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 [RP] Que s'incline le Destin Sujet suivant
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Runa Salv
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MessagePosté le: Jeu 27 Fév 2014 - 23:59 Répondre en citantRevenir en haut



Printemps 918, Gaïaku
Une semaine après l'attaque du Màr Tàralöm.




Le soleil décroissait, il était temps de trouver refuge pour la nuit.
Au flan d'une falaise de pierres teintées d'ocre et de senois, les tentes se dressèrent une à une au fil d'une chaleur qui s'endormait. Le brasier ardent de l'air devint une brise mordante de froid. Les miliciens décidèrent de leurs tours de garde, certain pestant, d'autres pleinement satisfaits. C'est en chantonnant que les servantes s'affairaient autour de leur maîtresse. Ce septième jour de voyage sonnait la moitié de ce dernier et tous avaient hâte de retrouver un véritable lit et un toit sous lequel s'endormir. Au milieu des tentes, les flammes d'un feu de camp s'élançaient avec fougue, éclairant les ténèbres d'une nouvelle clarté. Rien ne laissait à penser que cette nuit serait la dernière pour chaque être doté d'un souffle de vie.

Runa était d'humeur joyeuse, malgré une route épuisante. Ses sourires étaient plus liés à ceux laissés pour morts de sa main que son retour à Har'lu, mais elle était heureuse. Elle avait gagné, avec en prime un attelage pour la raccompagner chez elle. Après tout, tous étaient là pour elle et cette princesse du désert n'en trouvait la situation que plus délectable. La Fëalocë fredonnait de douces chansons en se laissant coiffer par ses domestiques. Après s'être faite déshabiller, l'heure vint de se coucher. Le sommeil ne mit guère de temps à s'emparer de Runa, de sa suite, et des gardes autorisés à se reposer. Rien n'avait troublé leur itinéraire et les soldats n'étaient inquiétés que par d'éventuels voleurs opportunistes.

Plus au sud, des annonciateurs de justice approchaient. Les chevaux écumaient, pressés par leurs cavaliers vêtus de noir, au visage recouvert d'un chèche qui ne laissait rien transparaître sauf des yeux luisants, vides d'émotions. Les quatre assassins envoyés par le Sultan comptaient parmi ses meilleurs hommes et rien ne les arrêterait tant que le sang de la condamnée ne tâcherait pas le sol. Ils cachèrent leurs montures derrière un large pic de pierre, et avec l'agilité de félins, avancèrent pas à pas vers leurs proies. Tous devaient périr.

Difficilement, le premier garde de veille faisait le tour du camp, fatigué par ses pas traînant dans le sable et son armure dans laquelle il suait depuis l'aube. Sa vue était parfois troublée par une profonde envie de dormir et à chaque fois, il peinait d'avantage pour rouvrir les yeux. En un clignement de paupières, sa gorge se rida d'une balafre pénétrante d'où jaillissait un rouge éclatant et on n'entendit que quelques gargouillis d'air étouffés par le sang. Au même instant, son confrère subissait le même sort avec au moins autant de violence. Les autres hommes n'eurent pas le temps de s'éveiller, la vie leur fut prise dans leur sommeil, l'un après l'autre. Seul le bruit des lames acérées découpant la chair murmurait dans la brise nocturne. A chaque milicien achevé, les assassins s'approchaient de la raison de leur venue.

Runa somnolait plus qu'elle ne dormait, dans l'étreinte de ses draps de soie. Lentement, ses courbes s'élevaient au fur et à mesure de ses inspirations et expirations. Lentement, les assassins approchaient d'elle, sans doute déjà satisfait de leur contrat achevé. Une dague trancha la gorge de la première servante, sous le regard de la seconde qui ne dormait pas tout à fait. Son hurlement étranglé ne dura que quelques instants, rapidement tu de plusieurs coups de poignard affolés. Un hurlement bref qui suffit à réveiller Runa.

Elle se leva avec précipitation, émergeant de sa tente avec le regard d'une femme terrifiée, le tout pour ne trouver que cadavres et assassins qui l'encerclèrent immédiatement. Elle était cernée d'êtres habillés d'un noir impénétrable et dont les poignes brandissaient des armes souillées de vermeil. Dans la confusion et la surprise, elle recula et la paume de ses mains se heurta à la falaise rocailleuse contre laquelle le camp s'était établi. Pour l'une des seules fois de son existence, Runa connut la peur, une peur profonde et dévorante. Un frisson inévitable lui trancha l'échine. Elle était le gibier sans défense de quatre fauves affamés. Son cœur s'emballa, battant une mesure qui d'ordinaire ne se jouait que lorsqu'elle entrait dans une colère noire. Un malaise grandissait en elle : Runa était perdue. Ses pensées voguèrent un instant vers des horizons de mort et d'inachevé. Elle ferma les yeux et se recroquevilla, pour ne rien voir de sa fin. Un temps infini sembla s'écouler. A chaque seconde, un souvenir. A chaque seconde, elle se rappelait ce qu'elle avait été. Ses victoires, ses échecs. Elle se rappelait ce qu'elle aurait pu être.
Et ce qu'elle était toujours : une battante, une conquérante.

* Non, mon heure n'est pas venue...*

Un assassin s'avança, fébrile, pressé de répandre le sang. Elle rouvrit les yeux, son regard était désormais empli d'une détermination complète. Les flammes du feu de camp dansaient dans l'ambre de ses iris.

Vous n'aurez pas ma vie. Vous n'êtes pas digne de la prendre.

Un élan nouveau prit place. Elle fronça les sourcils, les yeux clos, comme pour mieux se souvenir, le dos des mains tourné vers le sable. Elle répéta en elle une dernière fois avant de prononcer ces mots d'un ton plus qu'assuré :

Elden rensar hugen min... KAUN LOGEN BRENN !*

Une aura de flammes embrasa la Fëalocë, des flammes enragées par sa propre témérité. Des flammes qui ne blesserait personne, mais qui suffirent à déconcerter les assassins. Ils reculèrent d'un pas mais ne renoncèrent pas, Runa ne tiendrait pas une éternité. Tout n'était désormais plus qu'une question de temps.


*"Les flammes s'emparent de mon esprit, QUE TOUS BRÛLENT !"



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
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Dernière édition par Runa Salv le Sam 22 Mar 2014 - 20:45; édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 27 Fév 2014 - 23:59 Revenir en haut

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MessagePosté le: Ven 28 Fév 2014 - 20:00 Répondre en citantRevenir en haut

Et ce temps se jouait déjà. Un des assassins faisait déjà un pas vers la jeune femme quand un puissant rugissement retentit au-dessus d'eux. Des pierres roulèrent brutalement du sommet, sous les griffes d'une immense créature aussi sombre que la nuit. On peinait à discerner l'exactitude de sa taille, mais il était immense ! Sa silhouette masquait les étoiles de la voûte nocturne. Ses ailes de chauve-souris claquèrent quand il bondit dans les cieux pour se poser avec force derrière le quatuor d'assassins. Le grondement caverneux du monstre ne laissait rien présager de bons. Deux des tueurs reculèrent d'un pas, levant futilement leur dague vers l'être ténébreux.

L'animal ailé poussa un autre grondement plus agressif et frappa le sable avec sa queue, avant de reculer de plusieurs pas. En se retirant, il dévoila la silhouette plus menue d'un bipède, tout aussi sombrement vêtu que les assassins. A la différence près de sa longue crinière argentée, contrastant avec la nuit même. Un ricanement retentit de sa gorge, aussi diabolique que la présence de son allié gigantesque.

Un des assassins cracha une injure et s'adressa à ses comparses. Visiblement il parlait d'un chevaucheur de démons, où d'un équivalent. Mais ils ne voulaient pas renoncer à leur mission. L'étranger à la carrure impressionnante avait fait quelques pas dans leur direction, tout en pointant une épée à la lame noire dans leur direction.

''Je vois que je m'invite à un excellent moment... Et si vous veniez montrer votre véritable bravoure en venant vous mesurer à moi... Ou alors est ce que les fameux Ra'naks du Sultan seraient trop couard pour affronter le Fléau Noir ? Quelle réputation vous auriez en fuyant devant moi ! ''


Un nouveau rire et il n'était qu'à trois longueurs du quatuor. Trois des assassins se déplacèrent déjà autour de l'étrange combattant. On crut voir apparaître un sourire carnassier à son visage blême et couturé de cicatrices. Il exécuta un mouvement fluide de son épée, un simple moulinet pourtant et il se mit déjà en position de combat, guettant l'approche de ses trois adversaires qui s'étaient positionnées en trois points, comme pour le cerner en un parfait triangle.

Le quatrième assassin se rapprochait déjà de Runa, ne redoutant pas de se faire brûler par les flammes qui l'habillait comme une démone du feu. Plus loin derrière, la créature ailée grondait toujours et ne semblait pas déterminé à faire un pas sur le futur combat qui allait se dérouler.



Runa Salv
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MessagePosté le: Sam 1 Mar 2014 - 01:15 Répondre en citantRevenir en haut

Un grondement jusqu'alors inconnu trancha le silence de la situation. Quelque chose d'immense venait de se poser sur le pic de roche assombri par la nuit, et on ne distingua de cette créature qu'un luisant reflet. Runa et les assassins levèrent les yeux au ciel d'un même mouvement, entre la surprise et la peur. A peine leurs yeux tentèrent de discerner la forme irrégulière se profilant dans les ténèbres que cette dernière sembla s'éloigner en brassant l'air de ses étranges membres. Perdue entre ses ennemis et ce qui en semblait en être de nouveaux, Runa tentait de tenir, gardant sa concentration sur sa seule défense, tant bien que mal.

La créature se posa à nouveau, et le brasier du camp laissa entrevoir un monstre d'une hauteur impressionnante. De longs crocs effilés dessinaient sa gueule entrouverte, une peau cuirassée de ce qui ressemblait à des écailles, une tête qui s'élevait du haut d'un long cou musclé... Runa tressaillit, et il sembla que les assassins en firent de même. Un homme apparût aux côtés du monstre, un être au physique tout aussi effrayant que la bête qui siégeait à son bord. Etait-ce un cauchemar ? Tout le laissait croire. L'homme aux cheveux d'argent n'eut qu'à rire pour permettre à Runa de conclure qu'elle avait en face d'elle un démon, un fantôme, un être qui n'était pas ou plus de ce monde. Bien que la peur s'emparait de ses entrailles, elle fut un brin soulagée de voir que trois des assassins lui tournaient désormais le dos, attentifs à la nouvelle menace, bien plus inquiétante qu'une Fëalocë qui jouait avec le feu. Le quatrième émissaire du sultan était tiraillé entre mettre fin à son contrat ou affronter ce que ses comparses appelaient le "Chevaucheur de démons." Runa chercha en sa mémoire la rumeur d'une telle légende, mais rien ne lui revint.

La voix de l'inconnu brisa quelque chose en elle : son assurance. Il parlait à ses adversaires comme s'il les connaissait.

*Fléau Noir ? Non... Je ne connais personne sous ce nom...*

Cet homme était chez lui, dans son élément, il ne découvrait pas ses ennemis. Il y avait dans ses mots fermeté et maîtrise. Son rire, plus tranchant encore que le premier, conclut ses paroles tenues avec aplomb. L'homme inspirait à la fois un étrange respect et une profonde crainte.

Les flammes du feu de camp éclairèrent son visage, ombragé de plaies refermées depuis longtemps. Ses lèvres détouraient un sourire au moins aussi effrayant que celui de la créature désormais derrière lui. De quel Enfer avait-il émergé ? Le regard de Runa se détournait désormais vers l'épée qui prolongeait son bras de garde et qui, dans sa main, paraissait si légère bien que redoutable. Un frisson d'effroi, plus traître que les autres, descendit le long de son dos. Plus la peur s'emparait d'elle, moins ses flammes illusoires étincelaient. Sa concentration était perturbée par la vision d'un homme presque deux fois plus imposant qu'elle, et de sa monture noire comme la nuit, immense comme une montagne. Sa seule source de soulagement était le fait que les trois quarts de ses ennemis se tournaient désormais vers l'inconnu.

Le pic rocailleux contre lequel la Fëalocë s'était réfugiée se fit menaçant : le monstre qui s'y était posé quelques instants plus tôt avait fragilisé la pierre, et on entendait quelques morceaux de la paroi se disloquer et rouler en contre-bas. C'est un rocher de taille considérable, dévalant le mont, qui acheva le sort d'illusion de Runa. Ses flammes se dissipèrent en une seconde à peine sous le regard à nouveau déterminé du quatrième assassin, dont l'intimidation avait reprit de plus belle. En voulant se protéger des projectiles de pierre de ses bras, Runa vendit sa défense : en un instant, un premier coup de dague dans le ventre, puis immédiatement un second. Un cri, à la fois de douleur et de stupeur.

Dans une rage inconsidérée, faisant fi de tout ce qu'il y avait autour, la poignardée à la crinière de feu se rua sur l'assassin, ne lui laissant aucunement le temps de réagir. Elle le jeta à terre en usant de ses dernières forces, et de toute sa hargne elle planta ses pouces dans les orbites de l'homme envoyé par le Sultan. Elle faisait poids de tout son corps, appuyant de toute son énergie. Il hurlait, se débattait, possédé par une souffrance insurmontable. En guise de dernier espoir, il asséna deux nouveaux coups de dague dans la chair de la Fëalocë : l'un dans le bas du dos, l'autre dans la cuisse. Dirigée par sa hargne, elle ne sentit rien, dans un premier temps. Elle était trop occupée à enfoncer les phalanges de ses pouces dans les yeux de son adversaire. Un dernier gémissement, puis plus rien. S'il n'était pas encore mort, cela ne tarderait pas. Elle saisit la dague prisonnière de sa main gauche et enfonça la lame au travers de la gorge de l'homme agonisant.

Une douce consolation l'enivra. A moins qu'il ne s'agissait d'un malaise... Runa haletait, épuisée. Toutes ses plaies s'étaient réveillées et elle sentait chaque centimètre de sa peau découpée exprimer une vive douleur. Elle ne parvint pas à se relever, elle recula simplement pour s'éloigner du cadavre, gardant précieusement en sa paume la garde de la dague. Ses yeux se rivèrent alors sur le combat qui prenait place face à elle : qui achèverait sa vie ? Un assassin, un monstre d'écailles noires ou un démon ? Pour l'une des premières fois de sa vie, Runa tremblait : la peur, le froid, la fatigue, un amer goût d'inachevé... Tout en elle bouillonnait et s'éteignait à la fois. Sa main libre peina à trouver la plaie la plus profonde de son ventre, elle appuya du mieux qu'elle put.

Runa attendait la mort comme elle espérait survivre à cette nuit. Un sourire inexpliqué prit naissance au coin de ses lèvres, un rire fin et jaune se déploya dans sa gorge. Quelques mots épars se faufilèrent entre ses dents serrées par la colère et la douleur.

Tous me le paieront de leur vie... Tous... s'inclineront...


Les mains souillées de son sang et de celui de son ennemi vaincu, l'or de ses yeux sondant le duel, elle sembla chercher à voir au mieux le colosse d'écailles et de crocs acérés qui lui était apparu comme sorti d'un rêve, ou d'un cauchemar. Une idée nouvelle naquit en elle : était-il là, avec son démon, pour la sauver ? La mort venait-elle la prendre en personne ? Glacée jusqu'aux os, se vidant de son sang, la fière Runa laissait place à une femme léthargique et apeurée. Tout de la princesse du désert avait disparu.



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MessagePosté le: Sam 1 Mar 2014 - 19:49 Répondre en citantRevenir en haut

Le mystérieux Chevaucheur de Démons gardait toujours son étrange sourire et leva son épée, usant de son autre main pour les inviter à lui tomber dessus. Guère étonnant que la jeune femme, qui allait être occupée incessamment sous peu avec son assassin n'ait jamais entendu parler du Fléau Noir. Les cours nobles ne se fiaient pas aux craintes des badauds !

Un des assassins lança l'offensive, tentant de jouer de la souplesse de ses gestes pour dépasser l'épée de l'homme à la crinière argentée. Peut-être qu'il s'imaginait n'avoir affaire qu'à un montagne de force brute. Son erreur fut de pas avoir attendu ses deux autres compagnons. Sa dague rencontra le fil de l'arme et le fer crissa contre le fer. Sans attendre, sans se laisser submerger par l'étonnement, l'Assassin redoubla ses coups, ne rencontrant pas la chair visée, mais toujours et encore l'arme. Il bodit cette fois, avec tout son agilité, fruit d'années d'entrainement dur et harassant afin obtenir ses précieux réflexes. Sa cible n'eut qu'à faire un pas de côté, à moitié accroupi pour le frapper au ventre de son pommeau, avec une rapidité foudroyante. L'assassin tomba à terre, pliée en deux par le coup. Ce fut à cet instant que ses deux compagnons décidèrent d'attaquer. L'homme au rire de prédateur n'eut qu'à tourner la tête et son épée suivit la même trajectoire, fendant l'air et imposant le recul de ses adversaires. Soudain, il grogna et ploya malgré lui un genou, portant sa main libre dessus. Son épée bloqua une tentative d'estoc et il repoussa l'ennemi d'un mouvement violent, pour s'accorder assez de temps pour se remettre debout. Un rictus douloureux passa brièvement sur son visage, avant de tendre sa main libérée. Une boule de feu noire jaillit de sa paume et frappa l'un des tueurs. Celui-ci ne cria même pas en tombant, une fumerolle s'élevant de sa poitrine brûlée.

Le dragon claqua ses ailes et avait bondi pour se poser non loin de la jeune femme, posant déjà un regard reptilien sur sa personne. Allait-elle la dévorer ? Il humait déjà l'air, ses naseaux frémissant de l'odeur de sang et de peur qui émanait de la jeune femme. Sa gueule garnie de crocs s'entrouvrit à peine, avant de tourner sa tête vers l'homme qui se battait contre le dernier assassin debout. L'homme-démon stoppa sa riposte, en tentant son attention vers la jeune femme. Erreur avec un homme déterminé à accomplir sa mission malgré ses deux camarades à terre. Il dégaina une sorte de petite arbalète et tira. La courte distance permit au trait d'atteindre son but. L'homme tomba sous le coup et l'assassin, sourire aux lèvres, allait l'achever. Sa lame étincela brièvement de cette avidité de tuer... Sauf que la mort qui frappa fut la sienne. L'homme à la chevelure argentée avait sorti une dague à la lame ondulée de sa botte, lui planta dans le ventre et d'un geste vif la remonta pour déchirer plus encore les tripes. Le sang gicla.

Le dragon noir poussa un grondement insatisfait et reposa son regard sur la jeune femme. Dans un brume opaque, le monstre semblait rapetisser, pour laisser place à un jeune encapuchonné. Un genou déjà à terre, il avait un mouchoir en main, la pressant plus sur la blessure la plus grave qu'elle ait reçue.

°Si tu veux vivre, ne pose pas de questions. Je vais essayer d'empêcher que tu perdes trop de sang, le temps de voir ce que je peux faire. °

Si Runa était encore assez consciente, elle pourrait sentir comme une légère chaleur contre l'entaille profonde. Pendant ce temps, l'autre humain se relevait, pointant sa lame vers le dernier assassin qui restait encore en vie ; le premier qu'il avait frappé. Sans aucune retenu, il planta la pointe de son épée dans sa gorge, donnant un mouvement pour bien trancher dans la chair. Un râle qui se mua en un gargouillis écoeurant. Il retira sa lame. Doucement, son visage couvert de sang se porta vers le mosntre devenu homme et la jeune blessée.



Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 2 Mar 2014 - 00:39 Répondre en citantRevenir en haut


Ou, si vous ne supportez pas la musique qui pique :



Runa ne voyait pas exactement ce qu'il se passait, mais la danse macabre de l'homme aux cheveux d'argent réveilla en elle un nouveau fragment de peur : s'il s'en prenait à sa personne blessée, elle ne tiendrait pas une seconde. Les visions de chair tranchée, de veines déversant des flots de sang, des cris de douleur... tout en elle se mélangeait en un cauchemar tourbillonnant appuyé par ses forces épuisées.
Malgré sa vue faiblissante, Runa remarqua que l'homme semblait souffrir de quelques maux qui risquèrent presque de le perdre. Mais à chaque échec, il se ressaisissait et achevait son adversaire, dans un bal de lame et de mort, avec une violence croissante. Plus elle le regardait, plus la Fëalocë se croyait dans un mauvais rêve, où le diable se serait invité. Elle n'avait jamais connu la douleur physique, la peur mordante de mourir, elle n'avait jamais craint un tel homme jusqu'à cette nuit. Plus les secondes défilaient, plus le sol et le mur de pierre contre lequel elle se retenait pour ne pas s'effondrer se dérobaient, comme constitués de poussière.

Désorientée, elle observait tout et rien à la fois, mais l'image d'une sphère de flammes noires traversant l'air retint son intention l'espace d'une seconde.

*A-t-il.. utilisé.. *


Sa pensée disparut rapidement. Son attention ne pouvait être retenue par deux choses à la fois en cet instant, et lorsque le monstre fait de ténèbres prit ce qui ressemblait être son envol pour atterrir plus près d'elle, Runa tenta de reculer une fois de plus. Lorsqu'elle croisa le regard inhumain de la bête, la Fëalocë se sentit à la merci du diable en personne. La bête inhalait un air chargé du parfum des cadavres, du sang, de la colère, et du bois brûlé par un feu crépitant. Sa main armée resserra un peu plus la garde de la dague, mais ses forces la quittait peu à peu. Elle s'imaginait déjà dévorée par une ombre de crocs et de griffes. Une insondable détresse la consuma, rongeant même sa peur. Ses grands yeux se détournèrent du monstre, perturbée par le bruit d'un carreau fendant l'air : l'homme était touché, d'après sa vue embrumée. Une sorte d'once d'espoir se détruisit dans l'âme de Runa, qui imaginait l'homme envoyé ou pour son salut ou pour l'achever. Ou elle souffrirait des heures durant, ou elle serait déchiquetée par l'écailleux immense... Non, le démon à forme humaine se releva, sous le regard de l'assassin encore en vie qui connut un trépas immédiat, sanglant et cruel.

Un nouveau grondement de la créature fixa l'attention de Runa sur cette dernière. Elle sembla disparaître dans une épaisse fumée noire et un être humain apparût, accroupi face à la jeune femme. Ses grands yeux ambrés ne purent cacher une étrange stupeur. Dans le chaos de ses pensées, elle crut entendre une voix s'adresser à elle, une voix masculine, à la fois chaude et froide. Etait-elle devenue folle ? Dans un élan défensif, Runa tenta de lever sa main armée, en vain. Elle était désormais trop faible. Sa robe de nuit teintée de noir était gorgée d'un rouge épais qui finissait d'assombrir sa tenue.

L'être humanoïde en face d'elle, vêtu d'une capuche qui masquait son visage, apposa un tissu sur sa plaie la plus suintante d'une main ferme et délicate. Runa, comme rassurée par ses intentions, perdit un peu de son appréhension et appuya sa propre main sur celle de l'homme. Bien qu'elle était glacée, la froideur de sa paume se heurta à la chaleur de celle de son étrange guérisseur. Peu à peu, une sensation de tiédeur se répandait dans ses entrailles mutilées. Une tiédeur qui raviva ses douleurs, faisant grincer des dents la Fëalocë, les yeux plissés pour se retenir de gémir.

* Morte comme une moins que rien... *

Quand elle rouvrit les paupières, ce fut pour surveiller l'homme encapuchonné, ou pour apercevoir le visage ensanglanté du démon aux cheveux d'argent, ruisselant d'une rage combative. Il se rapprochait alors que Runa pâlissait un peu plus et dont la respiration, doucement, se fit plus rare.

Entre ses dents serrées par la souffrance, elle siffla :

Qui.., elle reprit son souffle, Qui êtes-vous ? Et, affichant soudain un visage inquiet : Où est le monstre noir ?

Runa tenta de se redresser un peu, grimaçant. Le regard à la fois déterminé à connaître les réponses qu'ils avaient à proposer et fuyant face aux deux individus inconnus. Elle scruta le démon de haut en bas.

Vous aussi vous êtes blessé...

L'homme encapuchonné appuya sur la plaie saignante avec un peu plus de fermeté et Runa lâcha un râle incontrôlé. Ses yeux grands ouverts se remplirent de colère envers lui. Elle l'aurait sans doute frappé si elle l'avait pu, dans un mouvement impulsé par sa fureur.

* Recommence seulement une fois et... *


Si tu veux que je prenne un peu d'avance, n'hésite pas à me le dire !
Tu es libre d'en prendre également.



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MessagePosté le: Dim 2 Mar 2014 - 23:22 Répondre en citantRevenir en haut

° Si je recommence tu vas faire quoi ? Tes pensées te trahissent moribonde. Si tu veux vivre, laisse moi faire. Cherche à me faire du mal et tu ne verras pas le jour se lever °

L'encapuchonné avait fixé ses yeux noirs sur elle, avec une telle vivacité qu'il était aisé de le prendre au mot. L'homme démon s'était rapproché lui aussi, son arme déjà rangé à son fourreau. Malgré le sang qui le recouvrait au visage et sur sa tunique noire, il n'apparaissait pas atteint de quelques blessures que ce soit. Mais dans le noir, que pouvait-on discerner avec détails ?

''Penses-tu que tu réussiras à enrailler la gravité de ses blessures ? ''
"Si elle ne gigote pas, peut être que j'arriverai à la sauver. J'espère ne pas avoir agi trop tard. Dans la tente, maintenant qu'il n'y pas plus de danger, essaie de voir si tu peux...''
''Oui, ne t'affoles pas...''
''Après je verrai pour toi°
''Plus tard''


L'homme à la crinière argentée entra dans la tente. Déjà à l'intérieur, une torche fut allumée.

°Regarde moi veux-tu... Oui regarde moi...°

Le dragon avait senti que la conscience de Runa vacillait. C'était une bonne comme une mauvaise chose. Si elle ne se réveillait plus après, elle serait perdue. Estenir accentua sa tâche. Peut être qu'elle sentirait plus tard qu'on la portait, pour ensuite la mettre dans un lit, qu'on terminait de bander ses blessures et qu'on lui avait fait un peu boire un reste de thé froid. Peut-être penserait-elle qu'elle serait dans un rêve et qu'à l'ouverture de ses yeux, tout cela n'aurait été que le fruit de son imagination. Rien qu'un cauchemar.

Mais un cauchemar malgré tout réel, car à son éveil, la nuit aboutissait à sa fin, laissait apparaître une clarté annonciatrice de l'aube naissante, à travers le tissu de la tente. L'homme encapuchonné n'était pas là, mais l'homme-démon oui. Il s'était défait de son épée, qui pendait non loin de lui. Il terminait de se nettoyer le visage couvert de vieilles cicatrices. Le sang diluée dans l'eau fraîche gouttait encore de ses mains. Dans la tente, plus aucun corps ne trainait. Mise à part des tâches de sang séché....

Il ne semblait pas s'apercevoir de la présence de Runa, commençant à ouvrir le haut de sa tunique. Quelque chose d'argent brillait sous ce vêtement. Mais le simple geste pour retirer les attaches provoqua un grognement chez cet homme, qui retenait de poser sa main sur le côté gauche de sa poitrine, là où le carreau l'avait frappé à courte distance. Pourtant... Il ne saignait pas ?



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MessagePosté le: Lun 3 Mar 2014 - 19:14 Répondre en citantRevenir en haut




Une lumière perçante illuminait l'intérieur de la tente : c'était l'aurore.

Ses paupières s'ouvrirent lentement, éblouie par la clarté nouvelle d'un rayon de soleil. Elle replia un bras sur son visage. Son membre lui parut être d'une lourdeur incroyable et elle luta pour le contrôler.
Sa vision troublée se précisa un peu plus à chaque clignement. Elle comprit qu'elle était à l'abri, sur sa couche. Après quelques minutes, elle se rendit également compte qu'elle était nue sous le drap de soie qui la recouvrait.

Ses souvenirs de la veille étaient incertains, mais elle savait qu'elle n'avait pas rêvé. Avant de plonger dans les méandres de l'inconscience, elle se souvint de deux yeux noirs pénétrant les siens, comme si on avait voulu sonder l'intimité de son âme. Et ces murmures qui retentissaient dans ses pensées... Avait-elle sombré dans la folie ? En tout cas, elle avait obéi avant de finir par s'évanouir.
Son front était brûlant. Elle étouffait et grelottait de froid à la fois.

Sa main caressa les bandes serrées autour de sa taille. Ses paumes étaient lavées du sang dont elle était encore souillée quelques heures auparavant. On l'avait soignée, on avait pris soin de son corps meurtri. Alors, était-elle réellement en danger ?

Son regard se focalisa sur l'homme aux cheveux d'argent. Des gouttes d'eau sale et rougeâtre s'écrasaient dans la vasque avec un tintement cristallin. Il semblait être ici et à des lieues de là...
Le reflet du soleil sur l'épée qui pendait aux côtés de son propriétaire trahissait une arme effrayante et redoutable. Runa frémit et elle s'en détourna pour mieux contempler le démon.
Dans un lourd silence, ponctué du léger bruissement de la tenture par l'ardente brise de Ssyl'Shar, elle l'observait. Accrochée au moindre de ses faits et gestes.

Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il dégrafa sa tunique, grondant de douleur, sans doute. Pourtant, il ne semblait pas blessé. Il ne saignait pas.
Runa se recroquevilla en même temps qu'elle détaillait sa carrure. Elle l'avait bien plus l'impression d'être face à une immense et sombre chimère bien moins qu'un être humain de chair et de sang. Ce n'était pas vraiment de la peur qui émanait d'elle. Elle était intriguée par sa peau pâle semblable à celle des morts, sa crinière était de neige et ses yeux... ceux d'une ombre absconse.

S'il s'était retourné, il aurait vu le visage d'une petite fille pétillante de curiosité, presque même fascinée. Elle voulait s'approcher de lui.
Il se déshabilla pour mieux révéler sa cotte de maille immaculée. Cependant, ses gestes endoloris trahissaient des plaies plus internes.

Runa peina à se redresser. Elle grimaça en s'asseyant, les douleurs irradiantes de ses plaies lui rappelant qu'elle était bien en vie et dans le monde réel. Elle sentait son cœur palpiter jusque dans ses tempes. Un violent mal de tête, causé par l'effort, lui fit perdre pieds l'espace de quelques instants. Elle chercha alentour de quoi se vêtir. Elle attrapa une de ses robes qu'elle enfila péniblement.

Elle ne voulait pas rester à terre. Seuls les faibles demeurent couchés après un échec. Elle saisit l'un des bâton qui servait de cale au tapis de la tente et, avec un appui certain, se redressa. Dans un parfum de mort, après le vacarme et le bruit de la tuerie, ses pas incertains et chancelants lui faisait traverser des taches de sang noirci.
Sa hargne lui fit presque oublier ses blessures. La mâchoire serrée, elle s'éleva dans un mélange de honte et de fierté.
Hésitante, elle se rapprocha de l'homme à l'aspect de roi maudit avant de finalement s'arrêter sur son côté. Le regard de la Fëalocë était intense. Les opales de ses yeux à nouveau teintés de braises le scrutait dans le silence. Le visage cerné par sa chevelure flamboyante.

Elle souffla, dans un murmure :

Laissez-moi vous aider, pour ce que vous avez fait...



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MessagePosté le: Lun 3 Mar 2014 - 22:46 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr n'entendit pas immédiatement l'approche de la jeune femme, sauf au dernier instant, avant qu'elle ne trouve la force de parler. Il l'observa sans sourciller, lui adressant juste un regard noir et vide de toute émotion. Ses yeux d'obsidienne se plongèrent sans aucune permission dans les siens, comme s'il cherchait à la sonder dans les profondeurs de son être. Pour une blessé, elle ne manquait pas d'audace. Audace ou fierté ? Il cessa de tenter de dégrafer le reste de sa tunique et quand il se tourna, dévoilant un peu plus son visage à la lumière grandissante du jour qui se levait, on pouvait discerner la dureté de ses traits, renforcée par la profondeur des cicatrices qui lui barraient le visage. Au travers de ce qu'il avait pu déjà ouvrir de son haut de tunique, un éclat argenté dévoilait la présence d'une cotte de maille fine.

''Ai-je judicieux de te lever malgré tes blessures ? ''


Le ton était ferme, à la limite de la froideur. Comme pour passer la frustration de souffrir, il termina d'ouvrir sa tunique d'une seule main, arrachant les dernières agrafes argentés. Il pourrait difficilement faire le même geste pour cette armure de maille légère qu'il portait en dessous et qui luisait doucement, donnant un côté un peu irréel à l'être qu'il était. Pourtant, il n'était qu'un Homme.

Faisant fi de sa propre souffrance, il s'approcha de la jeune femme et comme si elle ne pesait rien, l'attrapa par les épaules. La soulevant ainsi du sol pour la ramener à sa couche. Bien entendu sans demander son avis.

''Avec les coups de poignards que tu as reçu, tu devrais rester allongée. Tu es loin d'être guérie. Si tu provoques la réouverture de tes blessures, il y a de grandes chances que tu y restes cette fois. ''

Une fois qu'il l'eut déposé, il ne la quitta pas du regard, les pans de sa tunique virevoltant à peine le long de ses flancs.

''Sauf si tu tiens réellement à trépasser. Ce que tu ne souhaites pas n'est ce pas ? ''

Il rejoignit le petit baquet d'eau qu'il avait utilisé pour prendre juste à côté une bouteille, qui était une bouteille de vin de la réserve de Runa. Pendant qu'elle était inconsciente, il avait pris le temps de fouiller l'intérieur de la tente. Il se remplit un verre d'ailleurs, avant de s'asseoir sur un fauteuil de voyage. Il goutta le vin.

''On peut dire que tu as de la chance que nous soyons passé dans les environs....Carrément des assassins à la botte du Sultan local... tu as dû en énerver plus d'un pour avoir un quatuor entier contre ta petite personne.... ''

On voyait qu'en à sa position assise qu'il cherchait à minimiser les douleurs qui étaient siennes. A cela, il coupa court, anticipant sans doute les pensées de la jeune femme.

''Pour l'aide que tu proposais, c'est gentil, mais j'en ai guère besoin. Je souffre largement moins que toi et mon ''ami'' ne va pas tarder à revenir, avec ce qu'il faut. Souhaites tu un verre de vin peut-être en attendant ? Cela apportera un peu de fraîcheur à ta bouche. ''

Il fit un bien étrange sourire et but plus longuement son vin.



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MessagePosté le: Mar 4 Mar 2014 - 01:55 Répondre en citantRevenir en haut



Elle voulut lui trancher la tête quand, sans effort, il la remit physiquement à sa place. Elle n'était plus une enfant, ni moins un objet. Un sentiment nouveau fit table rase des autres : le mépris. La deuxième personnalité de Runa était là, et elle balaya la proie blessée d'un violent revers de patte. Il ne manquait pas grand chose pour que l'animal attaque. A vrai dire, il ne manquait que les paroles de l'homme à la chevelure blanche. Elle voulait être un fauve et lui porter le coup fatal. Son sang se remettait à bouillir, échauffé par sa race.
La Fëalocë l'observa se pavaner du haut de ses atours de seigneur non sans une once de désinvolture. Que cela lui plut ou non, elle le récusa au simple rang de vassal, dans ses pensées.

Elle le laissa aller et venir, humiliée à sa place de victime. Il arpentait la tente sous ses airs pompeux. Chacune de ses paroles était une nouvelle incitation à rétorquer ses dires. A chaque fin de formule, elle rédigeait les siennes. Un venin qui, lentement et sûrement, gagnait ses crochets. La vipère n'avait absolument plus peur et elle voulait le montrer.
Avec une certaine impatience, elle attendit qu'il s'asseye et se serve son verre de vin. Runa, en observant la bouteille, ne put masquer un rictus pervers.
Comme pour le défier, elle se releva, avec moins de difficultés que les minutes précédentes. Elle voulait montrer qu'elle ignorait ses recommandations de pacotille. D'un ton de pair sec et railleur, elle cracha :

Je ne crois pas que nous ayons été présentés.

Elle le toisait avec tout le dédain du monde.

La princesse traversa sa tente avec une certaine assurance et, d'une male couverte d'une tapisserie, elle sortit une bouteille de verre qui ne ressemblait en rien à celle que détenait l'homme-démon. Elle en versa le contenu dans un calice d'or, un sourire fin et sournois tracé sur ses lèvres.

Il aurait été stupide de fournir tant d'efforts pour me venir en aide, afin de m'achever comme une bête malade par la suite. Vous détenez la raison de ma survie.


Runa porta la coupe de vin à sa bouche et elle n'en but qu'une petite gorgée. Elle tenait tous ses regards non sans provocation, plutôt même avec audace. Elle se régalait en tenant tête à l'homme qui la traitait comme une petite fille. Elle ignorait simplement où ça la mènerait. Elle savait que ce n'était pas judicieux, mais elle n'avait rien à perdre : sans soins presque immédiats, ses plaies s'infecteraient et elle mourrait de la fièvre dans les jours à venir, faute de trouver une oasis proche capable de l'accueillir. De plus, tous devaient la savoir recherchée. Elle était condamnée. L'honneur de la jeune femme se jouait à coups de répliques. Elle ne savait pas se battre. Son feu secret n'impressionnerait pas l'homme de deux fois sa taille.

Une nouvelle gorgée de vin. Célèbre ? Bien-sûr qu'elle l'était.

* D'où peux-tu bien sortir pour ne pas connaître la veuve de l'Emir d'Arsuh...*

Runa le voyait se balancer dans son fauteuil, mal à l'aise. Il ne fallait pas être le meilleur observateur de Rhaëg pour voir qu'il minimisait ses maux, et que malgré les apparences, son corps vieillissant lâchait sans doute prise. Malgré ses attraits repoussant, il cultivait auprès de Runa une aura intrigante, qui la poussait à titiller ses limites.
Son regard chaleureux ne laissait plus désormais place qu'à l'acier de lames prêtes à trancher n'importe quoi. Même le vent léger qui faisait voler sa chevelure avec douceur semblait craindre ses paroles. Elle s'asseya à son tour dans l'un des fauteuils, bien en face de son interlocuteur. Ses plaies la lançait, mais elle tâcha de les ignorer.

Vous me mentez. Et vous mentez aussi à vous-même : Bien-sûr que vous souffrez.

La fille du désert ne se sentait plus totalement victime de la situation. Si l'on avait pu donner une image à cette scène, elle aurait été celle de deux prédateurs se tournant autour, prêts à bondir. Même si l'un des deux y laisserait sans doute sa peau, les paris étaient toujours lancés. Elle laissa s'écouler un certain temps de silence avant de faire mine de se rappeler, comme un oubli futile :

J'ai omis de vous dire que ce que vous buvez n'est pas du vin. J'y ai pour le moins, ajouté ma touche personnelle. La fraicheur ne sera que passagère, vous verrez. Je vous déconseille de boire une autre gorgée de ce breuvage.

Son regard état celui d'une femme déterminée, mais au fond elle craignait le retour du dit "ami" de son adversaire. Ses paroles étaient pesées, mais elle n'en saisissait pas encore les conséquences. Il pouvait s'écrouler ou lui sauter à la gorge dans une rage carnassière. La joute était lancée, et elle en serait sans doute la perdante.

Nous allons attendre votre ami, et ensuite ? Quel sort me réservez-vous ?

L'homme-démon pouvait la pulvériser d'une seule main. Alors, à deux, qu'est-ce que ça changerait... Néanmoins, elle l'attendait, cet être capable de parler dans la tête des autres..


Oui, ton "vin" est empoisonné... C'est moche hein ?
C'est un poison faible, qui donne néanmoins palpitations et vertiges... libre à toi d'en donner des effets secondaires à Alauwyr !
PS : Vas-y, tu peux taper ! x)



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MessagePosté le: Mar 4 Mar 2014 - 21:34 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr ne l'avait toujours pas quitté des yeux, jouant simplement à faire tourner le prétendu vin dans son verre. Elle avait du caractère et un peu trop même pour n'être qu'une simple fille à marier. Au début, quand son dragon avait aperçu de loin la caravane, il avait pensé à cette hypothèse. La richesse transporté par les montures de bâts valait une belle dot. Puis quand les assassins étaient apparus, menaçant carrément la vie de cette chère petite tête rousse, l'avis changea vivement. Dire qu'il avait juste compter piller cette caravane, comme il le faisait dans sa prime jeunesse.

Cette femme avec sa posture et son parler n'était rien d'autre qu'une fille de haute naissance : arrogante, sûre d'elle et n'appréciant pas être sous évoluée ! A la voir se remettre debout, malgré les deux coups de poignards qui auraient plus lui être fatals, elle démontrait d'une certaine volonté à ne pas en démordre. Encore moins devant un homme qui se pliait pas à ses exigences.

Ne relevant pas immédiatement pour l'affaire du vin empoisonné ; cela expliquait donc ce léger goût amère qu'il lui avait, il se contenta de ricaner.

''Quel sort je te réserve ? Mais il ne dépend que de toi, ma chère. Désires-tu tant que cela mourir ? Entre quitter ta couche malgré mes recommandations et m'empoisonner. Dans les cas, tu périras, ca je peux te le garantir. ''

Il posa le verre encore empli du breuvage sur la table à côté et ricana une nouvelle fois.

'' Et qui te dit que le vin que tu viens d'ingérer n'était pas mélangé de ton poison ? Après tout, nous avons eu le temps de retirer les corps, comme j'ai eu le temps de fouiller tes possessions. ''

L'homme restait étrangement paisible malgré l'annonce d'avoir un poison qui pénétrait à chaque instant la moindre fibre de son corps. Oh il sentait déjà les débuts malsains. Heureusement qu'il s'était assis. Ses côtes brisées n'aidaient pas à garder une respiration posée et accompagné d'un début de vertige. Il sentait même la présence inquiète de son lié dans son esprit. Le jeu entre lui et elle allait se montrer intéressant...

''Tu l'as si bien tout à l'heure. Je suis la clé de ta survie. A toi de voir ce que tu désires réellement. Personnellement, ton poison pourrait m'être néfaste, que tu périras avant d'en voir la finalité. ''

Son sourire se fit carnassier et ce fut à cet instant qu'une voix forte et caverneuse retentit dans l'esprit de Runa.

°Nul besoin de m'attendre ma chère, je suis là sans être en face de toi... Un conseil... Tiens compte des paroles de mon lié, car tu as beau être une fille de sang noble ou du même genre, il n'est pas n'importe qui et tu l'as vu à l'oeuvre pour comprendre que la mort ne l'effraie pas. Et tu m'as vu aussi en action... Te rappelles-tu cet être immense aux ailes de chauve-souris, aussi sombre que la nuit ? A toi de choisir petite chose.... Vivre ou mourir.°

Alauwyr parut plus blême. Sa main gauche serra même l'accoudoir de sa chaise, comme pour mieux lutter contre les vertiges qui l'envahissaient petit à petit. Mais il gardait la tête droite et affichait toujours ce sourire de prédateur.

''Peut-être que toi aussi tu ressens cette désagréable sensation de vertige n'est ce pas ? est ce dû à tes blessures qui te rappellent à l'ordre où ton fameux petit poison ? Et que décides-tu pour la suite de ton existence. La vie ? Ou la mort ? Le choix est pourtant si facile....''




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MessagePosté le: Mer 5 Mar 2014 - 17:23 Répondre en citantRevenir en haut



Un combat entre deux tigres. Un duel dont on ne pouvait prédire l'issue avec exactitude, car rien n'était encore joué.

Elle se sentait mise à nu par cet inconnu au regard de cendres chaudes. Elle se devait pourtant de mener le jeu, au moins pour ne pas périr sans avoir défendu sa chair.
Il parla, encore et encore, comme pour mieux masquer sa détresse. L'air embaumait l'orgueil et les non-dits, ambiance pesante au possible au cœur des vastes étendues du Ssyl'Shar.
Étouffée par la chaleur du soleil et la fièvre, elle se contentait de le jauger, l'estimant comme un adversaire, un ennemi, un libérateur et un geôlier.

Ses sentiments à son égard se heurtaient en contradictions marquées d'estime et de condescendance. Il n'avait répondu à aucune de ses interrogations, il se contentait de rétorquer sans écouter ce qu'elle avait à lui dire. Néanmoins, le poison le rendait un peu moins sûr de lui sous sa belle et menaçante élocution. Il attaquait sans réelles armes, au grand plaisir de la fëalocë. Au fond, elle se moquait de lui et de l'état tout aussi pitoyable dans lequel il se trouvait. Il était assez faible pour écouter et suivre les conseils d'une fillette blessée, ce qu'il montra en posant son verre de vin empoisonné.

Elle ne répondit pas à ses propos non plus, à vrai dire. Runa n'était pas assez stupide pour se porter atteinte, son vin à elle était vierge de toute toxine, elle le sentait. En revanche, étourdit par l'alcool, elle cessa de boire.

Une fois qu'il eut fini de tergiverser, elle se leva de son siège en s'appuyant fortement sur les accoudoirs et se dirigea dans le même coin de la tente que celui où elle avait trouvé sa bouteille de vin. Sans prononcer un mot, sous le regard sans doute vacillant du démon, elle tira d'une besace au cuir usé une bourse. Une fois les lacets de cette dernière tirés, ses doigts fins s'y plongèrent alors qu'elle en extrayait une fine pincée. Elle jeta cette poussière verdâtre dans sa propre coupe de vin. Le pas léger mais titubant elle s'approcha de l'homme et lui tendit le calice d'un geste franc.

* Au moins peut-il mourir, même s'il défend les forces qui l'ont quitté. *

Je vous rends la pareille.


Elle aurait pu le laisser s'effondrer. Elle aurait pu et sans-doute dû. Ce n'était pas de la pitié, seulement un échange de bons procédés.

Elle fut prise de tremblements incontrôlables. Runa voulait montrer sa solidité de fille du désert, mais elle s'affaiblissait un peu plus à chaque instant. Fébrile, elle ne pouvait pas lui tenir tête et un sentiment amer de défaite lui remplissait la bouche. Épuisée, elle s'écroula presque à ses pieds, une main posée sur sa robe, cachant une bande teintée de rouge et l'autre la retenant de s'affaler sur le sol. Elle saignait à nouveau. Elle était épuisée et voulait qu'on lui épargne les conventions de la joute. S'il fallait qu'elle soit docile, elle le serait, même contre son gré. Même si au fond d'elle, elle l'avait égorgé trois fois.

D'ailleurs, les paroles prononcées à même son esprit ne l'effrayait plus. Si elle avait été plus faible, elle aurait sans doute laissé rouler quelques larmes d'abattement, les premières de sa vie. Elle ne faisait pas réellement le rapprochement entre le monstre d'écailles noires et l'être qui avait pris soin d'elle la veille. Tout bouillonnait et mourrait en elle. Elle usa de ses derniers lambeaux d'énergie pour prononcer ces mots :

C'est là votre ultimatum. Un compromis opposant ma survie et ma condamnation.

Elle marqua un silence. Son regard, perdu dans le vide, ne répandait plus d'étincelles enflammées. Elle leva à nouveau les yeux vers le démon et n'hésita pas à pénétrer sa vision.

Ce que je veux ? Vivre.
Vous n'êtes pas en état de vous battre, et je sais que je ne peux pas vous affronter dans l'instant. Sachez seulement que vous saignerez avant de m'avoir achevée. Je ne suis pas l'enfant dont vous m'affublez les traits comme vous n'êtes pas la chimère pour laquelle je vous ai mépris. S'il faut que je défende ma vie, je le ferai, mais ne m'humiliez pas. Les dernières personnes à m'avoir traitée ainsi ne sont plus là pour le raconter. Ce ne sont en rien des menaces ou des invectives, seulement des faits.
Laissez-moi ma chance.


Elle ne l'implorait pas, loin de là. Son état faisait d'elle la victime et elle ne pouvait pas s'imposer comme la tortionnaire. Pas aujourd'hui. Son visage se baissa, presque dissimulé par le clair-obscur de la tenture. Le reflet de la lumière sur sa cornée était à peine visible. Sa voix était à peine audible pour le démon assis face à elle. C'était comme si de multiples personnalités se battaient pour obtenir un temps de parole. Runa hésitait entre montrer qui elle était et se déguiser pour censurer ses mots.

Je n'ai que des biens à vous offrir en échange.
Mais.. pourquoi m'avoir sauvée ? Et soignée un tant soit peu.. Pourquoi avoir fouillé mes coffres sans ne m'avoir rien volé ?
Quel est ce fantôme ébène que vous chevauchez et qui s'empare de mes pensées ?


Son ton se força et ses expressions faciales se durcirent alors qu'elle relevait la tête, partiellement dissimulée par sa chevelure incarnate.

Qu'attendez-vous de moi ?



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MessagePosté le: Jeu 6 Mar 2014 - 22:59 Répondre en citantRevenir en haut

Comme pour la défier plus encore face à son arrogance, il gardait encore le calice en main et prit l'audace de se lever, malgré les vertiges qui l'envahissaient de plus en plus. Peut-être était-ce pour donner plus de hauteur, comme pour la dominer ? Nullement.Il but le calice avant de le jeter plus loin; loin en face de lui, espérant vraiment pour la vie de cette femme qu'elle ne tentait pas de l'empoisonner un peu plus. Des réponses, elle en attendait et elle les exigeait.

Sans attendre et grinçant des dents, il lui attrapa les poignets et la releva en douceur, la calant contre lui. Maintenant ses poignets à juste raison, il lui darda un regard noir pétillant d'une certaine malfaisante, même si la souffrance en ternissait quelque peu les effets.

''Sache une chose avant que j'étanche ta curiosité ma chère. Tout ceux qui ont tenté de me dominer ou de me tuer ne sont plus là pour te le narrer. Peut-être que tu es douée avec le poison et un stylet, mais ne me sous-estime pas. Tu ne serais pas la première femme que je tue pour assurer la pérennité de mon existence. ''

Il était toujours aussi droit, mais on voyait bien qu'il luttait contre lui-même. Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait s'écrouler devant elle. Oh non, il lui offrirait pas ce plaisir.

''Si tu veux vivre, petite princesse, apprends à suivre les conseils qu'on te porte pour ta survivance, cela évitera les risques inconsidérés, comme la réouverture de ta blessure...''


Il n'eut qu'à faire quelques pas pour la ramener à sa couche et l'y asseoir. Ce fut à ce moment là que l'étrange humain encapuchonné revient, en repoussant un pan de l'entrée de la tente, se rapprochant de l'humain. Sa main se posa sur son épaule. Alauwyr lui adressa un certain regard, mais pas un seul mot.

''Le voila celui que tu nommes le fantôme ébène... rappelle toi sa forme véritable et rappelle toi les images d'animaux légendaires qu'on appelle dragon. Si les tiens en ont dans leurs légendes....''

L'encapuchonné le força toujours en silence à aller s'asseoir. Puis il se rapprocha de la jeune femme. Son sourcillement voulait tout dire quand il examina les blessures réouvertes.

°Bien... Heureusement que je t'avais suggéré de pas bougé. Tu as de la chance pour le moment, cela ne saigne plus, mais il faudra consolider le travail que j'ai déjà fait. Ca tiendra bien pour le moment. Si tu ne bouges plus cette fois.°

Il retourna prêt de l'homme démon et l'aida à retirer sa tunique noire, dévoilant pleinement le port d'une cotte de maille argentée. Le compagnon d'Alauwyr n'eut à faire sauter les attaches en cuir pour la faire tomber, dévoilant autant le torse musclé et couvert de vieilles cicatrices qu'un large hématome au niveau des côtes. Estenir siffla tout en posant une main pour évaluer les dégâts. Alauwyr tressaillit.

°C'est vraiment pas sérieux Alauwyr. Je compte au moins deux côtes cassés et une au moins de fêlée. La prochaine, je les achève, au lieu de te les laisser pour t'amuser. °
°Fais ce que tu as à faire, et après je serai plus apte à écouter les recommandations°
°Tu dis cela à chaque fois. Et si ta jambe avait fait des siennes plus longuement ? °


Il laissa son lié commencer à le soigner. Il entreprit cette fois de répondre réellement aux attentes de la fillette.

''Les circonstances ont fait que tu pouvais être plus intéressante qu'une simple jeune femme du désert. Si tu as entendu mon lié dans ton esprit, c'est que tu possèdes un pouvoir que nous appelons le Don. Tu as la capacité d'entendre et de parler aux Dragons. Et de te lier avec un des leurs. Les dragons, ces êtres légendaires existent bel et bien mais se trouvent sur un continent hors de portée des hommes. C'est de là que je viens, même si le désert ne m'est pas inconnu. ''

Il se retint de ricaner et grimaça quand Estenir commença à bander le bas de ses côtes.

''Vois ton Don comme une bénédiction, car elle te permettra de t'assurer une nouvelle vie. Au mieux, tu seras en droit de refuser, mais je ne serai pas là pour empêcher la venue de nouveaux assassins. Penses-tu aussi bien leur tenir tête que tu es en train de tenter de le faire avec moi ? Dire qu'au début, il était réellement question de faire un peu de chapardage. Savoir que tu avais le Don a été une petite surprise... ''

Le jour était plus intense désormais que le soleil était monté au dessus de l'horizon. Une nouvelle journée chaude s'annonçait déjà. Heureusement que l'emplacement offrait déjà le répit de l'ombre et leur accordait sa fraîcheur. L'humain paraissait moins sombre, moins démon. Vraiment plus mortel à cette lumière du jour présente.

''Peut-être as-tu encore des questions, jeune fille ? Tu devrais opter pour un bon sommeil réparateur, car nous ne pourrons pas rester ici deux jours de plus. Ton Sultan ne revoyant pas ses hommes revenir en enverra d'autres... Quatre assassins.. Tu as du bien l"énerver. Au vue de tes petites ''qualités'' et exigences que j'ai pu découvrir, j'en suis qu'à moitié surpris... Alors, vivre, tu peux l'être... Mais en restant dans ce désert ou en acceptant de venir avec nous ? ''



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MessagePosté le: Ven 7 Mar 2014 - 02:21 Répondre en citantRevenir en haut



Elle espérait que l'antidote faisait effet, et qu'il fonctionnait. Car, quand il se leva face à elle, à ses pieds, elle ne vit que la promesse d'un trépas douloureux sous ses coups. De si près, il paraissait immense, et il sembla à Runa qu'elle n'avait jamais vu d'homme d'aussi haute stature. Le visage de la furie n'arrivait à peine qu'à son buste.. A la cour, nul n'avait besoin d'être aussi grand et fort pour survivre, c'était donc là un rejeton du désert. Sans défense, elle le laisserait faire tout ce qu'il voulait ou presque, sans répliquer de quelque manière que ce soit.
Lorsqu'il la souleva, elle n'employa aucune défense, elle en était dépourvue. Les mains du démon aux cheveux d'argent manifestaient force et délicatesse d'un même alliage. Blessé, souffrant, empoisonné, il aurait tout de même pu lui briser les poignets d'un mouvement simple et sec. Son regard appuyé de ce geste, traduit aux pensées de la fëalocë l'image de quelque chose de désagréable : il essayait de déshabiller son corps et son âme pour en connaître la quintessence. Elle ne se rendait pas compte que son interlocuteur était au moins tout aussi chancelant qu'elle même, toujours aussi absorbée par ses iris de braises froides. Elle pria que l'antidote fasse bien effet...

Il la déposa à nouveau sur son lit, sans vraiment développer d'efforts considérables pour porter le corps de la jeune fille. Elle n'était qu'un pantin dans ses mains serrées. Runa s'effondra sans résistance sur les draps tachés de sang. Le fauve n'avait plus la force de combattre, tant bien en paroles qu'en actions. Endolorie, elle se recroquevilla en position fœtale et faisait face à l'homme. Elle mit un certain temps à s'apercevoir qu'il n'était plus seul et qu'un autre bipède avait fait irruption dans sa chambrée, avec le pas silencieux d'un meurtrier.
A l'explication qu'il était en fait un dragon, Runa ne prêta pas vraiment attention.. Elle comprit simplement que le nouvel arrivé n'avait rien d'humain, et que sa race lui permettait de communiquer à certaines personnes seulement. Sous ses attraits humanoïdes se cachait une bête de crocs et d'écailles... vision d'horreur du monstre posé au dessus d'elle la veille...

Elle n'avait jamais entendu parler des dragons.

Ses yeux au bord de l'extinction se levèrent vers le dragon à forme humaine, empreints de curiosité et de fascination, de fatigue et de détresse. Cependant, comme elle se sentit grondée, elle ne broncha pas et se contenta de gémir de douleur, presque en susurrant. Cette voix caverneuse qui dansait dans son esprit avait un timbre qui imposait une forme de respect.

Runa défaillait, lentement. Sa peau aux reflets hâlés blêmit.
Le second homme aida le premier à se dévêtir. Une tunique au sol. Une cotte de maille couleur de lune au sol. Et un corps peint de cicatrices et d'hématomes comme ultime vision.. Il semblait avoir souffert mille maux, et ce depuis qu'il était en âge de marcher. La courbe de ses muscles suffit à exacerber la frayeur de la fëalocë. Il était, malgré son aspect, bien plus attrayant que les hommes qu'elle avait croisé. Quelque chose de mystique se dégageait de lui. A moins qu'il ne s'agissait d'une impression délivrée par la fièvre.
Les bras autour de la taille, compressant ses plaies avec le peu d'énergie qui lui restait, elle restait muette et écoutait. Enfin, on lui répondait. Elle aurait aimé que ce fusse plus tôt, car sa conscience s'égarait dans un néant impénétrable, un sommeil profond. Elle les observait, le regard irrémédiablement oscillant entre les deux protagonistes, comme partagée par l'intérêt qu'elle leur portait.

Runa s'accrocha à ses paupières mi-closes pour tâcher de comprendre ce dont il parlait. Elle retint "don", "lié," "dragon", "bénédiction..." Elle le savait : la fëalocë était exceptionnelle, et elle le clamait depuis qu'elle savait parler. Elle aurait aimé que ses parents soient là pour entendre ces paroles. Cet espoir auquel elle s'était agrippée depuis son mariage se concrétisait. Malgré l'épuisement, une nouvelle flamme avait pris vie en elle. Ses iris s'embrasèrent à nouveau d'un feu timide.

Plus elle l'écoutait, plus elle lui était reconnaissante. Sa souffrance, il l'avait augmentée pour lui sauver la vie. Il aurait pu la laisser mourir de la main de l'assassin et repartir avec ses richesses. Il n'en fit rien. Elle serait morte sans son intervention, et cette seule pensée lui imposa d'écouter attentivement ce qu'il lui proposait, plutôt que de le défier.

Ses arguments étaient pour le moins convaincants. Avait-elle réellement le choix de refuser ? En avait-elle seulement envie ?
Midi frappait à la tenture et le soleil rendit le démon bien plus humain qu'elle ne le pensait. Pendant un temps qui lui parut infini, elle réfléchit et étudia les dires précédemment exposés. A chaque bande passée autour du torse nu de son ex-adversaire, elle précisait ses envies.
D'une voix au bord de l'extinction, elle énonça :

Ne me laissez pas ici, je vous en prie... Vous saurez tout de ma vie si c'est votre souhait...

Son regard se fit plus intense, alors qu'elle se sentait partir. Dans un murmure, elle prononça ces mots :

Emmenez-moi avec vous...



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MessagePosté le: Ven 7 Mar 2014 - 13:02 Répondre en citantRevenir en haut

L'homme à la crinière argentée n'avait pas cillé une seule fois, même devant la détresse grandissante de la jeune femme. Il la tenait, elle ne pouvait pas tenter de le dominer une fois encore. Elle perdait en même temps face à sa propre faiblesse, ayant trop présumée de ses forces. Malgré tout, il lui répondit :

''Tu viendras.

Elle n'eut qu'à entendre ces deux mots là avant de sombrer dans l'inconscience. Estenir s'était rapproché d'elle pour s'assurer qu'elle n'avait fait que fermer les yeux. Puis il contrôla ses blessures.

°Elle survivra. Sa condition aurait pu être meilleure si elle n'avait pas faire sa fière. °
°Elle ne vient pas d'un trou c'est certain. Elle a appartenu à la Cour du Sultan ou à un de ses proches. Eliminer les gêneuses est monnaie courante dans la noblesse, surtout quand elles ne sont pas dociles. °
°J'ai vu et j'ai surtout entendu. Chouette duel entre vous deux. Heureusement que tu es bien plus solide qu'elle, mais pour toi, je te suggère de prendre réellement du repos ! °
°Tu me connais....°
°Justement ! Si tu ne m'écoutes pas cette fois, c'est entravé que je te mènerai au maître Guérisseur°
°Essaie seulement mon ami°
°Alauwyr, c'est sérieux ! °
°Et ton inquiétude envers moi te fait oublier où nous trouvons. Il sera difficile d'être au repos. Je veux bien dormir quelques heures pour te faire plaisir. Mais après nous partirons. °
°Hum.... Je mangerai un ou deux animaux de bâts, ca me détendra. °


Alauwyr se releva en douceur, manquant de tituber. Comme il n'avait plus personne à impressionner, il avait relâché sa concentration face à la douleur. Estenir l'aidait à revêtir sa cotte de maille et sa tunique sombre.

Quand Runa réouvrirait les yeux, le soleil approcherait doucement de la fin de sa course céleste, offrant l'opportunité à la nuit de venir couvrir le ciel de son long manteau sombre. Elle pourrait voir à l'autre bout de la tente l'homme démon en train de dormir allongée sur une banquette, un bras replié sous la tête. Une ombre imposante remuait à peine derrière la tenture de la tête, dévoilant que le monstre couleur cendre était revenue. Sa tête reptilienne se redressait d'ailleurs, comme pour fixer Runa, malgré le tissu qui lui bouchait la vue.

°On dirait que la petite bipède se réveille....°



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MessagePosté le: Ven 7 Mar 2014 - 19:43 Répondre en citantRevenir en haut



Un nouvel éveil. Elle ne s'était pas vraiment vue partir, comme ayant subi une brutale transition qu'elle n'avait pas contrôlé. Elle s'était évanouie avec pour seuls mots en sa mémoire : "Tu viendras."
Alors qu'elle ouvrait les yeux, bien moins éblouie que la dernière fois, elle constata qu'il était déjà l'heure du crépuscule. Une opacité notable tranchait avec le soleil dévorant qui éclairait la tente, quelques heures plus tôt. L'ardente chaleur du désert avait été chassée par une nuit glacée.
Lentement, elle se redressa. Elle frotta ses yeux comme pour en chasser la lourdeur, bien qu'elle se sentait enfin reposée et presque remise de son combat. Un calme rare régnait dans la tente, endormie par la sorgue juste née. Au bout de quelques secondes, elle crut même que ses nouveaux compagnons l'avait abandonnée sans ménagement. Elle scruta les ténèbres, paupières plissées, pour en déceler des formes mouvantes mais elle ne discerna rien dans l'instant.

Prise d'un frisson, Runa s'enveloppa de son drap et se leva, après s'y être reprise à plusieurs fois. Pour être sincère, ses plaies ne la faisait plus tant souffrir. Celle qu'elle avait dans la cuisse l'handicapait seulement quelque peu et les autres somnolaient sans répandre leur irradiante douleur.
Sa silhouette se mut jusqu'à une sacoche de voyage posée à même le sol et elle en extirpa deux pierres à feu. Prudemment, au dessus d'une première lampe à huile, elle frotta les silex et répandit une douce lumière dans la pièce. La flamme discrète révélait sa peau blanchie par la perte de sang et la fatigue, mais dans la lueur de cette dernière on voyait bien qu'elle avait repris les couleurs d'une femme en vie.
Sans détourner le regard de son action, elle en alluma une seconde. Lorsqu'elle se retourna, elle constata avec surprise que l'homme-démon dormait sur une couche à l'opposé de la pièce de fortune. En vérité, on saisissait à peine la subtilité de sa respiration ralentie par le sommeil, aux aléas de son buste qui s'élevait et s'abaissait à chaque inspiration.

Runa l'observa assez longuement, maintenant qu'elle pouvait le détailler dans toute sa vulnérabilité. C'était presque un sourire qui naquit, sur ses lèvres taries par la sécheresse, quand elle remarqua qu'il tenait à peine dans le petit sofa, bien trop grand pour pareille couche.
Avec une certaine bonté qu'elle ne s'avoua pas, elle s'empara d'une étoffe en crin tissé et la déplia sur lui, avec la légèreté d'un battement d'aile. Elle ne prit pas soin de déposer la première lampe près de lui, elle ne voulait pas le réveiller dans l'immédiat. La nuit était fraiche, qu'il se repose le temps qu'il faudrait.
La seconde lampe à la main, la fëalocë se rendit à la vasque et constata qu'elle était plus rouge de sang que translucide d'eau claire. Elle se rappela que certains de ses chameaux transportaient des gourdes d'eau potable, aussi décida-t-elle de se rendre dehors, sans réellement prêter attention à ce qui l'attendait derrière la toile de la tenture. Une main tenant la lanterne, l'autre serrant le drap à son col, elle se faufila entre les deux pans de tissus qui faisaient l'entrée de la tente et stoppa net, surprise, projetée aux devants de la créature. Le dragon. Enfin, il lui apparaissait sous des jours moins hostiles qu'à leur premier contact. Elle resta ainsi figée de longues secondes, ne sachant pas vraiment comment interagir avec l'immense reptile.
Ses iris ambrées rencontrèrent le regard opalescent du dragon. Elle cachait difficilement son intérêt, admirative qu'un tel animal puisse exister. Runa en avait presque oublié la raison de sa discrète sortie.

Elle chercha sa caravane d'un oeil partagé entre le reptile et sa soif, en vain. Les bêtes de somme s'étaient sans doute enfuies avec les derniers vivres.

Sous le joug des canines en poignard du dragon, elle s'assit, ni trop proche de lui ni trop loin. Elle déposa la lampe au sol et cacha ses mains sous le drap pour se réchauffer. Elle hésita à parler, démontée par l'être obscur qui s'imposait par sa hauteur.

Merci. De m'avoir soignée.

Avoué à demi-mot, non sans arracher une once de fierté en elle. Elle ravala son amour-propre. Habituellement, c'était les autres qui disaient merci.

Si je pense, tu m'entends. Si je parle, tu m'écoutes. Si je bouge, tu le sais...


Elle forçait la vision du dragon, l'étudiant en même temps qu'elle réfléchissait à quoi lui dire. Runa parlait à une montagne d'écailles dont elle ignorait encore la race hier.

Tu es lié à cet homme, là ?
Son regard se tourna vers la tente, comme pour indiquer le démon assoupi, avant de recentrer son intérêt sur le dragon. Moi aussi je suis liée à toi ? Après une brève pause, elle esquissa un sourire ravi. J'ai toujours su que je n'étais pas comme les autres.



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MessagePosté le: Dim 16 Mar 2014 - 15:12 Répondre en citantRevenir en haut

Estenir n'avait rien rajouté de plus jusqu'à ce que la jeune femme sorte de la tente pour venir à lui. Il l'avait quand même surveillée, s'assurant qu'elle ne chercherait pas à nuire à son lié, si profondément endormi. Maintenant elle l'observait et lui l'étudiait. Pour une petite bipède, elle avait de l'énergie à revendre et s'était montrée pire qu'une infante pourrie gâtée. Elle n'était pas une petite paysanne de bas étage et encore moins une banale courtisane. Elle était de ces femelles bipèdes qui savaient ce qu'elle désiraient et où elles entrevoyaient leurs intérêts.

Quand elle eut fini de parler, il se contenta d'étirer un peu ses ailes avant de s'asseoir avec une dignité impériale, se montrant plus imposant qu'il ne l'était allongé sur le sable. Pas une seule seconde il ne quitta de vue cette potentielle aspirante qui se voyait déjà dans des hautes ambitions en devinant qu'elle n'était pas n'importe qui

°Heureusement que tu as un brin de jugeotte, jeune bipède, car hier, tu aurais pu très bien y rester, à remuer comme tu l'as fait... ou en tentant de nuire à mon lié. Si je peux te prodiguer un conseil, évite de jouer avec cet homme, car il est plus doué que tu ne pourrais le croire et il gagne presque toujours à ce genre de petit jeu, que tu sois une femme ou pas... °

Ses paupières couleur cendre battirent plusieurs fois avec une lenteur gracieuse.

°J'arrive à entendre tes paroles sans soucis, comme j'arrive à entendre tes pensées si tu ne sais pas les dissimuler. Mais tu comprendras comment filtrer tes songes par la volonté et l'entraînement. °

Il l'étudia plus en profondeur encore. Elle voyait un dragon pour la première fois de sa vie et ne semblait pas apeurée. Nullement effrayée. Pourtant, Estenir n'aurait qu'à tendre la patte pour l'écraser contre le sol, de la fouetter d'un coup de queue ou de cracher les flammes pour la tuer. D'un simple geste et tout serait fini. Elle devait le savoir mais pourtant, elle se tenait droite face à lui. Cela l'amusa un peu.

°Je suis lié à cet homme en effet, mais tu n'es pas liée à moi. Tu possèdes le Don, qui te permet de parler autant avec moi qu'avec d'autres dragons. Tu seras liée quand un jour prochain, tu pourras prétendre à unir ton âme à un membre de mon espèce. Car c'est une des raisons de notre présence ici, dans ce désert, car j'ai senti le Don en toi. Prends cela comme de la chance, et non la main du destin, car à la base, on venait piller ta caravane°

Il fit un léger sourire et tourna sa tête vers le côté, l'accompagnant d'un mouvement de son antérieur, pour attraper quelque chose située derrière lui. Quand il présenta de nouveau son antérieur devant la jeune femme, il lâcha une outre et une sacoche de victuailles, qui tombèrent mollement sur le sable

°Tiens, tu dois avoir soif et faim. Profite en pour bien te nourrir. Car nous partirons au plus tôt dès que mon lié sera prêt à partir. J'attends juste qu'il se réveille pour cela. Hum, et si tu as des affaires personnelles à prendre, choisis bien ce que tu veux emmener, car je ne suis pas un chameau. Heureusement que tu n'as pas un chamelier sous la main, je lui aurai reproché le manque de soin de ces animaux, ils n'avaient pas bon goût, pour ceux que j'ai pu dévorer. °

Il se demandait ce qu'une bipède comme elle prendrait comme souvenir de sa vie passée avant de prendre la voie des airs. A voir les bagages, elle avait beaucoup de biens riches. Déjà il se permit de taire qu'une partie des richesses telles que certains objets en argent ou en or serait de la propriété d'Alauwyr. Après tout, ils ne se déplaçaient pas pour rien et ce juste butin ne serait qu'une partie de la rétribution à offrir pour avoir sauver la vie de cette jeune demoiselle.

°Il est vrai que tu n'es pas comme les autres, quand on se compare aux gens du commun, qui ne possèdent pas le Don. Mais tu ne seras pas la seule à pouvoir parler à des dragons. D'ailleurs, quel est ton nom, petite bipède ? °



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