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 [RP] Le poison ne se mange pas Sujet suivant
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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 26 Juin 2013 - 18:32 Répondre en citantRevenir en haut

Isashaniku


L’aube. Ruri sortait difficilement de sa somnolence. Il lui était pénible de ne pas dormir. Chaque fois qu’elle essayait, ses cauchemars la rattrapait. La neishaane se forçait de ne pas sombrer dans un sommeil lourd. Ses yeux clignaient tandis que ses doigts s’efforçaient de bouger. Elle était comme paralysée, sans aucune force dans ses membres. La situation lui était pénible, mais elle devait vivre avec. Elle inspirait à plusieurs reprises en tentant de bouger ses membres. Puis, tout semblait redevenir normal. Avec des gestes qui semblaient infiniment lents, Ruri se leva de son lit et se dirigea, titubante, vers le miroir posé sur sa commode.

Ses traits étaient tirés, des poches se formaient sous ses yeux fatigués. Il lui faudrait masquer cela, sans quoi Lyssa lui demanderait certainement des comptes.

° Elle devrait se douter du pourquoi … Lyssa ne posera pas la question. °

Elle plongea ses mains dans la vasque remplie d’eau et s’éclaboussa le visage à plusieurs reprises avant de frotter ses joues avec une serviette sèche. Un rituel auquel elle s’était habituée ici.

Un quart d’heure plus tard, l’adolescente était prête. Ses traits montraient moins sa fatigue que ses bâillements répétés. Elle poussa la porte de ses appartements – chance pour l’aspirante d’être celle de Lyssa en personne – et s’engouffra dans le couloir. Elle avait rendez-vous aux portes du kaerl pour découvrir les Pics de Cendre et, par là-même, effectuer son premier entraînement.

Elle s’imaginait devoir courir, se battre, toutes ces choses qu’elle était incapable de faire en l’état actuel des choses. Elle n’était pas sûre de pouvoir serrer quelque chose dans sa main sans avoir des crampes douloureuses. Elle était relativement loin de la réalité. Elle traversa nombre de couloirs, d’intersection et croisa beaucoup d’aspirants et de maîtres. Les civils faisaient parti de ce monde. Un monde décidemment étrange.

Ruri s’arrêta un instant. Son cœur battait la chamade. Son épaule se posa contre le mur. L’adolescente avait la respiration haletante sans en connaître les raisons. Elle reprit lentement ses esprits et poursuivit son avancée. Lorsqu’elle sortie de ce dédale de boyaux, elle porta ses mains à ses yeux. Le soleil paraissait si brûlant et si lumineux. Et pourtant, tout était comme d’habitude. Peu de nuages traversaient le ciel, l’air était plutôt frais et un léger vent soufflait.

Lyssa attendait aux portes du Kaërl. C’était la première fois que la neishaane faisait ce trajet seule, sans demander son chemin. Tout n’était pas aussi noire qu’elle le pensait.

— Bonjour maîtresse Lyssa. Comment allez-vous aujourd’hui ?

Tout était fin prêt pour sa première leçon.
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MessagePosté le: Mer 26 Juin 2013 - 18:32 Revenir en haut

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Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Mer 26 Juin 2013 - 21:44 Répondre en citantRevenir en haut

Il était temps de passer aux choses sérieuses… Ruri était depuis peu officiellement l’aspirante de Lyssa et cette dernière avait dû décaler leur premier entrainement pour cause de réunion de sang, d’affaires des Valhériens à régler et bien d’autres tracasseries mais aujourd’hui étaient le bon jour.

Les deux liées étaient installées sur un rocher depuis plus d’une heure et elles contemplaient l’aube, instant où le soleil apprivoisait le ciel avant de le traverser en courant. L’humaine ne voulait pas arriver après son aspirante aussi elle était debout depuis un long moment, et puis la brune n’aimait pas les retards il était inconcevable pour elle d’y être sauf si cela est volontaire et dans un but précis.

Lyssa attendait donc son aspirante en compagnie de sa liée à la sortie du Kaerl, enfin à une sortie en particulier, celle qui allait aux Pics de Cendre. Pour une première sortie elle allait lui montrer comment sortir du Kaerl et comme la Brune n’aimait pas se répéter, elle ne lui indiquerait pas comment rentrer au Màr. Après tout c’était là le même chemin et Ruri devrait s’habituer à ce style de comportement et de traitement de la part de sa Maîtresse.

° Elle arrive, elle sera à l’heure ne t’en fait pas. ° taquina la bleue qui savait sa liée très à cheval sur la promptitude et l’attente.

° Je ne m’en fais pas Shen. C’est plutôt elle qui devrait s’en faire si elle n’est pas là rapidement mais elle sera là… °

Et la Neishaane ne fit pas mentir sa Maîtresse, elle ne la fit d’ailleurs même pas attendre puisqu’elle arriva comme le souhaitait Lyssa, avant que les rayons du soleil ne passent à travers la troisième pierre manquante de la grande arche qui devançait la porte massive du Kaerl.

— Bonjour maîtresse Lyssa. Comment allez-vous aujourd’hui ?

° Quand on parle du loup °

° … On aperçoit ses petits… °

La brune se tourna et laissa Ruri la rejoindre avant de répondre, ce qui lui laissa amplement le temps de la détailler avec précision des pieds à la tête ainsi que son pas.

– Je vais très bien Ruri merci.

« Bien mieux que toi visiblement », pensa-t’elle mais elle ne dit rien, préférant garder cela pour le premier signe de faiblesse que montrera l’aspirante en route.

Bien suis nous et regarde bien où tu mets tes pieds. A partir d’ici les chemins ne seront pas aussi nets qu’au Kaerl. Alors j’espère que tu es en forme car je ne compte pas te porter comme un enfant. Tu es une ardente maintenant et mon aspirante, montre toi en digne

Et c’est ainsi que débuta ce qui était une longue marche pour toute personne peu habituée à se déplacer sur des chemins escarpés et montagneux.

Sinueux, étroit, bordé par le vide par endroit, entouré de rocaille de part et d’autre, passant même sous la terre, le sentier déboucha finalement sur une sorte de palier caillouteux. Lyssa fouilla un sac alors que Shenesda se posait –elle avait volé le long du chemin ne souhaitant pas marcher- et en sortir un petit bidon qu’elle tendit à Ruri, elle-même buvant dans une autre gourde. La brune attendit que son apprentie se soit désaltérée et parla doucement avec un petit sourire aux lèvres.

Bien je suppose que tu as envie d’apprendre, que tu as envie de te venger et d’être respectée et de bien plus encore… Tout cela viendra tu peux me faire confiance, il faudra du temps pour tout apprendre et faire correctement. Et dans tout apprentissage il y a un début… Ici commence ta première leçon. Fais en sorte que cela ne soit pas la dernière.

Bois et ensuite nous pourrons commencer ta première leçon. Il te faudra trouver cette plante et me la rapporter sous une heure maximum. Si tu ne la trouve pas je te conseille de revenir tout de même tant que tu en es capable.
Tout en parlant la Maîtresse Bleue lui montra une fleur sur une tige verte et dont les pétales jaunes triangulaires se refermaient comme une petite pyramide.

Une dernière chose, ne mange rien et ne bois pas avant d’être revenue et que je te le dise, cela risquerait d’accentuer… certaines sensations peu agréable.

La brune chercha du regard un recoin pour s’installer et fit signe de la main à son aspirante de commencer ses recherches
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Ven 28 Juin 2013 - 22:46 Répondre en citantRevenir en haut

Elle ne s’attendait certainement pas à un traitement de faveur. Toutefois, elle accueillit les salutations de sa maîtresse avec un sourire. Elle s’efforçait de ne pas dévoiler sa fatigue et l’humaine n’en avait certainement cure. La neishaane salua la liée aussi poliment que pour Lyssa. La promenade ne serait pas simple. L’adolescente pourrait glisser à tout moment sur les cailloux et entreprendre une chute qui ferait mal. Aussi freinait-elle sa descente autant que cela lui était possible.

Le décor était d’un délice apocalyptique. Des montagnes nues plus ou moins hautes les unes que les autres, des falaises escarpées et d’autres pièges. Elles suivirent un chemin qui semblait aisé. Mais ce n’était que les prémices avant les véritables difficultés. Ruri semblait à l’aise dans la marche, moins lorsque le vide n’était plus très loin. Mais elle tâchait de faire attention. Sa fatigue semblait s’être envolée devant l’excitation de son apprentissage. Elle souriait même.

Après avoir marché de longues minutes, les deux femmes s’arrêtèrent sur un rocher. Shenesda se posait non loin tandis que Lyssa tendait une gourde à Ruri. Celle-ci la prit d’une main assurée. Sa gorge était légèrement sèche et, si la température n’était pas si élevée que cela, l’effort fourni lui avait donné soif. Elle porta le contenant à ses lèvres et bu une gorgée du nectar contenu. Le goût était amer mais ce n’était pas mauvais. Elle s’essuya les lèvres et écouta les ordres de sa maîtresse.

Les formes et la couleur de la fleur s’imprimèrent dans sa tête. Il lui fallait trouver une fleur identique. Nul doute qu’elle y arriverait, mais à quel prix. Elle ne s’était pas montrée assez méfiante et c’était là les règles du jeu. L’adolescente entreprit de descendre de quelques mètres afin d’avoir une vue sur l’étendue qui bordait ce palier de la montagne. La fleur devait se trouver plus loin, dans les ronces. C’était du moins ce que pensait Ruri qui imaginait déjà les difficultés d’accès. C’était sans compter sur les effets de la boisson ingérée plus tôt.

C’était une forêt d’arbres morts qui s’étendait devant elle. Troncs calcinés, fleurs brûlées. Ce serait un miracle de trouver une telle fleur en ces lieux mais Ruri ne désespérait pas. Elle s’engouffrait dans les lieux d’un pas décidé. Les oiseaux qui s’envolèrent à son passage la firent sursauter. Elle murmura :

— Ce ne sont que des oiseaux, pauvres idiotes.

Certes, ce n’étaient que des oiseaux, mais de mauvais augures. D’un pelage noir comme la nuit et d’une envergure à faire pâlir n’importe quelle proie, leur bec orange était pourvu de nombreuses dents acérées comme des rasoirs. Elle ne craignait cependant rien car ils ne s’attaquaient pas aux bipèdes en temps normal. Toutefois, elle pressait le pas, soucieuse d’effectuer sa mission dans les temps impartis.

Vingt minutes s’étaient écoulées. La neishaane ressentait de la fatigue mais différente d’un manque de sommeil. Ses yeux s’embrumaient par moment et déjà, elle s’était perdue. Où qu’elle regardait, elle avait l’impression de voir les mêmes choses. Tous les chemins semblaient identiques. Elle poursuivait son chemin sans s’arrêter, titubante, la vision se voilant de plus en plus.

Une demi-heure. Comment imaginer que Ruri se retrouverait dans un tel état ? A bout de souffle, elle ne distinguait qu’à peine les formes dans un brouillard épais. Non, ce n’était pas du brouillard. Elle n’y voyait presque plus rien et elle suait à grosses gouttes. Elle avançait en titubant, trébuchant sur les racines proéminentes. L’une d’elles fut si grosse que la neishaane tomba et se cogna la tête contre un tronc d’arbre, évanouie.

Elle se réveilla en stupeur. Le poison continuait de faire son effet. Les jambes étaient lourdes, ses joues étaient toutes griffées, tout comme ses bras et ses mains. Mais devant elle, elle distinguait dans une sorte de brume la fleur tant recherchée. De forme pyramidale et d’une couleur dorée, elle était seule, trônant au centre d’herbe haute. Si la jeune adolescente ne s’était pas affalée ici, elle l’aurait certainement piétinée. D’un soin infini, elle arracha la fleur et ses racines et fit demi-tour. La terre tournait tout autour d’elle. Incapable d’avancer sans tomber, elle se tenait aux arbres. Ses jambes tremblaient et elle avait du mal à tenir debout.

Il ne lui fallut que cinq minutes pour revenir. Elle avait décrit un grand cercle dans ses recherches mais s’était finalement retrouvée non loin de son point de départ. Elle s’approcha de sa maîtresse et tomba à genoux. Elle leva un bras et lui tendit la fleur, haletante.

— Je … l’ai.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Lun 1 Juil 2013 - 13:46 Répondre en citantRevenir en haut

° Tu sais qu’avec cette méthode elle va finir par se méfier toi comme des autres . °

° Elle fera la différence, je suis la pour lui apprendre, les autres seront là pour la tuer et en profiter. Et si elle ne comprends pas c’est que je me suis trompée d’aspirante…°

Lyssa échangeait avec la bleue tout en prenant le soleil et attendait patiemment que son aspirante soit de retour, elle ne comptait pas se déplacer pour la récupérer mais elle demanda tout de même au bout d’une bonne demi-heure à sa liée de surveiller la jeune Neishaane.

° Je crois qu’elle est inconsciente Lili . °

° Déjà? C’est bien trop tôt pour être un effet du poison. Survole discrètement la zone où elle se trouve et si tu aperçois quelqu’un préviens moi. Sinon nous irons la récupérer dans une heure°

° Entendu mais tu comptes la laisser tout ce temps ainsi ? °

° Elle a une heure pour revenir avec la fleur je lui laisserai une heure. °

La bleue survola l’aspirante et la zone autour jusqu’à ce que la jeune femme reprenne connaissance.

° Tout va bien… enfin aussi bien que possible après avoir bu le poison°

° Tu vois ce n’était pas utile de s’inquiéter avant l’heure. °

° Et qui m’a demandé de vérifier son état °

° Je t’ai demandé de la surveiller ce n’est pas pareil Shen°

° Mais tu as le droit de prendre soin et de t’enquérir de l’état de ton aspirante, Maîtresse ciniver . ° piqua, taquine la bleue

° … La voilà°

La Maîtresse ardente attendit que Ruri lui remette la plante avant de prendre la parole. Elle ne put manquer la marque sur la tête de la demoiselle aux cheveux blancs.

– Tu es dans les temps c’est bien Ruri. Mais je vois que cela ne s’est pas déroulé sans accroc. fit Lyssa en désignant la bosse attendant des explications avant de regarder avec attention la fleur.

° Félicitations Ruri mais ce n’est que la première étape… °

C’est la bonne fleur. Pourquoi avoir pris les racines Ruri et pas seulement l’avoir coupée ? Bon, Relève-toi. Et observe ce que je fais avec la plante, tu auras à faire de même

La brune sortit une petite écuelle qu’elle remplit d’eau ainsi qu’un petit mortier de voyage. Elle sépara la tige du haut de la fleur, retira les pétales avec soin et se mit à les écraser, ajoutant un peu d’eau au fur et à mesure. Elle émietta ensuite le cœur de la fleur et mélangea le tout.

C’est simple non ? A ton tour, appliques toi et bois le tout à la fin. Si c’est bien fait tu auras ta récompense, tu vivras. Autrement… tu seras prise d’une forte fièvre et tu ne contrôleras plus ton corps jusqu’à ce que tu arrêtes de respirer ou que ton cœur ne batte plus.

Quand tu auras fini tu m’expliqueras ce que tu retiens de cette première partie de leçon.


La brune croisa les bras et examina chacun geste de son aspirante.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 18 Juil 2013 - 09:49 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri avait finalement survécu à cette escapade. Haletante, le front en sueur, elle observait sa maîtresse avec une admiration certaine. La neishaane avait réussi sa première épreuve. Il lui faudrait désormais survivre à la seconde. Elle tenta de se lever en prenant appui de sa main sur la pierre sur laquelle était assise Lyssa. Son environnement se mit à tournoyer autour d’elle et elle manqua de tomber. Elle déglutit difficilement. Sa gorge était asséchée. A la fois fière d’avoir réussi l’épreuve mais mécontente de n’être pas aussi forte qu’elle l’eut crûe. Affaiblie, elle n’eut que la force de penser un remerciement à destination de Shenesda.

- Si je ne l’ai pas coupé, répondit Ruri en toussant, c’est que j’imaginais qu’elles étaient sûrement utiles à quelque chose.


Le ton employé était doux et sa voix devenait faible. Ruri observait sa maîtresse avec attention. Elle tentait d’en retenir toutes les étapes qui n’étaient pas si nombreuses que cela. Lorsqu’elle eut le mortier et le pilon dans les mains, elle effectua les gestes avec autant de précision que cela lui était permis. Elle ôta la tête de la fleur du reste de son corps. Les tremblements de ses mains lui compliquaient sa tâche. Elle retira les pétales qu’elle mit dans le mortier et y ajouta de l’eau. Elle réduisit en miette le reste de la fleur et termina la décoction.

L’adolescente ne put s’empêcher d’humer la préparation. Elle en retiendrait l’odeur, forte mais agréable. Elle avala d’une traite son antidote et déglutit. Elle reposa les instruments sur le rocher et sentit progressivement une partie de sa fatigue s’effacer. Sa vue devenait de plus en plus nette. Lorsqu’elle se sentit en meilleure forme, la neishaane parla d’une voix neutre sans être toutefois un ton militaire.

- Il est important de connaître les plantes : leur aspect, leur couleur, leur odeur, leur localisation et leurs effets. Egalement, j’ai appris qu’il ne faut rien boire sans déterminer de quoi il s’agit. Cela me fait penser que ma connaissance des poisons doit être suffisamment développée pour parer à toute éventualité d’assassinat lorsque je serais, plus tard, une chevalière ou une maîtresse à mon tour. Même s’il ne s’agit que d’un entraînement, j’ai eu conscience que j’étais en train de faiblir progressivement.

Elle s’interrompit l’espace de quelque seconde, le temps de boire un peu d’eau de sa gourde.

- Il est également important de connaître les poisons pour pouvoir les utiliser plus tard. En connaissant leurs effets, on peut plus facilement choisir la décoction adéquate. Cela nécessite nécessairement d’essayer les poisons et leurs antidotes. Je pense qu’on ne sait réellement quel poison utiliser que si on connaît précisément ce que la victime va ressentir.


Ruri avait terminé son rapport sur ce qu'elle imaginait du but de cette expérience. Elle avait cherché à être aussi précise que possible. Elle attendait désormais l'approbation ou la désapprobation de sa maîtresse.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Lun 5 Aoû 2013 - 13:29 Répondre en citantRevenir en haut

La brune ne commenta pas la réponse de Ruri sur le questionnement des racines. Son aspirante avait bien fait mais elle n’avait pas répondu totalement aux attentes de la Maîtresse Bleue : à savoir ce qui s’était passé et pourquoi elle avait cette bosse. Avec une petite moue elle continua à observer sa protégée préparer la potion.

La jeune Neishaane avait bien regardé Lyssa et répétait avec soin les étapes de la préparation. Préparation qui n’était pas difficile en soit mais après avoir marché, errer dans la nature et surtout après avoir été empoisonné il n’était pas donné à tout le monde de suivre avec attention et sans parler du nombre qui aurait supplié pour obtenir l’antidote directement.
Ruri avait donc marqué des points….

° Elle aura le temps d’apprendre à connaitre et répondre à toutes tes attentes… °

° J’y compte bien oui… Je ne vais pas la préparer pour rien ni pour qu’elle me déçoive°

° Si elle savait déjà tout, tu n’aurais pas besoin de la former mais elle ne serait pas acquise à ta cause ni à toi. Elle a obéit et agit sans rechigner, sans se plaindre ou demander de l’aide °

° J’ai vu oui… Mais tu sais bien que plus une aspirante est prometteuse plus je suis exigeante. °

La jeune femme aux cheveux blancs huma la préparation avant de la boire et de parler ce qui fit plaisir à sa Maîtresse. Décidément c’était la une aspirante des plus prometteuses.

– Tu as réussi à trouver la plante. Tu as suivi mes instructions et à reproduit la préparation sans te tromper et sans me demandez de la refaire ou de l’aide. C’est précisément ce que j’attendais de toi Ruri.

Je note avec plaisir que tu as compris le but de cette première expérience avec les poisons car ce n’est là que la première… Il faut effectivement connaître les plantes, les champignons et bien d’autres choses pour survivre et savoir parer à toute éventualité. Tu serais morte à présente si tu n’avais pas fait de ce qu’il fallait. Et tu as encore raison pour ce qui est de la connaissance des poisons. Pour obtenir ce que tu veux, il te faut connaître précisément les outils que tu utilises que ce soit des armes ou les poisons. Il serait dommage de tuer quelqu’un dont tu veux obtenir une information et de simplement torturer ou défigurer un autre que tu veux voir mort.

Nous allons donc poursuivre les expériences aujourd’hui, j’espère que tu t’en sens capable…

Mais là où tu te trompes c’est que certaines personnes n’attendront pas nécessairement que tu sois Chevalière ou Maîtresse pour en vouloir à ta vie. Et puis j’attends toujours des explications sur ce qui t’es arrivé
fit Lyssa en regardant de nouveau la bosse.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Dim 18 Aoû 2013 - 08:51 Répondre en citantRevenir en haut

La neishaane contemplait sa maîtresse avec un regard brillant. Elle qui n’était pas habituée des compliments ressentait une pointe d’orgueil. Elle hochait fièrement, satisfaite d’avoir rempli les exigences de Lyssa. Bien sûr, tout ne serait pas simple, Ruri le savait. Mais elle avait hâte de poursuivre. Même sa fatigue lui paraissait s’être envolée. Lorsque sa maîtresse évoqua la bosse qui s’était formée sur son front, l’adolescente baissa les yeux. Elle la toucha du bout des doigts et grimaça.

— Je me suis évanouie à un moment. Je crois que je me suis cognée la tête à ce moment-là.

La neishaane aux cheveux d’argents essuya du pouce la goute de sang qui coulait le long de son index. Elle leva la tête et arbora un sourire.

— Ce sont les risques du métier pourrait-on dire, ajouta-t-elle avec un rire mi-figue mi-raisin. Je ne connais pas la nature de la suite que vous me réservez, mais je suis prête pour la prochaine épreuve.

Ruri semblait contente malgré sa chute et la douleur qui pointait le bout de son nez dans sa tête. La chute avait peut être été plus dure qu’elle ne l’avait cru au premier abord. Le monde tourna autour d’elle à une vitesse vertigineuse et des étoiles brillaient devant ses yeux. Elle était incapable de poursuivre plus en avant la marche. Elle s’empressa de déboucher sa gourde et d’en boire le contenu. Tout redevint à la normal très rapidement. Elle passa sa main sur les commissures de ses lèvres et poursuivit.

— J’espère que tout ira aussi bien.

Ruri tâchait de s’en convaincre. Que lui réservaient les épreuves suivantes ? Elle n’en savait absolument rien et ne voulait pas le savoir. La surprise était parfois la meilleure des alliées contre la peur. Elle but une nouvelle rasade d’eau et écarta une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille pointue. Paradoxalement, mettre sa vie en jeu la rendait presque euphorique. C’était comme se sentir vivant, frôler du doigt la mort qui étreint les êtres faibles pour l’esquiver habilement. Un jeu amusant.

