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 [RP]Une Caravane un peu spéciale.... Sujet suivant
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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2014 - 18:07 Répondre en citantRevenir en haut

Quelques années plus tôt


Un cheval poussa un hennissement strident, exprimant sa frustration de rester encore allongé sur le sable et la tête sous une tente improvisée. Son cavalier le calma d'une caresse à l'encolure et remonta les pans de sa chèche, pour protéger son visage des rayons du soleil. La tempête de sable était enfin terminé et avait heureusement duré que deux bonnes petites heures. Dans le désert, des tourmentes sableuses pouvaient durer bien plus longtemps encore, quand ce n'était pas des jours durant. Heureusement pour la Caravane qu'il escortait, avec d'autres cavaliers de sa profession, il y aurait sans doute pas de perte. Peut-être quelques chameaux braillards et nerveux et... ah oui, il oubliait un peu leur cargaison particulière. Si cette dernière ne se faisait pas entendre, ce serait étonnant ! Elle aurait alors avaler son lot de grain de sable dans la gorge.

La Caravane qui l'avait engagé n'était pas une marchande ; elle était toute dédiée à une jeune fille à marier. Chaque chameau portait ses effets personnels et pas des moindres. Des soldats accompagnaient bien entendu cette voyageuse atypique pour la protéger. Mais rien ne valait les Escorteurs. Ils étaient les seuls à connaître les humeurs du désert, à s'orienter grâce aux étoiles et à prévoir les meilleurs passages dans les dunes traîtresses. Une seule Caravane pour une seule personne. Certes, il s'agissait de la future épouse d'un de ces nombreux souverains des Oasis, mais quand même... la subir comme Peddyr avait pu le voir auprès des autres guides....Il avait pour l'instant de la chance que la donzelle n'ait pas jeté son dévolu sur elle. Pourrie gâtée qu'elle était, elle prenait tout le monde de haut et utilisait tout le monde comme le plus insignifiant serviteur. Ne savait-elle donc pas qu'elle était dans le Désert même, impitoyable et dangereux pour qui le sous-estimait ?

Il retira la tente improvisé et permit à sa monture de se relever. Cette dernière s'ébroua pour chasser les grains de sable qui s'étaient collés à ses poils. Une fois la tente repliée et rangée sur selle, Peddyr monta sur le dos de son cheval. Il était le seul Escorteur à préférer le cheval à la monture dans toute la Caravane, trouvant l'obéissance et la souplesse plus adéquate à ses besoins que ceux d'un chameau. Il prit sa gourde et but quelques gorges, avant de la remettre à sa place et de remettre sa chèche en place. La lumière se faisait déjà chaude et forte, qu'il fut obligé de plisser ses yeux bleu acier ; une couleur d'yeux assez rare, voir inexistante chez les natifs du désert.

Il jeta un coup d'oei sur la Caravane. Tous comme lui, les cavaliers des chameaux se remirent en place, s'assurant que tout allait bien... Même la princesse. Dire que le voyage n'avait commencé que depuis quelques jours et il en faudrait encore un bon nombre avant d'arriver à destination. Oubliant un peu la présence de leur colis arrogant, Peddyr poussa sa monture au petit trot pour se rapprocher du chef de la caravane et de s'assurer que tout allait bien, en plus de voir si une nouvelle tâche était à exécuter. Avoir un cheval imposait de porter de l'eau en plus ou de faire des halte plus régulière dans les oasis, mais le gros avantage était la reconnaissance. Peddyr reconnaissait les endroits au sable bien tassée pour faire passer son animal à sabots. Donc allait-il avoir une mission de reconnaissance en avant de la caravane ? Ou alors simplement rester dans l'alignement de la Caravane ?



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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2014 - 18:07 Revenir en haut

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Runa Salv
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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2014 - 23:19 Répondre en citantRevenir en haut


- Runa à ses 16 ans -




- Combien de temps ça va encore durer ?! Le soleil est levé depuis trois heures à peine et déjà on s'arrête ? A ce rythme là, je vais être en retard. Et tant mieux. Je ne veux pas l'épouser, l'autre vieux d'Arsuh. Je vous hais tous, TOUS ! Vous ne méritez que de crever ! Pourquoi on s'arrête tout le temps, HEIN ?! Bande d'incapables ! Vous serez tous fouettés !

- FAITES DEMI-TOUR, JE VEUX RENTRER A HAR'LU ! FAITES CESSER CES FICHUES TEMPÊTES DE SABLE !


- Ma Dame, vous savez qu..

- TAIS-TOI ! Comment oses-tu me parler ?! Sale chienne !


La jeune Runa tira violemment sur le collier de son esclave, comme pour lui en rappeler le rang. Là, c'était elle qui dirigeait. Elle repoussa la pauvre servante du haut de son chameau d'un rude coup de pied.
Ainsi ce rythmait ce voyage, cette traversée, au combien éprouvante pour tous mais surtout pour tout son petit personnel. Qui aurait voulu faire partie d'une telle caravane ? Qui n'aurait pas déjà égorgé l'enfante absolument insupportable qui était au centre de cette organisation ? De l'extérieur des tentes, les mercenaires et autres soldats payés par son père pour la protéger pouvaient entendre le grand fracas de ses colères puériles, et le son étouffé des coups qu'elle portait à ses serviteurs, ses cris rageurs de gosse pourrie-gâtée. Un merveilleux ensemble détestable au possible, même pour celle qui écrit cette histoire.

Runa exigeait moult choses : une eau plus fraiche, manger autre chose, un nouvel encens dans ses brûleurs, une autre couleur de tente, une nouvelle coiffure.. Les premiers à en pâtir n'étaient pas les escorteurs mais il était impossible que la fureur de l'adolescente ne leur parvienne pas aux oreilles. Et dire qu'ils n'en n'étaient même pas à la fin du premier quart de ce périple..

- Qu'est-ce que tu attends pour changer ma tenue et me repeigner, je suis couverte de sable, raclure ! Époussette moi ! Et baisse les yeux, je T'INTERDIS de me regarder.

Il était impossible de la suivre, elle ne cessait de bouger, de se mouvoir, de courir d'un bout à l'autre du camp de fortune. En passant parmi ses protecteurs, elle pestait allègrement sans pour autant les insulter, bien qu'elle les méprisait. Elle observait tout autour d'elle la raison cachée d'un nouveau caprice. Ses plaintes continuelles étaient entrecoupées de "J'ai faim ! ", "J'ai mal aux pieds, porte-moi !" et autres "J'ai soif !" le tout en traitant ses esclaves avec le plus d'irrespect possible. Fière de son rang et de son sang, la jeune fëalocë n'était surtout plus maîtresse d'elle-même. Son union à venir avec un vieil humain réputé pour ses vices ne l'emballait pas vraiment et depuis son départ, elle demandait à qui voulait bien l'entendre de la remmener chez ses géniteurs.
Son visage était à moitié voilé par un pan opaque de soie rouge et on ne distinguait que l'attrait embrasé de ses yeux d'or. Elle se dirigea en dehors de la tente d'un pas agacé, ordonnant sèchement de replier le camp et de partir. Elle était si énervée que sa peau d'un naturel clair pour sa race montrait des joues rougies de hargne sous son masque.
Son regard se posa sous les volutes de sable soulevées par le seul cavalier à cheval de la caravane. Il allait et venait avec une certaine liberté que lui envia la princesse.

- Hey, toi là ! Oui, le gros lourdu là !


Elle désigna l'un des escorteurs du doigt, sans plus de considération. Ce dernier s'approcha à pas nonchalants, soupirant discrètement.

Je veux que l'homme là-bas reste à côté de moi pendant le voyage, j'en ai marre de voir des chameaux. Dis lui que je veux faire un tour sur son cheval.
Et dépêche-toi, déjà que tu es gros et moche, fais le travail pour lequel mon père te paye.

Sans le moindre doute, l'homme deux fois plus grand qu'elle voulait lui emmancher une superbe droite. Mais il dû se retenir. Sans broncher - du moins le fit-il dans sa tête - il se rendit aux avants de Peddyr, le pas pressé, porter les exigences de la petite noble exécrable.
Tous étaient prêts à reprendre la route sous l'aval du chef de l'attelage et bien-sûr si la gamine le voulait bien.



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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 10:24 Répondre en citantRevenir en haut

Le gros lourdaud avait pris sur lui en effet. Après avoir tourné le dos à la sale gosse, il grommela quelques messes basses, s'orientant sur le nombre de fessées qui manquaient à leur petit colis hargneux. Quand il fut à suffisante distance de l'Escorteur, il le héla de sa voix d'ours.

''Et le cavalier, viens un peu par ici''

Peddyr se demandait ce que ce garde lui voulait. Il n'avait pas encore vu le Chef de la Caravane que déjà, on venait l'enquiquiner. Sans doute pas grand chose. Il se rapprocha donc de l'homme plus large et plus lourd que lui, toujours jugé sur le dos de son cheval. Un regard suffit à demander la raison de son appel.

''La gamine à marier veut que tu lui fasses faire un tour à cheval. ''
''Maintenant ? ''
''Ben oui... et personnellement, je te conseille d'obéir de suite. Cela a beau être un joli brin de fille mais son sale caractère pourrait bien décidé de pas te verser le restant de ton salaire à la fin du voyage...''


L'Escorteur sourcilla. Lui qui avait espéré ne pas se confronter à la jeune femme. Elle avait beau approcher de l'âge de femme, elle se comportait comme une enfant à qui on donnait tout, pour le moindre de ses caprices. Il avait assisté une fois à la punition d'un de ses esclaves, parce qu'une seule goutte de jus de fruit avait taché la robe de l'infante... Alors un tour à cheval. Résigné malgré son non désir de jouer les serviteurs défouloirs, il fit trotter son cheval vers la demoiselle, arrivant à sa hauteur de quelques mètres. Sans le voile, il aurait été aisé de contempler sa jeunesse et sa beauté de jeune fille de noble. Ses yeux dorés auraient fait frémir plus d'un homme, mais quand on la connaissait de réputation, la beauté se fânait devant la méfiance qu'elle inspirait, une méfiance dans le genre de qu'est ce qui allait vous tomber dessus.

Malgré sa réticence, il inclina sa tête et le buste avec une certaine forme d'élégance, pour saluer la noble.

''J'ai cru comprendre que Son Altesse m'avait quémandé pour un tour de cheval. Me voilà comme ordonné...Où souhaitez vous vous rendre ? ''

Derrière son turban et sa chèche, il se mordit les lèvres, se retenant de dire que le soleil était déjà bien frappant de sa chaleur infernale et qu'elle n'apprécierait pas le confort de la selle. Après tout, elle devait un peu découvrir ce qu'était la vie non ? Elle qui avait du passer toute sa vie dans un palais... Seuls ses yeux dépassaient des entrelacs de tissus, se posant sur la jeune femme à la chevelure rousse.



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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 13:23 Répondre en citantRevenir en haut



* Bon il se magne j'ai pas que ça à faire. *

La fëalocë vêtue de cardinal attendait, l'air agacé, les mains posées sur les hanches. Elle suivit d'abord du regard ce gros pourceau d'escorteur puis reporta son attention sur l'enrubanné à cheval. Sous son coufieh on aurait pu distinguer deux sourcils froncés au dessus d'un regard déterminé. L'adolescente avait le visage de l'innocence bariolé par une profonde témérité. Ce genre de gosse de nobles se croyait tout permis et au fur à et à mesure de ses exigences, elle s'était endurcie, peignant à chacun de ses pas la silhouette d'une jeune fille fière et pleine de dédain pour tout ceux qu'elle ne jugeait pas à sa hauteur. Jolie ? Oui elle l'était, pour peu que ce portrait ne soit pas enlaidi par ses pathétiques exigences.
Le cavalier s'approcha au trot, elle détailla en premier le cheval pour voir s'il était assez beau pour la transporter, elle évalua que c'était le cas. Une fois qu'il fut à ses côtés, elle leva le visage en sa direction, une main en visière pour repousser de sa vue le contre-jour ardent du soleil au dessus des épaules de l'homme. Une fois ses yeux accoutumés aux rayons perçants de Solyae, elle put l'écouter.
Il parlait bien, même pour un soudard drappé dans du lin. Il paraissait poli aussi, contrairement à tous ces porcs tout juste bons à réclamer leur solde. Elle allait cracher une autre exigence quand ses iris d'ambre rencontrèrent le bleu acier de celles de son interlocuteur. La jeune fille balbutia, perturbée par ces deux yeux vifs dont la robe était si rare parmi les dunes du Ssyl'Shar.

- Je VEUX aller là-bas.

La fëalocë lui indiqua d'un vague geste de la main la tête de la caravane, aux devants du chef de convoi. Elle cachait sa véritable intention de se sauver et de rentrer chez ses parents. Pour le moment, elle ne dirait rien de tout ça, elle jaugerait son drôle de protecteur aux yeux clairs.
Il avait l'air hésitant et peut-être même inquiété derrière son chèche. Mais qu'y avait-il à craindre ? La gamine était née du désert, au coeur même de l'aridité. Sa peau, bien que claire comme celle d'une véritable rousse, se teintait de reflets hâlés et le soleil n'aurait pu lui porter atteinte. Ses yeux étonnement clairs malgré ses origines finissaient de racer la fëalocë. Elle s'exprimait avec la rudesse de Vaendark mais son âme lapait de flammes tous ceux qui approchaient d'elle.

- Princesse, buvez avant de monter..


Runa jeta un regard haineux envers son esclave dont elle arracha des mains la flasque d'eau, le tout pour mieux lui jeter au visage. Tout était bon pour se donner en spectacle. Elle n'eut qu'à lui siffler un "Dégage.." pour que cette dernière s'incline et recule en lui faisant face, sans demander son reste.


- Tu attends la neige ? Fais moi monter, L'étranger.


Elle appuya volontairement sur la particule "L'", montrant bien que parmi les escorteurs et les esclaves, il était encore autre. De toute façon, la gamine n'était intéressée que parce ce qui sortait de l'ordinaire. Elle n'infligerait pas le même traitement envers cet homme aux saveurs nouvelles que celui qu'elle faisait payer à ses servantes Ssyl'Shariennes.
Elle trépignait comme le faisaient si bien les enfants. Nul besoin de vous dire que rien ne pourrait la mater si ce n'est une bonne remise en place en bonne et due forme.
A cet âge, Runa ne mesurait pas plus d'un mètre soixante, contre soixante-dix aujourd'hui. Elle n'avouait pas que malgré son envie profonde de grimper sur le cheval, elle n'y arriverait pas toute seule.

- Allez, je VEUX me promener !


Sans crier gare, elle tapa du pied pour appuyer son exigence pressée, les bras croisés sur sa poitrine à peine née.



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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 13:47 Répondre en citantRevenir en haut

Le cheval qu'elle contemplait n'était rien d'autres qu'un cheval racé du désert, élevé pour sa robustesse au chaleur et au manque d'eau. Ses sens en alerte en faisant une bonne monture pour les éclaireurs et les messagers rapides, mais leur caractère les rendait nerveux. Un rien suffisait à les faire renâcler. Et ce que fit le hongre à la robe couleur alezan brûlé. Il piaffa en dressant ses oreilles vers cette bipède qui empestait la colère. Elle était à l'extrême opposée de son cavalier, qui restait calme sur son dos. Il tira un peu sur ses rênes, sentant la main ferme qui le rappelait à l'ordre. Il souffla alors bruyamment par les naseaux pour exprimer son impatience face à la petite furie.

''Ce n'est que l'affaire de quelques instants, votre Altesse. ''

Malgré l'impatience irritante de la jeune fille, Peddyr descendit de sa monture, défit la ventrière de la selle et la laissa choir dans le sable. Un garde la récupérerait le temps de sa petite balade. Ainsi, ce sera plus confortable pour lui et sa passagère que pour le hongre. Celui ci leva les oreilles intéressées. Peddyr se rapprocha ensuite de l'adolescente et l'attrapa du bout de ses bras à sa taille svelte. Il n'avait pas bronché quand à la remarque de Runi quand à ses origines évidentes. La couleur de ses yeux et son accent du Nord le trahissait d'office.

''Si vous me permettez, c'est pour vous aider à monter en selle...''

Elle était aussi légère qu'une plume et il put aisément la faire asseoir en travers sur le dos de l'animal. N'était-elle pas une dame après tout ? Chevaucher les flancs d'un cheval n'était pas aidé en robe. Puis il monta derrière elle, passant ses bras autour d'elle sans la toucher vraiment, plus pour attraper ses rênes qu'autre chose. Même en selle, il était plus haut et plus large que l'adolescente. Elle aurait de quoi se tenir à lui si jamais elle ne se sentirait pas du tout à l'aise.

*Que je fasse attention. Cette pouliche irascible pourrait mordre, même si je ne fais rien. Un grain de poussière suffit à la faire éclater...*

Il tendit un peu les rênes, pour tenir l'hongre qui piétinait le sable. Il se sentait plus léger sans sa selle, se sentant libre. Donc la donzelle voulait se rendre à la tête de la Caravane. Soit, mais pas au pas. Il n'eut qu'à serrer les jambes pour ordonner à son cheval de partir. L'alezan réagit aussitôt pour se mettre dans un petit galop à la bonne foulée, ni trop lentement, ni trop vite, et avec une cadence confortable. Tranquillement, le cavalier et sa passagère de sang royal remontait la Caravane, sous le regard des caravaniers. Quelques escorteurs suivaient du regard ce duo et un hocha la tête avant de terminer ses tâches. La Caravane allait se remettre en route dans peu de temps.

Une fois arrivé un peu au devant de la caravane (juste à une vingtaine de mètres), il n'y avait pour que l'immensité du désert qui s'offrait à eux. Un instant, l'Escorteur contempla l'horizon qui ondulait étrangement sous l'effet de l'air chaud. Dire que le premier jour qu'il avait contemplé cette ligne lointaine et intouchable, il avait été effrayé. Cette ligne était comme son avenir, insondable et inexistant. Mais il y avait de cela des années. Il songea à autre chose.

''Je présume que vous souhaitez faire un nouveau tour de la Caravane votre Altesse ? ''



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Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 15:11 Répondre en citantRevenir en haut



La force de poigne de l'homme suffit amplement à l'ériger au niveau de l'encolure du destrier qui semblait agité. Elle se laissa porter sans rien dire, si ce n'est qu'exprimer sa hâte de contempler le Ssyl'Shar du haut du cheval. Elle tenta de trouver une position confortable, montée en amazone à cause de sa robe et de ses atours princiers.
Lorsqu'il la rejoignit, elle le laissa s'installer à cru, dardant sur lui un regard méfiant quant à ses intentions alors qu'il passait les bras autour d'elle pour prendre possession des rênes. Fièrement, elle redressa le buste, comme un oiseau rare se pavanant parmi les piafs.
Elle aurait pu glisser, jamais elle n'aurait eu le réflexe de se rattraper à lui. Elle ne voulait pas toucher un roturier. Néanmoins, elle nota qu'elle se sentait protégée, bien plus qu'à dos de chameau.

Quand il s'exprimait de façon protocolaire, elle se contentait de rétorquer des "Oui, oui" agacés. La jeune fille parut dans un premier temps mal à l'aise, la monture était d'autant plus énervée qu'elle devait ressentir les émotions de l'humanoïde sur son dos. Quand le cheval se mit à un galop léger, les mains d'albâtre de Runa enserrèrent les crins de ce dernier pour s'y accrocher, sans pour autant tirer trop fort. Elle avait plus de respect pour les animaux que les hommes.
Le vent chaud du désert caressait son visage avec bonheur alors que le duo en selle remontait le convoi. Comme un doux parfum de liberté.. La fëalocë n'aspirait qu'à ça. Si ses goûts n'étaient pas aussi luxueux, si elle n'était pas aussi.. enfin, vous voyez ? elle aurait pu se contenter d'une vie d'errance dans le désert, sans attaches. La noble, parfois, aspirait à une vie plus simple, coupée du monde, loin de tous.

Les gardes comme les servants observaient la noble aller en compagnie de l'inconnu dissimulé sous des étoffes de lin, de l'étranger aux yeux azuréens. Déjà sur leur passage régnaient des interrogations : Qui était-il ? Comment pouvait-on faire confiance à un non-natif du désert ?
Dans le fond, Runa s'en fichait. Elle ne demandait qu'un personnel efficace et obéissant au doigt et à l'oeil, ce qu'il faisait plutôt bien pour le moment.
Ils arrivèrent au niveau du chef de convoi et l'inconnu lui posa une question à laquelle elle coupa court, s'adressant au meneur de la horde en langue Ssyl'Sharienne :

- Si vous vous arrêtez encore une seule fois à cause d'une simple tempête de sable, je vous fais énucléer.

Elle conclut ses paroles d'un jeté de main lassé, faisant sonner ses multiples bracelets d'or.
Son interlocuteur ne répondit pas, il n'eut qu'à s'incliner respectueusement. Elle connaissait bien cet homme qui officiait depuis toujours dans le palais des Salv. Réputé pour son oeuvre, il ne se laisserait pas piétiner par une enfant, fut-ce telle la fille de son "maître."
Runa chercha à croiser le regard de son accompagnateur, toujours dans cette forme incessante et lassante de provocation. D'une main libre, elle tira la manche de ce dernier comme le ferait une fillette face à un adulte.

- Recommence.
Et parle un peu, mon père ne t'a pas encore fait couper la langue à ce que je sache.
Tu viens d'où ? Tu parles mal, on comprend rien avec ton accent.


Runa tira sèchement sur son dupatta, elle étouffait sous toutes ces toges dont ses esclaves la revêtait. Plus de voiles, plus de capuches : il pourrait admirer la beauté de cette fleur épineuse aux cheveux ondulés et alizarines, à la peau pâle et au regard à en faire frémir le plus froid des hommes.
Elle sonda l'horizon vallonné du désert, imperturbable. Sa voix angélique ne s'éleva pas outre mesure, bien que le ton restait celui d'un ordre.

- Emmène moi loin d'ici, je ne veux pas aller à Arsuh. Je ne veux pas me marier. J'en ai marre de tous ces imbéciles qui me tournent autour.
Je te payerai ce que tu voudras.


Allait-il obéir aux nouvelles demandes irréfléchies d'une adolescente ?



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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 15:37 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr assista sans mot dire à l'ordre lancé par Runa au chef de convoi. Il le vit s'incliner, comme pour répondre à l'exigence de la maîtresse, rien que pour lui plaire. Quand il se redressa, l'Escorteur n'eut qu'à lire son regard du natif du Désert, comprenant que le chef du convoi prendra les mesures pour se protéger de la prochaine tempête, menace ou pas menace de la fille de son maître. Peddyr connaissait les compétences des vrais chefs de Caravanes. Ces derniers avaient l'expérience du monde désertique et leurs avis primaient sur tout. Sans compter que si la fillette venait à périr par négligence, le père le ferait payer très cher. Donc entre le choix de refuser d'obéir sciemment à l'adolescente en ébullition et d'arriver entier à Arsuh, le choix était vite fait.

Ses pensées furent détournés quand Runa tira sur sa manche pour attirer son attention. Il croisa à son tour son regard ambrée, qui poussait à sourciller devant une telle arrogance. Mais il se contenta de la regarder placidement. Une fois encore, elle tenta de le toucher verbalement quand à ses origines, vu que son accent se prononçait fortement aux oreilles. Peddyr parlait assez bien la langue locale, mais il ne pourra jamais se défaire de la prononciation de sa langue natale. Mais ce qui le fit réellement sourciller cette fois ; la chèche ne cachant pas du tout cet air là, fut la demande de sa passagère. L'emmener loin d'ici ? Que croyait-elle ?

Doucement, il fit repartir son cheval dans le même galop que tout à l'heure, ne répondant rien pour l'instant. Il obliqua sa monture pour faire le tour de la caravane par son autre côté. Elle voulait se promener non ? En même temps, ils faisaient dos à l'horizon qui appelait la petite gazelle à se sauver de son sort de femme mariée. La vie de SSyl'Shar était ainsi pour nombre de ses habitants. On ne décidait pas de sa vie.

Ils passèrent déjà les premiers chameaux quand enfin il daigna répondre.

''Je viens d'Orën, loin dans le Nord... et pour ce qui est de partir loin d'ici, j'ai déjà des ordres, Altesse. Je suis navré, mais je ne pourrai pas accomplir votre souhait. ''

Même avec ses biens précieux, elle aurait de quoi lui payer une vie paisible pour le restant de ses jours. Mais Peddyr n'était pas un être qui cherchait à s'enrichir. Même s'il accomplissait son désir de partir, il la laisserait où ? Dans une ville quelconque où elle terminait sa vie dans un bordel ? Et pour avoir des chasseurs de prime sur ses traces, il en était hors de question. Il avait déjà bien assez à faire avec ces souvenirs qui le hantaient.

''L'autorité de votre père prime pour la destination...''

Peut être que cela suffira à la convaincre. Toujours sur la même allure, l'alezan approchait de la seconde moitié de la caravane. Son cavalier était déjà prêt à entamer un autre tour pour "égayer'' la petite princesse a qui il trouvait qu'il lui avait manqué quelque chose dans son éducation et dans son enfance pour être aussi.....hautaine et pensant que tout lui revenait de droit naturellement... Par les cieux, ignorante donc qu'elle était de la vraie vie et de ses difficultés. Certes, elle allait se marier, ce n'était pas son rêve ni sa volonté, mais elle ne voyait pas les conséquences qu'elle semait par son comportement lunatique et autoritaire....



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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 00:56 Répondre en citantRevenir en haut



Elle le trouvait mou, l'étranger. Il ne disait rien, il ne bougeait pas, il était lisse et vide. Ennuyant au possible. Elle avait le sentiment que tout le monde s'acharnait à l'ennuyer et l'énerver. En plus, môssieur prenait tout son temps pour lui répondre.. Mais c'était aberrant !
Petit à petit, elle se lassa de sa ballade, elle allait exploser à nouveau, il suffira d'une étincelle. Et en plus, il n'était pas impressionné par sa magnificente beauté.. Il était bien l'un des premiers. C'était comme une défaite pour l'adolescente, persuadée d'être le plus beau joyaux du continent, voire de Rhaëg entier.
Il n'y avait pas besoin de voir son visage pour comprendre qu'il restait dubitatif face à ses demandes appuyées. Qui était-il pour oser remettre en question les divines paroles d'une gosse de 16 ans ? Avec quelques coups de bâton, peut-être qu'il serait un peu plus réactif, conciliant et causant. L'idée était cruelle et elle plaisait énormément à Runa.

Elle le fixait, presque de façon dérangeante. Elle cherchait l'affrontement, elle cherchait à le faire craquer, elle en jubilait d'avance. Parce que même si elle n'avait pas besoin de vrai prétexte pour le faire battre, elle préférait passer pour l'innocente victime. Ses sautes d'humeur n'étaient qu'un plus à cet effet, parce qu'il en viendrait certainement à la jeter de son cheval.. pour le plus grand plaisir de la jeune fille.
Pourtant, lorsqu'elle le vit diriger la monture pour faire le tour de la caravane de l'autre sens, son sang ne fit qu'un tour.

- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé, pauvre crétin !
Je ne veux pas refaire le tour du convoi !
OH, TOI COMPRENDRE MOI, L'ETRANGER ?!


Le pauvre homme.. Il était plus ou moins piégé. S'il accédait à ses requêtes : il se ferait exécuté pour avoir manqué d'obéir aux ordres de l'Emir d'Har'lu ; s'il refusait ses demandes : elle le massacrerait, d'une manière ou d'une autre. Et.. il semblait avoir fait son choix.
La bouillonnante fëalocë s'agita du haut du cheval.

- NON, STOP !
C'est à MOI que tu obéis en l'absence de Père !


Ses premières intentions étaient de déloger le cavalier de sa place et bien évidemment, elle n'y parvint pas, malgré ses coups de poings - qui lui faisaient plus mal à elle même qu'à Peddyr. Sans prévenir, la petite peste tira sur les rênes pour stopper ou du moins ralentir la course de l'animal clairement énervé. Elle se débattait, entourée des bras courtois de l'homme, frappant à tout va ce qui lui tombait sous la main.
L'absence de selle lui permit de glisser avec facilité et elle retomba maladroitement, les pieds nus s'enfonçant dans le sable chaud. L'escorteur, s'il descendait, ne verrait qu'une jeune fille se sauver en courant, se cachant parmi les quelques dunes et les grandes colonnes de pierre ocre du désert.
Jouer à cache-cache dans le désert ? Le pauvre homme parviendrait-il seulement à la rattraper ? Ne méritait-elle pas une correction, après tout.. ? Déjà, des gardes inquiets se dirigeaient vers l'étrange duo.

- Je veux que tu m'emmènes en éclaireur, je veux tout voir avant le chef de convoi !


Avant de courir se cacher, la puérile gamine siffla ces derniers mots, avec toute sa haine adolescente possible :

- De toute façon si tu refuses, je dirai que tu m'as poussée du cheval, tu seras puni !
Bien fait, t'avais qu'à m'écouter sale apatride.



Pardon pour le lien Johnny Hallidaysque, j'ai pas pu m'en empêcher..



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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 09:57 Répondre en citantRevenir en haut



L'Alezan poussa un hennissement de protestation quand aux traitements que lui infligea l'adolescente. Peddyr s'occupa de le contrôler pour l'empêcher de ruer, se prenant au passage les coups de poings de Runa. Elle finit par sauter du dos de l'animal piaffant pour retomber sur le sable avec guère d'élégance, cherchant une dune pour se mettre déjà hors de portée.

*Par les cieux, la diablesse ! *

Son cheval maîtrisé, il tourna la tête vers la princesse. Au loin, on voyait déjà les gardes se redresser, pour sans doute s'enquérir de ce qui se passait. Même si eux aussi subissaient les humeurs de la jeune femme, ils seraient obligés d'obéir à la moindre de ses exigences. La folie était sienne quand à la fureur de voir qu'on ne réagissait pas immédiatement ou pas du tout à ses désirs. Vouloir partir comme cela dans le Désert, pour partir loin et puis, elle voulait l'accompagner dans une mission d'éclairage... Oui la folie était vraiment dans son esprit... Et Peddyr était pris entre deux feux. S'il refusait, le fouet l'attendrait. S'il acceptait, il serait obligé de faire deux fois plus attention. Ne connaissait-elle donc rien aux dangers du Désert ? Le regard rivé sur elle, il avait sourcillé. Même s'il apparaissait point touché par les paroles venimeuses de Runa, ses doigts se serraient sur les rênes. Apatride....Il serra les dents. Sa chèche dissimulait la grimace qui tordait ses lèvres. Fille ignorante de la vie elle-même...

Il garda le silence, faisant faire quelques pas vers la petite garce. Le cheval s'arrêta et tendit les oreilles. Un garde venait de se rapprocher, demandant ce qu'il venait de se passer. Peddyr leva la main.

''Le cheval a trébuché. Y a pas eu de mal. La Princesse désire m'accompagner en mission, en avant de la Caravane. S'il te plait, va prévenir le Chef de Caravane et ramène moi ma selle et de quoi tenir pour deux jours, pour la princesse et moi... Ah et vois avec ses servantes pour qu'elle puisse avoir sa tenue de voyage....''

Le garde regarda un instant la jeune femme puis l'Escorteur. Sans demander son reste, il courut aussi vite qu'il put pour apporter ce dont Peddyr avait besoin. Il partait avec vive allure pour ne pas avoir à obéir à la princesse et la savoir dans les mains d'un Escorteur qui allait en vadrouille, ce serait au moins une journée de calme assuré.

Peddyr finit par descendre de son cheval, observant toujours Runa, se demandant ce qu'elle allait encore exiger. Du peu qu'il se rappelait de son ancienne vie, il était certain que son autre ''moi'' aurait bien ricané de l'attitude infantile de cette femme, qu'il l'aurait même laissé là derrière sa dune. Mais c'était autrefois, bien avant de d'être blessé à la tête par le passage d'un carreau. Il n'était plus cet homme, il en était devenu un autre. A juste titre ou au mauvais ? Peddyr préféra ne pas savoir et ne souhaitait pas devenir cet autre qui l'angoissait. Il se concentra sur la bouche de son cheval, s'assurant qu'il n'avait pas été blessé lors de la petite crise de sa passagère. Il n'avait rien. Tant mieux.

''Votre Altesse va pouvoir découvrir le Désert en avant première. Juste le temps de préparer convenablement le voyage et nous partirons aussitôt. ''

Le garde de toute à l'heure ne mit pas longtemps pour ramener la selle, et plusieurs sacs de selle bien chargés. Il les déposa non loin de Peddyr.

''Le Chef de Caravane est prévenu et.... ''
''Oui je sais l'ami, que je doive faire attention. Priez les esprits du désert que la mission se passe, comme à l'accoutumée. Dis lui que je devrai trouver l'oasis du précédent trajet. Ca fera du bien à tout le monde de remplir les outres. Dis lui de te donner ma part de bière. ''


Le garde sourit et se retira aussi vivement que tout à l'heure. Peddyr s'occupa de seller sa monture, surveillant toujours la jeune femme. Avec des gestes experts et rapides, il termina de préparer son cheval et ouvrit une des sacoches, sortant un délicat sac en toile de lin fin. Doucement, il le tendit en direction de la princesse.

''Ceci doit être votre tenue, désirez vous la mettre maintenant ou plus tard, Votre Altesse ? ''

Si elle connaissait la rigueur du soleil, peut-être sera-t-elle assez sage pour se vêtir en conséquent. Qu'elle le prenne ou pas serait le dernier de ses soucis pour l'heure. Qu'elle prenne ou pas son colis, il s'occupera par la suite de resserrer la ceinture qui portait son épée et la présence de son arbalète de poing, repliée et savamment fixée sur sa cuisse, tout l'ample tenue de nomade...



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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 11:35 Répondre en citantRevenir en haut



Il n'y avait pas à dire, elle se moquait de lui. Ouvertement et copieusement. Elle jouait avec lui comme elle l'aurait fait avec n'importe qui, mais avouons qu'elle appréciait particulièrement le fait de se déchaîner sur quelqu'un qui n'était pas né ici. Il se la jouait "moi je connais le désert" quand bien même Runa était faite de sang, de sable et de soleil.
Elle riait, et pas si innocemment que ça.
Pendant qu'il s'affairait à exécuter ses envies, elle tournait autour de lui, le pas léger et dansant. Elle s'imaginait être le prédateur en train de torturer sa petite proie.. Elle était jeune, mais déjà elle s'animait de ce genre de.. mauvaises intentions. Sa petite danse rituelle n'était ni plus ni moins qu'une manière de "narguer" son protecteur qui devrait prendre sur lui à chacune des piques qu'elle lui plantait dans le dos. Délicate enfant.
A la manière d'un serpent, elle siffla en souriant :

- Non, ton satané canasson m'a jetée par terre.


Son but, allez-vous demander ? Le plus simplement du monde : faire craquer ce pauvre innocent, qui n'avait rien demandé. Sans doute s'était-il levé ce matin avec les meilleures intentions du monde, avec pour seul optique d'effectuer le labeur pour lequel il était payé. Il n'en demandait sans doute pas plus. Mais Runa, elle, voulait le voir rugir et sortir les griffes. Runa voulait tout et tout le monde. Elle avait l'énergie à revendre des enfants enfermés depuis toujours. Peut-être souffrait-elle, et était-ce ainsi sa manière de s'exprimer ? Pas sûr. Parce qu'à l'entendre rire aux éclats comme le ferait un démon jubilant devant le repentir de ses sbires, on pouvait douter de son intégrité mentale. Etait-elle folle ? Et bien.. peut-être. Ni disait-on pas que tous les adolescents oscillaient entre la folie et l'avidité causée par leur âge stupide ? Elle n'était rien d'autre qu'une fille de 16 ans. Une gamine dont l'appétit dévorant finirait par engloutir Rhaëg entier si on ne lui imposait pas un régime. Mais qui oserait lever la main sur une tigresse affamée ?

Elle l'observait s'affairer à exécuter ses exigences, avec calme et pondération. Trop de calme et trop de pondération. Elle était déçue de ne pas le voir céder, mais rien n'était encore perdu.
Le garde rapporta de quoi sustenter deux personnes pour deux jours et de quoi vêtir l'exécrable princesse. Poliment, Peddyr tendit le sac de vêtements à cette dernière.. Elle le dévisagea, avec cet air de "Nan mais allô quoi." Elle croisa ses bras sous sa poitrine, arrogante.

- Non mais tu ne crois tout de même pas que je vais toucher à ça ? Et m'habiller seule ?

Elle leva les yeux au ciel avant de hurler :

- NUMÉRO SEPT, AU PIED !

Runa gardait sa posture hautaine, ne daignant même pas observer la pauvre esclave qui se rapprochait en courant, déjà tremblante de ce que pourrait lui infliger sa maîtresse. Elle se positionna en face d'elle, ni trop loin ni trop près, les mains jointes, le buste incliné, elle regardait ses pieds, attendant les ordres.

- Que désire ma douce Maîtresse ?

- Habille moi, dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire.


Les deux femmes issues de conditions opposées s'éloignèrent et délicatement, la servante habilla Runa derrière un arc de pierre. Après un coup de pied dans le tibia de sa domestique ponctué d'un "Déguerpis" - bien qu'elle ait obéi et très bien agi - la fëalocë se rapprocha de Peddyr, qui demeurait mortellement calme. Il ne verrait revenir que l'adolescente vêtue d'une longue robe gris foncé, le visage cerné d'un grand voile qui ne laissait apparaître que ses yeux : même pour un voyage, une femme, une princesse de surcroit, ne pouvait porter qu'une robe, c'était ainsi dans le Ssyl'Shar.
A nouveau, elle posa ses mains sur ses hanches, toisant l'humain. Elle sentait le regard de tous tournés vers le duo de choc, et elle s'en délectait : être la cible de tous, quel bonheur pour la tragédienne capricieuse.

- Bon allez, dépêche toi.


Elle soupira avant de reprendre.

- Plus vite, VAURIEN !

Runa s'approcha de lui et du cheval, prête à lui mettre un coup de poing. Nul besoin de préciser qu'elle demandait à ce qu'on la fasse monter à nouveau. Une fois remontée sur la monture, bien calée contre Peddyr, elle se tourna vers lui.

- Quand on te torture, tu es plutôt "AAAAAAH" ou "PITIÉ" ?
Misérable que tu es, je dirais que tu demandes plutôt la miséricorde. Père emploie vraiment n'importe qui pour me servir, même des immigrants ignorants, c'est pitoyable.


Est-ce qu'elle le faisait exprès ? Et bien figurez vous que ces douces paroles sortaient de sa bouche raffinée le plus naturellement du monde..



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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 12:12 Répondre en citantRevenir en haut

L'escorteur avait assisté à l'arrivée des servante et s'était retourné pour respecter l'intimité de la séance d'habillage, se concentrant sur la ligne d'horizon, le temps que l'adolescente termine de se pavaner. Quand elle eut terminé, il observa d'un certain regard sa tenue... Peut être mieux que rien, même si la robe ne restait pas la tenue idéale pour la mission qu'il allait exécuter. Il garda le silence et la fit monter sur le dos de son cheval, comme tout à l'heure avant de monter à son tour. Peut être que les membres de la caravane plaignaient son sort, mais il se préoccupait d'une toute autre chose. La princesse avec son caractère incontrôlable et ses émotions lunatiques pourrait très bien raconter n'importe quoi à leur retour ; un risque en plus contre lui et qu'il se serait bien passé.

Déjà il serra les jambes. Son cheval se mit en marche, la tête levée avec une fierté animale de partir dans les grands espaces désertiques. Le début de mission commençait déjà à être d'un palpitant...oui car Runa le questionnait déjà, dardant ses mots de pics. Il se contenta de lui jeter un simple regard avant de tourner la tête vers la Caravane. Elle était encore trop prêt à son goût. Si la princesse voulait avoir une ''conversation'', elle patientera un peu.

''Excusez moi princesse, mais je dois avant de vous répondre commencer la mission. ''

La chèche dissimulait peut-être un sourire effrontée. Il n'eut qu'à talonner les flancs de son cheval pour le lancer pleinement au galop. L'animal accepta cet ordre avec la plus grande joie du monde et cavala avec souplesse dans le sable chaud du désert. Il mit quelques minutes à galoper ainsi, avant de ralentir sa cadence et stopper au sommet d'une dune. La caravane semblait avoir disparut entre les autres derrière eux. Peddyr contempla le lointain, fouillant déjà les environs. Ce n'était que la toute première étape de sa reconnaissance. Devant eux s'étendait le Ssyl'Shar, étendu et vertigineusement grand.

''Je puis vous répondre votre Altesse... Je doute que vous ayez réellement assister à une séance de torture pour prévoir quelles seraient mes réactions''

Que savait-elle réellement de la torture ? Que savait-elle de la souffrance ? Le cheval avança pour commencer à descendre la dune, la mission avait à peine commencer.

''Si je suis un immigrant ignorant Votre Grandeur, pourquoi êtes vous venu de ce fait ? Un ignorant ne connait rien au Désert et encore moins la manière d'y survivre. Si vous êtes donc en la misérable compagnie d'un escorteur comme moi, vous risquez gros... Mais il est vrai que je n'ai pas votre intelligence... Dites moi où se trouve la caravane ? ''

La dune sur laquelle ils se trouvaient précédemment les dominaient déjà, laissant un panomara de d'autres dunes toute aussi identiques les unes que les autres. Rien que de faire quelques centaines de mètres suffisait pour se perdre dans les sables. Pour Peddyr, on pouvait clairement comprendre qu'il défiait avec grande simplicité la petite chose qui se prétendait être la meilleure des choses vivantes de cette terre...



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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 20:14 Répondre en citantRevenir en haut



L'étranger sans-nom daignait-il faire patienter sa Grâce ? Apparemment oui, et ça ne lui plaisait pas. Personne n'allait à l'encontre des impératifs de la rousse au tempérament de feu. Pourtant, il semblait la brider avec toute la douceur du monde. C'était vicieux, et très malin. Et risqué.
Elle avait envie de lui brûler les yeux, mais n'en ferait rien : à demi-mot, elle s'avouait bien qu'elle ne retrouverait pas la route seule..
Lorsqu'il lança le cheval au pas de course, la jeune fille fut surprise et elle dut se retenir à l'encolure de l'animal pour ne pas basculer en avant ou glisser sur les côtés. De toute façon, si une telle situation devait arriver, elle ferait exécuter le cavalier et le destrier. Oui, c'était assez radical comme manière de penser, c'était du Runa. Et encore aujourd'hui, même seulement sur ce point, elle agirait de la même manière.
Le paysage désertique défila sous les yeux de l'adolescente, à vive allure, sans qu'elle n'eut le temps d'apprécier ce dernier ou de comprendre où ils se dirigeaient tous les trois. Du sable là. Du sable là-bas. Encore et toujours du sable. Touché, il l'avait eu. Elle avait beau sonder l'horizon, il n'y avait aucun point de repère, et le ciel azur ne laisserait pas paraître d'étoiles avant des heures interminables de chaleur ardente.

Il avait "l'audace" de remettre en cause l'expérience quasi nulle de la vie de la fëalocë. A nouveau, touché. Encore quelques missiles et le navire coulerait, rayé du jeu : un pion de moins pour elle.

- Tu oses douter de ma personne ? C'est de l'hérésie, de la trahison..

Le ton courroucé et persifleur de l'adolescente se ressentait parfaitement, même à travers son voilage aux teintes grèges. Tout ça, ce n'était que du vent, des paroles, rien de plus.
En effet, elle n'avait jamais assisté aux séances de tortures destinées à faire avouer les criminels, mais elle entendait parfois les hommes hurler des geôles plus loin dans son oasis natale, sans doute accusant le coup d'un supplice insurmontable. Les exécutions n'étaient pas rares non-plus dans ces contrées, d'autant que son père officiait en tant que juge et témoin d'évènements où le coupable repartait.. raccourci, mort ou vif. Ssyl'Shar et sa parfaite loi du plus fort, Eden des êtres bâtis pour le combat, lieu de plaisir des roublards. Les mauvais de ce monde y trouvaient forcément leur compte.

* Mais alors, qu'est-ce qu'il fait là, lui, celui venu du nord ? *

Peut-être poserait-elle cette question plus tard. Pour le moment, elle était au pied du mur. Enfin, en bas de la dune.
Elle fit mine de ne pas être atteinte par cette forme de faiblesse, mais on distinguait clairement dans son regard une once d'inquiétude : elle était perdue.

- Le camp ? Il est par-là, enfin, ça se voit.


Elle indiqua vaguement de la main la trainée des sabots du cheval, déjà presque balayée par le vent chaud qui soufflait les grains de sable. Runa se persuadait d'avoir raison, même quand elle avait tort. Et si elle avait tort, elle avait raison d'avoir tort. C'était ainsi. Avec son air hautain propre à elle-même, elle se ravisa en le snobant et en croisant les bras.

- Je suis venue parce que tu es le seul à avoir un cheval, et que je n'aime pas les chameaux.
Et puis mes hommes ne m'auraient pas laissée partir avec toi si tu n'étais pas digne de confiance.


Son ton montrait bien qu'elle n'était plus franchement sûre d'elle. Elle essayait de se convaincre du mieux qu'elle pouvait.

- Et puis quoi à la fin ?!
Je ne suis pas pisteuse, c'est ton travail, moi je n'aurai jamais à travailler !
C'est à toi de me dire où elle est, cette fiche caravane !

Gesticulant, pestant, elle se retourna comme pour lui faire front.

- Tu n'essaierais tout de même pas de me mater, L'étranger ?
Je n'y peux rien si TA vie est pourrie et que tu es SEUL au monde, pas la peine de se défouler sur TA princesse.



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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 21:27 Répondre en citantRevenir en haut

La réponse qu'elle lui jeta à la figure pour se défendre ne valait pas grand chose. Elle avait beau le menacer, elle ne pouvait pas dissimuler certaines de ses méconnaissances. La torture ou la souffrance lui étaient inconnus. Puis, Brièvement, il suivit le mouvement de sa main pour le soit-disant chemin ramenant à la caravane. Il hocha de la tête et regarda où sa monture engagea ses sabots. En bas des dunes, le sable pouvait être traître et mou, eu point d'engloutir ses proies. Il écoutait chaque mot venimeux sorti des lèvres de la jeune femme. Heureusement qu'un voile les dissimulait. Une grimace l'aurait accueilli, en plus d'être tordu de haine et de colère.

Elle se débattit presque pour se retourner face à lui. Dans sa position en amazone, voir l'Escorteur en intégralité lui demanda un effort de souplesse. Elle y arriva, pour mieux l'asticoter verbalement. Le cheval replia les oreilles en arrière, peu habitué à avoir du monde remuant sur son dos. Sa dernière réplique appelait à se moquer d'elle. Elle s'attaquait à tous les sujets possibles et inimaginables pour lui mener la vie dure. Mais Peddyr resta encore un instant dans son mutisme, guidant sa monture pour gravir une seconde grosse dune.

''Je laisse le soin à vos serviteurs de vous.. mâter, Princesse. Comme vous dites, chacun son travail. Le mien est en effet de repérer et guider pour la Caravane. Heureusement que vous êtes pas escorteur, car le chemin que vous avez indiqué nous aurait perdu. La Caravane s'est remise en marche après notre départ. C'est pour ça que la reconnaissance est nécessaire devant elle. Ce n'est pas une balade d’agrément. de plus, vos hommes vous auraient quand même laissé partir avec moi quels qu'auraient été mes états de service... Ils vous obéissent au doigt et à l'oeil, répondant au moindre de vos désirs. Que peuvent-il vous conseiller à vous, Princesse ? Je ne crois pas que vous auriez tenu compte de leurs conseils avisés. ''

On pourrait croire que c'était un reproche, sauf que l'Escorteur n'y avait pas mis le ton. Il ne se concentra que sur ses yeux, et rien d'autres, ainsi elle pourra pas lui reprocher de viser son décolleté ouvert malgré la tenue qu'elle portait pour voyager en sa compagnie. Peddyr ne mettra pas son honneur en jeu pour les caprices d'une jouvencelle. En songeant à l'honneur... Pourquoi l'évoquait-il ? Il se concentra sur la conversation. Elle tentait donc de le dénigrer sur sa vie misérable selon elle.

''La solitude est ma vie, il est vrai, mais votre solitude est bien plus grande que la mienne, Princesse. Et bien que vous obéisse, je ne vous ai pas juré allégeance. ''

Il mena l'alezan vers le sommet d'une nouvelle dune. Une fois encore, il contempla le lointain. Le vent soufflait de ci de là, emportant le sable qui rendant le désert entier mouvant et changeant. De petits tourbillons de sable tournoyaient de temps à autre autour d'eux. Des éléments normaux dans un décor chaud et vide de toute vie en plein jour. Déjà, il redescendit la dune, pour aller chercher la suivante. Et le soleil commençait à se faire sentir.

Une vie pourrie disait-elle... Du peu qu'il se rappelait de l'ancienne, il avait du mal à la considérer comme pourrie. Plutôt désastreuse et déroutante. . Elle avait été tumultueuse, dangereuse et révélatrice. Tout cela à la fois. Bien que des années soient passé, Peddyr ne savait toujours comment se considérer. L'ancien ou le nouveau ''soi'' ? La question demeurait encore sans réponse. Et ça personne ne pourrait le comprendre.



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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 14:40 Répondre en citantRevenir en haut



Pouvait-on être plus vexé ? Non.
Runa sous ses voilages affichait la mine renfrognée de celle qui n'avait plus rien à dire pour défendre sa croûte, minée par le répondant de Peddyr qu'elle avait pourtant bien volontairement tiraillé. Elle le regrettait à moitié, bien qu'elle gardait la satisfaction d'avoir réveillé l'homme qui sommeillait derrière ses yeux céruléens et givrés. C'était amusant de les voir se crêper la tignasse, tous les deux, du haut du canasson. La gamine était prête à tout pour défendre sa condition mais elle se régalait de torturer le passé de son accompagnant. La petite bouillait, elle avait trouvé quelqu'un avec qui jouer. Elle ne capitulerait certainement pas. Et puis elle était tellement sûre de pouvoir le faire condamner qu'elle se fichait bien des conséquences de cette petite partie. Qu'il se lâche, il était possible qu'elle le tabasse mais.. ils étaient seuls tous les deux, cernés par l'étendue aride du Ssyl'Shar, sans témoins pour appuyer les propos de l'un ou l'autre. Qui n'aurait pas tout donné pour être un serpent caché sous le sable et les observer ?

Fâchée, Runa boudait, grincheuse sous ses atours de princesse. Quand elle n'ouvrait la bouche, ce n'était que pour râler, encore et toujours.. Un être moins patient que l'escorteur lui aurait sûrement fait fermer son caquet d'une bonne taloche bien placée, mais il n'en ferait sûrement rien.

- Finalement, je préfère quand tu te tais.


Ne disait-on pas que seule la vérité était capable de blesser un égo ? Elle essayait de se convaincre qu'elle pouvait faire confiance à son chef de convoi, un mercenaire attitré de la maison des Salv qui les avait toujours bien servis. Mais il est vrai qu'à son arrivée à Arsuh, ce dernier ne pourrait plus faire partie de sa vie.
Runa subissait comme un dédoublement de personnalité, tenaillée entre sa hargne sauvage de fauve et la profonde tristesse d'une vie qu'elle n'avait pas choisi. La petite diva ne pouvait se satisfaire de rien. Evidemment qu'elle ne connaissait rien du monde, elle s'affichait comme le parfait antonyme de Peddyr.
Longuement, elle marmonna dans son litham, il entendrait sûrement fuser quelques insultes et reproches à son égard, comme quoi il n'était pas né ici, il ne pouvait pas faire sa loi, et un tas d'autres de douces paroles sorties de sa bouche gracile. Et puis elle commençait à avoir mal aux fesses. Elle avait faim. Rien n'allait. Elle trouvait ça pas terrible en fait, rien à voir, rien à faire.

