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 [RP] Crépuscule de Grenat Sujet suivant
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Lilwen Izil
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MessagePosté le: Sam 23 Mar 2013 - 14:33 Répondre en citantRevenir en haut

Les tensions au Màr étaient palpables. Les langues se liaient et il devenait de plus en plus difficile de trouver une quelconque information. Alors que venait un temps où tous devraient mener front commun, les rats sortaient et montaient les gens les uns contre les autres. L’ambiance du chacun pour soi devenait plus présente que jamais au Màr. Toutefois, Lilwen était optimiste sur le fait que chacun prendrait finalement conscience qu’ils devront mener front commun avant la fin de cette histoire.

La réunion au Concile avait été mouvementée, et si elle n’était pas Sang depuis très longtemps, elle la considérait comme la plus houleuse à laquelle elle n’eut jamais participée. Toutefois, si elle n’était pas en accord avec tout ce qu’il avait été dit, au moins, les choses avançaient. La marque dans le bas de son dos était toujours présente, mais elle n’y décelait aucun changement. Elle n’avait rien remarqué comme changement dans son comportement ou autre depuis son apparition. Si cela avait été le cas, Sethyl l’en aurait averti sur le champ, elle n’en doutait pas.

L’incarnate se prélassait d’ailleurs au Dôl Nàrë, profitant des derniers rayons des soleils avant que ceux-ci ne se couchent. Elle avait passé l’après-midi à chasser pendant que sa liée était occupée par ses devoirs de Sang. La demi-sang l’avait d’ailleurs informé qu’elle ne tarderait pas à la rejoindre afin qu’elles puissent toutes deux profiter d’un vol nocturne. Peut-être chasseraient-elles à nouveau. Sethyl avait été étonné d’apprendre que sa liée pouvait se changer en animal quand elle le souhaitait. Et si la communication était malaisée lorsqu’elle était sous cette forme, la dragonne appréciait leurs parties de chasse commune.

Les écailles de l’Incarnate brillaient d’un éclat particulier en ce début de soirée. La dragonne avait pris soin dans la journée de plonger dans un lac d’altitude cerné par les pics de cendre. Débarrassée de toute poussière, ses écailles de grenat brillaient avec des reflets d’or rouge. La dragonne s’étira et se lova sur les pierres fraiches qui contrastaient avec la douceur des derniers rayons. Son regard opalescent balaya le Kaerl Ardent et son désir de vengeance s’amplifia encore à l’encontre de ce maître des Ombres qui avait osé s’en prendre à sa liée. On ne choisissait pas de s’en prendre à la liée d’une Reine du Màr en payer le prix. Le v=jour venu, elle pourrait exercer son châtiment.

Alors même qu’elle était perdue dans ses pensées, la dragonne perçut de très légères vibrations dans le sol. Quelqu’un approchait et ce n’était pas sa liée. Pourtant c’était une bipède à n’en pas douter était donné le faible poids qu’elle représentait. L’incarnate n’eut qu’à se focaliser sur son odorat pour reconnaitre la personne qui approchait. La Rouge gronda alors et perçut que la personne s’était arrêtée. Sa taille était bien plus imposante maintenant, elle dépassait largement ses sœurs Bleues, mais n’atteignait pas encore ses frères de Bronzes. Elle ne doutait pas qu’elle pouvait iposer sa volonté à une bipède doublée d’une aspirante. Elle n’avait aucune envie d’être dérangée et comptait sur le fait que son grondement avait assez effrayé l’aspirante pour la faire reculer. Mais elle s’était fourvoyée, visiblement.
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MessagePosté le: Sam 23 Mar 2013 - 14:33 Revenir en haut

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Ruri Ravin
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MessagePosté le: Dim 24 Mar 2013 - 15:09 Répondre en citantRevenir en haut

An 918
Gaiaku

Ruri avait appris bien des choses en assistant à la réunion d’urgence au Concile. Elle y avait perçu les luttes de pouvoirs, les idées politiques de chacun. Prôner l’extermination des marqués pour éviter une contamination ou des problèmes ultérieurs ? Commander leur préservation car ce sont des membres du Màr Taralöm avant tout ? Ruri était partagée. D’un côté, elle deviendrait un membre à part entière du clan des Valhériens. Elle savait pertinemment que ce n’était pas des enfants de cœur et qu’elle faudrait qu’elle en intègre tous les principes. La neishaane devrait donc, tôt ou tard, avoir à subir ou à assumer son appartenance à ce clan. Dans ses appartements personnels (être l’aspirante de Lyssa avait parfois de bons côtés), elle cogitait. Ruri était assise sur son lit, recroquevillée sur elle-même. Tout était confus : l’histoire des clefs d’Ouranos, des menaces du maître des ombres, les réponses du Gardien. Elle ne savait véritablement pas quoi en penser.

L’adolescente se frottait les yeux. Fatiguée, elle supportait mal ses manques de sommeil récurrents. Elle était régulièrement hantée par ses cauchemars et ses angoisses nocturnes. L’idée de fermer les yeux et de se laisser plonger dans un univers d’incertitude l’effrayait. Et ce n’était pas les raisons qui manquaient. Elle pouvait tout aussi bien se replonger dans le passé mielleux de son enfance que dans les horreurs de son esclavage. Mais si dormir se révélait problématique, être éveillée pour se l’avouer tout autant. Ruri se rappelait de son premier meurtre. Il n’y avait pas d’autres termes. L’adrénaline qui s’était emparé d’elle lorsque sa maîtresse lui ordonna de tuer le messager avait agit comme un inhibiteur de conscience. Elle avait agi dans une excitation malsaine et avec une cruauté qu’elle ne s’était jamais découverte. Etait-ce le fait qu’il s’agissait d’un homme qui avait rendu les choses plus faciles ? Etait-ce l’idée de désobéir à Lyssa qui était inconcevable ? Aucune réponses et bien des questions. Elle arrivait désormais à grappiller une heure de sommeil par-ci par-là. Son état s’était amélioré et hallucinations n’étaient plus jamais revenu. Elle craignait que cela recommence et s’affligeait des moments de sommeil obligatoires. Dormir était une nécessité vitale, aussi commune cette réflexion soit-elle. Pourtant, c’était un luxe auquel elle ne voulait pas s’adonner. Elle ne pouvait pas.

La neishaane leva les yeux vers le fond de ses appartements. Le miroir posé sur sa coiffeuse renvoyait une image qu’elle supportait difficilement. Ses cheveux longs tombaient en cascade sur ses épaules dénudées. Elle portait une robe blanche de flanelle qui lui tombait jusqu’au cheville. Ses yeux gris demeuraient immobiles. Totalement perdue dans ses pensées, elle ne s’occupait plus du monde qui l’entourait. Elle ne pensait à rien et ne se focalisait sur rien. Elle faisait le vide jusqu’à ce que ses pensées néfastes refassent surface, jusqu’à ce que ces images dégoûtantes l’assaillent de nouveau. Elle secoua la tête et descendit de son lit. Elle se chaussa et sortit de sa pièce. L’air se rafraichissait lentement alors que le soleil entamait sa courbe descendante. Le Dôl Nàrë serait sa destination. Elle voulait bénéficier des rayons de soleil sur sa peau pâle, sentir la douce chaleur s’emparer de son corps. Qu’elle le veuille ou non, peu à peu et lentement, Ruri changeait. Elle s’affirmait, sa personnalité se construisait, se modifiait. La neishaane devait cependant poursuivre ses efforts. Pour autant, elle se sentait seule. Chaque jour le lui confirmait un peu plus. Bien sûr, sa maîtresse comptait beaucoup pour elle, beaucoup trop certainement. Mais elle n’avait qu’elle.

Elle s’avançait peu à peu vers le Dôl Nàrë. Un grondement surgit alors qu’elle y pénétrait à peine. Un dragon, ou une dragonne, n’appréciait pas sa venue. Pour autant, n’avait-elle pas le droit d’être là ? Pouvait-on le lui interdire ? Sa présence dérangeait.

° Comme d’habitude ° pensait-elle.

Elle se dévalorisait devant chaque difficulté. Elle s’affirmait puis se décontenançait avant de fondre tel un glaçon au soleil. Elle soupira puis poursuivit son chemin. Qu’importe les réactions du saurien, que cela lui plaise ou non, elle irait là où elle en aurait envie. Loin de se douter qu’elle agissait contre l’envie d’une Reine incarnate, elle s’avança. La dragonne profitait apparemment du plaisir à se reposer. Ruri se sentit aussitôt vide et seule. Quelle tristesse. Elle connaîtrait ce moment, un jour, de voir son âme compléter. Elle se sentirait entière. Elle s’approcha de la corniche sans trop s’approcher du couple. Il ne fallait pas déranger les grands. Le vide n’était plus qu’à moins d’un mètre. Ses pas s’arrêtèrent à l’extrémité de la corniche et sa tête se baissa. Son regard se dirigeait vers le vide.

° Mourir serait idiot. C’est ce que me dirait certainement ma liée si j’en avais une °

La neishaane s’assit et laissa pendre ses jambes dans le vide. Elle soupirait. Elle regarda furtivement à plusieurs reprises la reine incarnate. Puis, lorsqu’elle sentait son regard, elle détournait aussitôt la tête. Elle se sentait idiote mais elle se montrait envieuse. Elle voulait connaître ce bonheur qui lui était encore inaccessible.


Dernière édition par Ruri Ravin le Mar 26 Mar 2013 - 12:39; édité 1 fois
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Lun 25 Mar 2013 - 21:22 Répondre en citantRevenir en haut

L’Incarnate observa l’adolescente s’approcher et s’assoir non loin d’elle, ce qui l’irrita. Toutefois, elle avait eu la jugeote de se placer hors d’atteinte et la dragonne ne pourrait la toucher que si elle se redressait. Ses yeux oscillaient dangereusement entre une couleur indéfinissable et le rouge. Mieux valait pour la Neishaane que la balance ne penche pas vers le rubis où il lui en coûterait. Sethyl ne tolérait la présence que de bien peu de personnes hormis celle de sa liée mais pourtant, elle continuait d’observer l’aspirante qui fuyait son regard aussitôt qu’elle le croisait. Si cette attitude l’agaçait, la dragonne n’en était pas moins consciente que si l’aspirante l’avait regardé droit dans les yeux, elle n’en aurait été que plus agacée, même si jamais elle ne l’aurait avoué.

La voix de la dragonne tonna bientôt dans l’esprit de la jeune fille :

° Que fais-tu ici gamine ? °

Brusquement, l’Incarnate se redressa, emplissant l’espace de la caverne sans difficultés. Tendant son cou, elle s’approcha de la jeune fille. D’un simple mouvement, elle n’aurait qu’à envoyer voler l’aspirante, ce qu’elle ne se retint pas de lui faire remarquer.

° Un simple geste de ma part et tu pourras constater que rien ne vaut un vol au crépuscule…°

Ses yeux oscillaient toujours entre différentes couleurs, ne révélant rien de son humeur. Mais il aurait suffi d’une simple provocation de la part de l’aspirante pour faire pencher la balance. Toutefois, il n’en était pas question pour le moment. L’odeur de la Neishaane n’était pas inconnue à la dragonne. Celle-ci s’esclaffa alors et reprit d’un ton moqueur.

° Tu es l’aspirante de Lyssa, celle qui nous espionnait au Concile ! Tu aurais fort à apprendre sur la discrétion. °

C’est tout en parlant de discrétion que Lilwen fit son entrée. Sa liée l’avait perçu bien avant mais il était peu vraisemblable que Ruri l’ai remarqué. A sa décharge, il était difficile de se concentrer sur autre chose qu’une Incarnate quand celle-ci se trouvait à quelques centimètres de vous et menaçait de vous envoyer par les cieux. Le Grand Légat avait observé la scène depuis son début et avait entendu l’échange entre Sethyl et Ruri.

La demi-sang s’avança alors afin de se trouver dans le champ de vision de l’aspirante.

Il est vrai que si les Valhériens forment leurs aspirants de la sorte, il y a fort à parier qu’ils se feront tous assassiner d’ici peu…


La voix de la jeune femme état douce et ne recelait, à ce qu’il semblait, aucune animosité. A dire vrai, Lilwen voulait tester cette aspirante qui, si elle s’était faite repéré, avait eu l’audace de se glisser au Concile. Si elle avait été son aspirante, jamais elle n’aurait toléré cela. Mais Lyssa semblait plus indulgente.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 25 Mar 2013 - 22:25 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri était loin d’être idiote. Elle connaissait très bien la hiérarchie dans les couleurs de dragon et l’importance des reines plus encore. Celles-ci n’hésitaient d’ailleurs pas à le faire savoir et tout ce qu’espérait la neishaane était d’être tranquille. Etait-ce si mal que d’observer ces sauriens ? Quand bien même ceux-ci étaient pourvus d’un caractère difficile à cerner, n’étaient-ils pas sensibles à la flatterie ? L’adolescente avait bien dû mal à savoir quel ton employer contre ces créatures bien supérieures à elles. Elle ne serait qu’un jouet entre leurs griffes, qu’une viande bien tendre entre leurs dents. Elle n’était rien, rien du tout. C’était une véritable crainte révérencielle. Lorsqu’elle entendit la voix grondante dans son esprit, aussi bien les tréfonds de son âme que son corps sursautèrent. Il ne fallait pas être une grande voyante pour s’en apercevoir. Encore une fois, elle se sentait prise au piège. Mais si l’aspirante était prompte à la fuite, elle était décidée à changer progressivement.

° Je venais profiter du soleil ° répondit la neishaane sur un ton égal.

Elle n’était pas impolie et ne souhaitait pas se montrer ainsi. Ce serait tout le contraire de ce que lui aurait inculqué sa propre maîtresse. Il fallait toujours respecter les reines incarnates. Ruri n’avait pas non plus l’intention de mourir bêtement. Elle poursuivit.

° Mais je remarque que ma présence dérange … une fois de plus °

La déception marqua sa deuxième remarque. Elle ne désirait qu’une chose mais ce ne serait pas possible. Du moins, elle ne le méritait apparemment pas. Lorsque l’incarnate se dressa de ton son long, Ruri ne pu retenir son soupir. Pourquoi fallait-il que tout se termine toujours ainsi ? Pourquoi fallait-il toujours qu’elle soit menacer de mourir pour une raison qui lui échappait ? Elle tourna ses yeux vers ceux de l’incarnate. Se jouait-elle de Ruri ? C’était l’impression qu’elle avait. Aussitôt, elle baissa les yeux et les détourna.

° Non, vraiment, les choses ne changent pas. ° fournit-elle pour toute réponse à Sethyl.

Qu’elle comprenne ou non où en voulait venir Ruri l’importait peu. La neishaane était excédée de toutes ces manières de saurien. Ces reptiles n’avaient-ils pas un peu de savoir-vivre ? Elle fixa le vide à ses pieds et, sur un ton proche de la lassitude, lui lança :

° Evoquer des évidences ne vous mènera nul part, sauf à me faire part de votre mépris à mon égard. Toutefois, je l'avais déjà saisi, rassurez-vous. Quoique je réponde, si vous décidez de me tuer, vous me tuerez. Si vous décidez de m’épargner, alors vous m’épargnerez. Que voulez-vous que je vous réponde ? Que je vous implore ? Sans vouloir me montrer effrontée devant vous, excusez-moi si j’en ai l’air, mais je ne pensais pas qu’avant de vous entendre, il me serait possible de regretter ce que j’ai pensé de vous. °

Elle s’était exprimée sincèrement. De toute évidence, si la dragonne avait décidé de la tuer, il en serait ainsi. Devoir se cacher derrière des faux-semblants l’énervait passablement. Si elle trouvait Sethyl exceptionnellement belle lorsque les rayons se reflétaient sur sa parure rubis, elle la trouvait désormais désagréable et inintéressante. Jamais elle n’avait pensé en venir à de telles extrémités. Elle ne répondit rien à la saurienne quant à son identité. Quoi répondre de toute évidence, aucune question n’était posée. Elle soupira et se leva. Elle ne défiait pas l’autorité de la Reine incarnate. Non, finalement elle avait fait son choix.

° J’abandonne. Je vous laisse tranquille et seule puisque c’est ce que vous recherchez tant °

Elle se retourna et fit quelque pas en avant lorsque, de l’ombre, surgit sa liée. Décidément, ce n’était pas son jour. Elle avait du mal à contenir les tremblements que lui provoquait la peur de la dragonne. Ses mains étaient agitées de spasmes irréguliers mais elle ne s’en cachait pas. Qu’elle soit considérée comme faible si tel leur faisait plaisir. Elle ne s’attendait pas d’ailleurs à ce que la Légate lui adresse la parole.

« Si assassiner les gens est votre sport favori, grand bien vous en fasse. Mais faites vite, je vous en prie. »

Sur ces mots, elle leva légèrement le menton, dévoilant sa gorge pâle et fragile. Elle en était presque devenue résignée. Ses yeux n’étaient pas fermés. Elle toisait d’un air agacée la chevalière. Qu’elle lève sa dague, elle l’aiderait. Elle en avait assez de passer pour une peureuse de service.

« Mais je peux toutefois constater que votre clan ne vous a pas appris la politesse … » dit-elle en baissant la tête tout en continuant de regarder Lilwen dans les yeux « Dame Lilwen ».

Certes, elle n’était qu’aspirante. Son interlocutrice était une chevalière, certes incarnate, mais une chevalière. Elle était donc au-dessus d’elle dans la hiérarchie. Pour autant, cela n’empêchait pas la neishaane de s’affirmer. De toute façon, perdue pour perdue.

« Je ne tolère toutefois pas que vous disiez du mal de ma maîtresse devant moi. Je n’ai peut-être pas votre force de persuasion, je ne suis peut-être qu’un insecte insignifiant devant vous deux, mais une neishaane peut aussi se mettre en colère. »

Ses joues s’empourpraient sous l’émotion. Elle ressentait une vive colère bouillonner en elle, mais une colère qu’elle maintenait enfermée. De toute façon, quoiqu’elle dise, elle ne serait pas prise au sérieux. Ce serait évident. Mais elle n’avait rien à prouver. Du moins, pas à eux.
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Mar 26 Mar 2013 - 11:41 Répondre en citantRevenir en haut

Lilwen regardait la Neishaane avec intérêt, sa colère la fit sourire. Jamais encore elle n’avait vu quelqu’un se dénigrer ainsi au Màr Tàralöm. Les gens ici étaient réputé fiers et orgueilleux, préférant mourir plutôt que d’abandonner. Mais l’aspirante qu’elle avait devant elle semblait avoir pris les remarques des deux liées pour de réelles menaces de mort. La jeune femme éclata finalement de rire.

Penses-tu réellement que nous te menaçons de mort en te parlant ainsi ?

Redevenant sérieuse, la jeune femme poursuivi :

Je suis une assassin Neishaane, je ne préviens que très rarement les personnes que je veux éliminer. Et même si Sethyl ne souhaitait pas être déranger, ce n’est pas pour autant qu’elle va te dévorer, n’est-ce pas ma douce ?

Le Grand Légat tourna ses prunelles de glace vers sa liée et celle-ci se réchauffèrent presque instantanément. Les yeux de la dragonne se posèrent sur sa liée et un regard complice les lia quelques instant. Si l’Incarnate avait un tempérament orageux et qu’il valait mieux ne pas lui chercher querelle, elle n’en était pas pour autant stupide. Sa voix s’éleva de nouveau dans l’esprit des deux femmes présentes.

° Je ne te méprise pas, tu m’es simplement indifférente. Tu n’as pas gagné mon respect, pas plus que tu ne l’as perdu. De toi, je sais seulement que tu t’es faufilé à l’insu des gardes dans une salle où tu n’étais pas conviée. Je ne sais si c’est une preuve de bêtise ou de courage, mais il fallait de la détermination pour oser s’aventurer dans une pièce empli des plus puissants du Màr… °

Lilwen contempla sa liée avec un léger étonnement. Les compliments de Sethyl n’était pas monnaie courante et la jeune ne savait si l’aspirante saurait ou non le reconnaitre. Toutefois, la jeune femme qu’elle avait en face d’elle semblait plutôt déterminée à se laisser tuer plus qu’autre chose.

Le ton de Lilwen était plus sévère que celui de sa liée, ce qui n’était pas courant :

Pourtant, de cette détermination, je n’en vois rien aujourd’hui. Tu sembles prête à accepter ton sort sans te battre et sans émettre la moindre protestation. La lâcheté et l’abandon sont de grandes faiblesses surtout par les temps qui courent. Tu devrais être moins prompte à offrir ta vie à la première personne qui passe. Je sais pertinemment que la lame des Neishaans peut être tout aussi aiguisée que celle d’un elfe ou d’un Tohril, c’est pour cette raison qu’il ne faut jamais sous-estimer un adversaire, quel qu’il soit. Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est grâce à ça.


Son ton se radoucit légèrement.

Tu parles de force de persuasion et c’est exactement ça. Tu sembles manquer cruellement de confiance en toi. Si tu ne t’affirme pas et que tu ne développes pas cette force qui te permet de ne pas te laisser dévorer par autres, tu risques de tout perdre.

Sethyl intervint brusquement.

°Ce n’est pas seulement le dragon qui fait un chevalier du Màr Tàralöm, mais aussi sa force de caractère. °

Lilwen reprit :

N’oublie pas que si Flarmya le veux, une dragonne t’es destiné sur les sables noirs des cavernes, tu ne saurais mourir en laissant ta moitié d’âme seule sur les sables… Si tu as besoin de conseils, je peux t’aider…

Lilwen darda ses yeux de glace sur l’aspirante, tentant de la jauger du regard. Elle n’offrait que rarement son appui, mais cette fois-ci, quelque chose la poussait à aider cette aspirante.
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mar 26 Mar 2013 - 12:36 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri n’était que rarement habituée à se mettre en valeur. Se rabaisser était tout ce qu’elle savait faire de mieux. On n’effaçait rarement une dizaine d’année d’esclavage en une seule seconde. Prendre confiance en elle lui prendrait certainement du temps et ce n’était pas un pari gagné d’avance. Pour autant, la neishaane s’attendait plus à être égorgée sur l’instant qu’autre chose et son regard se radoucit au fur et à mesure que la Dame incarnate s’expliquait. Les rougeurs quittaient progressivement les joues de l’adolescente, signe de son apaisement. Pour autant, ses tremblements ne cessaient pas. La dragonne tout comme sa liée l’effrayaient. Il lui était difficile de penser de manière cohérente. Le rire de Lilwen brisa la chape de plomb qui s’était abattue sur Ruri. Elle retrouvait un sourire, aussi mince soit-il. Elle haussait les épaules en répondant doucement.

« A vrai dire, je crois que je m’attendrais presque à mourir à chaque fois que je me déplace. L’ambiance qui règne au Màr est étrange et l’impression de voir la faucheuse à chaque coin de couloir me poursuit inlassablement. »

Pour autant, la réponse de Lilwen la réconforta quelque peu. Au moins, elle était franche. Un assassin ne prévenait que rarement, c’était vrai. De toute façon, qui aurait intérêt à la tuer, elle ? Une insignifiante petite neishaane sans valeur ? Ruri put observer l’espace de quelque secondes le lien fort qui unissait les deux êtres. Pas un mot mais un regard empreint de tant de sentiments. Cela impressionnait Ruri qui n’arrivait pas à comprendre pour autant ce que cela signifiait. Que pouvait bien ressentir la chevalière ?

La voix de la dragonne résonna une nouvelle fois dans sa tête. Ruri s’était totalement fourvoyée sur les intentions du saurien. Pour autant, les paroles qu’elle avait prononcées auparavant ne lui semblaient pas particulièrement sympathiques. Un jeu sans aucun doute.

° Merci … °

C’est tout ce que la neishaane s’autorisa à répondre. Elle ne savait pas si c’était un compliment ou une moquerie. Au point où elle en était dans la méprise, cela ne faisait que peu de différence. L’adolescente ne savait pas où donner de la tête. Elle jetait un œil perplexe aux deux liées. Finalement, ce fut la voix de Lilwen qui rompit le silence. Ruri tourna ses prunelles d’argents vers celles de glaces de son interlocutrice. Elle écoutait attentivement. Sur le moment, espionner la réunion du Concile ne lui avait pas réellement posé question. Elle s’était contentée d’obéir sans réfléchir à Lyssa. Discuter ses ordres ne lui semblait pas réellement utiles de toute évidence. Mais le ton de la chevalière la ramena à la réalité. Elle hochait la tête au fur et à mesure que la demi-elfe s’exprimait. Des vérités que la neishaane savaient sans pour autant savoir y remédier. Car si l’entraînement qu’elle subissait l’aidait à s’élever dans la cruauté, elle n’en avait tout du moins pas la carrure pour le supporter. Son mental était faible et elle avait régulièrement des envies de vomir en repensant à ces scènes. Celle du messager lui était encore incompréhensible. Comment avait-elle pu agir ainsi ?

Plus la légate s’exprimait, plus Ruri baissait la tête, honteuse. Elle était dépeinte comme lâche et fuyarde. C’était pourtant la réalité. Si vivre était difficile, pourquoi poursuivre ? Pourtant, la contradiction était en elle. N’avait-elle pas cherché à vivre à tout prix lorsqu’elle avait rencontré Lyssa pour la première fois ? Ne s’était-elle pas juré de ne pas mourir bêtement ? Elle revenait sur ses propres principes, preuve par là-même que la construction de sa personnalité était fragile. Elle était faible, il fallait l’admettre. Elle ne contredit à aucun moment la chevalière, la laissant s’exprimer. C’était non plus l’image du miroir qu’elle voyait mais l’image qu’elle offrait aux autres. Etait-ce ainsi qu’il fallait se comporter ? Certainement pas. Si sa maîtresse avait été présente sur le moment, nul doute qu’elle aurait eu le droit à une gifle. Mettre sa vie en jeu aussi facilement était idiot.

L’intervention de la dragonne la fit sursauter. Elle n’était pas réellement habituée à cette voix dans sa tête, même si elle faisait de grands efforts pour cela. Mais Sethyl avait raison. Si Ruri voulait devenir chevalière un jour, il lui faudrait opérer de grands changements. A commencer par son attitude et sa personnalité. Se reconstruire était difficile. Mais d’autres y étaient sûrement arrivés. Lorsque Lilwen lui proposa son aide, Ruri ne su que répondre. Elle était bouche-bée. Ses yeux s’étaient écarquillés avant que la neishaane ne reprenne ses esprits.

« M’offrir votre aide ? Je dois avouer que je ne m’y attendais pas. Si je veux rester réaliste, je dois dire que j’en ai certainement grand besoin. »

Ruri reprit son souffle et elle soupira longuement.

« Le tableau que vous avez dépeint de moi est malheureusement la réalité. Lorsque je me regarde dans le miroir, je ne vois que la neishaane faible que je suis. Mais je dois me rendre à l’évidence. C’est l’image que je renvoie aux autres. Cette image nuit tout autant au Clan des Valhériens qu’au respect que je pourrais être en mesure de gagner. »

L’adolescente se montrait franche. Si Lilwen offrait son aide, ce n’était pas en mentant qu’elle y parviendrait. Elle était d’ailleurs persuadée que le seul entraînement avec Lyssa ne ferait pas d’elle une personnalité remarquée. Actuellement, on ne pouvait pas s’intéresser à elle. Elle n’était rien tant elle se fondait dans l’ombre des autres. C’était même à se douter si certains savaient qu’elle était une aspirante.

« Pour autant, je ne sais pas quelle aide demander, ni même si j’en suis digne. »
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Dim 31 Mar 2013 - 19:38 Répondre en citantRevenir en haut

L’incarnate contempla sa liée d’une manière indéfinissable. A dire vrai, elle ne comprenait pas pourquoi sa liée voulait s’enticher de cette aspirante trop faible pour faire un pas sans montrer sa gorge. Elle choisit finalement de trouver un endroit plus calme. Après un dernier regard et une légère parole à son encontre, l’Incarnate se laissa glisser dans le vide. Prenant de la vitesse, elle inclina légèrement ses ailes afin de s’éloigner des corniches et de s’élever dans les airs à l’aide de ses puissantes ailes. Sachant pertinemment que les deux jeunes femmes la regardaient, Sethyl s’employa à leur faire une belle démonstration de son aisance en vol. Il était étonnant que des êtres comme les dragons puissent se mouvoir d’une telle manière.

Le sourire aux lèvres, Lilwen contempla sa liée s’éloigner finalement avec les mêmes pincements au cœur qui la prenait à chaque fois qu’elle la voyait la laisser seule. Bien qu’elle savait pertinemment qu’elle allait la retrouver un peu plus tard dans leur Weyr, bien que la dragonne ne puisse maintenant plus qu’atteindre le balcon.

La jeune femme tourna son regard vers l’adolescente.

Ce serait mentir que de te dire que le Màr est un endroit sûr. Du moins, je ne considère pas comme tel, même si je le vois comme ma maison. Tu seras jugée sur chacun de tes actes, chacune de te paroles… Si certains pensent que ta mort leur serait plus profitable que ta vie, ils n’hésiteront pas en effet à te tuer au détour d’un couloir.

Lilwen soupira en regardant d’un œil critique la Neishaane.

Si tu ne te montres pas plus forte, tu ne pourras pas jamais envisager l’avenir sereinement. Tu dois être capable de répliquer en toutes circonstances, te sortir de chaque situations. Tout problème possède une solution et rien ne doit t’effrayer. Tu dois parvenir à t’affranchir de tes peurs, ou du moins, ne jamais les laisser paraitre aux yeux de tous.

Ruri lui rappelait l’enfant qu’elle avait été. Cette peur de l’inconnu, de ne pas pouvoir y faire face, elle ne la connaissait que trop bien, mais elle avait su s’en affranchir de bien des manières. Ces méthodes, elle était en mesure de les transmettre, mais une des paroles de l’adolescente lui fit durcir le regard.

Ainsi, elle semblait appartenir au clan Valhérien… D’une voix égale que rien ne laissait présager de sa colère, elle demanda :

Alors tu es une Valhérienne ? Tu adhère donc aux idées de ce clan ?



La réponse est courte, mais j'ai besoin de ta réponse avant de continuer ^^ C'est pas grave si ta réponse est courte
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Mar 2 Avr 2013 - 14:53 Répondre en citantRevenir en haut

Il paraissait évident que Ruri s’était mise dans une position délicate. Le regard qu’adressa la Reine incarnate à Lilwen était étrange. La neishaane ne pu le décrypter et elle n’essaya même pas. Puis le reptile prit son envol. Quelle majesté. Sans aucun doute, ces créatures volantes étaient les plus gracieuses dans les airs. Virevoltant sous les yeux émerveillés des deux jeunes femmes, nul doute que Sethyl s’en était enorgueillie. Etrangement, la chevalière affichait une émotion semblable à de la déception. Ruri l’observa quelques instants tandis que la dragonne rouge s’en allait plus loin. C’est alors que Lilwen tourna ses yeux vers ceux de Ruri dont les joues s’empourprèrent. Elle cru être prise sur le fait, comme si elle avait tenté d’ouvrir une fenêtre verrouillée. Mais il n’en était rien. La franchise de la chevalière ne l’étonna pas. En réalité, Ruri avait déjà compris beaucoup de chose dans son aspiranat avec sa maîtresse. Aux paroles prononcées par Lilwen, la neishaane répondit par un haussement d’épaule.

- De toute évident, lorsque l’envie leur prendra, personne ne sera là pour me protéger. Que je meurs aujourd’hui ou demain ne semble faire aucune différence. Même si Alauwyr m’a demandé de mourir dehors plutôt que dedans.

Lorsqu’elle eut prononcé le prénom du seigneur Iskuvar, on aurait pu croire qu’elle le connaissait personnellement. Mais en écoutant le ton de sa voix, on pouvait y trouver une part de mépris. C’était le seigneur et l’adolescente ne l’aimait visiblement pas. Quelle importance ?

- Je ne suis en sécurité nul part. Même dans la pièce que maîtresse Lyssa m’a offerte. Je me sens bloquée par ce sentiment d’insécurité. Je ne pourrais pas avancer tant que je ne sais pas si je pourrais mettre un pied devant l’autre sans tomber.

Ruri ignorait si Lilwen la comprendrait. Quelle importance ? Pour apprendre. Il était important de comprendre la neishaane si Lilwen désirait la rendre plus ardente. Son tempérament actuel la rendait plus proche du Màr Luimë que du Màr Tàralöm. Elle écouta attentivement la réponse de la liée incarnate. C’était vrai. Mais jouer en permanence la comédie n’était pas pour lui plaire.

- Je veux devenir réellement forte. Je ne veux pas faire croire que je le suis. Les apparences sont trompeuses bien trop souvent pour y accorder du crédit ici. Et mentir n’est pas réellement ma spécialité. Mais je suppose que cela viendra tôt ou tard.

La neishaane était perdue. Face à la réalité, elle n’avait aucune échappatoire. Seule une porte s’offrait à elle pour continuer à vivre : grandir.

- Mais vous avez raison dans le fond, je le sais. Mais je ne me sens pas prête à l’admettre. Cela peut sembler étrange à première vue. J’entends mais je ne vois pas, du moins je refuse de voir.

La question de la demi-sang l’effraya légèrement. Elle eut un mouvement de recul et baissa les yeux.

- Non, je ne crois pas. Je ne sais pas. Ma maîtresse m’en a bien parlé mais ce n’est pas dans mon tempérament d’haïr des gens que je ne connais pas. Ce serait une lutte futile, bien qu’intestine, dans un kaërl comme celui-ci. Les luttes de pouvoir, pour les idées, cela ne m’intéresse pas. Je ne peux pas penser à une plus large échelle que ma propre personne.

La neishaane laissa planer un silence durant quelques instants avant de poursuivre.

- Egoïste, n’est-ce pas ?

J'espère que ma réponse te convient.


EDIT by Heryn : Petit rappel en passant, Valherien ça s'écrit avec un e et pas un é ^^ (de la même façon que Valheru ou Heryn o/). Et pas besoin d'appliquer la balise "justify" le texte est justifié automatiquement par un code glissé dans les templates du forum ^^. Merciii !
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Mar 28 Mai 2013 - 18:54 Répondre en citantRevenir en haut

Lilwen éclata d’un rire froid à la réponse de la jeune Neishaane.

Penses-tu que tu sois la seule égoïste en ces lieux ? Ici, chacun ne pense qu’à lui et à sa propre survie, à sa propre ascension. Tu peux choisir de ne pas te mêler de politique et des clans, mais il n’y a rien de tel pour avoir du pouvoir sur les autres.

La politique était pour elle un jeu, un jeu où il pouvait être facile de se faire passer pour un autre, facile de se créer un réseau… Il était aisé de se glisser dans le nid de vipère mais plus d’un se faisait dévorer avant même d’avoir pu ouvrir la bouche. De ce point de vue, elle pouvait comprendre que Ruri ne souhaite pas s’y aventurer.

Toutefois, à son sens, il n’y avait rien de plus formateur que de se jeter dans le grand bain, ce qu’elle ne tarda pas à transmettre à la jeune femme.

Tu ne devrais cependant pas les laisser de côté. Les luttes de pouvoir sont parties prenantes de ce lieu. Tu ne pourras pas faire dix pas sans que l’on te juge et qu’on juge l’ascendant que tu as sur les autres. Ils doivent te craindre ou te respecter du fait de ton rang. Certains des Sangs ne sont respectés que par leurs rang et non pas parce qu’ils sont craint. Même s’ils ne sont que peu dans ce cas-là. Tu as le choix… Les aspirants ont parfois du mal à s’affirmer ici. Tout changera lorsque tu seras liée. Avoir un dragon à tes côtés ne peut qu’assoir tes paroles.

Elle esquissa un sourire malicieux. Elle ne se souvenait que trop bien de ses premiers pas au Màr, de ses premières rencontres, et des premiers liens qu’elle avait tissés en ces lieux. Il n’était pas aisé de se retrouver confronté à un monde totalement inconnu et de parvenir à s’y faire une place. Mais là était toute la question, si l’aspirante souhaitait se faire une place ici, il ne tenait qu’à elle d’y parvenir par tous les moyens qu’elle pouvait envisager, ce que Lilwen ne tarda pas à lui dire.

J’en viendrais presque à me demander si tu souhaites réellement te faire une place ici. Lorsque je te dis qu’il faut se battre pour se trouver une place en ces lieux, je ne te ment pas, mais je ne veux pas dire qu’il faut que tu sortes ton épée, tes poings ou bien tout autre chose de violent. Soit intelligente et tu pourras obtenir tout ce que tu souhaites.

Lilwen considéra quelques instants encore la jeune aspirante devant elle avant d’ajouter :

Si tu as des questions ou que tu souhaites des conseils, je peux peut-être t’aider. Même si l’aspirante que j’ai vu se glisser au Concile me semblait tout à fait encline à devenir quelqu’un ici.



Désolée pour le retard Timide Promis, j'irai plus vite la prochaine fois !
Ruri Ravin
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MessagePosté le: Lun 10 Juin 2013 - 17:47 Répondre en citantRevenir en haut

Ruri croyait rêver. Elle qui pensait être la seule à se sentir égoïste, la voilà qui était surprise. En réalité, l’égoïsme était donc une donnée avec laquelle composer. Ce n’était pas plus un vice qu’une vertu. Elle écoutait avec attention les paroles de la chevalière incarnate, les cheveux balayés irrégulièrement par un vent doux. La température se rafraichissait lentement et des frissons lui parcouraient de plus en plus souvent l’échine.
L’adolescente n’était pas sourde aux mots que prononçait Lilwen, loin de là. Elle acquiesçait fréquemment, parfois de manière imperceptible avec un léger mouvement des yeux, parfois de manière plus franche pour montrer son approbation. Une parfaite élève. La neishaane ne se sentait pas manipulée, et quand bien même ce serait le cas, elle ne le sentirait pas non-plus. Elle faisait sûrement trop vite confiance au gens. Pour peu qu’il lui parlait avec gentillesse, la jeune fille tombait dans le panneau et s’ouvrait. Une erreur qu’elle commit avec le Seigneur Iskuvar et qu’elle ne réitéra pas. Depuis, elle était méfiante, craignait le mensonge, voyait le mal partout. Si bien que si d’autres s’en accommodaient rapidement, elle vivait dans la peur et l’insomnie.

Je ne sais pas si vivre dans un banc de requins me plairais réellement. Je suis malhabile avec le Verbe, je suis nigaude de mon Corps et je ne suis pas encore liée. Comment même pourrais-je avoir un ascendant sur les autres ?

Elle termina sa phrase par un léger soupir de désappointement. Elle ne soupçonnait pas la force qui était en elle, cette force de caractère dont elle avait fait preuve face à Alauwyr. Cela lui valut d’ailleurs une punition plus que sévère. C’était sûrement en partie à cause de cela qu’elle s’était renfermée comme une huître. Incapable d’exprimer avec justesse ce qu’elle pensait, juste comme une gamine qui évoquait des notions trop compliquées pour elle. Lorsque Lilwen se posa la question de savoir si Ruri souhaitait vraiment se faire une place ici, cela lui fit l’effet d’un poing en plein ventre. Elle crispa sa main derrière son dos et tenta de cacher derrière un sourire mi-figue mi-raisin sa gêne. Elle baissait la tête, vaincue.

Être intelligente. J’ai malheureusement tendance à agir promptement sans réfléchir. C’est sûrement cela qui me fait défaut. J’essaierai d’y penser à l’avenir.

Ruri leva les yeux vers sa tutrice d’un soir. Elle voyait l’opportunité d’apprendre d’autres choses. Cela semblait implicite à ses yeux mais quelque chose avait éveillé sa curiosité.

Puis-je me permettre de vous demander de m’initier à cette politique que vous louer ? Cela me permettrait-il de d’être respectée ?

La neishaane n’avait aucune idée de ce dans quoi elle s’engageait. Mais elle avait l’impression que parfois, pour aller plus loin, il fallait prendre le chemin le plus obscur et le plus incertain qui soit.
Lilwen Izil
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MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013 - 20:26 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune femme contempla la Neishaane quelques instants sans répondre. Elle aussi avait été effacée, mais seulement un temps. Elle avait dû s’endurcir pour ne pas simplement se faire dévorer. Elle pouvait se souvenir encore des nombreuses fois, lorsqu’elle commençait seulement à maitriser son pouvoir avec quelle facilité elle s’échappait de toutes réalités en prenant la forme d’une louve et en courant à perdre haleine au travers des forêts verdoyantes d’Undòmë. Mais Ruri n’avait très certainement pas les mêmes opportunités qu’elle avait eues. Songeuse elle lui fit une suggestion.

Tu devrais te trouver un passe-temps qui te permettra de t’endurcir tout en pouvant te défouler. Tu dois apprendre à t’extérioriser, n’ait pas peur de te mettre en colère ! Si parfois, tu sauras qu’il te faudra tenir ta langue, parfois, ta voix doit se faire entendre par tous si tu le souhaites. Je te dis certes tout cela, mais rien ne t’empêches d’être une futur chevalière du Màr, compétente dans son devoir sans faire de vague.

Ces personnes, elle les voyait chaque jour, chaque heure. Ils étaient partout dans le Kaerl et s’il était très certainement sa force, les personnes en tant que tel lui étaient juste indifférentes. Peut-être était-ce cruel, mais si en tant que Sang elle devait féliciter un bon soldat, elle le ferait sans hésiter, mais quelques jours après, il n’y aurait que peu de chance qu’elle se souvienne de son nom. Il fallait des personnes de tout rang dans une société pour que celle-ci fonctionne. Toutefois, il était nécessaire d’avoir des dirigeants qui avaient de la poigne et qui pouvait mener les hommes à la paix et à la victoire en cas de bataille. Elle ne pouvait encore savoir dans quelle catégorie se plaçait la Neishaane bien qu’elle ait sa petite idée la dessus. Elle eut un sourire à la remarque de la jeune fille.

Je ne puis te jeter la pierre pour ce genre de défaut car je l’ai moi-même. J’ai toujours plus tendance à écouter mon instinct dans les grandes décisions. Si celui-ci te guide dans une autre direction que ta raison, alors tu pourras réfléchir, sinon, fonce !


Elle observa une nouvelle fois un certain silence comme pour jauger la Neishaane.

Je ne sais si je pourrais t’initier, mais je peux toujours essayer. Tu te feras ta propre idée en observant, ta maîtresse est très douée aussi pour ce petit jeu. Demande-lui comment elle est arrivée au Concile.


La demi-Sang eut un sourire ironique.

Nous avons tous nos propres histoires mais je puis t’assurer que chaque personne que tu as vue assis autour de cette table l’autre fois à gagner sa place d’une manière ou d’une autre. Après, à toi de voir si tu veux rejoindre la partie.

Lilwen se détourna légèrement, s’apprêtant à partir. Elle se tourna une dernière fois vers la jeune fille, un léger sourire énigmatique aux lèvres.

Je te recontacterai…

Elle quitta les Dôl Nàrë pour rejoindre sa liée.
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