aurait été ridicule; son état était ce qu'il était, point barre, y réfléchir l'aurait poussé dans une réflexion peut-être millénaire.

« Les mots qu'il a utilisé, ces syllabes sombres, me laissent à penser à une langue très ancienne. Avoir de telles connaissances ne se fait pas en un jour, les êtres les plus anciens devraient peut-être pouvoir vous donner une piste. L'endroit où il se trouvait était plongé dans les ombres et j'étais attaché je ne sais donc où s'est déroulé le rituel. Cependant ! »

Il avait décroisé les bras sur ce dernier mot, levant l'index vers le ciel et tenant celui-ci à côté de sa tête comme pour faire mention d'un point important. Il resta comme cela deux brèves secondes avant de se retourner, toujours dans la même posture, pour faire face à l'ondine avec un sourire qui n'en était pas un.

« Il est vaniteux. Il s'est vanté d'avoir causé le chaos sur les autres continents. Et a fait mention de lieux de grand pouvoir. J'ose imaginer qu'il n'existe pas des centaines d'endroits de ce genre dans le monde, aussi en recoupant les renseignements le trouverez-vous peut-être. Tant que j'y pense, parlez aux dragons. Peut-être qu'en fouillant la mémoire de leurs ancêtres ils pourraient vous dire deux-trois choses au sujet de l'ombre. Un tel être n'est pas né d'hier et n'est sûrement pas passé inaperçu. »

Il abaissa son doigt et recroisa les bras dans son dos. Visiblement satisfait de ses réponses, réfléchir était devenu assez étrange pour quelqu'un dans son état. Il fallait tenir fermement la bride de ses pensées et lorsque plus rien n'avait véritablement de sens cela s'avérait des plus compliqué. Il refit quelques pas vers l'ondine et la toisa de toute sa hauteur pour lui offrir un sourire.

« Ce n'est pas l'envie qui m'en manque mais je ne vais pas vous retenir plus longtemps dans votre quête. Vous n'êtes peut-être pas ardente mais vous travaillez avec ceux qui furent les miens, aussi je vous assure de toute ma sympathie. Et puis si vous échouez je vous assure d'une chose ; Le royaume des morts n'est pas aussi terrible que son nom l'indique, c'est en être arraché qui est odieux, je ne vous le souhaite pas. »

Il parti d'un grand rire, lançant sa tête en arrière tandis que les sons sortaient de sa gorge où luisaient des tendons épais sous la peau. Cette propension à tout trouver drôle l'inquiétait et l'amusait, ressentir quelques émotions était des plus plaisant pour quelqu'un qui avait passé un temps indéterminé dans l'obscurité de la non existence. Il fit quelques pas à l'opposé de l'ondine, sans but aucun avant d'arrêter de rire aussi brusquement qu'il avait commencé.

« Je suppose que nous en avons terminé. Si ce n'est pas le cas ne perdez pas de temps; j'ai énormément de mal à me focaliser sur quelque chose. Je suppose que de ne plus avoir l'emprise du temps, de la chair, ou même de considérations en est la principale cause. »
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Ven 20 Juin 2014 - 21:10 Répondre en citantRevenir en haut

Elle l'avait énervé et crut mourir sur le coup. Mais que s'était-il donc passé dans sa tête d'écervelée pour ainsi le provoquer? Ñiniel savait que rien en elle n'émanait le danger et qu'elle attirait plutôt la sympathie ou la pitié. Mais cette fois-ci, elle a voulu faire la donneuse de leçon pour sa plus grande frayeur. Ce regard de folie destructrice lui glaça le sang et la figea sur place.
L'attaque aurait été foudroyante, elle n'aurait même pas eu le temps d'avoir peur. Ce n'est qu'après, après s'être rendue compte qu'elle était encore en vie qu'elle s'aperçut que cette vie aurait pu s'arrêter là. C'était terrifiant.

L'instant d'après il lui offrit un sourire presqu'attendri, ce qui faillit la faire fondre en larmes. Le livre serré contre elle comme pour se protéger, Ñiniel attrapa de sa main libre les plis de sa tunique et serra aussi fort qu'elle le pût. Geste ô combien dérisoire, signe d'une enfant perdue au pays des cauchemars tentant de se raccrocher à la moindre réalité.
Elle recevait d'Ulfgar Haraldson un flot d'informations contradictoires qui altéraient son humeur comme jamais auparavant. Ñiniel n'osait plus rien dire tant elle redoutait la réaction que cela pourrait déclencher.

Cet état d'esprit n'était hélas pas le plus efficace pour sa concentration et mémoire. Dans un son lointain et résonnant, elle savait qu'il répondait aux questions posées, mais elle ne l'entendait pas. Le regard immobile posé sur lui sans vraiment le voir, l'Ondine ne repensait qu'à cette peur de mourir qu'Ulfgar venait de réveiller en elle. Difficilement, elle tenta de rajuster son regard sur Ulfgar et de saisir quelques bribes d'informations, sans grand succès. La seconde d'après elle n'était déjà plus là.

« Pourquoi ? Comme je vous l'ai dit, l'ombre a du me tuer pour pouvoir contrôler ma chair. Le fait qu'il n'ai pas eu besoin de cette méthode pour prendre le contrôle de mon ancien aspirant me semble pertinent. Peut-être a t-il apprit en expérimentant avec mon corps ou a t-il utilisé une autre méthode. Ce dernier point me semblant plus logique ceci dit. »

L'Aspirante n'avait pu s'empêcher de chercher l'once de faiblesse qui aurait pu émaner d'Ulfgar Haraldson, cette petite once qui aurait rendu à ce personnage une part d'humanité. De manière égoïste, et en occultant naïvement le fait que le géant pourrait la tuer d'un claquement de doigts, elle avait tenté de trouver ce qui aurait pu le sauver.

« Je pense que l'ombre, Drazahir comme vous le nommez, était un ancien membre de mon Kaerl. Je n'ai cependant jamais fait sa connaissance ni n'ai entendu parler de lui avant qu'il ne vienne sur le devant de la scène. Renseignez-vous à son sujet auprès de celui qui fut mon seigneur ; Alauwyr Iskuvar, béni soit son nom. Peut-être en saura t-il plus concernant notre... ami... que moi. »

Mais qu'espérait-elle donc? Elle n'était qu'une insignifiante marionnette, un minable insecte face à un tel monstre d'ombre. C'est ce qui la rendait peut-être le plus furieuse dans le fond : elle n'était rien à ses yeux morts; mais comment peut-on faire montre d'aussi peu de considération pour ce qui nous entoure? Elle sait déjà qu'en retournant parmi les vivants, elle aura le goût amer de l'échec.

« Les mots qu'il a utilisé, ces syllabes sombres, me laissent à penser à une langue très ancienne. Avoir de telles connaissances ne se fait pas en un jour, les êtres les plus anciens devraient peut-être pouvoir vous donner une piste. L'endroit où il se trouvait était plongé dans les ombres et j'étais attaché je ne sais donc où s'est déroulé le rituel. Cependant ! »

Pourtant, Ñiniel aurait été prête à rester ici aussi longtemps que nécessaire si elle avait seulement décelé un espoir, l'espoir d'apporter la vie dans son univers. Elle jeta un triste regard sur ce monde désolé. Le sable gris n'était que cendres, celles de vies consumées, et le paysage changeant ne reflétait qu'un état d'esprit dérivant sur une mer sans courant, balloté indéfiniment, condamné à une terrible immobilité. Au dessus de cette mer sans couleur planait un lourd voile noir. La nuit infinie n’avait pas d’étoiles ici, pas le moindre point lumineux.

« Il est vaniteux. Il s'est vanté d'avoir causé le chaos sur les autres continents. Et a fait mention de lieux de grand pouvoir. J'ose imaginer qu'il n'existe pas des centaines d'endroits de ce genre dans le monde, aussi en recoupant les renseignements le trouverez-vous peut-être. Tant que j'y pense, parlez aux dragons. Peut-être qu'en fouillant la mémoire de leurs ancêtres ils pourraient vous dire deux-trois choses au sujet de l'ombre. Un tel être n'est pas né d'hier et n'est sûrement pas passé inaperçu. »

La mélancolie des lieux finirait par la perdre: Ñiniel se rendit alors compte qu'elle n'avait pas la force de ses ambitions. De plus, elle redoutait un autre mot malheureux de sa part qui pourrait une fois de plus déclencher la fureur d'Ulfgar Haraldson.

Ce goût de l'échec, était-ce celui de ne pas avoir réussi à toucher Ulgar Haraldson, ou bien était-ce celui de se rendre compte de ses propres limites?

« Je suppose que nous en avons terminé. Si ce n'est pas le cas ne perdez pas de temps; j'ai énormément de mal à me focaliser sur quelque chose. Je suppose que de ne plus avoir l'emprise du temps, de la chair, ou même de considérations en est la principale cause. »

À ces mots, Ñiniel revint finalement au présent, regardant Ulfgar d'un air hagard, comme si elle venait de le voir pour la première fois. Elle était peinée de son incapacité à guérir le mal du géant.

Elle le savait : il lui fallait maintenant partir. Elle desserra le livre de son étreinte et le tint fermement d'une main tandis qu'elle posa l'autre sur la couverture.

"Peut-être n'en avez-vous que faire...mais je vous remercie pour ces précieuses informations. J'espère que vous apprendrez d'une manière ou d'une autre le dénouement de notre combat..."

D'un geste délicat, elle ouvrit le livre sans vraiment savoir à quoi s'attendre. Tout juste tentait-elle de répéter les gestes qui l'avaient conduite ici. Elle jeta un dernier regard triste sur Ulfgar; elle ne le connaissait pas et ignorait tout de ses actes passés. À ses yeux, il était victime de Drazahir, mort au combat en tentant de défendre son Kaerl. Elle eut l'impression de l'abandonner et le condamner à la folie. Qui ne serait pas devenu fou dans cette plaine d'ennui?

Avant même de se rendre compte de quoique ce soit, elle s'échappa de là.




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