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 [RP Officiel] Ombres et flammes Sujet suivant
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Mave Arkias
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MessagePosté le: Mer 4 Juin 2014 - 05:00 Répondre en citantRevenir en haut

La Torhille ressentit comme un léger soulagement à l’orée de sa conscience lorsqu'ils se séparèrent. Peut-être qu'avec l'esprit plus serein, elle aurait constaté que cette gêne se montrait tenace lorsqu'elle entretenait une certaine promiscuité avec la chevalière neutre. Qu'importe, pour l'heure, ses pensées s'embrasaient et se consumaient comme la finalité de leur quête se profilait.

Mave resta de marbre devant les ruines qu'ils survolaient. Le froid saisissant et humide de la brume la pénétra jusqu'aux os pourtant son visage était figé dans un calme apparent. Le son des ailes claquant contre le vent, et qui avait heurté ses oreilles tantôt, semblait étouffé par le voile opaque l'empêchant parfois d'apercevoir même la tête du brun qu'elle chevauchait. Inquiétant, cela l'était... Pourtant, l'Ardente se fit violence pour délasser les muscles de ses jambes qu'elle avait instinctivement crispées sous la soudaine tension.

Elle jura pour elle-même. L'amorce de la descente eut pour effet d’accroître sa concentration pendant qu'un frisson d'excitation courait le long de sa colonne vertébrale. Il lui tardait de laisser exploser ce sombre trop plein de rancœur. Mave ne cacha pas son soulagement, et encore moins son empressement, lorsque Svaergith toucha terre. Enfin, l'anxiété de ses camarades camoufla pour elle la noirceur de ses pensées. Mais l'Aspirante lutta malgré tout pour enfouir la colère qui montait en elle. Cette dernière était loin de l'avoir quittée depuis l'attaque au Màr Tàralöm. En outre, savoir que l'homme – ou résidu d'homme – en étant responsable n'était plus qu'à quelques battements de cœur de leur petit groupe n'avait rien arrangé.

Les paroles des deux maîtres et marqués l'intéressèrent plus que l'architecture passablement vétuste du kaerl maudit, cela ne faisait aucun doute. Une once de fierté gonfla même sa poitrine lorsque la maîtresse incarnate s'adressa à elle en approuvant son idée. Mais elle se retint bien d'une quelconque réaction ou remarque sur la métamorphose qui se produisit sous ses yeux. La magie, elle n'y connaissait pas grand chose. Cependant, cette prouesse lui rappela qu'elle-même était détentrice d'un pouvoir qu'elle ne contrôlait malheureusement pas. Son expression s'en assombrit. Mave pria Gaïa pour que ce secret reste bien profondément ancré en elle, du moins pour l'instant, et se jura d’approfondir la chose lorsque le temps le lui permettrait. Ses prunelles s'écarquillèrent légèrement face à l'étrange phénomène et elle fixait plus qu'elle ne l'aurait dû la louve qui se tenait maintenant devant eux. Elle était fière, racée, à l'image de la reine les accompagnant ne put s'empêcher de penser l'Aspirante en coulant un bref regard à la dragonne.

Le petit groupe s'aventura alors plus profondément dans les ruines, suivant la piste que traçait la femme-louve. Mave avait emboîté le pas au maître brun et tous se mouvaient avec précaution. Les lieux n'avaient rien d'hospitaliers, les murs vides depuis longtemps semblaient près de s'abattre sur eux comme la misère sur le monde, des raclements légers mais perceptibles paraissaient suivre leurs traces, même la lumière s'était tarie, comme si l'endroit n'était pas assez lugubre comme cela ! Soudain, un vent coulis vint lui caresser la joue, l'Ardente en frissonna. C'était comme un murmure, une plainte, quelle chose pouvait bien produire un tel son ? Elle tourna les yeux vers la source du bruit et sursauta en un semblant de geste défensif. Une chose indéfinissable lui bondit dessus. Grosse, poilue, griffue peut-être, avec des gros yeux oranges. Mais alors qu'elle s'apprêtait à accuser le choc, serrant déjà les dents à la certaine protestation de son bras convalescent, la chose s'évapora. Une illusion ? Mave calma les battements de son cœur injustement dopé d'adrénaline, cherchant encore des yeux s'il n'y avait trace de la « créature ».

Son esprit la raisonna d'un coup, les autres avaient-ils vu la chose comme elle ou bien allait-elle passer pour une effarouchée ? D'un regard sombre et agressif, elle jeta un œil dissuasif sur ses compagnons pour prévenir tout commentaire. Qu'ils ne commencent pas à douter d'elle ! Mave n'était pas folle et cette chose était belle et bien apparue ! Pensive et silencieuse, contrairement à ses habitude, la Torhille s'était remise dans le rang et s'acharnait à ignorer les différentes distractions que l'âme de ce kaerl tentait de leur envoyer. Lilwen s'était arrêtée plusieurs fois pour humer l'air, le sol, puis était repartie d'une foulée assurée. Ses pattes ne produisaient pas de bruit, contrairement à leurs pas qui semblaient lourds et patauds, en comparaison, aux oreilles de la jeune fille. C'était trop calme. Mave s'était-elle focalisée sur le bruit du groupe ou avait-elle occulté les sons environnants ? Les deux peut-être. Toujours est-il qu'un étrange silence avait pris possession des lieux comme un frisson de glaciation, ou d'appréhension, s'était emparé de l'Ardente.
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MessagePosté le: Mer 4 Juin 2014 - 05:00 Revenir en haut

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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Sam 14 Juin 2014 - 00:29 Répondre en citantRevenir en haut

Les Chasseurs venaient de survoler les lisières de la zone interdite . Le tumulte d'une nature souterraine chaotique remplaça l'infinie tristesse des landes mortes d'Ehru. Des forces malveillantes s'exerçaient maintenant dans les tréfonds de la terre maudite. Entre les bancs de brume verdâtre incessamment poussées et déchirées par des souffles putrides, on apercevait les colonnes des geysers crevant ces anciens marécages devenus des tourbières malsaines mêlées d'affleurements ruiniformes. Des amas spongieux de mousses et d'algues ourlaient des zones d'argiles durcies et de pierres fracturées, comme si la colère des dieux s'était fixée à jamais dans ces bouillonnements de fin du monde.

C'est à ce moment que furent transmis les ordres de l'Ardente commandant l'expédition. Lordan apprit avec un certain déplaisir qu'il devait quitter Peddyr Thelrand. Il avait cru comprendre que le Maître Brun avait un plan où il l'aurait escorté en fidèle adjoint. Le briefing en plein vol, ce n'était peut-être pas l'idéal et on pouvait parler d'improvisation hâtive. Mais il fallait agir rapidement dans l'ignorance où l'on était des manoeuvres de Drazahir et du temps qu'il mettrait pour se relever de ses demi-défaites devant les kaerls et le Manoir. Car il ne fallait pas se leurrer. Il avait bel et bien désorganisé les cités draconniques et s'il avait dû fuir, il n'en restait pas moins que leurs défenses avaient été ébranlées et que ces attaques n'avaient sans doute été que des préludes à un assaut final.
Lordan fit donc un signe de tête marquant que l'ordre était entendu et risqua seulement ensuite un regard vers Peddyr pour voir si on pouvait lire sur son visage une opinion quelconque. Il crut percevoir un léger haussemenr de sourcil mais, à plus d'une envergure de dragon, il était difficile d'en être sûr. Et puis le commandement avait été confié à Dame Izil, il n'était pas question que lui, simple chevalier, se permît la moindre objection à un ordre reçu alors qu'il était en mission.
Et puis, on l'envoyait en éclaireur, ce qui lui convenait assez dans la mesure où il se savait peu guerrier de nature. Un éclaireur ne se bat que s'il est attaqué et un bon éclaireur doit justement éviter de se faire repérer s'il veut remplir correctement sa charge. Son Maître, Maëvann Kerr'wan, l'avait destiné à devenir Ranger et ses différentes missions depuis son arrivée sur Tol s'étaient en effet presque toutesorientées vers l'exploration.
Le chevalier perçut alors le gloussement de Hanelvig qui lui souffla :

*Whaowww! Te voilà maître Ventaren, très respectable Lié ! Le maître Ventaren ! Est-ce que je prends du galon moi aussi ?*

*Ne fais pas l'idiot ! "Maître" est employé dans la langue commune de certains continents de Rhaëg comme un terme poli pour s'adresser à quelqu'un qui n'est pas suffisamment riche ou connu pour qu'on lui donne du Messire. La dame Izil vient peut-être d'une de ces régions. Je n'ai vraiment pas la tournure ni le rôle d'un maître Dragon !*

*C'est de ta faute ! Avec ce tissu bleu délavé que tu affectionnes, tu as tout d'un garçon vacher. Tu n'as même pas une cuirasse, maître Ventaren !*

*Ma veste de cuir vaut une cotte de maille. Et puis ce n'est pas le moment de faire le malin.*


Hanelvig céda immédiatement. Oui, l'heure était trop grave pour plaisanter.

*Tu as raison, mon lié! Il s'agit en effet d'être prudent. Je suis devenu un bon dragon en vol. Tu peux te fier à moi. J'ai même fait des progrès en atterrissage !*

Lordan posa sa main sur une des crêtes de l'encolure :

*Oui, je sais. Tu vires aussi bien que Sarevok et même Sveargirth, et en tant qu'éclaireurs, nous n'aurons pas forcément à nous poser. On observe quand même mieux en altitude ! Et tu es un génie du rase-motte et du virage sur l'aile. Mais on n'est pas à la parade et le tout est que tu te poses vite en cas de besoin, même si ce n'est pas pile poil selon les normes. Et tu as un regard bien plus vif que le mien. On va faire la fine équipe, comme toujours ! Allez, on y va ! Regarde, le Chevalier Arion Thorne nous fait signe.*

Hanelvig saisit l'invite et plongea vers le sol . Lordan reprit :

*Lui, il va au nord et nous au sud ; on mettra plus de temps que lui, il faut contourner les ruines sur un presque demi cercle . La chevalière est envoyée à l'Ouest mais je ne sais pas quand puisque dame Izil a dit que nous sommes deux éclaireurs à partir en premier. Nous reviendrons ensuite vers l'Est où sera dame Izil et Peddyr pour le rapport. Garde bien le contact s'ils ont l'idée de descendre et d'avancer à pied, qu'on sache où les rejoindre. Quand même, ils sont quatre. Tu sais que le seigneur Zackheim attendait quelques dragons et chevaliers qui sont en train de rentrer sur Tol Orea. S'ils passent l'Interstice malgré les risques, ils formeront une équipe qui viendra nous rejoindre . On est quand même très peu de monde pour lutter contre un Mage capable de lever des armées de zombies !*

Les nappes de brouillards eurent vite fait de faire disparaître leurs compagnons et Lordan laissa l'instinct de son dragon le guider vers le Sud. Il aperçut des spires perçant les brumes étrangement miroitantes qui semblaient se dilater ou se disperser comme de leur propre volonté.
Deux ou trois fois, il put distinguer le sol et y aperçut indiscutablement des figures humaines, grisâtres, immatérielles pour certaines, opaques, noires, pour d'autres et même, il crut voir deux guerriers en armure qui se combattaient , leurs épées comme de verre, parcourues de lueurs fugitives. Le silence était parfois total, parfois rempli de bruits étranges, de crissements, de murmures de voix lointaines qui brusquement s'enflaient, devenaient celles d'une foule terrorisée et s'éteignaient soudain. On entendit à deux reprises de grands battements d'ailes et des cris rauques et grinçants. Lordan sentait l'angoisse lui serrer le coeur et il se crampobnna sans vergogne à la crête de son lié en murmurant :

*Dis, c'est vraiment un sale coin ici, tu ne trouves pas? On se croirait dans un autre monde.*

*Oui, c'est un de ces endroits où le monde des morts et celui des vivants communiquent entre eux. Le temps est fissuré, les réalités se mêlent et les apparences deviennent réalités avant de se fondre à nouveau dans la poussière des siècles. Je ne pense pas que ces fantômes soient très dangereux si on les ignore et si on ne se laisse pas impressionner. Je ne le suis pas. Les dragons ont toujours un oeil ouvert sur un autre royaume, proche des dieux, des légendes du temps qu'elles étaient réalités. Mais vous, les hommes craignez de vous perdre dans ces images de qui a précédé et de ce qui viendra après nous.*


L'ancien kaerl était moins étendu que le Mar Menel, véritable ville en plein ciel, mais les ruines du Màr Dinen restaient considérables et il fallut plusieurs minutes de vol pour que Hanelvig puisse annoncer :

*Je descends ; on est au sud, je vois la Tour de garde.*


*La tour de garde ?*


*Oui.Je lis la Grande Mémoire. Il y a quatre tours et leurs étages dominent encore le kaerl. Chacune était liée à un élément et des mages y étudiaient comment obtenir la maîtrise du feu, de l'eau, de l'air et de la terre. Celle-ci est celle de l'Air. Je me rapproche. Regarde ! il y a quelque chose au sommet.*

Lordan apercevait en effet la haute structure en ruine mais entassant encore ses fenêtres ouvertes sur le vide, ses balustres et ses balcons à demi effondrés et tout en haut, ce qui restait d'une terrasse où se dressait une étrange machine : un globe semblant de nacre éclairée de l'intérieur, d'un diamètre d'environ trois coudées et qui tournait, suspendu à un filin attaché à la pointe d'un haut trépied d'une étrange matière noire. Le globe changeait de couleur, passant du blanc translucide au bleu d'outremer puis au rouge incandescent et au vert profond. Lordan déclara après quelques secondes de réflexion

*C'est récent. Vois, on a remis des planches pour soutenirles pieds du support au dessus du vide. C'est Drazahir qui a dû placer ce truc ici. A quoi peut-il servir ?*

*S'il y en a un sur chaque tour, ce doit être pour surveiller le kaerl. Ce sont les Tours de Garde .Je vais demander à Darakin s'il voit la même chose que nous.*

Mais à ce moment, comme Hanelvig circlait la tour à quelques mètres au dessus de la terrasse, un éclair se mit à crépiter en ondulant autour du globe, les lumières s'affolèrent et une sorte de sifflement d'air comprimé s'enfla, vrillant les oreilles.
Hanelvig lança, la pensée devenue anxieuse :

*Je ne peux joindre aucun de mes frères. Ce globe s'est réveillé quand j'ai commencé à toucher leur esprit*

*Mais nous communiquons par le lien ! Je t'entends très bien !*

*Tu n'es pas un dragon. Notre lien est d'une autre essence..... J'ai bien envie de démolir ce globe .

*Mais comment ? Renverser le trépied ? Cet éclair zigzaguant augmente d'intensité. On va se faire foudroyer.. .*

*Je peux lancer du feu et griller le plancher de bois et alors..*.

Sans attendre la réponse le dragon arqua son cou et un grand jet de flammes atteignit les planches posées au dessus du vide. Hanelvig s'éloigna aussitôt car l'éclair tournoyant prenait de l'ampleur. Les pièces de bois flambaient mais c'étaient des madriers épais et il faudrait du temps pour qu'elles cèdent. Lordan entendit la pensée décidée de son lié. J'y retourne ! Et il n'eut pas le temps de parler prudence. Gueule ouverte, Hanelvig fonça sur la tour et lâcha un nouveau jet de flammes en continu, mais l'éclair était de plus en plus menaçant et Lordan, paniqué, ordonna de toute sa pensée :

*Non, non ! En arrière ! En arrière !*

Hanelvig se cabra et en se redressant, le jet de flamme frappa le haut du trépied et le filin qui tenait le globe disparut en une gerbe de particules argentées. Le globe tomba sur les planches enflammées qui cédèrent sous le poids et tout descendit à travers les étages dévastés, dans un fracas de dalles s'effondrant et de pluie de gravats. Hanelvig passa au dessus de la tour éventrée et au fond, Lordan put apercevoir une lumière bleuâtre tressautante qui allait diminuant. Il se sentait soulagé mais en même temps fort perplexe. Il suggéra :

*Je crois qu'il nous faut retrouver les autres. Que ce soit un succès ou une énorme bêtise, ils doivent être prévenus !
*



Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Ven 27 Juin 2014 - 12:00 Répondre en citantRevenir en haut

Sa Dame avait pris sa décision. La séparation en plusieurs groupes permettrait de couvrir le maximum de terrain et de minimiser le risque de passer à côté de leur cible ou de quoi que ce soit d’autre qui puisse les y mener… d’un autre côté, ça multipliait aussi leurs chances de se faire repérer… Et si jamais les deux marqués avaient un effet de résonnance et qu’ils succombaient tout deux ? Non. Mieux valait refuser d’envisager cette éventualité. Ca n’arriverait pas. Apres tout, ils devaient s’y connaitre si on les avait envoyés. Pas comme elle quoi…. Ceci dit, tant que nul autre que sa maitresse n’était au courant, tout allait bien.

Remarquant que Lilwen se tournait vers elle pour lui parler plus spécifiquement, elle se concentra pour entendre ses paroles par-delà le bruit des ailes de Sethyl. Elle acquiesça.

Oui. Je serais prudente et ne vous quitterait ni vous, ni mes armes..

Le contact contre son avant-bras de l’arme était rassurant. Son poids et son tranchant étaient bien les seules choses dont elle était certaine. Du moins, en supposant que des lames puissent être d’un quelconque secours contre un être qui manipulait des forces qui la dépassait… La jeune ondine le dissimulait de son mieux mais la situation l’inquiétait. Doux euphémisme. Elle ne savait pas contre qui elle allait se retrouver, ni, surtout, contre quoi. Elle se morigéna mentalement et s’intima de ne pas montrer sa peur. Surtout pas. Et ne pas faire de faux pas qui puisse mettre dans l’embarras Lilwen.




https://www.youtube.com/watch?v=d5muMutlSsU&feature=kp


Ils attendirent. Se penchant à demi, la rousse observa le spectacle en dessous d’elle. Seuls des volutes de brumes étaient perceptibles mais on sentait l’odeur de pourriture et de souffre du marais. Une odeur de mort… et plus que ça, une sensation diffuse de putrescence. Elle frissonna. Ces lieux, quels qu’ils soient, portaient bien leur nom.

Le plongeon de Sethyl la pris par surprise et Ayae s’accrocha plus fermement encore tandis qu’ils s’enfonçaient dans le brouillard. La puanteur s’accru tandis qu’ils survolèrent silencieusement le marécage et elle se demanda brièvement combien avaient dû être engloutis dans ces marais, ne laissant nulles traces ou souvenirs qu’on puisse chérir ou révérer. L’ondine doutait que quiconque puisse y trouver le repos. Elle inspira brusquement et coupa court à ses pensées en réalisant le tournant morbide qu’elles avaient pris. Non, son corps à elle n’irait pas pourrir et se décomposer lentement et –Non ! Hors de question !

D’ailleurs ils se posaient… L’aspirante se laissa glisser souplement au sol et observa autours d’elle. Ils avaient dépassés les marécages et devant eux elle apercevait les restes de bâtisses à demi perdu dans la végétation. Il lui sembla qu’ils faisaient un vacarme assourdissant. Pas un seul bruit à part celui qu’ils faisaient. C’était… désagréable. Elle avait l’impression qu’ils n’étaient pas seuls. Que quelque chose les observaient. Ou quelqu’un. L’ondine ne savait d’ailleurs pas quel était la meilleure option. Elle sentit une goutte de sueur glacée lui glisser dans le cou.

L’annonce de sa maîtresse la ramena au présent. Heu… de quoi parlait-elle donc… ? Cela ? Elle écarquilla les yeux avant de se reprendre. Un chien. Sa maîtresse venait de se transformer en un chien. Un gros chien même. Et noir. Plus gros qu’un coyote ou qu’un chacal. Et avec une mâchoire à faire pâlir d’envie les molosses de la maréchaussée. L’aspirante hésita un instant entre deux réactions plus ou moins cohérentes. A savoir hurler un grand coup et prendre la fuite ou faire comme si de rien n’était et considérer ça aussi normalement que l’était le reste de la situation… Hésitation… La question méritait d’être posée… et au vu des réactions des autres présents, l’option 2 était à considérer comme primant sur l’option 1. Sans compter que partir en hurlant aurait signé son arrêt de mort (ce qui était un défaut non négligeable). Allons… tout était… normal. Complètement normal. Garder son calme pour penser clairement. Même si cette impression était toujours là.

Elle ne prit pas la parole, se contentant de suivre Mave, à côté de Sethyl. La fraicheur du métal sur sa paume lui fit du bien. Le bruit de leur pas lui sembla résonner sur les dalles brisées et polies par le temps et l’usure. Elle distingua ce qui avait du être un porche aux marches creusées par les pas de ceux qui vivait ici. Elle frissonna. Un vent glacial lui sembla souffler. Que faisait-il là ? Du coin de l’œil, elle repéra des débris blanchis. Des os lui soufflèrent une petite voix et elle en détourna les yeux prestement. Un rire d’enfant retentit plus loin dans les ruines et Ayae releva la tête vivement. Personne ne semblait réagir… Avait-elle rêvé ?

Ils n’étaient pas seuls. Tous ses sens le lui hurlaient. Ils pénétraient au sein d’un écrin, celui d’une civilisation déchue et disparue. Cela n’avait rien de comparable avec ce qu’elle avait pu connaitre autrefois. Les pans de murs se faisaient plus hauts alors qu’ils avançaient et la trace de leurs pas faisait comme une cicatrice dans la poussière du sol. Non… Ce n’était pas de la poussière, réalisa t’elle, mais de la cendre.

Devant elle, Mave sembla se replier en un geste défensif… mais de quoi ? Il n’y avait rien… ? A peine une… un coup de vent… La torhil les fusilla ensuite du regard. Comme les mettant au défi de commenter. Elle ne réagit pas. C’était maintenant une certitude. Il y avait quelque chose ici.

Le rire retentit de nouveau… se muant lentement en un hurlement de terreur….
Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Dim 29 Juin 2014 - 19:45 Répondre en citantRevenir en haut

Les paroles de l'Incarnate résonnèrent dans la tête de la Bleue et donc dans la sienne. Lynaël hocha la tête dans un mouvement inutile vu que personne ne se voyait de dragon en dragon surtout à travers d'un tel brouillard.
La demi sang avait jeté un bref coup d'oeil au paysage lorsqu'ils avaient commencé à survoler la Lande et l'ancien Kaerl mais les frissons qui l'avaient saisi et la désolation qui semblait la prendre à la gorge à cette vue l'avaient poussé à relever la tête et se concentrer sur les écailles saphir devant elle.

La saurienne vira sur la gauche dans un silence lourd, comme si chaque bruit était amorti par la purée de pois blanche qui les entourait, comme du coton. Direction l'Ouest, les deux liées étaient silencieuses, observant les alentours aux aguets. Habituellement taquine et fanfaronne, rien d'amusant ou d'ironique ne venait pourtant à l'esprit de Lynaël dont les muscles tendus ne tarderaient pas à lui faire mal si elle n'arrivait pas à se détendre un minimum.
La demi sang n'avait pas peur des combats, bien au contraire. Mais une telle chasse, pour trouver nu gibier qui risquait plus de les tuer que de mourir sous leurs coups avaient de quoi l'inquiéter bien plus qu'un échange de coup d'épées. Elle souffla doucement et manqua de sursauter lorsque la voix anxieuse de sa Bleue résonna dans sa tête.

°Lyn' ? Il y a une tour en face de nous ...°

La jeune femme tenta de percevoir quelque chose à son tour, mais sa vision était bien trop mauvaise comparée à celle de la saurienne.

°Fais le tour ma belle, d'abord à l'extérieur puis vers l'intérieur des remparts...°

Tirant une flèche de son carquois elle l'encocha et laissa sa Liée faire le reste. Attentive, prête à tirer en cas de besoin, elle tenta d'observer au mieux les alentours, demandant à Sherÿan de descendre quelque peu. Mais une lumière colorée et étrange vint attirer leur attention au sommet de la tour, poussant les deux Liées à remonter pour aller analyser cet orbe étrange. Lynaël rangea sa flèche et son arc.

°Qu'est ce que ...?°

Mais au moment où elle voulu finir, une gerbe de flamme perça le brouillard sur leur droite, suivie d'une petite explosion colorée et d'une dégringolade de pierres et de planches.

°Sud.°

°... Chevalier Ventaren. Je crois. Son lié est un jeune bronze.°

Elle sentit l'esprit de la dragonne se détourner du sien pour s'étendre vers ce lui de son confrère pour s'assurer que tout allait bien, lorsque l'orbe face à elles s'illumina brusquement de noir, lançant des éclairs bleutés, mettant un terme à l'essai.

°Lyna... Je peux pas joindre les autres...°

Indécises, elles décidèrent pourtant de suivre l'exemple du Chevalier Céleste et se lancèrent à l'assaut de la boule lumineuse. La demi sang s'accrocha aux sangles alors que la Bleue prit de la hauteur, commençant à tourner lentement au dessus de la tour en cercles serrés alors que les éclairs se faisaient de plus en plus lumineux et fréquents.

°Lyn' ? Tire dedans. Tout de suite.°

La jeune femme n'eut pas le temps d'avoir peur, et encocha une nouvelle flèche après l'avoir tendue à la Bleue qui enflamma le bout préalablement enduit de résine.
Elle visa.
Et tira.

Sans attendre le résultat, Sherÿan freina et fit volte face, piquant vers le sol, derrière les remparts pour s'y poser. A peine ses griffes touchèrent-elles le sol que l'orbe Ouest explosa à son tour. Encore frémissantes, Lynaël serra le cou écailleux dans ses bras alors que Sherÿan lançait un appel mental à ses compagnons, bipèdes ou draconniques.

°Dragons, dragonne ?°
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Dim 20 Juil 2014 - 20:12 Répondre en citantRevenir en haut

Quatre tours, quatre structures aux orbes de magie. Ils paraissaient bien anodins en comparaison de la magie maudite qui
persistait jusqu'au plu profond des tréfonds du Kaerl Disparau. Mais méfiez vous des apparences. Tel un phare qui attire l'attention des marins pour leur éviter le fracas de leur navire sur les falaises, ces installations n'étaient peut être pas là pour un but louable. Drazahir ne les avaient pas conçu uniquement pour un quelconque délire artistique.... Ces quatre tours étaient à doubles visées. Les ruines de ces tours avaient été restaurées uniquement sur leur hauteur pour supporter les Orbes. Grâce à eux, Le Mage Ombre avait paré à tout éventualité de la part des membres de ces trois pathétiques kaerls...et les si valeureux Héros venus le chercher dans son repaire allaient vite comprendre l'erreur de se croire au-dessus de tout et surtout de lui. Comment avaient-il pu imaginer qu'il ne découvrirait pas leur venue ? Que ce soit dragon ou bipède ? Dans les profondeurs de son repaire, Drazahir souriait, tel un démon avide à l'idée de dévorer les âmes de ses ennemis.

L'orbe que Lordan et son lié détruisirent sombra dans les profondeurs de la tour qui la supportaient. Le dernier sursaut de l'objet fut un jet d'éclair à travers le mur de la structure. Puis ce fut le silence. Un lourd silence. Plusieurs hurlements stridents le brisèrent, se répandaient dans toute la nuée brumeuse qui entouraient Hanelvig et Lordan. Quelques formes diaphanes les frôlèrent. Certaines cherchèrent à les toucher ou à les repousser, laissant un bref contact glacial sur leur peau. Puis ils disparurent comme ils étaient venus, aspirés par une masse plus sombre qui commençaient à se dresser derrière la Tour de Garde. Une queue ténébreuse et épineuse s'entoura autour avant de terminer sa matérialisation sur le plancher encore en feu, prenant la place de l'orbe. Cette ombre termina de prendre forme, étirant ses ailes d'ombre autour de son corps draconien, aux écailles aussi noires qu'une nuit sans lune. Sa taille était bien plus imposante que n'importe quelle Reine, quelque soit sa couleur. Il clama yn ignoble rugissement à l'encontre des deux liés. Sa première proie se présentait déjà à lui. Ses yeux brillaient d'une intense lueur sanguine, renforçait son allure de démon cornu aux larges épines dorsales. Il n’avait pas eu à attendre bien longtemps pour retrouver le plaisir d'un nouveau combat avec
ses pairs.

°Misérables insectes... Vous auriez mieux fait de vous plier à Drazahir ! Vous allez goûter l'amertume de votre défaite...Ah j'oubliais. Ne cherchez pas à communiquer avec vos amis... leur trépas fut mon dernier cadeau...°

Des silhouettes fantomatiques humaines, des différentes races de ce monde, tournoyaient autour d'eux, comme si la destruction de l'orbe les avait d'autant plus attirés qu’auparavant. L'énorme Empereur Noir poussa un cri de défi. Des hurlements et des gémissements lui répondirent. Des mains décharnés se tendaient vers ces trois êtres vivants, qui venaient perturber leurs tourments

****


Cette scène se reproduisit quasiment à l'identique quand Lynael et sa liée détruisirent l'Orbe de la tour Ouest. A la différence que ce ne furent pas des fantômes gémissants humains, mais une nuée de dragons. Les couleurs ternes de leur corps desséchés permettaient de les identifier. Les ailes au cuir mortifié et déchiré démontraient que ces esprits ne connaissaient pas le repos. Si nombreux à tourner autour des trois êtres vivants, ils semblaient guetter quelque chose.

Comme pour les autres, la destruction de l'orbe les avaient attiré en masse. Des mâchoires claquaient en silence dans l'air brumeux où ils évoluaient, glissant immatériels dans ces lieux qui avaient été le leur autrefois. Comme Lordan et son lié, Lynael et Sherÿan purent entendre les mêmes paroles dispensées par l'imposant dragon noir.

****


Dans le coeur des ruines, là où le petit groupe suivait la femme-louve qu'était Lilwen, l'atmosphère devenait de plus en plus pesante. La tension était palpable et déjà les deux jeunes aspirantes avaient manqué de réagir à quelque chose, qu'au début Peddyr avait attribuer aux jeux des ombres contre les parois ou au reniflement de la louve. Lilwen suivait toujours une trace olfactive précise. Il était dommage que sa forme animale interdisait toute communication, même avec Sethyl. Mais les premières impressions du Maître Brun ne fut pas les illusions provoquées par la nervosité ou la peur qui montait en chacun d'eux...Le regard foudroyant de mave qu'il croisa lui fit comprendre -outre de pas faire de commentaires- qu'elle
et Ayae avaient aperçu quelque chose... Ce quelque chose les épiait dans les recoins des ténèbres qui reculaient devant
eux à chaque pas qu'ils posaient pour s'enfoncer un peu à chaque fois dans le repaire de Drazahir.

°As-tu vu quelque chose ? °
°Non, mais restons sur nos gardes...°


Un frisson parcourut le dos du Céleste. Le silence commençait à jouer sur ses nerfs, si on omettait le hurlement de toute
à l'heure. Soudain, ce fut un rire qu'il entendit, suivi d'un horrible cri de terreur. Il ne put s'empêcher de faire quelques pas en arrière, manquant de percuter soit Ayae ou Mave. Il serra sa main sur la garde de son épée. Ce n'était pas le moment de flancher. Il murmura autant pour lui que pour les autres :

''Drazahir est un être de chair et de sang... rien de plus... ''

Comme si cela suffirait à conjurer la présence des esprits du Kaerl Maudit.... Peddyr s'inquiétait d'ailleurs de savoir si les âmes éplorées de ces lieux anéantis s'étaient joints à Drazahir... Leur Gardienne avait bien offert Sa Clé d'Ouranos à ce perfide Mage Noir...

Un nouveau hurlement le figea. Sveargith poussa un grondement malgré sa forme humaine, le joignant à celui de sa consoeur Incarnate. la louve avait-elle aussi glapi ?

Une lumière vive les éblouit et quand ils purent réouvrir les yeux, ce fut pour contempler au bout de leur chemin l'entrée d'une gigantesque salle au haut plafond noir soutenu par une solide arche sculptée. Le temps avait frappé la pierre, car quelques morceaux épais trônaient sur le dalle poussiéreux. Enfin... pas si poussiéreux que cela, car un sentier né d'un passage régulier notait au moins une activité récente dans les parages... Comment n'avaient-ils pas pu le voir depuis leur
entrée dans ces ruines ? Et surtout, qu'aucun écho n'est pu leur revenir ?

Un rire retentit du fin fond de cette salle, mais qui n'avait rien d'enfantin ; pas ce qu'avait entendu Ayae. Il était bien plus monstrueux. Des rayons lumineux commencèrent à danser sur les parois de la galerie, celle même où se trouvait toujours les membres de notre petit groupe. Les plus courageux pourront discerner une ombre humaine encapuchonnée se tenait derrière une orbe verte flottant entre ses mains. Sa lumière maladive dévoilait un large sourire affamé. Il s'étira plus encore. Il savait que ses ennemis étaient présents !

''Que de coeurs vaillants venus à moi, pensant avoir l'objectif du Juste avec eux pour me terrasser...''

