Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Tel Maître, telle aspirante. Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014 - 17:04 Répondre en citantRevenir en haut

[ Suite de " Que s'incline le Destin. " ]



Printemps 918, Gaïaku
Dix jours après l'attaque du Màr Tàralöm.


Des visions troublées de l'immense étendue désertique du Ssyl'Shar maintenaient Runa éveillée, alors qu'elle cherchait une position plus agréable pour tenir tout le voyage. Elle avait le regard des enfants qui découvrent quelque chose d'inconnu, et de précieux, même à leurs yeux innocents. Ses paupières étaient lourdes mais elle faisait tout pour les maintenir ouvertes, comme pour ne rien perdre de ce nouveau spectacle qui s'offrait à elle. Nul n'avait pu jamais décrire le monde vu du ciel, alors elle se sentit privilégiée, comme unique destinataire d'un cadeau sans prix. Un certain sourire se dessinait sur ses lèvres charnues, une once de quiétude l'enveloppait, et c'est sans doute cet état d'esprit quelque peu apaisé qui lui permit de somnoler. Sa joue s'écrasait contre le dos inconfortable d'Alauwyr, elle sentait le moindre maillon de la cotte de maille de l'homme s'imprégner dans sa chair, même au travers de l'épaisse cape dont il s'était vêtu.
Son semi-repos ne fut interrompu que par une offrande d'eau, dont elle passa rapidement la lanière de l'outre sur son épaule sans y boire. Elle n'avait pas vraiment soif, et elle ne se sentait pas assez sûre d'elle et de ses forces pour lâcher son emprise sur la taille du Maître Dragon.
Elle jeta quelques derniers regards aux terres qui défilaient sous eux, puis à l'espace infini de l'océan et à ses camaïeux de bleu. Le soleil, au cours de la journée, avait formé sa courbe habituelle avant de se retirer dans les confins du crépuscule, laissant place à ses deux soeurs de la nuit.

La fëalocë se réveillait parfois, tiraillée par le froid du soir, de la hauteur et de la fatigue. Elle essayait de se contrôler pour ne pas signifier son état à son étrange cavalier et sa monture, car sans doute auraient ils trouvé le moyen de se moquer d'elle. Runa n'avait jamais porté de vêtement plus chaud que la soie dans laquelle elle se cachait du vent à cet instant même. A chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, les cieux s'étaient un peu plus assombris sous le répit de Solyae, jusqu'à l'éclosion totale de la voûte céleste piquée d'étoiles toutes plus lumineuses les unes que les autres. Les deux lunes éclairaient le monde de leur incandescente beauté, apposant une lueur moirée sur les écailles du dragon. Alors qu'elle allait s'assoupir à nouveau, Estenir lui témoigna leur arrivée proche d'une voix chaude. Dans un élan poussé par une quelconque motivation, ce dernier forcit la teneur de son vol de mouvements plus vigoureux. Lentement, ils déclinèrent vers l'ombre grandissante de ce qui semblait être une cité.

Des battements d'ailes brassaient l'air tout autour d'eux. Runa ne put apercevoir les responsables de telles bourrasques, mais Estenir parut leur répondre dans un grognement sourd. Combien de dragons pouvaient bien voler autour d'eux ? Elle n'eut pas le temps pour plus de divagations, elle avait beau forcer le regard, elle distinguait à peine les fondations qui se rapprochaient à vive allure. Non pas qu'elle eut peur, mais la jeune femme enserra un peu plus son Maître, légèrement bousculée par l'énergie déployée par le dragon. Ils allaient atterrir, enfin. Rhaëg était certes magnifique vu de là-haut, mais elle n'en pouvait plus.. Elle tenta vainement de passer la tête par dessus l'épaule d'Alauwyr, sa petite taille empêchant.
Elle observa le reptilien s'enfoncer dans une sorte de grotte aménagée plus en hauteur avec stupéfaction, comme étonnée qu'un être d'une telle taille puisse trouver refuge ici. Un nouveau frisson s'empara d'elle lorsqu'il souffla quelques flammes de sa gueule ouverte pour éclairer l'endroit. La fëalocë sembla se réchauffer à la simple vue réconfortante d'un bon feu. Elle voulut détailler ces étranges appartements alors qu'ils y pénétraient, mais l'épuisement était là et entravait sa vision. On pouvait déjà noter la splendeur des lieux entretenus et meublés de matières riches aux nuances de couleurs étonnantes, bien loin des arcs et arabesques orientales du palais de la princesse aux cheveux incarnats.

Runa ne répondit pas à Alauwyr, il n'y avait rien à ajouter. Evidemment qu'elle voulait dormir, même si ces derniers jours, elle n'avait quasiment fait que ça.
Elle se retenait difficilement à Estenir alors qu'elle passait sa jambe du même côté que la première. Elle voulait tenter de descendre seule mais elle ne fit que glisser en tendant ses mains engourdies vers lui. La jeune fille s'était presque effondrée dans les bras de son Maître, dont elle s'empressa de se redresser et de reculer, craignant presque les représailles. Ses jambes chancelèrent un peu, à la recherche d'un équilibre perdu une journée plus tôt. Ses plaies se réveillèrent, et elle porta une main compressive à la plus profonde tout en laissant échapper un gémissement de douleur. A cet instant, elle ne se souciait plus vraiment de la noblesse de son rang, n'ayant toujours pas dit adieu à la princesse pour souhaiter la bienvenue à l'élève. L'heure était au repos et la convalescence, rien de plus.

Pardonnez moi, je suis épuisée, le voyage a été rude..


Elle le salua en lui faisant front et un inclinant respectueusement et discrètement la tête, néanmoins assez pour qu'il le remarqua. Sans demander son reste, elle prit congé en se dirigeant lentement vers le dit sofa proposé à l'instant pour faire office de couche. Elle déposa lourdement, au pied du canapé, sa besace et la gourde d'eau dont elle préleva quelques gorgées.
Au moment de se lover, elle remarqua l'absence d'un tissu chaud pour faire office de couverture, elle qui avait si froid. Runa se releva en s'assurant qu'elle était bien seule pour commettre son larcin : Ses doigts saisirent la cape d'Alauwyr posée là sur un fauteuil, elle ne le dérangerait pas pour si peu. Elle s'en retourna se coucher avec l'agilité d'un félin. Le sommeil ne mit guère de temps à la gagner, ici, elle se sentait enfin en sécurité, bien loin des lames acérées des assassins, mais plus proche que jamais de l'épée effilée du démon aux cheveux d'argent..
La longue et lourde cape noire rabattue sur elle, elle s'endormit.

***

Le lendemain, à l'aube
.


Runa passait ses doigts dans ses longs cheveux ondulés, pour les démêler un tant soit peu. Assise au bord du sofa sur lequel elle venait de passer la nuit, elle s'éveillait peu à peu, reposée du voyage et de la tumulte des évènements des jours derniers. Il lui faudrait encore quelques jours pour recouvrer de toutes ses forces, mais elle allait mieux. Elle se leva en pestant contre la douleur irradiante de ses sutures. Elle garda son drap de soie rouge sur les épaules, en guise de châle et elle se laissa guider par ses pieds nus dans cette nouvelle demeure.

Il y avait du bois travaillé avec délicatesse comme du marbre taillé avec force. Runa trouvait tout cela beau, en un certain sens, elle qui n'avait jamais rien connu d'autre que les motifs orientaux de son pays. Ici, tout semblait bien moins opulent, tout était d'une harmonie plus raffinée, moins extravagante. Pourtant, on distinguait clairement que le possesseur de tels appartements n'avait d'autre choix que d'appartenir à une classe sociale élevée.

Ses pas la guidèrent aléatoirement dans différentes pièces, qui ressemblèrent à un bureau, un salon ou encore une chambre au lit vide. Finalement, elle se laissa diriger par un courant d'air plus frais qui provenait de l'autre bout de l'habitat.
L'aurore l'aveugla presque, Runa se couvrit le visage d'une main en guise de visière. Là, sur la balcon, se dressait une ombre droite et bien plus grande qu'elle.
De sa silhouette élégante et nonchalante, la fëalocë s'approchait d'Alauwyr avec la prestance d'une flamme à peine affolée par la brise.

Bonjour, Maître.


* De Même pour Estenir, si tu te caches par ici. *



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Publicité





MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014 - 17:04 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014 - 18:00 Répondre en citantRevenir en haut

Estenir envoya qu'une simple pensée d'accueil, visiblement absent du Weyr et occupé ailleurs. Mais au moins, il avait répondu à Runa.

Alauwyr se tenait debout, le visage tourné vers le lever d'un nouveau jour. Une légère brise apportait une touche de fraîcheur dans l'entrée de ses appartements, emportant à peine une mèche de sa longue crinière argentée. Les bras croisés derrière son dos, il était telle une statue taillée pour représenter une forte et glaciale fierté.

Runa arriva doucement à sa hauteur, ses pas légers trahissaient sa venue. Le Maître noir ne détourna pas son attention du jour naissant et lointain, contemplait le jeu des couleurs orangées et dorées provoquées par les rayons du soleil. Même si pour bon nombre de mortels, ce n'était là qu'un spectacle banal, il semblait que le Seigneur s'abreuvait de ce paysage, comme si chaque nouvelle journée était une victoire sur le fil de son existence mouvementée. Sa nouvelle aspirante aurait tout le loisir de le détailler. Vêtu d'une simple tunique sombre et d'un pantalon de cuir noir, il paraissait reposé. Un rictus naquit sur les commissures de ses lèvres et tourna finalement son regard sur la petite chose qui était hier encore une femme de la haute caste du désert. Désormais, elle n'était plus rien, mise à part une aspirante qui entamait sa toute nouvelle vie dans le Màr. Une nouvelle Ardente, une future chevalière.

''Tiens, Runa. Je m'attendais à ce que tu dormes plusieurs jours. Il semblerait que le sommeil a été plus réparateur que je ne l'imaginais. Ou alors l'excitation d'être ici, dans notre Kaerl, a trop surchargé ton esprit de moultes questions. Je vois en tout cas que tu supportes assez bien ta convalescence pour être debout à mes côtés. Néanmoins, je te demanderais de te ménager un peu. Ta vie a été un fil de se rompre au tranchant d'une dague d'assassin...''


Il pivota un peu plus et fixa sa cape élimée, restée sur le sofa qui avait accueilli Runa le temps d'une nuit. Un léger sourire moqueur prit forme sur son visage. Cette cape était une compagne de longue date, qu'il revêtait quand il quittait le Kaer pour les terres extérieures. Un atour qui avait connu bon nombre de combat, et qui s'était imprégné de sang, de sueur et d'autres éléments indescriptibles. Oh, elle avait été nettoyé bien entendu au cours des années, mais bien des senteurs fortes restaient. Et sa toute jeune aspirante s'était enroulée dedans, terrassée par la fatigue. Une femme de son rang s'en serait rendu compte et aurait exigée une meilleure couverture. Peut-être que l'esprit fort de Runa s'était déjà soumis à son Maître. Elle se rendrait bien vite compte de l'odeur musqué qui se mêlerait à la sienne quand ses narines la rappelleront à la réalité

Il la détailla de haut en bas. Le jour levant dévoilait une femme qui n'avait pas souffert de la privation et qui avait toujours pris soin de son corps. Sa peau reflétait presque la lumière rasante du matin, la démontrant ferme et souple. Peut-être même aurait-elle la texture du satin si Alauwyr y passait sa main. Même revêtue de ce drapée rouge, elle était telle une jeune fleur prête à éclore, n'attendant que le bon instant pour charmeur le pauvre hère d'une simple contemplation. Il chassa le restant de ses pensées d'un revers de pensée.

''Ma salle d'eau est disponible pour que tu puisses te décrasser de ta rude journée d'hier... et de ma cape. (là il sourit presque amusé.)Estenir est parti chercher de quoi te vêtir. Sauf si tu tiens à te balader avec ce drap autour de tes épaules. Cela manquerait pas de goûts pour certains Ardents, mais à mes yeux, mon aspirante doit avoir une tenue convenable. Autant pour le respect de ma position que pour la tienne. Tu découvriras bien assez tôt, que parmi nos chères dames de notre Kaerl, que certaines aiment à se sentir admirée ou à avoir un certain pouvoir. Un domaine que tu connais déjà si je ne m'abuse. ''

Il garda toujours son sourire, le rendant un peu plus ironique cette fois et se détourna de sa place d'observation, pour aller se remplir un gobelet d'hydromel. Il en remplit un second et le tendit à Runa.

''Parlons un peu de toi. J'ai besoin de savoir ton niveau de connaissance, pour orienter ta future instruction. Quels savoirs possède-tu. Vue ta richesse et ton haut rang, je doute que tu es l'esprit d'une simple dinde de compagnie dans un grand harem... révèle moi un peu ton savoir....''

Il but une gorgée de son gobelet, ne quittant pas du regard son aspirante. Après, il l'autorisera à aller prendre un bain chaud. D'ailleurs, on voyait nettement des volutes de vapeur passer par le haut de l'entrée menant à la salle d'eau.



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014 - 22:49 Répondre en citantRevenir en haut




La lumière du jour perçait, différente de celle qu'avait connu Runa jusqu'à présent. L'air humait un parfum nouveau, il faisait plus froid également. Alors qu'elle se tenait désormais aux côtés d'Alauwyr, son regard se perdit au loin, dans les aquarelles de feu et de glace des cieux entraînées par la course effrénée de vents bien plus hauts. Elle prit une profonde inspiration en fermant les paupières sur l'aurore juste née. Une brise plus forte fit virevolter quelques mèches de ses cheveux couleur de sang au même rythme que la crinière argentée du démon. Le temps pouvait s'arrêter à cet instant, il flairait bon la quiétude dans ce second monde.
Après un silence bref et un regard qui le fut tout autant à l'égard de l'homme, elle ne put s'empêcher de laisser échapper un rire cristallin et léger. L'accent avec lequel Alauwyr avait prononcé son prénom était amusant, même pour la langue commune. Elle ne lui en voulut pas, bien au contraire, le fait restait distrayant. Cette courte manifestation digressive s'éteignit rapidement à l'entente des mots si graves qu'il prononçait et qu'elle s'empressa de nuancer.

Comme vous le voyez, il faut y mettre du coeur pour m'achever. Si vous êtes bien de Ssyl'Shar, vous connaissez donc la rudesse de son peuple et la hargne qui doit être déployée pour en détruire chacun de ses membres. Je survivrai, quelques coups de poignard ne m'arrêteront pas.


Runa lui jetait çà et là quelques regards empreints de malice et d'une très légère note de hardiesse. La provocation était bien loin du ton qu'elle employait dans ses paroles, il n'y avait là qu'un amusement à moitié innocent dont elle se régalait agréablement.

J'ose espérer que vos maux se sont eux aussi atténués.

Elle prenait soin de pas lui exposer cette opinion sous la forme d'une question, sachant pertinemment qu'il ne répondrait pas, trop fier. Il était assez plaisant de constater que, malgré leurs différences physiques évidentes, ils partageaient quelques traits de caractère communs, bien que ni l'un ni l'autre n'avait encore pu en déceler la réelle existence. Peut-être s'étaient-ils merveilleusement bien trouvés, ou peut-être allaient-ils devenir les pires ennemis de tout Rhaëg.
Runa commençait à s'habituer à son regard noir mais perçant, qui se promenait le long de ses courbes. Elle n'en tirait absolument aucune satisfaction si ce n'est qu'une petite victoire intérieure : elle n'avait plus peur de lui et de ses yeux d'onyx. S'il avait voulu la toucher, il l'aurait fait depuis longtemps. Mais cette pensée fut rapidement chassée par les rires sincères qu'il laissait émerger à la vue de sa couverture d'une nuit. La fëalocë porta son poignet à son nez qui se fronça aussitôt sous le fumet qu'il dégageait. Et tout le reste avait ce même arôme délicat d'homme qui n'avait pas connu d'ablutions depuis plusieurs mois.

Me voilà marquée par votre odeur et celle de votre sang. Je ne vois pas comment mieux vous signifier mon dévouement..

Une grimace de dégoût, si pondérée fut-elle, traduisit son ressenti quant à la situation. A l'entente des termes de "Ma salle d'eau est disponible" cependant, son visage plein d'espoir observa le Maître Dragon sous le signe d'une envie pressante de se plonger tête et corps dans de l'eau chaude et parfumée.
Se promener nue ? Tout dépendait de la situation.. Et là, ce n'était clairement pas conseillé. Il l'avait déjà vue bien assez déshabillée pour le moment, et sans doute avait-il même eu le loisir de la détailler lors de ses phases d'inconscience au sein du désert ardent. Elle ne se laisserait pas dompter ainsi avec tant de facilité, aucun homme n'y était encore parvenu. Il lui parlait également des autres femmes, mais elle n'en n'avait cure. Runa était unique, peu importait les autres, aussi ne lui répondit-elle pas.

La jeune femme le vit s'éloigner pour se servir d'un quelconque breuvage avant de lui en proposer une coupe. Ses doigts fins et à la texture quasi satinée effleurèrent ceux de l'homme alors qu'elle saisissait le calice, qu'elle porta à hauteur de visage pour en humer les effluves. Là d'où elle venait, les femmes n'avaient nullement le droit de consommer de l'alcool - du moins, pas aux yeux de tous.. -, c'est donc avec un sourire satisfait qu'elle porta le vin de miel à ses lèvres, une fois seulement qu'Alauwyr eut bu le premier, ravie par la saveur jusqu'alors inconnue.

A la question posée, Runa réfléchit quelques instants, le regard tourné vers lui mais dans le vide.

Ce que je sais.. Mh..
On m'a appris l'Histoire de mon continent principalement, et le rôle que doit y tenir une femme de mon rang. J'ai en outre énormément lu, que ce soit sur le commerce, la politique, l'art de la guerre et la stratégie militaire. Je sais lire, écrire et compter, aussi bien en langue commune qu'en parler de mes terres.


Runa marqua une pause, signe d'une certaine hésitation, avant de poursuivre.

Mais comme aux yeux de tous je n'étais qu'une femme, je n'ai jamais eu le droit de démontrer mes connaissances ou d'utiliser ouvertement mes savoirs.
Je ne sais pas me battre non-plus, étant donné que mon sexe interdit le port et l'utilisation d'armes. Oh, et vous n'êtes pas s'en savoir que la Magie fait partie de ma vie..
J'ai acquis la majeure partie de mon instruction par moi-même, mais je prendrai tout ce que vous pourrez m'offrir et plus encore.


A ces paroles de plus, elle but une nouvelle gorgée. Cet hydromel avait décidément un goût divin comparé au vin qu'elle sirotait parfois en douce dans ses quartiers. Sa langue pourrait sans doute se délier d'avantage si elle continuait à ce rythme..



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 1 Avr 2014 - 19:11 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr but une autre gorgée, tout en écoutant Runa. Ainsi, elle savait lire, écrire et avait acquis quelques connaissances utiles quand on détenait le pouvoir. Autant cela lui épargnait des heures d'apprentissages pour ce genre de domaine, autant il devra rester méfiant quand à ses aptitudes. Cette femme possédait un esprit acéré et quand elle comprendrait qu'au sein du Màr Taralom elle aurait une liberté plus large que dans sa vie précédente, elle pourrait devenir une redoutable adversaire.

°Tu songes déjà au côté négatif de sa présence ? Après tout, c'est toi qui as opté pour la faire venir ici°
°Il est vrai mon ami, mais tu sais comment je fonctionne. Je n'omets aucune possibilité. °
°Même pour cette frêle créature ? °
°Même pour elle. Elle n'a pas encore posé le pied dans sa nouvelle vie. Quand elle découvrira qu'elle n'a plus des entraves à sa liberté de réflexion et d'action, tu serais étonnée de voir ce qu'elle serait capable de faire. °
°Si elle découvre ces facultés°
°Elle n'est pas une imbécile°
°Toi non plus. A quoi joues-tu alors ? °
°Tu verras °


Estenir poussa un grognement mental quand à cette réponse sommaire. Alauwyr gardait toujours son sourire et attrapa la carafe en cristal, contenant encore un bon reste d'hydromel.

''Oui j'ai eu l'occasion de voir ton petit tour. Je serai curieux de voir jusqu'où va ton savoir en matière de Magie. C'est un domaine qui demande de la discipline et qui n'est pas à prendre à la légère. Elle demande toujours un prix à payer quand on la sollicite trop. Peut-être as-tu déjà subi un tel retour. Je pourrai t'enseigner ce que je sais quand à cet Art, mais pas entièrement. Je privilégie plus le maniement des armes et la réflexion. La Magie ne résout pas tout au sein de ce monde. L'Histoire de notre Kaerl et des deux autres aurait de quoi en narrer des échecs quand à son utilisation''


Il remplit allégrement le gobelet de son aspirante. Oh, il la savait encore affaiblie par ses blessures de la veille, elle répondrait plus rapidement au doux effet enivrant de ce nectar que lui-même prisait.

''De ce que je t'enseignerai de l'Histoire t'étonnera. Le monde n'est pas comme on vous l'enseigne réellement. Bien des choses se sont perdues. Mais nous en sommes pas encore au stade de t'inculquer la vraie version. Pour ce qui est du maniement des armes, tu ne pouvais espérer mieux en ma compagnie. Je pourrai t'apprendre à te battre. Mais vue que tu n'as jamais pratiquer le moindre effort offensive ou défensif de ta vie, je te garantis que tu seras surprise des douleurs que tu ressentiras une fois que je t'enseignerais l'art du combat. Tu ne seras jamais une véritable guerrière. Il aurait fallu commencer dès la plus tendre enfance. Mais tu seras répliquer, et te défendre. Mais là aussi, le combat ne résout pas tout''


A son tour, il remplit son gobelet et savoura une nouvelle gorgée, claquant la langue contre son palais. Rien n'était au-dessus de la saveur de l'hydromel. A cet instant, les portes de ses appartements s'ouvrirent et un jeune page arriva, le bras rempli de quelques toilettes simples que portaient d'ordinaires les aspirants. Devant Alauwyr, il s'inclina, posant un genou à terre.

''Voici les atours que votre lié, le Noir Estenir, a quémandé à votre demande, Seigneur Iskuvar''

Alauwyr avait juste tourné la tête en direction de ce serviteur, arquant à peine un sourcil.

°Tu aurais pu attendre°
°Qu'elle reste encore dans son drap mal lavée ? °
°Je parlais pas de cela°


Estenir s'était amusé à dévoiler ce qu'il était ici, plus tôt que prévu. Ce ne fut pas de son goût et devra faire avec. Il congédia le serviteur quand ce dernier déposa les quelques vêtements sur le montant d'une chaise. Il rebut une autre gorgée.

''Tu devrais aller te baigner, petite aspirante, cela te fera du plus grand bien.''



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mer 2 Avr 2014 - 00:53 Répondre en citantRevenir en haut



S'il descendait les coupes avec facilité, Runa se sentait ardemment réchauffée par l'alcool. Elle ne comptait plus les gorgées, il lui semblait qu'elle en était seulement au second verre, mais rien n'était sûr.. Si Alauwyr voulait la saouler, il réussissait son coup haut la main. La sensation était agréable, elle qui ne l'avait que trop peu connu. Enfin elle comprenait l'intérêt des hommes à s'enivrer à chaque banquet.
La jeune femme écoutait tant bien que mal ce qu'on lui disait, bien que tout ne paraissait plus aussi clair que les minutes précédentes. Elle s'efforça de paraître sobre et attentive, et malgré ses efforts, ses mimiques discrètes et ses sourires vides de sens profond, on pouvait allégrement constater les prémices d'une ivresse.
Runa se dirigea plus clairement sur le balcon, pour y respirer un air frais et vide de toute substance nocive à son état de conscience. Elle inspirait et expirait profondément, malgré le goût somptueux de l'hydromel niché sous sa langue. L'espace d'un instant, elle se demanda s'il ne s'agissait pas là de sa nouvelle saveur favorite.. Tiens, le calice se remplissait à nouveau ! Elle porta ce dernier à ses lèvres une fois de plus pour y siroter un peu de la boisson velourée.

Ne vous y méprenez pas, l'étincelle qui animait son regard était bien plus causée par les propositions alléchantes du Maître Dragon que l'ébriété elle-même. La fëalocë avait soif de tout connaître, de tout savoir, et il lui offrait volontiers cette opportunité, sciemment déposée sur un plateau d'argent. Sa volonté ne serait en rien un frein à son apprentissage, c'était bien là une chose dont tous deux étaient sûrs. Elle était d'autant plus rassurée que, si elle comprenait bien, il plaçait son aspirante sous les meilleurs hospices, avec de profonds espoirs de réussite. Que demander de plus ? Elle n'attendait qu'une chose : lui montrer ce dont elle était capable.

* Jamais une guerrière, que tu dis.. Méfie toi des apparences, mon ami.. *


Le ton de leur conversation fut brisée par le fracas de portes qu'on ouvre brutalement. Ce bruit parut colossal alors qu'il n'en n'était rien. Voilà, ses sens s'étiolaient désormais. Runa suivit du regard un jeune homme qui s'inclina le plus respectueusement du monde face à Alauwyr. Il lui sembla que cette attitude était peut-être légèrement exagérée. Ou alors elle n'avait pas tout deviné du rôle de Maître Dragon.. Elle observa vaguement les vêtements posés sur les mains du servant sans cacher un petit rictus moqueur : bougre qu'ils avaient l'air laids.
Et si elle était au bord de l'éthylisme, son comportement se fit néanmoins différent à l'entente du terme de "Seigneur Iskuvar." Elle parut se redresser et arborer une tenue plus digne de sa précédente caste.
Elle attendit le départ pressé de cette sorte de serviteur, avant de s'adresser à l'homme aux cheveux d'argent, plus éveillée :

Vos congénères sont-ils tous traités comme des Princes ou je n'ai pas saisi la totalité de votre place dans cette cité.. ?

Cette question ne l'empêcha pas de sourire doucement et de boire à nouveau alors qu'il lui proposait de se rendre dans la salle d'eau. Si elle s'adressait à lui avec civilité, c'est bien parce que sous ses atours de mercenaire possédé, il avait la prestance d'un meneur. A bien y réfléchir, il n'avait pas évoqué, d'une manière ou d'une autre, l'existence d'un souverain au Kaerl. Ca ne pouvait tout de même pas être lui ? Non, un roi n'irait pas s'encombrer de l'éducation d'une élève, si belle ou raffinée fut-elle. Peut-être était-il simplement un Duc ou un haut-émissaire.
Cette pensée intrigua Runa et elle le montra à l'aide d'une œillade interrogatrice sous un sourcil haussé. Même s'il était de haut-rang tout comme elle, elle ne changerait pas vraiment son ton, de toute manière. Du moins, c'est ce qu'elle se disait. Sous ses allures étranges et simples à la fois, Alauwyr se révélait être un homme plus complexe à cerner que prévu.

Même si les vapeurs d'une eau délicieusement chaude m'appellent avec insistance, et que la simple idée de me débarrasser de cette délicate odeur dont vous m'avez affublé l'essence me fait sourire, je ne me plongerai pas dans votre baignoire avant d'avoir entendu vos explications.. Mon Seigneur.


Runa constata que son verre était vide, et qu'elle n'allait pas tarder à être aussi docile d'une dame d'agréable compagnie. Aussi elle déposa son calice et elle fit face à son interlocuteur, le dardant de son profond regard orpiment, prête à écouter ses réponses en s'appuyant le dos au mur pour mieux tenir debout.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Ven 11 Avr 2014 - 19:22 Répondre en citantRevenir en haut

Le Maître allait-il remplir la coupe de sa toute nouvelle aspirante ? Étonnamment non. Il fut raisonnable à l'égard de la petite souris du désert, bien décidé à lui épargner la gueule de bois au réveil. Elle avait eu son lot d'épreuves pour se passer d'un mal de crâne carabiné. Pourtant la coupe du Seigneur se remplit allègrement. Alauwyr ne se priverait pas d'une nouvelle rasade.

Elle était là, presque le provoquer de son seul regard hautain, le bravant pour avoir la réponse à son interrogation. Elle s'appuyait contre le mur pour ne pas perdre l'équilibre. Peut être que l'hydromel était une boisson trop forte pour elle. Les femmes de sa caste privilégiaient des boissons plus douces et plus sucrés, sans effet alcoolisé. De l'image d'une Runa titubante, Alauwyr sourit puis ricana à l'attente de réponse de la jeune donzelle. Estenir, allongé dans son weyr, frappa le sol de sa queue cendrée, comme pour marquer sa désapprobation devant une telle témérité. Son lié n'en tient pas compte et darda son regard froid sur elle.

''Bien que les nôtres soient aussi lié à une âme soeur, chacun a une place à tenir. Les Aspirants sont au bas de l'échelle. Viennent ensuite les chevaliers-dragons et puis les Maîtres-dragons, comme moi. L'expérience et l'ancienneté nous offre une place dans la hiérarchie. Je ne parlerai pas maintenant des Sans-Don, ils sont encore autre chose ceux-là. Et dans une communauté comme la nôtre, il va de soi qu'il faut une tête dirigeante. Notre espèce est incapable de survivre si elle n'a pas une structure pour la gouverner. ''

Il savoura une nouvelle gorgée, la buvant longuement comme si chaque goutte était la dernière.

''Pourquoi me demandes-tu une réponse que tu connais déjà ma chère ? Tonbain va refroidir alors que tu as la réponse en bouche. Ai-je besoin de préciser d'avantage ? ''

Son sourire se fit ironique. Elle posait inutilement la question. Elle connaissait la réponse. Désirait-elle avoir la confirmation de sa bouche ? Une femme de son engeance, qui avait passé des années à vivre dans le luxe pouvait discerner le genre d'homme qui tenait le pouvoir d'une main. Il était si plaisant de jouer sur les mots. Surtout qu'il tirait plaisir à ne pas lui donner directement la réponse. Runa était une femme directe et habituée à se faire obéir au moindre claquement de doigt. Alauwyr commençait seulement à lui montrer qu'il n'était pas homme à se plier à ses petites volontés...



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 13 Avr 2014 - 20:50 Répondre en citantRevenir en haut



Provocation ? Non, pas le moins du monde. Il ne s'agissait là que de la nature profonde de la maharané du Ssyl'Shar : joueuse, taquine, et dangereuse avec qui s'y prêtait les circonstances. Elle ne se frotterait pas à Alauwyr à cet effet, il y avait pour le moment trop à perdre et bien peu à gagner à se mettre à dos celui qui était désormais son Maître. Maître.. bien qu'elle respectait - difficilement malgré les apparences - cette forme de hiérarchie, le terme ne lui plaisait absolument pas : depuis son mariage, elle n'avait été jamais plus que l'esclave de son époux, son premier maître, celui qui avait passé des nuits entières à essayer de la dompter sans jamais y parvenir. Ses pensées s'égaraient vers celui dont elle avait apaisé les jours, le tout sans jamais ne lui offrir de progéniture. Ah, comme les nuits étaient douces en ce temps.. Le temps où elle était libre d'errer dans le palais sans ses œillades bovines et ses mains irrespectueuses qui parcouraient son corps caché par de nombreux pans de soie, aux détours des couloirs. De l'apaisement à la colère, il n'y avait qu'une infime frontière à traverser en sa mémoire.

S'il avait des airs bien plus raffinés sous ses apparats de prince que son défunt mari, Alauwyr n'en restait pas moins un homme de pouvoir sous sa courbe de droiture et de vices. Elle l'avait senti dès l'instant où il avait pénétré son regard dans ses orbes d'or, la première fois, au coeur même du chaos nocturne du désert profond. Si elle avait posé la question c'était cependant bel et bien pour s'assurer de la façon dont elle devait s'adresser à lui : ne méritait courtoisie et belles paroles que la gente du rang de Runa, personne d'autre. Néanmoins, lorsqu'elle eut confirmation quant à ses soupçons, elle sembla se redresser à nouveau, comme pour lui offrir l'image hautaine d'une noble qui voue une certaine cordialité envers son advers.. son interlocuteur, comme le veut le protocole. Donnant-donnant : Alauwyr la respectait, elle le lui rendait dans une certaine mesure. Et, à quoi bon titiller les nerfs du roi de ces lieux quand on en est encore, pour le moment, qu'une simple vassale, même de sang pur et impérial ? Pourtant, l'idée du dit roi allant sauver des princesses dans le désert la faisait sourire..
On lisait dans ses yeux une fierté maîtrisée sous un voile de pondération. Pouvait-elle espérer mieux que d'être l'élève du dirigeant de ces terres ? Oui, mais la suite viendrait en temps voulu.. Dans l'heure, elle n'en n'attendait pas moins.

Bien qu'il n'avoua pas son titre, un bref silence s'installa entre eux. Elle se contentait de lui lancer des regards curieux et peut-être timides, légèrement imprégnés par l'hydromel dont elle s'efforçait de lutter contre les effets. Son bain ? Certes elle flairait le guerrier parti depuis des années, mais elle s'en fichait quelque peu.

Alors, comment dois-je vous appeler, Sieur Alauwyr ?


Sa question, elle la posa presque avec son habituel ton sarcastique tout en se détournant de lui pour se diriger vers sa couche près de laquelle était encore posée sa besace à même le sol. Elle s'accroupit, légèrement hésitante, pour en sortir sa dague et quelques bourses peu remplies. Elle revint déposer ses ingrédients sur une petite table non loin du balcon. Sans doute l'observait-t-il, mais elle l'ignora.
Elle récupéra sa propre coupe d'hydromel dans laquelle on pouvait encore en tirer une gorgée : pincées après pincées, elle ajouta à l'alcool poudres et réductions de plantes qui peu à peu formèrent un onguent aux reflets mélèze. Sans ne rien dire de plus, elle redéposa le calice désormais rempli de pommade verdâtre pour à nouveau se saisir de son poignard.
D'un pas sûr, elle s'approcha de lui et ses mains chaudes et douces passèrent sous la tunique sombre d'Alauwyr dont elle coupa le tissu d'un geste franc, du bas vers le haut. Une fois le torse mis à nu, elle découvrit une bande serrée sans pour autant compresser ses côtes. Le bout de ses doigts parcourut cette dernière pour en trouver la finalité afin de doucement la dérouler et la faire tomber à ses pieds. Runa n'avait jamais été une guerrière, mais elle savait se servir d'une dague, tous pouvaient le certifier par ce simple mouvement assuré. Elle n'avait pas osé le regarder, sans doute de peur d'y croiser au fond de ses yeux d'obsidienne un sentiment déplaisant voire hostile à son sujet.

Runa lâcha son arme pour la remettre simplement sur la table, comme justifiant une absence totale de malveillance à son encontre. Du bout des doigts, elle appliquait la pâte mi-épaisse mi-crémeuse concoctée par ses soins sur la peau hématiée du démon aux cheveux d'argent. Elle savait où appuyer, et où n'effleurer que les os brisés en sacrifice pour la sauver. Il n'y avait là qu'un acte de reconnaissance innocent ? Pas si sûr.. Elle s'ingéniait à se mouvoir autour de lui avec lassitude, comme le ferait une danseuse. Même quand elle s'affairait à le soigner en l'embaumant d'onguent dans le dos, elle tâchait d'entretenir une forme de promiscuité entre eux. Runa ne cherchait pas à le charmer, détrompez-vous. Runa faisait ce qu'elle savait faire le mieux : être une femme.

Et qu'attend-on de l'aspirante du Seigneur de ces terres ?


La pulpe de ses doigts étalait le médicament avec la délicatesse d'une tisseuse méticuleuse.

Quand commencera mon apprentissage ?



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 15 Avr 2014 - 20:13 Répondre en citantRevenir en haut

Tirait-elle ses épaules en arrière où rêvait-il ? Rien n'était certaine cette jeune femme, qui parut accepter sans guère broncher sa toute nouvelle condition : celle d'être qu'une simple novice dans les mains d'un maître, et Seigneur de surcroît. Elle qui était apparut comme une femme arrogante et sûr d'elle pour se rebelle face à l'autorité, voilà qu'elle pondérait son attitude et ses paroles. Tout n'était que façade. Rien qu'un mur d'illusion où à travers un faux semblant, on dissimulait sa vraie nature pour frapper à l'occasion propice. Runa avait appris cela dans une cour, sans dote depuis sa plus tendre enfance.

Le Maître Noir ne répondit pas immédiatement à l’appellation qu'elle devait désormais lui donner. Il préféra terminer son verre d'hydromel pendant qu'elle s'affaira à ses maigres possessions. Il haussa un sourcil en retirant la coupe de ses lèvres, quand l'éclat d'une dague attira son attention. Puis du recoin de son champ de vision, il l'observa. Que pouvait-elle encore bien préparer ? Il posa son verre vide sur la table. Elle avait sa dague en main. Et doucement, elle se rapprochait de lui.

°Et tu ne réagis pas ? °
°J'attends de voir°
°A ta place, je me méfierai grandement sais-tu°


Son lié n'avait pas tort. Alauwyr devrait se montrer bien plus méfiant, surtout à l'égard d'une femme qui avait tenté de l'empoisonner le jour précédent. Il ne recula pas quand elle fut face à lui et n'eut qu'à lever la dague d'une main experte pour trancher le tissu sombre de sa tunique. Son torse fut mis à nu et dévoila les bandages posées par Estenir. La pointe acérée de l'arme blanche ne les avait même pas effleurés. Coup de chance ou maîtrise ? A vous de juger. Alauwyr n'avait pas tressailli et encore moins réagi, comme s'il avait prédit cet acte.

°Ta témérité te perdra un jour mon lié...°

Ignorant l'intervention de son lié, Alauwyr serra les dents quand l'aspirante commença à étaler de son étrange pommade, une fois les bandages retirés. Les côtes étaient douloureuses. Il s'interrogeait guère sur l’utilité de cette pommade et encore moins de ses ingrédients, mais valait mieux pour Runa qu'elle ne soit pas avec des effets secondaires désagréables, elle en pâtirait. Il daigna ensuite répondre à ses questions, surveillant ses gestes.

''Maître pour le titre...., mais le titre qui conviendra le mieux en présence de d'autres Ardents sera Seigneur. Certains pourraient profiter qu'une petite aspirante ne respecte pas mon rang pour en faire autant... Tu connais la dureté de la politique ma chère, comme celle de la Cour. La moindre faiblesse suffit à alimenter des tonnes de ragots et d'opportunités. ''

Elle tournait doucement autour de lui, tout en le badigeonnant de sa pommade. Il la surveillait pendant qu'elle accomplissait ses gestes précis et doux. Etait-ce réellement nécessaire de lui en mettre tout autour du torse ? Il ne s'était pas éclaté la totalité de la cage thoracique pourtant.... Il en aurait presque ri. Elle cherchait à tirer sa bonne fortune une telle proximité. Si proche de l'homme qui l'avait sauvée des assassins... elle se forçait à se montrer reconnaissante en le soignant. D'ordinaire ce privilège en revenait au Maître Guérisseur. Runa tentait peut être de créer une relation particulière avec son maître. Bien au delà d'un lien Aspirant-Maître. Leur rencontre fortuite avait elle-même été si particulière...

''Ce que j'attends de mon aspirante ? ''

Un sourire ironique apparut sur ses lèvres. Une question bien intéressante.

''On attend toujours d'un aspirant qu'il se montre à la hauteur des exigences de son Maître, qu'il démontre qu'il reçoit les meilleurs enseignements de sa part et de personne d'autres, qu'il ne le dénigre pas face aux autres membres du Kaerl et encore moins envers les autres aspirants. On attend qu'il respecte les valeurs de notre Kaerl, que je t'inculquerai bientôt... Mais avant... puisque tu parles de commencer ton apprentissage...''

Il se retint de ricaner. Ses côtes n'apprécieraient pas le traitement débandé qu'il était.

''Tu as entaillé ma tunique, alors qu'il aurait suffi de me demander de la déboutonner et de la retirer. Une fois que tu auras pris ton bain et que tu te seras reposée, tu me démontreras tes talents de couturières. Sache qu'un aspirant ne fait pas qu'apprendre ses leçons, il se durcit aussi par des corvées. Vois cela comme une simple entrée en matière''

Runa était une fille de haute naissance, il ne serait donc nullement étonnée qu'elle soit incapable de tenir un fil et une aiguille. Il s'amusera sans doute de sa réaction. Qu'elle ne cherche pas à profiter de la portée toute proche de ses côtes fracturées, elle pourrait se brûler sérieusement...



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mer 16 Avr 2014 - 17:18 Répondre en citantRevenir en haut



Méfiance était de rigueur, car la vipère alizarine dansait autour de son charmeur en savourant déjà le goût du venin sur son palais. La question n'était pas de tuer sa proie, mais simplement de s'amuser, de mordre, de le voir céder lentement, le poison s'insinuant dans ses veines. D'une manière ou d'une autre, ils avaient tous fini par céder.
Et puis, il était distrayant, après tout, ce Seigneur : s'il ne disait rien, ses regards légèrement inquiétés par la présence de la fëalocë dictaient en elle des petits sourires ravis. Non, vraiment, leur relation s'amorçait à peine mais annonçait déjà un spectacle délectable aux yeux des curieux.
Il fallait être fou, stupide, ou très sûr de soi pour laisser s'approcher quelqu'un, la lame à la main, prête à trancher tout ce qui serait à sa portée. Mais bon, il était encore trop tôt pour juger duquel de ces trois adjectifs convenait le mieux à Alauwyr.

Elle l'écoutait parler sans franchement s'intéresser à ses dires, si ce n'est la réponse à sa seconde question : Runa devait être le nec plus ultra des aspirants, passer pour une perfection, bien qu'elle jugeait déjà en être une. Pour ce faire, il faudrait s'adapter à l'environnement, comme elle l'avait toujours fait. Il faudrait faire mine basse, quelques temps, juste de quoi découvrir ce nouveau continent et leurs coutumes. A vrai dire, elle ne craignait pas vraiment les jours à venir. Elle avait toujours côtoyé ce genre d'hommes persuadés de tout détenir dans le creux d'une seule main, elle en avait même épousé un. En fin de compte, peu de choses opposaient tous ces mâles, et un même fond les animait d'une mélodie similaire. Après tout, elle était sous l'égide du Seigneur lui-même, et il aurait beau avoir des ennemis, on ne s'en prendrait sûrement pas à elle impunément, pour peu qu'elle fasse ses preuves. Pondération, tout n'était affaire que de pondération et de réflexion.

Pendant qu'il déblatérait, son sourire se tarit peu à peu. Sans contrôler la sécheresse de son ton, elle lui cracha :

Je connais les lois qui régissent une cour, je pense que vous n'avez rien à m'apprendre sur le sujet dans l'immédiat.

Runa ne se rendit pas compte de son impudence, pourtant elle sembla se radoucir peu à peu, son regard perpétuellement embrasé s'anima de flammes plus douces. Elle se concentra à nouveau sur le soin prodigué, mais son oreille attentive avait ralenti son geste. Le terme "ardent" revenait sans cesse dans ses paroles : y avait-il différents clans ? Et pourquoi avait-elle atterri dans celui-ci, si tel était le cas ? Runa n'avait rien d'une personne maléfique, pourtant.. Des questions qu'elle ne manquerait pas de poser quand l'occasion se présenterait. Pour l'heure, elle gardait sa place d'enfant docile et attentive, mais toujours prête à bondir.

Elle déchanta lorsqu'il lui imposa, avec de jolis mots, une corvée de couture.. Non mais pour qui se prenait-il ? De la COUTURE ? Evidemment qu'elle savait coudre, là n'était pas la question ! Avait-elle des mains d'ouvrière ? Bien-sûr que non, c'était une noble. La couture était systématiquement apprise aux femmes mais même à titre de loisir, elle ne s'y était jamais prêtée. Elle aurait aimé que le corps d'Alauwyr soit recouvert de plaies ouvertes, là, sortir le fil et l'aiguille aurait été une situation fort agréable.
Ses sourcils plus foncés que sa chevelure se froncèrent clairement. Elle voulait le gifler de sa superbe main blanche et lisse de tout travail. Mais elle prit sur elle, une fois de plus.
Esquissant un rictus nerveux au possible, elle se baissa pour ramasser la bande de toile blanche. Lentement, elle l'enroula à nouveau autour du buste de son Maître, respectant un schéma externe soigné et propre. Notons également que Runa serrait cette bande, un peu plus que de raison, sans doute. Mais bien sûr, elle ne s'en rendait pas compte. Bien-sûr.. Après tout, il fallait bien tenir les côtes du pauvre malheureux.. On ne demande pas à une princesse d'effectuer la besogne d'un esclave, surtout quand cette princesse se présente sous les traits d'une fëalocë bouillonnante. Ou bien on accepte d'en payer les conséquences.

Elle humecta ses lèvres avant de prononcer ces mots, sans doute avec une forme de taquinerie placée sous le signe de l'ironie.

Je ne suis pas convaincue de votre parfaite obéissance quant à ma demande de vous ôter ce vêtement, et ç'aurait sans doute été quelque peu.. inconvenant.
Vous avez de plus cherché à me saouler avec votre nectar parfumé, je ne pense donc pas que mon ouvrage de couturière soit d'une grande élégance ou utilité, d'autant que ma fatigue est grande également. Aussi je crois devoir décliner votre demande, hélas.


Runa adressa à Alauwyr ce genre de sourire franc qui signifie "Mange donc ça" tout en s'éloignant, le pas léger. Elle poussa la porte de la salle d'eau et pénétra la pièce sans plus de retenue.
Dans le fond, la Ssyl'Sharienne adorait déjà celui qu'elle se plaisait à appeler le démon aux cheveux d'argent.


- La pommade a des vertus d'anesthésiant local, en gros, donc tu ne sens plus les douleurs, si ce n'est une gêne. Et je t'en ai pas foutu partout, juste sur les hématomes et les points de fracture x)
- Tu peux aussi faire une ellipse pour après le bain comme ça on enchaîne, fais comme tu le sens le mieux !



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Sam 19 Avr 2014 - 19:43 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr se contenta de sourire quand l'aspirante quitta la salle commune pour rejoindre la pièce d'eau. Une telle arrogance aurait dû provoquer une remise en place immédiate. Au lieu de cela, un ricanement léger retentit dans la gorge du Seigneur. Portant nonchalamment une main à ses côtes blessées, il se dirigea vers la carafe d'hydromel pour la finir. En ce moment même, Runa devait être dans les eaux chaudes de son bain à s'en délecter ; en plus de savourer sa pseudo victoire sur son Maître. Qu'elle pouvait le croire ou pas ne perturbait pas plus Alauwyr.

Quand il eut bu la moitié de son verre de ce délicieux nectar enivrant qu'était l'hydromel, une silhouette noire et humaine se rapprochait de lui. Malgré l'ombre de sa capuche, Alauwyr reconnut immédiatement son lié sous sa forme d'emprunt.

°Je suis étonné que tu n'es pas réagi face à l'affront qu'elle t a offerte°
°Ce n'est encore qu'une enfant. Elle ne sait rien de la réalité de la vie. Elle est encore dans les songes de sa vie précédente, pensant qu'elle pourra vivre comme elle l'imagine, dans le luxure et entouré du moindre servant obéissant à ses claquements de doigts. °
°Et tu acceptes de la laisser s'en tirer à si bon compte ? °
°Elle n'est pas restée longtemps après un ou deux verres. Elle ne tient pas du tout l'alcool et elle l'a vite compris. Elle s'est réfugiée dans la salle d'eau pour ne pas avoir honte devant moi°
°Et crois-tu réellement ce que tu viens de dire ? Ce n'est pas une sotte. Elle est intelligente cette fille et pourrait vraiment poser des problèmes si tu la brides pas rapidement°
°Elle est encore une jeune pouliche qu'il ne faut pas effarouchée. Elle sera dressée en temps et en heures. Il ne faut pas briser complètement ce qu'elle est. Elle pourrait être très utile.°
°Ca, c'est que tu veux bien croire. N'oublie pas ce qui a manqué de se passer avec Limna°


L'humain perdit son sourie et jeta violemment son verre contre le mur, explosant dans un son cristallin.

°Ne me parle pas d'elle ! °
°Je ne pouvais pas laisser cela Alauwyr. Même si cela ne te plait pas, tu m'as obligé à enfoncer le couteau dans cette plaie. Je ne puis te permettre de laisser un danger possible se créer dans ton sillage. Si tu ne prends pas les mesures qu'il faut, il sera trop tard. Et je ne pourrai pas agir. °
°Je n'ai pas demandé à ce que tu fasses quoi que ce soit ! °
°Je suis ton lié, ta moitié. Ce que tu peux ne pas penser ou songer, je le fais pour toi. Pour nous. Tu as fait un long chemin jusqu'ici, ce sera dommage de tout perdre à cause d'une femme ! °


Alauwyr adressa un regard glacial à son lié avant de se diriger vers le large balcon, contemplant l'extérieur. Le dragon comprit qu'il n'en tirera rien de plus et préféra le laisser dans sa méditation solitaire. Il y avait que trop longtemps que son lié menait qu'une vie emplie de danger. Il méritait d'avoir un peu de repos. Mais Estenir avait du mal à concevoir son lié dans un havre de paix, se contentant de vivre simplement. L'humain avait connu qu'une vie excitante et active. Faire autre chose ne lui conviendrait pas du tout... même si celle qu'il possédait ne plaisait plus trop au dragon. Pour l'instant.

Le dragon transformé en humain n'allait pas laisser la jeune femme s'en tirer aussi facilement. Il regarda le dos de son lié, puis avec un étrange sourire aux lèvres. Il se glissa alors en furtif dans la salle d'eau, profitant de la vapeur dense de bain chaud pour se mettre dans un coin et attendit patiemment que Runa termine de prendre ses ablutions. Qu'elle tente quoique ce soit contre lui et elle verrait ce que de se mesurer à un dragon même en humain représenterait pour elle.....

Quand elle sortira des eaux apaisantes et chaleureuses, ce sera pour voir une sombre silhouette encapuchonnée et qui dirait ceci :

''Alors princesse ? C'est bon, tu as terminé ton petit bain ? ''

Un dragon se fichait complètement de l'apparence nue des bipèdes, même des femelles de cette espèce. Mais ce ne sera sans doute pas du plaisir de Runa.



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 02:20 Répondre en citantRevenir en haut



Ce n'était pas tant une victoire en soi, pas plus qu'elle n'était fière de ses mots. Aussitôt entrée dans la salle d'eau, son visage ne dégageait plus qu'une froideur maîtrisée tout juste dérangée par sa mâchoire serrée au moment du contact entre l'eau tiède et ses plaies suturées. Non, elle ne se sentait pas l'âme d'un vainqueur sur Alauwyr, c'était ridicule de penser ainsi.

Quel délice.. la poussière, le sable, le sang, le parfum de sueur et de cuir usé de la cape de son nouveau protecteur, toutes ces souillures disparurent dans la baignoire comme un mauvais souvenir. Le cristal prit peu à peu une teinte brunâtre par le sang séché que demeurait sur ses plaies. Elle restait néanmoins tendue dans ce semblant de confort, assez mal à l'aise. Des questions revenaient sans-cesse : l'assurance laissait place à un profond doute, un malaise dont elle ne parvenait pas vraiment à passer outre. Sa figure de dédain se cachait sous le visage d'une jeune femme en proie à l'incertitude de sa place ici-bas, le regard perdu dans le vide des lieux. Il était également fort probable que ce ne soient là que les répercussions des agissements de l'hydromel.
Pourtant, au fil des clapotis de l'eau chaude, elle se détendit un peu, jusqu'à finalement basculer sa tête en arrière et fermer les paupières. Elle inspira et expira lentement, comme à la recherche d'un instant de paix.

Elle sembla presque s'assoupir, bien que plus vraiment fatiguée, il ne s'agissait là que de détente dont elle avait besoin. Tous ses muscles se décontractèrent sous le film translucide de l'eau. Elle immergea sa tête, ses longues mèches incarnates dansant au rythme de ses propres mouvements : le temps était comme figé.
Lorsqu'elle n'eut plus d'air et qu'elle refit surface, ce ne fut que pour entendre le violent fracas d'un bris de verre. Son buste cessa de se soulever, son visage fixait la porte de la salle de bains, elle ne respirait plus pour écouter : le néant. Le calme et le silence qui s'en suivirent n'avaient rien de bonne augure. Elle plongea une dernière fois la tête sous l'onde pour se réveiller de sa torpeur, ne sentant pas l'obscur courant d'air s'engouffrer dans la pièce. Une fois ses ablutions terminées, elle attrapa une serviette dans laquelle elle s'enroula, chassant les vapeurs étouffantes de sa main libre.

- Alors princesse ? C'est bon, tu as terminé ton petit bain ?

Runa ne put retenir un cri de stupéfaction ni plus qu'un sursaut de pure surprise. Son premier réflexe fut de reculer, ne reconnaissant pas immédiatement son ennemi vêtu de ténèbres, le tout avant de se jeter sur lui et de serrer ses mains autour de son cou. Evidemment, elle ne pourrait rien contre lui, mais elle était prête à défendre sa vie. Il n'aurait sans doute qu'à la jeter à terre pour la briser, elle qui était si fragile bien qu'elle ne se l'avouait pas. Il n'aurait qu'à lever une main pour lui rompre la nuque. Il n'aurait qu'à trancher sa gorge d'un coup de lame habile.
Il émanait désormais une ambiance insupportable, quelque chose de lourd et de tendu embaumait l'air encore chargé de vapeur. Quelque chose qui vous aurait empêché de respirer. L'inconnu dégageait une aura pesante qui poussait presque l'aspirante éperdue à la terreur, comme si toutes les émotions qu'il exprimait étaient décuplées : colère, vice, rage, noirceur, mauvaises intentions.. Une tempête de tourments.. Sa peau était pâle et froide, plus que celle d'un être humain.

Runa fixa longuement son adversaire dans les yeux avant de subitement comprendre son erreur et de lâcher prise.

- Estenir.. Je ne voulais pas..

Elle recula franchement, effrayée par les conséquences de son acte, les mains crispées par l'effort et le regret de ce geste. Avouons-le, Runa craignait plus Estenir sous sa forme humanoïde que sous sa ligne reptilienne. Elle haletait. Qu'allait-il lui faire ? Elle ne connaissait pas les lieux depuis longtemps, mais le simple fait de lever les mains sur un dragon n'était-il pas un acte répréhensible ? La fëalocë, trempée, simplement vêtue d'une serviette, les cheveux ruisselants, longeait les murs de la pièce dans le but d'atteindre la porte, les doigts tremblants en cherchant la poignée.. Celle qui pensait n'avoir peur de rien paraissait traumatisée par cette rencontre inattendue. Alauwyr était prévisible puisque profondément humain, mais qu'en était-il de son lié ? C'était étrange à décrire.. Ici, on parlait d'un Don qui liait un être à un dragon. Runa avait le sentiment que ce Don, chez elle, était d'une grande sensibilité, comme décuplé. Non, ce n'était pas là ses nouvelles fantaisies, puisqu'elle redoutait en partie ce nouveau pouvoir. A croire que les émotions du Noir se répercutaient vivement dans sa tête à elle. Ou peut-être devenait-elle simplement folle ?
Non, il flottait rancune, jalousie, rivalité, rancoeur.. et des brides de passé douloureuses.

- Alauwyr.. ?

Comme un murmure, comme un appel à l'aide, bien qu'elle tâcha de ne pas montrer sa détresse. Son coeur battait ardemment alors qu'elle ne quittait pas des yeux la forme sombre et encapuchonnée du lié.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 14:21 Répondre en citantRevenir en haut

Le dragon noir émettait-il réellement toutes ces émotions ? Pas vraiment. La jeune femme ressentait peut être sa présence, mais elle ne pouvait percevoir les émotions qu'il gardait pour lui, et lui-seul. Elle confondait avec les siennes, se mêlant à sa propre terreur. N'avait-elle pas subi l'approche récente des ombres des assassins il y a peu ? Sortant des ténèbres, Estenir avait tout pour apporter la peur au plus profond de sa victime.

Mais Runa n'était pas une victime. ce serait plus l'inverse vu que l'aspirante le tenait à la gorge de ses deux mains. Il baissa la tête pour voir les doigts frêles se retirer, quand la jeune femme fut consciente de son erreur. Il se contenta de sourire d'une façon amusé, à la limite de se moquer. Qu'il était plaisant de sentir à nouveau cette peur couler sur la peau, d'entendre le rythme d'un coeur effrayé. Et ce fut encore plus amusant quand elle tenta d'appeler son Maître, le lié même du dragon.

Estenir ne passa même pas une main sur son cou. Runa n'avait pas eu le temps de serrer avec force.

°Laisse Alauwyr pour l'instant, il a besoin d'un peu de calme. Heureusement que ce fut moi et pas lui d'ailleurs. Je ne crois pas qu'il aurait apprécié l'accueil que tu m'as gratifié, jeune bipède. Un tel acte pourrait être considéré comme une tentative... de meurtre°

Estenir usait de mots forts, à bon escient. Peut être que de parler de la sorte suffirait à calmer un peu les ardeurs de cette aspirante, pour assurer au moins un peu de paix à son lié. Il avait d'ailleurs assez à faire avec le pouvoir pour devoir se battre tous les jours contre Runa. Il avait observé comme cela se passait entre Alauwyr et Limna quand il n'était qu'un Maître Noir à l'époque.

Toujours avec son sourire et se dirigeant avec un pas tranquille vers la porte de la salle de bain, il fixa un bref instant la jeune femme.

°Peut être que tu as eu une vie riche dans ta précédente vie, mais sache qu'ici les choses sont un peu différentes. Il te faudra agir d'une toute autre façon. Oh tu pourras garder tes manières, cela te regarde, tu es libre après tout. Mais si ce n'est pas Alauwyr qui cherche à dompter la petite jument sauvage que tu aies, j'en connais d'autres qu'ils le feront d'une manière moins souple. °

Il était devant la porte, la main posée sur le loquet.

°N'oublie pas une chose. Avec le Don, je peux réussir à percevoir les émotions de mon lié. Même si je ne suis pas à ses côtés, je peux savoir ce qui se passe. Enfin presque tout. Et je suis ravi d'un point. °

Ses dents blanches marquaient bien la forme de son sourire malgré l'ombre de la capuche qui couvrait son visage

°Tu as appelé à l'aide Alauwyr. C'est bien. Tu lui accordes assez de confiance pour requérir son aide quand tu te pressens en danger. Tu n'es pas si perdue que je le pensais, même si tu as encore des progrès à faire... °

Sur ses derniers mots il sortit, laissant la porte ouverte. La vapeur en profitait déjà pour s'échapper et rendre la pièce plus claire. A croire qu'Estenir n'était jamais venu la rejoindre...



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 21:16 Répondre en citantRevenir en haut



La peur laissait place à un certain mépris envers le reptile sous forme humaine. Il était encore plus mesquin que son lié, esquissant sourires moqueurs et rires sarcastiques. Un être qui se terre dans les ombres n'était ni plus ni moins qu'un lâche aux yeux de la fëalocë, un illusionniste. Pourtant, elle s'évertuait à ne pas penser ces mots trop forts, de crainte de subir une nouvelle intrusion de la part de ce dernier.
Estenir parlait beaucoup, avec des termes puissants, mais ses paroles avaient un arrière-goût amer : oui elle l'avait écouté, oui elle comprenait où il voulait en venir, oui elle agirait en conséquences, mais les sifflements de l'écailleux ne dicteraient en rien sa conduite ou ses jours à venir. Il jouait avec elle plus qu'il n'agissait.. Non, leur relation ne s'annonçait pas sous le meilleur jour possible, pas dans l'immédiat, et peut-être jamais.
Sans doute croyait-il l'effrayer, à parler de "meurtre." Des mains de la jeune rousse avaient hurlé du crépuscule à l'aube des dizaines de femmes et d'esclaves, consummés vivants par un brasier ardent dont les flammes s'élevaient jusqu'au ciel. De ses doigts immaculés de princesse, le venin s'était insinué dans les veines du soleil de ses nuits. Bien-sûr qu'en ce jour, elle apparaissait plus fragile. Son désir de planter ses crocs envenimés dans la chair du Noir était grand. Nouvelle impulsion imposée par le sang de sa race. La petite jument sauvage ne cesserait jamais de se cabrer, qu'il le sache bien haut. Sans retenir son affront, sans même daigner n'en faire qu'une pensée échangée dans l'intimité de leurs pensées, elle cracha à Estenir ces mots :

- Essaye seulement de me dresser, dragon.

S'il l'avait regardé à cet instant, elle n'aurait été que le reflet de l'enfer qui bouillonnait en son âme. Sans gêne, elle lui aurait tenu le regard. Ce n'était pas intelligent, ni très tactique. Mais ce genre d'émotions demeurait incontrôlable chez elle, elle n'aurait pu se retenir, elle n'était pas encore prête à garder en elle ces fragments impulsifs qui faisaient sa personnalité. Peut-être qu'après quelques coups infligés par Alauwyr, ce comportement changerait et encore, rien n'était sûr.
Le dragon avait peut-être pensé calmer ses ardeurs, mais il n'avait fait que les attiser, nourrissant le feu. Il avait beau lui jeter quelques 'compliments' masqués par une certaine arrogance, elle n'attendait qu'une chose : qu'il parte. Elle était trop fatiguée pour jouer au chat et à la souris. Ses instincts de femme laissaient planer quelques mauvais pressentiments à l'égard de sa relation avec Estenir. Elle avait le sentiment de "gêner" le lien qui le soudait au démon aux cheveux d'argent sans vraiment comprendre pourquoi ou comment. Peut-être arrivait-t-elle au mauvais moment. Si tel était le cas : .. tant mieux. Laissons-leur simplement le temps d'exploser..
L'adaptation était trop brutale, il lui faudrait du temps pour s'intégrer à ce nouveau monde.

La fëalocë jeta un regard circulaire à la salle d'eau, comme pour s'assurer du départ définitif de l'encapuchonné, avant de sortir à son tour. Ses pieds mouillés frissonnèrent au contact de la pierre froide alors qu'elle se dirigeait vers la chaise où quelques minutes plus tôt, le servant avait déposé de quoi vêtir un nouvel arrivant. Elle attrapa une tenue étrange, qu'elle n'avait jamais porté avant de filer se réfugier à nouveau dans la pièce dont la vapeur s'était échappée, sans prêter un seul coup d'oeil à Alauwyr. Elle mit du temps à se vêtir : elle passa une longue tunique et un pantalon tous deux en lin ou en une toile tout à fait inconfortables, au moins, ces atours étaient noirs comme l'ébène. Du mieux qu'elle put, elle rentra sa chemise dans son pantalon, marquant sa taille fine et ses hanches prononcées qui pouvaient abriter une descendance certaine. Elle ressemblait à un homme. Elle aurait été exécutée par son époux si elle était sortie ainsi..
Ses pas la menèrent à sa besace de laquelle elle sortit un long châle aux teintes charbonneuses et opaques. Elle l'enroula autour d'elle à la manière d'un sari, comme voulant masquer un tant soit peu ses formes généreuses. Avec les vêtements de fortune, elle repéra une paire de bottes ajustables qu'elle enfila péniblement : la plupart du temps, dans son palais, elle demeurait pieds nus ou du moins ses chausses étaient ouvertes. Elle aurait pu rire de son propre accoutrement. Elle n'en n'avait pas vraiment honte, c'était juste nouveau. Et moche, c'était très moche. Sa féminité s'était comme atténuée et dissolue dans son bain, bien qu'elle restait une jolie jeune femme déguisée en roublard. D'ailleurs, elle hésita à glisser sa dague dans sa botte droite, comme finissant cet étrange portrait, avant de finalement céder : voilà, elle ressemblait à une voleuse du désert.
Ses bras passèrent sous sa longue chevelure pour la mettre au dessus de cet étrange attirail. Elle releva un peu son châle pour cacher une partie de ses cheveux, non habituée à montrer ces derniers à tout bout de champ. Pourtant, quelques grandes mèches serpentines s'échappaient de ce semblant de large capuchon.

Son attention se déporta vers l'homme appuyé sur le balcon. Il y avait au sol des éclats de verre et il ne restait plus sur la table qu'un calice et la carafe. Que s'était-il passé ? Runa n'eut qu'à plisser les paupières, comme tentant de scruter les pensées d'Alauwyr pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Que ce n'était pas le moment de poser des questions irréfléchies. De plus, soit il ignorait sa toute nouvelle aspirante, soit il était perdu dans d'autres pensées. Elle haussa les épaules, plus gênée qu'in-intéressée par la situation. Pourtant, à la manière dont elle se déplaçait, engoncée dans ses fringues inconfortables et ses bottes bruyantes, il n'était pas sans savoir qu'elle avait fini ses ablutions.

Runa réfléchit un certain temps avant de prendre sa décision finale quant à ses intentions. Elle chercha d'abord du regard puis, avec sa discrétion féline - entachée par son déguisement - se mit en quête d'une aiguille et de fil. Elle fouina dans quelques coffres, espérant ne pas se faire décapiter par celui qui plus loin ruminait du haut de son mirador, avant de finalement trouver ce qu'elle cherchait.

* Je n'arrive pas à croire que je vais faire ça.. *


La jeune femme se pencha doucement pour ramasser la tunique sombre encore au sol, elle s'assit à la table et dans un silence le plus complet, elle commença à coudre. Oh, bien sûr qu'elle bougonnait, marmonnait et pestait, dans sa tête. On ne percevait là que sa mine boudeuse et résignée, penchée au dessus de son ouvrage naissant. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas joué du fil et de l'aiguille, mais elle se débrouillait assez bien pour faire quelque chose de tout à fait esthétique. Elle se dandinait légèrement sur sa chaise, acceptant difficilement le pantalon qui tenait ses formes sans le confort des longues robes de soie. Parfois, elle observait son maître, comme surveillant ses intentions.
Après quelques minutes vides, outre ses "maïe !" causés par la pointe de l'aiguille enfoncée dans ses doigts, après quelques gouttes de sang qu'elle suça pour les faire disparaître, elle étendit devant elle la chemise. Sincèrement, c'était du beau travail. Bien sûr, on voyait la marque de découpe, mais les points serraient le tout comme si cette dernière était volontaire.

Runa se leva doucement et se dirigea vers Alauwyr de la même manière. Une fois à sa hauteur, sans rien dire, elle lui tendit le vêtement, marquant un silence finalement assez long, voire pesant.
Elle osa, presque en susurrant :

- Je vous sens dévoré par la colère, j'espère ne pas en être responsable d'une manière ou d'une autre.


Notez que pour autant, elle ne s'excusait pas. Elle fixait l'homme de son éternel et perçant regard d'ambre, son visage ne dégageant ni plus ni moins qu'une forme de.. douceur. Si une Ssyl'Sharienne pouvait exprimer un tel sentiment malgré sa nature farouche.

- Montrez moi votre cité, je ne veux pas rester enfermée. Je l'ai été toute ma vie.
Je crois que changer d'air vous fera autant de bien à vous qu'à moi... Maître.


Oh la voilà, la petite Salv mielleuse. Jouait-elle ou non ? Pas tout à fait.. Elle ne l'impressionnerait jamais, elle en était bien consciente. Et ils étaient tous deux seuls dans la pièce, alors à quoi bon ? Elle officiait en tant que princesse bien éduquée, une fleur pour qui savait observer. Pourtant, on sentait son inquiétude alors qu'elle toisait les quelques ombres de la pièce, cherchant l'endroit où Estenir aurait pu s'y fondre. Dans l'immédiat, elle ne parlerait pas de sa petite altercation l'ayant opposée à lui plus tôt, dans la salle d'eau.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 17:22 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr s'était approché de la rambarde sculptée en marbre. Les bras croisés dans le dos, il contemplait le lointain. Oh, il avait entendu la sortie de la jeune femme de ses ablutions. Il ne lui prêtait pas la moindre des attentions, plongé dans ses songes. Est-ce là une forme de méditation ? Peut-être. Il n'était pas rare de voir le Seigneur posté de la sorte sur le grand balcon qu'offrait ses appartements. Il dominait d'un simple regard toute l'étendue du Kaerl. De la hauteur pour un Seigneur. Mais une hauteur dangereuse. Un rien suffisait à basculer et à choir mortellement en contrebas. Une métaphore à faire sourire Alauwyr.

L'Empereur cendré était parti sous sa forme humaine pour ne pas déranger son lié. Cela ne l'empêchait pas de veiller à distance sur lui. Avec une furie instable telle que Runa, un rien pourrait suffire pour la voir éclater pire qu'un volcan. Elle devrait prendre exemple d'ailleurs sur le volcan qui fournissait protection et chaleur au Kaerl entier. Peut être en tirerait-elle une leçon d'humilité ? D'ailleurs en parlant d'humilité, était-ce possible que l'aspirante se soit rabaissée pour accepter de raccommoder sa tunique ? Si le Maître Noir s'était retourné pour voir Runa à l'oeuvre, peut être aurait-il affiché un court sourire de victoire. mais il resta droit et fier, à fixer l'horizon.

Il tourna seulement la tête quand elle vint après avoir recousu plus ou moins correctement l'entaille de la tunique, qu'elle lui tendit d'ailleurs. Il se retourna complètement pour lui faire face tout en décroisant ses bras de derrière son dos. Sans mot dire, il prit la tunique, ne vérifiant pas le travail exécuté.

''Non, tu n'es pas responsable de cette colère....''

Il cligna à peine des paupières, dissimulant quelques fractions de secondes le noir froid et dépourvu d'émotions de ses yeux. Elle aurait vite découvert sa façon de ressortir sa colère sur les vrais responsables ; elle en aurait pâti, loin d'apprécier le traitement. Le regard insistant de l'aspirante ne quitta les siens. Elle voulait sortir et visiter son nouveau ''territoire''

''Tu n'es pas complètement enfermée ma chère. N'as-tu pas quitté pour toujours ta cage dorée ? N'es-tu pas dans un nouveau monde plus ouvert ? Nous sortirons tout à l'heure. A mon tour de profiter des bains, puisque tu sembles suffisamment ''rincée''

Il garda sous le bras la tunique raccommodée et se dirigea vers la salle d'eau. L'eau lui détendrait ses quelques crispations nerveuses. Et la mixture de Runa se mélangera dans l'eau chaude. Pour lui, l'important était d'avoir le bandage nécessaire pour maintenir ses côtes cassées en place. Et il devait s'en mettre un nouveau.

''Tu peux déjà contempler du balcon le haut du Kaerl. Tu apprécieras une vue comme jamais tu n'as eu l'occasion d'en voir. ''

Sur ces derniers mots, il pénétra dans la pièce d'eau. Il n'en ressorti qu'au bout d'une bonne vingtaine de minute, revêtu d'un nouveau pantalon sombre et de la tunique rapiécée. Il parut plus détendu et maître de ses émotions. Le temps de ses ablutions avait du suffire à la jeune femme de contempler le spectacle du Kaerl Ardent.

Sans attendre, il attrapa sa lourde ceinture de cuir noir qui serra autour de la taille. Le fourreau de son épée battait contre sa jambe gauche. Etait-ce vraiment nécessaire de s'armer de la sorte ? Runa allait découvrir que le Seigneur Ardent se défaisait rarement de son arme, restant à part entière un guerrier. Un sourire étrange naquit cette fois sur son visage. A croire qu'il n'avait jamais été blessé. Alauwyr aimait afficher de fausses apparences.

Il était déjà la porte quand il attendit l'aspirante.

''Je croyais que tu voulais visiter le Màr Taralom ma chère... A moins que tu veuilles rester ici. Je comprendrais que tu aies encore besoin de t'acclimater...''

C'était comme si... il n'avait pas été irradiant de colère tout à l'heure. Cet homme avait un jeu de sentiments tout aussi chaotique que celui de son aspirante. Là il jouait sur les mots, la provoquant doucement.

''Je comprendrai ta peur d'affronter l'inconnu....''



