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 [RP] Réémergence - II Sujet suivant
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Amaélis Yodera
Chevalière Errante
Chevalière Errante

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MessagePosté le: Dim 30 Mar 2014 - 17:48 Répondre en citantRevenir en haut

Réémergence - Partie I

fin Iolyaku 918


La salle commune n'était pas aussi bondée que le redoutait la Neishaane, mais même le calme relatif de la pièce et la transparence lumineuse du lieu n'étaient pas suffisants pour chasser le sentiment étouffant de n'avoir aucun échappatoire. Ordinairement, Amaélis était habituée à l'idée d'arpenter des rues situées sous les eaux, mais apercevoir toute la structure du Kaerl quand elle levait les yeux ? Elle ne parvenait pas à trouver cela rassurant. Retenant à grand peine un soupir, elle jeta une œillade mécontente en direction de sa Liée, laquelle semblait exulter. Sans doute la Dragonne se délectait-elle encore de la façon dont Gueralt et elle avaient traîné la frêle Chevalière à travers la forteresse Engloutie, le premier la tirant par le poignet, la deuxième la poussant à avancer à l'aide de coups de tête réguliers.

Tandis que son confrère Englouti s'installait à une table, Amaélis resta un peu en retrait, immobile et silencieuse, promenant un regard effaré autour d'elle. Tous ces visages qui semblaient s'effacer dès qu'elle détournait le regard étaient autant de bourgeons demeurés clos sur l'arbre des souvenirs. Ses mains et ses jambes se mirent à trembler, malmenées par le souffle froid de la peur. La réalité lui était si peu familière, après tant de temps passé à errer parmi les ombres et les fantômes. Un goût amer s'attardait sur sa langue. Il y avait bien peu de différence entre ses illusions et les personnes qui l'entouraient, à mieux y regarder, et la Neishaane songea qu'elle préférait vivre dans ses propres rêves plutôt qu'on lui en impose un.

° Amaélis, daignerais-tu nous faire l'honneur de ta présence, si transparente et fade soit-elle ? °

La Chevalière eut un bref sursaut, et cligna plusieurs fois des paupières, son visage arborant l'expression de qui vient d'être brusquement tiré de son sommeil. Avec des mouvements d'automate, elle prit place en face de Gueralt. Elle secoua légèrement la tête pour détacher de son esprit les derniers lambeaux de mornes pensées et tenter de revenir au moment présent.

Ithildin, après avoir passé un certain temps à chercher la meilleure position possible sur le sable argenté, reprit le cours de la discussion, la tête posée sur ses pattes.

° Il semblerait que nous soyons parties moins de temps que ce que nous pensions, et je doute que des changements colossaux aient pu se produire en quatre mois. Tu les aurais sûrement constatés, à moins que tu ne sois de ces Neutres qui ignorent même le nom de leur Souverain. °

Amaélis haussa les épaules lorsqu'elle sentit le regard insistant de l'Airain se poser sur elle.

Elle se moque de moi ! Je sais que c'est Maîtresse Al'Ysiria.

° Dame Al'Ysiria. Mais je reconnais que tu m'impressionnes, Neishaane. °

Comme si c'était important pour toi, Dragonne. Tu as dit toi-même que les titres ne changeaient pas le goût du sang.

Un rire sombre et profond fit vibrer les flancs de l'Airain. Sa Liée comprenait les choses, parfois. Reportant son attention sur Gueralt, elle darda sur lui un regard d'un bleu serein qui contrastait avec son attitude d'ordinaire plus joueuse.

° Puisque tu as décidé de nous tenir compagnie un peu plus longtemps, pourquoi ne nous raconterais-tu pas cette histoire à propos de Lòmëanor ? Je suis sûre que ma Liée meurt d'envie de l'entendre, même si elle n'ose pas le demander. °

La Neishaane réprima un rire nerveux, et ses yeux prirent un instant l'éclat glacé du fer lorsqu'ils rencontrèrent ceux de l'insupportable Dragonne.



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MessagePosté le: Dim 30 Mar 2014 - 17:48 Revenir en haut

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Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Ven 4 Avr 2014 - 23:34 Répondre en citantRevenir en haut

Gueralt n'était pas franchement le genre de type à passer inaperçu lorsqu'il pénétrait dans une pièce. Avec ses presque deux mètres de haut, encore trempé d'eau de mer, vêtu de ses vêtements crasseux et crottés, il offrait un curieux contraste avec la fraîcheur limpide et cristalline de la salle commune qui s'étalait sous les deux tours.
De sa démarche lourd, il se fraya un chemin accompagné de Laszlo qui avait prit forme humaine pour plus de commodité. Avec sa peau cuivré et ridé qui n'était pas sans rappeler la couleur de ses écailles, ses cheveux d'un gris cendre et sa simple tunique de toile brune, Laszlo ressemblait à quelque vieux sage ayant marqué la vie de son lié.
Une fois leur place trouvée, Gueralt s’avachit nonchalamment sur l'une des chaises, les pieds posés sur la table.
Amaélis qui était restée un instant en arrière ne tarda pas à les rejoindre, sous le regard à la fois surpris et amusé de Gueralt. Il y avait vraiment un truc qui ne tournait pas rond chez cette fille, elle semblait toujours déconnectée de leur réalité, comme planant dans un monde qui n'était pas le leur.

Sa petite dispute avec sa liée finit par lui arracher une fois de plus un sourire amusé. Décidément toutes les deux ne semblaient d'accord sur rien. Nul n'aurait put imaginer un couple de liées aussi mal assorties que ces deux là. « Les mystères du lien » ne cessait de lui répéter Laszlo. Ils ne répondaient à aucune logique, simplement à une affinité qui dépassait l'entendement des petits humanoïdes qu'ils étaient.
Mais de là à se chamailler sur le nom et le titre de la dame du Kaerl... Cela le dépassait vraiment ! Ce devait être une réaction typiquement féminine de souligner sans cesse les détails sans importances. Les femmes... Décidément il ne comprendrait jamais rien à leur façon de penser.

Sortant sa pipe de sa sacoche et la bourrant d'un peu d'herbe, il l'alluma et tira quelques bouffés avant de reprendre avec légèreté à l'attention de la Neishaane ;

« Vous savez, l'essentiel est de retenir que c'est bien elle la dame. Mais franchement je ne pense pas qu'Al'Ysiria ferait tant de manière quant à l'oublie de son titre. Enfin ce que j'en dis moi... »

Mais à peine tenta-t-il d'amener la conversation sur un sujet plus intéressant qu'à nouveau Ithildin l'interrompit, pour en revenir à Lomeanor.

Pendant un instant son visage se contracta, les muscles de sa mâchoire se durcirent subitement, et son regard se fit mauvais.
Pourquoi fallait il toujours qu'on en arrive là ? En quoi ces nouvelles pouvaient leur importer ? Voilà quatre mois qu'elles étaient parties de ce qu'il avait comprit, et il fallait de suite qu'elles s'inquiètent, se préparent au pire, soient pressées d'en apprendre plus sur les nouvelles les plus sordides ! Il ne comprenait pas cette fascination que certains pouvaient avoir pour les faits malheureux ! Ne pouvaient elles pas simplement rester dans l'ignorance et leur beau monde plutôt que de chercher absolument à savoir la vérité ? Non bien sur ! Il fallait toujours venir remuer la terre, pour y chercher les quelques traces nauséabondes qu'elle pouvait dissimuler !

Tapant violemment du poing sur la table, il s'exclama d'une voix tonitruante ;

« BON ! Puisque visiblement vous êtes si pressées de gâcher cette soirée... ! »

Pendant un instant les discussions dans la salle s'arrêtèrent ; quelques visages se tournèrent vers eux. Les colères de l'aspirant Deux-Chiens avaient déjà fait des ravages dans cette salle il y a à peine quelques mois encore.
Un petit groupe de femme qui se souvint d'une de ses altercations qu'il avait eut avec sa maîtresse préférèrent abandonner leur table pour remonter dans la tour Diamant.
Remarquant les regards qu'on pouvait lui lancer, Gueralt se retourna brusquement, vers ceux qui les observaient !

« Et bien quoi ?! Z'avez pas mieux à faire que de rester là planter ?! »

Mais une main sur son épaule vint soudain apaiser sa fureur. Une main forte et puissante, celle d'un vieille homme à la peau cuivré tout emprunt d'une autorité naturelle – chose à vrai dire très surprenante pour un dragon (car il s'agissait bien de Laszlo) aussi jeune.

*Du calme mon garçon... Évites de t'emporter, laisses moi parler.


En échange Gueralt ne lui renvoya que toute sa hargne par télépathie. Mais Laszlo avait déjà prit l'habitude de composer avec le caractère changeant de son lié.
S'installant l'air grave à la table auprès d'Amaélis et laissant Gueralt tirait nerveusement sur sa pipe pour essayer de se calmer, il reprit calmement ;

« Bien... Je ne voudrais pas vous inquiétez inutilement sur les événements de Lomeanor... Disons que quelques habitants avaient disparus depuis un moment... Et puis ils sont revenus sous forme... »


Le dragon passa un instant la main dans sa barbe, l'air pensif.

« Sous forme de morts, d'après les habitants. Ils se sont attaqués à quelques chevaliers, à part ça nous n'en savons vraiment pas plus. Je sais que ce n'est pas facile à entendre... Mais j'espère avoir put répondre à votre question Ithildin... ? »


Il plongea son regard d'acier dans celui de l'airain comme pour lui communiquer son appréhension. Quelque chose se tramait, ils le savaient tous, et Gueralt le premier. Il refusait simplement de le voir...
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Mer 16 Avr 2014 - 19:49 Répondre en citantRevenir en haut

Ithildin n'avait ni la force ni le désir de se mettre en colère. Qu'un bipède ose élever la voix en sa présence était une insulte, et elle aurait fait avaler au Chevalier sa langue arrogante, n'étaient tous les regards tournés vers eux. L'onde rougeoyante fut prestement aspirée au fond de ses iris, ne laissant que des braises incandescentes – suffisamment terrifiantes pour qui connaissait la Dragonne, à peine intimidantes pour les autres.

° Tu oublies ta place, humain. Ne me force pas à user de mes griffes pour t'y remettre. °

En de tels lieux, et surtout en présence d'un autre Dragon, la menace n'était pas aussi sérieuse que l'aurait souhaité l'Airain, et elle trouva presque douloureux de devoir prendre sur elle. Un instant, elle se surprit à maudire le Lien qui avait rendu leur compagnie routinière pour des êtres naturellement inférieurs.
Sentir l'étau de la peur et de la tristesse se refermer sur la gorge de sa frêle Chevalière ne fit que frotter un peu plus ses nerfs à vif. La Dragonne vrilla la Neishaane d'un regard menaçant, amenant celle-ci au bord des larmes. Ces deux Liées formaient assurément un cercle bien vicieux à elles seules !

° Arrête ça tout de suite, Alma. Il n'a pas tes souvenirs. Par Flarmya, ce que tu peux être pleurnicharde ! °

Amaélis ravala ses larmes, mais cela n'apaisa nullement sa gorge en feu. Elle serra poings et mâchoire, luttant contre le tremblement inopportun et incontrôlé de son corps. Sa maigre volonté se trouva mobilisée pour tenter d'endiguer le mépris affluant de l'Airain, éloignant pour quelques instants de son esprit l'écho des paroles de Gueralt. Son regard croisa celui du Brun métamorphosé, et une vague de sérénité vint recouvrir son agitation. Il parlait plus calmement, et semblait incarner à la perfection le rôle du Dragon sage et réfléchi. L'antithèse d'Ithildin, exactement.
En quelques mots, il les informa de la situation, et Amaélis dut s'agripper à la table tant le coup qu'elle reçut fut fort. Comme avant ! Elle avait pourtant cru le danger définitivement écarté ! Quel intérêt y avait-il à risquer sa vie pour sauver le Rhaëg si les mêmes évènements devaient toujours se reproduire ? Cette pensée la conforta dans son idée que les actes étaient tout aussi inutiles que les paroles.

Il y a quelques années, la Conjonction avait réveillé les morts et ils avaient marché sur Lòmëanor. Ça va recommencer ? Oh, par pitié... Est-ce que ça va recommencer ?

Cette fois-ci, elle ne put retenir ses larmes, et éclata bientôt en réels sanglots, faisant crisser ses ongles sur la table dans un mouvement irréfréné.

Je ne veux pas y retourner ! Je ne veux pas y retourner !

Quelque chose grondait en elle, et elle se débattait pour respirer, ses poumons emplis des fumées toxiques de la Lande d'Eru. Soudain, des spectres se pressaient avec une avidité furieuse contre sa peau, tentant de percer son enveloppe charnelle. Ses yeux contemplèrent le vide cruel de la Malédiction, qui aspirait peu à peu sa raison et son être.

Clac !

Amaélis hoqueta, pétrifiée. Devant elle se tenait Ithildin, chevelure aile-de-corbeau et regard de perle, engoncée dans sa tenue de cuir et de velours. La chaleur qui se diffusait sur sa joue l'informa qu'elle venait de se faire gifler sans aucune considération. La voix de l'Airain s'éleva, tranchante et sifflante, plus reptilienne qu'humaine, et chacun de ses mots étaient aussi acérés que des crochets de serpent.

Cesse ce mélodrame stupide. Je ne suis pas ta nourrice, Amaélis. Si tu n'es pas capable de te comporter en adulte, je t'y forcerai. Qu'en penses-tu ? Devrais-je t'abandonner au sommet d'un arbre ou au milieu de la mer ? Et combien de temps devrais-je te laisser seule ainsi pour que tu cesses de pleurer ?

La Neishaane ne réagit pas, mais pâlit à vue d’œil – si cela était possible, toutefois. Un goût amer de culpabilité envahit sa bouche.

Je suis désolée.

Ithildin laissa échapper un ricanement.

Tu fonds comme la neige.

Elle prit place à leur table, s'accaparant la chope de bière intacte de l'Engloutie. Tout en défiant du regard Gueralt et Laszlo de faire un quelconque commentaire sur ce qu'il venait de se passer, elle but une gorgée, frissonnant de contentement en sentant la saveur trop rare exciter ses papilles.

