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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Ven 17 Jan 2014 - 01:33 Répondre en citantRevenir en haut



¤ Gaïaku 918 ¤


La nuit tombait doucement sur le Mar Luimë, qui se préparait petit à petit à s’endormir paisiblement.
La cité avait enfin retrouvé un semblant de calme depuis les récents affrontements avec les Crabes d’Enneth et pourtant, un lourd sentiment de peur en imprégnait encore les rues. Les citoyens redoutaient peut-être de nouvelles attaques, s’inquiétaient sûrement pour leur Kaerl qui ne leur semblaient plus aussi sûr qu’avant … Toujours était-il qu’il allait falloir du temps, de la patience pour que la bulle puisse panser ses plaies et ainsi retrouver toute sa sérénité.

Si une inquiétude mesurée habitait aussi Alrüne, ses pensées n’étaient à ce moment précis pas tourné vers son foyer, si tant est qu‘elle pouvait l‘appeler ainsi.
Après une demi-heure passée dans un bon bain chaud, la jeune Aspirante s’observait, pensive, tout en enfilant des vêtements propres face à son miroir, installé dans l’un des coins de sa modeste chambre. Quelque chose n’allait pas en ce moment, elle se sentait mal dans sa peau.
Ses nausées quotidiennes et matinales, qui allaient et venaient depuis un bon mois maintenant, s’étaient accentuées ces derniers temps au point de l’handicaper au quotidien. La moindre odeur un peu trop forte provoquait chez elle des hauts le cœur soudains, qu’elle peinait parfois à dissimuler. En conséquence, elle évitait de manger avec les autres, privilégiait les plats simples et peu cuisiné et évitait soigneusement les zones à forte concentration odorante. Mais aujourd’hui, désignée avec quelques autres Aspirants pour aider à débarrasser la place de l’Agora des carcasses des crabes géants, elle avait finit par régurgiter tout le contenu de son estomac, tant l’odeur qui se dégageait de leurs cadavres en décomposition était pestilentielle … Heureusement ou malheureusement, elle ne fut pas la seule et n’attira donc pas l’attention sur son état de santé, qu’elle prenait grand soin de dissimuler.
Car si ces nausées régulières pouvaient être une source d’inquiétude, s’ajoutaient à elles une fatigue anormalement importante, bien qu’elle fasse ses huit heures de sommeil journalières. Tout devenait un peu plus difficile, elle se sentait physiquement lourde et l’envie de faire une sieste la prenait régulièrement.
Était-elle malade ? Cela en avait tout l’air mais elle n’en était pas sûre … Peut-être était simplement dû à son nouveau rythme de vie. Peut-être n’arrivait-elle simplement pas à s’habituer à la cuisine locale. Peut-être était dû au manque de Soleil. Peut-être tout ça à la fois … Mais sûrement qu’elle irait bientôt mieux, il était inutile qu’elle aille voir la Guérisseuse du Mar dès maintenant, surtout que, pour l’instant, la jeune femme avait autre chose en tête.

Cette journée passée à tenter de nettoyer la grande place de l’Agora l’avait passablement épuisée mais, plus que de dormir, Alrüne ressentait le besoin d’aller prendre un bon bol d’air frais et se préparait dans cette idée là. Une fois sa tenue ajustée, elle entreprit de démêler soigneusement ses longs cheveux blancs, encore humide, qu’elle tressa ensuite avant d’enfiler ses bottines. Elle hésita un instant à emporter sa petite harpe avec elle, qu’elle délaissa finalement pour sortir de sa chambre, verrouillant derrière elle, et s’engager d’un pas rapide dans les couloirs. Elle quitta les Tours Joyaux pour gagner l’un des endroits du Mar qu’elle aimait le plus depuis son arrivée : la mystérieuse Allée des Idoles.

La nuit était définitivement tombée sur le Kaerl Engloutit lorsqu’elle atteignit ladite allée et seules les lanternes, bordant le chemin de terre battue qu’empruntait désormais la Neishaane, lui permettait de savoir où elle posait les pieds. Ces lieux, plongés dans une semi-obscurité, avait quelque chose d’inquiétant … Ca et là, elle entendait des branches craquer, le feuillage d’un buisson bruisser. Elle percevait parfois des brides de conversations murmurées, bien à l’abri des regards indiscrets. Elle avait vaguement entendu quelques unes des rumeurs qui circulaient sur cet endroit, comme quoi il serait le théâtre de trafics en tout genre plus ou moins légaux, mais ça ne l’intéressait pas vraiment. Elle ne recherchait qu’un peu de calme et d’isolement et, en ce sens, l’Allée des Idoles était idéale pour ça.
La jeune femme bifurqua soudainement après une vielle statue de pierre grise, usée par le temps et en partit recouverte d’une mousse verdâtre et humide, et s’enfonça à travers la végétation dense. Elle avança prudemment, n’ayant pas pensé à emporter sa propre lanterne et ne connaissant pas encore le chemin avec exactitude, pour finalement se retrouver dans une petite clairière déjà familière. Au centre de celle-ci, un majestueux chêne étendait ses ramures, recouvrant de son ombre presque la totalité de la zone, faisant ainsi de ce lieu un vrai cocon de verdure.
Alrüne retira ses bottines et enfonça avec plaisir ses petits pieds dans l’herbe, si douce et si fraîche. Elle ne put retenir un petit soupir d’aise au contact, savourant l’espace d’un instant cette délicate sensation, puis reprit doucement sa marche pour atteindre le maître des lieux. Elle posa sa main sur l’écorce sèche et rugueuse de ce dernier, comme si elle le saluait, puis prit place entre ses imposantes racines, déposant ses chaussures avec négligence non loin d‘elle. De là, son regard alla se perdre dans la contemplation du ciel, ou plutôt de l’océan, qu’elle pouvait deviner entre les branches épaisses de l’arbre. Le silence était complet, une légère brise agitait doucement la végétation environnante …

Tout était calme, paisible. Bien loin de l’inquiétude de la ville, la Neishaane ferma les yeux pour se laisser bercer par la sérénité ambiante.




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MessagePosté le: Ven 17 Jan 2014 - 01:33 Revenir en haut

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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 - 12:50 Répondre en citantRevenir en haut



L’Allée des Idoles avait quelque chose d’inquiétant la nuit. Les ombres mouvantes de la mer et les reflets blafards des rayons lunaires donnaient un autre visage à ce lieu pourtant très agréable en journée. Les statues semblaient vous suivre du regard. Les colonnades devenaient gigantesques. Les fontaines bruissaient dans l’obscurité telle des serpents d’eau. Il n’y avait pas un souffle de vent. Normal, quand on se trouvait à plusieurs mètres sous la mer. Même au Màr Tàralöm, il n’y avait pas d’endroit semblable, où tout paraissait hors du temps. Le ciel ouvert du Kaerl-des-Volcans recevait des vapeurs chargées de souffre en été et des bourrasques de vent terribles en automne. Ici, tout était différent. J’aurais pu facilement claustrophobe dans un tel environnement, à imaginer des tonnes d’eau salée au-dessus de ma tête jour et nuit. Il n’en fut rien, même si je n’étais pas très rassuré au début. Vivre à demi caché sous les eaux avait quelque chose de reposant et de… Bienveillant. Et puis, le Kaerl était solide et sa Gardienne toujours fidèle à son poste.

De petites bestioles rôdaient aussi dans l’Allée des Idoles. Dragon-fées, lézards de feu, rongeurs et insectes en tous genres, et d’autres aux formes et couleurs inédites. La nuit n’était jamais silencieuse. Sans compter les lumières dansantes de quelques poissons des abysses qui remontaient les courants. Mais ça restait un endroit relativement calme dès lors qu’on évitait les heures d’affluence. Et surtout si on savait trouver les recoins où personne n’allait.

Une petite lanterne à la main et mes bottes sous le bras, je me faufilai vers mon recoin préféré. Il faisait frais la nuit ici. J’emportais dans un sac à dos une couverture venant de ma chambre aux Tours Joyaux ainsi qu’un oreiller. Depuis l’attaque du Màr Luimë orchestrée par le Maître des Ombres, je préférais de loin le confort naturel de l’Allée des Idoles à celui étouffant de ma chambre. J’avais besoin d’espace, comme lorsque je dormais à la belle étoile en été, enroulé dans une couverture de laine, près des fermes de Jadlavian. Et depuis les derniers événements survenus à l’Infirmerie… Bref, j’avais besoin de m’isoler.

Retranché derrière un grand bosquet à demi caché par la statue d’une femme en prière, j’installai mon bivouac et me préparai à entrer dans un sommeil profond. Machinalement, je tâtai ma gorge. C’était devenu un geste réflexe. Des marques rouges enserraient encore mon cou, là où les doigts de ce maudit Ondin possédé voulurent m’étrangler. Je ne ressentais plus de douleur grâce aux onguents de la Maîtresse-Guérisseuse. Mais ma gorge malmenée me faisait payer les mauvais traitements par un minuscule filet de voix. J’en étais presque aphone. Quant à mon bras… Je relevai légèrement ma manche gauche. La Marque Noire remontait maintenant jusqu’à mon coude. Les lignes obscures s’entrelaçaient étroitement sur ma main pour s’étirer toujours plus loin sur mon corps. La sensation de vive brûlure, ressentie le jour de l’attaque, s’était rapidement estompée, au profit d’une peur sourde. La Marque Noire gagnait chaque jour du terrain. Et si le Maître des Ombres tenait sa promesse, elle allait finir par me tuer.

Des branches craquèrent. Je redressai la tête, tous les sens aux aguets. Quelque chose remuait non loin. Ce n’était pas une bête sauvage, encore heureux. J’ouvris un peu plus mon esprit, l’espérance chevillée au cœur.

° Elérion ? °

Seul le silence me répondit. Mon Bronze ne se trouvait pas dans les environs. Lui savait encore mieux s’isoler que moi. Il y avait pourtant quelqu’un non loin. Je masquai aussitôt la lumière de ma lanterne et hélai doucement :

- Il y a quelqu’un ?



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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Ven 31 Jan 2014 - 20:29 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsque Alrüne ouvrit les yeux, elle ne sut pas vraiment combien de temps avait pu s'écouler depuis que ses paupières s'étaient closes mais elle avait néanmoins une certitude : Quelque chose chatouillait son pied nu.
Lorsqu'elle se redressa suffisamment pour voir de quoi il en retournait, elle aperçut une petite luciole, simplement posée sur le bout de son orteil, les ailes frémissantes et l'abdomen brillant d'une douce lueur bleutée. La Neishaane l'observa un instant avant que l'insecte ne s'envole pour rejoindre ses congénères qui dansaient doucement entre les branches du chêne, conférant à ces lieux un aspect féerique, enchanteur. Elle resta un long moment à profiter de ce magnifique ballet nocturne, mesurant la chance qu’elle avait de se trouver ici à cet instant précis.
Puis elle finit par se redresser doucement, époussetant et lissant ses vêtements, avant de lever la tête vers le regroupement de petits insectes juste au dessus d'elle. Son regard s'était assombrit, voilé par la tristesse. Les siens lui manquaient terriblement et l'incertitude de les revoir était comme un poison gagnant en virulence chaque jour passant ... La jeune femme se sentait particulièrement impuissante et cette impression lancinante de ne pas avancer n'arrangeait rien. Mais elle ne pouvait rien faire de plus, de toute façon, que de prendre son mal en patience en donnant le maximum d'elle-même lors de ses entraînements ... C'était le seul chemin qu'elle pouvait emprunter afin d'acquérir cette force qui lui était nécessaire. Cette force dont elle avait tant besoin.
Elle tendit doucement sa main vers les lucioles, sans trop savoir pourquoi. Peut-être espérait-elle une réponse de leur part ? Peut-être attendait-elle qu’elles emportent ses espoirs auprès de ceux qu'elle aimait, s'ils étaient encore vivant ?

S'ils étaient encore vivant ...

Alrüne laissa mollement retomber sa main le long de son corps à cette pensée. Il ne pouvait pas en être autrement ... Non, ils étaient vivants. Quelque part, bien vivants. Ils l'attendaient, elle en était sûre. Cette simple phrase l'aidait à avancer, cette seule certitude était tout ce qu'il lui restait d’eux. Elle ne pouvait pas douter, elle se l'interdisait. Mais l'incertitude, toujours, profitait de ses moindres instants de faiblesses pour lui rappeler que rien n'était gagné ...

D'un geste presque las, réprimant un soupir, elle récupéra ses bottines qu'elle enfila adroitement. Puis, effleurant du bout de ses longs doigts le tronc du vieux chêne dans un " au revoir " muet, elle s'éloigna doucement, plus abattue et fatiguée qu'à son arrivée.
Alors qu'elle se demandait vaguement si toute cette angoisse accumulée n'était pas à l'origine de cet étrange mal qui la rongeait, avançant d'un pas lourd et lent sur le petit sentier sinueux, une voix parvint à ses oreilles.

- Il y a quelqu'un ?

La Neishaane se stoppa net en entendant ces mots. Les muscles tendus et les sens en alerte, elle guetta le moindre son, le moindre mouvement qui indiquerait la présence de quelqu'un plus ou moins proche d'elle. Mais la personne qui venait de l'interpeller, sûrement un homme au vu de son timbre de voix, était particulièrement discrète.
Redoublant de méfiance, malgré qu’elle n'ait pas l'envie de rester trop longtemps dans les environs, elle se hasarda à fouiller un peu les alentours. La voix qu'elle venait d'entendre lui semblait faible, ténue … Peut-être que quelqu'un, quelque part dans ce fouillis végétal, était au plus mal et avait besoin d'assistance. Elle ne pouvait l'ignorer et continuer sa route comme si de rien n'était ... Elle devait le trouver, ne serait-ce que pour s'assurer que tout allait bien et rassurer sa conscience.
Écartant les branchages de deux épais buissons, elle finit par tomber sur un modeste petit campement, visiblement improvisé, et son occupant, un jeune homme aux cheveux argentés et aux prunelles d'un rouge sombre qu'elle n'avait pas le souvenir d'avoir déjà croisé au Kaerl. Sous le coup de la surprise, elle resta quelques instants immobile, son regard figé sur l'inconnu assis à même le sol. Elle remarqua ainsi comme des marques sombres au niveau du cou de ce dernier, sans réussir à déterminer si elles étaient anciennes ou non, ni même s'il s'agissait vraiment d'une blessure.
Par précaution, et parce qu'elle aimait faire les choses comme il le fallait, elle posa enfin la question qui l'accaparait depuis quelques minutes maintenant.

- Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-elle simplement de sa voix douce.

Malgré tout, Alrüne restait prudente. Tous ces muscles étaient bandés, prêts à la propulser à travers les bois pour s'échapper si jamais celui qu'elle pensait et tentait d'aider s'avérait lui vouloir du mal.






Dernière édition par Alrüne Larilane le Jeu 13 Fév 2014 - 15:09; édité 1 fois
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Jeu 13 Fév 2014 - 11:36 Répondre en citantRevenir en haut

Je me raidis à l’approche de l’intrus. Quelqu’un écarta les buissons, laissant apparaître, sous la clarté mouvante des flots, le visage d’une Neishaane. Le faible éclairage du dôme lui donnait un air maladif. Mais je suppose que ce devait être la même chose pour moi. Cette lumière ne flattait pas la pâle carnation de notre race. En sentant son regard glisser sur mes blessures, je remontai le col de ma chemise d’un geste machinal. Ma gorge malmenée n’avait pas besoin de spectateurs. Et cette fille n’avait pas à se mêler de mes affaires. Sa question me laissa sans voix. Je la dévisageais un instant, les yeux ronds, ne sachant pas quoi répondre.

Je me raclai la gorge :

- J’ai connu mieux, fis-je d’une horrible voix grinçante.

Maudit Aylech ! Il serrait fort, ce bougre ! J’aurais pu finir complètement aphone pour un long moment, ou même pire, j’aurais pu être mort, s’il avait pu serrer encore plus fort. La malchance semblait me poursuivre où que j’aille. Et voilà qu’on venait me déranger en pleine nuit dans mon coin ! Ne peut-on jamais être tranquille ici ?

- Je te retourne la question, répliquai-je en plissant les yeux dans la semi-obscurité. Tu n’as pas l’air en forme, toi non plus.

Elérion me manquait. Sa masse de chaleur brute, le confort octroyé par le lien empathique, son calme légendaire en toutes circonstances… Je soupirai. Le Bronze avait complètement perdu la tête depuis qu’il avait senti la Marque Noire sur ma peau. La colère, la peur, la haine : un cocktail explosif pour un dragon Englouti né d’une Incarnate.



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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 25 Fév 2014 - 19:39 Répondre en citantRevenir en haut

Le jeune homme que Alrüne venait de débusquer semblait être aussi surpris de la voir qu’elle l’était de le trouver là, à en juger par ses yeux arrondis et ce petit temps de latence si caractéristique des gens que l’on prend de court.
Reprenant une certaine contenance, il remonta bien vite le col de son vêtement sur son cou meurtri, de sorte que la Neishaane ne put plus rien voir.

- J’ai connu mieux, finit-il par lui répondre avec cette même voix faiblarde qu’elle avait entendu quelques minutes auparavant.

Un certain soulagement s’empara alors de la demoiselle, bien qu’elle n’ai pas été plus inquiète que ça à l’origine, et elle acquiesça d’un petit signe de tête.
Sa conscience apaisée, autant le croire puisqu’il disait aller bien, elle s’apprêtait à prendre congé quand il l’interrogea à son tour.

- Je te retourne la question. Tu n’as pas l’air en forme, toi non plus.

Alrüne fronça légèrement les sourcils, esquissant un léger mouvement de recul. Alors ça se voyait tant que ça ? Au point qu’un parfait inconnu le remarque ? Certes, ses yeux étaient cernés de bleu et son teint plus blafard qu’à l’habitude mais la plupart des gens ne le remarquait pas tant le changement pouvait être subtil. Mais son interlocuteur était aussi un Neishaan, il devait donc être plus sensible aux variations de teintes que peut entraîner une quelconque maladie chez les gens de sa race.
Décontenancée l’espace d’un instant sa question, la jeune femme se reprit et, sans quitter son interlocuteur du regard, répondit simplement :

- Je vais bien.

Bien que sa voix n’ai pas été pas particulièrement agressive ou dure, elle marquait clairement son intention de ne pas vouloir en dire plus. Quelque soit le mal qui la ronge, elle ne souhaitait pas que cela s’ébruite. Elle avait eu vent d’une prochaine expédition visant à trouver un moyen de détruire celui qui menaçait Tol Orëa et elle tenait à en faire partit. Pas par loyauté envers ce Kaerl, non. Simplement par désir personnel d’engranger du savoir qui pourrait lui servir dans sa quête de force. Mais elle redoutait d’en être écartée si on apprenait qu’elle était malade.
Mais alors qu’elle s’apprêtait, pour de bon cette fois, à s’en aller puisque tout allait bien, un malaise, aussi soudain que violent, la prit et elle vacilla, perdant l’équilibre. Elle ne dut son salut qu’au tronc d’un arbre non loin d’elle auquel elle se retint de justesse, évitant ainsi de s’étaler de tout son long sur ce pauvre jeune homme qui n’avait rien demandé.
Alrüne se sentait mal comme elle l’avait rarement été. Sa vision était troublée, voilée. Elle avait la tête qui tourne, accentuant cette impression de mal-être et ranimant ses nausées. Le cœur au bord des lèvres, elle plaqua une main tremblante sur sa bouche puis inspira et expira profondément, dans l’espoir de calmer son corps qui, décidément, n’en faisait qu’à sa tête.




Galaad Lucis
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MessagePosté le: Sam 8 Mar 2014 - 14:34 Répondre en citantRevenir en haut

Je me figeai dans l’air frais du soir, incapable de bouger. Et n’en ayant pas réellement l’envie non plus. J’observai la scène comme à l’extérieur de mon corps. Tout ceci ne me concernait pas. J’avais déjà donné pour le Kaerl et ses habitants dernièrement. J’avais versé mon sang, faillis perdre la vie et même mon Lié ! Qu’ils se débrouillent, tous, maintenant, avec leur maudit Maître des Ombres et les objets qu’il recherche. Au risque de paraître égoïste, je ne voulais plus m’en mêler. J’attendais la mort presque avec soulagement. Pour une fois dans ma vie, j’avais un but, une échéance à laquelle me tenir. Et la fuite en avant, ça me connaissait. Toutefois, les mots de mon Isabeau résonnèrent dans ma tête par-delà les mers et la mort.

Avoir une famille, c’est prendre soin d’elle. Partager ses peines et ses joies. Tu ne peux pas l’abandonner quand ça te chante, sous prétexte que tout va mal. Auquel cas, c’est que tu ne la considère pas comme ta vraie famille.

Isabeau était morte en voulant protéger sa famille. C’est ce qu’elle faisait toujours. La perdre deux fois m’avait à la fois détruit et ouvert les yeux. Aujourd’hui, le Màr Luimë était devenu mon nouveau foyer. Et ses habitants ma famille. Je ne pouvais pas repousser cette Neishaane malade sous prétexte que ça ne me concernait pas ! Elle était ma sœur au même titre qu’Amaélis. Et si tout Rhaëg partait en fumée, ça m’était égal. Mais pas ma famille. Le Màr Luimë était le seul endroit au monde où je me sente en sécurité… Enfin, jusqu’aux récents événements.

- Calme-toi, ça va aller !

Je me relevai pour prendre par les épaules la jeune femme. Elle semblait réellement indisposée. Avait-elle participée à la bataille sur l’Agora et dans les rues du Kaerl ? Avait-elle vu les crabes géants ? Je me demandais ce qui était le pire : finir noyé sous des tonnes d’eau ou dévoré vivant par un crustacé ? En tous les cas, ça ne pouvait pas être pire qu’être pris d’assaut par des morts-qui-marchent en pleine nuit dans les bois…

- Attend, je vais t’aider à t’asseoir.

Au fond, je savais que je ne faisais pas ça pour elle. Il était infiniment plus rassurant d’avoir quelqu’un de vivant à qui parler. La réclusion volontaire de Dame Al’Ysiria m’obligeait à mettre mon devoir en tant que garde du corps de côté. Parfois, les leçons d’escrime avortées par Maître Garaldhorf me manquaient. J’aurais pu ainsi mieux me défendre contre le psychopathe Ondin et les morts-qui-marchent. Mais dans un tout petit recoin de mon cœur, je ne pouvais pas nier que je faisais tout cela pour ne plus être seul. Finir abandonné et oublié me terrifiait. Il me fallait quelqu’un à protéger. Cette fille ferait l’affaire pour ce soir. Au moins, je me sentais utile à nouveau.

Je l’obligeai doucement mais fermement à s’asseoir dans l’herbe au pied de l’arbre. Je pris dans mon sac une gourde d’eau fraiche et la lui tendis, espérant que sa nausée passe mieux. Elle, c’était une vraie Neishaane. Elle ne paraissait pas dotée de cette violence rentrée qui me caractérisait. Violence refoulée que cultivait Elérion ces temps-ci. Lui qui, né pourtant sur des sables volcaniques aussi noirs que le cœur d’une Incarnate, prônait depuis toujours la paix et la diplomatie. C’était le monde à l’envers.

- C’est la vue des cadavres sur l’Agora qui te rend malade ? Ils seront bientôt tous évacués, tu sais. Je reconnais que l’odeur du crabe grillé laisse à désirer mais… On s’y fait.

J’avais vécu la majeure partie de ma vie au bord de la mer. Je n’étais pas si dépaysé que cela.





Dernière édition par Galaad Lucis le Jeu 8 Mai 2014 - 12:29; édité 1 fois
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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mer 26 Mar 2014 - 11:31 Répondre en citantRevenir en haut

Durant quelques longues et lentes secondes, Alrüne eu l'étrange sensation d’être complètement coupée du monde, comme enfermée dans une bulle hermétique. Sa vision était floue, rétrécie. Un bourdonnement grave raisonnait dans ses oreilles, couvrant le moindre son. Toute contre le tronc de l’arbre, sa peau blafarde brillant d'une légère sueur, elle sentit ses jambes commencer à se dérober sous son poids et sut qu'elle ne pourrait pas se raccrocher à quoi que ce soit ...

Ce fut à ce moment là que deux mains vinrent se saisir de ses frêles épaules, la sortant brusquement de cet espèce d'état second dans lequel elle se trouvait. La Neishaane sursauta sous la surprise de ce contact étranger, esquissa un mouvement pour se dégager de cette emprise mais se retint de justesse en croisant le regard rougeoyant du jeune homme qu'elle venait de rencontrer.
Bien qu'elle détestait ce genre de contact forcé, elle savait qu'elle n'avait pas vraiment le choix dans le cas présent. C'était ça ou prendre le risque de s'écrouler, avec tout ce que cela pouvait entraîner comme désagrément. Et puis, elle avait le sentiment qu'il voulait simplement lui venir en aide ... Alors elle se laissa faire et s'assit un peu lourdement au pied de l'arbre, malgré son assistance.

Elle se sentit partir l'espace d'un court instant mais, sa nouvelle position aidant, son malaise s'apaisa progressivement. Elle se saisit volontiers, bien que la main encore un peu tremblante, de la gourde que lui tendait le Neishaan et la porta à ses lèvres, avalant une longue gorgée d'eau qui acheva de lui rendre les idées claires. D'apparence toujours aussi maladive, elle se sentait malgré tout mieux qu'il y a quelques instants.
Aussi loin qu'elle se souvienne, elle n'avait jamais fait un tel malaise au cours de sa vie. Bien sûr, elle avait été malade à plusieurs reprises mais jamais à ce point, elle était même plutôt résistante aux agressions extérieures habituellement. Quel que soit le mal qui la rongeait et dont les symptômes s'accumulaient depuis plusieurs semaines maintenant, le voilà à présent qui manquait de la faire s’évanouir ! Qu'est-ce que ça serait, la prochaine fois ?
Pourtant ... Pourtant, tout cela lui semblait vaguement familier. Elle avait la sensation d'avoir déjà vécu ça ... Non, plutôt quelqu'un qu'elle avait connu. Ce n'était pas une simple maladie, c'était bien plus important que cela. Et elle craignait de savoir ... Un comble pour une personne dont la race était connue pour sa curiosité et sa soif de connaissance.

- C'est la vue des cadavres sur l'Agora qui te rend malade ? Ils seront bientôt tous évacués, tu sais. Je reconnais que l'odeur du crabe grillé laisse à désirer mais... On s'y fait.

La voix toujours aussi éraillée du jeune homme qui l'avait aidé tira Alrüne de son angoisse. Refermant doucement la gourde d'eau qu'elle lui rendit, non sans murmurer un remerciement, elle reporta son regard et son attention sur son interlocuteur. Elle hésita un instant en jaugeant l‘inconnu, n'avait pas particulièrement envie que l'on en sache trop sur son état ... Mais se lança finalement.

- Ce ... C'est plus ancien que ça, répondit-elle d'une voix incertaine en glissant une main sur son ventre, un geste devenu régulier en situation de stress. Mais je n'en connais pas la cause ...

A cet instant précis, elle réalisa quelque chose qui la laissa pantoise : Discuter, même un tout petit peu, avec ce Neishaan dont elle ne connaissait pas le nom n'était pas aussi désagréable qu'elle aurait pu le penser. Même si elle avait d'abord répondu à sa question par politesse, parler et se savoir écouter la réchauffait agréablement.
Les quelques rares conversations qu'elle avait pu avoir depuis son arrivée entre ces murs avaient été avec la Dame Dinjelaï et son Lié Anareinth mais, depuis l’attaque, ils étaient tous deux très occupés et la jeune femme, qui n'avait jamais été très douée pour tisser des liens, se retrouvait bien seule, presque livrée à elle-même.
Malgré son caractère farouche, elle avait toujours été très entourée. Même dans les rares moments où elle se retrouvait seule, elle ne le restait pas longtemps car Kelild se tenait rarement très loin de son amie. Elle expérimentait donc la solitude, la vraie, pour la première fois, se rendant compte à quel point cela pouvait vite devenir pesant pour le cœur et l'esprit. Le contact humain lui manquait, elle se l'avouait difficilement ... Mais plus que de la présence d'un autre, c'était surtout de celle de sa famille dont elle avait besoin.
En attendant de la retrouver, elle ferait de son mieux pour palier le trou béant que leur absence laissait dans sa poitrine.

- Et vous, que vous est-il arrivé ...? Demanda-t-elle presque timidement, tout en fixant avec insistance le cou marqué d'hématomes du jeune homme, bien qu'il l'ait dissimulé derrière le col de sa chemise.

Alrüne n'était pas très douée pour la conversation. Elle trouvait presque cette exercice plus difficile que celui de chanter sur scène devant un public, comme elle le faisait il n'y a pas si longtemps.
Mais elle faisait de son mieux. Et même si elle espérait ne pas indisposer son interlocuteur, elle souhaitait par-dessus tout profiter encore un peu de cette présence avant de retourner à la solitude froide de sa chambre.


[HRP] Désolée du retard ! ^^"" [/HRP]




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MessagePosté le: Ven 25 Avr 2014 - 18:06 Répondre en citantRevenir en haut

Cette fille devait être une Aspirante. Je ne pouvais pas le savoir d’un simple coup d’œil, j’en avais seulement l’intuition. Sa dragonne l’aurait réconfortée, elle aurait semblée plus sûre d’elle ou plus… Inhumaine, avec quelque chose de draconique en elle. Cette Neishaane au teint maladif me paraissait aussi solide qu’un brin de ciboulette et guère plus mûre. Pauvre Aspirante, loin de sa famille, de ses parents, de ses amis, de son pays… Je pouvais la comprendre. Quitter tout ce que l’on a connu est une dure épreuve, même si nécessaire pour devenir un chevalier-dragon. J’avais accepté ce sacrifice contre ma volonté à l’époque. Mais aujourd’hui, malgré les toutes souffrances, je ne regrettai rien. Il fallait espérer que cette fille refasse sa vie sans trop de difficultés…

- Tu devrais aller voir un guérisseur, dis-je en fronçant le nez, un peu méfiant. Et le plus tôt serait le mieux… J’espère que t’es pas contagieuse !

Maîtresse Shamar saurait quoi faire. Elle savait toujours quoi faire. Elle pouvait soigner un rhume comme une patte cassée, il y avait de quoi être fier de son savoir au Màr Luimë ! Je repris ma gourde, vérifiai si elle avait été bien fermée et la rangeai dans mon sac de voyage. Je n’aimais pas égarer mes affaires. Une vieille histoire de peigne oublié dans la Galerie des Miroirs m’avait particulièrement fait réfléchir là-dessus… L’Aspirante qui me faisait face avait vraiment l’air mal en point. Quelque chose la rongeait de l’intérieur, minant sa santé et surtout son moral. C’était pire que tout chez les Neishaans : la mélancolie, la peur ou une dépression nerveuse pouvait tuer des gens de notre race. Au village, quand j’étais encore un gamin, une femme était décédée comme ça. Morte de chagrin. Cela faisait froid dans le dos.

- Et vous, que vous est-il arrivé ...?

Argh. Les images défilèrent à nouveau sous mes yeux. Violence et terreur ressortent surtout de ces images maintenant. Alors qu’au contraire, sur l’instant, l’adrénaline parlait pour moi, annihilant toutes mes réticences et me jetant les poings serrés contre l’Ondin fou. L’envoyé du Maître des Ombres se trouvait plongé dans le coma à l’heure qu’il est. Au fond, j’avais de la sympathie pour lui. Manipulé, torturé et abandonné, cet ancien Aspirant Englouti avait dû souffrir le martyr et maintenant, il payait pour son maître les erreurs de stratégies de ce dernier. Je chassai ces images dérangeantes de mon esprit et tentait de formuler une réponse en fronçant les sourcils.

- Je n’étais pas présent à la Bataille de l’Agora. A ce moment-là, je me trouvais à l’infirmerie avec quelques autres. Parce que je porte la Marque Noire…

Sans regarder la fille, le visage baissé, je relevai légèrement la manche gauche de ma veste, dévoilant mes doigts noircis par le maléfique stigmate. Je le baissai aussitôt fait et continuai d’une voix monocorde :

- Le Maître des Ombres a profité de l’attaque des crabes et de l’affaiblissement du dôme pour prendre en otage la Gardienne dans l’infirmerie. Il a envoyé un de ses pions là-bas. On a réussis de justesse à empêcher ce fou de tuer la Gardienne… Ces marques, sur mon cou, c’est parce qu’il m’a étranglé.

Je relevai un regard farouche sur la jeune fille, m’attendant presque à lire de la pitié dans ses yeux.

- On a tous nos blessures de guerres et nos petits secrets.



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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Jeu 29 Mai 2014 - 18:59 Répondre en citantRevenir en haut

Alrüne écouta le jeune homme lui raconter l’histoire de ces marques sur son cou, de sa voix faiblarde et enrouée. Cela semblait lui être pénible et la Neishaane craignit, l’espace d’un instant, d’avoir été indiscrète, intrusive. Pourtant, il continua son récit.

Lorsqu’il dévoila sa Marque Noire, elle ne pût s’empêcher d’avoir un mouvement de recul. Le sombre maléfice s’enroulait sur sa main, sinueux tel un dangereux serpent. Ce motif ne lui était pas totalement étranger et pour cause, il était l’un des principaux sujets de conversations de la cité. Les gens en parlaient dans la rue, quelques soldats également. Et à chaque fois que le fameux stigmate était évoqué, tous avaient cette lueur inquiète dans le regard. La peur qu’inspirait, à juste titre, le Maître des Ombres régnait dans les rues du Kaerl et s’incarnait en ces motifs obscurs et tortueux.
Le Neishaan rabattit bien vite sa manche sur sa main marquée, la dissimulant aux yeux de l’Aspirante. Il continua son histoire, ignorant tout du malaise qui s’était emparé d’Alrüne.

Ainsi, il s’était interposé physiquement pour protéger la Gardienne du serviteur de l’Ombremage. Il avait, comme en témoignaient les hématomes noircissant son cou, faillit en payer le prix de sa vie. Pour autant, il ne paraissait pas fier de son geste qui avait, de son point de vue, tout d’un acte héroïque parfaitement désintéressé. Il pouvait l’être, pourtant …
Le jeune homme releva la tête et croisa son regard. Un éclat presque sauvage allumait ses prunelles rougeoyantes et elle eut l‘impression, pendant quelques secondes, qu’il cherchait quelque chose dans celles océans de la Neishaane. Non, elle n’avait aucune pitié pour ce garçon. Son acte, quoi qu’il en pensait, méritait d’être admiré. Elle n’aurait jamais pu accomplir une telle prouesse …

- On a tous nos blessures de guerres et nos petits secrets.

C’était vrai, elle le savait très bien. Elle-même en avait, autant de l’un que de l’autre, mais aucun des deux n’étaient concrètement visibles à l’œil nu. D’autant qu’elle faisait de son mieux pour les dissimuler, elle ne voulait pas que l’on sache. Elle non plus ne voulait pas de la pitié des gens.

- C’est vrai … Mais ça ne les empêche pas, pour certains, d’être louable, répondit-elle en pesant ses mots.

Sa réserve l’empêchait de s’exprimer plus ouvertement, plus explicitement mais elle avait de l’admiration pour ce qu’il avait fait, elle qui était parfaitement incapable d’agir avec autant de courage. Elle avait l’impression de n’être qu’une lâche, de n’être qu’une de ces donzelles tout juste bonne à se faire secourir par le preux chevalier, comme dans les histoires qu’elle lisait plus jeune. D’un autre côté, jusqu’aux récents évènements qui l’avaient poussé à rejoindre le Mar Luïmé, elle n’avait pas ressentit le besoin d’être forte. Toute sa vie durant, elle avait vécu dans une bulle, entourée de sa famille, de ses amis, de gens auxquels elle vouait un amour sans bornes, loin des conflits et des problèmes du monde.
Et puis la bulle avait violemment éclatée, la projetant dans un univers hostile et froid, la ramenant à la réalité. Sans personne, sans arme d’une quelconque nature, complètement perdue.
De là aussi provenait sa quête de force. Plus jamais elle ne voulait se sentir aussi impuissante, aussi démunie face aux évènements. Elle ne voulait plus être seulement spectatrice, elle voulait pouvoir agir, Elle ne voulait plus être cette personne lâche qu’elle avait l’impression d‘être, elle voulait devenir courageuse. Au moins autant que pouvait l’être le Neishaan en face d’elle, lui qui avait sauvé tant de vies en protégeant la Gardienne.

En se rendant compte qu’elle le dévisageait fixement depuis quelques instants déjà, toute perdue dans ses pensées qu’elle était, Alrüne détourna le regard avec une moue gênée. Vraiment, ce n’était pas son fort de tenir une conversation.

- Je devrais rentrer, je ne vous ai que trop importuné.

S’appuyant contre le tronc de l’arbre au pied duquel elle avait échoué, elle entreprit de se redresser lentement. Son corps était lourd, ses membres encore engourdis et ses jambes un peu flageolantes, réminiscences de son précédent malaise ... L’angoisse d’en faire un nouveau était bien présente dans l’esprit de la jeune femme et, à l’instant présent, il en était hors de question. Elle avait suffisamment fait étalage de sa faiblesse devant cet inconnu pour, au minimum, les dix prochaines années à venir. Ce fût donc avec prudence, en prenant son temps, qu’elle se remit sur ses pieds. Elle espérait arriver à regagner les Tours Joyaux sans s’effondrer en chemin …

Alors qu’elle s’apprêtait à partir, elle se tourna vers le Neishaan et lui tendit timidement la main, pas vraiment à l’aise néanmoins.

- Merci pour votre aide, tout à l’heure … Je m’appelle Alrüne.




Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mer 25 Juin 2014 - 23:19 Répondre en citantRevenir en haut

J’étais Neishaan. En tant que tel, mon essence même était celle d’un être calme, pacifique et patient. Et ce malgré toute la violence, la colère et l’arrogance refoulées en moi depuis tant d’années. Un Neishaan peut rester assis une heure sans bouger, à écouter les sons produits par la nature, à contempler quelqu’un dans les yeux, sans un geste ni une parole. Un Neishaan n’a pas besoin de beaucoup d’éloquence pour comprendre l’un de ses semblables. La musique de sa voix trahissait toute émotion. Et j’étais encore Neishaan pour ne pas me sentir mal à l’aise sous le poids du regard fixe de l’Aspirante. Regard qui s’éternisa dix bonnes minutes, avant qu’elle ne se reprenne et ne veuille aussitôt s’éloigner de moi. Tant mieux ! J’allais enfin pouvoir dormir tranquille !

- Merci.

Un bref, laconique et peu gratifiant merci, à l’égard de la louange qu’elle venait plus ou moins de m’attribuer. Oui, j’avais été courageux mais aussi incroyablement stupide. Si j’avais eu le temps d’y réfléchir, et si c’était à refaire maintenant, j’étais pratiquement sûr et certain de prendre la fuite en courant et devoir changer de pantalon très vite. Ça, en revanche, elle n’était pas obligée de le savoir ; Qu’elle me prenne donc pour un héros ! Cela ne pouvait pas faire de mal à ma réputation… Inexistante.

- Enchanté. Vous n’avez, vraiment, pas l’air très bien… Vous êtes sûre que vous réussirez à regagner les Tours Joyaux ? Ou quel que soit l’endroit où vous dormez habituellement ?

Qu’est-ce qui me prenait ? D’où me venait cette sollicitude à l’égard d’une inconnue maladive ? Il fallait reconnaître qu’elle était mal en point. La dénommée Alrüne semblait encore sur le point de s’effondrer, ou de faire un malaise. C’était palpable et un peu effrayant. Je ne pouvais pas être certain d’être assez fort pour la transporter jusqu’à l’infirmerie si jamais elle s’évanouissait. Ce serait pire encore si cela se produisait pendant son trajet. Que venait-elle faire du côté de l’Allée aux Idoles, d’ailleurs ? Il faisait nuit ! Et là, à cet endroit précis, c’était MON coin, à moi.

Je soupirai, rendant les armes. A quoi bon lutter ?

- Tu peux rester dormir ici, si tu veux. Mais seulement pour cette fois ! J’ai amené ma couverture, on peut la partager. Evite de prendre trop de place, c’est tout. J’espère aussi que tu ronfles pas !

Je commençai à déballer mon sac pour en extirper la fameuse couverture molletonnée. L’herbe tendre ferait un parfait matelas. Personnellement, j’avais l’habitude de dormir à même le sol. L’inverse, pour un garçon de ferme, aurait été étonnant. Même si cette époque semblait bien lointaine. Je poussai la lanterne pour faire plus de place. Mon sac me servirait ensuite d’oreiller. Je jetai à nouveau un regard sur Alrüne. La faible lumière de ma lampe, alliée à l’immensité bleutée du dôme, renforçait l’impression de fragilité qui émanait d’elle. Neishanne elle aussi, elle ne ressemblait pourtant pas à ma chère Amaélis. Non, Amaélis possédait aussi cette fragilité mais elle n’était ni de verre ni de cristal : elle était taillée dans la glace, dure et belle, frêle et forte tout à la fois. Penser à ma sœur de cœur me fit mal. Elle et sa Liée avaient disparues depuis longtemps. Et je commençai à perdre espoir de les retrouver un jour. Je ravalai mes souvenirs pour lâcher brusquement :

- Galaad. C’est mon nom.



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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2014 - 18:45 Répondre en citantRevenir en haut

Mis à part la vieille Salidia, Alrüne n'avait rencontré que peu d'autres représentants de sa race au cours de ses longues années passées sur les routes, au sein du Cirque. Les quelques Neishaans avec qui elle avait eu l'occasion de parler un peu étaient, pour la plupart, des gens calmes et tranquilles, d'un tempérament réservé et timide, lui avait-il semblé.
Ce jeune homme avait tout d'un Neishaan, physiquement parlant, mais quelque chose dans sa façon d'être laissait la jeune femme perplexe, la rendait mal à l'aise et ce malgré toute l'attention dont il faisait preuve à son égard depuis qu'elle était parvenue jusqu'à lui. Il lui laissait une drôle d'impression, un sentiment qu'elle n'arrivait pas à nommer pour l'instant ...

Toujours adossée à son arbre, un peu plus stable sur ses jambes qu'il y a quelques minutes, elle reporta son attention sur lui, délaissant un instant ses propres questions et entreprenant de répondre à celles qu'il venait tout juste de lui poser.

- Je dors aux Tours Joyaux, déclara-t-elle tranquillement, son regard océan tourné vers le bâtiment en question. Ce n'est pas très loin, je pense que je devrais pouvoir les atteindre sans soucis ...

Pour un certain nombre de personnes, l'Allée des Idoles ne se trouvait pas vraiment à côté des Tours Joyaux mais, aux yeux de l'Aspirante, la distance à parcourir était bien loin d'être effrayante, décourageante ou quoi que ce soit de ce genre. Après tout, elle avait passé son enfance à traverser le Rhaëg en long, en large et en travers. Marcher des heures et des heures n'étaient plus un problème depuis longtemps. Sur ce point, au moins, elle était particulièrement endurante ...
Même si sa faiblesse actuelle la faisait douter de ses capacités, elle se devait de tenter le coup. Ce n'était pas comme si elle avait trente-six mille solutions, non plus ...

Tout du moins, c'était ce qu'elle pensait avant d'entendre la proposition du Neishaan. Proposition qui l'a pris au dépourvu, ses traits se peignant en une brève expression de surprise innocente avant de reprendre leur neutralité calme.
Le sentiment qu'elle éprouvait un peu plus tôt à l'égard du jeune homme, qui sortait et dépliait déjà sa couverture en tâchant de lui faire une petite place, revint bien vite à la surface, un peu plus désagréable qu'auparavant, et elle pût enfin l'identifier : elle avait l'impression de ne pas être la bienvenue en ces lieux. Il y avait dans sa voix, dans ses gestes quelque chose de brusque, presque brutal, comme s'il agissait plus par dépit que par réelle sollicitude à son égard.
Alrüne ne pouvait pas réellement lui en vouloir, de toute façon. Après tout, c'était elle qui était venu le déranger, elle qui avait fait un détour en pensant avoir à faire à une personne en difficulté ... Au final, c'était elle qui avait fait un malaise et lui qui lui était venu en aide. Dire qu'elle ne voulait que passer un moment tranquille à l'abri d'un arbre, histoire d'apaiser son corps et son esprit en ces temps troublés ...

- Je préfère rentrer.

Son ton n'était pas vraiment froid mais il avait le mérite d'être suffisamment détaché, tout en restant poli et mélodieux, comme à son habitude.
La jeune femme ne voulait pas rester dormir avec Galaad, puisqu'il disait se nommer ainsi. Non seulement parce qu'elle avait toujours l'impression qu'il se forçait à agir ainsi avec elle, peut-être même par pitié au vu de son état, et que cela la rendait mal à l'aise, aussi bien vis-à-vis de lui que d'elle-même, mais aussi parce qu’il restait un inconnu à ses yeux. Sa confiance avait été trop récemment et trop largement brisée pour qu'elle puisse l'accorder à la va-vite à quelqu'un qu'elle venait tout juste de rencontrer, malgré la reconnaissance et la sympathie qu'elle pouvait éprouver à son égard.
Le malaise était passé, son armure de fortune reprenait lentement sa place. Elle ne pouvait pas faire confiance. Elle ne devait pas.

Alrüne se détacha doucement du tronc et fut soulagée de constater qu'elle tenait d'elle-même sur ses jambes, malgré la fatigue encore présente dans ses membres. Cependant, elle ne se sentait pas forcément mieux et la pâleur de son visage en ferait frémir plus d'un ... Maudite soit sa faiblesse.

- J'espère que notre prochaine rencontre se fera dans de meilleures circonstances ..., commença-t-elle avec une voix douce et sincère. En attendant, je vous souhaite une bonne nuit ... Et encore merci pour votre aide.

Elle fit une légère courbette, comme pour appuyer ses dernières paroles, puis se détourna doucement du jeune homme, s'éloignant avec une démarche lente et un peu maladroite.
Elle prendra le temps qu'il faudra pour retourner à sa chambre mais elle y retournera, même si cela devait lui prendre plus de temps que prévu.
Elle espérait juste ne pas refaire de malaise ... Sur ce point, rien n'était garantit.




Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 13 Juil 2014 - 13:51 Répondre en citantRevenir en haut



Je relevai la tête en entendant ses paroles. J’écarquillai les yeux de surprise. Etait-elle réellement en état de rentrer toute seule ? Qu’avais-je dis, ou fait, qui lui ait déplu ? Je n’étais pas un rustre ! Je lui proposais même de s’installer pour dormir. Quelle mouche l’avait piquée ?

- Pas de problème. Chevalier Lucis, à votre service !

Je la regardai s’éloigner sans un mot de plus. Je me sentais mal à l’aise. Comme si quelque chose cherchait à s’extirper de moi sans que je le veuille. Une forme de malaise coupable et un brin inquiétant. Cette Aspirante malade ne paraissait pas bien vaillante, ni méchante d’ailleurs. Elle semblait peu sûre d’elle et assez méfiante. Je ne pouvais pas lui donner tort. Même au Màr Luimë, il y avait des gens peu fréquentables. Y songer raviva le souvenir de ce débat houleux avec ces deux Chevaliers Engloutis faisant face à l’ex-sénatrice, au Havre d’Argent des dragons. Cette Maîtresse Blanche, j’espérai ne plus la recroiser, car elle me donnait vraiment froid dans le dos. Le départ d’Alrüne m’incombait peut-être, à l’instar de celui provoqué par Kim Garean après son discours fielleux à mon encontre. Cette réalité me frappa durement. Et j’en restais abasourdi.

L’avais-je fait fuir ? D’accord, je pouvais me montrer très désagréable et plutôt brusque mais ce n’était jamais qu’une façade. Je ne ferais pas de mal à un ver de terre. Et je pâlissais à la vue du sang. Et je ne pouvais décemment pas avoir la conscience tranquille en laissant quelqu’un souffrir près de moi. Oh, je pouvais ne pas le sauver. Si ma vie et celle de mon Lié étaient en jeu, je laisserais mourir le monde entier s’il le fallait ! Tant que le Kaerl bleu serait debout, tant que je m’y sentirais chez moi, et que nos vies n’étaient pas directement menacées, je me battrais aux côtés des Engloutis. Car je croyais en eux, leurs valeurs, leurs pierres, leur foi. L’Aspirante Alrüne, malgré notre race commune par-delà les neiges éternelles de Vaendark, n’avait pas vu en moi quelqu’un en qui avoir confiance, quelqu’un en qui croire et se sentir en sécurité près de lui. Une part de moi avait échoué à devenir un vrai Englouti. Je devais mériter ma place parmi les miens. Si quelqu’un comme la jeune Alrüne, tout juste Aspirante du Kaerl, ne me faisait pas confiance… Alors à quoi servait-il de rester ici, de se dire garde du corps de la Dame quand celle-ci semblait avoir oublié mon existence, d’attendre le retour d’Elérion qui ne se manifestait plus dans mon esprit vierge de sa présence réconfortante ?

Étais-je réellement un Englouti ?

Je m’allongeai sur ma couche improvisée, les yeux tourné vers le dôme sombre de la mer enténébrée. Après quelques instants à me laisser bercer par le silence feutré de l’Allée des Idoles, je fermai les yeux. Et le sommeil m’emporta.

Couché sur une falaise de la Baie d’Eau Claire, sa masse musculaire assombrie par une nuit nuageuse, un Bronze se reposait, la tête entre les pattes antérieures, sa longue queue enroulée autour de son corps. Son regard avait beau être tourné vers les étoiles, les profondeurs marines l’attiraient irrésistiblement. Et il contemplait les vagues se jetant contre les rochers comme s’il avait pu percer ces tonnes d’eau pour voir ce qu’il se cachait en-dessous. Les prunelles rouges s’affadirent vers un gris triste. Et le dragon resta ainsi jusqu’au lever du soleil.



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