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Sasha El'Tiwas
Candidat(e) à l'Empreinte

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Inscrit le: 21 Jan 2014
Messages: 113
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 50
Race: Humain
Maître: Maury Shyph (PNJ)
Affiliation: Apolitique
Alignement perso: Chaotique Neutre
Ordre Draconique: Neutre

MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 - 16:46 Répondre en citantRevenir en haut

Nom :
El'Tiwas (adopté lors de l'enfance, le «Tiwas » étant un petit mammifère chasseur endémique d'Undomë, pouvant s'apparenter à la belette ou la fouine. Nul ne connaît son véritable patronyme)
Sasha, Elaniel (second prénom connu de ses proches seulement)

Surnom : Satch', Lani , La Belette, Vive-Flèche

Âge : Printemps tirant sur sa fin (29 ans, de fait)

Race : Humain

Theme Song :


~ ° ° ~
                                                                

Physique, Caractère :


                                                        
«  Eh bien, je vois qu'on a envie de m'observer de plus près, n'est-ce pas ?
Que dire... ? Je suis humain par ma mère et mon père...mais aussi un pur enfant d'Undomë. Mon peuple, les Septons comme on les appelle sur Undomë – car il vivent dans le Nord dit Septentrion, mais vous vous en doutiez je présume – est sujet à de nombreux métissages ethniques et culturels, dont certains se perdent dans le temps mais laissent trace encore aujourd'hui. Ce qui fait de mon physique quelque chose d'assez...anodin. Comme l'explique le dicton : « Enfant d'Undomë, sangs et cultures mélangés » … Cela me définit assez bien, de fait !
Cependant, comme la plupart des Septons, j'ai le teint plutôt mat, trace de vieilles filiations avec nos voisins des Terres Akitaas. Les yeux clairs me viennent de ma mère, une Occidentale, elle avait un regard envoûtant m'a-t-on dit...J'ai quelques souvenirs d'enfance, des bribes, qui me ramènent parfois à ces yeux extraordinaires,ces iris lumineux, comme ouverts sur le ciel... Enfin, je m'égare. Quant à mes traits émaciés et ma mâchoire carrée, c'est sans doute ce qui reste de mon père biologique. Un Septon dont je me souviens peu sinon de sa voix profonde et chaude, son odeur puissante de trappeur.

Mes années en mer m'ont tanné la peau et l'embrun salé de la Noria a sculpté mes mèches sombres aux quatre vents. Comme de nombreux marins, je porte souvent un bandana de tissu, mais rien n'y fait, j'ai toujours l'air ébouriffé ! Ne vous étonnez donc pas, si un jour nos regards se croisent, de l'air ahuri ou matois que peut me donner cette trombine. Voyez-vous, si le regard céleste et les mèches folles font pâmer ces dames – et je peux en témoigner par mes folles années de jeunesse - cela ne plaît aux mâles alpha qui pensent veiller sur un harem. J'ai quelques malheureuses expériences de bagarre en taverne. Les marins ivres font de très mauvais rivaux lorsqu'il s'agit de courtiser une belle et malheureusement pour eux, la belle m'a toujours choisi dans ces situations. J'ai souvent ramassé des belles ecchymoses, quelques dents cassées parfois … Un boucanier particulièrement infect à même tenté de me poignarder dans une allée ! Cependant « La Belette » ne manque pas de ressources. J'ai travaillé la terre et sillonné les flots, mes mains calleuses ont serré la bêche et les cordages. Il faut dire que ma taille plutôt médiane pour un homme ( je suis un Septon, souvenez-vous) et ma musculature plus élancée qu'imposante a pu laisser croire à ces gros lourdauds et autres poivrots sillonnant les ports qu'ils l'emporteraient... Mais j'ai plus de force qu'il n'y paraît.
                                                       

                                                      


Bon, ne voyez en moi aucune menace néanmoins. J'ai de la répartie, il est vrai, et des manières parfois douteuses – naviguer avec des Méridionaux et particulièrement avec les « Chiens de Mer » célèbres sur toutes les mers d'Ys laisse des séquelles irréversibles – et bien que n'ayant pas peur de me frotter a plus fort que moi, je n'irai pas chercher des noises à quidam. Si l'un me cherche de trop, je préfère l'envoyer confire par une réplique cinglante plutôt que d'en venir aux poings.A vrai dire je...Je suis plutôt du genre indifférent. J'ai beaucoup voyagé, sillonné de nombreux ports et même voyagé sur les Terres. J'ai vécu des rencontres étonnantes, d'autres déplaisantes, j'ai partagé des expériences, des aventures, des salaires (parfois minables), des lits, de folles nuits de beuverie également et pourtant... Je n'ai aucune attache à part les Chiens, et ceux qui me sont chers en Undomë. Certains voient en moi un bon ami car je ne les juge jamais pour leurs actes ou leur passé. A vrai dire, mon enfance et mon adolescence nomades, ma vie de marin ... Tout cela m'a conduit à être témoin de tellement d'errances et de dérives, de destins brisés par de mauvais choix... que j'estime que chacun est maître de son devenir et qu'en rien je ne puis impacter sur cela.

Pour conclure ce fin portrait de ma personne, je dirai que malgré tout, vous pouvez m'approcher sans crainte, me raconter votre vie, vos malheurs si cela vous chante, je sais écouter et en bon marin, j'aime les histoires. Si vous n'attendez rien de moi que quelques soirées autour d'une bonne choppe ou une nuit d'amour, si vous cherchez négoce sur quelque marchandise exotique ramenée des quatre coins du Rhaëg, je suis votre homme.                                                      


Peut-être même découvrirez certains de mes talents cachés : l'arc et l'archet... mais faudrait-il que vous soyez une belle à courtiser !



Alignement :
Chaotique Neutre

Clan choisi :
Neutre

Lié(e) : Pas encore !

Histoire :                            
    

~ Premières Années ~


La Belette Rousse                        


Comme vous le savez déjà, je suis un Septon d'Undomë, ce qui fait de mon schéma familial un joyeux bazar que d'autres peuples en Rhaëg pourraient trouver désolant. Comme le veux la tradition du Septentrion, une fois sa majorité atteinte, mon père à entamé son «voyage initiatique » en Undomë. Il aurait pu franchir l'Isthme et partir à la découverte du monde mais comme tout bon Septon, il était sans doute trop obnubilé par le territoire de chasse appartenant à son village pour s'en éloigner . Il a néanmoins poussé ses errances jusque dans les Plaines ou il a rencontré ma mère et l'a ramenée dans sa patrie.

Les Septons se marient rarement, considérant que les relations exclusives ont tendance à les emprisonner. Néanmoins, j'aime a penser que mes parents s'aimaient...Après ma naissance, ils ont ouvert un Comptoir, « La Belette Rousse », dont la réputation poussait jusqu'à Balèpl. Ma mère aimait à me raconter que mon père était si bon trappeur qu'il ramenait souvent des peaux et des fourrures rares. Mais je reconnais en ces propos sa grand humilité, car son talent pour l'artisanat Occidental de tradition, en particulier dans la conception de flèches et d'arcs, à tout autant contribué au succès de ce Comptoir. Mon père fut plus ou moins présent jusqu'à mes cinq ans. Il allait et venait, alimentant régulièrement le Comptoir que ma mère avait pour tâche de tenir chaque jour. De temps en temps, il me ramenait une petite figurine qu'il avait sculpté dans l'os ou le bois, me racontait l'histoire de ses chasses, son énorme main posée sur ma petite tête d'enfant...Puis un jour, ses visites se firent de plus en plus rares et il finit par disparaître de nos vies. J'ignore ce qu'il est devenu aujourd'hui, peut-être a-t-il fondé une autre famille, peut-être est-il mort en bon trappeur, dévoré par quelque bête sauvage. Tout cela ne m’atteins que peu au fond, certains parents Septons se délestent de leurs enfants dès la naissance en les confiant aux «  Tuteurs », je m'estime heureux d'avoir connu mes géniteurs, de fait.
Après son départ, ma jeune mère pleura beaucoup... Puis, sans doute parce que les mœurs des Septons avaient fini par trouver une place dans son cœur, elle l'oublia et se trouva d'autres compagnons qui, comme mon père, passèrent dans ma vie sans vraiment me marquer. Jusqu'à l'âge de 11 ans, je vécus une enfance plutôt tranquille et très enrichissante, le Comptoir favorisant les rencontres. Je développais une fascination pour le voyage et les cultures étrangères, n'aidant ma mère au Comptoir que pour mieux harceler ses clients de questions. C'est a cette époque qu'on me donna le surnom de « Tiwas », en écho au nom du Comptoir et à ma fébrile curiosité de fouine.

Un autre événement marquant de cette paisible enfance fut l'apprentissage du tir à l'arc. Ma mère ne disait pas grands mots sur son passé dans les Plaines mais je savais une chose d'elle : on l'appelait « Elvélonn », l'Amie des Elfes. Il est vrai, si j'en crois mes souvenirs, qu'elle avait ce physique longiligne, ce teint clair, cette interminable chevelure blonde et soyeuse (tradition Occidentale oblige) et surtout ces yeux envoûtants qui pouvaient faire douter de ses origines humaines. Mais après tout, c'était une enfant d'Undomë... Hardi est celui qui, né en Undomë, peut être certain de ses racines ! Mon deuxième prénom est d'ailleurs un prénom elfique, choisi pour honorer un de ses amis à oreilles pointues.

Ma mère avait donc grandi dans un petit village des Plaines Centrales, voisin des territoires Elfiques. Un de ses amis, client régulier du Comptoir, me racontait que , jeune enfant, elle s'était perdue en forêt. Les Elfes, fascinés par ce bout d'humaine à l'apparence si proche de la leur, l'avaient recueillie plusieurs jours durant jusqu'à qu'une excursion de villageois venus en négoce leur parlent d'une fillette disparue dans un bourg voisin. Ramenée dans sa famille, elle avait gardé le droit exclusif de visiter cette tribu d'Elfes et passé de nombreuses et longues journées d'été à barouder en leur compagnie. C'est sans doute d'eux qu'elle tenait cet artisanat si particulier et un véritable talent d'archère...Qu'elle m'a transmis avec beaucoup d'enthousiasme.                         


~ Évolution ~        

                       
Le Froid de l'Orient                       


Mais là s'arrête le récit tout a fait banal et plat de ma vie. J'avais douze ans lorsqu' un Oriental franchit le seuil de notre Comptoir, un grand escogriffe à la pilosité d'une rousseur flamboyante. Malgré son cou de taureau et sa corpulence massive, c'était un homme assez doux et je pense que j'aurais pu l'aimer s'il n'avait pas scellé mon destin de cette manière. Comme tous les Orientaux, il se montra charmant et dévoué auprès de ma mère, le respect des femmes et plus particulièrement des matrones constituant la base morale de sa société. Ma mère tomba sous le charme et en fit son compagnon. En quelque mois, son ventre s'arrondit sous les fruits de leurs bruyantes amours. J'aurai pu continuer à profiter de ma petite vie paisible en tant que grand frère mais une saleté de sage-femme venue ausculter ma mère décréta que l'enfant serait une fille.
Tout excité, le rouquin convainc ma mère de le suivre en Orient, dans son village, afin que ma future petite sœur soit placée sous la bénédiction de la Matriarche. La Belette Rousse fut cédée à un ami et de l'arrière d'une charrette cahotante, je regardais avec dépit l'endroit ou j'avais grandi disparaître dans les profondeurs des forêts d'Undomë.

Le « village » en question était une grappe de cahutes, faites de pierres et de chaux, accrochée à un replat de la Djevelens Tenner. Je passais là bas trois horribles années qui me conduirent à développer une aversion pour le froid et la neige que je conserve encore aujourd'hui. Ma mère fut bichonnée et accoucha d'une petite « Layla » dont j'ignore tout aujourd'hui. Le travail en couches l'ayant affaiblie, on me tint à l'écart d'elle et je fus, comme tous les garçons de mon âge, envoyé aux mines pour maintenir l'économie du village. Jamais le Soleil ne m'avait si cruellement manqué... Ma mère tenta de plaider en ma faveur mais ne pouvant rien contre les solides mœurs Orientales, elle se contenta de me sortir des mines pour me relayer à l'unité des Chasseurs ou j'affinais ma pratique de l'arc et perdit deux orteils dans une engelure. J'en voulu énormément à ma mère et à son fichu barbare de m'avoir traîné ici.

Lorsque la vieille shaman du village baptisa ma sœur, elle annonça qu'elle serait une « Femme-Forte », appelée à devenir la future Matriarche du village. Dès lors, ma mère et Layla ne quittèrent plus les quartiers des femmes et l'enfant fut élevée « à l'Orientale », elle fit ses premiers pas dans la neige et « Mère » fut son premier mot. Excédé de voir ma mère trouver du confort dans cette société matriarcale je lui avouais, lors d'une de nos rares rencontres mensuelles, l’irrépressible besoin de quitter cet endroit pour voyager. Cela l'attrista et contraria la Matriarche qui souhaitait « donner mon pucelage » à sa fille aînée, en âge d'enfanter... Mais consciente que j'étais malheureux dans ces montagnes, ma mère invoqua la « tradition septonne » et me renvoya sur les Terres, chez un Tuteur de sa connaissance.

Sur le chemin qui redescendait vers les Plaines, j'envoyai un magistral doigt d'honneur à la montagne qui m'avait volé trois ans de ma vie et deux orteils...mais mon cœur se serra en songeant à ma mère et ma sœur. J'avais l'intime conviction que je ne les reverrais jamais et malheureusement, les années suivantes me donnèrent raison.                       

           
~ Lignes de Vie ~ 
              
    
Un Frère et une Mer
                    
Theme Song Hilbeteko Gauetan - Numen
                     
              
De 14 ans à 18 ans, je passai de mains en mains, de Tuteurs en Tuteurs. Je parcourai Undomë en long, en large et en travers, repassant parfois sur les terres chéries de mon enfance. Devant l'afflux d'enfants Septons grouillant dans les rues et les campagnes et parce qu'Undomë est une terre de métissage culturel et ne saurait blâmer autrui pour ses traditions, notre Nation à mis en place le système bien rôdé de « Tutorat » ou les rejetons abandonnés du Septentrion sont élevés en orphelinat jusqu'à l'âge de 7 ans puis envoyés dans les fermes, les marchés, les mines ou les hospices pour y travailler jusqu'à leur majorité.

Je fus tout d'abord confié à un trappeur ronchon et alcoolique, qui me renvoya à coup de pieds dans le derrière (je crois qu'il n'appréciait guère que je sois meilleur chasseur que lui), puis je fus garçon de ferme de nombreuses années, notamment sur les terres Occidentales. Il m'arriva parfois d'être hébergé avec d'autres jeunes de mon âge mais je ne restais jamais longtemps au même endroit, ce qui me passa l'envie de tisser des amitiés ou des amours durables. Après tout, je réalisai un rêve d'enfance : voir du pays. Je n'avais pas de temps pour les autres.
Je reçu une éducation morcelée mais suffisante pour savoir lire et écrire décemment. Une de mes tutrices, une fermière replète qui voyait en ces jeunes Septons dégingandés les enfants qu'elle ne pouvait avoir, me donna le goût des livres et, j'ignore pourquoi, je me passionnai pour les récits d'aventures en mer. Sans doute parce que malgré ma vie d’errance, je ne m'en étais jamais vraiment approché... Cette immense étendue d'eau s'ouvrant sur le reste du monde avait quelque chose de fascinant. Il y avait ce récit en particulier... contant l'histoire d'une Île légendaire peuplée de créatures ailées, les Drakans ou Dragons, qui a particulièrement marqué mon existence et impacté sur mes choix de jeune adulte.
Lorsque j'eus 17 ans, je demandai à être ouvrier sur les docks de la Côte Méridionale et me lançai dans ma dernière année de Tutorat, baluchon sur l'épaule, la tête pleine de récits de navigation et de chasse aux trésors. On m'envoya dans une pension un peu miteuse, située près du port de Noridam, la Capitale des terres Méridionales dont les falaises de grès se jettent dans la Noria. J'y passais les plus formidables années de ma vie.

Le style de vie et le caractère méridional me plût de suite. Moi qui était ardu à la besogne et plutôt discret, je rencontrai ces gens nonchalants et exubérants que sont les « Méridions » et la vie parut tout de suite plus douce. Je m'esbaudis devant les somptueux navires qui jetaient l'ancre à Noridam, vomissant de leurs cales massives monts et merveilles venant des quatre coins de Rhaëg : épices multicolores, tissus chatoyants aux teintes impensables, métaux et autres matières premières dont j'ignorais l'existence jusqu'alors. Je fis aussi une rencontre déterminante...
Il y avait dans mon équipe de dockers ce garçon un peu fou, un certain Mikaal, un pur produit méridional. Mikaal travaillait pour la Capitainerie de Noridam et se chargeait, avec quelques autres, d'entretenir les bouts et les cales des navires. Le service étant plutôt couteux, il avait souvent affaire aux somptueuses frégates marchandes d'Ys ou aux impressionnants drakkars des riches Jarls Vaendarkiens. Jaloux de ne pouvoir explorer le ventre de ces bêtes et toujours fidèle a mon caractère fouineur, je me rapprochais de lui pour en savoir plus.
Dès lors, nous fûmes inséparables. Mikaal, de trois ans mon aîné, était une grande perche dont les membres presque trop longs et les mains arachnéennes s'agitait sans cesse lorsqu'il parlait. Il avait , comme moi, la tête pleine de rêves marins mais lui était prêt à tout pour les réaliser. Il me raconta s'être embarqué clandestinement dans la cale d'un vaisseau Qharien et avoir survécu deux mois, se nourrissant de rats et volant parcimonieusement dans les réserves.

- C'est mon odeur qui m'a trahi ! s'esclaffait-t-il avec un de ses gestes théâtral. Le Quartier-Maître a cru que quelque chose pourrissait dans les réserves tant j'étais nauséabond... Sitôt découvert, ces salauds m'ont balancé dans le Delta Salin ! Et il partait d'un puissant rire de gorge, comme si c'était l'expérience la plus amusante de sa vie, puis serrait mon épaule de ses longs doigts. Mais il y avait ces paysages...Si tu savais... Des plages de sable blanc léchées par des flots cristallins, des forêts luxuriantes ! Sa main libre caressait l'air alors qu'il fermait les yeux, comme pour concrétiser son souvenir, et soufflait « Magnifique... » avant de se perdre dans un silence songeur.

Notre amitié évoluant au fil des années, j'appris aussi que Mikaal était un héritier déchu. Fils d'un riche commerçant Meridion, il avait reçu une éducation soignée. Il était promis à une brillante carrière de comptable car doué avec les chiffres...Mais cette vie bien rangée ne lui plaisant guère, son père l'avait destitué puis jeté dans la rue lors d'une dispute particulièrement violente, ne lui laissant qu'une poignée de pièces et son violon pour vivre. Malheureusement pour lui Mikaal se fit très vite à la vie dans la rue. Il s'en sortit d'abord en faisant l'aumône : quelques piecettes pour un air de violon, puis fut engagé à la Capitainerie où il continua à renflouer ses économies en revendant au marché noir ce qu'il volait dans les bateaux. Comme toujours, j'évitais de le juger pour cela, d'autant plus que ses « relations » (comme il se plaisait à les appeler) nous furent bien utiles quelques années plus tard ...
Je lui parlais de l'Île aux Dragons et il s'imprégna du mythe avec son enthousiasme habituel. Sur les dernier mois de mon Tutorat, nous planifiâmes nos futures carrières de marins, faisant état des sommes nécessaires pour acheter un petit sloop et commencer nos aventures.

Quelques jours après mon dix-huitième anniversaire, je reçu une missive cachetée aux emblèmes d'Orient. La Matriarche de ce maudit village dans la Djenvelens m'annonçait la mort de ma mère, fragilisée par de nouvelles couches, d'une « pulmonie foudroyante ». Il n'y avait bien sûr aucun mot concernant ma sœur Layla, qui était sans doute désormais plus « Orionne » que « Septonne ». Je fus d'abord saisi d'une rage incontrôlable, maudissant les barbares Orientaux, le froid de leur satané pays et leurs coutumes idiotes poussant les femmes à pondre des ribambelles de mômes pour être respectées. Puis je réalisais avec une infinie tristesse que j'avais passé quatre ans loin d'elles, ne répondant aux missives de ma mère que lorsque j'en avais le temps et l'envie. Abattu, j'errais dans les quartiers du port telle une âme en peine, écumant tout les bars de Noridam.

Ce fut Mikaal qui me retrouva, avachi dans une ruelle à siphonner mon rhum en sanglotant. Il passa son bras autour de mon cou et murmura :

- Ce n'est pas ta faute, ta mère a choisi son destin et toi le tien. La vie est ainsi faite, Sasha ! Et comme j'explosais en une nouvelle série de sanglots, laissant ballotter ma tête sur son épaule, il sourit et tapota mes cheveux de ses longs doigts, comme on le ferait pour un chagrin d'enfant. Allez camarade ! Nous sommes orphelins de famille tous deux désormais, serrons-nous les coudes ! Il y eut un silence et l'espace d'une seconde, il parut sérieux, ce qui était rare. Tu sais Sasha, t'es comme mon frère maintenant... Ca te dirait qu'on soit frères hein ? On sera notre propre famille, quand on aura ce bateau, il n'y aura que la mer et nous, personne ne nous empêchera de vivre ce dont nous avons envie ! La liberté, mon frère, l’indépendance !! Et il fit un autre de ses poses songeuses et souffla de nouveau son théatral « Magnifique... », qui me fit pousser un rire sincère à travers mes larmes.                    


~ L'Arrivée sur Tol Orëa ~                  
             


    
Une vie houleuse
Theme Song Ama Lurra - Numen

                 
             
Aaah...Mes années en mer, parmi les Chiens, à la poursuite de l'Île aux Dragons, Tol Orëa. Dire que je suis finalement arrivé à destination c'est ...troublant et excitant à la fois !
Bien, comme j'ai déjà beaucoup parlé et que ma gorge s'assèche, je vais essayer de synthétiser ces dix ans... Mais laissez moi au moins vous raconter comment tout a commencé ; par Mikaal déboulant de sa démarche boitant/ dans notre petite chambre mansardée, un papier en main et un sourire goguenard sur les lèvres. :

- LANI !!
- Mikaal... Je grognais, m'éveillant d'une sieste après une rude journée de travail. Il n'y a que mère qui m'appelait "Lani"..Tu va me tailler les oreilles en pointe a force de m'appeler comme ca !
- Tu ne vas pas y croire, frangin ! Tu ne vas pas y croire ! jubila-t-il comme s'il ne m'avait pas entendu

Cela faisait un an déjà que nous avions remisé nos rêves de grandeur au placard après une formidable ascension et une chute plus vertigineuse encore. Nous étions jeunes, nous étions fous...Et nous nous sommes brûlés les ailes en l'espace d'une année seulement :
            

                

Citation:

















Le Fiasco du Fends-Vague
                                     
Après la mort de ma mère, et à ma grande surprise, les Orientaux m'envoyèrent un pécule conséquent constituant son legs, tel que l'exigeaient leur lois. A cela, l'ami ayant repris la Belette me fit parvenir une part importante de ses bénéfices, obtenus en revendant les dernières marchandises de mes parents sur ces cinq dernières années. Mikaal et moi, car il était évident que je partageais tout cela avec mon frère de cœur, étions alors enivrés de cette chance inouïe et en l'espace d'un an nous avons presque dilapidé toutes nos richesses.
Nous n'aurions jamais du acheter ce brick pimpant, Le Fends-Vague, aux enchères publiques, faisant ainsi étalage de nos ressources. Dans notre hâte de partir en mer, nous aurions du être plus scrupuleux dans notre choix d'équipage et lire la convoitise, la malveillance dans certains regards, nous aurions du consulter les anciens loups de mer sur la façon de diriger les hommes, de mener un vaisseau ... Mais notre expérience dans les docks et notre amour des récits d'aventure nous suffisait, jeunes écervelés que nous étions...

Un beau matin d'avril, Fends-Vague fut prêt à larguer les amarres et ses voiles baignées de soleil, tendues sur le mat de misaine, semblaient défier le ciel ! Vous l'auriez vu..."Magnifique" comme disait mon cher frère.
Mikaal ayant une meilleure expérience de la barre, je fus assigné en tant que second. Il m'arriva cependant de le remplacer lorsqu'il grimpait à la vigie pour contempler la mer et j'appris les bases de la navigation ainsi. Nous avions acheté, sur nos derniers deniers, une cargaison de vivres que nous voulions revendre au marché noir d'Ys et peut être qu'après...nous irions sillonnant les océans, à la recherche de l'Île aux Dragons. Nous étions tellement fébriles d'enfin réaliser notre rêve que nous n'avons pas remarqué le sourire torve du Quartier-Maître, ses ricanements à nos ordres. Nous ne nous sommes guère plus soucié des messes basses et des réunions secrètes de l'équipage sur les quarts de nuit. Tout cela était pourtant le premice à notre chute.

Nous naviguions depuis deux mois lorsque la mutinerie éclata, un soir d'été. Les hommes nous tirèrent hors de nos lits et nous traînèrent nus sur le pont. Nous avons lutté... mais nous étions exposés, deux jeunes garçons de dix-huit ans contre une bande de brutes puant l'huile de poisson et la mauvaise vinasse. On nous attacha au mat de misaine et ils nous rouèrent de coups, puis l'un d'entre eux prit la barre et fit dériver Fends-Vague de son cap. Nous nous regardâmes, Mikaal et moi, et nous comprîmes que c'était le prix de notre arrogance. Les pillards s'attelaient déjà à fouiller la cargaison pour en estimer la valeur et certains d'entre eux, ivres et vicieux, nous approchaient avec des couteaux. Je glissai à mon frère :

- Si l'on doit mourir, que ca soit sur Fends-Vague.
- En défendant notre rêve...murmura Mikaal dont le visage transfiguré n'était plus qu'un masque de colère

Dès que les pirates furent assez proches pour que nous sentions leur fétide haleine, nous nous mîmes à les rouer de coup de pieds et à lancer nos dures caboches contre leurs bouches pourries. A notre corps défendant seulement, trois terminèrent au tapis mais ceux qui ne ramassaient pas leurs dents n'en avaient pas fini avec nous.

L'un attrapa les chevilles de Mikaal au vol et le Quartier-Maître, qui connaissait son amour de l'escalade dans les gréements, lui sectionna les tendons d'un geste sec. Je hurlais à l'unisson de mon frère de cœur et crachait toutes les insultes je connaissais à la face de ces monstres. J’eus droit à une réponse immédiate et la pointe d'un coutelas barra mon visage de deux fentes sanglantes. On ricana, traitant Mikaal de « Capitaine Fillette » et de son Second « Pirate Joli-Minois ». Puis on nous jeta, blessés et toujours ligotés, dans une barge qu'on largua sur les flots. La dernière image que j'ai avant de perdre connaissance est celle de notre rêve s’éloignant sur l'horizon.

Je n'ai que des souvenirs flous de la suite. Un baleinier nous repéra, agonisants dans notre barque et le chirurgien du bord nous soigna du mieux qu'il put. Nous fûmes débarqués à Ys ou nous avions prévu de faire fortune, comme deux loqueteux. Moi et mon visage bandé vieux lin ensanglanté, Mikaal et sa démarche boiteuse, son teint déconfit. Nous vécûmes d'aumônes un temps, dormant sous les ponts ou dans les barques de pêcheurs. Nous avions tout perdu.       








- Qu'est-ce que je ne vais pas croire , frérot ? repris-je, un peu perplexe

Je n'avais pas vu Mikaal ainsi depuis notre piteuse arrivée à Ys. Ce qui s'était éteint en lui, lorsque le médecin du baleinier lui avait annoncé qu'il ne pourrait plus grimper aux cordages ni rester longuement debout pour barrer, avait trouvé un second souffle ce jour-là. La perte de Fends-Vague, la trahison de notre équipage...Tout cela n'avait rendu notre rêve que plus ardent. Nous ruminions vengeance l'un et l'autre, avec le secret espoir de reprendre un jour la mer mais nous étions des estropiés, des naufragés sans le sou... Nous avions néanmoins trouvé notre salut dans une petite auberge, sur un port côtier. J'étais devenu garçon de cuisine et le violon de Mikaal animait les repas.Au moins nous avions un toit sur nos têtes, des repas chauds et le roulis de la mer toute proche pour nous bercer...
 
- Nous allons naviguer de nouveau , mon frère balafré ! Mikaal était extatique. C'est marqué sur ce papier !

Je bondis et me cognai vigoureusement le crâne sur la mansarde.

- Quoi, que me chantes-tu là ?! Comment... ?!
- Mes contacts au marché noir, tu sais... Il prit son air matois, redevenant le Mikaal que je connaissais. Ils sont en lien avec une troupe de Boucaniers, « Les Chiens de Mer »...

Je le coupai, levant un sourcil sectionné par ma cicatrice mais néanmoins désapprobateur. J'avais entendu ce nom sur les lèvres des clients de l'auberge... un des plus gros fournisseurs du marché noir, très actif sur l'Archipel...des gens pas très recommandables, disait-on.

- On leur attribue plusieurs pillages de frégates marchandes, Mikaal...
- Et alors ? Il balaya l'argument de sa grande main et s'écroula sur sa paillasse pour soulager ses chevilles blessées. Ils n'ont jamais fait de victimes ! Ils pillent seulement la cargaison et disparaissent en laissant l'équipage ligoté et ...

Le souvenir de la mutinerie de Fends-vague me glaça soudain. Je n'écoutais qu'à moitié la dithyrambe de mon frère, qui s'extasiait sur le vaisseau des Chiens de Mer, « Le Lévrier,  le schooner le plus rapide des mers d'Ys !». Mes cicatrices commencèrent à tirailler...

- T'es toujours à te fourrer avec des individus louches, Mikaal ! m'écriais-je soudain, les poings serrés. C'est toi qui a recruté ces rascals sur Fends-Vague ! Je donnais un coup rageur dans le pot de chambre, peu soucieux de répandre son remugle. Tu fais n'importe quoi ! Ca t'as pas suffit de te faire balancer dans le Détroit Salin ou de te faire sectionner les tendons ?! T'as envie qu'on t'appelle Capitaine-Fillette encore une fois ?!

Essoufflé et tendu, je m'immobilisais, dardant mon regard dans le sien. J'y vis passer une colère sourde, aussitôt balayée par une onde de tristesse. Sa bouche, autrefois si prompte aux rires, esquissa un sourire triste, alors qu'il frottait ses mollets atrophiés.

- J'ai jamais eu l'intention d'être Capitaine à nouveau. Je ne suis plus fait pour ça... lâcha-t-il d'une voix blanche avant de jeter le parchemin sur mes genoux. C'est écrit là, Intendant sur Le Lévrier. Je resterais en cabine à garder un œil sur le trésor et ajourner les Livre des Ventes. Ce fut son tour de me jeter un regard farouche. J'ai parlé au Capitaine de tes dons pour la Chasse et il aurait besoin de tes talents pour renflouer leur stock de gibier. Ce sont des boucaniers avant tout, Sasha ! Ils ont peut être quelques pillages à leur actif mais je m'en fiche, Lani. Mikaal ferma les yeux et soupira, laissant reposer sa tête contre le mur. Au moins je sentirais le vent, le soleil et le sel sur mon visage quand j'irai prendre l'air sur le pont.

Après un silence ou je ne sus que faire sinon me maudire intérieurement pour mon attitude, Mikaal attrapa son violon et se leva sans un mot. Avant de franchir la porte, il me dit encore :

- J'embarque dans deux jours aux aurores, sur le dock Est. Présente toi au gaillard d'avant avec moi et le Capitaine t'embauchera. Il me regarda avec cette complicité fraternelle particulière et sourit a nouveau. Je respecterai ton choix tel qu'il soit mais...t'as la Mer dans les yeux , mon frère. Tu es fait pour naviguer et sillonner les océans. T'es fait pour trouver cette foutue Île aux Dragons !!
          
Je l'entendis descendre les escaliers de sa démarche claudicante : c'était l'heure de sa prestation au repas du soir.
Sur les sons plaintifs de l'instrument, je consultais le contrat de Mikaal, indécis , caressant mes cicatrices du bout du pouce. Jusqu'à présent, j'avais été mauvais juge, en tout... J'avais blessé Mikaal, mon frère, fui les Orientaux et abandonné ma mère et ma sœur, détruit mon rêve par de mauvais choix. Que m'apporterait cette appréhension ? Que pouvait-il arriver de plus ? Mikaal était ma seule famille désormais... C'était peut être une tête brûlée n'ayant pas peur de se mettre en danger, mais il avait le mérite de suivre son rêve jusqu'au bout, au détriment de tout. J'avais tout a apprendre de lui.

C'est ainsi qu'un matin brumeux d'hiver j'embarquais sur le Lévrier et rejoignis, avec Mikaal, les Chiens de Mers, boucaniers de métier et contrebandiers à leurs heures perdues. Je vous mentirai en vous disant que s'intégrer à cette famille un peu spéciale fut une partie de plaisir, d'autant plus avec la réputation qui nous précédait, le fiasco du Fends-Vague étant désormais une histoire connue. Quelques Chiens médisants laissèrent siffler du « Pirate Joli-Minois » et du « Capitaine-Fillette » dans notre dos... Mais notre indifférence finit par les lasser. Conscients que c'était là l'unique chance de ramener notre rêve a la vie, nous faisions profil bas en attendant de faire nos preuves. Et en quatre ans seulement, nous devînmes «Chiens » à part entière.

Jamais les cales du Lévrier n'avaient été si pleines de gibiers et de marchandises. En maître comptable et fin gestionnaire, Mikaal parvenait toujours à négocier les plus fines marchandises pour des prix dérisoires. Nous inondions les marchés noirs de richesses exotiques et même les commerçants honnêtes nous proposèrent pot-de-vin et prix d'amis pour obtenir ces trésors d'Outre-Mer. Je vous mentirais aussi en disant que nous n'avons jamais pillé de navire marchands. Mikaal avait raison, les Chiens reniflent la bonne marchandise à des lieues, mais jamais ils ne mordent au cou. Plusieurs fois nous laissâmes de replets commerçants bâillonnés et attachés sur le pont , en compagnie de leur équipage, leur promettant de réinvestir sagement leur marchandise. Il y eut des coups de canons, des pugilats , des blessés mais jamais je n'eus à tuer un homme, les Chiens préférant décamper une fois le méfait accompli évitant ainsi un massacre avec l'arrivée des renforts. Et pour cela, le Lévrier , et surtout son capitaine Bill la Barrique étaient maîtres en la matière. Après un pillage, la coque effilée du Lévrier fendait les flots, frôlant les 20 nœuds sous grand vent et Bill, que j'ai rarement vu sobre, maniait la barre en se fendant la poire, le majeur levé. Jamais aucun vaisseau ne nous rattrapa et jamais la coque du Lévrier n'eût à souffrir d'une éraflure. Bill la Barrique des Chiens de Mer est sans doute le seul Capitaine en Rhaëg qui navigue mieux avec un pichet de grog dans les veines !

Fends-Vague et son nouvel équipage avaient disparu des mers, pas une seule fois nous ne virent sa voilure et sa silhouette familière sur les mers. Au début, Mikaal et moi les attendions à chaque nautique, pétris d'amertume et de rage. Puis nous eurent d'autres préoccupations. Notre erreur de jeunesse avait sans doute été pillée puis démantelée contre bon prix dans un chantier naval...ou laissée échouée sur un banc de sable, offrant un domicile aux crabes. Nous avons fini par accepter et renoncer, Le Levrier était devenu notre vaisseau.

Quant à moi, en dix ans je suis devenu fin marin et Maître-Chasseur. J'ai exploré la faune et la flore extraordinaires d'îles perdues dans les océans, j'ai rencontré et négocié avec des tribus dont j'ignorais l'existence, j'ai tanné des cuirs d'animaux invraisemblables et montré à ces dames, pour un baiser ou plus, les fourrures et les bijoux les plus exotiques qu'il soit. Mikaal m'apprit aussi à jouer du violon, car les boucaniers étaient d'indécrottables fêtards et il fallait bien animer les longues soirées en mer.             
  
           
 
 
L'Ile aux Dragons 
            
 Theme Song Himmelens Groenne Arr -Vàli    
            
              
    
  
 Alors pourquoi m'avez vous trouvé seul, lamentablement échoué sur vos rives, dans les restes de mon petit voilier, moi le Chien des Mers, le marin aguerri ? Et bien c'est simple :
            
Lors de mes voyages j'ai eu tout le loisir de constater à quel point le mythe de mon Île et de ses « Drakans » était présent dans les cultures populaires. Cela apparaissait sous différents noms : Terre de l'Aube, Continent Perdu, Tol Orëa... Fasciné , j'ai découvert d'autres contes parlant de guerriers montant ces Dragons, d'un peuple vivant sur cette l'Île, habitant des cités englouties, flottantes ou encore enfouies sous le sable du désert ... J'ai accumulé tant de témoignages, de cartes faussées, de documents que Mikaal et moi étudions dans sa cabine. Quelque chose...me poussait vers cette Île, que j'avais tant espéré dans mes longues heures de vigie. Un soir,je proposais à Mikaal de partir avec moi explorer une zone potentielle, à l'Extrême-Est de mers connues, le bout du monde... Mais mon frère m'adressa un regard pitoyable. Je compris immédiatement. 
            
- Alors ce que déblatérait le vieux Bill dans son ivresse hier était vrai ? dis-je en posant une main, sur l'épaule. Mary et toi... ?
- Oui. Mikaal passa sa grande main sur sa nuque et soupira. Elle porte mon enfant et je...vais l'épouser.
- C'est une chouette fille, frangin, et tu l'aimes. Elle te rendra heureux.
- Je m'en veux, Lani. La contrition dans sa voix était sincère. J'aurais voulu suivre notre rêve jusqu'au bout mais...partir si loin avec cet...notre futur enfant... Je veux qu'il connaisse son père, je veux être présent pour lui.
- Mikaal.... Je soupirai. Nous ne sommes plus des gamins. Devenir père à cet age de nos vies c'est...normal. Je sais que tu ne ressemblera en rien à celui t'as renié et mis à la rue. J'eus un reniflement et une moue narquoise. Et puis, de nous deux c'est toi qui est le plus a plaindre. Avoir la Barrique comme beau-père ce n'est pas une sinécure !

Nous rîmes un peu... puis mon frère baissa un regard tourmenté sur nos cartes, travaillées sur de si longues années. Enfin il se redressa, déterminé , les roula et me les tendit.

- Tu es le légataire de notre Quête Sasha. Quoiqu'il arrive, mon fils saura tout des aventures de Satch' et Mikaal sur les mers de Rhaëg...Notre rêve nous survivra !

Il y eut un nouveau silence que je laissais passer, la gorge nouée , le cœur battant. Encore cette sale intuition de partir pour un voyage sans retour, loin des êtres aimés...

- Bon allez, arrête avec tes beaux discours solennels, tu va m'faire pleurer ! J'entourais ses épaules de mon bras et lui donnais une secousse virile. Allons boire avec les Chiens, je veux que cette dernière soirée soit mémorable ! Nous avons des choses à fêter...

 Et la soirée fut mémorable en effet. Le lendemain, mon frère et ma famille de loups de mer, encore pâlots et chancelants , me firent leurs adieux sur les quais de Karasdorg. J'avais acquis un petit voilier, léger en voilure mais de solide constitution et de quoi tenir jusqu'à la prochaine escale. Et parce qu'il ne faut jamais naviguer seul, j'embarquais avec moi le vieux Ludwig, un timonier Ysien dont les états de services étaient connus de tous.
 
L'infortune est quelque chose de coriace, savez-vous ? Quelques jours avant de m'échouer, j'étais persuadé d'être fou de continuer à poursuivre ce maudit rêve d'enfant...Le Destin s'est tant acharné à me détourner de ma voie ! Deux mois après notre escale en Undomë, où je saluais quelques vieilles connaissances et tentais en vain d'obtenir une quelconque information sur ma sœur Layla, Ludwig fut frappé d'un scorbut foudroyant. Malgré mes précautions de marin expérimenté (quelques de ces agrumes exotiques le remirent sur pied, un temps) , le timonier n'était plus tout jeune et passa l'arme à gauche dans la nuit, quelques semaines plus tard.
Après avoir rendu son corps a la mer, je fus saisis d'abattement. Les Mers de l'Extrême-Est sont assez mal cartographiées, en particulier la zone que je souhaitais explorer... Mes provisions s'amenuisaient alors que je tournai en rond, cherchant le moindre relief pouvant s'apparenter à mon Île des Dragons. Un jour, j'entrai dans une zone de brouillards denses, sculptés de vents contraires. Ma voilure, abîmée par une tempête, se déchira sous une bourrasque. Excédé, je bondis et hurlai, levant les bras au ciel.

- PARFAIT ! J'ai compris, je suis un fou qui court après une légende !! Je grimaçai, mon estomac vide me tiraillant et je m'assis, épuisé. J'irais jusqu'au bout...grommelai-je en grignotant une de mes dernières provisions. Je n'ai plus que ca...Et si je dois mourir en cherchant et bien, ainsi soit-il !

Deux jours plus tard, toujours coincé dans ce maudit brouillard, je perdis connaissance et laissai mon voilier à la dérive. Une pensée traversa alors mon esprit « Tout cela, toutes ces années... pour terminer ainsi... ». J'ignore combien de temps je restai inconscient, des heures, des jours peut être. Dans mon délire, j'entendais une voix profonde, aux accents d'outre-monde, entrer en résonance avec mon âme. J'appelai à l'aide, je me propulsai vers cette entité, mon salut...Puis il y eut cet énorme vacarme de bois brisé, ce choc ! Lorsque je revins à moi, nauséeux, l'eau de mer emplissait ma bouche... J'ignore comment j'ai réussi à me traîner jusqu'à cette plage avant de sombrer à nouveau...

Veuillez pardonnez le spectacle que je vous ai donné en m'éveillant. J'étais affamé, déshydraté et fiévreux. Vous dites que j'ai promené un regard hagard sur la plage et éclaté de rire en vous voyant ? Hum...J'ai du penser être agonisant et halluciner sur mes derniers moments de vie. Vous pouvez le comprendre maintenant que vous connaissez mon histoire. Jamais je n'aurai pensé...survivre à cela et encore moins m'échouer sur...Tol Orëa. C'est fou, je....

Bon....

Et ensuite ? Vous m'apprenez que cet ...appel venait de votre...Lié ? C'est un...Dragon n'est-ce-pas ? Un vrai ? Par les saintes mers de Rhaëg...

Que voulez-vous de moi alors ? » 

            
            

            
Equipement possédé : Après son naufrage, il ne reste plus grand chose a Sasha.

* Un vieux violon, retrouvé dans les restes de son embarcation.
* Un médaillon, offert par Mikaal pour ses 25 ans. Un ouvrage assez fin, bien qu'un peu abîmé par le sel, gravé d'elfique sur son pourtour « Pour notre rêve ! Capitaine-Fillette ». Sasha le porte en général caché dans son bandana. L'elfique est un clin d'oeil de Mikaal pour son deuxième prénom.

En terme d'armes, Sasha ne dispose que de ses compétences, l'arc et les flèches ont sombré avec le voilier
                           
Magie : Aucun don de la sorte.

Divers : J'espère que l'insertion d'images ne posera pas problème pour la mise en forme. Ce fut un vrai plaisir de se replonger en Terre de l'Aube ^^


Crédits des images, par ordre d'apparition :

                             
AVATAR: Prince of Persia – Coleen Peck

Prince of Persia – Eyue
Exterior – Art of The Old School
Village – Ania Mitura
Sunset Sailor – Jackie Ocean
Boarding - The Gryph
Shipwreck – Susan Helmigh


      color=#669999                       
            





Dernière édition par Sasha El'Tiwas le Dim 19 Mar 2017 - 19:55; édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 - 16:46 Revenir en haut

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