Ce qu'essayait de vous dire ma Liée, dans le langage fort désagréable qui est le sien, c'est que la dernière fois que Tol Orëa a été le théâtre de tels évènements, tout le Rhaëg a été menacé. Nous en avons tous conscience, mais avons-nous de quoi lutter ?

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire étrange – son visage ne se prêtait en effet guère à ce genre d'expression.

Non pas que je ressente l'irrépressible envie de lutter, mais le caractère fantasque d'Amaélis fait parfois naître en elle un instinct de loyauté envers ce Màr qui n'est pas le mien.

La Neishaane frémit. Provoquer des Engloutis et recentrer la conversation sur elle, voilà qui était typique de la Dragonne.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2014 - 17:17 Répondre en citantRevenir en haut

En entendant les remontrances d'Ithildin, Laszlo eut peur de voir Gueralt bondir de son siège épée au poing pour défier la dragonne. Son lié était un sanguin, et se prendre une remontée de bretelles par une inconnue n'était pas franchement de son goût, il le savait. Mais en venir aux mains dans une situation pareil n'était pas non plus la meilleure chose à faire, surtout en ces lieux.

*Ne t'avises même pas de lever la main sur elle tu m'entends. Un seul geste de travers et elle te carbonise sur place, et je ne pourrais pas te venir en aide.*


*Elle oserait pas...*


*Probable, mais pas sur. J'ai plus l'habitude que toi de traiter avec des personnes impulsives, fais moi confiance.*

*...*


L'intervention de Laszlo ne fit que se renfrogner l'humain un peu plus. Il tirait nerveusement quelques bouffés d'herbe à pipe, sans desserrer les dents. Il s'en fallait de peu avant qu'il ne s’énerve d'avantage et lève la main sur les deux en face de lui. Malheureusement Amaélis lui donna cette raison suffisante en fondant en larmes. Il ne supportait pas les cris, pas plus que les larmes. Sur le champs il se leva, se préparant à rejoindre ses appartements, avant d'être retenu par la poigne ferme de son dragon.

*Assis toi...*


*Dégages ! Laisse moi partir ! Je rentre à la tour !*


*Tu te rassois mon garçon si tu ne veux pas que je te corrige en personne.*


Le ton n'admettait aucune réplique, et Gueralt s'executa. Il méprisait cette Neisshaane, tout autant que sa petite dragonne prétentieuse. Une pleurnicharde et une folle narcissique... Personne n'aurait put imaginer un couple plus mal assorti.

Et voilà que c'était à elles d'en venir aux mains ! Bon... Il ne pouvait pas franchement en vouloir à Ithildin, l'envie d'en faire de même l'avait bien tiraillé lui aussi, mais tout de même... Paradoxalement, voir la petite tyrannisée ainsi par sa liée lui faisait presque pitié. Elle était insupportable certes, mais elle ne méritait peut être pas ça. Elle devait se sentir bien seule la pauvre. Fixant Amaélis de ses yeux vert qui avait prit une expression aussi dure que les arrêtes de son visage, il prit la parole en espérant la rassurer, de la façon un peu brutale qui était la sienne.

« Si ces ordures avaient l'audace de réapparaître je peux vous dire que je leur arracherai leur tête un par un jusqu'à ce qu'ils aillent rejoindre Isashani. Faut pas vous inquiétez comme ça. »


C'est vrai que finalement sous ses airs de brute épaisse se cachait chez Gueralt un cœur tendre. Difficile à cerner sous ses manières un peu rustre, il essayait pourtant de faire de son mieux. Il y avait certaines choses – comme voir pleurer une femme- qu'il ne supportait pas. Tout le paradoxe étant que lorsqu'il fallait tuer pour les besoins de la guerre, il s’exécutait sans beaucoup de remors...

Décalant sa chaise pour venir auprès d'Amaelis, il lui tapota l'épaule maladroitement en répétant

« Aller... aller... »


De son coté Laszlo dévisagea Ithildin qui le fixait de son regard acéré. Dans les intonations de la dragonne semblait pointer l'ombre de la cruauté et de l'égoïsme. Mais cela, Laszlo n'y prêta pas attention. Il n'était pas là pour décider de si elle était bonne ou mauvaise, si il avait intérêt de lui parler ou non. Il voulait partager son avis, ni plus ni moins.
Caressant la barbe grise de sa forme humaine, il prit doucement la parole, d'un ton égal.

« Les hautes sphères du Màr y prêtent grande importance. Nous attendrons les décisions qui émaneront du conseil et de notre dame, et alors nous aviserons le moment venu. Si vous souhaitez mon avis, la puissance de notre race ancestrale, et celle de nos liés ont de quoi mettre de telles créatures en déroute si il en est fait usage correctement. »


Le dragon laissa errer son regard sur le visage humain d'Ithildin avant d'ajouter, toujours sur le même ton ;

« Mais qu'entendez vous par « ce màr qui n'est pas le mien » ? »


Il ne la jugeait pas, non, loin de là. Il était curieux voilà tout.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 20:24 Répondre en citantRevenir en haut

Essuyant sur ses joues les vestiges de son accès de panique, les mains rageusement tremblantes de la Neishaane vinrent ensuite se poser sur ses genoux. La honte la submergeait, et ce pour le plus grand plaisir de l'Airain. Malgré tout, la Dragonne pouvait bien lui asséner qu'on ne gagnait nul combat avec des larmes, Amaélis ne pouvait s'empêcher de lui rappeler sans cesse qu'elle ne s'était jamais battue. Elle n'avait pas dû se battre chaque jour pour survivre dans la forêt d'Undòmë, elle n'avait pas dû se battre à Lòmëanor, ni plus tard contre Alkhytis, elle n'avait pas dû se battre en Lande d'Eru. La Chevalière Engloutie, elle, avait livré bataille, à sa manière. Forte de cette réflexion, elle reprit contenance, et ce fut un regard froid comme l'acier d'une lame qu'elle dirigea vers Gueralt.

Ôtez votre compassion de mon épaule. Croyez-vous que j'aurais survécu si j'avais besoin d'être protégée ?

En s'adressant ainsi à l'Englouti, elle s'adressait surtout à sa Liée, dont toute l'attention semblait malheureusement trop focalisée sur Laszlo pour en tenir compte. Sa carapace aurait pu être crédible, n'était le désordre que laissaient filtrer ses yeux. Son attitude était un autre indice de son être déstabilisé – pour qui était capable de le comprendre et de l'interpréter, évidemment. Elle eut recours à un violent mouvement de l'épaule pour se mettre hors de portée de l'Humain, une grimace venant inconsciemment tordre ses lèvres.

Ithildin, quant à elle, dévisageait avidement le Brun, et dans son esprit brûlait l'envie de le faire sortir de ses gonds. Elle laissa échapper un soupir exagéré, tapotant des doigts.

Quel ennui ! Nous vivons dans des temps où il est impossible de faire la distinction entre un chien et son maître.

S'appuyant des deux bras sur la table, elle put se rapprocher ainsi de Laszlo, permettant au Dragon de profiter d'un peu plus près de son visage déformé par la colère et le mépris.

Si notre race est si puissante, que faisons-nous donc assis à cette table, engoncés dans une apparence que nous devrions répugner à arborer ? Nombreux sont nos frères qui ont oublié où se trouvait leur véritable puissance.

L'Airain se recula au fond de sa chaise, l'air fiévreux. Non, décidément, elle préférait retourner à son errance entre mer et ciel que de devoir subir le spectacle de ses frères enchaînés. Frères. Pourquoi donc s'acharnait-elle à employer ce terme ? Elle était née du Chaos, pas du ventre chaud d'une Reine soumise. Et même si elle n'était que le reflet de ce Chaos, une réflexion des deux Lunes dans le Lac Immortel, que le vent avait fait se fondre en une seule, elle sentait bouillir en elle un sang apocalyptique.
Sans ciller, mais d'une voix plus calme, elle reprit à l'intention du Brun.

Je ne suis pas née d'une Argentée, ni même ne suis-je née dans l'enceinte de ce Kaerl. Il se trouve que j'ai réalisé mon Empreinte avec l'âme d'Amaélis, mais cela ne fait pas de moi une Dragonne du Màr Luimë.


Son regard d'ardoise s'attarda quelques instants sur la Neishaane, ses cheveux maladroitement noués et son visage émacié. Vue d'ici, Ithildin parvenait presque à surprendre une légère aura de détermination qui s'attardait autour de sa silhouette tendue. Il y avait un potentiel chez la Neishaane que seuls Darweel et Ragnarök avaient été capables de sentir, mais l'Airain ne pouvait pas prendre le risque de le laisser se développer. Elle avait eu la chance de se Lier à un esprit facilement manipulable, et pour rien au monde elle ne désirait subir une autre volonté que la sienne !

C'est pour cela que si jamais la situation empirait ici, je laisserais couler ce Màr sans regret, en emportant ma Liée entre mes griffes.

Un sourire carnassier vint découvrir ses dents, et ses yeux brillaient de la même lueur de folie que ceux d'Amaélis un peu plus tôt.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Dim 20 Avr 2014 - 22:08 Répondre en citantRevenir en haut



L'action conjugué de l'airain et de sa liée fut bien malheureuse. Ce couple qui un instant auparavant semblait encore être le moins unis du monde venait de prouver, tant au brun qu'à l'humain, qu'elles étaient bien liées par l'âme en dépit des apparences.

Gueralt accueillit le rejet de la Neisshaane avec une expression de surprise qui laissa très vite place à la colère. Il sentait sa main le démangeait et l'aurait laisser volontiers voler vers la face de la Neishaane si il n'y avait eut son lié.

*Pas encore.*


Serrant les poings aussi fort que sa mâchoire, Gueralt se rassit, le visage crispé, les lèvres retroussées laissant apparaître ses dents à la manière de ses deux chiens qui avaient levé l'oreille et s'étaient soudain redressés sans qu'aucun ordre ne fut donné.

Laszlo lui, restait serein - en apparence - mais force était pour lui de constater que cette dragonne se fourvoyait. Il eut envie de lui rétorquer « Tentez donc de survivre sans votre « chien » », mais il se retint de justesse. Ses yeux s'étaient réduis en deux fentes, et ses mains s'étaient jointes dans une crispation furieuse. Elle reniait le lien sacré qui les unissait aux humains, ce lien si précieux qui garantissait leur survie. Elle reniait ce Màr, reniait le Kaerl, mais sans Amaélis, elle ne serait pas là aujourd'hui.
Les bipèdes étaient de curieuses créatures, mais les dragons eux mêmes avaient à apprendre d'eux. Le couple formé entre les dragons et les humanoïdes devaient permettre à l'un comme à l'autre de s'élever. Alors entendre pareille sornette... Cela le révoltait.

Pourquoi avaient elles décidés de revenir ici si c'était pour cracher ainsi sur ceux qui venaient tout juste de l’accueillir. A la colère de Gueralt, faisait maintenant écho celle de Laszlo. Mais il ne s'agissait pas d'un colère bouillonnante non... Mais d'une colère froide, à la fois teintée de tristesse et de mépris. Ces deux là n'avaient décidément rien compris.

Reprenant brusquement forme draconnique, Laszlo hérissa ses épines dorsales, et fixa de ses yeux rougeoyant comme deux braises ardentes l'airain. Sa gueule fendue de crocs blanc claquait nerveusement tandis qu'il s'adressait à elle d'une voix puissante et posée qui ne laissait aucunement transparaître son jeune âge.

*Vous n'êtes peut être pas liées à ce Kaerl, mais vous êtes entrés en son sein. Si la loi de ces lieux vous déplaît, alors quittez le !*

*Maintenant !*


D'un bond, Gueralt se redressa et dégaina son épée, encadré de ces deux ombres fidèles, elles aussi prêtes à en découdre si ils en arrivaient là ! Le chevalier laissa aller son regard d'Amaélis à Ithildin, puis revint à Amaélis.

« Maintenant si vous décidez de rester en ces lieux, il faudra répondre de vos paroles devant le conseil ! La traîtrise n'est pas plus admise dans ce Kaerl que dans un autre ! Choisissez ! Soumettez vous aux lois ou partez !»


Sa voix était tout aussi forte puissante ! Non ils ne plaisantaient pas. Ils avaient tout les deux une dette envers ce Kaerl, et même si Gueralt n'était en vérité que réellement attaché qu'à son ancienne maîtresse Jilian, il se battrai sans même y réfléchir pour ce Kaerl, pour sa maîtresse, pour tout ceux qu'il avait côtoyé jusque là, et Laszlo en ferait de même.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Lun 21 Avr 2014 - 16:24 Répondre en citantRevenir en haut

L'insoutenable colère qui explosa dans le corps et l'esprit de la Dragonne fit perdre à Amaélis l'équilibre. Son être de glace n'était guère habitué aux flammes dévorantes des émotions extrêmes, et le conflit que se livraient leurs deux natures opposées par l'intermédiaire du Lien la laissait toujours étourdie, le cœur au bord des lèvres. S'accrochant à un maigre filet de volonté, la Neishaane parvint à détourner l'afflux furieux vers une violence plus contenue. Lentement, et même si tous ses membres tremblaient de façon irrépressible, elle vint se placer entre l'Airain et le Brun. Son regard glissa sur l'épée de Gueralt, et elle sentit fondre sa détermination. Ithildin avait imité Laszlo, et fouettait férocement l'air de sa queue, heurtant sans s'en rendre compte ses flancs et ses pattes arrières, les griffes si fermement ancrées dans le sol qu'elle en frémissait. Il n'y avait plus aucune pensée concrète dans son esprit, seulement un instinct sauvage et bestial qui lui ordonnait de se défendre.
Ignorant sa Liée déchaînée, Amaélis planta son regard dans les deux orbes rougeoyantes du Brun, son visage suintant la peur. Traîner Ithildin devant le Conseil était une mauvaise idée. La Chevalière venait juste de retrouver sa maison, elle ne laisserait pas l'Airain l'en éloigner à nouveau !