Doucement, ses mains commençaient à dessiner des signes au dessus de la surface de sa sphère.

''Si courageux et si stupides à la fois... Vous ne ferez que précipiter votre mort. A moins que vous veniez m'offrir les Clés d'Ouranos pour préserver vos misérables vies ainsi que vos petits kaerls ? ''

L'ironie suintait désagréablement de son sourire éclairé par l'orbe, dont la lueur commençait à briller un peu plus fortement. Peut-être était-ce là un moyen de dissimuler la surprise d'avoir été retrouvé si vite, car le premier être qu'il avait fixé était Lilwen. Mais bien entendu, c'était un détail dans ses plans, qui ne perturberait aucune la suite de ses projets.

''J'espère que vos amis que vous avez laissé derrière vous apprécieront le cadeau de mes ''sentinelles''. Naïfs qu'ils ont été de les abattre. Ils n'ont fait que signaler leur présence. Mais je parle trop. Votre sang doit bouillir de vous venger de moi....''

Le Mage Noir écarta ses bras d'un geste rapide et souple et doucement vinrent à lui des nuées opaques d'où naquirent des têtes de dragons. Elles s'élevèrent, dévoilant leur cou autrefois puissants et musclés, n'étant plus que mortifiés et
maigres. Leur gueule s'ouvraient dans un rugissement silencieux, répondant à une magie qui les tiraient du Néant de leur
kaerl Maudit. Puis Des hurlements résonnèrent dans chaque fibre du Màr




Peddyr sentit une intense brûlure à sa marque. Il dut lâcher son épée pour tenir son poignet touché, pour ensuite tomber à genoux. L'esprit vrillé par cette douleur soudain ne lui permit pas de voir la silhouette de Drazahir apparaître d'un coup devant eux. Enfin devant eux...Une silhouette de Drazahir pour chacun des êtres vivants qui composaient le groupe. Ayae, Mave, Lilwen ! Même Sethyl et Sveargith eurent leur regard posé sur une silhouette humaine ténébreuse. Une pour chacun d'eux, mais ils ne pouvaient pas voir les apparitions de leurs autres compagnons.


****


Pendant ce temps, pour le Chevalier Thorne, l'apparition de l'Impératrice décharnée n'était pas la présence qu'il avait perçu. Celle qu'il redoutait presque se présentait violemment sur le côté de son lié, tentant de mordre à pleine dents le coude de l'aile de sa cible. Peut-être que le réflexe du dragon de Thorne suffira à esquiver la dangereuse morsure, pour faire face à son adversaire : le Mage des Ombres juché sur le dos d'une Améthyste cadavérique. Des lambeaux de chairs pendaient sous le ventre et les flancs. La queue raide craquait à chaque mouvement. D'un claquement percutant de ses dents, la chose remontait dans les airs, cherchant déjà un bon angle d'attaque contre Thorme.

''Tu es le dernier vivant dans cette contrée, jeune chevalier. Abandonne et ta mort sera rapide. Combats-moi et je
savourerai la défaite que je vais t'imposer. Seul contre moi, tu n'as pas l'ombre d'une chance....''



****


l'Orbe verdâtre pulsait toujours, flottant seul dans l'immensité de la salle, toujours entourés des têtes de dragons. Obéissant à la volonté de son maître et créateur, il transmit un ordre simple au dragon de Drazahir, celui-là même qui faisait face à la fois à Lordan et à Lynael. Nidhogg sut alors faire s'envoler ces deux dragons identiques, de parfaits jumeaux. Chacun d'eux était bien physique, bien réel. Chacun d'eux était de chair et de sang, mais il apparaissait comme un redoutable adversaire. Un véritable rempart à franchir avant d'aller combattre Drazahir pour les deux liés et leurs dragons se trouvant à la tour Sud et Ouest. Comme si les orbes détruits avaient permis de les localiser...En plus de faire apparaître les esprits des habitants du kaerl Maudit autour d'eux. Pour celui ou celle qui ne pensait pas en apercevoir autant, il était servi ! En même temps, les individus portant la Marque sentiront une profonde brûlure s'insinuer de plus en plus dans leurs chairs.

****


Dans la salle à l'immense arche de soutien, Drazahir apparut spécifiquement aux yeux de chacune de ses cibles. A chacune d'elles, sans que les autres l'entendent ou le voient, il leur disait rien que pour la personne des mots envoûtants et mielleux, se délectant d'avance de son impuissance, de son désarroi et de ses craintes :

''Ma chère Mave... Comment acceptes-tu d'être en compagnie d'êtres aussi impitoyables. Une personne telle que toi mérite de parcourir des voies insoupçonnées. Peut être que le Destin t'a mise sur ma route pour que je t'aide à te dévoiler. Tu n'es pas n'importe qui, jeune fille. Je puis t'aider à déployer ce potentiel qui sommeille en toi. Mais pour cela, il te faut accepter le Destin qui voue les Kaerls à courber l'échine devant moi... et surtout... devant toi... ''

''Ayae, Puissante guerrière en devenir, je découvre que tu es dans un environnement peu enviable pour quelqu'un de ton envergure. Sais-tu que tout ceux que tu accompagnes te voient comme une faible ? Une faible jeune fille qu'il faudra défendre pour lui préserver la vie. Mais moi je lis en toi... Tu es un être exceptionnelle en devenir''

''Lilwen, belle Lilwen, je sens un conflit intérieur en toi. Sais-tu que tu es née pour gouverner ? Tu risques ta vie pour des misérables, ces mêmes êtres qui se moquent de toi et qui ne reconnaissent pas ta vraie valeur. Accepte le réel destin qui voue les Kaerls à se soumettre à moi et joins toi à moi. Une cheftaine de ta capacité a sa place dans le monde que je désire faire naître.''

''Ô Sethyl, Grande Reine Incarnate, je te plains. Je sens en toi l'âme d'une Grande Dragonne et tu es réduit à servir un esprit faible... Je comprends ton dégoût d'avoir une faiblesse accrochée à toi, et qui d'un rien peut emporter ta vie. Mais je connais le moyen de t'offrir ce que ton coeur désire secrètement... Accepte que le destin plie les Kaerls à ma volonté et tu seras la première de ta noble espèce à redécouvrir la liberté. Sans lié, sans rien. Libre ! Seule toi disposera de ta vie et tes choix seront tiens, sans avoir une liée à supporter. Accepte de te joindre à moi et offre à ta future descendance cette liberté que les dieux vous ont arrachée à l'aube de la Vie des tiens !''


De bien belles paroles pour chacun d'entre eux. Drazahir n'avait-il pas démontré sa puissance en s'attaquant aux trois Kaerls en même temps ? Il possédait donc le pouvoir d'accéder aux promesses qu'il venait d'énumérer. Par contre, pour le seul céleste du groupe, ce ne fut pas une voie enchanteresse qu'il offrait, mais bien une intense douleur par le biais de cette Marque qui courait désormais sur toute son épaule. Ce même céleste qui avait été un pion malencontreux quand il avait tenté d'interférer indirectement dans ses plans en visant Zackheim. Sveargith était prostré sur le sol, touché lui aussi par la souffrance de son lié. Au moins ces deux là ne le dérangeraient guère longtemps. Ce n'était qu'une question de temps, même s'il omettait un détail. Peddyr n'avait pas été marqué comme les autres.

Le temps d'un instant, ayant réussi à contrer la souffrance qui le pliait à terre, Peddyr tendit son bras vers l'orbe si lointain d'eux. Une onde invisible secoua l'orbe. Les têtes de dragons décharnés frémirent en même temps, claquant des mâchoires dans un cri muet. Au même instant, les fantômes qui volaient autour de Lynael, Lordan et leurs liés confrontés à Nnidhogg, purent se rapprocher, avant d'être comme repoussés. Pour Thorme et son dragon, ils pourront voir le cadavre animé par Drazahir de l'Améthyste flancher.


Tous, le temps de quelques secondes, tous purent entendre les lamentations des habitants spectraux du Màr Dinen.

''Libéeereeezzzz-nous.... Ils nous dévorreeennnnt...''

Un court éclat de souvenir frappa les esprits. Celui des quatre tours. Les quatre orbes. Quatre orbes unis en un. La vie...la mort... l'énergie qui composaient ces deux facettes contraires indissociables. Un autre éclat montra les deux derniers qui restaient où on voyaient à travers une frontière intangibles des esprits repoussés pour ne pas atteindre le Kaerl....

Etait-ce là un élan de lucidité de la part de la Gardienne éplorée ?


[HRP : Voila, j'espère que cela vous conviendra. Si un truc coince, je suis dispo le plus rapidement possible à la moindre demande par mp. Là vous avez la possibilité d'agir avec votre adversaire spécifique, même s'il est un peu... dédoublé pour les autres Evil
Je suis pas rentrée dans les détails des combats qui vous attendent pour vous laisser libre choix sur vos actions contre lui.
Si vous souhaitez dézinguer votre cible, contactez moi avant par mp, pour voir ce que vous prévoyez de faire, je vous aiderai dans les réactions MOUAHAHAHA]



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 11:11 Répondre en citantRevenir en haut

Le lieu, maudit depuis des décennies recelait plus de trace de magie qu’elle n’en avait jamais perçu. Lilwen n’avait jamais réellement été sensible à ce genre de trace mais celles-ci étaient si présentes au Kaerl maudit qu’elle sentait les poils se hérisser sur son dos de louve. La piste olfactive qu’elle suivait était particulière, un mélange si particulier qu’immédiatement, elle avait été certaine d’être sur la bonne voie. Sous sa forme animale, la demi-sang ne percevait plus Sethyl. Sa Liée n’était plus qu’un point lumineux dans son esprit, flamme vivace et magnifique, mais parfaitement muette et incapable de communiquer.

Plusieurs fois, elle s’état redressé brusquement, entendant parfaitement comme des explosions dans différentes directions mais elle aurait été bien en peine de trouver de quoi il s’agissait. Elle continuait pourtant d’avancer, ne prêtant aucune attention à ses compagnons, qui progressaient dans ce qui lui semblait un bruit infernal. A pas de velours, elle précéda leur groupe moment lorsqu’elle s’arrêta brusquement. Un grondement sourd lui échappa, faisant écho à ceux des dragons. Les hurlements qui s’étaient levés s’interrompirent brusquement, laissant place à des lumières fantomatiques qui révélèrent bientôt une silhouette bien plus effrayante que ce qu’ils avaient pu croiser auparavant.

Les paroles prononcées par le mage noir résonnaient en elle. Il se gaussait, se moquant d’eux et l’angoisse la saisit lorsqu’elle se rendit compte que les autres étaient peut-être déjà morts. Non pas que leurs vie lui importait, mais elle aurait besoin d’eux avant la fin de tout ceci. Elle devait les contacter tous afin de leur dire où ils étaient. Louve, elle ressentait moins la douleur de la marque, mais rien ne l’avait préparé à une telle souffrance. Sachant ce qu’elle devait faire, elle reprit forme humaine pour se retrouver face à face avec le mage noir.

Comme à chaque fois qu’elle changeait, elle s’attendit à ce qu’elle perde ses sens temporairement mais elle ne perçut que la douleur de sa marque. Elle leva ses bras devant elle pour voir les entrelacs noirs progresser lentement mais régulièrement, couvrant peu à peu sa peau. Levant les yeux, elle croisa le regard ténébreux de Drazahir. Lorsqu’il commença à parler, la douleur s’estompa légèrement, comme pour appuyer les douces et enchanteresses paroles. Elle savait qu’elle aurait dû parler à Sethyl mais toute son attention était accaparer par l’homme en face d’elle. Un léger sourire naquit sur ses lèvres. Sa voix ne tremblait pas, mais la peur lui glaçait les sangs.

De bien belles paroles… Mais qu’aurais-je à la fin, des ruines ? Une place de second ordre ? Je ne risque pas ma vie pour eux. C’est ma propre survie qui est en jeu. J’aurais tout aussi bien pu fuir le continent mais j’avais bien plus à gagner à venir jusqu’ici non ? Je suis faite pour gouverner.

Son ton assuré résonna, vérité dont elle était convaincue.

Sethyl, sous sa forme draconique, grondait contre l’apparition qui se présentait à elle. Elle avait vue Lilwen reprendre sa forme humanoïde mais son attention à elle aussi s’était retrouvée accaparée par le mage noir. Ses paroles s’insinuaient en elle et faisait écho à un désir, infime mais présent. Mais était-ce le sien ou celui de ses ancêtres.

° Comment oses-tu t’adresser à moi traitre ? Tu es l’instigateur de la mort d’enfants du Màr et tu oses parler de liberté ? °

Le grondement s’intensifia, et les crocs de la Reine se dévoilèrent. Lilwen quant à elle observait l’apparition qui lui semblait tout à fait réelle. La rapidité allait être un facteur déterminant mais elle n’était pas certaine d’y parvenir. Le mage noir lui sourit.

Ta survie dépendra de ton bon vouloir.... Je t'offre un choix intéressant. Qui parlait de ruines ? Les Kaerls à genoux devant moi, tu auras le loisir de choisir celui qui tu voudras gouverner. Voir même les trois à la fois. Une Grande Dame Kaerlique, unissant les Kaerls sous une seule bannière.

Etait-ce ce qu’elle voulait ? Peut-être. Depuis son arrivée au Màr, ses rêves de grandeurs n’avait fait que croitre mais si l’égoïsme la caractérisait, la cruauté, si il lui arrivait d’en user, n’était pas son apanage. La Sang savait parfaitement qu’elle obtiendrait un jour ce que Drazahir lui promettait. Son ambition n’était pas les trois Kaerls, mais un seul et son heure viendrait, elle n’en doutait pas.

Les paroles de l’Ombre étaient à double tranchant ? Nul doute que si elle refusait sa proposition, il ne reculerait devant rien pour la tuer. Mais son excès de confiance allait le mener à sa perte. Lilwen tenta de renforcer le lien qui l’unissait à l’Incarnate, n’ayant aucune idée de que Drazahir pouvait lui dire.

° Sethyl !! Il faut transmettre notre position ! °

Lilwen ne savait pas que l’Incarnate avait déjà lancé un appel, indiquant leur position à qui l’entendrait et ordonnant à tous de venir combattre le mage noir afin de détruire la magie à sa source.

D’un même mouvement, Lilwen et l’Incarnate se jetèrent sur les apparitions, l’une épée en avant et l’autre crocs dénudés.
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 14:05 Répondre en citantRevenir en haut


Arion Thorne & Darakin


Ce fut la vue perçante de Darakin qui repéra en premier cette excroissance surgie du sol. La tour de garde avait piètre allure. Sur les indications de son Lié, le Brun docile mais prudent s’approcha du sol et se posa dans un grand nuage de poussière. Il renifla les alentours. Il percevait des effluves de putréfaction vieille de plusieurs siècles comme si elles aussi se révélaient être des souvenirs tenaces et restant en suspension dans l’air. Le spectacle de la dragonne noire fantôme avait été suffisamment saisissant pour convaincre Darakin de la présence d’une mauvaise magie. Outre celle de Drazahir, sûrement terré quelque part dans les ruines de l’ancien Kaerl, il régnait dans la désolée Lande d’Eru le parfum des choses disparues, de celles qu’il vaut mieux ne plus jamais réveillées. Le sommeil des Maudits devait être respecté.

Arion grimpa les quelques marches restantes jusqu’au premier palier de la tour. Il ne subsistait pas grand-chose du passage des vivants dans cet endroit. Ses yeux gris s’écarquillèrent toutefois face à un étrange objet. Un orbe reposait là, en solitaire, comme s’il avait roulé hors de son socle sur le plancher abimé. Fronçant les sourcils, il avança une main hésitante pour s’en saisir… Quand retentit tout à coup la voix puissante de son Lié.

° ARION ! Non, n’y touche pas ! °

Le Fëalocë sursauta, alarmé. Le rugissement, tant mental que physique, de son dragon était de très mauvais augure. Il réprima son geste, alors que la sphère cristalline se mettait soudain à luire de plus en plus fort et à projeter des étincelles écarlates. Arion était allergique à la magie. Il la tolérait en temps normal mais il n’aimait guère s’y frotter. Là encore moins.

° Reviens ! Tout de suite ! °

Sentir la peur de Darakin s’insinuer en lui sans pouvoir l’endiguer fut le déclencheur. Il se précipita au bas des marches, quittant le refuge sommaire de la tour de guet. Il bondit sur le dos de son Lié, s’accrochant au harnais de combat pour s’installer correctement. Darakin se mit à courir. En quelques secondes, l’orbe avait commencé à émettre un sifflement strident, accompagné de crépitations aveuglantes telles des éclairs.

° C’était un piège du Mage Noir !
Non, attend ! C’est peut-être une balise de repérage, un système magique pour alerter en cas d’intrusion… Détruisons-le ! Demi-tour !
Non ! °


Deux autres explosions se produisirent à peu d’intervalle. La brume étouffait en même temps qu’elle amplifiait les bruits. Ce fut surtout la lumière dégagée qui attira le regard des deux Engloutis. Sud et Ouest. Arion eut une pensée pour le Chevalier Céleste et sa camarade d’entrainement, Lynaël. Darakin ne ralentit pas. Il continuait de galoper à toute vitesse, hors d’haleine. Il refusait de regarder en arrière. Le principal était de se mettre à l’abri. Ses ailes se déplièrent, ses muscles se tendirent brusquement. Arion le remarqua aussitôt et tira sur les cordages du harnais de ses toutes forces pour ralentir l’allure. Il ne fallait pas que Darakin cède à la panique et s’envole, sinon tout était perdu ! Le dragon ne se laissait pas faire. Cependant, il n’avait toujours pas décollé. Il voulait sauver son Lié avant tout. Le Chevalier jeta un regard en arrière. Un halo flamboyant mêlé d’éclairs et sifflant comme un serpent furieux englobait progressivement tout le sommet de la tour de garde. Arion sentit son cœur manquer un battement. Sa gorge se serra jusqu’à l’étouffer. Qu’est-ce que c’était que ça ?

° Demi-tour, Darakin ! Il le faut ! °

Le Croc d’Argent tâta son tsalion à sa ceinture mais ne le prit pas. Il ne lui serait d’aucune utilité à cette distance. Le Brun courait vite et en une minute, la distance était devenue considérable. Pas assez, toutefois, pour ne plus percevoir le son et la couleur qui débordaient de l’orbe magique. Darakin savait ce que c’était, ou plutôt il le sentait. De la magie expérimentale, celle-là liée au feu, là où des mages venaient apprendre, entourés de soldats du Kaerl pour leur sécurité, les surveiller et monter la garde aux frontières de la plaine. Mauvaise magie. Dangereuse et puissante mais aussi mauvaise, car corrompue par le Maître des Ombres.

° Darakin ! ° cria mentalement le Chevalier Thorne, excédé par le comportement du dragon.

Il n’eut pas l’occasion d’en dire plus. Pendant une fraction de seconde, le temps sembla se dilater, se figer et le silence fut total. Puis, tout aussi violemment, il y eut une déflagration semblable à un coup de tonnerre. Un éclair rouge partit tout droit vers le ciel, tel un signal d’alarme. Une puissante onde de choc se propagea dans son sillage, tout autour de la tour, balayant tout sur son passage, soulevant des bourrasques de poussière et de sable. Le ciel s’obscurcit. Ou peut-être était-ce dû à la perte de connaissance d’Arion ? Darakin poussa un bref et douloureux rugissement, avant d’être emporté dans le tourbillon. Le couple d’Engloutis disparut dans la tempête. Et l’orbe recommença à luire doucement, d’un éclat rougeoyant paisible.

- Dar… Darakin ! Relève-toi !

Le Chevalier Thorne toussa comme un damné. Il s’était évanouis, jeté à bas de son Lié quelques mètres plus loin. Il sentit l’esprit du dragon frémir aux limites de sa conscience. Une masse brune et poussiéreuse se releva laborieusement, quelques pas devant lui. Darakin se rapprocha de son Lié. De son museau, il l’aida à se relever, tandis qu’Arion prenait appuis sur lui.

° Que s’est-il passé ?!
ARION ! °


Darakin mugit et fit un brusque pas de côté. Le Fëalocë tituba et finit par s’écrouler dans la poussière, derrière son Lié. Le dragon roulait des yeux rouges comme des brasiers. Il dévisageait une apparition tout sauf illusoire, qui se dressait soudain devant eux, flottant dans le ciel nuageux. Arion rampa, récupéra son tsalion et se releva malhabilement. Sa cheville droite lui faisait atrocement mal. Son cœur manqua un battement lorsqu’il découvrit la source du sursaut du Brun. De grandes mâchoires venaient de claquer tout près de l’aile droite de ce dernier. Une macabre dragonne se dressait face à eux, montée par une silhouette encapuchonnée. Il était impossible de distinguer un visage sous l’obscur vêtement. La voix suave qui s’adressa aux deux Engloutis, en revanche, paraissait trop humaine, trop parfaite, pour appartenir à celui qu’ils reconnurent de suite à entendre ses paroles : Drazahir, le Maître des Ombres, le Lié du géant noir Nidhögg. La Reine qu’il chevauchait en cet instant était morte depuis longtemps. L’éclat des quelques écailles pourpres qui subsistaient sur sa carcasse aurait suffis à terrifier n’importe quel chevalier-dragon de Tol Orëa. Ils se trouvaient face au cadavre d’une Améthyste du Kaerl Maudit.

- Oh mes dieux…

Arion s’empressa de remonter sur le dos de son Lié. Darakin prit de l’élan et s’élança dans le ciel d’un bond. Un appel télépathique, ténu mais vibrant, traversa la purée de pois qui obscurcissait l’esprit du Brun. Il reconnut la voix, faible mais impérieuse, de l’Incarnate Sethyl mais ne comprit pas ses paroles. Et il avait d’autres problèmes plus urgents à régler. Le Maître des Ombres était là, se dressant devant eux. Comment aurait-il pu être à deux endroits à la fois ? Lequel était réel ? Lequel était illusion ? Darakin ouvrit une large gueule rougeoyante, prêt à vomir des torrents de flammes. Il fit demi-tour, fondant tel un rapace sur sa proie. Le faucon attaquait le gigantesque vautour. Il n’y avait plus de retour possible en arrière.

- Je ne mourrais pas aujourd’hui. Pour le Màr Luimë ! Pour Tol Orëa ! POUR FLARMYA !

Arion Thorne et Darakin se jetèrent à l’assaut, tsalion et crocs étincelant sous le pâle soleil, la rage désespérée au cœur.



Aubiade Del Cirth, Gardienne du Kaerl Maudit

Loin, très loin dans les profondeurs des ruines, dans une grotte qui avait jadis fait office de cachot pour les prisonniers politiques, Aubiade Del Cirth pleurait. Son monde s’écroulait. Et la peur s’emparait de son cœur. Cachée sous la terre, enchaînée sous son propre Màr, elle pouvait encore sentir la souffrance de toutes les âmes tourmentées qu’elle était censée protéger et que le maître des Ombres utilisait comme de la chair à canon. Elle avait vendu son âme à un démon. Un être perfide qui lui avait promis la délivrance. Elle aurait dû le savoir, pourtant, que seuls les dieux avaient le droit de la libérer de son châtiment éternel, par la mort. Son cœur las avait cédé à des chimères. Et sa faiblesse coûtait maintenant au sommeil de son Kaerl tant chéri. Puisque Drazahir possédait la Clef d’Ouranos qu’elle s’était cependant jurée, à l’instar des autres Gardiens – ses frères et sa sœur -, elle ne lui était plus d’aucune utilité. Et sa promesse était tombée dans l’oubli. Aubiade souffrait mille morts depuis si longtemps, qu’elle avait oublié ce qu’était l’espoir. Une espérance que les héros des trois Kaerls vivants portaient dans leur âme, tel un flambeau dans les ténèbres.

- Pitié, gémissait-elle. Je vous en supplie, aidez-moi !... Je regrette tellement… Pitié, aidez-moi !

Sa voix rauque, ayant perdue sa noblesse nonchalante, s’extirpait douloureusement de sa gorge sèche. De longues rigoles de sueur et de sang coulaient sur son visage, sa nuque et ses bras. Sa robe d’un blanc sale dissimulait mal les traces de coups, les hématomes et les fines estafilades sanguinolentes sur son corps. Ses pieds nus touchant à peine le sol crasseux et froid, ses cheveux d’ordinaire d’un blond féérique tombant sur ses épaules tels des serpents, elle pendait par les bras depuis de solides chaînes encastrés dans la paroi de sa cellule, dans son dos. La tête dodelinant sur sa poitrine, elle venait de donner un ultime impact à travers la magie résiduelle qui courait sur le territoire de son Màr. Elle venait peut-être de gaspiller de l’énergie pour rien, si aucun des envoyés des autres Kaerls ne comprenait ce que cela signifiait. Alors, la Gardienne pleurait, sanglotant sur ses erreurs et ses regrets. L’espoir chevillé au cœur, elle ne pouvait qu’attendre du secours qui ne viendrait peut-être jamais.

- Aidez-moi !



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Mave Arkias
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MessagePosté le: Jeu 31 Juil 2014 - 11:37 Répondre en citantRevenir en haut

Se faire violence ne suffit pas à empêcher la Torhille de crisper chaque infime partie de son anatomie. Si elle avait été la seule à voir quelque chose précédemment, le hurlement s'était en cet instant clairement fait entendre de tous. Aux aguets, Mave était plus alerte que jamais, grondant furieusement en son for intérieur pour bientôt laisser s'exprimer toute la colère qui fourmillait en elle. Enfin le couard se manifestait ! Impudente qu'elle était, elle brûlait d'impatience à l'idée d'exercer sa vengeance sur le mage. Mais comment se raisonner en de pareil circonstances ? Les griefs que Mave accumulait contre Drazahir tournaient en boucle dans son esprit et faisaient affluer toujours plus de rage dans les veines de l'Aspirante.

L'aveuglement soudain dont ils furent victime figea ses sombres pensées. Lorsque ses yeux se réhabituèrent à la luminosité des lieux, un étonnement fugace marqua ses pupilles dilatées. Que... Mave n'eut pas le temps d'admirer la beauté de l'arche, son regard fut furieusement attiré par le fond de la salle et la silhouette sombre qui s'y découpait. Drazahir ! Elle en était sûre ! Pourquoi ses camarades ne bougeaient-ils pas ? L'attaquer était maintenant à leur portée. L'Aspirante fit un pas décidé dans sa direction quand la voix du mage retentit dans le kaerl maudit.

Elle resta interdite. Les paroles de Drazahir l'avaient confortée dans ses sentiments, elle voulait le tuer. Son désir d'annihilation de cette chose si proche n'était pas loin de son paroxisme. Seulement, malgré toute la hargne du monde, Mave posa ses yeux belliqueux sur l'étendue des pouvoirs du mage. Cette ultime prudence ne tiendrait pas longtemps, elle avait tellement envie de lui infliger le centuple de ce qu'il avait fait que bientôt toute autre pensée serait balayée.

Un sursaut involontaire la plaça sur la défensive lorsque le mage apparut devant elle. Sa main enserra le pommeau de son arme mais cette dernière resta un instant dans son fourreau lorsque les paroles de Drazahir vinrent chatouiller ses sens. La Torhille marqua un mouvement d'hésitation et jeta un bref regard sur ses compagnons de route... On ne pouvait pas dire qu'elle les estimait, sauf peut-être Lilwen... Non, elle valait bien plus qu'eux ! Les mots du mage étaient tentant mais...

« Pour que j'y crois il aurait fallu que tu ne tentes pas de me tuer. Qui voudrait une domination de second plan ? Dans les jupes d'un couard, qui plus est ! Je n'ai besoin de personne pour faire plier qui que ce soit. Lorsque les kaerls s'inclineront ce sera devant moi et pour moi seule ! »

C'est seule qu'elle s'élèverait, elle s'élèverait au plus haut point et les dominerait tous un jour. Elle en rêvait et en était certaine, mais que valait la domination d'une masse qu'elle méprisait si elle devoir la devoir à une tierce personne ? Si son esprit était perverti par la magie du kaerl ou si la colère obstruait ses pensées, la Torhille ne l'aurait su. Quoiqu'il en était ses sens étaient obstrués, focalisés sur le mage noir qu'elle pensait avoir en face. Mave dégaina son arme et se lança sur l'apparition, laissant enfin s'exprimer la rage qui était sienne et qui ne tarda pas à gonfler d'adrénaline son être tout entier.
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Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 10 Aoû 2014 - 18:40 Répondre en citantRevenir en haut

L'orbe s'éteignait finalement sur le tas de gravats qu'elle avait entraîné dans sa chute. Lordan pensait que son lié et lui avaient fait ce que la situation exigeait. Cependant il n'était guère habitué à agir de son propre chef quand il était en mission avec Peddyr Thelrand, se jugeant trop peu guerrier pour prendre de telles initiatives . Aussi le caractère inquiet de Lordan le mettait-il mal à l'aise face au succès de leur riposte. Et si c'était un cataclysme qu'ils avaient déclenché ? Mais enfin, dans les Landes d'Ehru, il n'y avait pas de bonne magie. L'engin avait manifesté à leur approche une activité proprement agressive et dangereuse.
Quand ils reprirent de l'altitude après leur inspection, deux phénomènes se superposèrent. Le premier fut, venant d'au moinsdeuxdirections différentes, la montée d'un sifflement vrillant er crépitant, comme celui qui avait accompagné les manifestations lumineuses autour de la sphère. Immédiatement ils pensèrent à leurs compagnons envoyés sur le même vol de reconnaissance et entendant des bruit d'implosion presque aussitôt, les deux compagnons poussèrent un cri de triomphe.
Mais en même temps ils s'apeçurent avec une inquiétude grandissante que la brume s'épaississait, montant des ruines vers eux, une brume jaunâtre, sale et déplaisante, froide, animée de brusques volutes ,comme si un souffle la poussait intentionnellement dans leur direction.. Lordan essaya de ne pas se laisser aller à l'anxiété qui montait en lui avec cette brume. Des ombres s'y déplaçaient, on percevait des chuchotements insistants, des bruits d'insectes crissant, des présences lugubres, désolées, qui se rapprochaient puis se fondaient dans les vapeurs de plus en plus épaisses. Le chevalier se cramponna à la crête de son dragon, cherchant le chaud accord de son esprit -frère :

*Il faut quitter cet endroit et retrouver Dame Isil et messire Thelrand. Si ces sphères bloquaient vos liens entre Dragons, l'effet de brouillage devrait commencer à se dissiper. *


* Oui, oui, je perçois un appel.. c'est l'Incarnate.. elle nous ordo... Par Flarmya notre Mère ! Qu'est-ce que c'est que cette horreur ?*

Un énorme dragon se formait dans les tourbillons d'une brume devenue d'un noir sans reflet, ténèbres brusquement tangibles, une masse qui les dominait, prenant appui de la queue sur les restes de l'orbe, tout au fond de la tour ruinée que le monstre enserrait de la spirale immense de son corps. Hanelvig avait réorienté son vol pour s'échapper. C'était trop tard. Auréolée d'une effrayante couronne de cornes et d'une collerette à triples dards, la tête monstrueuse se dressa brusquement devant eux, leur barrant le passage. Le Bronze se cabra en freinant des ses ailes arquées et se posa sur ce qui restait de la plate-forme, à quelques pieds de crocs d'ivoire étincelant que révélaient des babines retroussées sur un rictus mauvais. Le dragon infernal poussa un rugissement haineux puis parla dans leur esprit où retentit sa voix terrifiante remplie de sons gutturaux et d'échos de métal. Lordan était trop épouvanté pour réagir à ces menaces et réfléchir au fait que Hanelvig avait capté un message juste avant cette apparition de cauchemar.
La pensée de son lié luiparvint:

*C'est Drazahir ! Enfin une illusion de lui-même . Il veut nous terroriser. *


* Je suis terrorisé ! Il va nous avaler ! *

Lordan se crispa dans sa position de cavalier draconique, son dernier refuge, trop sidéré pour penser même à s'enfuir ou sortir son arme.

*Cela vient de Drazahir,* murmura le Bronze.* Je ne suis pas rassuré non plus, mais dis-toi bien que ce n'est pas le vrai . Et cela signifie qu'il doit en faire autant avec les autres. Lilwen Izil a eu raison ! En groupe, il nous aurait eu d'une bouchée. C'est une projection mentale.*

Il se fit un silence assez imprévu avant que le dragon noir n'explosât de rage. Les fantômes qui rôdaient autour de lui s'évanouirent pendant qu'il hurlait :

*Projection ? Projection ?? Tiens, en voilà une, de projection, petit crapaud stupide !*

Et il cracha un puissant jet de fumée noire dans leur direction ; Lordan baissa la tête, fermant les yeux, s'attendant à périr sur le champ sous les miasmes empoisonnés. Mais à part une très désagréable impression de picotement, une odeur exécrable de suie mouillée et une quinte de toux au passage de l'air devenu âcre, la fumée se dissipa derrière eux sans causer d'autres dommages. Lordan qui s'était vu déjà carbonisé, s'exclama toujours horrifié, mais un peu perplexe :

-Il t'entend quand tu me parles ! Il est dans notre esprit !

*Ouiiiiii !"* Hanelvig se mit à lui lancer très vite, comme s'il cédait à son tour à la panique.* "Ouiiiiii ! Il nous contrôle ! il est le maître ! Fuyons, ou mieux ! Soumettons-nous ! Lordan ! Arrête de résister ! ...Ô, roi des Dragons ! Nous sommes de misérables lettrés, non des guerriers valeureux! Des chetroumphs  ! Des escagasses ! Des salstrogots ! *

En même temps il allongea le cou, rabaissa sa collerette, signe de soumission mais il y ajouta un petit trépignement nerveux de l'antérieur gauche et Lordan se sentit brusquement ragaillardi. Les mots bizarrement absurdes l'avaient déjà alerté. C'était un jeu auquel il se livrait avec son jeune dragon : On s'inventait des épithètes désobligeantes qu'on se lançait en de fausses disputes . Le premier qui ne répondait pas du tac au tac avait perdu. Et le léger grattage au sol - griffe ou pointe de botte gauche - était l'un des signes secrets convenus entre eux, depuis l'entrée de Lordan dans l'escadron d'élite, pour signaler en silence qu'il ne fallait s'offusquer de rien, rester sur ses gardes et saisir l'occasion.
Le dragon noir eut un mouvement très lent de la tête et Lordan perçut une parole mentale des plus surprenantes :

*Heuuuu mmmm.......*.

Lordan réfléchit en un éclair. Drazahir avait été capable de neutraliser les communications entre dragons, mais il lisait aussi ce que lui disait Hanelvig en langage pensé. Il avait sans doute laissé ouvert le lien entre liés pour se mettre au courant des tactiques élaborées et des personnalités de ses attaquants . Mais forcément, son esprit divisé en tant d'objectifs, ne pouvait que se ralentir... Drazahir devait être occupé ailleurs et perdait tant soit peu le rythme du dialogue. D'autant qu'il devait être peu soucieux de ce vague petit chevalier gentillet, monté sur son couard de bronze affolé. Les autres chevaliers devaient lui donner du fil plus difficile à retordre que cesdeuxliés naïfs et terrorisés. Il fallait gagner du temps, retenir le plus possible la part d'esprit que leur consacrait le mage infernal. Autant de gagner pour les autres.
Il n'eut aucun mal à accentuer l'altération de sa voix et à se conformer à l'image propagée par les contempteurs du Màr Menel. Les Célestes ? Des mous, pédants, naïfs, superficiels et discoureurs.

*Nos compagnons disparus ! Ô Ciel ! Puis-je le croire ? Hélas ! Je ne suis qu'un modeste serviteur des Célestes. Si vous êtes le Seigneur des Dragons, comme votre apparence me le laisse croire, qui pourrait prétendre vous résister... cependant... mon devoir... mon honneur...Que voulez-vous de nous? *

Lordan ne savait pas très bien où il s'engageait. Mais enfin, si la bête pouvait et voulait les désintégrer, elle l'aurait déjà fait. Drazahir envisageait-il de faire de lui un de ses sujets et pensait-il que la terreur suffirait à le soumettre ? Hanelvig se mit à grogner et secoua un peu la tête :

*Oho ! Que se passe-t-il... ma vue se brouille ! Ô mon lié, il me semble que le Grand dragon Noir s'efface par endroit de ma vue ! Il est trop immense pour ma pauvre cervelle de saurien... déjà je ne vois plus qu'à travers un nuage, le seigneur Drazahir que ma présence outrage ! déjà... regarde, sa queue devient transparente...*

Lordan, entendant son lié réciter des vers de tragédie, comprit qu'il était dans la bonne voie. Hanelvig pensait qu'en poussant le magicien à consolider sa forme chimèrique, il serait obligé d'affaiblir ailleurs son engagement mental. Il fallait occuper le Dragon noir en parlant, en l'obligeant à se fatiguer à les écouter tout en soutenant l'effort colossal que devait constituer le maintien de cette projection psychique. le monstre agita la tête comme pour se secouer, sa peau, aux écailles si noires et sans reflets qu'elle en semblait presque uniforme, fut parcourue de frissons et il appuya ses deux antérieurs sur le bord de la tour , en hissant son cou menaçant au dessus de ses prisonniers. Malgré sa peur, Lordan en fut assez satisfait. Cela confirmait bien la nature peu substantielle du monsre ; la tour aurait dû s'écrouler sous le poids d'un tel géant. Cependant, des gravats se détachèrent, la fumée noire de tout à l'heure n'avait pas été innocente et l Lordan n'avait pas trop envie de vérifier l'étendue des dommages physiques que pouvait leur faire subir la projection mentale du Mage de l'Ombre. Il était aussi un peu surpris de ne sentir aucune attaque sur sa conscience. Dans ses aventures, il avait vécu trois possessions majeures et savait reconnaître les signes avant-coureurs. Maître Nalesean, voyant ses dispositions à se faire envhir, lui avait donné un entraînement sévère, ce qui pouvait expliquer sa résistance actuelle tout autant que le peu de force mentale dont disposait sans doute Drazahir en ce moment. Si les autres cédaient... N'aurait-il pas dû tenter de combattre ?
Il était normal pour un défenseur de prendre des risques mais encore fallait-il en prendre qui soient utiles. Si Drazahir voulait la mort des irréductibles mais aussi l'enrôlement de recrues mues par l'intérêt ou la crainte, il semblait avoir placé Lordan dans la catégorie, ce qui ne manqua pas de l'irriter du côté de l'amour propre... Mais honnêtement, il ne se voyait pas se jeter sur cette montagne fuligineuse avec une épée. Il se hasarda à proposer des conditions, c'était toujours un peu de temps de gagné :

*Si nous nous soumettons à votre pouvoir, vous nous laisserez rentrer au Màr Menel ? Vous laisserez nos concitoyens vivre paisiblement ? *

Comme en écho à sa pensée, le noir allongea une griffe vers lui, semblant vouloir le tirer hors de son harnais de vol, sans hâte, un peu par curiosité. Ou par difficulté à mouvoir cette masse gigantesque. L'orgueil et le manque de mesure signeraient la fin de ce pervers ambitieux. Son armée de morts-vivants au manoir, ses Trolls zombies, ... à chaque fois, il mettait en oeuvre des tonnes de magie qu'il n'arrivait pas à maîtriser jusqu'au bout. Tous les tyrans étaient ainsi, démesurés dans leurs projets et incapables de se restreindre dans l'étalage de ce qu'ils pensaient être leur invincibilité.
Hanelvig reculait  sans se hâter tout en disant : 

*Hem, Messire Dragon Noir, ...Que devons-nous faire maintenant ? . La tour ne va plus tenir longtemps. Puis-je m'envoler avant d'être précipité avec les débris ? Et j'ai cru entendre un appel... Que dois-je faire pour vous servir ?*

Le lien était rétabli. Drazahir l'avait sans doute perçu – Il sembla s'enfler brusquement et jeta un regard mauvais vers le nord :

*Restez là, minables ! Je ne vous fais pas encore confiance. Toi le dragon, je ne peux pas t'hypnotiser, tu es le fils vivant de Flarmya et ton âme est sans malice. Je dirige les Morts et ta conscience est multiple, ce serait perdre du temps. Reste tranquille ici si tu veux sauver ton lié. Toi, le Céleste, comme tous les humains, la vie est faible en toi et sans le lien, ton esprit voyage seul, tu es facile à prendre. Je t'ordonne de demeurer inerte et muet jusqu'à ce que je revienne et décide si je vous garde ou si je vous tue.*

L'air sembla se geler brusquement. Lordan ouvrit la bouche, ses yeux se révulsèrent, il s'effondra raide en avant sur l'encolure de son lié où il se figea dans une position bizarre. Le dragon noir, d'un puissant coup de rein, se dégageait de la tour. Avant même d'avoir ouvert ses ailes, sa masse sombre fut dissoute dans les brumes chaotiques qui entouraient la Tour du Sud.
Hanelvig se secoua péniblement. Lordan s'était affalé sur son encolure, inerte et silencieux comme l'avait ordonné Drazahir. Hanelvig lui envoya une pensée navrée:

*Mon pauvre lié ! L'incarnate a appelé mais j'ai bien envie de t'emporter vite chez Maître Nalesean pour te désenvoûter … te voilà tout flasque et...*

*Flasque ? Plutôt gelé. Sors-moi de là, dragon de peu de foi ! Obéis aux ordres. J'ai raté mon barrage antigel mais la parade antiblabla , alors là, celui qui pourra faire taire Lordan Ventaren n'est pas encore né.*



Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû 2014 - 22:54 Répondre en citantRevenir en haut

L’ondine savait que, si elle n’avait exercé un contrôle de ses nerfs aussi strict, il y aurait de longues minutes qu’elle aurait craqué…. Correction…. Elle avait craquée depuis longtemps et ce qui avait été un esprit sain à la base était maintenant recroquevillé en train de se balancer sur lui-même au fond de sa psyché tandis que le reste de sa personne préférait rire de sa situation plutôt qu’en pleurer. Ou l’inverse. Ou les deux. La situation n’était après tout que suicidaire. Tout allait bien. Elle gérait. A fond… A l’aide ? Quelqu’un …?

Un mouvement de recul du Maitre Céleste manqua de la bousculer et elle esquissa un sourire nerveux dans son dos tandis qu’il semblait tenter de se rassurer. De les rassurer ? Ils étaient dans les ennuis jusqu’au cou mais au fond, ça avait presque quelque chose de jouissif. Et de terrifiant. L’adrénaline et la conscience qu’elle n’aurait pas dû être içi mêlées.

Rien de moins non plus…

Et puis l’aveuglement, et au milieu des ruines, celui qu’ils recherchaient. L’Aspirante blêmie.

Son sang a elle ne bouillait pas d’impatience de se venger, non, pas plus que d’une ardeur guerrière et belliqueuse. Ayae était arrivée au Mar Taralom après que Drazahir y eut perpétré ses crimes. Elle n’avait pas été touchée dans sa chair et son esprit. Ce n’était qu’une notion, qu’un concept. Mais plus maintenant. Son sang se glaca. Et de pouvoir mettre une forme sur cet ennemis le rendait à la fois plus concret, et moins dangereux. Elle avait quelque chose sur quoi s’appuyer. Elle cilla de nouveau, et il apparut devant elle. Devant elle seule. Les autres n'étaient pas là pour l'aider ou la couvrir.

L’ondine recula précipitamment, tandis qu’une dague lui glissait dans la paume de la main. Hors de questions de se jeter sur lui comme une démente la lame à la main. Ce serait suicidaire. Elle le savait. Si elle devait l’affronter, elle le payerait de sa vie. Et suicidaire, elle ne l’était pas. A part pour la partie visite d’un lieu maudit et hanté en compagnie d’une bande de vengeurs rancuniers. Ayae haussa un sourcil. Ne lui disait-il que des évidences ? Que cherchait-il ? Il n’y avait nulle honte à profiter des autres pour demeurer en vie…. Et nulle honte à savoir identifier ses forces et ses faiblesses actuelles.

Vous utilisez le bon terme. Je serais. Et je vous remercie du compliment. Mais je ne suis pas encore. L’orgueil ne me voilera pas cette vérité. Et qu’autrui me sous-estime m’est profitable. Je ne doute pas que vous aviez vous-même utilisé ceci… Cela étant… je suppose que vous avez mieux à faire que m’accorder une part de votre tem-


Son sang battait, juste sous sa peau. Tous ses sens était aux aguets, toxine a fleur de peau. C’est sans doute ce qui la sauva du torrent de flamme qui dévora l’emplacement où elle s’était tenue quelques secondes auparavant. Eut elle réagit un millième de seconde trop tard, Sethyl aurait pu avoir de l’Aspirante carbonisée au diner. L’ondine se redressa juste à temps pour éviter une seconde déflagration. Attaquer n’était pas au programme, seul éviter ce qui lui arrivait dessus importait. Pour l’aspirante, le monde se réduisit brusquement à un concept très simple : être cuite ou ne pas l’être.

Elle courût. Plongea derrière un pan de mur. Se figea quelques instants et tourna la tête. Une gerbe de flamme explosa à quelques mètres d’elle. Jugeant que les flammes étaient encore trop proche, l’Aspirante repris sa course. Tournant comme elle pouvait dans les ruines dans l’espoir de semer le mage noir. Elle perdit rapidement la notion du lieu où elle se trouvait et finalement, n’entendit plus que le bruit de sa propre respiration haletante. Les battements de son cœur lui semblaient résonner tout autour d’elle. Il… il devait s’être lassé de ce petit jeu... Et surtout, songea t’elle… il avait bien plus grosse souris qu’elle à prendre en considération.

Ayae pris alors le temps de regarder autour d’elle, découvrant où sa…. fuite ? Non. Débandade ? Non plus… Retraite stratégique ! l’avait menée. Il faisait plus sombre dans cette partie du Kaerl. Les murs étaient en meilleur état, ou presque, et légèrement suintant… Il faisait frais. Un son sembla lui chatouiller l’oreille mais elle n’en était pas sure… Bah… perdue pour perdue…

Lilwen allait râler… dire qu’elle était sensée rester avec elle. Il faut dire aussi que sa maîtresse lui avait parue un tantinet occupée… et de même pour Sethyl. Si tant est qu’elles soient encore vivantes. L’ondine soupira. Si sa Triade n’était plus, elle pouvait définitivement faire une croix sur la case « retour au Kaerl »… et accessoirement sur celle survie. Ce qui était particulièrement… frustrant. Elle tenait à l’option « vivante et en plus ou moins bonne santé » de son profil. En y repensant, elle se demandait ce qui était le plus désagréable entre mourir ici ou au Syl’Shar… Au moins là-bas, elle était à peu près sure que son cadavre ne se relèverait pas ensuite pour jouer les marionnettes décérébrées. Ayae serra les dents. Marionnette décérébrée hein…. On verrait bien qui rirait le dernier. Elle allait lui en faire baver la marionnette… Relevant la tête, l’ondine choisit de continuer vers le bas. Le courant d’air plus frais qu’elle sentait courir sur sa peau l’informait qu’elle descendait. Des caves peut être… des caveaux… ou des cachots. Elle avançait d’un pas souple sur les pavés inégaux qui formaient le sol. La faible luminosité lui suffisait pour s’orienter…

Des cachots… Les chaines vides pendantes aux murs ne lui laissaient aucuns doutes… Elle frissonna, passant la main sur ses propres bracelets qu’elle avait conservé pour toujours garder à l’esprit qu’elle n’était pas libre. Elle ne les avait pas ôté en arrivant au Mar Taralom. Mais où il y avait des cachots, il y avait parfois des prisonniers. Des alliés potentiels. Ou des ennemis potentiels…
Elle continua son exploration, prudente.

Prevenez moi si je doit changer quelque chose ou si je me suis laissée emporter
Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Sam 23 Aoû 2014 - 20:56 Répondre en citantRevenir en haut

Les éclairs qui jaillissaient des restes de l'orbe ne donnait aucune confiance à Lynaël qui fixait les éclats de verres colorés et électriques avec suspicion pendant que Sherÿan tentait, sans succès, de joindre le reste de la troupe.
Et elle faisait bien, car une fumée noire commença à s'élever de l'orbe brisée donnant des frissons à la demi sang qui tapa doucement l'encolure de sa Liée, la sortant de ses tentatives télépathiques.

°Je crois qu'on a un problème.°

Doux euphémisme que voilà lorsqu'elle se rendirent compte de la forme que cette fumée prenait. Mais le pire, ce n'était ni la taille immense de l'Empereur Noir qui leur faisait face, ni ses crocs ou son rugissement à vous geler de trouille. Non, c'était le fait que ce qui était au départ une fumée se transformait peu à peu en quelque chose de dur et de mouvant, de chair et de sang.

°Lyn'...°

°Oui. Ce n'est pas qu'une illusion. Ou alors, si elle l'est, je n'en ai jamais vu de plus réussies même par le plus doué des Neishaans...°

Quelques auraient pu être leurs constatations finales, elles furent interrompues par une voix grave, d'une colère glaciale qui les figea un instant. L'immense dragon qui leur faisait face s'adressait à eux, avec des mensonges effrayants, si tant était que ce soit des mensonges, ce que les deux Liées supposaient sans en avoir la preuve. Mais après tout, quelle meilleure tactique pour vaincre l'ennemi n'était-elle pas de lui ôter toute envie, toute raison de se battre ? Et quoi de mieux que d'éteindre tout espoir en leur faisant croire qu'elles n'étaient plus que seules ?

Ce qu'oubliait Drazahir, ce qu'il ne devait même pas comprendre en fait, c'était la dévotion que la plupart d'entre eux avait pour leur Màr, pour eux même ou juste pour leur liés. Par définition même, ils préféreraient se battre seuls plutôt que de se rendre. Car la seule chose qui pouvait leur enlever l'envie de se battre, à eux, Chevaliers Dragons, c'était de les priver de leurs Liés, ce que Drazahir ne pouvait faire dans l'immédiat, malgré l'immensité de ses pouvoirs.
Et c'est cette certitude qui fit décoller Sherÿan dans les airs d'un puissant coup d'ailes, répondant aux paroles de l'Empereur par un seul rugissement, empli de défi et de colère. Il ne les aurait pas, pas sans se battre.

Lynaël s'apprêta à attraper son tsalion lorsqu'une nouvelle condition s'ajouta au combat. Des dragons. Ou plus exactement, des âmes de dragons, par centaines, par milliers, qui vinrent voler autour d'eux. Leurs couleurs délavées faisaient mal à voir, tout autant que leur corps décharnés. Leur mâchoire claquant sans aucun bruit, des rugissements silencieux et des coups de griffes qui ne faisaient que gifler l'air. La jeune demi sang, sans en connaitre les raisons, ressentit une grande tristesse face à cette vision, elle se sentit proches de ces âmes dont elle aurait jurer percevoir les lamentations à l'intérieur d'elle même, comme si leur présence réveillait sa télépathie malgré elle.

Concentrée sur ces âmes draconiques qui volaient autour d'elles comme une protection fantomatique, elle s'accrocha vivement aux lanières de cuir lorsque sa Liée fit un brusque détour pour éviter un coup de dent qui n'accrocha que de l'air, réveillant Lyna qui empoigna son arc, au moment même où plusieurs choses arrivèrent simultanément.
Les âmes se rapprochèrent d'eux avec vivacité, faisant frissonner la jeune femme qui tendit la main pour les toucher avant qu'ils ne soient repousser avec force, comme par un champ de force invisible.
Les mouvements de l'Empereur Noir face à elles se ralentirent, comme englués dans du miel.
Des voix éclatèrent soudainement dans sa tête, et résonnèrent dans tout son être, accompagnées de vision qui voilèrent sa vue.

Les orbes. Les âmes. Des vies. Un Kaerl...

°Sherÿan vire de bord !°

La Bleue écouta sans réfléchir, et se connecta plus amplement à l'esprit de sa Liée pour comprendre ses intentions et ses réflexions, sans qu'aucune paroles ne soient échangées. Partageant leurs esprits dans un instant de pure communions, leurs émotions se perdirent les unes dans les autres, quelques secondes, juste assez pour coordonner le reste de leurs actions.


Lynaël banda son arc, encochant une flèche dont Sherÿan enflamma la pointe enduite de résine puis visa la tour Est sur laquelle la Bleue se dirigeait à toute vitesse, obligée de louvoyer entre les jets brûlants des flammes bien réelles que lançait l'immense Cendré à leur poursuite. Pourtant, elles finirent par atteindre la tour Est dont elles brisèrent l'orbe à nouveau dans une pluie d'étincelles multicolores et d'éclairs brûlants.
Il lui sembla que l'Empereur derrière elles rugit à cet acte, mais incapable de l’interpréter et déjà lancée à l'opposé sur la tour Ouest, elle ne prit pas la peine de chercher à comprendre. Cependant, ce qu'elles notèrent ce fut l'affluence d'âme qui s'approchèrent à nouveau d'elle, comme attirée par la nouvelle casse de l'orbe. Une nuée de milliers d'âmes de dragons tournoyaient maintenant autour d'elles, leur brouillant presque la vue. Ils étaient plus proches qu'avant, pouvant même s'approcher de l'Empereur toujours à leur poursuite, les dissimulant presque à sa vue dans un brouillard d'écailles aux couleurs délavées. Elles les aidaient.

La jeune femme pouvait les entendre murmurer dans sa tête, taquiner la porte fermée de sa télépathie, la cajoler et la câliner jusqu'à la faire ouvrir. Les jambes accrochées aux harnais, la demi elfe encocha une nouvelle flèche enflammée et visa la dernière orbe de la tour Ouest, celle d'où était venue un éclair rouge qui avait fait vibrer le ciel d'une immense déflagration. Et tira.
La dernière orbe explosa dans une déflagration telle que la Bleue et sa Liée furent projetée vers le sol à une vitesse folle, au moment même où Lynaël laissait enfin s'exprimer son don de télépathie à l'encontre des âmes qui l'entouraient.

°Aidez nous ...°

Elle avait détruit les deux orbes restantes, comme elle avait cru comprendre qu'il fallait le faire pour les délivrer. Maintenant, elle espérait que les âmes du Kaerl Maudit leur rendrait la pareille.
Cependant, elle n'eut pas le temps d'y penser, ni même de le voir car elles passèrent sous l'ombre d'une immense améthyste et celle, réduite, d'un brun, puis entrèrent brutalement en contact avec le sol, malgré tous les efforts de la Bleue pour les freiner.
Ensuite, ce fut le noir complet.
Peddyr Thelrand
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Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 30 Aoû 2014 - 17:01 Répondre en citantRevenir en haut

L'image qui faisait face à Lilwen siffla son dédain et n'attendit pas de se faire assaillir pour se défendre. Une épée d'ombre se dressa contre l'arme de Lilwen, devenant tangible pour crisser sinistrement contre l'acier. Bien que les ombres qui le prenaient comme une cape emporté dans des vagues d'air, son sourire malveillant était encore lisible, démontrant de toute sa détermination maléfique. S'il ne parvenait pas à ''séduire'' ses cibles, alors il les tuerait. Les prétendus héros seraient éliminés pour céder leur place à des êtres bien plus dociles à ses ambitions, qu'ils soient humains ou dragons. Si ces individus venus le défier ne se pliaient, alors ils connaîtront la mort !

''Tu perds ton unique chance de gouverner petite mortelle et donc de survivre ! Péris donc ! ''

Doucement, son épée ombreuse repoussa la lame de la chevalière incarnate, pour la faire reculer et trouver l'instant pour retirer sa lame et frapper la jeune femme.




Pour la petite incarnate, l'image jumelle de l'Ombremage souriait tout aussi dangereusement. Cette rouge lui résistait malgré son handicap physique, démontrant une volonté forte et quasiment incorruptible.

°Pauvre lézarde insignifiante, les tiens comprenaient l'importance de garder que les plus forts et pas de laisser leur lignée s'appauvrir. Tu te crois forte alors que ce n'est qu'illusion. Laisse moi achever ta misérable existence°

Il offrit à la saurienne sa propre jumelle d'ombre, qui sauta directement sur l'écailleuse aux écailles de sang. Elle ne serait pas mortelle que les dragons d'ombre qui avaient attaqué le Kaerl Céleste, mais ses crocs et ses griffes étaient eux, bien réels pour mordre et entailler la chair. Dans un rugissement silencieux, elle se jeta donc dans la bataille pour attaquer à la place de son invocateur. Elle n'avait que ses armes naturelles, ce qui la désavantageait grandement, mais au contraire de sa jumelle de chait et de sang, elle ne redoutera pas la douleur si la petite dragonne rubis venait à la lacérer ou lui planter ses dents acérées dans la matière qui la composait.




L'orbe de feu pulsait moins fortement désormais maintenant que l'Améthyste décharnée était présente face à Arion et Darakin. Qui avait un peu l'étincelle de la magie dans le sang pouvait tenter de le contrôler. Peut-être était-ce là l'une des dernières reliques laissées par les Valherus avant qu'ils ne soient plongés dans les Limbes par la volonté divine. Chose certaine était que Drazahir avait diminué la puissante de cet artefact pour s'occuper personnellement ; ou plutôt son image, de ce chevalier-dragon là. Les deux liés neutres ne se laissèrent pas démonter par l'épreuve qu'ils venaient de supporter et se dressèrent déjà en scandant leur cri de bataille. L'image de Drazahir ricanait de leur naïveté. Comme si un dragon neutre et son petit lié pourrait le vaincre ! Ces neutres avaient toujours été des pleutres et incapables de se battre seuls ! L'impératrice mortifiée poussa un rugissement fantomatique avant de répondre à un ordre silencieux de son maître et fondit sur ses proies, ses serres noircies par les siècles de mort dressées vers eux. Pendant cette action offensive, l'orbe commençait à pulser à nouveau, avec plus d'intensité à chaque nouvelle pulsation. Fallait-il le détruire pour mieux anticiper les actions contre la monstruosité qui piquait vers les neutres ?




Pour Mave, l'ombre de Drazahir qui se dressait devant elle ne put s'empêcher de rire.

''Crois tu sincèrement que tu aurais été capable de faire plier les autres kaerls par ta seule et pitoyable volonté ? Je t'offrais cette possibilité, même si pour cela, un suzerain tel que moi aurait été nécessaire. Par ton refus, tu viens juste de te condamner à mort. ''

Un grand bâton d'obsidienne apparut dans les mains du mage pour bloquer l'assaut de l'aspirante contre son image. Le minerai ténébreux chanta d'un sifflement presque morbide. Drazahir souriait. Quelle veine entreprise. Elle n'était qu'une victime de plus à refuser son offre. Tant pis pour ces êtres trop croyants de leur réussite sur lui ! Ricanant, il frappa l'épée de l'aspirante avec une force étonnante, cherchant déjà à répliquer contre cette petite furie ardente.




Pour Lordan, le pauvre céleste, le froid lui mordait les chairs jusqu'aux tréfonds de ses os, mais le sortilège lancé par l'Ombremage ne semblait pas avoir réussi à s'ancrer en lui. Le lié noir du vil adversaire avait même fini par se détourner de lui et du jeune bronze, dissimulant son désappointant temporaire par la conversation assez particulière qu'avait entretenue Hanelvig. Mais le ténébreux saurien ne s'était pas laissé découdre, gardant confiance en la puissante magie de son lié. Ainsi en abandonnant Lordan, il s'était assuré de la neutralité du duo céleste, épargnant ainsi une dépense magique qui aura son utilité certaine contre les autres. Le croyait-il avec cette confiance aveugle des êtres à l'égo démesuré et trop sûrs de leurs propres capacités...cette pitoyable cible et son petit lézard volant n'était pas si dangereux que cela... Ah que les dures leçons de Nalesean apportaient leur efficacité, prouvant de là une preuve irréfutable d'une des limites des pouvoirs de Drazahir. Outre de pas être omniscient, il n'avait pas su se montrer assez méfiant, trop plongé dans ses croyances de remporter la victoire finale...L'ombre du dragon se retourna comme il était venu, laissant ce qu'il jugeait comme des larves dans son sillage...




Ayae fut elle aussi considérée comme une proie faible, que la peur avait faire fuir à toute jambe dès l'éclatement de la boule de feu à quelques mètres d'elle. Qu'est ce qu'une Aspirante comme elle représentait comme réelle menace pour le maléfique Mage ? Rien ! Elle n'était rien et comme pour Lordan et son lié, ce fut une aubaine de l'abandonner à son sort, affichant un sourire sordide à ce qui pourrait lui arriver dans ces souterrains abandonnés depuis des siècles. Les esprits tourmentés par sa magie ne seraient que rage et avide de vengeance, pour calmer leur peine éternelle, accentuée par la
souffrance que la présence de Drazahir leur imposait. Il était loin de savoir ce que cette petite imprudence provoquerait. La jeune femme se glissa donc dans ces sombres boyaux.

Des hurlements à vous glacer le sang, surgis du néant retentirent dès que la jeune femme dépassa la première entrée d'un des geôles... Ces cris venaient presque de partout, sauf... de devant elle, comme si le couloir plongé dans l'obscurité était son seul échappatoire. Dans ces cris, on peinait à entendre de faibles sanglots. Quelqu'un pleurait là-bas au fond. Si Ayae venait à entrer dans le tout dernier cachot, elle découvrirait une femme allongée assise sur le sol humide de sa prison, des chaînes la liant à un mur poisseux de moisissures. La peau de ses chevilles et des poignets nus sera rougie des écorchures provoquées par la morsure de ses entraves. Ses cheveux autrefois magnifiques seront ternes et emmêlés et son visage affichera des sillons creusés par ses larmes de désespoir et de culpabilité. Ses yeux ternes et épuisées se fixeront alors sur sa sauveuse potentielle, si elle venait jusque là...
D'une voix éplorée et tremblante elle dira :

''Par ma faute, mes Enfants souffrent.... Par pitié, aidez-moi à les soulager... libérez moi ! ''

Elle avait offert la Quatrième Clé, elle était prête à subir le juste châtiment pour avoir cru aux promesses mensongères de Drazahir, mais assez d'entendre la douleur des esprits et des fantômes qui hantaient son màr. Elle désirait les soulager de leurs souffrances que Drazahitr leur imposait contre leur volonté. Juste à être libérée, c'est tout ce qui lui suffira....




L'énorme dragon noir poussa un beuglement rageur contre la petite bleue et cracha une immense gerbe de flamme à son encontre. Outragé de combattre le flot d'esprits qui venaient doucement se mettre en travers de sa route, il lâcha un rugissement amer avant de fixer toute sa concentration sur ses deux proies. Peut-être qu'il était ralenti, mais elles n'iront jamais assez loin pour l'esquiver. Le temps jouaient contre elle. D'un battement d'ailes, il sut vivement réduire son allure pour tenter de mordre l'arrière-train de Sherÿan. Autant sa consœur ennemie l'esquiva autant les dragons fantomatiques lui bouchèrent la vue, la protégeant d'une certaine manière, tout en lorgnant d'un regard composé de milliers d'yeux vides l'engeance écailleuse qui cherchait à leur nuire tout comme Lynaël et sa liée. Nidhogg poussa un autre rugissement coléreux et comprit que trop tard où il avait poursuivi ses proies. Il le comprit quand l'orbe explosa.

L'onde de choc avait propulsé Lynael et sa liée vers le sol, mais il fut presque couvert d'une clameur déchirante et sinistre, à faire frémir les âmes les plus téméraires. Arion Thorne et Darakin étaient heureusement face à l'améthyste mortifiée qui se trouva sur le passage de l'onde de choc. La dragonne se cabra violemment sous la percussion, tentant de garder l'équilibre. Son cavalier qui avait commencé à incanter un sort perdit sa concentration en se raccrochant à où des épines desséchées de la nuque de sa monture. La masse fantomatique qui les entouraient se rapprochaient désormais des combattants restants. Cela ne perturba pas immédiatement Drazahir qui lança un ordre mental à la dragonne au corps décharné. Cette dernière n'eut qu'à donner un coup d'aile, ignorant totalement les blessures qu'auront pu lui infliger Darakin ou son lié.

Dépourvue de souffle, elle possédait toujours des griffes redoutables qu'elle planta dans le poitrail du Brun. Sa gueule pavée de crocs blanchies s'ouvrit pour infliger une terrible blessure à l'encolure de sa cible, quand elle se cabra à nouveau. Les os de son squelette craquèrent dans un bruit sec et écoeurant. Son maître poussa un cri surpris. L'Améthyste lâcha Darakin, ignora le bipède vivant qu'elle avait juste sous ses orbites et elle se laissa tomber... pour percuter Nidhogg qui avait cherché à contre-attaquer Thorne et son lié par en dessous d'eux. Les esprits des dragons gémirent un hurlement qui ressemblait à un rugissement de haine et de vengeance. Nidhogg ne put esquiver l'attaque impromptue de l'Améthyste, sentant ses crocs infectes se planter dans ses lourdes écailles noires. Le dos de l'Améthyste ne marquait plus la présence de l'Ombre mage.




Drazahir enrageait de ce revirement imprévu. Il avait un peu sous-estimé ses adversaires. Les esprits du Kaerl Maudit n'étaient plus contenus ! Mais ce petit contre-temps ne permettra jamais pas à ces âmes maudites de faire quoique ce soit contre lui. On ne le dominera jamais ! D'un sourire ravi, il chassa son bref écœurement de perdre face à ces faibles par les circonstances avantageuses que les petits héros avaient su gagner sur lui en détruisant les orbes. Comme si cela suffirait à le vaincre... Ces mortels le supplieront de les achever ! Ils étaient si loin de mesurer ses vrais pouvoirs. Avec une aspirante perdue dans les cachots, avec deux chevaliers-dragons si inexpérimentés mis hors de combat avec leur lié respectif, on lui avait offert la possibilité de reconcentrer ses efforts sur les autres qu'il affrontait en même temps.

Il ricana, baigné la lueur verdâtre de l'orbe qui le dominait derrière lui, savourant avec délice des complaintes hurlant des têtes de dragons qui ondulaient tels des serpents qui cherchaient à s'enfuir loin de toute cette douleur qu'ils subissaient. Eux ne pouvaient pas s'échapper de la magie de Drazahir qui les retenait. Drazahir les aspirait comme une sangsue se gavait du sang chaud d'une proie faible et sans défense. Doucement, protégé par sa magie du regard des mortels occupés avec une de ses images, il tourna sa tête encapuchonné vers Sveargith qui tremblait de toute ses membres. Jamais, oh combien jamais le Brun n'avait été dans cet état, dominé par l'esprit vil de l'Ombremage. Le pauvre dragon céleste avait tenté d'intervenir vers son lié, ce dernier en proie à la brûlure intense des marques noires qui gravissaient le long de son bras. Avec Nidhogg qui saura s'occuper d'Arion et de Darakin une fois l'Améthyste réduite en morceaux, Drazahir aurait le champ libre pour occire le Maître-Dragon Céleste. Qu'il était savoureux de tenir un lié quand on menaçait de lui arracher la vie d'une simple pensée. Drazahir aurait cru le Brin plus combattif. Quelle aubaine en voyant sa faiblesse et de voir le lié recroquevillé dans sa douleur !

Ce qui fut malheureux pour Drazahir fut l'avancée des recherches sur les Clés d'Ouranos. Dans une soudaineté presque foudroyante, il sentit la magie puissante commune des Clés vibrer dans sa puissance. L'interstice qu'il avait su fermer venait de se rouvrir !

''Non ! Cela ne se peut ! C'est impossible ...! ''

Cette perturbation qu'il n'avait pas cru possible le perturba suffisamment pour que les doubles de sa personne qu'il contrôlait se figèrent quelques secondes, affichant un air ahuri et surpris de cette improbabilité. Non ! C'était impossible ! Comment avaient-il pu réussir à en trouver une ?

Le double de Drazahir qui combattait Mave s'était figé alors qu'il allait porter un coup fatal à la jeune aspirante.

La jumelle d'ombre de Sethyl poussa un glapissement pitoyable, comme si elle ne savait plus comment agir contre Sethyl.

L'autre jumeau de Drazahir abaissa son épée d'ombre, comme si sa conscience s'était vaporisée autre part.

Nidhogg sentant le désarroi soudain et immense de son lié fut presque tétanisé dans son assaut contre ses proies, laissant un délai suffisamment court pour les esprits maudits du Kaerl de le rejoindre et le gêner plus encore dans ses actions. Drazahir n'aurait jamais du négliger la possibilité des esprits maudits à agir contre lui s'ils venaient à se libérer... Mais comme il avait toujours cru être capable de les contenir à jamais.....

Ce bref instant de répit, donné par les Clés, suffit à Peddyr et à ses pairs de frapper la puissance que Drazahir déployait contre eux. : Pour les compagnons du Célestes, ils pourront tirer profit de l'inaction brève de leur adversaire pour frapper durement et sûrement, et pour Peddyr, tenter quelque chose sur cet orbe qui palpitait de cette magie verte et battant comme un coeur de démon arraché hors de son propriétaire. Luttant contre les brûlures de la Marque noire qui remontait désormais sur son épaule et son torse, il tendit sa main vers l'aretfact pour invoquer son pouvoir. Une magie simple à la base. Peddyr avait su invoquer sa magie pour ''repousser'' certains coups ou de petits sortilèges. Cette fois, c'était le coeur même du pouvoir de cet orbe qu'il visa, le centre même de cet objet maléfique. Sveargith essaya de l'aider du mieux qu'il put en prêtant sa force.

L'orbe vibra doucement au début, avant de trembler de plus en plus sur son socle, ne pouvant résister à la magie extérieure qui l'attaquait dans son centre même; L'Ombremage n'eut pas le temps de se reprendre que la surface d'aspect de verre de l'artefact se fendilla avant d'imploser....Un hurlement uni de milliers de cris de délivrance retentit dans tout le Kaerl. Drazahir hurla plus fortement et ceux qui affrontaientt son lié draconique pourrait voir Nidhogg se contorsionner de douleurs face à la déperdition de puissance soudaine. Mais le dragon malveillant saura reprendre du poil de la bête pour ne pas perdre la face dans le combat qu'il menait.

Les doubles de Drazahir apparaîtront comme moins tangibles... plus transparents... Et tous ceux présents dans l'immense salle à l'orbe verdâtre remarqueront une silhouette encapuchonnée supplémentaire surgir du néant... Drazahir en personne apparaissait aux yeux des mortels qu'il souhaitait tant abattre !

Drazahir avait commis une énorme faute, se fiant trop à sa capacité d'emporter la victoire sur les trois Kaerls et leurs habitants....Une chose que toute personne assidue n'omettait que rarement : la puissance des deux liés est unie en une seule....Restait à savoir si les adversaires courageux sauraient s'en rappeler pour poursuivre leur lutte acharnée contre l'immonde Mage des Ombres.

Un chevalier-dragon céleste apparut quelques instants après non loin de là. Lordan et son lié avaient entendu l'appel de Sethyl, malgré leur situation précaire précédente.

L'Ombremage poussa un immense cri de frustration. Il perdait du terrain ! Mais que cela tienne, il était encore là, il disposait de ses pouvoirs. Il aurait les clés restantes ! D'ailleurs, il commençait à pénétrer l'esprit des autres aspirants marqué de sa magie noire. Il devait gagner du temps pour gagner contre ses assaillants. Une fois ces derniers défaits, il aura tout le loisir de s'occuper de ces petits mains qui cherchaient les clés ! Oui, il avait cerné deux marqués, deux jeunes gens qu'il allait subjuguer pour perturber leurs congénères. La victoire sera sienne ! [HRP : ce paragraphe sert à faire un petit lien avec Drazahir interférant mentalement Avec Asulil et Asshai, pendant qu'ils recherchaient les premiers clés]

L'orbe verdâtre détruite, Peddyr s'était effondré. Loin d'ici, dans les cachots du kaerl Neutre, une victime de Drazahir hurlait.



[HRP : A partir de ce post, nous entamons le dernier tour.
Désolé de l'attente et désolé du possible bâclage du post. N'hésitez pas à venir me MP s'il y a une incohérence ou autre soucis Clin d'Oeil.
Sinon, faites vous plaisir dans les combats qui vous opposent aux doubles de Drazahir et/ou à Drazahir en personne, après tout, faut bien le faire subir un peu après ce qu'il a osé commettre :p]



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Lun 8 Sep 2014 - 20:05 Répondre en citantRevenir en haut

Le bruit de l’acier tintait durement à ses oreilles. Son adversaire savait parfaitement se servir d’une arme et Lilwen peinait à maintenir sa garde alors que la douleur irradiait le long de sa marque. Elle percevait la haine de l’Incarnate qui faisait écho à la sienne, donnant plus de corps à leurs attaques. Malgré leur difficultés, l’Incarnate informa sa Liée d’une information capital.

° Le Lié de Drazahir est lui aussi dans la lande ! Darakin et Sherÿan tente de le défaire. °

Le Légat para un coup particulièrement rude qui l’envoya au sol. Elle roula sur elle-même avant de se redresser aussitôt en profitant de son élan. Plus rien ne comptait mise à part son adversaire et pourtant, les paroles de l’Incarnate trouvèrent un écho en elle.

° Nous devrions porter une attaque simultanée. Leur magie doit être très puissante mais un coup asséné aux deux en même temps aurait peut-être une chance de les déstabiliser et de nous donner une ouverture plus grande pour lui porter un coup fatal. °


° Ça peut marcher. °

L’Incarnate esquiva les crocs de sa jumelle ténébreuse tout en s’adressant aux deux dragons qui affrontaient Nidhogg.

° Nous allons tenter une attaque coordonnée. Attendez notre signal, puis porter atteinte à ce démon. °

La colère de l’Incarnate était frémissante, ces pupilles de braises dardant un regard acéré sur le produit de la magie de l’Ombre. Lilwen, quant à elle, attendait le bon moment qui lui permettrait de mettre son plan à exécution. Alors qu’elle allait parer un nouveau coup, Drazahir feinta et parvint une nouvelle fois à l’envoyer au sol. Comme au ralenti, la demi-sang vit une petite pierre de grenat rouler sur le sol devant elle. La pierre de Qahra venait de tomber de sa poche. Plusieurs choses se passèrent alors simultanément.

Un cri de frustration jaillit des ténèbres alors que son adversaire devenait moins tangible et plus distant. Elle sut que c’était le moment lorsqu’elle aperçut une autre silhouette, plus réelle cette fois-ci. Suivant son instinct, Lilwen attrapa d’un geste la pierre rouge qu’elle crut sentir pulser entre ses doigts serrés. Depuis que cette gemme lui avait été confiée sur Qahra, jamais elle ne l’avait utilisée, craignant une magie ancestrale qu’elle ne connaissait pas. Pourtant, elle sut parfaitement comme l’utiliser, comme si elle l’avait toujours su.

Elle murmura :

Luithia Rill Elanor.

Le Légat su alors qu’elle ne pouvait être vue, elle était devenue l’Ombre et les Ténèbres. Elle se redressa et son arme toujours en main, courut jusqu’à la forme de plus en plus tangible qui se tenait en retrait dans la vaste salle, souhaitant plus que tout qu’il ne la découvre pas.

Lilwen affermit sa prise sur son épée. La voix des deux Liée résonna dans les esprits.

° MAINTENANT ! °


Drazahir abaissa ses yeux sur elle, comme s’il la découvrait. Etait-ce de la surprise ou de la peur sur son visage, elle n’en savait rien. De toutes ses forces, elle poussa sur son épée de manière à ce que celle-ci transperce leur ennemi de part en part. La douleur embrasa alors son corps et elle ne perçut plus que le rugissement haineux et impuissant d’une Incarnate.


Je me suis lâchée pour le dernier post xD N'hésiter pas à me dire si quelque chose ne va pas ^^ Je vous laisse lui faire sa fête à ce monstre Evil
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mar 9 Sep 2014 - 23:11 Répondre en citantRevenir en haut


Arion Thorne & Darakin



Le duel paraissait terriblement inégal. Et la fin inéluctable. Arion était couvert de sang et de cendres de la tête aux pieds. Darakin ne semblait pas au mieux de son apparence non plus. Ses ternes écailles laissaient s’égoutter des sillons mêlés de sang et de crasse. Sa gueule vomissait des flammes jusqu’à l’épuisement. Une large estafilade barrait son poitrail. Et ses ailes faiblissaient. Un coup porté du cadavre ensorcelé, dans le flanc du dragon brun, manqua précipiter le Chevalier Englouti par-dessus bord. Il s’agrippa de toutes ses forces au harnais de combat. Darakin siffla de rage autant que de douleur. Plus vif et plus endurant qu’une Reine en temps normal, le Brun menaçait néanmoins de faiblir avant cette maudite Améthyste ressuscitée par la magie noire.

Quand surgit soudain une dragonne bleue et sa cavalière, que la Reine cadavérique fit une embardée et qu’une ombre gigantesque masqua le peu de lumière des lieux, Arion Thorne crut sa dernière heure venue. La situation lui échappait totalement. Tout se fondait en un déluge de violence, de bruit, de douleur et de poussière. Le Fëalocë ne distinguait plus rien de ce qui l’entourait. Ce qui le rattachait encore à la réalité demeurait la sensation des muscles puissants roulant sous l’épiderme de son Lié. Il ne voyait pas ce que faisait Lynaël et sa Liée. Il était comme anesthésié. Plus de peur, plus de regrets, plus de douleur.

L’Empereur Noir brisa une des ailes de Darakin. La souffrance fut si vive qu’il ne cria pas. Arion fut jeté à bas de son Lié. Sonné, il jeta des regards paniqués autour de lui. Il se produisit alors l’inespéré et l’impensable. Des nuées de spectres firent soudain leur apparition, tourbillonnant autour de Nidhögg. Cette foule hurlante et gémissante de visages et d’écailles fantômes entouraient le grand dragon. Elle le harcelait avec fureur, plongeant le Lié de Drazahir dans l’affolement. Quelque chose venait de se briser dans l’air. Tous le sentaient. L’emprise du Maître des Ombres faiblissait. Arion ferma les yeux, un sentiment d’achèvement au cœur. Cette lutte avait un goût de…

° Enfin. °

***

Aubiade entendit des pas feutrés, faits pas de petits pieds menus, sur les froids pavés des cachots. Ses chaînes tintèrent tandis qu’elle essayait de se redresser. Ses yeux fatigués fouillèrent l’obscurité à la recherche de son bourreau… Ou de son sauveur.

- S’il-vous-plait, croassa-t-elle d’une voix faible. Libérez-moi, juste un instant, que je puisse soulager la douleur de mes protégés… Ces ruines sont encore MON Kaerl, vous ne pouvez pas m’empêcher d’aimer et de me battre pour ces souvenirs !... Je vous en supplie… Si vous ne pouvez pas me libérer, tuez-moi…

Elle eut un hoquet de douleur. Puis un sentiment puissant d’exaltation l’envahit. C’était comme si elle n’avait jamais réellement respiré auparavant ; et qu’elle venait soudain de prendre sa première véritable bouffée d’air frais. Quelque chose avait changé. L’Interstice se rouvrait.

Les pas s’approchaient. Et avec eux sa délivrance. Car l’odeur était celle d’une Ondine, une créature bien vivante et porteuse du Don. Sa sauveuse.

- Pitié, aidez-moi ! J’ai la Quatrième Clé !... Si vous me libérez, je vous la donnerais !... Sauvez mon Màr !

Si jamais elle sortait vivante de ce tombeau sordide, où l’avait enchaîné et torturé Drazahir, sa vengeance serait terrible à l’encontre du Maître des Ombres et de son maudit dragon noir. Oh oui, songea-t-elle avec un sourire carnassier. Vraiment horrible serait leur châtiment.

***

Un brusque regain d’adrénaline fit se redresser le Croc d’Argent. Plutôt être maudit que de baisser les bras ! Le jeune homme chercha des yeux son tsalion. Une fois en main, il se jeta en avant vers son dragon blessé. Darakin souffrait mais l’adrénaline, tel un feu liquide, qui circulait dans ses veines, lui donnait l’énergie nécessaire. Il aurait tout le temps de se faire dorloter une fois au Kaerl. Il remonta en selle, attendant le signal de l’Incarnate Sethyl. Lorsqu’il lui parvint enfin, le couple d’Engloutis fendirent les rangs de spectres, aux côtés de la Chevalière Bleue, pour se jeter sur un Nidhögg impuissant.

Il y eut un choc sourd, celui des chairs et des armes s’entrechoquant avec violence, suivis d’une chute vers le sol. Darakin s’agrippait de toute la force de ses serres à l’abdomen de l’Empereur de nuit, déchiquetant son poitrail avec ses crocs. Arion enfonça son tsalion entre les sombres écailles avec tout son poids. Il serra les dents, concentré sur sa tâche. La lame racla sur un os. Le choc désarçonna le Chevalier qui atterrit pêle-mêle dans le sable gris. Darakin poussa un cri déchirant. Arion s’inquiéta de ne pas le voir à travers la tempête poussiéreuse provoquée par les mouvements des ailes des dragons. Il pensa à Lynaël et sa Bleue, se demandant si elles étaient encore en vie. Il pensa à la belle Eriméa, sa jeune Verte et à la Marque Noire.

Son souffle s’accéléra. Il manquait d’air. Il aperçut une grande masse brune se précipiter vers lui. D’immenses ailes noires s’abattirent avec fracas sur le sol. Nidhögg était-il tombé ? Il tenta de se relever mais la tête lui tournait. Quelqu’un criait auprès de lui. Il ferma les yeux un instant en espérant éclaircir sa vision. Il lui sembla que des doigts délicats, aussi évanescents que la brise du matin, lui ouvraient la bouche pour en extirper sa respiration. Il fut pris d’une irrépressible envie de rire. Tout ceci était ridicule. Avait-on remporté la victoire ? Avait-on gagné, oui ou non, ce combat contre le Mal ? Il rouvrit les yeux. Rien n’avait changé. Soudain, il faisait presque nuit. C’était étrange. Il y eut un tremblement dans la terre meuble près de lui. Comme le corps d’un dragon qui s’effondre.

° Darakin ?
Je suis là. Nous sommes ensemble. °


Soulagé, il essaya à nouveau de bouger. Aucun muscle ne lui obéissait plus. Il ne parvint pas à articuler quoique ce soit. Bah, se dit-il, les guérisseurs du Màr Luimë auraient tôt fait de le remettre sur pieds ! Le jeune homme avait mal partout, ou plus du tout, cela dépendait du point de vue. En revanche, son esprit n'avait jamais été si alerte. Ils avaient vaincu, il le savait ! Son dragon près de lui, l'espoir était permis. Il poussa une profonde expiration. Son cœur s’arrêta de battre.

Isashani vint prendre le dernier souffle d’Arion Thorne par un baiser sur ses lèvres déchirées. Tandis que haut dans le ciel, Flarmya pleurait la mort d’un de ses enfants.

La victoire a toujours un prix.


Cî-gisent Arion Thorne et Darakin, héros morts de la Quête ! Le dragon s'est jeté dans l'Interstice juste au moment où son Lié cesse de respirer. Je n'ai pas décris comment est mort Arion mais on devine facilement qu'il est dans un terrible état. Bonne chance pour la suite de la quête !



Visiter le site web du posteurMSN
Mave Arkias
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MessagePosté le: Ven 19 Sep 2014 - 03:44 Répondre en citantRevenir en haut

Mave esquissa un sourire en coin lorsque le sombre mage prononça ses paroles. Ce que certains personnages étaient prévisibles. L'Ardente brisa l'échange et se remit prestement en garde après la parade de Drazahir. Plus concentrée que jamais, aussi étrange que cela pouvait paraître, sa rage lui conférait une attention étonnante. L'adrénaline gonflant ses veines ne débordait pas sur ses émotions que l'Ardente semblait enfin contenir à bon escient. Elle était calme, pourtant bouillante du fureur à nulle autre pareil, était-ce là le secret de la volonté dont lui avait parlé son maître ? Elle n'en avait cure. En cet instant, Mave se sentait aussi confiante qu'une incarnate et le laissait paraître dans son regard brûlant d'une ardente détermination.

Elle para un puis deux coups du mage avant d'asséner à son tour un coup de taille. Il dévia la lame qui crissa en glissant et frappa la jeune Torhille à l'abdomen dans un même mouvement. Il enchaîna avec un violent coup au genou mais Mave para cette feinte qui permit au magicien de frapper son flanc gauche alors découvert. Une plainte étouffée secoua la poitrine de la petite guerrière qui se remit immédiatement en garde. Les dents serrées, expirant lentement, elle se vida l'esprit. Il leva son arme et elle s'engouffra dans sa garde pour tenter de l'étouffer entre ses bras de torhille. L'image s'évapora pour reprendre consistance dans le dos de l'Aspirante qui accusa un revers en pleine mâchoire en se retournant. Le mage continua d'asséner coup sur coup, cessant de se distraire avec l'inexpérimentée qu'elle était. Chaque coup était plus violent que le précédent, plus précis, plus rapide. Mave peinait, perdait du terrain, accusait les chocs en silence et tentait de rendre les coups.

C'est dans un énième enchaînement qu'il obligea la Torhille à lâcher son arme. Elle n'eut même pas le temps de l'entendre teinter que déjà il frappait de nouveau, la laissant sans répit. Elle tentait de se protéger de ses bras, il frappait fort et l'acculait. Elle réussit bien à frapper des poings une ou deux fois, elle ne savait plus, mais cela n'avait pas eu l'air de le perturber grandement. Quand dans un accès de rage Mave se rebella contre le rythme effréné, elle saisit l'arme de Drazahir au vol et la bloqua des deux mains. Ses yeux emplis de colère laissaient deviner une détermination féroce, elle ne comptait pas lâcher prise. L'arme changea alors de forme et prit l'apparence d'une lame crantée sur laquelle Mave resserra sa prise sans hésiter. Le défaut de ses lames était qu'elles s'accrochaient facilement dans ce qui leur opposait résistance, la chair par exemple. L'Ardente sentit bientôt les vifs picotements que lui provoquèrent les secousses imprimées par le mage pour dégager son arme tandis qu'elle essayait de la lui arracher. La peau pourtant travaillée de ses mains ne résista pas beaucoup plus longtemps lorsqu'il modifia à nouveau l'apparence de sa lame. La rendant lisse et tranchante comme un rasoir, elle glissa comme sur du beurre et arracha un grognement de douleur à l'Aspirante.

Dans un réflexe stupide, elle plaqua ses mains sanguinolentes contre elle. Cela ne servait à rien, la douleur se contenait d'elle-même de toute façon. Drazahir ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir. Taille, estoc, taille, feinte, Mave ne pouvait que reculer et esquiver pour préserver sa vie. Elle n'arrivait même pas à détacher ses yeux de son adversaire pour trouver une arme de fortune. Vint un moment où elle trébucha. Ses mains tâtonnèrent pour trouver un projectile, seule la douleur donnait réponse à son toucher. Elle était perdue. C'est les yeux écarquillés, rageant contre sa faiblesse, que Mave fixa l'arme du Mage. Elle paniquait, sentant l'étrange force l'habitant se répandre à toute allure dans ses veines comme l'instrument de mort se levait au-dessus de sa tête.

Pourtant cette dernière resta en suspens et la silhouette s'immobilisa un instant. Emportée dans son élan, Mave ne retint pas le fluide qui eut pour effet de projeter le mage à une dizaine de pas. Vidée d'un coup, c'est l'adrénaline qui la poussa à bouger, la conscience du danger qui la fit se précipiter sur la silhouette hésitante. Il n'en fallait pas plus à l'Ardente petite furie pour que celle-ci bouscule l'homme avant qu'il n'ait le temps de reprendre constance. L'épée ensorcelée vacilla et s'effrita avant même de toucher terre comme Mave serrait les dents en martelant le corps de l'Ombremage de ses poings teigneux. Quelque chose sembla bizarre à la Torhille. Où était passée l'adresse sadique du magicien ? C'est lorsque son poing serré traversa la silhouette, devenue brumeuse, de part en part que Mave se permit de fixer son attention sur le reste de la scène.

Éreintée, Mave reprenait son souffle. Ses doigts tremblants ne lui répondaient pas tant la douleur crispait ses chairs meurtries. Divers hématomes marbraient sa peau et quelques coupures, assénées par la Mage dans son amusement digne d'un chat jouant avec une souris, faisaient courir sur son corps de sombres rigoles sanguinolentes. La fière aspirante faisait peine à voir pourtant son regard restait alerte et orgueilleux. La pitié n'était pas permissive, qui plus est quand le corps de son ennemi n'était pas encore à ses pieds.

Enfin elle le vit, elle se dirigeait en courant vers le Mage quand Lilwen transperça leur tortionnaire de son épée. C'était beau. L'Aspirante fronça les sourcils en ralentissant. Cela allait-il se dérouler ainsi ? Plus de tour de passe-passe ? Plus d'invocation démoniaque ? Les choses lui paraissaient d'un coup trop simple après tout ce qu'ils avaient affrontés pour arriver jusqu'ici. Elle n'aurait su dire si c'était son instinct qui lui jouait des tours ou sa magie qui était sollicitée par ces lieux maudits mais Mave avait un goût amer lui venant en bouche, un irrépressible malaise. Ce sentiment ce fortifia lorsque des cris qui n'avaient plus rien d'humain se turent et que leur échos résonna dans ce hall éclairés tantôt par une orbe verte. Où était-elle cette lumière d'ailleurs ? Les cris s'étaient tus et c'est bien cet étrange silence qui avait fait prendre conscience à Mave de l'existence de ces sons.

Pourtant rien d'autre ne se produisait. Il semblait bien que la victoire leur appartenait et cela provoqua un certain soulagement qui détendit l'atmosphère. Tout autant que cela la faisait enrager ! Après tout ce qu'il leur avait fait subir, ça se finissait ainsi ? Il y avait de quoi être déçu ! Mave serra les poings et se mordit l'intérieur des joues pour contenir sa colère, la douleur aidant à se raisonner parait-il. En vérité, elle était frustrée de ne pas avoir pu faire souffrir mille mort à cet être tant exécré. C'était trop doux comme mort ! L'Ardente enrageait et sifflait parfois ses pensées belliqueuses entre ses dents lorsque ses pensées lui échappaient. Pourtant, peu à peu, ses pensées se firent moins revanchardes et un certain apaisement s'empara de son esprit. La fatigue reprenait ses droits comme la misère s'abattait sur le monde et Mave peinait à lutter. Vidée, voilà ce qu'elle était. Disparue sa flamme de volonté destructrice, envolée sa ferveur combative, Mave se sentait vide.

Voilà, j'espère que cela ira sinon me contacter par lézard express Angel
Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Jeu 2 Oct 2014 - 10:52 Répondre en citantRevenir en haut

Physiquement, Lordan ne valait plus grand chose pour poursuivre la lutte. Le froid d'origine magique qui le saisissait jusqu'au tréfonds de son être le secouait de tremblements violents et il eut tout le mal possible à s'attacher dans le harnais de combat. ces sangles permettaient de se livrer habituellemnt aux exercices d'entraînement particulièrement périlleux, voltige, envol ou atterrissage dans des circonstances scabreuses. Il ne se sentait pas même la force de se cramponner aux écailles de crête de son dragon et il fallait s'envoler au plus vite de ce sommet de tour qui menaçait ruine. Il sentait le froid lui paralyser toutes ses facultés. Le désir de dormir pointa brusquement comme un refuge contre le découragement.
Cependant, Hanelvig n'était pas blessé – il semblait que le grand saurien noir colérique et arrogant ait méprisé ce jeune dragon terrorisé et incapable d'apporter une aide efficace à ses amis. Le Bronze sentit la défaillance de son lié et il rugit très fort tout en le prévenant :

*Tu es attaché ? Alors je décolle !*

Tout un pan de la tour s'était mis à s'effriter puis à glisser en un flot de sable et de gravier, comme si les pierres se délitaient sous la poussée de la magie qui les avaient attaquées. L'espace vibrait de tensions surnaturelles. Les deux Célestes s'élancèrent. Leurs compagnons combattaient sans doute d'autres monstres issus des sortilèges de Drazahir. Des bruits surgissaient de partout, cris de terreur ou de haine, plaintes désespérées, bruissements de l'air rempli de passages d'abord indistincts. Puis des ombres ailées ou des silhouettes vêtues de brumes, se tordant sous les poussées de forces invisibles, vinrent encercler les ruines figées dans leur désolation . La brume au sol s'épaississait.

*Ho ho -*gronda le dragon qui s'éloignait, les ailes brassant de toute son énergie un air qui semblait se raréfier *- Que je n'aime pas ça ! et je ne peux même pas te réchauffer de mon corps de saurien, mon pauvre frère gelé ! Je vais t'apporter à Maître Thelrand. Il nous dira quoi faire. L'incarnate nous a donné la position où sont les Maîtres. Allons-y. De toutes façons, il faut combattre. Tu ne peux pas trop bouger mais d'après les indications, nous allons devoir entrer dans un tunnel, des couloirs, et je vais devoir me transformer. Je pourrais plus facilement te réchauffer en me réchauffant moi-même. Mais je crois plus au fait que la magie que tu subis va s'effacer, surtout si le vieux débris doit se concentrer contre une attaque de front. Tous nos camarades doivent avoir entendu.
*Pourquoi ne me dis-tu rien ?. Ne laisse pas la brume entrer dans ton âme. Parle, Lordan Ventaren. Parle-moi  ! *


- wou. ; wou ..woui.. la.. ma..ma..gie ..gie...lancé -é-é- ...

Claquant des dents, Lordan, ahuri de froid, avait répondu à voix haute et le son de sa voix le sortit de sa torpeur. Il repassa au langage mental, ce qui lui apporta un réconfort immédiat. Le Lien demeurait, fort et intact.

*Un sort lancé par un doppelganger ne dure que le temps pour le lanceur de demeurer encore distinct de son double. Le dragon géant a disparu . Le sort est en train de disparaître mais il me faut le temps de retrouver ma chaleur endogène ; le physique est parfois plus long à récupérer que le mental.*

*Je pourrais allumer un feu avec les débris de bois et lianes desséchées dans la bordure des Landes, mais toutes ces formations d'ombres qui disparaissent dans les murs et le sol comme si elle étaient absorbées... C'est étrange. Je les sens moins hostiles que souffrantes, désolées, déchirées.. Plusieurs magies sont à l'oeuvre. Retrouvons Maître Thelrand. Je crois percevoir Sveargith mais toutes ces âmes interfèrent.. je vais suivre la trace du Dragon de mon kaerl.*

Ils arrivaient devant une sorte de grande entrée, sans doute autre fois un portail majestueux devenu un trou béant. Hanelvig se posa en tentant de ne pas se blesser car des blocs de pierres encombraient tout l'espace et il restait assez lourd dans sa manière de se recevoir sur un terrain étroit.
En très peu temps le dragon apparut sous sa forme humaine et il prit les sacoches qu'il portait en vol, accrochées sur la septième dorsale pourvue de deux aiguillons particulièrement résistants. Il en tira une cotte très fine de mithril. Nalesean , le Maître des soins, avait remis à Lordan le précieux filet de pêche de son Maître Maëvann, après qu'elle eut disparu du kaerl et, quand Hanelvig était devenu capable de se transformer, le filet avait été refondu pour lui en cette cotte quasiment impénétrable et d'une idéale légèreté. Une dague complétait l'équipement. Le dragon n'était pas très amateur de combats mais il se défendait bien et la force de ses coups compensait son manque d'entraînement. De surcroît, il avait mis au point une tactique assez particulière du jeu de jambes à partir des techniques de combat de rue que lui avait transmises l'ancien marin qu'était son lié.
Lordan se tenait debout avec peine et laissa Hanelvig lui sangler son katana, cadeau hérité aussi d'un Maître disparu et qu'il ne portait que rarement ne s'en estimant pas vraiment digne. L'arme n'était pas magique mais d'une beauté absolue. il glissa sur son avant- bras le bouclier rond, Athank, qu'on lui avait permis de conserver à la fin de la Quête des Vertueux. L'objet avait perdu sa magie mais il demeurait très efficace pour la défense , ce qui convenait à Lordan. Enfin, le dragon prit une des fioles de la trousse de guérisseur qui ne quittait jamais les fontes du chevalier et en fit glisser quelques gorgées entre les mâchoires cliquetantes de son lié. L'effet fut d'abord de le faire s'étrangler, tousser et des larmes lui vinrent aux yeux. Hanelvig tapa dans le dos du malheureux et commenta avec sa voix grave et calme d'humain :

-Ne t'en fais pas. J'ai ajouté à ta tisane un peu de ce brandy d'Orën que tu utilises pour nettoyer tes instruments. J'ai noté que cela avait un effet revigorant très rapide.

Lordan rougit brusquement, toussa encore, mais son souffle retrouvé et après un bref instant de réflexion, il reprit la fiole des mains de son dragon et en reprit une lampée.

-Tu as raison ! Cela provoque nettement un afflux de sang vers l'estomac et donc le coeur. C'est plus efficace que l'hydromel et la cervoise ! Mais il ne faut pas en abuser ! En route.

  Le début de leur marche fut pénible, Lordan encore raide de froid. Mais le trajet dans les corridors le dégourdissait peu à peu .
La grande salle qui s'ouvrit brusquement devant eux les surprit. Une lumière verte émanant d'un orbe de puissante magie éclairait plusieurs scènes mouvementées et sa lumière les éblouit, les immobilisant dès l'entrée. Des flammes rugissantes sortaient de gueules menaçntes, des chevaliers combattaient avec rage de noirs dragons maléfiques. Les apparitions que Lordan et Hanelvig avaient croisées en arrivant se pressaient sous l'immense voûte. La jeune aspirante Ardente couverte de sang, se mit à courir vers une silhouette humaine indubitablement réelle, sans cette aura vibrante des créations de la magie.
Soudain l'orbe disparut, la lumière phosporescente plus douce qui la remplaça et une sorte de calme relatif remplacèrent le chaos. Lordan aperçut la dame Ardente combattant avec maestria contre le Mage mais à ce moment il découvrit avec horreur des corps étendus et Peddyr Thelrand gisant au sol. Lordan se précipita, l'émotion, en accélérant les battements de son coeur, lui rendant un peu de sa vivacité. Il se jeta à genoux auprès de celui qu'il considérait comme le plus grand guerrier des Célestes et le plus noble chevalier de tous les Kaerls.





Dernière édition par Lordan Ventaren le Dim 2 Nov 2014 - 11:56; édité 2 fois
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