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 [RP] Le début d'un long périple Sujet suivant
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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 12 Fév 2014 - 18:40 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918
Le jour de la réunion au Manoir d’Ale Alfirin, peu après le départ de Ruri



Cela faisait un bon moment que Ruri pensait à ce voyage. C’était celui qui marquerait des lourds changements dans sa vie, dans sa personnalité-même. Ce périple qu’elle commençait ce jour était le fruit d’une longue réflexion qu’elle avait partagé avec le Seigneur lui-même. Elle se remémorait ses raisons de se lancer à l’aventure, loin du confort du Kaërl et de la protection de sa maîtresse, Lyssa. Après tout, il aurait été dangereux qu’elle l’accompagnât : la présence d’un dragon n’aurait pas été du goût de tout le monde, surtout avec la fermeture de l’interstice. Mais ce qui motivait Ruri plus que tout autre chose, c’était de retrouver ses origines. De très nombreuses personnes connaissaient leurs parents, qu’ils soient aimants ou non, riches ou pauvres. Mais ce n’était pas tant ce qu’intéressait la neishaane. Elle savait pertinemment que sa mère était décédée à sa naissance. Ce n’était qu’une génitrice qui n’avait pas de réel lien avec son propre enfant. Non, celle qu’elle voulait connaître était celle qui lui avait conféré ses pouvoirs. Après tout, la magie permettait bien des choses. Ne lui permettrait-elle pas de devenir meilleure ? Peut-être n’était-ce finalement qu’une quête irréalisable qui la conduirait inéluctablement à sa perte. Mais elle avait chassé bien rapidement cette idée. Le doute n’était pas permis pour réussir. Et puis, mener cette quête sans aide du Màr Tàralöm n’en serait que plus bénéfique. Cela lui apporterait une expérience incroyable, l’obligerait à prendre des décisions qui impliqueraient certainement sa survie.

L’aspirante avait quitté le Manoir d’Ael Alfirin quelques minutes plus tôt, sur le dos d’un dragon appartenant à un maître assistant à la réunion. Serait-ce le même qui viendrait régulièrement voir si elle serait revenue ou non ? Le saurien n’avait rien voulu en dire. Elle n’avait que peu eut l’occasion de voler sur ces monstres à écailles. La neishaane avait les joues rougies par le vent frais qui venait caresser son visage et soulever sa chevelure blanche. Elle ressentait les écailles dures comme l’acier du dragon, la force dégagée par ses puissantes ailes. Il demeurait silencieux. Ruri ne posait aucune question. En réalité, elle ne cherchait pas à engager la conversation non plus. Elle rêvait de son voyage, idéalisant les rencontres qu’elle y ferait. Consciente de la difficulté qui s’imposerait à son voyage, elle avait veillé à ne pas sous-estimer ses besoins pour mener sa quête à bien. Elle portait une épée courte dans son dos. La lame d’un noir mat était dépourvue de garde. Le manche était d’un bois solide comme l’ébène. Une ceinture contenait plusieurs fioles dans lesquelles se trouvaient des parchemins. Elle en profiterait pour noter les évènements importants. Bien sûr, Ruri n’avait pas oublié ses diverses fioles de poison, sa dague, des affaires de rechange et, plus important que tout ici-bas, des espèces sonnantes et trébuchantes.

Undòmë approchait à grand coup d’ailes. Le voyage avait semblé durer une éternité à Ruri mais elle avait pu y voir des paysages exceptionnels. L'océan succédant à la terre et la terre succédant à l'océan. Une forêt de grande taille masquait en son centre une clairière. L’endroit idéal pour larguer le colis. Le dragon y atterrit, faisant vibrer les feuilles des arbres. Ruri enleva son harnais et tomba les deux pieds au sol. Elle prit son sac et se mit en marche en remerciant le dragon qui ne répondit que par un grondement mécontent. Visiblement, il n’était guère enchanté d’avoir eu à transporter « le paquet ». Elle regarda le saurien reprendre son envol et rejoindre son maître au Manoir. Après s’être assurée que personne ne l’avait vu en scrutant autour d’elle, Ruri commença son périple d’un pas décidé. Elle écarta les branches des chênes avant de s’arrêter, prise d’une stupeur soudaine. Elle se rappelait ce lieu qui n’était pas si loin que cela de son village d’origine. Le paysage se mit à tourner autour d’elle et elle vacilla. C’était ici-même que Lyssa l’avait recueilli, empoisonné et ramené au Màr Tàralöm. C’était non loin de là qu’elle s’était faite souillée par ces monstres. Reprenant peu à peu ses esprits, elle s’assit sur une branche pour reprendre sa respiration qui était devenue haletante. Jamais l’idée de revivre ses cauchemars ne lui était venue à l’idée. Déjà dans sa tête avait germé l’idée de la vengeance pour leur faire payer ce qu’ils lui avaient fait subir. Après s’être arrêté une petite dizaine de minute, elle repartit en direction du village. Au fur et à mesure que ses pas la menaient vers son objectif, elle entendait des voix. Elle se souvenait peu à peu des évènements. La chute d’eau, au loin, qui consacrait ses temps d’ablutions lui rappelait des temps plus doux où les prêtresses prenaient soin d’elle et de son corps. Au creux de la vallée nichait le village, surplombé en son centre par le temple dédié à Zakeriel. Rien n’avait changé. Les champs entouraient le village. Les fermiers faisaient tracter par les chevaux de lourds engins de bois pour tracer des sillons dans la terre et planter des graines. Les apiculteurs récoltaient le miel dans les ruchers. Il sentait bon vivre. Le temps était heureusement magnifique. L’été était bien présent et même la petite brise ne venait en rien perturber la douce chaleur qui caressait la peau pâle de la neishaane.

Elle s’avançait sur le chemin principal en terre. Les fermes étaient encore en bon état. Les toits de paille étaient neufs, signe que l’hiver a dû être rude ou que le vent avait particulièrement soufflé. Personne ne semblait remarquer la présence de la jeune femme. A vrai dire, la capuche rabattue sur son visage, elle ne donnait pas envie d’être vue non plus. Et affublée comme elle l’était, elle ressemblait plus à un guerrier qu’à une prêtresse. D’ailleurs, chaussée de bottes de cuir et d’un pantalon noir, elle ressemblait plus à un homme qu’autre chose. Seule sa poitrine permettait de distinguer son sexe, du moins tant que son visage n’était pas découvert. La terre cédait peu à peu le pas aux pavés, irréguliers et mal entretenus. Elle pénétrait le deuxième cercle, celui des marchands. Elle fit brièvement le tour des étals extérieurs. Les bijoux étaient de bonnes qualités, même si l’origine des pierres laissait à désirer. Les artisans étaient-ils au courant que leurs produits étaient indirectement issus de l’esclavage ? Elle n’en était pas vraiment persuadée. Puis Ruri laissa les étals derrière elle, empruntant la large voie pavée en direction du Temple de Zakeriel.

Alors que ses pas lents la guidaient vers son destin, quelques gouttes de pluie vinrent s’écraser sur sa chevelure nacrée. Elle rabattit sa capuche sur sa tignasse, masquant par ce biais une partie de son visage. Au fur et à mesure qu’elle s’approchait de l’édifice de pierre grise, son cœur battait de plus en plus fort et ses mains tremblaient. Au fond d’elle-même, la neishaane craignait cette visite. Que faire, que dire ? Devait-elle arriver, l’épée à la main et transpercer de son jugement divin le prêtre de Zakeriel, si tant est qu’il était encore en vie ? D’ailleurs, était-il sage de s’aventurer ici sans même avoir des informations. Alors ses pas s’arrêtèrent sur cette dernière réflexion. Sotte qu’elle était, elle en avait oublié l’essentiel. Elle fixa le large cercle de bâtiment qui entourait le Temple. De ses souvenirs, il y avait une taverne de bonne réputation. Ce serait un endroit intéressant pour collecter des informations.

Elle se dirigea donc vers l’édifice. La pancarte vissée au mur se balançait sous l’effet du vent qui se levait. Elle poussa la porte de bois et pénétra dans la taverne nommée « Le messager divin ». Un nom qui n’étonnait guère l’aspirante. Elle s’assit à une table, seule, non loin d’une tablée d’hommes qui conversaient bruyamment. Rapidement une ° serveuse nommée Tella s’approcha et prit la commande. Il ne fallait pas qu’elle attire l’attention. Ruri n’avait pas retiré sa capuche, craignant la présence d’esclavagiste dans les lieux. Après tout, elle n’était plus revenue depuis quelques mois et déjà les visages de ses geôliers s’étaient effacés de son esprit. La pièce, assez grande de surcroît, était chauffée par une cheminée centrale située derrière le bar. Quelques torches fixées au mur et recouvert par un capuchon d’acier éclairaient le reste. La chaleur qui se diffusait était douce et agréable. Seul l’odeur laissait quelque peu à désirer. Des rires lui attirèrent l’attention et elle écouta distraitement la conversation.

- Hé, Braham ! Tu t’rappelles quand on était gosse et qu’on allait voir les cérémonies au Temple ? Ahlala, les visions des oracles, c’était quelque chose ! Maintenant, avec le vioque, c’est pas pareil.

- Il doit avoir un sérieux problème au ciboulot celui-là. Attend, il avait pas une gamine avec lui avant ? Ch’veux blanc et truc comme ça ? Tu sais, la fille de la précédent oracle ! lança un deuxième homme au teint rouge et à la voix raillée.

- Ah oui, j’men rappelle maint’nant qu’tu l’dis, rétorqua un troisième homme. C’est triste, il paraît qu’elle meurt toute après avoir enfanté ! D’ailleurs, on sait pas qui est l’père de la dernière ?

- La dernière est morte, j’te rappelle. Elle s’est suicidée ! Enfin, c’est c’que dit l’prêtre.

° Il faudrait être idiot pour ne pas comprendre la manipulation. Il m’a fait passer pour morte afin de s’arroger le pouvoir sur ces pauvres gens. Ce ne sont que de pauvres bougres, malheureusement. Enfin, maintenant je sais ce qu’il est devenu… °

Elle termina rapidement sa chope de lait chaud et sortit du barn laissant une pièce de bronze en guise de paiement. Elle laissa derrière elle la taverne chaude et agréable pour se diriger vers le Temple. Cette fois-ci, ce serait la bonne. Elle avança à pas régulier jusqu’à l’immense double porte du bâtiment. Elle poussa timidement l’une d’elle et la referma derrière elle après s’être glissée à l’intérieur. Le temple était grossièrement divisé en trois endroits : le lieu de prière ou se trouvait Ruri, les appartements du prêtre et des prêtresses à l’Est et les appartements de l’Oracle et la bibliothèque à l’Ouest. La Grande salle de Prière appelée « Salle de Zakeriel » etait d’une taille remarquable. L’intérieur était dallé, de nombreuses représentations du Dieu étaient exposées au travers des vitraux qui parsemaient chaque côté de la salle principale. Une dizaine de colonnes supportait tout le poids de l’édifice. Elle s’avançait timidement, le pas léger. L’effet de surprise jouerait peut-être, qui sait. Elle s’approcha de la statue de granit qui trônait au centre du Temple, au dessus duquel était bâti un dôme de verre pour laisser passer la lumière et donner un côté plus divin au lieu. Elle s’agenouilla devant la statue et baissa la tête, encapuchonnée, pour prier et, qui sait, tomber sur le bon larron.
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MessagePosté le: Mer 12 Fév 2014 - 18:40 Revenir en haut

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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Mar 18 Fév 2014 - 22:33 Répondre en citantRevenir en haut



« Comment ?! »

Un formidable rugissement venait de retentir dans les entrailles du couloir qui menait au bureau d’Emerik l’esclavagiste.

« Comment…ose-t-il ?! » hurla la voix de l’homme qui fut ponctuée par le bruit tonitruant d’un meuble de bois se fracassant au sol. Emerik ne décolérait plus. Depuis qu’il avait repris les affaires de son défunt père, voilà de cela bientôt six lunes, tout se déroulait comme prévu et le commerce marchait rondement. Le nouveau chef esclavagiste entendait bien mener son affaire d’une main de fer, et la moindre contrariété ne saurait être tolérée.

L’une de ses premières actions fût de dépêcher l’un de ses lieutenants auprès du prêtre de Zakeriel qui allait devoir répondre de ses actes. C’était finalement bien ce vieil emplumé qui avait vendu cette petite Oracle –qui n’avait d’Oracle que le nom - ….cette….ce….
Emerik serra alors les poings et sentait la rage monter en lui. Qu’il était difficile d’imaginer cette gamine tuant son père.

Il faut dire qu’Emerik vouait un respect immense pour celui qui fut son modèle, celui qui lui a tout appris du métier ; avait-il été prévoyant et fait de son fils le digne héritier du chef esclavagiste et marchand de pierres précieuses qu’il fut? Pour cela, l’homme louait la grande vivacité d’esprit de son paternel. A la reprise de l’affaire, il connaissait parfaitement les besoins de ses clients comme les offres de ses fournisseurs, savait estimer la marchandise d’un seul regard, décelait la moindre possibilité de négociation chez son interlocuteur, et surtout sût se faire respecter et craindre par ses subordonnés. Bien qu’il détestait cela, il tenait ses livres de compte à la perfection : c’est son père, là aussi, qui lui enseigna tout l’intérêt de les tenir à jour. Avec ces chiffres, il mesurait son entreprise et prévoyait les coûts et flux de marchandise. Il devenait alors simple d’anticiper, corriger, diriger, et satisfaire.

Grâce à l’enseignement de son père, Emerik n’avait plus qu’à s’installer à la place toute chaude qui lui a été réservée, et utiliser les armes qui lui ont été transmises.

Par contre, il ne pouvait supporter l’idée de sa mort. Quelle honte…et qui plus est, une honte d’autant plus grande que la jeune esclave était en fuite et n’avait pu être retrouvée. La simple évocation de ce drame le rendait toujours autant furieux malgré l'écoulement des mois. Comment son père avait-il pu mourir dans un tel déshonneur ? Il fallait maintenant à Emerik endurer cette bassesse qui entachait le nom et la réputation de sa famille. Animé de colère et de vengeance, l’homme était incontrôlable.

« Incapables…je suis entouré d’incapables ! » asséna le chef esclavagiste en frappant le mur de son point. Il fit volte face, rangea ses livres de comptes et quelques papiers rageusement dans les tiroirs, attrapa son épée et sa cape, et sans même prendre le temps de les apprêter, passa la porte en furie et en grinçant les dents. Cela faisait maintenant le troisième de ses lieutenants qui revenait bredouille de cette mission; le prêtre n'en avait reçu aucun. Emerik ne saurait tolérer un seul affront de plus de sa part.

« Puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même…hors de ma vue ! » – adressa-t-il aux rares passants qui avaient la malchance de le croiser – « On va bien voir si sa porte restera close encore longtemps…mon cheval! Préparez mon cheval ! »

Bien évidemment, le cheval n’était pas prêt lorsque Emerik sortit dans la cour. Il lui fallut donc faire les cent pas en ruminant, bousculant ses gens pour se hâter, et s’agitait de plus belle pour maintenir le feu qui l’animait. Lorsqu’on lui amena enfin son destrier, un fier étalon noir et fier, l’esclavagiste n’attendit pas son reste pour monter en croupe et foncer à travers prés en direction de la Djevelens Tenner. Il ne lui faudrait que quelques heures de route. Son choix était de toute façon fait, et ces quelques heures de cavalcades ne l’effrayaient en aucun cas. Le rythme du galop ne réussit pas à apaiser la tempête qui soufflait dans la tête de l'impulsif Emerik.

Lorsqu’il arriva enfin à son but, il poussa son cheval jusqu’au Temple du village, fondé en l’honneur du Dieu Zakeriel.

Lann’Tall posa enfin pied à terre, ne prit pas la peine d’attacher son cheval et s’arrêta devant la porte close. Sans perdre de temps à frapper et attendre une réponse, il préféra la méthode directe : un formidable coup de pied fit sauter les joints et s’écrouler le pan de bois. Le bruit de ses bottes en cuir et boueuses retentit dans le sanctuaire de Zakeriel et troubla le silence religieux. L’esclavagiste aimait provoquer et se donnait un malin plaisir à faire résonner lentement, très lentement ses pas dans le Temple du prêtre.

« Où est-il ? » persifla-t-il en laisser ses yeux découvrir le moindre recoin du Lieu sacré. Une petite porte dérobée apparut alors derrière une colonne. Le jeune Lann’Tall l’ouvrit avec fracas et découvrit enfin celui qu’il était venu rencontrer. Sans s’avancer davantage, il prit la parole d’un air sévère et solennel. Ce vieil homme n’avait jusque là pas daigné ouvrir sa porte aux messagers. Il allait maintenant entendre ce que réclamait l’esclavagiste depuis des mois, que cela lui plaise ou non.

« J’exige réparation ! Non seulement je vous ai défait de cette encombrante gamine, mais non content de vous rendre ce service, la voila qui s’échappe et, … mais ce n’est qu’un petit détail… » dit-il en déformant son visage devant son pouce et son index rapprochés au maximum « …tue mon père ! »

Emerik se tut et tenta de retrouver son calme ; il était si proche de placer sa main sous le cou du prêtre de le serrer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un frisson le parcourut et fit frémir l’homme. Il n'avait pas vu le vieil depuis l'événement, et avait espèré le voir ramper à ses pieds, se confondant d'excuses et d'humilité. Mais il n'en fut rien, et le fils Lan'Tall avait trop attendu. Dans un effort surhumain, il tenta de se contenir. Le chef esclavagiste était mieux placé qui quiconque pour connaître la valeur d’une vie ; celle du prêtre ne valait plus grand-chose pensa-t-il en posant un regard empli de dédain. Mais l’heure n’était pas au châtiment. Il était maintenant temps de passer à la négociation. Comme pour évacuer ce surplus de colère, Emerik poussa un soupir exacerbé et resta ainsi quelques instants à observer le silence. Enfin, il posa ses mains à plat sur le lourd bureau de bois du prêtre, comme pour mieux lui faire ressentir le poids des mots qu'il allait prononcer.

« Bon…je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai perdu assez de temps avec vous : vous me devez deux esclaves dans cette histoire. Nous avons eu une perte collatérale, un esclave qui s’est laissé berner par l’intrigante. Quant à la mort de mon père et tous les torts que cela nous a causés, je n’attendrais pas moins de 500 écus…d’or évidemment… »




Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Ven 28 Fév 2014 - 03:24 Répondre en citantRevenir en haut


Traen'ech Amaury.


Tout allait mal maintenant. Amaury se souvenait d'une époque, datant au final d'il n'y a pas si longtemps, où tout était tellement plus simple; il n'avait pas à endosser de grandes responsabilités pour guider le peuple simplement de transmettre les messages divins qui passaient par le biais des Oracles. Oui, aujourd'hui il était l'Oracle mais il sentait, bien qu'il se savait favorisé par Zakeriel, que ceux-ci passaient difficilement du plan divin jusqu'à lui.

Oui il avait eu mots de la fuite de l'ancienne Oracle alors qu'il l'avait vendue mais après tout était-ce son problème si cet esclavagiste était incapable de tenir les rennes ? Maintenant Zakeriel s'adressait à lui et bien que ce fut une tâche difficile que celle de comprendre puis de délivrer les messages du dieu il faisait de son mieux.


Le petit commerce clandestin qu'il faisait avec les esclavagistes était selon lui nécessaire. Certes cela lui rapportait des richesses mais après tout si Zakeriel le laissait faire c'est qu'il avait son approbation non ? Son devoir sacré, ses petites affaires, tout était lié car les mortels ne pouvaient faire un pas sans que les dieux n'aient leur mot à dire à ce sujet; allait-il tomber ? Sa semelle gauche allait-elle se décrocher ? Jusqu'ici tout se passait correctement, certes pas dans le meilleur des mondes mais au moins n'était-il pas tombé.


Cependant quelque chose dans son esprit lui disait de faire attention, et ce chaque matins. Oui il y avait eu ces messagers qui débarquaient à peu près n'importe quand et à ces moments là il s'enfermait dans ce qui ressemblait à son bureau et faisait la sourde oreille, laissant généralement le temps ou un paysan s'occuper de faire partir l'intrus. Mais pas de messager depuis un moment, le fils avait-il laissé tomber l'affaire ? Replaçant un livre à la couverture ancienne sur une étagère, le prêtre soupira tandis que son dos se voutait un moment sous le poids des responsabilités. Reprenant contenance il se redressa pour éviter de finir bossu pour le peu d'années qu'il lui restait sur ce monde et retourna s'asseoir pour rédiger sa prophétie et le sermon qui allait en découler.

Passant une main dans les deux sens de chaque côté de sa petite moustache pour éviter d'avoir des poils venant jouer sur ses lèvres il trempa la plume dans l'encrier avant de froncer les sourcils; de quoi avait-il rêvé encore ? Il laissa la plume dans l'encrier et prit son crâne, ayant une calvitie avancée sur le haut de celui-ci, entre ses mains pour réfléchir, yeux fermés. Chaque détail était important, peut-être Zakeriel allait-il lui montrer la voie à suivre.


Oui, ça y était, il se souvenait maintenant. Redressant son visage il se saisit de la plume entre deux doigts et fit couler l'excédant d'encre sur le bord intérieur de l'encrier avant de retranscrire sur le vélin le détail de son rêve et ensuite l'analyser ; Il y avait un grand vent soufflant sur des champs d'orge et puis deux vaches proches d'un étang qui buvaient l'eau. Un léger sourire en coin vint se poser sur ses fines lèvres tandis qu'il continuait de jeter les mots mais tout cela fut interrompu par une visite inattendue mais pourtant si redoutée.

En plein dans l'écriture il n'avait pas entendu l'homme hurler à l'intérieur de la grande salle mais maintenant que celui-ci avait en quelque sorte enfoncé sa porte pour s'y ruer il se rendait bien compte de sa présence. Comment celui-ci osait-il profaner la sainteté de ce lieu par sa présence ? Il ne l'avait pas prévenu d'une prochaine cargaison, Amaury n'avait rien à vendre ces temps-ci, Les deux yeux écarquillés il se leva comme si son corps était dans la vingtaine et couru pour refermer la porte et tourner la clé. Tout c'était passé si vite qu'il n'avait pas pensé à ce que l'esclavagiste aurait pu lui faire mais maintenant que son visage encore marqué par la surprise se retrouvait si proche de ce meurtrier en puissance il sentait sa gorge s'assécher.

Tout d'abord ses yeux s'étaient nichés dans ceux emplis de fureur de l'homme puis avaient glissés vers ses mains, si proches, si tendues à un point qu'il avait du mal à imaginer que celles-ci pouvaient servir à autre chose que de broyer des cous. Il recula par pur réflexe et manqua de tomber en percutant, de dos, la bibliothèque. Son esprit était noyé par la peur mais un peu de raison lui revenait; il savait que Zakeriel le protègerai de cet individu, oui, il était son fidèle serviteur.

Reprenant une légère contenance en voyant que l'homme se calmait, Amaury dégluti pour s'humidifier la gorge avant de remettre l'un des pans de sa robe d'office de façon correcte. Son visage s'était légèrement détendu bien que ses paupières restaient légèrement crispées à la fois de frustration et de peur. Celui-ci au final n'était venu que pour le secouer et voir si des pièces en tombaient le problème était qu'Amaury était un peu sec au niveau des liquidités actuellement.


Le prêtre retourna derrière son bureau mais resta debout, fixant l'animal sous forme humaine qui s'appuyait dessus pour lui faire un exposé de la situation, car après tout ce n'était en rien une demande. Hochant plus mentalement que physiquement la tête, Amaury racla sa gorge avant de parler d'une voix basse invitant à faire baisser le ton à l'énergumène. Il savait maintenant, en voyant le fils, que traiter avec le père avait été plaisant, celui-ci était plutôt une bête fauve avec des responsabilités, l'oeil du prédateur et le sourire du chasseur, un homme dangereux en somme.

« écoutez, je comprend ce que vous me dites mais vous devez aussi comprendre ma situation. Oui je vais vous payer mais j'ai besoin de temps pour rassembler une telle somme, je ne connais personne qui pourrait gagner autant d'or même en deux ans de travail. »

Son esprit débordait maintenant, tant d'idées, il aurait pu faire passer celui-ci pour un hérétique en s'enfuyant et appelant à l'aide mais aurait-il le temps, lui avec ses vieilles jambes, de se sauver et de survivre ? Non, ce n'était pas l'idée. Zakeriel ne le laisserait pas tomber mais il n'allait tout de même pas tendre les bras vers la mère de son dieu en espérant que celui-ci dirait non à sa figure maternelle. Une autre option, vite, vite.

« J'ai toujours mené mes affaires avec votre père dans la plus grande discrétion et en dehors de ces lieux pour ne pas attirer de soupçons, sachez que vos messagers n'étaient en rien discrets et que donc je ne pouvais les recevoir pour vous faire parvenir des excuses... »

Noyer le poisson, vite se confondre en excuses pour que celui-ci ne sorte pas un couteau pour lui trancher la gorge. Il devait gagner du temps, tout du moins assez, pour trouver une idée lui permettant de se débarrasser de cette présence inopportune. Ses yeux s'étaient posés machinalement sur le parchemin sur lequel il était en train d'écrire il n'y avait de cela qu'une minute ou à peine plus, étrange pour lui cela ressemblait à des semaines, et enfin l'idée vint.

« Aussi, si possible bien entendu; ne me contactez que par des moyens indirects. Il faut que je puisse donner le change ici sinon j'aurai ma tête au bout d'une pique et vous un fournisseur en moins. J'ai une idée mais je vous exposerai celle-ci lorsque vous aurez répondu à une question; »

Il reprenait peu à peu de l'aplomb, le vieux prêtre savait que si celui-ci ne l'avait pas déjà tué c'est qu'il le voyait comme une opportunité commerciale et non comme un ennemi, il pouvait donc se permettre de se relever et de se mettre légèrement sur un pied d'égalité avec celui-ci.

« Qu'a donné la traque de l'esclave ? L'avez-vous retrouvée ? »

Il reprit son souffle et épongea son front qui continuait jusqu'à l'arrière de son crâne, celui-ci avait poussé avec le temps. Puis il reposa le mouchoir sur le lourd bureau de bois et s'assit sur sa chaise montrant bien qu'il n'avait plus peur, c'était un pari risqué mais soit.

« Je peux utiliser une levée de fond dans le village pour vous payer mais cela devra se faire en deux temps. Si je n'utilise pas une partie des fonds pour quelque chose cela éveillera les soupçons aussi je vous propose ceci; Allez à l'auberge du village et attendez le soir, j'aurai une partie de la somme due pour vous. Et je remettrais ça une prochaine fois pour payer la totalité de la somme, j'ose imaginer que vous aurez encore besoin de mes... marchandises n'est-ce pas ? Alors évitons de créer un scandale. »

Amaury lui offrit un léger sourire pour détendre l'atmosphère et peut-être faire passer la nouvelle avec plus d'aise au fils. C'était maladroit et cela se voyait; il tenait à la vie tout de même, mais le prêtre ne désirait en rien mettre en rage l'esclavagiste et après tout; tout deux avaient besoin de liquidités à présent.

Hrp: Avec toutes mes excuses pour le délais de réponse, cela ne se reproduira pas.



Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 4 Juin 2014 - 08:34 Répondre en citantRevenir en haut

Le temple était une merveille d’architecture dédié à Zakeriel, le messager divin. L’endroit était immense. La salle dans laquelle la neishaane feignait de prier était appelée « la salle de Zakeriel». C’était ici que l’Oracle y exposait ses visions prétendument envoyé par le Dieu. Prétendument car Ruri n’a jamais été capable de partager ses visions. Au centre du temple se trouvait la statue représentant le messager et, devant son socle de pierre blanche, était installé le siège du Prêtre. A côté, on pouvait encore distinguer les marques du siège dans lequel s’asseyait Ruri pendant les offices. Désormais, il avait disparu et seul le prêtre menait l’office. Les rayons de la lune transperçaient le dôme surplombant la statue. C’était réellement un lieu magique et la neishaane y gardait de bons souvenirs. Les préparations pour les ablutions matinales, les cours de lettres, de culture. La bibliothèque du prêtre renfermait de nombreux ouvrages. Et si, parmi eux, l’un renfermait des secrets sur son passé ? Peut-être pourrait-elle en apprendre plus sur sa mère, sa grand-mère et remonter jusqu’à son origine la plus ancienne ? Et si son ancêtre n’était pas une valherue ? Et si son pouvoir n’était que l’expression d’une distorsion étrange de son être ? Non, ce ne pouvait pas être que cela. Le don de parler avec les dragons devait lui venir de loin. Il y avait forcément une raison. Perdue dans ses pensées, son esprit voguait dans ses souvenirs lointains. Une scène lui réapparut sans raison apparente.

~ Quelques années plus tôt ~


- Pourquoi est-ce que je suis la seule enfant ici ? demanda innocemment Ruri, alors âgée de 5 ans.

Le Prêtre, déjà dégarni, lui adressa un sourire radieux, dévoilant ses petites dents blanches. La remarque de l’enfant l’avait manifestement amusé. Il tourna son visage vers la petite neishaane et lui ébouriffa les cheveux. Il soupira et lui répondit d’un ton calme.

- Car tu es la seule qui pourra préserver l’avenir de ce village, comme ta mère avant toi, ta grand-mère et toute ta lignée.

- Mais, ça veut dire que le village va être détruit si je ne vois rien ?

- C’est un peu plus compliqué que cela. Tout ce que tu dois retenir c’est que tu es née pour préserver notre futur. Tu es notre Oracle.

L’enfant baissa les yeux au sol et posa son regard sur ses mains, paumes vers le ciel. A ce moment-là, elle n’imaginait pas à quelle point la tâche lui serait difficile et que son destin serait bouleversé trois ans plus tard. Elle soupira à son tour, se redressa et reprit la plume qui trempait dans l’encrier. Elle recopiait de vieux parchemins, reproduisait les enluminures du mieux qu’elle le pouvait.

- Pourquoi je n’ai pas le droit de jouer avec les autres enfants alors ? Je suis si différente ? Ils ont peur ?

La question surprit le prêtre qui, décontenancé, se recula légèrement avant de se reprendre.

- Non, bien sûr que non. Ils n’ont pas peur de toi. Mais ce qu’il faut que tu saches, c’est que ton rang est plus élevé que le leur. Tu n’es pas qu’une enfant, tu es l’Oracle. Tu vois la statue du Dieu Messager ? Tu es comme sa fille et la population te voit comme cela. Ne l’oublie jamais. On attend beaucoup de toi et ce en sera pas facile.

~ Retour au présent ~


Ruri ne s’attendait pas à surprendre cette conversation. Fort heureusement pour les habitants de ce petit village, elle était seule, écoutant d’une oreille distraite ce qui semblait être le chef esclavagiste. Un sourire s’étira sur ses lèvres. Sa vengeance pourrait commencer, enfin. Il lui faudrait tout préparer minutieusement et elle n’avait que peu de temps devant elle.
Puis quelques mots la tirèrent de sa stupeur. Elle était toujours recherchée ! Après des mois d’absence, il ne pensait qu’à la vengeance cet esclavagiste de malheur ! Et puis, rapidement, elle y réfléchit plus intensément. Elle prit sa bourse, guettant le moindre regard autour d’elle et sortit une fiole de poison paralysant. Elle ganta ses mains pour éviter de se prendre à son propre piège, déboucha la fiole et imbiba légèrement deux pièces. Une pour l’esclavagiste, une pour le prêtre.

° Voilà qui devrait faire l’affaire ° pensa-t-elle en elle-même.

Elle emploierait une méthode qu’elle n’avait jamais testée jusque-là : la vengeance par la torture. Et puis, le bâtiment ne représentait plus rien à ses yeux. Le temple de Zacheriel, dieux messager. Foutaise. S’il existait, elle serait dotée de pouvoir bien plus puissant que ce dont elle disposait actuellement. Redoutant d’être découverte, elle abaissa un peu plus sa capuche et rangea sans bruit ses ustensiles, gardant précieusement ses pièces qu’elle posa aux pieds de la statue. Il ne restait plus qu’à attendre que les deux monstres sortent de leur cachette.
Elle ferma les yeux se concentrant sur la conversation mais elle n’entendait plus rien. La colère avait cessé. Plus d’éclat de voix ne sortait de la pièce qu’elle connaissait bien. Le prêtre s’était toujours montré malin, propre à se sortir des situations périlleuses avec quelques pirouettes bien trouvée. Il aurait fait un bon manipulateur et aurait pu continuer longtemps son petit manège si Ruri n’avait pas planifié les choses. Leurs minutes étaient comptées, sans nul doute. Elle leur donnerait une grande leçon de vie, leur dernière. Ses lèvres formaient un rictus malsain. Peu à peu, elle devenait ce qu’elle n’aurait jamais imaginé devenir.

°Je tâcherai de purifier vos âmes dans la plus pure tradition du culte d’Ezechiel, comme vous l’avez fait pour ma mère. Mais contrairement à elle, vous sentirez la douleur de la rédemption salvatrice °

Elle attendait patiemment, guettant tout mouvement suspect. Le poison lui laisserait une heure devant elle. Réputé efficace, il ne mettrait pas longtemps à agir. Le plus dangereux était l’esclavagiste car il chercherait la confrontation directe. Il faudrait donc lui donner la pièce en premier. L’autre n’était qu’un couard qui fuirait à la moindre occasion. Il serait le deuxième à la prendre. Et elle savait déjà où trouver le matériel nécessaire.

° Que Zacheriel diffuse ce message à mes ennemis. Quiconque se met en travers de mon chemin subira mon couroux °

Vraiment désolé pour mon absence. Je vous enverrai un mp pour vous expliquer.
Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Mar 24 Juin 2014 - 20:10 Répondre en citantRevenir en haut


Emerik Lan’Tall




L'esclavagiste serra les dents lorsqu'il crut déceler une pointe de reproche dans la voix du vieil homme. Il le trouvait formidablement effronté pour oser lui faire part d'un certain manque de discrétion venant de ses messagers. A quel effet s'étaient-ils donc déplacés? Qui était la cause de tels désagréments? Le prêtre aurait remboursé de lui-même en temps et en heure que rien de ceci ne serait en train de se produire. S'il ne remettait pas en cause la duperie dont le prêtre à lui aussi été victime, il ne supportait pas que l'on fasse défaut aux règles les plus élémentaires des bonnes relations commerciales. Ses yeux noirs et violents roulaient de fureur, attendant la fameuse question que le vieil homme voulait lui poser avant de lui soumettre son idée. L'esclavagiste ne pût cependant s'empêcher de mettre Amaury en garde tandis que lentement il se levait.

"Faites très attention à ce que vous dites mon vieil ami....je suis un brin tendu en ce moment et ne saurai tolérer le moindre commentaire de votre part..."

Finalement, Emerik détacha ses mains du bureau et se redressa sèchement en prenant une profonde inspiration. Il fallait qu'il se calme. Faisant les cents pas, il restait silencieux et attendait que la colère qui brûlait en lui s'adoucisse enfin. Emerik savait que cela n'était pas bon pour lui: il se mît à sourire de façon désabusée. Il ne manquerait plus qu'il meure ici à cause d'un coup de sang.

Il attrapa sa longue chevelure brune et l'ajusta tandis qu'il s'attardait sur la salle du culte. Par l'ouverture de la porte qui était restée grand ouverte, il parcourut du regard la salle principale du culte de Zakeriel. La vétusté des lieux l'affligea. De forme circulaire, la grande salle vide semblait se tourner vers la statue centrale à l'effigie du Dieu Zakeriel. Emerik n'aimait pas ce Dieu: messager des Dieux et du destin, voilà un titre bien pompeux pour un messager ailé. Il était représenté debout, le regard pointé vers le ciel, et ses ailes semblaient se déployer tandis que les jambes prenaient élan sur l'énorme bloc de marbre sur lequel il reposait. A l’instar de la salle, ce Dieu lui inspirait le même sentiment : celui du vide.
Il fit finalement volte-face en soupirant, posa les mains sur les côtés du ceinturon et continua à marcher dans le bureau du vieux prêtre.

Lorsqu'enfin il se sentit en mesure de tenir un semblant de conversation, il jeta un regard par dessus son épaule en direction du prêtre. Toujours debout, il était immobile derrière son bureau. Le pauvre bougre semblait impressionné par sa présence, et étrangement Emerik n’en ressentit aucune satisfaction. Que lui importait le sort de cette esclave? D'un geste las de la main, il lui répondit d'un ton agacé.

"Cette petite catin nous a échappé. Croyiez-vous que je me sois moi-même déplacé jusqu'à vous pour exiger la réparation de cet incident si j'avais pu remettre la main dessus? Je me serai personnellement occupé de son cas, et croyez-moi, j'en aurai eu pour mon argent....non, non, pas la moindre trace, c'est à croire qu'elle se soit envolée la garce!"

C'est alors que le prêtre lui proposa d'aller à l'auberge et d'attendre patiemment qu'il lui rende l'argent. Le jeune esclavagiste hésita entre exploser de rire ou se laisser une fois de plus submerger par la colère. Il serra violemment les poings comme pour mieux se contenir. Sans pouvoir contrôler cet étrange reflexe, Emerik se pinça les lèvres comme pour mieux éviter de parler trop vite, même si son regard n'en disait pas moins. Avec un terrible effort il parvint enfin à sortir quelques paroles mesurées. Mais cette fois, point de mouvement théâtral pour assurer le ton de sa voix.

"Il me semble que nous ne nous soyons pas parfaitement compris...mes messagers auraient pu patienter à l'auberge: ces incapables auraient parfaitement eu le temps de boire tout leur saoul avec les gourgandines de votre petit village et d'attendre que vous rassembliez l'argent, encore aurait-il fallu que vous les receviez! JE n'ai pas le temps pour cela."

Si l’esclavagiste était passablement énervé, c’est qu’il commençait à comprendre qu'il ne repartirait pas avec ce qu'il était venu chercher, et cela le contrariait grandement.

"Quant à vos services..."

D'un ton fatigué, il ne termina même pas sa phrase. Emerik n'avait jusque là jamais été déçu par la marchandise du prêtre. Du temps de son père il avait su gagner une place de choix parmi les fournisseurs, et malgré tout, il attachait quelqu’importance aux choix de son défunt père. Le fils Lan'Tall ne comptait pas le liquider, et d'ailleurs le prêtre le savait tout aussi bien que lui. La preuve, il était encore en vie.

Torturer le prêtre n'y changerait pas grand chose non plus pensa-t-il...que faire? Il était inconcevable qu'il reparte bredouille à l'instar de ses sous-fifres. Après avoir hurlé après eux comme il l'avait fait, il se devait de garder la distance avec ses incapables de lieutenants. Sa fierté ne saurait autrement le supporter.

Il cessa de marcher et s’arrêta, pensif.

La maigre quête proposée serait déjà mieux que rien, même si cela ne le convainquait guère. À défaut d'un autre plan, il était toutefois bien obligé de s'y plier. Par la petite fenêtre, Emerik regarda à travers les quelques nuages le soleil qui semblait en voie d'atteindre son zénith. Belle et fraîche journée en somme se surprit-il à penser. La journée allait maintenant commencer à décliner, mais il avait encore le temps et se résigna amèrement à rester ici encore un peu tout en se jurant de passer la nuit dans ses quartiers. D'un ton autoritaire, il s'adressa au prêtre.

"Allons dehors voulez-vous? J'ai un cheval à attacher et je ne vous lâcherai pas des yeux tant que je n'aurai pas mon dû. Chemin faisant, vous m'expliquerez comment vous comptez faire venir vos gens pour récolter ces fameux dons..."

Comme pour mieux lui montrer qu’il ne s’agissait nullement d’une proposition mais plutôt d’un ordre, le jeune Lan’Tall s’avanca en direction du prêtre et se plaça derrière lui afin de le pousser vers la sortie.




Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Mer 25 Juin 2014 - 12:18 Répondre en citantRevenir en haut


Traen'ech Amaury.


Il avait peur oui, pour sa vie entre autre mais surtout pour le simple fait que cet imbécile qui s'était incrusté dans sa petite vie telle une tique risquait de compromettre tout ce qu'il avait bâti ici. Le vieil homme retenait son fiel, qu'aurait-il pu faire de toutes façons ? Lui jeter un livre à la figure en lui ordonnant de tourner les talons ? Non ce n'était pas une bonne idée.

Le voir tourner comme un lion en cage manqua surtout de faire perdre patience à Amaury ; déjà qu'il se permettait de venir le menacer ici il fallait en plus qu'il se comporte comme un enfant plutôt que comme un être raisonnable. Amaury en regrettait presque le père de cet individu ; avec lui au moins il avait pu mener des transactions de façon adulte et responsable, le profit allait dans les deux sens en se basant sur le principe de l'équité mais avec celui-ci c'était bien différent. Au fond de lui le prêtre se disait que cette jeune tête de mule allait tenter de sucer jusqu'à sa dernière pièce d'or et ce sans aucun tact.

Le plus dérangeant fut quand même lorsqu'il l'obligea à se lever puis à avancer d'un coup de paume. Amaury avait presque l'impression d'être un prisonnier que l'on amenait au billot mais peut-être était-ce le cas ? Il tourna un regard légèrement paniqué vers l'homme mais retint sa langue; plus vite il en aurait fini avec lui plus vite il pourrait reprendre le train train quotidien.

«  D'accord accompagnez moi donc si c'est comme cela mais prenez au moins un profil adapté. Je vous présenterai comme membre d'une congrégation lointaine venu demander l'aide financière de notre temple, je suis sûr que nos fidèles seront sensibles à une cause juste et humanitaire. Les enfants peut-être ? Une maladie ou la famine ? Je vous laisse décider mais surtout faites le niais ! »

Il sorti de la pièce et indiqua à l'esclavagiste de quitter celle-ci d'un signe du menton avant de refermer la lourde porte. Tout allait bien se passer non ? Ce n'était pas la première fois qu'il mentait aux gens du village, qu'il trompait la confiance qu'ils avaient en sa personne pour obtenir de l'or. Zakeriel ne voulait pas lui parler, Zakeriel n'avait jamais voulu lui adresser la parole mais il savait que s'il trouvait un moyen en payant la bonne personne tout rentrerait dans l'ordre...

Si seulement cette petite idiote ne s'était pas sauvée...

Son visage prit la teinte affable du prêtre gentillet et il marcha lentement jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la personne face à la statue. Avait-elle entendu quelque chose ? Non ce n'était pas possible sinon elle serait déjà partie avertir les habitants. Encore une fois il maudissait l'esclavagiste d'être venu de façon si peu discrète, toutes ces choses étaient si fragiles.

Marchant du pas lent du prêtre vieillissant qu'il était il se dirigea vers la jeune femme, toujours armé de son sourire, en se disant qu'il était temps de déjà lancer la collecte de fonds, il allait lui montrer à cet imbécile qu'il en aurait pour son argent. D'une voix douce il s'adressa à la femme;

« Puisse Zakeriel vous bénir ma fille. Je suis Amaury Traen'ech, grand prêtre de ce temple. Je suis heureux de voir quelqu'un venir prier en ces lieux saints. »

Il devait retourner dans son rôle, oublier le fait qu'un esclavagiste pas jouasse était juste derrière lui et que celui-ci manquait certainement à cent pour cent de prendre le rôle qu'il lui avait donné. Il ne lui jeta pas un regard pour ne pas être troublé et s'écarta d'un pas avant de tapoter l'épaule de l'homme dans un geste quelque peu paternel.

« Il est bon que vous soyez là car aujourd'hui Zakeriel fait appel à tout ses fidèles, ici en ma compagnie se trouve un membre d'une congrégation lointaine dont le village subit hélas les affres de la famine et de la maladie. Il est venu à nous car Zakeriel, dans sa grande sagesse, lui a dit que nous pourrions aider son village à payer les soins médicaux et de la nourriture. Puis-je vous demander si vous voulez faire un don ? Un don pour les enfants malades et affamés, nous devons nous serrer les coudes entre fidèles. »

C'était d'un ridicule, brodé sur le tas, il en avait un goût de cendres dans la bouche de n'avoir pu trouver meilleur mensonge à raconter mais en voyant la main se porter aux cordons d'une bourse il ressenti un certain soulagement qu'il prit soin de dissimuler. Ne pas regarder l'esclavagiste, ne pas le regarder, ne pas le regarder...

« Le dieu messager vous remercie pour votre don ainsi que moi même et notre ami ici présent. Vous sauvez des vies en faisant ce don ! Bénie soyez-vous, fid- »

Alors qu'il avait saisit les pièces pour ensuite les donner à l'esclavagiste la silhouette encapuchonnée s'était levée pour dévoiler son visage. Amaury n'en revenait pas, à un point que cette révélation avait réussi à lui couper la parole, à lui. Comment était-il possible que ce soit elle ? Il voulu dire quelque chose mais son corps perdait toute sa force et bientôt il tomba au sol tel une véritable loque, le choc lui saisissant les tripes.

* Zakeriel... aide moi ! *

Uniquement le froid silence des dieux. Avait-il véritablement cru que celui-ci allait daigner la pourriture qu'il était ? Non il n'était pas une pourriture ! Il avait guidé la vie de ces gens avec les moyens dont il disposait, il n'avait trahi leur confiance que pour les aider ! L'or aidait tout de même... non non ! Il avait fait cela pour aider ces brebis égarée ! Oui voilà ! C'était pour ça !

Son corps fut soulevé dans les airs, spectateur muet de cette horreur tandis que pendu par les épaules il se tenait dos à l'une des ailes de Zakeriel et il en allait de même pour l'esclavagiste ayant touché au poison des pièces. Ses yeux grands ouverts suivaient la jeune femme qui leur parlait et il ne pu s'empêcher de pleurer...

« Tout ce que j'ai fait ce fut pour ce village ! Pour aider les gens qui s'y trouvaient ! Je n'- »

Il pouvait donc échapper à sa vengeance aux dires de la femme ? Parler de qui elle était ? Oui bien sur ! Il allait sauter à pieds joints pour le moindre espoir de survie. Il était vieux mais il tenait à la vie.

« Je... oui ! Tout est consigné dans un livre à l'intérieur de mon étude, la couverture du livre porte le titre ; '' sur les ailes du message '' je... j'avais tout dissimulé dans ces textes religieux ! Pitié, aie pitié, je n'ai jamais voulu ton mal ma petite ! Je... tu pourrais revenir ici ! Guider les fidèles, les aider à surmonter leurs malheurs grâce à ton don ! Je t'en supplie... ne... ne me tues pas ! »



Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 26 Juin 2014 - 12:49 Répondre en citantRevenir en haut



Jamais Ruri ne s’était imaginée une seule seconde que son plan pouvait si bien fonctionner. Elle en était presque prise au dépourvue. Revoir la trogne d’Amaury avait réanimé son dégoût profond envers ce personnage horrible. Menteur, perfide et avide : voilà ce qu’il était. Zakeriel, il s’en contrefichait complètement. Voilà un prêtre exemplaire. Mais ce n’était pas comme si elle avait tout entendu. Quelques bribes de la conversation lui avait échappé mais elle en avait la teneur principale : une levée de fond pour dédommager un esclavagiste. Amaury s’était approché d’elle avec une fausse démarche de vieillard. Quel brigand ! Finalement, il n’aurait droit à aucune pitié de sa part. Et il se présentait de manière si guillerette qu’elle en vomirait. Traître.

Elle avait écouté son laïus avec un rictus satisfait. Elle n’avait plus vraiment de raison d’être gênée d’avoir des envies de meurtres. Mais c’était encore une idée floue dans sa tête. D’ailleurs, comme s’y prendrait-elle après ? Le mensonge était gros. L’autre n’avait rien d’un prêtre. D’ailleurs, quel prêtre se promènerait armé dans un temple ? Sa tenue n’avait rien de cléricale non plus. Décidemment, Amaury ne s’était pas améliorer. Elle qui l’avait tenu en haute estime près de huit ans de sa vie. Huit ans de mensonges avant d’être vendue comme une vulgaire marchandise à ses porcs. Oui, ceux-là même qui l’avaient souillé. Rien que repenser à ces évènements la mettait dans une fureur pas possible. Mais elle se contint, ne serait-ce que pour assurer son coup. Elle fouilla de ses mains gantées sa bourse et en tira deux pièces qu’elle donna avec satisfaction au Prêtre.

° Pourvu qu’il y en ait une pour l’autre aussi ° pensait-elle.

Et, comme par magie, le prêtre tendit la pièce vers le second homme. Aux mots de remerciement, Ruri se releva et abaissa son capuchon. Ses yeux gris se plongèrent dans ceux du prêtre qui n’en revenait pas. Le poison ne tarderait pas à faire effet. Et aucun Dieu ne serait là pour les aider.

« J’espère que vous n’adressez aucune prière à Zakeriel en ce moment-même. Aux vues de votre Blasphème, je ne vois pas comme il pourrait vous porter secours. » lança-t-elle avec un rictus mauvais à ses lèvres.

Puis, alors que les corps s’effondraient sous l’action du paralysant, la neishaane se déplaça lentement vers les double porte pour les fermer. Elle tira un levier qui abaissa une lourde poutre en bois. Un mécanisme bien pensé au cas où la population devait se réfugier dans l’urgence au temple. Bien sûr, ce n’était pas la seule sortie. Il en existait une par la fenêtre du bureau du prêtre et elle ne l’oubliait pas. La noirceur commençait à s’installer dans le temple et, comme pour faire écho aux sentiments de la jeune femme, des gouttelettes se mirent à tomber sur le village.

Elle enjamba nonchalamment les deux corps inertes et se dirigea vers le bureau du prêtre. Elle entrouvrit légèrement la fenêtre qui donnait sur un jardin extérieur et farfouilla jusqu’à trouver des cordes qui servaient à afficher des icônes sur les murs. Elle en prit quatre et retourna dans la grande pièce. Avec soin, elle lia les poignets du Prêtre et lança la corde de l’autre côté de l’aile de Zakeriel. Elle tira vigoureusement.

« Tu es … vraiment … devenu … un gros lard … » soufflait Ruri pour elle-même.

L’homme était lourd, sans nul doute. Pour une jeune fille d’un peu plus de quinze printemps, ce n’était guère étonnant. Mais elle réussit tout de même et attacha la corde à un pied de banc en marbre fixé dans le sol. Maintenant, il fallait passer au deuxième. Il n’était pas silencieux non plus, certainement encore plus énervé qu’auparavant. Elle lia ses poignets de la même manière que pour le prêtre et le hissa à la seconde aile de Zakeriel avec un peu plus de difficulté. L’esclavagiste était plus lourd mais aussi plus musclé. La neishaane se frotta les mains rougies par le tirage de cordes et souffla dessus. Elles étaient chaudes. Puis elle tourna autour de la statue telle une hyène en attente d’une proie. Après les avoir laissé marinés quelques minutes, elle prit la parole.

« Vous m’avez reconnue. Vous m’en voyez ravie. » leur dit-elle en leur adressant un sourire faussement joyeux.

« Mais manque de pot, je ne suis pas venue pour vous féliciter. Je ne sais même pas encore ce que je vais vous faire. Peut-être serez-vous en vie, peut-être pas. Mais vous allez payer pour ce que vous m’avez fait subir. »

Elle tourna la tête vers le prêtre, le fixant droit dans les yeux.

« La vengeance de Zakeriel à ton égard, sûrement, ne crois-tu pas ? » demanda-t-elle à Amaury sans attendre de réponse.

Elle inspira profondément. Que faire ? Tuer ? Mais ce n’était pas réellement dans ses objectifs. Si elle était déterminée, elle ne s’était jamais préparer à cela. Elle pourrait les laisser attacher. Mais s’ils se détachaient, ils la poursuivraient. Non, elle n’avait pas le choix. Ruri faisait les cents pas en se prenant la tête, sa respiration s’accélérant sous le stress. Non, ce n’était pas prévu. Puis elle trouva une parade.

« Amaury. Je veux savoir qui je suis, d’où je viens. Si tu me le dis, je t’épargnerais » demanda-t-elle sa dague à la main.

° Peut-être ° rajouta-t-elle immédiatement en son for intérieur.

« Mais par pitié, ARRÊTES DE CHIALER, TU ME GONFLES ! » hurla-telle en réponse à ses gémissements.



Ruri était déstabilisée, ne sachant que faire. Tuer, ne pas tuer ? Si tuer, comment ? Elle n’allait pas monter à la corde pour les égorger, même si c’était tout ce qu’ils méritaient. Elle faisait de nouveau les cents pas avant de partir vers le bureau du prêtre puis traversa un couloir pour se rendre dans son étude.

° Sur les aides du message … où est-ce que tu as planqué ton fichu livre ? Rah, merde, il l’a mis où ?! Ah, si, je le vois, enfin °

La neishaane parcourut rapidement les pages. Effectivement, de nombreuses choses étaient consignées. Plus elle tournait les pages, plus l’époque avançait. Il fallait donc lire la première, l’origine de tout. Elle distinguait à peine les caractères. Les caractères utilisés étaient légèrement différent mais elle en avait déjà vu au kaërl.

° Une minute. Si on retrouve ce type d’écriture au Màr, c’est que celui qui l’a écrit devait y être lié de près ou de loin ! ° s’exclama-t-elle intérieurement.

Ruri jubilait. La réponse était sous ses yeux. Puis une larme de joie coula le long de sa joue. Elle avait un nom et les premières confessions de son ancêtre. Ce n’était pas un roman, juste quelques lignes.

Citation:
« Malakesh-Rae'vinkshash, liée de Krenszhan, empereur noir. Je laisse ici mon premier enfant. Les prêtres les érigeront à mon égard comme des déesses. Elles seront dotées de grand pouvoir, je n’en doute pas.
Celle qui voudra me retrouver me lira. Les prêtres seront liés au silence. Elles ne doivent rien savoir de leur origine jusqu’à ce que leur curiosité les enjoigne à me retrouver. Et celles-ci seront pourvues du même don que le mien.
Le rituel noir nécessite 9 ingrédients : Un oeil d'Occipide des Terres australes
Une écaille de dragon des sables
Un écorce de fragment de Gaïa
Une plume d'HAukea
Le sang d'un homme et d'une femme dans les différents âges de la vie: Nourrisson, enfant, adolescent, adulte, vieillard.»


° Fichtre. Je n’ai aucune espèce d’idée de quoi il peut s’agir. A part le sang, je ne connais rien. Et puis là, la lune est loin d’être au plus haut encore. Je vais arracher la page et la garder dans un de mes tubes à parchemin. On verra par la suite. °

Elle déchira le papier et l’enferma dans un des tubes qu’elle portait à la ceinture avant d’emmener le livre avec elle et de le déposer aux pieds de la statue. La pluie s’était renforcée et l’orage pointait le bout de son nez. Un temps idéal pour faire peur aux enfants. D’ailleurs, il n’y avait pas que les enfants qui semblaient effrayés. Le prêtre semblait s’être un peu trop relâché.

« J’ai trouvé ce que je cherchais. Je vais donc pouvoir vous quitter. Mais ne vous inquiétez pas, chose promise, chose dûe. Je ne vais pas vous tuer. Par contre, je vais vous purifier car votre âme en a besoin. »

La réserve disposait de tonneau étrange, dont un plus que les autres. Il était noté dessus « Danger. A n’utiliser que par l’armée ». Des réserves de poudres ? Non, elle ouvrit le tonneau et découvrit un liquide d’un aspect étrange. Visqueux. Ruri eut une expression de dégoût avant de refermer le tonneau, de le faire basculer sur le côté et le faire rouler jusqu’à la statue. Elle était décidée. En le faisant rouler, la neishaane observant une gravure sur le bois « Feu Grégeois ». Il lui suffirait de l’allumer. Prise dans l’engrenage de la vengeance, elle n’avait plus le choix. Si elle ne les faisait pas disparaître, elle le paierait de sa vie plus tard. Non. Ruri irait jusqu’au bout.



La neishaane remit le tonneau debout et saisit un sceau. Elle aspergea vigoureusement le prêtre et l’esclavagiste avant d’en jeter un peu partout dans le temple. En fouillant bien, elle avait même trouvé plusieurs tonneaux de feu grégeois. Une aubaine. Après avoir pris soin d’asperger le bureau du prêtre et son office, elle retourna dans la pièce centrale et tira sur une petite corde pour ouvrir le dôme central. L’orage grondait, les éclairs illuminaient. Ils étaient tous trempés jusqu’aux os désormais.

« Vous savez ce qui est bien quand on change de vie ? On peut apprendre de nouvelles choses ! Ça tombe bien me direz-vous, l’eau n’empêchera pas votre purification, elle la rendra encore plus vigoureuse ! » dit-elle en haussant la voix pour couvrir le bruits des gouttes d’eau tombant dans le temple.

« Je peux même vous confier un secret. Vous allez subir le feu du Dragon noir Krenzhan ! » et elle trottina vers la fenêtre du bureau du prêtre.

Le dispositif d’allumage était simple. Elle l’activa et lorsque l’étincelle fut produite, le liquide s’embrasa de suite. Le feu se répandit à une vitesse vertigineuse. Elle se mit à courir comme une dératée vers le nord. Il fallait s’enfuir, vite. Avec de la chance, elle ne serait pas découverte et personne ne la verrait. Mais ces cris ! Ils résonnaient dans sa tête. Elle les entendait. Pas ceux qui criaient « au feu ! » mais ceux qui criaient de douleur. Elle quitta enfin le village mais ne s’arrêta de courir que lorsqu’elle ne le voyait plus derrière elle. De gigantesques flammes colorées s’échappaient du temple. Krenzhan avait fait son office, et par là-même Zakeriel.
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