Dragon Laszlo, Chevalier Gueralt, ne prêtez pas tant d'importance aux paroles de ma Liée. Elle ne fait que se jouer de vous, pour des raisons qui malheureusement m'échappent. Mais c'est terminé maintenant. Je suis désolée... Ce n'était pas une façon de vous remercier.

Elle serra les poings, risquant un coup d’œil exaspéré en direction de sa turbulente Âme Sœur.

° Étoile-Lune, tu as intérêt à me suivre sur ce coup-là. °

La Neishaane sentit la résistance de l'Airain disparaître dans un souffle, et tout son corps se relâcha. Ses iris se teintèrent de ce curieux mélange de vert et d'orange, tandis qu'un rire étrange raclait sa gorge.

° Le légendaire honneur des Loyaux ! Si nous allons devant le Conseil, ce ne sera que pour le prévenir que la Chevalière Amaélis Yodera et sa Liée Airain sont de retour au Màr Luimë. °

° N'en fais pas trop, Ithildin... °


L'appréhension enlaçait son cœur avec toute la ferveur d'un amant, et ce même si l'exercice du mensonge était banal pour l'Engloutie. Elle faisait naître des illusions par le seul son de sa voix, après tout. L'Airain ne la rassura pas, enveloppée dans son manteau de fierté. Sûrement nourrissait-elle déjà le projet d'une vengeance, à son égard comme à celui de l'autre couple de Liés.

° Nous n'oublions pas que ce fut grâce à vous. Acceptez nos remerciements et nos excuses, en espérant qu'il n'est pas trop tard pour cela. °

° Tes excuses. Qui s'est comporté comme une folle furieuse, ici ? °

Toujours tremblante à l'idée que les paroles de sa Liée soient rapportées devant le Conseil, Amaélis baissa les yeux. Elle redoutait également de se retrouver immédiatement seule avec la Dragonne, laquelle peinait à retenir une horde de reproches impatients. La Neishaane releva la tête, cherchant le regard de Gueralt sans véritablement vouloir le croiser.

Restez encore un peu... s'il-vous-plaît ?


L'Engloutie en était arrivé au point où la compagnie d'étrangers lui semblait moins délétère que celle de sa Liée, ce qui n'était pas la plus rassurante des pensées. Au moment où cette réflexion traversait son esprit, une vague de haine la saisit à la gorge, faisant perler des larmes à ses yeux.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 11:09 Répondre en citantRevenir en haut

Laszlo et Gueralt échangèrent un regard, une pensée, décontenancés face au caractère changeant, pour ne pas dire névrosé de la Neishaane et de son insupportable dragonne. Elle laissait transparaître tour à tour le froid puis le chaud, la douceur des larmes puis le ton cassant d'une remarque, si bien qu'à force nos deux compagnons ne savaient plus vraiment sur quel pied danser. Si Laszlo de par son caractère calme était le plus apte des deux à abaisser sa garde en premier, il n'en resta pas moins glacial à l'égard des excuses de sa consœur. Ses yeux étaient passés d'un rouge furieux à un jaune désemparé, perplexe qu'il était.

*Ce n'est pas à nous que vous devez des excuses, mais à tout ceux là...*
reprit il dans un grondement sourd en désignant de la gueule tout ceux qui les observaient perplexes.

*C'est le Kaerl entier que vous avez offensé.*


Se murant dans un profond silence, il fit mine de les quitter là, leur tournant le dos pour reprendre son chemin. Gueralt observa encore la dragonne d'un air suspect avant d’emboîter le pas à son lié. Tout les deux n'appréciaient pas cette espèce là, amatrice de provocations stériles qui venaient troubler le calme et la quiétude du Kaerl. Il arrivait encore à Gueralt de jouer les troubles-fêtes, même maintenant qu'il était chevalier, mais jamais provocation si grave n'avait été prononcée dans sa bouche.
Tout comme lorsqu'il était encore connu sous le nom de Ser Deux-Chiens, il estimait qu'il avait un devoir sacré envers ceux qui l’abritaient sous leur toit – c'était à peu près tout ce qui lui restait de son ancienne vie de disciples des prêtres de Solyae. La bulle qui abritait le Kaerl n'était pour lui qu'une immense demeure, et les engloutis, qu'une grande et vaste famille. Une famille dont il ne supportait pas qu'elle soit ainsi insulté.

Mais la Neishaane eut l’audace de les interpeller à nouveau. Laszlo fit mine de ne pas l'entendre et poursuivit sa route. Il n'était pas d'humeur à répondre d'avantage à la provocation, déçus par ces deux êtres à qui il avait tendu la main, il préférait rejoindre le Cirban Thelemna pour le reste de la soirée, auprès de ses frères à lui.

*Laisses les mon garçon elles n'en valent pas la peine.*
, ajouta-t-il dans un soupir à l'attention de son lié.

Mais Gueralt avait déjà tourné les talons. Ses yeux s'étaient fixés sur Amaélis et ne s'en détachaient plus. Il n'avait toujours pas rengainé, et tenait son épée fermement à la main. En deux pas il se retrouva devant elle, la toisant de toute sa hauteur. Il n'aimait pas mentir, il n'aimait pas plus qu'on se moque de lui. C'était un brave gars, et il le savait, mais il y avait des limites à sa patience, surtout lorsqu'on le prenait ouvertement pour un idiot. Elle pouvait bien jouer les jouvencelles éplorées, ça ne prenait plus maintenant !

« Écoutes bien ma petite, je ne t'aime pas. Les p'tites garces dans ton genre j'arrive pas à les sentir. Tu peux piauler et chialer tant que tu veux, ça marchera pas. Tu veux jouer les grandes dames, mais t'attends juste qu'on te prenne par la main. Si t'avais pas eux la chance d'être douée ça ferait déjà longtemps que tu te serais faite bouffée. Alors maintenant si tu cherches un larbin, cherches ailleurs, et arrêtes de te foutre de moi. »


Le rouge lui était monté aux joues, mais pas à cause de l'alcool cette fois ci. Si elle n'avait pas été si frêle et fragile, cela fait déjà longtemps qu'il lui aurait collé une paire de baffes.

Se retournant avec une vivacité qu'on aurait peu soupçonné chez une personne de sa taille, il pointa le boute de sa lame en direction de la dragonne d'airain, oubliant toute prudence.

« Quant à toi... Si nous venions à prendre les armes... J'espère bien te voir à mes cotés, ou alors je trouverai bien un moyen pour te foutre à la porte ! Dragonne d'airain ou pas ! »
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 16:03 Répondre en citantRevenir en haut

Les mots se plantèrent dans son esprit comme autant d'aiguilles sournoises, la transformant en pelote hérissée de ressentiment et d'incompréhension. Amaélis entendait les mots, mais aucune association ne se produisait. Elle croisa les bras, s'emprisonnant elle-même dans une étreinte étroite. Ainsi, le sentiment de rejet était atténué. Pourquoi aurait-elle besoin de n'importe qui si elle était capable de s'enlacer et de se réconforter toute seule ? La Neishaane refusa de lever les yeux, craignant de voir l'image de Gueralt remplacée par celle de son presque-frère, et maintint son regard désespérément fixé sur le vide à côté de ses pieds. Elle sentit ses ongles faire pression contre la chair de ses bras, suffisamment fort pour faire mal, pas assez pour véritablement griffer.
Près d'elle, elle perçut plus qu'elle ne vit les yeux d'Ithildin virer au rouge, prenant la couleur du sang qu'elle aurait aimé faire gicler de la gorge de l'Englouti. Personne n'avait le droit de s'adresser ainsi à sa Liée ! Il n'y avait qu'elle, qu'elle pour lui faire du mal ! Le Lien l'y autorisait. Elle était la seule à pouvoir la violenter, car il n'y avait qu'elle qui sût la consoler. Personne d'autre ! Une fumée sombre de menaces s'échappa des naseaux de la Dragonne tandis que Gueralt leur tournait le dos et s'en allait, précédé par le Brun Laszlo. Incapable de mettre en œuvre son sens de la répartie, l'Airain émit un simple grondement, son regard rougeoyant suivant les deux Liés qui s'éloignaient.

Quand ils eurent disparu de son champ de vision, Ithildin daigna enfin regarder son Âme Sœur, immobile et prostrée. Avec ce qui s'apparentait à un soupir, l'Airain rompit sans aucune considération le mur de silence qu'avait érigé la Neishaane autour de ses pensées.

° Qu'attendais-tu de plus, Alma ? Ton esprit porte la marque des solitaires. Pourquoi cherches-tu la compagnie quand ton être lui-même crie à l'Autre de passer son chemin ? Il n'y a que moi qui puisses t'aimer. Ne t'avise plus de l'oublier. °

La Chevalière leva des yeux aussi expressifs que le fer vers sa Liée. Elles se sondèrent quelques instants du regard, jusqu'à ce que la Neishaane vienne doucement se blottir contre le flanc de la Dragonne.

° Pourquoi a-t-il dit ça ? Je ne lui ai rien dit de méchant, si ?°
° Personne ne cherche une raison pour lancer des pierres. Elles sont faites pour être lancées. °


Même si elle ne répondit rien, Ithildin sentit l'incompréhension d'Amaélis. Elle n'avait jamais réussi à comprendre, s'était pourtant longuement interrogée. À présent, elle n'essayait même plus, et il arrivait à l'Airain de regretter l'absence de violence et de haine dans l'âme de la Neishaane. Seules la résignation et la tristesse se partageaient son royaume enneigé.

° Allons trouver Galaad et Elérion. °

Amaélis acquiesça vivement.



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