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 [RP Officiel] De sombres stigmates pour un sombre dessein Sujet suivant
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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 22 Oct 2012 - 10:57 Répondre en citantRevenir en haut

Iolyaku 918


Comme chaque matin, dans mes appartements personnels, je me levai tôt pour m’entraîner à la lecture et mouliner maladroitement dans le vide avec ma rapière. Et comme chaque matin, j’allai faire mes ablutions dans la petite salle d’eau attenante à ma chambre aux Tours Joyaux. Donc, comme chaque matin depuis la rencontre diplomatique Ardents/Engloutis au Manoir d’Ael Alfirin, j’allai me laver consciencieusement et avec la furieuse envie de m’arracher la peau. Pourquoi, me direz-vous ?

J’attrapai le savon le plus dur que je pus trouver et frottai comme un fou sur ma paume gauche, grinçant des dents tandis que la peau me cuisait. J’appliquai ensuite un linge dessus, qui s’imbiba très vite de sang rosé. Une vague de douleur me traversait la main mais qu’importe. Il fallait qu’elle parte ! J’ôtai le linge et inspectai d’un œil critique. Elle était toujours là, cette maudite tâche, qui s’étalait telle une pieuvre noire sur ma paume ensanglantée. Etouffant un juron, j’entrevis la possibilité de me trancher la main à hauteur du poignet. Le problème serait résolu, non ? Pourritures de zombies !

Une semaine et cacher cette marque devenait déjà un calvaire. Je devais porter des gants, prend des bains quand il n’y avait personne et mentir. Encore mentir. Cette attitude déplaisait fortement à Elérion, il me l’avait bien fait comprendre. Pour lui, j’aurais dû courir voir la Guérisseuse. La vieille Nealyan possédait un savoir immense et, bien que me paraissant sympathique, je sentais confusément qu’il n’y avait pas de remède possible. En y avait-il d’autres seulement comme moi ? Cette maladie – dont les symptômes, avec perversité, se faisaient attendre – allait-elle m’emporter tout seul ? Mon Lié refusait d’en discuter. De son point de vue, il ne servait à rien de s’angoisser sans connaître la cause évidente de cette marque et ses désagréments. Cette histoire de morts-vivants avait déjà fait grand bruit dans les hautes sphères du Kaerl. Et si cette tâche était bien pire ? Mon imagination s’emballait sans que je puisse la contraindre. Je ne sortais quasiment plus. Je m’éloignai d’Amaélis, ma sœur de cœur mais c’était pour son bien. Je négligeai mes leçons avec Nolan pour ne pas l’inquiéter. J’évitai la Griffe Kysumu pour ne pas éveiller ses soupçons. Et plutôt mourir que d’avouer à Dame Dinjelaï que je portais un mal en moi dont je ne savais rien. L’unique fois où Elérion renifla ce stigmate, son odorat surdéveloppé le fit se rétracter, comme si j’étais un porteur de la peste. De la colère et de la peur avaient traversé son regard. Comment ne pas être terrifié si votre dragon l’est tout autant ?

° Va voir la Guérisseuse. Maintenant ! °

Cette injonction résonnait chaque matin alors que je peinais à m’arracher la peau où cette marque semblait s’implanter dans ma chair. Je ne savais plus faire, j’avais tout essayé. Je grimaçai. Je venais d’atteindre le point de non-retour. Je pris le temps de m’habiller et de dissimuler ma honte sous mes gants et pris le chemin des Bains Céruléens où se situait l’Infirmerie. La dernière fois que j’y avais mis les pieds, Neayan m’avait soignée pour des ecchymoses dans une bagarre de taverne. Pas très glorieux, n’est-ce pas ? Ce n’était guère mieux aujourd’hui. Il y avait plus de monde que je ne l’aurais cru dans l’Infirmerie. Une épidémie de rhume ?

- Bonjour, je viens voir Maîtresse Shamar.

On me conduisit aussitôt à elle. La vieille Maîtresse Bleue me rappelait vaguement les anciennes de Jadlavian, qui savent, ou plutôt savaient, des choses que nul autre ne connaissait. Aujourd’hui,mson village n’était plus qu’un tas de cendre recouvert par les tempêtes de neige.


Nealyan Shamar & Amser

- Que puis-je pour vous, Chevalier Lucis ? Encore dans les ennuis ?
- J’aimerais savoir ce que vous pourriez me dire sur euh… ça.


Et je retirai doucement mon gant de cuir gauche, en jetant de fréquents coups d’œil autour de nous, révélant le sombre stigmate. A ma grande stupeur, la vénérable érudite fixait celui-ci comme s’il se fut agi d’une aberration très répandue. Elle retenait son souffle et avait dangereusement pâlis. Mon cœur manqua un battement.

- Flarmya nous vienne en aide, chuchota-t-elle d’une voix blanche.
- Que voulez-vous dire ?
- Vous n’êtes pas le seul, mon petit. Il en vient toujours plus chaque jour. Ils viennent ici en nombre depuis l’annonce de ce messager des ténèbres…
- Quoi ?!


Folie. Il y avait un parfum de folie ici. Pas de celles qui vous font faire des horreurs mais qui vous font penser à des horreurs. Je fus conduis, étroitement veillé par la conscience surprotectrice de mon Bronze, vers une des ailes où l’on soignait les malades et les blessés. Beaucoup d’alcôves étaient occupées. Cela se vidait et se renflouait aussitôt. Des cris retentirent soudain dans le silence quasi-religieux. Une femme hurlait en pleurant toutes les larmes de son corps. Deux aides l’emportèrent à bras le corps, l’éloignant d’un homme au visage marqué par la même pieuvre d’entrelacs noirs que je portais à la main. Pouvait-on m’expliquer ce qu’il se passait ? Le mutisme d’Elérion en plus de ça m’angoissait.

- Restez-là. Je viendrais vous examiner plus tard.

Je vais mourir, c’est ça ?


L’affaire est lancée. Galaad n’est pour l’heure pas au courant de la sommation de l’Ombre et de la menace de mort qui plane sur les stigmatisés. Gaby et Cendre, à vous d’arriver à l’Infirmerie de la manière qui vous semblera la bonne. Je pense que Din et les hautes sphères nous rejoindront après ^^ Pour infos, on a une vingtaine de cas de stigmatisés au Kaerl.



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MessagePosté le: Lun 22 Oct 2012 - 10:57 Revenir en haut

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Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Jeu 1 Nov 2012 - 20:59 Répondre en citantRevenir en haut

Gabrielle s'était réveillée avec un mal de crâne absolument horrible. Gueule de bois ? Non, loin de là. Très loin même. Elle s'était pris un coup. Et un sacrément fort à l'arrière du crâne, l'assommant au passage. Et si elle ne gardait pas grand souvenir de la provenance du coup, elle en sentait encore la douleur alors qu'elle essayait de se redresser dans son lit. Qui n'était pas le sien en fait. Ah... L'infirmerie. Oui, elle reconnaissait l'endroit. Pour y avoir accompagné plusieurs fois Clay, pour lui ou pour elle-même. Le jeune homme s'était en effet pris d'une certaine affection pour la Fëalocë et avait donc décidé de superviser son entraînement. Ou en tout cas de l'aider à s'améliorer. Et il fallait bien avouer qu'il s'en sortait plutôt bien. En même temps, Gabrielle avait déjà de bonnes bases et un talent certain pour les armes, alors ça facilitait tout. Mais malgré ça, la jeune femme avait du mal à faire de réels progrès, comme si quelque chose la bloquait. Et elle-même s'en rendait compte. Et bien qu'il y ait une raison à cela, elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, refusant d'ailleurs qu'on lui dise de quoi il s'agissait. Alors qu'il s'agissait bien de la chose la plus bête du monde. Et oui, toute habile que soit Gabrielle, elle manquait d'expérience réelle, l'empêchant de se rendre compte de la justesse des choses, et surtout du danger qu'un combat pouvait représenter. C'est sans doute d'ailleurs la raison pour laquelle elle s'était fait assommer ainsi.

Ceci étant, elle saisit sa tête entre ses mains lorsqu'elle tenta de se redresser, sentant le sang y affluer, provoquant un mal de crâne absolument horrible qui lui vrillait les temps. Elle se maudit de s'être laissé avoir ainsi durant l'entraînement, alors que la guérisseuse alors présente remarqua son réveil et se dirigea vers elle face à cette constatation.

« Damn... Il s'est passé quoi... ?
- Vous avez pris un coup à l'arrière du crâne.
- Ca je crois que j'avais remarqué, merci. »

Le ton de la jeune femme était cassant, elle était visiblement de mauvais poil pour le coup. Mais ce ne fut pas franchement une bonne idée que de s'adresser ainsi à la personne censé s'occuper de vos soins. Visiblement légèrement vexée, elle décida de s'occuper du reste des soins en silence, retirant sans ménagement le bandage qui entourait la tête de l'insolente pour regarder à travers les cheveux, voir si le baume cicatrisant avait fait son effet, tâtant la plaie désormais refermée en faisant grimacer la pauvre rouquine qui regrettait déjà ses mots. Chose inhabituelle dans son cas, convenons-en, laissant la pauvre femme lui remettre de nouvelles bandes. Ceci étant, la femme décida qu'il était temps d'établir un bilan pour résumer la situation à la pauvre Fëalocë qui se frotta l'arrière du crâne, sentant une légère bosse. P'tain, Clay ne l'avait pas loupé pour le coup. Cet amadàn... Il ne payait rien pour attendre. Elle avait bien l'attention de se venger... Enfin, pour le moment la question n'était pas là et donc elle se raccrocha à ce que disait la pauvre femme qu'elle n'écoutait qu'à moitié pour le moment.

« … une blessure bénigne qui guérira vite. Rien d'alarmant, vous devriez normalement pouvoir partir. Si ce n'est un petit détail gênant... » Gabrielle fronça les sourcils. Oui, quoi encore ? Elle va pouvoir partir ou pas ? Elle continuait ou elle attendait de la faire mourir sur place ? « Nous avons remarqué que vous aviez contracté une étrange marque à l'épaule, comme d'autres habitants du Kaerl Alors nous allons vous demander de rester ici. »

Gabrielle la regarda, l'air blasée de celle à qui on vient d'annoncer que le ciel est bleu. Heu... Certes. La garder ici ? Mais... pourquoi ? Fixant la jeune femme, celle-ci recula légèrement, visiblement inquiète de voir l'absence de réaction chez la rouquine. Cette dernière en était encore au stade de la réflexion sur le coup, repensant à la façon dont elle avait été marqué. Elle ne l'avait pas encore remarqué, étant donné qu'elle ne l'avait reçu que ce matin, à la suite d'une légère bousculade mais... Bon... Ca allait être problématique. Surtout qu'elle n'avait pas le moindre début d'idée de ce dont il s'agissait. Ou bien si, elle le savait mais n'avait pas envie de se dire que c'était ça. Contrairement au chevalier qui venait d'arriver, et que ça reste entre nous puisqu'elle ignorait ce fait, mais elle avait été témoin de l'annonce de l'homme de main de l'Ombre et avait donc son idée de ce dont il retournait. Se levant soudainement, la guérisseuse sursauta.

« Je veux voir Nealyan Shamar. » Et sans plus de mots, elle se dirigea dans l'infirmerie à travers les lits. Elle n'avait pas fait attention jusqu'à présent, mais l'infirmerie était pleine, une vingtaine de personnes s'étant visiblement présenté. Elle atteignit rapidement la vieille femme qui se trouvait non loin d'un jeune homme à la chevelure de neige et elle interpella la vieille Maîtresse. « Dame Shamar ! Que se passe-t-il ici ? C'est quoi cette histoire de marque ? »

Elle se contentait, comme souvent du minimum pour tout ce qui concernait l'étiquette. Quoiqu'elle s'était améliorée, ne tutoyant plus tout le monde dans la mesure du possible. Elle savait parfaitement de toute façon que la vieille dame n'aurait guère apprécié ça de l'Aspirante, pour l'avoir côtoyée à plusieurs reprise.
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Dim 11 Nov 2012 - 01:57 Répondre en citantRevenir en haut




Cela ne faisait qu’une poignée de semaines que Cendre était arrivée au Màr Luimë, elle n’avait par conséquent pas encore exploré tous les recoins de cet endroit merveilleux et elle était encore loin d’avoir rencontré ne serait-ce que la moitié des personnes influentes. Par exemple, la vieille femme qui tenait l’infirmerie… Elle ne savait strictement rien d’elle, mis à part qu’elle était apparemment aussi âgée que les Anciens de son clan et qu’elle disposait de grands talents en guérison. Un peu naïve, la nomade avait d’abord cru qu’elle avait des pouvoirs, mais elle avait fini par comprendre que l’efficacité de Nealyan reposait davantage sur une connaissance étendue en herboristerie que d’obscures compétences magiques. Néanmoins, comme dans toute aura mystérieuse, il était tentant d’essayer d’y déceler une étincelle de fantastique et d’improbable. C’est pourquoi elle prit la décision d’aller aux Bains Céruléens afin de rendre une discrète vite à la Maîtresse Bleue.

Quelques jours après son arrivée au Kaerl, la jeune femme avait pu noter l’apparition d’une étrange marque noire sur son bras droit. Au départ à peine remarquable, le symbole lui avait semblé s’assombrir au fil des minutes jusqu’à atteindre un noir si absolu qu’elle ne pouvait espérer le dissimuler autrement qu’avec de longues manches. Elle prenait soin de toujours porter un vêtement avec ces caractéristiques, de peur que ce sombre signe ne soit porteur de mauvais présages en ces lieux. Elle n’avait osé en parler à personne, pas même à son Maître, toujours éprise de cette même crainte. Sans doute aurait-elle dû se délivrer de ce secret, mais la possibilité qu’elle soit porteuse d’une malédiction ou d’une maladie contagieuse ne l’a effleurée que récemment. Dirigée par le doute, Cendre a pris la direction de l’Infirmerie au petit matin avant que la foule d’Engloutis n’envahisse les bains. Elle était ainsi parvenue à atteindre Nealyan sans être remarquée, s’adressant avec le plus de respect possible à la vieille femme et lui montrant, avec quelques réticences, la raison de sa venue. Une fois le cuir de son haut ôté, la guérisseuse prit un temps considérable à examiner sa marque sous tous les angles. L’examen prit de longues minutes, mais la première expression qui passa sur son visage ridé suffit à faire comprendre à Cendre que l’affaire était grave. La Maîtresse Bleue donna finalement son diagnostic, qui se résuma à quelques phrases marmonnées et un seul ordre : celui de s’installer dans l’un des lits à l’écart et de ne plus en bouger avant qu’elle n’en donne l’ordre.

Le visage pâle, les lèvres pincées, la nomade se laissa choir sur le matelas sans un son et laissa ses doutes grignoter le peu de confiance qui lui restait. Que signifiait la mine dépitée de la guérisseuse ? Elle avait même cru voir une lueur inquiète dans son regard encore vif – plus important, est-ce que tout cela voulait dire que la vie de Cendre était en danger ? Ou qu’elle avait pu menacer celles des autres habitants, par sa simple présence ? Taraudée par les questions, la Torhil tenta de trouver le repos en s’allongeant ; ses paupières se fermèrent tandis que son esprit tournait à toute allure. Elle était persuadée de ne jamais parvenir à s’endormir…

Tirée de ses songes par une voix familière, elle mit quelques instants avant de pouvoir mettre un visage sur ce sentiment étrange. Une chevelure rousse passa devant ses yeux encore ensommeillés, quittant son champ de vision aussi vite qu’elle y était entrée, et de nouveau la voix se fit entendre. Brusque, presque cassante, mais très légèrement retenue comparée à la dernière fois qu’elle l’avait entendue. Avec des gestes maladroits, Cendre s’extirpa du lit dans lequel elle avait trouvé refuge ; elle fit jouer les muscles, remarquant aussitôt avec désarroi que le symbole sombre était toujours à la même place. Elle frotta son visage avec énergie, de ses deux mains, et se mit debout. Elle n’avait pas pensée être assez fatiguée pour s’endormir, mais il fallait croire que son corps en avait décidé autrement. Elle s’approcha de la femme rousse, qui lui tournait pour l’instant le dos et s’éclaircit la gorge.

« … Gabrielle ? »

Quelques pas la rapprochèrent encore du trio, elle laissa glisser son regard anthracite sur les différents protagonistes. La Fëalocë qui avait souffrante, le frêle Neishaan et, enfin, la vieille guérisseuse. Les deux perles grises s’arrêtèrent sur Nealyan, révélatrices d’une inquiétude mal dissimulée. Pendant sa courte sieste, l’infirmerie s’était d’autant plus remplie qu’elle semblait à présent prête à l’étouffer – Cendre roula des épaules, mal à l’aise à l’ombre des murs. Elle jetta un nouveau coup d’œil à l’inconnu, puis à Gabrielle qui attendait apparemment une réponse à sa question. Avant que Nealyan ne prenne la parole, elle s’imposa avec légèreté.

« C’est au sujet de ma Marque, n’est-ce pas Maîtresse Shamar ? Ai-je mis le Kaerl en danger ? »

Son visage se ferma, ses paupières se plissèrent. Était-elle véritablement à l’origine de tout ce remue-ménage, elle, ou cela venait-il d’autre chose ? Distraitement, elle caressa du bout des doigts le stigmate qui avait fleuri sur son bras droit, dissimulé sous le cuir de sa tenue. Elle ne savait même pas comment cette chose était arrivée là… Un contact avec la plèbe, sûrement, mais elle était loin d’imaginer que cela pouvait venir de là. Pour elle, ce symbole relevait davantage de la sombre magie qu’autre chose.
Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Lun 12 Nov 2012 - 21:17 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar


Alors que la vieille femme passait nerveusement en revue le nombre de boxes occupés, tirant parfois un rideau qui s'ouvrait sur un Aspirant ou un Chevalier à la mine inquiète mais pas vraiment maladive, elle sentait que ses mains ne voulaient pas s'arrêter de trembler. La vieillesse? Non. Elle chassa résolument cette pensée. Rien de plus que le doute, l'inquiétude qui accompagnait toujours les prémices d'une épidémie. Et quand l'épidémie ne semblait pas avoir de remède...
Elle distribua ça et là les attentions, potions calmantes pour les plus nerveux, petit hochement de tête pour ceux qui pouvaient s'en contenter.

Lullice? Où est-elle fourrée celle là?


Lullice, la petite assistante de Nealyan


Elle avait beau avoir appelé à voix basse, la gamine fit son apparition comme l'ectoplasme qu'elle savait être.

Maîtresse Nealyan?

La vieille femme s'effaça dans l'une des dernières alcôves inoccupée par un malade et tira le rideau derrière elle et la blondinette qui la suivait comme une ombre.

Qu'est-ce que cette marque Maîtresse? Ils n'ont pas l'air vraiment malades. Pourquoi êtes vous si inquiète?

Elle est mignonne cette gosse. La guérisseuse aurait pu pincer gentiment la joue rose, mais l'heure n'était pas aux attendrissements:

Lullice, va chercher la Dame, Dinjelaï. Au plus vite. Dit lui que cela ne souffre aucun délai. Aucun. D'accord Lullice, tu m'as bien comprise?

L'enfant hocha gravement la tête et pivota en une seconde pour partir au pas de course. La vieille femme écouta le bruit de ses petites talonnettes ricocher le long du couloir. Elle se passa la main sur son visage ridé pour se rafraîchir les idées puis tira le rideau et se dirigea vers la rouquine qui se prénommait Gabrielle. Elle se tenait se tenait à la hauteur de l'alcôve où la guérisseuse avait installé l'Aspirante Algoma, et au moment où la vieille femme passa à côté d'elles, la brune lui posa une question angoissée. Nealyan pris une inspiration pendant quelques secondes, puis sourit gentiment à la jeune femme.

Non Cendre, ce n'est pas toi qui est responsable de cette épidémie. Les premiers symptômes sont apparus chez certains chevaliers avant même ton arrivée au Kaerl, ne t'inquiète pas.

Malgré l'amabilité de son propos, son inquiétude transparaissait toujours dans son regard, elle se tourna vers Gabrielle qui campait toujours dans le couloir:

Gabrielle, pourrais-tu trouver une alcôve vide, s'il en reste? J'aimerais que chaque malade réponde individuellement à quelques questions qui nous permettrons d'avoir un meilleur aperçu de la situation. Quelques assistants vont m'aider, et je ne voudrais pas que les malades puissent s'influencer entre eux et brouiller les réponses.

Elle lui adressa un regard qui signifiait: "Je sais que cela ne te plaît pas, mais je souhaite tout de même que tu obéisses."

Sur ce, elle pris congé des deux Aspirantes, se rendit brièvement dans son office pour discuter avec deux jeunes hommes qui lui serviraient d'auxilliaires pour gagner du temps dans les interrogatoires. Ils s'accordèrent pour n'oublier aucune question clef, puis se répartirent les lits. Nealyan commença par aller questionner Galaad, tandis que ces acolytes disparaissaient derrière d'autres rideaux.

Bien Galaad, merci d'avoir attendu. J'aimerais que tu répondes à quelques questions, je suis soumise au secret, toutes tes réponses seront anonymes.

Elle trempa une courte plume dans un encrier portable et pris la première feuille de vélin vierge.

Je vais te lire toutes les questions, et tu y répondras ensuite:
Tout d'abord, quels sont les premiers symptômes que tu as ressenti? Depuis quand sont-ils apparus?

Est-ce que tu as été en contact avec des animaux? Des sorciers? Des esprits de la Lande d'Eru?


Elle hésita un moment, pudique:

As-tu eu des rapports avec des prostitués? Homme ou femme? La même question sera posée à chacun des malades.

Puis enchaîna rapidement:

As-tu consommé de la viande avariée, été en contact avec des cadavres, quels qu'ils soient?

T'es-tu blessé avec une lame? As-tu absorbé des produits illicites? Fréquenté le Chat-qui-tousse, sur l'Agora, ou bien la Belle Inconnue à Lomëanor?


Elle toussota:

As-tu mal quelque part? D'autres tâches sur le corps? Des frissons ou des nausées?

La longue litanie de questions s'arrêta enfin, Nealyan leva les yeux sur Galaad et lui offrit un petit sourire:

Je vais répéter plus lentement.



[HRP] Pour Cendre et Gaby, vous pouvez considérer que les assistants de Nealyan vous posent exactement les mêmes questions!
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 30 Déc 2012 - 20:14 Répondre en citantRevenir en haut

Je me sentais à l’étroit dans cette alcôve, bien que la seule séparation d’avoir le monde extérieur soir un simple rideau. Mais si le reste du monde portait cette marque noire, je ne voulais pas y aller. Je ne voulais plus y retourner ! Si je restais caché pendant un temps, peut-être qu’on m’oublierait, peut-être que ça finirait par passer… Mais non crétin. Tu auras seulement l’air encore plus pleutre que d’habitude !

L’attente me rendait nerveux. D’autant plus que la chaleur bienheureuse que me procurait naturellement la proximité psychique d’Elérion était obscurcie par son absolu mutisme. Il refusait de m’ouvrir son esprit, m’offrant seulement le réconfort de son silence. J’avais osé espérer un peu plus de sa part. Peut-être savait-il quelque chose, lui ? Il voyageait plus que moi, traînait derrière lui sa mémoire ancestrale et pouvait à loisir consulter la bibliothèque de sa tête. Tout comme il fréquentait des gens hauts placés par l’intermédiaire de ses frères et sœurs draconiques. Bref, même si j’étais en grande partie fautif de ma propre ignorance, la situation n’aurait pu être plus gênante.

Quand revint enfin Maîtresse Shamar avec de quoi prendre des notes, je retins non sans mal un immenses soupir de soulagement. Sa liste de questions qui n’en finissait me fit hausser les sourcils jusqu’au plafond. Et ce fut à cet instant que je commençai à entrevoir la montagne d’ennuis dans laquelle je m’étais encore égaré…

- Quels sont les premiers symptômes que tu as ressentis? Depuis quand sont-ils apparus?
- Une démangeaison, alors que la tâche apparaissait. Puis plus rien. Cela remonte à la séance diplomatique Ardents-Engloutis au Manoir d’Ael Alfirin.
- Est-ce que tu as été en contact avec des animaux? Des sorciers? Des esprits de la Lande d'Eru?
- Il y a bien un dragon-fée qui m’apprécie mais… J’ai peur des sorciers et je n’ai plus fait un pas dans la Lande d’Eru depuis que j’en ai tiré Amaélis…
(Je déglutis péniblement).
- As-tu eu des rapports avec des prostitués? Homme ou femme? La même question sera posée à chacun des malades.
- Non
, répondis-je aussitôt en rougissant. C’est bientôt finis les questions indiscrètes ?
- As-tu consommé de la viande avariée, été en contact avec des cadavres, quels qu'ils soient?
T'es-tu blessé avec une lame? As-tu absorbé des produits illicites? Fréquenté le Chat-qui-tousse, sur l'Agora, ou bien la Belle Inconnue à Lòmëanor?

- Je tiens à mon hygiène, merci bien !... Euh, il y a eu l’affaire des morts-qui-marchent au Manoir, le fameux soir de… vous savez, avec la délégation Ardente. Et c’est tout.
- As-tu mal quelque part? D'autres tâches sur le corps? Des frissons ou des nausées?
Bah non, justement… Je ne sens rien du tout. Je veux dire : je me sens comme d’habitude ! C’est grave, M’dame ?


Je n’y tenais plus, il fallait que je sache. Je me retins d’agripper la manche de la Maîtresse Bleue, ça ne se faisait pas. Mais si Elérion refusait de coopérer, il me fallait interroger Nealyan Shamar. Je posai des yeux fiévreux sur elle, en quête de réponses. La panique menaçait de me submerger.

- Attendez ! Vous ne m’avez pas dit ce qu’il se passe ici ! Comment ces gens ont-ils attrapé cette marque ? Ils n’étaient pas là lors de la rencontre diplomatique !



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Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Mer 9 Jan 2013 - 14:10 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar


Nealyan arborait une moue embarrassée... Aucun mode de contamination classique ne semblait être la cause de la tâche qui avait fleuri sur certains membres du Màr Luimë. Un pli soucieux, plus profond que les rides qui barraient son front, se creusa entre les sourcils de la vieille guérisseuse. Galad était inquiet, bien sûr. De toute façon, ce jeune Chevalier venu du Kaerl Ardent semblait toujours apeuré! Il avait dû passer de sales moments sous le volcan... Elle garda ses pensées pour elles concernant le passé du Chevalier Bronze, et allait sortir de l'alcôve sans dire un mot, lorsque la voix du malade grimpa d'un octave, et il lui demanda, paniqué, les résultats de ses conclusions.

La vieille femme resta un moment à le considérer gravement, puis lâcha le rideau et vint s'assoir sur le bord du lit:

Galaad, je ne sais pas d'où vient cette Marque, mais le contact que tu as eu avec des morts-vivants pourrait y être pour quelque chose... Néanmoins, je ne veux pas faire de conclusion hâtives, car de tous les Engloutis marqués aujourd'hui, tu es le seul qui était présent le soir de la Rencontre avec les Ardents. S'ils étaient la source de la contamination, je suis certaine que Darshan, Nolan et Dinjelaï seraient eux-mêmes présents en ce moment. Mais je suis allée vérifier auprès d'eux, aucun stigmate n'est apparu sur leur corps...

Elle fixa longuement le Chevalier sans rien dire puis reprit la parole, mais comme si elle réfléchissait à voix haute:

De plus, certains des Aspirants présents ne sont là que depuis quelques jours! Compte tenu du temps d'incubation de la plupart des maladies, c'est tout à fait incompréhensible! Tous sont en bonne santé, dans la force de l'âge...

Elle poussa un soupir, puis se releva:

Je ne doute pas que les interrogatoires soulèveront quelques points communs entre les Marqués. Et de toute façon, je les enverrait à Dinjelaï afin qu'elle puisse s'en servir quand elle rencontrera les autres Seigneurs...

Comme si elle était consciente d'en avoir trop dit, la vieille femme écarta le rideau, et sorti précipitamment de l'alcôve...
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Mer 6 Mar 2013 - 01:41 Répondre en citantRevenir en haut




L’ancienne éluda avec aisance les questions posées par Gabrielle, puis elle envoya le petit trio dans des alcôves séparées. Après un dernier regard au Neishaan qui semblait nettement plus secoué qu’elle, Cendre retourna s’asseoir sur son lit en tirant le rideau derrière elle. Malgré la fermeté de sa voix, la guérisseuse n’avait pas pu dissimuler entièrement son doute et son désarroi. La multitude de voix qui s’entremêlaient suffisait à ébranler l’apparente impassibilité de Nealyan. Les choses n’allaient sûrement pas aussi bien qu’elle essayait de leur faire croire. La Torhil s’autorisa un bref soupir : au moins, elle n’était pas la cause de ce mal. Ce qui n’enlevait rien à son anxiété, au contraire. Si la vieille femme n’avait aucune idée sur ce qui pouvait causer pareille marque, cela voulait dire que le mal était nouveau. Et potentiellement plus dangereux qu’un tatouage non désiré. L’Aspirante s’employa à réguler sa respiration, un rituel appris bien des années plus tôt pour chasser la peur ou le stress. Elle s’imagina de nouveau dans les hautes montagnes qui l’avaient vu naître, à chasser un cerf imprudent en compagnie des siens. L’illusion lui fit mal, mais elle lui permit aussi de s’éclaircir les idées. Il ne fallait pas paniquer.

Elle rouvrit les yeux à l’instant où le rideau fut tiré, laissant passer un des auxiliaires de Nealyan. L’homme n’était pas beaucoup plus âgé qu’elle, il était grand, fin et aussi blond que Solyae. Elle fit mine de se lever pour le saluer, mais il l’interrompit d’un geste et lui adressa un sourire qui se voulait réconfortant. Attrapant la seule chaise de libre au passage, il s’installa en face d’elle. Elle remarqua qu’il tenait tout un nécessaire d’écriture et elle se raidit. Elle était encore très loin de savoir correctement lire ou écrire, elle espérait par conséquent qu’il ne lui soumette pas un questionnaire qu’elle devrait remplir par elle-même. A choisir, elle préférait les questions orales. Fort heureusement pour Cendre, il n’avait aucune intention de lui faire écrire quoi que ce soit et s’attela à sa tâche sans plus attendre.

« Merci d’avoir attendu. Vous êtes l’Aspirante Algoma, c’est bien cela ? »
« Cendre. » cru-t-elle bon d’ajouter avec un haussement d’épaules.
« Cendre, il esquissa un nouveau sourire. Je vais vous poser quelques questions et vous devrez y répondre le plus sincèrement possible. Vos réponses seront anonymes, n’ayez crainte, toutefois elles nous seront très utiles pour déterminer l’origine de ces… Stigmates. »
« Je ferais de mon mieux. »
« Bien, alors commençons… »

Elle réajusta sa position, légèrement nerveuse.

« Quels sont les premiers symptômes que vous avez ressenti ? Depuis quand sont-ils apparus ? »
« Hum, à dire vrai je n’ai rien ressenti de particulier. Peut-être une légère démangeaison sur l’instant, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire. J’ai remarqué cette, euh, cette tâche peu de temps après mon arrivée au Kaerl. Au début, j’ai cru que c’était comme une réaction allergique à quelque chose. Mais ça ne s’est pas effacé avec le temps. »
« Je vois… Avez-vous été en contact avec des animaux ? Des sorciers ? Des esprits de la Lande d'Eru ? »
« Non, non, rien de tout cela. J’ignore même où se trouve cette lande… Quant aux sorciers, je ne crois pas en avoir fréquenté. Ou alors, c’était totalement involontaire et j’ignorais leur véritable nature. Je n’ai approché aucun animal depuis mon arrivée au Màr. Sauf les Liés des autres Chevaliers, mais ils n’entrent pas dans cette catégorie. Oh, il y a bien eu quelques dragons-fées qui m’ont plusieurs fois frôlées… »
« Je ne pense pas que cela puisse venir d’eux, néanmoins vous avez bien fait de le signaler. La prochaine question risque de vous paraître indiscrète… Je me dois de la poser : avez-vous eu des rapports avec des prostitués ? Homme ou femme ? »

Tout de suite après cette question, Cendre sentit ses pommettes se mettre à brûler doucement. Elle n’était pas le genre de femme à se laisser facilement impressionner ou tout simplement pudique, cependant la réserve avec laquelle s’était exprimé l’auxiliaire avait suffi à la faire s’empourprer. Elle avait déjà entendu bien pire qu’une simple question… Elle s’autorisa un sourire amusé.

« Non. »
« Bien. Avez-vous consommé de la viande avariée, été en contact avec des cadavres, quels qu'ils soient ? »

Elle mit quelques secondes de trop à répondre à cette question, brusquement hantée par le souvenir déchirant du campement dévasté et des cadavres qu’elle avait dû abandonner derrière elle. Sa salive se bloqua dans sa gorge lorsqu’elle voulut déglutir et elle manqua de s’étouffer. Compatissant, le jeune homme se leva pour lui servir un verre d’eau qu’elle accepta avec gratitude. Ses yeux gris se voilèrent lorsqu’elle reprit la parole.

« Désolée, c’est juste que… Oui, j’ai été en contact avec des cadavres. Et du sang, ainsi que d’autres choses qui peuvent m’avoir contaminée. Mais cela remonte à longtemps désormais. Avant mon arrivée. Je… Je ne pense pas que cela ait un lien, en fait. Ma famille a été assassinée, tous les miens. J’ai marché parmi leurs corps encore chauds. »

Le regard de l’homme dériva un instant avant de revenir vers elle, chargé d’une sollicitude qui la frappa de plein fouet.

« Je suis désolé d’avoir dû ramener de mauvais souvenirs. Seulement, nous ne pouvons écarter aucun détail. Vous êtes-vous blessée avec une lame ? Avez-vous absorbé des produits illicites, ou inhabituels ? Fréquenté le Chat-qui-tousse, sur l'Agora, ou bien la Belle Inconnue à Lomëanor ? »
« Non. Là encore, j’ignore même de quels endroits vous parlez. Enfin, pour le Chat-qui-tousse, j’en ai déjà entendu parler. Mais non, je n’y ai encore jamais mis les pieds. Et les fois où je suis allée à l’entraînement, j’ai pris garde à ne pas me blesser. »
« Avez-vous mal quelque part ? D'autres tâches sur le corps ? Des frissons ou des nausées ? »
« Non… Mis à part une certaine nervosité, tout va bien. Je vais bien. »

Cendre l’observa avec attention tandis qu’il griffonnait quelques mots de plus sur le vélin autrefois vierge. Il reboucha avec précaution l’encre, glissa la plume dans un porte-plume et souffla sur l’encre encore humide. Percevant son intense regard gris, il releva les yeux et lui adressa encore un sourire.

« C’est terminé, vous pouvez vous détendre. »
« J’aimerais bien… Avez-vous une conclusion ? »
« Mis à part que c’est totalement insensé ? »

Il fit un étrange mouvement, à mi-chemin entre le haussement d’épaules et le hochement de tête.

« Je ne sais pas. Mais Maîtresse Nealyan en saura davantage. Elle sait tout. »

Loin d’être rassurée par cette confiance qu’il avait en la vieille guérisseuse, elle se garda pourtant d’ajouter quoi que ce soit et se contenta de se lever lorsqu’il fit de même. Il quitta l’alcôve, la laissant seule avec elle-même. En proie à un trouble de plus en plus vif, Cendre jeta un coup d’œil derrière le rideau. Que devaient-ils faire à présent ?
Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Mer 13 Mar 2013 - 13:30 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar


La guérisseuse avait réuni ces deux assistants, lesquels la regardaient à présent plein d'espoir, persuadés que l'expérience de la Conseillère pourrait démêler la pelote emberlificotée et énoncer clairement l'origine du mal.
Nealyan, le visage impassible sous sa peau ridée, parcouru une nouvelle fois chaque formulaire. Rien ne correspondait. Rien n'était mis en avant... Elle soupira, et fit un signe de dénégation avant de lever les yeux sur ces jeunes collègues qui avaient à présent un air dépité...

Alors là mes amis, nous voilà sur un sujet bien épineux... Veuillez, s'il vous plaît, réunir nos malades.

La parole de la Maîtresse Shamar étant pour les deux assistants à peu près l'équivalent de celle de Flarmya, ils se dispersèrent immédiatement dans les alcôves fermées par les rideaux.

Quelques minutes plus tard, tous les patients étaient réunis, assis sur des chaises. Ils attendaient. Nealyan leva ses yeux délavés sur la silhouette de Gabrielle qui se trémoussait sur sa chaise. Elle avait refusé de répondre à la plupart des questions, s'était braquée contre le jeune Nieul, l'assistant, et à présent, Nealyan voyait une cocotte minute, prête à exploser. Elle adressa un petit signe de l'index au deuxième assistant, le blond, et lui chuchota à l'oreille:

Vous administrerez à la jeune Gabrielle quelque chose pour calmer son angoisse... Je pense que cette petite a besoin de repos.

A Nieul, elle demanda de servir une boisson chaude à tous, afin que la rouquine ne se méfie pas qu'on lui serve une boisson. Résultat, quelques minutes plus tard, l'Aspirante demandait avec un bâillement la permission de se retirer à l'écart pour faire un somme. Quand elle fut éloignée, supportée par l'un des assistants, Nealyan se gratta la gorge pour attirer l'attention de tous, elle commença, abrupte, comme à son habitude:

Mes paroles ne seront pas un réconfort. Les questions que nous avons posé, à chacun d'entre vous, ne permettent pas de tisser un lien clair entre les Marqués. Aucune source commune n'apparaît évidente. Je ne pense pas trop m'avancer en vous confiant que la Magie semble être le vecteur le plus probable... L'intégralité des mes hypothèses sera présentée à Dinjelaï afin qu'elle puisse contacter les autres Kaerls et voir si eux-aussi sont contaminés.

Elle dévisagea chacun, marquant une pause avant de continuer:

Nous avons toutes les raisons de penser que les symptômes ne s'aggraveront pas dans l'immédiat. Je souhaite que nous mettions en place des mesures de quarantaine, c'est pourquoi je vous demande à tous de ne pas chercher à sortir de l'infirmerie. Vous, mes assistants, et moi-même, allons rester ensemble les jours prochains. Je ne suis pas contaminée, ni Nieul et Fréderick, nous servirons de marqueurs.

Un mouvement de stupeur anima d'un bloc la quinzaine d'Engloutis présents. D'un ton toujours aussi neutre, comme si elle annonçait quelque chose de tout à fait banal, elle poursuivit sur les modalités de la quarantaine:

Je vous demande de vous adresser à moi si vous souhaitez qu'on vous fasse parvenir un objet extérieur. Nous pouvons communiquer avec le Kaerl par le biais de tours qui maintiendront l'isolement.

Son front se dérida enfin, et elle fit preuve d'un peu plus d'humanité, en adressant un sourire:

Nous voilà tous embarqués sur le même navire mes amis. Ce sera l'occasion de mieux nous connaître n'est-ce pas?! Avez-vous des questions?
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Sam 23 Mar 2013 - 21:17 Répondre en citantRevenir en haut

Les yeux fixés sur le sol en dallage blanc, les membres engourdis par leur immobilité forcée, j’attendais dans la pénombre de l’alcôve où j’avais été amené. J’étais tout seul, malgré les conversations et parfois les cris qui m’entouraient et bruissaient derrière les rideaux presque opaques. Assis au bord du lit comme au bord d’un précipice, dont il ne manquait que les vapeurs de souffre des Pics de Cendres, ce fameux jour où je sus que j’avais définitivement perdu mon Isabeau, je ne pouvais qu’attendre. Simuler la patience pour me voir administrer des drogues douces pour me faire dormir. Taire le tumulte de mes pensées, qui ne pouvait dès lors plus s’épancher. Je ne pouvais ni pleurer, ni crier. Quant à me taper la tête contre les murs, c’était exclu. Je ne passerais pas pour plus imbécile que je ne l’étais déjà. Mes mains tremblaient. Je m’enfermai dans un silence aussi enténébré qu’une nuit sur la Lande d’Eru, et presque aussi malsain. Mon esprit refusait de croire ce que mon cœur savait déjà. D’une manière ou d’une autre, tous les stigmatisés étaient condamnés.

Plus seul que jamais, j’avais l’impression que le monde se tenait prêt à fondre sur moi à tout instant, pour m’engloutir dans sa gueule immense et bardée de dents aussi acérées que les crêtes glacées du Vaendark. J’étais perdu. Même la pensée d’avoir un compagnon d’infortune ne me réconfortait en rien. Cet être qui partageait mon âme me laissait aussi esseulé qu’un naufragé. Elérion me fermait l’accès à son esprit. Je ne ressentais ni chaleur, ni pensées venant de sa part. Seul le faible, néanmoins bien là, battement de cœur, transmis par le lien empathique qui nous reliait depuis l’Empreinte sur les sables noirs, témoignait de son existence. Il était en vie et se portait bien. Mais pas moi. Il me privait de sa force et me plongeait dans le noir. J’étais devenu l’épine dans le pied du géant. Ma montagne de bronze ne m’avait jamais paru aussi étrangère.

On vint me chercher pour une réunion dans la salle principale de l’Infirmerie. Ce fut avec peine que je dépliai les jambes et suivis sans broncher l’assistant. Dans la pièce m’attendait un spectacle saisissant. Nous étions moins nombreux que je ne l’avais d’abord cru à porter cette affreuse tâche noire. Mais si l’on imaginait les familles, femmes et enfants, sans compter les dragons… La mort frappe vraiment sans prévenir. Je me saisis vivement la main gauche, plantant mes ongles dans ma paume. Tout ça, pour cette minuscule marque brûlée ? De nouveau, je fus assis et devais écouter. Maîtresse Nealyan captivait toute mon attention. Et j’en oubliai presque le mutisme surnaturel du dragon qui aurait dû s’inquiéter de moi.

En quelques secondes, mon monde bascula. Les mots fracassaient mon crâne. Aucune source commune. Magie. Quarantaine. Symptômes ne s'aggraveront pas dans l'immédiat. Ne pas chercher à sortir de l'infirmerie. Avez-vous des questions ?

° Vais-je mourir ? °

Un autre que moi réagit avant que les mots ne franchissent mes lèvres blêmes.

- Je suis Croc d’Argent du Màr Luimë ! Je ne trahirai pas ma foi jurée ! Je sers le Màr depuis plus de vingt ans. Ce n’est pas une tâche d’encre qui va me réduire à l’état de mendiant !

Les regards se tournèrent vers un homme du fond, au visage émacié et rasé de frais. Son regard avait la dureté du métal. Sa Marque Noire n’était pas visible. Mais son discours enflammé ainsi que sa présence ici la trahissaient. Je me détournai de lui, alors que la salle s’emplissait de murmures circonspects ou affolés. Autant se faire à son sort dès maintenant. Avais-je des choses à récupérer au dehors ? Ni Amaélis ni Nolan ne pouvaient me suivre ici. Telle une âme en peine, je cherchai aussitôt le réconfort d’Elérion mais le Bronze ne répondait plus à mes appels depuis ce matin. Une épaisse muraille m’interdisait l’accès à sa conscience. Le lien qui unissait était froid. Glacé mais pas encore mort.

° Ne m’abandonne pas maintenant, Elérion. C’est toi qui m’as envoyé au Kaerl Englouti, toi qui m’as sauvé même quand je voulais mourir. Tu n’as pas le droit de te taire ! °

Le dragon était absent de mon corps. Je demeurais seul.

- A-t-on le droit de recevoir des visites de gens venant de l’extérieur ? fut la question que je formulai du bout des lèvres à l’adresse e la Guérisseuse, osant à peine relever les yeux sur elle.



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Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Lun 8 Avr 2013 - 16:27 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar


Les premiers murmures qui avaient suivi son discours s'étaient brusquement amplifiés après l'exclamation furieuse du Chevalier Brun Tamert. Nealyan s'approcha de l'homme qui s'était levé, traversant ainsi l'assemblée, et posa sa main tavelée sur l'épaule large.

Qui vous parle de mendier Croc Tamert? Qui vous parle de trahir? Sa voix douce pris une intonation plus ferme : Vous avez été blessé par l'ennemi Croc d'Argent. C'est une blessure sournoise mais qui vous vise vous, qui faites partie de l'élite de notre Màr!
Flarmya sait que je préfèrerais de loin une tache d'encre ! Mais je sais comme effacer de telles marques de pacotille, or celle qui se trouve sur votre poitrine, j'ignore comment l'ôter, et j'ignore plus encore le Mal qu'elle peut produire !


Elle marqua une pause, gardant son regard d'azur délavé dans celui du Croc, où se lisait la peur. Il était soldat, elle opta donc pour un ton de commandement:

Quant à votre Foi jurée Croc d'Argent, elle vous commande d'obéir à votre hiérarchie. Et votre hiérarchie ordonne votre coopération patiente à cette quarantaine. Je crois qu'il est plus agréable pour vous de la faire ici, parmi nous, plutôt qu'à l'isolement des cachots militaires. Suis-je claire?

Elle posa de nouveau la main sur l'épaule du gaillard dont la colère avait fondu, ne restait plus que l'appréhension:

Du courage, et de la patience.

Ce chapitre étant clos, Nealyan revint à petits pas trottinants vers le centre de la salle. Une nouvelle question fusa, mais pas des mêmes lèvres, et pas du même ton que précédemment. Lentement, la vieille guérisseuse se tourna vers le Chevalier qui venait de parler à voix haute. Ses yeux se plissèrent pour mieux distinguer le visage de Galaad, puis elle demanda à voix basse:

Qui voudriez vous voir Chevalier Galaad?
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Sam 27 Avr 2013 - 23:37 Répondre en citantRevenir en haut




Peu de temps après l’interrogatoire médical, la vieille femme demanda à toutes les personnes présentes de se rapprocher en vue d’un discours que Cendre espérait capable de dissiper ses craintes. Même si elle ne connaissait pas encore Nealyan Shamar, la brave guérisseuse ressemblait tellement aux femmes de son enfance qu’elle avait réellement envie de se fier à elle. Mais ce n’était pas parce qu’elle était parvenue à la rassurer une fois, en lui certifiant qu’elle n’était pas la cause de cette contagion, que cela voulait dire qu’elle était compétente ou digne de sa confiance. C’était sans doute un peu dur à dire, néanmoins les rumeurs n’étaient pas à proprement parler un réel moyen de connaître quelqu’un – bien qu’au Màr, on ne cesse de vanter les talents de la vieille femme, encore une fois, la demi-sang venait tout juste de débarquer sous la bulle iridescente. Il lui fallait encore un peu de temps pour prendre ses marques avec les engloutis et cette nouvelle crise n’aidait pas vraiment à son intégration. Le regard vert-de-gris de la jeune femme s’attarda sur les visages inquiets des autres patients. Elle remarqua aisément la chevelure rousse de son amie dans la foule. Gabrielle était la seule personne qu’elle connaissait dans cette salle bondée, puisqu’elle ne se sentait pas particulièrement à l’aise, elle aurait aimé se rapprocher d’elle. Cependant, avant qu’elle ne puisse se décider, l’un des assistants de Nealyan fit passer des boissons chaudes et à peine quelques gorgées plus tard, la Fëalocë se mit à bailler sans discontinuer. En remarquant sa réaction, Cendre renifla prudemment le breuvage qui leur avait été servi – elle n’y avait pas touché une seule fois, n’ayant pas le bec sucré elle n’appréciait pas ce genre de boisson. Aucune odeur particulière, si ce n’était l’entêtant parfum du chocolat, mais cela ne voulait pas dire que la tasse ne contenait aucune potion pouvant brusquement endormir quelqu’un. Il était arrivé que les Ancêtres de son groupe se servent de plantes pour faciliter le sommeil ou pour le provoquer, afin de pouvoir soigner des blessures. Le comportement de Gabrielle, juste avant de boire le breuvage, n’était pas celui d’une jeune femme épuisée. Dans le doute, Cendre déposa sa tasse sur une table de chevet et croisa les mains sur ses genoux en s’asseyant.

« Mes paroles ne seront pas un réconfort. Les questions que nous avons posé, à chacun d'entre vous, ne permettent pas de tisser un lien clair entre les Marqués. Aucune source commune n'apparaît évidente. Je ne pense pas trop m'avancer en vous confiant que la Magie semble être le vecteur le plus probable... L'intégralité des mes hypothèses sera présentée à Dinjelaï afin qu'elle puisse contacter les autres Kaerls et voir si eux-aussi sont contaminés. »

De bien sombres nouvelles, songea la brune en plissant les lèvres. Tandis que son chocolat chaud refroidissait à côté d’elle, elle guetta de nouveaux signes de somnolence parmi les étrangers. Aucun d’entre eux ne semblait avoir subitement l’envie d’aller s’allonger ; ses soupçons se dissipèrent lentement au profit d’une nouvelle idée : Gabrielle était sûrement trop instable pour supporter la tension ambiante. D’après ce qu’elle avait déjà vu de la rouquine, elle n’appréciait pas être cloîtrée avec d’autres individus dans une atmosphère de semi-panique. Oui, cela semblait plutôt plausible. Elle reporta son attention sur la vieille femme lorsqu’elle reprit la parole.

« Nous avons toutes les raisons de penser que les symptômes ne s'aggraveront pas dans l'immédiat. Je souhaite que nous mettions en place des mesures de quarantaine, c'est pourquoi je vous demande à tous de ne pas chercher à sortir de l'infirmerie. Vous, mes assistants, et moi-même, allons rester ensemble les jours prochains. Je ne suis pas contaminée, ni Nieul et Fréderick, nous servirons de marqueurs. Je vous demande de vous adresser à moi si vous souhaitez qu'on vous fasse parvenir un objet extérieur. Nous pouvons communiquer avec le Kaerl par le biais de tours qui maintiendront l'isolement. Nous voilà tous embarqués sur le même navire mes amis. Ce sera l'occasion de mieux nous connaître n'est-ce pas ?! Avez-vous des questions ? »

A partir de l’instant où la mise en quarantaine fut énoncée, l’esprit de Cendre se perdit dans le brouhaha qui suivit. Par le fichu sang et les fichues cendres, qu’est-ce que ça signifie ? Vais-je rester cloîtrée ici jusqu’à ce que cette marque s’en aille ? Si elle ignore d’où elle provient, comment compte-t-elle nous en débarrasser ? A quelques mètres d’elle, dans un état tout aussi démoralisé, un jeune Neishann à la chevelure d’argent attira brièvement son regard. Vais-je mourir ? Cette pensée traversa leur esprit respectif à quelques secondes d’intervalles. Il y avait de quoi s’inquiéter. Ils ne savaient rien. Tout du moins, rien de concret. Et même la célébrissime Maîtresse Bleue n’était pas en mesure de leur donner une réponse satisfaisante. Une partie d’elle admirait le calme olympien de cette femme, mais elle restait bien trop choquée pour laisser parler son admiration. En temps normal, Cendre aurait décidé de ne pas se soucier du problème et de laisser les plus compétents se salir les mains. Elle connaissait ses propres limites en matière de magie – autant dire qu’elles n’allaient pas plus loin que le bout de son nez – cependant, après la tragédie qui avait balayé une grande partie de sa famille, elle se sentait plus vulnérable que jamais. Il ne restait qu’Anoki et Nokomis. Il ne lui restait que son frère et sa sœur, mais ils ne savaient rien de l’endroit où elle se trouvait. Son cadet avait refusé l’offre de Darshan, scellant ainsi leur destin à tous les deux. Elle ne pouvait pas lui en vouloir de désirer mener une vie plus douce auprès de Nokomis, plutôt que de suivre un guerrier et son dragon vers un continent légendaire. La jeune femme ferma les paupières en réprimant un soupir. La voix du pâle Neishann se fit entendre après l’éclat du Croc d’Argent. Elle l’avait plusieurs fois aperçu avec Darshan, elle ne le connaissait que de vue donc, mais elle avait compris son sentiment. Nealyan, fidèle à elle-même, l’avait rapidement calmé à l’aide de quelques mots bien placés. Tout comme elle essayait de le faire avec le Chevalier éthéré.

« A-t-on le droit de recevoir des visites de gens venant de l’extérieur ? »
« Qui voudriez-vous voir Chevalier Galaad ? »

Ainsi, c’était son nom. Galaad. Le pauvre hère semblait totalement défait, en proie à une solitude telle qu’elle en avait rarement contemplé. Tous les Chevaliers Dragons lui paraissaient en permanence liés à leur moitié saurienne. Elle enviait ce lien puissant qu’ils partageaient et se surprenait parfois à rêver au moment où elle expérimenterait à son tour pareille connexion. Mais dans le cas de Galaad, il dégageait une drôle d’impression. Comme s’il était exilé, abandonné par son Lié. La peine se lisait sans difficulté sur son visage. Mais peut-être se trompait-elle à son sujet. Après tout, elle ne connaissait pas les Neishanns. Cendre se détourna du Chevalier et de la Maîtresse Bleue pour faire signe à Fréderick.

« J’aimerais que l’on prévienne mon maître de ma présence en ces lieux. Darshan Kysumu. C’est… »
« Je sais qui il est, je ferais en sorte qu’il sache. »

Ses lèvres frémirent en une esquisse de sourire.

« Merci. »

La demi-sang retourna à sa place en ne prêtant pas grande attention aux discussions autour d’elle et enfoui son visage dans ses mains. Elle détestait ne pas savoir comment agir. Elle haïssait être soumise au bon vouloir d’autres. Elle n’aimait pas rester assise à ne rien faire. Lentement, ses doigts se posèrent sur la marque noire qui ornait son bras depuis plusieurs semaines. Par les cendres… Malgré elle, ses yeux revinrent se poser sur le Neishann au visage tourmenté. Leurs regards se croisèrent brièvement. Elle lui adressa un sourire neutre, puis se détourna. Elle n’était pas aussi douée que Nealyan pour rassurer les autres et de toute façon, elle ne le connaissait pas. Que pouvait-elle lui dire qu’il ne savait déjà ? Cendre était impuissante. Et cela ne lui plaisait pas du tout.
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 11:00 Répondre en citantRevenir en haut



¤ Début Gaïaku 918 ¤
Jour de la Réunion des Seigneurs au Manoir d'Ael Alfirin



Dans la Baie d'Eau-Claire, alors que la marée montait, grignotant peu à peu la mince langue de terre, deux ombres ailées survolèrent une silhouette brisée et ensanglantée. Après s'être posés non loin, les liés des Dragons se précipitèrent pour tirer le corps hors de l'eau, avec mille précautions. Sa crinière de cheveux mêlant mèches argentées et bleutées rendue humide par le sang et l'eau, fut écartée de son visage aux traits fins afin de vérifier qu'il respirait toujours.

Un rapide examen mis inévitablement au jour sa Marque Noire sous le regard effrayé des deux Chevaliers. Ce qui ne manqua pas de lancer un débat épineux : il était blessé, peut-être à l'agonie, et il avait le Don … C'était très certainement un Aspirant du Kaerl, mais si oui, que lui était-il arrivé ? Et cette Marque honteuse, presque élégante, qui s'étendait sur son torse ? Devaient-ils prendre le risque, la responsabilité, de le ramener au sein du Màr Luimë ? Se tordant les mains, la femme tentait de convaincre son compagnon qu'ils ne pouvaient décemment pas fermer les yeux et le laisser mourir ici.

Comme pour achever de le convaincre, le blessé, qui venait de reprendre brièvement conscience, braqua sur eux un regard gris ardoise, tendit vers eux un poignet pointant dans un angle peu naturel. Un gargouillement inintelligible accompagna ce geste ; il essayait visiblement de leur dire quelque chose, mais en vain. La décision fut prise et tous tombèrent enfin d'accord : les Dragons confirmant sa Neutralité, la sage Nealyan saurait ce qu'il conviendrait de faire de lui. Il serait toujours temps de prendre une décision après son réveil.

***


Nouvelle perte de conscience, nouvelle obscurité. C'est dans le confort d'un lit doté de drap propres et frais que l'Ondin se réveilla. Tout son corps lui faisait mal (rien que cette pensée était un euphémisme), mais il sentait au fond de lui la chaleur brûlante de la magie noire se répandre dans son sang. La Marque lui semblait pulser littéralement, comme vivante. Elle refusait les pouvoirs bénéfiques qui lui avaient été infusés. Malgré tout, il se sentait déjà mieux que quelques heures auparavant, sur la plage. Il avait toujours eu une capacité de régénération rapide, dûe à sa race, et la magie noire n'avait fait que renforcer cette faculté. Les os cassés ne se resouderaient pas de sitôt, mais les blessures les plus graves s'étaient déjà refermées. Il s'agita, fiévreux, tentant de reprendre pied avec la réalité.

Il avait finalement réussi à pénétrer au Màr Luimë … Et l'Interstice étant fermée, ils avaient forcément dû passer par l'escalier englouti. Une partie déjà de sa mission était accomplie … Et l'autre se trouvait là, à portée de main. Se lever lui demanda de douloureux efforts, et il resta quelques instants vacillant au bord du lit, en proie au vertige. Le regard fixé vers les ombres qui s'agitait derrière le rideau qui isolait son lit, il se leva et se rapprocha doucement pour essayer de saisir plus clairement les paroles qui étaient échangées.

Ce qui l'avait tiré de son inconscience était finalement la rumeur sourde d'une conversation animée, mais qui, à en juger d'après les expressions des protagonistes, loin d'être joyeuse. La fragile Nienor, les joues rougies par une inhabituelle excitation, tentait de convaincre une vieille femme ridée, à l'air sage, qui de son côté tentait de l'apaiser. Le malaise qui planait sur ce couple hétéroclite était presque palpable. Ce fut Nienor qui l'aperçu en premier, fixant sur lui des iris émeraudes qui semblèrent voir jusqu'au plus profond de son être. Rompant là son débat avec la Gardienne en s'apercevant que son patient était debout, Nealyan, la Maitresse Guérisseuse, le prit par les épaules pour le ramener de force à son lit, dissertant sur la folie des jeunes de nos jours.

« Là, là ! Voyez, Nienor, on détourne le regard quelques secondes, et les voilà qui s'empressent d'aller battre la campagne comme si de rien n'était ! Tranquillisez-vous, ma petite, je vais aller parler au Conseil pour vous. »

La vieille dame pointa aussitôt un index faussement menaçant sur Aylech, qui ne put que se rasseoir au bord de son lit. Il soutint son regard bleu sans sourciller, silencieux, l'expression neutre. Il n'était pas là pour elle.

« Et vous, que je ne vous vois plus tenter de telles folies ou je me verrais dans l'obligation de vous attacher à votre lit ! »

Sur ces mots, dans un froufrou de robes, la Guérisseuse tourna les talons, le laissant finalement seul face à Nienor, qui se tenait toujours non loin de lui, raidie comme une biche prête à s'enfuir, muette. Dans le silence qui suivit le départ de Nealyan, un léger brouhaha s'éleva non loin d'eux, provenant du fond de la salle. Il en déduit que d'autres gens étaient présents à l'Infirmerie, probablement les autres Marqués qui avaient été placés en quarantaine.

Aylech baissa les yeux sur les bandages qui enserraient son torse, puis son regard dériva sur les instruments souillés de sang, placé dans une bassine sur un meuble roulant, en attente de nettoyage. On l'avait dépouillé de tout ses vêtements, excepté son pantalon, et son poignet gauche avait été remis en place et bandé soigneusement. A l'évidence, ses affaires personnelles avaient été rangées ailleurs, ou mises de côté pour être examinées, car il ne les voyaient nulle part. Peut-être ne s'attendait-on pas à ce qu'il se réveille si tôt … Il devrait se passer de son arme.

Ses iris gris ardoise balayèrent lentement la petite pièce délimitée par les rideaux, avant de s'arrêter une nouvelle fois sur les instruments de chirurgie. Cela devrait faire l'affaire. D'un seul mouvement, ignorant les hurlements de douleur de son corps, il se leva, et allongea le bras pour récupérer un mince couteau d'argent. En deux enjambées flageolantes il fut près de la Gardienne, assez près pour sentir son souffle s'accélérer. Et l'impensable se produisit. Doucement, il enlaça Nienor, presque avec tendresse, sans brutalité, tel un amant. Dans ses yeux ne brillait aucune méchanceté, pas plus que la moindre trace de bonté.

Il n'était pas mauvais, il n'était pas bon. Il ne faisait d'obéir aux ordres qu'on lui avait donné, sans motivation personnelle. Il n'était qu'un serviteur. Tout en lui ne faisait que refléter une effroyable neutralité, la neutralité la plus parfaite qui soit. Le Kaerl ne le rejetterait pas, il avait été choisi par le Maitre exactement pour ça.

Le couteau d'argent s'éleva pour se pointer sur la gorge offerte de la frêle jeune femme, tandis qu'il soufflait à son oreille :

« N'êtes-vous pas lassée de cette vie, Nienor ? Ne désirez-vous pas plus que tout être libérée de cette ignoble malédiction que vos pairs vous ont imposée ? »

Sans resserrer ni desserrer son étreinte, Aylech posa sa tête sur l'épaule de la Gardienne, inspirant le parfum de magie étrange qu'elle dégageait, se délectant inconsciemment de la chaleur que ce contact humain répandait en lui. Les yeux de l'Ondin se fermèrent à demi, voilant ce qui pouvait passer pour une ombre mélancolique. ''Libérez-moi'' était peut-être la prière qu'il ne voulait pas qu'on y lise. Il n'avait pas beaucoup de temps, car bientôt, l'alerte sonnerait à travers le Kaerl, et les Morts-qui-Marchent sortiraient sur l'Agora.

« Mon Maïtre réclame les Clefs d'Ouranos, et vous le savez. Il est trop tard pour reculer maintenant … Si vous ne lui obéissez, beaucoup de vos protégés mourront. Je mourrais. Leur souffrance cous est-elle égale ? » Il redressa la tête, la fixant droit les yeux, impassible. « Il possède déjà la Clef de votre sœur maudite. Pour le bien du Màr Luimë, vous ne pouvez pas lui résister encore. Donnez-la moi ! »

Rien qu'une prière, une supplication muette dans sa voix ...


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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 16:56 Répondre en citantRevenir en haut


Nealyan Shamar


Quelle mouche avait piquée le Màr Luimë? Depuis soixante douze heures, tout s'était considérablement acceleré...

Une semaine plus tôt, devant l'absence d'aggravation des symptômes et la non contamination des trois marqueurs (Nealyan et ses deux assistants) le Conseil avait décidé de mettre fin à la pesante quarantaine que subissait les Marqués. Malgré la jeune rouquine Gabrielle qui restait nerveuse à l'idée d'être enfermée, tous avaient réussi à garder leur calme et passaient leurs journées autour de jeux de société, de conversations bon enfant. Beaucoup voulaient rédiger quotidiennement un rapport de leur quarantaine, prenant très à coeur d'aider le Kaerl par une description précise de leurs symptômes et Nealyan leur avait obligeamment fourni tout le matériel d'écriture nécéssaire. La vieille guérisseuse était pleinement satisfaite de leur comportement et ce fut elle qui intercéda au Conseil pour alléger leurs conditions de quarantaine. Grâce à elle, ils purent tous retourner à leurs appartements respectifs, à condition de se présenter chaque jour à l'infirmerie et de ne pas chercher à quitter le Màr.

Ainsi, les journées de Nealyan étaient principalement composées de prises de mesure de leurs Marques, vérification des constantes de température et expression de douleurs et de gêne. Les premiers jours, les Marqués n'eurent strictement rien à déclarer d'anormal. Quatre jours après la fin de la quarantaine, Nealyan découvrit une évolution de la taille de la Tache chez deux de ses patients... Le lendemain, ils étaient trois à se plaindre de fourmillements désagréables. Le troisième jour, Nealyan annonça avec regret le retour de la quarantaine...

Bref, depuis plus de deux semaines la vieille femme, dont le corps réclammait plus que sa dose de sommeil, était débordée, et cela ne semblait pas vouloir s'arrêter! Deux heurs plus tôt, le binôme de Chevaliers de guet dans les falaises de la Baie lui avait apporté un nouveau blessé. Tout portait à croire qu'il était affilié au Màr, mais Nealyan était troublée: malgré les appels du Kaerl à tous ses administrés de rapporter la moindre information au Kaerl concernant la Marque, celui là ne s'était pas présenté... Pourtant la Tache sombre qu'il arborait sur le torse était dramatiquement étendue... Comme de l'encre encore humide, elle semblait avoir ruisselé depuis le haut de sa clavicule gauche jusque sous la ceinture...

Nealyan, guérisseuse avant tout, avait pansé l'Aspirant avec tout son savoir faire. A présent, il était presqu'entièrement dévêtu à l'exception d'un pantalon de toile blanche. Sur sa poitrine de nombreux pansements protégeaient les multiples endroits où le sable avec abrasé la peau jusqu'au sang. Son poignet avait repris un angle plus conventionnel et était protégé par une attelle.
Alors qu'elle refermeait le rideau de l'alcôve où se trouvait son blessé, Nienor en personne s'était présentée à l'Infirmerie.

La présence de la Gardienne mettant toujours mal à l'aise de nombreux Engloutis, beaucoup de Marqués s'éclipsèrent sous prétexte de jouer au tarot. Seuls Galaad et la jeune Cendre, absorbés par leur conversation restèrent présents. Nealyan, toujours respectueuse face à ses ainés (pourtant de plus en plus rares) s'inclina profondément

C'est toujours un plaisir de vous voir Gardienne, qu'est-ce qui vous amène dans mon humble infirmerie?


Nienor, Gardienne du Màr Luimë


Flou. Le monde était flou. Nienor avait toujours été mélancolique mais ces derniers temps, les certitudes de la Gardienne se brouillaient, s'affaissaient comme un château de sable mangé par la marée montante... Son rôle, sa mission de protection... Son pouvoir semblait toujours vouloir se dérober. Depuis quelques mois c'était un combat de tous les instants pour le retenir, le forcer à obéir... Même si personne ne le sentait, elle le savait: la Bulle était de plus en plus fine. De fine, elle deviendrait perméable, de perméable elle ne tarderait plus à être inexistante...

Elle soupira profondément, elle voulait des réponses à des questions qu'elle ne pouvait poser, des conseils que personne ne pouvait lui donner...

Je sollicite l'attention d'un membre du Conseil Nealyan. Elle vit le visage ridé de la guérisseuse se plisser encore d'avantage, elle n'arrivait pas au bon moment... Je suis inquiète. elle n'ajouta pas ce que la Conseillère savait déjà: ordre était donné à la Gardienne d'alerter son Màr au moindre soupçon de trouble, à la moindre gêne de sa part...

S'agit-il d'une urgence?

Nouveau soupir. Lorsqu'une vie se compte en éternité, le concept même d'urgence est flou. Toujours du flou...

Je ne sais pas Nealyan... Je ne crois pas...

Aussitôt elle vit les traits de la vieille Maîtresse s'adoucir. Pas d'urgence en ce jour où la Dame était en vadrouille, un "ouf" se lisait sur son visage. Nienor remarqua que la guérisseuse ne la regardait même plus, son attention était captée par le patient qui se trouvait dans le dos de la Gardienne et qui revenait visiblement à lui. Un long frisson parcouru son échine.
Elle entendit à peine Nealyan qui l'assurait qu'elle transmettrait son inquiétude au Conseil, dès que Dinjelaï serait revenue. Son ouïe se faisait cotonneuse...

Lorsque la guérisseuse quitta l'alcôve, Nienor retrouva enfin le contrôle de son enveloppe charnelle. Lentement, très lentement, elle se retourna, et fixa dans les yeux l'homme qui voulait la tuer. Elle resta incapable de bouger quand il s'approcha d'elle avec un fin coutelas chirugical dans la main, elle se laissa enlacer sans frémir. Les paroles de l'envoyé transformaient ses prunelles en nuages délavés.

Les Clefs. Voilà combien de centaines d'années qu'elle n'avait plus entendu parler de ces satanées Clefs? La peur de la Gardienne se métamorphosa lentement en dureté. La lame sur sa gorge n'était rien à côté de la douleur sourde de se savoir trahie par Aubiade...

J'en ai vu défiler des morts, depuis que je suis prisonnière ici... Une poignée de plus, fusse dans d'atroces souffrances, quelle différence? Or si je te donne la clef, tu le sais aussi bien que moi, le Màr sombrera, tôt ou tard... et j'aurais failli à la mission que m'a confiée Flarmya!

Petit à petit, au fur et à mesure de ses paroles, elle se convainquait elle même et haussait la voix:

Aubiade est faible, comme le sait le Maître des Ombres... Et comme le sait la fratrie Del Cirth!!! Est-ce que Seregon a déjà trahi son serment? Et Maeglin? Mon frêre préfèrerait voir son Kaerl s'écraser plutôt que de devenir un traitre!

Au moment où elle criait cette dernière certitude, Niennor arrachait le rideau qui séparait l'alcôve du grand couloir où elle savait trouver des témoins, malgré la menace du couteau sur sa peau. Elle chercha Nealyan du regard, ses yeux se posèrent alors sur un homme et une jeune fille qui les regardaient bouche bée...


* Texte by Dinjelaï Al'Ysiria *


(HRP) Galaad et Cendre, votre Gardienne est en danger! Help!



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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 18:48 Répondre en citantRevenir en haut

Je n’avais pas pu répondre à la question de la vieille Guérisseuse. Avouer ma solitude était trop dure. Elérion m’avait abandonné, exactement comme ses parents, comme Isabeau, comme la Confrérie. Tous étaient partis, trop loin pour que je puisse réclamer leur aide. Non, c’est moi qui les ai abandonnés. D’abord les brigands à la solde de la Main Noire avaient pris mes parents adoptifs. Je n’étais pas arrivé à temps pour sauver Isabeau, même la seconde fois. Et j’avais fuis Nar’Lid, pensant qu’il serait plus honnête et plus courageux de regagner le Màr Luimë. Je m’étais trompé, encore une fois. Je ne servais vraiment à rien.

Les premiers jours passés à ruminer à l’Infirmerie passèrent comme à travers un brouillard. Il m’arrivait de sortir de mon cocon léthargique et de tenter de contacter Elérion. Le même mur de métal mental me séparait encore du Bronze. Où était-il, que faisait-il, à quoi pensait-il ? J’avais besoin de lui. Et il refusait de me répondre, ne serait-ce qu’une seule fois ? Je ne parvenais même plus à passer mes nerfs sur les autres. Il semblait que cette partie de moi, toujours à chercher le regard brillant des autres sur moi, avait disparue… Enfin, pas totalement. Je quêtais un quelconque signe dans les yeux sans âges de Maîtresse Shamar, un signe qui ne venait jamais. A quoi bon, tout le monde le savait, non ? Nous étions condamnés.

J’avais fureté quelques temps du côté des autres « pensionnaires ». Certaines taches sombres étaient bien plus impressionnantes que la mienne. L’un la portait en plein milieu du visage. Il s’était pris un coup de poing de zombie ? La rumeur du héraut envoyé par le fameux Maître des Ombres avait fait le tour complet du Kaerl, y compris dans l’Infirmerie. Alors j’avais raison depuis le début ! Nous allions tous mourir. Super. Est-ce qu’Isashani accepte les pourboires ? Et la situation ne s’arrangeait pas. Ne rien savoir de l’extérieur m’empoisonnait l’esprit. Et les dieux savent à quel point mon subconscient peut créer de scénarios catastrophes !

Un jour comme un autre, je croisais une Aspirante en allant me chercher quelque chose à grignoter. Je fouillais mon esprit en quête de son prénom. Elle me l’avait pourtant dit hier, voyons… Cendre ! Je décidais maladroitement d’engager la conversation avec elle.

- Bonjour. Tu as reçu des nouvelles de Darshan ? Il parait que les dragons sont nerveux aujourd’hui. La paranoïa, sans doute.
° Tiens, prend ça dans les dents, Elérion ! °


C’est alors seulement que je remarquai une silhouette furtive. Mon sang se figea dans mes veines. Mon don d’invisibilité se réveilla, fourmilla dans mes membres mais je réussis à le contenir. Ce n’était vraiment pas le moment. La Gardienne du Màr Luimë se frayait un chemin jusqu’à l’alcôve d’un malade. Quoi de plus normal ? Je n’avais aucune envie de me frotter à une créature aussi puissante. Son frère du Kaerl Ardent m’avait suffis, il avait hanté mes cauchemars durant mes premières années d’aspiranat. Alors pourquoi cette espèce de sixième sens qui détecte les dangers s’affolait-il ? Malgré moi, j’étais attiré. Mon devoir de Chevalier Englouti me commandait d’y aller. Ce fut pour y découvrir une scène horrifiante.

- Par tous les spectres des neiges… !

Une espèce d’énergumène blessé, Ondin à première vue, tenait sous sa lame de rasoir Nienor, la Gardienne de la Cité Engloutie, dont le beau visage transpirait la colère. Je me figeai sur le seuil de l’alcôve. Où avais-je mise cette fichue rapière, nom de nom ?! Je n’avais ni le temps de réfléchir à un plan, ni de quoi prévenir quelqu’un d’autre. Je fis alors quelque chose d’incroyablement héroïque et de profondément stupide. Je poussai Cendre dans le couloir d’une brusque bourrade en lui criant :

- Va chercher de l’aide !

… Et tentais de rappeler par ma volonté ce pouvoir enfouis en moi. C’était réellement urgent, là, il ne pouvait pas se presser un peu ? Mon image disparut alors que l’inconnu braquait un regard supris sur moi. Je me jetai sur lui sans attendre, repoussant son bras qui s’approchait décidemment trop près de la gorge de la Gardienne. Je criai à celle-ci, dans l’espoir qu’elle m’entende :

- Courrez !

Je percutai l'agresseur de plein fouet. Nous avons roulés par terre dans un amalgame de bras et de jambes. J'étais un peu sonné mais au moins, j'étais invisible. Le prochain coup me raterait peut-être ?



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MessagePosté le: Dim 8 Sep 2013 - 20:02 Répondre en citantRevenir en haut



Alors qu'elle s'était d'abord laissée enlacer sans frémir, au fur et à mesure que les paroles de l'Envoyé atteignaient la Gardienne, l'expression de la créature se fermait un peu plus, jusqu'à n'être plus qu'un masque de dureté, toute trace de peur évanouie, ou sinon, bien dissimulée. Aylech baissa les yeux sur Nienor, qui le fixait d'un air furieux et blessé à la fois. Elle ne céderait pas si facilement. Il fut néanmoins déstabilisé quand elle lui annonça, avec une conviction grandissante, que les morts ne lui importaient pas. Un éclat de surprise passa dans les iris gris ardoise de l'Ondin.

Ne comprenait-elle pas ? Qu'elle venait de condamner le peuple du Màr Luimë à une mort certaine ? Qu'elle venait de signer l'arrêt de mort de l'âme même du Kaerl Englouti ? A quoi lui servirait de vivre une éternité de solitude dans un palais déserté de ses habitants ?

Il détourna le regard, resserrant presque malgré lui sa prise sur le couteau d'argent dans sa main. Quel couple étrange devaient-ils former, si on les voyait, étroitement enlacés comme ils l'étaient … Il pouvait sentir, tout contre lui, sa poitrine menue se soulever au rythme de sa respiration rapide. La partie de lui encore vivace, qui désirait ardemment en finir, ici et maintenant, ne parvenait à comprendre le raisonnement de Nienor.

*Condamnez-vous le Kaerl par simple orgueil ?*

Un instant distrait à la fois par les murmures rauques et distants de son Maitre qui résonnaient dans son esprit, inaudibles pour tout autre que lui, et par les cris d'alarme lointains qui parvenaient faiblement jusqu'à lui, Aylech ne put retenir la Gardienne lorsque sur un dernier cri, elle arracha le rideau de l'alcôve. Ainsi, elle recherchait ouvertement une quelconque aide pouvant provenir des autres occupants de la pièce. A moins que ce ne soit une attitude de pure provocation pour lui montrer qu'elle ne le craignait pas ? Quoi qu'il en soit, une partie de sa mission était accomplie. Les crabes avaient pénétré sur l'Agora. Toutes les actions que Nienor pourraient entreprendre seraient vaines ...

Un léger soupir lui échappa et c'est d'une voix douce que le Pion énonça la sentence du Maitre des Ombres, sans répondre à ses questions sur l'honneur de sa fratrie :

« Ils ne vous seront d'aucune utilité. Ils mourront, comme les autres, par votre faute. »

Nulle menace dans ses paroles, nulle hostilité. Juste l'énoncé d'un fait. Aylech tourna son attention vers l'expression horrifiée du Neishaan au delà de l'alcôve, lorsque sur un juron, il propulsa d'une bourrade sa compagne demi-sang chercher de l'aide. Quelle aide pensait-il qu'elle trouverait, alors que dehors tous se battraient bientôt pour leur propre vie, et alors même que la bulle du Màr Luimë menaçait de se rompre ? La jeune femme détala néanmoins dans le couloir, après une brève hésitation. Elle reviendrait avec de l'aide, et elle s'en fit la promesse silencieuse tandis que sa course la menait hors des Bains Céruléens, ignorante de l'abomination qui l'attendait dans les rues du Kaerl.

Il fronça soudain les sourcils d'un air confus lorsque l'autoproclamé héros disparu de son champ de vision - où était-il passé ? Et lorsqu'une masse le heurta brutalement, arrachant la Gardienne à son étreinte mortelle, Aylech chuta lourdement à terre, maintenu par une force invisible. Le couteau d'argent heurta quant à lui le sol un peu plus loin, produisant un tintement cristallin, et glissa lentement hors de portée. Allongé à terre, l'Ondin ne put retenir un gémissement de douleur. Ses blessures étaient encore fraiches, malgré les soins de Nealyan et la magie noire qui bouillonnait dans son sang ...

- Courrez !

Ses doigts allèrent se crisper instinctivement sur la source de ce cri, enserrant ce qui pouvait être une gorge, tandis que sur son torse, sa Marque se mettait à le brûler tel un feu infernal. Haletant sous l'effort et la douleur, il se concentra pour laisser passer une infime dose de toxine, néanmoins suffisante pour paralyser pendant un court instant son agresseur. Le jeune chevalier pourrait remercier son ange gardien, car le Destin avait décidé qu'il ne mourrait pas aujourd'hui : telle n'était pas la mission que le Maitre avait fixé à son Pion. Il n'était pas là pour ça.

« Mauvais choix tactique, messire le Héros. »

Aylech repoussa de côté le Neishaan, toujours invisible, et se redressa tant bien que mal. L'effet de paralysie ne durerait pas longtemps et si la Gardienne décidait de fuir, il devait être prêt à l'arrêter. Prêt à bondir, ramassé sur lui-même, il fixa la créature de ses prunelles gris-ardoise, toujours impassibles.

« Réfléchissez, il peut-être encore temps de le sauver … De tous les sauver. » *De me sauver.* « Donnez-moi la Clef ! »


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(HRP : Avec mes plus plates excuses pour ce retard ... J'espère que ce post vous plaira ^^. J'ai essayé de PNJiser Cendre le moins possible, mais c'était nécessaire pour la faire sortir du jeu temporairement, jusqu'à son retour ^^. Galaad, dis-moi si ça te va ce que j'ai fait de toi XD ...)



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MessagePosté le: Dim 15 Sep 2013 - 18:25 Répondre en citantRevenir en haut


Nienor, Gardienne du Màr Luimë


Pour un être sur qui le temps n'avait pas de prise, l'enchaînement de mouvements déterminants qui venaient de se produire à l'Infirmerie du Kaerl n'avait duré qu'une fraction de seconde. Le rideau arraché. La fuite d'une jeune Aspirante, Cendre, qui disparaissait dans les couloirs. La course d'un Chevalier qui volait à son secours pour éloigner de sa gorge le couteau d'argent. La chute suivie d'une bagarre plus courte encore. Galaad paralysé par les toxines de l'ondin, éloigné comme un fétus de paille malgré son regard furieux.
Et la créature de l'Ombre, qui une fois de plus lui faisait face, menaçante.

Une douleur sourde étreignit la poitrine de Nienor, qui gagna en intensité pour la plier en deux. Un gémissement s'échappa de sa bouche. Ils étaient aux Portes. A présent, elle identifiait l'ennemi. Les pinces de chaque crabe monstrueux lui déchiquetaient le coeur. Chaque coup donné contre l'entrée du Kaerl la faisait chanceler. Aylech vit sa faiblesse. La Gardienne était prise au piège, son âme tiraillée entre la force qu'elle devait donner au Kaerl pour le défendre, et le poison sucré de la trahison. Et si il disait vrai? Si elle disait les mots, peut-être que tout s'arrêterait?
Le Pion des Ombres ne bougeait plus. Parfaitement immobile, il attendait, les oreilles toutes ouvertes pour son Maître Drazahir, que les paroles s'échappent de la bouche de la Gardienne. Mais si tout était dit, et si tout s'arrêtait. Si les Engloutis n'étaient pas décimés par milliers aujourd'hui, alors, avec les Clefs des Màr, Drazahir reviendrait, et ce serait la fin des Kaerls tels qu'ils avaient toujours existé. Et avec Drazahir à leurs têtes, Nienor ne voulait jamais avoir à connaître cet avenir là. Elle redressa à peine la tête, la peau blanche comme la mort, le regard comme reflet d'une mer démontée:

Le peuple de mon Kaerl ne sera pas anéanti aujourd'hui. Ses guerriers sont valeureux, et le Màr renaîtra des cendres de cette bataille. Si je te donne la Clef Drazahir, tu reviendras, avec la Mort à tes côtés et s'en sera fini.

Elle prononçait ces paroles face à un dément. A cet instant, son refus signifiait sa mort, et avec elle la Magie du Kaerl disparaîtrait. Mais la Gardienne, l'âme du Màr, savait ce qui se passait dans le moindre couloir, la douleur de l'assaut n'anesthésiait pas la perception fine d'une dragon verte qui faisait irruption dans la pièce d'à-côté, Nealyan à ses trousses... Elle voyait que les pieds de Galaad se remettaient à bouger. Tout n'était plus qu'une question de secondes...

Un grondement draconique jailli d'une gorge écaillée de vert émeraude. La porte de l'Infirmerie vola en éclats. Belareth venait de faire irruption dans la salle.
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