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 [RP] L'Ombre de la Mort Sujet suivant
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Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Dim 9 Juin 2013 - 11:59 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP] Ce RP fera suite à l’Envol vers l’Avenir Ardent, durant lequel Sayuri et Akemiko seront amenées à prendre l’Interstice.
Je mets ce RP là, je n'aurais pas dû le mettre en Undòmë. Je vous expliquerai en mp si vous le souhaitez!


Fin-Haskèlku


Alors qu’elles sautaient pour la première fois seules dans le froid interstice, un spectacle étrange s’offrit à elles. Contrairement à ce qu’on leur avait raconté et à ce que la petite reine pouvait se souvenir des bribes de mémoire ancestrale qu’elle commençait à récupérer, l’espace entre la porte d’entrée et la porte de sortie était immense. Très rapidement, cette fenêtre de sortie se démultiplia en plusieurs dizaines, toutes différemment espacées et disposées dans les trois plans de l’espace… Sayuri sentit poindre en elle les prémices d’une angoisse grandissante. Laquelle prendre ? Celle à quelques mètres au-dessus de leur tête, l’autre qui semblait à plus de cent mètres en contrebas ? Ou celle, plus proche, à leur gauche ? Et par les dieux, qu’il faisait froid là-dedans !

*Euh… Akemiko ?... Est-ce normal ?*

Mais la jeune incarnate ne répondit pas. Complètement occupée par ce qu’elle voyait, elle sentit l’étau d’un danger imminent se resserrer sur sa gorge et son thorax. Cet étau, elle le connaissait : Elle ne se souvenait encore que trop bien de la fois où il s’était resserré sur son petit corps encore tout frêle, le jour de sa naissance. Elle avait été sauvée par la seule aspirante dont l’esprit s’était parfaitement lié au sien : la geisha qui était maintenant sur son dos. Mais aujourd’hui, cet étau, prémices de la mort, venait se refermer de nouveau sur elle, tentant de l’étouffer à l’instar d’un serpent. Sentant ce danger imminent à leur trousse, Akemiko tourna son choix vers la porte la plus proche. Mais au moment où elle vira de bord, toutes les ouvertures vers le monde réel et chaud commencèrent à se refermer. De concert, Sayuri s’agrippa plus fermement à sa liée, collant tout son corps au sien afin de ne faire qu’un avec elle, pendant que la reine battait l’air glacial de toutes ses forces, ses yeux rivés sur la porte la plus proche et concentrée sur son objectif unique : l’atteindre. Mais plus elles approchaient de leur but, plus il semblait improbable que leur corpulence passe à travers ce trou de souris qui rétrécissait à vue d’œil. La chevalière arrêta de respirer sur les derniers mètres et Akemiko, après un dernier élan, un dernier battement, rabattit ses ailes le long de son corps, les collant du mieux qu’elle pouvait, contractant chaque muscle au maximum afin d’être la plus fine possible… Un dernier battement de cœur,…

Elles passèrent…

… grâce à la petite taille de la reine jumelle, grâce à ses entrainements quotidiens, grâce à la puissance de ses ailes, grâce à leur concentration commune sur un objectif vital,… Elles étaient passées ! L’euphorie gagna un instant Naethrandir, mais rapidement, l’adrénaline qui circulait dans le sang de la saurienne et qui ne servait désormais plus à rien, commença à la faire trembler de tout son corps et une faiblesse grandissante s’empara de ses muscles à la vitesse de l’influx hormonal.

*Pose-toi dans la clairière, là.*

Akemiko, ne répondant toujours pas, fondit vers l’endroit que pointait du doigt son âme sœur. Puis, dans un dernier sursaut, elle demanda un ultime effort à ses muscles, redressa son vol pour se poser, battant des ailes vers le sol de toutes ses forces et avec difficulté, puisant dans ses dernières réserves,… puis chuta plus qu’elle ne se posa, dans un bruit sourd. Sayuri, qui s’était une fois de plus serrée contre sa liée pendant le piqué, fut propulsée dans un fourré un peu plus loin, se retrouvant dans une position qui en aurait fait rire plus d’un dans d’autres circonstances. Elle se sortit de là à coups de grands gestes et de séries de contorsions ridicules. Une fois sortie, ce fut une Sayuri couverte de griffures, les vêtements en partie déchirés et des feuilles et autres divers branchages plein les cheveux qui apparut du buisson. Ce n’est qu’à cet instant que la chevalière remarqua qu’elle ne sentait plus sa liée. La peur et la panique la percutèrent de plein fouet. Dans un parfait écho, son cœur se contracta douloureusement dans sa poitrine et un hurlement en sortit :

« AKEMIKO ! »


Dernière édition par Sayuri Yaru-Nosta le Sam 11 Oct 2014 - 19:28; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 9 Juin 2013 - 11:59 Revenir en haut

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Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Dim 9 Juin 2013 - 12:01 Répondre en citantRevenir en haut

L’hybride déboula dans la clairière comme une furie, cédant pour une fois à la violence de son angoisse. Là où elles avaient roule-boulé, un long sillage de terre labourée témoignait encore de la brutalité de leur atterrissage et les quelques plantes qui poussaient apparemment là s’étaient retrouvées arrachées, déracinées, puis mélangées aux amas de terre retournée. A l’autre bout du chemin chaotique : une masse rutilante et inerte. A court d’air, l’ancienne Haute Prêtresse se précipita aux pieds du corps de sa liée qu’elle ne sentait toujours pas. La jeune femme respirait par à-coups, sanglotait, mais était trop choquée pour pleurer. Elle ne remarqua pas ses mèches de cheveux lui coller au visage, ni ses vêtements déchirés laisser passer une bise marine sur sa peau marbrée d’hématomes et de coupures.

Sayuri eut d’abord peur d’établir un contact physique avec la saurienne, craignant de se confronter à cette évidence qu’elle craignait. Mais elle se décida à poser une main sur ce cadavre encore chaud, et finalement étala tout son corps sur son ventre, comme pour la couvrir, la protéger, capturer en ce corps inerte cette chaleur qui partirait elle aussi. Soudain, elle le sentit !! Elle retint son souffle en sentant la masse sur laquelle elle était allongée se soulever et s’abaisser au rythme d’une respiration faible mais bien présente ! A l’instant même où le mot *Vivante* s’inscrivait en lettres d’or dans son esprit, Sayuri fut soudain prise de sanglots incontrôlables, inondant ses joues de larmes et la faisant hoqueter comme une enfant. Elle enfouit son visage dans la peau de sa liée, le frottant contre son ventre comme pour s’imprégner d’elle, comme pour combler cette peur qu’elle avait eu de perdre l’Autre. Les écailles écarlates, bien que plus douces en cette partie du corps, vinrent griffer sa peau et pourtant, la petite geisha ne pouvait s’empêcher de continuer son geste comme une litanie, comme si s’arrêter signifiait la perdre de nouveau. Elles restèrent ainsi un moment et ce n’est que lorsque la violence des émotions commença à se tasser que la chevalière put retrouver ses esprits et réaliser ce qu’il venait de se passer. Elle redressa la tête et observa les alentours boisés. Son diaphragme émit une violente contraction qui la fit hoqueter. Non, de là où elle était, elle ne reconnaissait rien. Mais pourquoi, par Haskèl, avaient-elles atterri ici ? Que s’était-il passé dans l’Interstice ?

Sayuri savait qu’il lui fallait maintenant prendre les choses en mains et un plan prit place lentement dans son esprit. Tout en faisant attention à sa liée, la geisha prit appui sur ses mains pour se relever. C’est ce moment que choisirent ses multiples blessures pour lui indiquer avec douleur et précision leurs multiples localisations. La jeune femme grimaça en gémissant, une main posée sur le côté de la fesse droite… Elle avait dû tomber sur cette partie du corps, à n’en pas douter. Ignorant tant bien que mal ses traumatismes, la bipède entreprit de faire l’état des lieux de son âme sœur qui ne se réveillait toujours pas. Commençant par sa tête, elle fit glisser ses mains sur sa peau à la recherche d’un relief anormal entre ou sous ses écailles. Elle lui souleva les babines, inspecta sa bouche, ses dents, et fut rassurée d’y sentir la chaleur de son souffle régulier. Les paupières écailleuses furent difficiles à soulever et la membrane nictitante la gênait, mais elle put voir les pupilles se contracter au contact de la lumière.

* Un très bon signe. *

Un hématome à proximité de la fente auriculaire, près de la base de la crête du même nom, soulevait déjà son épiderme.

* Certainement le coup qui lui a fait perdre connaissance. *

Ses mains continuèrent leur inspection pendant encore de longues minutes. Les ailes n’avaient rien de cassé. Un griffe de l’antérieur droit était bien fendue, mais la veine ne semblait pas atteinte. D’autres hématomes soulevaient ses écailles et quelques coupures les zébraient, mais à part quelques cicatrices résiduelles, rien de grave n’était à envisager pour la suite. En arrivant à la fin de son inspection, Sayuri constata avec étonnement que le bout de sa queue avait été sectionné ! Rien de grave : cinq petits centimètres qui cicatriseraient bientôt, mais la plaie saignait abondamment.

* J’aurais dû remarquer ça plus tôt ! * se morigéna-t-elle.

Mais comment avait-elle pu se sectionner aussi nettement son appendice dans une simple chute ? Tout en réfléchissant, elle arracha un morceau de sa tunique qui pendait, puis l’enroula autour du moignon. Soudain, un éclair traversa son esprit : L’Interstice ! La fenêtre s’était refermée de justesse et avait dû emporter la dernière vertèbre ! Sayuri frissonna en imaginant ce qu’il se serait passé si elles n’avaient pu passer qu’à moitié. Elle redressa la tête et replaça une de ses mèches comme pour chasser ces pensées morbides. Sous ses doigts, elle sentit quelque chose… et retira de ses cheveux une feuille et une branche. Puis elle entreprit de toutes les retirer.

* Bon, je vais chercher de quoi faire un baume pour ce pansement. Vite. *

Elle savait faire des poisons, et heureusement quelques antidotes et soins. Mais comment choisir les bonnes plantes ? Après tout, bien qu’elle supposât qu’elle se trouvait sur Qahra, rien n’était moins sûr…

* Je ne connais pas grand chose sur la faune et la flore de Qahra, mais je devrais bien réussir à trouver quelques choses… *

Sayuri envoya son esprit vers celui de son âme sœur : Toujours fermé. Puis elle sonda les environs et s’assura qu’aucun danger ne rôdait dans les parages. Elle se tourna ensuite vers sa petite reine, posant une main sur sa cuisse… et se délectant une fois de plus de cette chaleur de vie.

* Je ne serai pas longue, ma douce Akamaru. *

La geisha s’éloigna dans la forêt, non sans un dernier regard pour la saurienne inconsciente.


Dernière édition par Sayuri Yaru-Nosta le Sam 11 Oct 2014 - 19:29; édité 1 fois
Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Sam 27 Juil 2013 - 16:46 Répondre en citantRevenir en haut

Sayuri déambulait parmi les broussailles avec une étrange sensation. Une impression de déjà vu qui ne la quittait pas depuis qu’elle s’était mise en route. Elle cueillait çà et là les plantes grâce auxquelles elle espérait soigner Akemiko. Elle soupira en arrachant des racines de Tamiok ambré.

* Si seulement Orathor avait été là… Cet incident aurait paru plus doux et le temps serait probablement passé plus vite…*

Elle se remémora mélancoliquement les nuits et les journées qu’ils avaient passées ensemble. Jamais elle ne s’était sentie aussi… importante aux yeux d’un homme. Et pour une fois, cette relation n’était pas que purement physique ni pour le travail. De plus, l’admiration de son prétendant était réciproque. Il y avait une réelle sincérité dans leurs yeux, et leurs cœurs battaient ensemble d’un amour pur et sans tâche… Avec cet homme, elle se plaisait à simplement lui faire plaisir, sans aucun objectif à atteindre, pas de but secret, rien à dissimuler... La jeune femme soupira en se s’assurant qu’ils seraient bientôt à nouveau réunis et se pencha pour cueillir quelques feuilles et tiges d’une Farelle bleue. Alors qu’elle s’abîmait encore et toujours plus dans ses pensées, elle arriva dans une autre clairière. Celle-ci était creuse et en bas de la pente se trouvaient des thermes dont les vapeurs s’élevaient dans le ciel en un appel silencieux. C’est alors qu’un éclair traversa son esprit. Oui, elle était déjà venue ici !

Citation:
C’était un soir d’automne. La jeune prêtresse Sayuri Yaru-Nosta était en ville avec un de ses clients les plus fidèles. L’homme se pencha sur son cou d’albâtre, lui chuchota une phrase à l’oreille. La geisha fit mine de s’empourprer, ouvrit son éventail en laissant volontairement sa manche glisser le long de son poignet et dissimula son visage timide des yeux de son prétendant.

« Je connais un endroit hors de cette ville et hors des sentiers battus où nous pourrions être plus tranquilles pour… discuter. Je vous rassure, ma Fleur du Crépuscule, je suis le seul à connaître cet endroit. Il s’agit d’un petit lac d’eau thermale, véritable perle de chaleur dans un froid écrin forestier dont la beauté est à couper le souffle… Sans toutefois égaler la vôtre... » La geisha plissa les paupières et baissa les yeux, souriant de timidité derrière son bouclier aux couleurs chaudes. Enhardi par cette attitude de jeune demoiselle inexpérimentée, il continua de plus belle, l’empourprant un peu plus… Ce qui n’était pas pour lui déplaire : « Peut-être alors que la chaleur des douces vapeurs et de cette eau aux propriétés thérapeutiques vous permettrait de me montrer un peu plus que vos poignets ou que cette nuque découverte… »

A ces derniers mots, il fit courir ses doigts sur la nuque de la geisha qui, non sans un furtif frisson de désir feint, réprimanda gentiment son protecteur. Les yeux de Sayuri, mutins, accordaient à l’homme richement vêtu un consentement tacite qu’il sut capter sans erreur.

« Très bien. Je suis ravi de voir nos coeurs s'accorder. Dans ce cas, retrouvez-moi dans deux jours à l’ochaya Iwasaki à vingt heures. »

Parfait. Ce qu’elle préparait depuis maintenant des mois allait enfin se concrétiser. Deux jours plus tard, la geisha à l’air innocent attendait patiemment son client devant le lieu de rendez-vous, quand elle le vit enfin arriver… accompagné ! Une autre geisha riait à son bras avec un manque de retenue flagrant. Certains passants détournaient le regard, honteux pour elle. Sayuri craignit un instant d’être vue en compagnie de cette vulgaire courtisane et surtout d’y être associée. Mais elle dût passer outre, si elle voulait continuer d’avancer vers son objectif.

* Imbécile. Cela ne va faire que corser la situation et ralentir mon plan… Tant pis. S’il faut que cette mégère soit également de la partie, qu’il en soit fait selon son bon désir… La difficulté est un défi qui, j’en suis sûre, m’amusera beaucoup… Finalement. *

La jeune Yaru-Nosta s’avança vers le couple avec une mine réjouie, dissimulant la naissance d’un sourire sadique.

« Mais quelle belle surprise me ramenez-vous là, Monsieur Kanazawa ! Je ne m’y attendais pas du tout ! »
« Oui, je sais, j’ai eu cette idée à la dernière minute et je me suis dit que cela vous ferait plaisir… Et vous aiderait peut-être à vaincre votre timidité ! »


Elle ordonna à sa contrariété de se taire et de rester sage et silencieuse dans la prison de son masque angélique. Une geisha digne de ce nom ne dévoile jamais son mécontentement à son client. Sa dernière phrase était amplement suffisante pour sous-entendre à ce dernier un éventuel désaccord avec sa décision.
Après une longue heure d’un voyage interminable et inconfortable, le trio se retrouvait sur les lieux. La Kunoichi ne pouvait nier la beauté du paysage, comme l’homme le lui avait susurré quelques jours plus tôt. La forêt de cèdres s’ouvrait sur une clairière au fond de laquelle les attendait un lac. Les rayons de la pleine lune filtraient difficilement à travers la vapeur qui s’en échappait, mais ils éclairaient néanmoins avec force les cryptomerias qui étendaient au-dessus d’eux leurs poings velus. Le regard perdu dans ce monde froid et silencieux, Sayuri ne put s’empêcher de penser : * C’est une nuit magnifique pour mourir. * Elle fut tirée de sa méditation par la geisha qui, une fois monsieur Kanazawa descendu de la charrette, se retournait vivement vers elle.

« Ne crois pas que cela me fasse plus plaisir qu’à toi. Je n’étais pas plus que toi prévenue de la présence d’une autre geisha. Je ne te ferai pas de cadeau. Monsieur Kanazawa sera MON danna, que tu le veuilles ou non. JE le séduirai et TU ne pourras RIEN faire. »

Son visage était déformé par la méprise et Sayuri n’aurait pas été surprise de la voir lui cracher dessus. Sa réputation l’avait certainement précédée comme souvent, et la pauvresse avait dû se sentir en danger. Pour toute réponse, elle figea son regard dans le sien, indéchiffrable. Elle savait cette expression exaspérante et en profitait, se délectant du spectacle qu’offrait la colère sur les traits de sa rivale. L’échange ne dura que quelques secondes, et avant même que leur protecteur ne se rende compte de leur léger retard, la geisha adverse offrit un sourire des plus radieux à Sayuri en descendant de la charrette, faisant mine de rire à son bras, à l’instar de vieilles amies. La kunoichi entra dans son jeu, décidant que ce serait à celle qui ferait craquer l’autre la première.

« Eh bien, je vois que vous vous entendez déjà à merveille, toutes les deux ! Cela ne peut-être qu’annonciateur d’une magnifique soirée, n’est-ce pas ? »
« Oh oui ! »
répondit l’autre, piétinant d’impatience.
* Oh oui… finalement, sa présence ne fera que faciliter mon ascension vers mon objectif… Merci, Kanazawa-San.*

Alors que, comme promis, sa rivale se faisait de plus en plus provoquante, Sayuri continuait de jouer de sa timidité toute feinte. Les deux femmes allèrent se dévêtir à l’abri des regards, derrière les roseaux qui bordaient le lac, non sans se fusiller du regard. La garce attrapa le kimono de Sayuri alors qu’elle se déshabillait, le déchira et la fit tomber à la renverse. Pour toute réponse, elle se contenta de lui sourire… car cette petite cascade lui permit de glisser plus facilement sa lame des replis de ses tissus à sous la surface de l’eau. Exaspérée, la courtisane laissa là la jeune femme et ne vit pas les rayons de la lune se refléter en un bref éclat sur une surface brillante, dans la paume de son ennemie. Sayuri rejoignit le duo, en retard.

« Eh bien, eh bien, ma belle Akemi (Sayuri vit sa rivale frissonner), vous êtes finalement parvenue à vaincre votre timidité ? J’en suis ravi (Ses yeux tentèrent de percer la surface de l’eau pour apercevoir le corps de la jeune femme, mais un éclair de déception passa sur son regard). Venez vous joindre à nous, je vous en prie. »

Timide, Sayuri s’exécuta. Une nouvelle heure s’écoula avant que l’atmosphère ne commence à se réchauffer. L’air, lui, restait de marbre à l’ambiance du trio et dardait sur eux une légère et froide bise. C’est ce moment que choisit la stupide geisha pour plonger la tête sous l’eau, non sans avoir au préalable jeté un regard souriant pour la kunoichi. Cette dernière se rapprocha du couple, vint au contact de leur hôte, et, dans un lent mouvement sensuel, trancha la veine jugulaire de la pauvresse. Elle émit un soupir de satisfaction. L’eau noire sous le ciel étoilé, aidée par les denses vapeurs, dissimula le liquide rouge qui s’étendait autour d’eux. La nature lui était favorable et cela ne pouvait qu’encourager la Yaru-Nosta dans sa morbide tâche. Bien entendu, la mégère se débattit un instant sous l’eau, mais leur cher monsieur Kanazawa, tout à son affaire, l’empêcha de remonter à la surface. Il l’aidait sans même s’en rendre compte. La kunoichi fit remonter doucement sa main sur le bras contracté de son protecteur en une douce caresse, jusqu’à son cou… Et lui infligea le même sort, d’un mouvement toutefois plus sec. Pas question de prendre son temps, cette fois. Presque instantanément, il écarquilla les yeux et porta son regard incrédule sur la jeune femme au teint de lune.

« Je t’ai accordé une agréable mort, répondit-elle aux questions silencieuses. Sache que cette commande venait de la famille Hôjô dont tu as sali l’honneur. »

Sans plus de manières, Sayuri se releva, dévoilant sa nudité sans plus aucune once de timidité, et laissa là le corps agonisant du pauvre homme, la main toujours agrippée aux cheveux flottants de la femme.


Sayuri frissonna de plaisir sadique à ce souvenir et porta son regard vers le chemin du retour qu’elle avait emprunté avec le cocher qui n’était autre que monsieur Okada, le Grand Maître de l’Ordre de l’Apocalypse. Pour son tout premier contrat, il avait souhaité être présent. Non pour la rassurer, mais pour s’assurer que le travail serait correctement exécuté… Ou le terminer lui-même, si cela s’était avéré nécessaire. Mais heureusement pour elle, il n’avait pas eu à intervenir.
La Haute Prêtresse contempla un instant le chemin, satisfaite de savoir enfin où elles se trouvaient, bien que… comment diable avaient-elles pu atterrir en Vaendark ?

* SAYURI ! *


Dernière édition par Sayuri Yaru-Nosta le Sam 11 Oct 2014 - 19:31; édité 1 fois
Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Sam 4 Jan 2014 - 19:32 Répondre en citantRevenir en haut

Instinctivement, Sayuri laissa là les thermes aux vapeurs ondulantes et se fraya un chemin entre végétation et neige éparse pour retrouver au plus vite son âme sœur. Elle pouvait sentir d’ici la panique de sa reine.

* J’arrive, Akemiko. Je ne suis pas loin. * s’empressa-t-elle de la rassurer.

Elle arriva rapidement auprès du monstre rutilant, son souffle expirant un léger voile vaporeux, à peine visible. La saurienne émit un bruyant soupir de soulagement au contact de sa petite bipède. Répondant à sa question silencieuse, la geisha lui raconta les derniers évènements. Ceux qui s’étaient passés après leur chute, mais aussi ceux qu’elle avait oubliés avant… bien avant.

* Le choc a dû être bien rude, pour que tu ne te souviennes plus de ce qu’il s’était passé dans ta journée… * constata-t-elle.
* Il semblerait, oui… *

Akemiko tenta de soulever sa lourde masse, mais ses muscles endoloris lui hurlèrent l’ordre de se rallonger. Grognant de douleur, elle ne put que leur obéir docilement.

* Nous ne pouvons pas rester ici, ma Petite Reine. Nous ne pouvons pas être vues des Sans Don. *
* Mais je ne peux pas me déplacer ! *
* Je te donnerai de ma force. Mais pour l’instant, il nous faut te trouver un abri caché des yeux de tous ces moins que rien. *
* Je sais qu’il me faudra voler pour qu’on ne suive pas nos traces. Et dans mon état actuel, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne peux tout simplement pas voler. *
* Oui, je le sais,
soupira-t-elle. Mais tes ailes ne sont pas brisées. Je ne te demanderai qu’un seul effort. Après, tu resteras au calme et je m’occuperai de toi. Tu récupèreras bien vite, ne t’inquiète pas. Nous sommes chez moi en Vaendark, je connais les environs et je sais comment fonctionnent les habitants. Je te ferai récupérer au plus vite. *

Ne pouvant trouver d’autre solution, la femelle grogna pour tout acquiescement. Hochant la tête à cet accord tacite, la geisha se remit au travail. L’air s’était fait plus humide et plus froid. Elle connaissait ces signes comme le présage que les flocons ne tarderaient pas à faire leur apparition. Sayuri s’éloigna de son âme sœur et se remit à la recherche de l’onguent qu’elle souhaitait lui préparer.

Lorsqu’elle revint sur ses pas, les bras chargés de plantes, de feuilles et de racines, la saurienne s’était endormie. A presque un mois et demi, elle mesurait déjà la taille d’un cheval. La kunoichi admira un instant les écailles couleur de sang se soulever et s’affaisser avec la respiration. Il y a quelques mois, elle n’avait encore jamais entendu parler de ces êtres magnifiques et magiques. Et aujourd’hui, elle était LIEE à l’une d’elle. Et pas n’importe laquelle. Une Reine ! Elle y croyait à peine. Bien sûr, elle en était très fière, mais elle savait également pertinemment que cela signifiait qu’elle était liée au Màr Tàralöm pour l’éternité. Qu’elle aurait tôt ou tard des responsabilités à assumer. La jeune femme soupira. Mais cela n’était pas pour tout de suite, elle avait le temps. Pour l’instant, cette petite reine avait besoin de secours… d’autant plus que sa plaie à la queue saignait toujours. Sayuri alla s’agenouiller près du membre amputé, puis pendant plus d’une heure, elle coupa, pressa, mâcha, mélangea, jusqu’à obtenir la texture la plus proche possible de celle souhaitée au départ. Régulièrement, elle replaçait avec le revers de sa main une mèche qui venait se coller sur son visage humide de sueur. Elle compensait son manque de matériel par des efforts physiques parfois intenses, douloureux pour ses petites mains peu habituées à faire ce genre de travail. Ce n’est que lorsque, enfin, le baume fut appliqué et recouvert d’une partie de sa tunique déchirée qu’elle releva la tête… pour voir qu’Akemiko l’observait d’un regard émeraude, serein.

* Bien, mettons-nous en route à présent. * lui sourit-elle.

Inutile de préciser à quel point cette étape de leur errance fut parmi les plus pénibles qu’elles eurent à affronter. La douleur physique, la fatigue, le mental mis à rude épreuve devinrent tout autant de montagnes quasi-insurmontables. Mais heureusement, la caverne découverte par Sayuri n’était pas très éloignée. C’est au prix de rudes efforts que les deux femelles se retrouvèrent en sécurité, en hauteur dans une falaise, dans la forêt. Sayuri avait transmis toute son énergie vitale à sa liée qui l’avait portée et qui avait également consommé toute la sienne. A l’instant même où elles posèrent les pieds et les pattes dans cet endroit, la tension retomba brusquement et elle s’écroulèrent l’une enroulée autour de l’autre, endormies jusqu’au lendemain.


Dernière édition par Sayuri Yaru-Nosta le Sam 11 Oct 2014 - 19:32; édité 1 fois
Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Lun 13 Jan 2014 - 16:56 Répondre en citantRevenir en haut

Le petit carrosse tintinnabulait dans la nuit, faisant sursauter ses passagers au gré des nids de poules et autres caillasses. Son gras client endormi, la célèbre petite geisha laissa son regard errer tantôt vers la lune et les étoiles, tantôt vers les arbres, postés en véritables gardiens de cette forêt. Cela faisait à présent plusieurs semaines que les deux liées se trouvaient clouées en Vaendark. La jeune femme avait fini par parvenir à panser la queue de sa reine, mais la plaie restait toutefois très instable. Elles avaient fini par conclure qu’il s’agissait probablement d’une blessure magique. Les deux ardentes s’étaient mises d’accord pour rester dans leur grotte – aménagée depuis – jusqu’à ce qu’Akemiko ait repris suffisamment de force pour leur permettre de faire le trajet du retour jusqu’à Tòl Orëa. La saurienne ne pouvait en effet plus prendre l’Interstice, ne le souhaitait guère plus : Si c’était pour perdre un membre complet, non merci ! La jeune incarnate n’étant pas encore capable de reprendre la chasse et la longue traque qui l’accompagne souvent, Sayuri s’était décidée à retourner parmi les siens afin de lui assurer ses repas, excusant sa longue absence par le voyage d’affaire très important d’un de ses clients les plus fidèles qui lui avait demandé de bien vouloir l’accompagner afin de le divertir. « J’ai besoin d’une femme délicate et intelligente à mes côtés, qui maîtrise les arts à la perfection. » Bien sûr, la geisha de renom n’avait pu décliner l’offre.
Cela n’avait pas été très difficile de les convaincre. Depuis, elle passait de nouveau ses soirées dans les ochayas, aux côtés d’anciens clients, de nouveaux, d’anciennes ennemies et de nouvelles. Cette fois, le carrosse cahota si fort qu’il réveilla en sursaut Mr Tanaka qui cessa de ronfler en émettant un son à mi-chemin entre l’étranglement et le grouinement porcin. Ce tailleur de renom n’avait pas bonne réputation auprès des autres femmes d’art. Les horreurs que Sayuri avait entendues l’avaient aidée à choisir le client qui l’accompagnerait pour cette sortie d’un genre nouveau.

« Nous voilà presque arrivés, Tanaka-San. »
« Très bien. Je ne supporte plus ce voyage, il est beaucoup trop long. J’espère que cet endroit magique dont vous vantez la beauté en vaudra le détour ! Je ne sens presque plus mes jambes ! »
« Cela ne fait pas encore une heure que nous sommes partis, Tanaka-San. Encore un peu de patience. »

Le gras personnage grommela. « J’espère que vous saurez également vous montrer divertissante, ma jeune Sayuri-San. Et pas seulement avec un shamisen ou quelques éventails, si vous voyez ce que je veux dire. »

Pour toute réponse, Naethrandir souria timidement à son client, se cachant les joues derrière un de ses deux éventails. Mais elle soupirait intérieurement. * Mais qu’est-ce que les autres geishas ont fait de leur nom en mon absence ?! Auraient-elles osé salir l’honneur de notre profession ? C’est le troisième client qui me fait ce genre d’allusions douteuses depuis que je suis de retour… Certainement cette mégère de Hanako et toute sa bande. Je savais qu’elle finirait par devenir une geisha parmi les plus renommées, après moi, mais j’ignorais qu’elle oserait séduire ses clients avec ce genre de bassesse ! Avant elle, les geishas gagnaient leur place grâce à leur travail et leur persévérance dans la perfection de l’art ! Si je ne devais pas repartir le plus tôt possible pour Tòl Orëa, je me serais fait un plaisir de mettre fin à toute cette mascarade et de rendre tout son honneur à cette difficile profession. Quitte à écourter les jours de cette traînée. * L’artiste en elle fulminait de colère à l’idée qu’on puisse confondre prostituée et geisha. Bien sûr, le sexe et l’amour faisaient parfois partie du jeu, à condition que la geisha soit elle aussi encline à ces ébats, mais cela restait un secret entre elle et son client favori et également, tout de même, quelque chose de rare.

Comme promis, les vapeurs des thermes se firent rapidement apercevoir entre les cryptomerias. Cela eut pour effet de dissiper la fatigue de son client, qui certainement allait s’imaginer bien des choses sur le déroulement de cette soirée. Par les Dieux, il allait être bien déçu. Le couple descendit prestement et la jeune prêtresse ordonna à son cocher de les attendre plus loin, derrière une colline qu’elle pointa du doigt. Dans son regard entendu, Sayuri put percevoir un petit éclat de terreur. Elle était parvenue à acheter son silence sur ses agissements, tant par une très belle récompense que par une menace pour le moins effrayante. Il s’exécuta sans plus attendre, non sans adresser une prière silencieuse au pauvre bougre qui s’éloignait, insouciant, au bras de cette beauté légère et mortelle. Ce n’est que lorsque la calèche et son conducteur furent hors de vue que le couple put profiter de ces instants de silence… La lune était cachée par des nuages à l’instar d’une dame se couvrant les yeux pour ne pas voir le triste spectacle qui s’apprêtait à se dérouler sur scène. Soudain, les comportements de nos deux protagonistes changèrent presque instantanément. Mr Tanaka devint violemment entreprenant, et le sourire de la belle artiste avait disparu, laissant place à un rictus carnassier. L’homme, ne remarquant pas la masse qui commençait à se mouvoir au milieu des vapeurs chaudes, tenta de déchirer un morceau de la tunique de la femme, accompagnant son geste de paroles tout aussi déplacées. La kunoichi agrippa son bras, lui tourna le dos et, par un ippon seoi nage parfaitement maîtrisé, envoya la lourde masse s’écraser au sol. Un bref étonnement étira les traits du visage de l’homme. Une telle force pour un si petit bout de femme ?

« J’ai beaucoup entendu parler de vous, Tanaka-San. »
La Haute Prêtresse comptait bien prendre son temps, cette fois-ci.
« Les geishas m’ont fait part de vos attitudes violentes et déplacées. Cela n’est pas digne d’un homme de votre niveau. »
L’homme s’était relevé et ne comptait pas laisser Sayuri terminer son discours. Il avait payé pour ça ! Les autres geishas se laissaient conquérir, hors de question qu’une tête rebelle lui refuse ce pour quoi il était venu. Il lui agrippa le bras et le lui tordit. La chevalière retint un gémissement de douleur et de sa main libre, trancha la joue de son tortionnaire avec son éventail. Il la lâcha aussitôt pour venir poser ses mains sur sa plaie béante qui laissait apercevoir ses dents. Le tailleur laissa passer la terreur et s’attarda sur sa colère, croyant encore que la faible corpulence de sa victime lui conférait un avantage certain. Mais alors qu’il levait la main pour la gifler de toutes ses forces, une masse écarlate sortie des thermes se mobilisa et en un éclair, de puissantes mâchoires s’étaient refermées dessus, englobant tout son avant-bras. Avant qu’il ne pousse son hurlement, ses yeux croisèrent ceux, incandescents, d’un monstre légendaire… qui n’hésita pas à resserrer ses crocs dans un craquement sourd d’os broyés, puis à arracher la chair juteuse. La petite ardente, plus prompte à l’aspect pratique, fit taire le cochon en l’égorgeant de son éventail. Les glouglous qui suivirent lui assurèrent l’agonie du repas. Trop affamée, la petite reine croquait et avalait également les os dans un bruit étrange, mélange de craquement et de succion. Elle goba presque le bras droit et se précipita sur le reste. Le prédateur affaibli éventra sa proie, l’immobilisant au sol de ses pattes acérées. Le dragon se régala des intestins, du foie,… tous ces organes gorgés de gras, de vitamines et de forces.

* Emporte-le avec toi, ma douce, file te cacher. Je te prépare une surprise pour dans quelques jours. Encore un repas bien gras pour te donner des forces. Il me faut repartir, maintenant. *

Elle n’eut pour toute réponse qu’un regard émeraude et complice. Le jour du départ s’approchait. Bientôt, la jeune saurienne pourrait chasser seule et elle n’aurait plus à se mélanger à cette masse d’hommes et de femmes qu’elle ne reconnaissait plus, qu’elle maudissait d’oublier leurs valeurs et leurs traditions. Elle regarda sa liée disparaître dans les vapeurs des thermes, puis profita encore un instant du calme de cette belle nuit de fin d’hiver. Dans les nuages, un trou laissait apercevoir le croissant lunaire, comme si la dame sortait un œil de sa cachette pour s’assurer que le spectacle d’horreur était bien terminé. Quelque part au loin, une chouette effraie émit un petit cri strident. Cet animal, considéré comme démoniaque par les habitants des environs, fit sourire la kunoichi. * Finalement, peut-être que ces superstitieux n’ont pas tout à fait tort. * Puis, dans un soupir, la petite ardente rejoignit son cocher dont le front, humide reflétait les faibles rayons de l’astre nocturne. Comme toujours, elle ignora la terreur de son complice et ne répondit pas à sa question silencieuse. Elle remonta dans la calèche, puis lui ordonna de se remettre en route.


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