* Ma vie est tellement plus intéressante que la sienne. *


D'un ton 'mauvais' et rancunier, d'une voix forte pour qu'elle n'ait pas à se retourner pour qu'il l'entende, elle pesta.

- Tu dis que je suis seule mais ce n'est pas vrai, j'ai le continent entier à mes pieds.
Et tu dois me jurer fidélité, tu dois me servir, parce que bientôt tout ce qui t'entoure sera à moi, je serai ta Reine, même si tu n'es qu'un immigré.
Ah et j'ai soif, donne moi à boire.


S'en suivit un long silence entre la gamine affreuse et le brave homme, soutenu par le sifflement léger et irrégulier du vent du désert. Sans prévenir.. Runa éclata en sanglots. En contradiction, ces petites larmes étaient discrètes et elle pleurnichait sans ses effusions habituelles de princesse egocentrique. Peddyr devrait prêter une certaine oreille pour la voir pleurer, parce que le visage enfouit sous le voile, le chagrin séchait vite, l'eau s'évaporant presque immédiatement en Ssyl'Shar.
Elle était sincèrement triste. Et les hormones de son âge bête jouaient beaucoup eux aussi.



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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 18:32 Répondre en citantRevenir en haut

Peut être que le cavalier remarqua les sanglots de la princesse, mais il ne fit alors aucun commentaire, préférant s'occuper de la conduite de son cheval que de la détresse temporaire de sa passagère. L'adolescente ne devait pas souvent se confronter à des êtres tels que Peddyr, qui restaient stoïques malgré les attaques verbales. Le turban et la chèche qui entouraient son visage pour le protéger du sable, du vent et du soleil aidaient grandement à camoufler les traits expressifs de son visage. Seuls ses yeux s'exprimaient en silence, et encore, ils ne dévoilaient pas tout.

Le cheval sous les ordres de son cavalier commençait à suivre cette fois les petites vallées temporaires que les dunes offraient entre elles. Peddyr entreprit de suivre cette voie sous le couver de ces dames de sable, pour avancer sans être vu par d'éventuels autres observateurs. Bien que le désert semblait vide, la méfiance était toujours de mise et ainsi il reposait sa monture. Il était vrai qu'il se souciait de l'animal que de la perturbante Runa. Sans moyen de transport, la mort était assurée. Et ainsi, il le dirigea toujours avec son mutisme habituel. Que pourrait-il répondre au silence de la gamine ? Qu'il s'apitoie sur son sort ? N'osait-elle pas dire que tout le continent serait son royaume ? Quelle sotte. Si elle savait que la partie centrale du continent était le plus dangereux et le plus invivable... Le Désert Profond avait une sale réputation. Mais à quoi bon le narrer à la jeune princesse ? Elle était tellement sûred'elle. Il perdrait son temps.

Mais pour son exigence de lui faire jurer fidélité, il ne répondit pas. Là aussi, il n'avait jamais prêter allégeance à qui que ce soit ; pour ce qu'il s'en rappelait, même dans son ancienne existence si fragmentaire. Il se contenta de tendre le bras en arrière pour fouiller dans l'un des sacs de selle et en sortit une petit gourde, conçue pour être accrochée à la ceinture. Il la tendit à Runa.

''Buvez doucement, cela étanchera mieux votre soif que de boire tout d'un coup. Je n'ai que des rations d'eau prévues pour deux jours et il faut les préserver en buvant que ce qui nous est réellement nécessaire. Peut être que vous imaginez que tout le désert vous appartiendra, mais lui ne pardonne jamais les caprices et les erreurs....''

Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle ne réclame pas l'eau pour se laver. Manquerait plus qu'elle se lave comme dans ses habitudes royales et là ce serait vraiment la catastrophe. Ils n'étaient même pas partis depuis une heure qu'elle réclamait déjà à boire...Si elle prenait pas un peu sur elle, sortant un peu de son petit confort luxueux, il leur faudra ravitailler bien plus tôt. Bien avant d'arriver au point espéré par Peddyr.

''J'espère que vous avez pas oublié ce qu'était une mission d'escorte votre Altesse... C'est une tâche difficile, supportant l'ardeur du soleil pour le bien de la Caravane et qui n'offre guère de pause, vu que le temps est précieux pour le moindre détail à observer, trouver et à rapporter au chef de convoi...''

En allant un peu dans le sens qu'elle avait toujours raison même dans un gros tort, elle se rendrait peut-être compte qu'elle était loin de sa petite tente douillette...



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Runa Salv
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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 21:56 Répondre en citantRevenir en haut

Ses larmes se tarirent, constatant qu'il n'avait absolument rien à faire de son chagrin passager. Elle était encore plus en colère qu'avant, si c'était possible.

- Tu pourrais au moins faire semblant de réconcilier ta princesse.
Ne vois-tu pas que je souffre, que j'ai de la peine ?


Elle reniflait doucement, presque avec la délicatesse qu'elle n'arborait pas sous ses airs de bourgeoise pompeuse. La petite ne se rendait pas encore bien compte que, pour une personne comme elle qui ne tenait pas en place une seule seconde, un voyage à cheval de deux jours demandait de l'efficacité et du calme. Autrement dit, rien de ce qu'elle avait l'habitude d'être ou de faire. Franchement, ça promettait.
Elle boudait toujours à moitié, encore vexée par les paroles désagréables du rustre derrière elle. Avec ses bras à portée de mains, la fëalocë était prête à cogner, juste par envie. Juste histoire de lui faire mal, un peu. Mais bon, il était son seul spectateur, elle n'était plus l'attention du monde entier, et ça la dérangeait. Pire que ça, ça lui manquait. Il restait de marbre face à ses charmes, il ne la craignait et ne l'admirait pas non-plus. Elle ne comprenait pas qu'une telle personne puisse exister. Ses yeux étaient clairs, il était possiblement aveugle. Ca expliquerait aussi la raison pour laquelle il ne la regardait jamais, elle qui était si belle, à la plastique parfaite pour son jeune âge. Non, vraiment, c'était impossible à comprendre.

Toujours en boudant, elle lui arracha la gourde des mains, avalant une grande gorgée d'eau tiédie, elle n'avait que faire de ses conseils avisés d'étranger. Elle avait déjà hâte de se laver, elle espérait qu'il avait pensé à apporter de quoi faire ses ablutions. D'un geste presque irrespectueux, elle lui rendit la flasque sans même regarder son mouvement.

- Je crois t'avoir dit de me prêter serment. Tu ne l'as pas fait. Nous n'en resterons pas là.
Et c'est moi qui pardonne aux autres, pas l'inverse. Mais bon, toi pas être d'ici, toi pas comprendre nos coutumes.
Tu sais pourquoi tu ne peux pas comprendre ? Il n'y a pas le sang des plus grands de ce monde qui coule dans tes veines.


Son ton était froid et hautain au possible. Elle prenait plaisir à le rabaisser, même sans raison. Elle le faisait de façon malsaine, le regard éperdu sur le paysage les noyant.

- Sache que je n'oublie rien mon cher. Nul besoin de me la jouer "C'est dur, vous n'allez pas y arriver", parce que moi, je suis née ici, c'est le désert même qui m'a donné la vie, je suis difficile à tuer, vagabond venu du Nord.

La Runa des 23 ans avait gardé quelques manières de celle-ci. On aurait même pu croire l'inverse. La petite garce usait d'une voix sans émotion, distante, mais on la sentait prête à mettre le Ssyl'Shar même à feu et à sang pour ne serait-ce qu'une petite insatisfaction vécue de sa part. Peddyr n'avait pas livré tous ses secrets et il lui tardait de tout savoir. Chaque chose en son temps.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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