Runa Salv
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 00:40 Répondre en citantRevenir en haut



Le soulagement.. Il lui fut impossible de ne pas décontracter ses épaules quand il déclara qu'elle n'était pas la source du litige. A vrai dire, elle préférait de loin être une alliée un peu taquine, car à en voir sa stature, s'opposer en ennemie face à Alauwyr n'était pas la plus judicieuse des idées pour une personne de la carrure de la jeune femme. Elle n'imaginait pas prendre ne serait-ce qu'une gifle de sa part, le coup pourrait être fatal pour sa force quasi-absente de noble. Comme en pense-bête, elle nota néanmoins qu'il prit le temps de lui répondre et de ne pas laisser sa question en suspend comme il avait pu le faire dans les jours précédents. Il était tendu, ressassant quelque chose, aussi n'insista-t-elle pas. Lui aussi passait pour un maître des illusions. En cet instant, il puait d'une profonde instabilité qui n'aurait pas besoin d'être titillée très longtemps pour éclater avec vacarme. Le portrait de leurs interactions était d'ailleurs intéressant à décrire, et si quelqu'un était entré dans la pièce, il aurait pu distinguer deux silhouettes en totale opposition : le feu et la glace ; la chaleur et le gel ; un jeune brasier frémissant face aux insondables néants des Ténèbres. Il était la Force brute, elle était la séduction malsaine. Cette différence était soutenue par leurs regards respectifs, l'un teinté d'or et d'ambre, l'autre plongé dans l'inaffection des braises froides. Comment deux êtres aussi antinomiques pouvaient-il s'apporter quelque chose, d'une manière ou d'une autre ? Cette question n'en n'était qu'une parmi tant d'autres, mais elle n'oserait pas la poser ouvertement.

Runa parla peu, elle écoutait et observait, comme depuis le premier jour en sa compagnie. Avec les années et les expériences, elle s'était assagie pour apprendre à gérer au mieux ce 'genre' de situations, bien qu'à ce moment même des centaines de questions fusaient en elle au point qu'elle en avait mal au crâne. Oh, parfois elle lutinait volontiers, testant les limites, jaugeant ce qui pouvait être enfreint et ce qui ne devait surtout pas être évoqué. Il finirait assurément par s'habituer aux petits jeux de la princesse déchue. Sauf si, par erreur, elle tirerait une corde trop sensible et qu'il la tuait. Mais ce scénario n'avait pas encore lieu d'être.

Face à l'enthousiasme fleurissant de Runa, Alauwyr ne lui répondit que placidement d'être patiente et de l'attendre. Elle fit la moue, ce genre de bouille tenue par les enfants à qui on dit "non." Après tout, elle gardait encore quelques mimiques de son enfance capricieuse, mais rien de bien méchant pour cette fois-ci. Elle grogna peut-être un peu en se dirigeant à nouveau vers le balcon, marmonnant qu'elle faisait quand même beaucoup d'efforts et qu'il ne le voyait pas. Mais soit. L'oiseau avait eu un avant-goût de la liberté la veille, et il avait hâte de reprendre son envol.
Un panorama comme elle n'en n'avait jamais vu ? Ça restait à prouver.. Sa vie de maharané lui avait octroyé quelques des plus beaux appartements du palais d'Arsuh, ni trop haut ni à ras de patio, souvent elle avait contemplé le fourmillement de la cité - du moins ce qu'elle pouvait en apercevoir au travers des barreaux de sa prison d'ivoire et de dorures. Dans ces moments là, son avidité semblait rassasiée. Elle appréciait réellement les vues imprenables sur le monde qui l'entourait, pouvoir respirer en ayant devant soi que l'horizon à perte de vue, le fond de l'air animant sa longue chevelure couleur sang. Quelle ironie pour une princesse de souhaiter être libre quand l'esclave lui, pouvait arpenter les rues ouvertement, seulement entravé d'un collier pour lui rappeler sa caste.

Prudemment, Runa se pencha sur la rambarde de pierre. Elle n'avait pas le vertige, mais un étau lui enserra la poitrine face au vide. Elle était là, béate d'admiration, toisant la ville avec le privilège d'une vue réservée au Seigneur. Elle pourrait presque y prendre goût. C'était magnifique.
De hautes tours sombres comme la sorgue poignardaient le ciel de leur pointe effilée, défiant les astres par leur envergure vertigineuse. Les bâtiments étaient vêtus d'une architecture unique comme elle n'en n'avait jamais vu, bien loin des arcades à arabesques du Ssyl'Shar. En contre-bas, la populace s'éveillait et remuait doucement, ne craignant sans doute rien car protégée par cette cité à vous faire frémir. Il y avait quelque chose de menaçant et de racé dans le froid tableau de cette ville nouvelle. Elle avait hâte d'en arpenter les rues et les couloirs. Elle surveillait la porte de la salle d'eau et épiait les sons qui en émanaient, comme prête à bondir dès qu'il serait prêt à l'accompagner La fëalocë était petite fille à cet instant, et elle voulait que Papa Alauwyr se dépêche.

Son admiration ne fut qu'enrichie lorsque son regard se posa sur le vol de dragons au dessus de la citadelle. Elle peinait à croire à l'existence de telles créatures, quand bien même son voyage sur Estenir avait bien eu lieu, même entrecoupé par sa fatigue et ses phases ensommeillées. L'éclat de ses pupilles suivait la danse gracieuse des reptiles qui fendaient l'air, à tel point qu'elle n'entendit pas vraiment l'homme ressortir de son bain et se préparer.

Gentiment ou du moins de façon cordiale, il la mit au défi de sortir de sa cage, appuyant sur la condition physique de sa nouvelle aspirante. Il pouvait parler : qui était assez aveugle pour ne pas le voir masquer sa souffrance et ses os brisés ? Elle n'appréciait pas tout à fait de le voir feindre la douleur, pourtant elle agissait de la même manière. A ceci, on pouvait leur désigner un trait commun : la fierté. Enfin une raison d'associer ce Maître et cette aspirante.
Mais Runa était en pleine forme, ressentant à peine le tiraillement désagréable de ses sutures. D'un pas assez enjoué bien que subtil et pondéré, elle s'empressa de le rejoindre et de le suivre, passant l'embrasure de la porte de sortie. Avec une certaine malice au fond des yeux, un petit sourire radieux niché sur ses lèvres, elle arborait le minois de celle qui avait soif de tout découvrir. Alauwyr ne pourrait pas trouver, à ce jour, d'élève plus intéressée.

* Tant pis pour lui s'il préfère les gens qui font la tronche. *

Elle n'osa, dans un premier temps, rien dire, réfléchissant à ses paroles, le laissant ouvrir la route. Une interrogation lui brûlait néanmoins le palet, aussi se permit-elle de quémander d'un ton curieux tout en restant courtoise :

- Pourquoi le Seigneur s'encombre-t-il d'une aspirante ? Non pas que je n'en sois pas honorée mais..



Désolée, ça fait pas avancer le schmilblick..



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Jeu 24 Avr 2014 - 19:44 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr la laissa sortir avant de lui emboîter le pas, qu'il récupéra pour se retrouver en tête, vue que Runa posait ses pieds frêles pour la première dans les couloirs du Weyr. Elle serait sans doute étonnée de voir qu'une majorité de la structure et du plafond qui composait leur chemin était taillée dans le roc, savamment qui plus était. Une bonne hauteur pour ne pas se cogner, une largeur suffisante permettre le passage de trois personnes de front, des dispositifs lumineux qui ne laissaient que peu de pénombre... Des couloirs adaptées en toute simplicité. Peut être même que la magie avait un peu aidé. Pour ce qui était de la réponse qu'attendait la petite gazelle du désert, elle l'aura une fois le nez à l'extérieur.

Quelques aspirants s'écartèrent en voyant le Seigneur apparaître devant eux au détour d'un couloir et le saluèrent, en s'inclinant légèrement. Deux gardes en faction à la sortie principale étaient déjà au garde-à-vous quand il franchit le seuil. Peut-être que Runa appréciera un tel respect. Après tout, son Maître était Seigneur. Mais qu'elle n'oublie pas qu'elle n'était qu'aspirante et qu'elle ne jouira pas d'une telle ferveur. Plus tard, bien plus tard, elle en aura.

Le soleil était déjà bien haut quand Alauwyr sortit à sa lumière, levant un bref instant ses yeux noirs comme pour défier l'astre. Il plissa les yeux pour le cerner et se rendit naturellement en reportant toute son attention à son aspirante. Elle aura la chance de découvrir la beauté du Val. Un immense arbre au feuillage dense et aux nombreuses branches longues et fines dominer le coeur de cette place. Sa couleur cuivrée captait le regard. Il était malgré tout un étrange contraste avec le survol des dragons dans les airs, qui le frôlaient à sa canopée, comme pour chercher la caresse des ses feuilles. Une légère bise soufflait, apportant avec elle la température fraîche du matin, bien plus clémente que celle du désert. Autour du Val, on pouvait contempler les autres bâtiments, dont Runa ne connaissait pas encore les autres fonctions et qu'elle apprendrait bientôt. Très bientôt...

Alauwyr croisa les bras derrière son dos, comme à son habitude et apporta la réponse souhaitée à sa très chère aspirante. Au loin, les étendards déployés au somment des tours de l'Observatoire suivaient en ondulant la petite bise, plus forte à leur hauteur. Les couleurs Ardentes répondaient à la couleur de l'Arbre.

''Tu te demandes pourquoi je t'ai prise sous mon aile ? Et bien la réponse est simple, chère Aspirante. Même si je suis un Seigneur, je reste un maître-dragon. Et l'un des nombreux devoirs d'un maître-dragon est de former des jeunes gens comme toi, pour les préparer à devenir des chevaliers-dragons. Je suis peut-être le dirigeant du Kaerl, mais je me dois de montrer l'exemple. ''


Son sourire se fit presque carnassier. Ainsi, on ne pourrait pas le prendre à revers sur une action qu'il n'accomplissait pas, alors que les autres l'exécutaient. Former un aspirant prenait du temps et en tant que souverain, Alauwyr devait démontrer tous les jours qu'il était capable d'allier sa place de Seigneur et son rôle de Maître-Dragon.

[/b]En t'apprenant ce qu'il faut, tu pourras un jour prochain te lier à ton tour à un dragon, comme tout possesseur du Don. Et trouver à la suite une place au sein de notre Kaerl. Le Don existe depuis des siècles et quand tu connaîtras l'histoire, tu pourras te vanter d'appartenir à une lignée bien plus valorisante que celle d'un sang d'une petite noble. ''[/b]

Peut être qu'elle se gonflera de fierté, mais déchantera vite quand elle apprendra qui étaient vraiment ses lointains Aieux, les Valherus. Puis sans lui laisser le temps de l'interroger, il pointa sa main droite vers chacune des structures du kaerl qu'ils apercevaient en face d'eux. Alauwyr parla de chacun d'eux, expliquant ce qu'ils étaient et à quoi ils servaient au sein du Kaerl. Elle commençait déjà son apprentissage, en écoutant l'organisation physique du Màr. Les Bassins Ignès plairont sans doute le plus à la jeune femme.

''Je me demande quel endroit tu voudrais voir maintenant que je t'ai narré leur importance... Choisis ma chère et nous nous y rendrons...''



Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:41 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu