Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] L'amour mène à la colère, la colère à la haine... Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 2 Jan 2014 - 23:02 Répondre en citantRevenir en haut

Année 909




Illum'An Shapka... Voyez... Voyez cette blanche demeure baignée par les vents de la mer, voyez les milles arbres qui bordent les allées caillouteuses, les canaux emplis d'eau fraîche qui courent tout au long de la demeure, fertilisant le sable rouge de Ssyl'shar qui ici se recouvre de cette fine couche d'herbe tendre. Voyez ces étangs d'eaux douces auprès desquelles s'ébattent des oiseaux aux plumages arcs-en-ciel. Et voyez, rougeoyant dans la lumière du soir cette petite femme, toute de sang vêtue.
Les cheveux délicatement noués autour de ses tempes, une robe d'un léger voile rouge couvrant ses formes discrètes, deux ou trois livres sous le bras,voilà un spectacle que les officiers domestiques de la demeure voyaient tout les soirs depuis des années. A l'exception près que depuis plusieurs lunes, c'était désormais seule qu'elle arpentait les allées.
Elle gravissait les premières marches menant à l'aile ouest, celle donnant sur les jardins. Par instant elle s'arrêtait, chaque fois qu'elle venait à croiser l'un des membres du personnel, pour échanger quelques mots. Elle était ainsi la petite demoiselle Anara : proche des petites gens, dont elle avait sut se faire aimer.

La chaleur avait collé sur son front les quelques mèches qui s'étaient échappés de sa tresse, le bas de sa robe était maculé de poussières : qui aurait put deviner en la voyant ainsi, l'importance du rang qu'elle occupait dans cette demeure. Elle ne s'était jamais sentie comme ses congénères, toutes ces jeunes filles précieuses qui brillaient d'avantage par la richesse de leur brocard que par celle de leur esprit. A vrai dire, seule Eleb avait sut la voir tel qu'elle était : une femme qui ne rêvait que de liberté. Mais depuis quelques temps.. Et bien Eleb n'était plus...
Alors qu'elle passait le pas du portique, passant de la lumière du soleil couchant à l'ombre des hauts murs de pierres, ce fut sa chambrière qui vint la première à sa rencontre. C'était une petite femme à peine plus agée qu'elle, au visage joufflu, encadré d'une opulente masse de boucles brunes.

« Madame... »


Murmura la servante en s'inclinant. Aussitôt Asshai ne put s'empêcher de lui tendre les mains pour la relever, avant de les apposer sur son le ventre rond de sa chambrière.

« Allons allons Meryne, c'est inutile, surtout dans votre état. Comment allez vous ma douce en une si belle soirée ?

Bien madame, merci madame... »


Un instant elle laissa sa phrase en suspens. Elle n'avait été affectée au service d'Asshai que récemment,lors de son arrivé au manoir, et avait encore du mal à supporter la familiarité et la douceur toute maternelle dont sa nouvelle maîtresse faisait preuve à son égard.
Il était pourtant bien connu à Illum'An Shapka qu'un domestique ne pouvait rêver mieux que d'être affecter au service de la Anara. Certes la jeune fëalocë était une femme exigeante, parfois sévère, mais elle était aussi de celle qui multipliait les attentions. A chaque fête du solstice, elle faisait porter un panier d'orange dans les cuisines à l'attention du personnel, lorsque l'un des domestiques était souffrant, c'était elle en personne qui se portait à son chevet pour prendre de ses nouvelles, elle connaissait le nom de chacun ici présents, et lorsqu'on la voyait encore en compagnie du bel Eleb, le fils du maître des lieux, tous espéraient voir en elle celle qui serait un jour leur future maîtresse.
Elle était ainsi, réputée pour être bonne, tant et si bien qu'ils l'appelaient leur « petite dame ».

«  Monsieur m'a chargé de vous faire savoir que le repas sera donné à la prime course de Iolia. 

Oui... Comme chaque soir. Vous serez aimable ma douce de faire savoir à Monsieur que je souhaiterai consacrer ma soirée à l'étude, voulez-vous ? »


« Consacrer sa soirée à l'étude ». Tout le monde savez ce que cela signifiait, mais d'aucun se gardait de le dire à haute voix. Voilà maintenant quelques temps qu'Eleb, la seule personne qui lui rendaient les repas en compagnie de ses camarades supportables, ne daignait plus la voir que comme une simple camarade. Une parmi tant d'autres... Alors Asshai avait décidé de bouder le repas, et chaque soir elle se réfugiait en cuisine, où elle savait qu'une assiette lui serait préparée par les cuisiniers, et où elle était libre de lire, sans qu'aucun n'ose la déranger.

«Bien,
reprit la jeune brune, ce sera dit. Mais sachez, madame, que nous sommes à votre service. Si nous pouvons faire quoi que ce soit pour vous soulager. »

*Quelle chance tu as d'être ce que tu es...*

"Heureux les humbles" disait l'adage. Qu'elle enviait sa camériste à cette instant. Elle l'enviait d'avoir une vie si peu compliquée. Que n'aurait elle donné pour elle aussi épouser le garçon à qui ses parents l'avait destinée depuis sa tendre enfance, venir travailler avec lui auprès de son maître, et attendre son enfant. Se lever chaque matin sans jamais s'intéroger sur son avenir, exécuter ses tâches, et simplement suivre les ordres, sans jamais imaginer que le monde pourrait être autrement. Être heureux de simplement vivre et d'avoir le ventre plein le soir. Oui, peut être était ce cela la clef du bonheurs... ?

Oui, bien heureux étaient les humbles, pensa-t-elle en faisant glisser sa main contre le joue ronde de Meryne.

« Peut être souhaiteriez vous que je demande à ce que vous sois fait coulé un bain ?

Si vous souhaitez me soulager, tenez prenez cela,
ajouta-t-elle en lui mettant dans les mains ses précieux volumes, veillez à mettre ceci dans ma chambre, je vous en serais gré. »

A nouveau Asshai écarta l'une des boucle brune qui lui barrait le visage.

« Je vous remercie Meryne.

Et votre bain ?

Ce ne sera pas utile, ma douce.


Mais madame...

Je vous remercie Meryne, les livres. »
conclue Asshai en tournant les talons. L'attitude n'admettait aucune réplique.

Oui ils l'appréciaient pensa-t-elle, et leurs inquiétudes étaient sincère. Mais que pouvait elle leur dire ? Elle ne pouvait se confier à eux, elle ne pouvait leur faire part de son mal être car ils ne comprendraient pas, et puis Eleb était leur maître véritable ; elle même n'était que leur maîtresse de cœur.
Alors qu'elle accédait enfin aux jardins intérieurs par le péristyle qui y menait, elle sentit son cœur se resserrait un peu plus. Demain serait donner ici les fêtes du désert. Tout le gratin du patricia urbain d'Arsuh serait assemblé ici pour leur être présenté. Asshai se souvenait des autre années où elle y avait assisté.

Cette année pensa-t-elle, je devrais faire cavalier seul.
Car c'est sans le bras de son ami de toujours qu'elle devrait s'y présenter. Sur cette dernière pensée, la fëalocë profita de la solitude que lui offraient ses lieux pour se laisser enfin aller à sangloter.


Dernière édition par Asshai Anara le Sam 26 Juil 2014 - 14:48; édité 2 fois
Publicité





MessagePosté le: Jeu 2 Jan 2014 - 23:02 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 11 Jan 2014 - 23:12 Répondre en citantRevenir en haut


Aniqa Tahani


La belle jeune femme s’était réveillée de bonne humeur. Les draps de soie qui entouraient son corps dénudé venaient glisser le long de ses jambes pâles pour finir au sol alors qu’elle se levait. Elle se dirigeait vers sa garde robe d’un pas léger, le sourire aux lèvres. Une servante frappa timidement à la porte de bois de chêne ouvragé. Les signes de richesse étaient opulents, à l’image de la jeune femme au caractère sournois. Aniqa intima l’ordre d’entrer à la servante qui, voyant le corps ainsi exposé de sa maîtresse, détourna les yeux en rougissant. La fille entourée de richesse en était réduite à son plus simple appareil sans pour autant qu’elle ne perde de sa grâce et de ses manières. Elle soupira avant de s’exprimer d’un ton las.

— Marlène, vous m’exaspérez. Quand comptez-vous donc vous mettre au travail. Vous n’allez tout de même pas me laisser m’habiller seule, non ?

La servante déglutit difficilement, comprenant par le reproche qui lui était fait que si elle ne s’activait pas rapidement, la journée deviendrait infernale. Car Aniqa était ainsi. Si quelqu’un ne faisait pas ce dont elle avait envie, alors elle lui pourrissait littéralement sa journée, faisait d’une moindre incartade l’objet d’un reproche cinglant. Pour autant, son verbe était juste. Seule sa langue était acérée. Toutefois, elle n’avait jamais pu faire face à son père qui était bien le seul à pouvoir lui tenir tête.

— Désirez-vous votre robe de soie argentée ou préférez-vous celle aux reflets rubis, ma Dame ?

Une nouvelle fois, Aniqa leva les yeux au ciel. Qu’avait-elle donc fait pour mériter une servante aussi gauche et si peu habile de son cerveau ? Elle la fixa droit dans les yeux d’un regard sévère et s’approcha d’elle.

— Vous n’êtes donc bonne à rien ?! Poussez-vous. Si je dois moi-même faire ces bases besognes, où va donc le monde ? Je vous le demande, moi. Vous devriez savoir, d’un regard, ce qui m’ira le mieux aujourd’hui. C’est votre fonction ici-même. Vous êtes ma servante, vous devez donc me servir au mieux. Savez-vous combien de personnes voudraient votre place ? Vous êtes logée, nourrie et vous voudriez ne pas travailler en plus. Vous me dégoûtez, vous le bas-peuple. Sortez de ma chambre, immédiatement.

La servante était restée bouche-bée devant l’attitude de sa maîtresse. Certes, elle était jolie. Ses longs cheveux blonds descendaient le long de ses épaules pour s’insinuer sur sa poitrine généreuse. Elle était belle, ça oui. Mais son tempérament la rendait exécrable et elle paraissait sembler à ces créatures imaginaires, ces Develides qui, d’un regard, vous charme avant de vous dévorer.

— J’AI DIT, SORS DE MA CHAMBRE !

Les larmes aux yeux, Marlène sortit de la pièce en trottinant. Elle pensait alors qu’Aniqa ne faisait que son enfant gâtée, pourrie par l’argent et ses manières de nobles. Mais elle ne pouvait pas la comprendre, c’était plus complexe que cela. Sous ses airs de douce et belle humaine, ses paroles devenaient aussi redoutable que redoutée. De nombreux prétendants en avaient fait les frais, n’ayant même pas pu lui baiser la main.

Aniqa se dirigea vers son armoire et enfila d’une robe pourpre. Soignée et de haute manufacture, la toilette de la jeune femme montrait son appartenance à la Haute société. Un bracelet d’or pendait à son poignet, sertie de nombreuses pierres précieuses. Un collier d’or serti d’un diamant embellissait son cou. Elle s’assit devant sa coiffeuse, tira un tiroir et en sorti un peigne. Sa chevelure en place, elle laissa glisser ses doigts sur une mèche blonde avant de la laisser tomber sur son épaule. Elle se releva et quitta sa chambre pour s’engouffrer dans le couloir.

— Aniqa, te voilà enfin. Je me demandais quand est-ce que tu viendrais prendre ton petit déjeuner.

— Je n’ai guère faim, Père. Mais j’avalerai volontiers un de ces pains au miel que vous gardez secrètement dans un placard de votre bureau, répondit d’un ton espiègle la jeune femme.

L’homme, Mansel, passait le cap de la cinquantaine. Ses cheveux grisonnant et sa barbe tout juste argentée le vieillissaient un peu. C’était un bel homme, les cheveux longs coiffés en queue de cheval et la barbe bien taillée. Il devait mesurer environ un mètre quatre-vingt. Il était vêtu d’un costume foncé et d’une chemise blanche. Sa cravate bouffante de couleur blanche arborait un médaillon, symbole de la richesse de sa famille : ses armoiries. Elles représentaient une sirène, symbole de l’attractivité de sa famille. La sirène était surmontée de deux clefs : l’une était la clef du bonheur, reconnaissable au cœur à son extrémité. L’autre était la clef de la réussite.

Aniqa n’aimait guère l’attitude de son futur beau-père envers les jeunes femmes et hommes. Les prendre sous son aile pour en faire des intellectuels ou des marchands, c’était comme tenter d’éduquer un poisson rouge à sauter à travers un cerceau : inutile. Aniqa n’était pas favorable à cette prise en main de la « basse-société » comme elle aimait leur rappeler. Elle était la véritable noblesse. Les autres n’en étaient qu’une pâle copie ratée.

La journée avait défilé à une vitesse inouïe. La jeune humaine n’avait pas eu le temps de faire tout ce dont elle avait envie. Elle avait passé du temps avec un jeune homme : Eleb. C’était le fruit de négociations entre leurs parents. Il fallait avouer qu’il était bel homme. Mais il n’avait pu obtenir les faveurs d’Aniqa très rapidement. Celle-ci s’était laissée désirée, jouant avec ses sentiments pour s’amuser. Elle se promenait dans la demeure de son futur époux quand une silhouette familière lui retint l’esprit. Comment s’appelait cette greluche déjà ? Assh « je-ne-sais-plus-quoi ». Triste créature. Mais Aniqa aimait torturer les esprits et elle se ferait un plaisir de troubler la soirée de celle qu’elle désignait comme sa future victime.

— Restez-vous souvent seule le soir ? Attendez-vous que votre prince charmant ne vienne conquérir votre cœur dans cette prison dorée ? Suis-je sotte. Excusez-mon impertinence. Il est vrai que les princes ne se déplacent que pour les princesses, non pour la populace.

Elle ponctua d’un petit rire sa pique. Elle attaquait dur mais souhaitait voir à qui elle avait à faire.

— Vous devez certainement connaître mon nom : Aniqa Tahani. Vous pouvez m’appeler « Ma Dame ». Il paraît que les convenances le veulent ainsi. Pour ma part, je vous appellerai par votre prénom. Quel est-il, très chère ?


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 28 Jan 2014 - 14:30; édité 1 fois
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 12 Jan 2014 - 00:25 Répondre en citantRevenir en haut

La voix s'était insinuée derrière elle, cynique et mauvaise. Comme un réflexe, les bords de sa mâchoire se contractèrent et ses muscles se raidirent. Un coup d’œil lui suffit : cette peau blanche, ces boucles blondes, elle les avait déjà vu... Aniqa Tahani assurément.
Depuis quelques mois elle résidait de temps à autre à Illum'an shapka. Officiellement elle devait parfaire son éducation auprès des maîtres de la famille Malorne, mais que ce soit en rhétorique, en philosophie,en économie ou en astronomie, il n'était pas rare qu'elle se fasse porter absente, « contrainte à d'autres obligations » selon les dires de sa domesticité.
Elle s'était tout de suite fait remarqué par les autres de ces camarades, mais pas par Asshaï qui avait sut l'ignorer à la perfection, préférant se complaire dans son orgueil et ignorer la splendide créature, plutôt que de se rabaisser,et de s'humilier en la flattant. Pourtant elle devait bien l'admettre, bien que cela puisse lui en coûter : cette femme était réellement splendide.

*Mais les dieux n'ont pas souhaités me donner cette qualité, alors il devait en être ainsi.*


Pendant quelques secondes Asshai resta pétrifiée, n'osant bougé, et sachant que quoiqu'elle fasse, elle se couvrirai de ridicule. Elle tacha de garder contenance, ravalant avec difficulté ses larmes, de tristesse d'abord et qui depuis l'arrivé d'Aniqa avaient muté en larmes de rage. Lentement elle s'essuya les yeux avec un coin de sa manche, évitant soigneusement le regard de l'autre jeune femme, tachant de se concentrer sur quelque chose de plus futile, un brin d'herbe peut être ? Ou la branche de cet oranger ? Sans sucés.

« Je vous connais déjà... »


Enfin elle avait réussi à articuler quelque chose. C'était un son grave qui était sortit de sa bouche, plus proche du coassement que d'un véritable son humain, déformé par la tristesse. Elle ne voulait pas continuer plus avant, et ne voulait pas se donner la peine de relever l’offense qui venait de lui être faite. Non elle n'était pas une fille de la populace, oui elle aussi était tout autant capable qu'une autre, oui elle aussi était capable de briller en société, oui elle aussi pouvait être aussi attirante que la douce cette jeune donzelle.

*Pourquoi te mentir ? Tu n'es bonne à rien d'autres qu'à étudier pauvre fille... Tu n'as pas de nom, pas de famille, tu n'as rien à faire ici.*


Oui il lui arrivait encore par moment, même après toutes ses années ici, de croire que tout ceci était une erreur, et que finalement, elle n'était destinée à rien d'autre qu'à rester cloîtrer entre les murs d'une bibliothèque. Mais elle refusait à Aniqa de pouvoir découvrir cela, aussi dut elle se ressaisir.

« Je... Je me nomme Asshai, Asshai Anara...


Un instant elle cru sentir de nouveaux sanglots remontés le long de sa gorge, mais elle serra les dents comme pour les réprimer.

...Ma dame. »


Ce dernier mot lui avait arraché la bouche et s'était presque éteint en son bout.
Mais les règles avaient été claires à l'arrivée d'Aniqa. Tous avaient pour devoir de lui témoigner respect et sympathie et de lui réserver un accueil mémorable. Jamais Asshai ne serait aller contre la volonté de la maison Malorne. Après tout elle leur devait tant...

Alors, sans même relever la tête afin de ne pas croiser son regard et faisant mine de quitter son interlocutrice, elle enchaîna plus précipitamment cette fois ci :

« Je ne veux pas vous déranger d'avantage, veuillez m'excuser, je pense regagner ma chambre. »


Dans de telles situations, fuir était encore la meilleure des parades. Elle ne souhaitait pas laisser l'occasion à la jeune fille de trouver ses points sensibles et de réussir à la mettre en fureur. Prompt à l'emportement, Asshai pourrait vite le regretter si elle venait à s'en prendre à sa comparse : les représailles de la part d'Haldire seraient fortes de conséquences, et cela pourrait lui coûter son éducation et ses espoirs de carrière au sein du marché Arsuhésien.
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 16 Jan 2014 - 14:39 Répondre en citantRevenir en haut


Aniqa Tahani


La jeune Asshai ne semblait pas encore sure d’elle. Une proie qui semblait facile mais qui montrerait bien des difficultés dès lors qu’elle se rebellerait. Un objectif qui trônait dans la tête d’Aniqa dès lors qu’elle l’avait vu. Asshai n’était pas laide, loin de là. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’elle l’avait tout de suite placée dans la case des « je ne les aimes pas ». L’humaine chercherait par tous les moyens à la provoquer pour la faire disparaître.

° Oh que oui, tu disparaîtras, c’est sûr °

Son air de statue lui arracha un sourire. Elle ressemblait à un vrai piquet, comme si elle cherchait à ne pas l’entendre. Comme l’esquiver ? Oui, elle ne pourrait pas rester sourde aux propres d’Aniqa. « Je vous connais déjà ». Péremptoire. Comment osait-elle répondre ainsi aux salutations polies, quoiqu’un peu virulentes, de la belle et douce blonde ? Elle se contint. La fureur ne devait pas sortir de sa maison. Elle était noble, il était normal que ce qui ne l’était pas l’irrite.

- Asshai Anara … Vous êtes l’une des conquêtes de Maître Malorne si je comprends bien. Une conquête intellectuelle j’imagine, lança-t-elle en la dévisageant de haut en bas.

Cette façon d’opérer était bien le symbole d’Aniqa. Elle manipulait, se rendait indispensable, s’attirait la sympathie des gens pour exclure ceux qui la gênait. Aniqa s’était déjà fait quelques amis ici, mettant en avant son statut de femme de Haut-rang. Elle savait pourquoi elle était ici sans pour autant connaître tous les détails, surtout ceux concernant Asshai. C’était préférable, sans quoi elle aurait voulu l’étriper sur place. Mais ce n’était pas digne d’elle, ça non. Sa proie tournait les talons. Elle s’en allait déjà ?

° Non, je ne te laisserai pas partir comme cela ! °

Il fallait changer d’attitude, de stratégie. Elle devait toutefois éviter l’excès inverse, au risque de se rendre plus ridicule qu’autre chose. L’idée lui vint rapidement.

- Ne partez pas, Asshai. Je vous prie de m’excuser, j’ai été peu courtoise envers vous pour des raisons qui n’ont rien à voir avec vous. Vous voyez, entre mes obligations et mes seuls moments de détente, je n’ai guère le temps de discuter avec les autres. Si bien que j’ai déversé sur vous mon irritation.


Mordrait-elle à l’hameçon ? Elle était intelligente mais l’excuse était plausible. Elle n‘avait guère eut de temps pour elle et sa journée avait très mal démarrée. Ce n’était pas prévu qu’elle vienne ici si rapidement. C’était prématuré. De plus, elle devait se montrer prudente avec Eleb qui, s’il montrait quelque signe, ne semblait pas encore bien pris dans son filet. Elle soupira et invita la jeune femme à s’asseoir sur un banc.

- Asshai Anara … Ce nom m’est inconnu. D’où venez-vous ? Que faites-vous ici, loin de votre famille je suppose ? Oh, que ce doit être dur ! J’espère que vous vous êtes fait des amis ici. Vous savez, il y a toujours des personnes qu’il faut compter dans ses rangs pour être tranquille.


Ce n’était pas une invitation à devenir amies, loin de là. C’était les règles dans ces batailles verbales que se livraient les nobles. L’invitation à la prudence avec en filigrane « ne vous attaquez pas à moi, vous le regretteriez ». Serait-elle capable de le lire ? Peut-être pas. Aniqa se faisait peu d’espoir.

- Je suis d’ailleurs étonnée que maître Malorne ne m’ait pas parlé de vous. Vous êtes la seule à qui je n’ai pas été présenté. N’est-ce pas étrange ? Je suppute qu’une raison bien cachée s’y trouve. Peut-être pourrez-vous éclairer ma lanterne ?


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 28 Jan 2014 - 14:30; édité 2 fois
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 17 Jan 2014 - 23:20 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsqu'elle entendit Aniqa la rappeler, Asshai hésita un moment, elle allait passer le péristyle, puis finalement s'arrêta et tourna les talons. Peut être avait elle mal juger la jeune femme qui se présentait à elle, après tout il arrivait aussi parfois que ses mots dépassent sa pensée. Et depuis son arrivé ici, aucun de ces camarades ne s'était inquiéter ainsi pour elle, elle avait même oublié depuis quelques semaines, à quelle point quelques mots pouvaient vous réchauffer le cœur. Oh, bien sur elle avait les domestiques, mais ce n'était pas pareil évidemment.
Aussi les yeux humides et le visage fendu d'un maigre sourire revint elle auprès de la blonde humaine.

« Je suis vraiment désolé, je n'aurais moi même pas dut m'emporter comme ça... J'espère ne pas vous avoir importuner d'avantage. J'ai moi aussi des tâches et des travaux qui me laisse peu de temps pour la détente, je sais ce que cela signifie.
a famille Anara fait partie de l'association marchande formé par Haldir Malorne à Arsuh, et mon père a confié mon éducation à Haldir voilà maintenant plusieurs années. Ma famille ne vit pas tellement loin d'ici, mes parents sont installés à l'intérieur des murs d'Arsuh, à quelques heures seulement, même si dans les faits je les vois peu. » 

Elle accorda un sourire franc à Aniqa, sa compassion la touchait sincèrement. Cependant, était ce par pudeur, ou par fierté, mais Asshai refusa de révéler que sa famille était la moins riche parmi les associés d'Haldir. Aniqa elle, faisait partit des plus importantes fortunes de la région. Elle se sentait toujours mal à l'aise lorsque ce sujet était abordé, comme si elle n'avait pas sa place ici, parmi eux.

« Mais je ne compte que peu d'amis en vérité ici... Eleb, vous le connaissez sans doute, le fils d'Haldire. Et bien c'est le seul que j'ai réussi à apprécier. D'ordinaire je suis une femme de nature solitaire. Haldir le sait, peut être est ce pour cela qu'il a jugé préférable de ne pas vous présenter à moi. »

Même si à dire vrai elle espérait avoir impressionné son interlocutrice en se présentant comme l'amie intime du maître des lieux, occultant volontairement leur récente brouille, sa mine s’attrista car elle avait aussi prit conscience qu'Haldir préférait sûrement tenir écarté une fille d'aussi basse extraction qu'elle, loin d'une femme de si grande famille, tel qu'Aniqa. Mais une fois de plus elle tacha de ne pas le laisser paraître.
Puise prenant conscience de la maladresse de ses propos, elle se reprit précipitamment :

« Non pas que votre compagnie ne me soit pas sympathique loin de moi cette idée. A vrai dire je serais ravie de vous connaître un peu plus ! Ce serait avec plaisir ! Vraiment ! Mais je crois avoir remarqué que vous mêmes vous étiez très apprécié, aussi ma compagnie n'est peut être pas la meilleure que vous puissiez espérer. »

A nouveau son sourire gênée s’évanouit devant ses derniers mots.

*Quelle pitoyable image renvois tu de toi... Tu peux toujours essayer de sauver les apparences, ça ne changera rien.*
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 21 Jan 2014 - 20:50 Répondre en citantRevenir en haut


Aniqa Tahani



Aniqa observait son interlocutrice avec attention. Ses émotions, ses réactions, aussi infimes soient elles, étaient étudiées et analysées avec le plus grand soin. Loin d’être idiote, l’humaine était une fine observatrice. Avant même de connaître ses « alliés » ou ses « ennemis » comme elle aimait les qualifier, elle prenait le temps d’étudier leurs faits et gestes afin de déterminer s’ils appartiendraient à telle ou telle catégorie. Elle tenait cette habitude de son père qui, loin d’être idiot lui aussi, avait su gérer et augmenter sa fortune de cette façon. Elle aimait également être choyée, être adulée. Lorsqu’elle n’obtenait pas son quota de compliments, elle piquait sa colère et, généralement, ses suivantes en subissaient les conséquences. Mais en ce cas présent, la situation était différente. Asshai l’intéressait d’une manière particulière.

Sa façon de se présenter lui inspira le dégoût, même si elle n’en montra rien. Comment pouvait-on faire partie d’une alliance marchande sans même en énoncer le rang ? Sa famille était-elle riche ? Non, bien sûr que non. Elle en aurait entendu parler. La famille Anara ? Inconnue au bataillon. Qu’elle ait des « travaux » a effectuer, cela, Aniqa n’en doutait guère. Elle-même était fort prise par des réunions, des apprentissages divers et variés ou des rencontres avec de riches marchands. Mais après tout, si sa famille était riche, le fait qu’Asshai eut de nombreuses tâches à effectuer n’était guère étonnant. Mais elle restait méfiante. Aniqa doutait de se trouver en face d’une prétendante. Elle paraissait trop peu sûre d’elle, trop propre à pleurer au moindre problème. Elle n’était pas assez endurcie pour être de la haute société.

— Voir peu ses parents est difficile à vivre, je sais ce qu’il en est. Je vois très peu mon père depuis mon arrivée ici. Je vis sous le toit de maître Malorne mais je ne suis pas sa fille, tout comme toi. Je me permets de te tutoyer, tu m’en excuseras, n’est-ce pas ? Toujours est-il que tu as dû le deviner. Je suis là pour une raison spécifique, à ton instar.

Aniqa se raidit lorsque Asshai évoqua le prénom d’Eleb. Ainsi, était-elle liée à lui, elle aussi ? Le maître Malorne les avaient-elle mis en concurrence auprès du cœur de son propre fils ? Non, c’était impensable, inenvisageable ? Elle formait le meilleur parti au monde ! L’alliance avec la famille Tahani ne laissait aucune place au doute car les territoires commerciaux acquis seraient faramineux et engendreraient de nombreuses richesses. Quant à Eleb, il lui fallait en savoir plus.

— Ainsi vous êtes proche d’Eleb ? Quelle chance vous avez ! C’est certainement le plus bel homme de la région, n’est-ce pas ?

Il fallait la jauger. Peut-être allait-elle faire un faux pas, se présenter comme ce qu’elle n’était pas. C’est tout ce qu’Aniqa attendait. La manipulatrice qu’elle était se délectait des mensonges grossiers comme un carnivore d’une belle pièce de viande. Lorsque la Fëalocë évoqua le fait de faire plus ample connaissance avec l’humaine, celle-ci prit cela pour une aubaine. Comment lui faire plus mal qu’en la persuadant de devenir son amie et de la jeter comme un mouchoir usé ?

Aniqa esquissa son plus beau sourire, convaincu qu’elle deviendrait amie avec Asshai. C’était ce qu’elle pensait en l’instant même, du moins elle s’en persuadait pour que son attitude paraisse aussi vrai que possible.

— Votre compagnie n’en est pas moins sympathique non plus, comme vous dites. Je serais ravie de faire plus ample connaissance avec vous. A vrai dire, nous ne nous connaissons que trop peu et, entre famille marchande, l’usage est de faire connaissance, n’est-ce pas ?

Aniqa ponctua son intervention d’un sourire qui pouvait sembler franc. Ses yeux scrutaient son interlocutrice. Les moindres détails, la moindre attitude dérangeante, tout était observé avec attention. Elle se cala un peu plus profondément dans le banc de pierre et leva les yeux au ciel.

— Pour en revenir à Eleb, je pense qu’il a nombre de prétendante, non ? Je ne sais qu’en penser à l’heure actuelle. Le courtisez-vous ? Répondez en toute franchise. Je ne suis pas de ces prétendantes qui vous le voleront si vous me répondez par l’affirmative, ça non


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 28 Jan 2014 - 14:30; édité 1 fois
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 - 02:35 Répondre en citantRevenir en haut

Asshai se raidit en entendant sa compagne parler d'Eleb. Aniqa s'était pourtant montré sympathique jusque là, et c'était de bonne grâce qu'Asshai lui avait répondu dans un léger gloussement :

« Bel homme en effet, on ne peut pas le nier. Après la région en dissimule quelques autres qui sait. »


Cette petite discussion, elle avait commencé à la trouver rafraîchissante. Apprendre à connaître et s'ouvrir aux autres n'était peut être pas une mauvaise chose au final... Elle n'avait pas apprécié Aniqa avant même de la connaître ; était-ce par jalousie ? Etait-ce par ce qu'elle avait trop souvent foi en sa première intuition ? Elle n'aurait sut le dire, mais son avis avait finit par changer subitement. Aniqa avait ce don de mettre les autres à l'aise, s'en était fascinant.

«  Je suis désolé, je manque à toutes les civilités. Je doute que vous connaissiez ma famille en vérité. Nous possédons une villa à Arsuh, non loin des jardins du sultanat. Mon père possède quelques échoppes du coté de la place Ar'Makhi, et d'autres aux docks, mais je ne serais pas vous dire lesquels. »

Elle en avait oublié sa fierté et avait laissé son attitude revêche de coté. La belle blonde ne semblait pas apporter tant d'importance que cela à ses origines. Elle s'était trompé à son égard et l'avait reconnu de bonne grâce... Jusqu'à ce que son interlocutrice revienne à Eleb.

A l'instant même Asshai s'était braquée.
Il lui avait toujours semblé que cet homme lui appartenait, qu'il était siens, et entendre une autre femme lui dire qu'il pouvait avoir des prétendantes la laissait amer. De quoi se mêlait elle... Ce qu'Eleb faisait ne regardait que lui et elle même, personne d'autre.
Marmonnant entre ses dents elle répliqua sèchement,

« Eleb ne se fait pas courtiser et ne courtise personne. Je ne suis que son amie, si il y avait une autre femme, je le saurais. »

Tournant vivement la tête elle croisa les bras, comme offensée.
Aniqa avait réussi à faire germer la graine du doute qui depuis longtemps était implantée en elle. Peut être était ce cela qu'elle n'avait pas voulus voir : une autre femme. Il était bel homme c'était vrai, drôle et aventureux, pas très intelligent mais malin, de quoi en satisfaire plus d'une en somme...
Cette simple idée la révulsait, et elle en éprouvait une profonde colère, une colère bouillonnante qui n'allait pas tarder à se retourner contre Aniqa !
...
Mais après tout qu'y pouvait elle ? Elle n'y était pour rien, ses interrogations étaient légitimes...

*Cesse donc d'en vouloir au monde entier, cesse de te couper des autres... Vois où cela te mènes.*

Oui Eleb se faisait peut être courtiser par d'autres, et elle, elle n'avait même pas sut le voir ! Stupide idiote ! Imbécile de jeune fille ! Elle avait beau se cacher derrière cette colère, elle ne pouvait nier qu'au final une simple phrase avait réussi à la briser. Ce n'était pas Aniqa qui venait de la détruite, elle n'était qu'un messager, un messager involontaire.

« Je suis... Désolé... »


Sa gorge était serrée, les mots y restaient bloqués.

« Eleb... Eleb m'a abandonné il y a de cela quelques semaines... Je ne sais plus quoi faire, c'est comme tenter de retenir... L'eau avec les doigts ouverts. »

Et l'eau submergea ses yeux, envahit sa vision, et perla le long de ses joues. Pleurer, elle n'était plus bonne qu'à ça.

« Vous... Savez qui sont celles qui lui tournent autour. Oh je vous en prie je ne dirais rien, je veux simplement savoir... »
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 28 Jan 2014 - 14:42 Répondre en citantRevenir en haut


Aniqa Tahani


Quel amusement pour Aniqa d’observer les réactions d’Asshai. Se raidir au simple nom d’Eleb alors que bien d’autres auraient se serait contenté de rougir et d’opiner du chef. Son interlocutrice faisait montre d’une certaine force de caractère sans toutefois céder à ses sentiments qui devaient la dévorer, sans nul doute. Des bruits de couloirs étaient parvenus aux oreilles de l’humaine qui n’attendait qu’une chose : obtenir de la bouche-même d’Asshai la preuve de son amour pour lui afin de mieux la détruire. Elle hochait la tête à la réponse quelque peu évasive de la jeune femme.

- Vous avez peut-être raison, mais pourquoi cherchez le fruit parfait ailleurs alors qu’il est peut-être sous vos yeux ? demanda-t-elle d’une voix enjôleuse.

La fëalocë semblait prendre confiance au fur et à mesure de la discussion, signe que tout se passait bien pour Aniqa. Elle ne pensait pas avoir été découverte dans son manège. Etait-ce dû à la sincérité d’Asshai ? L’humaine chassa rapidement ses pensées de sa tête, de peur d’être prise de pitié pour sa compagnie d’un soir. Enfin … si elle était capable de ressentir de la pitié pour quelqu’un. Lorsqu’elle évoqua de nouveau Eleb en lui demandant franchement ses sentiments, l’attitude d’Asshai avait brutalement changé. Elle touchait la corde sensible. Un fin sourire se dessina sur son visage alors même que son interlocutrice lui répondit plutôt sèchement.

° Et pourtant, il te cache bien des choses, mon amie ° rétorqua-t-elle dans ses pensées.

Aniqa était satisfaite. Boudeuse, Asshai s’était retournée en croisant les bras. C’était une première victoire, mais pas suffisamment écrasante à son goût.

- Ne vous fâchez pas contre moi, je vous en prie. Je ne voulais pas vous blesser. J’ai peut-être fait preuve de trop de curiosité à votre égard.

Aniqa ne put déterminer si c’était sa réflexion ou l’intelligence d’Asshai qui avait cheminé jusqu’à la lumière, mais cette-dernière se retourna en s’excusant, penaude. Mais désormais, l’humaine avait une certitude : Asshai était éprise d’Eleb. Elle semblait avoir du mal à parler de celui qu’elle aimait. Cachait-elle donc quelque chose de particulier ? Et puis l’information tant attendu arriva sur un plateau d’argent. Eleb l’avait abandonné. Et pour qui ? De quelle manière Aniqa devait-elle lui révéler l’information ? Devrait-elle ne rien dire ? Elle regardait avec intérêt le visage d’Asshai avant de lever les yeux vers le coucher de soleil. Elle appréciait et se délectait de la douce chaleur qui caressait son visage fin et pâle. L’humaine se sentait bien, reposé malgré ses intentions plus qu’inavouable.

- Je sais très bien qui lui tourne autour, mais bien plus important encore : je sais pour qui Eleb s’est détourné de vous. Pourtant, je me sentirai gênée de vous le révéler tant la nouvelle pourrait vous faire sentir malheureuse … Je sais qu’Alissa lui fait les yeux doux mais il semble rester insensible. Kalisko, la brune aux yeux verts, a également tenté le coup. Je crois me souvenir qu’elle lui a demandé un rendez-vous galant mais qu’il lui a répondu qu’il était promis à une autre. Mais qui est donc cette promise dont vous attendez tant le nom ? Je suis certaine que maître Malorne ne vous en a rien dit. Ce serait normal d’ailleurs car tout ceci vous dépasse.

Aniqa prit une inspiration avant de poursuivre, un large sourire sur le visage.

- Mais avant de vous révéler le nom de l’élue de son cœur, il me faut vous mettre au courant de certaine chose. Le maître Malorne a dans l’idée de faire évoluer sa famille ou du moins, de mettre ses richesses à l’abri. Ne faites pas ses yeux là et laissez-moi terminer. Je disais donc que maître Malorne voulait mettre ses richesses à l’abri. Il a donc fait venir quelqu’un de particulier qui pourrait lui permettre de sceller la plus grande alliance commerciale que notre contrée est connu. Oui, vous l’avez compris : il veut unir la famille Malorne et la famille Tahani. Naturellement, mon père a accepté. Je suis donc celle que vous devez haïr. Mais je ne suis pas que cela. Je suis celle qui vous méprise, qui a pris un soin fou pour vous éloigner d’Eleb. Oui, il avait des sentiments pour vous, mais les flammes de son amour se sont éteintes. Il n’éprouve plus rien pour vous, c’est pour cela qu’il ne veut plus vous voir. Allez donc pleurer loin d’ici, fuyez cet endroit où vous n’avez aucun avenir car vous n’en avez aucun. Vous êtes et demeurez une moins que rien.
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 1 Fév 2014 - 13:48 Répondre en citantRevenir en haut



Une dague vous frappe une fois, peut vous priver d'un membre, vous ôter la vie si besoin. Mais une dague si elle laisse une entaille, laisse aussi la blessure se cicatriser, et une fois l’œuvre du temps accomplie ne subsistera plus qu'une fine trace blanche. Lorsqu'à l'inverse votre cœur ou votre confiance est brisé, cela peut laisser une cicatrice autrement plus profonde... C'est ce qui arriva à Asshai Anara en ce jour.

Les premiers noms évoqués par Aniqa la firent sursauter, elle voyait dans son esprit se succéder le visage d'Alissa, puis celui de Kalisko... Puis une colère bouillonnante envers Eleb... Et plus les mots d'Aniqa avançaient, plus elle sentait le froid l'envahir, ses épaules trembloter, d'abord doucement puis de plus en plus violemment. Son cœur commençait à s'emballer en même temps que la voix d'Aniqa se modulait.
Telle une chanteuse, sa douce voix aux accents charmeurs se changeait subtilement au fil des mots pour devenir de plus en plus incisive. Elle avait l'impression de se trouver perdue au milieu d'un océan, un océan dont elle voyait la surface geler, se resserrant toujours plus autour d'elle. Et puis les derniers mots d'Aniqa raisonnèrent à ses oreilles, se répercutant dans son âme en de sombres échos.

Sans même réfléchir à ce qui lui arrivait elle sentit une rage violente s'emparait d'elle tout comme les tremblements avaient pris le dessus de son corps. Les larmes coulaient mais elle ne les sentaient plus. Ses yeux s'étaient réduits en deux fentes derrière lesquelles ses pâles iris avait prit l'éclat de la colère. La haine qu'elle commençait à éprouver, qui se rependait à travers ses veines tel un noir poison, devenait palpable tout autour d'elle. Elle semblait plus grande qu'à l'ordinaire, menaçante et brûlante.

« Toi... Toi... Toi ! TOI ! TOI ! »


Se précipitant sur Aniqa avec une force insoupçonnée elle saisie son cou de ses deux mains et la pressa contre la colonne qui se trouvait derrière elle. Ses doigt se resserrait autour de la gorge diaphane de la jeune femme. Elle la prenait et la bousculait avec force comme pour la briser en mille morceaux sur la pierre.

« TOI ! IMMONDE TRAINEE ! GOUGE ! SORCIERE ! DEMON ! KAZIEL ! »


Chaque fois qu'une nouvelle insulte raisonnait dans le jardin intérieur, elle repoussait toujours plus violemment Aniqa contre la colonne. Sa poitrine se soulevait au rythme saccadé de sa respiration. L'air commençait à lui manquer. Elle commençait à s'affaiblir, ses doigts commençait à s'engourdir.

« TU VAS … TU VAS... Tu vas... »

Non... Elle ne pouvait pas faiblir... Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait... C'était comme si ses forces l'abandonnaient, comme si elles s'échappaient de son corps sans qu'aucun barrage ne puissent les retenir ! Rapprochant son visage de celui d'Aniqa elle siffla entre ses dents :

« Je vais … Te le faire... Payer... »

Et alors les tremblements eurent raison d'elle, et Asshai s'écroula, genoux à terre. A quatre pattes, haletant, elle fixait Aniqa encore debout devant elle, d'un air haineux.

« Tu t'es joué de moi mais crois moi... Crois moi un jour, tu vas le regretter. REGARDE MOI BIEN ! TU M'ENTENDS ? »

Un rugissement presque animal la secoua, se mêlant au sanglot qui la secouaient en flots ininterrompus. Elle enrageait, c'était perdu. Elle était une enfant du feu et avait laisser ce feu la consumer de l'intérieur. Une force destructrice qui s'était retournée contre elle.

On venait de lui retirer la seule chose qui lui avait jamais appartenu. Maintenant elle était seule. Seule et sans avenir.
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 4 Fév 2014 - 14:51 Répondre en citantRevenir en haut


Aniqa Tahani


Le visage d’Asshai semblait se tordre de douleur à chaque nouveau nom qui sortait de la bouche d’Aniqa. Mais celle-ci se délectait de l’instant présent, se nourrissant de la tristesse qui envahissait la fëalocë. Un fin sourire s’était dessiné sur son visage. Ce n’était pas le sourire aimable, quasi mielleux qu’elle pouvait servir à tout bout de champ et qu’elle avait jusque-là utilisé et abusé. Non, ses lèvres s’étaient légèrement entrouvertes, découvrant ses fines dents blanches pour former un sourire narquois. Mais l’animal, s’il était frappé, commençait à retrousser les babines de colère. Asshai s’était levée et ses doigts s’étaient refermés sur la gorge pâle d’Aniqa. Elle sentait les membres fins de la fëalocë s’enfoncer comme pour percer sa peau pâle. Son visage affichait la terreur, la peur de mourir se lisait dans ses yeux. Les insultes résonnaient dans le jardin comme des coups de tonnerre toujours plus puissant. La rage avait sans nul doute décuplé la force d’Asshai et l’humaine sentait l’air lui échapper. Elle suffoquait, tentait de se débattre face à ce monstre qui lui faisait face. Pour la première fois de sa vie, Aniqa apprenait à ressentir la terreur. Elle voyait les images défiler devant ses yeux. Non, sa vie ne pouvait pas s’arrêter maintenant, ce n’était pas possible. Les multiples chocs de sa tête contre la colonne de pierre commençaient sérieusement à lui faire tourner de l’œil. Et puis, ce fut comme une bénédiction des dieux eux-mêmes.

Les mains d’Asshai perdaient de leurs forces. Elle les sentait glisser le long de son cou. Le sourire qu’avait perdu Aniqa quelques instants plutôt était de nouveau là. Elle reprenait de l’assurance. L’humaine fut prise d’une quinte de toux, l’air s’engouffrant à nouveau dans ses poumons. Elle porta une main à l’arrière de son crâne et y découvrit avec horreur du sang. Elle ne saignait pas abondamment, loin de là. Ce n’était que de petites égratignures sans gravités, mais cela suffisait à la mettre en colère, elle aussi. Mais la voix sifflante d’Asshai continuait de lui inspirer la peur. Lorsqu’elle rapprocha son visage pour lui signifier sa vengeance, Aniqa recula instinctivement la tête et cogna une dernière fois la colonne derrière elle. Et ce fut la délivrance. Enfin, Asshai reprenait sa position d'être inférieure, à genoux devant la belle Aniqa. Celle-ci se retenait de lui donner des coups de pieds et, pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Mais plus que cela, elle savait comment mener sa propre vengeance.

- Immonde trainée ? Gouge ? Sorcière ? Démon ? Kaziel ? Sont-ce bien tes mots, vile catin ? Tu n’es rien, tu m’entends, rien ! Je vais m’assurer que tu paies cent fois tes actes, que tu en souffres. J’en réfèrerais au maître de ces lieux, j’en parlerai à mon père. On fermera le magasin de ton père, on coupera les vivres à ta famille. Ils deviendront si pauvres qu’ils n’auront plus de quoi subsister ! Oh, mais ne t’inquiète pas pour eux ! Imagine leur réaction quand ils apprendront qu’ils n’ont plus rien à cause de toi ! C’est TOI qui va le PAYER, tu as entendu ?

Elle se détourna et sortit à pas pressé du petit jardin, laissant Asshai seule à son désespoir. Des regards curieux se posaient sur elle dans les couloirs. La fureur se lisait sur son visage. Son teint, rougi par la colère, contrastait à son habituelle peau pâle. Elle ressassait encore et encore les mots de cette fëalocë. Oui, elle lui rendrait la vie impossible, la forcerait à l’exil. Elle claqua avec force la porte de sa chambre et ouvrit un tiroir du secrétaire. Elle en tira une feuille de papier, une plume et de l’encre. D’une main qui traduisait son énervement, elle écrivit la lettre suivante

Citation:
Mon cher père,

Vous m’aviez promis une vie simple et aisée dans la demeure du maître Malorne où je devais épouser Eleb. Vous m’aviez caché qu’en réalité s’y trouvait un serpent à la langue acérée et à la violence terrible. J’ai été victime en ce jour d’une brutalité sans nom de la part d’Asshai Anara.

Ce nom ne doit pas vous être inconnu. Il s’agit d’une famille de marchand. J’aimerai qu’à votre titre de père, vous fassiez le nécessaire pour la faire disparaître. Rayez-là du Saint livre des marchands, prenez-lui sa fortune, exilez-là vers un univers bien plus impitoyable que leur train de vie ridicule leur permette.

Et à titre principal, je souhaiterai que maître Malorne exclue Asshai Anara de la famille, qu’il l’en bannisse à jamais et qu’il l’interdise de revenir en ces lieux, qu’il lui inflige nombre de tourments corporels s’il le veut. Mais je veux qu’elle disparaisse.

En ce jour, je maudis le nom de sa famille et espère sincèrement que cet incident sera réparé par la plus juste indemnisation qui soit.

Votre fille adorée,

Aniqa.



L'humaine reposa la plume dans l'encrier, plia soigneusement la feuille de parchemin et la cacheta de son sceau. Elle cria le nom de sa stupide servante qui rappliqua plus que rapidement, au galop. La terreur qu'elle pouvait inspirer les jours de colère étaient de ceux auxquels il ne fallait mieux pas éviter, de peur de subir mille tourments. Elle donna la lettre à Marlène qui était en robe de chambre, pieds nus et tremblante.

- Donnez ceci à mon père de toute urgence. Je ne tolèrerais aucun retard.

La porte se referma derrière la servante qui avait pris ses jambes à son cou. Elle n'avait plus qu'à aller voir une autre servante pour se faire soigner et dorloter.
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:31 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu