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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 10:32 Répondre en citantRevenir en haut

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¤ 7 Gaïaku 918 ¤
Jour de la Réunion des Seigneurs au Manoir d'Ael Alfirin


- Il y a de la brume aujourd’hui.
- Crétin. Il n’y a jamais de brume dans le vortex, Tam ! Enlève la merde que t’as dans les yeux.
- Je te dis qu’il y a du brouillard !

La Bleue tendit son long cou, ses iris plongeant vers les volutes magiques qui formaient le vortex protégeant et isolant le Màr Menel. Tam étudia le mouvement de ses muscles dorsaux, attentif à son attitude et aux émotions traversant leur lien empathique. Etre lié à une femelle lui avait valu des sobriquets déplacés dans les mois suivants l’Empreinte. Aujourd’hui, on respectait leur liaison pour ce qu’elle apportait : un don de prescience en ce qui concernait les manifestations surnaturelles. A ses côtés, couché en travers du chemin de ronde, le Brun de son comparse somnolait en attendant les premiers rayons du jour. Plusieurs mètres plus loin, deux autres chevaliers-dragons de garde officiaient, accompagnés par leurs Liés. Les gardes Sans-Don, eux, observaient les remparts depuis les tours de guets.

- Berenis, tu le sens, toi aussi ?

Quelque chose nouait les entrailles de Tam, lui faisant oublier de parler par télépathie. Le regard alerte de sa dragonne s’abîmait dans la contemplation du vortex magique, comme s’il y avait quelque chose d’incongru caché à l’intérieur. Quelque chose qui ne devrait pas y être. Un brusque courant d’air secoua les gardes et les torches faiblissantes. Le cœur de Tam manqua un battement et son souffle se bloqua dans sa gorge. Le sang se glaça dans ses veines. Le corps raidis de la Bleue Berenis bascula dans le vide. Un pas plus loin, le Chevalier Brun hurla « On nous attaque ! » tandis que son dragon s’ébrouait, poussant un rugissement d’alarme. Tam s’effondra : son cœur avait cessé de battre dès que sa Liée avait été tuée. La première tour de guet sonna l’alerte, la paille s’enflamma, communiqua aux autres tours le danger imminent et invisible qui se profilait. Les cloches de bronze résonnèrent. Leur son assourdissant fut pourtant effacé par un mugissement strident, qui ressemblait à s’y méprendre à un cri de rage d’un dragon. Nul Enfant de Flarmya n’était en vue. Personne ne pouvait franchir le vortex sans passer par l’Interstice et en ressortir vivant. Où était l’ennemi ?

Le soleil s’obscurcit brusquement. Des cris montèrent depuis la Grand’Place et les quartiers jouxtant les remparts de la citadelle volante. Des ombres ailées prenaient corps en masse depuis les volutes tourbillonnantes du vortex. Le feu des dragons déchira l’air. Les monstres, bien que sans consistance, ripostèrent. Le corps d’une Verte s’écrasa plusieurs mètres plus bas dans un fracas d’os brisés et une mare de sang. La panique submergea la population qui observait ce ballet funeste dans les hauteurs. Les contours des ombres ailées se précisaient, jusqu’à devenir presque solides. Fantômes ou illusions ?

- Allez chercher le Baskan Joachim de Leysse ! Prévenez l’Ancalikon ! s’écria un vieux Maître Noir.

Les Dieux avaient-ils abandonnés Tol Orëa face au Maître des Ombres ?

***

Lorsque Persée-Morian Garaldhorf, Ancalikon de toutes les armées du Kaerl, s’éveilla, ce fut pour constater que l’aube apportait des nuages noirs, roulant des sentiments de pure terreur par le biais de son armure émotionnelle. Qu’est-ce qui pouvait bien effrayer tant de gens en même temps ? Vraël s’agita à la lisière de sa conscience endormie. La dragonne voyait ses sens s’affoler. Un serviteur tambourinait comme un forcené à la porte des appartements de la Maîtresse Bleue. Persée jaillit de son lit, engoncée dans une robe de chambre et épée au poing. Il lui suffit d’un regard vers la baie vitrée qui baignait son bureau d’une clarté dorée, pour se rendre compte de la situation.



Dans le ciel nimbé des premiers rayons de Solyae voguaient ce qui ressemblait à des dragons d’ombres. Leur corps intangible traversait tous les obstacles, toutes les cibles. Tout être vivant se trouvant sur leur chemin tombait mort d’un simple contact avec l’air noir et empoisonné que ces créatures charriaient. Et plus elles prenaient des vies, plus leur masse se solidifiaient. Persée comprit tout cela, en même temps qu’elle prit de plein fouet une charge émotionnelle. Elle suffoqua, se plia en deux comme si elle venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Vraël, qui prenait son envol depuis le Valarëa pour la rejoindre, lui donna toute la force mentale qu’elle put. L’Ancalikon se releva, s’habilla en hâte et dévala les marches qui la séparaient de la panique générale. Les gens s’enfuyaient dans tous les sens, essayaient de se cacher ou de prendre des armes. Les dragons mettaient le feu accidentellement sur leur passage, au risque de perdre leur cavalier. Armée et rutilante dans sa légère armure d'écailles turquoises, Persée bondit sur l’encolure de sa Liée qui reprit aussitôt en envol. Ses yeux voyaient les monstres mais son empathie ne captait rien de leur part. Toutes les émotions qu’elle pouvait ressentir venaient des gens du Màr. Spectres ou illusions, qu’importait : les dragons d’ombres étaient le fruit de la magie. Toucher un dragon le faisait instantanément mourir. Toucher un Porteur du Don lui octroyait une large tache ressemblant à s’y méprendre à la fameuse Marque Noire. Toucher un Sans-Don ne faisait rien à celui-ci. Clairement : les Héritiers des Valherus étaient la cible. Alors résonna dans tous les esprits des habitants du Kaerl une voix que Persée n’avait jamais entendue et qu’elle reconnut pourtant avec un haut-le-cœur.

" Enfants du Màr Menel, votre Lumière va s’éteindre. Ceci est un avertissement. Dites à votre Seigneur Zackheim de Galastden qu’il a faillis à sa tâche de sauvegarder le Kaerl, votre maison et vos familles. Retrouvez les Clefs d’Ouranos ou vous périrez. Je ne le répéterais pas une troisième fois. "

° Il tient le Màr sous sa coupe. C’est autant une riposte contre la pseudo-trahison de Zackheim qu’un rappel du sort qui attend les Marqués comme nous tous. Que peut-on faire ?
Lutter. Transmets mes paroles aussi fort que tu le peux. CHEVALIERS DU MAR MENEL ! A MON COMMANDEMENT ! °


Ce fut la peur au ventre mais le cœur empreint du désir désespéré de survivre que les chevaliers-dragons Célestes commencèrent le combat contre les mystérieux Dragons des Ténèbres.

Vos postes durant la bataille vous seront assignés à mon prochain post. Enjoy and fight !



* Texte by Persée Garaldhorf *



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 10:32 Revenir en haut

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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013 - 10:19 Répondre en citantRevenir en haut

Cela faisait maintenant une demi-Lune que Ñiniel était au Màr Menel. On lui avait attribué un petit appartement dans les Spires, comme tout Aspirant de l’Ordre de Lumière.
Elle avait tout d’abord été grisée d’avoir un chez soi bien à elle, chose qui ne lui était plus arrivé depuis Qahra. La pièce unique était lumineuse et spacieuse, richement décorée, et Ñiniel se sentit comme dans un cocon une fois la lourde porte de bois franchie. Un petit vent chaud circulait par les fenêtres sans verre, faisant voler les longs tissus blancs qui y étaient suspendus.

Mais ce jour-là, Ñiniel n’en pouvait plus, elle ne voyait plus les étoiles la nuit, n’entendait plus les milles petits bruits qui d’ordinaire la berçaient. La nuit même, ne parvenant pas à trouver le sommeil, elle décida de passer la nuit dans le jardin d’hiver. Rànen l’accompagna, et tout deux entreprirent leur ballade au milieu des plantes, et sous la verrière qui laissait à l’Ondine le loisir d’observer les astres nocturnes.
Ñiniel trouva un petit divan d’extérieur, et s’y étendit. Elle passa ainsi la nuit la plus apaisante qu’elle connut sur Tol Orëa.

Le réveil s’avéra être le parfait opposé de cette nuit paisible. Ñiniel se réveilla la sueur au front, le ventre noué, et la gorge serrée. Elle se sentait emplie d’une vive émotion, fort désagréable. Il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits.
Elle se leva et reprit le chemin pour les Spires, inquiète de son état.

Ce qu’elle découvrit à l’extérieur ne la rassura pas le moins du monde…



La terreur était palpable à chaque pas que faisait l’Ondine. Les habitants du Kaerl, apeurés, couraient dans tous les sens : le Màr Menel était attaqué. Dans les cieux, les Chevaliers et Maitres Dragons s’envolèrent pour contrer les assaillants. Dans la cohue générale, Ñiniel ne savait plus où aller.
Elle commençait à pester, regrettant presque son arrivée sur Tol Orëa. Mais elle en voulait encore plus à Lyam de lui avoir dépeint une toute autre situation du Kaerl Céleste.

Non, elle ne s’attendait pas à cela.

Naïve qu’elle avait été de croire à un avenir radieux, à découvrir un nouvel univers bercé de Dragons aux écailles étincelantes, peuplé de personnages étonnants, et débordant de nouvelles connaissances dont Ñiniel était assoiffée. Idiote de s’imaginer heureuse et paisible avec un bébé dragon dans les bras. Folle de prendre la main inconnue d’un Torhil qui lui promettait Monts et Merveilles !

Au lieu de cela, elle se retrouvait isolée sur une île flottante, attaquée par des monstres chimériques, et sans défense. Rànen ne s’était pas éloigné de l’Ondine ; courageux mais pas téméraire, il ne s’était pas envolé dans les airs d’où surgissaient les masses terrifiantes. Ñiniel en était rassurée, car elle pouvait compter sur son Kalel’y qui saurait la prévenir en cas d’attaque de l’un de ces monstres.

Ignorante de tout même des lieux, elle suivait la direction que prenaient les habitants, sans savoir réellement où elle se dirigeait. Elle voyait au loin les tours octogonales, et essaya tant bien que mal de suivre cet objectif

C’est alors qu’une horrible sensation traversa son corps. La respiration coupée, elle porta la main à son cœur et s’appuya sur le mur qu’elle longeait pour quitter la place sur laquelle elle se trouvait. Elle étouffa un cri. Au même instant, une masse s’écrasa au sol que Ñiniel avait foulé quelque secondes auparavant. Le choc avait été tel que la jeune femme l’avait senti de tout son corps. Encore haletante, elle se retourna et vit un Bronze. L’effroi s’empara de l’Ondine.

*Reyn ?!?*

Ses jambes tremblantes la portèrent tant bien que mal, et aussi vite possible vers le Dragon.
Ce n’était pas Reyn, mais ce dernier était mal en point. Ñiniel s’agenouilla auprès de lui. Elle approcha ses mains pour les apposer sur le Dragon, mais elle demeura interdite.

*Comment l’aider? C’est la première fois que…*

La Dragon, dans un dernier effort, pencha la tête à l’attention de l’Ondine. Le regard gris du Bronze la plongea dans une profonde détresse.

*Laisse ! Il est trop tard pour moi… je le sens… Klehu n’est plus… ne les laisse pas te toucher…je les ai vu, ils…*

Ce fut ses dernières pensées, son dernier souffle. Le Dragon s’était éteint à jamais.

Au milieu de la foule en panique, Ñiniel ne bougeait plus. Les yeux brouillés par les larmes qu’elle n’arrivait plus à retenir, elle posa finalement ses mains sur le Dragon, lui donnant une dernière caresse.

« Puisses-tu être en paix…adieu, ami… »

C’est alors qu’une voix retentit. Elle reconnut celle de Persée, sa Maitresse Dragon.

°CHEVALIERS DU MAR MENEL ! A MON COMMANDEMENT !°

L’avait-elle rêvé ? Toujours est-il que la jeune femme sortit de sa triste torpeur pour se relever. Au dessus de sa tête, des Chevaliers et Maitres Dragon étaient en train de mener une folle bataille contre les mystérieux assaillants. Le spectacle était effrayant : les Dragons Noirs semblaient traverser les corps solides qu’ils rencontraient, prenant sur leur passage toute forme de vie. Les Dragons périssaient ainsi au contact de leur adversaire, tombant des cieux pour s’écraser au sol.

Elle sentit alors son cœur se gonfler et ses poings se serrer. Elle n’était pas arrivée jusqu’ici pour se laisser attaquer de la sorte. Les paroles de Nòndilë lui revenaient et Ñiniel se persuada qu’elle était capable d’affronter ce que le destin lui offrait : un nouveau défi qu’elle était capable d’endurer. Elle savait qu’elle pourrait toujours se montrer utile dans de pareilles circonstances, que cela soit pour combattre comme pour soigner les blessés. Elle irait même jusqu’aux cuisines s’il le fallait.

Ñiniel avait décidé de se battre pour ce nouveau monde dont elle ne connaissait rien. Elle reprit son terrible chemin en direction des Spires, espérant y retrouver Persée.




Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Mer 5 Juin 2013 - 20:59 Répondre en citantRevenir en haut

Luckor se réveilla en sursaut, avec un mouvement de recul involontaire. Les yeux grands ouverts, le visage en sueur, il luttait pour reprendre pied, tandis que s’évaporait comme des grains de sable les images qui étaient venues hanter ses rêves. Des morts, partout dans la mine, défaits, livides. Le corps broyés de son père qui s’avançait vers lui, le regard vide. Le souffle court, encore saisit d’effroi, Luckor se redressa le long de sa tête de lit et porta instinctivement la main à son cou. Il cherchait autour de lui quelque vision rassurante, mais du ciel lui-même était habillé d'un brouillard épais, semblable à celui de son rêve, et il sentit la panique le submerger de part en part. L’obscurité à ses yeux n’appartenait ni à ce monde, ni à celui qui l’avait vu naître. Insaisissable, opaque, glaciale, c’était comme le souffle d’un dragon, le temps de la colère des dieux, où nul mortel ne pouvait se sentir en sécurité, pas même les grands seigneurs du ciel. Luckor se recroquevilla sur lui-même et se couvrit le visage, si terrifié qu’il lui fallut quelques minutes avant d’être réellement maître de ses pensées. Lorsqu’enfin il ouvrit les yeux, un faible éclat de soleil trouant la brume lui donna assez de courage pour quitter le lit. Ce qu’il vit lui glaça le sang.

Au sol sur son balcon, l’épaule coincé, un tout jeune Chevalier apprenait la torture. Les os broyés dans sa chute, il tentait de s’échapper, de fuir. Quelques mètres plus bas, sur les dalles blanches de la célèbre place du Kaerl Céleste, le corps sans vie de son Lié lui offrait le spectacle le plus douloureux qui soit. Il se sentait violé, égorgé, décapité : la peur laissa rapidement place à la souffrance. Il ne pouvait la repousser. Elle était plus grande que lui, plus forte. Tout son corps était en proie à la haine, à la culpabilité. Sans un mot, il détourna la tête et cessa de lutter pour sa survie. L’envie de vivre l’avait quitté, au moment même où son Dragon avait craché sa toute dernière flamme sur l’ennemi informe. Et le pire restait à venir : un trou béant dans sa poitrine.
On venait de lui arracher l’être qu’il chérissait le plus au monde. Il voyait la vérité…et elle le brûlait de l’intérieur. Désespéré, il choisit d’accompagner le saurien dans la mort. Luckor lui saisit la main au moment même où son corps bascula au-dessus de la rambarde. Jamais il n’avait dû supporter un poids aussi lourd. Jamais aucun homme n’avait essayé de se donner la mort sous ses yeux. Son regard suppliant lui crevait le cœur : il voulait mourir.

C’est aussi essoufflé qu’après une journée dans les mines d’Undomë que le jeune aspirant parvint enfin à remonter le Chevalier, le soustrayant à une morte certaine. Les Dragons Sombres volaient à proximité des Spires, les traversant comme s’ils cherchaient des proies bien précises. Leur technique de chasse était semblable à celle du faucon. Lorsque l’un d’eux porta son regard maléfique sur eux, Luckor s’empressa de saisir son camarade sous les aisselles et le releva. Il avait le visage rouge du sang qui s’écoulait de sa blessure à la tempe. Ses propres mains en étaient complètement recouvertes : poisseuse d’un liquide chaud qui n’était pas le sien, et qui ne cessait de s’écouler, telle une fontaine d’eau claire, sur le blanc de son chemisier. Si l’Aspirant avait été miraculeusement capable de sauver cet homme d’une chute mortelle, en l’empêchant de se défenestrer, il ne se sentait absolument pas en mesure de soigner ses blessures. Il n’avait pas les compétences du Guérisseur qui l’avait pris en charge ! Pris de panique, l’Aspirant respirait difficilement et son visage couvert de sueur trahissait à la fois son épuisement et la peur qui obscurcissait son peu de raison.

Soudainement, le Dragon Sombre rugit, battit des ailes et chargea, la gueule grande ouverte. Luckor craignait une attaque comme celle qui avait terrassé le Noir en plein vol. De tous les habitants du Màr Menel, il était sûrement celui qui avait le moins de chance de survivre à la charge d’un monstre pareil. Encore handicapé par sa blessure, son jeu de jambes aux entraînements à la dague avait toujours était médiocre, selon son Maître.

- S’il te touche, la Marque Noire apparaîtra sur son corps et te dévorera petit à petit. Seuls nos Dragons meurent à leur contact. Il faut que tu gardes ton calme, ne te laisse pas submerger par la peur, lui chuchota doucement le Chevalier, à l’agonie.

Grâce aux précieux encouragements du Chevalier Noir, l’ennemi les manqua de quelques centimètres à peine. Luckor n’avait jamais vu pareille créature de toute sa vie. Rêvait-il à nouveau ? Etait-ce encore un autre de ses cauchemars, qui ne cessaient de le tourmenter depuis son arrivée au Màr Menel ? En choisissant de vivre ici, jamais il n’avait imaginé être un jour confronté à un ennemi d’une telle ampleur, que ce soit dans ses rêves ou dans la réalité. Aujourd’hui, les terres hostiles d’Undomë lui paraissaient bien paisibles, comparées à ces scènes de tourmentes. Perdu, l’Aspirant s’efforça de prendre sur lui et de réfléchir aux solutions qui lui permettraient de sauver la vie du Chevalier. Considérant tour à tour son camarade et les Dragons Sombres, il fit abstraction de son handicap et s’engagea dans les longs couloirs du bâtiment.

Philgys mourut quelques minutes plus tard à peine. Luckor n’était plus sûr de rien et éprouvait un profond sentiment d’horreur à l’idée de n’avoir pu empêcher la mort d’un être qu’il s’était engagé à protéger. Sa jambe lui faisait terriblement mal. Il lui en avait trop demandé, mais les circonstances l’avaient exigé et il avait fait abstraction des conseils du Guérisseur le temps d’un instant. Tout ça pour quoi ?

° Chevaliers du Màr Menel ! A mon commandement ! °

Il versa une larme. Puis deux. Elles s’écrasèrent sur le visage inanimé du Chevalier Noir. Il n’était pas encore capable de protéger les siens. Malgré l’entraînement, malgré les précieux conseils de son Maître, il n'était pas plus doué qu’un enfant de cinq ans. Il serra les poings sur ses genoux, paralysé par la peur.
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 11 Juin 2013 - 20:02 Répondre en citantRevenir en haut


Doran d'Amberle & Yarren


Doran se réveilla en sursaut au rugissement de son dragon. Lui qui dormait si bien et qui avait compté sur une grasse matinée aujourd'hui. Enfin dormir... Ce qu'il avait pris pour des brouhahas de marché de bon matin était bien autre chose et il avait fait vite le découvrir avec horreur.

°Doran ! Réveille toi !°
°Mais je dors ...°
°Comment peux-tu dormir MAINTENANT ! C'est urgent ! Prends ton épée, habille toi et dépêche toi de me rejoindre sur le balcon°


Doran sentit par le lien la fureur et la panique mélangées de son lié. Jamais il ne l'avait senti comme cela. Et il sut rapidement pourquoi. ce que lui transmit le dragon se passa de mots. Yarren, le cou tendu vers l'extérieur. Ses yeux de dragons transmettaient à l'esprit de son lié l'horreur qui se dévoilait dans le ciel des Célestes. Plus qu'une horreur. Des choses innommables, des créatures irréelles ! Des monstres qui tuaient des célestes et leur dragon ! A chacun de ses frères qui tombaient rien qu'en touchant une de ses ombres volantes, le dragon noir grinçait des dents, ravalant la douleur de ces pertes. Doran sentait des larmes lui couler sur les joues.

°Par les dieux.... Par les dieux !°
°Dépêche toi ! °


Doran s'habilla en hâte, regrettant de pas avoir autre chose qu'une simple armure basique de cuir robuste... Mais en voyant les siens tomber face à ces fatômes de morts, il savait déjà que cette petite protection ne lui serait d'aucun secours. Soudain, une voix puissante retentit dans tous les esprits :

°CHEVALIERS DU MAR MENEL ! A MON COMMANDEMENT ! °

Le combat allait s'organiser, Doran ne serait donc pas seul à prendre la voie des cieux pour défendre le Kaerl ! Cette pensée l'effraya. Il avait toujours cru qu'il ne vivrait jamais un rude combat.

°Peu importe, c'est notre devoir ! Presse toi, nous allons nous battre ! °

Se battre... Se battre ! Oui se battre ! La passion de son lié se transmit par son lié et le coeur enhardi par l'ordre de Persée, il monta sur le dos de son dragon presque en bondissant sur ses écailles et à peine fut-il sur son dos, que le grand saurien noir bondit dans les airs, tous muscles tendus pour rejoindre l'aire de l'attaque ! Déjà le dragon couleur de nuit cherchait des yeux un escadron de formé ou du moins un semblant d'escadrons. Il poussa déjà un rugissement de défi à l'égard des ombres qui tentaient d'imiter les formes des Enfants de Flarmya !



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Legundir Unarion
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MessagePosté le: Mer 12 Juin 2013 - 23:28 Répondre en citantRevenir en haut

Legundir adossé à un bel et grand arbre, son préféré au kaerl, finissait de rédiger un pli pour sa reine de l’eau qu’il n’avait pas depuis longtemps, bien trop longtemps à leur goût, du fait des derniers incidents et menaces qui plainaient sur toute l’île et certainement sur bien d’autres contrées encore. L’elfe n’était pas encore allé se coucher que l’aube pointait depuis un bon moment, dernièrement son poste de chef de l’Escadron d’Elite ne lui laissait guère le temps de souffler. En effet entre les étrangetés des annonces de l’ancienne Dame, sa disparition ainsi que celles de nombreux maîtres dont celle qui l’avait formé Maëvan, et la prise de pouvoir du nouveau seigneur, il avait du mal à trouver un peu de temps sans agitation. Et même quand le seigneur Zackheim n’était pas présent au kaerl comme aujourd’hui, il devait veiller à sa sécurité et à la bonne marche du pouvoir en place.

Si la Maître bronze n’était pas présent lui-même au manoir c’est qu’il voulait profiter de l’occasion pour approfondir ses recherches ; il avait tout de même envoyé trois chevaliers de son escadron veiller à la sûreté du régent. Toutefois ce n’allait pas être aujourd’hui qu’il aurait son temps libre…

Alors qu’il rangeait son matériel dans le tube et la besace, Faydan sous sa forme humanoïde et sur son arbre perché contemplait les cieux au travers de l’imposante bulle de verre qui chapeautait tout le jardin d’hiver.

° Je n’aime pas ça… Toute cette tension dans l’air sans parler d’une sensation des plus désagréable. °

° Les beaux jours reviendront Fay, pas aujourd’hui mais ils reviendront, j’en suis persuadé… Il ne peut en être autrement °

Faydan manqua de tomber de sa branche alors que Berenis n’était plus… Le Bronze avait beau ne pas être à proximité de la Bleue et être sous sa forme humaine, il ressentit la perte d’un des siens tout comme l’arrivée de la menace. Cette perturbation de son lié Legundir ne put que s’en apercevoir… Il eut lui aussi un frisson qui le parcourut de part en part. Ses sens et ses perceptions étaient bien moindre que ceux de son lié mais tout de même bien supérieur à nombre de sa race et ce n’était pas peu dire …

L’elfe s’était lui aussi raidit en apercevant des lueurs qui ne présageaient en aucun cas une percée du soleil mais plutôt une percée ennemie, ses yeux profonds ne manquèrent pas les points de lumière des feux de détresse dont le nombre augmentait rapidement.

° Le kaerl … ° ° est attaqué ° firent d’une seule voix les deux liés.

Le chef d’escadron, enfila rapidement une armure légère qui jonchait non loin de lui. Par chance il venait de terminer son quart aussi il n’eut qu’à se baisser pour récupérer l’armure qu’il avait laissé à même le sol avant de rédiger la missive pour sa douce, et ne fut pas sans arme ni protection. Son lié pendant ce temps avait rejoint la terre ferme et avait repris sa forme naturelle alors que les cloches massives sonnèrent de toutes parts.

Le duo mit peu de temps à sortir de la verrière, ils se placèrent même dessus pour observer ce qu’il se passait. Legundir n’était pas un lâche qui resterait caché mais il n’était pas non plus de ceux qui se jetaient tête baissée dans la mêlée. Il analysa la situation puis sans avoir parlé à son âme sœur tous deux prirent les airs à ras du sol tout d’abord.

Un… deux, trois, quatre… cinq comptait mentalement Legundir, alors que ses compagnons célestes payaient cher leur affrontement. Il serra les dents et les mains tellement fortement que la jointure de ses doigts tenant son épée prirent une teinte blanchâtre.

° Ce sont… des dragons?... °

° Non… En aucun cas… Je ne ressens rien. Rien de vivant… °

Six…sept…

° N’attaque pas… Il ne faut pas les toucher tu °

° J’ai vu… Leur contact suffit à prendre les vies… °

° Et même les flammes et les armes ne semblent rien y faire… °

Enfants du Màr Menel, votre Lumière va s’éteindre. Ceci est un avertissement. Dites à votre Seigneur Zackheim de Galastden qu’il a faillis à sa tâche de sauvegarder le Kaerl, votre maison et vos familles. Retrouvez les Clefs d’Ouranos ou vous périrez. Je ne le répéterais pas une troisième fois. "

° Pas aujourd’hui... °

° … ni même demain °

En dépit de ses observations l’elfe ne voulait pas rester inactif plus longtemps. Une nouvelle fois en silence les liés se rapprochèrent de la grande place d’où venaient des cris de panique, d’effroi et de désespoir.

Legundir, passé la surprise, pensa plus particulièrement à une personne qu'il ne voulait pas voir en danger son aspirant... Il n'était pas pleinement formé et pour cause il avait rejoint il y avait peu le kaerl... Il n'était pas prêt.

° Préviens Asulil, qu'il soit prudent et ne cherche pas à attaquer ces créatures aux contacts...°

° Bien... ° si tôt demandé... ° Asulil... Le Kaerl est attaqué... nos assaillants, il ne faut en aucun cas les approcher, leur contact te tuerai aussitôt... °

L’elfe avait cessé de compter mais il nota tout de même qu’aucun sans-don n’avait péri pour le moment. L’ennemi jugeait bon de réduire les effectifs des chevaliers qui étaient plus dangereux que des hommes à pieds ou bien ces créatures ne sentaient que les Doués… Deux hypothèses probable mais le comportement des dragons brumeux à se jeter sur les doués donnait crédit à la seconde hypothèse…

C’est alors que Legundir vit un homme tomber d’un balcon, fort heureusement rattrapé par humain qui le remonta en sécurité. Les réjouissances furent de courte durée car un dragon piqua vers les deux bipèdes. Legundir et Faydan firent de même mais ils n’étaient pas assez rapide pour escompter s’interposer ou du moins attraper les deux hommes au vol. Fort heureusement, au dernier instant le sauveteur évita la collision mortelle. En se rapprochant Legundir reconnu l’humain boitant, il l’avait vu à plusieurs reprises dans la maison des guérisseurs mais il n’arrivait pas à mettre un nom sur son visage.

Peu avant d’arriver au balcon, Faydan gronda puis hurla de douleur, il venait de percuter assez vivement la rambarde afin d’éviter un contact mortel d’un ennemi. Legundir reçu un bon choc et lâcha sa lame sous l’impact.


° Fay? ca va? ° demanda l'elfe inquiet à son lié

° Sonné... mais il en faudra plus pour m'avoir. °


° A l’intérieur vite… °

Faydan pour rentrer plus dans l’alcôve , prit appui, sur le balcon dont le muret fissuré par l’impact s’effondra. Le bronze de nouveau sous forme humaine et Legundir qui se baissa pour récupérer son arme, pénétrèrent à la suite de Luckor dans le couloir de ses appartements.

° Chevaliers du Màr Menel ! A mon commandement ! °

Une voix familière sonna aux oreilles des deux célestes alors que Luckor était penché sur le corps du chevalier … La bataille ne faisait que commencer
L’elfe posa la main sur l’épaule de l’humain

On ne peut plus rien pour lui… Tu lui as sauvé la vie, aussi courtement que cela fut mais tu l’as fait Aspirant. Il y a tant à faire et le Kaerl a besoin de tout le monde…
Unis nous pourrons nous organiser et répliquer alors relève toi Aspirant Mornelac.


Le nom de l’humain lui était revenu à son contact.

Tu à le droit d’avoir peur… Qui n’aurait pas peur dans une telle situtation mais tu ne peux rester là alors que nous avons tous besoin de toi…
Et puis tu as entendu… Un avertissement… quoi que ce soit il ne compte pas nous exterminer… Il a besoin de nous… Tout comme notre Ancalikon …

Un mince sourire sur les lèvres, le chef de l’escadron d’élite tapotait sur l’épaule de l’aspirant.


Dernière édition par Legundir Unarion le Dim 11 Aoû 2013 - 21:20; édité 1 fois
Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Dim 21 Juil 2013 - 12:19 Répondre en citantRevenir en haut

Cela faisait encore une journée ou deux que son maître avait été demandé ailleurs. Asulil s’était donc retrouvé de nouveau seul, comme le jour de son arrivé… Mais cette arrivée c’était produite il y a une lune environ, alors entre temps, il avait tout de même appris deux trois choses et il se trouvait moins dépourvus qu’au début.

Il avait passé la journée précédente à s’entrainer à la lecture. Son maitre lui ayant donné les premières bases. Il y avait d’ailleurs passé une bonne partie de la nuit également. Il faut dire que c’était une des choses sur laquelle il était le plus assidu (et le plus doué). Car sa maladresse naturelle faisait de lui un assez mauvais combattant. Tout du moins, il savait manier l’épée et le couteau, mais tombait si régulièrement que ça en devenait dangereux pour lui comme pour ses alliés.

Aussi, était-il couché depuis seulement quelques heures, voire moins que ça, lorsqu’il se releva en sursaut, haletant, regardant autour de lui, hébété. Il avait peur, et ce n’était pas normal. Il n’était pas sujet aux mauvais rêves, il n’en avait jamais fait en tout cas qui lui flanqué une peur pareille.

Ses esprits légèrement repris, il entendit… Les cris, les hurlements, la terreur… Il enfila rapidement des vêtements alla sur le balcon. L’horreur avait donc un nom… Et elle semblait inconsistante… Des créatures des plus sordides volaient partout, et tuaient les dragons, sans même les blesser réellement.

- Par les Djinns, qu’est-ce que c’est… Il avait eu la chance de voir beaucoup de choses dans ses livres… Mais ça, jamais… Et il doutait qu’on puisse le voir un jour. Les pages, il en était sûr, bruleraient rien qu’à esquisser la forme de ses choses…

"Enfants du Màr Menel, votre Lumière va s’éteindre. Ceci est un avertissement. Dites à votre Seigneur Zackheim de Galastden qu’il a faillis à sa tâche de sauvegarder le Kaerl, votre maison et vos familles. Retrouvez les Clefs d’Ouranos ou vous périrez. Je ne le répéterais pas une troisième fois. "

Un long frisson de peur, de dégout, de doute le parcourut. Il n’avait pas encore l’habitude d’entendre des voix dans sa tête, mais à n’en pas douter, celle-là y était… Mais il n’avait aucune idée de ce que pouvaient être les fameuses clés… Quelqu’un… ou quelque chose était en train de tuer tout un univers pour des simples clés…

La sensation ne le quittant pas, il sursauta lorsque Faydan lui parla. Il n'avait pas l'habitude et il ne s'y faisait pas encore au fait qu'on lui parle dans sa tête.

- D'accords, mais qu'est ce que c'est ? Dit il a voix haute. Parler en pensées était encore loin...

Il ne savait que faire, mais il allait faire. Il allait pas non plus rester planquer dans sa chambre. C’était un soldat après tout. Il trouverai bien un moyen... Alors qu’il alla faire demi-tour, quelque chose attira son œil. Une créature noire fonça vers lui… Non, juste en dessous, quelques étages plus bas. Le Torhil voulu se cacher, mais il aperçut un peu trop tard Faydan foncer sur la rambarde, faisant trembler violemment la tour et briser le rebord sur laquelle Asulil s’appuyait. Il se retrouva donc naturellement dans le vide, suspendu. Un coup d’œil vers le bas lui indiqua que tout le petit monde était entré dans la tour et qu’il ferait bien d’en faire autant s’il ne voulait pas se faire avoir.

Il se hissa tant bien que mal sur la plateforme et sans attendre son reste se précipita à l’intérieur, faisant abstraction des coupures qu'il venait d'avoir et de son poignet douloureux, alors qu’une nouvelle voix se faisait entendre dans sa tête.

° Chevaliers du Màr Menel ! A mon commandement ! °

Chevalier ? Il ne l’était pas, pour sûr, mais il défendrait le Màr comme il le pourrait. Se saisissant de ses affaires, il s’engouffra dans les couloirs pour descendre sur la place. Le combat était là, c’est donc là qu’il fallait aller. Courant dans les escaliers, il se prit les pieds dans quelque chose qu'il n’eut pas le temps d'identifié et dévala sur les fesses le reste des marches le conduisant à l'étage inférieur.





Dernière édition par Asulil Addraeddry le Lun 12 Aoû 2013 - 09:53; édité 1 fois
Morwën H'kal
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MessagePosté le: Ven 26 Juil 2013 - 22:22 Répondre en citantRevenir en haut

Cela faisait maintenant six jours que la jeune demi-elfe avait posé les pieds au Màr Menel. Et cela faisait maintenant six jours que son maître l'entrainait sans relâche, la poussant sans cesse dans ses retranchements et la rabaissant dès que possible. Ainsi, du Kaerl Céleste, elle n'avait pas vu grand-chose hormis les lieux propices à un entrainement.

Cependant, en six jours, elle avait l'impression d'avoir bien plus progressé qu'en cinq ans. Altahir était peut-être un tyran mais il avait au moins pour mérite de vous faire progresser! Grace à lui elle avait commencé à magner correctement l'épée que sa mère lui avait laissée en héritage, mais comme chaque bonne lame, un entretient quotidien est nécessaire, ainsi, chaque matin, à l'aube, avant l'entrainement, elle avait pour mission de nettoyer et polir sa lame jusqu'à ce qu'Altahir puisse y voir son reflet. Autant dire qu'elle devait se lever tôt!

C'était donc un de ces matins, où, la jeune femme, installée dans la chambre qu'on lui avait attribuée à son arrivé, s'activait à faire briller sa lame. Cependant, son compagnon, Gost, d'habitude sagement assis à ses côtés, était pour le moins agité. Tournant en rond, il s'arrêtait régulièrement, humant l'air, puis, reprenait sa marche allant de droite à gauche devant la fenêtre. Etant d'un naturel plutôt calme, elle s'en inquiéta et s'approcha de la fenêtre qui donnait sur un petit balcon et, lorsque cette dernière l'ouvrit, Gost s'y précipita et entama un long hurlement.
Le temps lui sembla se ralentir, le ciel se couvrit d'épais nuage noir, comme annonciateur d'un mauvais présage, et des hurlements de peur lui parvinrent au loin.

Elle n'eut cependant pas le loisir de se demander d’où cela pouvait provenir qu'elle vit nombre de chevaliers s'envoler dans les cieux, prêts à combattre. De là où elle était, elle n'arrivait pas à percevoir quel étrange mal ces derniers étaient en train de combattre, cela ressemblait fort à des dragons.
Pour en avoir le cœur net, elle prit la décision d'aller voir de plus près.
Son épée a la main et sa cape sur la tête, elle sortit des appartements, Gost sur ses traces, et une vision d'horreur s'offrit à elle.
Les gens hurlaient de toute part, certain transportaient des blessés, d'autres, apeurés cherchaient un abri sûr, d'autres encore semblaient perdus, ne sachant que faire n'y où aller.

Longeant les murs, elle se dirigea vers la Grand'Place, et c'est sur son chemin qu'elle découvrit ce qui les attaquait: de la taille et de la forme d'un dragon, ces monstres semblaient faits d'ombre. Non constitué de chair et d'os ils semblaient capable de tout traverser, et, si leur chemin croisait celui d'un dragon, en passant à travers ils déversaient la mort, et, le dragon comme le chevalier, faisaient une chute mortelle.

Alors qu'elle observait la scène, elle se souvint que son maitre, Altahir était certainement là-haut, l'épée à la main. Elle eut un léger pincement au cœur de savoir son maitre en danger, mais après tout ce dernier n'était pas maître par hasard, il saurait certainement très bien se défendre.

Elle, par contre se sentait bien désunis, face à ces ennemis venus d'ailleurs. Qu'est-ce qu'une simple aspirante pouvait bien faire lorsqu'un chevalier accompagné de son dragon périssait ?
Elle tenta donc d'aider les combattants au sol, car même si elle n'était pas guérisseuse, elle pouvait au moins essayer de les mettre à l'abri!

Elle s'approcha donc du premier chevalier qu'elle trouva, ce dernier, allongé par terre semblait avoir perdu l'usage de ses jambes mais cela lui semblait bien dérisoire à côté de la peine qui le rongeait d'avoir perdu l'autre moitié de son âme.
Elle tenta de le tirer à l'abri, mais ses jambes, coincées sous le corps de son imposant Lié, l'empêchaient de le tirer de là.
Voyant cela, le chevalier lui empoigna le poignet et lui murmura:

"Ne les laisses pas te toucher… maintenant laisse moi, sauve ta vie, ou celle de ceux qui en ont plus besoin que moi…"

Cette phrase la bouleversa, elle ne voulait pas le laisser là, sa vie valait autant que celle des autres, et pourtant, elle ne pouvait rien faire pour lui, elle était totalement impuissante quant aux événements, qui se déroulaient devant ses yeux. Elle se trouvait dans un monde qu'elle ne connaissait pas encore, avec des ennemis qu'elle n'aurait jamais pu imaginer même dans ses pires cauchemars, et elle était totalement inutile.
La seule chose qu'elle savait désormais, c'était qu'il ne fallait surtout pas que ces monstres la touche. Pourquoi, ça elle ne le savait pas exactement, mais elle se doutait qu'il y avait un rapport direct avec la mort subite des dragons, transpercés par leurs ennemis.
Cependant, alors qu'elle ne savait absolument pas quoi faire, le cerveau embrouillé par la peur, elle entendit:

CHEVALIERS DU MAR MENEL ! A MON COMMANDEMENT !


Ainsi, l'Ancalikon prenait à son grand soulagement les choses en main! Animée d'une nouvelle ferveur, elle sentit l'espoir renaitre en elle, et chevalier ou non, elle était bien décidée à se battre pour sa nouvelle patrie !
Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Mar 27 Aoû 2013 - 16:24 Répondre en citantRevenir en haut



La lutte s’organisait mal. La plupart des habitants cédaient à la panique et couraient en tous sens. Les plus fous prenaient les armes. Hélas, leur concours ne servait à rien. Les spectres d’ombres n’en voulaient qu’aux dragons. Ils les pourchassaient sans relâche. Le feu, le fer, l’eau : rien ne semblait pouvoir les repousser. Et si fort heureusement ils ne pouvaient pas traverser la matière inerte, un simple toucher provoquait des dégâts mortels. Après une rapide inspection, on se rendit vite compte que la Marque Noire apparaissait sur les Porteurs du Dons – Chevaliers, Aspirants et Maîtres confondus. Le nombre de stigmatisés augmentait de minutes en minutes. Les corps des dragons foudroyés en plein ciel jonchaient les pavés ou les toits. Pour eux, un seul contact signifiait la mort. L’Interstice étant verrouillé, sans compter la vitesse de frappe de l’Ennemi, il serait facile de retrouver les corps sanglants et désarticulés des Enfants de Flarmya. La Déesse devait pleurer en cet instant. Tout le Kaerl aurait dû pleurer la perte de son bien le plus précieux : la vie des dragons. Si on ne trouvait pas rapidement une stratégie, le Màr Menel n’existerait bientôt plus.

Persée Garaldhorf, commandante de toutes les armées, avait fait installer son QG improvisé dans une des salles attenantes à l’Amphithéâtre, assez vaste pour accueillir du personnel militaires, des dragons et des armes. La voûte de cette pièce se révélait être une verrière : idéale pour surveiller le ciel. Persée connaissait le Kaerl aussi bien que n’importe qui. Mais ses années d’apprentissage l’avaient poussée à s’aventurer un peu partout. Cette pièce lui avait semblée parfaite.

- Combien de blessés, combien de mort ? Je ne veux pas d’une estimation, faites passer le mot aux dragons des guérisseurs.
- 17 couples de Liés sont portés disparus ou morts, Ancalikon. Et plus d’une trentaine de blessés recensés jusqu’à maintenant.
- Il nous faut une solution de repli…


Vraël n’avait pas réussis à contacter l’Ancamë Annaëya ni la jeune espionne Yuni. Toutes deux devaient seulement espérer qu’elles soient en sécurité. Les mains posées à plat sur la grande table de réunion, aujourd’hui couverte de plans raturés du Kaerl, des souterrains et des bâtiments officiels, ainsi que de rapports d’avaries, Persée fixait les écritures sans les voir. De la sueur perlait à son front, faisant frisotter ses cheveux tressés. Elle était une Garaldhorf. Elle était faite pour encaisser les situations de crise sans broncher ni gémir. Elle avait ça dans le sang.

- Dites à tous les Aspirants de rejoindre le plus rapidement possible les Spires et de s’y enfermer. Les faux dragons ne peuvent pénétrer si tout est verrouillé. Quiconque désobéira… le fera à ses risques et périls. Passez le mot.
- Bien, Ancalikon.


Le Maître Brun la salua et quitta en courant la pièce. L’Intendante Myrelle se pencha vers la jeune femme. L’hybride tatouée se retint de la chasser. Myrelle était plus âgée qu’elle, elle connaissait mieux le Kaerl et son fonctionnement. Sans doute avait-elle déjà eu affaire avec des querelles entre chevaliers. Rien à voir avec un siège dévastateur comme aujourd’hui mais tout bon conseil était à prendre.

- Pensez aux Sans-Dons, dame. Ils ont beau être moins précieux pour Tol Orëa et plus facilement remplaçables, ce n’est pas leur faute. Vous devez aussi penser à les sauver. Toute vie est sacrée.
- Vous avez raison. Maîtresse Ilona ! Vous êtes notre messagère la plus rapide. Faites le tour des remparts et transmettez les ordres suivants aux gardes que vous rencontrez : tous les Sans-Dons doivent regagner leur maison et emporter leurs blessés. Qu’ils se barricadent chez eux et n’en sortent plus jusqu’à ce que l’attaque soit finie.
- A vos ordres, Ancalikon !


L’Ondine siffla sa Verte qui s’ébroua, secoua ses ailes et toutes deux sortirent sans attendre. Elles fendirent la foule de Chevaliers, de Maîtres et de soldats Sans-Dons qui se pressaient dans la salle en attendant des ordres ou échangeant des nouvelles de la situation. Sous le dôme résonnaient mille conversations et mille bruissements d’ailes.

° Cela ne règle pas notre principal problème.
Non, en effet… Comment ces dragons d’ombres font-ils pour différencier les Porteurs du Dons de ceux qui ne le sont pas ?
La magie peut tout.
Oui mais… S’ils ne sont que pure magie noire, peuvent-ils voir, ressentir, cracher des flammes ?
… Je ne pense pas.
Moi non plus. Je vais essayer quelque chose. Prie tous les dieux pour que ça marche ! °


Vraël glissa sa longue queue autour des hanches de sa Liée pour lui communiquera un peu de sa force. La Bleue se tenait en retrait quelques pas derrière la table, son museau tourné vers le ciel tourmenté au-delà de la coupole en verre. Persée passa une main tendre sur les écailles lisses tout en ravalant ses doutes.

- Maître de Leysse, j’ai une requête à formuler.
- Je vous écoute…


***


Une heure s’était écoulée depuis le début de l’attaque. Et les choses avaient changé. Les dragons d’ombres survolaient le Màr Menel, ses rues et ses jardins, en poussant des cris stridents de frustration. Les chasseurs ne voyaient plus leur proie. Pour l’instant, l’idée de Persée fonctionnait. Il fallait néanmoins une autre solution, moins temporaire, au problème. La situation allait empirer. L’ordre avait été donné à tous les dragons encore en vie du Kaerl de prendre forme humanoïde. Tous, en fonction de leur âge ou de leurs aptitudes, ne tiendraient pas plus de quelques heures. Les jeunes dragonneaux, n’ayant pas encore la maturité pour se métamorphoser, s’étaient réfugiés dans les Sables d’Eclosion, avec les Reines et une garnison mêlant Sans-Dons et chevaliers-dragons. L’Ennemi ne sentait plus la présence des dragons, elle s’effaçait sous l’odeur des bipèdes, en bien plus grand nombre dans la citadelle volante. Cela sauvait pour un temps la population de Liés.

Au QG improvisé, les dragons se relayaient pour sortir patrouiller sous forme humaine et rentrer ici reprendre leur vraie forme. C’était douloureux, épuisant mais nécessaire. Vraël notait chaque retour et surveillait le taux de fatigue des plus vieux. Tandis que Persée s’occupait de quadriller la zone autour des Spires et de former des équipes de patrouilles.

- Ancalikon Garaldhorf ! Ancalikon !

Un jeune Chevalier parvint en courant jusqu’à elle, trébuchant à moitié lorsqu’il arrêta sa course. Le volume des conversations baissa sensiblement à son arrivée. Persée leva un regard surpris. Le jeune homme trouvait difficilement ses mots. Il était à bout de souffle. Une peur animale se lisait dans ses yeux.

- Les… Les ombres se regroupent et elles… Forment quelque chose…. Vous devriez venir voir !

La jeune femme acquiesça. Elle fit un signe au Baskan Joachim de Leysse qui se rapprochait pour être à portée d’oreille. Elle lui chuchota sans oser le regarder :

- Jusqu’à mon retour, et celui de l’Ancamë, vous êtes mon second et le Chef des Armées intérimaire. A tout à l’heure.

Le ciel s’était dégagé. Les nuages d’orages refluaient, tout comme on n’apercevait plus de dragons d’ombres. Persée et le jeune Chevalier accompagné de son Bronze sous forme humaine couraient en rasant les murs, surveillant toujours le ciel. Lorsqu’ils parvinrent sur la Grand’Place, une odeur de soufre les prit à la gorge, brûlant les poumons et piquetant les yeux de larmes salées. Ils toussèrent comme des perdus. Cela signifiait sans doute qu’ils se rapprochaient… Le centre de la Grand’Place, dégagé lors des fêtes ou de l’utilisation du motif de téléportation, était occupé par une gigantesque masse noire parcourue d’éclairs. Une main invisible semblait la manipuler de l’intérieur pour l’aider à prendre forme. Sous leurs yeux agrandis d’horreur, un dragon immense, deux fois la taille d’une Reine, apparaissait. Il déploya des ailes d’une envergure telle qu’elle pouvait masquer le soleil. Sa gueule bardée de crocs semblait aussi solide que le roc. Voilà où étaient passés les autres spectres… Ils s’étaient réunis en un seul. Et celui-ci était matériel. La créature ne bougeait pas, se contentant d’attendre assis sur la place.

- Restez là.

Le jeune homme et son Bronze acquiescèrent, pétrifiés. Persée s’avança seule à découvert. Elle resta à bonne distance. La créature ne l’avait pas encore vue. Selon la distance qui les séparait, il lui ne pourrait pas la gober ou même la toucher sans se lever, ce qui lui laisserait le temps de fuir. Elle sentit Vraël s’immiscer dans son esprit et l’y invita. Elle cligna des yeux. Sa vision changea. Elle voyait plus nettement, plus loin et surtout les images se trouvaient si précises qu’elle aurait pu deviner le prochain mouvement de la Bête. Vraël lui prêtait son acuité visuelle en même temps qu’elle pouvoir par les yeux de sa Liée ce qui allait se passer. La Bête finit par l’apercevoir et tourna sa grosse tête noire dans sa direction. Dans ses orbites vides était allumé un brasier incandescent.

C’est donc toi que le Seigneur de Galastden envoie en éclaireur. Tu es bien peu de choses. Tout juste une élève affublée de faiblesse, un parasite parmi les autres. As-tu compris la leçon du Maître ?


Persée ne savait pas quoi répondre. Qui parlait ? La Bête était-elle animée de sa propre volonté ou n’était-elle que le réceptacle de la voix du Maître des Ombres ? Elle resta figée sur place, incapable d’aligner ses pensées. Répondre signifiait peut-être accepter la défaite et la reddition. C’était inenvisageable.

Où sont les Clefs d’Ouranos ? Réponds ! Cette leçon ne t’as pas suffis.


Persée vit le coup venir. Elle ne sut jamais si elle avait manqué de rapidité ou si elle avait par-là espéré mourir en héros. Toujours est-il qu’elle plongea sur le côté pour éviter la queue claquant comme un fouet de la Bête. Queue d’épines qui s’écrasa sur les dalles, en déchaussant plusieurs, pour achever sa course dans une boutique qui s’écroula aussitôt. Persée vit les gravats pleuvoir sur elle. Un coup porté à la tempe la plongea dans l’inconscience. Vraël hurla dans son esprit mais elle ne pouvait plus l’entendre.

La Bête rugit et prit son envol. Elle repartait à la chasse.


Peddyr prendra la suite, avec Joachim de Leysse en PNJ, les amis ^^ Persée est pour l'instant rapatriée, blessée et inconsciente, au QG par le chevalier et son dragon sous forme humaine. Sachez que la Bête est en fait la projection astrale, amplifiée par de la magie noire qui lui permet d'avoir une taille démesurée et d'être à l'état solide, du dragon Nidhogg lié du Maître des Ombres. Les dragons d'ombres d'avant se nourrissaient en partie de l'énergie spirituelle de Nidhogg et leur réunion lui a permis de se matérialiser.
Nidhogg est donc une projection astrale, oscillant encore entre matérialité et immatérialité pour l'instant. Le feu qu'il crache peut vous toucher, de même que ses griffes et ses crocs. Mais le sort a besoin de temps pour le solidifier tout-à-fait. Donc, débarrassez-vous de lui avant qu'il ne soit trop tard XD
Si vous avez des questions, ma boîte à MPs est ouverte ! Bonne chance Evil





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Dim 13 Oct 2013 - 14:39; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 1 Sep 2013 - 16:51 Répondre en citantRevenir en haut

Ñiniel n’aurait jamais imaginé vivre une telle horreur. Plaquée contre un mur, elle assistait, impuissante, au combat qui faisait rage au dessus de sa tête. D’un contact, un seul, et la vie cessait pour les Dragons et leur Lié. L’Ondine se tenait toujours non loin de l’endroit où le Dragon s’était effondré ; elle avait eu beaucoup de mal à se résoudre de le laisser là, seul. Pour certains, les larmes coulaient sur les joues des familles qui venaient de trouver par hasard, au milieu de la cohue, le cadavre connu d’un enfant ou d’un proche. Mais pour la majorité d’entre eux, ils allaient devoir reposer dans l’indifférence la plus totale et attendre sans doute la fin de la panique pour se voir offrir le repos mérité.

Après de longues minutes à avancer sans trop savoir où aller, Ñiniel eut le temps d’observer ce qui se passait autour d’elle. Elle remarqua que seuls les Dragons semblaient intéresser les sombres monstruosités qui semaient la mort au Kaerl. Lorsqu’elle confirma cette hypothèse en observant les cieux, elle se crut alors intouchable, et continua d’arpenter les rues à la recherche d’un visage connu. C’est alors qu’un homme lui saisit fermement le bras et la plaqua contre un mur.

« Ordre aux civils de rentrer chez eux et de se barricader ! »


Ñiniel fit un geste sec et nerveux pour se défaire de l’étreinte qui lui enserrait le bras.

« Ils n’ont pas l’air de pouvoir faire du mal aux humains, seuls les Dragons ont l’air d’être ciblés. Je ne suis pas liée, encore moins un Dragon, je ne risque rien ! »


La réplique eut le don d’agacer prodigieusement l’inconnu qui n’avait ni le temps, ni la patience de tergiverser. Il lui lança un regard empli de mépris et de colère qui cloua l’Ondine sur place.

« La belle affaire ! Et tu sais comment s’en défaire ?! »

Elle demeura interdite. Réponse redoutablement efficace. Que pouvait-elle répondre à cela ? Mais l’inconnu n’attendait plus, et partait déjà affronter le danger. Il répéta une dernière fois les consignes avant de s’en aller.

« Allez, rentre chez toi fillette…barricade toi et attends les instructions. »

Il avait raison, pensait-elle. Elle ne se rendait pas utile en restant dans les ruelles, tapie comme elle l’était, à regarder le spectacle sanglant qui s’offrait à elle, et dont elle semblait horriblement se repaitre. Une grimace de dégout parcourut son visage. Si elle ne savait pas se battre, elle devait laisser la place aux autres, et trouver où elle pouvait apporter son aide.

Se faufilant entre les murs, elle rejoignit rapidement son logement. Dans ce dédale de chaos, le chemin qui la séparait des ses appartement semblait interminable. Elle courut à perdre haleine, se cognait contre les passants affolés qui arrivaient dans l’autre sens. Partout autours d’elle résonnaient des cris pénétrant sa tête qui ne voulaient plus en sortir et qui finalement la plongèrent dans une surdité passagère et bourdonnante. Enfin elle arriva aux pieds des Spires.

Elle ne se sentit en sécurité qu’une fois la lourde porte refermée derrière elle. Néanmoins, l’Ondine n’était pas revenue ici pour se calfeutrer. L’homme avait raison. Elle n’était d’aucune utilité si elle ne savait pas combattre. Sur la table, elle s’empara d’une feuille de parchemin, prit sa plume et l’encrier et s’installa au bord de la fenêtre. De là, elle pouvait tout voir, tout observer.

Ñiniel ne sut où poser son regard. En l’air comme sur terre, tout se passait si rapidement qu’elle ne savait par quoi commencer. Ses yeux l’arrêtèrent brutalement sur un bâtiment dont la gigantesque verrière qui le surplombait laissait apercevoir l’étrange manège qui se déroulait à l’intérieur. Elle crut reconnaitre Persée. Mais le plus intriguant était l’agitation permanente et régulière qui y régnait. Des humanoïdes rentraient à l’intérieur et se transformaient en dragons, laissant la place à leurs congénères qui prenaient forme humaine pour sortir.

Dans les cieux, les ombres noires n’attaquaient plus.

*Intéressant…*


Sur le parchemin, le cœur battant et la main tremblante, elle nota ses déductions.

Et fit aussitôt un geste de rage. Rien, elle n’avait rien ! Elle souligna sèchement le mot « clés » à plusieurs reprises. Qu’est ce que c’était que cette histoire de clés ? Quelles clés ? A quoi servent-elles ? Il lui fallait des réponses, et vite.

Mais au moment où Ñiniel s’apprêta à quitter ses loges et les Spires pour les Archives, elle entendit des cris provenir d’une chambre voisine, puis un peu partout dans les Spires. Toutes répétaient en cœur la même information.

« Ils se regroupent ! Venez-voir ! Par Flarmya, ils se regroupent tous !! »


La jeune Ondine n’avait pas besoin de l’entendre une seconde fois. Elle courut à sa fenêtre et assista une fois de plus à un spectacle effrayant. Sous ses yeux écarquillés était en train de se former une gigantesque masse sombre, faite de fumée et noirceur, et dans laquelle toutes les créatures d’ombre se jetaient. Un gigantesque Dragon Noir apparut enfin, et celui-ci avait l’air bien réel.
Étrangement, il ne passa rien. Ñiniel, cachée du mieux qu’elle pouvait observait le spectacle de sa chambre. Le silence était tellement présent qu’elle n’osait plus respirer, de peur qu’il l’entende.

C’est alors que sous ses yeux effarés s’avança vers lui Persée, sa Maîtresse-Dragon. Ñiniel ne put s’empêcher d’étouffer un cri en la voyant ainsi seule devant le Monstre, prête à donner sa vie.

« Non !»


Elle n’eut pas le temps de réagir qu’il asséna un formidable coup de queue à l’Ancalikon qui perdit aussitôt connaissance et se retrouva enfouie sous les gravats. Le choc avait été terrible, et l’Ondine sentit un frisson d’effroi parcourir son échine ; le temps semblait s’être arrêté. Elle avait beaucoup de respect et d’admiration pour sa Maîtresse-Dragon, et la voir aussi vulnérable, elle, la grande Ancalikon, chef des Armées du Kaerl Céleste, porta un très grand coup au moral de son Aspirante. Qui allait pouvoir assurer leur défense sans Persée ? Ñiniel se doutait bien qu’elle ne devait pas être la seule à avoir vu son moral fortement atteint par cet événement.
Le Dragon Noir s’envola dans les Cieux, laissant-là son ennemie. Persée fut fort heureusement récupérée peu de temps après et ramenée auprès de son armée, ce qui permit à l’Ondine de se recentrer sur son principal objectif : les clés d’Ouranos. L’intrépide décida de passer outre les instructions de Persée, et de retourner dans les rues du Kaerl Céleste pour rejoindre la salle des Archives.
Sur son passage elle arrêta un Aspirant qui courait dans les couloirs.

« Hé toi! Sais-tu où se trouvent les Archives ? »

« Tu ne peux pas, il ne faut pas retourner dehors, tu n’en as pas le droit… »


L’Ondine éclaira son visage d’un léger sourire qui se voulut rassurant.

« Pas de panique ; je souhaite simplement que tu m’indiques par la fenêtre l’endroit des Archives. J’ai quelques amis qui s’y sont réfugiés, et je voudrais simplement m’assurer qu’ils sont en sécurité. »


« Dans ce cas…. »


Le jeune Aspirant s’avança prudemment vers la fenêtre, mais resta à distance. Il pointa du doigt un des plus grands bâtiments du Kaerl.

« Tu vois le bâtiment là ? C’est celui-ci… »


Ñiniel nota aussitôt le chemin qu’il lui faudrait emprunter. Plutôt simple et rectiligne, elle avait de la chance. Elle apposa une main sur l’épaule de l’Aspirant et le remercia chaleureusement. Elle le raccompagna jusqu’à son appartement, et sortit des Spires.

Si le Dragon semblait tout toucher, tout détruire, Ñiniel savait également qu’il n’était plus qu’un pour sillonner le Màr Menel. Il lui fallait juste être discrète et un peu chanceuse pour atteindre les Archives. Plus elle arpentait les ruelles, et plus le contraste avec l’agitation de ces dernières heures était saisissant : les rues étaient devenues désertes, tous les habitants avaient trouvé refuge quelque part.

Quant à l’Armée, elle devait probablement établir un plan sous la verrière que Ñiniel avait aperçue.
Heureusement que la salle des Archives n’était plus très loin. Il lui fallut faire un dernier effort pour arriver rapidement devant les lourdes portes fermées du bâtiment. Ainsi découverte, elle ne donnait plus cher de sa personne si le Dragon Noir surgissait à cet instant. Enfin, il lui faudrait trouver le moyen d’ouvrir les lourds battants, solide barrière de la mémoire du Kaerl.

*Allez, courage !*


Elle entreprit alors la course la plus rapide de sa carrière, n’osant jeter un seul regard alentour de peur de perdre de précieuses secondes. Ce n’est qu’une fois arrivée qu’elle daigna se retourner. Elle ne vit rien. Promptement, elle tenta de pousser les portes, mais impossible d’obtenir le moindre frémissement. Elle tambourina alors, espérant qu’une personne à l’intérieur l’entende et lui ouvre le passage. Le bruit attira la Bête, qui, rugissante, apparut au dessus des bâtiments et repéra Ñiniel. Dans un horrible cri, il s’élança vers elle. La malheureuse Ondine, livrée à elle-même, eut pour seul réflexe celui de lever les bras pour se protéger et y enfouir sa tête.
Au moment où elle crut se faire déchiqueter, la porte s’ouvrit et des bras agrippèrent la jeune Ondine et l’engloutirent dans les pénombres des Archives.

Furieux, le Dragon Noir déchira le Ciel et disparut à la recherche d’autres proies.

Lorsqu’elle reprit ses esprits, Ñiniel vit un groupe d’une dizaine de personnes l’entourer. L’obscurité de la salle ne lui permit de distinguer les visages, mais ce dont elle était sûre, c’est qu’ils venaient de lui sauver la vie.

« Milles merci à vous d’avoir ouvert cette porte ! »

« Tu as bien failli y rester, jeune imprudente ! Que viens-tu donc faire ici ? »

« Je voulais…je voulais en savoir plus sur les Clés d’Ouranos que ce Monstre nous somme de lui donner… je pensais que les Archives devait être le meilleur endroit pour recueillir des informations…»


Après un silence saccadé de murmures entre les membres du petit groupe, l’une d’entre eux s’avança et prit la parole.

« Alors bienvenue parmi nous ! Nous sommes tous ici pour la même raison que toi ! Il nous faut trouver rapidement de quoi il retourne, sans quoi nous sommes tous condamnés. Viens, suis-nous, nous ne serons jamais trop nombreux ! »


Elle la prit par les épaules et l’entraina dans les sous-sols des Archives. C’était la première fois que Ñiniel pénétrait dans ces lieux, et l’intérieur était bien plus imposant qu’il n’y paraissait de l’extérieur.

« Il nous ordonne de lui donner les clés d’Ouranos, mais je pense qu’ici, au Kaerl Céleste, nous n’en possédons qu’une… »


Au détour d’un couloir, sur une table en bois circulaire, était disposée une pile d’ouvrages de taille et âge très différents. Chacun s’était assis sur une chaise et avait ouvert l’un de ces livres, tournant frénétiquement les pages. L’interlocutrice de l'Ondine poursuivit en désignant les livres.

« Nous avons fait un premier tri, et récupéré tous les ouvrages qui sont susceptibles de nous éclairer un peu sur la situation. Maintenant, il nous faut les feuilleter et trouver. Installe-toi !»


Ñiniel s’éxecuta. Elle attrapa le premier écrit sur le haut de la pile : « Les Gardiens des Clés », et commença à le parcourir.




Lhain Linwëlin
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MessagePosté le: Lun 2 Sep 2013 - 01:21 Répondre en citantRevenir en haut

En quittant Lynael et sa liée dans la forêt, Lhain et Koltira n'avait pas vraiment pensé à quelle sorte d'aventure les emporterait cette fois. Les obscures pensées du dragon avaient envahi le coeur du demi-elfe. Ce dernier avait suivi le regard reptilien vers les cieux, pour y apercevoir de sinistres ombres. Où se dirigeaient-elles ainsi ? Aucun des deux n'en avaient la moindre petite idée. Un sentiment, plus fort que la peur et la méfiance, s'était manifesté à eux sans crier gare. Tous deux s'étaient fixés un instant, l'un demandant conseil à l'autre silencieusement. Le bipède n'était pas rassuré à l'idée de se mêler de tout cela. L'avertissement qui emplissait leurs pensées fut pourtant le plus fort, comme s'il provenait d'une force qui les dépassait de très loin.

Lhain avait bondi sur le dos de Koltira et avait précisé à Lyna' qu'ils reparleraient plus tard du fait de voyager ensemble... si toutefois cette interruption ne les conduisait pas à un dangereux résultat. Le jeune homme s'était fermement tenu à son lié, lorsque celui-ci avait décollé du sol rapidement, sautant jusqu'à une clairière pour battre des ailes et s'élancer. Le petit Noir savait dans quelle direction aller, tandis que son lié attachait fermement le harnais qui pourrait le maintenir sur son dos. Les acrobaties des âmes-soeurs libres ne leur permettaient pas encore de prendre des risques de chutes.

*Tu es prêt ?* Interrogea le dragon.

*Aussi prêt que l'on peut l'être en s'élançant dans une telle folie.* Répondit Lhain avec un pauvre sourire.

L'action n'était pas du tout son fort, du moins, pas quand il s'agissait de se mêler de choses qui ne les concernaient peut-être pas. Lhain se prétendait peu courageux et fort peu enclin à aider autrui sans bonne raison, ou sans contre-partie : pourquoi, par tous les dieux, se lançait-il dans pareille filature ? Un mauvais pressentiment les habitait, cela ne faisait aucun doute, mais de là à se laisser guider par lui... C'était insensé !
Dans ce cas, pourquoi était-il aussi déterminé à poursuivre ce chemin en compagnie de son lié ?

Assuré que le demi-elfe était bien prêt, Koltira ne tarda pas à prendre de l'altitude, tâchant de se tenir au-dessus de ceux qu'ils poursuivaient. Un orage terrible ne manquerait pas d'éclater sous peu de temps. Flarmya en fût louée, les nuages noirs épais serviraient à cacher la présence du petit Noir. A condition, bien entendu, que les présences ne s'aperçussent pas de leur propre présence. Il allait falloir compter sur la chance et une bonne dose de discrétion. Fort heureusement pour le duo de libres, le deuxième point était une qualité qu'ils possédaient.

*Qu'est-ce que c'est que ces créatures ?*
Marmonna Lhain. *On dirait des dragons.*

*Ils n'ont de dragon que l'apparence, je ne ressens rien vis-à-vis d'eux.* Fit remarquer Koltira, tout aussi intrigué.

A l'heure actuelle, il appréciait sa petite taille, lui permettant d'être discret et de passer inaperçu. A moins que ces êtres étranges n'eussent un autre but ? Peut-être ne leur accordait-on pas d'importance ? Dans un cas, comme dans l'autre, tout était parfait ! Avec ces épais nuages, les deux liés ne voyaient pas vraiment la terre défiler beaucoup plus bas.
Où allaient donc ces bestioles ? Ils ne tardèrent pas à s'en douter un peu lorsque le dragon ressentit une gêne évidente dans sa course. Une force invisible lui brouillait la vue et l'empêchait de discerner correctement les alentours. Clignant des yeux pour les dégager de cet épais brouillard, il se concentra davantage sur ceux qu'ils poursuivaient... et constata qu'ils venaient de passer à l'attaque d'un endroit particulier. Et quel endroit ! Secouant la tête avant de stopper son avancée pour faire du sur-place, Koltira dut faire quelques battements d'ailes pour reculer un peu et se rendre mieux compte de la situation.

*Je crois que nous venons d'arriver devant un autre Kaerl et que son gardien m'empêche d'aller trop loin !*
Annonça le dragon en poussant un mugissement déstabilisé.

Un Kaerl ? À cette hauteur ? Le fameux Kaerl Céleste dont Ulfgar leur avait un jour parlé ? Si tel était le cas, tous deux étaient pris dans la tempête qui servait à protéger ces lieux, bien malgré leur souhait de continuer. Lhain protégea son visage un instant du vent, avant de jeter un coup d'oeil en contrebas. Les lueurs de flammes dansaient déjà au travers de la masse grisâtre. Cette dernière semblait se dissiper un peu, mais pas assez pour leur permettre d'aller plus avant. Il allait falloir improviser. En bas, sur le rocher volant dont parlait certains livres, ils avaient des problèmes et pas qu'un peu !

Malgré tout, à la vue des ombres qui planaient non-loin de leur position, le duo d'ancien neutres décida qu'il était peut-être temps de faire connaissance avec ces mystérieux assaillants. Les hurlements qui fendaient les airs ne rassuraient pas Lhain, pas le moindre du monde même. Néanmoins, l'adrénaline qui habitait Koltira ne tarda pas à le submerger totalement, le poussant à resserrer ses doigts sur l'écaille de son compagnon et à se pencher en avant.

- Si les choses dérapent, nous prendrons la fuite, d'accord ? Je ne tiens pas à mourir ici.


Pas aujourd'hui : comme beaucoup d'esprits devaient le penser à cet instant en bas. Ce n'était pas grave s'ils ne voyaient pas le Kaerl Céleste de leurs yeux. Ils avaient un tout autre objectif.

Prenant son élan, Koltira plongea au travers des nuages ! Les ailes du petit Noir étaient repliées contre ses flancs, lui offrant ainsi une vitesse vertigineuse, tandis qu'il descendait au niveau des créatures et passait devant l'une d'elles. C'était une véritable horreur. Lhain avait tout juste eu le temps de la détailler, ses yeux elfiques s'écarquillant de stupeur en se posant sur cette face cauchemardesque. Ils allaient devoir redoubler d'adresse pour se frayer un chemin entre elles !
Se rétablissant à l'horizontale, le jeune dragon slaloma bientôt entre plusieurs formes noirâtres et analysa bien vite la situation : l'adversaire était largement supérieur en nombre et les quelques présences draconiques autour d'eux ne suffisaient pas à le rassurer. Pire encore, bien des siens semblaient tomber parmi les combattants qui s'opposaient aux monstres.

Le rugissement de Koltira retentit toutefois dans les airs. Que les dieux lui en fussent témoins, il ne laisserait pas les siens se faire massacrer impunément ! Une salve de flammes jaillirent bientôt de ses mâchoires, heurtant soudainement l'une des créatures ! L'affrontement était lancé, quand bien même la victime de l'attaque vacilla. Elle reprit bien vite son envol, semblant ignorer la douleur et s'élança à la poursuite des deux nouveaux arrivants ! Satisfait, le petit Noir battit furieusement des ailes pour s'en éloigner, mettant une distance raisonnable entre eux.
Il leur fallait désormais trouver comment les battre. Le feu avait l'air d'aider comme il le fallait. Toutes immatérielles que paraissaient les ombres, celle qu'ils venaient de provoquer avait réagi à leur attaque. C'était déjà bon signe, quand bien même se contentaient-ils de voir de quoi il en retournait. Les ailes de Koltira battaient l'air avec une vivacité sans appel, ne laissant pas l'opportunité à leur opposant de les rattraper tout de suite. Il s'accrocha cependant, bien décidé à les envoyer rejoindre ceux qui étaient déjà tombés au combat.

- Comment tuer une ombre ?!
S'écria Lhain par dessus le vacarme. On se fatiguera sûrement avant eux !

*Qu'ils ne commettent pas l'erreur de me sous-estimer !*
S'exclama Koltira en lâchant un nouveau cri dans les airs. *Ils ne laissent aucun répit à leurs victimes, certains de mes frères et soeurs s'en sont allés. Je ne cèderai pas devant eux !*

Le dragon d'obsidienne était en rage de les savoir tomber ainsi. Il ne pouvait pas pardonner un tel acte. Leur poursuivant ne les lâchait pourtant pas d'une semelle, sans doute prompt à les mettre hors d'état de nuire. Malgré les nuages et le tumulte, les prunelles bleues de Lhain ne tardèrent pas à remarquer la nouvelle présence qui venait de surgir à quelques mètres devant eux ! Une autre ombre venait de les prendre en chasse et s'apprêtait à les prendre en tenaille avec sa compagne ! L'un arrivait de devant, l'autre de derrière. Le jeune homme ne tarda pas à hurler un avertissement à son lié. Koltira se rapprocha dangereusement de sa nouvelle assaillante, prenant une inspiration brutale, avant de cracher un projectile enflammé dans sa direction et d'effectuer un battement d'ailes qui le fit bifurquer à la verticale !

Fermement accroché à son harnais de sécurité, Lhain eut tout juste le temps de tourner la tête en dessous de lui pour voir les deux ombres se percuter de plein fouet, l'une aveuglée, l'autre, emportée par son élan ! Les deux masses informes s'entremêlèrent, avant de se désagréger mollement près de la couche nuageuse.
Ils avaient réussi ! Un rire nerveux secoua le jeune homme, alors que Koltira poussait un rugissement victorieux. La méthode avait été plutôt efficace, même s'ils ne se seraient jamais douté que cela fonctionnerait. Le petit Noir ne s'arrêta pourtant pas là, effectuant une vrille et repartant de plus belle vers le bas.

Ils crurent cependant que leur chance venait de tourner, lorsqu'ils s'aperçurent de toutes les ombres amassées dans cet endroit précis. Elles n'attaquaient plus ? L'on n'entendait même plus le vacarme au sein de ce qu'ils pensaient être le Kaerl Céleste. Sentant la panique de son lié, Koltira battit des ailes pour se réfugier ailleurs et observer l'étrange situation qui se développait devant eux. Les créatures avaient cessé de se battre et tournoyaient là-bas. Pourquoi les Célestes ne se défendaient-ils plus ? Qu'est-ce qui pouvait bien se passer ? Fronçant les sourcils et regardant partout aux alentours, Lhain s'apprêtait à ordonner au dragon de s'en aller sans demander leur reste, lorsqu'un nouvel évènement vint les surprendre. Autour d'eux, les nuages se dissipaient progressivement, laissant enfin entrevoir ce qui semblait être une cité volante.
S'ils ne pouvaient approcher, les deux liés durent bien reconnaître que le spectacle était une splendeur... s'il n'y avait eu cette ombre immense qui tendait à se former sur ce qui avait l'air d'être la place principale des lieux. La situation s'envenimait, il n'y avait aucun doute là-dessus.

- Koltira, c'est quoi les "Clés d'Ouranos" ?
Interrogea doucement Lhain, alors que l'on n'entendait plus que le souffle du vent et la voix tonitruante de la Bête.

*Cela m'a l'air assez important pour que quelqu'un ose s'en prendre aux enfants de Flarmya et à un Kaerl entier.*


Une exclamation d'horreur s'échappa des lèvres du demi-elfe lorsque ce dernier aperçut la forme humanoïde que la créature venait de faucher, de sa queue couverte d'épines. Un sentiment de terreur venait de l'envahir, secouant le jeune dragon par la même occasion, bien que ce dernier n'émit pas la volonté de bouger de leur place actuelle. Les cieux étaient désormais dégagés : ils n'avaient désormais plus aucun endroit où se cacher. Ils s'étaient engagés dans ce combat qui n'était sans doute pas le leur. Que faisaient-ils ici ? Ils n'étaient pas de taille à affronter cette chose.
La Bête en question, après avoir balayé la personne de son passage, reprenait son envol, probablement bien décidée à attaquer de nouveau...

- Avons-nous la moindre chance... ?
Murmura Lhain en déglutissant, les mains crispées contre les écailles de son lié.

*Je peux compter sur notre vitesse, mais il va falloir que les Célestes se réveillent et agissent.*

- Je ne peux pas croire que moi, je suis en train de faire ça...


Car, si les Célestes ne leur venaient pas en aide, ils ne feraient sûrement pas long-feu.
Tremblant comme une feuille, Lhain vérifia son harnais de sécurité et reprit sa position de vol. S'il voulait rester concentré, il devait se calmer à tout prix. S'ils tentaient d'approcher du Màr Menel, nul doute que leur Gardien ne ferait pas la différence entre eux et l'ennemi : ils n'étaient pas d'ici après tout. Ils allaient devoir se débrouiller aussi bien qu'ils le pourraient. Un grondement remonta le long de la gorge de Koltira. Il était bien conscient de la peur qui grandissait dans l'esprit de son lié, mais son propre coeur l'appelait au combat : pour les siens, ceux qui vivaient et ceux qui étaient tombés. Il était peut-être tout petit à côté de bien de ses frères et soeurs, mais il tenait à les défendre également, même si sa façon de faire n'était en rien une attaque brute.

Le cri du jeune dragon fendit le silence et se joignit aux battements d'ailes du sombre monstre sous le ciel. Une masse noire plongeait dans la direction de la Bête qui venait de s'éloigner légèrement de la surface du Kaerl Céleste. Ils n'auraient droit qu'à un essai pour arriver à passer près de cet endroit. S'ils ne pouvaient pas s'approcher de façon matérielle, alors ils utiliseraient le pouvoir qu'ils avaient découvert en eux, depuis quelques temps déjà. Passer quelques mois dehors avait eu ses avantages dans bien des domaines... dont celui de disparaître lorsqu'il le fallait.
Aucun des deux liés ne sut vraiment si leur grand ennemi les avait remarqués. Les mâchoires de Koltira s'ouvrirent en grand pour laisser échapper plusieurs salves de flammes vers le crâne de l'énorme créature, avant que leurs deux corps ne disparaissent brusquement du champ de protection de la demeure des Célestes. Combinant leurs forces, le duo de libres s'était fondu dans l'air subitement, passant outre leur adversaire pour reparaître plusieurs mètres bien plus loin ! De nouveaux projectiles de flammes bombardèrent l'immense monstre, tandis que Lhain reprenait son souffle sur le dos de son lié.

- Je crois que... nous avons attiré... son attention...
Constata le jeune homme avec un sourire nerveux en apercevant la masse noirâtre se tourner dans leur direction.

*C'est le moment de montrer que nous sommes très rapides !*
Approuva le dragon en tâchant de reprendre de l'altitude rapidement.

- Vite ! Plus vite !
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 16 Sep 2013 - 18:54 Répondre en citantRevenir en haut


Doran d'Amberle & Yarren




Les cieux étaient plus qu'un champ de bataille : c'était presque un massacre. Entendre le cris de ses frères et soeurs de race, de les voir tomber des airs, avec leur lié à leur suite dans une chute mortelle, sentir leurs vies s'éteindre... Ce fut beaucoup pour un jeune saurien comme Yarren. Il poussa presque un cri plaintif à chaque fois que dans ses os, il sentait la disparition d'un des leurs, tout en assistant à leur crash final sur les larges dalles de marbres, qui acceuillaient déjà les flaques de sang. Tremblant, il se retenait de prendre la fuite, saisi par temps de morts et d'émotions perturbantes. Pourtant, des coups de poings tambourinaient contre ses écailles ; même pas une chiquenaude pour un dragon de sa taille et sur ses écailles résistantes.

°Yarren, ressaisis toi ! Qu'est ce que tu fais ! °
°Regarde au sol....°
°Ce n'est pas le moment de flancher ! Ne regarde pas en bas, regarde ce qui se passe entre nous et ces ennemis ! °
°Tant de perte en si peu de temps...°
°Yarren ! Si tu perds les pédales maintenant, je vais rien pouvoir faire !°


Les rôles s'étaient légèrement inversés entre le lié et son dragon. D'ordinaire, Doran était le timide et Yarren prenait largement l'initiative quant à des mesures à faire. Mais là, les choses étaient clairement différentes. Le dragon noir était apeuré par ce qu'il voyait, effrayé par les combats.

°Je suis comme toi, confronté pour la première fois dans une horrible bataille ! Nous tremblerons et pleurerons nos morts après que nous nous serons battus jusqu'au bout. Comme le disait un maître-dragon que j'ai croisé, nous devons toujours nous attendre un jour ou l'autre à nous battre ! Et c'est maintenant qu'il faut le faire !°
°Mais comment ? Je n'ai aucune idée de quoi faire. Regarde, ces ombres tuent dès qu'on les touche. rien ne semble les atteindre. °


Doran était déconcerté par la détresse de son lié, renforcée par le lien qui les unissait. S'il ne trouvait pas le moyen d'encourager son lié, ils allaient se faire tuer. En effet, le dragon noir volait par moment en surplace, complètement désorienté. Ils étaient une cible de choix pour les Dragons d'Ombre.

°Yarren ! Bouge toi le cul bon sang !

Doran usait très rarement un langage châtié et cela ne plaisait guère à son dragon. entendre proférer une telle remarque provoqua un mouvement de la tête reptilienne dans sa direction.

° Qu'attends-tu lézard effarouché ! Qu'on se fasse descendre comme des lapins ?
°Tu vas voir si je suis un effarouché ! °


Malgré les tremblements qui agitaient ses mains, le jeune homme s'agrippa comme il put quand son dragon bondit en avant, montant vivement à la limite de la verticale. Une ombre venait de les prendre en chasse. Yarren battit vigoureusement des ailes, montant et montant encore, autant pour fuir que pour emmener cette engeance maléfique loin des siens. Une ombre en moins en bas serait plus de chances de survie pour les autres dragons qui combattaient et cherchaient à abattre ces ennemis invincibles.

D'un coup, quand il jugea être à la bonne altitude, il donna un dernier coup d'aile et vira en chandelle. Les muscles de ses ailes protestèrent et son lié sentit le sang monter à la tête. Il piqua vivement vers le sol. Il redressa en un virage sec et difficile pour ne pas trop se rapprocher du Kaerl.

° Humpf, il est toujours derrière nous ! °
°J'ai vu et nous avons un dragon non-céleste qui semble avoir trouvé une bonne méthode pour les anéantir. C'est risqué mais on peut faire la même chose. On y va !°
°Attends, l'ombre nous suit plus. regarde ! °




Joachim de Leysse et le Brun Nakyamë


Le Baskan parut imperturbable quand il vit la transformation des dragons d'ombre, pour n'en former qu'un seul. Entité monstrueuse hérissée d'épines, elle était démesurée ! Plus grande même que la plus puissante des Dragonnes d'Or qu'avait pu connaître le Màr Menel. Devant cette apparition soudaine et devant le courage de Persée, il se tenait prêt à agir. Et quand sa supérieure tomba sous les gravats, il ne perdit pas de temps pour ordonner à ce qu'on aille la couvrir. D'une main il ordonna à ses quelques archers et arbalétriers de se tenir prêts, même s'il savait déjà que les projectiles ne feront guère mal à cette... chose !

Une fois que Persée et son lié furent hors de la zone dangereuse, Joachim ordonna qu'on mena l'Ancalikon prestement à l'infirmerie.

°Nakyamë, contacte Legundir, je vais avoir besoin qu'il regroupe ce qui lui reste des Escadrilles d'élite. Nous devons essayer de tenir cette créature loin des blessés qu'on termine d'évacuer. °

Son grand Brun s'exécuta, renvoyant l'ordre à l'elfe Legundir, tout en voyant l'imposant monstre prendre son envole et chercher à s'en prendre à un dragon et son lié, qui n'était pas d'ici à ce qu'il sentait. La question de savoir d'où ils venaient ne se posa pas pour le moment, tant qu'on avait le nombre de bras et d'ailes nécessaires au combat.

°Dis à Legundir qu'ils l'assaillent à coup de de flammes. Tout en veillant à éviter ses coups. Il est matériel, il est plus que probable qu'un coup réel de sa part suffise à tuer un dragon sur le coup. °

Joachim regarda la monstruosité. Il crut croiser un instant son regard rougeoyant et manqua de frémir. D'ailleurs, il trembla. Sourcillant, il tourna son esprit comme une prière.

°Grand Seigneur Maeglin Del Cirth, entendez mes pensées....°

Il avait conscience que le Gardien ne donnerait jamais les clés d'Ouranos ; du moins celle qu'il avait en sa possession. Mais pourquoi laissait-il ce monstre détruire le kaerl Céleste, arracher la vie des Enfants de Flarmya et de leur lié ? Pendant qu'il réfléchissait à cela, il ordonna un tir. D'un autre regard, il observa la Grand'Place. Avant d'écarquiller les yeux d'horreur.

''Gardes ! Enflammez vos traits ! Usez de la poix s'il faut que cela brûle ! A mon commandement....''

On disait que le feu était ce qu'il avait de plus digne pour offrir le dernier voyage aux défunts. C'était aussi un outil purificateur. Mais de ce qu'il voyait...

''Tirez ! ''

Le claquement des cordes résonnèrent à l'unisson, pour marquer l'intention unie de se battre contre cette ombre matérialisée.



L'immense dragon ne semblait pas être perturbé par sa masse pour prendre la voie des airs. Son grondement puissant exprimait tout l'agacement qu'il reportait sur cette petite chose neutre qui le harcelait, tout en feulant de temps à autre en direction de ces punaises qui pensaient l'abattre en plein vol.

Vermisseau, ne te crois pas capable de ce que tu es incapable de faire. Je vais te réduire à néant, fils des Neutres !


Imaginez ce qu'un dragon est capable de déplacer comme air en battant des ailes... Imaginez ce qu'un dragon de la taille du Messager des Ténèbres est capable de faire face à un moucheron. D'un claquement puissant en avant de ses ailes ténébreuses, il provoqua une onde invisible mais dévastatrice en direction de Lhain et de Koltira. Puis la créature maléfique, se laissa tomber pour se poser à sa place précédente. Il n'y qu'à ouvrir la gueule pour émettre une brume grisâtre et épaisse. Cette brume dès qu'elle touchait les cadavres des dragons et des hommes, les liquéfiait. D'abord la chair, puis les os se réduisaient en lambeaux, tombant en poussière avant d'être annihilés, obscurcissant encore plus ce brouillard. Ce brouillard semblait dévorer tout ce qui était chair et sang au pied de cette immondice ! C'est cela qui avait stupéfait d'horreur Joachim.

Le dragon gigantesque releva sa tête vers le ciel, se délectant de ce que son souffle morbide venait de faire. Le nuage de mort l'entourait, avant de retourner dans sa gueule.

Donnez moi les Clefs d'Ouranos. La mort et l'anéantissement seront vôtres si vous n'accédez pas à ma requête ! Vos âmes appartiendront au néant comme je viens de le prouver ! Donnez moi ce que j'exige !


Il poussa un grondement quand une nouvelle nuée de traits furent décochées.

''Dévoreur de cadavre ! En nous interdisant de pleurer sur le corps de nos âmes soeurs et de nos frères, tu ne fais qu'entretenir notre désir de te combattre ! Gardes ! Feu ! ''

Nouvelle envolée, accompagnée du souffle ardent des dragons qui étaient encore en état de voler. Gagner du temps ! Voilà ce qu'il devait faire. ce qu'ils devaient tous faire. Même le plus puissant des Valherus n'avait pas une réserve infinie de magie. Il faudra au Màr Menel tenir le plus longtemps possible jusqu'à ce que ce simulacre de dragon disparaisse...

*Gardien Maeglin. Tout ce que le Kaerl désire, c'est vivre... Si tu veux pas combattre pour préserver cette Clé, c'est ton choix, mais ne laisse pas le kaerl sombrer. Juste un peu d'aide, c'est tout ce que le kaerl demande pour survivre et combattre ce démon ! *

Tout ce que le Baskan crut entendre dans une lointaine pensée furent ces mots :


La douce chaleur du soleil apparut.
Les éclairs des ténèbres se turent.
L'énorme nuage obscur disparut.
La lumière blanche se montra pure....

C'est tout ce que je peux te donner comme guide pour le moment...


Etait-ce Maeglin qui s'était adressé à lui ? Quel imbécile Joachim était... Cela était si évident qu'on passait à côté ! La lumière contre les ténèbres. Ce qu'on lisait dans les contes pour enfants servirait contre un Maître des Arcanes Noirs ? Contre un démon qui prenait corps de dragon pour se repaître des corps des morts ?


''De la lumière ! Que les personnes qui savent user de lumière, même en petite magie en fassent usage contre cette chose ! Que les ténèbres qui la composent retourne dans ses abysses ! Hardi contre l'Ombre ! ''



Plus haut dans les cieux, deux dragons noirs étaient côte à côte. Yarren avait vu la scène de ce dragon et de son lié inconnu avec la chose monstrueuse, avant que cette dernière ne retombe sur le sol. Les deux célestes étaient venu aidé de leur mieux les deux neutres après la forte bourrasque déployée par l'immense créature.

''Tout va bien, pas trop secoué ? Je sais que c'est une question stupide dans pareilles circonstances mais.... Est ce que vous vous sentez capable de retourner au combat, face à cette.... ce truc ? ''

Même si ce demi-elfe et son lié venaient d'un autre kaerl, toute aide était la bienvenue après tout et ces deux là avaient montré leur habilité au combat. A deux, ils seraient plus efficaces... Enfin, Doran l'espérait.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Ven 20 Sep 2013 - 06:23 Répondre en citantRevenir en haut

Le jeune homme contemplait la silhouette sombre occupant presque entièrement le ciel de la Citadelle blanche, une silhouette informe de la taille des grands monstres dont parlent les légendes de son peuple. Même s'il s'était attendu à quelque chose de colossale lorsque les ombres avaient commencées à se regrouper, son cerveau ne parvenait toujours pas à appréhender la chose immense sous ses yeux. C'était un Dragon géant, peut-être, un genre de créature qui n'apparaît que dans les rêves les plus sombres. Mais cela ne pouvait pas être réel. Si Luckor avait accepté l'existence des Dragons, jamais il ne pourrait reconnaître celle de cette chose. Il était pourtant impossible de l'ignorer, impossible de le nier.

Le monstre dévisageait l'Ancalikon, son Maître, d'un regard sans émotion. Ses yeux menaçants étaient presque aussi gros que les roues d'une charrue. Le courage évident de la jeune femme ne semblait pas perturber beaucoup la créature, bien au contraire. Ses paroles venimeuses laissaient Luckor interdit : de quoi pouvait-il bien parler depuis tout à l'heure ? A quoi correspondaient les fameuses clefs d'Ouranos, la cause même de cette sanglante attaque sur le Kaerl Céleste ? Clefs ? Quelles clefs ? Et que venait faire Ouranos dans toute cette histoire ? Luckor connaissait peu de choses à son sujet, seulement qu'il était l'un des Dieux les plus puissants, "Le Dieu des Vents et du Ciel". Mais son histoire, les légendes à son sujet et son rôle parmi les peuples de Tol Orëa le dépassaient. Impuissant, il porta un regard tourmenté sur le Maître à ses côtés, comme s'il le suppliait d'intervenir avant qu'il n'arrive malheur.

Son coeur manqua un battement lorsque son Maître fut victime de son plus grand adversaire. Les pierres s'abattirent sur elle dans un bruit assourdissant, tandis que le grand Dragon de brume rejoignait l'immensité du ciel, à la recherche d'une nouvelle proie, de quelqu'un capable de lui apporter ce qu'il était venu chercher. Le corps inanimé de Persée rappela au jeune homme l'incident aux mines, la mort du père qu'il aimait tant, et tout ce qu'il avait laissé derrière lui en acceptant de rejoindre le Kaerl. Il n'avait pas eu l'opportunité de dire au revoir à sa famille. Tandis que sa mère élevait seule ses autres enfants, tandis que les guerriers du Màr Menel luttaient contre un ennemi commun, qu'avait-il accompli qui mérite la reconnaissance et les félicitations de son mentor ?

La rage au coeur, il se mordit les lèvres jusqu'au sang. "Il est demandé aux Aspirants de rester aux Spires, quoi qu'il arrive", avait ordonné un Maître Brun, qui prétendait parler au nom de l'Ancalikon. Les ordres étaient les ordres et cet homme avait été très clair quant au respect de la hiérarchie. Que pouvait-il faire de plus, avec sa patte folle et les quelques petites heures d'apprentissage qu'il avait reçu depuis son arrivée ? Il savait à peine manier le couteau et se déplacait plus lentement qu'un jeune enfant. Sa seule qualité résidait dans la puissance de ses bras, acquise à force de travail au fond des mines d'Undomë. Malheureusement, il ne pouvait pas espérer lutter contre un tel ennemi avec cette seule compétence. Cela ne lui suffirait pas à porter secours la personne à qui il devait la vie...si cette dernière n'avait pas déjà rejoint l'autre monde.

*Villicy...Je vous en prie, faites qu'elle soit encore en vie ! Faites qu'elle ait survécu à ses blessures ! * supplia intérieurement le jeune aspirant.

Il n'avait pas encore renoncé à ses croyances. Les Dieux de Tol Örea étaient nombreux, mais Luckor préférait de loin prier la déesse que son peuple vénérait. Elle était forte, juste et respectée. Une déesse digne d'une Ancalikon comme Dame Garaldhorf.

°Maître...° appela intérieurement l'aspirant sans réellement s'en rendre compte. °MAITRE !°

Luckor se redressa malgré sa jambe fragilisée. Son équilibre précaire ne lui permettrait pas de rejoindre l'infirmerie en toute sécurité, lieu le plus probable où l'Ancalikon avait dû être mené par ses hommes. Il aurait tant souhaité connaître son état de santé, lui demander conseil, être à ses côtés pour pouvoir la protéger de ce contre quoi elle ne pourrait lutter.
Mais un Ancalikon n'avait pas besoin d'un aspirant défectueux dans une situation comme celle-ci...Il ne serait qu'une gêne pour elle, comme il était une gêne pour le Maître de Bronze qui essayait tant bien que mal de lui apprendre à considérer la mort autrement. Un mineur estropié n'a pas sa place dans les grottes d'Undomë, comme un aspirant mal en point n'a pas la sienne sur un champ de bataille.

- De la lumière ! Que les personnes qui savent user de lumière, même en petite magie en fassent usage contre cette chose ! Que les ténèbres qui la composent retourne dans ses abysses ! Hardi contre l'Ombre ! cria soudainement un homme de fière allure, ce qui tira Luckor de ses sombres pensées.
- Mais l'obscurité qui s'est installée sur la Citadelle Blanche vient essentiellement des nuages noirs au-dessus de cette créature, pas du monstre lui-même...

Les Magiciens n'étaient pas plus nombreux que les Sans-Dons ou les Chevaliers dépourvus de pouvoirs. Leur seule présence pourrait-elle suffire à lutter contre cette chose ? Ou au moins à l'affaiblir ? Étaient-ils si puissants, comme certains le prétendaient ?


Dernière édition par Luckor Mornelac le Mar 15 Oct 2013 - 09:59; édité 1 fois
Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut

La chute lui parut tout de même assez longue. Arrivé en bas, sur les fesses, il avait mal partout. La cheville, grâce à Faydan, un peu partout, grâce aux escaliers – quelle idée de mettre des escaliers en plein milieu du chemin- et maintenant, il avait horriblement mal à la tête. Il porta sa main sur le côté de son crâne et sentit un liquide chaud et poisseux au bout de ses doigts. L’identification fut rapide. Du sang. Il avait dû se cogner la tête assez fortement. D’ailleurs, il avait assez mal et un espèce de brouillard commençait doucement, mais surement à s’installer. Après une courte réflexion, il avait l’impression de se trouver dans une bulle, les sons lui venant légèrement déformés.

Il ne vit ainsi pas son maitre partir dans une direction quelconque, et n’entendit pas la nouvelle consigne de Faydan. Aussi, il se releva doucement, mais difficilement, regardant autour de lui. Il n’entendait pas grand-chose, mais il vit clairement l’agitation. C’était le chaos total. Tout le monde courait dans tous les sens, paniquants, certains pleurants ou semblant prier des Dieux qu’Asulil ne connaissait pas. Voyant quelques soldats essayant de canaliser la foule, il décida de prêter main-forte et aida à guider tout ce petit monde en sureté. Il avait l’avantage d’être grand, alors on repérait ses gestes de loin.

Alors qu’il marchait dans les couloirs des spires, cherchant à aider tout le monde, quelque chose tira sur le bas de son pantalon. Baissant la tête, il vit une petite demoiselle, les joues déjà détrempées de larmes. Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais les hoquets n’arrangeaient pas le baragouinage enfantin de la petite chose. Il se pencha pour la prendre doucement dans ses bras. Elle ne semblait rien peser dans les bras du Torhil. Il alla s’asseoir un peu plus loin, posant la petite sur ses genoux, pour essayer de décrypter la langue tordue des enfants.

- Maman, ze sais pas…. Z’ai peur… Finit-elle par dire, après s’être un peu calmée.

- Tu as peur de ta maman ?

- Non ! Elle le tapa gentiment sur le bras. Ze sait pas où elle est !

- Ah… Et ton papa.

Il y eut une petite seconde ou deux de silence avant qu’une nouvelle crise de larmes survienne. Bon, de toute évidence, elle avait perdu son papa aussi.

Il décida de la garder avec lui en la portant. S’il la laissait au sol, elle risquerait de se faire écraser, se perdre un peu plus ou n’importe quoi d’autre. Dans ses bras, elle avait plus de chance de se faire repérer par un membre de sa famille.

Au bout d’une heure, un calme tout relatif régnait dans les spires. Asulil avait rejoint une grande salle où plusieurs personnes s’étaient regroupées. Sa tête allait un peu mieux, il ne saignait plus et le brouillard c’était légèrement dissipé. Mais il restait toujours fermé au don, sans qu’il ne le sache. Pour le moment, il était assis sur le sol, apprenant à jouer à un jeu local avec la petite fille qu’il avait récupéré un peu plus tôt.

Dans la légère agitation inquiète de l’endroit, un murmure plus fort que les autres se fit entendre, s’amplifiant.

- Par tous les dieux ! Venaient voir par ici !

Il n’en fallut pas plus pour que chacun essaye de rejoindre une fenêtre pour voir ce qu’il se passait. C’est tout naturellement qu’il fit de même.

- Reste là. Dit-il simplement en se levant, allant vers les carreaux donnant sur l’extérieur. Et ce qu’il vit le figea sur place. Les dragons noirs, la multitude de dragons noirs convergeaient tous vers le centre de la place, se regroupant en une masse gigantesque. Jamais au grand jamais il n’avait vu quelque chose d’aussi imposant. Et il aurait voulu ne jamais l’avoir vu… Une peur sourde s’empara de lui, le prenant aux tripes. Il refréna l’envie de courir se réfugier dans un coin. D’autre n’y arrivèrent pas… ou n’essayèrent même pas. Ils partirent en courant le plus loin possible des fenêtres, à l’opposé de la pièce.

Se retournant, il retourna vers l’enfant qui s’était levé pour voir aussi.

- Non, viens. Il la reprit dans ses bras et se dirigea vers le fond, la confiant à une mère qui avait déjà un autre enfant. Puis il retourna près des fenêtres, non sans une certaine appréhension… Qui se confirma. Un petit brin de femme allait droit sur la bête. Il ne savait pas qui elle était. Tout ce qu’il constatait, c’était qu’une folle avait décidé d’affronter seule ce… Truc immense.

Il n’eut malheureusement pas le temps de réagir que la dame se fit assommer par le dragon géant qui prit son envol juste après. Et personne ici ne semblait vouloir bouger pour aider l’inconsciente. Il voulut sortir pour aller l’aider, mais fut retenu par deux personnes qui lui dirent que c’était trop dangereux, que l’Ancalikon était rapatrié entre de bonnes mains. Il ne savait pas ce qu’était un Ancalikon, mais entre de bonnes mains, il n’était pas sûr. Il n’y avait que deux personnes pour la remmener à bon port.

Il retourna près de fenêtre pour regarder la suite du spectacle macabre. Le Grand Dragon noir semblait être en train de chasser quelque chose dans les airs. En tout cas, il volait et semblait agacé par un truc plus haut.

Lorsqu’il se reposa sur ses grosses pattes griffues, un nuage d’une opacité inquiétante se dispersa de sa gueule, semblant ramper autour de lui, dévorant ce qui vivait… Ou avait vécu. Un nouveau frisson d’horreur parcourut le dos d’Asulil. Il ne put s’empêcher de penser aux âmes des défunts qui ne trouveraient jamais le repos et que le Dragon des Sables allait garder en son sein pour les tourmenter pour l’éternité. Ce n’était pas une image des plus plaisantes, mais une coutume traditionnelle de son désert natal.

Alors que le désespoir commençait à envahir l’assemblait, des gardes déboulèrent en criant que tous ceux qui savaient user un peu de magie les suivent. Qu’il fallait créer de la lumière pour combattre la chose. Au début, personne n’osa bouger. Magie ou pas, la créature terrifiait tout le monde. Mais lorsqu’un jeune, qui n’avait pas encore atteint ses 20 ans, s’avança en disant qu’il savait faire un peu de magie, le mouvement se lança. Un autre, puis une nouvelle, et enfin, tout un groupe se détacha pour aller combattre.

Le Torhil n’avança pas lui. La magie… Il savait à peine ce que c’était, alors s’en servir… C’était encore une autre histoire. Mais ce n’est pas parce qu’il ne savait pas manier les sorts qu’il n’était pas à court d’idées. Il avait pour lui une bonne mémoire, inutile à cet instant, mais aussi une capacité à… ne plus se faire voir… Qui lui avait servi lors de ses différentes… Bavure…

Il porta son regard sur la place et ce qui l’entourait. Puis sur la verrière du jardin d’hiver… Qui ne s’était pas déjà fait éblouir par le soleil qui se reflétait de manière impromptue sur du verre. De son souvenir, qui était plus que juste, il avait vu certaines fenêtres ouvertes lorsqu’il y était allé les premiers jours…

Il attendit tranquillement que les magiciens soient sortis et un peu plus loin pour sortir à son tour discrètement, contournant la place doucement, allant sur le côté du jardin. Il était fou, son maître allait surement le tuer… Mais il ne pouvait pas rester sans rien faire, et son maître avait disparu de la circulation. Surement un truc à faire, comme ça arrivait souvent.

Il entreprit donc de grimper sur le bâtiment. Heureusement, quelqu’un était en train d’occuper la bestiole et il put escalader sans trop de mal. Il arriva rapidement sur la partie en verre. Là, ça aller se compliquer un peu, mais pas grave. Il n’avait pas d’autre moyen. Tous les accès étaient fermés. Il espérait juste que d’autres auraient la même idée…

Au fur et à mesure de son avancé, manquant de tomber plus d’une fois, il dirigeait les vitres ouvrables de sorte que le soleil se reflète dessus et aille vers la place. C’était ici qu’il se posait le plus souvent, le seul endroit assez grand pour l’accueillir en entier de toute façon.

Un pied mal placé le fit perdre l’équilibre et glisser d’un niveau. Il se rattrapa tant bien que mal et son regard se posa à l’intérieur. Certains l’avaient repéré et le regardaient faire sans trop comprendre. Il montra la vitre, le soleil puis le dragon qui s’était rapproché un peu trop près à son gout et qu’il remarqua tout juste. Inspirant profondément, il continua son avancé en espérant qu’ils avaient compris en dessous.



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 20 Oct 2013 - 22:24 Répondre en citantRevenir en haut

Vraël arpentait l’infirmerie de fortune, faisant les cent pas autour de la civière sur laquelle reposait son Âme Sœur. Courageuse mais inconsciente moitié d’âme. Qu’avait-il pu lui passer par la tête pour agir aussi inconsidérément ? Elle avait mis – inutilement – sa vie en danger. Vraël en venait parfois à maudire cette liaison avec l’héritière des Garaldhorf et à se demander si la vie n’aurait pas été moins dangereuse, ou plus simple, si… Si Flarmya n’avait pas fait mourir sa véritable Liée pour mieux l’obliger à se lier à la Sans-Destin et à ne pas se sacrifier sur les sables ? Est-ce qu’au final, tout avait été calculé ? Vraël n’avait pas vraiment choisis cette voie. Persée, elle, faisait toujours des choix. Elle échappait à tous. Son dernier exploit sur cette terre allait-il être d’échapper même à sa Liée ?

Un apprenti guérisseur passa déposer un linge humide sur le front de l’Ancalikon. Vraël cessa ses mouvements pour l’observer. Etre privée de la présence ininterrompue de Persée dans son esprit la rendait naturellement méfiante et agressive. Un seul faux pas et elle pourrait bien le mordre… Mais avec des dents humaines, cela risquait d’être compromis. La Bleue se maintenait sous son enveloppe bipède depuis quelques heures maintenant. On ignorait encore si le gigantesque dragon d’ombres était capable de démasquer les dragons ainsi. Pour l’instant, aucune autorité du Kaerl ne souhaitait vérifier l’hypothèse.

La dragonne s’agenouilla au chevet de sa Liée dès que le garçon fut parti. Elle passa une main tendre sur sa joue, écarta une mèche blonde de son visage. Sa tempe ne saignait plus et commençait à cicatriser. Pourtant, elle dormait toujours. Elle baignait dans un état comateux, tel celui qu’elle s’était infligée après le vol des œufs de Reine ce fameux printemps. La pâleur de l’hybride rehaussait les runes de l’Oracle, que la fatigue et le faible éclairage de la salle faisaient danser devant ses yeux. Vraël cilla, les cils piquetés de larmes. Elle était une enfant du Màr Menel. Une fille de Reine Dorée ne pleure pas tant qu’il y a de l’espoir.

~*¤*~

Nidhögg observa un instant les écailles noires de ses pattes antérieures. Leur matérialité était encore compromise. Le sortilège mettait du temps à se mettre en place. C’était à la fois douloureux et extatique. Jamais encore il ne s’était senti si puissant. Une sensation grisante, teintée d’ivresse et de souffrance. Il serait bientôt si facile d’écraser cette fourmilière qui se disait héritière des Valherus… Les véritables héritiers des anciens Seigneurs Dragons, c’était Eux. Drazahir et lui. Personne n’avait voulu les croire à l’époque. La roue tourne.

Avec un rugissement de triomphe, il déploya ses ailes d’une envergure capable de masquer le soleil. Les fumées qui s’échappaient du vortex censé protéger le Kaerl l’aidaient déjà dans ce sens. Œuvre des Ombres, dragon de magie noire, Nidhögg bondit dans le ciel, soulevant d’impressionnantes bourrasques de vent dans son sillage. Il commandait à son corps astral, même si celui-ci peinait encore à devenir totalement solide. Le principal, cependant, était là. Serres, crocs, feu.

Vous vous battez mais vous ignorez pourquoi. Les Clefs d’Ouranos vous apporteront la paix et la prospérité si vous me les remettez.

Il titilla un instant un jeune Noir au vol agile, ses grandes mâchoires claquant dans le vide près de sa queue. Puis il s’en désintéressa au profit d’un groupe de magiciens de pacotille qui se mirent à le bombarder de flammes.

Pauvres fous. Vous n’êtes rien.

Et de piétiner la place et les rues, certaines fois en passant au travers des édifices, d’autres en les écrasant sous son poids colossal. C’était si amusant. La toute-puissance lui allait bien. Personne n’avait jamais compris que ce qu’Ils faisaient, c’était pour leur bien à tous. Les chevaliers-dragons, les quatre Kaerls : tous avaient salis le savoir immense et l’honneur des Valherus. Le sang des Seigneurs Dragons était trop précieux pour être gaspillé en plusieurs siècles de luttes infantiles et de querelles idéologiques. Un seul Màr. Un seul peuple. Une seule raison de vivre. Tol Orëa était destinée à dominer le monde, pour en faire un monde meilleur, à l’image des héritiers des Valherus. Encore meilleur et plus durable que celui qu’avaient espéré bâtir leurs ambitieux ancêtres. Dominer et régenter l’univers des mondes possibles. Voilà où se cachait le vrai but enfouis dans le Don de chaque chevalier-dragon du Rhaëg.

L’avenir de Tol Orëa ne se jouera pas avec vous. Je représente l’avenir ! Prosternez-vous ! Ou mourrez.

Et il vomit des torrents de flammes. C’était si facile. Rien ne pouvait l’arrêter. Bientôt il deviendrait complètement matériel et serait invincible. Le Maître des Ombres avait toujours un très grand artiste en magie de toutes sortes. Il ne pouvait toutefois nier que la trop forte lumière de certains brasiers lui donnait des sueurs froides. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale et ses épines dorsales se durcirent sous la colère. Il gagnait en puissance.

Alors seulement Nidhögg remarqua-t-il un éblouissement mineur dans le coin de son grand œil rouge. Un bipède jouait avec la coupole de verre pour créer des miroirs.

~*¤*~

Persée hoqueta et rouvrit brusquement les yeux. Son cœur battait la chamade. Une migraine abominable bourdonnait à l’arrière de son crâne et ses yeux peinaient à s’accommoder à la lumière de la pièce. Elle toussa comme une perdue, incapable de parler ou de reprendre son souffle. Une jeune femme surgit à son chevet. Il lui fallut quelques secondes pour la reconnaître. De longs cheveux noirs, des yeux d’argent liquide, un visage fin très pâle, un petit tatouage turquoise sur la pommette droite…

- Vraël !

Elle tenta de se redresser sur la civière mais sa Liée la prit par les épaules et la força à rester couchée. Elle eut une grimace douloureuse. Les dernières images de sa tentative inconsciente d’impressionner le dragon d’ombres géant lui revinrent : un échec cuisant. Elle-même s’était effondrée, à demi ensevelie sous des gravats et frappée à la tempe.

Vraël lui apporta à boire. Elle l’obligea à boire doucement pour ne pas s’étouffer. La dragonne repoussa d’un geste agacé des guérisseurs qui accouraient au chevet de l’Ancalikon.

- Combien de temps suis-je restée… ?
- Moins d’une heure. Cela m’a paru une éternité.
- As-tu des nouvelles de nos Aspirants, Luckor et Ñiniel ? Sont-ils hors de danger ?
- … Je n’en sais rien. Plus personne ne sait si son voisin ou sa famille est encore en vie pour l’instant. Le dragon géant réclame les Clefs d’Ouranos et est en train de détruire tout un quartier. Maître de Leysse pense avoir un moyen de l’arrêter par des sources lumineuses suffisamment puissantes. L’idée lui ait venue par le seigneur Maeglin del Cirth.


Persée avala sa salive de travers. Ses yeux s’agrandirent. Mais oui, bien sûr ! La réponse se trouvait forcément là ! Elle agrippa fermement le bras de sa Liée et la regarda droit dans ses prunelles jaunies par l’anxiété.

- Trouve le Gardien. Demande à ce qu’on le cherche immédiatement. Aux dernières nouvelles, il vit reclus au fin fond du Labyrinthe, au-dessus du Nexus qui l’alimente en magie. Lui-seul aura les réponses que nous cherchons.

Les deux guérisseurs commencèrent à s’activer autour de la civière de la Commandante des Armées. Vraël approcha Eos, qu’elle déposa sur les genoux de sa Liée. La petite lézarde de feu émit force trilles de joie de voir sa maîtresse réveillée. Persée lui envoya l’image du Gardien et l’ordre de le trouver au plus vite. Un Chevalier se tenait en retrait, alerté par l’éveil bruyant de la capitaine. Persée l’aperçut.

- Trouvez le Gardien. Amenez-le au quartier général. De force, s’il le faut ! Trouvez-le ! C’est notre seule chance de salut.

Le Chevalier la salua et partit aussitôt l’ordre donné, précédé par une Eos surexcitée. Persée serra la main de Vraël dans la sienne. Maintenant que les ordres étaient donnés, la peur revenait, lui nouant les entrailles. Elle avait peur. Et elle détestait ça.



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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Lun 21 Oct 2013 - 20:49 Répondre en citantRevenir en haut

C’est dans un silence de plomb ponctué par les bruits sourds de l’extérieur que le petit groupe se mit en tête de trouver quelque chose au sujet de ces fameuses clés d’Ouranos.

Pourtant, à chaque son, aucun d’entre eux ne pouvait rester indifférent. Quand certains sursautaient, d’autres baissèrent les yeux. Tous se sentaient coupables de rester ainsi cloîtrés dans ces Archives qui peut-être ne leur apporteraient rien.

Ñiniel n’échappait pas à la règle. Son cœur bondissait à chaque fois que l’imposant silence fut brisé. Ses nerfs étaient tendus, elle était à l'affût, ce qui avait le don de décupler ses sens, la rendant facilement irascible. Malgré cela, elle put tout de même observer les membres du petit groupe. Tous inconnus de visage, ce n’était pas tant leur identité que leur personnalité que l’Ondine tentait de percer. Elle était à cet instant certaine d’une seule chose : ils étaient tous pressés par le temps, fiévreux de trouver quelque chose qui leur permettrait de comprendre ce qu’ils étaient en train de vivre.

Plongée dans les pages de l’ouvrage qui se livrait à son regard effréné, l’Ondine se rendit bien vite compte qu’il lui contait une histoire sans rapport aucun avec les événements actuels. Bien qu’elle apprît grâce à lui que chaque Kaerl possédait son Gardien, que chacun d’eux était lié à leur Màr et le protégeait par la magie de Flarmya, aucune Clé n’y était mentionnée. Elle était déçue : le titre s’avérait pourtant prometteur.

C’était bientôt le cinquième livre qu’elle reposait sur la pile qui s’allongeait au fils des lectures. Pour le moment, personne n’avait trouvé quoique ce soit.

La jeune femme reprit un autre livre, sans grand espoir. Elle ouvrit la couverture poussiéreuse et rigide, et commença à tourner les pages jaunies par le temps. A la lueur de la bougie, les écritures s'étaient mises à danser. La lectrice elle aussi se faisait par moment envoûter par cette flamme qui venait lécher les pages et faisait baver l'encre. D'un air grave et soucieux, masque qu'elle n'arrivait pas à enlever, elle se détourna de la bougie pour observer le petit groupe attablé autour d'elle. Les visages de ses infortunés compagnons étaient creusés par cette statuette de cire incandescente, ce qui avait le don d'accentuer les particularités de chacun. Ñiniel se demanda alors ce que la bougie révélait d'elle aux autres. Un regard se leva distraitement sur elle. Prise sur le fait, elle l'évita et reprit la lecture.

Encore un nouveau cri dehors…le bruit sourd d’un tremblement accompagné par des bibliothèques vacillantes acheva les nerfs qui n’avaient pas encore lâché. Ñiniel n’y tint plus et se leva brusquement. Elle avait besoin de s’enfouir dans le noir dédale qu’offraient ces lieux. Seule.

Elle n’entendait bientôt plus que ses pas qui résonnaient au milieu des livres silencieux, prêts à dévoiler leurs secrets. Lequel renfermait celui qui les concernait ?

Les Clés d’Ouranos…Ñiniel se souvint alors de ce qu’avait dit Persée à Lyam lors de leur première rencontre.

*IL gagne du terrain…IL a toujours un coup d’avance…*

Qui était-IL ? Ouranos lui-même ?
L’Ondine en doutait. Non…ce mystérieux ennemi semblait avoir déjà fait partie de l’Histoire. Sinon, pourquoi aurait-IL « toujours » un coup d’avance ? Ce ne pouvait être le Dieu Ouranos, la jeune femme en était presque sûre. Quant à ce que la femme déduisait, fallait-il y prêter la moindre crédibilité ?

*Ici, au Màr Menel, nous n’en possédons qu’une…*

Elle ne connaissait que le Màr Luimë et le Màr Tàralöm. Elle se souvint subitement du dernier ouvrage qui faisait référence à quatre Gardiens. Si elle ne se rappelait alors plus du nom de ce quatrième Kaerl, il devait pourtant exister. Cela totaliserait en tout quatre clés. Si chaque Kaerl gardait sa propre clé était-ce pour faire perdurer la puissance de son Màr? Ou au contraire pour éviter qu'elles ne provoquent un désastre ainsi réunies comme le souhaite ce Dragon d'Ombre? Quoi, qui, comment, pourquoi, ou?

Et cet Interstice fermé. Depuis quand ? Cela a-t-il un rapport avec les Clés d’Ouranos ? Car enfin, c’est bien du Dieu des Cieux dont il est question. Et les Dragons en sont les empereurs, ceux-là même qui avaient tant besoin de l’Interstice.
Elle s’arrêta au bout d’une rangée. Trop de questions se bousculaient dans sa tête, et aucune n’apportait la moindre once de réponse. Pas même un indice auquel elle pouvait s’accrocher. Elle poussa un soupir de lassitude exaspérée. Après tout, quelqu’un possédait surement cette fameuse clé. D’un geste brusque, elle tenta de chasser ces pensées. Qu’était-elle donc venue faire ici?
Un doute affreux l’envahit alors. Que deviendrait-elle ici sans Persée ni Lyam ? Ou était Rànen ? La panique survint au galop, ravageant ses entrailles, serrant sa gorge, bloquant sa respiration. Elle vit la Mort se présenter devant elle, narquoise. La Salle d’Archives se transforma en tombeau lugubre. Les rangées de livres semblaient attendre le jour où celui relatant l’histoire de l’infortunée Ñiniel viendrait les rejoindre.

*Non !*

Dans cette salle humide et froide, l'Ondine comprit alors d'où venait cette peur incontrôlable qui lui tenaillait le ventre. Ce n'était pas la mort qu'elle imaginait devant elle, mais le démon du passé qui revenait la hanter. Bibliothèque ou salle d'archive, point de différence. Dehors la bataille faisait rage. Elle se remémorait les hurlements menaçants de ceux qui pénétrèrent chez son Père, des cris de douleur de sa Tante qu'ils finirent par trouver.

« Non ! »

Son cri strident résonna dans toute la salle de pierre, provoquant la stupeur de ses compagnons lecteurs. Avant qu’ils n’aient pu réagir, ils virent Ñiniel apeurée revenir en courant vers l’humanité et la chaleur de la bougie. Sa respiration haletante se cognait sur les pierres de la Salle et se répétait ainsi à l'infini. De ses yeux d'une défiance glaciale, elle mettait quiconque au défi de lui demander ce qui venait de se passer. Avec succès; personne n’osa émettre la moindre remarque. Elle s’avança prudemment et retourna à sa place, feignant l'ignorance et l'indifférence.

Ñiniel resta de longs moments recroquevillée sur une chaise. Elle tremblait de froid et de peur. Le traumatisme d'une adolescente qu'elle pensait avoir surmonté était violemment revenu à la surface. Elle ne s'y était pas préparée et se pensait bien plus forte que cela. Et maintenant la petite terrorisée qu'elle était avait honte de s'être sentie aussi forte. Elle n'osa lever la tête de peur de voir poindre sur elle les regards inquisiteurs et douteux qui pesaient déjà si lourd sur ses épaules. Elle avait du les effrayer à crier ainsi et cela la mettait dans une situation difficile. Elle enfouit sa tête entre ses bras et se cacha derrière son épaisse crinière immaculée.

Finalement, elle attrapa fébrilement un livre et tenta de reprendre une lecture studieuse et silencieuse.

Lorsqu'il vit le livre qu'elle venait d'attraper et son air incrédule devant cet ouvrage qui, une fois de plus, n'avait pas l'air de dévoiler quelque information un tant soit peu pertinente, l'homme sortit de son silence.

"Passe ton doigt sur le livre et dis moi si tu ne sens pas quelque chose..."

Elle s'exécuta sans détacher le regard du livre et le caressa comme pour le feuilleter. Sur la fin elle crut sentir qu'une feuille dépassait un peu. Elle la repéra et entreprit d'ouvrir le livre à cet endroit. Apparaissait alors une encre si noire et si épaisse que la feuille eut du mal à l'absorber et s'était complètement gondolée. Ñiniel distingua alors la forme ailée d'un dragon qui semblait gigantesque, aussi grand que celui auquel ils avaient affaire.

"On ne sait jamais...j'ai pris tout ce qui pouvait avoir un rapport..."

Elle referma le livre et lut le titre : Encyclopédie de Vaendark, tome II, Archives du Màr Menel. C’est sans grande impression qu’elle l’ouvrit à la page où était dessiné le Dragon, et commença à parcourir les lignes.

Citation:
6 ans après les invasions barbares, la Meldavie dût faire face à l'apparition d'une nouvelle menace. Au début, il ne s'agit que d'un profond malaise qui frappait les cœurs... Les hivers se faisaient plus longs, plus rigoureux, et chaque année les récoltes se montraient d'autant plus pauvres. On parlait de bêtes sauvages qui étaient soudainement apparues, et au Nord, les tribus jordmundiennes, qui depuis des siècles tentaient toujours des incursions sur les terres meldaviennes à l'approche de la saison froide, ne montraient guère de signes de vie. Certes, la défaite subie en 774 C.M. aux portes de Meldavar les avait affaiblies. Mais cela n'expliquait pas tout. Il se disait que de mystérieux ennemis étaient apparus, d'étranges maraudeurs au teint basané qui combattaient en meute tels des animaux...

[...]


Jusque là, rien d’intéressant…tout du moins concernant la situation actuelle. L’image du dragon l’intriguait tout de même et la poussa à continuer encore ces quelques lignes.

Citation:
Aujourd'hui, nous pouvons nous demander quelle était la vraie nature de ce mal. Certains survivants ont parlé de la terrible silhouette d'un immense dragon d'ombre déferlant sur les champs de bataille. Faut-il y voir la trace de Drazahir l'Ombremage, le Renégat du Kaerl Ardent ? En tout cas, il y a sans doute matière à s'inquiéter pour toute la communauté tol-orëanéenne de telles manifestations à l'extérieur de notre continent...

Voilà quelque chose qui éveilla son esprit. Elle avait enfin une piste!




Lhain Linwëlin
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MessagePosté le: Dim 27 Oct 2013 - 19:22 Répondre en citantRevenir en haut

Le grondement des battements d'ailes du monstre n'avait pas rassuré les deux liés dans leur petite manoeuvre. Si Koltira n'avait pas été aussi rapide, nul doute que leur course se serait terminé à bien des mètres plus bas. D'abord déséquilibré, le jeune Noir avait perdu le contrôle de ses propres ailes. La bourrasque occasionnée par son ennemi colossal l'avait emporté dans les airs sans le moindre ménagement, obligeant Lhain à se coller au dos de son lié pour se cramponner. Basculer dans le vide était pourtant un risque qu'ils n'avaient pas voulu courir !

Serrant ses mâchoires, Koltira avait remarqué la présence des énormes dents qui se dirigeaient dans leur direction, alors qu'ils chutaient. Oh non ! Il n'aurait jamais permis à cette créature de les achever aussi rapidement ! L'aileron de sa queue de nouveau apte à se mouvoir pour l'aider à se redresser, le jeune dragon avait tourbillonné un instant, avant d'étendre ses ailes au maximum de leur envergure ! Leur déséquilibre cessa aussi brusquement qu'il était survenu et un nouveau battement suffit à les propulser en hauteur. Le vacarme dans leur dos se chargea de leur faire savoir qu'ils étaient passés bien trop près des canines meurtrières de leur adversaires.

Le regard bleu de Lhain s'était tourné dans la direction de ce dernier, afin de savoir ce que la suite leur réserverait comme surprise. Par chance, le saurien géant sembla se désintéresser de leur sort, leur laissant ainsi l'opportunité de s'éloigner de lui sans tarder davantage. Soulagé, le lié du demi-elfe stoppa enfin son vol pour observer la catastrophe qui poursuivait son chemin en-dessous, au Kaerl Céleste.

- Nous continuerons à nous perfectionner à l'avenir, d'accord... ? souffla Lhain, non sans sentir son coeur battre la chamade dans sa poitrine.

Leur façon si particulière de s'exercer au vol régulièrement, leur avait valu d'échapper à cette chose, mais mieux valait continuer dans ce sens pour parfaire ce don. Le jeune homme s'apprêtait à se détendre un petit moment, lorsque la voix d'un second chevalier s'en vint percer le son du vent. Son nouvel interlocuteur venait de le faire sursauter, l'obligeant à poser une main contre son torse. Décidément, cette histoire allait finir par le tuer...

- Pas trop secoué ? répéta-t-il incrédule. Je viens d'avoir la peur de ma vie !

Quant à savoir s'ils étaient prêts à retourner au combat, pour sa part, la question était réglée : pourquoi ne pas tenter un repli stratégique vers une bonne cachette ? Du côté de Koltira, le problème était tout autre. Le sang du dragon bouillonnait dans ses veines, prompt à continuer de se battre, quand bien même cette créature les dominait largement, autant par sa puissance que sa taille. Tous petits qu'ils fussent, ils étaient capable d'agir.
Les yeux écarlates du Noir ne cessaient de scruter les environs à la recherche d'une bonne idée. Le dragon colossal était repassé à l'attaque, provoquant brasiers et éboulement dans la cité des cieux. S'ils attendaient encore, il n'y aurait bientôt plus de Màr Menel...

Ce fut la vue des rayons lumineux sur la place qui sortirent le saurien de sa torpeur colérique. Un léger grognement remonta le long de sa gorge, alors que ses prunelles perçaient à jour un détail désormais important dans leurs futures manoeuvres. Quelqu'un dirigeait les reflets des miroirs et des fenêtres sur ce même lieu et l'ennemi ne semblait guère enclin à s'y diriger, malgré quelques hésitations quant à approcher de ses propres flammes. La lumière... Cette chose détestait la lumière... Le moindre petit contact avait l'air de le perturber et de le pousser à s'éloigner.

*Nous devons retourner auprès de lui.* annonça subitement Koltira, coupant court à toute conversation entre les deux bipèdes. *Regardez ces lumières ! Elles convergent au même endroit : le voilà notre phare !*

- Nous voilà repartis pour jouer les troubles-fêtes... soupira Lhain en se tournant en direction du céleste et en reposant ses deux mains sur l'écaille devant lui.

Par les Dieux, ce qu'il aurait aimé quitter cet endroit... Hélas, maintenant qu'ils y étaient, il ne pouvait guère faire machine arrière, quand bien même l'eût-il voulu. Son index se pointa soudainement en direction de l'homme qui les avait rejoints et il ne tarda pas à répliquer, tout à fait sérieux :

- Nous discuterons de ma récompense plus tard. Ne pensez pas que je sois prêt à risquer ma vie pour rien !

Ne pas perdre le nord, en toute circonstance...

*Je vais voler autour de lui pour le déstabiliser et l'attirer sur la place.* expliqua Koltira à l'adresse de ses compagnons. *Nous devons l'exposer à la lumière qui nous est offerte et à nos flammes. Puisses-tu faire appel aux tiens pour nous aider, frère céleste.*

Être seulement deux ne suffirait probablement pas à l'arrêter. Si les enfants de Flarmya n'y mettaient pas du leur, il n'y aurait aucun espoir pour la merveilleuse cité des cieux.
Prenant son élan, le petit Noir plongea en direction de la citadelle en question, suivant de très près la trajectoire de son ennemi et espérant que leurs autres compagnons auraient la bonne idée de les suivre. Redressant son vol, le voilà qui fonçait au-dessus du dragon colossal, le rasant et battant frénétiquement des ailes pour le rattraper. Il se rapprochait de nouveau de la place pour la piétiner, comme il avait l'air de bien vouloir le faire à chacun de ses passages. La gueule de Koltira s'ouvrit alors sans tarder, déversant des flammes le long du dos de la bête sans ménagement, jusqu'à l'atteindre enfin et parvenir au niveau de son oeil droit.

- Viens donc nous aider à nous prosterner, gros tas d'ombre ! s'écria Lhain en fixant cet immense iris terrifiant. Je ne vois pas l'intérêt de ployer l'échine face à une chose parfaitement vaporeuse !

Koltira se retourna alors dans les airs pour lancer un nouveau projectile de flammes et l'obliger ainsi à se détourner vers la place. Il fallait l'énerver, l'attirer là-bas coûte que coûte ! Eviter les ombres qui cherchaient à les atteindre n'était pas chose aisée. Lhain écarquilla les yeux en constatant qu'ils se trouvaient bien trop proche de leur adversaire. Son lié fit un mouvement sur le côté pour se faufiler entre les tours du Kaerl Céleste, réapparaissant sans relâche pour déverser son feu sur la créature. Pourvu que les Célestes réagissent à temps...

Plus le temps passait, plus le fait d'être proche du Màr Menel les affaiblissait. La protection magique demeurait en place malgré leur intervention dans le bon sens. Il n'y avait pas le temps pour faire la différence entre l'ennemi et de probables alliés. Aucun être d'un autre Kaerl ne se serait soucié de cette bataille-ci. Seulement voilà, Lhain et Koltira n'étaient plus d'aucun Màr... L'esprit de Lhain s'embrumait et sa vue se faisait bien moins nette. Il en allait de même pour le jeune saurien, qui peinait désormais à éviter les obstacles sur son chemin.

Ce ne fut que lorsque la place fut enfin en vue de leur route que le Noir décida d'effectuer un nouveau battement d'ailes pour prendre de la distance. Ses dernières flammes frappèrent de nouveau le monstre, avant que ses griffes ne percutassent le sol. Secoué dans la chute, Lhain sentit son harnais craquer et fut projeté à terre, roulant sur quelques mètres. Son épaule gauche venait d'émettre un craquement sourd. Sonné et terrifié, il tâcha de se redresser tant bien que mal sur les genoux, scrutant le ciel à la recherche de leur ennemi. Ca allait mal tourner... bien trop mal...
Secouant la tête, Koltira démêla le harnais de ses pattes, avant de bondir au-dessus de Lhain. Se plaçant ainsi en protection, les crocs à découvert en apercevant la silhouette monstrueuse. Cette dernière allait-elle finir par les rejoindre ? Les lumières dirigées contre elle se trouvaient proches et ne tarderaient pas à l'atteindre. Tout reposait désormais sur les Célestes.
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