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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Mer 18 Sep 2013 - 13:47 Répondre en citantRevenir en haut


Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Haut Représentant du Clan Dominant

Theme Song :
A New Power Is Rising - Summoning


¤ Début Gaïaku 918 ¤
Au Mahalma, durant l'attaque des Morts-qui-Marchent ...


Dans la pénombre des couloirs du Màr Tàralöm s'avançait une haute silhouette, la poignée d'une lourde lame soigneusement logée dans sa poigne de fer. A quelques pas derrière lui, une ombre au souffle puissant, géant aux écailles bronzes, le talonnait de près, ses yeux reptiliens luisant dans l'obscurité. Martel Dehlekna, Haut Représentant du Clan Dominant, s'était mis en route pour la bataille dès que les premières rumeurs de combat lui étaient parvenues, et il frappait sans pitié tout ceux qui se mettaient en travers de son chemin, qu'ils soient morts ... comme vivants.

Il avait été si difficile d'arracher quelques brides d'informations valables aux civiles terrorisés qui fuyaient à travers les galeries … Qui commandait les soldats au Val ? Où était passé cet arriviste de de Sigvald ? Comment se présentait la bataille ? Les informations dont il disposait étaient bien maigres. Les seules choses dont il pouvait être sûr étaient, premièrement, que les soldats étaient menés comme il se devait, en première ligne, par l'Archonte, Yuma Amarok ; deuxièmement que Alecto de Sigvald n'était trouvable nulle part. Soit il se terrait dans un coin, soit il avait eu l'idée brillante de s'absenter du Kaerl. L'ombre d'un sourire méprisant effleura les lèvres minces du Moredhel.

La surprise d'apprendre que les morts s'étaient relevés et avaient formé une armée pour attaquer le Kaerl avait depuis longtemps déserté son esprit. Le fait que le fantôme d'Ulfgar Haraldson les mène n'était que quantité négligeable pour lui également. Si l'Archonte ne parvenait pas à lui régler son compte, il s'en chargerait lui-même. Non, des affaires bien plus pressantes l'intéressaient à présent. Et c'est pourquoi il se dirigeait vers le Mahalma, que les gardes du trône, stupides et bornés, refusaient, d'après les fuyards qu'il avait croisé, d'ouvrir aux civils. Martel connaissait par coeur les chemins tortueux du Màr Tàralöm, et n'avait pas peur d'emprunter les couloirs rarement fréquentés car très faiblement éclairés, au plus profond du volcan.

**Une troupe de ces abominations, à quelques minutes devant nous.**

Un haussement de sourcil intrigué accompagna simplement la déclaration de Melkor et le couple d'âmes-soeurs marqua une pause dans sa progression, étudiant les ombres de la galerie. Que faisaient-ils ici ?

*Si je trouve qui a laissé ces zombies aller souiller jusqu'au cœur même de notre Kaerl, je le ferais châtrer pour son incompétence.*
**La seule issue de cette galerie aboutit devant le Mahalma, Martel. Leur but me paraît assez clair.**

L'Elfe Noir croisa silencieusement le regard du Bronze. Qui qu'il soit, ce Maitre des Ombres jouait finement sa partie. Quoi de plus marquant pour les esprits que de prouver qu'il était capable de pénétrer jusque dans les plus inviolables des demeures, celles qui n'avaient jamais été touchées même durant la Grande Guerre des Ordres : les Kaerls ? Effrayer suffisamment les civils pour en faire un fardeau pour les soldats …

Le poitrail gonflée, le regard fixé sur la macabre troupe, Melkor semblait prêt à déverser son feu sans retenue, pour les réduire en un tas de cendre bien propre, dont on pouvait être à peu près sûr que lui au moins ne se relèverait pas. L'ombre d'un sourire revint planer sur les lèvres de son lié, allumant un éclat indéfinissable dans ses prunelles de glace, et il posa sa main sur l'épaule massive du Bronze.

*Non, attends.*

Et, étrangement, le Moredhel fit demi-tour. Ils rejoindraient le Mahalma par un autre chemin, plus exposé, mais plus rapide.

***


Armé de pied en cap, sa queue de cheval lui battant le dos, la silhouette mince du Sang à la chevelure argentée déboucha d'un petit passage en face du couloir principal qui menait à l'entrée du Mahalma. La foule semblait bloquée par son propre nombre. Au milieu des civils affolés se pressaient quelques Morts-qui-Marchent, qui tuaient sans vergogne, le visage inexpressif. L'absence d'ordre était consternante, néanmoins, c'est avec une satisfaction évidence que Martel se tourna vers le géant bronze qui l'accompagnait.

*Le moment est venu pour toi d'entrer en scène.*

Le dragon inclina la tête, légèrement, fixant son lié impassible, avant de lâcher quelques mots, laconique.

**Je risque de toucher des vivants.**
*Ce ne sont que des Sans-Don, Melkor. Il faut savoir accepter un certain pourcentage de pertes pour pouvoir gagner la guerre.*

Le Bronze renâcla, sans qu'on puisse dire s'il approuvait ou non cette déclaration, et s'avança vers la foule rassemblée, prêt à relâcher enfin ses flammes dévastatrices.

« Faites place ! »

La voix forte du Moredhel résonna dans la galerie et se répercuta sur la haute voûte, de sorte que nul ne puisse ignorer son ordre. Immédiatement après, alors que les civils s'égaillaient de manière désordonnée, sans sommation, Melkor fit feu sur les zombies qui ne l'avaient pas encore remarqué. Quelques-uns des civils, les rares qui avaient trouvé le courage désespéré de se battre au corps à corps avec les abominations, furent également incinérés, mais c'était un nombre très négligeable par rapport à la masse de la population totale présente dans le couloir. Alors que le dragon continuait sa lente progression vers les portes du Mahalma, ouvrant un passage à travers la foule, Martel se mit en marche derrière lui, tailladant de son épée les quelques morts-vivants qui résistaient encore. Que les gens voient ce qu'il faisait pour la sauvegarde du Màr !

La réputation de guerrier impitoyable du Sang le précédait, et tous le connaissaient au moins de vue. Peureusement, les civils s'écartaient autant que possible de son chemin, craignant de se faire écraser par la masse imposante du Bronze qui marchait à ses côtés. L'Archonte avait la main longue, puisqu'il avait visiblement réussi, sans bouger de son poste au Val, à faire fléchir les Gardiens pour faire ouvrir le Mahalma aux blessés et aux civils. Intéressant ...
Enfin, le couple d'âmes-soeurs parvint à l'entrée de la grande salle, et s'arrêta pour observer l'étrange ballet des guérisseurs qui allaient d'un corps à l'autre … Et la rangée de Gardiens qui entouraient le trône, la nuque roide, le regard fixe. Quels imbéciles. Fort bien ! Il y avait quelques Maitres Dragons de bas rang dans la salle, mais il était visiblement le premier Sang à se rendre ici. Voilà qui arrangeait ses affaires.

Martel avisa enfin celui qu'il recherchait, le Maitre Guérisseur Esthen Frâlan, apparemment maitre actuel des lieux, et se porta à sa rencontre. Croisant son regard à travers l'ombre de sa capuche, c'est sans la moindre hésitation qu'il annonça, avant de se détourner vers son but, qui reposait, abandonné de son propriétaire au fond du Mahalma :

« Maitre Frâlan, faites passer l'annonce : je prends à partir de cet instant le contrôle de ce Kaerl. »

Sans lui laisser le temps de répondre, le Sang se dirigea vers les Gardiens qui resserrèrent aussitôt les rangs, sentant l'attention du Maitre Bronze se porter sur eux. Melkor gardant son dos, il s'arrêta en face d'eux, et rengaina son épée, les toisant avec mépris, bras croisés sur sa poitrine.

« Ecartez-vous. Le Seigneur Iskuvar étant absent, de même que le Second de Sigvald, je réclame la possession de ce trône. »

Les Gardiens échangèrent un regard, affermissant d'un air incertain leur prise sur leurs armes. Il n'était pas question d'obtempérer … Néanmoins … La vue du géant Bronze se dressant soudain au dessus de Martel, crocs à découvert en une expression menaçante, les fit reculer de quelques pas.

« Nous ne pouvons pas vous laisser passer, par ordre du Seigneur du Màr Tàralöm, Alauwyr Iskuvar ! »

Allons bon, ainsi l'un d'entre eux avait donc plus de bravacherie que d'intelligence.

« Messieurs – dit-il d'une voix glaciale – je crois que vous n'avez pas bien compris. Je vous laisse compter jusqu'à cinq avant de laisser Melkor ouvrir la voie. Vous pouvez compter sur vos doigts si vous le souhaitez. »

Il fixa son regard en particulier sur le garde qui avait parlé. Il n'avait pas de temps à perdre avec ces enfantillages ! Les secondes s'écoulèrent, lentes, et lourdes de tension, avant que tous les Gardiens, sauf un, ne tombent à genoux en signe d'obéissance.

« Nous servirons sous vos ordres, Seigneur Dehlekna. »

Le dernier debout, le seul qui avait protesté, jeta un coup d'oeil affolé à ses comparses agenouillés, avant de lever un regard plein de frayeur sur le Sang.

« Pitié ! »

Ce fut le seul mot qu'il eut le temps de prononcer, avant qu'il ne s'enflamme brutalement, et que Martel ne l'enjambe, indifférent, pour grimper une à une, les marches du trône. Se tournant face à la foule médusée, il s'y assit, savourant intérieurement son triomphe, après des années à courber l'échine devant des dirigeants qu'il méprisait.

« Peuple du Màr Tàralöm ! Alors même que notre Seigneur est absent, nous sommes assaillis au cœur même de notre domaine par des abominations qui ne devraient pas être. Tandis que l'Archonte se bat au Val pour votre sauvegarde, quelqu'un doit diriger, pour que le Kaerl reste fort face à l'ennemi. En ces heures sombres, moi, Martel Dehlekna, Sang et Haut Représentant du Clan Dominant, me proclame donc Seigneur du Kaerl. »

La déclaration fit l'effet d'un coup de tonnerre. Il se doutait que les difficultés ne feraient que commencer, à partir de maintenant … Mais cela importait peu. Il s'installa confortablement pour attendre, le même sourire fantômatique flottant sur ses traits anguleux. Il était prêt à jouer.


* Texte by Heryn Amlug *



[HRP : Si le MJ de ce RP me pardonne mon intrusion (et si Alauwyr me pardonne de lui avoir fauché son trône XD) ... Ca fait plusieurs jours que je trépigne en me disant que l'occasion est trop belle pour un personnage comme Martel, de profiter du chaos pour s'emparer du pouvoir ... Personne n'étant apparemment en mesure de le jouer pour le moment (à part Alau, mais ce n'est pas drôle de jouer avec soi-même ^^), je me suis dévouée ! Voilà donc un peu d'action pour l'arrière du front ! =D
A Ruri, Asshai, et Narcisse qui sont actuellement au Mahalma ou à proximité, je me suis abstenue de vous mentionner parce que ça aurait été un peu compliqué, mais je ne vous oublie pas, donc n'hésitez pas à vous manifester ^^.]



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Mer 18 Sep 2013 - 13:47 Revenir en haut

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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mer 18 Sep 2013 - 21:57 Répondre en citantRevenir en haut

- Alauwyr est le seul et unique Seigneur de ces lieux, Martel Dehlekna, rétorqua Narcisse, tandis que la foule faisait silence. Vous n'avez aucun droit sur le trône du Kaerl Ardent, surtout après vous être fait remarquer par votre absence ! Vous l'avez dit vous même, n'est-ce pas ? L'Archonte risque sa vie au Val. Et vous ? Qu'avez-vous fait pour ces gens depuis l'apparition de ces abominations ? questionna-t-elle en pointant le doigt vers les Sans-Dons blottis au fond du Mahalma.

Jamais, avant ce jour, la jeune femme n'aurait osé défier ainsi un Sang. Narcisse se sentait submergée par un accès de rage folle, par encore plus de colère que lorsque le Prince du Continent d'Ören avait mis à genoux sa famille et réduit à néant son pouvoir sur les cités du Sud. Mais par Flarmya, pour qui se prenait donc cet homme ? Comme Yuma Amarok, comme Anaviel Indalwe ou encore Lilwen Izil, il était un Sang au service du Seigneur Iskuvar, juste un Sang, et ce statut ne lui donnait pas le droit d'accéder à sa guise à la tête du Màr Tàralöm, aussi glorieuse soit sa position. Ni l'Archonte, ni le Grand Légat n'avaient eu ce genre d'idées à l'esprit jusqu'à présent, bien malgré leurs exploits accomplis ou à venir. Qu'est-ce qui poussait donc ce Martel à de pareils agissements ? La haine ? La soif de pouvoir ? La folie peut-être ?

Déterminée à mettre fin à son petit numéro, la Chevalière s'engagea sur les marches menant au Grand Trône, jusqu'à ce que Wicella lui rappelle un détail essentiel :

°Narcisse, prend garde, il n'est pas seul !°

Aveuglée par la colère, et la crainte de voir la situation s'aggraver plus encore, la Chevalière en avait oublié la présence du grand bronze aux côtés du Despote. Aussi grande soit la volonté de Narcisse, elle ne pourrait résister aux flammes d'une pareille créature si elle décidait d'attaquer. Wicella trop jeune pour lui être d'une quelconque utilité, elle s'arrêta dans son avancée, fixant tour à tour les Liés. Les mots se bloquèrent dans sa gorge, tandis que l'envie de décapiter ce tyran sur le champ devenait la solution la plus envisageable pour en finir. Ses doigts se crispèrent sur les fusées de ses cimeterres.

°Ecoute, je suis consciente de tes motivations, mais ce n'est pas une bonne idée. Il suffit de croiser son regard pour comprendre que cet homme est puissant, et n'aura aucune pitié pour qui osera se mettre en travers de son chemin !°
°Qui est-ce qui parle ? La Céleste ou l'Ardente ? Rencontrer ton père ne t'a pas réussi, tu es toujours aussi craintive !°
° Narcisse ! °


Les liens entre les deux Liées s'étaient certes améliorés, mais pour le moment, rien le laissait présager que l'une accepte enfin d'écouter l'autre. Faisant reculer sa Liée du pied, Narcisse s'engagea à nouveau vers le trône, pas à pas, surveillant du coin de l'oeil le moindre geste du grand Bronze, de Martel, et enfin des Gardes susceptibles de lui venir en aide. Elle aurait tant voulu l'égorger sans que personne ne vienne se mettre en travers de son chemin !

- Les ordres de l'Archonte ont été clairs et les choses se mettent progressivement en place ici...Nous n'avons pas besoin de vous.

S'exprimer avec un "nous" prononcé était une initiative risquée. Personne jusqu'à son arrivée au trône, hormis un Gardien, n'avait osé tenir tête à Martel. Ces gens étaient-ils réellement contre sa montée sur le trône ? Alauwyr Iskuvar, de part son air sombre, n'avait peut-être pas autant d'autorité sur le Kaerl qu'elle l'imaginait.
Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 29 Sep 2013 - 00:52 Répondre en citantRevenir en haut



Personne n’osait donc réellement tenir tête à Martel Dehlekna ? Pourtant, au sein du Màr Tàralöm, il existait une personne capable d’un tel exploit…

Lorsque l’attaque surprise avait débuté, lorsque le siège de son foyer l’avait tiré de ses pensées, Eléderkan Garaldhorf veillait dans une petite salle d’études de l’Observatoire, penché sur de vieux manuscrits fournis par Maîtresse Del Caelan. L’Inquisiteur Suprême étudiait des passages complexes, rédigés en un ancien dialecte dérivé de la langue parlée jadis par les Valherus avant leur chute, au point d’en avoir la migraine. La réponse se trouvait forcément quelque part. Si le Gardien et le reste de sa fratrie en avaient si peur, au point de tout faire pour les garder secrètes et les oublier, que pouvaient bien être ces Clefs d’Ouranos ? Les plus fous des anciens Esclaves devaient bien avoir cachés quelque part, dans les vieilles pierres de ce Kaerl, quelque récit fantasque ou prouvé sur l’existence de tels objets ! Tant de savoirs avaient été perdus après la disparition des Seigneurs Dragons. Peut-être plus encore lors de la Grande Guerre des Ordres, sous l’action d’une purge de la population de toute l’île. L’espoir d’une réponse à cette énigme était peut-être vain. Mais Eléderkan ne pouvait s’empêcher de chercher…

° ELEDERKAN ! °

Le cri d’alarme de Thémos fit écho à son formidable rugissement. Toute la journée, le grand Bronze s’était montré nerveux et irritable. Ses frères et sœurs sentaient la peur envahir les cœurs des habitants du Kaerl depuis des semaines. Aujourd’hui, la peur atteignait son paroxysme. Il allait se passer quelque chose…

° Le Kaerl est attaqué ! Aux armes ! Pour le Màr Tàralöm ! °

Le Bronze avait toujours conservé de sa jeunesse querelleuse et provocatrice des relents de violence sous le vernis du sarcasme. Ses instincts de prédateur ainsi que de mâle dominant, prêt à tout pour protéger son territoire et sa famille, s’éveillaient dans leur plénitude. On osait assiéger le Màr de ses ancêtres ! On osait souiller la glorieuse mémoire de ce lieu et effrayer ses habitants ! Flarmya ne pouvait laisser impunis ce sacrilège. Et Thémos, fils de Tintaglia, encore moins.

~°~

Le couple de Liés combattaient avec acharnement sur le Val. Thémos recevait les ordres de l’Archonte Brûlant et les transmettait à l’Elfe qui le chevauchait, tandis que ce dernier tirait flèche enflammée sur flèche enflammée. Par sa taille et son envergure, le Bronze pouvait difficilement atteindre le sol. Il attisait les flammes par les bourrasques de vent s’engouffrant sous ses larges ailes. Lors de brusques descentes vers le sol envahis de morts-qui-marchent, Eléderkan se laisser glisser dans les étriers de son harnais pour décapiter le plus de têtes possibles du tranchant de sa lame. C’était un exercice fastidieux et épuisant. Mais voir ces créatures rejetées par Isashani elle-même souiller le Kaerl lui soulevait le cœur.

° Melkor… °

Thémos vira brusquement, se laissant emporter par un courant ascendant. Son cavalier jura et abaissa son arc. Il s’empressa d’étouffer la mèche huileuse qu’il utilisait pour enflammer ses flèches avant que celle-ci ne noircisse les écailles de son Lié à son contact. L’Elfe s’agrippa au harnais d’acrobaties de combat – modèle amélioré depuis la dernière fois qu’il l’avait utilisé, pendant la Grande Guerre des Ordres – et assena un coup de poing sur l’encolure du dragon.

° Ne te laisse pas distraire ! Qu’est-ce que tu as ? ° s’échauffa-t-il contre le reptile ailé qui n’en faisait qu’à sa tête.

Thémos répondit avec un léger temps de retard, son esprit concentré ailleurs. Ses yeux suivaient la progression invisible d’un de ses pairs cheminant dans les sombres couloirs du Màr. Il accéléra, s’éloignant du champ de bataille.

° Thémos ! Que fais-tu ? Nous devons faire demi-tour, maintenant ! Thémos, c’est un ordre ! °

Le dragon fit une légère embardée. De quoi dissuader Eléderkan de trop le pousser à bout. Ce dernier décida qu’il valait mieux se taire et rongea son frein, tandis que la désagréable impression de fuir la queue entre les jambes lui laissait un goût amer. Le grand mâle entama une descente prématurée sitôt assez éloigné du Val et du gros des ennuis. Il se posa sans grande douceur, écarta d’une patte sertie de griffes les gardes en faction devant une des portes monumentales menant dans les quartiers riches, et poursuivit sa route sans un regard en arrière. Eléderkan ne pouvait que s’accrocher en silence au harnais. Toute autre pensée parasite aurait pu transformer son Lié en machine à tuer. Le Bronze se faufila dans le dédale des corridors, bousculant les habitants paniqués et les fantassins. Quand il se décida enfin à déverrouiller son esprit, tous les sens d’Eléderkan se mirent en éveil.

° Il se passe quelque chose dans le Mahalma…
Quoi donc ?
Il y a là-bas de l’agitation qu’il ne devrait pas y avoir. L’infirmerie de secours est prise d’assaut.
… Tu veux dire le Trône… °


Repoussant avec fracas les deux battants des portes du Mahalma, le grand Bronze sembla rapetisser encore plus la salle déjà encombrée de civières, de guérisseurs et de soldats. Un autre Bronze se trouvait dans la pièce, avec un intérêt tout autre logé dans son cœur. Deux mâles dominants dans la même pièce, avec une telle tension dans l’air, ce n’était jamais un bon pari. Dès qu’il aperçut Melkor, Thémos découvrit une rangée de crocs blancs dans un grondement silencieux tout en s’avançant vers lui. Martel Dehlekna siégeait en ce moment même sur le trône des Seigneurs Ardents, un objet hérité des Valherus. Une telle vision avait de quoi ravir les esprits les plus faibles. Eléderkan ne s’y trompait pas. En d’autres temps, en d’autres lieux, il aurait applaudis et soutenu corps et âme son ancien frère. Le voir à la plus haute place au sein de la citadelle volcanique l’aurait empli de joie et d’orgueil quant à l’avenir du Màr Tàralöm. Comme tout cela semblait lointain… Il avait cru dur comme fer que tout était de la faute de Martel, que c’était lui qui avait changé. Et si ce n’était pas le cas ? Et si c’était Eléderkan Garaldhorf qui avait trahis leur amitié et qui s’était assagis au point de devenir un bon petit chien ? Et si c’était lui le faible dans l’histoire ? S’il avait réellement tourné le dos à des rêves de grandeur que le Màr, et lui-même, méritaient ?

Le cœur lourd, l’Inquisiteur Suprême glissa du flanc de son dragon. Il laissa celui-ci défier du regard son frère aîné et s’avança au-devant du trône sacré. Le reflet des torches et des lampes accusait les traits durs et couverts de poussières de l’Elfe d’Ys. Trop perplexes pour réagir, les Gardiens alignés le long des marches le laissèrent s’approcher. Eléderkan posa une main sur l’épaule de la jeune femme en train de défier Martel. Ses mots avaient résonné jusqu’à ses oreilles comme Thémos atteignait l’entrée de la haute salle. La petite avait du cran, n’hésitant pas à mettre en danger sa vie et celle de sa Verte en jeune âge. Tout-à-fait louable mais vain.

- Chevalière, ceci n’est pas de votre ressort. Retournez en bas. Rassemblez les Chevaliers les moins blessés en une garde armée. Personne n’entre ou ne sort du Mahalma avant que Maître Frâlan ou moi-même n’en ayons donné l’ordre.

D’une pression suffisamment forte sur son épaule, il écarta Narcisse d’Istelsten de son passage, la repoussant vers le bas des marches. Il ne lui prêtait plus attention, espérant seulement qu’elle obéirait, pour leur salut à tous.

- Maître Dehlekna, j’ai entendu votre proposition. En tant que Maître Dragon de ce Kaerl, je loue votre courage et votre perspicacité à vous déclarer prêt à endosser les responsabilités qui incombent à un véritable Seigneur, particulièrement dans ces temps troublés…

Mais où était passé ce vieux loup aux dents longues qu’était Alauwyr Iskuvar ? Ne pouvait-il pas défendre lui-même son droit au trône ? Où était-il quand on avait besoin de lui, par Kaziel ?! En revanche, l'absence de Maître de Sigvald l'arrangeait. Ce jeune prétentieux avait encore à répondre du meurtre d'une Sang et de sa dragonne.

En tant que Sang du Concile, il est de mon devoir de vous mettre en garde. Vous violez les lois ancestrales du Màr Tàralöm en étant assis à cette place d’honneur. Si le Seigneur et le Second se trouvent être dans l’incapacité d’assumer leurs fonctions, il revient au Gardien Seregon Del Cirth de décider qui sera le Seigneur intérimaire, ou qui assumera la garde du trône pendant sa vacance avant de nouvelles élections. Et si le Gardien est inapte à jouer ce rôle, il revient au premier des Maîtres spirituels de ce Kaerl, le Sang Marek d’Ardiénor.

En tant que seul autre Sang de cette pièce, j’attends que vous obéissiez aux lois de votre propre maison et compte bien vous les faire respecter. Quittez ce siège tant qu’il est encore temps, Sang Martel Dehlekna. Nous sommes en guerre contre le Maître des Ombres. N’ajoutons pas une guerre civile au tableau.


° Je t’en prie, Martel. Ne m’oblige pas à te faire descendre de ce siège ! Pourquoi veux-tu tant ce trône insipide ? Le pouvoir lie les mains plus qu’il ne les libère ! Abandonne. Je ne veux pas te tuer. °



J'ai improvisé, désolée si ça chamboule tout ^^" Me dire si tout va bien dans le post ! Vous pouvez sauter mon tour sans problème pour la prochaine fois, je posterais quand je pourrais, je ne suis là qu'à l'occasion ^^



Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 6 Oct 2013 - 12:53 Répondre en citantRevenir en haut


Esthen Frâlan & Buroth
Maitre Guérisseur



Esthen se concentrait au maximum pour faire le tri des blessés. Essayant de faire fi des bruits de batailles qui résonnaient comme si elles étaient juste en face de lui, le maître-guérisseur rassurait telle personne pour un simple coup pour une grosse ecchymose à la tête, une autre pour lui dire qu'on allait vite soigner sa jambe brisée... Plus loin, son lié brun tentait de raisonner des liés de pas foncer sur les adversaires pour venger les blessures de leur lié. Les esprits devaient rester unis et pour se battre, un dragon devait faire passer la douleur à un autre plan, surtout si le chevalier ou le maître dragon n'avait pas été trop gravement touché.

Esthen ne songea pas aux pertes chez les liés, cavalier ou dragon... Non ce n'était pas le moment d'y songer. Malgré la force de son dragon à ne pas lui transmettre ses émotions à la mort d'un de ses frères, il percevait quand même la douleur de ces pertes inestimables. Son coeur se pinçait...

Il secoua sa tête.

*Des gens ont besoin d'être soignés. Ils ont besoin de soins pour vivre. *

Après avoir orienté un jeune soldat dans les mains d'un de ses novices, un homme en robe blanche, l'aborda et lui faisait part de la situation. Ce dernier le quitta aussi promptement qu'il était venu. Le Maître guérisseur récupéra ses affaires et se dirigea donc vers le coin Est. Arrivé la bas, il ne put s'empêcher de blêmir. Des blessures graves, il en avait déjà vu, des horribles même, mais pour ce jeune homme qui le fixait, dans un brin d'espoir de survie...

Déglutissant, il se rapprocha du jeune agonisant et lui prit la main. Elle était déjà bien glaciale. Pour affronter la mort au quotidien, il connaissait ses prises. son patient n'en avait pas pour longtemps. Il peinait à parler.

''Du calme, ca va aller, je suis là. Je vais vous aider....''

Il lui tapota la main de de la sienne. Le mourant lui adressa un sourire rassuré avant que son regard se voile définitivement. Ses paupières furent fermées par le passage des doigts d'un Frâlan résigné. Ce ne serait pas le seul mort... Il se releva, abandonnant le mort pour voir les autres cas, s'il était encore possible de faire quelque chose pour eux.

Il quitta le coin est, le visage défait par l'échec de n'avoir pu sauver ces quelques cas qu'on lui rapporta. D'autres blessés lui furent amenés et il les orienta vers ses autres novices, déjà bien débordés. A ce rythme, il n'était pas sûr de rester suffisamment concentré pour secourir les siens.

Il ne vit pas de suite l'arrivée d'un Maître-Dragon : Martel Dehlekna. et il venait de lui demander quoi ? Le temps de se ressaisir, le nouveau prétendant au trône se dirigeait déjà vers ce qu'il jugeait lui revenir de droit. Cela stupéfia tellement le Maître-guérisseur, qu'il resta tétanisé. En ce moment troublé, là où des gens et des dragons se battaient pour la sauvegarde même du Kaerl, de sa communauté entière, il était là question de prise de pouvoir ? La politique profitait des instants de confusion pour entrer en jeu ? Est ce que Martel ne voyait pas que le Kaerl courait un grave danger de destruction ? Etait-il devenu fou ?

Il regardait presque dans le vide quand il entendit la voix déterminée de Narcisse et les paroles froides mais posées d'Eléderkan Garaldhorf. Comme pris dans ce choc d'une chose invraisemblable il entendit à peine la voic mentale de son lié qui cherchait à le ''réveiller''. Le rugissement d'un dragon dans le fracas de la bataille le ramena brutalement dans la dure réalité : celle ou des gens mouraient et qu'il ne pourrait pas sauver, lui qui avait toujours repousser la mort par ses compétences. Ces mêmes compétences mise à mal par cette scène caricaturale d'une lutte intestine pour prendre le trône kaerlique. Il manqua de tituber dans ce retour.

Ses mâchoires tremblantes se serrèrent et soudain, d'un air calme, il redressa la tête et fit quelques pas en avant. Il donna quelques consignes à un de ses élèves. Puis il prit une grande inspiration et :

''ASSEZ !''

Il était difficile d'imaginer Esthen Frâlan s'énerver, lui qui était toujours réservée et et silencieux, attaché qu'à ses seules recherches et compétences.

''Allez vous battre pour m'aider à sauver des vies au lieu de vous disputer comme de sales gosses pour un trône ! La politique n'a pas sa place dans cette crise ! Le kaerl se bat pour la survie, pour la vôtre et celle de nos liés ! N'entendez-vous pas le fracas des combats à l'extérieur ? Vous vous jugerez après pour ce maudit trône ! Allez vous battre et montrez qu'on peut reposer sur les membres du Concile en toute circonstance au lieu de jacasser ! Mon devoir premier est pour moi de soigner des gens et vous ne m'aidez pas à accomplir mon rôle en laissant des gens mourir ! Allez vous battre et jouez votre rôle et devoirs comme je suis en train de le faire depuis le début des hostilités ! Par Flarmya !''

Il haleta à la fin de son discours et tremblait de tout son corps



Ruri Ravin
Invité

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MessagePosté le: Mar 15 Oct 2013 - 00:47 Répondre en citantRevenir en haut

Ses yeux s’ouvrirent sur les ténèbres. Le plafond du Mahalma était réputé pour sa hauteur et les larges et majestueuses colonnes qui le soutenait se perdait dans ses abimes. Sa tête était martelée de toute part. Elle savait où elle était et, pourtant, elle n’avait aucune idée quant à la façon dont elle y était parvenue. Tout c’était passé si vite. Quelqu’un avait dû la récupérer sur son chemin alors qu’elle était allongée à côté du cadavre qu’elle avait réduit à une bouillie sanglante. Elle se souvenait alors de ce moment terrifiant lorsque, face à ce tas de chair sans âme ambulant, elle avait dû user de sa dague. Sa frénésie n’avait eu d’égal que sa peur et la chance lui avait certainement sourit lorsque, dans un craquement froid et sinistre, elle avait réussi à détacher une partie de la tête de son adversaire. Au souvenir de ce moment, son visage devint pâle et elle eut le cœur au bord des lèvres. Ce fut comme un choc. Le silence qui règnait se brisa soudainement. C’était comme si elle était auparavant sourde et que sa surdité disparaissait. Les bruits étaient bien trop désagréables. Les cliquetis des armes contre leur fourreau, les bottes crissant sur le sol, les cris des blessés, les derniers soupirs des mourants ; tout lui devenait insupportable.

Elle fit bouger difficilement ses doigts ankylosés. Elle tenta de s’asseoir mais sa blessure aux côtes se réveilla et lui arracha un cri de douleur. Elle défit les lacets de son corset et en leva péniblement le bas. Le sang qui tâchait le bandage lui provoqua un malaise et elle se sentit tourner de l’œil. Respirant difficilement, elle tenta de renouer son corset mais celui lui était difficile.

- Je vais le faire, ne vous en souciez pas.

La voix était agréable. Il s’agissait d’une femme, une guérisseuse. Vêtue de blanc, elle tentait de remédier aux souffrances des uns et des autres. Elle donnait sans compter. Ruri ignorait son nom et elle ne le lui demanderait pas. La neishaane était encore incapable de parler à ce stade.

- Votre plaie s’est rouverte. Je vais refaire le bandage et appliquer un onguent. Ne bougez pas.

° Comme si je pouvais ° maugréa l’aspirante pour elle-même.

Il était difficile pour elle de respirer et cette guerre ne la laisserait certainement pas indemne. Elle avait survécu de peu et devait sa vie à la chance. L’humaine revint rapidement avec un bol d’eau, un linge à peu près propre et un pot d’onguent. Elle défit le bas du corset et le bandage. Ruri grimaçait de douleur. Le bandage s’était collé à la plaie et celle-ci menaçait de s’infecter.

- Vous avez dû recevoir un sacré coup pour être dans cet état là. Il va vous falloir rester ici. Vous ne pouvez pas combattre et même bouger vous sera difficile. Vous devriez …

- Je ne peux pas rester ici, j’ai une mission à accomplir, la coupa sèchement Ruri. Sa respiration était haletante et des perles de sueur coulait sur son front et balayait ses joues.

La guérisseuse ne répliqua pas. Nul doute qu’intérieurement, elle prenait l’aspirante pour une idiote ou une folle. Ce ne devait ni être la première, ni la dernière. La fièvre de Ruri continuait de grimper. Les sons qui l’entourait devenaient de plus en plus indistincts. Des voix éclataient. De la colère ou du ressentiment. Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Déjà ses yeux semblaient se fermer tout seul et la fatigue la gagnait. Le linge trempé sur son front et ses joues lui firent un bien fou, mais la fatigue était trop forte.

- On va la perdre ! A l’…

Ce n’était qu’un son parmi d’autres. Etait-ce pour elle ou pour d’autres ? Etait-ce ce qui l’attendait ? Le brouillard gagnait ses yeux et ce fut le noir complet.

- REVEILLES-TOI !

Un œil, immense, rouge comme de la braise incandescente la toisait. Il fulminait. Dans le noir, elle ne pouvait voir que cela. Cet œil était attirant et effrayant. Il inondait la colère, la haine et la souffrance. Ruri se sentait inexorablement attiré vers cet œil. Il grandissait de plus en plus jusqu’à remplir tout l’espace. Puis tout redevint noir.

Elle se réveilla haletante. La bouffée d’air qu’elle inspira lui brûla la gorge et elle se mit à tousser. Toute cette agitation … Pourquoi ? Sa fièvre était encore là, frappant sa tête comme s’il s’agissait d’un tambour.

Elle tendit une main en l’air et quelqu’un la saisit. L’aspirant la leva un mouvement brusque et l’accueillit dans ses bras.

- Tiraric … dit la neishaane à mi-voix.

- Pas un mot.

Ruri grimaça une nouvelle fois et porta la main à ses côtes. La blessure avait dû être cautérisé magiquement mais elle lui faisait encore mal. Lorsqu’elle porta son regard vers le siège d’Alauwyr, une autre personne était installée dedans. Elle fouilla sa mémoire pour se rappeler de lui. Le Conseil … N’y était-il pas il y a de cela quelques mois ?

- C’est Martel Dehlekna et son lié, Melkor. Il vient de prendre le pouvoir. Et là, c’est Eléderkan Garaldhorf et son lié Thémos. Je crois qu’il se passe des choses étranges.

- Lyssa devrait être là ! C’est une Sang elle-aussi !

Ses mots se terminèrent dans un étranglement rauque suivit d’un toussotement. Tiraric ne put s’empêcher de lui adresser un regard compatissant. Après tout, Ruri serait amener à devenir plus tard une Sang elle-aussi, une Valherienne. Elle porta une main à sa taille et chercha sa dague. Ses yeux affolés la trahirent mais c’était sans compter sur l’esprit vif de l’aspirant. Il la lui tendit d’une main.

- Tu ne devrais plus la perdre. C’est moi qui t’ai rapporté ici et déposé pour que l’on te soigne. Tu avais ta dague de planté dans tes côtes … tu devrais sérieusement apprendre à t’en servir. Bon, Il va falloir reprendre nos activités. J’ai autre chose à faire et je ne peux pas me permettre de perdre mon temps plus encore. Je vais te laisser te débrouiller. On m’attend.

Ruri murmura un merci et se détourna du Mahalma. Il lui fallait trouver Lyssa au plus vite. Elle croisa de nouveau l’humaine et lui adressa un geste de la tête. La guérisseuse soupira et retourna sa besogne.

La neishaane déambulait plus qu’elle ne marchait. Son mal de tête ne diminuait pas en intensité et sa vue se troublait de plus en plus. De justesse, elle se rattrapa à un mur et entreprit d’avancer doucement, collé à celui-ci. Sa respiration haletante trahissait les efforts qu’elle devait fournir pour mettre un pied devant l’autre. Et pourtant, elle faisait montre d’une hargne sans pareil. Elle devait quitter ce lieu et trouver Lyssa. Elle ne pouvait rien faire dans son état et elle était incapable de contacter Shenesda. Elle tenait serrée dans sa main la dague qu’on lui avait indiqué de prendre. Sa lame était sombre comme la nuit et sa lame était crantée. Elle observa la légère courbure de la pointe et la rainure qui traversait la lame qui servait à éviter la stagnation du sang sur l’arme. Elle continuait de mettre les pas en avant et s’arrêta devant les portes fermées du Mahalma. Des gens se battaient. Pourquoi ? Le but n’était-il pas de survivre ? Ruri bouillonnait mais elle ne se sentait pas d’attaque pour les arrêter. Elle savait pourtant que ces disputes étaient inutiles et risquaient bien plus de mener le Kaërl à sa fin qu’autre chose. Elle se fit violence et héla les individus. Sa voix se fit faible et elle manqua de s’étrangler avant de se reprendre et de parler d’une voix plus forte.

- Arrêtez ! On devrait tous vous faire égorger pour étouffer le chaos dans l’œuf ! Alors que nos ennemis sont soudés, vous ne pensez qu’à votre propre petite et insignifiante personne. Des aspirants, des chevaliers et des maîtres dragons se battent en ce moment-même pour préserver notre lieu de vie, notre Kaërl : le Màr Tàralöm ! Suffit-il qu’un loup entre dans la bergerie pour vous effrayer, pauvre brebis égarées que vous êtes ! Vous me faites vomir avec vos disputes d’enfants ignorants !

Les mots qu’avaient employés Ruri étaient sortis instinctivement de sa bouche. Ceux qui la connaissaient si timide et si repliée sur elle-même étaient tout du moins étonnée. Rare étaient ces moments où la neishaane faisait preuve d’une telle verve. Elle détourna le regard et, la main posée sur sa blessure, reprit sa marche vers les portes du Mahalma et s’arrêta au niveau des portes. Le regard vide, elle se remémorait les paroles de Shenesda.

° Me rendre utile et ne pas rester cachée ? Que puis-je faire de plus ? Je ne peux pas me battre et je ne fais pas le poids face aux Sangs. Je ne suis bonne à rien ici … °

Elle se laissa tomber contre le mur et s’assit à même le sol. Prise de vertiges, ses jambes flageolaient et ne pouvaient plus la porter. Sa respiration se faisait toujours autant hésitante. Sa vue se voilait et les sons paraissaient être lointain. Elle entreprit de se calmer, de reprendre les choses en mains. Oui, il le fallait. Dans cet état là, elle ne servait à rien. Elle ferma les yeux et inspira – expira à plusieurs reprises. Elle sentait ses muscles se détendre progressivement, bien que l’exercice n’était pas aisé dans une pièce où le tumulte régnait. Elle se demandait ce qu’elle pourrait bien faire, comment elle pourrait se rendre utile.

° Se cacher derrière mon incompétence ne changera rien. Je dois agir, faire quelque chose °

Elle tentait de s’encourager, de penser positivement. Ce n’était pas un exercice aisé pour elle qui n’était là que depuis quelques mois. Elle avait vécu l’horreur puis la paix et voilà que la terreur tentait de la saisir de ses doigts longs et fins, froids comme la mort en personne. Ruri n’était pas très rassurée mais le calme commençait à s’installer en elle. Elle tentait d’analyser, malgré la douleur qui la tiraillait, la situation. Une sorte de démon, supposait-elle, avait demandé à ce qu’on lui remette les clefs d’Ouranos. Les clefs d’Ouranos … Les clefs d’Ouranos …

° Je sais ! °

L’idée venait de germer dans sa tête. Ses yeux s’écarquillèrent et elle sembla retrouver de sa vigueur.

° Pourquoi n’y ais-je pas pensé plus tôt ? Je peux essayer de trouver des réponses à ces clefs d’Ouranos ! Si je ne peux pas me battre, je puis au moins réfléchir ! °

Elle avait enfin trouvé ce qu’elle ferait. Bien sûr, parvenir jusqu’à l’Observatoire ne serait pas chose aisée. Il lui faudrait se lever, ce qui paraissait être un défi hors de portée. Mais il lui faudrait également se déplacer, esquiver les attaques des morts-qui-marchent et atteinte l’Observatoire. Il faudrait ensuite y rentrer, au risque qu’il soit déjà barricadé et que l’entrée n’y soit plus accessible. Et enfin, dans le meilleur des cas, il lui faudrait monter les marches et trouver le Gardien afin de lui faire un rapport des évènements du Mahalma. Dans l’immédiat, c’est tout ce qu’elle trouvait à faire.

Elle se mit en tête de se lever. Quelle ne fut pas sa surprise quand l’un des individus se chamaillant avec les autres quelques minutes plus tôt vint vers elle pour lui proposer son aide. C’était un homme, certes. Il avait un air belliqueux et sa cicatrice qui fendait sa lèvre était boursouflée. Sa guérison n’avait pas dû être optimale. Mais qui n’était pas un homme belliqueux à ses yeux ? Elle accepta néanmoins le coup de main et remercia l’homme d’un geste de la tête.

- Je vous accompagne !

L’empressement de l’homme étonna Ruri qui, méfiante, colla son dos contre le mur et haussa un sourcil.

- Ce que vous avez dit tout à l’heure était vrai. Je ne veux pas mener notre lieu de vie à sa perte. Si je peux vous aider à réussir votre mission, alors la menace reculera, n’est-ce pas ?

Un large sourire illumina le visage de la neishaane. Elle gagnait les fruits de son labeur. Et son rang d’aspirante lui conférait une certaine autorité sur ces êtres qui l’avait mise en colère plus tôt.

- Bien, vous m’accompagnerez alors. Si vous n’avez pas d’arme, je vous conseille d’en trouver une dans les parages. Mort, vous ne me serez pas plus utile. Pire, vous pourriez vous relevez pour m’abattre.

L’homme sembla trouver la logique implacable et s’approcha d’un semblable n’ayant pu survivre à ses blessures. Il s’empara de son épée et revint vers Ruri en trottinant. Ils s’avancèrent vers les portes du Mahalma à un rythme d’escargot. La blessure de la neishaane l’empêchait de marcher ne serait-ce qu’à un rythme normal. Une fois les larges portes refermées derrière eux, ils s’arrêtèrent un instant. Ruri avait le souffle court et sa respiration était difficile.

- Au fait, je m’appel Keirin.

- Je ne pense pas que ce soit le moment, Keirin…

L’homme paru déçu et ils reprirent leur avancée au rythme de l’adolescente.

- Ruri.

- Hmm ?

- C’est mon nom. Ruri.

- Ah, enchanté de faire ta connaissance, Ruri.

Elle se trouvait faible. Elle avait répondu à un homme et lui avait parlé sur un ton d’égal à égal. Comment Lyssa aurait-elle perçue cette conversation ? L’aurait-elle réprimandé ? Ruri chassa ces pensées de son esprit et ils continuèrent d’avancer. La masse de civils en attente d'être sauvé l'impressionnait. Ils se faufilèrent jusqu'au bout de la foule et s'en extirpèrent avec difficultés, après de nombreuses bousculades. Ils bifurquèrent à plusieurs reprises. Le couloir dans lequel ils s’étaient engouffrés était interminable. Froid et obscur, le boyau se perdait au loin dans l’inconnu. Ruri savait pourtant où elle allait. Le silence lui pesait et elle n’était pas vraiment rassurée. Keirin dû le sentir car il tenta de la rassurer immédiatement.

- Vous savez, je sais manier une épée. Quand j’étais un peu plus jeune, je faisais partie d’une garde sur Vaendark. Nous autres, les Walisiens, sommes des barbares aux yeux des autres peuples. A quatorze ans, je faisais déjà tournoyer ma hache dans les lignes ennemies.

La discussion s’entamait doucement entre les deux êtres. Ruri fit une croix sur ses principes et elle poursuivit la discussion.

- Et comment avez-vous atterri là ? On ne peut pas vraiment dire que le climat soit le même que dans votre morceau de glace géante.

- En fait, j’ai connu un gars qui avait « le Don ». Il m’a raconté sa rencontre avec un chevalier dragon et lui a parlé de moi. Bien sûr, le chevalier voulait uniquement ramener l’autre pour en faire un aspirant. Mais moi, je rêvais de vivre ailleurs. Et puis, de fil en aiguille, je suis monté sur le dragon avec l’autre gars et je me suis retrouvé ici.

- Et vous faites quoi, ici ?

- J’suis pas un coursier comme tu peux le voir. J’peux te tutoyer ? En fait, je nettoie ordinairement la fosse lorsqu’il y a du cadavre et du sang. J’peux pas vraiment faire mieux, enfin on ne m’en donne pas trop l’occasion.

L’air s’était rafraichit et une odeur fétide pointait le bout de son nez.

- Tant que vous n’entendrez pas un dragon s’adresser à vous, vous ne pourrez pas faire mieux, non.

Ruri leva la main en signe d’arrêt. Méfiante, elle scrutait le fond du couloir qui lui était désormais visible. Des ombres dansaient sur les murs, éclairées par les quelques bougies qui n’étaient pas éteintes. Elle posa son index sur ses lèvres en signe de silence et le couple avança à pas de loup. Les ombres s’agitèrent soudainement et les cadavres se mirent à avancer dans leur direction. La neishaane frémit à l’idée de les revoir mais Keirin semblait plein de courage. Il empoigna l’épée dans ses deux mains et se plaça devant l’adolescente.

Humain, il mesurait près d’un mètre quatre-vingt pour, sûrement, une centaine de kilos. Le manque d’exercice l’avait flanqué d’une bouée autour du ventre. Pourtant, et malgré son apparence, Ruri était persuadée des compétences guerrières de son compagnon d’un jour. Elle posa son épaule contre le mur pour reprendre son souffle tandis que Keirin attendait. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et trahissaient son stress. Mais il n’en montrait rien, il demeurait impassible. Ses sourcils froncés évoquaient à Ruri deux montagnes de forêt à l’automne. Un trait d’esprit qui eut pour effet de la faire sourire. Puis, Ruri posa une main sur le bras de l’homme. Ce dernier se retourna, interrogateur. Elle lui dit à voix basse :

- Je connais un autre chemin. Si nous l’empruntons, nous pouvons rejoindre un passage secret que certains connaissent. Il nous faudra ensuite nous glisser dans une alcôve et emprunter et long et mince couloir. Nous devrions arriver sur la route pour l’Observatoire. Il nous faudra être discret, je ne tiens pas à mourir aujourd’hui.

L’homme parut soulagé de ne pas avoir à affronter des adversaires tout de suite. Ils firent demi-tour et empruntèrent un large escalier. Keirin soutenait Ruri pour qui la montée qui s’avérait pénible. Ils trouvèrent rapidement l’alcôve dont la neishaane faisait mention plus tôt. L’entrée était étroite et ils ne pourraient pas faire front pour l’emprunter. Ruri saisit une torche et la donna à Keirin.

- Passez devant. Je suis plus petite que vous et en moins bon état. Vous avancerez donc en chef de file. Le chemin n’est pas compliqué, c’est tout droit.

Le chemin parut durer une éternité. Il fallait parfois qu’ils s’arrêtent pour que Ruri puisse reprendre son souffle. Idiote qu’elle était, ils étaient partis sans vivre de première nécessité. Sa gourde était restée dans ses appartements et elle était partie dans la précipitation. Sa fièvre n’avait pas vraiment diminué et faire tous ces efforts la gênaient de plus en plus. Enfin, l’air frais s’engouffra dans le boyau annonçant la fin du voyage.

La grande tour se dévoilait à leurs yeux, au loin. Il ne leur faudrait qu’une dizaine de minutes pour s’y rendre. Mais c’était sans compter les quelques cadavres vivants qui déambulaient dans le coin. Keirin se montrait plutôt habile à l’épée et il tranchait dans le vif. Il arracha un bras à un de ses adversaires avant de lui trancher le cou. Il esquiva de justesse un coup de hache et para l’attaque d’un autre. Ruri décida de poursuivre sa marche. Keirin le rejoindrai plus tard … s’il était encore en vie. Les bruits de fracas métalliques l’accompagnèrent pendant de longues minutes jusqu’à ce que, finalement, elle atteigne l’Observatoire. Etonnamment, les portes n’étaient pas closes. Elle ouvrit doucement l’une d’elles et se glissa à l’intérieur. La porte se referma derrière elle et elle se retrouva dans la pénombre, de nouveau seule.


Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Jeu 17 Oct 2013 - 20:39 Répondre en citantRevenir en haut


Seregon del Cirth
Gardien du Màr Tàralöm


Quelques uns des soldats qui n'avaient pas participé aux réjouissances d'après bataille étaient déjà dans les rues, faisant suivre les ordres et se dirigeant vers le Mahalma pour protéger la populace civile et les aspirants. Lorsqu'ils arrivèrent ce fut le choc; La salle du trône était en plein boum, des voix s'élevaient pour protester face à ce qui semblait être une prise de pouvoir.

Les membres des gardes du Concile qui se devaient de suivre les ordres de L'Archonte étaient déroutés; que devaient-ils faire ? Car après tout celui sur le trône était lui aussi un sang, la dissension prenait place tandis que le flot civil continuait de s'entasser au compte goutte. Des lames manquèrent de se retirer de fourreaux et des voix continuaient de crier à l'ursurpateur tandis que d'autres se voyaient déjà courber l'échine face au nouveau maître du Kaerl.

“La Chevalière D'Istelsten et le Maître Garaldhorf ont raison, vous n'avez aucun droit de vous placer ainsi au dessus de tous ! Traître ! Félon !”

Une lame vit le clair et d'autres se tirèrent automatiquement face à cette action; le sang allait couler si les choses ne se calmaient pas d'ici là. Des insultes fusaient maintenant et certains des chevaliers présents se tournèrent vers ceux qui avaient donné voix face à l'ascencion du Sieur Dehlekna, cherchant désespérément des ordres, des indications sur comment réagir.

La coupe allait sans aucun doute déborder à la prochaine interaction, à la prochaine injure et il n'en fallut pas plus que les dires du normalement silencieux Frâlan et de l'aspirante Ravin pour que le chaos prenne place. Suite à ces mots enflammés et révoltés l'acier trouva la chair durant de brèves secondes jusqu'à l'apparition d'un être à qui tous devaient obéïssance...

Depuis le début de l'attaque, le Gardien du kaerl, le Veilleur du Màr Taralom, n'avait pas fait une seule apparition. Seregon Del Cirth n'était visible nulle part et aucun Maître-dragon ne semblait se poser la question d'où il était. Depuis l'assaut des morts-vivants, l'effervescence des combats prenaient toute l'attention de chaque combattant, de chaque dragon, révélant dans presque toute sa splendeur la réplique offensive des Ardents à se battre pour la sauvegarde de leur Kaerl. Seregon aurait eu un regain d'orgueil face à ce tableau.

Malheureusement, des préoccupations lui taraudaient l'esprit. Les yeux fermés, se tenant à genoux dans ses propres appartements, il était comme en méditation, sondant dans le vide de son propre esprit. Les Clés d'Ouranos... Drazahir les réclamait et il était prêt à tout anéantir pour les avoir. Il s'en prenait sans doute aux deux autres Kaerls. Il se demandait si ses frères et soeurs des deux Màrs avaient cédés au chantage du Vil mage noir. Connaissant leur force, ils devaient souffrir autant que lui, d'entendre le cri des Enfants de Flarmya dans la précipitation de la mort face à ces lourds assauts qu'ils subissaient avec leur lié. Mais si tel était le prix à payer pour garder le secret des Clés... Il avait été direct pourtant clair lors de la réunion exceptionnelle organisée par Alauwyr. Et à l'heure où ses pensées se tournaient sur les souvenirs de cette réunion, les Ardents se battaient contre l'invasion d'êtres immondes. Alauwyr, s'il revenait de la rencontre interkaerlique, voudra en savoir plus sur les Clés. Seregon devra le surveiller. Alauwyr n'était pas un humain facile à manipuler ; même si le Gardien n'avait pas tenté une approche de ses conseils. Depuis qu'il était devenu Seigneur, les choses semblaient bien se présenter...

Il serra les dents en percevant la douleur des dragons et de la perte de leurs frères. Il ne pouvait pas se permettre de rejoindre le combat. Il y avait trop de choses en jeu. La sauvegarde du Kaerl par sa simple présence et... Le secret des Clés d'Ouranos. Soudain, il sentit un frémissement lui parcourir toute la colonne. Quelque chose se passait dans le Malhama. Il ouvrit les yeux et se redressa doucement en toute dignité. Comme si c'était bien le moment ! Il lui faudra rester prudent. Drazahir n'était pas un imbécile et un Gardien qui s'exposait était beaucoup trop tentant.


Il fit son apparition dans le Mahalma, arrivant tranquillement derrière le trône pour bien fixer de son oeil unique tous les intervenants qui étaient là à se disputer sur la prise de contrôle de tout le Màr tels des chiens autour d'un os. Le front des combats était tout proche ; il pouvait entendre les clameurs des attaquants.

Les bras croisé, il darda un regard froid sur les Sangs, passant à peine son attention sur les quelques défenseurs du trône qui revenait à leur sens à Iskuvar.

''Le Gardien que je suis n'est pas inapte à prendre les décisions qui s'imposent chers Maîtres-dragons. Pensez-vous que le moment soit bien choisi pour une lutte de pouvoir. Ne croyez-vous pas qu'il y a un enjeu plus important que le Trône ? ''

Il s'approcha de Martel et posa sa main sur son épaule, la tenant avec suffisamment de force pour l'inviter à lever son séant de là.

''Moi, Seregon Del Cirth, juge que le Trône ne pourra être revendiqué qu'une fois les hostilités menées contre notre Kaerl achevées. Pas avant. Si le Kaerl nécessite le besoin d'avoir un nouveau Seigneur Ardent, vous revendiquerez le droit de monter sur le Trône dans un combat dans la Fosse, que ce soit face à l'un d'entre vous, chers Sangs, ou face au Seigneur Alauwyr Iskuvar en personne. Mais une fois que le Kaerl Ardent aura réglé la problématique de l'assaut que nous subissons ! ''

Son oeil unique se ferma à moitié, renforçant son sérieux froid.

''Personne ne sera accusé de trahison et personne ne sera envoyé en prison pour un acte de rébellion. L'heure est critique et les pressions énormes, poussant à des choix parfois inconsidérés même si c'éait vu avec de bonnes intentions. Notre Màr n'a pas besoin d'un conflit politique. Une guerre dans une guerre est ce qu'il y a de plus ravageur. L'instant est à sa survie. Dehors, ces ennemis tentent de vous anéantir ! Vous êtes déjà en train de batailler avec le courage digne du Sang Ardent. Il faut continuer comme vous le faites, dans cette union qui fait votre vraie force ! ''

Rien de mieux que d'haranguer les forces. Puis Seregon se tourna vers Martel et Elerdakan.

''Le Kaerl a besoin de toutes les forces nécessaires pour repousser les êtres mortifiés...

* Texte by Yong'Wu Zenghwei & Alauwyr Iskuvar *
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MessagePosté le: Lun 28 Oct 2013 - 14:10 Répondre en citantRevenir en haut


Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Haut Représentant du Clan Dominant

Theme Song :
Deep Shadows - Hunger Games OST


Depuis des centaines d'années, les trois Clans du Màr Tàralöm se partageaient le pouvoir au sein du Kaerl. Trois Clans, et autant de divergences politiques … Le Clan Dominant était à la tête de la forteresse Ardente depuis suffisamment de temps pour faire grincer des dents les Hauts Représentants des autres courants de pensée. Mains croisées devant son menton, une lueur dansante dans ses yeux froids, Martel Dehlekna attendait ses inévitables opposants. Le Maitre Guérisseur était resté coi suite à sa déclaration … Qui viendrait, alors ?

La première à s'élever fut une jeune Chevalière, contestant purement et simplement son droit au trône. Sans bouger ni changer d'expression, à part un haussement de sourcil lorsqu'il la vit repousser du pied sa dragonne, l'Elfe Noir porta un regard acéré sur la Fëalocë qui s'avançait vers lui, le menton orgueilleusement levé. Ainsi elle défendait ce trône pour Alauwyr … Un sourire à l'éclat dangereux étira ses lèvres minces, cachant tout le mépris qu'une telle attitude lui inspirait. Elle prétendait dominer la situation, mais n'était en réalité qu'une soumise. Une petite chienne qui agitait gaiement la queue pour accueillir son maitre … Et qui montrait les dents pour le défendre. Quelle merveilleuse démonstration de loyauté !

**La petite Verte se nomme Wicella, c'est la fille de Shenesda … Sa liée la rejette, c'est ce qui se dit parmi les Dragons. Elle a été formée dans la Triade de Renek.**

Le regard rougeoyant, et les crocs découverts en une attitude menaçante, Melkor fixait l'impertinente qui défiait son âme-soeur, prêt à bondir au moindre geste déplacé. Il n'était pas fait pour les petits jeux politiques de son Lié, et il brûlait de passer à l'action, quelle qu'elle soit, de montrer sa force, et à travers elle, la puissance de Martel.

*Une empreinte mineure alors , en plus de cela… Hastin a dû en être bien humilié, lui et ses rêves de grandeur. Etrange que la Verte ne soit pas morte sur les sables.*

« … Nous n'avons pas besoin de vous. »

Au fur et à mesure que la Chevalière avait progressé, stimulée par la colère qui l'aveuglait visiblement et le silence de l'Elfe, l'agitation avait gagné les civils peureusement entassés au fond du Mahalma. Tant qu'elle se contentait d'aboyer, elle pouvait bien continuer … Mais si la population se soulevait à sa suite … Un grondement sourd et bref s'échappant de sa gorge, le Bronze avança d'un pas, se préparant à tuer dans l'oeuf ce souffle de rebellion qui se propageait, mais fut vite arrêté par Martel.

*Paix, Melkor ! Ce n'est pas le moment.*

**Ne la laisse pas poursuivre ! Le peuple est de son côté, car elle a obligé les Gardes du Trône à leur ouvrir le Mahalma. Ils ne savent pas où est leur intérêt !**

Ah, ces imbéciles à la nuque roide, engoncés dans leur protocole et incapable d'en dévier … Melkor avait raison, il était temps d'intervenir. Mais sans faire couler le sang cette fois-ci, car ce ne serait pas dans son intérêt. Il fallait parfois savoir user d'autres armes pour vaincre. Lentement, le Moredhel se pencha sur son siège et se mit à applaudir nonchalamment des deux mains. Le bruit résonna sous les hautes voûtes de la salle, se propageant dans un silence interdit.

« Quelle superbe déclaration ! Pleine de fougue ! Si Iskuvar était présent, je suis certain qu'il verserait une larme devant une telle loyauté … Je ne peux que m'interroger, en toute honnêteté, sur les moyens employés pour l'obtenir … Sans doute vous a-t-il mise dans son lit ? A-t-il rempli son devoir de manière satisfaisante ? Suffisamment fait crier ? Aah, à votre expression, je suppose que non … Quel dommage ! Peut-être choisirez-vous mieux à qui offrir vos … faveurs, la prochaine fois, pour vous montrer digne des enseignements nocturnes de votre Maitre ... »

A peine avait-il prononcé ces quelques mots qu'une silhouette familière s'encadrait entre les hautes portes du Mahalma. La mâchoire de l'Elfe se crispa tandis qu'à son côté Melkor s'agitait nerveusement. Thémos … Et le Bronze n'était pas seul. Avançant difficilement à travers la population bien trop dense par rapport à ce que la salle pouvait accueillir, Eléderkan avait le regard sombre, une expression de mauvais augure sur le visage. Martel n'attendait pas son intervention aussi tôt.

Quelques pas supplémentaires, et son frère ennemi fut là, le fixant avec la froideur qui était devenue coutumière entre eux. Tandis leurs âmes sœurs se mesuraient du regard, les deux Elfes en faisaient autant, miroirs l'un de l'autre, si ce n'était leurs iris de couleur différente. Sans attendre, Eléderkan écarta la Chevalière Verte du passage, et sa voix s'éleva pour réciter un passage obscur de la loi du Màr. Sa déclaration était sans appel. A la mention de Marek d'Ardiénor sur le trône du Kaerl, Martel éclata d'un rire bref mais cinglant. Allons bon. Et pourquoi pas cet imbécile de Quilaïn de Lazarel, pendant qu'on y était !

A regret, le Moredhel se leva, et descendit quelques marches, sans pour autant quitter le trône, surplombant toujours le Maitre Bronze de quelques pouces. De simples paroles ne suffiraient pas contre toi, Eléderkan, mon vieil ami … Il voulait bien lui concéder le pouvoir de décision sur les entrées et les sorties du Mahalma si cela lui chantait, mais le Trône du Màr était à lui.

« Très bien alors, en l'absence du Gardien, que l'on envoie chercher le Prêtre, et qu'il décide, ici et maintenant. Que quelqu'un le fasse venir, immédiatement ! »

Martel n'était pas particulièrement dévot, mais il savait que d'Ardiénor se montrerait prudent, et placé au pied du mur, plutôt que de mécontenter ouvertement le prétendant au Trône, il préférerait certainement faire profil bas … C'était ainsi que les Introvertis fonctionnaient. Après quelques secondes de silence, le grand Bronze à ses côtés s'ébroua, comme sortant d'une léthargie passagère.

**Asaleith nous informe que son Lié ne peut quitter le Sanctuaire, des civils s'y sont réfugiés pour y chercher la protection de la Déesse, étant le seul Maitre Dragon présent, il ne peut décemment pas les abandonner à leur sort.**

Melkor avait pris l'initiative de s'exprimer de manière audible pour tous les Doués présents dans la salle. Très bien … C'était autant de temps supplémentaire de gagné. Reportant son attention sur la Chevalière écartée par Eléderkan, l'expression de Martel se durcit.

« Quant à vous Narcisse d'Istelsten, dites-moi, en quoi devrais-je m'incliner face à une personne indigne de son rang, face à une Douée qui, dans son orgueil, refuse le Destin que lui a tracé notre Déesse Flarmya, et rejette sa propre âme-soeur, se montrant sourde aux souffrances que cela provoque en elle ? Pourquoi avoir accepté de devenir Aspirante ? Sans doute y a-t-il eu une erreur au moment de l'Eclosion, et que cette dragonnelle ne s'est attachée à vous que pour éviter une mort sur les Sables. »

Bras croisés sur son torse et visage fermé, Melkor ramassé derrière lui en une attitude protectrice, Martel promena son regard sur les civils rassemblés, cherchant à saisir si ses paroles avaient eu l'impact désiré. Eléderkan était présent depuis bien trop longtemps au Màr Tàralöm pour que tenter de ternir sa réputation soit efficace … Mais cette jeune Fëalocë serait facile à discréditer … Ou à faire disparaître. Elle avait creusé elle-même sa tombe, et aucun Clan ne la pleurerait, du fait de sa non affiliation. Un instant, un silence lourd plana sur le Mahalma, suite au coup d'éclat d'une jeune Aspirante, près des portes. Les esprits de tous étaient à vif, et la situation pouvait dégénérer d'une minute à l'autre.

Mais les chuchotements et murmures étaient repartis de plus belle lorsque la voix forte et vibrante de colère du Maitre Guérisseur, Esthen Frâlan, s'éleva. Lui qui était habituellement réservé, silencieux, aussi calme que pouvait l'exiger sa charge … En voilà un de la part de qui de telles surprises étaient inattendues ! Martel était un Elfe patient, mais l'agacement commençait à sourdre insidieusement en lui. La partie n'était déjà pas aisée sans qu'on en rajoute inutilement … Mais il n'abandonnerait pas à moins d'y être contraint et forcé. Jugulant sa colère, c'est d'une voix calme qu'il pris la parole, une fois la vindicte du Guérisseur épuisée.

« Maitre Frâlan, votre inquiétude est légitime. Comme cela a été souligné à plusieurs reprises, l'Archonte et nos troupes se battent vaillamment pour la sauvegarde de notre Màr. Cependant, en l'absence d'Alauwyr Iskuvar, le Kaerl est abandonné comme un bateau sans capitaine, pris en pleine tempête. Il est nécessaire que quelqu'un reprenne la barre pour le mener en sécurité.
L'Archonte, pris dans les combats au Val, ne peut avoir une vision d'ensemble des besoins du Kaerl. Des troupes de Morts-qui-marchent se sont faufilées au cœur même du Màr, dans des couloirs pourtant situés très profondément dans le volcan. Je les ai vus, et je les ai combattus en venant ici … Mais un couple de Lié isolé ne suffira pas à sécuriser le Màr. Il faut en envoyer d'autres, et il faut impérativement quelqu'un pour les organiser. »


En être arrivé à devoir argumenter d'une telle manière lui répugnait, et cela se ressentait dans la froideur de sa voix, et l'intonation avec laquelle il énonçait méthodiquement chacun des points. Fronçant les sourcils, ses iris glacées balayèrent la salle pour s'arrêter à nouveau sur la Chevalière qui s'était opposée à lui.
L'apparition inopinée de Seregon ne fit qu'exacerber les sentiments qui bouillaient en lui. Ayant l'habitude d’apparaître et de disparaître comme un fantôme au gré de ses envies, le Gardien avait visiblement décidé aujourd'hui de contrecarrer ses plans. Sa prise de pouvoir représentant une source d'instabilité dangereuse pour le Màr.

« Qu'on ne vienne pas dire pas que ma place sur ce Trône n'est pas légitime ! Je suis au Màr Tàralöm depuis près de 30 ans, j'ai servi comme Second auprès du Seigneur Celanduil Huriand avant sa déchéance, puis comme Sang au Concile sous le règne de cinq Seigneurs et Dames différents. Aujourd'hui, je dirige le Clan Dominant. Suis-je moins légitime à cette place qu'un étranger à ce Màr, dont l'Empreinte a été réalisée avec un œuf volé par un Maitre renégat, à l'extérieur de ce Kaerl ? »

Enfin, la colère qu'il avait si longtemps retenue transparaissait dans sa voix, dans son expression, tranchante. Sans crier pour autant, avec la froideur qui le caractérisait, Martel réclamait ce qui lui revenait de droit. Et maintenant que le Gardien s'était exprimé, tout cela était vain. Il n'était pas fou, et ne courrait pas à sa perte en s'opposant frontalement à lui. Le temps s'étira, lentement, imperceptiblement. Abandonnerait-il ses droits au Trône ? Jamais. Quant à ce siège … Ce n'était qu'un symbole de pouvoir parmi tant d'autres. Rien de plus. Il croisa le regard d'Eléderkan, cherchant à y lire ses pensées profondes, lui qui l'avait soutenu dans sa quête de pouvoir pendant si longtemps.

* Texte by Heryn Amlug *


[HRP : Voilààà, ça a été long et difficile, mais je crois que j'ai réussi à synthétiser toutes vos interventions ^^" ... Je ne suis pas très satisfaite de mon travail T__T le post n'est pas bien fluide à la lecture ... J'espère que ça vous plaira quand même et que Martel vous paraitra suffisamment froid et fidèle à l'impression que je voudrais donner ^^. Vous pouvez faire ce que vous voulez de mon Aspirante hystérique (voire post ci-dessous), elle est surtout là pour informer que Yuma est possédé !]



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MessagePosté le: Lun 28 Oct 2013 - 15:07 Répondre en citantRevenir en haut


Rhidian Askettil
Aspirante 


Absolument inconsciente des esprits échauffés et de la tension qui régnait à l'intérieur du Mahalma, une jeune Aspirante blonde, au bord de la crise d'hystérie, pénétra en trombe dans la grande salle, repoussant violemment les lourds battants de la porte. Sa voix perçante, montant dangereusement dans les aigüs au fur et à mesure de son discours haché et interminable, ne pouvait qu'inévitablement finir par provoquer l'agacement des hauts-placés présents.

« J'exige qu'un Guérisseur vienne m'examiner, immédiatement, c'est une question de vie ou de mort ! J'ai été touchée par un Mort-qui-marche, enfin il m'est tombé dessus quand un soldat la tué, même s'il était déjà mort, vous comprenez, et j'ai contracté une Marque Noire, j'en suis certaine, ne le niez pas, regardez ! Il y a une petite tache ici, sur mon bras, elle va se propager et je vais mourir, comme tous les autres ! C'est de la folie, comment pouvons-nous seulement espérer gagner contre ces abominations alors que maintenant même les nôtres se retournent contre nous ? Maintenant l'Archonte est devenu fou lui aussi, à cause de sa Marque, et il attaque ses propres soldats, il a même frappé sa propre dragonne qui s'inquiétait pour lui, la pauvre, en plus de ça personne n'arrive à l'arrêter, il est trop fort et ... »

« Suffit ! »


Aussi cinglante qu'un coup de fouet, la voix de Martel s'était élevée pour faire casser le flot de paroles. Surprise, Rhidian tourna la tête vers la petite assemblée qui s'était formée devant le trône, devenant livide en se rendant compte qu'elle venait de se ridiculiser face à des Sangs du Màr Tàralöm. Elle resta pendant quelques secondes les yeux écarquillés, ouvrant et fermant silencieusement la bouche telle une carpe échouée sur une berge, avant de s'incliner, plongeant dans un révérence très profonde … Qui mettait en valeur son décolleté. Technique qui marchait en général plutôt bien pour détourner l'attention des hommes … Mais vu son expression, ça n'allait pas fonctionner sur lui. Aaah, ce n'était décidément pas son jour. Quel était son nom déjà à ce frigide insensible, Dehlekna ou Garaldhorf ? Elle se souvenait vaguement que Quilaïn lui avait présenté comme un homme puissant qu'il fallait éviter de contrarier, tout comme l'autre Elfe qui se tenait à côté de lui … Ils se ressemblaient trop pour son esprit embrouillé arrive à se souvenir. Tant pis, elle choisirait au hasard, si les Dieux avait pitié d'elle.

« Pardonnez-moi pour mon impudence, Seigneur Dehlekna ! »

L'agacement et le mépris étaient à présent clairement lisibles sur le visage du Moredhel, toujours installé sur les dernières marches du trône. Qu'avait-elle dit, cette petite sotte ? L'information avait été noyée dans son monologue hystérique … Et que faisait-elle à se battre au Val d'abord, au lieu d'être ici ?

« Aspirante Rhidian Askettil, de la Triade de Zadayel, à votre service, Seigneur ! J'ai été séparée de mon Maitre lors des combats et ... »

Soupirant avec une certaine lassitude, Martel se passa rapidement une main sur le visage, cessant d'écouter à l'instant où il avait entendu le nom du Dragon. Ainsi il s'agissait d'une Aspirante de Quilaïn de Lazarel … Il avait apparemment le don pour les choisir appétissantes mais totalement écervelées. Une telle combinaison ne provoquait que dégoût chez l'Elfe Noir. Quant à l’entraîner dans les combats … Ca ne faisait certainement pas très longtemps qu'elle était au Kaerl ... Savait-elle au moins tenir une lame dans le bon sens ? Il allait falloir lui tirer les vers du nez, si elle voulait bien s'arrêter de bavasser à tort et à travers.

Toujours plongée dans sa révérence, l'Aspirante n'avait pas vu le Sang approcher, aussi la gifle qu'il lui asséna sans ménagement fut-elle accueillie avec un cri strident de surprise et de douleur. Il avait finalement quitté le Trône sous le regard menaçant de Seregon ... Mais comme pour faire passer le message qu'il ne renoncerait pas, Melkor s'était allongé nonchalamment devant les marches, barrant la route à quiconque voudrait s'installer sur le Trône. Ses prétentions resteraient vives et entières.

« Reprenez-vous ! Qu'avez-vous dit à propos de l'Archonte ? »

Les larmes aux yeux, essayant de rassembler sa dignité, la jeune Humaine ouvrit la bouche pour répondre lorsque Martel dressa une main pour l'interrompre. Instinctivement, Rhidian recula face à la menace qui se dégageait des ses prunelles glacées, mais il n'était visiblement pas dans ses intentions de la frapper de nouveau.

« Je souhaite une réponse claire, nette et précise. Peu m'importe ce qui vous est arrivé et dans quelles circonstances, si vous êtes réellement blessée ou non. Qu'est-il arrivé à Yuma Amarok ? »

La voix légèrement tremblante, Rhidian entreprit de raconter ce qu'elle avait vu, la joie des soldats face à leur victoire quasi certaine, puis la douleur et la folie qui s'était emparée de l'Archonte, sa dragonne qui avait tenté de l'arrêter en vain, les morts qui en avait résulté … Il y avait une franche terreur dans ses yeux gris lorsqu'elle murmura :

« Les soldats disent qu'il est possédé par le Maitre des Ombres … Il s'est engagé dans les couloirs, il pourrait être n'importe où à présent ... »

L'expression sombre, l'Elfe Noir fit volte-face, sans plus s'intéresser à l'Aspirante, qui opta aussitôt pour un repli stratégique vers les Guérisseurs. Les iris bleus de Martel accrochèrent l'oeil borgne du Gardien impassible, l'étudiant silencieusement, à l'affût d'une réaction qui se faisait désormais bien trop attendre.

« Peut-être daignerez-vous nous donner enfin des informations sur ces fameuses Clefs d'Ouranos, à moins que la situation ne soit pas encore assez critique à votre goût ? »

* Texte by Heryn Amlug *


[HRP : Après l'intervention de mon Aspirante hystérique, à vous les studios /o/ ! Voir infos complémentaires à la fin du post de Martel ^^.]



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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2013 - 01:33 Répondre en citantRevenir en haut

Si le Sang Eléderkan Garaldhorf n'était pas intervenu dans les prochaines minutes pour l'éloigner de son comparse, sans nul doute Narcisse se serait jetée sur lui pour mettre fin à sa misérable existence. Un homme d'un charisme évident, quoi que véritablement intimidant pour qui n'a pas son rang. Sans doute devait-il plaire aux jeunes femmes. Il avait les traits fins, le nez aquilin, la peau plutôt pâle et parfaitement rasée, une bouche finement dessinée, dont les lèvres invitaient à la tentation. Le plus impressionnant chez lui, outre cette autorité grandissante capable de faire ployer les Maîtres les plus réticents, étaient ses yeux : deux éméraudes qui transpercent l'âme de quiconque ose les toucher du regard ne serait-ce qu'un instant. A l'évidence, cet homme n'avait pas été nommé Inquisiteur Suprême pour sa seule allure. Il devait y avoir en lui quelque chose de plus fort encore, de plus puissant. Quelque chose qui peut-être, pourrait bien forcer Martel à rendre le trône à qui de droit, et ce sans émettre la moindre résistance. Narcisse aurait bien aimé en savoir plus, apprendre du Maître Garaldhorf, afin de devenir plus forte à son tour. Néanmoins, la situation ne prêtait pas à la curiosité et il y avait bien plus important à faire : détruire Drazahir, une fois que Martel ne représentera plus aucun danger pour l'équilibre du Màr.

Dans cette optique, très probablement, l'Inquisiteur murmurait une suite de mots que seuls des Sangs pourraient oser remettre en cause. A sa manière, il protégeait le trône d'un véritable tyran, et si la jeune Chevalière mourait d'envie d'intervenir à nouveau pour mettre fin à toute cette mascarade, elle se força à garder le silence, et ce jusqu'à ce que chaque protagoniste ait dit ce qu'il avait à dire. Cependant, un autre prit la parole, Esthen Frâlan, puis peu après Seregon Del Cirth, le Gardien du Kaerl Ardent, protecteur de sa magie et de ses habitants. Malgré leurs positions, Martel ne se montra pas très coopératif. Narcisse n'aurait jamais imaginé qu'il puisse s'opposer aux ordres du Gardien. A tout autre homme peut-être, mais le Gardien, non. Il défendait ce qui lui appartenait avec plus de hargne d'un loup, et soudainement, la Chevalière se sentit happée par un profond malaise : il se passait ici exactement la même chose qu'il y a deux ans à Ören. Lorsque le reste de sa famille l'avait chassé, ne la considérant plus comme digne d'être à la tête des Istelsten, Narcisse avait défendu sa position corps et âme, refusant de perdre ce qui lui était le plus cher à cause de personnes jugeant sans savoir. "Tu n'es pas digne de ton titre" lui avait-on craché à la figure, avant de la jeter à la rue, sans nourriture ni habit convenable. Qui était-elle au juste pour juger de la légitimité de Martel Dehlekna ?

°Ne tiens pas compte de ce qu'il a pu te dire, Narcisse ! Ses paroles ne sont que du venin !°
°N'a-t-il pas raison, Wicella ? Je ne ressens rien émanant de toi : ni tes peines, ni tes colères, ni même ta joie lorsque tu retrouves tes comparses aux Dôl Nàrë. M'as-tu vraiment choisi parce que j'étais ta Liée, la personne que tu attendais ? Ou bien cherchais-tu seulement à ne pas subir le même sort que ton frère Noir ?°
°Comment peux-tu penser ça ? Je te l'interdis ! Flarmya ne permettrait jamais une union si hypocrite !°
°Si ta déesse n'était pas intervenue dans ma vie, comme vous semblez tous le prétendre, alors je serai toujours à Ören, à reconquérir ce qui m'a été volé ! Je n'ai rien demandé. Jamais je n'ai voulu être ici, jamais je n'ai désiré recevoir l'enseignement d'un monstre, et encore moins être liée à une Dragonne !°
°Ne dis pas ça...°
°Je te dis simplement ce qui est. Depuis le début, on trace mon destin à ma place. Il est hors de question qu'on manipule ma vie une fois de plus. J'en suis la seule Maîtresse désormais, est-ce que j'ai été suffisamment claire ?°


Aussi en colère soit-elle contre le Kaerl, contre Flarmya, contre le monde entier, mourir stupidement ne faisait pas partie de ses plans. Au moindre faux pas, Melkor pourrait bien faire d'elle son prochain repas. Cela faisait plusieurs longues minutes qu'elle avait noté que ses yeux viraient dangereusement au rouge, trahissant sa colère grandissante. Jamais, même pour tuer son pire ennemi, la Chevalière Verte n'aurait tenté de passer entre les mâchoires assérées d'un dragon adulte. Si elle voulait mettre fin à la vie du Haut Représentant du Clan Dominant, Narcisse allait devoir faire preuve de ruse : soit utiliser des hommes plus capables qu'elle dans le domaine de l'assassinat, soit être extrêmement patiente et agir lorsque le moment sera le plus propice, à savoir quand Melkor détournera le regard de son Lié. Concernant cette dernière option, la jeune femme était parfaitement consciente qu'elle pourrait bien attendre plusieurs années avant d'obtenir vengeance. Mais l'avait-elle seulement, le temps ?

- Vous ne...commença-t-elle à l'attention de Martel, une fois le calme revenu sur le Mahalma.

Narcisse d'Istelsten n'eut pas le temps de défendre sa cause auprès de Martel, qu'une toute jeune aspirante inconvenante et particulièrement malapprise entra en trombe au Mahalma, hurlant au monde entier qu'elle était une nouvelle victime de la Marque Noire, qu'elle allait mourir sous peu si un Guérisseur ne venait pas à son secours. Qu'elle meurt donc ! pensa silencieusement la Chevalière Verte, hors d'elle depuis que le Haut Représentant avait osé clamer qu'elle avait partagé la couche du Seigneur Noir en personne. Cette petite hystérique venait de toute gâcher et désormais, il y avait de fortes chances que cette rumeur la suive toute sa vie ! Pas une fois il ne l'avait touché. Jamais il ne le ferait, pas après qu'elle ait essayé de le tuer pendant son sommeil, il y a de cela plusieurs mois. Mais comment être crédible lorsque le Seigneur Noir a la réputation de mettre dans son lit toutes les femmes qui attisent son intérêt ? Narcisse s'agaça à la seule pensée qu'on puisse supposer qu'elle soit une femme facile. Alors même qu'elle était désormais Chevalière, l'ombre de son Maître, Elendel Hastin, la suivait toujours, menaçant de détruire à jamais tout ce qu'elle avait toujours voulu être.

- Maintenant l'Archonte est devenu fou lui aussi, à cause de sa Marque, et il attaque ses propres soldats, il a même frappé sa propre dragonne qui s'inquiétait pour lui, la pauvre, en plus de ça personne n'arrive à l'arrêter, il est trop fort et ...
*Qu...Quoi ?*

La gifle qu'infligea Martel à la jeune impertinente sortit Narcisse de sa torpeur.

- Les soldats disent qu'il est possédé par le Maitre des Ombres … Il s'est engagé dans les couloirs, il pourrait être n'importe où à présent ...
- C'est impossible ! intervint soudainement la Chevalière, se frayant un chemin jusqu'à l'aspirante. L'Archonte n'a pas été Marqué ! Il n'a...Il ne ferait jamais de mal à quiconque, et surtout pas à ses compagnons d'armes ! Vous fabulez !

Il était fort. Yuma Amarok était bien plus fort que beaucoup de combattants du Kaerl Ardent, et pour cette raison, il avait été choisi comme Archonte au cours du Bal du Printemps. En aucun cas il aurait pu trahir son Kaerl, pas même sur fond de vengeance personnelle. Quant à cette Marque, Narcisse ne connaissait pas grand chose à son sujet, mais à sa connaissance, Yuma n'était pas l'une des victimes de ce maléfice. N'aurait-il pas appelé au secours dans le cas contraire ? Esthen Frâlan était le meilleur guérisseur à des lieux à la ronde !

°Narcisse, les dires de cette fille pourraient bien nous enfermer pour les heures à venir au Mahalma. Tu as été témoin de la lâcheté des gardes, n'est-ce pas ? Ecoute, deux choix s'imposent à toi...à nous...Rester ici et attendre la fin de cette guerre insensée, ou bien aller à la recherche de la vérité en retrouvant au plus vite l'Archonte Amarok !°
°Jamais ils ne me laisseront sortir ! Les ordres ont été donnés, personne ne sort, ni n'entre au Mahalma, pour des raisons de sécurité. Je suis peut-être totalement inconsciente mais il y a des limites à ce que je peux accomplir.°
°Depuis quand tu doutes de toi ? Penses-tu qu'il est plus difficile de sortir d'ici que de soulever un peuple entier contre un tyran ?°
°Viens avec moi.°


Cette phrase ne manqua pas de surprendre la petite verte, qui se serait plutôt attendue à ce que sa Liée lui ordonne de rester ici, afin qu'elle ne soit pas un poids dans sa mission. C'était la toute première fois qu'elle ne la rejetait pas, qu'elle lui accordait sa confiance et portait de l'importance à ses conseils. Martel avait faux sur toute la ligne. Il ne s'agissait pas d'orgueil, mais seulement de crainte. Une crainte que la Chevalière avait toujours enfoui au plus profond d'elle-même, afin qu'elle ne soit pas une faiblesse que son entourage puisse exploiter. Si Narcisse parvenait un jour à la combattre, alors peut-être deviendra-t-elle une Chevalière exemplaire, capable d'atteindre des sommets.

Bouscoulant les obstacles sur son passage, la jeune femme se dirigea à grande vitesse vers les portes du Mahalma, réussisant à se faufiler en travers du barrage, uniquement grâce aux mouvements d'une foule terrorisée par les évènements à venir. Wicella elle y était également parvenue sans trop de problèmes, en raison de sa petite taille. Narcisse n'avait pas entendu si des ordres avaient été donnés, par Martel ou qui que ce soit d'autre, trop concentrée par la rumeur qui accusait Yuma Amarok de trahison. Jamais elle ne permettrait qu'on se mette en travers de son chemin. Elle avait une dette envers cet homme, à qui elle devait énormément. Si elle se moquait bien de tuer sans but précis, Narcisse tenait toujours ses promesses, et celle-là en était une qu'elle s'était faite à elle-même le lendemain même du Bal du Printemps. L'occasion était trop belle : une fois toute cette histoire terminée, elle lui lancera un nouveau défi et tentera de le battre à l'épée. Sa défaite au Val lui était restée en travers de la gorge et jamais elle ne permettrait qu'il conserve trop longtemps cette victoire. Ni qu'il meurt avant qu'elle ait pu l'humilier, d'ailleurs.

Les couloirs du Kaerl étaient interminables, et rapidement, Narcisse se perdit. A ses côtés, sa dragonne peinait à suivre, encore trop jeune pour suivre le rythme de course des bipèdes. A détour d'un couloir, une voix l'interpela. Puis deux. D'abord des cris, puis des plaintes et enfin, l'Archonte lui-même.

- ... Mave... Cours...articula tant bien que mal l'Archonte. Cours... sinon je vais... te tuer... Cours !! Cours !!!

Ignorant totalement la présence du mort-qui-marche au côté de l'Archonte, Narcisse dépassa rapidement la jeune aspirante et bondit que l'Archonte, l'entraînant dans sa chute. Bien qu'elle fut dure, elle ne perdit pas de temps pour placer son bras sous la gorge du Chevalier, le froudroyant du regard. Dans l'action, Narcisse n'avait pas tenu compte du danger environnant, obsédée par le seul cas de Yuma. Elle n'en revenait pas de ce qu'elle venait d'entendre. Avait-il perdu la raison ?

- Qu'est-ce vous foutez ?! Vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de faire, Archonte ? Par Flarmya, reprenez vos esprits, vous vous en prenez à vos propres soldats !

Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 17 Nov 2013 - 12:17 Répondre en citantRevenir en haut


Esthen Frâlan & Buroth
Maitre Guérisseur


Le maître guérisseur manqua de défaillir devant l'arrivée de la jeune aspirante au bord de l'hystérie. La panique dictait ses paroles et ses actions. Entre son intervention pour protester contre Martel, la pression des combats et maintenant la nouvelle que l'Archonte était devenu un ennemi direct du Kaerl. Il recula d'un pas en titubant et sentit un soutien. Un de ses disciples était venu et l'aidait à rester debout en le tenant par le bras. Il lui demanda si tout allait. Esthen n'eut qu'à lever une main pour le rasséréner.

''Ca va aller. Notre mission n'est pas terminé. Allez chercher quelques guérisseurs et aller vous rendre là où il y a du grabuge. L'Archonte est possédé et il faudra faire évacuer les blessés qu'il aura causer''

Le jeune homme regarda son Maître, avec un certain regard. Frâlan comprit déjà son interrogation silencieuse

''Priez les dieux que l'Archonte soit vite libéré. Appelez deux autres guérisseurs pour prendre soin de cette aspirante là-bas. Il va falloir d'abord la rassurer quand à son état... Une patience en pleine crise d'hystérie n'est pas soignable. ''

Il jeta un dernier regard sur Martel et Seregon, qui se fixaient l'un et l'autre intensément. Cela dépassait les compétences d'Esthen.

°Que tout cela cesse rapidement que nous puissions sauver les blessés... La politique ne pouvait pas mieux choisir comme moment pour être enquiquinante.°

Oui il réussit à reprendre contenance, mais pas autant qu'il le désirait. Il fut tenté de rejoindre le lieu d'affrontement des combats, mais quelque chose lui soufflait de pas s'y rendre. On avait besoin de lui ici pour le moment. Il fut réticent à suivre cette petite voix. L'Archonte allait avoir besoin de ses compétences ! Cette même petite voix insistait. Il finit par capituler et se rendit là où on avait besoin de ses services, se tenant prêt malgré tout à courir au moindre appel des chevaliers-dragons parti repousser l'Archonte possédé



Seregon del Cirth
Gardien du Màr Tàralöm


Le Gardien dardait sur Martel un regard impavide mais surtout froid. Le Sang oubliait où était sa place ! Mais en des instants aussi critique, il était normal de vouloir agir pour le Kaerl. Oui On pouvait penser cela de Martel, malgré son ambition dévorante évidente. Son oeil unique se plissa par la suite, fixant le Maître-dragon avec une certaine froideur moins contenue.

''Il ne vous appartient pas de demander, devrais-je dire d'exiger ce que vous ne pouvez pas comprendre. Et je ne dirai rien en présence de l'Ombre qui les réclame. Si je dois évoquer le sujet, ce ne sera pas en votre présence, Martel Dehlekna. Votre ambition dévorante ne vous met pas en position de posséder ce que vous ne pouvez concevoir.... ''

Il aurait pu sourire à sa petite réplique, mais le coeur n'y était pas. Les Clés d'Ouranos. Jamais ce nom n'aurait du réémerger...Mais maintenant que l'Ombre elle-même les réclamait, il ne pourrait pas empêcher qu'on vienne à trouver ce qu'elles étaient réellement...



Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Sam 7 Déc 2013 - 20:21 Répondre en citantRevenir en haut

L’Inquisiteur Suprême haussa un sourcil stupéfait tout en poussant un soupir désabusé. La situation tournait au ridicule. Elle lui faisait songer à une mauvaise pièce, où sitôt qu’un comédien débutait ses répliques, un autre essayait de lui couper la parole pour mieux voler quelques miettes d’attention et de pouvoir. Risible, absurde, irritant et… Une absolue perte de temps. Un temps précieux qui filait comme le vent et faisait ruisseler le sang sur les vieilles pierres du Kaerl.

Les informations délivrées s’enchaînaient beaucoup trop vite. Si Eléderkan avait tiqué de colère aux propos de Martel à l’égard de la Chevalière Verte, y compris lors de son petit discours le mettant en avant, il fut rapidement dépassé par les événements. Tout le monde criait à qui mieux mieux : là une Aspirante au teint blafard et maladif visiblement assoiffée de sang, là un pauvre Guérisseur en chef qui ne savait plus où donner de la tête dans sa propre infirmerie, là un Gardien déboussolé au sortir de sa triste léthargie pour jeter le blâme sur Martel, là encore une seconde Aspirante échevelée et un peu sotte - dont la mention de sa Triade ne surprit personne quand on considérait la générosité de sa poitrine et la petitesse de son vocabulaire… Eléderkan Garaldhorf nageait en plein délire.

° Nous perdons du temps ! °

L’Elfe remarqua avec un temps de retard la flopée de pensées négatives qui lui parvenait. Le lien empathique partagé avec Thémos le gangrénait par sa colère et son esprit de vengeance. Si le Bronze perdait son sang-froid, Eléderkan n’était pas certain de pouvoir résister très longtemps à ce trop plein d’émotions. Il serait emporté dans la déferlante de rage et de violence de son propre dragon. C’était encore pire que lors d’un Vol Nuptial !

° Thémos ! Arrête, je te prie ! Si tu ne peux pas te maîtriser, sors du Mahalma ! °

Le Bronze découvrit à nouveau sa muraille de crocs en un rictus menaçant. Il perdit cependant un peu de sa morgue lorsqu’il détourna le regard de son frère Melkor. Il avait beau être plus jeune et issu d’une lignée moins prestigieuse que celui-ci, Thémos n’en restait pas moins un adversaire redoutable. Il espérait que Melkor s’en souvienne, au cas où son Lié recommencerait à faire des siennes.

° Je ne sortirais pas tant que ces deux-là n’en feront pas autant. °

Rien ne pouvait le déloger de sa position. Et peu importait qu’il gênât le trafic des blessés. Eléderkan tourna délibérément le dos à son Lié, pour bien lui faire sentir son mécontentement face à son obstination. Mais, au fond, lui non plus ne voulait pas partir sans voir Martel franchir les portes avant lui. Le Maître Bronze descendit les quelques marches menant au Trône. Après un regard appuyé au Gardien Seregon, il se tourna vers Maître Frâlan et riva ses prunelles glacées dans les siennes.

- Faites en sorte de ne plus laisser entrer personne qui ne soit ni blessé, ni malade, ni mort. Nous n’avons vraiment pas besoin de ça en ce moment.

D’autres questions inquiétantes plissaient de rides le front de l’Elfe. Et si le nouvel Archonte Brûlant, pourtant si prometteur, perdait l’esprit face au Maître des Ombres ? A la dernière séance du Concile, il n’avait pas brillé par sa tempérance et sa subtilité. Il maîtrisait encore mal l’art oratoire mais des sources bien informées le disaient apte à commander et combattre. Il fallait espérer qu’il tienne le choc. Les différents protagonistes de cette mascarade de coup d’état s’étaient déjà éparpillés dans des directions opposées. Ne restait qu’Eléderkan, Martel, le Gardien et le malheureux Maître Frâlan en mal d’autorité.

- Gardien, j’ai foi en votre jugement. Je ne doute pas que Maître Dehlekna se range à vos arguments et saura rester à la place qui est la sienne.

Peut-être Eléderkan essayait-il lui-même de se convaincre, par la même occasion. Le légendaire duo de Maîtres Bronzes avait volé en éclats depuis plus d’un an. Une époque devenue si lointaine qu’il semblait inconcevable de prévoir une réconciliation. Eléderkan Garaldhorf voyait les choses ainsi : un grand glacier le séparant pour des années encore de Martel et ses ambitions. Avait-il fait le bon choix ?

° Il est l’heure de se battre… Thémos ! °

Le dragon se détourna sur un dernier grondement. Il louvoya entre les civières de son pas lourd en se dirigeant vers la sortie. S’il ne lui était pas permis d’écraser la tête de Melkor contre les dalles et de lui broyer la nuque, il irait griller du zombie.



Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Lun 16 Déc 2013 - 19:34 Répondre en citantRevenir en haut

Seregon se contenta de rendre un regard pensant sur Elédarkan avant de s'écarter du trône ardent, comme pour se fondre dans l'ombre qui l'avait presque vomi tout à l'heure pour contrer le désir ambitieux de Martel de s'emparer du pouvoir. Il ne réagit pas non plus quand Thémos manqua de s'emporter devant le cirque que toute cette scène provoquait. Bien sûr que cela était une perte de temps. Après tout, il y avait plus urgent à mener qu'une dispute d'ordre politique. Au moins, le maître bronze ne perdit pas de vue ses devoirs et réussit plus ou moins à reprendre le contrôle sur la colère de Thémos. Un combat entre deux dragons mâles serait du plus mauvais effets en ces lieux, surtout avec autant de monde autour d'eux.

Pensant en maître et donc ordonnant comme tel, il donna un chapelet d'ordre au Maître-Guérisseur.



Esthen Frâlan & Buroth
Maitre Guérisseur


Frâlan ne s'était pas attendu à se voir promulguer à ce poste, même temporaire. Interdire l'accès à tout le monde, même aux blessées ? Les morts, oui c'était logique, mais les personnes en souffrance ? Il serra les lèvres et inclina la tête quand à ce choix, même si ce n'était pas dans ses compétences. En tant de guerre, on prenait qui on avait sous la main pour intervenir sur certaines choses.

°Oh Esthen, reprends-toi. Le Maître Elédarkan n'a pas dit cela, tu as mal entendu. Il permet quand même de laisser les blessés et les malades à arriver ici. Seuls ceux qui sont intègres devront rester aux portes. °

Le guérisseur frémit de cette erreur d'attention. Où son esprit vaganbondait à ce moment là pour avoir compris de travers ? Il se mordit les lèvres.

Donc pour Esthen, dans un certain sens, il devenait le ''vrai'' responsable du Mahalma. Il regarda les gardes tout de muscles et de nerfs qui serraient déjà leurs armes. Oh Dieux, heureusement qu'il avait envoyé des guérisseurs sur le front pour parer aux blessés... Et heureusement que son lié l'avait ressaisi. Son désarroi l'avait poussé à mal réfléchir. Il n'était pas dans son assiette. Vite qu'il se reprenne en main. On allait avoir besoin de ses capacités de soigneur

''J'obéirai à vos Ordres Maître Garaldhorf''

Que pouvait-il dire d'autres de toute façon ? Les dents et les lèvres serrées par la pression de sa toute nouvelle tâche, il s'empressa de se rendre utile au plus tôt pour suivre ces ordres. Les non-blessés et les non-malades allaient devoir attendre à l'extérieur. Dire qu'au début, il ne devait coordonner que l'arrivée des gens blessés, avec plus ou moins de gravité...


Seregon del Cirth
Gardien du Màr Tàralöm


Seregon ne souffla aucun mot, se contentant de croiser les bras dans l'ombre qui le dissimulait à peine. Il suivit de son oeil unique le départ de Thémos et de son lié, pour rajouter du renfort contre les envahisseurs zombifiés. Puis doucement, il fixa Martel.

''Martel Dehlekna...Vous et votre lié avez de l'énergie à revendre, alors je vais vous ordonner de l'employer à bon escient pour le Kaerl. Commencez à préparer des patrouilles pour ratiser tout le Màr et anéantitr les derniers pétrifiés qui y traîneraient. Par groupe de quatre. Un duo dragons-lés ou alors un dragon avec trois individus. ''

Un garde banal aurait pu s'acquiter d'une telle besogne aussi simpliste, qui pourrait être considéré comme indigne pour un Sang comme Martel, mais le Gardien jugea bon de l'occuper un peu, histoire de combler son esprit en ébullition ambitieuse par quelque chose de plus productif.... Puis il se retira comme il était venu, dans les ombres. Au plus profond de lui, malgré la peine qui lui était infligée par la pertes des siens et de leurs liés dans la défense du Kaerl, il resta pensif... Le Kaerl pourrait très bien connaître des heures sombres en plus de la menace de l'Ombre. Le Seigneur Iskuvar aurait fort à faire... en plus de venir lui réclamer les Clés d'Ouranos. La probabilité était moindre, mais pas impossible, connaissant le caractère imprévisible de l'humain...

[hrp : pour moi c'est mon dernier message. Si des gens sont intéressés pour faire des patrouilles, me faire signe Clin d'Oeil]



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