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 [RP] Quand l'espionnage a du bon... Sujet suivant
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Nolan Lancaster
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MessagePosté le: Dim 11 Nov 2012 - 03:04 Répondre en citantRevenir en haut

Nolan venait tout juste de sortir des bains. Comme toujours son coté fëalocë le poussait à prendre soin de son apparence au maximum. Mais... aujourd'hui il avait décidé de faire dans la simplicité. Une chemise de lin blanche et un pantalon de cuir. Il portait comme toujours ses gants et s'amusait à les resserrer plus par réflexe que par réel besoin. Il s'assura que ses cheveux étaient bien coiffés et prit le chemin de la Rotonde. Il allait probablement avoir le droit à de nouvelles réprimandes sur l'heure à laquelle il arrivait mais les premières questions du conseil étaient d'un banal tel qu'il savait que sa présence n'était pas nécessaire. De plus, il avait d'autres soucis en tête. Ses nouvelles fonctions il l'avait découvert n'étaient pas uniquement liées au fait de parlementer avec les autres Kaerls. Il était à présent à la tête d'un réseau d'espions qu'il n'aurait jamais pensé aussi grand. Chaque jour il recevait des missives l'informant des déplacements de telles marchandises ou de telle personne à surveiller. Bref... il avait du s'entretenir avec son amie elfique pour s'assurer de ne pas commettre d'impair. Depuis, il voyageait beaucoup et rencontrait des personnes de tous les horizons. Il devait prendre en main de nombreuses décisions et cela seul, la Dame du Kaerl étant prise par ses propres préoccupations.

Il avançait sereinement appréciant la température ambiante sous la bulle. Comme à chaque fois qu'il arrivait à la rotonde il écouta tel un enfant le bruit caractéristique que produisait ses bottes sur le sol marbré de cet espace réservé aux Grands qui ont battis le Kaerl. La réunion de ce matin comme toutes les autres serait longue... s'ensuivrait la présentation des nouveaux aspirants. Bref... une journée comme toutes les autres... quoique... il s'arrangerait peut-être pour aller à la chasse avec Galaad. C'est vrai qu'il n'avait pas été s'amuser avec son nouvel ami depuis un bon moment. Il poussa les premières portes tout en saluant chaleureusement les gardes qui l'encadraient.

* Dinjelai s'impatiente... elle aimerait bien que tu animes un peu les choses.*

Nolan eu un sourire jusqu'aux oreilles en entendant son lié lui dire cela. Il savait que parfois cela n'était pas très sérieux mais il ne pouvait s'empêcher de faire enrager certains membres. C'était... grisant. Surtout depuis qu'il était revenu avec un pacte de non agression depuis sa première mission officielle. Il arriva devant les portes de la rotonde. Les gardes sourirent sachant pertinemment qu'il était en retard et se permirent une accolade. Bien des fois ces deux gaillards l'avaient tiré d'un mauvais pas. Il leur en était reconnaissant. Celui de droite annonça alors comme à chaque fois son prénom nom et son statut avant d'ouvrir les portes pour le laisser pénétrer dans la pièce.

- Je vous prie de bien vouloir pardonner ce retard... un groupe de jeunes femmes armées m'ont demandé des comptes au nom de Darshan... il m'a fallu un certain temps pour calmer tout ce beau monde et enfin parvenir jusqu'ici.

Il entraperçut un sourire entre les mains que Dinejlaï gardait devant sa bouche et alla prendre place. On lui expliqua alors de quoi il était question et il s'autorisa un simple "chouette" sur un ton faussement enthousiaste avant de laisser il ne savait déjà plus qui reprendre son monologue que personne hormis Dinjelaï ne devait écouter. La séance se poursuivait... encore et toujours... jusqu'à ce qu'un bruit retentisse. La porte s'ouvrit sans que personne ne soit annoncé et un jeune homme tout ce qu'il y a de plus banal entra dans la rotonde. Dinjelaï se leva semblant connaître le jeune homme. Mais il s'avança vers Nolan une lettre entre les mains. Sans comprendre il prit la missive entre ses mains et remercia le jeune homme d'un signe de la tête. Celui-ci se tourna vers Dinjelaï un bref instant. Nolan comprenait enfin. Le jeune homme devait avoir l'habitude de remettre ce genre de lettre à la Dame mais il avait reprit son rôle et désormais c'était à lui que ces missives étaient données. Dinjelaï prit alors la parole interrompant le brouhaha général. Elle demandait à... à excuser Nolan qui devait se retirer pour des affaires d'ordre diplomatique. Obtempérant il se leva et c'est à grand pas qu'il quitta la salle. Ne s'arrêtant pas pour saluer les deux gardes il prit directement le couloir sur la droite et s'isola dans un petit placard. Il ouvrit la lettre et laissa son pouvoir couler dans sa main. Quand les flammes surgirent au bout de ses doigts il s'en servit afin de lire ce que le document disait. Dès les premières lignes ses yeux s’agrandirent et il ressentit une profonde colère. Il savait que ce n'était normalement pas la première chose à faire, mais il devait intervenir en personne. Il se releva d'un bond et sortit. Tout en avançant il prit soin de laisser le papier bruler entre ses doigts.

* Aydan...*

* Je sais je suis déjà sorti du Cirban. Va chercher ton arme. Je te rejoints.*

*Bien!*

Nolan prit le pas de course et fonça jusqu'à ses appartements. Il maudit son idée de s'installer si haut dans les tours mais c'est là que se trouvaient les plus grandes et plus belles chambres. De plus depuis son changement de statut il jouissait d'un confort non négligeable. Mais là n'était pas la question! Il arriva enfin chez lui et s'empara de son épée. Prit une dague dans sa botte et en enfonça une dans le petit collier de cuir à l’intérieur de sa cuisse. Il s'empara d'une cape et repartit en courant dans les marches.

* Tu ne peux partir seul. C'est risqué. De plus tu attireras trop vite l'attention sur toi aussi bien vêtit. Et je te rappel la particularité du lieu dans lequel elle se trouvait. *

* Tu as raison mais... en dehors de Dinjelaï je te signale que je ne connais pas beaucoup de femmes au Kaerl...*

* Qui donc s'en soucie. Tu es Ambassadeur et Chevalier. Tu n'as qu'à prendre la première Chevalière ou Maîtresse qui se présentera devant toi! *

Alors qu'il fonçait le long des couloirs, Nolan fit un écart surprenant pour éviter une collision qu'il avait plus pressentit que vu venir. La seconde qui suivait une jeune femme surgissait d'un escalier adjacent.

-Pardon!

Alors qu'il s’apprêtait à repartir en courant il se tourna pour regarder la jeune femme.

* Tu crois vraiment qu'on à le temps pour ça?*

* Ce n'est pas ça c'est pour cette missive. *

* Nolan... je suis dans tes pensées et ce n'est pas en te disant qu'elle a un joli minois que tu penses à la quête. *

- Je m'excuse mais je vais être plutôt abrupte. Je suis Nolan Lancaster. Ambassadeur au sein du Kaerl et... enfin j'ai besoin d'aide pour une mission plutôt importante. En temps normal j'aurais pris le temps de me montrer courtois à votre égard et de vous demander votre avis mais... il s'agit d'une question primordiale. Sincèrement c'est... de la plus haute importance.

Il ne savait pas trop s'il avait l'air convaincant ou non et si la jeune femme avait souvenir qu'il était l’ambassadeur du Kaerl mais il devait faire au plus vite. Il regarda la femme droit dans les yeux croisant le turquoise au gris pénétrant.

- Je vous en prie.

Il tendit sa main de façon à inviter tout de même la jeune femme à le suivre de son plein gré. Il n'osa regarder si elle concédait à tendre la sienne mais après un instant qui lui parut une éternité il sentit le contact de sa peau sur le cuir qui enveloppait ses mains.

- Merci!

Ne lui laissant pas le temps de poser plus de questions il tira la femme a sa suite et continua sa course endiablée. A sa grande et agréable surprise elle ne s'en offusqua pas ou du moins il n'entendit pas ses plaintes et elle suivit le rythme avec une aisance surprenante. Lorsqu'ils arrivèrent aux portes une bourrasque gigantesque se fit sentir.

- Nous prendrons mon lié si cela ne vous ennuie pas. Aydan est un peu bourru mais vous verrez qu'il est très agréable passé les premières taquineries.

Par pure et simple galanterie bien qu'il se doutait qu'une chevalière savait monter à dos de dragon il offrit sa main à la jeune femme pour l'aider à se hisser sur son bronze immense. Aydan les porterait comme s'il s'agissait de deux moustiques. elle accepta son aide semblant tout de même décontenancée par la situation. Il monta alors derrière elle et les envellopa dans sa cape.

* Accrochez-vous.*

Sans le signale de son lié Nolan serait probablement tombé tellement le décollage fut brutal. Aydan devait sentir la tension qui habitait son lié.

-Nous allons passer par l'interstice cela sera bien plus rapide.

La seconde qui suivit la sensation de froid pénétrant lui engourdit les membres avant qu'il ne sente de nouveau le vent balayer les cheveux de la jeune femme dans son visage. Il profita de cet instant pour apprécier l'odeur de pin frais qui se dégageait des cheveux.

* Nolan... elle... elle n'est pas liée... *

* Que... ce n'est pas possible...*

* Je ne sens pas d'odeur de liée sur elle... *

- Je... bon sang quel abruti. Je vais tout vous expliquer.

Aydan se posa non loin du village de Lomeanor.

- Ce que je vais vous dire aujourd'hui ne devra jamais quitter ta bouche. Jamais tu entends. Je sais que je t'ai conduis ici de façon peu galante mais disons que j'y étais un peu forcé. Pour le bien de tous les membres du Kaerl englouti ce que tu vas voir et apprendre aujourd'hui devra rester entre toi et moi. Personne d'autre ne devra être mit au courant. Je t'en prie accepte.

* Explique lui d'abord. *

* Mais!*

* Explique-lui elle ne peut jurer sur des choses qu'elle ne sait pas!*

- Bon.. En tant qu'ambassadeur. Et bien. Je ne me contente pas seulement de discuter auprès des autres Kaerls. Tu as peut-être entendu certains bruits de couloirs qui disent que j'ai en plus de mes prérogatives officielles... un ou deux espions par ci par là. Je te rassure ils n'agissent que dans le bien de notre Màr. Ils vont et viennent afin de nous protéger et nous renseigner. Ici à Lomeanor. J'en... j'en avais deux. Mais il n'y en a plus qu'un et la vie du second semble être en danger. J'ai besoin de ton aide en ta qualité de jeune femme. Car malheureusement je ne pourrais me rendre en ces lieux sans ton aide. C'est pourquoi je t'ai fais venir. Normalement tu n'as rien à craindre auprès de moi. Le pacte de non-agression et mon statut fait que l'on ne nous posera pas de questions. Mais je préfère ne pas attirer l'attention. Et donc... nous voici sur les lieux... et j'ai besoin de toi. Seulement je n'ai pas le droit de mêler quelqu'un à mes agissements et encore moins une aspirante. Je dois avouer que je te pensais Chevalière voir Maître. Acceptes-tu de m'accompagner et de garder le silence sur toutes les choses que tu entendras et verras aujourd'hui?
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MessagePosté le: Dim 11 Nov 2012 - 03:04 Revenir en haut

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Cendre Algoma
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MessagePosté le: Mar 13 Nov 2012 - 04:27 Répondre en citantRevenir en haut

Fin de l'hiver 918
Valentin Wiest ~ Heart Of Fire



Cendre Algoma consacra les derniers jours de l’hiver à l’apprentissage de l’écriture, du maniement de l’épée ainsi qu’à son Aspiranat. Son Maître était quelqu’un de fort énergique ; il ne s’attardait pas lors de longs discours sur l’importance d’être prudent, préférait bien souvent l’action à la parole et s’avérait, somme toute, être un bon instructeur, malgré ses méthodes assez peu orthodoxes. La demi-Torhil s’arrangeait toujours pour ne pas avoir un instant de répit pendant la journée, s’efforçant de concilier un nombre incalculable d’activités – parfois sans grand intérêt – de façon à pouvoir s’occuper et ne pas laisser son esprit vagabonder. Mais l’étau qu’elle tentait de maintenir autour de ses pensées finissait par se relâcher le soir venu, lorsqu’elle s’effondrait de fatigue sur son lit, encore toute vêtue. De ce moment d’intense fragilité naissait alors ses pires cauchemars. Des visions oniriques totalement dénuées de logique, comme tous les rêves, mais basée sur des faits réels. Chaque soir, ou presque, la jeune femme devait donc affronter ses démons intérieurs : elle se voyait déambuler entre les tentes écarlates, s’arrêter devant des visages aimés figés dans la souffrance et reprenait sa route en suivant la piste macabre des corps encore tièdes jusqu’au centre du campement. Là, impuissante, elle assistait au meurtre de sa famille, à l’horrible assassinat de son père et de sa mère, aussitôt suivis par son frère qui se débattait comme un beau diable et finissait invariablement à genoux, face à elle, une lame effilée ouvrant un sourire sur sa gorge. Elle sentait, avec une douloureuse impression de véracité, les gouttes de sang jaillir sur son visage pâle, sur ses mains, sur ses lèvres. Puis elle s’éveillait, en sursauts et couverte de sueur. S’en suivait un rituel, simple et réconfortant, durant lequel elle plongeait la tête dans un bac d’eau glacée, retenant son souffle jusqu’à l’asphyxie, laissant les derniers vestiges des songes s’effilocher dans les ténèbres, puis se déshabillait et se recouchait. Quant aux rares fois où elle ne cauchemardait pas, il arrivait toujours un moment où elle se sentait oppressée, abandonnée, impure ou encore impuissante. Ce mal être la tirait de son sommeil aussi sûrement que l’aurait fait un rayon de soleil sur ses paupières closes. Mais au petit matin, Cendre était toujours fraîche et dispose, prête à affronter une autre journée épuisante avec énergie. Néanmoins elle sait qu’Anoki lui aurait conseillé de s’isoler dans sa chambre et de laisser libre cours à sa haine, ainsi qu’à son chagrin. Depuis la mort des siens, elle n’avait guère pleuré leur perte… Et elle se refusait à s’abandonner à la colère qui était née en elle, à cette envie de prendre les armes et de poursuivre les pillards à travers tout Undomë. Cela n’aurait servi à rien, elle n’avait qu’une chance infime de tomber sur eux, et elle n’avait même pas vu leurs visages. La jeune femme repoussait donc son désir de vengeance, préférant porter son attention et ses efforts sur ce nouveau monde qu’elle commençait à peine à connaître.
Sur les dragons, le Màr Luimë, les Chevaliers Dragons.

Toutefois, toutes les réminiscences qui traversaient son esprit n’étaient pas porteuses du même Mal. Il arrivait qu’elle éclate brusquement de rire pour une raison connue d’elle seule, ou bien qu’elle se mette à sourire doucement, le regard rêveur, lors d’une promenade dans la ville. Imaginant Anoki à ses côtés, s’émerveillant comme elle l’avait autrefois fait, se perdant dans la contemplation d’un vol draconique particulièrement acrobatique. Elle rêvait tout particulièrement de lui faire voir la cité Engloutie la nuit, le ballet incessant des poissons luminescents autour du dôme, les chaudes lumières des auberges et des tavernes, le murmure constant qui s’élevait des lieux. Sa tranquillité aussi. Charmée par le calme et le sentiment de sécurité que le Kaerl faisait naître en elle, la demi-Torhil commençait à se sentir chez elle ici. Bien qu’elle ne puisse établir aucune comparaison avec les Djevelens Tener d’où elle était issue, elle sentait que sa place était désormais ici. Elle devait apprendre à maîtriser le Don, se lier si Flarmya le voulait bien, et traverser les cieux avec sa moitié saurienne. Elle redoutait par ailleurs autant qu’elle attendait son Empreinte, puisant des conseils auprès des récents chanceux et même quelques fois auprès des rares âmes en peine qui n’avaient pu se Lier, ou qui avaient survécu à la mort de leur compagnon de vie. Le regard vide de ces carcasses sans émotions lui glaçait le sang.

Après son entraînement matinal quotidien, Cendre avait pris l’habitude de faire un détour jusqu’aux Bains Céruléens. Peu habituée à voir autant de salles réservées pour les bains, elle avait eu d’abord énormément de mal à comprendre les bienfaits d’une immersion totale dans le liquide chaud… Mais grâce aux boutades malicieuses de quelques femmes adeptes des bains, elle commença à fréquenter assidûment les lieux. Aujourd’hui, il n’était pas rare de la voir s’attarder dans les salles pour détendre ses muscles raidis par les séances d’escrime, ou par simple plaisir. Elle en ressortait revigorée, apte à affronter le reste de la journée. Sa longue chevelure d’un noir abyssal relevée, attachée par un lien de cuir bien au-dessus de sa nuque, un ballot de vêtements sales sur le bras, elle empruntait ensuite l’itinéraire le plus direct jusqu’aux Tours Jumelles pour se débarrasser de son fardeau avant d’entreprendre une nouvelle tâche. Sur le chemin, la jeune femme savourait avec délice le vent sur sa peau, la douce chaleur des rayons bleutés qui, traversant la bulle iridescente, venaient s’échouer sur sa peau diaphane. En plus de cela, il arrivait que des regards désireux s’attardent sur sa silhouette. Laquelle avait déjà commencé à changer depuis son arrivée. La nourriture saine et variée du Màr, les températures plus douces ainsi que son nouveau mode de vie – incroyablement plus confortable que le précédent – contribuaient à améliorer sa santé. Elle avait pris du poids, suffisamment pour que ses formes s’arrondissent, mais ses entraînements limitaient les effets des calories sur sa ligne. Sa poitrine s’était légèrement alourdie, son teint était plus rosé. Même ses lèvres, pratiquement exsangues au naturel, semblaient finalement adopter une teinte plus foncée, tirant sur le rouge pâle. . Le printemps étendait lentement son emprise sur le Màr Luimë et sur Cendre, qui s’épanouissait comme une fleur ouvre ses pétales.

Ce matin-là, la demi-Torhil se sentait d’humeur joviale. Elle avait natté ses cheveux sombres après les avoir attachés de la façon habituelle, marchait d’un bon pas et une douce flamme semblait danser dans ses yeux gris. Elle eut vite fait de déposer son linge dans sa chambre, en haut des escaliers, tant elle était pressée de continuer la journée. Grâce au ciel, Aran'Rhiod avait été clément avec elle hier soir et lui avait octroyé une excellent nuit sans cauchemars. Elle s’immobilisa un instant à sa fenêtre, encore une fois envahie par un sentiment de plénitude en voyant la ville s’étendre sous son regard. Puis elle tourna des talons, s’arrêtant une dernière fois sur le pas de la porte, les iris tournés vers l’intérieur de la pièce. Toujours bien rangée, elle était toutefois encombrée de quelques babioles peu chères qu’elle avait trouvé ou gagné en rendant quelques services, de tenues en cuir – elle avait rangé les deux seules robes en tissu qu’elle avait achetées dans la minuscule penderie – pour la plupart gracieusement offertes par son Maître, d’une bourse rebondie qui contenait toutes ses économies – là encore durement acquises par le travail, effectué après ses activités d’Aspirante – et d’un coin pour entretenir son arc. Quelques cordes de rechange, des flèches brisées ou abîmées, des morceaux de cuir sans importance. Tout ce qui était utilisable se trouvait sur elle à cet instant précis : son arc, dont la corde barrait sa poitrine, son carquois qui battait son dos dès qu’elle se mettait à courir, mais aussi un petit fourreau attaché à sa cuisse où était rangé un long poignard. L’étui de cuir avait été modifié quelques jours plus tôt par un habile artisan, afin de pouvoir accueillir non plus son couteau à dépecer, mais la belle arme qu’elle avait finalement achetée après beaucoup d’hésitation. Satisfaite de ses achats, Cendre n’avait depuis plus touché à son argent et le regardait s’entasser avec une certaine fierté.

La demi-Torhil décida enfin de franchir le seuil. Elle descendit la volée de marches, s’engouffra dans un couloir et faillit être percutée par un homme blond qui trottinait à toute allure à défaut de réellement courir. Fort heureusement pour elle, il était doté d’excellents réflexes qui lui permirent d’éviter la collision – laquelle aurait sûrement été assez douloureuse pour eux deux. Elle ne croisa son regard qu’une seconde ou deux, mais elle eut le sentiment de l’avoir déjà vu quelque part. Néanmoins, avant qu’elle ne puisse se poser des questions, l’étranger reprit sa route. Il se retourna une fois sur elle, continua, s’arrêta de nouveau et revint se positionner face à elle. Ses paroles étaient assez peu compréhensibles, il parlait vite et sur un ton alarmé qui ne seyait pas vraiment au calme de ses iris turquoises. Tout en l’écoutant parler, la jeune femme en profita pour détailler son visage, qu’elle finit par reconnaître. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle était en train de parler à l’Ambassadeur du Kaerl. Nolan Lancaster. Elle se souvenait de son nom pour l’avoir de nombreuses fois entendu dans la bouche de Darshan, ou de belles femmes lors de ses baignades. Les gens du peuple le surnommaient plus volontiers « la Voix » en raison de son poste important. Et il lui demandait, à elle, de l’accompagner dans une affaire nébuleuse. Pourquoi ne pas s’adresser à une Chevalière ? Ou mieux, à une Maîtresse ? Il ne vint pas immédiatement à l’esprit de Cendre qu’il s’était méprit sur son compte. C’est pourquoi elle accéda à sa requête, poussé par le besoin viscéral de « faire son devoir. » Sans lâcher un seul mot, elle effleura de ses doigts le cuir du gant et, aussitôt après, il s’empara de sa main pour la mener dans une course folle. D’abord surprise, elle adapta rapidement sa foulée à la sienne et se maintint à sa hauteur tout au long du trajet. Leur cavalcade se termina tout aussi vite qu’elle avait commencée et la jeune femme se retrouva face à un grand Bronze intimidant.

Les mains gantées de Nolan s’aventurèrent brièvement sur son corps, l’aidant machinalement à prendre place sur l’imposant saurien tandis qu’il se glissait derrière elle et les enveloppait de sa cape. Elle failli être désarçonnée par le brusque élan que prit le drake, ne devant son maintien qu’à la force de ses cuisses et la présence réconfortante du Maître à ses côtés. L’instant d’après, ils étaient en vol, porté par les vigoureux battements de ses immenses ailes. Elle faillit totalement manquer l’avertissement de l’homme au sujet de l’Interstice à cause du vacarme provoqué par la prise d’altitude du dragon. Pourtant, dès qu’elle entendu ce mot « Interstice », son sang ne fit qu’un tour. Elle voulut lui hurler de redescendre, qu’elle ne voulait pas revivre l’expérience pour le moins dérangeante d’un passage dans cette dimension vide et froide, sa bouche s’ouvrit mais aucun son n’en sortit. Le choc fut brutal, tout du moins à ses yeux, et elle fut soulagée d’être de retournée dans le monde réel la seconde d’après. Frissonnante, Cendre réalisa qu’elle se trouvait à plusieurs centaines de mètres du sol, avec pour tout vêtement sa sempiternelle tenue de cuir. Cette dernière avait elle aussi subit des modifications depuis son arrivée au Kaerl ; dépouillée de ses morceaux de fourrures, elle était désormais dotée de manches plus longues et d’une ouverture sur le devant, juste au-dessus de sa poitrine. Pas assez large pour être appelée décolleté, mais définitivement trop échancrée pour n’être qualifiée que de fente. Bien malgré elle, elle sentit son corps se tendre vers la chaleur corporelle émise par Nolan et remercia Flarmya d’avoir doté les dragons d’un feu intérieur suffisamment puissant pour qu’elle en ressente les effets à travers les épaisses écailles du Bronze. Pendant le court instant de répit que le trio eut, ils se rapprochèrent des environs d’un village qu’elle reconnut aisément et le Fëalocë jura doucement avant de lui promettre de s’expliquer. Expliquer quoi ? Oh. Son Lié avait dû l’avertir qu’elle n’était qu’une Aspirante, et maintenant que le secret était éventé, l’Ambassadeur se rendait compte de son erreur. Elle retint un soupir : tant mieux, elle n’aurait pas aimé lui mentir de toute façon.

Ils se posèrent non loin de Lòmëanor. Les deux humanoïdes quittèrent leur perchoir, le regard de la demi-Torhil restant quant à lui résolument accroché au visage soucieux du Maître Brun. Elle n’avait rien à cacher. Elle pinça les lèvres lorsqu’il lui demanda de garder un silence solennel, hésitant à donner sa parole sur des mystères, mais Aydan semblait être du même avis et Nolan consentit à délivrer son explication. Elle l’écouta attentivement, fronçant seulement des sourcils lorsqu’il mentionna ses deux Espions. Une ombre passa sur son visage pâle. L’un d’eux était mort. Puis il se tut, dardant ses beaux yeux turquoises sur elle. Un frisson la parcouru devant l’intensité de son regard.

« Tout d’abord, sois rassuré que je ne dirais rien. Je jure sur mon sang de garder cette journée pour moi, quoi qu’il puisse être dit et quoi que je puisse voir. Et puisque je connais ton nom, il me semble normal de te donner le mien : Cendre, je suis l’Aspirante du Maître Bronze Darshan Kysumu. Je crois savoir que vous êtes amis. »

Elle ne cherchait pas à l’affronter en le tutoyant ainsi, ni même à lui manquer de respect. C’était une vieille habitude qu’elle avait gardée et qui avait du mal à partir… Qui plus est, après l’avoir kidnappée de la sorte, de l’avoir emmenée de force jusqu’ici – bon, elle aurait pu refuser, mais… Il lui devait bien ça, non ? Elle décida d’ignorer ce détail et de continuer sur sa lancée. Croisant les bras sur sa poitrine, elle se mordilla la lèvre inférieure avant de reprendre, d’une voix basse et chaude.

« Je te confie donc ma vie, à la seule condition que tu sois prudent avec elle. Qu’est-il arrivé à tes deux Espions ? Que puis-je faire pour venir en aide à celui qui est encore en vie ? … Et en quoi le fait que je sois une femme peut t’aider ? »

Cendre fronça les sourcils et le gris de ses yeux se fit pierre pour montrer sa détermination ; la jeune femme chercha à déterminer d’où lui venait cette envie de faire ainsi abstraction de sa méfiance coutumière pour venir en aide à l’Ambassadeur. Elle espérait aussi ne pas se mettre inutilement en danger en entrant ainsi à son service temporairement. Quelque chose dans le regard turquoise du Fëalocë la poussait toutefois à mettre ses aprioris de côté, un sentiment qui appelait à son jugement pour lui permettre de lui donner sa confiance. Ébranlée par ce désir de fermer les yeux et de le laisser mener les rênes de ce voyage inattendu, la demi-Torhil masqua son trouble de son mieux. Elle esquissa même un sourire.

« Je ne poserais plus de questions, si ça peut te rassurer. J’obéirais à tes ordres, quels qu’ils soient. »
Nolan Lancaster
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MessagePosté le: Dim 18 Nov 2012 - 16:26 Répondre en citantRevenir en haut

Nolan fut grandement rassuré par le discours de la jeune femme. elle comprenait apparemment la gravité de la situation et semblait prête à agir comme il le désirait. A bien la regarder, elle n'avait vraiment pas l'air d'une aspirante. Son visage et son air déterminé lui donnait les apparences d'une chevalière confirmée et il comprenait pourquoi il s'était mépris. Le pire étant qu'il s'agissait d'une aspirante de Darshan. Il aurait probablement des comptes à rendre à son ami. Un autre maître ne lui aurait rien demandé sachant qu'il s'agissait d'une mission diplomatique et que Nolan n'était pas homme à se justifier sauf sous la pression d'Aydan. Mais là les choses étaient différentes aussi se préparerait-il à affronter le chef des armées qui se montrerait selon lui bien curieux.

Il écouta Cendre, puisque c'était son prénom, jusqu'au bout. Et fut surpris par la fin de son discours. Pas poser de questions? C'était la plus qu'il ne lui demandait.

- Écoutes Cendre. Je ne te demande pas de m'obéir avec aveuglement, tu es en droit de me poser les questions que tu voudras et jugerai si je peux y répondre ou non. Mais ce n'est pas du tout contre toi si je ne réponds pas. Vois plutôt en cela une protection. Disons que parfois il vaut mieux ne pas tout savoir pour notre propre bien.

Nolan s'interrompit en se retournant vers Aydan. Son lié était en train de prendre forme humaine aussi lui remit-il des vêtements qu'il avait prit soin d'emporter avec lui. L'apparence blafarde de son lié pouvait avoir un air inquiétant pour qui ne le connaissait pas. Mais il ne perdait malgré les apparences rien de sa chaleur habituelle. Du moins pour les personnes qui lui étaient chères. Une fois qu'Aydan fut vêtit il s'approcha d'eux. Cendre avait détournée le regard face à la nudité du dragon bien que de son coté il n'avait sous cette forme aucune notion de pudeur.

- Je vais en ville pour chercher de quoi l'habiller. Elle ne doit pas avoir l'air d'une guerrière. Je ne tarderai pas!

Nolan approuva du chef et invita Cendre à aller s'asseoir sur un rocher non loin d'eux.

- Où en étais-je? Ah oui! Donc... tu peux poser autant de questions que tu le désires ça ne me dérange pas. De toute façon comme tu me l'as demandé je vais t'expliquer les choses avec un peu plus de détails. J'ai deux espions qui travaillent ici à Lomeanor. Ces derniers temps, il se passe des choses plutôt étranges dans de nombreux villages du monde entier. De nombreuses personnes disparaissent sans laisser de traces. Les deux personnes travaillant pour moi ici ont commencé à enquêter à ce sujet. Des rumeurs affirmaient que des individus étranges se baladaient dans les bois environnants. De nombreuses traces de pas ont été découvertes mais personnes n'a eu l'occasion de s'assurer de la véracité des propos. Au début nous avons pensé qu'il s'agissait de pillards agissant de manière indépendante. Mais ces discours ont commencé à être de plus en plus nombreux. Bref... j'ai reçu une missive de la part de mon espion qui m'annonçait que sa collègue avait disparue. Malheureusement, pour ne pas trop éveiller les soupçons il ne peut se permettre de partir à sa recherche. c'est pourquoi nous sommes là. Nous allons mener notre enquête et essayer de découvrir ce qu'il s'est passé mais surtout ce qu'est devenue la jeune femme qui travaille pour moi. Tu dois donc te demander pourquoi tu es là aujourd'hui? Et bien... disons que l'endroit dans lequel mon espion travaille est un lieu un peu particulier. Darshan t'en aura peut-être parlé... ça n'aurait rien d'étonnant.

Nolan regarda en direction de la ville voir si Aydan revenait. Aucun signe du lié il pouvait donc en dire un peu plus sur le sujet.

- Aux abords de la ville il y a une... auberge... un peu particulière. Disons que c'est un genre de Bordel. Mais pas vraiment un bordel comme on peut en voir souvent. Habituellement... ce sont les hommes qui paient le service des femmes. Seulement, sur Tol Orea comme tu le sais il y a aussi des femmes de pouvoir. Et donc... elles se paient parfois le service de jeunes hommes. Donc... aujourd'hui... tu vas être une de ces femmes de pouvoir. Et... tu vas rechercher la compagnie d'un jeune homme. Disons que mon espion... est un jeune homme qui sera très à ton goût et tu seras prête à payer une somme faramineuse pour obtenir un moment intime avec lui. Ne t'en fais pas je vais te passer de quoi payer et de quoi t'habiller en conséquence. Je t'accompagnerai jusqu'à cette auberge et attendrai tranquillement que tu obtiennes les informations qu'il nous faut savoir. Tu as deux choses à savoir. La première c'est que lorsque tu seras seule avec Istan le jeune homme en question, tu lui diras "Nous sommes seuls en apparence mais la Voix reste derrière nous". La seconde c'est que tu ne devras pas dire à cet homme que tu es ici avec moi. Tu n'es rien d'autre qu'une espionne travaillant à mon compte et spécialisée dans le genre de procédure nécessitant une enquête. Il comprendra que tu es tout sauf une femme faible. Tu lui poseras toutes les questions qui pourront nous permettre de retrouver sa collègue. Je ne pense pas avoir besoin de te dire par où commencer tu sembles parfaitement apte à te débrouiller seule. J'attendrai dehors et Aydan commencera les recherches de son coté. Une fois les réponses obtenues nous nous mettrons en quête. Une dernière chose. Si tu te penses en danger, tu dois immédiatement prévenir Aydan. Il sera suffisamment proche pour entendre tes pensées et me préviendra aussitôt. Dès lors j'entrerai en scène. Mais assure-toi vraiment d'être en danger et de ne pas te laisser avoir par l'environnement peu... habituel.

Une silhouette approchait au pas de course. En vue de la vitesse à laquelle celle-ci courrait ce ne pouvait être que Aydan. Celui-ci arriva à leur hauteur en tenant entre ses mains de nombreux paquets.

- J'ai pris une robe et quelques bijoux. Il va falloir que tu lui passe ton ceinturon à dague pour pas qu'elle s'y rende désarmée.

- Oui oui... c'est prévu. Ne t'en fais pas.

Il prit la robe et constata avant même que Cendre l'enfile que Aydan ne s'était pas vraiment soucié de la fraicheur de la saison en la choisissant. Un coup d'oeil vers son lié lui permit de comprendre que le geste n'avait rien d'innocent.

- Heu.. je... enfin si tu veux bien. T'habiller dès à présent. Disons que pour notre couverture cela sera mieux. Je te passerai ma cape pour que tu n'attrapes pas froid. Une fois cela fait... nous nous mettrons en route.

[HRP: Soit tu as des questions et tu me les pose et on refait un tour sur place. Soit tu as tout compris et c'est toi qui envoie la suite! Je vais jouer le pnj que tu rencontreras dans le bordel.]
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Lun 3 Déc 2012 - 00:26 Répondre en citantRevenir en haut




La jeune femme s’était pliée aux exigences du Maître-Dragon presque sans sourciller. S’il était une chose qu’elle avait apprise depuis qu’elle était devenue Apprentie au Kaerl, c’était qu’elle pouvait faire confiance. Pas à toutes les personnes, non, mais à certaines en tout cas. Darshan, tout d’abord, Gabrielle, ainsi que d’autres Aspirants et quelques Chevaliers. Quant au Fëalocë, il était l’ami de son mentor, ce qui était un gros point positif pour lui ; ça, et le fait qu’il la regarde dans les yeux, qu’il soit sincère autant dans ses mots que dans ses intentions à son égard. Il s’était mépris sur son compte, chose qui avait semblé profondément le perturber l’espace d’un instant, toutefois il s’était vite repris et n’avait pas perdu de vue le but de leur départ précipité. La détermination dont il faisait preuve pour atteindre son objectif, à savoir joindre son dernier espion et tenter de lui sauver la vie, démontrait l’attachement qu’il avait pour lui. C’était son protégé. Il suffisait de voir la lueur sauvage dans ses yeux, la façon dont il insistait sur chaque mot, la détresse qui pointait parfois dans sa voix. Mais elle ne le connaissait pas. Ce constat, simple et sans équivoque, lui permit de prendre du recul sur ses impressions au sujet de l’Ambassadeur : elle ne pouvait pas lui faire confiance comme elle le faisait avec Darshan. Ils avaient beau se connaître, ils n’étaient pas la même personne. Rien ne l’obligeait à l’écouter ou à faire ce qu’il demandait. Elle pouvait très bien lui demander de la ramener sous la bulle, loin de ce danger. Et pourtant, elle n’en fit rien. Nolan aurait accédé à sa demande, à contrecœur, mais il l’aurait fait. Seulement elle ne se sentait pas le droit de lui demander de tourner le dos aux siens. Et il avait besoin d’elle.

Aydan revint bien assez vite, portant avec lui quelques mystérieux paquets dont la nature fut rapidement révélée. Cela avait du sens, s’il fallait qu’elle se fasse passer pour une femme riche, il lui fallait l’accoutrement adéquat. Et sous l’apparent calme qu’elle affichait, Cendre commençait déjà à se poser des questions sur ses chances de réussite. Elle n’avait rien d’une dame. Elle n’avait même pas été élevée comme ça, n’en n’avait fréquenté que très rarement… Nokomis aurait su comment agir, elle en était certaine. Elle aurait pris son plus bel air supérieur, relevé le menton très haut et se serait adressé audit « aubergiste » d’une manière si impérieuse qu’il se serait empressé de lui obéir. Argent ou pas. Comme disait un vieux dicton : « L’habit ne fait pas le moine. » Légèrement secouée par ses doutes, la jeune femme faillit ne pas remarquer l’air confus de l’Ambassadeur lorsqu’il l’enjoignit à se changer ; pour la première fois de la journée, elle eut un bref éclat de rire. Au vu de son physique agréable, le Fëalocë avait dû partager la couche de nombreuses femmes et pourtant, il semblait gêné à l’idée de la voir vêtue de cette robe – pour le moins… échancrée et quelque peu inadaptée pour la saison. C’était amusant. Mais elle se garda bien d’en faire la réflexion à voix haute, elle attendit que les deux hommes (car Aydan avait beau être un Dragon, il restait de sexe masculin) veuillent bien se détourner et entreprit de se dévêtir. Elle aurait pu le faire devant eux, en tant que nomade, elle n’avait pas eu le loisir de devenir une femme pudique et n’avait pas honte de ses atouts. Quels qu’ils soient, ils faisaient partie d’elle et il ne servait à rien de vouloir les dissimuler chastement. Combien de fois avait-elle vu des hommes céder à la tentation évoquée par le renflement d’un tissu sur une courbe appétissante ? Une femme séduisante le restait toujours, qu’elle soit vêtue ou nue comme au premier jour. Cendre s’empressa de prendre la robe apportée par le saurien, agissant parfois avec une légère maladresse. Le tissu était si doux qu’elle craignait de le déchirer par un mouvement trop hâtif.

« Elle me va parfaitement, merci Aydan. » Elle tourna le dos à Nolan, désigna avec hésitation les lanières détachées du corsage. « Est-ce que… ? Je ne sais pas comment font ces femmes pour se vêtir seules. A la réflexion, je pense qu’elles ne le font jamais. Je… ! »

Le souffle brusquement coupé, elle ouvrit grand la bouche pour aspirer l’oxygène qui lui manquait. Fort heureusement pour elle, il desserra les liens pour qu’elle puisse à nouveau respirer convenablement et Cendre secoua la tête. Elle ne comprendrait jamais les raisons qui poussaient les femmes à s’harnacher de la sorte. C’était si inconfortable ! Se saisissant ensuite des bijoux ramenés par le Dragon, elle fit glisser à ses doigts deux bagues richement serties et fit une nouvelle fois appel au Fëalocë pour qu’il l’aide à attacher le fin collier d’or à son cou tandis qu’elle tenait sa chevelure à présent dénouée. Les riches dames n’avaient pas les cheveux attachés par une queue-de-cheval sommaire, or ils n’avaient ni le temps ni les moyens pour les coiffer autrement. La jeune femme glissa ses mains dans ses mèches de jais, puis elle se retourna vers les deux hommes et chercha dans leur regard une quelconque approbation. Elle ne ressemblait pas à une véritable dame… Pas de son point de vue en tout cas. Elle n’était pas poudrée, néanmoins sa peau était suffisamment blanche et intacte pour que cela ne se remarque pas. Quant au reste, elle espérait qu’elle portait bien la tenue et n’avait pas l’air d’une servante qui se serait approprié les vêtements de sa maîtresse. Plus ou moins satisfaite, l’Aspirante ferma ensuite les yeux et prit une profonde inspiration. Elle pouvait le faire. Elle avait survécu à pire, vécu pire. Elle était capable de se mouvoir avec grâce, cela elle le savait, mais il fallait aujourd’hui agir avec dignité et assurance. Elle avait pris le ceinturon à dague de Nolan, ajusté sa lourde cape sur ses épaules dénudées et prit la route. Elle ne savait pas où il serait pendant qu’elle s’aventurerait, seule, dans le bordel, mais il avait juré de veiller sur elle et elle espérait qu’il tienne sa parole. Dans le cas contraire, elle saurait se défendre suffisamment longtemps pour revenir lui botter les fesses. Ou elle mourrait. Cette pensée lui arracha un frisson, là où l’air frais la laissait complètement de marbre. Elle aurait bien refusé la cape de l’Ambassadeur… Néanmoins, les dames étaient assez frileuses et elle se devait de prendre son rôle à cœur.

« Souhaite-moi bonne chance. »

Avait-elle murmuré à Nolan avant de lui fausser compagnie, s’engouffrant dans l’établissement. La salle principale ressemblait vaguement à une auberge, un feu ronflait dans la cheminée et de nombreux hommes s’esclaffaient avec une bière à la main. Rien qui n’aurait pu surprendre un habitué. Si ce n’était les serveuses, mieux habillées et pourtant nettement plus dénudées sur certains points. Sous ses yeux, l’un des clients attrapa une femme par les hanches et le duo s’engagea vers l’escalier qui menait à l’étage. Sur le chemin, l’homme déposa quelques pièces sur le comptoir du propriétaire et ils disparurent en riant.

« Ma dame, je vous souhaite la bienvenue dans mon humble établissement. Puis-je vous aider d’une quelconque façon ? Vous m’avez l’air perdue… »


Elle n’aimait pas la voix de cet homme, ni même la façon qu’il avait de s’adresser à elle. Comme à une petite chose désœuvrée. Comme si elle était faible et incompétente. Mais le regard qu’il osait poser sur elle lui réchauffa le sang ; il la jaugeait. Cendre se mordit l’intérieur des joues pour s’empêcher de sortir le poignard qui pendait à son ceinturon et caressa plutôt la bourse rebondie que lui avait confié l’Ambassadeur. Elle se composa un masque impénétrable, ne laissant qu’un fin sourire impassible ourler ses lèvres et durcit son regard. Aussitôt, l’expression amusée du gérant se transforma et il prit une attitude plus professionnelle. Elle ne le laissa pas le temps d’ouvrir la bouche, s’avançant jusqu’à lui et désignant l’escalier d’un mouvement bref du menton.

« Quelques-unes de mes amies m’ont parlé de vous. J’ose donc espérer que vous puissiez m’aider, en effet. Est-ce vrai que l’un de vos… hommes se nomme Istan ? »
« Istan ? Oui, oui, mais si je puis me permettre, il ne vous conviendra certainement pas. Je préférerais vous proposer quelqu’un de plus fiable ; peut-être… »
« C’est lui que je veux. » Son ton était sans appel, c’était celui d’une femme qui savait se faire obéir et qui ne souffrait d’aucun refus. « J’ai entendu beaucoup de bien le concernant, et c’est lui que je désire. Votre prix sera le mien. »

Le doux tintement des pièces d’or s’entrechoquant suffit à couper court aux protestations de l’homme. Il l’enjoignit à proposer ; elle en piocha une très petite poignée et les laissa rouler sur le comptoir. Constatant qu’il semblait encore un peu revêche, elle en rajouta d’autres. La bourse semblait sans fond. Les petites collines d’or qui étaient nées entre les deux interlocuteurs semblaient briller de mille feux. Avec une pensée désolée pour Nolan, elle rajouta encore dix pièces et se pencha vers le propriétaire.

« Est-ce suffisant ? »

Il acquiesça, héla l’une des serveuses et lui demanda d’aller chercher Istan au plus vite. Le jeune homme qui se présenta à elle avait l’air sombre et son regard triste ne cherchait même pas à dissimuler son ressentit. Pourtant, à peine eut-il comprit ce que l’on attendait de lui qu’il prit une expression plus avenante et tendit son bras à Cendre. Cette dernière, en digne dame, le prit délicatement et lui emboîta le pas dans l’escalier. Il la mena à travers les corridors jusqu’à une chambre vaste et luxueuse. Apparemment, les affaires étaient fructueuses. Il referma la porte derrière eux, se positionna près du lit et lui tendit la main. La jeune femme secoua la tête.

« Je ne suis pas ici pour ça. » Elle marqua une pause devant son regard étonné et s’autorisa un sourire confiant. « Nous sommes seuls en apparence mais la Voix reste derrière nous. »

Elle ne s’était pas trompée sur les mots, elle le savait. Tout ce qu’elle espérait, à présent, c’était pouvoir ramener les informations d’Istan à Nolan sans encombre. Un jeu d’enfant, n’est-ce pas ?
Nolan Lancaster
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MessagePosté le: Jeu 27 Déc 2012 - 20:48 Répondre en citantRevenir en haut



Istan ne savait plus quoi faire... La voix aurait déjà due se manifester depuis le temps. Il n'avait aucune idée de ce qu'il était advenu d'elle. Il avait juste perdu toute traces et ça n'était pas normal. Elle lui rendait visite régulièrement se faisant passer pour une habituée. Cela n'avait rien d'étonnant il avait toujours suscité ce genre d’intérêt chez ses clients qu'ils soient hommes ou femmes. Mais elle n'avait jamais au grand jamais été absente ou raté un de ses rendez-vous. Et il n'avait pas attendu plus longtemps il avait envoyé un message à leur supérieur. LA journée se passait comme à l'accoutumée, les clients s'enchaînaient et il prenait soin de leur soutirer gentiment des informations sur la couche. C'était tellement facile. Il faut dire qu'il prenait à la fois l'argent des clients et récoltait en plus celui que la voix lui fournissait pour les informations. En revanche, il avait prêté serment auprès de l'ambassadeur Neutre et sa parole une fois donnée jamais il ne la reprenait. De plus, obtenir ainsi la protection d'un des puissant de ce monde lui fournissait une position plutôt confortable. Il avait eu l'occasion à maintes reprises de ne pas tenir ses engagements mais il ne pouvait s'y contraindre il était d'une nature trop fidèle pour cela.

Il faisait à présent les 100 pas dans sa chambre se remémorant les circonstances étranges dans lesquelles il avait rencontré l'ambassadeur actuel. Un homme d'une beauté troublante mais qui ne paraissait pas du tout en jouer. Loin de là d'ailleurs... il s'était montré timide et d'une gentillesse qu'il avait rarement connu. Le pire étant qu'il n'avait à aucun moment eu des gestes déplacés à son égard et pourtant seule Eurylia savait combien d'hommes et de femmes s'étaient servis sans même chercher son consentement. Lui... il était venu ici dans un but tellement étrange que ce n'est qu'à la cinquième visite qu'il avait accepté de le croire et de l'écouter sans discuter.

- Quelqu'un te demande en bas... une Dame importante.

- Une Dame importante? J'arrive une seconde.

Nissa la serveuse attendit la porte ouverte sans aucune gêne qu'il enfile un pantalon et une chemise propre. Elle lui offrit l'un de ses sourires charmeurs et si attendrissant... sourire auquel il ne fallait absolument pas se fier. Cette femme était une débauchée qui n'attendait que la moindre occasion pour soutirer des sous au premier innocent qui passait la porte. Par ailleurs... elle avait faillit perdre une main le jour où elle s'était fait attraper par la Voix. La bourse qu'il transportait en valait probablement la chandelle mais lorsqu'il l'attrapa, Istan comprit immédiatement qu'il ne fallait pas se fier au visage d'ange qu'il arborait. Quand il avait attrapé la jeune femme sur le fait, lui-même s'était senti prit d'un malaise.

- Si tu la fait attendre tu sais qu'il va être furieux et te donner aux vieux dégoutants de la salle principale...

Il haussa les sourcils...

- Tu sais très bien qu'elle ne peut pas.

Encore une des faveurs de la Voix... pour se payer ses services il avait déboursé une somme colossale... à dire vrai il avait payé Istan trois fois sont prix et plus personne n'avait de pouvoir sur lui hormis cet homme. S'il était encore là... c'était pour le plaisir. Et depuis... la Voix n'avait plus jamais mis les pieds ici... et Istan le regrettait plus que jamais.

Il avait reprit contenance et s'était laissé amener à la grande salle en continuant de se soucier de ce qui allait arriver pour elle. Puis il avait levé les yeux sur la jeune femme. Et reprenant un grand sourire et tendant son bras il invita la jeune femme à le suivre. Quand elle l'attrapa il eu un sentiment étrange. Elle avait de la poigne... certes souvent les femmes importantes venant des Kaerls en avaient... mais là... elle ne semblait pas vraiment du genre douce femme.

Il la guida vers sa chambre et referma tranquillement la porte derrière eux. Quand il entreprit d'amener la jeune femme jusqu'à sa couche, celle-ci secoua la tête. Il haussa les sourcils perplexe et attendit qu'elle s'explique.

"Nous sommes seuls en apparence mais la Voix reste derrière nous."

Il eut un léger mouvement de recul s'attendant à tout sauf à cela. Puis... reprenant ses esprits il lui intima le silence avec sa main. Se dirigeant vers le couloir il ouvrit la porte et s'assura qu'aucune oreille indiscrète ne trainait. Voyant que toutes les chambres alentour étaient occupées il referma et accompagna la jeune femme sur le lit. Un sourire ravi aux lèvres.

" Je... je pensais qu'il viendrait en personne. Es-tu une de ses proches? travailles-tu toi aussi pour lui? Est-ce qu'il va venir? Es-tu là pour m'annoncer sa venue?"

L'excitation l'avait regagné mais pas du tout du même genre que celle qu'il avait auparavant. C'était un sentiment troublant. Puis... il comprit... si elle était là c'était uniquement pour recueillir les informations. Comme pour valider ses pensées la jeune femme baissa la tête avant de faire non de la tête.

" Je suis bête... tu es là pour savoir ce que je sais... hmm... bon... habituellement elle vient ici et nous en profitons pour mettre en commun nos informations afin de ne pas envoyer trop de messages. Mais elle n'est pas venue... la première fois je me suis juste dis qu'elle n'avait pas pu venir... mais elle envoie un message dans ce genre de cas... hors je n'ai rien reçu et elle ne s'est toujours pas manifestée. Cela n'aurait rien d'inquiétant en temps normal. Mais... disons que nous enquêtions sur des choses assez lugubres et que je m'inquiète. Voila maintenant quelques temps que des mouvements ont été remarqués dans les bois environnants. D'après ce que j'ai pu glaner comme informations au début on pensait qu'il s'agissait de brigands ou autres pillards. Mais... il n'en est rien... Je... tu...

Il reprit son souffle et commença alors à cogner un peu le lit contre le mur. Levant les yeux en l'air il sourit à la jeune femme l'air de dire que c'était là un peu nécessaire.

"Des bruits courent sur... tu vas me prendre pour un fou mais... des non-morts."

Il regarda la jeune femme avant de poursuivre sans lui laisser le temps de dire quoi que se soit.

" Plusieurs choses étranges sont arrivées. Dans un premier temps certains clients se sont pointés avec des marques étranges. Des entrelacs sombres sur différentes parties du corps. Et c'est après leur apparition qu'ont commencé à courir certains bruits. Des personnes disparaissant... des ombres se faufilant la nuit. Et... les non-morts. Un marchand est passé par ici il y a de cela deux lunes. Il est venu en racontant qu'il avait rencontré sur son chemin des hommes au regard vide. Il a d'abord pensé à une bande de soudards et ne s'est pas vraiment soucié d'eux. Puis... au moment où il passait à coté d'eux, ils ont attaqué... d'après ses dires ils se sont comportés comme une bande de chiens enragés. Dans toute cette histoire il semblerait qu'il ai réussi à s'échapper mais pas le jeune homme qui travaillait pour lui."

Un frisson parcourut l'échine de Istan qui s'imagina quelques instants être à la place de cet homme.

" Le problème c'est que... d'après lui ils ne pouvaient pas être tués... du moins il n'y est pas parvenu. Je n'ai aucune idée de s'il s'agit d'une élucubration ou d'une réelle attaque mais ce n'est pas le seul à avoir rapporter de tels propos. Mais ils n'osent pas trop les raconter... ils ont souvent peur d'être pris pour des fous. A cela s'ajoute... et bien... les cimetières. Apparemment ces derniers temps de nombreuses tombes ont été retrouvées vides de tout occupant."

Il regarda la cape sur les épaules de la jeune femme la trouvant plutôt décalée vis à vis de sa tenue...

" Nous étions en train de nous renseigner à ce sujet quand elle a disparut. Et c'est pour cela que j'ai décidé de prévenir la Voix."

La jeune femme ne semblait pas vraiment vouloir s'attarder. Elle allait se lever quand il la retint par la main.

" Attendez... je... j'ai juste une question à vous poser. Je sais que vous l'avez vu et qu'il ne doit pas être loin mais... pourriez-vous me faire une faveur... Je voudrais savoir... son nom... son vrai nom. Il ne me l'a jamais dit. Et je ne le lui ai jamais demandé."

Il regarda la jeune femme l'espoir se lisant sur les traits de son visage qui à présent avait un éclat beaucoup plus juvénile.

[HRP: Mes excuses pour le temps d'attente. J'ai écris le rp en deux fois j'espère que ça te bloquera pas trop ma ptite Clin d'Oeil tu as tout le loisir de pnjiser Istan!]
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Jeu 7 Mar 2013 - 02:13 Répondre en citantRevenir en haut




A peine les mots avaient-ils franchi la barrière de ses lèvres que l’expression délicieusement tentatrice du jeune homme se décomposa. Pas de peur, non, mais d’une soudaine excitation presque palpable. Avec la rapidité de l’habitude, il s’assura que personne n’écoutait derrière la porte et s’empressa de la rejoindre – elle hésita un instant avant de s’asseoir sur le lit, comme lui. Aussitôt ces précautions élémentaires prises, Istan laissa libre cours à sa curiosité dévorante. Elle lisait sur son visage ce qu’il ne pouvait dissimuler : il avait guetté le retour d’un émissaire de la Voix (peut-être même la Voix en personne ?) avec autant d’attention que s’il s’agissait d’un amant ou d’un proche. Etait-il amoureux ? Cela n’aurait rien eu d’étonnant. Le Fëalocë était bel homme, elle-même devait l’avouer ; qui plus est, s’il se montrait aussi protecteur qu’il avait l’air de l’être… Oui, cela avait du sens. Sans doute le jeune Istan s’était-il attaché à ce mystérieux inconnu qui avait pris soin de lui. Mais toutes ces suppositions ne l’aidant en rien à tenir le fil de leur conversation, elle les remisa dans un coin de son esprit. De toute façon, elle n’était pas là pour ça. Et le jeune homme s’en rendit compte assez vite.

Avec empressement, il entreprit de lui résumer la situation et de lui expliquer les récents évènements qui avaient, selon lui, plus ou moins mené à la disparition de sa complice. Les sourcils légèrement froncé, Cendre l’écouta avec une attention toute particulière. Cela ne faisait que peu de temps qu’elle était au Kaerl, elle n’avait pour ainsi dire pas eu énormément de temps pour se rendre à Lòmëanor… Elle était plus intéressée par le mode de vie des Engloutis pour l’instant. Elle se disait qu’elle avait encore des mois devant elle avant d’être « jetée » dans le monde, loin du dôme aquatique. Pas une fois elle n’aurait pu imaginer qu’elle allait être embarquée de la sorte dans une aventure qui, en vérité, ne la concernait pas plus que cela. Darshan réagirait sûrement assez mal lorsqu’il apprendrait que son ami l’avait traînée jusque dans ce bordel – quoi que ce ne fût pas tant le fait que ce soit un bordel qui l’aurait gêné, mais plutôt le fait qu’elle y risque sa vie. Istan s’arrêta finalement pour reprendre son souffle. Intriguée, elle se leva en même temps que lui et l’observa faire son petit manège. Logique. Ils étaient normalement là pour ça. Elle pinça simplement les lèvres avec un sourire compréhensif, patientant les bras croisés qu’il eut terminé. Il se rassit, néanmoins elle préféra cette fois rester debout. Il reprit son récit avec quelques hésitations. Et son sang se glaça dans ses veines, lui arrachant une crispation qu’elle camoufla aussitôt.

Des non-morts ? Des entrelacs sombres sur la peau ? Des hommes au regard vide, qui attaquent comme des chiens enragés dès que l’on s’approche trop près d’eux ? Du bout des doigts, elle effleura le stigmate qui marquait la peau de son bras. Fort heureusement, bien que la robe choisie par Aydan soit assez échancrée par endroits, elle restait suffisamment décente pour lui couvrir au moins la moitié des bras. Juste ce qu’il fallait pour conserver son petit… Secret. Avec un frisson d’horreur, Cendre se demanda tout de même si Nolan ou son Lié ne l’avait pas aperçu lorsqu’elle s’était dévêtue. Non. Impossible, ils avaient le dos tourné. De toute façon, qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Même la vieille Maîtresse Nealyan Shamar n’avait pas pu trouver la raison de la présence de cette « tache » bien singulière. Le visage toujours impassible bien qu’amical, la jeune femme resserra imperceptiblement les bras autour de sa taille. Elle n’était pas rassurée. Tout commençait à devenir assez… inquiétant.

« Le problème c'est que... d'après lui ils ne pouvaient pas être tués... du moins il n'y est pas parvenu. Je n'ai aucune idée de s'il s'agit d'une élucubration ou d'une réelle attaque mais ce n'est pas le seul à avoir rapporté de tels propos. Mais ils n'osent pas trop les raconter... ils ont souvent peur d'être pris pour des fous. A cela s'ajoute... et bien... les cimetières. Apparemment ces derniers temps de nombreuses tombes ont été retrouvés vides de tout occupant. »
« Vides ? »

Il acquiesça d’un simple mouvement de la tête avant de conclure son récit.

« Nous étions en train de nous renseigner à ce sujet quand elle a disparu. Et c'est pour cela que j'ai décidé de prévenir la Voix. »
« Tu as bien fait. »

A cet instant précis, Cendre ne pensait qu’à rejoindre au plus vite Nolan pour lui rapporter tout ça. Une part d’elle souhaitait être débarrassée de toute responsabilité, toutefois elle ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’elle était désormais liée aux évènements. Qu’elle l’était puisqu’elle était Marquée, elle aussi. Et puisqu’elle était arrivée jusqu’ici sans perdre la face, elle pouvait sûrement être utile à l’Ambassadeur. Si une sorte de magie sombre était à l’œuvre, si elle pouvait communiquer avec des « personnes au regard vide », si… Les idées virevoltant dans son esprit, elle prit congé d’Istan et se dirigea vers la sortie. Mais c’était sans compte l’obsession du jeune homme. Stoppée dans son élan, elle s’immobilisa face à la porte close, tournant résolument le dos à son interlocuteur.

« Attendez... je... j'ai juste une question à vous poser. Je sais que vous l'avez vu et qu'il ne doit pas être loin mais... pourriez-vous me faire une faveur... Je voudrais savoir... son nom... son vrai nom. Il ne me l'a jamais dit. Et je ne le lui ai jamais demandé. »

Il la vouvoyait à présent, il hésitait, il trébuchait presque à chaque mot qu’il disait. Il était nerveux, elle n’avait pas besoin de le voir pour le sentir. Tout comme elle pouvait entendre à sa voix qu’il espérait. Oui, il avait le fol espoir qu’elle apporte une réponse à ses questions. Après tout, il n’y avait rien de mal à donner un nom ? Un prénom. Quelque chose. Elle aurait aimé lui apporter un peu de douceur pour alléger sa peine, elle aurait désiré pouvoir lui promettre qu’il reviendrait, qu’il passerait un peu de temps avec lui. Mais elle ne pouvait pas lui mentir. C’était impossible. Cependant, Cendre ne pouvait pas non plus l’abandonner là. Pour la deuxième fois, elle s’imagina la réaction de Nokomis face à une telle situation, mais elle ne trouva aucune réponse. C’était à elle de le faire. Et à personne d’autre. Elle prit une profonde inspiration, recomposant son masque impassible, puis elle se retourna. Istan n’avait pas bougé d’un pouce, son beau visage juvénile figé dans l’attente. Elle s’approcha de lui, s’agenouillant presque pour mettre leurs deux visages à la même hauteur et plongea son regard gris dans le sien. C’était le regard… non pas d’un enfant, mais d’une personne si desservie par la vie qu’elle n’osait plus rêver. Parce qu’elle savait que lorsqu’elle se le permettait, quelque chose finissait par arriver. Néanmoins, Nolan était finalement arrivé dans sa vie. Il avait été bon. Elle ignorait tout ce qu’il avait bien pu faire pour lui pour marquer ainsi sa vie… Avec douceur, mais fermeté, elle prit la parole.

« Notre ami est loin. Tu ne peux pas attendre quelque chose de lui qu’il ne pourra pas te donner. Je sais que ça peut te paraître cruel, mais je ne peux pas non plus te dire son nom. Sois juste sûr d’une chose. Il veille sur toi, avec férocité et ténacité. Il ne te laissera pas tomber, c’est pour ça que je suis là. Il ne voulait pas qu’il t’arrive quelque chose à toi aussi. Alors… fais-lui confiance. »

Elle posa ses mains de part et d’autre de son visage, lui adressant son sourire le plus tendre. Avec une pointe de malice, elle osa rajouter :

« Disons que parfois, il vaut mieux ne pas tout savoir. Pour notre propre bien. Merci, Istan. »

Ses lèvres effleurèrent son front, puis elle se releva. Adressant une prière muette aux Dieux, elle les enjoignit de veiller sur le jeune homme. Cendre réajusta les plis de sa robe d’emprunt, vérifia qu’elle n’avait rien laissé dans la chambre et sortit sans un dernier regard pour l’homme. Elle se força à prendre un air satisfait, adressa un signe de tête appréciateur au tenancier, quitta les lieux. Il lui fallait désormais rejoindre Nolan. Sans s’arrêter ou ralentir, elle tendit ses pensées vers Aydan.

« J’ai terminé. Je suis sur le chemin. Tout… s’est bien passé. »

Elle avait simplement la désagréable impression d’avoir laissé derrière elle une âme en peine. Mais elle ne pouvait pas faire demi-tour.
Nolan Lancaster
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MessagePosté le: Lun 6 Mai 2013 - 23:09 Répondre en citantRevenir en haut

Nolan se tenait nerveusement sur une branche attendant patiemment qu'Aydan lui fasse parvenir des nouvelles de la jeune femme. C'était une nécessité que de la laisser faire cela il ne pouvait se permettre de se faire remarquer trop souvent là où ses espions agissaient. Il espérait juste que la venue d'une nouvelle tête ne surprenne pas trop les yeux indiscrets. Mais il avait confiance elle s'était montrée particulièrement forte pour une aspirante la preuve il était sûr de lui quand il l'avait kidnappé pour cette mission. Mais il veillerait à ce qu'il ne lui arrive rien. Il y veillait toujours après tout.

* Des nouvelles?*

*... tu commences à être particulièrement agaçant... tu sais très bien que je te préviendrai immédiatement dès qu'elle sera ressortie.*

* Je ne parlais pas d'elle mais de tes recherches...*

Il se doutait qu'il ne bernerait pas Aydan aussi aisément mais cela l'amusait de faire tourner la tête de son lié.

* C'est navrant de voir à quel point vous bipèdes vous inquiétez à la moindre occasion... même si c'est particulièrement agréable quand c'est pour moi que tu t'inquiètes. *

Nolan vérifia les alentours avant de s'adosser au tronc. C'est vrai qu'il devait garder son sang froid. Si Cendre s’apercevait de son inquiétude qu'allait-elle penser de lui. Et puis s'il n'avait pas l'air sur de lui elle en viendrait à s'inquiéter à son tour. Et ce n'était pas forcément une mission risquée...

* Je crois que tu te trompes...*

* Que veux-tu dire?*

* Il y a des traces de lutte... et du sang séché en petite quantité dans l'herbe et sur certains fourrés. *

Il se redressa et grimaça... il ne s'agissait pas forcément d'elle. Cela pouvait être le sang d'un animal ou autre.

* Il n'y a pas d'erreurs possibles... Cendre revient! Rejoints là et ensuite on se retrouve au chêne aux pleurs. les traces vont dans cette direction. Je te conseille d'être sur tes gardes les bois ne me disent rien qui vaille. *

* Cendre... continue droit devant toi en sortant ne te retourne pas et ne t'arrête pas. Nolan te retrouve non loin dans les bois.*

Nolan voulut sauter de sa branche et son élan entraîna une chute végétal à laquelle il ne s'attendait pas. Accusant le coup sur son popotin il se releva en priant pour que Cendre ne soit pas assez proche pour l'avoir vu ou entendu. * Tu es ridicule...*

* ******** de ******* de dragon.*

Nolan attrapa les vêtements de Cendre qu'elle voudrait probablement remettre pour être plus à l'aise même si la robe lui allait comme un gant. Il se retourna et eu un très léger mouvement de recul en voyant que Cendre se trouvait juste à coté de lui.

" Et bien... tu sais vraiment te faire discrète on dirait je ne t'avais pas entendu arriver..."

* Peut-être que si tu te concentrais un peu plus tu t'en serais rendu compte.*

" Avant de me raconter tout cela je pense que tu voudras probablement te revêtir... cela sera surement plus confortable pour toi? "

Il tendit les vêtements à la jeune femme qui les récupéra. Il frissonna imperceptiblement quand ses doigts entrèrent en contact avec la peau de Cendre et se retourna pour lui laisser l'intimité nécessaire à sa tâche.

" Si tu es capable de faire deux choses à la fois... ce dont je n'ai aucun doutes... tu peux me dire ce que Istan t'a raconté?"

Croisant les bras il écouta le récit de la jeune femme. Il s'en voulait un peu de ne pas s'être présenté à lui en personne mais il préférait en ces temps sinistres ne pas être aperçu se baladant ainsi dans les bois. A en croire les paroles de Cendre, son espionne avait bel et bien disparu lors de cette enquête... et cela était vraiment troublant car si Istan avait des dons pour subtiliser les informations en douceur... elle était particulièrement douée pour faire parler les langues les plus récalcitrantes.

Sans réfléchir il se retourna vers Cendre.

" Et donc il ne sait..."

Ouvrant grand les yeux il se retourna... par chance la jeune femme était toujours en jupons et il n'avait pas eu l'occasion de voir plus que ce qu'il venait de voir. Mais son geste le fit virer au rouge vif et il tenta maladroitement de s'excuser en bafouillant des excuses. Puis... il se ravisa...

" Cendre... je... qu'est-ce que cette marque sur ton bras?"

Il avait déjà vu cela. Il était parmi les premiers au courant. La marque... cela était au cœur de de toutes les discussions...

" Je te laisse finir de te rhabiller... mais je veux voir cela d'un peu plus près quand tu auras terminé."

Ce n'était plus vraiment une demande mais une exigence.
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Mar 7 Mai 2013 - 03:10 Répondre en citantRevenir en haut




La jeune femme ressentait la satisfaction du travail bien accompli, elle marchait d’un pas rapide, mais détendu lorsque les pensées d’Aydan pénétrèrent les siennes. Il lui enjoignit de continuer tout droit jusqu’à atteindre le couvert des arbres où l’Ambassadeur la rejoindrait. Une fine pellicule de sueur recouvrit son épiderme. Quelque chose n’allait pas, c’était évident. Pressant la cadence de sa marche, elle serra les poings et les desserra lentement en jetant des coups d’œil nerveux aux rares passants auxquels elle n’offrait rien de plus que l’image d’une noble femme au visage fermé et au regard rivé vers l’horizon. Elle ne se sentait pas du tout à l’aise ainsi harnachée dans cette robe au décolleté pigeonnant et aux amples morceaux de tissus. Elle maudit brièvement le Lié du Fëalocë pour lui avoir choisi une tenue aussi peu adaptée pour le combat, cependant elle savait aussi qu’il avait fait de son mieux avec le temps qu’ils possédaient. Et elle n’aurait pas été crédible dans son rôle de dame si sa robe ressemblait à celle d’une mendiante. Cendre passa une main dans son ample chevelure aile-de-corbeau, excédée et alerte. Fort heureusement pour l’Aspirante, elle parvint rapidement à atteindre les bois où Nolan devait l’attendre. Entourée par la végétation, la chasseresse en elle retrouvait ses marques malgré le vêtement qui gênait ses mouvements. Ce fut ainsi qu’elle tomba pratiquement nez-à-nez avec le Maître Bronze, qui chuta littéralement du ciel à quelques centimètres d’elle. Elle le laissa reprendre ses esprits en fronçant légèrement ses sourcils sur son regard vert-de-gris, hésitant entre l’amusement et l’exaspération. Elle songea subitement qu’il n’était plus aussi impressionnant à ses yeux, maintenant qu’elle l’avait vu tomber sur sa fierté de façon aussi… burlesque. Il se redressa en prenant une pile de vêtements en cuir – les siens ! – et se retourna pour esquisser aussitôt un mouvement de recul en la découvrant aussi proche. Cette fois-ci, la demi-sang s’autorisa à sourire.

« Et bien... tu sais vraiment te faire discrète on dirait je ne t'avais pas entendu arriver... »
« C’est sûr que comparé à ça, à… toi… je dois avoir le pied aussi léger qu’une souris. » Ses yeux pétillèrent. « Une toute petite souris, je tiens à préciser. »

Cendre n’avait pas pu résister à le taquiner sans méchanceté. En vérité, Nolan n’avait rien d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, il venait simplement de commettre une erreur. Quant à elle, elle était habituée à se mouvoir en forêt, c’était devenu comme une seconde nature. Elle se sentait bien plus elle-même sous l’ombre des arbres qu’à jouer les dames de noble naissance dans sa robe au tissu fragile et léger.

« Avant de me raconter tout cela je pense que tu voudras probablement te revêtir... cela sera surement plus confortable pour toi ? »

La jeune femme hocha vivement la tête en se saisissant de ce qu’il lui tendait. Brièvement, leurs doigts se frôlèrent et elle retira les siens avec autant de hâte que si elle venait de se brûler. C’était une chose que de plaisanter gaiement, de lancer des blagues sur un ton badin, mais ç’en était une autre de côtoyer cet homme de près. Elle ne savait rien de lui, elle ne connaissait que ce qu’il représentait pour Darshan et le Màr. Pour tous les Engloutis, il était l’Ambassadeur, l’homme de confiance de la nouvelle Dame, Dinjelaï. Elle n’avait généralement entendu que des bonnes choses au sujet du Fëalocë, néanmoins elle aurait aimé se faire sa propre opinion sur lui plutôt que de devoir se fier à des rumeurs. Mais le temps pressait. Mordillant sa lèvre inférieure, elle l’observa un court instant – ou plutôt riva son regard sur son dos, puisqu’il venait de se détourner chastement – puis elle secoua légèrement la tête et se dépêcha. Vite, vite. Ses doigts glissèrent sur les nœuds de son dos jusqu’à finir par en accrocher un. Puis deux. Et elle se mit à tirer doucement, avec une pointe d’énervement, en se demandant si elle n’aurait pas mieux fait de demander assistance au Maître Bronze. Obstinément, elle continuant en pinçant les lèvres, distillant entre deux soupirs désespérés toutes les informations qu’elle avait pu récolter auprès d’Istan. Après avoir pratiquement terminé son récit, elle se délivra du carcan avec soulagement et remua comme une chenille qui tente de s’extirper de son cocon devenu trop étroit pour elle ; curieusement, Cendre prenait grand soin à ne pas effilocher ou déchirer le tissu. Elle ne savait pas ce qu’elle allait bien pouvoir faire de cette robe – peut-être la rendre à Aydan ? – mais elle ne voulait pas l’abîmer par des gestes inconsidérés. Que le vêtement soit toujours intact après sa traversée dans les bois était déjà un miracle en soi, alors elle s’efforça de continuer sur ce chemin. La demi-sang était tellement concentrée sur ce problème qu’elle faillit ne pas faire attention à Nolan lorsqu’il se retourna vers elle.

« Et donc il ne sait... »

Leurs regards se croisèrent, l’espace d’une courte seconde, avant qu’il se répande en un fouillis d’excuses en lui tournant une nouvelle fois le dos. Encore une fois, Cendre s’étonna de sa réaction pour le moins gênée. Ce ne devait pas être la première fois que ses yeux s’égaraient sur le corps d’une femme, vêtue ou non d’ailleurs, alors pourquoi faire tant de manières pour un peu de peau ? Elle chercha à comprendre en remettant sa combinaison de cuir, faite de multiples parties qu’elle assembla machinalement en marmonnant qu’il était insensé d’être gêné pour si peu. Mais faiblement, pour qu’il ne l’entende pas. C’était assez paradoxal de constater qu’elle n’éprouvait aucune pudeur, qu’elle était prête à se montrer dans son plus simple appareil face à un étranger et qu’à côté, elle avait fui le contact de ses doigts aussi rapidement. Elle n’eut pas le loisir de songer à cette étrangeté, car il la questionna à nouveau sur un sujet qui lui arracha un long frisson.

« Cendre... je... qu'est-ce que cette marque sur ton bras ? Je te laisse finir de te rhabiller... mais je veux voir cela d'un peu plus près quand tu auras terminé. » Elle soupira, résignée, mais s’autorisa une réponse d’un ton bougon. « Tu auras du mal si je me rhabille complètement. Attends. C’est bon. »

Pressant le haut de sa combinaison contre sa poitrine, la jeune femme s’approcha de l’Ambassadeur pour qu’il puisse mieux distinguer l’entrelacs de courbes sombres qui marquait son bras droit. Elle savait que si elle avait enfilé sa tenue complète, les manches auraient dissimulé le stigmate. Elle patienta jusqu’à ce qu’il l’autorise à se rhabiller, ce qu’elle fit sans plus tarder.

« Elle est apparue peu de temps après mon arrivée au Kaerl. Maîtresse Nealyan m’a auscultée, je suis restée en quarantaine dans l’infirmerie avec d’autres Marqués, mais elle a été incapable d’expliquer l’origine de ce… cette tâche. Alors en attendant, ils nous ont relâchés. » Elle coula un regard vers le Fëalocë en terminant de se vêtir, quittant les deux bagues ornementées et le collier d’or. « Mais tu devais être au courant, n’est-ce pas ? Istan a parlé de non-morts. Est-ce que tu sais quelque chose ? »

Cendre s’empara de la robe soigneusement repliée, du baudrier qu’il lui avait prêté et lui fourra tout ça dans les bras pour s’armer de son arc et de son long poignard. Son regard gris était sombre, couvert par des nuages d’inquiétude qu’elle ne cherchait pas à dissimuler. Elle tendit la main pour effleurer celle de l’homme, provoquant une nouvelle salve électrique qu’elle s’empressa de fuir en reculant le bras.

« Nolan, est-ce que je vais finir par mourir comme eux ? Istan avait l’air terrifié. Et où se trouve Aydan ? » Elle remarquait pour la première fois l’absence du Lié. « Il m’a demandé de te rejoindre ici, il avait l’air d’être troublé. Si tant est qu’un Dragon puisse être inquiété par quoi que ce soit, il semblait l’être. Nous sommes en danger, c’est ça ? »

Elle posait beaucoup trop de questions, elle en avait conscience, mais depuis qu’il avait posé les yeux sur sa marque noire, elle se sentait plus fébrile. Il savait quelque chose, ou en tout cas, il avait le pouvoir de dissiper les ténèbres de ce mystère. Cendre fronça les sourcils en ancrant son regard dans le sien. Et elle voulait savoir.
Nolan Lancaster
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MessagePosté le: Mar 21 Mai 2013 - 00:09 Répondre en citantRevenir en haut

Nolan affichait un masque qui se voulait impénétrable en regardant la marque sur le corps de la jeune femme. Mais il ne pouvait garder le secret de ce qu'il savait déjà... après tout elle avait promis que tout ce qui se passerait aujourd'hui resterait entre elle et lui. Elle était inquiète et c'était là bien compréhensible. Les questions volaient et il préféra la calmer avant de commencer les explications.

" Chuut... Cendre calme-toi..."

Il savait que ces paroles avaient un coté grotesque dans une telle situation mais il ne voulait pas alarmer la jeune femme. Il regarda en direction du chêne et sortit son épée.

" Je vais tout t'expliquer en chemin. Nous rejoignons Aydan et tu sauras absolument tout ce que nous savons au sujet de cette marque. "

Il indiqua de la tête la direction à prendre et s'assura qu'Aydan continuait de s'assurer de la sécurité des lieux.

" Il y a peu de temps, une rencontre diplomatique a eu lieu. Alors que notre Dame et moi-même étions en pleines négociations une attaque de "non-morts" a eu lieu. Nous ne savions rien d'eux à ce moment. Juste qu'ils en avaient après nous et qu'ils avaient réussi à pénétrer le Domaine du Manoir. Galaad... un ami à moi ainsi que Darshan se sont chargés d'eux. C'est la première fois que nous avions à faire à eux. C'est après cette attaque que les premiers stigmatisés se sont fait connaître."

Nolan s'arrêta se tourna vers la jeune femme en souriant et ôta une feuille qui décorait sa chevelure. Il lui sourit afin d'essayer de la faire garder contenance mais cela manquait de conviction.

" Nous ne savons rien de cette marque. Elle est apparue ainsi frappant au hasard sans qu'il n'y ai de lien entre les personnes atteintes. Pour l'instant nous ignorons si elle est dangereuse ou non. Nous travaillons dessus et c'est en partie pourquoi nous sommes là. J'ai à ma charge de nombreuses personnes à Lomeanor. Istan ainsi qu'une jeune femme, Selene sont de ce nombre. Ils travaillent ensemble et me font par de leurs découvertes chaque fois que quelque chose de notable leur parvient aux oreilles. Ces derniers jours ils travaillaient sur des disparitions. Des hommes, des femmes, des enfants... des disparus. Une seule personne a survécu et c'est probablement ce que Istan t'a raconté."

S'assurant qu'il suivait la bonne route il souleva une branche d'arbre et la tint afin que la jeune femme ne soit pas gênée.

" Selene a disparu. Je n'ai plus aucunes nouvelles d'elle et sa dernière mission consistait à trouver ces non-morts et à les suivre. Elle ne devait pas se mettre en danger. C'était la seule condition qu'elle devait respecter. Ne pas se mettre en danger. Je connais les risques d'une telle mission et crois-moi je ne lui aurais jamais demandé une telle chose si elle n'était apte à le faire."

Il s'arrêta de nouveau obligeant Cendre à faire de même.

"Je ne sais pas si nous courrons ou pas un danger. Soit tranquille je privilégierai la prudence te concernant plutôt que de foncer tête baissée. Aydan a trouvé des traces de lutte et de sang non loin d'ici. Je voudrais que l'on essaye de suivre cette piste pour voir où elle mène et si Selene est toujours en vie. Oui il y a des risques pour qu'on nous attaque et la seule chose que je te demande si cela arrive. C'est de monter dans les hauteurs et ne pas te laisser toucher. Surtout... ne te laisse pas toucher."

Voyant que la jeune femme allait le questionner sur ce dernier point il ajouta.

" Ne me demande pas pourquoi je n'ai pas d'explications... je sais juste que c'est ce que Darshan et Galaad nous ont dit. Le chêne aux pleurs n'est plus très loin. Nous y retrouverons Aydan et nous commencerons à suivre la piste. Je... si tu veux rentrer Aydan sera ravi de te raccompagner. Je ne veux pas t'obliger à me suivre si tu n'es pas d'accord. Prends le temps d'y réfléchir il ne sera jamais trop tard pour faire marche arrière.'

Un léger espace circulaire s'ouvrit sous leur yeux. Le chêne aux pleurs dominant les autres arbres avait la particularité d'avoir un espace vide autour de lui. Aydan forme sombre parmi les branchage sauta les rejoindre. Un sourire immense illuminait son visage comme à son habitude lorsqu'il était sous forme humaine. Pourtant la situation n'avait rien d'amusante. Mais il était ainsi et il ne fallait pas y voir un mal.

" La piste commence au nord... et se poursuit sur une longue distance. Je suis revenu pour ne pas vous laisser seul mais les environs ne me disent rien. J'ai le sentiment de sentir des odeurs... partout... des gens... mais personne. Je pense qu'on est sur la bonne piste mais il faudra être prudent."

Nolan acquiesça et prit la tête de leur groupe en s'assurant que Cendre reste bien au centre de leur formation. Il n'avait pas besoin de le préciser à Aydan qui la fixait avec une intensité déroutante provoquant un sourire au fëalocë. A cette vitesse il ne tarderait pas à se prendre des coups pour fixer ainsi une jeune femme. Son coté humain était déroutant mais aussi... rassurant. Il maniait de plus en plus facilement ce corps et appréciait particulièrement de s'y retrouver. Étrangement il fatiguait de moins en moins en reprenant sa forme draconique.

" C'est là... et ça continue par ici."

Nolan regarda l'endroit qu'indiquait Aydan. En effet... des traces d'une couleur sombre jonchaient le sol. Plus loin à travers les fourrés un chemin semblait avoir été tracé par le passage d'une ou deux personnes. Il se releva et avança précautionneusement. Il intima inutilement le silence à ses compagnons mais rien. La forêt était parfaitement calme. Trop calme à vrai dire puisque aucun animal ou aucun oiseau ne semblait vivre dans les parages. Il s'aventura alors dans le sillon devant lui et ils reprirent leur route. Aydan tournait la tête frénétiquement afin de laisser son esprit vagabonder dans toutes les directions à la recherche d'une trace de vie... Bien plus loin... Nolan s'arrêta... plus aucune trace à suivre...

" Je ne vois pas où aller... les traces s'arrêtent ici..."
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