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 [Chevalière Incarnate] Runa Salv Ter-Arsuh & Sarzeghnet Sujet suivant
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Runa Salv
Chevalier Dragon
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Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Sam 22 Fév 2014 - 23:41 Répondre en citantRevenir en haut





Avatars utilisés :


Playlist du personnage



Prénom : Runa (Sòrselvi Arasi Sūrya Saba)

Nom : Salv. On parle également d'elle en terme de Ter-Har’lu puis Ter-Arsuh pour désigner le nom de son oasis d'origine et celle où elle régna.

Surnom : L'insatiable, la furie, la vipère rouge, le serpent de feu..

Âge : Printemps, elle a 22 ans à son arrivée au Kaerl.

Race : Fëalocë.

Physique : C'est une flamme qui vacille, qui danse, sans jamais s'éteindre, sans jamais perdre de sa magie. Sa chevelure ondule d'un rouge Andrinople aux reflets cinabres, une cascade de lave qui s'échoue sur les courbes généreuses de ses hanches du haut de son mètre soixante-quinze. Sa peau est plutôt pâle, mais un léger voile hâlé donné par les rayons de soleil de Ssyl'Shar dégage une chaleur enivrante. Son visage est ponctué d'yeux aux iris d'ambre et d'or dans lesquels tous aiment se noyer. Ses lèvres sont charnues et elle se plaît à les rougir avec des pétales de rose. Son visage est d'une finesse presque enfantine, contradiction à son corps de femme assumée. Runa est pulpeuse : elle pare ses formes de longues robes aux teintes noires ou rouges et aux fils d'or, toges qui laissent parfois percer le jour au travers du tissu sans ne jamais rien dévoiler, vêtements qui habillent sa hauteur modérée de fëalocë . Ses poignets sont fins et ornés de bracelets, tantôt d'or, tantôt de bronze, qui, en s'entrechoquant, produisent les mêmes cliquetis que les parures de ces danseuses des contrées baignées d'une ardente chaleur. De lourds colliers précieux teintent son col, ceintures, tiares, boucles d'oreilles... Une coquetterie omniprésente sur une femme qui croit être le plus précieux rubis de Rhaëg, c'est pourquoi elle prend énormément soin de son atout majeur : son corps.

Caractère : Sa beauté n'a d'égale que son avidité. Son surnom "d'Insatiable", hérité d'un peuple qui la méprisait, lui va à vrai-dire à ravir. Runa est une opportuniste invétérée qui saisira la moindre chance à sa portée, quitte à écraser les autres. Elle est indigne de confiance, cupide et égoïste. Un imparfait mélange. Ajoutons également qu'elle est traitée de "précieuse" par la populace, refusant de travailler, ne voulant pas effectuer le moindre "sale boulot", elle préfère cultiver ses tactiques de séduction pour se faire entretenir par des hommes puissants. Puissance ? Oh oui, c'est une femme qui aime cette notion. Ses moyens pour y parvenir sont son physique et son élocution, ajoutons à cela une maîtrise des poisons, son plaisant loisir est alors complet.
C'est une véritable Fëalocë : sa tendance est d'agir à l'impulsion. Elle déploie une énergie considérable à exprimer ses émotions, tout se doit d'être théâtralisé. Enfin, tout dépend des circonstances... Runa sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas. On pourrait parler de manipulation perverse tant elle se plaît à se jouer des autres. Femme de passions, méfiez-vous de sa colère car elle est dévastatrice, d'autant plus qu'elle peut-être longuement réfléchie comme lancée sur le moment, sans censure. Sans scrupules, l'échec des autres la délecte, d'une certaine manière. Elle n'agit que pour elle-même, sans aucune concession officielle envers les autres. Runa revendique des valeurs qui lui sont propres, des valeurs hypocrites, des valeurs de pouvoir, une vendetta perpétuelle envers ceux qui se mettront en travers de sa route. La contradiction est qu'elle ne peut en rien être solitaire : elle a besoin des autres pour se mettre en valeur, et elle use de tous les moyens possibles pour y parvenir. Une mégalomane narcissique aux idéaux racistes, revendicatrice et avide. Il n'y a aucune raison valable à sa hargne malsaine, son hystérie fait d'elle un être perpétuellement enflammé au curieux sentiment de supériorité.
Nuançons ses multiples défauts par quelques qualités : la mariage a fait de Runa une enfant un peu plus docile, qui a appris à maîtriser un peu mieux ses colères. Elle s'est largement cultivée, sans pour autant être un puits de science. Runa est une jeune femme persévérante et curieuse, pas seulement dans le mauvais sens du terme : quand elle veut quelque chose, elle s'en donne les moyens. Ajoutons qu'elle peut éprouver une certaine forme de respect en contrepartie de ceux qui agissent de même à son égard - bien que ce point reste exceptionnel dans son trait de personnalité - mais elle ne se l'avouera jamais réellement, trop fière. Elle répond à la règle du "donnant - donnant", elle rendra ce qu'on lui a offert, même de façon atténuée. Il est probable qu'elle voue une certaine forme d'obligeance envers son Maître Dragon, dans la mesure de la situation, bien-entendu.

Alignement : Chaotique mauvais.

Clan choisi : Ombre.

Liée : Sarzeghnet (fiche à venir), Empreinte datée de Flarmyaku 918.

Histoire :





Le soleil était à son zénith lorsque que naquit le premier enfant de l'Emir Sadden Salv 1er du nom, prince désigné par le Sultan pour régir l'oasis d'Har'lu. Son épouse, Nuja, ne mit longtemps à tomber enceinte après leur union, presque un an plus tôt. Tous deux de haute naissance, ils s’imposèrent dans cette cité cernée de dunes comme un emblème de richesse et d’abondance, de fierté et de pouvoir.
Le couple était issu d’une communauté de Fëalocës implantée dans l’oasis d’Arsuh, communauté qui se développa surtout en raison des bonnes grâces du Sultan et les talents de commerçants de ces derniers. Ce mariage arrangé retentissait déjà sous une note de parfaite réussite, dans ces terres où tout était négocié. L’Emir Sadden fils de l’Emir Zayar se vit attribué la garde d’Har’lu en l’échange de son union à Nuja, fille de l’Emir Darri. Une fois la cérémonie achevée, le Sultan mit à leur disposition le palais d’Har’lu, où ils purent donner naissance à leur progéniture.
Leur place était idéale. Leur rang inspira à la fois jalousie et respect, surtout de la part des Emirs d’oasis d’importance moins conséquente. La naissance d’un enfant ne fit qu’exacerber la convoitise des familles rivales.

Runa. Ce fut le nouveau trésor d’Har’lu. Bien qu’il s’agit d’une fille, son père se moqua de l’importance de son sexe et il l’aima dès le premier regard. Sa mère fit d’elle une princesse.
Les jours, les semaines, les mois, les années passèrent, et la petite fille laissa peu à peu place à une enfant passionnée, une jeune fille capricieuse à qui tout fut cédé. A peine sut-elle parler correctement qu’elle formula déjà des demandes de tout et de rien. Toute l’attention du monde devait être braquée sur elle. Ses parents dirent d’elle qu’elle était un cadeau des dieux, tant par sa beauté que par son adresse à exprimer son avis. Elle fut si précieuse à leurs yeux qu’ils dépensèrent des fortunes pour satisfaire ses moindres envies : des joailliers donnèrent vie à leurs plus belles créations en s’inspirant de l’enfant, les tailleurs de tout le continent se déplacèrent pour lui offrir les plus belles robes. Tout fut prétexte à rendre heureuse la petite fëalocë qui, à chaque envie assouvie, réclama autre chose. Runa ne connut jamais le manque, la faim, la restriction.

Quand elle fut en âge d’être éduquée par un précepteur, elle découvrit véritablement la lecture, initialement apprise par sa mère. Le palais renfermait une collection impressionnante de vieux ouvrages écrits en langues mortes, pour la plupart. Nuja, la mère de Runa, pratiquait la magie de protection. Persuadée que ces livres détenaient des secrets, des pouvoirs quelconques, elle tenta dans un premier temps de décrypter les étranges dessins qui y figuraient, en vain. Elle ne parvint jamais à déchiffrer les textes qui habillaient les pages usées. Runa ne prêta d’abord pas attention à ces livres dénués d’intérêt. De toute façon, Nuja fut de nouveau enceinte et quelques mois plus tard elle donna naissance à un fils.

Arsan fit concurrence violente à sa grande sœur. Fils légitime d’Emir, Runa comprit que son frère serait le véritable héritier de son père et elle prit cette nouvelle comme un affront, elle, la première née. L’attention de tous se tourna vers le fils et la fille se réfugia dans une rancœur amère. Ses caprices se multiplièrent d’avantage et rien ne combla le vide immense qui s’installa en elle. Si au fond elle le détestait, il y eut une période où elle souhaita sa mort. Elle rumina longuement, songeant à l'empoisonner d'une manière ou d'une autre. A chaque fois que ses parents évoquaient leur fils, Runa coupait court à la conversation. Elle ne prêta jamais aucun regard au nourrisson, dédaignant un frère qu'elle n'acceptait pas. Ses parents, vis à vis de ce comportement, commencèrent à envisager de la marier, afin qu'elle quitte la demeure et apaise la maisonnée.
Runa, la princesse de la famille Salv Ter-Har’lu tomba en désuétude. Elle se para alors de plus de bijoux et son regard devint encore plus hautain. Les serviteurs de la maison essuyèrent ses colères sans but et théâtralisées au possible. Son seul désir était d’être vue de tous et reconnue comme la plus belle fëalocë de Ssyl’Shar, comme le rubis de la famille, comme la perle de l’oasis. Elle voulait être vue du Sultan et appréciée du Sultanat. Runa n’avait alors que 14 ans.




Son univers s’étiola un peu plus chaque jour. Une haine naissante et grandissante se profila à l’encontre de son petit frère, pour qui se tournèrent toutes les ambitions. Il était déjà trop tard pour qu’elle reprenne sa place.

Son corps devint sa principale source de préoccupation dans une maison trop grande où il n’y avait rien d’intéressant à faire, ni personne à impressionner. Quand Runa arpentait les ruelles commerciales d’Har’lu, hommes et femmes se retournaient sur son passage, par jalousie ou par intérêt. Là était son loisir prépondérant : écumer les marchés à la recherche de n’importe quelle relique qui attirerait son regard tout en exhibant ses courbes naissantes de femme. Runa sembla, l’espace de quelques temps, s’assagir et faire bonne figure auprès du peuple. Tous eurent vent des colères qui la confrontèrent à ses parents. Pourtant, elle sembla d’un calme impassible, s’adonnant parfois à quelques sourires hypocrites envers d’autres personnes de la bonne société qu’elle croisa çà et là. Son regard chaleureux était en vérité habité de desseins bien plus obscurs.

Runa avait un secret. Lorsque ses géniteurs la délaissèrent au profit d’Arsan, elle se plongea dans un appétit dévorant de lecture. Histoire, guerre, alliances, géographie, culture, religions, légendes… tous les domaines la passionnèrent. Son but était en réalité de se cultiver pour parfaire les conversations qu’elle avait lors des soirées mondaines. Sa plastique ne suffisait plus à captiver les hommes et à effacer les femmes. Elle voulait une élocution digne de sa caste.
En parcourant la bibliothèque de la maisonnée, Runa retomba sur les manuscrits poussiéreux collectionnés par sa mère. D’une curiosité nouvelle, la jeune fille tenta d’en comprendre le sens. L’un des livres retint particulièrement son attention, plus gros, plus lourd et à la couverture plus travaillée que les autres. Dans sa tête, elle essayait de prononcer des mots qu’elle n’avait jamais entendus et qu’aucun homme sur terre ne comprenait plus. Page après page, les courbes d’encre prirent leur sens. Runa commença à assimiler la signification de ce qu’elle était en train de lire. Il s’agissait de formules, de préceptes de magie. Page après page, elle saisit la subtilité de l’ouvrage. C’était un grimoire écrit par un maître de la magie d’illusion qui coucha sur papier ses expérimentations à l'intention de ses apprentis. Avec le temps, la langue employée s’éteignit et le grimoire finit dans la collection d’objets anciens d’un palais du Ssyl’Shar.
Elle lisait, et lisait encore, répétait jusqu’à comprendre ce qui était écrit, jusqu’à des maux de tête insupportables. Petit à petit, elle maîtrisa la langue du maître d’illusions. Jusqu’au jour où elle osa enfin mettre à exécution une formule, avec assurance et sans fourcher la langue. Inlassablement elle répéta la formule jusqu’à ce qu’enfin, une flamme timide ne prenne vie dans la paume de sa main. Runa possédait un don et elle se sentit exceptionnelle à nouveau. Son appétit pour la magie se fit chaque jour plus grand, au point qu’elle en oublia sa colère, sa famille. Chaque soir elle s’enfermait dans la bibliothèque, chaque soir la flamme était plus grande, plus belle, plus effrayante.

En revanche, quand elle tentait d’allumer une bougie, la mèche ne prenait pas. Ses flammes ne brûlaient rien. Il n’y avait rien qui pouvait être détruit par sa magie. Si son nouvel orgueil se tourna vers son pouvoir, sa déception allait désormais à l’encontre d’une magie incapable de blesser. Elle mit du temps à comprendre que la magie d’illusion n’était qu’une façade, un apparat de plus. Une colère presque oubliée refit surface.

Une colère qui se décupla à l’annonce de son mariage arrangé à l’Emir d’Arsuh. Le Sultan avait souhaité cette alliance et l’Emir Sadden s’exécuta. Runa savait ce qu’on disait de l’Emir Ajdir d’Arsuh : c’était un humain d’une cinquantaine d’année, fatigué par le temps, n’ayant aucun respect pour les femmes. Il en était à son quatrième mariage, son quatrième échec. Aucun enfant ne vint perpétuer son nom. Fière fëalocë qu’elle était, Runa détesta son père de l’avoir honteusement vendue à un simple humain, dont on disait d'autant plus qu’il était d’une grande laideur. Elle méprisa sa mère plus encore, abandonnant sa princesse à un homme qui n'avait rien d'un prince. Elle fut vendue comme l'objet de convoitise d'un homme de pouvoir.
A l’aube de ses 17 ans, elle prit la caravane en direction d’Arsuh, emportant avec elle ses robes, ses bijoux, ses parfums mais surtout son ancien livre de magie. Elle abandonna le nom de Ter-Har'lu et devint Runa Salv Ter-Arsuh.

En plus d’être laid et de race humaine, l’Emir Ajdir était sale, vulgaire et doté d’un intellect tout à fait médiocre. Sa haine inconsidérée pour les femmes était flagrante. A l’opposé de l’union de ses parents, Runa sut que son mariage avec l’Emir d’Arsuh était voué à l’échec. Ils étaient unis depuis quelques mois à peine et l’intérêt de l’émirat pour son épouse fut presque immédiatement réduit à néant. Il rentrait tard le soir d’opulents dîners chez ses amis, se déshabillait, forçait Runa et s’endormait à cause de l’ivresse une fois la chose faite. Après le dégoût vint la haine. Elle compensa son manque d’affection en lisant d’avantage, et cachée aux yeux de tous elle s’essaya aux illusions. Pourquoi cachée, me direz-vous ? Elle aimait l’idée d’entretenir un secret, elle voulait se perfectionner pour un jour exploser et montrer au monde qu’elle était unique. Et de toute façon, son rustre d’époux ne pouvait comprendre son intérêt pour quelque chose de si désuet.

Chaque nuit, elle se débattit d'avantage et refusa que les mains lourdes de l’Emir Ajdir ne se posent sur elle, chaque nuit elle se coucha sans s’endormir, ruminant sa colère envers lui, un dégoût plus profond encore de la race humaine s'empara d'elle. Elle détesta les humains plus que n'importe qu'elle autre espèce. L’idée de le tuer prit forme, lentement. Sa colère devint haine, et chaque soir elle chercha une solution pour se débarrasser de lui et enfin prendre sa place, régner sur la cité, être reconnue en tant que telle.



Dans une rage incontrôlée, Runa éclata en sanglots.

Ne voyant pas arriver d’héritier, l'Emir Ajdir se mit à fréquenter ardemment son harem privé, sillonnant le palais au bras de femmes qui furent officiellement siennes ou de conquêtes ramenées de Rhaëg entier, à son usage et à celui de ses plus fidèles amis et alliés. L'Emir s'était lassé de son épouse. Trompée, humiliée, la fierté de Runa partit définitivement en cendres, cinq ans après son mariage. Son époux fit d’elle une femme montrée du doigt pour son manque d’engagement dans son mariage. Accusée d’être stérile, froide et pleine de dédain, le peuple sembla ne plus tant apprécier l’image de sa belle dirigeante, dont la réputation s'effondra en l'espace de quelques semaines. Répudiée en tant que cinquième épouse de l'Emir Ajdir Ter-Arsuh second du nom, Runa fut envoyée au harem comme simple concubine, tout comme le furent celles qui la précédèrent. Et comme toutes les autres femmes, elle satisfaisait les désirs des proches de son époux, contre son gré. Elle devint ce qu'elle détestait, une image de ce qu’elle a toujours cherché à fuir. Dans sa course effrénée à la reconnaissance et à la convoitise des autres nobles de l’oasis, elle avait perdu son honneur. Frappée en plein égo, elle s’était jurée de venger son humiliation publique par tous les moyens à sa portée.

Bien que reniée de l'Emir, Runa resta dépensière : toujours plus de pierres précieuses, plus d’étoffes, plus de coquetteries, plus de livres rares… Sa nouvelle lubie était l’achat d’animaux exotiques ramenés pour elle des quatre coins du continent. Tout était prétexte à la dépense, tout était fait pour combler le vide, pour épuiser les richesses de son désormais maître. Les autres femmes commencèrent à la surnommer « l’insatiable », « l’avide." Les serviteurs, dans leur devoir d'obéissance, n'en furent pas moins las de ses exigences de reine. Mais vint l’instant où les caprices ne suffirent plus : Runa devait se débarrasser de l'Emir. Jour après jour, nuit après nuit, les visites de son mari dans le harem cultivèrent ses idéaux de vengeance. Nul ne savait jusqu’où pouvait aller une femme bafouée.

Comment le tuer sans finir lapidée ? Runa sombra peu à peu dans la magie, une magie plus obscure que celle à laquelle elle s’était essayée. Elle était la recherche d’une solution à ce qu’elle appelait « son problème. » Et pourquoi pas le poison ? Simple, efficace, discret. Elle chercha dans ses livres une formule parfaite, elle fit même apporter en secret d’autres livres de la bibliothèque de la cité. Pourquoi ne pas avoir fait appel à un expert, ou même un inconnu, à une de ses servantes ? Pourquoi ne pas avoir payé l’une des concubines de son époux, l'une de ses concurrentes ? A ses yeux, nulle revanche ne pouvait mieux être effectuée que par sa propre main, et elle se promit d'être au moins l'instigatrice de sa némésis.

Elle trouva un parchemin, ce genre de parchemin qu’on ne remarque pas dans une bibliothèque, que tous ignorent. La recette était simple : quelques graines d'une fleur nommée "terembril", qui ne pousse qu'en Orën, sont à disséminer dans les feuilles de thé. Une coupe chaque soir avant le coucher, à laisser infuser longtemps. Il faudrait quelques semaines pour rendre malade la victime et la condamner à une mort douloureuse. Le risque ? Que les serviteurs se rendent compte qu’il s’agissait bien d’un poison et non d’une maladie foudroyante… Runa prit le risque. Son caprice de faire venir des fleurs d'Orën n'avait rien d'assez extraordinaire et après plusieurs semaines elle reçut enfin ses terembrilis. Patiemment et avec parcimonie, elle décortiqua chaque fleur pour en conserver les graines. Elle fit également importer un thé rare et "exquis" selon les disciples de la boisson, un thé hautement réputé de Qahra.
Dans l'attente de son produit final, Runa tenta de reconquérir l'attention de l'Emir. Chaque soir, elle se pavanait devant lui avec des tenues toutes plus évasives les unes que les autres. Des regards échangés, des sourires ravageurs, des pas de dance enivrante... L'Emir Ajdir céda. Ainsi elle le retint dans sa couche. Une fois les ingrédients en main, les graines mélangées aux feuilles de thé, elle put entamer sa vendetta.

- Buvez ce thé, soleil de mes nuits.. Oublions nos querelles et ce qu'il s'est passé. Je l'ai fait venir de Qahra, pour vous seul. Il vous redonnera jeunesse et fougue de vos jeunes années. C'est le breuvage que boivent les grands hommes de ce monde..

Runa préparait le thé, l'Emir se satisfaisait de son corps et finissait par boire la fatale infusion avant de paisiblement s'endormir. Nuit après nuit, l'opération se répéta, des semaines durant. Nul ne se doutait de rien. Le sommeil de la Fëalocë ne fut jamais aussi bon et reposant que durant ces semaines de complot. Les autres femmes tentèrent bien de ramener à elle ce qui fut leur, mais rien ne changea. Jusqu'au soir où l'Emir fut trop malade pour se rendre au harem. On dit qu'il devint plus pâle chaque jour, la faim l’abandonnant, ses yeux jaunis par l’alcool et le tabac se vidèrent peu à peu de toute émotion. Il vomissait nuit et jour sang et viscères. Pour autant, Runa continua de faire apporter le thé de sa majesté dans sa chambre, et cet imbécile buvait gorgée après gorgée, persuadé qu'il s'agissait là de son remède. Au bout de six semaines, et avec l’aide de quelques médecins incompétents et démunis, l’Emir Ajdir Ter-Arsuh mourut dans d’atroces souffrances, avec pour dernières paroles hurlements et gémissements de douleur. A cet instant, Runa sentit une douce chaleur envahir son avide enveloppe corporelle.
Une chaleur qui ne dura pas. Le Sultan ne pouvant laisser l'oasis sans Emir, il fit appel à un remplaçant, une femme ne pouvant véritablement gouverner : Bahsis II. Runa détesta ce nom aussi immédiatement qu'elle l'entendit. Avec son arrivée au pouvoir, il fut évident que la Fëalocë n'aurait définitivement plus d'importance. De nouveau la colère, la rage, la hargne. Il fallait qu'elle devienne sa favorite.

Malgré ses atouts, l'Emir Bahsis II prit pour épouse une jeune humaine au sang noble de Qerumi. Perfide jalousie. Une jalousie qui étrangla presque Runa. Elle voulait être la seule idolâtrée d'Arsuh. Cela ne pouvait durer.

Un matin, elle fit appel à l'un de ses eunuques, le plus crédule d'entre tous. Sachant que sa féminité n'attiserait pas les désirs d'un homme dépourvu de ses attributs, elle joua la carte de la richesse et du pouvoir. Le contrat fut des plus simples : s'il l'aidait, il serait couvert d'or et se verrait attribué une place au sultanat ; dans le cas contraire, il serait exécuté pour vol. Runa lui laissa 3 jours pour prendre sa décision, sans lui préciser les termes du contrat, le risque étant trop grand. C'est spontanément que l'eunuque lui apporta son accord le matin du troisième jour, appâté par le gain et la gloire mais demanda en contrepartie un premier paiement. Elle lui offrit l'un de ses colliers les plus modeste mais unique puisque créé spécialement pour elle. Il était certain que presque tous l'avaient vue avec cette pièce autour du cou.

Runa lui ordonna de répandre de l'huile à lampe dans tout le harem, une fois le soir tombé et les concubines couchées. Il dut en déverser dans toutes les chambres, autour des bains, même dans la chambre de Runa. Partout, sauf dans la chambre de la seconde épouse. Une flamme suffit à l'embrasement. Nul n'eut le temps d'éteindre l'incendie dont les flammes s'élevèrent jusqu'au ciel à certains endroits. Certaines femmes périrent par la fumée, dans leur sommeil ; d'autres furent brûlées vives, réveillées par la caresse du feu. Seules survécurent la seconde épouse et Runa. L'eunuque, effrayé par l'acte de sa maîtresse, s'enfuit à l'aube. Son seul regret ? Ne pas être parvenue à occire la nouvelle épouse de l'Emir Bahsis II.

Le Sultan dépêcha des personnes pour enquêter sur les lieux. Constatant que parmi les survivantes, seule la chambre de la seconde épouse était intacte, et que celle de Runa avait été en partie calcinée, l'accusation sembla évidente. Runa fut innocentée en l'absence de preuves flagrantes. Pour tout vous dire, elle alla même jusqu'à dénoncer sa rivale innocente. La seconde épouse fut condamnée à la lapidation le soir même. En guise de dédommagement, la Fëalocë fut conviée à préparer une caravane pour Har'lu, afin de regagner son oasis originelle. Un sourire imperturbable se dessina sur ses lèvres, une chaleur nouvelle s'empara d'elle.

A l'aube de ses 23 ans, la Fëalocë prit la route du désert avec deux servantes, une dizaine de gardes et des chameaux chargés de ses biens. Elle n'emporta avec elle que le plus coûteux, heureuse de prendre sa retraite aussi jeune, heureuse de quitter une cité qu'elle méprisait et où elle avait semé le chaos et la mort.

Tout fut à la hauteur de ses espérances. Mais à l'instant où elle passait la grande porte d'Arsuh, l'eunuque se précipitait dans les quartiers militaires, la dénonça en brandissant son bijou. Il expliqua au commandant de la garde quelle femme elle était : l'empoisonneuse de l'Emir, la directrice du complot qui condamna la seconde épouse à sa place. Après plusieurs heures d'interrogatoire, le commandant de la garde fut assez convaincu pour prévenir le Sultan et demander son arrestation. Un avis de recherche fut officiellement lancé. Des assassins furent officieusement envoyés.

Sur la route du retour, la Fëalocë se demanda comment sa famille l'accueillerait. Dans un sens, son arrivée à Har'lu était significative d'échec et son départ six ans plus tôt n'eut pas lieu dans les meilleures conditions. Elle pensa à son frère surtout. Que ferait-elle de lui ?
Elle profita également des nombreux jours de voyages pour penser à son avenir, à sa reconversion. Elle pensa à épouser un nouvel homme de la noblesse afin de se faire entretenir par ce dernier, encore jeune. Cependant, une réputation de "stérile" la suivait. Qui voudrait épouser une femme dans l'impossibilité de perpétuer une lignée ?

Le septième jour de voyage, la caravane s'arrêta cette fois au flanc d'une montagne pour passer la nuit. Rien n'indiquait qu'elle serait différente des autres. Dans le silence de la sorgue, près du feu de camp, tous s'endormirent sous le regard des gardes. Dans le silence de la sorgue, quatre cavaliers aux noirs desseins s'approchèrent. Avec l'agilité de félins, ils tranchèrent les gorges des servantes. C'est un garde qui donna l'alerte juste avant de s'étouffer avec son sang. Sans défense, Runa se réfugia derrière sa milice. Un à un, ils tombèrent, presque décapités. Une nouvelle peur prit place en la Fëalocë : aucune arme pour se protéger, sans ressource... non.

Elle chercha en sa mémoire une formule longtemps employée. Elle répéta, mot après mot jusqu'à en être sûre. Et alors qu'ils s'apprêtèrent à bondir sur elle :

- Elden rensar hugen min... KAUN LOGEN BRENN !*
*"Les flammes s'emparent de mon esprit, QUE TOUS BRÛLENT !"

Cernée d'un cercle de feu inoffensif, elle haletait, piégée malgré son subterfuge par les messagers de mort du Sultan.


Equipement possédé : Bijoux d'or, de bronze, d'ambre, de rubis, de saphir... héritage de ses ancêtres et de son défunt époux. Elle porte parfois à sa ceinture une dague, arme avec laquelle elle se montre plutôt habile et dont elle sait se servir. Son annulaire gauche est serti d'une bague qu'elle ne quitte jamais, un anneau dont elle prend soin et qu'elle apprécie pour son symbolisme et son histoire puisque présent dans sa famille depuis plusieurs générations. Enfin, elle garde toujours auprès d'elle une grande besace de cuir acajou et légèrement usé contenant le grimoire des Salv, dans lequel sont regroupées des formules magiques, des incantations et des recettes de décoctions, toutes notées en une langue que seule Runa sait lire. Ce livre de sorcellerie est l'héritage de plusieurs générations de mages de sa famille. Ce sac regorge également de tas d'ingrédients alchimiques, de graines, de pousses, de fioles, de liquides, de fleurs et de feuilles enfermés dans des bourses, des fioles de verre opaque ou non et des petites boites en bois.

Magie : Runa possède le Don et celui-ci est puissant. Le lien qui l'unira à sa liée sera donc d'une force considérable.
En outre, c'est une illusionniste.
Elle puise ce domaine d'un don inné de compréhension des anciens artefacts et de la lecture de langues oubliées de tous. Runa est logokine : elle a le pouvoir de comprendre tout langage codé ou non et d'en utiliser la quintessence magique, peu importe sa forme ou son origine. Il est à noter que ce pouvoir ne fonctionne qu'avec les textes magiques. C'est en parcourant les pages d'un des vieux manuscrits de sa mère qu'elle s'est rendue compte de son pouvoir. Nul ne parvenait à déchiffrer ce qui ressemblait à des runes antiques alors qu'elle y voyait des formules. Le langage qu'elle tente de comprendre se répète inlassablement, en litanie de plus en plus bruyante, jusqu'à ce qu'elle comprenne et intègre le sens de ce dernier. Le vieux grimoire qu'elle possède est notamment composé de formules obscures qui tentent à reproduire les éléments, où par exemple les flammes se parent de robes noires et de volutes empoisonnées. Tout n'est qu'artifice, Runa ne pourra jamais blesser qui que ce soit dans ce domaine. Pour donner des limites à son pouvoir, je reprécise qu'elle est novice. Son pouvoir est donc limité pour le moment et il tend à se développer avec son arrivée sur Tol Orëa. Son pouvoir ne l'épuise pas réellement physiquement, elle serait plutôt victime de forts maux de tête à la lecture de formules inconnues. Le point négatif à son don est la grande demande de concentration, puisqu'il faut, avant de projeter l'image de quoi que ce soit, en avoir une idée détaillée. Si Runa est trop dissipée, elle ne pourra pas utiliser son pouvoir.
A une période de sa vie, elle s'est également intéressée aux poisons et elle connait l'effet que peuvent avoir certaines plantes. Elle est l'héritière de plusieurs générations de sorcières/sorciers-guérisseuses/guérisseurs et elle possède certains des secrets de ses ancêtres.

Divers : Je m'excuse d'avance pour les fautes s'il en reste. Je remercie également Anaviel et Mave pour leur aide.

NB : Fiche remise à jour en juillet 2015.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -



Dernière édition par Runa Salv le Jeu 9 Juil 2015 - 01:09; édité 28 fois
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