La neishaane suivait du regard sa maîtresse qui descendait du rocher sur lequel elle était, telle une déesse rédemptrice. Aux yeux de l’aspirante, Lyssa représentait tout : la vie, la mort, la survie, la main salvatrice. Absolument tout. Elle était à la fois une mère et une sœur, une maîtresse et sa souveraine. Absolument tout.

Ruri suivit l’humaine dans la descende de cailloux, prenant garde à ne pas glisser. Le chemin bifurquait sur la gauche, entre deux rochers de belle taille. L’adolescente posa ses mains sur les rebords pour se hisser sur le passage. Elle s’écorcha le genou en avançant. Une blessure bénigne qui faisait perler une goutte de sang le long de sa jambe. La neishaane grimaça et l’effaça d’un geste de la main. Rien de grave en somme. Ruri ne sembla d’ailleurs pas s’en plaindre.

Les deux femmes poursuivirent leur route pendant une durée qui sembla une éternité à la plus jeune jusqu’à ce que, finalement, leur marche s’arrête au pied d’une falaise escarpée.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Dim 15 Sep 2013 - 21:17 Répondre en citantRevenir en haut

Si la bleue ne pouvait pas voir le regard de la jeune femme, elle pouvait sans difficulté lire en elle et percevoir ce qui habitait la Neishaane.

° Tu devrais organiser et infliger le même traitement au prochain doué que nous trouverons. Un petit séjour plein de sévices en captivité et un dénouement heureux par ta venue…

Elle te sera entièrement dévouée sous peu, cajole là encore un peu et tu pourras lui faire subir ce que bon te semble, elle te restera fidèle. °


° Tu me ferais presque frémir des fois Lili mais il est vrai que son petit minois s’éclaire dès que je semble satisfaite et qu’elle s’efforce de nourrir mon contentement alors même que je viens de l’empoisonné °

La Maîtresse brune fixa son aspirante et lui caressa la joue

– C’est dans ces moments-là, où ta vie peut être en jeu, qu’il faut redoubler de prudence, Ruri. Imagines que tu sois restée inconsciente plus longtemps… Il aurait été trop tard pour l’antidote et je ne veux imaginer un seul instant perdre une très bonne aspirante alors promets-moi que tu feras d’avantage attention.
Après un bref silence, la brune poursuivit C’est pour cela que je ne tolèrerai aucune faiblesse, aucune preuve d’abandon et je tiens à ce que tu dévoiles au kaerl et au monde ta vraie valeur. Et beaucoup de males encore en vie doivent payer, il ne faudrait surtout pas les décevoir n’est-ce pas ? Les risques et la douleur ne doivent être rien comparés à ta vengeance et à ton destin.

La suite sera… tout aussi intéressante mais si je te disais ce qu’il t’attend cela sera moins amusant et moins probant tu ne crois pas ?


Lyssa avait la vie de son aspirante entre les mains et si cette idée elle se savourait de cette idée, elle se délectait bien d’avantage d’avoir une personne totalement dévouée et dont la fidélité était acquise ; une sorte de suivante, de servante, d’exécutante et de jouet en même temps. Elle si elle ne voulait pas casser le jouet elle comptait encore plus la façonner comme elle le souhaitait.

Lyssa avançait à pied, empruntant sans difficulté le sentier puis la descente de cailloux, où, sans vraiment ralentir la cadence, elle marqua plus ses pas. Shenesda survolait les deux bipèdes, veillant à ce que personne ne soit dans les parages ni aucun danger d’ailleurs. Une fois de plus les deux liées ne firent guère attention à l’adolescente, d’une manière ou d’une autre elle les suivrait c’était certain. Seule ici elle ne pourrait pas survivre longtemps et puis elle ne tenait pas à décevoir celle à qui elle devait la vie, cette vie.

Ce n’est qu’une fois au pied de la falaise que Lyssa s’arrêta. Elle but une gorgée dans sa gourde et la tendit à son aspirante.

– Bois Ruri. Mais pas tout, tu en auras besoin.

° Vas-tu faire confiance à ta Maîtresse alors qu’elle t’a déjà empoisonnée une fois Ruri ? ° fit placidement la bleue qui observait la scène d’un peu plus haut, perchée sur un énorme rocher qui dépassait de la falaise.

Une fois la gourde dans les mains de Ruri, Lyssa posa sur le sol un sac qu’elle avait en bandoulière ; légèrement ouvert, on pouvait y voir une corde ainsi qu’un petit piolet. La brune voulait ainsi voir si son aspirante savait garder les yeux ouverts et voulait également voir si elle était capable de lui demander la permission d’emprunter son matériel ou si elle n’oserait pas. La Maîtresse bleue ne lui refuserait pas mais elle ne lui proposerait pas non plus… Elle enchaina donc rapidement, ne voulant pas laisser trop de temps de réflexion à sa protégée.

– Quelle est la meilleure méthode pour grimper selon toi ? En sachant que toi, tu n’es pas liée.

Car il va te falloir monter cette fois, à la recherche d’une autre fleur mais je n’ai pas d’exemplaire à te montrer alors écoute bien…

C’est une fleur aux feuilles vertes, larges et épaisses. Elles sont parsemées de nervures profondes et poussent contre la paroi, souvent le long des fissures de la roche. Les pétales sont grands et de couleur violette et son cœur est de teinte orangé, cerclé de blanc.

Une fois que tu l’auras trouvé, bois une gorgée d’eau et place la plante sans sa racine dans la gourde, fais le dès que tu l’auras cueilli, ne traine pas. C’est important pour la suite. Tu m’as bien compris Ruri ? Je ne veux pas d’échec car j’ai un besoin très important de cette fleur et je sais que je peux compter sur toi pour cette étape, ainsi que pour la suite qui se passera au kaerl où tu pourras te reposer.


La brune s’installa de nouveau sur un rocher, prête à répondre à une ou deux questions mais pas d’avantage et surtout prête à observer la Neishaane.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 26 Sep 2013 - 16:26 Répondre en citantRevenir en haut

Les sorties avec Lyssa lui apparaissaient comme les meilleurs moyens de devenir plus forte. Elle lui imposait une discipline de fer et une obéissance sans borne. C’était le prix à payer, elle l’avait accepté. Après avoir parcouru une certaine distance, sa maîtresse s’arrêta, but une gorgée du contenu de sa gourde avant de la tendre vers Ruri. Celle-ci l’accepta et suivit les conseils de sa maîtresse.

° Je lui ferai confiance, quoiqu’il arrive. Les épreuves qu’elle m’impose me rendront plus forte. S’il me faut boire tous les poisons du monde, je le ferais ° répondit-elle à Shenesda.

Ruri observa le flanc de la falaise avant de baisser les yeux sur le sac à moitié ouvert de sa maîtresse. Un piolet et une corde y étaient à moitié dissimulés. Elle écouta attentivement les questions de l’humaine avant de répondre, d’un ton posé.

— Je pense qu’escalader une falaise à mains nues relève de la folie. Je vais m’écorcher les mains et je risque de tomber et mourir. Pour dire vrai, je n’ai pas réellement envie de me faire mal. Je pense que des outils me sont nécessaires dans la mesure où je ne suis pas encore liée.

Elle insista sur le « encore ». Elle comptait avoir une âme sœur un jour et embrasser ce sentiment de complétude.

— Si je puis me permettre, je souhaiterai emprunter votre corde et votre piolet. Non pas que je sois une grande escaladeuse, mais je pense que ces outils pourraient contribuer à la réussite de ma mission, si bien sûr vous m’autorisez à les prendre.

L’approbation de Lyssa lui fit monter le rouge aux joues et aux oreilles. Elle en fut même prise de vertiges qui s’arrêtèrent peu après. Sa fatigue la reprenait et plus elle pouvait se mettre en sécurité, plus elle pourrait pallier aux effets de ce foutu épuisement. Elle mémorisa dans sa tête la forme de la fleur et commença son ascension. Elle avait attaché la corde autour de sa taille et s’aidait du piolet pour trouver des prises lorsque c’était plus difficile.

Elle grimpa une dizaine de mètres. La hauteur était impressionnante. Suspensue à son piolet, son équilibre était plus que précaire. Les cailloux qui tombaient attestaient du fait que sa prise ne tiendrait plus très longtemps. Mais la fleur était là, à portée de doigt. Elle tenta de la prendre et n’y arriva pas. La fleur était trop loin. Elle jura intérieurement et accrocha sa main droite à une prise, plus haute. Son objectif était dangereux. Mais elle y arriverait. Il faut parfois prendre des risques pour parvenir à ses fins.

Elle serra ses doigts sur le rebord et balança son poids sur la droite. Elle lâcha la prise et enfonça son piolet dans une fissure. Elle glissa sur un petit mètre avant de s’arrêter violemment. Ses pieds battaient dans les airs. Un nouveau juron s’échappa d’entre ses lèvres. Elle s’était rapprochée de sa fleur. Elle la cueillit rapidement, déboucha sa gourde, en but une gorgée avant de mettre la fleur dedans, sans ses racines. Il lui fallait maintenant descendre. Cependant, elle payait l’erreur de son imprudente action. Aucune prises n’étaient à portée et elle restait suspendue au piolet, à une dizaine de mètres de hauteur. Lyssa était en bas, elle pouvait la voir. Elle y arriverait, coûte que coûte. Mais ses forces la lâchaient, progressivement. Ses mains moites glissaient le long du manche. Prise de panique, elle plaça son autre main sur l’autre extrémité du piolet. Cela déséquilibra l’outil et elle glissa.

Ses genoux rappaient sur la paroi tandis que ses pieds glissaient. Ses dents étaient serrées. Elle saisit le piolet et frappa fortement la paroi. La corde ne lui servait à rien. Ses mains devenaient de plus en plus moites et elle conservait son objet en bien tant bien que mal. Il ne lui faudrait que peu de temps avant de s'écraser au sol. La respiration haletante et le front en sueur, Ruri ne savait pas comment réagir. Elle avait fait preuve d'une certaine irresponsabilité en se jetant dans le vide sans y réfléchir. Parfois, son immaturité l'énervait. Elle grommelait.

— Quelle cruche ! Laissa-t-elle sortir de sa bouche.

La réponse était idiote. Son piolet s’était fiché dans une crevasse. Elle attacha la corde à l’outil et enroula la corde autour de sa taille avant de se laisser glisser lentement. Lorsque ses pieds touchèrent terre, elle tira d’un coup sec le chanvre tressé et le piolet tomba droit dans la main de l’aspirante.

— J’ai la plante, mais je ne suis pas satisfaite. Je ne suis décidément pas faite pour toutes ces escalades. Au moins, ais-je pu découvrir un point faible supplémentaire…

Le silence planait comme une chape de plomb.

— Je vais donc devoir m’améliorer dans cette discipline. Je suis désolée, dit finalement Ruri en tendant sa gourde contenant la plante.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Mer 5 Mar 2014 - 23:22 Répondre en citantRevenir en haut

° Tu as vu juste, les épreuves qu’elle t’impose te rendront plus forte. Des poisons, tu en boiras et tu feras bien d’autres choses encore.

Si il y a une personne au kaerl en qui tu peux avoir confiance c’est ta maîtresse. Par contre elle joue sa réputation avec toi, sois en bien consciente. Tant que tu ne lui nuis pas, elle sera là pour toi. Et dis-toi que si elle voulait te tuer elle l’aurait déjà fait depuis longtemps par contre n’attend pas d’elle qu’elle te sauve sans que tu fournisses le moindre effort… °


Je pense qu’escalader une falaise à mains nues relève de la folie. Je vais m’écorcher les mains et je risque de tomber et mourir. Pour dire vrai, je n’ai pas réellement envie de me faire mal. Je pense que des outils me sont nécessaires dans la mesure où je ne suis pas encore liée.

° Elle a peur de la douleur … mais elle a conscience du danger et même si elle veut te faire plaisir elle garde la tête froide. °

° Elle est réfléchit oui mais voyons si elle est habile… Si son corps fonctionne aussi bien que son esprit nous pourrons passer à la suite… °

Les deux liées observèrent en silence la Neishaane monter, s’arrêter après une dizaine de mètre, accrochée dans les airs

° Elle est bloquée… Plus rapidement que je ne l’aurai pensé.

Tu devrais te reculer un peu Lili pour ne pas prendre sur la tête ces cailloux ou elle-même. °


° Patience ma liée. Si les cailloux tombent, Ruri elle, est toujours accrochée. Tu es pressée je le sens. Tu vas très rapidement retrouver les sources chaudes et le confort de notre kaerl mais ça serait bien de renter avec la triade au complet°

° Elle va se fracasser… Si elle touche le sol de cette hauteur, le mieux qui pourra lui arriver c’est de se briser les jambes ° fit Shenesda quand le duo la vit osciller dans le vide et glisser.

° Je ne peux pas me permettre d’avoir une aspirante estropiée, récupère là si elle tombe°

Mais la jeune Neishaane ne chuta point et se stabilisa au contraire et récupéra même la fleur. Shenesda se positionna tout de même au mieux afin de pouvoir la capter en cas de chute.

° Elle est réfléchit… Audacieuse mais °

, ° mais elle n’est pas encore tirée d’affaire… °

° mais elle n’est pas aussi habile qu’il lui faudrait… Tiens-toi prête… °


, ° Elle peut tomber sans crainte… Je n’ai pas besoin que tu me répètes les choses deux fois… Vu que je sais très bien que tu n’aimes pas ça, ô ma bipède °

° Prévenir deux fois vaut mieux qu’une chute qui me priverait d’une aspirante °

La brune n’eut pas besoin d’avoir recourt à sa liée car Ruri, en dépit de ses piètres capacités d’escalade, se retrouva par ses propres moyens sur la terre ferme. Bien sur elle avait de belles écorchures aux genoux et aura de nombreuses ecchymoses mais elle venait de réussir l’épreuve sans aide et finalement c’était ce qui importait à sa Maîtresse… Pour le moment.

J’ai la plante, mais je ne suis pas satisfaite. Je ne suis décidément pas faite pour toutes ces escalades. Au moins, ais-je pu découvrir un point faible supplémentaire…
Je vais donc devoir m’améliorer dans cette discipline. Je suis désolée


L’humaine observait son apprentie sans décrocher un mot, elle se saisit toutefois de la gourde, et l’ouvrit pour en vérifier le contenu avant de la refermer et de tourner les talons en direction du kaerl.

° Un petit compliment peut être ? °

° Nous ne sommes pas chez les célestes à féliciter les petites victoires… Mais j’allais y venir. ° répondit Lyssa avant de s’arrêter et de se tourner en direction de Ruri.

– Cela aurait pu être mieux en effet…

Cependant tu as accomplis ce que je t’ai demandé. Sans classe c’est vrai… mais connaître ses points faibles est une bonne chose et c’est un premier pas vers leur transformation en atout.

C’est… bien Ruri, bien qu’un peu décevant car je suis persuadée que tu peux faire beaucoup mieux. N’ayant pas précisé de quelle manière je voulais que tu effectues ce que je t’ai demandé. Je considère que tu as passé cette épreuve

Bien… Nous avons à faire au Kaerl. Ne traines pas, nous aurons tout loisir de reprendre des forces là bas.


° Du repos vraiment ? °

° Physiquement oui… Pour le reste... °

De longs instants plus tard le duo de bipède arpentait les couloirs des cavernes inférieures ; Shenesda étant allé se détendre et se restaurer. Lyssa y semblait à l’aise et ne marquait aucune hésitation qu’en à la direction à prendre bien que ces cavernes étaient destinées aux aspirants… Entre autres choses comme allait le découvrir Ruri.

En effet ces cavités et cheminements inférieurs étaient le siège de nombreuses transactions et activités qui demandaient de la discrétion.

Lyssa fit entrer sa jeune disciple dans un étroit passage qui débouchait, après un long et tout aussi étroit couloir sur une lourde porte en fer. Lyssa se défit facilement de cet obstacle à l’aide d’une clé et referma le passage après leur entrée.

La salle était petite, sordide, froide mais pourtant habitée. Enfin habitée il fallait le dire vite et habiter signifiait être enchainé au mur, bâillonné et les yeux bandés.

Lyssa qui n’avait pas adressé un mot à Ruri depuis leur arrivée au kaerl continuait sur sa lancée et prit la gourde que lui avait remise la Neishaane un peu plus tôt. Elle versa le contenu dans un verre en prenant soin de ne pas verser la fleur. La Maîtresse bleue s’avanca d’un pas déterminé vers le Torhil captif.

– Approche toi Ruri.

La brune assena une gifle magistrale au prisonnier qui ne laissa échapper aucune plainte, et pour cause, le bâillon était bien en place. La marque sur son visage n’était pourtant rien comparée à celles qu’il avait sur le corps et qui ne laissait aucun doute sur le fait qu’il ait été torturé longtemps.

– Tu vas lui retirer le bâillon et je vais lui donner à boire… Sois bien attentive à ce que tu vas voir. C’est rapide et ça n’arrivera qu’une seule fois.

Le prisonnier jeta un regard suppliant à la jeune femme, comme si elle était son dernier salut. D’un geste, Lyssa invita son aspirante à exécuter son ordre et son expression ne laissait que peu d’ouverture à une éventuelle question.

Une fois le bandeau retiré et la grosse boule de bois crachée, le Torhil supplia qu’on le relâche puis invectiva Lyssa alors qu’elle lui tirait la tête en arrière en agrippant ses cheveux. Le prisonnier échappa un cri cette fois puis un second glapissement plaintif alors que l’ardente lui versa sans douceur le verre dans la bouche, heurtant avec force au passage les dents avec le gobelet en métal.
Le prisonnier recracha du liquide mais cela ne semblait pas chagriner la Valherienne car il en avait bu un peu et c’était là tout ce qui comptait. D’ailleurs Lyssa relâcha sa prise mais resta à demi-penchée vers lui pour l’observer droit dans les yeux.

A peine deux minutes de jurons plus tard, les pupilles de l’homme se contractèrent puis se dilatèrent et sa respiration se fit de plus en plus forcée comme si il manquait d’air. Les veines de son cou et de ses tempes se gonflèrent comme ses muscles se crispaient. Ses yeux et sa bouche s’ouvraient en grand et s’animaient comme ceux qu’un poisson hors de l’eau. L’agonie fut somme toute assez rapide et la menton du Torhil vint frapper sa poitrine alors que sa tête s’abaissait après un dernier soubresaut.

– Alors Ruri ? Qu’en dis-tu ?

Lyssa ne faisait plus attention au corps sans vie du prisonnier et alla remplir un autre verre avec le poison.

Plutôt efficace non ? Veux-tu tester ?

Elle sortit de sa poche une petite fiole recouverte de nacre rouge

– Ceci est l’antidote, il faut le boire très rapidement après avoir bu le poison. C’est une des rares choses que j’ai toujours sur moi. Le gout amer, ferreux et terreux du liquide est très caractéristique heureusement. Il facile de savoir ce qu’on a bu mais la survie ne dépend que de l’ingestion du contrepoison qui est tout aussi puissant que la fleur est toxique ; trois gouttes suffisent à contrecarrer les effets et si…

BONG BONG BONG

– Au nom de la garde. Ouvrez !

Lyssa laissa échapper un juron et rangea son antidote tout aussi rapidement qu’elle l’avait sorti. Elle regardait autour d’elle ne semblant rien trouver.

– Le corps, ils ne doivent pas le trouver… chuchota la brune à son aspirante… en vain

Le déclic si particulier d’un loquet qui se déverrouille, venait de clore la conversation. Six hommes en armures et armes au poing entrèrent dans la petite pièce et menacèrent Lyssa et Ruri. La brune leva les mains et ne bougeait plus

– Nos renseignements étaient bons… Mais nous arrivons trop tard pour lui… fit l’homme qui semblait le chef en examinant le cadavre.

Vous allez devoir répondre de tout ceci Maîtresse Ciniver. Il semblerait que ce soit la fin de votre série meurtrière

– Je ne l’ai pas tué… Il est mort mais qui vous dit que c’est moi ?

Il est encore chaud… c’est tout récent et ici il n’y a que vous et … cette jeune Neishaane

Je te laisse répondre comme tu l’entends. Si tu essayes de les attaquer ils se défendront et en surnombre ils finiront par te neutraliser.
Si tu as des questions ou que tu veux interagir avec eux ou lyssa demande moi en mp et je te donnerai les réponses Smile

Pardon pour le retard. J'espère que ça te plaira
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 23 Juin 2014 - 15:08 Répondre en citantRevenir en haut


Shenesda n’avait pas tort sur un point. Si Ruri voulait continuer de vivre, il lui faudrait lui obéir tout comme elle le faisait actuellement. Bien évidemment, cela ne présageait en rien du futur mais, à l’instant présent, la neishaane vouait à l’humaine un culte sans pareil. Lyssa le savait pertinemment. L’escalade s’était révélée périlleuse mais la présence de Shenesda l’avait rassuré d’une certaine manière. Ainsi, sa maîtresse ne la laissait pas tomber impunément. Mais son arrivée n’était pas très spectaculaire. En dépit de la douleur qui la tiraillait – dû à ses genoux écorchés et ses diverses griffures – elle se sentait fière d’avoir réussi l’épreuve. Evidemment, elle ne s’attendait pas à ce que sa maîtresse lui tend les bras pour sauter dedans. Elle ne put s’empêcher de soupirer de soulagement à l’idée de recouvrer le kaërl. Il lui faudrait se soigner car les sensations de brûlures s’accentuaient.

Ruri pensait arriver directement aux appartements, mais non. Le couple traversait des boyaux caverneux qui n’étaient pas pour rassurer la neishaane. Nul doute que des choses pas claires devaient s’y dérouler : trafic de divers produits, contrats aux noirs desseins en était sûrement des exemples. Le chemin semblait infini et Ruri s’impatientait intérieurement. Ce n’était visiblement pas un raccourci vers le repos. Le chemin s’arrêtait enfin devant une lourde porte d’acier fermer par un cadenas. La neishaane déglutit difficilement et une boule commençait à se former dans sa gorge.

La porte s’ouvrit sur une pièce plus petite. Sombre, petite, un sentiment de malaise s’en dégageait. Ruri crut s’évanouir. La pièce tournait tout autour d’elle et une envie de vomir pointait le bout de son nez. C’était réellement la première fois qu’elle découvrait l’envers du décor. Le silence qu’infligeait Lyssa à Ruri lui était difficilement supportable. Pas un mot n’avait été prononcé. De la part de Lyssa, ce n’était guère étonnant. Mais Ruri était trop fatiguée pour en prononcer un seul alors que, d’ordinaire, elle aurait au moins demandé leur destination. En fin de compte, elle n’aurait même pas voulu savoir la réponse. Même à l’instant présent, elle ne voulait pas être là, de peur de ce que Lyssa lui demanderait de faire. Elle voulait se cacher, devenir une petite souris et s’enfuir.

Le « plop » du bouchon de la gourde la fit sursauter. Elle reprit ses esprits rapidement et observa d’un air dubitatif. Visiblement, la leçon n’était pas finie et elle en saurait plus sur la plante. Son regard se dirigea vers l’homme bâillonné qui essayait de produire des sons sans succès pour attirer son attention. Son regard suppliant mettait la neishaane mal à l’aise et elle commençait à avoir du mal à respirer. Pourquoi ce lieu ? Pourquoi cet homme ? Le torhil avait l’air fort et pourtant, enchainé au mur, il n’était qu’un lion qui rugissait. La voix de Lyssa lui paraissait lointaine. Elle mit un pied devant l’autre, titubant légèrement. Son malaise était compréhensible. Qui n’avait jamais ressenti cela lorsqu’on appréhendait ce qui devait mécaniquement arriver ? Elle eut un mouvement de recul lorsque la main de l’humaine s’abattit avec force sur la joue du prisonnier. Ruri était prise de pitié. Fallait-il absolument le tuer ? Etait-ce obligé ? La neishaane n’était pas dupe et connaissait les intentions de sa maîtresse. Mais qui était-elle pour l’en empêcher ?

La scène qui se déroulait sous les yeux de la jeune femme aux cheveux albâtre la terrifiait. Et pourtant, elle devait faire preuve de volonté car jamais sa maîtresse ne laisserait passer une défection. Les plaintes du prisonnier lui donnaient la nausée. Elle ne devait pas faillir, elle n’en avait pas le droit. Elle devait réussir. Elle approcha lentement du prisonnier, tentant de ne pas croiser son regard et de ne pas l’écouter. C’était bien trop difficile. Elle s’écarta rapidement, fermant instinctivement les yeux avant de les rouvrir. Il fallait regarder, observer, apprendre. Mais c’était un être vivant ! Comment pouvait-on lui faire subir cela ? Elle recula de quelques pas et prit appui sur le mur. Elle transpirait à grosse goutte et son teint était pâle. Elle inspira profondément et expira de la même manière pour calmer son palpitant. Qu’en avait-elle apprit ? Que cette plante était dangereuse, sans aucun doute !

- J’en dis que cette plante est efficace, oui, répondit-elle mollement.



A l’idée de la tester, la neishaane fut pris d’un doute. Et si Lyssa n’avait pas l’antidote ? Pourquoi l’avoir amené ici ? Pour la tuer ou pour voir l’efficacité du poison ? Ruri avait envie de refuser, son corps le lui criait. Ses jambes tremblotaient et elle manqua de s’évanouir. Elle s’apprêtait à accepter, ayant saisi dans sa main la tasse ayant servi à tuer l’homme quand des coups résonnèrent sur la porte. Puis la garde déclina son identité. Ruri tourna des yeux apeurés vers sa maîtresse, suppliant de la sauver. Lorsqu’elle leva les mains, Ruri tomba à genoux. C’était fini. Mais lorsque sa maîtresse lança le sous-entendu de la culpabilité de la neishaane, elle n’en crut pas ses oreilles. Comment pouvait-elle faire ça ? Pourquoi l’abandonnait-elle ? Etait-ce un test ? Il lui fallait réfléchir rapidement. Elle observa la tenue des gardes mais rien ne trahissait un quelconque piège. Lyssa semblait plutôt sure d’elle mais c’était le cas dans toutes les situations. Non, elle faisait partie d’un Clan puissant. Peut-être se battrait-elle pour elle ?

-J’avoue … c’est moi. C’est moi qui l’ai tué.

Ruri souffrait. Elle l’avait dit les larmes aux yeux. Elle ressentait un sentiment profond d’abandon et elle en avait mal au cœur. Puis elle pleura. Comme il lui était difficile de se dresser contre sa maîtresse ! Cela lui était même interdit et elle avait préféré se dénoncer plutôt que d’accuser Lyssa. Elle se sentait trahie au plus profond d’elle-même. Elle pouvait ressentir la présence des soldats autour d’elle, l’épée à la main. Bien sûr, ils étaient sûrement habituée aux pleurnichardes. Mais c’était le coup de trop. Trop d’espoir lui avait été permis. Puis elle adressa un dernier regard qui en disait long à sa maîtresse avant de boire le contenu de la tasse. Ses pupilles se contractèrent puis se dilatèrent. Rapidement, le souffle lui manquait. Elle vacilla en arrière et sombra dans le néant.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Dim 24 Aoû 2014 - 17:08 Répondre en citantRevenir en haut

Lyssa n’avait pas un pouvoir total sur Ruri, pas encore… Elle le savait et cette démonstration le lui prouvait. Son aspirante avait hésité, pris le temps de la réflexion et surtout de la panique… La lueur dans ses pupilles le démontrait bien, sans parler de ses jambes tremblotantes et de son teint encore plus pale qu’à l’accoutumée.

La Maîtresse Bleue pouvait-elle vraiment le lui reprocher ? Elle qui ne voulait pas d’un patin sans tête. Elle en avait suffisamment sous ses ordres. Non le temps d’hésitation n’était pas en cause mais la peur et le manque de confiance de son aspirante en elle ne lui plut guère. En même temps elle venait de tuer froidement un homme qu’elle avait longuement torturé et fait torturer avant. Et, même si, la jeune Neishaane s’était jusque-là montrée obéissante et volontaire, on ne pouvait pas dire que Ruri était un modèle de cruauté dénué de sentiment. Une petite moue contrariée se figea sur le visage de Lyssa et haussant les épaules elle sortit l’antidote et se précipita vers son aspirante.

Cette dernière avait fait un geste pour la sauver et avait pris le meurtre à sa charge sans parler qu’elle avait absorbé le poison. Et il fallait mieux avoir une aspirante qui n’avait pas encore totalement confiance en sa Maîtresse mais qui était loyale que pas d’aspirante du tout. La brune releva la tête de la Neishaane et lui versa trois goutes dans la bouche puis lui donna un baiser, du moins c’est ce que virent les faux-gardes. Bien que ce soit ces hommes, il ne fallait pas qu’ils comprennent comment procéder ; aussi ils ne virent pas que Lyssa n’avait pas que simplement posé ses lèvres sur les celles de la jeune fille mais qu’elle soufflait doucement pour la faire déglutir et accélérer l’absorption du remède.

Lyssa souleva une des paupières de la Neishaane et observa la pupille de son aspirante qui se contractait à nouveau. La voilà hors de danger et elle commencerait à émerger dans une dizaine de minutes de qui était plus que suffisant pour qu’elle mette en place une belle scène pour montrer à son aspirante qu’elle pouvait elle aussi être là pour elle. Bien sûr à la base, elle avait souhaité que Ruri boive le poison plus vite, ainsi que l’antidote et que les gardes l’emportent alors qu’elle endossait le crime ; elle l’aurait fait sortir de sa geôle en sauveteuse. Fort heureusement, Lyssa avait plus d’un tour dans son sac.

– Bien, vous avez fait ce que je vous ai demandé. Je tiendrais parole et vous aurez votre récompense. Approchez fit l’ardente en se relevant et en sortant une belle bourse d’une de ses poches joliment dessinées dans sa tenue. Elle distribua des pièces aux premiers qui se mirent à les observer, les croquer en guise de test d’authenticité et à se frotter les mains et quand vint le tour des deux derniers, elle leur glissa habillement et secrètement des mots en plus des pièces.

– Tuez les autres et en plus de leur part je doublerai la somme. Le prix a payer était faible pour Lyssa. Quelques hommes de mains étaient facilement remplaçable mais une aspirante dévouée et fidèle était beaucoup moins facile à trouver.

Il n’en fallait pas plus pour des hommes de mains avides d’argent de se tourner vers leurs camarades… Mais chez les mercenaires la seule véritable camaraderie était la monnaie sonnante. Leur tâche ne fut pas difficile, du moins pour deux des victimes qui s’était totalement relâchées, se sentant en confiance. D’ailleurs pourquoi en serait-il autrement ? Ne venaient –ils pas d’être remerciés et payés ? Le troisième fut éliminé assez facilement non sans avoir blessé l’un des agresseurs qui gisait au sol une jambe entaillée.

Lyssa profita que l’attention des deux survivants était focalisée sur leur agresseur direct pour lancer une dague sur l’un d’entre eux. La lame n’entailla que légèrement le faux garde qui jura mais ce fut suffisant pour Lyssa ; la lame avait été enduite d’un poison qui fit rapidement ce pourquoi il avait été concocté. La brune acheva alors le blessé et regarda son « champion » éliminer l’avant-dernier témoin gênant. Elle déchira alors sa tenue et en trempa quelques parties dans le sang puis, histoire de rendre le tableau plus crédible encore elle s’ébouriffa les cheveux et disposa quelques gouttes d’eau sur son visage en guise de sueur.

– Vérifie qu’ils soient bien tous morts, on n’est jamais trop prudent, ensuite ramasse l’argent, il te revient et je ne veux pas qu’elle puisse voir qu’il y a eu un arrangement quelconque.

– Vous aviez parlé de doubler la part… fit le survivant, sur ces gardes cette fois.

– Je te laisse prendre le nécessaire, elle va se réveiller d’un instant à l’autre. Prends ce qu’il te revient mais pas plus et disparait. Et n’oublie pas ne te montre pas avant plusieurs semaines. Tu sais où tu dois aller. Faisant allusion à une autre cache où ses hommes avaient l’habitude de se cacher lorsque cela était nécessaire, elle posa une bourse sur une table et rejoignit la jeune femme aux cheveux de neige.

– Et qui me dit que vous ne me trahirez pas et que vous ne me tuerez pas comme vous l’avez fait avec eux ?

– Réfléchit un peu… Seule contre six gardes ? Quelles seraient mes chances ? Il serait bien plus plausible que j’ai soudoyé au moins l’un d’entre vous ou que tu sois un de mes hommes infiltrés.

– Angleor n’est pas mort tout seul pourtant…

– Un blessé attirerait l’attention et ferait se poser des questions… Prends toute la bourse si cela peut te consoler de la perte de ton ami… Et déguerpis à moins que tu préfères que je change d’avis. La brune enlaçait maintenant son aspirante, la prenant entre ses bras et lui caressant le visage.

– Bien Maitresse Ciniver... fit l’homme qui s’exécuta

L’ancienne fille de joie se mit à sourire au départ du garde. Ruri commençait à revenir à elle mais surtout l’homme ne s’en tirerait pas… Elle savait où le retrouver et il paierait de sa vie pour avoir discuté ses ordres. Mais ce temps n’était pas venue, elle devait entrer en scène ; elle prit un air légèrement inquiète et elle feindrait la joie de la savoir en vie.

– Ruri ? Parle-moi. Ouvre les yeux… Tout va bien se passer maintenant

Comment allait réagir sa protégée ?
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mer 27 Aoû 2014 - 18:07 Répondre en citantRevenir en haut

La mort, enfin les abimes, formait un lieu étrange. Elle était dans le noir complet, marchant sur un sol inexistant. Ses pas ne produisaient aucun son pas plus qu’elle ne sentait le besoin de respirer. Tout autour d’elle était noir. Dans quelle direction aller si tant est que ce concept soit présent dans ce monde étrange ? A l’instinct, elle poursuivait sa marche. Avançait-elle réellement d’ailleurs ? Plus rien n’avait d’importance. Elle ne se rappelait pas pourquoi elle était-là et cela ne l’intéressait guère. Le passé était le passé, seul importait le présent. Pensée qu’elle regretta aussitôt. Une sorte de lueur rouge se dévoilait au fur et à mesure devant elle. Il n’y avait toujours pas de son mais cette lumière soudaine ne la rassurait pas vraiment mais elle était également captivante. La source de la lumière se dévoila bientôt derrière un nuage sombre. Un œil bordé d’écailles aussi sombres que la nuit. Il était rouge comme la colère incarnée. Etait-ce un dragon géant ? L’œil faisait au moins six à sept fois la taille de la neishaane. Elle se sentait si misérable face à cet être, quoiqu’il fût. Une voix caverneuse pénétra sa tête et ses mots sonnaient comme des fers chauds sur sa peau.

° Trouves-moi. °

Absurde. Il était devant elle. Pourquoi lui demander quelque chose comme cela ? C’était si flou. Et puis elle se sentit rejeter en arrière. La lueur disparut aussi vite qu’elle était venue. Un sentiment désagréable s’insinuait entre ses lèvres puis dans sa gorge. Un flash blanc lui éblouit la vue.

Ruri peinait à ouvrir les yeux. Elle sentait les bras chaud de sa maîtresse autour d’elle. Puis l’odeur du sang. Tout revenait à elle, lentement. Elle avait bu le poison mais était vivante ? Et il y avait des morts. Etait-ce les gardes ? La mare de sang l’empêchait de voir correctement mais ce n’était pas ce qui l’inquiétait en premier lieu. Que s’était-il donc passé ? Ses oreilles sifflaient et la voix de Lyssa lui parût lointaine. Ses yeux la fixaient et un léger sourire vint éclairer son visage.

- Je vais bien, enfin je crois.

Ruri se redressa, les yeux scrutant la pièce. Que s’était-il donc passé ici ? Il y avait des gardes et puis ils allaient les arrêter. Non, il devait s’être passé quelque chose. Et puis, de son souvenir, il en manquait un ? Enfin, ce n’était pas parce que son corps n’était pas dans la pièce qu’il était toujours vivant. Son estomac ne semblait pas supporter l’horreur de la scène, pas plus qu’elle d’ailleurs. Son teint livide l’attestait. Elle ne s’était pas faite à la mort et ne s’y ferait sans doute jamais. Tuer ne faisait pas partie des cordes à son arc. Ce n’était d’ailleurs pas prévu non plus.

La neishaane se leva, titubant sur quelques mètres avant de régurgiter le reste du poison sur le sol. Sa gorge la brûlait vivement. Elle essuya ses lèvres d’un revers de la main et but une lampée d’eau à sa gourde. Elle éprouvait des sentiments si antagonistes. Une part d’elle remerciait l’humaine de l’avoir sauver. Une autre part la trouvait effrayante, dangereuse. Tout se mélangeait dans sa tête. Et si tout cela n’était qu’un jeu finalement ? N’avait-elle pas le droit à des explications ?

- Je m’excuse pour mon impertinence, maîtresse, mais je souhaiterai vous poser une question.

Elle attendit l’approbation de Lyssa avant de poursuivre.

- Je sais que je vous dois la vie et je vous en remercie. Mais là, je ne sais plus quoi en penser. Il y a quelques minutes encore, il y avait des gardes. Là, ils sont tous morts, baignant dans leur sang. Et moi, dans tout ça, je suis quoi ? Franchement, j’ai l’impression de n’être qu’un jouet. Je dois apprendre, mais suis-je forcée d’en souffrir autant ?

Le ton de Ruri était resté égal, courtois. Elle n’avait pas exprimé de colère mais plutôt de l’incompréhension. Les manèges de Lyssa la dépassaient et elle n’en voyait pas l’utilité. Ruri se retourna vers la porte et la poussa du bout des doigts.

- Je souhaiterai vous demander la permission de prendre quelques jours de congés s’il vous plaît.

Ruri était toujours de dos. Elle ne voulait pas se retourner. Elle se battait suffisamment pour ne pas se mettre à pleurer et passer pour une faible. Elle se mordait la lèvre inférieure jusqu'à ce qu'un mince filet de sang n'en coule délicatement.
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