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 [RP] L'audace a du génie, du pouvoir et de la magie Sujet suivant
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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Dim 12 Jan 2014 - 00:08 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918
Quelques jours après l'attaque


Narcisse se réveilla en sursaut dans des draps d'un blanc immaculé, vêtue d'une chemise de nuit en soie bleue et en proie à une terrible migraine. Remuant les bras et les jambes, elle ne put retenir une grimace de douleur. Chaque matin depuis ce fameux jour, elle avait l'impression d'être passée sous les sabots d'un millier de chevaux. Et chaque matin, elle analysait les événements qui l'avaient amené à être alitée.

La dernière chose dont elle se souvenait étaient les soins donnés par le Maître Guérisseur Frâlan, ainsi que la douleur fulgurante lorsque ses doigts experts s'étaient posés pour la première fois sur ses blessures, lui arrachant un terrible hurlement. Ce jour là, le Kaerl Ardent était plus calme que d'accoutumée. Tous vaquaient à leurs occupations respectives dans le silence le plus complet. Puis soudain, un groupe de morts-qui-marchent avait semé la mort et la désolation sur son passage, tuant quiconque se trouvait en travers de son chemin. Maîtres, Chevaliers et Aspirants s'étaient battus jusqu'à la mort pour protéger leurs camarades et leurs familles. D'autres avaient tout simplement disparu delà surface de la Terre, leurs corps n'ayant toujours pas été retrouvés malgré les recherches. Le sol du Val portait encore les traces des combats qui y avaient été menés sous le commandement de l'Archonte Brûlant. Mais une action avait été mené dans l'ombre par Drazahir, prenant tout le monde au dépourvu. Il n'avait pas hésité une seule seconde à s'emparer du corps de Yuma Amarok, l'obligeant à tuer ses propres compagnons.
C'était en voulant mettre fin à cette mascarade que Narcisse avait été grièvement blessée. Alors qu'elle était persuadée de pouvoir arrêter l'Archonte seule, ce dernier n'avait pas retenu ses coups pour l'écarter de son chemin et manqué de peu de la tuer de son épée. Sans l'intervention miraculeuse de l'Aspirante présente dans le couloir, Narcisse serait très probablement morte à l'heure qu'il est, tuée par le seul homme pour qui elle a un peu d'affection. Tout du moins, bien plus d'affection qu'elle n'en a jamais porté à aucun autre.

Il lui fallait impérativement le trouver. La Chevalière n'avait plus de nouvelles de Yuma depuis la fameuse invasion. Elle ne savait ni s'il était toujours en vie, ni s'il avait été enfermé pour les crimes qu'il avait commis, même si à travers lui, seul Drazahir opérait. Qu'était-il devenu ? Qu'avait-on fait de lui ? Souffrait-il de blessures, ou de l'interrogatoire qu'on lui infligeait ? Était-il rentré chez lui sans oser venir la voir, ou bien était-il mort de ses blessures et désormais enterré avec tous les autres ?
Affaiblie, Narcisse n'avait jamais réussi à faire plus de quelques pas dans son Weyr, suffoquant à chaque mouvement, à chaque respiration qu'il lui était donnée de faire. Même dormir était douloureux, si bien qu'elle était contrainte de boire tous les soirs les mixtures du Maître Guérisseur pour s'assoupir et jouir d'une nuit convenable. Sa situation l'avait empêché d'aller prendre des nouvelles de l'Archonte. Et lorsqu'elle demandait à quelqu'un s'il savait où il pouvait bien se trouver, aucun n'était en mesure de lui donner la moindre information. D'autres, plus rares, agissaient comme si elle n'était pas en position d'exiger de tels renseignements. Elle était blessée, alors elle ne devait s'occuper que de sa propre personne, avant de se soucier des autres. Ces imbéciles ne comprenaient pas l'urgence de la situation.

C'était pourtant impératif, une question de vie ou de mort, comme diraient certains ! Elle devait absolument lui parler pour lui demander ce qu'il savait des Clefs d'Ouranos et de Drazahir ! Elle devait savoir où se trouvait ce type avant qu'on ne lui interdise de participer aux recherches ou aux quêtes à venir, sous prétexte qu'elle était en trop piteux état pour leur être d'une aide quelconque ! Yuma était le seul parmi tous à avoir eu une si forte proximité avec ce monstre, et donc le seul à peut-être connaître le lieu où il se terre depuis tout ce temps. De plus, Narcisse tenait tout particulièrement à s'entretenir avec Yuma, pour lui faire payer cher les blessures qu'il lui avait causé, certes sans être conscient de ses actions. A cause de lui, elle n'allait pas pouvoir se battre, ni d'ailleurs voyager pendant les mois à venir. A cause de lui, elle allait peut être passer à côté de sa seule chance de combattre l'un des êtres les plus puissants de Tol Orëa !
Et ses pouvoirs qui s'y mettaient depuis hier ! Ses bracelets ne cessaient de briller d'une vive lumière, dévorant toute son énergie vitale alors qu'elle en avait cruellement besoin pour guérir !

Narcisse portait depuis plusieurs années trois bracelets en os à son poignet. Son père avaient été les chercher au Ssyl'Shar au cours de l'un de ses voyages, prétextant qu'il s'agissait là d'ossements d'une créature légendaire encore méconnue sur les grands continents. Elle avait appris par la suite qu'il s'agissait en vérité des ossements d'une Reine Incarnate. Et que la magie qu'elle avait ne venait pas de sa propre personne, mais bien de ses bracelets. Sans eux, elle ne possédait rien. Rien, si ce n'est le Don. Mais son pouvoir était réellement incontrôlable. Si aujourd'hui elle y était trop attachée pour s'en séparer, elle avait été plusieurs fois tentée de se débarrasser définitivement de ses bijoux afin de mettre fin aux effets non désirables d'un tel don magique.
Les bracelets se nourrissaient constamment de son énergie vitale, la fatiguant lorsqu'elle n'était pas suffisamment en forme pour supporter un tel processus. Lorsqu'elle se mettait en colère, souffrait ou était menacée de mort, le pouvoir des bracelets s'activait, déversant en Narcisse toute l'énergie accumulée. Elle possédait alors une vitesse et une force bien au dessus de la normale et pouvait ainsi se défendre ou fuir le danger. Mais les effets secondaires de l'usage d'un tel pouvoir étaient terribles. Son corps n'était pas capable de supporter les efforts demandés. La fatigue la gagnait, ses muscles étaient bien plus douloureux qu'ils ne pouvaient l'être après n'importe quel autre effort physique. Pendant plusieurs jours, elle pouvait ne plus rien voir ou entendre, car ses sens étaient touchés eux aussi. Tout dépendait de la quantité d'énergie utilisée, de la manière dont elle était utilisée mais aussi de ses sentiments, du degré de sa colère ou de sa peine.
Il était hors de question qu'elle subisse à nouveau ça. Un pouvoir devait être une force, pas un handicap. Si seulement cette force pouvait suffire à combattre Drazahir, si seulement elle pouvait la maîtriser !

Malgré l'atroce migraine qui lui vrillait les tempes, la Chevalière Verte parvint à se souvenir d'une femme dont la réputation n'était plus à faire. C'était un Sang de grande qualité, reconnue pour ses connaissances sur la magie, qui n'avaient nulle autre égal. Si cette femme était capable de l'aider à comprendre les secrets de ces bracelets, alors peut-être ne souffrira-t-elle plus de leur utilisation ? La Shaman du Kaerl Ardent était sa seule chance de progresser et enfin combattre ses faiblesses.

C'est sur cette pensée que Narcisse quitta son Weyr et se retrouva à l'Observatoire, face à la table où lisait Mora Del Caelan en personne. Les poings serrés, elle ne prit pas la peine de se présenter, ni même de saluer la Sang. Wicella désapprouvait l'initiative de sa Liée. Alors qu'elle devrait se reposer, Narcisse souhaitait suivre un entraînement qui allait s'avérer difficile. Elle n'était pas dupe, la bipède souffrait terriblement. La fièvre n'avait pas encore baissé et chaque mouvement manquait de lui arracher un hurlement de douleur. Pourtant elle se tenait là, debout et déterminée, prête à tout pour convaincre l'une des femmes les plus puissantes à partager ses connaissances avec elle.

- J'ai besoin de vous. Enseignez-moi ce que vous savez. Apprenez-moi à maîtriser ma magie.
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MessagePosté le: Dim 12 Jan 2014 - 00:08 Revenir en haut

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Mora del Caelan
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MessagePosté le: Dim 12 Jan 2014 - 17:16 Répondre en citantRevenir en haut

Mora del Caelan trônait sur le balcon de son Weyr, une tasse de thé fumant à la main. Le Màr Tàralöm se réveillait doucement, se remettant peu à peu de ses blessures. Les attaques récentes à Lòmëanor et au cœur même du Kaerl l’avaient laissé de marbre et si comme la plupart de ses habitants, elle avait crié à l’outrage, elle allait bien volontiers laissé sa place pour aller traquer le coupable des crimes perpétrés. Elle préférait infiniment se plonger dans les archives pour découvrir ce que ces clefs d’Ouranos pouvaient bien être et si elle pensait être sur une piste, elle n’en avait pas encore percé le mystère et elle n’était pas encore certaine de partager ses découvertes.

Un rugissement familier arriva bientôt aux oreilles de l’Ondine, la Bleue Nymelith saluant ce nouveau jour avec force. Une esquisse de sourire naquit sur les lèvres de la Sang avant que celle-ci ne se détourne pour se diriger vers sa salle d’eau afin de se préparer.

Elle en ressortit près d’une heure plus tard ayant passé une robe simple saphir qui la mettait néanmoins parfaitement en valeur. Elle avait brossé ses longs cheveux noirs qu’elle avait relevés avec deux baguettes d’ivoire qui tranchait dans cette mer sombre. Bien que cette journée soit comme beaucoup d’autres, il ne serait en aucun cas venu à l’idée de la Maîtresse Bleue de sortir sans s’être apprêtée convenablement. Les apparences étaient une variable avec laquelle il fallait définitivement jouer et cela, Mora le savait depuis sa plus tendre enfance.

Elle passa la porte de son Weyr et se dirigea vers son étude personnelle à l’Observatoire où il lui plaisait de prendre ses quartiers lorsqu’elle travaillait. Parmi les nombreux avantages que conférait le rang de Sang, s’il en était un qu’elle appréciait, c’était bien d’avoir un lieu de paix dans lequel elle pouvait étudier sans être dérangée. Elle y entra d’un pas léger, fermant le battant derrière elle. Son office était des plus sobres mais offrait une décoration raffiné. Un immense bureau où la moindre plume était parfaitement rangée trônait au fond de la pièce, une immense fenêtre vitrée donnant sur un balcon donnant sur le Val. Les murs étaient envahis par les ouvrages, certains datant de plusieurs centaines d’années mais recelant des trésors infiniment précieux. Un lourd tapis d’Orën d’un noir d’encre était disposé près de la cheminée où le crépitement d’un feu se faisait entendre. Un sofa et deux fauteuils étaient d’ailleurs disposés près de la cheminée ainsi qu’une table basse lui permettant de recevoir si elle le désirait. L’ambiance était feutrée et propice à l’étude, ce qui lui rappelait non sans parfois une once de nostalgie la demeure de ses parents.

Mora se saisit de l’ouvrage qu’elle étudiait la veille sur l’une des étagères et s’installa à son bureau où elle l’ouvrit. Elle se saisit d’une feuille de parchemin qu’elle avait déjà commencé à couvrir de son écriture fine en légèrement penchée. Prenant une plume, elle commença à prendre des notes.

Ce ne fut que quelques dizaines de minutes plus tard que la porte s’ouvrit à la volée, laissant place à une jeune femme sans aucun respect d’aucune sorte. La Maîtresse Bleue leva ses yeux mauves et si elle était outrée par un tel manque, elle n’offrit à la Chevalière qu’un regard de glace qui ne souffrait aucune réplique. Son ton polaire allait de pair avec son regard mais à aucun moment elle n’éleva la voix, se contentant d’un ton doux et trompeur qui ne donnait généralement aucun doute sur sa colère.

De quel droit pensez-vous jouir jeune écervelée pour pouvoir entrer ainsi chez moi sans y avoir été invité ?

Elle releva plus franchement la tête vers l’intruse, la toisant sans vergogne et ne lui offrant que son dédain. Elle reprit d’un ton froid.

Si je ne me lève pas maintenant pour vous gifler pour votre impudence c’est pour la simple et bonne raison que vous ne valez visiblement pas le temps que cela me ferait perdre. Je vous conseille donc de passer cette porte de nouveau avant qu’il ne vous en coûte bien plus qu’une simple remontrance…

La Maîtresse Bleue se pencha de nouveau sur son ouvrage, se désintéressant totalement de la jeune femme.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Sam 18 Jan 2014 - 21:42 Répondre en citantRevenir en haut

- Giflez-moi si cela vous chante, mais je vous en prie, écoutez-moi avant ! insista la jeune Chevalière. Vous êtes la seule personne au Kaerl Ardent à pouvoir me venir en aide ! On m'a vanté vos talents, plus que d'autres n'ont jamais pu acclamer leur propre Seigneur. Des Maîtres respectables m'ont dirigés vers vous sans aucune hésitation. Vous êtes la Shaman du Màr Taralöm, et j'ai besoin de vous, maintenant !

Narcisse alla jusqu'à frapper du poing sur le bureau de son interlocutrice, espérant ainsi attirer toute son attention. Mais ce geste ne fit que raviver la douleur qu'elle avait eu tant de mal à faire taire. Épuisée, elle étouffa un gémissement de douleur et ferma les yeux. Ce n'était vraiment pas le moment de défaillir, pas maintenant qu'elle était si proche du but. Elle s'était suffisamment torturée en allant à l'encontre de toutes les recommandations faites par le Maître Guérisseur. Entrer dans le bureau de la Shaman n'était pas chose facile, y rester encore moins. Il était donc hors de question qu'elle baisse les bras. Elle avait fait le plus dur. Relevant la tête fièrement, elle serra les poings et regarda droit devant elle jusqu'à ce qu'elle reprenne le contrôle d'elle-même. Puis elle se concentra de nouveau sur Mora Del Caelan, la Shaman.

Elle était si jolie. Ses cheveux d'ébène rappelait le noir des Grands Seigneurs des Kaerls. Fine et élancée, elle n'avait rien à envier aux autres jeunes femmes du Kaerl Ardent, car si beaucoup se pavanaient fièrement, certaines, comme Mora, se faisaient plus discrètes et donc plus mystérieuses. Jamais Narcisse n'avait eu un visage aussi fin et délicat. Tout en elle n'était que douceur, hormis son regard de glace, qui pourrait bien terroriser les Dragons eux-mêmes. Son aura était dévastatrice. Combien de femmes l'enviaient pour ce qu'elle était ? Narcisse, elle, finit par se dire que si elle avait comme elle, jamais on ne lui aurait pris le pouvoir qu'elle avait entre les mains à Ören.

Chassant ses noires pensées de son esprit, elle se reconcentra sur son premier objectif : convaincre la Shaman de l'écouter et de lui venir en aide.

- Depuis mon arrivée au Kaerl Ardent, je ne parviens pas à maîtriser le pouvoir de mes bracelets.

Narcisse devait absolument se montrer convaincante, sans quoi elle risquait d'y laisser bien plus que quelques côtes. Sans attendre, elle déposa trois bracelets en os sur le livre que lisait Mora, haussant la voix pour être bien certaine d'être entendue. Sur les pages manuscrites, les reliques brillaient de milles feux.

- Mon père a acheté ces bracelets sur le continent du Ssyl'Shar, au cours de l'un de ses voyages. Il ne m'a jamais éclairé sur leur origine, il pouvait seulement me dire qu'ils avaient été taillé dans le squelette d'une créature si grande que le marchand lui-même en tremblait encore. Avant d'arriver au Màr Taralöm, je n'ai jamais su de quoi il s'agissait, tout simplement parce que la créature en question n'était pas de notre monde, tout du moins, elle y était inconnue.

Le Dragon. La créature la plus mystérieuse qui soit pour les grands Continents du Rhaëg. Tandis que certains peuples n'en avaient pas connaissance, d'autres les vénéraient comme des créatures légendaires, qu'on ne retrouvait que dans les livres les plus anciens sous forme de légende ou de contes pour enfants. Narcisse ne s'était jamais réellement penchée sur la question de la présence de ces créatures au Rhaëg, mais si son Maître avait pu venir la chercher sur les berges du lac d'Ören, alors il n'était pas impossible qu'un autre ait péri dans les sables du Ssyl'Shar, pour une raison qui restera à jamais inconnue. Mais le squelette avait été décrit si grand, que Narcisse songeait de plus en plus au fait qu'il avait peut-être s'agit d'une Reine. Une Reine Incarnate du Kaerl Ardent, ou peut-être une Argentée ou une Dorée. Une Reine dans tous les cas. Le pouvoir qui habitait ces bracelets en était d'autant plus mystérieux.

- Maître Del Caelan...ces choses absorbent mon énergie à chaque heure de la journée. Elles m'épuisent, et je n'ai jamais su les contrôler. Mais j'y tiens énormément. Alors...alors il faut que vous me veniez en aide. Si vous ne le faites pas pour moi, alors faites-le pour toutes les connaissances qu'ils pourront vous apporter.
Mora del Caelan
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MessagePosté le: Mar 28 Jan 2014 - 17:30 Répondre en citantRevenir en haut

Mora ne releva pas les yeux pour autant, malgré la tirade de la jeune impertinente qui avait osé s’imposer ici devant elle. Si les compliments habilement maniés auraient pu lui faire reconsidérer plus rapidement la requête de la Chevalière, le maintenant qui avait finalement ponctué ses paroles était semblable à une goutte d’eau qui était bien trop proche de faire s’écouler un torrent qui dévasterait tout sur son passage.

Le feu dans la cheminée ronfla brusquement plus fort et une bûche crépita brusquement, attirant inévitablement l’attention de l’importune. La Sang n’avait eu d’autres choix que d’écouter ce que la jeune femme avait à lui dire. Toutefois, s’il était bien une chose qu’elle ne supportait pas, c’était de se voir imposer quelque chose par autrui et plus encore lorsque cela venait d’une illustre inconnue qu’elle ne connaissait en rien. Encore une fois, elle était estomaquée du manque de respect total de cette femme qui n’avait pas même eu lé décence de se présenter à elle convenablement. Une autre que Mora s’en serait trouvé prise au dépourvu néanmoins, elle n’allait certainement pas accéder à la demande cette cette inconnue, du moins pas dans l’immédiat.

Inévitablement, les paroles de la Chevalière avaient toutefois trouvé un écho favorable dans son esprit car il n’était rien pour elle de plus mystérieux et envoutant que ces artefacts magiques qui étaient disséminés aux quatre coins de la terre de l’aube depuis des générations. Elle avait déjà eu à maintes occasions le loisir d’étudier ce genre d’objet, qui était par leur nature même tous différents. C’était une quête éternelle et passionnante à laquelle Mora s’était abandonnée depuis bien des années déjà et c’est ainsi qu’elle avait acquis les connaissances nécessaires à la fonction qu’elle occupait aujourd’hui. Mis tout cela n’aurait d’importance que si cette écervelée disait vrai. Et malgré tout l’amour qu’elle pouvait porter à ses recherches dans les arts mystiques et parfois même occultes, elle n’était pas femme à souffrir un manque tel de respect.

La Sang contempla quelques secondes encore les bracelets qui étincelaient sur son livre sans prononcer une parole. Elle ne les toucha, pas plus qu’elle ne s’approcha plus encore. Peut-être la Chevalière prendrait ce silence pour un assainissement, toutefois, lorsque Mora se leva, ce fut pour offrir à la jeune femme un masque d’impassibilité qui n’était trahi que par le regard acéré et froid qu’elle posait sur elle. C’est alors seulement que sa main vola, claquant avec force la joue de la Chevalière. Mora ne dégageait pas une once de chaleur et elle le savait parfaitement. Sa nature était telle et si d’aucuns s’étaient plus à le lui reprocher, jamais elle n’en avait changé.

Elle ne quitta pas des yeux la Chevalière lorsqu’elle s’adressa à elle.

Sachez qu’il est plus difficile de se débarrasser de la première impression que l’on laisse que de convaincre une Incarnate de laisser sa ponte un jour d’éclosion.

Mora se redressa fièrement et resta face à la Chevalière, la toisant.

Vous venez d’entrer dans mon domaine, m’ordonner de vous aider, tapant du poing sur mon bureau…

Elle lui adressa un regard dédaigneux, n’élevant pas à un seul moment la voix.

Je crains qu’avant même d’envisager de vous apprendre quoique ce soit sur ces bracelets, il ne faille visiblement vous apprendre le respect. Si vous pensez une seule seconde qu’en venant ainsi avec ce que vous prenez pour de la force de caractère vous me ferez plier, c’est que vous êtes encore plus stupide qu’il n’y parait.

Elle venait de gifler la jeune femme et pourtant, elle ne cilla pas une seconde lorsqu’elle poursuivit d'un ton sans réplique.

Présentez-moi des excuses et peut-être envisagerai-je une autre issue à cette entrevue.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Lun 14 Avr 2014 - 13:13 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse se sentait atrocement humiliée. Humiliée d’avoir essuyé une gifle d’une telle violence, humiliée d’espérer encore obtenir quelque chose de cette femme, de désirer malgré tout apprendre à ses côtés. En qualité de Shaman, Mora Del Caelan était une spécialiste dans les sciences et arts ésotériques. Elle maîtrisait aussi bien les questions sanitaires du Màr Taràlöm que les secrets les plus improbables de la Magie. Combien de jeunes Chevaliers avaient eu un jour la chance d’apprendre à ses côtés ? Deux ? Trois ? Une dizaine tout au plus ? Peut-être aucun ? Quoi qu’il en soit, Narcisse n’avait pas d’autres choix que de la convaincre de lui venir en aide, sans quoi elle serait forcée de se débarrasser définitivement de ces bracelets auxquels elle s’était tant attachée.

Depuis que leurs pouvoirs s’étaient réveillés, elle se sentait capable de massacrer plus d’une dizaine de personne simplement parce que ces dernières l’auront défié ou mises dans une colère noire. Et plus les jours passaient, plus ils devenaient incontrôlables, au point de lui ôter toute énergie vitale. Si prendre la vie de quelques crétins n’avaient rien de véritablement rebutant, l’idée de perdre la tête sur ordre du Seigneur Ardent l’enchantait un peu moins néanmoins. Aussi, elle devait agir au plus vite.

C’est donc le souffle court et le coeur battant que la jeune femme serra les poings, avant de baisser la tête en signe de soumission. Jamais elle n’avait ressenti pareille colère. C’était comme ce premier jour au Màr Taràlöm, lorsqu’elle avait fait face au Seigneur Alauwyr Iskuvar et qu’agacé par son insolence, il n’avait pas hésité une seule seconde à la gifler. Elle avait cru mourir de honte. Mais là aussi, elle avait été forcé de se soumettre à son autorité.

- Je suis..., finit-elle par dire, la gorge serrée.

Aux yeux de la jeune femme, pour se faire respecter des autres, il faut exister et donc déranger les esprits. Du moins c’est ainsi qu’elle avait toujours procédé à Ören, lorsqu’elle avait encore une cité sous ses ordres. Au Màr Taràlöm, les choses étaient tellement différentes, ce qui expliquait très certainement qu’on ne lui ait pas laissé conserver son titre de noblesse. Le pouvoir, on l’acquérait au fil des années, grâce à ses connaissances, à ses actes, à son esprit, et non pas grâce à un héritage issu de plusieurs générations.

Depuis que le Maître Hastin l’avait enlevé à son continent, Narcisse n’avait jamais su faire preuve de respect et s’était attirée plus d’ennuis qu’il n’est permis. Qu’elle soit en vie aujourd’hui relevait très certainement du miracle, au vue des personnes qu’elle avait osé défier : Alauwyr Iskuvar, Seigneur du Kaerl Ardent ; Yuma Amarok, Archonte Brûlant ; Martel Dehlekna, Haut Représentant du Clan Dominant ; et maintenant Mora Del Caelan, la Shaman. Ces personnes, elle les avait insulté, défié, sans penser une seule seconde au pouvoir de vie ou de mort qu’elles avaient entre les mains. Si Narcisse voulait mener à bien ses projets de conquête, il valait bien mieux pour qu’elle se fasse très vite oublier, même cela impliquait de se soumettre et de rejoindre des camps qui n’étaient pas les siens.

- Je vous présente toutes mes excuses pour l’irrespect dont j’ai pu faire preuve à votre égard. Vous êtes un Maître du Kaerl Ardent, et avant tout un Sang. Je n’avais pas le droit de vous parler ainsi.

Jamais elle n’aurait imaginé devoir arriver à une pareille conclusion un jour, et ainsi se soumettre une fois de plus à plus fort qu’elle. Elle était noble ! Elle était censée diriger une cité aujourd’hui, et non pas servir les bons intérêts d’un autre Seigneur ! Ni d’ailleurs chercher l’approbation de son Conseil ! Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Ici, elle n’était rien. Rien d’autre qu’une Chevalière. Elle avait pour rôle essentiel de défendre le Kaerl Ardent et de combattre en son nom si nécessaire. Mais tandis qu’aspirants, chevaliers et même maîtres avaient pour la plupart trouvé un métier auprès d’un artisan ou d’un savant, Narcisse ne se faisait définitivement pas à sa position et craignait d’oublier ce pourquoi elle se battait en renonçant à sa vie d’avant : la mort du Conseil d’Ören et la prise de pouvoir en qualité de Reine, si nécessaire.

- Je suis la Chevalière Narcisse d’Istelsten. J’ai appris aux côtés du Maître Elendel Hastin. Et voici ma Liée, Wicella, dit-elle en présentant d’un mouvement de la main la petite dragonne à ses côtés, qui montrait les crocs depuis que Mora avait porté la main sur sa Liée.

* Calme-toi, j'ai pris sur moi pour présenter mes excuses, alors ne m'oblige pas à devoir recommencer par ta faute. *
* Ton Maître a été un imbécile. Au lieu de te frapper et de t'infliger les pires entraînements qui soient, il aurait dû t'apprendre à te comporter comme une Chevalière. Tu as toujours gouverné, tu as toujours été au-dessus des autres, il est normal que tu ne saches pas t'adresser à ceux à qui tu dois désormais respect et obéissance. *
* Je ne leur dois rien du tout. *
* Tu as tort de penser ainsi, ma Liée...*
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