Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Une arrivée juste à temps Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 28 Mai 2013 - 20:51 Répondre en citantRevenir en haut

¤ Début Gaïaku 918 ¤


A la vue du Continent, Ñiniel fut fascinée. Cachée dans les nuages, la terre qui s’offrait à ses yeux était gigantesque, et elle sentait son ventre bouillir d’excitation. Comment un tel Continent peut-il être caché de tous ?

Lyam en profita pour lui apprendre quelques rudiments de la vie qu’elle allait découvrir.

« Tol Orëa, c’est d’abord un Continent. Il est plus ou moins partagé par trois Kaerls, les cités magiques représentant chacune un Ordre Draconique ; le Kaerl Céleste, celui de l’Ordre Draconique de Lumière, le Kaerl Englouti, appartenant à l’Ordre Draconique Neutre, et le Kaerl Ardent, de l’Ordre Draconique de l’Ombre…je te laisse deviner vers lequel nous nous dirigeons… »

C’est alors que sous les nuages surgit une masse imposante, véritable montagne volante. Reyn survolant maintenant le Màr Menel, ce qui semblait inquiéter Lyam.

« Hmmm…il a encore perdu de l’altitude…mauvais signe ça… »

*Il était temps de rentrer!*

« Que se passe-t-il? »

« Cela fait quelques temps que nous sommes partis de Tol Orëa, mais il se passe des choses inquiétantes en ce moment. Le Màr Menel perd de l’altitude depuis peu, ce qui n’était jamais arrivé à ma connaissance. Heryn Amlug, Dame du Kaerl, a été déchue après avoir assassiné son époux, un Galastden ; c’est maintenant le frère du défunt qui dirige le Kaerl Céleste. »

Un nuage masqua la citadelle volante. Les compagnons de route de retrouvaient de nouveau en train de voler dans un épais brouillard. Cette sensation n’était pas désagréable pour Ñiniel ; tout au plus inquiétante de ne rien voir, mais aussi troublante : ses sens se décuplaient alors, et malgré tous ses efforts, elle ne distinguait rien. Elle se sentait en incontrôlable apesanteur. Lyam ne semblait nullement gêné et continuait ses explications.

« La maison Galastden est très influente au Kaerl Céleste, j’en fais moi-même partie, mais n’ai pas de lien de sang avec les héritiers. Ce sont de farouches opposants au Kaerl Ardent. Au moment de tous ces événements, je suis parti en mission afin de ne pas me mêler à ces histoires politiques.
Voilà ce que je sais. Mais je t’emmène voir Persée Garaldhorf, qui, j’ose espérer naïvement, est toujours mon amie. Accessoirement, Persée est aussi chef des armées au Kaerl, mais on dit Ancalikon. Elle pourra nous en dire davantage! »


Ñiniel serrait au creux de ses bras son petit Kalel’y. Tout au long du voyage, Lyam et Reyn avaient accepté de faire de nombres haltes sur la terre ferme pour le réchauffer et le nourrir. Malgré les haltes, l’Ondine avait déjà coupé les ponts avec le Rhaëg, bien involontairement d’ailleurs. Avoir pour compagnon de route un Dragon nommé Reyn impose une certaine discrétion, et Ñiniel n’avait plus croisé âme qui vive depuis qu’elle avait pris la main de Lyam.
Mais les deux Liés comblèrent bien vite ce vide et l’Ondine remarqua à peine qu’elle était en train de faire ses adieux à une ancienne vie.

L’air était très frais, et Rànen le supportait difficilement. Cette dernière partie du voyage était la plus longue, et Ñiniel, bien qu’ayant pensé à prendre de quoi nourrir son Kalel’y, ne s’attendait pas à ce qu’il supporte aussi mal le dernier vol.

« Lyam…? »

« Hmoui? »

« C’est encore long? »

Le jeune homme se frappa la tête.

« Mais bien sûr! »

Ñiniel ne comprit pas ce qu’elle avait bien pu dire qui puisse susciter une telle réaction du Torhil. Elle attendait avec impatience que Lyam prononce quelque chose afin de satisfaire sa curiosité.

« Comment j’ai pu oublier de te parler de L’Interstice?! »

*On se le demande, joli cœur…*

« Reyn, merci bien pour tes commentaires, mais je m’en passerais! »

Le Dragon poussa de petits grognements saccadés, et Ñiniel devina qu’il était en train de ricaner. Elle esquissa un sourire. Les deux Liés avaient une relation franche et amicale, telle celle de deux frères, et l’Ondine commençait à entrevoir ce que signifiait réellement le lien qui unissait un Dragon à son Lié. Elle prenait un malin plaisir à les taquiner à tour de rôle, mais son inquiétude pour Rànen l’emporta sur les plaisanteries.

« L’Interstice, donc? »

« C’est ce qui nous permet de nous déplacer en temps normal, de manière quasi instantanée. Mais cela fait aussi partie des événements inquiétants du moment : nous ne pouvons plus l’utiliser! Je suis désolé pour ton Kalel’y, mais nous ne devrons plus tarder. »

Ñiniel tenta de coller son Kalel’y au plus près de son corps. De son index, elle apposa une petite caresse sur le coup de Rànen.

*Nous y serons bientôt…*

Dans les cieux l’on pouvait distinguait trois tours, une grande verrière, un amphithéâtre grandiose, une architecture en forme de fleur, et enfin une place majestueuse sur laquelle était dessiné un Dragon d’Or. Le soleil perçait les nuages, et l’éclat du Kaerl Céleste se révélait enfin sous les yeux de l’Ondine.

Lorsqu’ils se posèrent finalement sur la place au Dragon d’or, personne ne semblait être surpris de voir un Dragon atterrir parmi eux, et c’est finalement Ñiniel qui fut la plus surprise. Lyam aida Ñiniel à descendre de Reyn, qui commença à s’éloigner une fois allégé de son poids.

*Je vais au Valarëa, on se retrouvera plus tard. Ñiniel, content de t’avoir rencontrée ! Nous nous reverrons !*

Le Torhil écouta d’un air distrait son Lié. Il porta la main à son menton, puis commença à trainer des pieds, tête baissée.

« Oui, oui, à plus tard… bon, où va-t-on trouver Persée maintenant ? »

Ñiniel n’écoutait même pas Lyam ; elle s’était quelque peu éloignée afin de prendre connaissance des lieux. Mais quelque chose l’intriguait. La Place semblait être en proie à une certaine angoisse, les passants marchaient vite, regardaient droit devant eux et ne prenaient même pas le temps de s’arrêter sur les étals du marché…qui d’ailleurs semblait lui aussi déserté par les commerçants. Plongé dans ses réflexions, le Torhil ne l’avait pas vu. Ñiniel retourna vers lui et lui tira la manche en pointant du doigt la Place et le marché.

« Dis donc Lyam… le Kaerl Céleste, Ordre Draconique de Lumière, me semble bien sombre, tu ne trouves pas ? »

Le jeune homme écarquilla les yeux de surprise, soutenant difficilement le choc de voir une telle agitation. Les personnes marchaient maintenant à vive allure, les gardes et soldats étaient beaucoup plus nombreux que d’habitude, et personne ne se souciait des trois voyageurs qui venaient d’arriver après un long voyage.

« Bon sang ! Mais qu’est-ce-qui se passe ici ?! »

Reyn, s’en étant lui aussi aperçu en chemin, revenait à toute allure vers Ñiniel et Lyam.

*Lyam ! Ñiniel ! Vous avez vu ?! Tout le monde est aux aguets ! On a loupé quelque chose d’important ! Je pense que nous allons rester ensemble pour le moment, le temps d’essayer de comprendre ce qui se passe… *

Ñiniel commençait à avoir peur. Dans quelle aventure avait-elle suivit Lyam ? Et son petit Kalel’y, incapable de s’envoler, restait bien fragile. Il se remettait doucement, mais il lui fallait encore du temps. Dans ces conditions, Ñiniel se savait incapable de courir. Elle lança un regard glacial à Lyam.

« Et maintenant, on fait quoi ? »




Publicité





MessagePosté le: Mar 28 Mai 2013 - 20:51 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 3 Juin 2013 - 19:16 Répondre en citantRevenir en haut

- Et dis à ce gros porc de Ghadìr qu’il ne sera pas payé s’il casse du mobilier sur son passage ! Mets-y les bonnes tournures et envoie le message.
- Bien, Ancalikon Garaldhorf.


La jeune femme se frotta les tempes douloureusement, réprimant une grimace, tandis que se faufilait hors de sa loge le héraut militaire. En ces temps de suspicion et de peur, le recours au mercenariat, en ravivant les traités passés avec quelques villages du monde extérieur, avait été une idée de Zackheim. Une idée nécessaire mais regrettait indubitablement Persée. Rien n’y avait fait, il n’avait pas voulu changer d’avis. Les mercenaires étaient déjà installés et prêts à l’emploi lorsqu’il l’en avait informée. Elle s’était doutée que quelque chose allait s’extirper de toute cette agitation, que tout cela avait un sens. Elle n’avait rien contre les mercenaires en général. Seulement, comment ne pas se sentir trahie, espionnée au moindre geste ou au moindre regard, épiée par ces yeux étrangers en armures de cuir qui sillonnaient les rues du Màr Menel ? Comment ne pas être jalouse de devoir partager une tâche confiée d’ordinaire aux chevaliers-dragons, au Baskan, aux Arken ou à l’Ancalikon ?

Et elle détestait le regard de leur chef, le dénommé Ghadìr, lorsqu’il glissait sur les courbes d’une femme, plus encore quand c’était sur elle. Comment faire confiance à un type qui porte plus d’amour à l’or qu’à sa propre mère et qui serait prêt à vendre son épée s’il pouvait planter sa lance dans ce qui bouge ? S’il fallait bien reconnaître qu’il avait un grand sens des affaires, elle n’était pas certaine de sa loyauté envers Zackheim et le Kaerl, et encore moins s’il était réellement objectif dans cette affaire. Persée vivait dans la hantise d’une révolte, ce qui avait faillis se produire lors de l’incendie des entrepôts.

° Chérie, Lyam est rentré.
… QUOI ? °


Persée bondit de son siège, prit une veste et fondit dans les escaliers jusqu’à la Grand’Place, guidée par les indications de sa Bleue. Sitôt parvenue sur la Grand’Place, elle dût déployer des efforts colossaux pour ne pas courir à la rencontre de son ami. Cela faisait des semaines, presque des mois, qu’il s’était absente en quête d’Aspirants et pour typographier des terres de Rhaëg, pour remettre à jour les cartes des Archives. Persée n’y tenait plus. Elle avait besoin d’une pinte et d’un peu de compagnie. Lyam ferait et il aurait certainement plein de choses à lui raconter ! Le Chevalier Bronze se trouvait en galante compagnie mais l’expression de la demoiselle laissait à présager quelque orage sur leur relation.

° Elle a le Don. °

Le message clair et concis de Vraël suffit à la mettre sur la voie. C’était plus sûrement une Aspirante fraîchement cueillie sur un autre continent. Encore une fille jetée en pâture aux Seigneurs Dragons et à leurs obscures coutumes issues d’un passé haïs et de la magie d’une déesse. Tout pour plaire, surtout par les temps qui courent au Kaerl Céleste. L’Ondine allait découvrir son nouveau foyer dans les affres de la menace incarnée par le Maître des Ombres. Réjouissante perspective !

Ralentie dans son élan par ce constat, Persée se retint de sauter au cou de son ami dans une accolade. Lyam n’était pas au fait des derniers événements, y compris pour l’instauration de la loi martiale. Elle arriva néanmoins à grands pas vers lui et lui accorda un sourire franc.

- Lyam ! Tu as mis le temps pour rentrer au Màr ! Je suis désolée pour l’accueil mais la situation va de mal en pis, ici.

Elle tâcha de ne pas prendre un ton trop alarmiste. Puis se tourna vers la nouvelle arrivante. Son sourire avait disparu, bien malgré elle.

- Bienvenue au Màr Menel. Tu arrives jusqu’à nous dans de bien sombres heures. Ne t’en fais pas, nous allons t’emmener aux cuisines les proches pour tu puisses te restaurer. Et nous y seront plus tranquilles pour parler. Je me nomme Persée-Morian Garaldhorf, liée de Vraël et je suis le Chef des Armées du Kaerl.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 5 Juin 2013 - 19:35 Répondre en citantRevenir en haut

« Lyam ! Tu as mis le temps pour rentrer au Màr ! Je suis désolée pour l’accueil mais la situation va de mal en pis, ici.»

L’expression du regard de Ñiniel se figea lorsqu’elle entendit une voix féminine dans son dos. Passa alors devant elle une elfe à fière allure et à la joie non dissimulée de retrouver Lyam. Il y avait dans la démarche de cette silhouette quelque chose de franc et assuré, ce respect silencieux et imposé que seules les forces de la nature possèdent.

De son côté, ce dernier semblait lui aussi heureux de voir ce visage familier et amical. A un instant, Ñiniel crût qu’il allait se jeter dans ses bras.

Malgré les propos de celle qui lui était encore inconnue, l’inquiétude de l’arrivée s’estompa aussitôt, annihilée par la joie communicative de ces retrouvailles.

Lyam était sur le point de faire les présentations, mais la jeune femme le devança et s’adressa alors à Ñiniel.

« Bienvenue au Màr Menel. Tu arrives jusqu’à nous dans de bien sombres heures. Ne t’en fais pas, nous allons t’emmener aux cuisines les plus proches pour que tu puisses te restaurer. Et nous y serons plus tranquilles pour parler. Je me nomme Persée-Morian Garaldhorf, liée de Vraël et je suis le Chef des Armées du Kaerl.»

L’Ondine esquissa aussitôt un sourire.

*L’Ancalikon du Màr Menel en personne.*

Elle était certes très honorée de rencontrer une telle personnalité, mais était tout aussi fière de se sentir savante de ce petit détail, le premier depuis son arrivée. Elle afficha un sourire chaleureux.

« Ñiniel Iserimir. Je viens d’Orën, et après quelques voyages, ma route m’a conduite jusqu’ici. C’est un grand honneur pour moi de vous rencontrer. Pour tout vous avouer, je n’aurais pas tenu une minute de plus sans croiser votre chemin; Lyam n’a de cesse de parler de vous depuis que nous sommes en vue du Kaerl ! »

Lyam croisa les bras en guise de mécontentement. Peste soit de la femme et de leur caquetage permanent. Qui plus est, Persée ne l’avait même pas embrassé.

« Oui bon ça va ça va…. Si Mesdaaaaaames veulent bien se donner la peine de me suivre, il y a dans les cuisines quelques fûts de bière qui n’attendent que mon arrivée pour être engloutis. Reyn ?»

Le Bronze n’écoutait déjà plus et n’avait d’yeux que pour Vraël la Bleue.

*Salut beauté ! Je t’ai manqué ?*

Dans un profond soupir, Lyam détourna le regard et commença à avancer en soufflant quelques mots à l’attention de Persée.

« J’abandonne ! Reyn ne suivra que si Vraël vient avec nous, et je n’ai pas ton charme...ils nous retrouveront plus tard… »

Chemin faisant, le Torhil s’avéra être un parfait guide, et mena la conversion pour trois. L’insouciance de Lyam était communicative : le jeune homme semblait heureux d’être revenu au Màr Menel.

« Ici, le meilleur maître d’armes de la Cité ! »

Il pointa ensuite du doigt les trois tours octogonales que Ñiniel avait aperçu sur le dos de Reyn.

« Là, ce sont les Spires, les appartements de membres de l’Ordre Draconique de Lumière. Comme tout Aspirant, c’est ici que tu logeras. »

Ces derniers mots interpellèrent Ñiniel. Ainsi allait-elle tourner la page d’une ancienne vie nomade, à dormir à la belle étoile sans savoir ce qui l’attendait au lendemain. Beaucoup auraient été reconnaissants d’une telle prévenance à leur égard. Qui peut en effet se vanter d’être ainsi recueilli, accueilli, bientôt nourri et logé ? Ñiniel savait que cela partait d’un bon sentiment de la part du Torhil. Néanmoins, un présent de la sorte est une attache, et telle une ancre, elle rendra le chemin de celui qui est relié à cette chaîne d’autant plus difficile. A l’enraciner ainsi, l’Ondine risquait de se sentir étouffée.

*Pour qui a des racines, partir n’a pas de sens, puisque cela implique un retour.*

Etait-elle prête à s’enraciner ici ? Planterait-elle ici les racines qui ancreront son sort à celui d’un Dragon ? Vraël l’avait fascinée. Elle s’était tant habituée à la présence de Reyn, qu’en toute logique ses congénères lui étaient semblables : taquin, rieur, et Bronze. Or, Vraël ne ressemblait en rien à Reyn, et Ñiniel commençait à être vraiment intriguée par le Don qu’elle possédait : cela voulait-il dire qu’il y a, quelque part, au delà de l’espace et du temps, un Dragon qui lui est destiné ?

Les compères arrivèrent finalement devant une lourde porte, derrière laquelle un fumet faisait revenir à la vie le Kalel’y que Ñiniel tenait toujours dans ses mains ; a l’intérieur, une multitude de cuisiniers, cuistots et pages s’afféraient autours d’infernaux fourneaux. Lyam expliqua à Ñiniel qu’ils ne se trouvaient pas dans une taverne habituelle ; il s’agissait d’une véritable cuisine, dont les cuistots préparaient les repas destinés aux garnisons. Au milieu de la salle se trouvait une grande table rectangulaire, table à laquelle s’assirent Persée et Lyam sans autre forme de procès. Ñiniel aussi.

« Ola Harald ! Je suis de retour ! Qu’as-tu à offrir pour fêter le retour du héros ? »

A son nom, un imposant Torhil se retourna.

« Lyam de retour ! Avec Persée en prime ! Et ma cuisine qui commençait seulement à se remettre de tes appétits voraces, hahaha ! Allez, goutez-moi cela, une bière de Lòmëanor, vous m’en direz des nouvelles ! Et la petite demoiselle, qu’est ce qu’elle prendra ?» , demanda-t-il en apposant sa main sur l’épaule de Ñiniel, le tout accompagné d’un clin d’œil.

« Je suis Harald, le roi de ces cuisines ! Choisissez ce qu’il vous plaira, c’est ma tournée ma jolie ! »

Ñiniel posa un regard gêné mais attendri vers Harald. Cet homme respirait la bonté et la joie de vivre.

« C’est très gentil à vous Messire Harald ! Je vais laisser mes deux compagnons aux fûts, tandis que je prendrais volontiers ce qui sent si bon dans votre âtre, là-bas »

« Oh ca ! Une spécialité Harald : testicules d'Aole marinés dans du sang de Goumouf à Crête . Le tout assaisonné à la perfection, un petit secret bien à moi. Je vous en apporte une assiette ! »

Lorsqu’il apporta l’assiette, Ñiniel retint un haut-le-cœur. A cet instant, l’Ondine aurait préféré être aveugle de naissance, tant le plat qui s’offrait à ses yeux était peu ragoutant. Pourtant, son nez signalait tout autre chose. Elle allait devoir faire abstraction des petits morceaux qui flottaient dans le potage foncé.

« Merci…Harald…je…ça a l’air délicieux ! »

Lyam regarda Ñiniel d’un air moqueur. Si les boissons d’Harald étaient réputées, il était en revanche de notoriété publique que ce n’était pas la meilleure table de la Cité. Il était curieux de voir comment Ñiniel s’en sortirait. Mais plus encore de prendre des nouvelles du Màr Menel.

« Alors Persée, si tu nous disais ce qu’il se passe ici ? Aurais-tu besoin d’aide ? »




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 10 Juin 2013 - 18:48 Répondre en citantRevenir en haut

Une fois assis à leur table habituelle, dans leur auberge préférée, Persée se prit la peine de décrisper ses muscles dorsaux et de déraidir ses épaules. Elle n’en pouvait plus de ce port militaire, de cette impression constante d’être observée, de devoir jouer un rôle. L’auberge où leur petite troupe venait de s’installer faisait partie des lieux habitués aux frasques de Lyam et de sa compagnie. Harald servit d’office une large portion de sa cuisine expérimentale à la pauvre Aspirante. Persée eut un aimable sourire pour l’aubergiste.

- Comme d’habitude pour nous, Harald.
- Bien sûr, Persée ! Euh je veux dire, Ancalikon !


Et des suites d’une révérence moqueuse, il tourna les talons pour aller chercher sa commande. L’esprit de Persée se suspendit un instant à la conversation entre le Bronze Reyn et sa propre Liée. Ils étaient partis s’ébrouer dans les sources chaudes du Valarëa. La jeune femme avait évidemment surpris le regard fasciné et l’envie de l’Ondine, face à Vraël. La Bleue savait susciter l’émerveillement, même parfois chez les autres dragons. Sa couleur d’écailles n’avait rien de rare mais elle demeurait surprenante, plus encore maintenant que quelques cicatrices blanchâtres barraient son dos lisse depuis le combat contre Lye’Den. La Reine Incarnate leur avait laissé un souvenir cuisant et inoubliable. Persée revint à la réalité et se surprit à sourire affectueusement à Lyam. C’était un beau parleur, prétentieux pour certains, idiot pour d’autres. Elle le trouvait seulement distrait et c’était bien là le seul défaut qu’elle lui reconnaissait volontiers. Le reste, même sa folle témérité et son enthousiasme encombrant : cela faisait partie de son charme. Lyam était le frère que Persée n’avait jamais eu.

Il ne fallait pas remuer le passé. Revenant à elle tandis qu’Harald apportait boissons et repas, elle poussa un soupir inopiné. Elle ne voulait pas faire peur à Ñiniel, même si elle semblait avoir la tête sur les épaules. En revanche, elle connaissait la propension du Torhil de tout exagérer. Il adorait extrapoler. L’hybride trempa ses lèvres minces dans la bière sucrée à base de fruits et de miel pour se préparer à annoncer de mauvaises nouvelles.

- Ta mission a été longue. J’espère que cette liberté t’a plus car tu risques de ne pas revoir le reste du Rhaëg avant longtemps. La loi martiale été instaurée. Le Màr Menel a fermé ses portes à tous les Sans-Dons et ceux qui demeurent ici sont comme prisonniers. Ce n’est pas de mon fait ! Mais je dois m’en accommoder. C’est à moi que revient la sécurité du Kaerl. Nous ne devrions pas en parler ici, mais sache qu'Il gagne du terrain. Il a toujours un coup d’avance sur nous.

Lyam s’assombrit. Il acquiesça d’un bref hochement de tête. Effectivement, en vertu de leur rang respectif d’Ancalikon et de Phénix, ce n’était pas le meilleur endroit pour parler de ce genre de choses. Surtout devant une Aspirante fraîchement débarquée. Persée plongea sa fourchette dans un délicieux morceau de bacon.

- Qui sera le Maître de Ñiniel ? Pas toi, j’espère ? plaisanta-t-elle avant de dévorer son bacon.
- Justement, Persée, si tu as besoin de moi, je suis à tes ordres, hésita-t-il, mal à l’aise. En fait, je me disais que comme tu n’as plus d’Aspirants en ce moment…

La Maîtresse Bleue en lâcha sa fourchette, les yeux ronds.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 12 Juin 2013 - 21:24 Répondre en citantRevenir en haut

La description de la situation n’avait pas échappé à Ñiniel, de même que le regard de Lyam. Comprenant la discrétion dont souhaitait faire preuve l’Ancalikon, elle se tût, retenant les milles questions qui la taraudaient. Quelle était cette grande menace ? Qui était IL ? L’Ondine allait devoir faire preuve de patience pour en connaître les réponses. Cela ne la frustrait guère, d’expérience elle savait que toute chose venait à point, et que la récompense était appréciée à sa juste valeur pour qui savait attendre. Il lui fallait de plus gagner la confiance de ses compagnons, et là aussi le temps jouerait en sa faveur.
Qui plus est, elle en savait déjà suffisamment pour faire une rapide analyse : elle venait d’arriver dans un endroit où personne ne pouvait plus sortir, et qui semblait se préparer à l’attaque de quelque chose ou quelqu’un dont seuls les hauts représentants avaient connaissance. Quelle pouvait donc être cette menace si terrifiante dont l’existence même n’était parvenue jusqu’aux oreilles des habitants du Màr Menel ? Car enfin, ils étaient certainement à l’affût de la moindre information, l’agitation ambiante et la loi martiale instaurée ne pouvant passer inaperçues.
Peut-être en savait-elle déjà plus que la plupart d’entre eux…

Sentant les lointaines pensées de l’Ondine, Rànen vint lotir son museau dans le creux de la main posée sur la table. L’effet escompté était immédiat ; le regard azur vint se poser sur le Kalel’y, et un doux mais discret sourire vint illuminer le visage de l’Ondine. De ses longs doigts, elle lui offrit les caresses réclamées, tandis que Rànen se retournait dans tous les sens de contentement.
Ñiniel entreprit alors de saisir la cuillère en bois qui se situait non loin de là, et la trempa dans l’assiette. Elle en ressortit tout d’abord le bouillon sans les petits accommodements et le porta à ses lèvres.
La fierté de Ñiniel empêcha à Lyam de receler la moindre expression de visage qui lui aurait permis de détecter l’appréciation de l’Ondine quant à la cuisine d’Harald. Elle assortit néanmoins ce masque de marbre au regard perçant qui aguicha le Torhil : Ñiniel savait pertinemment ce que Lyam faisait, et à travers un regard, elle sut lui faire comprendre qu’il n’était pas nécessaire de s’acharner.

"Qui sera le Maître de Ñiniel ? Pas toi, j’espère ?"

Les oreilles de l’Ondine se tendirent. Elle sentit son cœur s’accélérer soudainement, comme à chaque fois lorsqu’elle devenait le sujet principal d’une conversation à laquelle elle n’était pas conviée. Elle était curieuse de savoir ce attendait l’Aspirante fraîchement débarquée.

"Justement, Persée, si tu as besoin de moi, je suis à tes ordres. En fait, je me disais que comme tu n’as plus d’Aspirants en ce moment…"

Ñiniel manqua de s’étouffer. Le bruit métallique de la fourchette lâchée acheva la scène. Lyam savait y mettre les formes !
Les deux femmes semblaient maintenant mal à l’aise, et un silence de plomb s’abattit sur la table.
Il lui fallait faire quelque chose, rapidement. Elle ne trouva rien de mieux que de se lever pour chercher de l’eau ; elle avait grand besoin de rafraichissement. Elle se servit un verre qu’elle avala d’une traite, poussa un profond soupir, puis se resservit un second avant de faire volte-face et retourner s’installer, tête baissée, tandis que les deux amis continuaient de manger et boire dans un silence de plomb.

Alors qu’elle jouait avec le verre, elle leva timidement les yeux vers Persée. Quelle contradiction que cette personne au teint de velours, menue comme une poupée de porcelaine, mais qui, dès qu’elle s’animait, laissait s’échapper toute la fougue et l’assurance d’une personne au caractère bien trempé. Elle ne comprenait pas encore toute l’étendue des responsabilités qu’elle portait sur les épaules, mais Persée n’était pas Ancalikon pour rien.
L’Ondine s’était trompée : la poupée n’était pas de porcelaine, mais bien d’acier.

Les marques qui parcouraient son corps ressemblaient aux siennes, à la différence près que celles de l’Ondine n’ornaient que ses bras. Avaient-elles une signification ?
Elle replongea un instant dans les souvenirs de Qahra qui emplissaient son esprit.
La cérémonie qui lui avait valu ses inscriptions runiques resterait pour elle un souvenir impérissable : après de longs mois d’apprentissage auprès d’un élémentaire, elle avait du subir l’épreuve des « pierres assoiffées ». Il y avait là, au milieu d’un grand lac, une dizaine de pierres creuses. Elles étaient éloignées de manière disparate, et survolaient le lac à hauteur différente. Les candidats à l’épreuve devaient, d’un seul jet, faire couler l’eau d’une pierre à l’autre, sans interruption. Les pierres ainsi « désaltérées » devenaient fontaines en déversant le trop plein d’eau sur leurs flancs. Les fontaines devaient couler toutes ensembles pendant quelques instants afin que l’épreuve soit réussie.
Si l’épreuve ne demandait que peu de force physique, il avait en revanche fallu faire preuve d’une extrême concentration pour ne pas « casser » le chemin que la jeune Ondine faisait suivre à l’élément liquide.

L’épreuve réussie lui donnait ainsi le droit de porter ces runes. On dit cependant que chaque peuple ondin s’identifie à ses runes et les secrets qui les entourent. Celles de Ñiniel sont donc spécifiques à celle du peuple ondin du Pic aux Tigres.

Un léger reflet vint caresser les runes ondines, sortant Ñiniel de sa torpeur. Les lointains souvenirs laissèrent place à la réflexion, et la jeune femme redressa la tête.
Bien que ne sachant finalement qu’assez peu ce que signifiait être l’Aspirant d’un Maître Dragon, Ñiniel se savait capable de suivre un enseignement. Elle sentait que Persée saurait lui convenir.

"Je sais que ce n’est certainement pas le bon moment, mais…c’est peut-être aussi pour moi une occasion unique. Je n’aurais pas d’autre choix que d’apprendre vite et bien, et je sais que vous n’aurez pas la patience que vous pourriez avoir en d’autres circonstances…mais cela me conviendrait plutôt. Je maitrise la guérison par les plantes, sais utiliser le sang de ma race, et ai une petite affinité avec l’élément aquatique. Pour ce qui est de me battre…je…disons que je sais me déplacer de manière discrète et agile."

Inutile de raconter à l’Ancalikon les menus larcins que Ñiniel a réalisé. Il fallait être sot pour imaginer un instant que les longues excursions en solitaire ne forgeaient ni le caractère, ni la débrouillardise. C’est par ailleurs de cette façon que sa route avait croisé celle de Lyam.
Elle laissa à Persée le soin de prendre en compte ce qu’elle venait de dire. Si son destin était scellé, il l’était par les mots prononcés à l’instant. Quoique Ñiniel puisse rajouter, elle en était sûre, plus rien n’influencera la décision de l’Ancalikon.
Elle trouva néanmoins quelques mots pour conclure son plaidoyer et rassurer Persée.

"Je suis persuadée que votre enseignement pourrait être très complémentaire de ce que j’ai pu acquérir au fil de mes voyages… mais je suis bien ignorante de la situation, et loin d’imaginer les tracas qui encombrent votre esprit aujourd’hui. S’il vous faut du temps, je saurai attendre. Qu’en dites-vous ?"

"Et puis, maintenant que l’Interstice est fermé, je ne serai jamais loin ! Cela devrait te rassurer ?"

A qui les paroles de Lyam étaient-elles adressées ? Ñiniel ou Persée ? A l’Aspirante, dans le but de la rassurer sur un apprentissage exigeant ? Ou a l’Ancalikon, dans le dessein de la taquiner sur la hardiesse de la tâche ?




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 6 Juil 2013 - 18:36 Répondre en citantRevenir en haut

Persée se serait volontiers giflée, s’ils n’étaient pas dans un lieu public où n’importe qui du Kaerl pourrait ensuite dire que l’Ancalikon semblait perdre la tête. Elle n’avait pas vu le coup venir. Pourtant, avec Lyam, il fallait s’y attendre. Ce n’était pas un homme à responsabilités et il réservait ses prodiges de subtilités pour la séduction des femmes. Persée partageait son amitié, non les trésors de diplomatie qu’il pouvait receler. Evidemment que la jeune Ondine ici présente, qui boudait son repas, était une Aspirante pour elle. Sinon, pourquoi aurait-il accepté d’emblée de la rencontrer elle plutôt que son futur Maître ? Il la destinait à Persée.

Le silence s’appesantit. Persée profita de ce bref instant de répit pour élargir sa perception des émotions de Ñiniel. Il lui fallait sentir les fragrances de ses émotions pour s’assurer de leur compatibilité avec les siennes. Non pas qu’elle eut déjà des problèmes de ce genre. Mais dans ce climat tendu, il valait mieux pécher par excès de prudence que d’audace. Elle longea également le lien empathique qui l’unissait à Vraël. S’immergeant un bref instant dans les sensations de la dragonne, elle vit que la Bleue se prélassait au soleil dans le Valarëa, une aile du Bronze Reyn en parasol sur son corps de chasseresse. Elle méritait bien un peu de repos. Revenant à la réalité juste à temps pour le plaidoyer hésitant de la nouvelle Aspirante, Persée s’empressa de finir son assiette et de vider son verre pour se donner contenance.

- Un Aspirant n’est jamais un fardeau. Prendre un futur chevalier-dragon est une grande responsabilité et un cadeau.

Déjà, avec ça, elle rassurait Ñiniel sur son avenir proche. Elle se tourna ensuite sans attendre vers le Torhil.

- J’ai déjà un Aspirant à ma charge. Il est encore convalescent, j’en conviens et ne pourra débuter son apprentissage que dans une semaine tout au plus. Mais ça commence à devenir compliqué pour moi de prendre des taches annexes. Le titre d’Ancalikon n’est pas qu’un gage de prestige.
- Je sais tout cela. Persée, écoute ! Je pourrais t’aider si tu veux ! Je sais que tu dois d’abord songer à la sécurité de tout un peuple et de sa citadelle. C’est pourquoi je t’offre mon aide.
- J’ai déjà un Ancamë…
- Oh, tu me connais ! Je ne prends jamais de responsabilités que je ne peux pas tenir !
répliqua le Phénix avec un large sourire jusqu’aux oreilles.
- Qu’est-ce que tu proposes ? s’enquit son amie, vivement intéressée.
- Je peux co-gérer avec toi l’apprentissage de Ñiniel, elle m’aime bien.
° Autant qu’un condamné aimant son bourreau !
La ferme, gros lézard ! °

- Je pourrais m’occuper d’elle, je lui transmettrais tes ordres. Je la protégerais.

Ses derniers mots emportèrent tout ce qui restait de défiance chez Persée. Cela la soulageait d’un grand poids. Elle avait déjà perdu des Aspirants. Elle ne voulait plus jamais que ça recommence. Plus jamais, par Flarmya ! La jeune femme s’adossa contre le dossier de sa chaise et décrispa les muscles de ses épaules. Elle posa un regard neuf sur l’Ondine. Un regard de ses prunelles couleur des ténèbres insondables, qui n’était ni compatissant ni sévère.

- Très bien. Bienvenue dans ma triade, Aspirante Ñiniel !


Je t'ai tendu une perche. Tu pourras soudoyer Lyam en cas de pépin ^^



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 8 Juil 2013 - 11:57 Répondre en citantRevenir en haut

Merciiii Persée! Nul besoin de soudoyer ce Torhil ;-) N'hésite à me dire si tu souhaites que j'édite quelque chose


« Un Aspirant n’est jamais un fardeau. Prendre un futur chevalier-dragon est une grande responsabilité et un cadeau. »

Ñiniel demeurait perplexe. Un cadeau ? Elle ne sait pas si elle pouvait se qualifiait comme un cadeau : elle ne l’a jamais vraiment été pour personne. D’un côté elle se sentait flattée d’être considérée comme telle, d’un autre elle fit la moue d’être une « norme ». Son esprit de contradiction lui soufflait de relever le défi et de prouver à l’Ancalikon qu’elle ne serait pas comme les autres.

« J’ai déjà un Aspirant à ma charge. Il est encore convalescent, j’en conviens et ne pourra débuter son apprentissage que dans une semaine tout au plus. Mais ça commence à devenir compliqué pour moi de prendre des taches annexes. Le titre d’Ancalikon n’est pas qu’un gage de prestige. »

L’esprit de contradiction disparut aussitôt à ces paroles. Persée a déjà un Aspirant, qui plus est en convalescence ? La demoiselle ne put s’empêcher d’imaginer Persée en train de battre son Aspirant à plate couture au cours d’un exercice à l’épée. Ou encore en train de marcher seul dans les montagnes pendant un exercice de survie, et de tomber d’épuisement. Elle l’imaginait même brulé lors d’une épreuve du feu. Ces pensées l’inquiétèrent et exagérèrent son imagination quant au rôle de Persée dans la convalescence de son Aspirant.

Pendant ce temps, Lyam essayait à son tour de convaincre l’Ancalikon de prendre Ñiniel comme seconde Aspirante. L’Ondine ne disait rien mais n’en pensait pas moins. Elle n’attendait rien de plus que de se retrouver seule à seul avec le Torhil pour une franche explication. L’une des phrases prononcée par le jeune homme la fit bondir intérieurement.

« Je peux co-gérer avec toi l’apprentissage de Ñiniel, elle m’aime bien. »

Il ne perdait vraiment rien pour attendre, et la jeune Ondine s’en délectait à l’avance.

« Je pourrais m’occuper d’elle, je lui transmettrais tes ordres. Je la protégerais. »

A cet instant, Ñiniel aurait voulu disparaitre sous la table, mieux même, ne faire plus qu’un avec elle. Elle devait maintenant être rouge de honte et ne trouvait aucune échappatoire. En proposant de la protéger et de cogérer cet Apprentissage, Lyam venait de transformer la jeune femme en énorme fardeau, bien pesant et bien encombrant. Les paroles rassurantes de Persée n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Avaient-ils donc besoin d’être à deux pour s’occuper d’elle ?
Puis elle réfléchit un instant. Quelle meilleure vengeance que d’en faire voir de toutes les couleurs à cet insolent Torhil ? L’Ondine l’avait pris d’affection, mais il avait néanmoins besoin de quelques leçons de savoir-être.

Alors qu’elle était en train d’échafauder minutieusement un plan qui ferait regretter à Lyam son manque de délicatesse évident, Persée prononça ces quelques mots qui remplirent l’Ondine d’espoir.

« Très bien. Bienvenue dans ma triade, Aspirante Ñiniel !»

Cela la fit sursauter, tant elle était partie dans ses folles idées de représailles. Son regard surpris devait avoir l’air encore plus naïf que celui d’un nouveau-né découvrant le monde.
Experte dans l’art de la communication, Ñiniel lâcha un discours qui allait rester à jamais gravé dans sa mémoire.

« Oh…»

Le regard noir de l’Elfe finit de la sortir de ses réflexions, elle se redressa et afficha un sourire incertain.

« Quel honneur ! Merci ! »

Au fond, l’Ondine ne savait pas dans quoi elle s’engageait. Persée allait l’aider à devenir Chevalier-Dragon, c’est ce qu’elle avait retenu. La manière dont elle allait l’aider lui était totalement inconnue ; le rôle d’un Chevalier-Dragon plus encore. Dans ces conditions, elle pouvait difficilement se rendre compte de ce que son arrivée au sein de la Triade de Persée pouvait impliquer. Elle n’en souffla mot, persuadée que le temps des explications viendrait à point nommé. De plus, elle avait une autre idée en tête.

L’Ondine se tourna alors vers Lyam, son nouveau protecteur. Elle prit son air attendrissant et afficha un sourire complice.

« Cher Lyam, n’y allons pas par quatre chemins : aux vues de l’activité un peu surchargée et inquiète du Kaerl, je pense que je ne suis d’aucune utilité dans les pattes de Persée pour l’heure… »

Elle se tut un instant afin que Lyam analyse les derniers mots de Ñiniel, et observa du coin de l’œil la réaction de l’Ancalikon. Peut être allait-elle trop vite ? Elle se doutait bien qu’il lui faudrait passer du temps avec Persée, mais elle ne souhaitait pas imposer sa présence en ce qu’elle avait cru comprendre être une période de troubles. L’Ondine se doutait que le Torhil avait parfaitement compris où elle voulait en venir. Il la regarda d’un air soucieux.

« J’ai bien quelques affaires à mener à Lomëanor, mais est-ce bien raisonnable ? Et puis, il y a la Loi martiale…»

Elle jeta un regard suppliant en sa direction.

« S’il te plait, je viens tout juste d’arriver, manifestement au mauvais moment, mais j’aimerais néanmoins profiter des ces premiers instants qui ne devraient être pour moi que charme et enchantement. Avec l’accord de Persée, serait-il possible de me donner les moyens de descendre du Màr-Menel ? Simplement me déposer…et bien évidemment, revenir me chercher, mais au moment qui te conviendra. Je saurai me débrouiller ici-bas. »

Lyam se jeta en arrière sur sa chaise et croisa les bras derrière sa tête. Il réfléchit quelques instants.

« Hmmm…je pourrais te déposer à la Sylve de Norui…c’est un bel endroit pour une première visite… »

Les oreilles de l’Ondine se tendirent au mot Sylve. Mot magique qui promettait douce brise, caresse ensoleillée, farandoles bucoliques et flore secrète : l’Ondine s’y voyait déjà.

« Je suis certaine que la végétation ici est très particulière, et je dois avouer que je suis relativement curieuse de voir ce que je peux y trouver : récemment d’ailleurs, j’ai découvert que la sève de Tarugkhazàd faisait une excellente cire…et je serais par ailleurs assez intéressée de voir l’effet que cela peut rendre sur des écailles de Dragon… » Lança-t-elle d’un air faussement innocent.

Lyam, pensant à la coquetterie de Reyn, se laissa convaincre. Il s’adressa alors à son amie.

« Persée ? Qu’en penses-tu ? Je fais visiter le Continent à Ñiniel ? Ou souhaites-tu d’abord l’initier quelque peu à son nouveau rôle d’Aspirante ? »

Puis mima une courbette.

« Si toutefois l’Ancalikon veut bien nous permettre de quitter le Kaerl, bien entendu… »




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 7 Oct 2013 - 00:12 Répondre en citantRevenir en haut

Placée en retrait de la scène, Persée observait l’évolution de la relation deux éléments du même Màr. Lyam prenait en main sa vie et le peu de responsabilités dont il disposait. De tels efforts ne pouvaient qu’être loués ! Que la Ñiniel débarque au Kaerl en des temps aussi troublés et menaçants pour sa vie, ce n’était pas une première. Avant même les fameuses Noces Pourpres, Persée avait connu la désagréable sensation d’envoyer à l’abattoir de jeunes éléments prometteurs, ces lumières encore timides qui ne demandaient qu’à s’épanouir et vaincre l‘adversité. Il en avait été ainsi d’Annaëya Wylda son Ancamë et de Yuni, chère Yuni, son espionne dévouée. Il en était également ainsi de Luckor Mornelac, toujours convalescent à cause de sa jambe cassée et de son sauvetage en hâte. Il était dur d’imaginer qu’envoyer ces jeune gens au Màr Menel était devenu plus dangereux encore que les laisser à leur ancienne vie, sans la perspective de trouver leur complément d’âme et risquer la solitude éternelle – sans parler de la mort d’un dragon. Les rôles s’inversaient en temps de crise. A l’époque, Persée avait rêvé de fouler le sol de la Citadelle des Cieux. Aujourd’hui, elle enviait le reste du monde et ses problèmes lambda, tellement plus rassurants que des armées de morts-qui-marchent et des malédictions divines.

° Vraël ?
… Moui, chérie ?
Tu devras également prendre en charge l’Aspirante Ñiniel Iserimir. Comme pour Luckor, elle entre dans notre Triade.
Très bien. Je débuterais la leçon du jour avec un vol de routine autour des remparts pour leur montrer la ville dès demain. Qu’en penses-tu ?
Ce me semble une bonne idée. °


La dragonne se rendormit rapidement, ses fraiches écailles réchauffées par le soleil et la chaleur corporelle de son compagnon. Reyn avait étendu l’une de ses larges ailes de Bronze au-dessus du corps de la chasseresse bleue pour mieux profiter de sa compagnie. La promiscuité chez les dragons devenait nécessaire quand ceux-ci étaient assignés toute la nuit au Valarëa. Dorénavant, un dragon ne pouvait plus voler librement. C’en était triste à pleurer pour ces prédateurs parfaits. Vraël se mussa un peu plus contre le corps de son frère, enfouissant sa tête entre ses pattes antérieures, les yeux mi-clos.

« Persée ? Qu’en penses-tu ? Je fais visiter le Continent à Ñiniel ? Ou souhaites-tu d’abord l’initier quelque peu à son nouveau rôle d’Aspirante ? Si toutefois l’Ancalikon veut bien nous permettre de quitter le Kaerl, bien entendu… »

L’hybride tatouée revint brusquement à la réalité. Elle cligna des yeux à l’intention de Lyam et Ñiniel. Tous deux la dévisageaient en silence. Ils attendaient une quelconque réaction de sa part.

- Pardonnez-moi, j’avais l’esprit ailleurs… Hem ! J’autorise l’Aspirante Iserimir à quitter l’enceinte du Kaerl mais uniquement sous ta garde et celle de personne d’autre. Elle te fait confiance, du moins assez pour voler en ta compagnie et cela me suffis.

Se tournant ensuite vers l’Ondine, tandis que le Torhil manquait s’étouffer devant ce trop-plein de considération :

- Je veux que tu passes une semaine ici avant d’entreprendre toute sortie hors du Màr Menel. Il te faut te familiariser avec ton nouveau foyer. En tant qu’Ancalikon, je ne serais pas très disponible pour ton enseignement. Mais Vraël, ma Liée, veillera sur toi et te transmettras mes directive quant à ton apprentissage. Tu feras également la connaissance de mon autre Aspirant, Luckor Mornelac. Il a subis un grave traumatisme avant d’être rapatrié en urgence ici. Ne sois pas trop dure avec lui mais ne montre pas de pitié non plus : ça ne ferait qu’aggraver les choses.

Dès demain, tu voleras en compagnie de Vraël pour qu’elle te fasse découvrir le Kaerl, ses lois, se coutumes et ses beaux coins. Suis-moi dès que tu es prêtes, je vais te montrer ta chambre.






Dernière édition par Persée Garaldhorf le Jeu 17 Oct 2013 - 23:50; édité 1 fois
Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 17 Oct 2013 - 23:03 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel ne manqua pas de remarquer la surprise de Lyam qui apparemment pensait l’affaire mal engagée. Il aurait été prêt à faire beaucoup plus d’efforts pour persuader Persée en déduisit l’Ondine.

Un petit sourire satisfait se dessina au coin de ses lèvres tandis qu’elle terminait silencieusement le potage d’Harald. Ses yeux baissés lui donnaient un air faussement innocent. Dans les limites du raisonnable, elle allait faire de la vie de Lyam un enfer ; l’esprit taquin soufflait en elle, et toute idée de vengeance avait disparu.
Lyam avait su la flatter en montrer sa dévotion dans cette nouvelle tâche, et força le respect de la jeune femme. Mais Ñiniel avait très envie de s’amuser un peu, et quelque chose lui disait que cela n’était pas incompatible avec son apprentissage.

« Je ne doute pas que Lyam sera un très bon « cogérant » de mon apprentissage … »

C’en était trop pour le Torhil qui se leva brusquement.

« Oui, oui, bon ce n’est pas tout, mais j’ai des choses à faire moi. Je viens de rentrer après un long voyage…et…j’ai…des choses…euh…à faire ! Si vous voulez bien m’excuser…Ñiniel, on se reverra donc d’ici une semaine. Je passerai te voir aux Spires. Persée, à bientôt !»

Il manqua de renverser la chaise avant de prendre la poudre d’escampette.

Ñiniel afficha un regard complice à Persée.
Le bleu glacial de son regard se plongea fraichement dans celui de son interlocutrice. Elle ne souhaitait pas échapper à la réaction de Persée lorsqu’elle lui parlerait de Lyam. L’Ondine était très curieuse d’en connaître un peu plus sur ses deux nouveaux Maîtres, et les relations qu’ils entretenaient serait un bon début.

« Lyam est très attachant. Vous devez avoir suffisamment confiance en lui pour nous autoriser à sortir ainsi. J’ai eu beaucoup de chance de croiser son chemin il me semble… »

Elle se laissa ensuite transporter par ce que lui dit l’Ancalikon : une semaine à rester au Kaerl avant de pouvoir visiter Tol Orëa, le compromis était honnête et Ñiniel se plia sans difficulté à la demande de Persée. Il y avait déjà suffisamment à découvrir ici pour ne pas s’impatienter d’en sortir. Il allait sans dire que l’impolie, à peine arrivée, demandait déjà à repartir. L’impatience la déraisonnait : elle n’avait encore rien vu, ne s’était trouvé aucun repère, n’avait rencontré personne…et n’aspirait qu’à agrandir cet espace d’inconnu qu’elle semblait souhaiter encore plus méconnaitre. L’euphorie de la découverte était toujours trop gourmande songea-t-elle…
Elle passa la main dans ses cheveux argentés et s’enfonça dans le dossier de la chaise. Les yeux attardés sur le spectacle qu’offrait cette Auberge, elle s’imaginait maintenant sur le dos de Vraël la Bleue. L’idée n’était pas pour lui déplaire. Elle se ferait ainsi une bonne image du Màr Menel : elle en verrait certainement bien plus qu’en restant à terre.

Elle allait de plus rencontrer le fameux Luckor. Un autre Aspirant ? L’Ondine se posa alors mille questions de plus. Elle se demanda s’ils allaient faire leur apprentissage ensemble, main dans la main ou s’engager dans une compétition fraternelle ou malsaine. Allaient-ils finalement ne jamais se croiser qu’au début ? C’est à peine si elle entendit le lointain message de sa Maîtresse lui conseillant de trouver un juste milieu quant à son attitude à l’égard de son pair.

Ñiniel fit la grimace ; elle savait qu’elle ne saurait feindre l’indifférence lorsqu’elle apercevra ses blessures. Elle se savait d’avance trahie par son damné visage, expressif tant et si bien par ses que ses lèvres que l’on pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. Ñiniel était de ce fait incapable de mentir pour qui la dévisagerait avec soin. A cet instant, elle ne sut si rencontrer Luckor était une bonne idée. Elle se doutait que, bien qu’à son humble avis il ne se fut agi de pitié mais plutôt d’empathie, l’on interpréterait mal la douce douleur qu’on pourrait lire dans son regard. Elle n’en dit pourtant mot et esquissa un rapide sourire en direction de sa Maitresse.

« J’espère que nous saurons nous entendre… »

Lorsque Persée lui proposa ensuite de lui montrer sa chambre, les oreilles de l’Ondine frémirent et envoyèrent le message d’excitation en direction de la peau qui se hérissa, le dos qui se redressa, les yeux qui s’illuminèrent.

*Ma chambre…MA chambre…*

La dernière fois que Ñiniel eut une pièce dans laquelle elle pouvait y confiner sa vie, ses objets, sa solitude et son univers, c’était au Pic aux Tigres. C’était la première et dernière fois qu’elle eut la possibilité de créer un espace et de s’y sentir protégée. La demeure d’Oren ne comptait pas. Sa chambre était la propriété de son père, puis de sa tante. Aucun secret ne pouvait y être caché.
Etrangement, Ñiniel ne redoutait plus cette attache que Persée lui offrait. Le voyage l’avait fatiguée et elle ne souhaitait plus que retrouver un endroit calme où elle pourrait se reposer. Mais ses premières rencontres, Persée et Harald, étaient très encourageantes. L’euphorie tourbillonnante des premiers instants n’était pas prête de s’envoler. Il faut savoir profiter de ces petits moments que la vie offre. Les inquiétudes sauront toujours venir à temps.

Rànen émit un gazouillement. Le Kalel’y semblait vouloir asseoir ses droits sur la présence dans la future chambre de sa compagne ondine ce qui eut le don d’attendrir Ñiniel. Elle se surprit à penser à voix haute.

« Il faudrait un endroit où l’eau est accessible pour ce Kalel’y…ce petit animal est sans cesse assoiffé…et assez indépendant : il ne viendrait réclamer qu’en dernier recours. »

Les pas imposants d’Harald se faisaient de plus en plus forts, signe que le patron se dirigeait vers leur table. Il posa ses mains à plat sur la table, comme pour asseoir son autorité en ces lieux. Sa bonhommie était très rassurante.

« Alors Mesdames, tout vous convient ? » demanda-t-il tout en récupérant la vaisselle vide.

« C’était parfait, merci beaucoup. »

Harald prit bonne note de l’intention des deux femmes de prendre congé de son auberge. Il leur afficha un dernier sourire avant de s’en retourner au comptoir.

« Alors bonne visite! Et à très bientôt je l’espère ! »

Autour d’elles, plus personne. Tout le monde était parti petit à petit au fil de la conversation. Les yeux interrogateurs se posèrent sur Persée. Sans vouloir accélérer les choses, Ñiniel voulait surtout montrer qu’elle était prête à la suivre.
Doucement ce même regard se détourna pour se figer sur la lourde porte de l’auberge. Si l’on tendait bien l’oreille on pouvait percevoir à travers elle le bourdonnement des passants qui entraînaient avec leurs pieds le sable sec de la rue. A cela s‘ajoutait le brouhaha des discussions. Et au milieu de tous ces bruits sourds, une musique rythmée et enjouée tentait de trouver sa place. Ñiniel identifia un instrument à vent mais ne put l’identifier. Il y a quelques instants de cela, en posant le pied au Màr Menel, l'Ondine se souvenait encore de la tension palpable qu'elle avait pu ressentir sur la Grand Place. Dans ses ruelles adjacentes, tout semblait avoir été laissé à l'entrée.

Ñiniel était toujours surprise de voir que pour tous, la vie continuait.




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 9 Déc 2013 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

Le départ précipité de Lyam fit pouffer de rire l’Ancalikon derrière sa main. Ce bon vieux Lyam ne changerait jamais ! La confiance et les responsabilités le terrifiaient finalement presqu’autant que les rats géants d’Undomë. Il n’était pas encore prêt pour être Maître et il le savait. Il voulait de l’attention, qu’on l’admire mais certainement pas qu’on l’enchaîne à des obligations. Lyam de Galastden tout craché ! Le Chevalier Bronze battit en retraite tel un enfant partis repasser ses lacets. Persée trouva l’image irrésistible… Et tellement vraie !

« Lyam est très attachant. Vous devez avoir suffisamment confiance en lui pour nous autoriser à sortir ainsi. J’ai eu beaucoup de chance de croiser son chemin il me semble… »
- En effet ! Il a beau se montrer bravache et extrêmement bavard, c’est un bon Chevalier. C’est aussi un ami de longue date. Nos dragons sont partenaires de chasse. Quant à Lyam et moi, nous avons servis un temps dans la même section pour les patrouilles sur les remparts et les missions externes du Kaerl en tant que Chevaliers. Il refuse toujours de devenir Maître mais il ne rechigne pas à la tâche !


Persée s’interrompit pour flairer discrètement les émotions de Ñiniel. La jeune fille ne devait pas être plus âgée qu’elle et débarquait à peine dans son nouveau foyer. Elle avait tout à apprendre. Son humeur s’était subtilement modifiée. Plus hésitante et plus maussade était devenue Ñiniel.

« J’espère que nous saurons nous entendre… »
- L’Aspirant Mornelac revient de loin. Il est l’unique rescapé d’un groupe de mineurs qui a été piégé par un éboulement. Son Don est puissant et il est robuste : il s’en remettra ! Tache juste de ne pas trop le taquiner.


Elles furent bientôt interrompues par l’aubergiste. A voir le soin que portait l’Ondine à son petit animal de compagnie, elle devait posséder une âme noble et généreuse. Un stade embryonnaire pour un grand avenir. Il fallait espérer qu’elle s’épanouisse au Màr Menel au contact des autres chevaliers-dragons. Persée bondit sur ses pieds tandis qu’Harald repartait vers ses clients. Elle rassembla ses affaires, glissa quelques pièces à la serveuse, rajusta sa veste et prit la direction de la porte. Elle invita d’un geste de la main la nouvelle Aspirante à prendre les devants. Le brouhaha continu de la foire de la Grand’Place saturait l’air dans ces rues marchandes. Eos se matérialisa subitement près de la Maîtresse Bleue et vint réclamer en pépiant sa place sur l’épaulette renforcée de cuir. Une fois posée, la lézarde rouge entreprit méthodiquement de se curer les griffes… Avant de remarquer l’Ondine qui marchait près de sa maîtresse et de l’étudier avec des yeux curieux. Persée sortit d’une petite bourse à sa ceinture une lanière de viande tout juste séchée. Elle la lança à Eos qui la rattrapa au vol, non sans l’avoir rôtie d’une brève flammèche.

- Je te présente Eos, mon lézard de feu. N’aie pas peur d’elle, quoiqu’elle puisse paraître surexcitée en toutes occasions. Elle est ma messagère. Si elle te suit, c’est que je lui en ai donné l’ordre. Si elle t’apparaît, c’est pour te délivrer un message de ma part. Et si elle ronronne… c’est simplement qu’elle a faim.

Comme Lyam te l’a expliqué, une chambre individuelle t’attend aux Spires, ces grandes tours que tu vois là-bas. Ce sont les quartiers des Aspirants et de quelques chevaliers-dragons qui, pour diverses raisons, ne résident pas dans leur propre maison au Kaerl ou à Lòmëanor. Les cuisines se trouvent au rez-de-chaussée, avec une salle commune et différents services dans la journée pour le repas. Tu n’auras ni serviteurs ni écuyers… Mais il t’est formellement interdit de quitter les Spires après le couvre-feu.


Persée plongea la main dans une poche intérieure de sa veste matelassée et en retira une seconde bourse de cuir. Une bourse qui sonnait et trébuchait d’agréable façon. Elle la tendit à Ñiniel en la regardant droit dans les yeux.

- Etre chevalier-dragon n’est pas une profession. Lorsque tu seras Liée, tu auras la possibilité de choisir une voie auxiliaire pour gagner ta vie et tu recevras une solde pour les missions que te confieras le haut commandement du Kaerl. C’est pourquoi il t’est permis d’entrer en apprentissage sous l’égide d’un habitant Sans-Don pour choisir ta voie future. Mais comme tu n’auras pas de gagne-pain avant longtemps, voilà un avancement pour des dépenses personnelles. Fais-en bon usage !

Elles arrivèrent en vue des Spires et franchirent ses larges portes à l'émail doré. Les escaliers en spirales conduisaient à tous les étages supérieurs et aux appartements des membres de l'Ordre Draconique de Lumière. Persée en connaissait désormais chaque recoin, chaque dédale et chaque détours.

- Dis-moi, où et comment Lyam t'a-t-il trouvée ?



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 15 Déc 2013 - 15:37 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune Ondine n’avait absolument pas calculé la vivacité de Persée avec laquelle cette dernière venait de se lever. Un sursaut, puis un regard interloqué marquèrent l’effet de surprise que Ñiniel venait de ressentir. Le geste amical de sa Maîtresse Dragon la pressa un peu, et Ñiniel faillit attraper Rànen par la queue ; un geste malheureux que le petit Kalel’y s’empressa aussitôt de réprimander en mordillant la main de sa protectrice.

« Oh pardon, pardon ! Si tu arrêtais de te mettre en boule, ce genre de chose n’arriverait pas... non mais ! Allez, hop ! Sur l’épaule ! »

Le Kalel’y s’exécuta et le petit groupe passa la porte de l’auberge.

A l’extérieur il y avait foule.
Tout en marchant aux côtés de Persée, la jeune Ñiniel ne pouvait s’empêcher de laisser trainer ses yeux, examinant les étals à la recherche de nouveaux produits inconnus. Ainsi distraite, elle ne remarqua aucunement le lézard rouge posé sur l’épaule de l’Ancalikon…jusqu’à ce qu’elle se sente observée par ce dernier.

Rànen peu curieux mais encore moins trouillard, s’enfonça par prudence dans les plis de la tunique de Ñiniel, tandis que Persée le sustenta de manière tout à fait intéressante et fort impressionnante. En les voyant ainsi, l’Ondine n’imagina même pas le Kalel’y refaire l’exercice, non pas par manque de capacité, mais bien pour cause de caractère naturellement contrariant.

Ce petit lézard semblait être apprivoisé, bien plus domestiqué que l’était Rànen. D’un air interrogateur, l’Ondine tenta une approche vers Persée qui ne lui en laissa pas l’occasion et devança ses questions en lui présentant Eos.

Perplexe, Ñiniel ne put s’empêcher de répéter la phrase : «…si elle te suit, c’est que je lui en ai donné l’ordre… ». Si elle concevait tout à fait le lézard de feu transporter un petit message au creux de ses serres, Ñiniel ne voyait pas en quoi être accompagnée par Eos pouvait s’avérer utile. Après tout pourquoi pas, Persée devait avoir ses raisons, et Ñiniel n’avait rien à cacher. Rànen pourrait peut-être finir par apprécier la compagnie d’un petit cousin éloigné.


Les explications sur les futurs appartements des Aspirants arrivèrent ensuite, tandis que Ñiniel demeurait songeuse à la vue de ces colonnes octogonales. Les Spires, ces trois tours immaculées, avaient quelque chose de magique. Jamais l’Ondine n’avait pu voir quelque chose de semblable lors de ses voyages. Jamais elle n’aurait pu imaginer tel monument. Elle se rêvait déjà une chambre somptueuse et raffinée et était très curieuse de voir ses nouveaux appartements. Persée, quant à elle, continuait ses explications.

*Les Chevaliers ont leur propre maison….* pensa Ñiniel, ce qui lui fit réaliser que les chambres n’étaient finalement qu’un endroit transitoire. Etrangement, elle n’imaginait aucun endroit plus spacieux qu’une chambre individuelle pour elle; elle ne se voyait pas seule dans une maison.

Elles continuèrent d'avancer au milieu des ruelles noires de monde où se mêlaient toute la diversité que le monde de Rhaëg pouvait offrir. Les officiers pressés à son arrivée avaient laissé place aux habitants nonchalants qui souhaitaient profiter des festivités données par le Màr Menel. Étant-ils alors ignorants des soucis qui assombrissaient sa compagne de route?

C’est alors qu’un tintement métallique vint chatouiller ses oreilles. Un doux bruit qui éclaira le visage de Ñiniel, et plus encore lorsque sa Maîtresse Dragon la lui tendit en sa direction. Mais l’Aspirante hésita à la prendre.

Le regard de Persée lui fit cependant entrevoir que le refus n’était pas possible. Timidement, elle prit la bourse et remercia l’Elfe.

« Je n’ai pas encore réfléchi à tout cela…il faut avouer que j’ai toujours voyagé et louait mes services de guérisseuse… ou autre d’ailleurs…vous savez, mon sang ondin » dit-elle en agitant ses doigts, précieux outils de récolte de sa toxine. « Quand on en connait quelques secrets, cela s’avère très utile!»

S'éloignant du joyeux brouhaha, elles parvinrent aux grilles faites d’or et de métal des Spires. Elles étaient impressionnantes de grandeur et clarté. Les tours reposaient sur des places faites de marbre, et tout semblait si précieux. Ñiniel ne put réprimer un petit souffle d'admiration.
Persée, visiblement en terrain connu, entraîna Ñiniel dans l'une d'elles, et commença à gravir l'immense escalier.

- Dis-moi, où et comment Lyam t'a-t-il trouvée ?

Surprise par la question, la jeune femme faillit se prendre les pieds dans sa tunique alors qu'elle gravissait les marches.

"Hum...hé bien, nous nous sommes rencontrés sur le Continent de Ssyl'Shar, plus précisément sur la route qui séparent les villes de Qerumi et Har'lu, où je comptais me rendre. Et comment..."
; elle poussa un imperceptible soupir.

Persée visait juste et posait les questions qu’il'il fallait. L'Ondine, devant sa perspicacité, ne pût que s'incliner.

"Oh et puis Aasta..." lâcha-t-elle dans le dialecte de ses compagnons du Pic aux Tigres; c’était un mot qu’elle affectionnait particulièrement, le mélange entre « tant pis », « enfin » ou encore «sacrebleu » ; ce mot avait mille facettes, mille sens, et Ñiniel se plaisait à l’utiliser en toute occasion.

"Autant vous le dire. Nous n'avions rien mangé de plus que quelques fruits les jours précédents, et j'ai été attirée par le fumet des restes de son festin. Il était plongé dans un profond sommeil et je n'ai pas résisté à l'appel du ventre. J'ignorais alors l'existence de Reyn qui m'a surprise...s'ensuit alors l'irréelle "découverte" de mon Don..."

Ñiniel boudait. Qu'allait donc penser Persée d'un tel comportement de la part de celle qu'elle recueille sous son aile et dont elle a dorénavant la responsabilité d'assurer l'apprentissage? La vie n'avait pas toujours été aisée pour Ñiniel mais elle avait tout de même des valeurs, et ne se compromettait ainsi qu'en dernier recours. Elle aurait aimé que Persée puisse la comprendre.

"Vous savez, je ne convoitais que ce qu'il avait laissé...je n'aurais jamais fait autrement..."




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 2 Jan 2014 - 15:10 Répondre en citantRevenir en haut

Persée marchait d’un bon pas dans les rues du Màr Menel. Elle acquiesça comme Ñiniel lui faisait part de ses « talents » dus à son sang d’Ondine. Pour avoir compté quelques temps sur l’amitié d’Altays, Maître Noir en vadrouille dont le dragon Andunë était le frère de couvée de Vraël, elle connaissait bien les pouvoirs que recelait la toxine circulant dans le sang de la race des Ondins.

- Le choix t’appartient, Aspirante Iserimir, concéda-t-elle avec un sourire. Je connais bien les propriétés de la fameuse toxine de ton peuple. Ne t’en fais pas, tu as encore le temps pour penser à ça. Ton avenir proche va se limiter quelques temps à ton Empreinte. C’est le nom que l’on donne à la cérémonie qui voit éclore les œufs de dragons et où les Candidats – les Aspirants prêts à lier leur âme – sont envoyés pour rencontrer leur future Âme Sœur.

Une vieille femme au pas encore alerte descendait les larges escaliers, un lézard de feu rabougri sur l’épaule et un épais volume sous le bras. Persée libéra le passage devant les portes et la salua poliment. La Maîtresse portait autour du cou un lacet de cuir retenant une écailles verte grosse comme le poing, sans doute originaire d’une ancienne mue de sa Liée.

- Belle journée, Ancalikon Garaldhorf !
- Merci, madame.


Eos se drapa avec dignité dans ses petites ailes en jetant un regard hautain au petit lézard brun. Celui-ci la dévisagea avec un soupçon d’envie avant de se détourner superbement. Eos se contenta la langue – une longue langue bifide qui ondulait – avec un trille moqueur. Persée commença l’ascension, tout en gardant un œil sur Ñiniel pour voir si elle la suivait bien. Le décor aurait pu la distraire. Son récit de sa première rencontre avec un chevalier-dragon manqua la faire s’esclaffer. Au moins, sa nouvelle Aspirante se montrait débrouillarde. Elle dissimula mal son sourire.

- Il n’y a pas de honte à avoir ! Cela prouve que tu sais te débrouiller pour survivre seule et que, malgré tout, tu respectes encore assez ton prochain pour ne pas l’attaquer dans son sommeil.

Elle continua de grimper quatre à quatre les marches, louvoyant entre quelques Aspirants en vagabondage et des femmes de chambres. L’étage suivant comportait une chambre délaissée depuis par un tout jeune Chevalier Noir, elle serait parfaite pour Ñiniel.

- De toute façon, si tu avais réellement attaqué Lyam, il est plus que certain que Reyn t’aurait attaqué avant… Les dragons sentent quand leur Lié est en danger et vice-versa.

Elles s’arrêtèrent enfin devant une porte en bois blanc. Elle n’était pas verrouillée pour la bonne et simple raison qu’elle était vide. La clef se trouvait dans le tiroir de la commode. La chambre possédait un confort spartiate : un lit, une table, deux chaises, une armoire et une commode en formaient l’ameublement. Attenante à la pièce principale s’en trouvait une autre, plus petite, qui servait de salle d’eau. La grande et seule fenêtre de la chambre donnait sur les hauts toits de la citadelle céleste.

- Voilà ta chambre. Tu trouveras la clef dans le premier tiroir de la commode, là-bas. Garde-là précieusement, nous n’avons pas de double de cette clef. Tu vas avoir beaucoup de choses à apprendre : sur nos lois, sur les dragons et… As-tu reçu un entraînement militaire dans ta vie ? (Elle se corrigea.) Je veux dire : sais-tu manier une lame quelle qu’elle soit ? Sais-tu également lire et écrire ? Puisque les Ordres Draconiques sont l'élite de Tol Orëa, il te faudra l'apprendre si ce n'est pas le cas.





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Lun 27 Jan 2014 - 17:07; édité 1 fois
Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 8 Jan 2014 - 00:26 Répondre en citantRevenir en haut

Machinalement elle prit la clef dans le tiroir que lui montrait Persée tandis qu’elle scrutait la pièce. Quelle luminosité, quelle clarté ! Les lourds meubles de bois précieux auraient pu alourdir les lieux, mais il n’en était rien, au contraire. Le mobilier se mariait admirablement bien à la légèreté de l’endroit. Tout était d’un goût exquis. Qui plus est, la légère brise qui traversait la chambre ainsi que le silence presque religieux qui y régnait rajoutait une touche de sérénité plus qu’appréciable. Ñiniel s’y sentit bien en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire.

Ce n’est que dans un second temps qu’elle découvrit la pièce adjacente.

Et quelle pièce ! Circulaire, elle avait en son centre un bain qui ferait plus office de thermes publiques que de baignoire privée tant sa taille était imposante. Le Kalel’y n’en demanda pas plus et se mit à gazouiller dans les eaux du bain. Ñiniel fit quelques pas autour ; elle s’imaginait déjà passer des heures dedans. Elle leva la tête et regarda au travers des majestueuses fenêtres.

Cette vue !

*Quelle splendeur…*

Sur un fond de soleil brûlant le ciel, la vue offrait un spectacle magnifique sur le Kaerl Céleste. D’ici, l’on pouvait voir les toits incandescents des habitations du Màr.

L’Ondine s’émerveillait à chaque coup d’œil, et chacune de ces découvertes était ponctuée par une petite interjection de surprise. Mais à la question de Persée, ce n’était plus une interjection d’émerveillement qui teintait le son de sa voix.

"Me battre?" Interpréta-t-elle d'un ton rieur avant de se raviser aussitôt.

"Hum...pardon. Non je ne sais pas me battre. J'ai appris à rester vigilante, voire méfiante. Je sais me faire discrète, ai acquis une certaine agilité lors d'un séjour au pic aux Tigres. Pour survivre dans ces marécages hostiles, il faut savoir être à l'affût de tout ce qui se trouve autour de nous. Je sais me défendre..." elle toussota, "surtout en plaçant un petit coup stratégique pour m'enfuir en courant. Mais me battre? Par les Dieux, non! Je ne saurais verser le sang!"

Ñiniel se savait trop faible - ou idiote ? - pour pouvoir attenter à la vie d’un adversaire, au risque d’y laisser la sienne. Néanmoins, elle sût répondre à la seconde partie de la question par la positive, ce qui en soit n’était pas si désespérant.

"Mais j'ai passé ma jeunesse le nez plongé dans les livres de la bibliothèque familiale...c'était de plus un passage obligé dans chacun des lieux où je me suis rendue...j'ai appris à connaître bon nombre de races, d'animaux et de plantes dans ces ouvrages..."

Et c'est peut-être justement parce qu'elle a appris à connaître tant d'êtres que Ñiniel répugnait à blesser ou prendre la vie du plus petit d'entre eux. Et puis, était-il bien nécessaire d'apprendre le maniement des armes? Ñiniel n'avait aucune envie de savoir se servir de ce qui pourrait tuer. Elle répugnait à cette idée. Son naturel bienveillant ne l'avait jamais confrontée à se retrouver dans des situations où un conflit armé s'imposait. De plus, elle ne le souhaitait guère et cela lui convenait tout à fait.

Puis elle fronça les sourcils, et prit un air soucieux: en acceptant de suivre Lyam, avait-elle accepté la voie du combat? Avait-elle décidé de défendre une cause?

Sa Maîtresse-Dragon, Ancalikon en personne du Màr Menel en personne, ne serait sûrement pas du même avis que la pacifiste Ñiniel. La chef des armées du Kaerl Céleste devait sans doute voir toute la noblesse de l'art du maniement d'armes. L'Ondine se dit que décidément, elle ne faisait pas honneur à sa protectrice.

Sa pensée allait déjà trop vite. Elle repensait à ce qu’elle était avant d’arriver sur Tol Orëa. Elle repensait à ce qu’elle était de quitter Orën. Elle imaginait maintenant tout ce qu’elle pourrait être ici. Persée n’était pas beaucoup plus âgée qu’elle, et tandis qu’elle continuait de découvrir son lieu, elle s’entendit poser les questions suivantes.

« Vous aussi, vous avez fait tout ça ? L’apprentissage, l’Empreinte…tout ça ? Et la Maison Garaldhorf…qu’est ce que c’est ? J’en suis devenue un de ses membres aussi ? Et vous, d’où venez-vous ? »

Sans doute ragaillardie par l’accueil chaleureux et bienveillant de sa Maîtresse Dragon, Ñiniel estima que le moment d’apprendre à la connaître était bien choisi. Elle s’était elle-même confiée avec honnêteté et Persée avait su la considérer sans la juger. Un lien commençait à s’installer, mais l’Ondine allait avoir besoin de réciprocité pour apprendre à lui faire confiance. C’était primordial si Persée devait devenir son maitre d’armes. D'un air inquiet, elle posa la question à Persée.

"Vous allez apprendre à me servir d'une arme?"




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 28 Jan 2014 - 20:00 Répondre en citantRevenir en haut

- Combattre ne signifie pas forcément tuer, rappela Persée d’un ton sentencieux.

Elle observa un instant l’Aspirante prendre ses marques dans ce nouveau décor. Vivacité et agilité étaient les adjectifs qui lui venaient à l’esprit. Ñiniel elle-même confirma ses pensées. Au moins savait-elle se débrouiller seule. Son autonomie allait être souvent mise à contribution, l’Ancalikon n’étant pas certaine d’être toujours présente pour elle. Comme pour Luckor, également. Heureusement, il y avait Vraël, ce roc bleu, fidèle et bienveillant. La dragonne saurait veiller sur eux pendant ses absences.

- C’est parfait. Tu as donc de bonnes bases. Nous gagnerons ainsi du temps…

Elle eut voulu enchaîner mais fut interrompue par un flot de questions qui la laissèrent perplexe. L’Ondine faisait preuve d’une curiosité légitime mais surprenante. Persée resta un instant les bras ballants, ne sachant quoi répondre sans trahir son histoire familiale plus que compliquée. Les fondations politiques du Kaerl demeuraient encore inconnues à Ñiniel. Si elle avait espéré couper court à ce genre d’enseignement dès son arrivée, il lui fallait pourtant éclairer sa lanterne sur quelques points d’importance cruciale. Il serait plus que déplacé que la jeune femme aille raconter partout une identité erronée.

Elle sourit, amusée.

- Cela fait beaucoup de questions, Aspirante. Avant de te laisser prendre disposer de ses effets personnels, il vaut mieux que tu saches effectivement deux ou trois détails sur ta Maîtresse Dragon.

Persée avança d’un pas dans la pièce et croisa les bras sur sa poitrine, à demi-appuyée contre le chambranle de la porte.

- Tous les membres de l’Ordre, y compris les natifs du Kaerl, ont suivis cet apprentissage. Il est nécessaire pour préparer l’âme de l’Aspirant à fusionner avec celle de son Âme Sœur draconique. Cela place également tous les Aspirants sur un pied d’égalité. C’est la même chose partout sur Tol Orëa.

Inutile de lui parler des autres Kaerls tout de suite. Le sujet reviendrait bien assez tôt.

- Moi-même, j’ai suivis cet apprentissage pendant un an. Je suis native de cette île, je suis née à Lòmëanor. C’est la principale bourgade du secteur et un territoire neutre. Depuis mon Empreinte avec Vraël, j’appartiens à la Maison Amberle. Il existe trois Maisons majeures et une foultitude de Maisons mineures au Màr Menel. Chacune possède sa devise, son enseignement et une famille à sa tête. Tu dois principalement identifier les trois Maisons majeures : les Dalneÿs, les Amberle et les Galastden. Tu n’es encore qu’une Aspirante placée sous ma tutelle, c’est pourquoi tu resteras affiliée à la même Maison que moi jusqu’à ton Empreinte. Il n’existe pas de Maison Garaldhorf, c’est seulement le nom de mes ancêtres.

Elle tira une dague à la lame recourbée de sa ceinture et l’exposa aux rayons du soleil. Elle fit jouer le métal pour en apprécier les reflets et la finesse sous les yeux de Ñiniel.

- Je suis l’Ancalikon de ce Kaerl. Qui mieux que moi peut t’enseigner le métier des armes ? Il te faut apprendre à te défendre avec tout type d’armes avant de trouver celle qui te correspondra le mieux. Cet entraînement ne vise pas à faire de nos chevaliers-dragons des machines à tuer. Ne te méprends pas !



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 9 Fév 2014 - 19:46 Répondre en citantRevenir en haut

*Ah ?* pensa Ñiniel en interprétant la réponse de Persée.

Si elle ne s’était pas attendue à cela, l’Aspirante avait au moins appris une chose : lourd était le passé de Persée. Et cela, elle le sut aux bras croisés de son interlocutrice, position de retrait par excellence. Elle ne souhaitait visiblement pas aborder certains événements, mais par politesse elle lui donna quelques bribes d’information. Tout en écoutant ses explications, Ñiniel sourit tristement, ne pouvant s’empêcher de penser à ce que voulait cacher sa Maîtresse-Dragon, tout en éprouvant une profonde reconnaissance envers celle qui avait su conserver son calme et répondu avec patience et altruisme.

Trop saccadé, le discours de la belle devenait parfois trop indiscret et peu naturel. Elle avait tout d’abord ressenti la surprise de l’Ancalikon ainsi que sa décontenance face à toutes ses questions, et l’Ondine se dit qu’elle avait peut-être été trop vite. Ñiniel aurait bien voulu lui dire qu’elle n’avait pas souhaité la gêner par ses questions et rajouter qu’elle ne voulut en rien forcer l’intimité de sa Maîtresse-Dragon, qu’elle respectait tout à fait sa discrétion ; mais il se pouvait qu’une fois cela sorti de la bouche de la maladroite, cela eut sonné comme de la pure indifférence. L’Ondine préféra donc en rester là.

Elle ne put s’empêcher de comparer les marques de son visage à tout autant de cicatrices liées aux évènements de son passé. Y avait-il un lien ? Elle tût ses questions.

Elle se mit par contre à rougir furieusement lorsque Persée lui fit remarquer son inattention.

« Oh pardon ! » lui répondit la distraite en passant la main dans ses longs cheveux blancs tout en essayant de fuir le regard de Persée. C’était là une mauvaise habitude qu’elle avait prise, et ceux qui eurent l’heur d’observer cette réaction reconnaissaient immédiatement un pointe de nervosité et de gêne dans ce mouvement. Ñiniel n’aimait pas faire d’erreur, encore plus de ces erreurs-là qu’il serait facile d’éviter. Personne n’aimait faire d’erreur. Mais pour Ñiniel, c’était encore pire.

Toujours est-il qu’elle appartenait donc à la Maison Amberle. Ñiniel allait ouvrir la bouche pour continuer sur sa lancée et poser encore moult questions, mais se rétracta. Après tout, elle apprendrait suffisamment vite.

Lorsque Persée sortit la lame de son fourreau, Ñiniel sentit son corps de crisper instinctivement. Par les Dieux que cela pouvait être dangereux ! Cela la rendait nerveuse à tel point qu’elle fit tomber sa sacoche alors qu’elle essayait de le poser sur le meuble adjacent, laissant tomber livre et petites fioles.

Persée au contraire, semblait fascinée par les reflets de la dague et semblait attachée à cette arme. Et il lui avait semblé avoir reconnu une pointe de fierté et d’aplomb lorsque sa Maîtresse-Dragon lui adressa ces paroles.

- Je suis l’Ancalikon de ce Kaerl. Qui mieux que moi peut t’enseigner le métier des armes ? Il te faut apprendre à te défendre avec tout type d’armes avant de trouver celle qui te correspondra le mieux. Cet entraînement ne vise pas à faire de nos chevaliers-dragons des machines à tuer. Ne te méprends pas !

Il y avait quelque chose d’intéressant dans ce que venait de dire Persée. Il y avait peut-être une arme qui lui correspondra. Elle qui ne s’imaginait pas du tout avec une épée, avait-elle seulement envisagé autre chose ? Les paroles de l’Ancalikon se révélaient finalement très rassurantes, et l’Ondine commençait à ouvrir son esprit quant à cette éventualité tandis qu’elle s’était abaissée pour ramasser ses effets. Elle n’avait jamais envisagé les choses sous cet angle, pensait que se battre était violent et mauvais. Mais pour se défendre, il fallait aussi savoir se battre.

« Aïe ! »

Elle venait de se couper avec les bris d’une petite fiole qui s’était cassée. Rien de bien profond heureusement.

« Oh non ! »

Ñiniel farfouilla rapidement dans la sacoche et sortit une à une toutes les petites fioles et les plaça devant elle. Elle avait sur la main le reste du contenu de la fiole brisée, et l’Ondine ne savait pas de quoi il s’agissait. Elle portait sa main au nez et tenta de retrouver l’odeur, mais n’y parvint pas. Il lui fallait identifier rapidement ce qu’elle avait touché, certains effets n’étaient pas souhaitables.
Toujours accroupie au sol, elle attrapa la première fiole.

« Brûlures…urticaires, respiration…insomnie ! » dit-elle avec un soupir de soulagement. Elle ne venait donc pas de respirer les effluves de la pommade qu’elle concoctait pour endormir ceux qui parfois avaient du mal à trouver le sommeil.

Au bout de quelques petites fioles, elle identifia finalement celle qui s’était brisée. Il s’agissait de celle qui traitait les douleurs oculaires. Rien de grave en soi, pensa-t-elle en reposant tout ce fourbi sur le meuble, ainsi que les morceaux de verre brisé dans une petite corbeille faute de trouver mieux. Il lui faudrait essayer de trouver une petite échoppe qui pourrait lui fournir les plantes dont elle était tant friande pour ses onguents. Ñiniel n’avait aucun doute de trouver son bonheur au Kaerl Céleste. Elle frotta ses mains et s’adressa à sa Maîtresse-Dragon pleine d’entrain et d’enthousiasme.

« Fort bien, je ne me méprendrai plus. Je pense avoir compris l’utilité de savoir me battre sur Tol Orëa : vous avez raison, je suis Aspirante pour devenir Chevalier. Que serait un Chevalier qui ne sait pas se battre ? »




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 22 Avr 2014 - 18:27 Répondre en citantRevenir en haut

L’Ancalikon regarda un moment sa nouvelle Aspirante se débattre avec le contenu de son sac, les yeux écarquillés. Ses pupilles se dilatèrent subitement et son acuité visuelle s’accrut, en même qu’une faible migraine bourdonnait derrière ses yeux. Preuve que Vraël venait de faire une incursion plus poussée dans l’esprit de sa Liée. La dragonne regardait par les yeux de Persée comme un observateur indiscret et malicieux. Persée s’était habituée depuis longtemps à ce genre de contact, ce qui ne le rendait pas plus agréable. Il était nécessaire en combat, ou lorsqu’elles étaient séparées par une trop grande distance. Mais là, ce n’était que pure curiosité et la jeune femme s’en serait volontiers passée.

° Tu n’as pas l’impression de déranger ?
Pardon, ma chérie. Je suis juste curieuse. Je ne te parasiterai plus !
Je vais devoir la laisser seule, je dois retourner voir comment va Luckor et ce que les guérisseurs disent de sa jambe.
Va. Laisse-moi m’occuper de Ñiniel. °


Vraël se retira de l’esprit de son Âme Sœur comme on ôte une chaussette inconfortable mais douillette. Persée devina que la Bleue venait de prendre son envol pour les rejoindre. Elle cligna des yeux, la migraine disparut et reporta son attention sur l’Ondine.

- Je te comprends. N’oublie pas que ce n’est pas seulement une question de combattre, c’est aussi un moyen de te défendre. Un entraînement militaire sert également à fortifier le corps et à contrôler tes émotions. C’est un autre pas vers l’ouverture de ton âme, tout comme l’est l’apprentissage théorique.

Elle désigna les fioles d’un regard et sourit.

- Je connais un autre endroit que tu serais ravie de découvrir… Laisse les affaires dont tu n’as pas besoin ici et garde précieusement la clef de ta chambre sur toi. Je vais t’emmener à l’herboristerie.

Elles s’éloignèrent des Spires à travers un dédale de rues principalement constituées d’habitations et d’échoppes éparses. Elles se rapprochaient des Thermes et de l’infirmerie qui se trouvait à l’arrière des bâtiments principaux. Un peu plus loin, protégé par une serre beaucoup moins impressionnante que celle du Jardin d’Hiver, s’étendait un vaste potager. Une zone avait été aménagée pour des herbes médicinales de toutes sortes et de toutes provenances. Certains guérisseurs sous les ordres de Maître Nalesean venaient des quatre coins du Rhaëg, aussi leurs connaissances étaient-elles très diverses en la matière. Quelques apprentis et Aspirants traînaient dans les parages, à jardiner et enlever les mauvaises herbes.

- Je te laisse ici. D’autres affaires m’attendent. Tu vas rencontrer plus en détails ma Liée, Vraël. Elle te fera visiter les environs et répondra à toutes tes questions.

En parlant de la dragonne, on en voit la queue ! Une femme dans la fleur de l’âge, aussi svelte et élancée qu’un roseau, venait dans leur direction. Ses yeux argentés ne tardèrent pas à charrier des couleurs improbables sous les rayons du soleil, trahissant sa nature draconique. Vraël avait noué ses longs cheveux d’un bleu sombre en une tresse qui battait ses reins. Toute vêtue de blanc et d’or en une tenue plus adaptée à la chasse à cheval qu’à la promenade. La seule tâche de couleur sur son épiderme, pâle et parfait, se trouvait en deux petits tatouages turquoises autour de son œil gauche, rappelant sa couleur d’écailles sous sa véritable forme. Elle affichait un large sourire en s’approchant de Persée et Ñiniel, ravie de son effet de surprise.

- Bonjour, Aspirante Iserimir. Allons marcher, veux-tu ?



Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:45 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu