Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Quand son maître s'absente ... Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 20 Oct 2013 - 12:15 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918
Un après-midi ensoleillé, quelques jours avant l’attaque


Theme Song

Ruri, en élève studieuse, étudiait à l’Observatoire. Elle espérait vainement revoir le maître de ces lieux. Celui-ci était absent, parti pour une quête quelconque dont elle ne voulait connaître ni les tenants, ni les aboutissants. Elle n’était pas non plus en train e chercher des réponses pour les Clefs d’Ouranos. La menace semblait si lointaine, si improbable que Ruri n’y avait pas prêté attention. Elle avait assisté avec autant de grâce qu’un dragon empâté à la réunion mais n’en avait que peu appris. Drazahir n’était peut-être pas aussi puissant qu’il le disait. Non, Ruri était loin de s’imaginer.

Elle leva les yeux vers les vitraux de l’Observatoire. Ils laissaient passer un rayonnement lumineux magnifique, mêlant le bleu, le jaune, le rouge, le vert et bien d’autres couleurs. Elle resta dans un état de béatitude l’espace d’une trentaine de seconde avant de se reprendre. Elle ferma le livre qui était posé devant elle et se dirigea vers l’étagère pour la ranger quand un homme la bouscula. Le livre tomba. Elle tourna la tête et reconnu celui qu’elle avait elle-même bousculé quelques mois plus tôt. Il bomba le torse, fier de son acte. Il croyait qu’elle allait se soumettre docilement, comme la première fois. Mais rien de ceci ne se produisit. Elle le darda d’un regard qui voulait en dire long, soupira et se pencha pour ramasser son livre. L’homme allait pour la pousser à nouveau quand on lui murmura à l’oreille en lui tenant le poignet :

« C’est l’aspirante de Lyssa Ciniver. Si tu ne veux pas t’attirer la colère des valhériens, tu ne devrais pas »

Un sourire mi-figue mi-raisin s’afficha sur les lèvres de Ruri. Elle était à la fois contente que la réputation de sa maîtresse la protège mais légèrement déçu de ne pas obtenir le même résultat par elle-même. Elle maudit sa faiblesse, ramassa le livre une bonne fois pour toute et le posa dans l’étagère. Elle descendit les deux étages qui la séparaient du val rapidement, esquivant de justesse de tomber dans les escaliers et sortit prendre l’air.

Le temps était pour ainsi dire magnifique. Malgré le fait que les Bains Ignés soient fermés à cause des vapeurs toxiques du volcan, la présence d’un ciel peu nuageux la ravissait. La brise légère faisait danser ses cheveux sur ses épaules tandis que le soleil embrassait le Kaërl tout entier. Un lieu paisible malgré tout. Mais elle percevait cette peur inhérente chez les personnes qu’elles croisaient. Nul n’ignorait l’avertissement de Drazahir. Curieusement, Ruri se sentait trop enjouée pour y penser. Le temps était beau, il fallait en profiter. Elle en avait plus que marre d’être renfermée et d’être seule. Puis un souvenir la rattrapa. Lilwen, la Grande Légate du Màr Tàralöm. Peut-être pouvait-elle se permettre d’aller la voir ?

La neishaane se dirigea alors vers le Weyr. C’était la destination toute indiquée pour la trouver. Elle se dirigea donc à pas rapide vers le quartier des maîtres et s’arrêta devant les appartements de la Grande Légate. Elle tenta de donner un peu d’allure à sa coiffure et frappa à la porte. Celle-ci s’ouvrit sur la Dame incarnate en personne. Gênée, Ruri sentit le pourpre envahir ses joues et ouvrit la bouche sans que les mots n’en sortent. Puis, prenant son courage à deux mains, elle s’exprima enfin.

- Je, j’ai repensé à notre conversation d'il y a quelques jours … et euh … je me disais … euh … enfin j’aimerai bien apprendre.
Publicité





MessagePosté le: Dim 20 Oct 2013 - 12:15 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 20 Oct 2013 - 19:57 Répondre en citantRevenir en haut

L’après-midi était déjà bien entamée lorsque Lilwen regarda s’éloigner sa liée avec un pincement au cœur. Sethyl lui avait appris qu’elle voulait chasser près des chutes de Nightfall et Lilwen comprenait son désir de sortir et d’évacuer la tension. Que n’aurait-elle pas donné pour partir avec elle mais il lui restait du travail. Qui plus est, sa liée était étouffante depuis l’attaque de Lòmëanor, ne lui laissant que peu d’espace. Mais c’est néanmoins avec appréhension qu’elle observa l’Incarnate disparaitre à l’horizon.

Elle soupira et rentra dans son Weyr. La pièce donnant sur le balcon était vaste. Elle comprenait une immense bibliothèque et plusieurs tableaux qui embellissaient les murs. Au sol, un moelleux tapis d’Ys d’un pourpre sanglant trônait au fond de la pièce près du balcon. Il accueillait une table basse ainsi qu’un sofa et deux fauteuils moelleux. Une autre table agrémentée de quelques chaises se trouvait à droite en entrant et lui permettait de recevoir à diner. Les meubles étaient pour la plupart d’ébène, rehaussée par quelques touches de couleurs allant de l’écarlate au pourpre. Le tout était décoré avec goût. Plusieurs portes donnaient sur d’autres pièces comme sa chambre qui elle-même donnait sur une salle d’eau privée. Une autre l’entrainait vers son étude où son bureau l’attendait avec une pile de parchemins qui requéraient son attention mais elle n’avait aucune envie de se mettre au travail.

Elle voulut tourner ses pensées vers l’Incarnate mais se retint. Une appréhension constante lui nouait le ventre depuis l’attaque à Lòmëanor. Elles avaient dû faire front avec l’Ancalikon et sa liée Célestes. Mais depuis, ses nuits étaient de plus en plus agitées, elle ne parvenait plus à prendre de vrai repos. Ses cauchemars ne lui laissaient aucun répit et elle savait que sa liée s’inquiétait de la voir se déliter ainsi. C’était sans compter la marque qui poursuivait sa course, semblant s’être fait un devoir de recouvrir son corps. Chaque matin, lorsqu’elle s’observait dans le miroir, elle pouvait voir l’avancé des entrelacs noirs, couleur qui faisait écho aux cernes qui envahissait peu à peu son visage. Elle soupira mais encore une fois, aucune réponse à ses questions ne vint. Ce n’était pas encore aujourd’hui qu’elle saurait où était les clefs d’Ouranos, pas plus qu’elle ne saurait ce que le maître de l’Ombre prévoyait pour les marqués.

Elle se dirigea finalement vers son bureau et s’attela aux différents rapports. Ils avaient différentes origines. Certains venaient de son rôle d’Ambassadrice mais d’autres provenaient de son réseau personnel d’information mais là encore, ses informateurs avaient fait choux blanc. Un nouveau soupir s’échappa de ses lèvres. C’est alors que sans un bruit, Velyo vint se lover sur son épaule. La petite lézarde de feu Noire comme la nuit gazouilla à son oreille comme pour lui remonter le moral.

Des coups furent alors portés à la porte. Fronçant les sourcils, elle se demanda qui pouvait bien venir la déranger. Elle attendit, pensant que Leyla allait aller ouvrir mais elle se souvint que sa servante était sortie lui faire quelques achats. Lilwen quitta son étude dérangeant Velyo qui pépia d’indignement en s’envolant et alla ouvrir la porte pour découvrir avec étonnement l’aspirante de Lyssa, Ruri.

L’étonnement fit bientôt place à une certaine satisfaction. Elle avait affirmée à l’aspirante qu’elle la recontacterait mais bien entendu, elle ne l’avait pas fait, attendant de voir si oui ou non, elle allait revenir d’elle-même, et c’était le cas.

C’est ce que je vois…

Elle s’écarta légèrement et invita l’aspirante à entrer. La laissant fermer la porte, elle s’avança dans la pièce et s’assit sur l’un des fauteuils.

Assis-toi.

Ce n’était pas réellement un ordre mais Lilwen s’attendait tout de même à ce que l’aspirante s’exécute. Velyo, qui voletait entre les jeune femme vint bientôt se poser sur le dossier du fauteuil de la demi-sang, dardant son regard curieux sur l’aspirante.

Qu’es-tu venue chercher ici exactement ?


Le ton était froid, presque dur.
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 21 Oct 2013 - 00:25 Répondre en citantRevenir en haut

La neishaane n’était pas très rassurée. Ses mains tremblaient, bien que cachées dans son dos, et ses joues s’empourpraient à vue d’œil. Mal à l’aise, elle ne savait pas vraiment comment se comporter devant la Dame incarnate, la Grande Légate. Ces titres l’effrayaient à dire vrai. Comment devait-elle l’appeler ? Dame Lilwen ? Grande Légate Lilwen ? Dame incarnate ? Cela se ferait à l’instinct, certainement. Et comme souvent, son instinct la tromperait et elle manquerait une opportunité de se taire. Elle en était persuadée. La chevalière incarnate s’écarta légèrement de l’entrée, laissant à Ruri tout le loisir de pénétrer dans ses appartements.

L’adolescente était étonné du mélange de simplicité et de richesses : tapis, tableaux, matières des différents meubles. Tout était de bonne qualité sans relever de l’outrance ou d’une décoration spartiate. Elle avait du goût sans nul doute. Ruri pénétra d’un pas méfiant dans les appartements de Lilwen et referma doucement la porte derrière elle, comme si le silence devait s’imposer. Elle avait pris la peine de poser sa main sur la porte pour accompagner le mouvement. Pas un bruit. Elle était seule avec Lilwen et une lézarde de feu aux écailles sombres comme la nuit. Légèrement intimidée, elle resta quelques secondes sur le pallier avant de rejoindre finalement le siège indiqué. Elle s’y installa sans attendre une seconde de plus. Si le ton n’était pas ordinal, Ruri l’avait prise comme une recommandation. C’était comme si Lilwen lui disait « Montres-moi comment tu obéis et je verrais ce que je pourrais t’apprendre ». Peut-être était-ce la réalité, peut-être pas.

Ruri était intriguée par Velyo. Elle avait déjà observé ces dragons miniatures qu’on appelait des lézards de feu. Ils étaient adorables, n’étaient pas doués du mode de communication des dragons mais on s’y attachait rapidement. La neishaane se cala au fond du fauteuil et, après avoir toussé en manquant de s’étrangler à la question de la chevalière, elle répondit d’un ton qui trahissait son malaise.

- Dire ce que je suis venu chercher est assez difficile. Je puis dire ce que je demande mais non ce que je vais obtenir si vous me comprenez.

° Idiote. Oser dire « si vous me comprenez », c’est comme sous-entendre qu’elle pourrait ne pas comprendre ! °

Ruri se reprit aussitôt et poursuivit.

- Pas que vous ne puissiez pas comprendre, je n’ai pas dit cela…

Ses joues étaient rouges. Elle s’emmêlait les pinceaux et se trouvait idiote. Elle ferma les yeux un court instant et se reprit. Bien que son visage n’arborait pas de changement significatif, ses joues devinrent plus pâles.

- Je suis venu ici car je pensais à notre dernière discussion voilà plusieurs jours. Je me rappelle que vous avez prononcé ces mots : « Tu devrais te trouver un passe-temps qui te permettra de t’endurcir tout en pouvant te défouler. Tu dois apprendre à t’extérioriser, n’ait pas peur de te mettre en colère ! Si parfois, tu sauras qu’il te faudra tenir ta langue, parfois, ta voix doit se faire entendre par tous si tu le souhaites. » . A cela, vous avez ajouté « Je ne sais si je pourrais t’initier, mais je peux toujours essayer. » avant de conclure « Nous avons tous nos propres histoires mais je puis t’assurer que chaque personne que tu as vue assis autour de cette table l’autre fois à gagner sa place d’une manière ou d’une autre. Après, à toi de voir si tu veux rejoindre la partie. ».

Ruri se laissa le temps de respirer. Elle n’avait pas eu beaucoup d’effort à faire pour puiser dans ses souvenirs. Un don, peut-être. Une compétence, certainement.

- Je voudrais rejoindre la partie, savoir comment me comporter, comment m’améliorer. J’en ai plus qu’assez de me montrer faible, de me dérober comme je l’ai fait lors de notre première rencontre et ce, quel qu’en soit le prix.
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 22 Oct 2013 - 20:27 Répondre en citantRevenir en haut

Lilwen observait Ruri s’empêtrer dans ses propres paroles sans faire le moindre effort pour l’aider. Ce n’était pas en bafouillant qu’elle parviendrait à se faire respecter par les autres et encore moins par elle-même. Toutefois, si elle n’en montra rien, elle fut impressionnée de voir avec quelle aisance l’aspirante retranscrivait ses propres paroles. Elle ne savait si c’était un don de mémoire ou si c’était parce qu’elles l’avaient marquée, mais Lilwen reconnaissait que c’était troublant. Elle note cette information dans un coin de son esprit mais déjà l’idée avait germée.

Velyo se glissa sur les genoux de la chevalière et s’y lova comme un chat. Négligemment, Lilwen effleura les écailles noires de la petite créature qui émit comme un ronronnement sous la caresse. Observant la Neishaane, Lilwen songea qu’avec du travail, elle pourrait peut-être non pas modeler l’aspirante, mais tout du moins lui offrir ce qu’elle souhaitait, sans pour autant négliger ce qu’elle parviendrait à en tirer. Elle était gagnante dans tous les cas car ce qu'elle allait dire à Ruri, elle aurait pu l'apprendre seule, mais elle de son côté, allait forcément en tirer avantage.

La jeune femme acquiesça légèrement, laissant le silence planer entre les deux femmes. Elle se leva, laissant une Velyo outragée s’envoler une seconde fois pour se poser de nouveau sur le dossier du fauteuil de la Chevalière.

J’entends ce que tu me dis, et je sais que je peux t’aider, toutefois, sache que je ne le ferai pas sans obtenir quelque chose de toi en retour. Mais de cela, je te parlerai un peu plus tard et je ne doute pas une seconde que tu accepteras.

Un léger sourire flotta sur ses lèvres, son ton n’était pas autoritaire car elle était presque certaine que Ruri accepterait par elle allait lui offrir une opportunité qu’elle pourrait difficilement refuser.

Mon premier conseil devrait te permettre de progresser sur ta prestance et ton élocution. Avant même d’ouvrir la bouche, je veux que tu saches ce que tu vas dire. Tes paroles doivent sortir avec conviction, tu ne dois pas douter une seule seconde de ce que tu énonces. Lorsque tu parles, chaque personne qui t’écoute doit percevoir l’assurance que tu possèdes. Si tu ne l’es pas, si tu hésites ne serait-ce qu’un quart de seconde, cela se sent.

Elle s’interrompit quelques instants, scrutant l’aspirante avant de poursuivre.

C’est la raison pour laquelle je veux que tu évites d’improviser, du moins pour le moment. Au lieu de travailler sur le fond, travaille sur la forme.

A ce moment, la porte du Weyr s’entrouvrit doucement, laissant passer Leyla. L’humaine s’inclina tout en s’excusant de les avoir dérangé.

Toutes mes excuses Dame Izil, je ne savais pas que vous receviez.

Ce n’est rien, prépare-nous du thé.

Lilwen se détourna, laissant Leyla passer dans une pièce à côté, et fixa Ruri de ses yeux de glace.

Est-ce que tu vois ce que j’attends de toi ?
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 24 Oct 2013 - 16:02 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri ne se sentait pas vraiment à l’aise. Elle se cala au fond du fauteuil comme si celui-ci pouvait le protéger. Elle savait qu’elle passerait un mauvais quart d’heure, qu’elle prendrait en pleine face ce qu’elle était réellement ou, du moins, ce qu’elle rendait visible. Aux dires de Lilwen, elle ne donnait pas une belle image d’elle. Les yeux de Ruri passaient du Lézard de feu à la Grande Légate. Elle ignorait ce que comptait faire la Dame incarnate. Ruri s’enfonça un peu plus dans son fauteuil lorsque Lilwen se leva. Elle paraissait la dominer de toute sa taille.

L’adolescente acquesçait aux premiers mots de Lilwen. Il ne lui était pas venu à l’idée au premier abord qu’elle devrait donner quelque chose en retour. C’était sa naïveté intrinsèque qui lui faisait penser cela. Mais à y réfléchir, il paraissait normal de donner pour recevoir. C’était un échange de bons procédés. Les paroles douces de la Dame incarnate la séduisaient. Ruri était facilement manipulable et pour peu que l’on lui présente les choses sous un angle acceptable, elle était prête à le faire.

Le premier conseil de Lilwen relevait du bon sens : réfléchir avant de parler. Pourtant, ce n’était pas aussi simple que cela pour elle. Elle qui était impulsive avait tendance à réagir au quart de tour. Cela nécessiterait donc qu’elle maîtrise ses émotions. Ce ne serait pas une mince affaire. Le regard que Lilwen lui portait la fit frissonner. Elle se sentait observé jusqu’à l’intérieur d’elle-même, comme si ma Grande Légate pouvait scruter son moi intérieur. Cela l’effrayait et la fascinait en même temps.

- Travailler sur la forme …

Ruri sursauta lorsque la porte s’ouvrit. Elle ne s’y attendait pas le moins du monde. La servante de Lilwen, Leyla, venait de pénétrer dans la pièce. La neishaane pencha sa tête pour regarder la servante. La curiosité la piquait et elle l’observa se diriger vers une pièce non-loin de là. Elle reporta son attention sur la maîtresse incarnate et inclina la tête en guise de réponse, avant d’ajouter :

- Je crois que je comprends ce que vous voulez dire.

Elle s’arrêta un instant et mit en pratique le conseil. Elle se mordilla la lèvre inférieure alors qu’elle réfléchissait puis reprit la parole. Le ton n’était pas parfait et on ne percevait pas encore une confiance en soi certaine, mais elle prenait l’exercice à cœur.

- Vous attendez de moi que je puisse, en toutes circonstances, parler sans montrer mes points faibles. Je dois être capable de dire un mensonge comme s’il s’agissait de la vérité.

L’effort était plus intense qu’elle ne le pensait. Il fallait penser aux moindres mots, à la manière dont ils seraient prononcés, à l’intonation de la voix. Cela semblait très difficile et l’exercice devrait certainement être répété très souvent pour qu’il devienne une habitude. Elle soupira.

- C’est difficile ! Cela demande beaucoup d’efforts. J’ai l’impression d’être épuisée rien qu’à penser à tout cela. Je suis sûr qu’avec de l’entrainement, ce serait plus simple. J’ai l’impression que l’apparence à beaucoup d’importance, aussi bien dans les paroles que dans notre apparence physique.

Ruri regardait Lilwen avec un regard mêlé de crainte et de fierté. Elle savait que la Dame incarnate était aussi crainte que sa course au pouvoir fût effrénée. Oui, elle avait prit la peine de savoir à qui elle s’adresserait. Et si Ruri avait une carte à jouer ?
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 26 Oct 2013 - 11:38 Répondre en citantRevenir en haut

Lilwen déambulait dans la pièce tout en écoutant la Neishaane. Un léger sourire naquit au coin de ses lèvres lorsque qu’elle lui répondit. Si l’assurance n’était pas encore totalement, Ruri avait compris ce qu’elle attendait d’elle.

C’est exactement ça. Si tu ne possèdes pas une assurance naturelle, tu dois jouer sur la vision que les autres ont de toi. C’est un coup de bluff, littéralement. Je ne considère pas cela comme un mensonge mais plutôt comme une attitude à adopter en toutes circonstances. Ici, la moindre faiblesse un tant soit peu visible est aussitôt exploitée.

Elle-même s’était fait un devoir de ne jamais montrer ses faiblesses quelle qu’elles soient. Elle possédait une aisance naturelle pour s’exprimer et son assurance n’était pas feinte. Elle était pour la plupart du temps convaincue de ce qu’elle disait et n’avait donc pas besoin de réaliser le travail qu’elle demandait à Ruri, toutefois, elle savait que cette méthode était efficace pour l’avoir déjà transmise à quelqu’un. Mais elle n’avait pas été toujours ainsi et c’était ses actes qui l’avaient façonnée de cette manière, ses actes et leurs conséquences. Elle approuva les dernières paroles de Ruri d’un signe de tête.

Ce sera un effort de chaque instant mais si tu persévères, cela deviendra de plus en plus naturel.

Elle s’arrêta, s’asseyant de nouveau. Croisant ses jambes, elle réfléchit un instant avant de reprendre.

C’est évidemment sur l’apparence que tu renvoies que tu es jugée. Si tu veux que l’on te respecte, tiens-toi droite, ne baisses pas les yeux lorsque tu veux montrer que tu n’es pas simplement passive mais au contraire active ! Lorsque tu croises un autre aspirant, que fais-tu ? Tu dois pouvoir te faire respecter et pour cela, il n’y a que peu d’alternatives. Ici, la peur et le rang sont très importants. Soit tu respectes la personne pour son statut soit parce que tu la crains.

Lilwen s’interrompit lorsque Leyla apporta un plateau chargé d’une théière, de tasses et d’une assiette de biscuits. La jeune servante versa le thé et partit discrètement. Lilwen saisit l’une des deux tasses et invita Ruri à en faire de même d’un geste. Le thé n’était pas très sucrée mais avait un goût fruité, il provenait d’Ys et Lilwen avait mis un temps fou à mettre la main dessus. Elle ne regrettait pas le prix qu’elle l’avait payé.

Je pense que tu devrais trouver une activité où tu excelle et te focaliser dessus. Tu dis avoir confiance en toi pour pouvoir afficher une certaine assurance. Sais-tu déjà ce que tu feras lorsque ton Empreinte sera passée ? Que faisais-tu avant d’arriver ici ?

Ses questions n’avaient pour seul but que de faire s’interroger l’aspirante sur son avenir. Lilwen quant à elle avait déjà une petite idée derrière la tête. Toutefois, elle ne savait pas encore si l’aspirante correspondrait ou non à ce qu’elle allait attendre d’elle.
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 28 Oct 2013 - 10:14 Répondre en citantRevenir en haut

Les yeux de Ruri n’avaient pas quitté Lilwen tandis qu’elle parlait. La neishaane n’était pas née de la dernière pluie. Elle donnait ce qu’elle avait en toute sincérité car elle pensait que c’était la clef de sa réussite. Elle écoutait attentivement les paroles de sa maîtresse d’un instant. Elle ne ressentait pas réellement de crainte quant à la réaction de sa vraie maîtresse. Si elle le faisait, c’était avant tout pour elle-même. L’adolescente se sentait le besoin d’évoluer, d’agir par elle-même sans reproche. Elle ne pouvait pas vivre que par sa maîtresse. C’était pour cela qu’elle agissait de la sorte : aller voir des maîtres et recueillir leurs enseignements, épier des aspirants pour apprendre des relations sociales qui les liaient et les déliaient. Mais en définitive, elle était seule et désappointée. Elle n’avançait pas.

° Une attitude à adopter en toutes circonstances °

Elle intégrait peu à peu les leçons de la Grande Légate. Si son passé lui était inconnu, les raisons qui devaient l’avoir poussé à évoluer ainsi ne devaient pas être particulièrement roses. Elle observa la Dame incarnate s’asseoir de nouveau, jambes croisées. Velyo attirait son regard tout autant que la maîtresse. Les Lézards de feu étaient des créatures fascinantes. Ces dragons miniatures émettaient des pépiements mélodieux et pouvaient se montrer aussi affectifs qu’agressifs. Ils étaient dotés d’une personnalité propre mais ne pouvaient parler dans les esprits comme leur congénères géants.

° La peur et le rang … °

C’était ce qu’elle craignait. Elle devrait faire non de simples changements mais de véritables bouleversements de sa personnalité. La neishaane devrait se reconstruire, ce qu’elle avait cherché à éviter depuis son arrivée au Màr Tàralöm. La servante arriva avec un plateau chargé de biscuits et de thés. Ruri n’avait pas jeté un regard à la servante, légèrement intimidée. Elle prit la tasse et huma les senteurs qui s’en exaltaient. Elle porta le nectar à ses lèvres et en but une gorgée. Le goût fruité la surprit au premier abord. C’était si délicat, si doux. Lorsque Lilwen posa deux questions, Ruri se stupéfia. Elle allait poser sa tasse sur la table quand elle s’arrêta, la main tremblante. Elle inspira profondément et posa le thé avant de se caler dans son fauteuil.

- Me trouver une activité sera compliqué. Je n’en ai pas réellement. Jusqu’à aujourd’hui, je suis un entraînement assez éprouvant qui risque de me tuer à tout moment. Je n’ai aucune idée de ce que je vais devenir après m’être liée. Je veux partir à la recherche de mes racines profondes, de celle qui m’a transmis le Don. Et je ne suis pas persuadée que ce ne soit dû qu’à mon prédécesseur.

Ruri parlait de sa mère avec une réelle froideur. Elle ne l’avait pas jamais connu en réalité et n’avait jamais pensé à la connaître non plus. Quant à sa dernière question …


-° Quelques mois plus tôt °-


Le soleil illuminait les vitraux du temple de Zakeriel, le divin messager. Elle apprenait ses lettres et lisaient les révélations des Oracles précédents. Oui, il fallait en apprendre plus. Mais surtout, comment voir l’avenir ? Comment faisaient son prédécesseur et toutes celle de la lignée ? Ruri en était incapable mais elle y croyait. Après tout, elle deviendrait la grande Oracle de son peuple. Mais ce fut un échec, comme tout le reste de sa vie.

Il faisait chaud et humide. La pioche de Ruri s’affairait sur un mur de pierre grise. A côté d’elle, Eorlund travaillait aussi. Sa barbe grise trahissait son âge avancé. Sa voix était claire et il était relativement musclé malgré sa maigreur. Ruri n’était pas dans un très bel état non plus. Puis c’était l’horreur. Le craquement du crâne du garde, les clefs de ses chaines qui tombent, les mains moites de stress, la course folle et l’abandon de son ami. Elle avait tout perdu ce jour-là, jusqu’à une part d’elle-même.

-° A l’instant présent °-


Les larmes lui montaient aux yeux. Y penser l’effrayaient mais les images étaient là, gravés dans sa mémoire à jamais. Elle tremblotait. Visiblement, Lilwen avait touché la corde sensible. Elle essuya ses larmes d’un revers de la main et se reprit.

- Mes excuses, Dame Lilwen.

Elle laissa planer un court silence, aussi pesant pour elle qu’une chape de plomb. Cela lui était insupportable. Repenser à sa vie avant la mine n’était pas désagréable en soi. C’était une vie faite de plaisirs simples, d’ablutions matinales et de lectures. Mais sa vie d’esclave n’avait été en rien un plaisir. Un labeur difficile des jours durant, des morts à ne plus en compter et une fin abominable.

- Mon passé n’a pas une grande importance, je le crains. J’ai été élevée pour devenir l’Oracle de mon peuple au temple de Zakeriel. Malgré tous les efforts du monde, je n’ai pu réussir. J’ai été ensuite … vendue à des esclavagistes. Je me suis enfuie grâce à l’aide d’un ami.

Evoquer la suite eut été tout douloureux. Elle s’arrêta là, buvant une lampée de thé pour se calmer.
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 2 Nov 2013 - 12:46 Répondre en citantRevenir en haut

Lilwen aurait presque éclaté de rire mais elle n’afficha qu’un masque de froideur. Si Ruri pensait que Lyssa risquerait à un moment ou à une autre la vie de son aspirante, elle se fourvoyait. Non pas que les aspirants du Màr étaient intouchables, toutefois, ils ne prenaient pas de si grands risques. Les plus faibles n’arrivaient pas jusqu’aux sables, c’était indéniable et heureux. Elle savait que Sethyl ne supporterait pas de voir ses futures enfants se liés à des êtres faibles. Préfèrerait-elle les voir périr sur les sables, à dire vrai, elle n’en savait rien. Mais la vie au Màr Tàralöm était ainsi, pour les forts et pas pour les faibles. Et si Ruri pensait risquer sa vie à chaque instant, ce n’était pas elle qui allait la détromper même si la vérité était un peu plus compliquée que cela.

Le regard de l’aspirante se fit distant et bientôt elle vit perler des larmes au coin de ses yeux. Le regard de la Sang se durcit plus qu’auparavant. Elle n’affichait maintenant plus qu’un visage de glace où l’on pouvait lire la déception et peut-être même une pointe d’écœurement. Elle se leva de nouveau, balayant d’un geste les excuses et les paroles de la jeune fille.

Peu importe ce qui t’es arrivé, tu ne dois pas montrer ainsi tout ce que tu ressens. Sois en certaine, si je revois des larmes dans tes yeux une seule fois en ma présence, tu auras de véritables raisons de montrer à tous à quel point tu es faible…

Lilwen n’avait rien à faire d’une pleurnicharde dans ses jambes. Encore moins lorsqu’elle n’était pas sa propre aspirante. Elle songea l’espace d’un instant à ses futurs aspirants et se demanda ce qu’elle ferait s’ils se montraient faibles… Et elle sut parfaitement ce qu’elle ferait, mais il n’en était pas question concernant Ruri.

Le regard dur de la Chevalière Incarnate se posa sur Ruri, attendant qu’elle se reprenne. Son passé ne lui servirait pas à grand choses ici mais expliquait beaucoup de choses. Si pour le moment, elle n’avait rien d’une Ardente, elle le deviendrait, qu’importait ce qu’il en couterait, sinon, Flarmya ne l’aurait pas guidée ici.

S’asseyant de nouveau, elle inspira longuement et expira pour se calmer.

Tu devrais demander à Lyssa de te ramener là-bas et régler ainsi tes comptes avec ceux qui t’ont fait cela. A mon sens, tu ne pourras pas avancer sans avoir fait table rase de ce côté-là.

Lilwen hésita à renvoyer l’Aspirante mais finit par lui proposer :

Tu sembles très douée pour te souvenir des paroles échangées… Je veux que tu travails pour moi. Ecoutes ce qui se trame autour de toi, tu prendras contact avec une personne que je te désignerai et tu lui rendras compte de ce que tu as entendu, et même de ce qui te parait inintéressant. Je ne te demande pas de suivre quelqu’un en particulier, mais de tendre l’oreille, simplement.

Si l’aspirante se montrait douée pour cela, elle ne doutait pas qu’elle reprendrait confiance en elle. Elle la mise en garde.

Je sais que la discrétion n’est pas ton fort. Pas encore. Si tu te fais prendre à écouter aux portes, tu seras seule et ne compte pas sur moi pour te tirer du mauvais pas où tu te seras fourrée. Reste naturelle et écoute, c’est tout ce que je te demande pour le moment. Cela te parait-il raisonnable ?

Elle s’interrompit avant de reprendre :

Et pas un mot à Lyssa ni à qui que ce soit. Tu penses en être capable ?


Je n'y suis pas allée de main morte, mais c'est pour la rendre plus forte :p Mais si tu veux que je changes un truc, dis-le moi ^^
Ruri Ravin
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 3 Nov 2013 - 17:46 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri se sentait honteuse. Oui, elle était faible, hantée par son passé qu’elle n’admettait pas. Et ne pas se dévoiler était difficile. C’était si récent encore dans son esprit qu’elle en avait encore presque la nausée. Elle se recroquevilla sur elle-même, effrayée des paroles de la Dame incarnate. Elle méritait bien sa liée aux écailles de sang. Son cœur battait la chamade et elle se retenait de fuir à toutes jambes. La respiration haletante, elle n’osait plus regarder Lilwen dans les yeux. Elle le savait, elle n’attirerait personne et ne deviendrait jamais charismatique si elle ne faisait pas des efforts. Peu importe les épreuves, elle se devait de les réussir, elle devait sortir de son cocon qu’elle se construisait. Elle s’était fabriquée des murailles autour d’elle, mais ce n’était que du papier. Un souffle et elles s’envolaient. Il lui faudrait changer en profondeur. Elle déglutit difficilement en écoutant les paroles de la Grande Légate. Lorsque cette dernière s’assit de nouveau dans son siège, Ruri soupira de soulagement. Elle analysait cela comme un signe d’apaisement, même si elle n’était guère douée pour analyser les comportements humains à l’heure actuelle.

° Faire table rase du passé … °

Elle imaginait revenir au temple. Non, ce serait trop simple. Elle retournerait à la mine et exterminerait ces brutes une par une. Oui, ils souffriraient le martyr. Alors que ces images défilaient dans sa tête, un sourire naquit sur son visage. Elle brulerait ensuite l’édifice de sorte que la fumée soit visible du village. Puis elle retournerait au temple et prendrait un malin plaisir à en tuer ses prêtres et prêtresses. Elle sortir de ses idées folles lorsque la Dame incarnate reprit la parole. Elle acquiesça à plusieurs reprises. La tâche paraissait simple. Ecouter et répéter à une personne. Cela ne pouvait qu’améliorer ses compétences. Ruri ne trouvait aucun scrupule à effectuer ces tâches. Elle savait que ce serait temporaire. Bientôt, elle volerait de ses propres ailes et pourrait se mettre en quête de son passé. Qui était-elle ? Pourquoi avait-elle le don ? Qui le lui avait donné ? Trop de questions fusaient dans sa tête mais elle était persuadée qu’elle en trouverait les réponses d’une manière ou d’une autre.

- Cela me paraît raisonnable. Lorsque j’écoute, j’écoute pour moi-seule et je rends compte à une personne que vous me désignerez. Si je me fais découvrir, je me débrouille. Et ma maîtresse ne sait pas tout de moi, ce devrait donc être possible pour moi de taire ce secret.


Ruri n’était certainement pas assez méfiante. Elle ne cherchait pas à connaître les tenants et les aboutissants de cet entraînement. Les informations révélées auraient peut-être un impact sur la politique du kaërl. Mais elle se rassurait. Ce n’était qu’une petite main et elle n’y serait pour rien. Elle ne faisait qu’obéir aux ordres comme un chien docile. Pour l’instant, elle n’était que cela et elle s’en convainquait très facilement. Qu’il était plus facile e se complaire dans la facilité que dans la difficulté, même si cette dernière apportait son lot de récompenses.

La jeune neishaane se releva, épousseta sa robe et se redressa.

- Je vous remercie de m’avoir accordé de votre temps précieux, Dame Lilwen. Je mettrai à profit votre savoir pour améliorer mes compétences et je gage que la prochaine fois que nous nous rencontrerons, vous remarquerez des changements. Je vous remercie également pour ce thé qui était très bon.

Ruri fit demi-tour, ouvrit la porte et la referma doucement derrière elle. Elle fit quelques pas dans le couloir avant de s’adosser au mur. Toute la pression retombait. Qu’il lui était encore difficile de supporter la pression de discuter avec un maître. Ils étaient comme des Dieux, des gens pleins de savoir, des êtres imperturbables. Elle s’imaginait bien trop de chose et se rabaissait bien trop encore, mais elle changerait, c’était certain.
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:39 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu