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Amaélis Yodera
Chevalière Errante
Chevalière Errante

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MessagePosté le: Ven 26 Avr 2013 - 11:40 Répondre en citantRevenir en haut

Réémergence.

Isashaniku 918


Si le Temps avait passé, c'était sans heurt et plus fugace qu'une sylphide. La poussière ne fait pas de bruit quand elle se dépose sur la vie ; même sur une vie à moitié vécue, ou vécue comme un rêve, allongée sur le sol, à regarder des formes d'un passé fantasmé et d'un présent plus irréel encore se fondre et se mêler en une masse confuse, brumeuse et tiède, qui l'enveloppait et la laissait dans un doux état de semi-conscience. Elle avait chanté pour chasser la solitude, et avait probablement déversé tout son être dans la pièce, désormais peuplée de chaque vision échappée de son imagination. A moins que l'enchantement ne se fût déjà évaporé, et ce qu'elle devinait entre ses paupières lourdes n'était peut-être plus qu'un tour de plus que lui jouait son cerveau engourdi de sommeil et d'illusions. Peu lui importait, au fond. Elle était bien. Une chaleur diffuse se répandait dans son ventre et dans son cœur, et elle l'apparentait vaguement au bonheur, ou tout du moins à un sentiment similaire. Elle ressentait une sécurité et un détachement qu'elle n'avait jamais expérimentés auparavant, sauf à l'époque lointaine où elle n'était encore que bourgeon dans le sein de sa mère.

Le Màr Luimë avait toujours été et ne serait jamais qu'une prison. C'était ainsi qu'Ithildin le percevait ; jusque dans ses plus subtiles fibres, elle le sentait. Le globe de cristal magiquement ouvragé qui leur assurait la survie et dont on vantait tant la beauté lui inspirait seulement dégoût et terreur. L'Airain imaginait qu'à terme, l'air disparaîtrait, et qu'alors ils se retrouveraient tous piégés. Et puis, elle le tenait pour responsable de ce qu'il se passait dans la tête d'Amaélis : elle aussi avait son globe de cristal, dans lequel elle pensait se trouver en sécurité, et qui l'étouffait doucement, brisant le lien fragile qui l'unissait au réel, l'isolant de manière de plus en plus définitive. La Neishaane devenait folle, peut-être l'avait-elle toujours été, ou peut-être ne l'était-elle que par choix, par lâcheté.
En désespoir de cause, Ithildin, se souvenant d'une vieille discussion – ô si vieille ! – où il était question de partir à la découverte du monde, avait pris l'initiative d'emmener sa Liée loin de ce Màr maudit. Elles s'étaient retrouvées au Vaendark, dans les montagnes qui avaient probablement vu naître sa famille, mais la Neishaane n'avait pas montré le moindre intérêt quant à cette possibilité. Lassée de mener ses recherches seule, l'Airain s'était posée un jour non loin d'une ancienne bâtisse au toit à moitié en ruines qui devait servir aux chasseurs ou aux bergers l'été, et avait annoncé qu'elles ne bougeraient plus tant que la Chevalière ne se serait pas, d'une façon ou d'une autre, réveillée. Vaines s'étaient révélées toutes les tentatives de la Dragonne pour forcer Amaélis à retrouver le monde extérieur.

° C'est toi qui as soutenu que je ne pouvais pas fuir éternellement, et maintenant, alors que je ne cherche plus à m'échapper, tu nous as envolées loin de là où est notre place ? Je ne maîtrise peut-être pas aussi bien que toi les ficelles du langage, mais je trouve cela assez "ironique". °

Telle avait été l'excuse de la Neishaane, dont la mauvaise foi avait semblait-il atteint son paroxysme. La Dragonne en avait eu assez des états d'âme de sa Liée, de son désespoir ridicule, de ses lamentations pathétiques, et elle avait nourri un instant l'espoir d'avoir assez de courage pour se jeter avec son Âme Sœur dans l'Interstice, laissant au Hasard le soin de décider du reste. Mais le Lien la maintenait fermement aux côtés d'Amaélis, comme si celui-ci, sentant quelles idées traversaient l'esprit de la Dragonne, avait décidé de se renforcer et de se raccourcir pour l'empêcher d'en mettre aucune à exécution. Ithildin s'était recroquevillée dans son lit de poussière et de neige, avait fermé les yeux, et avait essayé de comprendre.

Aucune réponse ne lui avait été offerte.

*****


Quelques timides rayons de soleil perçaient à travers les fenêtres condamnées du vieux refuge abandonné, révélant les particules de poussière en suspension dans l'air. Difficilement, Ithildin souleva ses paupières plombées, et délia ses membres qu'elle craignit un instant d'entendre craquer. Quelques minutes d'immobilité supplémentaire, et elle se serait transformée en statue d'airain, nul doute quant à cela ! La vision encore floue, elle remarqua qu'Amaélis avait quitté le lit de fortune pour venir se recroqueviller contre son flanc, à l'abri sous son aile engourdie. Les yeux clairs de la Neishaane étaient grand ouverts, comme si elle avait attendu tout ce temps que la Dragonne se réveillât. Ses joues avaient la couleur de la cendre, et la présence d'un sourire, même maigre, sur ce visage d'outre-monde semblait bien incongrue.

J'ai faim.

La voix avait beau n'être qu'un souffle, elle était bien plus vivante que la dernière fois que la Chevalière avait ouvert la bouche pour parler, une vie plus tôt. L'Airain observa sa Liée en silence, comme elle aurait observé une inconnue, une étrangère, mais Amaélis ne se départit pas de son sourire.

° Par tous les Dieux, que... ? °
° Les Dieux n'ont rien à voir là-dedans, Étoile-Lune, crois-moi. °


Confusion, appréhension et soulagement se livraient une rude bataille dans l'âme d'Ithildin, qui craignait de se réjouir trop vite de cet étonnant retour à la raison. Pourtant, elle ne décelait aucune trace de duplicité chez la Chevalière – était-elle seulement capable de mener un double-jeu, en animal sauvage qu'elle était ? Ses traits tirés conservaient l'esquisse de leur douceur première, ses cheveux, étonnamment, avaient été attachés de façon sommaire, et ses yeux à l'éclat fatigué la fixaient avec insistance. Il y avait si longtemps que le cauchemar durait, mais rien – non, rien – sur le visage ou dans l'esprit d'Amaélis n'indiquait qu'elle en fût consciente. Ithildin en serait presque venue à douter de sa propre raison.

J'ai faim.

La Neishaane se dégagea de son Âme Sœur, sa voix arborant un ton plus pressant cette fois. Sans plus attendre, l'Airain se remit sur ses pattes, toujours sous le choc des dernières minutes, et s'envola par l'ouverture de la toiture, soulevant avec elle un tourbillon de poussière et de copeaux de bois.

*****

fin Iolyaku 918


° Ça ne marche pas ! °

Avec un rugissement de colère, Ithildin se laissa tomber lourdement sur le sable, manquant de blesser sa faible Liée, dont les muscles étaient peu habitués à tant de violence de la part de la Dragonne. Amaélis sauta à terre, les jambes encore tremblantes, et promena un regard peu rassuré autour d'elle. A ses côtés, l'Airain griffait le sable, fouettant l'air de sa queue, et ses yeux arboraient une teinte jaune singulière, traversée çà et là d'éclairs rouge sang. La Neishaane posa vainement une main rassurante sur le museau écailleux.

Calme-toi. Il y a forcément une explication. Tu es sûre d'avoir fait comme d'habitude ? Peut-être que tu n'es pas encore assez expérimentée pour y arriver à tous les coups...

La Dragonne poussa un nouveau rugissement, s'étant soustraite à la caresse de la Neishaane d'un violent mouvement du cou.

° Stupide bipède ! Ce pouvoir est inné, l'oublierais-tu ? Il coule dans mon sang comme dans celui de tous mes Ancêtres, et la voix de leurs antiques esprits qui souffle à travers moi m'a enseigné l'art d'en user ! Es-tu sotte de croire que je suis la cause de ce problème ! °

Sur ces paroles acides, l'Airain étendit ses ailes pour regagner les airs, laissant Amaélis au sol, affligée. Ce n'était pas la première fois que la Dragonne lui assenait de pareilles choses, mais la Neishaane ne semblait guère s'habituer au caractère emporté de son Âme Sœur. La mine défaite, elle se mit à longer la plage, réfléchissant à l'emplacement de l'escalier-secret-sous-marin qui menait au Màr Luimë. Quel comble ! En trois ans de présence au Màr Luimë, elle n'avait jamais emprunté cet escalier qu'une seule fois, à son arrivée sur le dos de l'Empereur Ragnarök, et elle avait alors fermé les yeux, refusant de croire à l'existence d'un passage menant à une forteresse sous les yeux. Stupide, stupide !

Dans le ciel, Ithildin donnait libre cours à sa colère. La Dragonne fendait les nuages, puis, repliant ses lourdes ailes, se laissait tomber, transperçant l'onde avec fracas, projetant des gerbes d'eau salée dans lesquelles les rayons du soleil pris au piège se transformaient en ébauche d'arcs-en-ciel. De temps à autre, un rugissement déchirait le silence, et Amaélis sursautait, regardant autour d'elle avec angoisse. L'Airain n'avait jamais fait un boucan pareil, et la Chevalière était persuadée qu'on l'entendait jusqu'à Lòmëanor. Au moins.
Les rochers remplacèrent peu à peu le sable, et à certains endroits, l'eau encore froide lui montait jusqu'aux genoux, alourdissant le tissu de sa tunique sans que la Neishaane eût l'air d'y prêter la moindre attention. Le mécontentement de sa Liée était contagieux, et elle se mit bientôt à donner des coups de pied dans le sable d'une nouvelle plage, les poings serrés. La Baie d'Eau-Claire était immense ! Qui plus est, le but d'un escalier caché n'était sûrement pas d'être trouvable par le premier badaud venu se dégourdir les jambes au bord de l'eau. Découragée par cette réflexion, Amaélis se laissa tomber au sol, scrutant la surface cristalline de la mer, et, soupirant, commença à analyser les différentes possibilités qui s'offraient à deux membres de l'Ordre Englouti incapables de retrouver le chemin de leur propre Kaerl.



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MessagePosté le: Ven 26 Avr 2013 - 11:40 Revenir en haut

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Rowien Luneciel
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MessagePosté le: Lun 8 Juil 2013 - 16:08 Répondre en citantRevenir en haut

Hylindë était enfin assez grande pour supporter le poids de sa Liée. Ce moment avait été une petite fête, l'aboutissement de leur entraînement commun et le début de leur vie de chevalière et de dragonne adulte. Elles discutaient déjà des endroits où elles pourraient se rendre, lorsque la Verte aurait l'endurance pour quitter le continent. L'Interstice étant inaccessible actuellement, tous les voyages devraient se faire à tire d'aile, et il n'était pas question de bêtement tomber d'épuisement en traversant un océan. Alors en attendant, tout était bon pour renforcer les ailes de la dragonne, avant de pouvoir entreprendre un voyage plus long et plus palpitant.
Rowien avait pris la précaution d'équiper sa Liée de son harnais, chaque sortie étant un prétexte pour s'entraîner et découvrir de nouvelles acrobaties en plein vol. Elle ne réfrénait pas les ardeurs d'Hylindë, sachant que ce qui n'était qu'un jeu pour le moment pouvait devenir crucial en plein combat, et les temps troublés incitaient à redoubler de prudence et d'attention, même au cours d'un simple entraînement.

La journée était claire et seuls quelques nuages parcouraient paresseusement le ciel. Après une partie de chasse fructueuse, la Torhille et sa Liée retournaient vers leur foyer sans se presser. Elles n'étaient pas attendues avant quelques heures et profitaient de cette relâche. La jeune verte volait haut dans le ciel, en se dirigeant vers la Baie d'Eau-Claire et l'entrée dissimulée du Kaerl Englouti. Elles n'avaient désormais plus aucun mal à repérer le passage, puisque toute sortie du Mar se faisait par ce biais.

°Rowie... Arrête de rêvasser deux minutes. Il y a quelqu'un sur la plage.°

La voix de sa Liée était amusée. Elle savait que les yeux de Rowien n'était pas aussi perçant que les siens, mais ne se lassait pas de le lui faire remarquer. Mais la Torhille n'eut pas le temps de répondre à la Verte d'humeur taquine qu'un rugissement ; indubitablement celui d'un dragon, rompit le calme habituel de la baie. Dragonne et chevalière se tendirent instinctivement. Il était peu probable que le dragon en question soit un dragon du Kaerl Englouti et les autres solutions n'étaient guère rassurantes. Le temps de la plaisanterie était passé.

Rapproche-toi prudemment de l'entrée de l'escalier, au cas où...




La Torhille jeta un coup d'oeil sur la plage. La fragile silhouette en contrebas ne semblait guère effrayée ou impressionnée par les rugissements et restait immobile. Cette fois-ci encore, c'est la dragonne Verte qui vit la première la dragonne Airain fendant les nuages, se jetant dans la mer pour en ressurgir quelques instants plus tard. Elle le signala à Rowien, qui lui répondit pensivement.

°N'y avait-il pas une dragonne airain au Màr Luimë, quelques temps après ta naissance ? Elle et sa Liée était partie peu de temps après, je crois... Si je n'en sais pas plus sur la chevalière, je me rappelle que sa dragonne ne passait pas inaperçue. Se pourrait-il qu'elles soient revenues ?°

°Tu pourrais avoir raison... Mais il n'y a qu'un moyen d'en avoir le coeur net !°

Hylindë rabattit ses ailes contre son corps profile et piqua vers la plage, se redressant juste à temps pour aterrir assez près d'Amaélis, mais pas assez près non plus pour constituer une menace. Rowien se redressa sur sa dragonne mais ne descendit pas, préférant élever la voix. Elle n'était plus très sûre de se rappeler le nom qu'elle avait associée à la dragonne d'airain.

Chevalière... Amélys...?

°Reste quand même sur tes gardes Hylindë, si nous nous trompons, la rencontre avec un saurien en colère risque de ne pas être très plaisante...°




J'ai un peu extrapolé sur ce que Rowien était censée savoir, mais je peux modifier si tu veux ! Et désolée pour l'attente, j'espère que le post te convient quand même ! >__<
Amaélis Yodera
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Lun 15 Juil 2013 - 12:41 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsque l'ombre de la Dragonne Verte s'abattit sur la plage, rapidement suivie par la masse écailleuse de son corps, Amaélis se releva vivement et recula de quelques pas, jetant en direction de l'esprit de sa Liée un filet de pensées affolées. L'Airain daigna interrompre son ballet enragé et étendit ses ailes pour se laisser porter par l'air chaud, bien au-dessus de la Baie.

° Que se passe-t-il, Alma ? °
° Il y a des gens. La Torhille semble connaître mon nom ! °
° Je sais, je les ai senties, je ne suis pas stupide. La conversation, cependant, est plus l'apanage de vous autres bipèdes, aussi te laisserai-je l'honneur de discuter avec ces charmantes étrangères. °


La réplique de la Neishaane se trouvant être d'une vulgarité capable d'offenser le lecteur mal aguerri, elle sera passée sous silence. Amaélis, sans faire un seul mouvement en direction des deux Liées, se raidit sensiblement et ce fut d'une voix rauque qu'elle croassa :

Pourquoi ? Qui êtes-vous ?

L'idée lui vint alors à l'esprit qu'Ithildin et elle s'étaient absentées bien trop longtemps du Màr Luimë. Elles n'avaient certainement autant de responsabilités que si elles jouissaient du statut de Maître Dragon, cependant elles se devaient d'être dans la possibilité de répondre présentes si on les appelait, ce qui n'avait pas été le cas depuis un laps de temps loin d'être excusable. Peut-être était-ce pour cela que les deux Liées étaient là, peut-être était-ce pour les ramener au Kaerl, où la Dame leur ferait passer un mauvais moment. L'anxiété gagna peu à peu la Chevalière, qui examina avec plus ou moins de discrétion les alentours, se demandant quel côté lui offrait les meilleures chances de s'échapper si la situation s'avérait délicate. Malgré la froideur d'une petite lame d'acier contre sa cuisse, la Neishaane ne se sentirait en sécurité que lorsqu'elle aurait élaboré un itinéraire de secours. Le couteau qu'elle cachait sous sa tunique n'avait de toute façon jamais servi qu'à dépecer le gibier, et pas une seule goutte de sang humain ne le maculait.

Cédant finalement aux suppliques silencieuses de son Âme Sœur, l'Airain vint se poser un peu en retrait et, après avoir secoué ses ailes, offrit pour tout salut un bâillement qui laissa apercevoir à la fois ses dents acérées et son ennui de se trouver là.

° Je t'ai connue plus causante, Étoile-Lune. °
° Tu as réussi à te faire l'amie de ce géant de Tachiran sans mon aide, ce n'est pas cette grande perche qui va te faire peur. Si ? °


La Neishaane émit un claquement de langue désapprobateur, et croisa étroitement les bras, reportant son attention vers leurs visiteuses descendues du ciel.

C'est moi, en effet. Et voici ma Liée, l'Airain Ithildin.

La Dragonne abaissa son cou le plus légèrement du monde, arrêtant un instant son regard irisé dans celui verdoyant de la Torhille. Elle fut un peu rassurée par la franchise qu'elle lisait dans ses yeux, mais cela n'empêcha pas les suppositions antérieures de la Neishaane de continuer à tournoyer dans son esprit.

Nous... cherchons l'escalier englouti. Il semblerait que ma Liée ne puisse plus atteindre l'Interstice, et nous sommes bloquées ici. Nous aideriez-vous ?

Le rire mental moqueur de l'Airain confirma à Amaélis que son discours ne possédait pas une once de crédibilité. Il était presque étonnant que l'autre Chevalière n'ait pas encore tiré son épée, dans le but de défier cette espionne qui n'arrivait même pas à paraître convaincue de ses propres paroles.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Dim 2 Mar 2014 - 20:40 Répondre en citantRevenir en haut



La journée avait pourtant bien commencé, Gueralt avait tenu à emmener Laszlo tôt le matin, pour que tout deux s’entraînent au vol aux abords de la baie d'eau claire, ils avaient passé ensuite le reste de la matinée à Lomeanor et étaient rentrés à pieds par la Sylve de Norui, où ils avaient laissés Io et Ilya qui en avaient profité pour prendre un lapin. Laszlo était curieux de tout, et regardait avec une curiosité mêlée d'amusement les bipèdes du monde extérieur évoluer, les petits animaux des bois sortis au grand jour maintenant que la froide saison touchait à sa fin.

L'après midi était donc déjà bien entamée lorsque le petit groupe s'était offert une petite escapade aux abords de l'eau. Le soleil était haut dans le ciel bleu, la fin de l'hiver se faisait sentir, bientôt le printemps... Les journées se faisaient plus douces, et la baie d'eau claire n'avait jamais aussi bien porté son nom qu'en ce jour.
Laszlo avait tenu à continuer à s’entraîner au vol, alors que Io et Ilya s'éclaboussaient joyeusement aux bords de la mer, entraînées par les petites vagues qui venaient s'écraser sur la gréve de sable. Gueralt était resté ainsi, appréciant le calme de cette nature qui commençait tout juste à renaître!
La journée aurait put s'écouler ainsi calme et parfaite si par on ne sait quel procédé ses deux chiennes n'avaient pas réussi à attirer... Un crabe des mers... d'une taille dépassant l'entendement !

Les chiennes s'étaient d'abord mis à aboyer furieusement, réveillant Gueralt qui s'était assoupit le temps de digérer son repas. Très vite elles s'étaient rendus compte que la bête était plus véloce qu'un lapin et avait détalé la queue entre les jambes. Gueralt avait d'abord tenté de foncer l'épée au poing contre la créature, mais la tentative s'était soldé par un échec cuisant, le forçant à une retraite… stratégique.

*Laszlo ! Arrêtes ton entraînement on a un soucis !*


Descendant des airs pour venir constater la cause de toute cette agitation, le jeune dragon ne put s’empêcher de tenter sa chance aussi, mais un mauvais coup de pince lui suffit pour prendre la tangente à son tour !

Et ainsi déboula la joyeuse troupe sur les bords de la baie d'eau claire ! Deux chiens courant langue à terre, suivis de près par un humain avoisinant les deux mètres, cheveux en bataille, visage rouge et dégoulinant de sueur, et lui même suivi d'un dragon brun, courant plus que volant, le tout poursuivi par un crustacé géant à l'air fort peu engageant !
Après quelques minutes d'une course intense, se dessina sur la plage la silhouette de deux hommes, visiblement accompagnés de leur liés !

*Gueralt ! Là bas regardes ! À six on pourra bien l'avoir !*


*Mais c'est qui ça ?*

*Pas le temps ! Continue de courir !*


« Héééé !!! Par ici ! Un crabe ! Un crabe géant ! Viiite ! »

A peine avaient ils atteint les lieux tout proche de l'entrée cachée du Kaerl où s'était regroupé les deux hommes, que Io et Ilya se précipitèrent vers l'avant, plongeant dans l'eau aussitôt pour rejoindre l'escalier ! Laszlo tenta tant bien que mal de décoller, prit son envol, droit et fort dans le ciel... Avant de s'écraser lamentablement dans l'eau, éclaboussant tout le monde ! Gueralt qui arrivait dégaina son épée équipée dans le dos, et apostropha les deux personnes :

« Les gars aidez moi ! Va falloir lui faire la carapace à ce vieux crabe ! »

Mais l'animal, devant la supériorité numérique, replongea dans l'océan, et disparu sous les flots !
Poussant un « ouf » de soulagement, Gueralt rengaina son arme et se retourna pour constater que face à lui se tenaient, non pas deux hommes, mais deux femmes, chevalières visiblement, trempées de la tête aux pieds, et parmi elles, la fameuse chevalière airain, connue à travers le màr pour l'étrange couleur de sa liée...

« Chevalière Amaélis... Et... ? Une autre Chevalière dont je ne me souvient plus du nom... Mesdemoiselles... »

Gueralt s'inclina alors maladroitement avant de partir d'un petit rire.

« Alors, on prend le soleil ? Veuillez m'excuser pour les quelques éclaboussures, mon lié n'a pas encore tout à fait l'endurance requise pour les vols à longs termes. »

Émergeant de l'eau sans précipitation le brun vint à son tour rejoindre le petit groupe.

*Veuillez excusez les manières de mon lié. Laszalo, fils de Rakauth, et voici Gueralt, mon lié, chevalier brun !*


Voilà ama, j'espère que cette entrée en matière te convient, sinon n'hésites pas à me faire part de tes remarques par MP Clin d'Oeil
Amaélis Yodera
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Lun 3 Mar 2014 - 12:29 Répondre en citantRevenir en haut

Chevalière Rowien, du Màr Luimë.
° Et sa Liée, Hylindë. °


Glissant du dos de la Verte, la Torhille s'approcha d'Amaélis, une main tendue vers elle. La Neishaane considéra un instant l'attitude de la Chevalière, son regard allant de la paume ouverte à son visage confiant, puis croisa les bras. Cette manie de toujours vouloir établir un contact physique en guise de salutation était de loin la plus absurde des manières bipèdes.

° Je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur moyen de les mettre en confiance. °
° En quoi serrer une main mettrait-il en confiance ? °
° Va savoir. Je suis un Dragon, tu te souviens ? °


Rowien ne sembla néanmoins pas déstabilisée par le manque de savoir-vivre de la Neishaane, un sourire amusé se dessinant même sur ses lèvres. Amaélis eut le bon sens de ne pas le prendre comme une moquerie, et se contenta de laisser le réconfort prendre le dessus sur la méfiance. Les deux Liées semblaient croire ses paroles, et c'était tant mieux.

° Remercie-moi plutôt que tes talents d'oratrice, Alma. Tu serais probablement déjà transpercée par le fer de son épée, n'était ma couleur d'écailles. °
° Dans tes rêves, Dragonne de malheur. °


Amaélis et Ithildin furent coupées dans leur enfantillages par le son lointain d'aboiements. Toutes les têtes se retournèrent vers l'origine du bruit, et, plissant les yeux, la Neishaane aperçut une masse informe – mais de toute évidence imposante – qui s'approchait vite, et dangereusement.

Qu'est-ce que... ?

Amaélis décampa aussi vite que possible pour aller se cacher derrière sa Liée, sans plus prêter attention aux deux autres Neutres.

° Poltronne. Il ne s'agit que d'un autre de tes confrères. °

Ce n'était pas que la Neishaane n'accordât pas une entière confiance à son Âme Sœur, mais ce qu'elle avait vu était beaucoup trop gros pour n'être qu'un humain – d'autant plus qu'elle n'imaginait pas une seule seconde un Dragon courir.

Il y eut pas mal de raffut, des bruits d'épée, d'eau et des éclats de voix, ce qui força la Neishaane à fermer les yeux, son corps collé contre l'une des pattes arrières d'Ithildin comme si elle souhaitait s'y intégrer entièrement et disparaître. L'instant d'après, elle se retrouvait trempée, et la gifle que représentait la gerbe d'eau salée lui arracha un cri où se mêlaient peur et surprise. Elle sentit l'Airain grogner, et celle-ci se mit à s'agiter pour tenter de faire lâcher prise à Amaélis, qui se tenait toujours fermement à elle.

° Cesse de faire ton enfant, Neishaane stupide ! Je te dis qu'il ne s'agit que d'un membre du Màr ! Et d'un crabe que j'aurais pris plaisir à rôtir n'était-il aussi lâche que toi.°

Peu encline à prendre le risque de se faire insulter une fois de plus par la Dragonne, Amaélis s'exécuta. À la vue de la silhouette imposante du nouvel arrivé, elle se sentit trembler de la tête aux pieds. Elle se rassura avec la pensée que celui-ci connaissait son nom, et qu'elle ne risquait donc rien – sauf si, en effet, elle s'avérait être recherchée pour... désertion ? Les yeux toujours écarquillés à cause de la taille de l'homme, la Neishaane se mit à hocher frénétiquement la tête, incapable cependant d'émettre le moindre son.

° Chevalière Amaélis, oui, et moi-même. L'Airain Ithildin. °

La Dragonne aux écailles frottées de bronze inclina son long cou, en profitant pour examiner de plus près le visage de l'inconnu. Amaélis, de son côté, réussit enfin à calmer les tremblements qui secouaient son corps. Rowien et Hylindë restaient curieusement silencieuses, sûrement en pleine conversation télépathique, mais finirent par se présenter à leur tour.
Le petit groupe fut rejoint par un Brun de toute évidence encore jeune. Ithildin le jaugea avec tout le mépris dont elle était capable, n'ayant pas apprécié le bain forcé qu'il leur avait fait prendre, tandis qu'un sourire d'enfant s'allumait sur le visage d'Amaélis.

Bonjour.


La Neishaane n'avait jamais été aussi éloquente. Elle sentit une vague d'agacement de la part de l'Airain, sans pour autant en comprendre la cause.

° C'est une belle journée, en effet, et il aurait été triste de la passer sous les eaux. Nous nous apprêtions à rentrer quand nous avons croisé Hylindë et sa Chevalière Rowien. °


Mais on ne sait pas où est l'escalier. On utilise l'Interstice, d'habitude, seulement on dirait qu'il est bloqué.

Amaélis laissa son regard dériver à la surface calme de l'eau, décidant que c'était bien assez de paroles pour le moment. Un grondement qui pouvait – ou non – s'apparenter à un rire résonna sous son crâne. Bah, que l'Airain se moque ! Elle était de toute manière plus douée que l'Engloutie en matière de discussion.

° Ma Liée dit juste. Aussi étonnant et insultant que cela puisse paraître, nous ignorons où se trouve l'entrée du Kaerl. Heureusement, il semble y avoir foule sur la plage aujourd'hui. °

La Dragonne accompagna sa dernière remarque d'un regard appuyé en direction du Brun. Il était hors de question que celui-ci ne subisse pas la vengeance de l'Airain, d'une manière ou d'une autre.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Lun 3 Mar 2014 - 13:36 Répondre en citantRevenir en haut

« Hylindë... Ah oui encore une des filles de cette vieille folle de Rakauth ! »

*Gueralt ! Un peu de respect pour la mère de ton lié !*


« Oh du calme Laszlo, il n'y a pas d'insulte dans ce que je dis, c'est juste la vérité. »


*Certes... Mais tout de même …*


Inspectant plus en détail la dite Rowien, Gueralt sembla en effet reconnaître la Torhille. Il l'avait déjà remarqué à l’entraînement un jour au Cirban Telemna. Elle n'était pas dénuée de charme cette femme là lorsqu'elle était en proie à l'effort, toute couverte de sueur et de poussière et...

*Gueralt... Encore en train de te perdre dans tes pensées hein ? Aller aller, il faut plus qu'une petite Torhille pour te tourner la tête quand même, non ?*


*Ah... hum... oui !*


Revenant à le Neishaane visiblement paralysée de peur il ne put s’empêcher d'afficher un petit sourire moqueur. Sa taille en imposait, il le savait, et quand elle ne suscitait pas l'admiration de la part des demoiselles, c'était la peur qui la remplaçait. C'était l'un de ces avantages lorsqu'on était un homme affichant un carrure imposante !
Puis ce fut Ithildin qui prit la suite de la discussion, impétueuse et beaucoup plus loquasse que sa liée, la dragonne semblait particulièrement amer face à leur arrivée pour le moins tonitruante.
Mais lorsqu'elle leur annonça que c'est l'escalier qu'elles étaient venues chercher, Gueralt dut se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire, pour finalement ne plus pouvoir se retenir ! S’esclaffant de plus belle lorsqu'Ithildin souligna tout le coté risible de la situation, Gueralt ne put tenir plus longtemps sur ses pieds, tentant tant bien que mal de se retenir à son lié avant de s'écrouler, assis dans l'eau et riant aux éclats.

« Ouhahah!Ouhou ! Ex-excusez moi, mais c'est vraiment la situation la plus improbable qu'il m’aie été donné d'entendre ! »


*Ce que mon lié essaye de vous dire, est que... Nous nous ferons un plaisir de vous accompagner jusqu'à l’escalier du Kaerl !*


« Ah non non non ! Je dis juste que c'est drôle ! »


Après de longues secondes d'un fou rire qui semblait ne plus en finir, l'humain réussi à se calmer suffisamment pour se relever, il se secoua vigoureusement à la manière d'un chien, éclaboussant un peu plus la Neishaane. Revenant auprès d'elle il lui adressa un petit clin d’œil en même temps qu'une tape sur l'épaule.

« Allez vous en faites pas, on va vous le trouver l'escalier. La jolie Torhille va passer devant et on va tous suivre. »
lança-t-il à destination de Rowien.

Maugréant quelque insultes inaudibles, la chevalière verte s’exécuta fièrement, probablement forte heureuse de quitter si rustre compagnie. Mais le chevalier brun ne lui emboîta pas aussitôt le pas et se tourna à nouveau vers Amaélis.
La curiosité était un vilain défaut, et comme beaucoup d'autres, il faisait partie de ceux de Gueralt. Il ne comprenait pas pourquoi une chevalière visiblement liée depuis un moment déjà, n'avait remarqué la fermeture de l’interstice qu'aujourd'hui, et encore moins comment elle avait fait pour passer son aspiranat sans jamais emprunter l'escalier secret...

« Y a quand même un truc qui me chiffonne dans tout cette histoire... Ça fait un moment que l’interstice est fermé quand même ! Alors comment que vous avez fait pour vous en rendre compte qu'aujourd'hui ? Vous, vous étiez pas au Kaerl ces derniers temps comme c'est là ? Vous avez bien raison, faut en profiter, voir du pays ! »

*Gueralt je pense que nos amis préféreraient peut être parler une fois à l'intérieur du Kaerl.*

« Je discute simplement voilà tout, je m'intéresse. Un si jolie couple de liées doit avoir des aventures bien intéressantes à raconter, pas vrai ? »


Sortant d'une besace de cuir sanglée dans son dos une gourde de peau, il l'ouvrit, huma le parfum d'alcool fort qui s'en dégageait avant d'en boire une rasade, et de la tendre à Amaélis.

« Vous en voulez un peu ? Ça vous réchauffe bien comme il faut, c'est bien pratique quand vous plongez sous l'eau le temps d'arriver à l'escalier. C'est que l'eau est pas bien chaude en cette saison. »
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Mar 4 Mar 2014 - 13:37 Répondre en citantRevenir en haut

L'hilarité de Gueralt, quoique totalement justifiée, attrista légèrement la Neishaane car... Eh bien, à vrai dire, il n'y avait aucune raison particulière ! Elle savait bien que si les rôles avaient été inversés, elle n'aurait pas pu s'empêcher de rire dans de telles circonstances, et se sentir blessée ne changerait en rien l'attitude de l'Humain et n'aiderait sûrement pas à faire avancer les choses.

° Il y a bien longtemps que tu n'as tenu un raisonnement si parfait, Alma. °
° Et les Dieux ne faisant jamais qu'un miracle à la fois, l'insupportable Dragonne Airain manqua une occasion de se taire. °
° Continue sur ta lancée et je te donnerai plus d'une bonne raison de pleurer. °


S'il y avait bien une chose qu'Amaélis avait apprise depuis son Empreinte, c'était que sa Liée ne jetait jamais de menaces en l'air, aussi préféra-t-elle concentrer de nouveau son attention sur Gueralt et Lazlo le Brun. Ce dernier semblait déjà plus aimable que son Chevalier – lequel avait poussé l'affront jusqu'à se laisser tomber dans l'eau, terrassé par un fou rire qui n'en finissait plus. La Neishaane sentit la patience d'Ithildin arriver à son terme, et un agacement proche de la colère monta de sa gorge, faisant vibrer ses flancs damasquinés. Par un heureux hasard, ce fut également le moment que choisit l'énergumène Neutre pour se calmer enfin – et le flot de sang chaud qui menaçait de submerger la Dragonne se retira à la vitesse des marées du nord.
Alors qu'elle était occupée à essorer le bas de sa tunique, la Neishaane se fit une nouvelle fois arroser. Gratifiant Gueralt d'un regard sombre – qui se fit plus suspicieux à mesure que celui-ci s'approchait d'elle –, elle saisit le tissu avec énergie et le tordit. Malheureusement, le Chevalier n'en avait de toute évidence pas fini avec elle, et une petite bourrade qui se voulait amicale lui fit perdre l'équilibre et s'effondrer dans l'eau. Amaélis fulminait, trempée, tandis que le rire mental de sa Liée lui vrillait le crâne.

° Ce n'est pas drôle ! °
° Si. Tu es ridicule, ma sœur. °

Ithildin, motivée soit par une certaine compassion, soit par l'envie de l'humilier un peu plus, fit passer sa queue sous le ventre de la Neishaane pour la redresser. Entre temps, Rowien et sa Liée avaient quitté le petit groupe, sûrement pas à contrecœur. Ce qui, entre nous, se tenait plutôt bien.

Vint alors le moment des questions. Amaélis avait nourri quelques instants l'espoir de pouvoir éviter tout questionnement lié à l'invraisemblance de leur problème – une Chevalière Neutre qui ne trouvait pas l'entrée de son Kaerl ? Vraiment ? Il y avait de quoi faire tiquer le plus crédule. Avec un soupir, elle attendit la réponse de sa Liée.

° Nous avons passé plusieurs mois en Vaendark, un exil volontaire. Nous ignorions donc tout de la fermeture de l'Interstice. °

La Neishaane fut surprise de la concision de l'Airain, d'ordinaire plus encline au bavardage – surtout quand elle pouvait parler d'elle. La Dragonne, abaissant son cou souple, dévisagea avec curiosité le Chevalier.

° Comment cela est-il possible ? Est-ce une fermeture définitive ? °

Voilà qui était inquiétant. Aucune des deux Liées n'avait véritablement idée du temps qu'elles avaient passé loin du Màr Luimë, loin de Tol Orëa, loin de la réalité. Tant de choses avaient pu se passer. Des choses qu'on leur raconterait, et d'autres qu'elles ignoreraient toujours, tombées dans l'oubli. Cette pensée fit trembler Amaélis.

Oubliant un instant l'escalier secret, elle jeta un regard affolé à l'Airain quand Gueralt lui tendit la gourde. La Neishaane n'avait jamais bu d'alcool, Ithildin le savait bien. Alors, quand la Chevalière chercha des réponses et du réconfort dans les yeux de la Dragonne, celle-ci lui répondit favorablement. L'un des meilleurs moyens de s'amuser, en ce qui la concernait, était d'utiliser Amaélis comme cobaye. Elle n'allait pas se priver.
Rassurée par l'attitude d'Ithildin, la jeune Chevalière s'empara de la gourde.

C'est que l'eau est pas bien chaude en cette saison.
J'avais cru remarquer, en effet
, lâcha l'Engloutie d'un ton acide, encore trempée d'eau froide et salée.

Elle renifla le liquide avec circonspection, et en arriva à la conclusion que ce n'était ni de l'eau ni... Quoi que ce soit d'autre de connu.

° Ce n'est pas du poison, Alma. Tu peux y aller. °

Haussant les épaules, Amaélis prit une longue gorgée. Aussitôt, elle se mit à tousser et à cracher, le visage déformé par la douleur. Le liquide laissait une sensation de brûlure qui allait en croissant, et la Neishaane avait du mal à respirer. Entre quelques accès de toux, elle réussit à croasser des jurons qu'on imaginait mal venir de la jeune femme. Ithildin, elle, ne se tenait plus. Sa queue s'agitant en tout sens, heurtant la surface de l'eau à en provoquer des vagues, le son rocailleux qui s'échappait de sa gorge ne s'apparentait que vaguement à un rire. Et pourtant...

° Damnée Dragonne ! Tu me le paieras ! °



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MessagePosté le: Ven 7 Mar 2014 - 23:22 Répondre en citantRevenir en haut

Gueralt ne put retenir un petit rire guttural en voyant Amaélis s'étouffer avec l'alcool qu'il venait de lui proposer. Aussi fragile d'apparence que de constitution décidément. Mais l'homme n'était pas un mauvais bougre et il ne put s'empêcher de lui saisir l'épaule pour vérifier qu'elle allait bien. Même si il ne la connaissait pas, il ne lui voulait aucun mal, car après tout elle était de ses compagnons, un chevalier du Kaerl tout comme lui.

« T'as pas l'habitude de boire hein ? Ça se voit ! Aller, on va pas traîner plus longtemps ici, ça va plus tarder à fraîchir ! Suivez moi dragonne, je m'occupe d'elle ! Amaélis, va falloir respirer un grand coup et essayer de garder les yeux ouverts ! »

Prenant les devant, Laszlo fila droit sous l'eau, disparaissant à travers les fonds marins en quelques secondes à peine. Prenant Amaélis par le bras, Gueralt plongea à son tour. Ouvrant les yeux sous l'eau, il sentit l'eau salée de la mer lui brûler un instant l'iris, mais quelques brasses lui suffirent pour rejoindre l'entré de l'escalier sous marin, marqué par un chemin de luimésites bien reconnaissable pour le connaisseur.
Aussitôt sa vue se dégagea, l'eau sembla d'elle même s'adoucir, et à nouveau il put sentir l’oxygène emplir ses poumons. La fantastique magie du Kaerl permettant ces prodiges ne cessait de l'étonner, et c'était avec l’émerveillement sans cesse renouvelé d'un petit garçon qu'il aimait emprunter cet escalier sous marin afin de descendre dans les profondeurs de l'océan. Lâchant alors Amaélis, Gueralt lui adressa un petit sourire en lui donnant une fois de plus une petite tape sur l'épaule.

« Ça n'a pas été trop désagréable ça va ? Vous arriverez à retenir le chemin pour y aller ? Après il suffit de suivre les pierres, et on arrive tout droit au Kaerl. »


Laszlo les attendait déjà là, et à peine Ithildin fut elle arrivée qu'il reprit la tête du cortège, et poursuivie à l'attention de l'airain dont la question était resté sans réponse.

*Pour en revenir à l'interstice, selon nos frères il n'a pas cessé de s'ouvrir puis de se refermer ces derniers temps, de subir des perturbations... Mais quant à savoir ce qu'il se passe... Alors ça...*

« Il y a un truc qui se trame en ce moment mais personne sait vraiment quoi ! Nous revenons de Lomeanor, si vous venez tout juste de rentrer, vous avez sûrement pas entendu parler des événements qui s'y sont passés ? »


Dans un soupir intérieur Laszlo s'adressa à Gueralt seul.

*Mon ami ce n'est peut être pas le moment de les préoccuper avec tout ça, elles viennent à peine de rentrer.*


*T'as pas tord... Désolé, pour moi c'est devenu une habitude tous ces trucs bizarres.*

Depuis un moment, les troubles de l'interstice se faisaient tellement récurrents que cela en devenait banal. Plus inquiétantes étaient ces histoire d'attaques dont il avait eut vent à Lomeanor, mais protégé sous les eaux Gueralt était certain que rien ne pouvait leur arriver : les événements du village ne pourraient jamais se reproduire au Màr Luimé. La barrière de l'océan était infranchissable et après tout, certain engloutit eux même étaient incapable de trouver la porte.

« Enfin peu importe... »


Préférant couper court à la conversation Gueralt continua son bout de chemin en silence. Cela ne l’enchantait pas beaucoup de transmettre les mauvaises nouvelles, ça avait même plutôt tendance à l'agacer. Il préférait ne pas voir ces mauvaises choses, fermer les yeux et laisser une âme plus sage se charger de prévenir le couple de liées. Après tout, ce n'était peut être plus un aspirant, mais il n'était encore qu'un jeune chevalier ! Les tâches délicates, ce n'était pas encore pour lui...

Alors que leurs pas les menaient toujours plus profondément dans les eaux, réduisant le soleil à de vagues rayons de lumière transperçant la surface bleutée de l'eau, quelques animaux marins vinrent approcher ces visiteurs inopportuns qui troublaient leur quiétude, se portant auprès d'eux comme de curieux oiseaux aux couleurs chatoyantes, de la paisible raie au vif banc de morues, virevoltant comme un seul être. Gueralt ne put alors s’empêcher de se retourner vers Amaélis pour observer sa réaction.

« Dites moi plutôt, c'est la première fois que vous voyez la baie d'eau claire sous cet angle hein ? C'est vrai que c'est sacrément beau... »

Il ne pouvait s'empêcher de sourire béatement devant ces petites choses que la vie lui offrait, oubliant ses tracas pendant un temps. Comment auriez vous pus imaginer qu'un danger quelconque puisse atteindre le Kaerl devant un tel spectacle ? C'était ces moments là qui le lui rendait le si attachant au final, peut être encore plus que les gens qui y habitaient.
Mais se détachant soudainement du spectacle, il interrompit cette douce rêverie, se rappelant qu'il n'était pas seul ! Se laisser ainsi aller à des émotions si tendres n'était pas dans sa nature, et laisser transparaitre une telle image à l'une de ses consœurs le gênait terriblement...

« Aller on bouge, on est plus très loin. »

Accélérant un peu plus la cadence Gueralt continua sur le ton de la conversation à l'attention d'Amaélis, curieux de savoir ce qu'elle pouvait bien avoir à lui dire. Après tout, il n'avait plus souvenir d'avoir aperçu la chevalière et son airain au Kaerl, et les raisons pouvant pousser une personne à partir si loin de son foyer, si loin de son chez soi, l’intriguaient. Quelle drôle d'idée après tout... Mais plus intriguant encore à ses yeux : quelles raisons pouvaient la pousser à revenir ?

« Et sinon, Vaendrak, c'est comment ? Froid je suppose ? Faut quand même avoir une sacré trempe pour y aller en plein hiver. »

Avisant d'un coup d'oeil la tenue d'Amaélis, il ajouta moqueur,

« Vous n'y êtes quand même pas allés comme ça j'espère ? »
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Sam 29 Mar 2014 - 17:44 Répondre en citantRevenir en haut

Amaélis n'aurait certainement pas dû fermer les yeux la première fois que Darweel et Ragnarök l'avaient menée sous les eaux. L'expérience restait des plus perturbantes, autant pour la Neishaane que pour son Âme Sœur écaillée, mais le spectacle qui s'offrait à leurs yeux en valait certainement la peine. Les pas de l'Engloutie soulevaient une fine poussière de sable, qui, légère comme une fumée, revêtait par moment l'apprêt étincelant de minuscules particules d'or. Quand elle levait les yeux, au contraire, c'était pour admirer d'en-dessous la surface miroitante comme de la moire, écrin liquide et d'apparence si fragile qu'il devenait presque indécent d'imaginer qu'il protégeait le Màr Luimë. Emplie d'un émerveillement proche de la révérence, Amaélis fut légèrement déstabilisée de sentir une vague de moquerie provenant de l'Airain.

° Il est rare que ta froideur devienne un mystère, Étoile-Lune. °
° Je ne suis pas l'amie des poissons. Je ne suis pas non plus l'amie de ce Màr. °


Avec un soupir agacé, la Neishaane chassa la présence pressante et oppressante des idées d'Ithildin aux abords de son esprit, et préféra reporter son attention sur la variété de la flore et de la faune sous-marines.

Ainsi donc, l'Interstice faisait des siennes. Que cela était étrange ! Fouillant dans sa mémoire, Amaélis se demanda si des événements de ce genre s'étaient déjà produits auparavant. Selon ses souvenirs, aucun des livres qu'elle avait lus ne semblait mentionner une fermeture de l'Interstice ; elle s'en serait sûrement rappelé dans le cas contraire.

° De mémoire de Dragons, c'est sans l'ombre d'un doute une nouveauté. °

Ce constat fit autant frissonner la Chevalière que sa Liée.

Non... On ne s'est pas arrêtées à Lòmëanor. Pourquoi ? Que se passe-t-il là-bas ?

Le silence de Gueralt permit à l'imagination d'Amaélis de construire dans l'enceinte de son esprit une parfaite reconstitution de la bataille contre les Morts-qui-marchent, quelques deux ans plus tôt. L'odeur du sang, de la peur et des fumées que dégageait la combustion des chairs pourries la saisit à la gorge, mais le souffle réconfortant d'Ithildin eut tôt fait de chasser la vision cauchemardesque. Les habitants de Lòmëanor étaient probablement fous, c'était la seule explication à leur présence. Quelle personne sensée irait faire sa vie entre des Dragons, des Ordres ennemis et des forces maléfiques venues des Dieux savaient où ?

° C'est la question que je me pose toutes les fois que tu décides de remettre les pieds au Màr Luimë, Alma. °
° Je ne suis venue sur cette île que pour toi. °
° Tu n'as aucun compte à rendre à cet Ordre. °
° Arrête donc de tout rapporter à ça ! Quel mal ont-ils fait pour que tu les méprises ainsi ? °


La Neishaane dut se contenter d'un grognement pour toute réponse. Elle possédait bien sûr une vague idée de ce que ressentait la Dragonne à l'égard des Ordres Draconiques, mais celle-ci n'avait jamais cru bon d'expliquer clairement et définitivement ses pensées.
Amaélis sursauta presque en entendant la voix du Chevalier Brun, jusque là silencieux. Levant les yeux, elle aperçut le scintillement fugitif d'un banc de poisson, rapidement dispersé par la venue d'êtres plus grands qu'eux. Elle adressa un sourire forcé à l'attention de Gueralt, quoique l'émerveillement qui se lisait dans ses yeux était lui bel et bien réel.

Je supporte bien le froid. énonça-t-elle avec un haussement d'épaules, en réaction au questionnement de l'Englouti.

° Nous sommes allées rendre visite à la famille d'Amaélis. Cette illuminée a cependant préféré parler aux flocons et nous perdre au milieu des nuages plutôt que de retrouver le chemin de son village. °

Un vague sentiment de rancœur affleurait l'humour léger de ces paroles, et le visage de la Neishaane s'assombrit l'espace d'un instant.

° Au moins ai-je réussi à retrouver celui de Tol Orëa, sans quoi nous serions sans doute devenues des blocs de glace et aurions bien étonné les pêcheurs qui nous auraient découvertes. °

Le Màr a-t-il changé ? s'enquit Amaélis, qui ne désirait pas s'attarder sur le sujet du Vaendark. Et... quand sommes-nous ? S'il-vous-plaît ?

Elle rougit à cette dernière question, consciente qu'elle devait paraître de moins en moins saine d'esprit aux yeux de Gueralt.



Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Sam 29 Mar 2014 - 23:28 Répondre en citantRevenir en haut

Gueralt et Laszlo avaient accéléré le pas au point que déjà se dessinait au fond de l'eau l'imposante porte du Màr. Il avait jeté un autre petit coup d’œil à Amaélis en écoutant sa réponse. Pas plus épaisse qu'une feuille, et pas franchement solide à vu d’œil... Elle pouvait bien être aussi blanche qu'un flocon de neige, cela n'en faisait pas pour autant une fille du froid à ses yeux. La demoiselle était ou d'une fierté bien mal placée, ou une sacré dérangé du bulbe...

*Cela ne nous regarde pas mon ami. Contenons nous de la ramener au Kaerl, les maîtres s'occuperont ensuite de son cas.*

Préférant s'incliner devant la sagesse de son lié, Gueralt préféra ne plus poser de question et poursuivit sa route sans ajouter un mot, sans pour autant arrêter de fixer la demoiselle du coin de l’œil.
L'airain en revanche réussit à lui arracher un petit rire guttural en leur racontant leur petite expérience. Il appréciait celle là plus que la neisshaane, c'était un fait.. En fait il n'arrivait pas à cerner ce genre de personne introvertie, un peu bizarre, et qui essayait de s'auréoler de mystère. Ithyldine à l'inverse avait visiblement un franc parlé à toutes épreuves, un caractère d'acier bien trempé qui lui plaisait bien, et une façon bien personnelle de raconter les faits, assez désopilante !

Mais bien sur ce petit moment de légèreté ne pouvait pas durer et l'autre devait forcément revenir avec ses questions... Et quelles questions...
Un instant Gueralt se retourna et fixa Amaélis de ses grands yeux verts, d'un regard presque bovin. Depuis combien de temps n'avait elle pas fréquenté un autre être humain pour poser de telles questions ? A vrai dire il ne préférait même pas le savoir. Avec sa façon de le dévisager, cette innocence presque enfantine, et sa mine de chien battue, cette fille avait vraiment le don de le mettre mal à l'aise. Un instant il hésita à rire, mais il prit finalement le partie de lui répondre en essayant de faire de son mieux pour ne pas la considérer comme une dérangée mentale.

« On est en Ioliaku. Ioliaku 918, le 27 je crois bien... Quant à vous dire si le Kaerl a changé... Tout dépend depuis quand vous êtes partie. Franchement ça fait plus d'un an que j'y suis et pour tout vous dire j'ai pas eux l'impression de l'avoir vu changer d'un pouce. Bien ordonné, bien propre, comme toujours. Enfin je pense que le mieux serait que vous le constatiez par vous même !
 »


Pressant quelque peu Laszlo, le dragon ne tarda pas à passer la porte, suivit de près par Gueralt, qui invita aussitôt les deux autres neutres à en faire de même.

Trempées de la tête aux pattes Io et Ilya attendaient là bien patiemment le retour de leur maître, et à peine l'eurent elles aperçu qu'elles se précipitèrent droit vers lui, l’accueillant, lui et les autres dans un joyeux concert d'aboiements et de coup de pattes. Passant entre les jambes de la Neishaane les deux molosses ne purent résister à l'envie de lui réclamer des caresses en venant se coller, trempées qu'elles étaient, tout contre ses jambes.
Gueralt indifférent à toute cette agitation poursuivit la discussion sur une note plus joyeuse !

« Chevalière Amaélis, vous voilà de retour à la maison ! »

Un instant il pensa l'abandonner là et rejoindre ses appartements, sans autre forme de procès.

*On ne va quand même pas les laisser là ?*


*Et pourquoi pas ?*

*Et bien... Pour commencer car il s'agit d'une partie de nos consoeurs. *


*C'est facile pour toi de dire ça, tu peux raccompagner Ithildin. Je n'ai pas spécialement envie de me traîner la demi folle personnellement.*


*Allons allons, fais un effort. Elles viennent de faire un long voyage...*


*Hurmpf... Bon... C'est bien par ce que c'est toi*


Se retournant vers Amaélis, sourire en coin, et constatant au passage l’accueil que ses chiens lui avaient réservé, l'humain reprit d'un air joyeux,

« Hé bien allez ! On ne va pas passer la soirée ici ! Une petite choppe à la salle commune ça vous tente ? »


Sans attendre la réponse de la Neishaane, il prit son petit poignet dans sa grosse main, et fit mine de la traîner plus que de la guider en enchaînant avec toujours autant d'entrain :

« Allez ça vous tente ! Ne vous faites pas prier ! Vous allez voir on va rire ! Ithildin, vous voulez venir ? Au passage vous pourrez bien nous dire ce qui a changé ! »



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