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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 11:47 Répondre en citantRevenir en haut


Ulfgar Haraldson ~ Pion des Ombres

Theme Song :
Elohim - City of the Fallen


¤ 7 Gaïaku 918 ¤
Jour de la Réunion des Seigneurs au Manoir d'Ael Alfirin


Rongmer patrouillait comme à son habitude, peinant sous le poids de ses protections de maigre qualité. Toujours et toujours le même chemin, jours après jours sans que cela ne serve à grand chose. Les membres de l'ordre qui avaient le don ne se souciaient nullement de la présence de gardes, et faisaient comme bon leur semblait sans prendre en compte le fait qu'ils existaient pour les protéger. Bien souvent des pensées de rebellions naissaient dans l'esprit de Rongmer. Pourquoi devait-il patrouiller ? Qu'y avait-il à garder ? Ces malades sur leurs dragons pouvaient tout aussi bien s'entretuer que cela ne changerait rien à sa vie. Après tout, que pouvaient faire de simples mortels habillés de gambisons et de mailles fasse à la puissance destructrice d'un enfant de Flarmya ? Qui serait assez fou pour venir les menacer à même leur Kaerl ?

Certes il y avait bien eu une guerre avant qu'il ne voie le jour et le décompte des victimes non liées était encore à ce jour inconnu ; Qui allait faire une chronique de ces combattants à pieds et à chevaux ? Qui allait compter ces milliers de vies perdues pour l'arrogance d'une centaine de fous ayant reçu de naissance un don qu'eux, simples mortels, ne pouvaient concevoir ?

Voilà pourquoi il existait un certain relâchement dans les troupes, voilà pourquoi les capitaines, sergents et autres gradés préféraient parader auprès du petit peuple sans vraiment se soucier d'une quelconque menace. Et voilà pourquoi lui, Rongmer, était ici en train de se faire tanner le cuir par les vents cendreux plutôt que de boire une bière en face de l'âtre dans une taverne. Il râlait bien entendu mais intérieurement ; qui pouvait savoir ce que les dragons savaient entendre ?

Ses yeux se portèrent au loin, morose, tandis que son corps ne tenait debout que grâce à son appuis sur sa lance. Hormis la cendre qui volait et arrachait la maigre végétation, comme d'habitude, il ne voyait aucune menace sauf peut-être un ou deux lézards qui chassaient en traînant leurs ventres écailleux dans la poussière grise du sol. Au loin jaillirent plusieurs silhouettes à la démarche traînante et saccadée ; encore une caravane certainement et vu la façon dont ils se déplaçaient ceux-ci devaient être harassés par un long voyage. Certainement des provisions ou des lingots de fer pour les forges, rien d'inhabituel.

Rongmer porta la main à son cor avant d'y poser les lèvres ; dieux qu'il avait envie de troquer son travail pour celui d'homme de labeur, au moins pour ceux-ci le temps passait plus vite. Le son partit de l'instrument qu'il rangea lorsque les lourdes chaînes se mirent en marche ; il n'avait pas envie de vérifier aujourd'hui, il n'était pas dans l'un de ses bons jours.

Il reprit sa ronde sans porter plus d'attention à la soi-disante caravane...

***


Ils avaient reçu une destination avant de lancer l'attaque : Le Val. Ils devaient rejoindre cet endroit coûte que coûte et le relâchement de la garde venait de simplifier au maximum cet objectif. Après tout qui allait se soucier de visages quelconques se déplaçant parmi la fouille grouillante ? La seule chose qui pouvait attirer l'attention était la taille de l'un d'entre eux, le visage enfoui dans un capuchon sale d'où jaillissait une barbe de la couleur du feu.

Tout se passait pour le mieux sauf pour les Marqués, l'approche de ces pantins de chair, ils pouvaient la sentir dans la brûlure que leur offrait la Marque Noire, un tiraillement, comme si celle-ci cherchait à s'échapper de leur peau avec la force d'un tisonnier chauffé, elle semblait vouloir se tordre et se débattre, rejoindre la masse grouillante et claudicante qui grossissait à vue d'oeil, finissant par attirer l'attention de quelques uns qui préfèraient s'écarter plutôt que de se mêler...

Rongmer allait prendre sa pause pour se restaurer un peu; sa ronde touchait à sa fin et il allait enfin passer la main mais quelque chose d'inattendu agrippa son regard ; que faisaient tout ces gens assemblés en une foule compacte et immobile au Val ? Poussant un soupir il saisit sa lance et l'utilisa comme un bâton de marche pour s'approcher du groupe.

"On se disperse, si vous voulez vous ..."

Ses yeux s'étaient écarquillés devant l'horreur qui se présentait face à lui; un visage tuméfié, ayant souffert milles tortures et tordu en un rictus malsain dépourvu de lèvres, le garde Rongmer ne termina jamais sa phrase et ne connaîtrait jamais le dénouement de cette histoire. L'arme du géant à barbe de feu crissa hors de son fourreau et vint se mêler à la chair du garde lui ôtant la vie sur le coup.

Il n'était nullement nécessaire de crier sa rage, de lancer l'attaque ; ils savaient tous au fond d'eux même quoi et comment faire.

Ulfgar Haraldson est le seul Mort-qui-Marche à avoir possédé un jour le Don, et à avoir une apparence qui sort de l'ordinaire. La seule chose qui différencie les zombies des autres gens est leur démarche saccadée et leur regard vide.


* Texte by Yong'Wu Zenghwei *



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 11:47 Revenir en haut

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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 13:43 Répondre en citantRevenir en haut

Ses poumons semblaient exploser à chacune de ses inspirations. Narcisse courait ; elle courait à en perdre le souffle. Elle respirait à pleine bouche une cendre brûlante, souffrant comme si elle affrontait les flammes d’un incendie ou la lave d’un puissant volcan. Au fur et à mesure de son avancée, elle sentait ses jambes faiblir, sa vue se troublait à chaque fois que son cœur battait, tel un gros tambour à l’intérieur de sa poitrine. Mais malgré la difficulté de sa tâche, elle courait toujours. De toute façon, elle n’avait guère le choix ! Si le Kaerl venait à disparaître, ses seules chances de retrouver le pouvoir en Orën partiraient en cendre. Inquiétée, elle se retourna un court instant : peut-être était-elle poursuivie par l’un de ces hommes…l’une de ses horribles bêtes, qui semblait ne plus avoir une once d’humanité en eux. L’un d’eux avait tué de sang froid Rongmer, et cela pouvait très bien se répéter avec elle. Qui étaient-ils réellement ?

Tout avait commencé comme ça. Le groupe avait débarqué sans crier gare. Au début, Narcisse croyait simplement à des voyageurs. Puis le ciel s’était assombri plus que d’accoutumé. Elle n’avait rien vu venir, malgré son haut degré de vigilance. L’assassin de Rogmar avait posé ses yeux vides sur l’assemblée, sur elle. Ses immenses yeux. Plus grands que les siens. Lorsque le sang avait giclé, elle avait juste pris la fuite. Pas par peur. Pas par lâcheté. Mais par courage, parce qu’il était plus que nécessaire de trouver rapidement une autorité du Kaerl Ardent : Yuma Amarok, le Chef des Armées, était la personne la plus apte à prendre des décisions dans une telle situation de crise.

Mais là, ses jambes lui criaient de s’arrêter, qu’elles n’en pouvaient plus du rythme qu’elle leur imposait. Narcisse craignait de tomber et de ne plus pouvoir se relever. Néanmoins, elle ne pouvait pas renoncer maintenant. L’Archonte devait être immédiatement prévenu de la mort de Rongmer et du mal qui menaçait le Kaerl Ardent. Elle se ferait tuer en chemin sans aucun doute. Ou après, en rejoignant les hommes qui combattront. Pour la première fois depuis des années, la perspective de mourir l’effrayait. Tout était tellement différents des attaques de bandits d’Orën ! Ici, il y avait des dragons, divers animaux monstrueux. Et eux. Ces choses sans vie, sans humanité.

° Narcisse, je n’arrive pas à te suivre ! ° intervint soudainement Wicella, qui traînait à plus d’une dizaine de mètres derrière elle.

Ses petites pattes ne lui permettaient pas encore de se déplacer aussi vite qu’un homme. De plus, elle manquait d’entraînement, à rester assise aux côtés de Narcisse lorsqu’elle passait ses journées à lire ou écrire, sans jamais s'accorder un jour pendant lequel elle pourrait apprendre à chasser seule.

Malgré leurs liens encore fragiles, la Chevalière n’ignora pas son mal. Elle fit demi-tour, attrapa Wicella dans ses bras et reprit sa course, freinée par le poids supplémentaire qu’elle s’imposait. Bien qu’elle ne lui porte pas l’affection qu’une Chevalière devrait porter à son dragon, Narcisse avait commencé à la considérer autrement que comme une charge inutile. Les premiers jours avaient été très difficiles. Puis elles avaient toutes les deux connues la souffrance qu’entraîne la séparation des Liées et s’étaient rapprochées. Ce n’était pas encore un amour digne d’âmes-sœurs complémentaires…mais c’était toujours mieux que ce qui les avait unies sur les sables de l’éclosion.

L’Archonte restait introuvable. Anéantie, Narcisse lâcha Wicella devant la dernière porte où elle était susceptible de le trouver : une toute dernière salle d’entraînement. Le Maître Amarok avait récemment pris en charge une aspirante. Peut-être l’y entraînait-il ? Avec les quelques forces qu’il lui restait, elle entra, sans même prendre le temps de se faire connaître. Il était bel et bien là. Enfin la chance lui souriait ! A sa vue, un bref sentiment de satisfaction habita son visage. Bref, car l’Archonte semblait différent des autres jours. Etait-il en colère contre quelqu’un ? Le calme qui le définissait tant n’était plus. Avait-il pu changer en seulement quelques semaines ? L’avoir évité tout ce temps, n’était peut-être pas le choix le plus judicieux qu’elle ait fait…Elle avait accordé toute son énergie à son Maître, à son entraînement, à cette éclosion si inattendue. Et lui, la seule personne qui la considérait autrement que comme une arme, une vulgaire petite aspirante, elle l’avait stupidement évité, croyant bien faire.

- Maître Amarok…dit-elle en tentant de reprendre son souffle. Maître Amarok, il…il…faut que vous veniez…

Chaque mot était un déchirement.

- Rongmer a été tué par…par…ces choses…
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 18:56 Répondre en citantRevenir en haut

Plus le temps passait et plus la douleur se faisait vive. Bien que tâchant de n'en rien montré, Yuma n'avait pu contenir un éclat de rage ce matin-là, lorsqu'il s'était rendu compte qu'une partie de la Marque Noire s'était étendue sur ses joues et ses tempes. Le contour de son visage était à présent parsemé de quelques arabesques noires, bien distinctes, cette fois. La colère l'avait tant et si bien envahi, qu'il avait décidé de s'en retourner vers les salles d'entraînement, ordonnant aux occupants de libérer les lieux sans sommation. Cette facette de l'Archonte, personne ne la connaissait, pas même lui. Il était bien trop rare que cela fît partie de son comportement habituel.
Il ne lui était jamais arrivé de s'emporter contre des gens qui ne lui avaient rien fait. Conscients qu'il n'était peut-être pas dans un bon jour, ils avaient obéi sans discuter, le laissant ainsi passer ses nerfs sur un malheureux mannequin de paille et de bois. Sa peau était glacée, mais brûlait à la fois. Chaque centimètre habité par la malédiction de l'Ombre était douloureux, de son cou au creux de ses reins, en passant par ses côtes, désormais marquées, elles aussi.

Le jeune homme n'était pas conscient du tumulte qui se préparait, quand bien même son corps brûlait plus que de coutume. La seule pensée qui lui traversait l'esprit, était que la mort se rapprochait de plus-en-plus et que personne ne semblait enclin à l'arrêter. Les recherches concernant Drazahir prenaient un temps fou et aucun "gros-penseur" du Kaerl Ardent n'avait vraiment réussi à se démarquer des autres pour retrouver sa trace. Mourir sans rien pouvoir faire, rester à la merci d'un malade tel que cet homme, qui débarquait d'on ne savait où... Yuma ne pouvait pas l'accepter. Cette sensation de froid et de rage, ce manque flagrant de sommeil paisible et cette idée de devenir quelque-chose d'autre, l'effrayait totalement. N'en rien montrer était difficile, bien qu'il tâchât même de ne pas s'avouer qu'il était terrifié.

La voix dans son dos le ramena à la réalité sans tarder. Une voix essoufflée, paniquée. Une voix qu'il reconnut être celle de Narcisse, avant même de tourner les yeux dans sa direction. Secouant la tête pour reprendre contenance, le demi-sang fit volte-face vers la jeune femme, cherchant à savoir ce qu'elle désirait lui dire. Comme si elle venait de courir durant un long moment, elle n'arrivait plus tellement à se reprendre, tenant sa petite Verte au creux de ses bras. Tiens, voilà un geste auquel il ne se serait pas attendu venant d'elle. Yuma avait eu vent de son aversion pour sa liée. Haussant un sourcil, il finit par baisser l'épée à deux mains qu'il tenait et dévisagea son interlocutrice sans comprendre ce qui lui prenait. Avait-elle eu des ennuis ?

Hélas, c'était bien pire que de simples ennuis... Il fallait qu'il vînt. "Rogmer a été tué par ces choses" fut la phrase qui suffit à lui faire écarquiller les yeux. Narcisse venait d'être témoin de quelque-chose de grave et l'esprit de l'Archonte Brûlant ne mit pas longtemps avant de comprendre ce qu'étaient les "choses" en question. Les hurlements provenant du "Val" ne firent que confirmer ce qu'il redoutât à cet instant précis. Hochant la tête face à sa compagne et lui demandant de le suivre, Yuma jeta son épée d'entraînement sur le sol, avant de s'emparer de sa propre lame, posée dans un coin de la pièce, dans son fourreau. Il ne lui fallut guère de temps pour constater que la panique avait gagné les couloirs du Kaerl Ardent. Certains chevaliers, éveillés de leur torpeur, jetaient des regards alarmés aux alentours, jusqu'à ce qu'un aspirant ne survînt, courant en direction du demi-sang et lui attrapant les épaules.

- Yuma, c'est la catastrophe ! Des morts-qui-marchent ! Une armée ! Il y en a partout dans le Val ! Ils ont réussi à entrer sans se faire remarquer ! L'un des gardes a été tué ! Qu'est-ce qu'on doit faire ?!


Le tout jeune Archonte Brûlant n'était pas encore mûr pour cela. L'un de ses anciens compagnons d'aspiranat et Narcisse lui avaient demandé de l'aide... Il n'était pas assez mûr, peut-être pas assez compétent pour y arriver. Pourtant l'urgence était de mise et il allait devoir y parvenir sans tarder. Prenant une inspiration, il tenta de réfléchir quelques secondes : pas de Seigneur, pas de Second, ils étaient dehors. Cette fois, ils devraient se débrouiller avec ce qu'ils avaient. Posant une main sur l'épaule de son ami pour l'écarter, le jeune homme laissa l'adrénaline prendre le dessus sur lui, lui donnant assez d'énergie pour oublier la douleur de la Marque et pour lever la tête face aux regards qui attendaient de savoir ce qu'il en était.

- Gardez votre calme et votre sang-froid !
Ordonna Yuma à l'attention de ceux qui ne savaient pas encore comment s'y prendre. Il y a des civils et des sans-dons dans le Val et dans le Kaerl ! Yuan, préviens mon aspirante de ce qui se trame. Je veux une évacuation propre des civils qui se trouvent sur place, que les gardes aident les plus jeunes à entreprendre ça. Rassemblez-les au Mahalma et sécurisez les accès, tuez tout ennemi qui s'en approchera.

Il désigna les quelques anciens venus rejoindre la petite assemblée qui s'était formée dans le hall, avant le Val :

- Je veux trois "Décurions Incandescent" auprès des aspirants et des gardes sans-dons quels qu'ils soient, que les directives leur soient données proprement, afin de limiter toutes les pertes possibles ! Veillez sur vos compagnons comme sur votre propre vie et n'oubliez pas que votre priorité est l'évacuation de ceux qui ne peuvent pas se battre !

Ajustant la ceinture de son épée, le jeune homme fit quelques pas pour apercevoir enfin la raison propre de cette panique soudaine dans le Màr Tàralöm. Yuan n'avait pas menti : c'était une petite armée qui était rassemblée sur le Val et se dirigeait en clopinant vers les différentes personnes qui tentaient désormais de fuir. L'évacuation devrait être prompte.

- Rassemblez les chevaliers et les maîtres-dragons disponibles,
poursuivit Yuma dans la foulée, je ne veux aucun retardataire, ni aucun récalcitrant, il s'agit d'une situation d'urgence ! Que les "Spectres de Cendres" parcourent les couloirs du Kaerl sans attendre, interceptez tout mort-vivant, que leurs troupes n'aient aucune chance de percer nos défenses ! Les autres chevaliers, avec moi ! Je compte sur les "Décurions Etincelant" pour rassembler les "Verseurs de Sang". Que tous les maîtres, les chevaliers et leurs liés se tiennent prêt à former une ligne de défense dès que les civils auront été évacués des lieux ! Je veux qu'on entoure ces fumiers pour les empêcher de se frayer un chemin chez-nous, il est déjà bien trop gros qu'on les ait laissés passer sans se douter de rien !

*Nemuri, rassemble les dragons ! Vole à tire d'ailes !*

*Je suis en route pour les Dôl Nàrë en compagnie de Sethyl !*
Répondit la dragonne.* Je t'en prie, fais attention à toi, mon lié !*

- Maîtres-Dragons, que chaque "Décurion Flamboyant" se tienne prêt à commander tout écart de conduite et à rabattre la discipline ! Nous formerons un cercle autour des morts-qui-marchent et leur barrerons toutes les issues, je veux que chaque bataillon se tienne prêt à charger à mon signal et que tous forment des rangs serrés autour de nos ennemis ! À dos de dragons, serviteurs de Flarmya ! Envahissez les cieux des Pics de Cendre ! Montrons-leur de quoi le Kaerl Ardent est capable !

Les directives étaient données pour ceux qui se chargeraient de faire passer le mot. Il était maintenant temps d'agir. Dégainant son épée, Yuma fonça dans le premier couloir venu en direction du Val. Des Sans-Don couraient pour se réfugier loin des monstres, tandis que des aspirants tentaient déjà de les rassembler un maximum. La nouvelle de l'attaque s'était répandue à vive allure parmi les troupes et continuait de se répandre. Bien des vétérans obligeaient leurs hommes à s'équiper promptement, tandis que des dragons affluaient dans les cieux, prêt à rejoindre leurs liés. De la panique, c'était une organisation totale qui devrait découler.
Au détour de son trajet, le demi-sang ne manqua pas de repérer son aspirant, sur l'épaule de laquelle il pose une main, avant de lui adresser un sourire confiant :

- Je compte sur toi, Mave. Emmène ces gens en sécurité avec les autres. Le Mahalma est la salle du trône du Seigneur et une issue doit s'y trouver. Aide les autres à guider tous ces gens ailleurs, si jamais tout devait mal tourner.
-Un léger regard tendu passa dans ses yeux, avant qu'il ne lâchât son épaule.- Fais attention à toi !

Il reprit sa course sans attendre davantage, rejoignant des chevaliers dans sa course et ordonnant aux civils de se rendre auprès des aspirants et de ceux qui devaient les évacuer. Sauver tout le monde ne serait pas possible si l'ennemi avançait déjà. Il ne fallait pas trainer. Il prêterait main forte autant que faire se pouvait. Arrivé aux abords du Val, quelle ne fut pas sa surprise que de croiser Lilwen, qu'il fût bien content de voir. Un peu de soutient ne ferait aucun mal à tout ce rassemblement.

- Lilwen, je vais avoir besoin de toi,
annonça-t-il sans hésiter, fais en sorte que les archers se tiennent sur les toits du Val. Que personne ne tire avant mon signal, mais je veux le plus de monde possible en hauteur. Quand ce sera fait, j'espère te voir te battre à mes côtés.

Courant en sa compagnie, l'Archonte Brûlant finit par débouler dans le Val, où les troupes ennemis furent en vue promptement. Alors qu'il esquivait un passant apeuré sur sa route, le jeune homme sentit bientôt la Marque se mettre à brûler sur son dos, lui arrachant un hurlement douloureux et le poussant à s'arrêter brusquement. La vue du garde assassiné ne lui échappa pas, lorsqu'il posa ses yeux fiévreux en direction du mort-vivant plus imposant que les autres. Une barbe rousse ? Ses sourcils se froncèrent brusquement. Il ne pouvait pas encore distinguer le visage de la personne sous cette capuche. De son point de vue, il s'agissait peut-être du leader de ce groupe immense. Tant de vies prises pour servir de noirs desseins...

Plié en deux, Yuma se fit violence pour se redresser. L'appel qui sévissait dans sa tête pour l'enjoindre à rejoindre les morts-qui-marchent était horrible. La main du Maître-Dragon se referma sur la poignée de son épée, alors qu'il se tînt droit comme un "i". La douleur, il la ferait passer en pourfendant ces monstres ! Autour desdits monstres, les troupes se rassemblaient petit-à-petit. Les liés prenaient position autour du Val, comme un immense bouclier. Les lieux seraient insolites pour un combat de ce genre, mais ils devraient faire avec.
L'Archonte Brûlant se tenait en compagnie des hommes qui étaient déjà sur place : il ne restait qu'à espérer que tout se déroulerait dans la discipline...


[HJ : Je ne vais pas plus loin pour que tout le monde puisse réagir et se rassembler ^^. Des directives ont été données par un tout jeune chef, libre à vous de vous y tenir ou non, même si une débandade serait difficile à gérer. Donc aspirants et jeunes chevaliers à évacuer les civils, jeunes chevaliers prêts à l'attaque si débordement de zombies dans les couloirs, les expérimentés, au front sur le Val, rassemblement immédiat auprès des hauts gradés et rangs serrés pour boucler le secteur =3.]
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 21:50 Répondre en citantRevenir en haut

La brulure était tous les jours plus insoutenable, et chaque jour, elle pensait que cela ne pouvait être pire, mais chaque lendemain lui donnait tort. La marque s’étendait maintenant dans tout son dos descendait sur ses hanches et commençait à gagner sa poitrine. Ce matin-là, elle s’était une nouvelle fois réveillée en sueur après une nuit agitée où elle n’avait une fois encore que peu dormi. Même les paroles réconfortantes de sa liée ne pouvait lui ôter cette rage qui se mêlait à cette angoisse de ne pas savoir ce qu’il allait advenir. Elle ne supportait pas de savoir sa vie entre les mains de ce maitre des Ombres et de ne pas savoir la manière de les tuer qu’il avait projeté de mettre en place. Lilwen se demandait s’il n’allait pas simplement les laisser brûler de l’intérieur grâce à cette maudite marque.

Le soleil n’était pas encore levé que déjà, la jeune femme avait outrepassé les règles et s’étaient rendus aux thermes. Elle avait besoin d’être seule. Quelques jours auparavant, l’attaque des morts qui marchent à Lòmëanor l’avait éprouvé et elle n’avait de cesse de chercher une quelconque faille dans les desseins de l’Ombre. Elle passait des heures à tirer les fils de son réseau pour obtenir diverses informations qui s’avéraient toujours n’être que de simples rumeurs infondées. Elle enrageait de ne trouver aucune référence aux clés d’Ouranos dans les vieux grimoires qu’elle feuilletait fébrilement.

Sa liée était d’une humeur tout aussi exécrable, ne trouvant un peu de répit qu’avec Nemuri avec qui elle pouvait parler un peu plus librement. L’Incarnate avait d’ailleurs retrouvé la Bleue peu de temps auparavant. La jeune femme quant à elle avait décidé de consacré la journée à l’entrainement. L’exercice physique ferait peut-être naitre d’autres douleurs qui masqueraient la brulure froide de la marque. Toute de cuir vêtue, la Chevalière quitta les bains, équipée de son épée afin de rejoindre le champ d’entrainement. Elle n’était pas arrivée qu’une brusque douleur lui vrilla le dos. Elle s’effondra à genou au milieu d’un des couloirs désert du Màr en poussant un cri. Des larmes de douleur embuèrent ses yeux alors même qu’elle percevait sa liée à la lisière de son esprit qui tentait de la contacter. La demi-sang reprit peu à peu ses esprit.

°Lilwen !! Tu vas bien ? Que se passe-t-il ?°
°La marque. La douleur devient de plus en plus intolérable°
°J’arrive !°
°Non c’est bon…°


C’est alors qu’elle entendit le premier hurlement, le premier d’une longue série. Le Grand Légat se mit à courir, faisant fi de la douleur, des doutes, elle courut en direction des cris, présentant qu’il se passait quelque chose. Sethyl lui fit alors part de ce qu’il se tramait.

°Nous survolons le Val avec Nemuri, des morts-qui-marchent, partout. Il va falloir rassembler les forces du Kaerl !°
°Vous devriez..°
°Nous sommes déjà un train de voler au Dôl Nàrë, je te rejoins dès que nous aurons rassemblé les dragons. Reste où tu es, ne t’exposes pas !°


La jeune femme ignora l’Incarnate et courut en direction du Val. Il était hors de question qu’elle reste à l’écart. La rage l’aveuglait littéralement. Il avait osé s’attaqué à son propre foyer, aux hommes, femmes et dragons du Màr Tàralöm. Il allait lui en couter. Elle courut à en perdre haleine, croisant au passage des sans-dons apeurés, des chevaliers plein de doute, des Maître couards, elle les aiguillait vers le corps de garde respectifs, les exhortant à prendre la place qui était la leur en de telles circonstances.

L’Incarnate volait aux côtés de la Bleue. Leur vol était rapide et elles furent presque instantanément aux Dôl Nàrë. Sethyl ne tendait qu’à rejoindre sa liée, mais elles devaient d’abord avertir leur pair afn d’organiser la contre-attaque.

°Séparons-nous, nous couvrirons plus de terrain ainsi.°

Aussitôt, Nemuri partit sur la gauche alors même que Sethyl partait sur la droite. Les deux sœurs volaient comme dans un miroir parfait, l’une l’exact reflet de l’autre alors même que leurs rugissements résonnaient dans chaque alcôves, rassemblant peu à peu l’ensemble des dragons du Màr Tàralöm, les incitant au combat.

Le Val fut bientôt sous les yeux de la demi-Sang. La douleur lui déchira le dos, lui arrachant un cri. Autour d’elle, des regards effrayés et interrogateurs la dévisageait. Elle cria presque pour se faire entendre, malgré la douleur, sa voix resta ferme :

Rejoignez vos garnisons et attendez les ordres !

Elle entraperçut Yuma dans la foule et le rejoignit. Il était l’Archonte Brulant et c’était à lui de coordonner l’attaque, toutefois, il aurait besoin d’aide, ce qu’il ne tarda pas à lui demander lorsqu’elle arriva près de lui. Elle écouta et hocha la tête en signe d’acquiescement. Et malgré l’envie malsaine qu’elle éprouvait de rejoindre l’ennemi, elle lui adressa un sourire espiègle.

Tâche de m’en laisser quelques-uns !

Elle se détourna et courut en direction du premier promontoire qu’elle voyait, autrement dit l’un des tonneaux qui trônait devant l’une des nombreux travers du Val. Elle sentit plus qu’elle ne vit sa liée planer au-dessus d’elle. D’un mouvement souple, elle sauta sur le tonneau et put ainsi atteindre le toit de la taverne. Quelques secondes plus tard, la liée se posait en équilibre sur le même toit auquel elle arracha bon nombres de tuiles. Lilwen manqua presque de tomba, la dragonne prenant tout l’espace.

°Dépêchons-nous, j’ai fait passer le mot, les archers sont en train de se rassembler de l’autre côté du Val.°
°Parfait !°


Lilwen monta non sans quelques difficultés sur le dos de la dragonne, la douleur entravant le moindre de ses mouvements. Sethyl pris alors son envol, et la scène qui lui apparut dans son ensemble lui glaça les sangs. La panique régnait. Les sans-dons hurlaient et couraient en tous sens, les morts-qui marchent tuaient tout ce qui passait à leur portée. L’Incarnate poussa un rugissement de colère. Ses yeux voltigeaient entre le rouge et l’orange. Elle ne pouvait concevoir qu’il ose les attaquer ici même.

Rapidement les deux liées se retrouvèrent de l’autre bout du Val. Plus d’une centaine de sans-dons formant l’une des garnisons s’étaient déjà rassemblés et attendaient les ordres. Sethyl se posa devant eux et Lilwen s’empressa de les informer, d’une voix forte afin de se faire entendre.

Vous devez déjà probablement être au courant, notre Màr est en train d’être attaqué par des morts-qui-marchent ! Ils sont extrêmement difficiles à tuer, mais chaque coup porté à l’ennemi, chaque flèches fichées dans leur corps est un pas de plus vers notre victoire ! Je veux que vous vous postiez tous sur les toits entourant le Val, répartissez-vous de manière à encercler nos ennemis. Vous ne ferez feu qu’à mon signal !

Elle désigna deux des responsables qui étaient censés coordonner les archers.

Je veux que vous restiez ici afin d’informer les retardataires. Que tout le monde soit en place d’ici 10 minutes.

A vos ordres !

Le chef de section la salua et commença à hurler des ordres. Sethyl avait déjà pris son appui au sol et avait décollé. Les deux liées renouvelèrent l’opération 5 fois. Les six sections seraient bientôt en place. Au passage, elle s’était procuré un arc et un carquois de flèches qui pouvaient servir. Sethyl survolait le Val, près de 600 archers étaient en train de se mettre en place. La jeune femme coordonnait les opérations depuis le ciel où il lui était possible d’avoir une vue imprenable sur le futur champ de bataille.

Ce ne fut qu’après un temps qui lui parut infiniment long que tous furent en place, ce que Sethyl transmis à Nemuri. Elles avaient toutefois profité de ce laps de temps pour écraser deux des morts-qui-marchent et d’en brûler un troisième. De leur côté, ils étaient prêts à contre-attaquer.
Asshai Anara
Invité

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MessagePosté le: Dim 9 Juin 2013 - 15:47 Répondre en citantRevenir en haut

«- Hey ! Vous là ! Aspirante Anara c’est ça ? Vous êtes la disciple du maitre Indalwë ?
-Celle là même.
-Suivez nous dépêchez vous ! Le Kaerl est attaqué. Les morts ont déjà massacré une paire de civile ! Vous êtes sollicitée pour nous aider à la défense »


Ces mots avaient sonné comme une ineptie à ses oreilles. Cette journée n’avait en rien différé de toutes celles qu’elle avait put passer ici. Au contraire, nous étions en début Gaïaku et tout le kaerl semblait respirer de cette sérénité tranquille, la sérénité de l’ombre. Elle se rendait en cette après midi au sanctuaire de Flarmya, comme de coutume lorsque le temps le lui permettait. Et c’est là qu’une escouade de gardes l’avait interpelée ainsi au travers d’un couloir, négligeant toute formalité. Visiblement l’urgence était de mise.
Ses mots, le chef d’escouade les avait prononcés en reprenant sa marche au pas de course. Sans chercher à comprendre, Asshai leur avait emboité le pas et s’adapta de force à leur vitesse. Parfois mieux valait se soumettre et suivre les ordres. Fallait-il pour autant négliger la compréhension des événements ? Pas pour la Anara. Esprit éduqué, presque scientifique bien que profondément croyant, concevoir que des morts puissent s’éveiller et que les dieux laissent se réaliser une telle aberration lui semblait impossible.

« Attendez ! Attaqué ? Mais … Mais par qui ? Quoi ? Qu’est ce qu’il se passe ? » Tenta-t-elle de le questionner entre deux respirations.
«- Les morts… Les morts qui marchent. Ils ont attaqués, Paf ! Comme ça !
-Y en a qui disent que c’est un ancien de chez nous qui les mènent. »

Abasourdie elle tenta en vain de se raisonner.

« -Mais … Mais NON! Les morts ne marchent… PAS ! »

*Et les dragons n’existent pas*

« -Et bien semblerait que si ! Contentez vous de suivre les ordres. Les aspirants doivent aider à l’évacuation des civiles ! On se replie vers le Mahalma !
-Il y a déjà des chevaliers sur place, il faudra voir avec eux !
-Frieg ! Va falloir se déployer, y a du monde là devant ! »



Du monde ! Et pour cause… Alors qu’ils rejoignaient l’une des artères principales du Màr, c’était une véritable cohue qui s’étendait devant eux. Chacun tentait de se frayer une route parmi ses confrères. La plus grande part, n’ayant pas encore reçus l’ordre de se rendre au Mahalma tentait de fuir le val par tout les moyens dont ils disposaient, encombrant les portes, les couloirs et les accès des niveaux inférieurs du Kaerl qui n’étaient pas prévu pour une telle densité de population. L’artère principale où elle était située semblait être le carrefour de toute cette folie. Les uns cherchant à s’échapper, les autres à se rendre sur le champ de bataille, certains rebroussant chemin ayant perdu leurs camarades dans la foule. Des ordres contradictoires se hurlaient de toute part, se mêlant parmi les cris des hommes en fuites, et ceux d’agonies des victimes.
Situé deux niveaux en dessous de celui de la place du val, la première chose qu’Asshai vit de là fut un homme précipité depuis l’une des passerelles supérieurs, s’écrasant à quelques pas d’elle dans un bruit sourd. Cette vision lui fit l’effet d’une lame froide glissant le long de son dos. La couleur disparue de son visage. Elle sentit son estomac se tordre, tenta de réprimer un haut le cœur avant que la douleur ne réussisse à la faire plier, et qu’elle ne repende sur les dallages du Kaerl l’entier contenue de ce qu’elle avait ingurgité pendant la journée. Dans ce chaos dément, elle resta ainsi, pétrifiée par la peur. Le monde semblait s’être arrêté pour elle. Elle eut envie de crier, de pleurer, de courir, mais tout semblait resté coincé là, au fond de sa gorge. Ses jambes ne lui obéissaient plus.
Oui par le passé, les batailles elle les avait connues, mais sur des cartes. Les hommes, les morts, tout cela n’avait été que des chiffres pour elle. Attaque de morts ou de vivants peu lui importait, désormais devant l’horreur de la réalité, elle eut le sentiment de se trouver impuissante.
Jetant un regard alentour, Asshai analysa la situation rapidement. Il lui suffisait de traverser l’allée, afin de rejoindre les couloirs adjacents, plus petits, lui permettant de se rendre au niveau inférieur. De là elle pouvait continuer son chemin, et rejoindre le Mahalma tout en évitant la foule. La route était certes, moins direct, mais elle pourrait y gagner en temps. Dans ce genre de situation, imiter la masse était souvent la pire des erreurs.
Mais alors qu’elle s’apprêtait à se lancer dans la foule, une voix attira son regard. Au premier niveau inférieur, un aspirant qu’elle ne connaissait que de vue semblait tant bien que mal suivre les ordres et diriger les civiles. Bien sur, la Fëaolcë le voyait bien, tout son être transpirait la peur et le doute. Mais il y mettait tant de volontés et de convictions qu’il lui apparaissait tel un phare dans cet océan déchainé. Et ce sentiment, minuscule presque imperceptible, toucha son esprit : L’admiration. Il avait le courage de se tenir là et de ne pas fuir devant la menace. Bien qu’elle-même associait souvent courage à bêtise, elle devait bien se l’avouer, cet homme mériterai bien les honneurs si tous réussissaient à s’en sortir.

*Et à quoi bon survivre si c’est pour être considéré comme une fuyarde ? Une moins que rien ?*

Fuir maintenant ce serait perdre toute chance de s’attirer la confiance d’autres maitres. Une confiance qu’elle se devait d’acquérir pour tisser sa toile. Fuir maintenant ce serait trahir sa parole, et se trahir elle-même. Non, assurément, la fuite était pour elle une option inenvisageable dans de telles conditions. Elle s’insulta intérieurement pour avoir faillit commettre un tel impaire dans la précipitation.
Elle connaissait son but, et aujourd’hui une chance de briller se présentait à elle. Elle n’avait pas l’intention de la laisser filer. Toute femme qu’elle était, il fallait qu’elle montre qu’elle n’était pas une faible, pas plus qu’une peureuse. Par deux fois elle avait bravé la mort et y avait échappé. Elle pourrait bien faire attendre Isashani une fois de plus.

« -Anara ! Il faut qu’on bouge ou ça va être un massacre !
-Aspirante Anara ! »
Rugit-elle en lui lançant un regard si brulant, qu’il aurait probablement put pétrifier un dragon en plein vol. Elle s’en voulait. Elle s’en voulait de ce moment de faiblesse qu’elle avait exprimé aux yeux de tous. Et elle lui en voulait à ce garde de l’avoir vu ainsi. Maintenant elle ne devait plus rien laisser paraitre, hormis sa force se sermonna-t-elle.

« -Il faudrait tenter de les repartir. Il devrait y avoir moyen d’en mener une partie au travers des niveaux moins trois et moins quatre, et de remonter au Mahalma par les couloirs sud et est jusqu’au portail aux dragons, non ?
-Au moins ça permettrai de libérer ce passage ci. Essayez de trouver les autres chevaliers et les autres aspirants, voir comment ils s’organisent. On va essayer de coordonner tout ça ! Allez ! On bouge ! Une dernière chose : Va falloir donner un peu plus que ça. »
Lui glissa finalement le chef d’escouade en posant un regard dégoutté sur la flaque répugnante qui s’étendait à ses pieds.

Piquée au vif elle dut se faire force pour ne pas lancer un nouveau regard incendiaire à son interlocuteur. Se redressant de toute sa hauteur l'aspirante posa un regard sur tout ses confrères qui l’entourait. Elle pouvait sentir leur peur autant qu’elle sentait la sienne serrait son coeur. Mais le moment était venu de faire ses preuves. Le moment était venu de gagner l’admiration du Kaerl. Ces gens lui devront la vie.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 11 Juin 2013 - 16:56 Répondre en citantRevenir en haut


Esthen Frâlan & Buroth


Quand on est plongé dans une intense concentration pour préparer une décoction, on ne s'attend pas à être dérangé. Encore moins quand on ne se doute pas un seul instant de ce qui se passait autour de soi et au dehors. Quand il allait verser la dernière goutte de sa mixture odorante ; fortement musquée, il sursauta devant le cri de son lié qui l'appelait. Quand je dis sursauter, le Maître Guérisseur tomba littéralement de sa chaise. Grommelant en voyant sa potion renversée sur son plan de travail en se redressant, il protesta aussitôt. Buroth ne l'interpellait pas intensément d'ordinaire. Voir jamais comme cela, le dragon connaissant le penchant de son lié à la quiétude silencieuse dans ses études.

°Mais qu'est ce qu'il te prend de crier comme cela quand je travaille ! Une incarnate est en chaleur ou quoi ?°
°N'as tu pas entendu ce qui se passe dehors ? °
°J'étais occupé...°
°On nous attaque !! L'Archonte appelle tous les dragons disponibles. °
°Qui serait assez fou pour nous attaquer ? °
°Des êtres sans vie...°


Le Guérisseur sourcillait déjà à cette évocations. Des êtres sans vie ? Il ne chercha pas plus dans la réflexion et commença à voir ce qu'il devait emporter.

°Buroth, va secouer les novices. Tout le monde. On va avoir besoin de nous. Préviens l'Archonte que les guérisseurs seront dans le Mahalma pour les blessés. Pour les dragons qui auraient leur lié d'atteint, je les veux sur les Dôl Nàrë ! Je ne les veux pas dans les pattes. S'ils sont en état de se battre, qu'ils suivent alors les ordres de l'Archonte.°
°Le Seigneur ne sera pas ravi que tu lui piques la salle...°
°Je me fiche de son avis comme d'une guigne et de plus il n'est pas là ! Force majeure appelle à emploi majeur de ce que j'ai sous la main. Allez file !°


Galvanisé par l'autorité de son lié, le dragon décolla de son perchoir pour aller contacter la liée de Yuma, pour la prévenir des mesures prises par Esthen. Et sans perdre de temps, il alla secouer les novices endormis dans les chambres, les guérisseurs occupés dans quelques tâches mineurs pour les appeler à rejoindre le dispensaire et préparer au plus vite une infirmerie de fortune dans le Mahalma. Puis il rejoignit son lié comme il put pour prendre lui aussi le maximum de matériel, de préférence le plus encombrant pour l'emporter. En détour du premier aller et retour, il eut l'occasion de voir le Val. Ses yeux reptiliens virèrent au gris, couleur de la frayeur. Même s'il était un dragon, il restait le lié du Maître guérisseur, habitué donc à des choses plus naturelles. Il évita d'évoquer ce qu'il voyait à Frâlan, ce dernier était dans la frénésie de ses préparatifs. Et le battement vif de son coeur était mêlé d'excitation comme d'un certain stress. Esthen passait plus pour un rat de bibliothèque que pour un homme de terrain. Mais il ne faillirait pas à sa mission : soigner les gens.

En terminant de préparer avec vivacité sa sacoche, il jura de pas retrouver un couteau très acéré, avant de se rappeler comment il avait pu disparaître. Ce n'était pas le moment de songer à cette jeune aspirante qu'on lui avait amenée dans son dispensaire, et que cette dernière se sauve comme une voleuse. Comment elle s'appelait déjà ? Son sérieux revenant, il passa la sangle de sa sacoche et courut vers le Mahalma.



Mave Arkias
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MessagePosté le: Jeu 13 Juin 2013 - 01:33 Répondre en citantRevenir en haut

Mave quittait tout juste les caves inférieures. La vie en dortoir avait le don de la mettre sur les nerfs et au final elle cherchait à passer le moins de temps possible dans sa chambrée. Retrouvant un semblant de calme au fil de ses pas son esprit retrouva son agitation lorsqu'elle vit passer d'un pas vif quelques membres des « Spectres de Cendres » affichant une mine bien anxieuse et agitée.

Ils semblaient chercher quelque chose et l'un d'eux ouvrit la bouche pour lui parler quand un bruit de pas précipités résonna dans le couloir. L'homme arrivant en courant interpella la jeune aspirante et lui transmit le message de son maître, Yuma Amarok. Qu'était-ce donc encore que cette histoire de morts-qui-marchent ? L'Archonte avait beau lui avoir résumé la situation quelques temps auparavant, Mave n'avait pas cru à l'intégralité de l'histoire, dont cette partie...Et avec tous les bruits de couloir on ne pouvait pas le lui reprocher.

C'est en courant, l'esprit assombris de questions – qui devraient pourtant bien attendre face à l'anxiété palpable et communicative des soldats présents, qu'elle emboîta le pas à Yuan pour tenter de trouver son maître et obtenir des consignes un peu plus claires. Que Yuma veuille qu'on évacue les civils et les sans-dons était une chose, mais la jeune Torhile était encore trop fraîchement arrivée pour connaître les plans d'évacuations et issues de secours du Kaerl.

Plus les couloirs s'enchaînaient et plus la panique générale se faisait sentir, de chuchotements inquiets on passait à des exclamations apeurées. Toutes les artères dans lesquelles elle s'engouffrait grouillaient de monde et la peur qui régnait dans les esprits la saisit aux tripes, mais l'adrénaline gonfla ses veines et lui fit oublier le sentiment parasite. La jeune Torhile se fit bousculer dans sa course par un garde tentant de contenir un mouvement de foule. Il s'excusa sans prendre en compte son interlocutrice et retourna à sa tâche : faire de son mieux pour calmer ces gens inquiétés par les nouvelles du Val qui circulaient plus vite que dans une poudrière.

Le temps de reprendre son chemin, Mave avait perdu Yuan des yeux. Elle le chercha en jouant des coudes à travers la foule. Les gardes et les « Décurions Incandescent » rabattaient et faisaient mine de donner cohésion à la fuite des civils et des sans-dons vers le Mahalma, de ce qu'elle avait pu entendre entre leurs cris désorganisés. D'autres aspirants participaient à cet effort et un jeune maître-dragon tira la jeune femme de ses réflexions en l'empoignant pas le bras, l'obligeant à lui faire face pour lui reprocher sa passivité comme il se devait et la pousser à se joindre à leur mouvement. Mais avant qu'il n'ait le temps de dire un mot il fut accaparé par un aspirant submergé par la foule et qui menaçait de se faire écraser par ces gens qu'il était venu aider. Les mouvements de panique étaient souvent catastrophiques, Mave l'avait entendu dire, mais c'était la première fois qu'elle se trouvait prise au cœur de ce flot humanoïde semblable à une tempête.

Une main se posa soudain sur son épaule, elle sursauta et fronça les sourcils, prête à envoyer sur les roses le jeune maître-dragon de toute à l'heure ayant visiblement une bouffée d'autorité mal placée. Mais se retournant, elle reconnut Yuma. Tendu, s'efforçant malgré tout de lui témoigner un sourire confiant, il lui fit savoir ce qu'il attendait d'elle. Mave crut sentir la main resserrer son emprise sur son épaule lorsqu'il acheva son discours par une mise en garde. D'un regard elle marqua sa compréhension et le suivit des yeux un instant pendant qu'il reprenait sa course.

La Torhile mit quelques secondes à songer au paroles de son maître. Doucement l'architecture du Kaerl lui revint en mémoire dans ses grandes lignes et d'où elle était le chemin vers le Mahalma était une ligne droite. Chemin malheureusement bouché par la foule. Dans la cohue elle se fit heurter plusieurs fois et se retrouva bien malgré elle plaquée au mur. Reprenant contact avec la réalité la Torhile reprit le contrôle de son corps et de ses pensées étrangement calmes au milieu de ce raz de marée.

S'accrochant aux bas reliefs du mur d'une manière des plus sommaires, l'aspirante pris assez de hauteur pour surélever son regard d'une cinquantaine de centimètres. Alors qu'elle tentait de voir quelque chose au milieu de cette masse informe un garde vint la prévenir des plans qu'une autre aspirante leur avait soumis. Mave regarda au loin, essayant d'apercevoir cette issue tant recherchée par ces hommes, ces femmes et ces enfants totalement abandonnés aux aléas d'une foule paniquée et par ce fait incontrôlable à ses yeux.

- Les répartir serait une bonne chose, concéda-t-elle de sa voix forte sans lâcher cette issue invisible d'un regard dur. Mais comment comptez-vous dominer ce troupeau de moutons apeurés pour lui faire entendre raison ? Ceux engagés dans cette artère ne changeront pas de chemin, coûte que coûte.

Son propre calme l'étonnait, mais elle sentait ses muscles se crisper. La jeune femme fronça les sourcils en remarquant un renflement anormal au loin. Elle lâcha sa prise et atterrie en bousculant un autre civil qui ne le lui fit même pas remarquer. Le flux semblait avoir ralentis et elle se doutait de la cause. Mave enjoignit le garde à la suivre et se fraya un passage parmi les fuyards d'un pas vigoureux et aussi vif que la foule de plus en plus compacte lui lui permettait jusqu'à atteindre la cause de ce bouchon.

Comme elle s'y attendait, les mouvements de foule étaient fatals, c'étaient les mêmes règles que dans un troupeau de bêtes. Un homme était tombé et avait été piétiné sans vergogne avant de ne rendre son dernier souffle. Une bonne âme tentait d'obtenir une réponse du corps refroidissant tandis qu'une autre essayait d'empêcher le flux de bipèdes de ne causer plus de dégâts. Le garde accompagnant l'aspirante se précipita sur le corps et sur son visage ont lu la vérité. L'homme était mort d'une façon bien triste, et presque ridicule. Jetant les deux altruistes dans la foule par laquelle ils furent bien vite emportés, Mave poussa le cadavre contre le mur pour dégager le passage.

- Il faudra veiller à ce que les corps ne gênent pas l'avancée des civils, des bouchons comme celui-ci pourraient mettre d'autres vies en péril.
- Aspirante Arkias, le mieux serait d'éviter que ce genre de drame se produise à nouveau...
- Essayons, soupira l'aspirante.

Gueuler comme les abrutis derrière ne servirait à rien, ces gens n'étaient pas en état d'écouter quoique ce soit. Leur peur viscérale parasitait l'animosité de la petite Torhile. Non, il fallait agir et limiter les dégâts pour assurer au mieux la survie des civils dans leur folle échappée. Son maître comptait sur elle, même si aider n'était pas dans sa nature elle s'enfonça dans la foule avec le garde sur ses talons et laissa ses yeux fureter pour prévenir les incidents comme celui qui venait de se produire.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Jeu 13 Juin 2013 - 18:34 Répondre en citantRevenir en haut

Peur. Le noir l’entourait. Aucun son ne lui parvenait aux oreilles. Elle bougeait la tête. Cela n’avait aucune conséquence. C’est comme si elle était morte. Ce cauchemar. Toujours le même. Fuir était devenu une nécessité. Fuir la réalité, fuir la peur. Et pourtant, elle se réfugiait dans la peur, dans ce monde noir, rongée par la souffrance. Tout n’était qu’éternel recommencement, un cercle vicieux sans fin. Puis un bruit sourd la tira de sa torpeur.

Elle ouvrit les yeux et se redressa sur son lit. Le monde tourna rapidement autour d’elle et son buste vacilla. D’un main, elle gardait son équilibre, précaire. Elle inspira profondément et s’habilla rapidement. Elle en profita pour se mouiller le visage avec le fond d’eau qui stagnait dans la vasque en étain posée sur une commode. Elle ouvrit à peine la porte qu’un ombre la bouscula. Elle ne comprenait rien de ce qu’il se passait. Elle se tourna pour se relever et vit alors l’horreur. Pas dans les yeux, c’était bien trop insoutenable. Cela ressemblait à un civil, du moins à première vue. Un enfant, pas plus vieux qu’elle. En réalité, les gens se bousculaient en criant et quelqu’un avait dû, par mégarde, pousser l’enfant en courant. Malheureusement pour lui, le coin du lit l’avait rendu inerte.

Elle se releva, encore sous le choc. Que se passait-il donc ? Où était Lyssa et sa liée ? Une question à laquelle elle ne pouvait répondre. Elle s’avança sur le pas de sa porte. Quelqu’un arrivait en courant.

— Excusez-m …

Il était passé. Sans un mot, sans un regard. Un autre déboulait dans l’autre sens, armé.

— S’il vous pla…

Personne ne lui répondait. Insignifiante petite chose qu’elle était. Toujours et encore la même chose. Elle entreprit donc de suivre l’homme armé. Si elle se rapprochait du lieu du conflit, elle en apprendrait plus.

° Je pourrais tout aussi bien l’aider…°

Un choix cornélien. Satisfaire sa curiosité ou bien tenter de ranimer le garçon qui s’était affalé dans un bruit sourd dans sa chambre. L’idée de revenir et qu’un cadavre puant hante sa chambre ne l’enchantait pas plus que cela. Elle se retourna et ferma la porte. Trop de bruit. Elle s’empressa de quérir un bout de chiffon, sans succès. Après avoir ouvert nombre de tiroir, elle opta pour un bout de sa manche de chemise. C’était peut-être un futur lié lui aussi. Elle bouchonna le tissu, le trempa dans l’eau et s’agenouilla près du garçon. Elle tapota doucement sur le front qui saignait abondamment. Rapidement, le tissu s’imbiba de pourpre mais le sang semblait sécher. Elle posa une main sur les tempes de l’enfant et posa son oreille sur le cœur. Il était donc vivant, une bonne nouvelle. La neishaane ne savait pas quoi faire. Elle devait donc chercher de l’aide. Et qui d’autres que des chevaliers dragons pourraient l’aider ?

Elle sortit de la chambre non sans avoir hissé avec difficulté l’humain sur son lit. Elle le regretterait sûrement. Elle sortit de sa chambre et se fit bousculer sur le passage. Sa tête heurta le mur. Elle s’en tirerait avec une bosse mais sans excuses. Elle soupirait fortement, agacée par cette tension qu’elle pouvait presque palper dans l’air. Ruri se précipitait vers le Val, l’épicentre de toute cette violence. C’était d’ailleurs un faible mot. Elle chuta après s’être à nouveau fait bousculé. Puis les sons lui firent l’impression du explosion. Le bruit du métal, de la chair, des cris. L’odeur de sang putréfié lui monta aux narines, si bien qu’elle en eut le cœur au bord des lèvres.

° Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ? °

Incompréhension. Elle était là où elle n’aurait jamais dû être.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Jeu 20 Juin 2013 - 00:00 Répondre en citantRevenir en haut

Si quelqu'un a été oublié ou si j'ai omis des détails/autre, n'hésitez pas à m'en faire part par mp sur le compte de Yong'wu Zenghwei, merci.


Le sang, la sueur, la mort et la peur, voilà les odeurs qui régnaient maintenant au Kaerl Ardent, outre le choc des lames et les cris des blessés les sons n'étaient que terreur et ordres, les hommes se mettaient en place selon les ordres comme le voulait la hiérarchie mais les non-morts n'avaient pas attendu que tout se déroule en bataille rangée, ils avaient eu un objectif et s'y tenaient ; semer le chaos...

Les pantins gesticulaient, frappant du fer dans la chair de ceux qui n'étaient pas des leurs. Finalement le val fut dégagé en grande partie de sa population civile pour n'y laisser que les hommes d'armes et liés tandis que ceux qui ne vivaient plus se regroupaient, marchant sans sentiments sur leurs victimes, les archers qui n'avaient pu décocher leurs projectiles sans risquer de prendre une vie civile avaient retenus leurs mains mais maintenant que la ligne était dégagée...

La première salve vint frapper les rangs claudiquant, les têtes d'acier déchirant l'air avant de se ficher dans la viande sans vie dans un bruit mat, quelques uns s'étaient effondrés au sol sans un râle ne laissant entendre qu'un corps heurtant le sol tandis que d'autres encaissaient le projectile sans broncher. C'était là une vision d'horreur ; des personnes qui devraient normalement se retrouver mortes ou agonisantes en train d'avancer sans sourciller vers ceux qui leur tenaient tête. Certains gardes des moins courageux tentaient de fuir, terrifiés, mais étaient repoussés par le rang derrière eux et bientôt le sang frais revint dans l'air.

La masse compacte se disloqua, fonçant en toutes directions pour frapper et déchirer la chair, n'ayant en tête qu'une simple chose; tuer. Les archers lâchèrent une seconde salve avant de baisser leurs arcs; il n'était plus possible de décocher sans risquer un tir allié et à moins qu'un ordre direct ne leur ordonne de s'en moquer ils ne comptaient pas avoir du sang ardent sur les mains.

Le brute rousse se battait comme les autres, sans être un meneur ou un suiveur, il avait eu lui aussi le même ordre et il n'existait qu'une seule hiérarchie en vigueur; Le maître et ses pantins. Il se battait sans convictions, sans sentiments tandis que sa grande épée fendait les hommes et femmes de la garde, les mouvements brusques mais maîtrisés laissaient entendre à des automatismes d'une ancienne vie de guerrier et sous l'action le capuchon se retira du visage tuméfié mais tout de même reconnaissable pour ceux qui l'avaient connus de son vivant.

Les miliciens tombaient comme des mouches, fauchés dans leur inexpérience mais là était leur rôle; grossir le nombre et épuiser si nécessaire, hélas les morts ne fatiguaient pas, ils ne ressentaient plus ce genre de problèmes. Parfois l'un d'entre eux, chanceux parmi ses pairs, réussissait à porter un coup qui pouvait handicaper l'un des pantins mais leurs faibles protections et leur inexpérience ne leur offrait qu'une maigre chance de survie et rapidement la vingtaine de miliciens avait rejoint le sol pour le teinter de rouge.

Il restait encore au moins cinq hommes d'armes, les gardes, à tenir bon. Ils avaient formés un cercle et tentaient bien que mal de survivre dans cette mêlée sauvage tandis que les différents décurions menaient l'assaut d'une façon brutale mais les techniques traditionnelles ne marchaient point sur de tels adversaires ; il était beaucoup plus difficile de faire retourner un mort dans l'autre monde que de taillader un vivant. Puis dans ce qui semblait être un combat trop âpre pour les maigres forces en présence vint une lumière d'espoir ; une forme massive s'écrasa au milieu des pantins et en faucha une dizaine d'un coup de tête, les dragons étaient prêts eux aussi à défendre ce lieu ancestral...

Bien vite, d'épaisses fumées noires s'élevèrent dispensant l'odeur de viande brûlée sur le champs de bataille, les volutes s'embrasaient sous la puissance des enfants de Flarmya et tout adversaire aurait perdu tout espoir face à l'écrasante supériorité qu'offraient les dragons aux défenseurs du Kaerl, mais encore une fois ; ils étaient bien au delà de telles considérations. Il restait encore un nombre considérable de non-morts mais la balance des forces venait d'être ajustée jusqu'à ce qu'un drame ne frappe le coeur des membres du Kaerl...

Le cri de douleur, le son qui jamais n'aurait dû exister retentit tandis que le géant à barbe de feu enlevait sa lame d'un corps sans vie portant un tabard ocre, la mort d'un chevalier et le désespoir de son Lié. Celui qui autrefois fut Ulfgar se tourna d'un geste sec vers sa prochaine cible; toute erreur était punie de par ce formidable combattant qui autrefois était l'un de leurs frères, il s'avança de cette démarche non naturelle vers celui qui autrefois fut son aspirant ; Yuma Amarok.

Les morts grimpaient et frappaient, profitant du carnage pour se faufiler et planter leurs lames alors que des groupes s'étaient lancés à l'assaut des façades dans une célérité dérangeante, faisant fit de leur propre sécurité. Les Archers devaient maintenant cesser leur contemplation et défendre leurs vies car nul n'échappait à la mort, peu importe où vous vous trouviez. Les morts tentaient aussi de s'en prendre aux Dragons sans grands succès jusqu'à ce qu'ils s'adaptent à ce nouveau paramètre; certains devaient attirer l'attention et retourner dans le silence glacial de la mort tandis que d'autre profitaient de l'occasion, bien que souvent sans succès, pour s'accrocher aux bêtes là où ils le pouvaient et s'attaquer aux chevaliers et maîtres, ce fut le cas pour Lilwen et sa Liée tandis que deux morts avaient réussi à se hisser sur l'enfant de Flarmya, l'un d'entre eux ne resta pas longtemps sur la créature mais l'autre progressait tant bien que mal, armé d'un marteau de guerre et vêtu de vêtements banals, une flèche dépassait de son ventre mais ne semblait pas le gêner outre mesure.

Des renforts arrivaient, miliciens, hommes d'armes, spectres des cendres et autres forces armées mais le tout au compte goutte, la mêlée allait se poursuivre encore longtemps avant de prendre fin et aucune vie n'était protégée à cent pour cent...


***



Le flot de civils ne cessait pas, tel un raz de marée venant briser des dunes et s'engouffrant dans une ville, la panique se lisait sur les visages tandis que les hommes et femmes assermentés du Kaerl tentaient vainement de diriger le courant, ce chaos omniprésent dans les rues et couloirs empêchait la masse de se déplacer avec célérité tandis que certains en pleine crise de nerfs s'effondraient ou allaient dans la mauvaise direction, certains recherchaient des membres de leur famille, bloquant l'évacuation et rapidement de véritables embouteillages hurlants s'étaient formés.

C'était non sans compter sur quelques paramètres ; dans une rue un cor retentit et le bruit lourd de destriers se fit entendre par dessus les cris. Ils ne pouvaient se permettre d'arriver en retard à la bataille et ce qui était à la base des renforts devinrent presque aussi mortels que l'ennemi ; les puissants chevaux venaient fendre la foule, heurtant ceux qui se trouvaient sur leur passage et les piétinants tandis qu'une troupe de Brise-Lances se ruait au combat; les gens avaient été avertis par un cor, si ils ne s'étaient pas écartés à temps là n'était pas leur faute, tout du moins c'était ce qu'ils pensaient.

Plus l'on se rapprochait du coeur du Kaerl et de ses hautes et arrogantes structures, plus la densité de personnes grandissait, les entrées du volcan étaient de véritables coupes gorges car qui n'allait pas à la bonne vitesse, pressait le pas ou ralentissait, tombait ou tentait de retrouver un proche, les pieds des autres et les bousculades se chargaient de rappeler à l'ordre ceux qui ne suivaient pas le troupeau erratique. Non loin de Mave l'un des gardes tenta vainement de protéger une mère et son enfant des civils rendus fous par la panique mais ils n'acceptaient aucune entrave à leur fuite; l'homme ne vit pas la mort venir sous la forme d'une dague se plantant dans sa gorge et tomba lourdement au sol avant de disparaître sous des gens tentant vainement d'accélerer leur fuite. Les coupables avaient déjà disparu dans la masse et se moquaient éperdument des conséquences.

Quant-à la flaque de vomissure elle eu tôt fait de disparaître sous des pas pressés, l'aspirant qui accompagnait Anara fut bousculé et sa tête heurta un mur, le sonnant sous le choc tandis que des gens percutaient sans vergognes tout ceux qui ne courraient pas. Tout mouvement de foules avait ses tragédies et celui-ci n'y manquait pas; un garde venait d'être attrapé par un homme au regard fou et le secouait en hurlant de l'aider à retrouver sa petite soeur, le garde prit peur et décrocha un coup de boule au civil avant de reculer contre un mur, les membres tremblants.

Le Weyr des aspirants n'était pas en reste, car malgré le fait qu'il était situé dans les niveaux inférieurs du volcan, celui-ci commençait à son tour à être prit de panique. Aspirants, nouveaux arrivants, serviteurs, gardes, civils, c'était l'incompréhension la plus totale jusqu'à ce qu'une voix s'élève pour informer les autres; elle venait de la gorge couverte d'une barbe poivre et sel d'un garde.

“ Le Kaerl est attaqué ! Les ordres sont que tout aspirant doit rejoindre le Mahalma et aider à l'évacuation des civils vers ce point ! Une fois sur place nous recevrons de nouvelles instru-”

Le pauvre bougre ne termina jamais sa phrase, le maître des ombres était malin car l'attention était maintenant tournée vers le Val et le gros des troupes ce qui avait permis à de petits commandos de sortir de leur cachette et d'attaquer à tout va. La lame se retira du poitrail de l'homme qui posa des yeux écarquillés sur la plaie et y plaça une main tremblante comme pour tenter d'arrêter l'hémorragie avant que son corps ne rejoigne le sol dallé.

Il y avait en tout une vingtaine de non-morts qui venaient de débarquer, couverts d'habits amples où leurs armes avaient été dissimulées il se montraient maintenant au grand jour dans l'espoir de saigner le Kaerl Ardent à vif en s'en prenant à ce qu'il avait de plus précieux ; ses Aspirants, ces âmes qui bientôt devaient se Lier.

Un aspirant tenta de rallier les autres en sortant une dague et hurlant aux autres de charger sur ces fous car la réalité ne les avaient pas encore rattrapés, ce ne fut que lorsque l'objet pointu se ficha dans un corps dans ce qui devait être un coup mortel et que l'aspirant fut embroché sur une épée que l'horreur se montra sous son véritable visage ; ils étaient des morts-vivants, certes leur physique ne collait pas aux légendes de cadavres en décomposition marchant et cherchant à semer la mort car ceux-ci ressemblaient à des gens normaux mais il en fallait bien plus pour les tuer et leurs plaies ne saignaient pas...

L'un d'eux se rua vers Ruri, armé de deux armes courbes tandis que ses pieds se déplaçaient d'une façon saccadée et fort peu naturelle sur les dalles, son visage n'exprimait rien; ni haine, ni rage, ni soif de sang, une neutralité parfaite, aucun rictus et aucun son, le visage même de la mort, le flot de gens empêchait toute personne d'aller dans une autre direction que le Mahalma et le val était maintenant inaccessible.

La même scénario se déroula dans les rues bondées; sortant de leurs cachettes, des pantins se ruèrent sur la foule provoquant encore plus de chaos dans l'évacuation, les groupes étaient petits et rapides, au maximum une vingtaine de non-morts mais bien souvent trois ou quatre, tout ce qui bougeait était leurs cibles et ils ne comptaient pas faillir à leur sombre maître.

“Protégez les civils !”

La voix retentit, claquant dans l'air et fut relayée à grands renforts de poumons par la plupart des gardes qui sortirent leurs armes pour faire face mais les mouvements entravés par la foule qui se pressait plus qu'auparavant. Les aspirants devaient maintenant prendre les choses en mains ou fuir, cela restait à voir, il en allait de même pour le guérisseur qui était lui aussi dans une telle situation, cerné par un flot incessant et chaotique de civils tandis que quelques morts-vivant sortaient de leur cachette pour s'en prendre aux gens. Un garde saisit le maître par l'épaule et le tira en arrière pour éviter que celui-ci soit piétiné ;

“Maître Frâlan ! Il vous faut rejoindre le Mahalma de toute urgence ! Nous allons vous escorter “

Ils étaient en tout trois gardes entourant le guérisseur, celui-ci allait sans doutes avoir beaucoup de travail dans les heures à venir et ils le tirèrent dans la foule, bousculant les fuyards sans prendre attention pour guider le guérisseur jusqu'au Mahalma mais la route était semée d'embûches.

Les Gardes du trône de flammes n'avaient pas accompagnés le Seigneur Alauwyr à sa rencontre, leur présence au Mahalma était donc logique; des statues d'obsidienne équipées du meilleur équipement disponible en toute occasion, ceux-ci se tenaient face à l'entrée, boucliers levés et stoppant le troupeau affolé de civils. Lors d'une crise de cette ampleur ils restaient généralement aux côtés de la tête couronnée pour la protéger et lorsque la dite tête n'était pas là ils n'avaient qu'une seule instruction; Empêcher d'entrer au Mahalma à tout ennemi potentiel.

Leur nombre n'était pas conséquent mais ceux-ci étaient renforcés par une avant garde composée des Lames de feu, les gardiens du Concile, les gens criaient, insultaient et suppliaient mais ces hommes et femmes surentraînés n'étaient pas réputés pour faire du sentiment. Une voix puissante s'éleva de derrière les rangs des gardiens, leur supérieur hiérarchique.

“Ici s'arrête l'évacuation des civils ! Gardiens, ne laissez personne entrer hors mis les détenteurs du don ! Aspirants, Chevaliers et Maîtres; Identifiez vous et Avancez !“

Le groupe de gens grossissait à vue d'oeil et la panique en plus de l'annonce n'arrangeait en rien les choses; rapidement des protestations et des insultes fusèrent envers les gardiens et en un clin d'oeil cet oasis se transforma en cauchemar; plusieurs personnes tentèrent de forcer le passage, il n'en fallait pas plus aux gardiens pour avoir recourt à la violence pour faire respecter les ordres. Un bouclier de jais, luisant sous la lueur orangée des torches surgit avec force de la ceinture de gardiens pour frapper un homme en pleine face et l'envoyer au sol, les lames s'abaissèrent, prêtes à frapper tout récalcitrant.

“Civils ; vous n'avez pas l'autorisation d'entrer au Mahalma. Toute résistance est futile et sera punie sévèrement en tant qu'acte de rébellion envers le Kaerl ! Faites places aux détenteurs du Don ou nous serons obligé de tailler nous même un chemin aux élus de Flarmya !“

Les choses se corsaient, maintenant ceux qui étaient sensés devenir leurs protecteurs par droit divin recevaient des regards haineux de la part de la foule en colère tandis que de temps en temps les boucliers s'écartaient pour laisser passer quelques courageux ayant décidé de clamer haut et fort le fait qu'ils possédaient le don pour rejoindre la toute relative sureté du Mahalma. Si les choses continuaient de cette façon il ne fallait pas douter qu'elles allaient très rapidement dégénérer. Là était le choix de Narcisse.
Lyssa Ciniver
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MessagePosté le: Jeu 27 Juin 2013 - 14:45 Répondre en citantRevenir en haut

Lyssa avait horreur de plusieurs choses et l’une d’elle était d’être réveillée brutalement, d’être extirpée à son insu d’un rêve, rêve dont elle ne pourrait en saisir les raisons car oui elle analysait ses rêves.

Un stupide être était en train de frapper sur la porte et de l’appeler.

Maîtresse Ciniver! Maîtresse Ciniver ! C’est urgent !

– Ca va ! Ca va! J’espère qu’il y a une bonne raison de me déranger fit la brune dans un simple peignoir en ouvrant le panneau de chêne.

Son mécontentement ne fut pas amoindrit, bien au contraire, quand elle constata qu’il s’agissait d’un demi-sang. Une sorte de balourd de Torhil avec des oreilles pointues… Cela en était aussi ridicule que pitoyable et énervant. Et c’était cette chose, cette erreur de la nature qui lui avait fait ouvrir les yeux avant l’heure…

L’homme s’inclina respectueusement et craintivement aussi avant de reprendre de plus belle.

Une bonne raison oui Maîtresse Ciniver. Jamais je ne serai venu vous réveiller autrement… Le Kaerl est attaqué ! Votre présence est requise au Val fit la vile créature en frappant sur la porte une nouvelle fois mais de rage et non en pour réveiller la brune.

– Comment ça le kaerl est attaqué ?!!?

° Des mort-vivant… °

Nous sommes attaqué par des créatures sans vie et p

Oui c’est bon des morts-vivants je sais…. coupa sèchement Lyssa tout en se préparant.

Elle retira son peignoir sans chercher à dissimuler son corps et enfila rapidement une tenue plus appropriée au combat, ne prêtant plus attention au demi-sang.

° Je te retrouve au Val à la première plateforme après le Weyr… Sois prudente Lili °

° J’y serai… Contacte Ruri et préviens là de ce qu’il se passe. Elle n’est pas prête pour une bataille mais dis-lui qu’elle prenne des armes dans °

° Dans le coffre en bois dans la réserve où tu l’as habillée la première fois je sais… °

° C’est ça… et qu’elle évite de se faire tuer mais qu’elle se rende utile°

° Je m’en occupe…. °

Ce que petite bleue dit, petite bleue fait :

° Ruri … Le Kaerl est attaqué par des morts-vivants… Lyssa veut que tu ailles récupérer des armes, si tu n’en as pas, dans la pièce où vous êtes allées après ton premier bain à ton arrivée. A droite de la porte tu trouveras un coffret en bois, il y a ce qu’il faut dedans.

Ma liée veut que tu restes en vie mais ne reste pas cachée et rends toi utile… °


Lyssa fut prête rapidement et sortit de ses quartiers dans une tenue de cuir avec de légères protection, un petit bouclier rond et une épée en mains, deux dagues étaient accrochées à sa ceinture. Elle traversa donc les quartiers des Maîtres rapidement sans adresser un seul mot, mais assena toutefois un coup de la garde de sa lame à un sans don fuyant paniqué en sens inverse et qui allait lui rentrer dedans.

Au fur et à mesure qu’elle approchait du Val elle entendait des cris et le bruit des armes s’entrechoquant. Ces sons approchant étaient autant de signes qu’elle allait bientôt retrouver Shenesda.

La saurienne attendait comme prévue, défendant comme elle le pouvait les gardes à pieds à coup de gueule et de serres. Lyssa se dirigea vers sa moitié d’âme d’un pas rapide et elle brune reçut un trépané qui se ruait sur elle avec son bouclier, l’envoya au sol non loin de ses dents qui sautèrent sous le coup de la lame ardente. Elle se défit d’un autre agresseur avant de réussir à se hisser sur le dos de la bleue manquant de peu d’être entaillée par une dague ennemie.

Les deux âmes sœurs réunies prirent de l’altitude et rejoignirent le reste des chevaliers et Maîtres dragons, attendant les ordres.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Sam 29 Juin 2013 - 21:38 Répondre en citantRevenir en haut

-Laissez-moi passer !

Alertés par les rumeurs, les hommes, les femmes et les enfants dépourvus du Don étaient venus se réfugier en nombre au Mahalma. Beaucoup, arrivés tout droit de leur lieu de travail, avaient refusé d’abandonner leurs animaux, et tentaient vainement de se frayer un chemin au milieu de la foule affolée. Peu habitués à être la cible d’attaques ennemies, les Sans-Don n’avaient adopté aucun réflexe de survie. Par exemple, rares étaient ceux qui avaient songé à se munir d’une arme. A défaut de dague ou de lance pour certains, c’était la fourche ou la hache qui leur servait à se défendre contre un ennemi qu’ils ne voyaient pas. Malheureusement, la place manquait pour tenir un siège lorsque toute une populace souhaitait s’entasser dans une même salle avec les enfants, les animaux et les maigres richesses qu’elle avait réussi à emporter malgré l’arrivée de la horde déchaînée. De quoi inquiéter les Gardiens du Mahalma, qui désormais, n’autorisaient l’accès à la salle du trône qu’aux seuls possesseurs du Don. Maîtres, Chevaliers et Aspirants se pressaient de trouver refuge dans l’antre du Seigneur Noir, alors qu’ils auraient dû être aux côtés des combattants.

-Mais à quoi est-ce que vous jouez au juste ? s’exclama soudainement Narcisse, une fois face aux Gardiens. La foule se presse aux portes du Mahalma, pourquoi lui en interdisez-vous l’accès ?
-Le Mahalma n’est ouvert qu’aux seuls possesseurs du Don. L’ordre vient de notre supérieur.
-Et en quel honneur, je vous prie ?
s’emporta-t-elle. Que je sache, la majorité des Sans-Don n’ont aucun talent pour le combat ! Nous seuls sommes capables de les protéger, et non l’inverse. Je n’ai d’estime pour aucun d’entre eux et qu’ils meurent m’importe peu, mais les ordres de l’Archonte sont clairs : les jeunes Chevaliers et les Aspirants doivent protéger les civils en les réunissant au Mahalma. Les autres rejoignent le Val pour combattre l’ennemi.
°Narcisse, soit plus pertinente. Si tu t’adresses avec autant de mépris à ces hommes, jamais ils ne te prendront au sérieux.°
° Peu m’importe, Wicella. A leurs yeux, je ne suis que la petite aspirante du Grand Elendel Hastin. Celle qui l’a suivi des mois entiers comme son ombre, parfaitement soumise à ses moindres désirs. Je me moque bien de leur respect ou de leur reconnaissance. Néanmoins, l’Archonte fait tout pour sauvegarder le Kaerl et je refuse qu’une poignée d’homme soit à l’origine de son échec. °

-Alors dites à votre supérieur de laisser passer ces gens, ou bien il lui en coutera d’affronter la colère de l’Archonte une fois ce combat terminé, et ce avec la mort de plus d’une centaine de personnes sur sa foutue conscience !

Une main se posa délicatement sur l’épaule de Narcisse, qui sursauta à son contact. C’était un homme vieil homme au regard vif. Malgré son âge, il restait grand et musclé. Même Alauwyr paraissait bien chétif à ses côtés.

-Vous avez entendu cette jeune Dame, messieurs ? Les ordres de l’Archonte ont pourtant été plus que clairs.
-Oui, Maître Ygral,
s’empressa de répondre l’un des Gardiens, qui s’écarta du chemin des civils, comme si le Seigneur Noir lui-même venait de donner ses ordres. A l’évocation du nom « Ygral », les autres suivirent le mouvement, un à un, et les civils purent enfin se réfugier au Mahalma.

Une Chevalière indigne, voilà ce qu’elle était puisqu’elle n’arrivait pas à se faire respecter des autres, que ce soit des Gardiens ou des Aspirants. Si le Maître Amarok avait souhaité la garder à ses côtés, alors il le lui aurait demandé. Au lieu de cela, il l’avait envoyé, avec les autres jeunes Chevaliers, aider les Aspirants à mettre en sécurité plus d’une centaine de civils paniqués. A quoi pensait-il en lui donnant une tâche aussi ingrate ? S’imaginait-il qu’elle était incapable d’affronter une horde de zombie ? La pensait-il aussi vulnérable que lors de leur première rencontre au Val, il y a quelques mois de cela ? Quoi qu’il en soit, ce n’était pas à ce poste qu’elle allait pouvoir gagner l’estime des plus grands. Les futurs héros de cette guerre ouverte était actuellement au Val, pas ici, à l’ombre du Mahalma, à veiller à ce que l’ennemi ne se soit pas infiltré parmi les Sans-Don !

Partagée entre la colère et la résignation, elle se laissa finalement de côté sa raison et s’engagea en direction du Val, sans se soucier des conséquences que pourraient avoir ses actions. C’est finalement le vieux Maître qui était intervenu tout à l’heure qui lui attrapa le bras, freinant brutalement sa course. Wicella, à ses côtés, jugea bon de ne pas intervenir. Narcisse était toujours sourde à ses conseils, alors si cet homme pouvait lui ouvrir les yeux, elle n’avait aucune raison de s’y opposer.

-Votre place n’est pas là-bas, Chevalière d’Istelsten.
-Mais je veux prouver ma valeur !
-Vous l’avez déjà fait en vous opposant au choix des Gardiens du Mahalma.


Narcisse dégagea vivement son bras, mais ne chercha plus à s’éloigner du Mahalma. Maître Ygral avait gagné la partie.
La jeune femme ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle serait plus utile au front qu’ici. Mais l’Archonte en avait décidé autrement pour une raison propre à ses convictions, et le rejoindre mettrait en péril son autorité, quand bien même déciderait-il de ne pas lui en tenir rigueur. Néanmoins, une fois cette bataille terminée, elle comptait bien lui demander des explications quant à son comportement envers elle. Depuis le grand bal, elle ne l’avait plus croisé, ou tout du moins, l’avait soigneusement évité afin de ne pas avoir à affronter son regard. S’il la pensait aussi faible que lors de leur dernier duel au Val, alors il se trompait lourdement sur son compte, et elle comptait bien le lui prouver en le défiant de nouveau, et cette fois dans les règles. Les poings serrés, elle rejoignit les autres Chevaliers pour organiser l’entrée des civils dans le Mahalma. Sa voix forte était un net avantage dans une telle situation.

Wicella, elle, restait bien aux côtés de sa Liée, car son âge faisait d’elle une proie facile. Plus trouillarde qu’un chiot, elle était bien loin de pouvoir affronter le danger, aussi acérées soient ses dents.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013 - 16:11 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri n’était pas une grande habituée des scènes de combat. L’odeur du sang la répugnait tout autant que la vue de ces cadavres déambulant lui remontait le cœur au bord des lèvres. Lorsque la voix de Shenesda résonna dans son esprit, cela lui donna du baume au cœur et elle se sentit prête, mais à quoi ?

° Je me souviens bien de ce lieu. Mais ici … c’est … °

La lien de communication se coupa entre les deux êtres. Un mort-vivant s’approchait, Ses deux croissants de lunes ne brillaient pas, maculé d’un sang encore dégoulinant. L’expression de Ruri fut proche de la terreur. Elle recula et buta sur un corps inerte. Elle chut en arrière et son adversaire en profita pour l’attaquer. Elle évita de justesse la lame en roulant sur le côté. La course-poursuite était engagée. La neishaane était incapable de tuer. Non pas par volonté, mais par inaptitude. Elle n’avait jamais tenu une arme de sa vie encore. Elle se mit à courir, affolée. Ses pensées étaient toute aussi perturbées que ses actes. Elle ne savait pas où elle allait.

° Le coffre … il faut que j’aille au coffre °

Elle bifurqua soudainement de chemin mais se retrouva nez à nez avec l’être putréfié. Il l’avait donc suivi. Son regard affolé scrutait l’espace qui lui permettrait de passer derrière lui. Avec de la chance, si elle se jetait en avant, elle pourrait esquiver une attaque et s’enfoncer vers la réserve. Après avoir tenté d’analyser cette échappatoire qui semblait la seule opportunité de rester vivant, elle plongea en avant. Mais c’était sans compter sur une certaine réactivité du cadavre qui, d’un coup de pied violent, l’arrêta net dans son élan. Elle fut projetée plus loin et roula sur plusieurs mètres avant de s’arrêter. Elle cracha du sang. Une vive douleur lui tiraillait les côtes et sa respiration était difficile.

Ses bras et ses jambes étaient égratignés. Elle ressentait une brûlure au niveau de son dos, entre les omoplates. Elle n’était vraiment pas faite pour combattre. Elle mit un genou à terre et se redressa. L’adolescente vacilla alors que son adversaire se rapprochait dangereusement avec ce vide dans son attitude. Effrayée. Ruri ne savait quoi faire.

Une épée traversa le corps du mort-vivant et sépara son buste du reste du corps. La vision d’horreur provoqua un tel remoud dans son esprit qu’elle se détourna pour vomir. Ce n’était décidément pas son jour et elle passerait plus pour une sans-don qu’une aspirante.

— Hey, gamine. Qu’est-ce que tu fiches ici ? Va rejoindre tes parents au Mahalma, les civils doivent évacuer en vitesse !

La neishaane essuya sa bouche et eut envie de répliquer, mais elle abandonna bien vite. Ce n’était ni l’heure, ni le moment. Elle acquiesça et se dirigea vers la remise. Elle ouvrit la porte prudemment et la ferma derrière elle.

° Le coffre … le coffre … il est où ? Là ! °

Ruri l’ouvrit et fouilla à l’intérieur. Un drap noir enveloppait une dague joliment décorée. L’adolescente s’en saisit et l’accrocha à sa ceinture. Elle disposait d’un fourreau. Au moins ne se blesserait-elle pas en marchant. Elle se retourna et ouvrit la porte. Elle baissa la tête de justesse pour éviter l’attaque circulaire d’une hache. Elle recula, prise de panique. Le temps de figea. Le mort-vivant lançait sa hache contre elle. Elle eut juste le temps pour l’esquiver en tournant son buste d’un quart de tour et elle se rua sur lui, la dague à la main. Elle le perça à de nombreuses reprises, sans s’arrêter: une vingtaine, trentaine de fois peut-être, en hurlant. Le sang maculait son visage. Elle avait tué … pour la deuxième fois de sa vie. Epuisée d'avoir utilisé son pouvoir sans le vouloir, elle s'écroula à côté du corps sans vie.


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 23 Juil 2013 - 13:52; édité 1 fois
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
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MessagePosté le: Sam 6 Juil 2013 - 10:07 Répondre en citantRevenir en haut


Esthen Frâlan & Buroth


Frâlan sut ne pas se laisser envahir par la panique pour l'instant, malgré la présence proche des combats, de la panique des fuyants, du fracas du métal des défenseurs qui voulaient repousser les assaillants... Assaillants qui allaient à l'encontre de ce que connaissait le Maître Guérisseur. Les morts ne pouvaient pas revenir à la vie ! Ce n'était pas naturel. Il n'avait pas paniqué en voyant les premiers, non loin de là au fur et à mesure qu'il se rapprochait du Mahalma. Consterné, subjugué, il s'était même arrêté en plein milieu des flots remuants de bipèdes, les ignorant et fixant son regard ahuri sur ces improbables choses.

Quelqu'un l'attrapa par l'épaule pour le tirer en arrière, l'invitant en même temps à reprendre ses esprits. Esthen secoua sa tête, reprenant contenance comme il put et hocha de la tête quand les trois gardes le pressèrent de quitter les lieux.

*Oui le Mahalma ! Ne perdons pas de temps ! *

Il s'était attendu un jour à mettre un pas dans ce qu'était l'atmosphère d'une guerre ou d'un champ de bataille. Mais pas avec des choses contre-nature !

°Concentre toi sur ton devoir mon lié. Tu es là pour autre choses ! °
°Oui les blessés ! je sais. Je vais avoir fort à faire. Heureusement que j'avais ces gardes...°


Ses pensées se coupèrent quand la voie pour rejoindre la salle Seigneuriale leur fut presque interdite. Enfin pas complètement. Uniquement pour les civils sans Don qui fuyaient les combats et n'avaient pas eu d'autres choix que de venir se réfugier ici. Quoi ? Ces gardes n'allaient pas laisser passer les sans don ? Certains des novices et des guérisseurs qui servaient pour le Kaerl étaient des Sans-Don ! Il fallait pour Frâlan le maximum de ses gens pour jouer son rôle.

Il allait faire un pas en avant, malgré la menace de se voir balayer par un coup d'épée de ses gardes d'élites quand une jeune femme prit les devants, s'offusquant d'une telle décision. Il sourcilla quand il reconnut cette patiente qui lui avait filée d'entre ses mains, pour ne pas avoir le bénéfice de ses soins. A entendre l'houspillage qu'elle jetait aux Gardiens, le diagnostic était sans équivoque : elle était en pleine forme !

Assistant à la conversation houleuse, Esthen avait déjà glissé sa main dans sa sacoche, prêt à sortir une petite fiole aux effets endormisseurs. Si les Gardiens persistaient à ne pas laisser passer les civils... Un Maître sortit des rangs et rappela les ordres donner par l'Archonte. Ouf... Il n'aurait pas besoin d'user de potions pour permettre aux gens d'aller se réfugier au sein de la grande salle... Ces Gardiens avaient eu la jugeote de comprendre rapidement leurs intérêts. Si Esthen avait été obligé d'intervenir, il aurait perdu du temps à cause de ses gros lourdauds.

Avant de se diriger plus aisément vers le Mahalma, il vit la jeune Narcisse retenue par le Maître Ygral. Visiblement, la jeune chevalière voulait aller se battre. Mais se battre avec un tout jeune dragon n'était pas judicieux et le maître semblait lui expliquer comme ça. Puis elle revint vers l'entrée du Mahalma pour apporter l'aide nécessaire. Le Maître Guérisseur s'approcha d'elle en posant une main sur son bras.

''Jeune chevalière, merci d'avoir d'affronter ces Gardiens... Mes novices n'auraient pas pu passer à cause de leur imbécile loyauté. J'aurai besoin de votre détermination pour m'envoyer les gens blessés, même si ce n'est que léger. Je n'aurai pas le temps de leur courir après et au vue de votre autorité, je pense qu'ils sauront parfaitement vous obéir. Même un dragon se plierait à vous. ''

Il lui accorda un sourire confiant, malgré que ce n'était guère dans ses habitudes, mais il avait besoin de toute l'aide disponible pour faire son travail.

''Ah et... Non nous en rappelerons plus tard. Bon courage et n'hésitez pas à me quérir si jamais il y a du grabuge qui requiert ma présence sur le champ. ''

Il lui tapota le bras amicalement comme il le faisait à un novice qui le satisfaisait dans ses efforts. La jeune femme avait besoin d'encouragement. Sans doute que de voir esthan lui accorder un rôle important l'aiderait à se sentir plus utile. Il pressa le pas pour rejoindre ses gens qui avaient commencé à exécuter leur devoir de guérisseur. Et le tout sans paniquer, malgré les combats proches...

Esthen eut tôt fait d'évaluer la situation et renforça l'organisation. Il y avait déjà des blessés à soigner. Soudain il sentit une onde de colère l'envahir. Son dragon venait d'agir de son côté, fauchant d'un coup de queue quelques morts-vivants qui avaient tenté de forcer un passage non loin de là. Le dragon brun avait piqué pour fouetter le sol de sa queue avant de reprendre la voie des airs.

°Buroth ! Tu n'es pas un combattant !°
°Toi non plus, mais il faut bien que je serve à quelque chose ! °
°Essaie plutôt d'aider les gens au besoin à s'orienter ici et de guider les éventuels combattants....°
°Ne t'inquiète pas pour moi, je ferai attention. Je reste un dragon malgré tout et le Kaerl peut avoir besoin de mes services si jamais j'en reçois l'ordre... °
°fais quand même attention. J'ai besoin de toute ma concentration ici. Si tu venais à être blessé, je risque de perdre mes moyens. °
°Je t'aiderai à ne pas trop perdre tes moyens. Aie confiance. °


Frâlan n'en douta pas. Enfin il l'espéra. Puis il pointa un doigt autoritaire sur une personne en soutenant une autre

''Vous, amenez moi ce blessé par ici, que je vois ses blessures et que je l'oriente vers les autres guérisseurs ! Dépêchez vous !''

Il se mettait déjà en premier sur le tri des blessés, pour orienter les cas abordables pour ses novices et guérisseurs. Il avait déjà préparé son matériel pour les cas les plus difficiles. Et par les Dieux, il s'attendait déjà à en avoir, au vue de la fureur des combats... Il pria un instant certains dieux avant de se concentrer pleinement sur son devoir.

[HRP : Yuma répondra aussitôt après moi Clin d'Oeil La réponse viendra au plus tard Lundi :p]



Yuma Amarok
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MessagePosté le: Mer 10 Juil 2013 - 22:31 Répondre en citantRevenir en haut

Rien ne fonctionnait. A la vue des archers qui se mettaient en place, Yuma avait levé son épée au-dessus de sa tête et l'avait abaissée pour leur donner l'ordre de tirer. Si Lilwen avait fait du bon travail, il n'en demeurait pas moins que les flèches ne suffisaient pas à arrêter l'envahisseur. Les morts qui marchent avaient eu tôt fait d'avancer jusqu'aux lignes de chevaliers et de maîtres qui leur barraient le passage, formant des rangs serrés.

Les dragons avaient pris le chemin des airs et lançaient des gerbes de flammes autant que faire se pouvait. Certains cavaliers se faisaient submerger sur le dos même de leur lié. La débandade ne serait pas permise, il allait falloir changer de stratégie très vite si les troupes ne voulaient pas se laisser surprendre par l'assaut bestial qui sévissait autour d'elles.
La vue des miliciens massacrés arracha une grimace de colère à Yuma. Abattant sans ménagement sa lame contre des assaillants qui souhaitaient le défaire, le jeune homme ne pouvait s'empêcher de sentir une émotion douloureuse grimper en lui. Il n'avait pas voulu ça... ce sacrifice d'autant de personnes. Le décompte n'était pourtant pas terminé chez ces monstres.

Un hurlement déchirant sembla faire taire le vacarme qui ne cessait de croître autour des combattants. Tous se tournèrent presque instinctivement vers la victime du géant roux, retirant sa lame d'un corps dérobé à la vie. Dans l'esprit de Yuma, Nemuri poussa un gémissement terrorisé. L'un des siens s'apprêtait à tomber avec son lié bipède... Elle ne pouvait le supporter de la sorte, pas plus que les autres sauriens, troublés par l'acte injurieux que venait de commettre celui qui aurait jadis dû défendre le Kaerl Ardent.

Le demi-sang avait écarquillé les yeux en reconnaissant la silhouette qui venait de se dévoiler. La capuche venait de tomber sur les épaules d'Ulfgar Haraldson. Son ancien maître, tombé au combat quelques mois plus tôt, venait de refaire son apparition dans sa demeure de Tol Orëa. Son arme fendait l'air à la recherche de la chair, autant que ses pairs, qui ne cessaient leur combat féroce sans craindre le moindre coup. Qu'avait-on à craindre lorsque la vie nous avait déjà été arrachée ? Aucun d'eux ne souffrait des blessures, ni n'émettait aucun son qui eût pu rappeler un être autrefois vivant. Tout sentiment, toute pensée, avait dû quitter leur esprit depuis longtemps. Lorsqu'on ne craignait pas la peur, ni même de retourner dans le néant de la mort, que l'on ne sentait pas la douleur et que l'on avait si soif de sang... qu'attendre de plus que des êtres doués d'une force qui dépassait de loin les mortels ?

Ulfgar venait de tourner son regard vide vers lui. Dans une autre situation, Yuma aurait sans doute pensé que son apprentissage chaotique fût pour quelque-chose à la colère qu'aurait pu lui porter l'ancien maître. Nulle colère n'habitait le visage du colosse, pas même l'ombre d'une émotion. Toute humanité avait déserté son visage et ses gestes : échos d'un marionnettiste bien caché dans sa demeure, se gaussant des horreurs qui avaient lieu aujourd'hui.

Le grand barbare avait repéré sa prochaine cible. Les prunelles mauves du jeune maître-dragon allèrent du cadavre étendu au sol, au responsable d'un tel sort. Faiblesse ou non, le visage de Yuma s'était teinté d'une rage sans pareille, l'obligeant à serrer davantage la poignée de son épée. La douleur de la Marque était insupportable. Sa peau semblait cuire sous sa tunique, brûlant d'un froid glacial qui pénétrait jusqu'aux tréfonds de son âme. Cette douleur, il la ferait sienne et s'en servirait pour rendre ce corps décharné à la poussière qu'il n'aurait jamais dû quitter.

*Nemuri ! Le feu, utilisez le feu contre eux et faites attention à tous ceux qui se battent avec nous en bas !*

*J'en avertis mes frères et soeurs.* Répondit la Bleue. *Reprends-toi, mon lié, ton rôle est de mener les autres, tu ne peux te permettre un duel...*

Une envolée de flammes s'échappa des mâchoires de la dragonne et de trois de ses frères, se déversant sans ménagement sur une ligne de morts-vivants et les carbonisant sur place.

Gardant tout de même un oeil sur la démarche étrange de son ancien maître, le jeune homme hocha la tête et se tourna vers les hommes qui se battaient derrière lui et achevaient de retirer les membres de chaque monstre croisé. Ca ne les tuait peut-être pas complètement, mais attaquer sans jambes, sans tête et sans bras n'était pas des plus pratiques, même pour eux. Dans le fond, les cavaliers Brise-Lances étaient arrivés avec un zeste de retard.

- Reformez les rangs ! Hurla Yuma par dessus le vacarme. Ne vous dispersez pas !

A même le sol, il n'avait guère l'occasion de faire porter sa voix très haut. Il allait devoir faire montre d'un peu plus d'adresse. Ainsi échappa-t-il à la distance qui le séparait d'Ulfgar et s'éloigna-t-il de lui sans tarder. Il ne lui fallut guère de temps pour enfourcher la monture de l'un des Brise-Lances, prompt à rejoindre l'un de ses camarades sur un autre destrier et d'attaquer à deux. La monture eut beaucoup de mal à accepter son nouveau cavalier, mais dut se faire à l'évidence que l'heure n'était pas aux caprices. Les rênes dans une main, le jeune homme talonna le cheval et balaya quelques morts-vivants sur son passage sans la moindre pitié, les éloignant de lui, alors qu'ils cherchaient à le faire tomber.

Enfin seul au milieu de ses compagnons d'armes, il finit par lever son épée au-dessus de lui et par hausser la voix une seconde fois :

- Ne vous laissez pas distraire par la débandade ! Guerriers du Kaerl Ardent, reprenez-vous et battez-vous ! Ceux qui sont à terre, rejoignez l'arrière des cavaliers ! Que les dragons brûlent ces créatures pour sortir nos archers de là ! Enflammez vos flèches, brandissez vos lances ! Coupez leurs membres et leurs têtes ! Qu'aucun d'eux ne puisse franchir nos murs davantage !


Tant bien que mal et malgré les assauts continuels des cadavres qui déambulaient dans le Val, les bougres qui se battaient au sol parvinrent à reformer un semblant de cohérence dans leurs rangs. La ligne se redessinait, malgré un recul considérable vers les limites du Val. Néanmoins, il ne fallait pas se laisser acculer. Les chevaux piaillaient déjà d'impatience et certains hommes se réjouissaient de s'illustrer dans la bataille. Le regard de Yuma croisa de nouveau celui d'Ulfgar. Son duel, ce dernier l'aurait, quand bien même devait-il attendre que ses hommes reprissent contenance. Les morts qui marchent vinrent s'empaler sur les lances de certains guerriers, tentant d'approcher et de repercer les rangs comme ils l'avaient déjà fait. La horde poursuivait son attaque et le rassemblement des enfants du Kaerl Ardent n'avait eu que quelques précieuses petites minutes pour rassembler son courage.

La lame de Yuma se pointa alors en direction des créatures qui parvenaient presque à leur niveau, attaquant de nouveau sans ordre précis, prêtes à tuer sans distinction et sans la moindre once de peur :

- Chargez !!

Le jeune homme fut le premier à partir à l'assaut, suivi de prêt par les Brise-Lances et par le reste des hommes qui ne chevauchaient pas encore leur lié. Un même cri de guerre venait de retentir dans le Val et la course des cavaliers fendit bientôt la masse grouillante des morts-vivants, écrasant leurs cibles et les balayant de leur route grâce à leurs armes. Derrière, les autres fendaient ce qu'il restait sur le passage, la peur et la rage au ventre. Les vétérans menaient les plus jeunes sans cesser de s'égosiller pour leur montrer la voie à suivre. Certains faisaient preuve d'une adresse redoutable, offrant ainsi une force nouvelle à leurs cadets et les guidant à travers l'angoisse folle qui s'éprenait de leurs coeurs.

Ce fut sur son passage que Yuma fit suffisamment de place pour entrechoquer son épée avec celle de son ancien maître, bondissant à terre et entamant une première charge en direction de celui-ci. Encore une fois, la douleur et une colère sourde le guidait dans ses mouvements. Le combat qui s'en suivrait ne serait pas de tout repos : le géant n'avait probablement rien perdu de sa force...
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Dim 21 Juil 2013 - 19:57 Répondre en citantRevenir en haut

La réplique du Kaerl Ardent ne s’était pas fait attendre. Après le signal de Yuma, elle avait donné l’ordre de bander les arcs et de tirer. Mais bien évidemment, les flèches n’arrêtaient en rien les morts mais elles avaient le mérite de les ralentir, un temps du moins. Elle savait pertinemment qu’ils ne pouvaient être tués que par le feu ou la décapitation mais elle se demanda l’espace d’un instant si Yuma le savait.

°J’en ai déjà informé Nemuri.°

Le soulagement la saisit mais il fut de courte durée. Un rugissement de douleur retentit lorsque le premier chevalier tomba. La Reine se joignit à la peine de son liée, ressentant presque sa douleur comme si c’était la sienne. Elle rugit de colère, entrainant bon nombre de ses pairs. Ses yeux auraient presque pu foudroyer chacun des morts qui marchaient présents ici. Malheureusement, son seul regard ne pouvait en arriver là, elle piqua alors et déversa un torrent de flamme sur les intrus. Les loques qui leur servaient d’habits s’enflammèrent instantanément et s’ils ne semblaient ressentir aucune douleur, certains s’affaissaient finalement. La plupart des dragons faisaient maintenant de même mais alors qu’elle descendait en piquée une nouvelle fois, plusieurs membre de leur ennemis parvinrent à saisir les pattes antérieur de l’Incarnates et commencèrent à escalader la dragonne pour attendre la chevalière.

L’Incarnate se débattait tant bien que al pour parvenir à se défaire des parasites mais ils ne cessaient de progresser.

°Arrêtes-les ! Sinon je devrai me poser pour les arrêter !°

La demi-sang n’avait pas pris le temps de s’harnacher et était donc libre de ses mouvements. Elle se positionna à l’envers sur la dragonne et banda son arc. Elle devait attendre que les morts la rejoignent plus avant de décocher ses flèches. Une femme se retrouva rapidement sur le dos de la dragonne. Lilwen eut tut juste le temps de lui décoder un trait en plein visage avant qu’elle ne parvienne jusqu’à elle. L’équilibre étant précaire, elle chancela et tomba pour s’échoir sur la terre quelques mètres plus bas. Mais brusquement alors même qu’elle sentit sa liée l’avertir, l’un des morts lui saisit le pied droit et la tira violement. Elle se sentit glisser sans pouvoir se retenir. Les dents de l’Incarnates claquaient dans le vide alors même qu’elle plongeait vers le sol en tentant d’arracher les monstres qui souillaient ses écailles. Mais elle glissa et se retrouva brusquement dans le vide, contemplant sa liée au-dessus d’elle. Elle n’avait même pas eu le temps d’attaquer son épée. Le hurlement de sa liée lui fit saisir l’horreur de la situation. Elle tombait comme une pierre. La chute ne dura que quelques secondes mais elles lui parurent effroyablement longues.

° LILWEEEEEN !!!°

Alors qu’elle attendit le sol, ce dut comme une toile qui l’accueillit, juste le temps de freiner sa chute avant que celle-ci reprenne. Le choc fut rude, et le trou noir survint.

L’incarnate plongea à la suite de la liée, cherchant à l’atteindre avant que celle-ci ne touche le sol mais alors même qu’elle pensait qu’elle allait se fracasser, un bronze passait et s’il ne parvint pas à stopper la chut, son aile eut le mérite de la ralentir. Lorsqu’elle toucha le sol, l’Incarnate rugit de rage et se posa près de sa liée. Entre-temps, elle s’était débarrassée des deux morts qui s’accrochaient encore à elle.

Ils n’avaient vraisemblablement jamais vu une Reine Incarnate en colère. Sa fureur était telle qu’elle écrasa plusieurs des intrus tout en empêchant quiconque d’approcher de sa liée.
Asshai Anara
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MessagePosté le: Sam 27 Juil 2013 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

Dans le chaos général qu’avait entrainé l’évacuation massive des civils, chaque aspirant, chaque soldat, chaque chevalier tentait à grand renfort de cris, de donner un semblant d’ordre à cette marée humaine. Asshai n’y faisait pas exception. Se glissant telle une ombre parmi la foule, elle interpellait qui se trouvait en travers de sa route afin de les rediriger le plus fermement et le plus calmement possible. Mais caractère ardent oblige, tous ne pensaient qu’à sauver leurs propres vies, quel qu’en soit le prix à payer pour les autres. Les bousculades succédaient aux bousculades, les plus lents le payaient de leurs vies, tout autant que les plus vieux. A plusieurs reprises, elle fut tenter d’abandonner son poste, et de se refugier en lieu sur. Pas au Mahalma, probablement bondé déjà. Un lieu plus discret, et sans intérêt pour… Pour quoi au juste ? Pour un ennemi de la sorte de ceux qu’ils affrontaient disons.
Mais la présence de ces congénères l’obligeait à tenir. S’ils restaient alors qu’elle-même fuyait, elle savait qu’elle en payerai les conséquences. Elle soupçonnait d’ailleurs les autres aspirants de tenir eux aussi leurs positions plus par peur des représailles que par réel courage. C’est ainsi que cela se passait au Kaerl : la crainte y soudait la hiérarchie. Mais il suffirait que la crainte de l’ennemi qui se tapissait au cœur de ces corps sans vie devienne plus forte : alors le kaerl sombrerait.
Comme pour confirmer cette pensée, la toute jeune aspirante crut sentir la tension monter tout autour d’elle. Une rumeur souleva la foule. La panique pouvait se faire sentir plus forte en l’espace d’un instant. Le son d’un cor résonnait à travers les couloirs du Màr. Plus avant dans l’artère dans laquelle elle se trouvait, de nouveaux ordres se faisaient entendre. Mais ils étaient tous trop loin pour en comprendre le sens. La populace semblait s’agiter en de large mouvement de foule. Mouvement qui se propageait d’homme en homme, mais dont elle n’arrivait toujours pas à comprendre la cause. Et c’est sans comprendre encore qu’elle se vit imiter les soldats qui l’entourait.

« Dégagez le passage ! Dégagez le passage ! Dégagez le …»


Mais sa phrase resta en suspens. Le bruit se rapprochait, grossissait, jusqu’à devenir un vacarme assourdissant. Elle comprit alors.

« POUSSEZ-VOUS ! VITE ! «

Une escouade de cavalerie arpentait les couloirs au grand galop. Un frisson lui parcourut l’échine. Asshai tenta bien de redoubler de force pour retenir les misérables, les forçait à se ranger, mais les forces lui manquaient.
L’un des chevaux la frôla de prêt, mais par la grâce de Flarmya, elle s’en sortit indemne. On ne pouvait pas en dire autant des quelques malchanceux auxquels le temps avait manqué pour s’écarter. L’escouade devait compter ses hommes par centaines, et lorsque les derniers disparurent derrière l’imposant portail menant au niveau supérieur la foule se referma sur eux comme un seul homme.
La tension devenait chaque seconde plus élevé, il lui semblait qu'ils étaient tous prêts à s’embraser au prochain incident. La malaise d’Asshai grandit, comme d’autres, elle se sentait impuissante face à la situation. Le nombre était tel qu’il semblait impossible de pouvoir diriger qui que ce soit. Les arrivants continuer à affluer, mais dans les couloirs menant au Mahalma, ils semblaient stagner.

*Si je pouvais seulement fuir…*

Mais cela lui était impossible désormais. Tous se pressaient de plus en plus fort autour d’elle. Si la situation continuait en ce sens pensa-t-elle, nous devrons essuyer des malaises d’ici peu.

La seule façon de s’en sortir lui semblait il, était de faire preuve de patience, et d’éviter toutes nouvelles crises. Difficile lorsque résonnaient au dessus de leurs tête les cries du champ de bataille.

Une nouvelle altercation éclata à sa droite. Une sorte de colosse, les yeux emplis de terreur, en proie à une folie furieuse, s’acharnait sur un garde de faction, l’insultant, le frappant, tout prêt à le tuer.

« Ma petite sœur ? Elle est où pauv’ malade ? »

Réflexe de militaire, le garde envoya l’homme à terre, d’un coup à la tête avant de se laisser glisser le long du mur. Un homme tel que lui aurait mérité bien plus. C’était cet espèce là qui était à l’origine de toute cette panique, faibles qu’ils étaient, impossibles à contrôler, esclaves de leurs sentiments.
Et ce garde ne valait pas plus à ses yeux, elle n’éprouvait à son égard que du mépris. Mais voir l’autorité se laisser aller ainsi n’était pas chose à faire dans une telle situation. L’aspirante vint s’agenouiller auprès de l’homme et entoura ses épaules dans un geste maternel.

« Allez, levez vous. Il le faut. Ces moutons ont besoin de nous, et vous ne tarderez pas à crever vous aussi en restant là. »

Mais l’homme ne la regardait plus. Il semblait appartenir à un monde qui n’était plus le sien désormais. Asshai tenta bien de le secouer, mais rien n’y faisait.
L’autre colosse devait pourtant mourir. S’il se relevait, il s’en prendrait à d’autres et pourrait créer une panique désastreuse.
Et si le garde ne faisait rien… Et bien, elle le ferait elle-même. Elle subtilisa le poignard dans le fourreau de la sentinelle, mais tandis qu’elle s’apprêtait à accomplir sa tache macabre, le sang de sa victime se rependait déjà en flots carmins. Sa bourse avait disparue, et un gamin finissait de lui sectionner un doigt ou avait été glissé plusieurs bagues.

*Misérable…*

Si dans une telle situation, certain cherchait à sauver leurs vies, d’autres voyaient là l’occasion d’enrichir la leur. L’esprit humain était capable des pires bassesses dans les moments les plus critiques se rappela-t-elle.
Sans y prêter plus d’attention elle fit disparaitre la dague dans les plis de sa robe. Se redressant tant bien que mal, il lui semblait que le couloir s’était quelque peu désengorger. A nouveau chacun reprenait sa fuite au pas de course, et tant pis pour les plus lents.
Profitant de l’occasion, Asshai s’engagea dans la foule, tenter de fuir était devenu une nécessité pour sa survie pensait elle. Elle était inutile ici, ils étaient trop peu pour contenir un tel phénomène. Elle s’en était crut capable, mais le retour à la réalité avait été difficile. Les plus professionnels d’entre eux se déboussolait les uns après les autres. Que pouvait elle faire, elle seule face à tous ?
Elle tenta de se frayer un chemin, espérant pouvoir se dissimuler à l’abris des non morts, à l’abris des civils, dans le Weyr de son maitre. Mais son chemin fut interrompu par…

*Non ! Ce n’est pas possible ! Pas ici, pas moi !*


Elle les voyait, ces morts désarticulés, tuant hommes, femmes, enfants : tous ceux qui se trouvaient sur leur passage. Efficace. Sans pitié. Les cries de terreurs redoublèrent dans les entrailles du Kaerl, se mêlant au « Protégez les civiles ! »
Impossible pour elle. Dans la cohue, sa petite taille ne lui permit pas de fuir. Percutée à plusieurs reprises, elle finit par s’étaler au sol. Une tentative pour se relever. Trop lente. Et elle les voyait ces abominations de la nature, se rapprocher d’elle, et avec eux sa dernière heure.
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